f^^i^. bM m ^'%;^§ i W-- : ï ,<^ .^^r ^ i ;• i^^^ V :, C:^'- ■:ê^ ■ ?f>t '^M'^^i i^'^^-# ^f ^ - w^m COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. IMPHIMKllIE GAIirHIEB-VILI.AllS, QUAI DES <:IIANUS-AUG1IST1N.S, i5. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, PUBLIÉS, CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE EN DATE DU 13 JUILLET 1835, PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS. TOME CENT- QUARANTE IVKIJVIEME. JUILLET - DÉCEMBUE 1909. PARIS, GAUTHIER-VILLAKS, IMPKhVlKUR-LIBRAlRH DES COMPTES KENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENGIÎS, (,)uai des Grands-Auguslins, 55. I î)09 ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI S JUILLET 1909. PRÉSIDENCE DE M. Émfle PICARD. Lu LIERAI MEMOIRES ET C03IMUIVICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur de nouvelles trialcoylacétophènones et sur les acides Irialcoylacétiques qui en dérivent. Note de MM. A. Hallek et Edouard Bauer. Dans nos Communications précédentes (') nous avons montré que les quelques trialcoylacétophènones, préparées par notre procédé, se scindent nettement en benzine et amides des acides trialcoylacétiques suivant l'équation (I) C'IPCOC— R2 -^ C/Ii«-t-IIMM— CD — C— H, \ R, ^R. 11 était intéressant de s'assurer si, la cétoues'alourdissant suffisanuuentdu côté aliphatique, la scissiou se produir.'vit encore dans le même sons ou dans le sens suivant : , /R, /R. (11) C'IPCOC— Ro -^ C«H°^GONH-+CH— R2 '^Ra ^Ra Le fait d'avoir pu isoler, dans certaines des réactions précédemment étudiées, des traces d'acide benzoïque, laissait le clianqi lilue à l'iiypothèse. Nous montrerons dans le présent travail que, quel que soit le poids molé- culaire des radicaux R, la scission se fait toujours suivant l'équation (I) et que, par suite, le mode de dédoublement de ces cétones est indépendant du (') A. Hali.er el Edocari) Baueh, Comptes rendus, t. CXLVll, p. 70 et 127. 0 ACADEMIE DES SCIENCI-S. poids iiioléculairo des groupes voisins du radical CO cl tient exchisiveuiciiL à la nature de ces groupes. Il a d'ailleurs été montré déjà que, si certaines xylylphénylcétones se scindent en majeure partie en acide benzoïque et xylène, la j3-naphtylplié- nylcétone se dédouble presque exclusivement en benzène et amide naphtoïque. hopropyldimélhylacétophènonc . — Celte cétone a été préparée suivant la méthode décrite ('), en faisant bouillir, au sein du benzène et du toluène, de Tisopropylphénylcétonc, sodée avec de l'amidure en présence de l'iodure d'isopropyle : /CH3 /CH' C^H'COCNa +CH'-CHI-CH^:=NaI + CMl= — CO - G— CH ^' \CH' \CH'^^" L'opération dure environ 8 heures et donne un rendement de 'îo pour loo en la cétone cherchée quand on opère dans un milieu benzénique, tandis que ce rendement s'élève à 80 pour 100 au sein du toluène. L'isopropyldiniélhylacétophénone constitue un liquide mobile à odeur assez agréable et distillant à 12 )''-i2G° sous 1 1"'". Son oxime, obtenue en chaufTant sa solution alcoolique, pendant quelques heures, avec du chlorozincatc d'hydroxylamine, cristallise au sein de l'alcool en aiguilles blanches fondant à t52"-i.53°. CH'\ ^ / U'amide isopropyldiméthylacètique -,^3 ^CH — C — CONH- prend nais- \CH» sance en faisant bouillir, pendant 6 à 8 heures, la cétone avec la quantité théorique d'amidure de sodium et de la benzine. On traite ensuite par de l'eau, on distille le carbure, et l'on fait cristalliser le résidu. Paillettes nacrées, peu solubles dans Téther de pétrole et fondant à i33°- \'M\'. Saponifiée en solution sulfurique par le nitrite de soude, ou les cristaux des chambres de plomb, cette amide fournit, avec des rendements presque quantitatifs : \j acide trimélhylbutyrique 2.2.3 ou isopropyldimélhylacèlùpie ' , )CHC-C00ll. (') I'aiijnk LroAS, Ann. de Cltim. cl de Phys., 8" série, t. XVII, f()09, p. 127. SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. 7 Huile distillant à ioV'-io5° sous i3""" el se prenant par refroidissement en une masse crislalline fondant à to". Dissoute dans l'étlier de pétrole, elle y cristallise, (juaud on refroidit la solulion à o", en cristaux rajjpelant ceux du camphre. Dans le hut de préparer une molécule dans iaijuellc le i;roupenient ali- pha tique fùtencore plus lourd que celui de l'isopropyldiméthylacétopliénone, nous nous sommes adressés au laurylbenzène et aux benzylacétophénones substitués. Laurvlbenzêne ou undécylphénylcétone CH'^ — CO(CH-)'*' — CH'. — Obtenue par Faction du chlorure de lauryle sur le benzène, en présence du chlorure d'aluminium, cette cétone se présente sous la forme d'une niasse cristalline à odeur rappelant un peu celle de l'orange, fondant à 45" et distillant à 20i°-202" sous 9""™. Avec cette undécylphénylcétone nous avons préparé, toujours en suivant le même processus, d'abord une monometlivlundécylphènylcélone liquide passant de 199" à 200° sous g""" à 10""", puis une dimèlhylundècyl- phènylcélone Ç} )A.^ — GOC — (CH-)9CH-'. La dernière méthylation a été effectuée au sein du toluène, tandis que la première a été faite en milieu benzénique. Cette diméthylundécylphénylcélone ou diméthyldécylacétophënone constitue une huile presque inodore et ne cristallisant pas, même à — 10°. Elle bout à 198"- 199° sous 9°"". Chauffée pendant 6 à 8 heures, en solution benzénique avec de l'amidure de sodium finement pulvérisé, cette cétone fournit Vamide de l'acide /CH^ dimélhyUaurique 2.2C"'H-' — C — CONH^ qui, cristallisée au sein de la \CH» benzine, constitue des écailles nacrées, onctueuses au toucher et très légères qui fondent à gS^-gB". Uacide dimélhyUaurique 2.2 prend naissance quand on traite une solution de l'amide dans l'acide sulfurique à o" par des cristaux des chambres de plomb ou par du nitrite de soude. L'emploi de ce dernier réactif donne les meilleurs résultats. s ACADEMIE nES SCIENCES. Cet acide dislillo à iS^" sous 12""" en fournissant une ninsse crislallino Tondant à + 27". Il est isoinèro avec l'acide niyiis(i(}ue qui fond à 1 1". lienzylncétophcnones . — M. Claisen ( ' ).t déjàohlcnu la monol)enzylacéto- phénone en faisant réagir du chlorure de bcnzyle sur- racélopliénf)ne, sodée au moyen de l'aniidurc. I^a dibenzylacétopliénono a été d'autre part préparée par M. Nef (^) dans l'action du même chlorure sur l'acétophéuone eti pré- sence de l'alcoolate de sodium. Quand on fait agir, au sein de l'éther, du chlorure de benzyle sur l'acéto- phénone préalablement chauffée avec de l'amidure, on remarque une réac- tion immédiate avec dépôt de chlorure de sodium. En décomposant le pro- duit de réaction par de l'eau, chassant l'éther et distillant le résidu, on obtient : i°une fraction passant vers 100" sous 12"*'" et renfermant l'acéto- phénone qui n'est pas entrée en réaction; 2° une portion distillant de i^S® à 190" sous II'"™, et enfin un produit distillant de 2'i5" à iCh'P sous la même pression. Il ne reste pour ainsi dire aucun résidu. Les deux dernières fractions ne tardent pas à se prendre en masse, la pre- mière en fournissant la monobenzylacétophénone C'H'CO.CH^.CH-CH' fondant à ']i"-'j'i'', et la dernière en donnant de la dibenzylacétophénone C«H^GO.CHQJJ, J^„ JJ, qui fond k 7»^ Ces deux cétones nous ont servi à préparer des produits de substitu- tion plus avancés. En niéthylant la monobenzylacétophénone, toujours dans les conditions précitées, on obtient d'abord un liquide bouillant à 1 84"- 186° sous II"™ constitué par de la monométhylbenzylacélophénone /CH' C'H^.CO.CHs puipsiis "ï^i retraitée, au sein du toluène, d'abord perde l'amidure de sodium, puis par de l'iodure de méthyle, a finalement fourni la diméthylbenzylacétophénone CIP.CO.C — CH-C"H% huile distillant de 180° à 185" sous 1 1""" et ne cristallisant pas. Son o.xime, purifiée au sein de la benzine, constitue de petites aiguilles fondant à 191°. Chaufîée en milieu benzénique avec de l'amidure de sodium, la cétone (') Claisen, Ber. dcut. cliem. Gea., t. XXXVIII, p. 698. ("^) IVef,--4/!«. der Cheniie, l. CCCX, p. 322. SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. q prend une coloration d'un rouge foncé, surtoul quand l'ébullition dure trop longtemps. On arrête donc la réaction au bout de 3 heures et l'on ajoute quelques gouttes d'eau. Il se produit un dégagement d'ammoniaque, puis, brusquement, le contenu du ballon se jirend en masse pour se liqué- fier par une nouvelle addilion d'eau. Après décantation et distillation de la benzine, on obtient un résidu qui cristallise. On purifie le produit en le redissolvant dans le benzène et ajoutant à la solution de l'éther de pétrole. Uamide de l'acide benzyldunéthykicétique C°H''.("H- — C — CONH* se présente sous la forme de petites aiguilles fondant à ()2"-()3". CIP Acide ditnéthylbenzylacélique C"ll'.CIl-.C — COOII au a-diméthylhy- drocinnamicjue. — Quand on soumet l'amidc à l'action de l'acide sulfuricjue et du nitrite de sodium, même à une température de o", il se produit tou- jours une coloration rouge sang, qui disparait vers la fin de la réaction, et l'on obtient, après un traitement approprié, au lieu d'un acide unique, deux acides constitués, l'un par le produit cherché : l'acide benzyldimé- thylacétique, et l'autre par un dérivé mononitré de cet acide. Les résultats ont été beaucoup plus satisfaisants en opérant avec de l'acide chlorliydrique concentré, dans lequel famide se dissout facilement, et ajoutant à la liqueur la quantité théorique d'azotite de soude tout en maintenant la température vers o". Il se dégage de l'azote, et, quand l'opé- ration est terminée, on traite par de l'éther qui dissout l'acide produit, ainsi qu'une certaine quantité d'amide non transformée. Il ne se forme pas d'acide nitré. , : Isolé à l'état de pureté, Vacide oL-dimélhydrocinnatniqiie (') constitue une masse cristalline fondant à S'y" et distillant à 172"- 174" sous 19'""'. Son dérivé nitré C'H'^NO', dont nous n'avons pas encore, élucidé la (') Sous le nom iVétlier benzylicjue de l'acide diniéllivUienzvlacélirjiie, M. Hodg- Ivinson (Ann. Cheiii.. L VÂA, 1880, p. 171) a décrit un produit obtenu en faisant agir du sodium sur l'isobul} rate de benzyle. C'est un liquide distillant à 28o"'-285° et que l'auteur n'a pas réussi à saponifier sans décomposition de la molécule en acide ben- zoïque, acide isobutvriqiie et toluène. Un fait frappant, c'est le point (rébullilion rela- tivement bas de cet éther : 280° à la pression ordinaire, alors que l'acide distille à 172°- 174° sous 19™'". C. R., 1909, >■ Semestre. (T. CXLIX, N- 1.) 2 lo ACADEMIE DES SCIENCES, oonslitulion, se présente sous la forme de cristaux JHunes fondant à i ^4") distillant entre a-^o^-aSo" sous 20'°'" et peu solubles dans l'élher de pé- trole. La diméll)yli)enzylacétophénone a encore été préparée en faisant agir sur risopropvl[)liénylcétone sodée du chlorure de benzyle. Le produit obtenu présentait tous les caractères de la cétone obtenue par le procédé décrit plus haut. Chauffé avec l'amidure de sodium, il fournit l'amide de Tacide benzyldiméthylacétique avec toutes ses propriétés. Métlivldibenzy lacet ophénone C* H' . CO . C— CH- C H' . — L'amidure de sodium, en réagissant sur la dibenzylacétophénone au sein du benzène, semble s'y dissoudre, sans toutefois donner lieu à un dégagement d'ammo- niac. Si l'on substitue au benzène comme dissolvant le xylène, on observe nettement un départ d'ammoniac, (^uand les | de la base se sont dégagés, on ajoute l'iodure de méthyle et l'on chauffe pendant 6 à 7 heures. Après refroidissement et traitement habituel, on obtient finalement un produit qui distille à 25.5''--i57" et qui est constitué par la cétone cherchée. La méthyldibenzylacétophénone cristallise au sein de l'alcool en cristaux prismatiques fondant à 61°. Chauflée au sein du toluène avec de l'amidure de sodiuni, elle fournit M- .... /CH'' Vamide de l'acide dibenzylrnélhylacétique (CH'^CH^^-Cx p,^^,T,j com- posé cristallisant en milieu alcoolique en gros prismes fondant à i^\(f. Nous n'avons, jusqu'à présent, pas réussi à transformer cet amide en acide. Son insolubilité dans l'acide chlorhydrique s'oppose à l'emploi de la réaction qui nous a servi pour la Iransforniation de la diméth^'lbenzylacé- tamide en acide correspondant. En résumé, ces recherches montrent : i" que, grâce à l'amidure du sodium, on peut substituer à l'hydrogène de Tacélophénone les radicaux alcooliques les plus lourds; 2" (jue, quels que soient ces radicaux, la rupture des cétones trialcoylées au moyen de l'amidure de sodium se fait toujours dans le sens de la formation des amides des acides trialcoylacé- liqiics, Nous continuons, dan^ notre laboratoire, l'étude de cette réaction, ainsi que celle des amides trialcoylacétiques. SÉANCE DU 3 JUILLET 1909. I I GÉOLOGIE. — Sur les relalioiis tectoniques de l'île d' Klbe avec la Corse et sur la situation de celle-ci dans la chaîne alpine. Note de M. Pierre Termieu. J'ai établi dans une Communication récente ( ' ) que l'île d'Elbe est unpays de nappes, et que l'on y compte trois nappes superposées. La nappe pro- fonde est faite de granité, de gneiss, de micaschistes et d'une série sédimen- taire très incomplète, où il y a du Trias, et de l'Eocène mélangé d'intrusions microsjranitiques et dépourvu de roclies vertes (sauf à l'extrémité occiden- tale de l'île ). La nappe intermédiaire est faite de Schistes lustrés ( avec roches vertes) identiques à ceux de la Corse. La happe supérieure est formée d'une série sédimentaire qui commence au Silurien, comprend du Carboni- fère, du Perniien, du Trias, de ITnfralias et du Lias, et se termine par un l'vOcènc différent de celui de la nappe profonde, un Eocène totalement dé- pourvu d'intrusions micrograniliques et très riche, par contre, en roches vertes. D'autre part, nous avons, M. Eugène Maury et moi (-)^ démontré l'an- née dernière que la (jorse orientale est également un pays de ndppes. Là, ce sont les Schistes lustrés et leurs roches vertfs qui forment la nappe profonde. Sur cette nappe profonde vient une autre nappe dont la base est une lame de granité écrasé, et qui, pour le surplus^ est faite de lambeaux de Houiiler, de Permien et de Trias, d'Infralias et de Lias, et enfin d'un Eocènd où les roches vertes abondent. M. Maury a montré, il y a quelques semaines (')j que cette nappe supérieure est double et qu'elle renfermcj près de Corte, deux lames de granité écrasé, séparées par de l'Eocène. Le moment est venu de discuter la question des rapports tectonicjues de l'île d'Elbe et de la Corse. Sont-ce les nappes de Corse qui, prolongées vers l'orient, forment l'île d'Elbe? ()u bien y a-t-il, entre la Corse et l'île d'Elbe, caché [lar les eaux, un pays de racines dont les plis se sont déversés dans deux directions différentes : les plis occidentaux vers la Corse, les plis orien- taux vers Tile d'Elbe et l'Apennin? En d'autres termes, la Corse appartient- elle aux vraies Alpes, c'est-à-dire à cette partie de la grande chaîne tertiaire où les plis se sOnt couchés et ont cheminé du sud vers le nord et de Test (') P. Tekmier, Comptes rendus, l. GXLVIII, p. i648-i652. (^) P. TermiRk et E. MAiiRï, Comptes rendus, t. CXLVl, p. 1426. (') E. Mairy, Comptes rendus, t. CXLVIII, p. 1481. uj L I e R A R Y:"^| 12 ACADEMIE DES SCIENCES. vers l'oucsl? ou bien apparlieiU-clIc à rApennin, où le sens de la Irans- lalion siiperlicielle parait avoir été coniraire"? La question est importante, comme on le voit, et intéresse toute la géologie alpine et toute l'histoire récente de la Méditerranée occidentale. J'ai dit ailleurs que cette question ne pouvait pas être résolue par la seule étude des nappes corses. L'étude des nappes corses apportait une présomp- tion très forte en faveur de la solution apennine, en faveur du rattachement de la Corse à TApennin; mais il n'y avait pas de certitude. C'est pour cela que j'ai entrepris la revision de la tectonique elbaine. La nappe prf)fonde de l'Ile d'Elbe n'a pas son équivalent en (^orse. Ce qui apparaît en Corse sous les Schistes lustrés, c'est un granité laminé ( proto- gine des auteui's) (pii ne dilTère point, lithologiquement parlant, du gra- nité écrasé de la nappe supérieure ('). Mais, dans les deux îles, l'Eocène superposé à la nappe de Schistes lustrés présente les mêmes faciès et la même abondance de roches vertes, et les mêmes types de roches vertes; et cette identité est telle qu'elle apporte le supplément de démonstration qui manquait. La nappe supérieure de l'île d'Elbe n'est autre chose cjue le prolongement oriental de la nappe supérieure de Corse. Cette nappe, formée, en Corse, de granité écrasé, de débris de terrains primaires, de Trias et de Lias à faciès quasi bi'iançonnais , perd peu à peu, en avaiv:ant vers l'est, sa lame grani- tique de base, et modifie graduellement sa composition. Le Silurien y appa- raît. Le caractère brianço/inais du Secondaire s'eil'ace à peu près complète- ment. Mais l'iuicène y demeure invariable, avec les mêmes schistes, les mêmes grès, les mêmes jaspes, les mêmes calcaires blancs, les mêmes serpentines, les mêmes eupliotides et les mêmes diabases. La (]orse appartient donc à l'Apennin, et l'île d'Elbe n'est plus, entre les nappes corses et les nappes apennines, qu'un trait d'union. C'est, très exac- tement, la solution que M. Steinmann avait indiquée comme la plus probable quand il a proposé de regarder tout l'Apennin septentrional comme un pays de nappes (^ ). Du môme coup, la théorie de M. Steinmann se trouve singu- lièrement confirmée. Ce sont, semble-t-il, les deux nappes les plus basses de l'île d'Elbe qui, se prolongeant à l'est, forment tout l'Apennin septentrional ; et la nappe supérieure, la nappe de l'Eocène corse, paraît ne plus exister (') P. 'Fermier et J. IJeprat, Comptes rendus, t. CXLVII, p. 206. (^) G. Steinmann, Alpcn und Apennin (Monaisbcriclilc der dculschen i,'cul. Gesellsch., 1907, p. 177). SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. l3 sur le continent. A travers \c.& fenêtres de la nappe de Schistes lustrés, c'est la nappe profonde de File d'Elbe, avec son granité et son microgranite, et avec son Eocène très particulier, que Ton aper(.-oil dans l'Apennin : mais, en arrivant au continent, cette nappe profonde s'esL enricliie en terrains secon- daires, et c'est surtout par le Secondaire (ju'elle est désormais caractérisée (Alpes apuennes ). On comprend dès lors que rÉocène de la nappe profonde elbaine (e^ et c" de M. Lotti), totalement dépourvu de roches vertes dans la région centrale et dans la région orientale de l'île, contienne des roches vertes dans la région occidentale, sur le pourtour du Monte (^apanne. Si l'on replaçait par la pensée dans leur situation originelle les terrains des trois nappes elbaines, on verrait l'Éocène, de l'est à l'ouest : d'abord non métamor- phique, et très mêlé d'intrusions microgranitiques; puis contenant à la fois des microgranites et des roches vertes; puis riche en roches vertes el pro- fondément métamorphique (faciès Schistes lustrés); enfin, de nouveau non métamorphique, et toujours très chargé de roches vertes (faciès corse). Revenons à la Corse et, nous appuyant sur les dernières observations de M. Maury (' ), précisons la structure de cette île. Sur le bord oriental de la région cristalline, on voit, entre Caslirla et Castiglione, les Schistes lustrés s'enfoncer sous le granité, et le granité écrasé de la nappe supérieure se relier au granité normal de la haute chaîne corse. Les Schistes lustrés se prolongent donc à l'ouest, en profondeur, sous cette haute chaîne; mais il est certain qu'ils ne vont pas bien loin vers l'ouest, puisque le granité ([ui apparaît sous ces Schistes dans la l'égion du l'enda ne dilî'ère pas, lilho- logiquement, du granité qui est dessus. Le bord occidental de la zone des Schistes lustrés, de la zone que j'ai appelée zone axiale des Alpes, de la zone lépontinc de M. Stcinniann, est ainsi caché sous la (^orse granitique, et probablement sous la ligne des plus hauts sommets de lilc. La (Jorse granitique, origine de la nappe supérieure, correspond, stratigraphiquement, à la zone située immédiatement à l'ouest de la zone des Schistes lustrés, c'est-à-dire à la zone du Briançonnais : et l'on s'explique dès lors le faciès quasi briançonnais du Secondaire corse. La Corse granitique, qui, dans sa partie occidentale, a tous les caraclères à'un pays autochtone, d'un pays de racines, confine certainement à l'ouest à la bande autochtone, malheureusement effondrée et désormais invisible, qui sépare le régime alpin du régime apennin. (') E. Maury, loc. cit.. p. 1481. i4 ACADÉMIE DES SCIENCES. Cette bande autoclitone, que l'on peut assimiler à un axe d'évenlail, et qui est l'axe tectonique de la grande cliaine tertiairCj l'axe des Alpes en prenant le fnol Alpes dans son sens général, cette bande, dis-je, est oblique sur la direction des zones stratigrapbiqucs. En Piémont, elle parait être en pleine zone des Scliistes lustrés; el c'est pourquoi j'ai longtemps cru qu'elle se prolongeait à l'est de la Corse et à l'est de la Sardaigne (' ). Mais elle s'iniléchit vers l'ouest à partir de la Ligurie et pénètre dans la zone strali- grapliique dite brianronnaise. C'est sous la mer, et un peu à l'ouest des côtes de Corse, qu'elle continue sa marche vers le sud-ouest. Le problème tectonique alpin se trouve maintenant déplacé; et la question des lialéares, de la Sierra-Nevada et du Rif marocain est dorénavant à l'ordre du jour. MÉMOIRES LUS. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — Le nouveau liecuell des nivellements des chemins de fer de Russie comme hase d tiypsomélne du pays. Par M. J. DE ScHOKALSKY. L'hypsomélrie actuelle de la Russie d'Europe s'appuie sur les travaux de mort prédécesseur, maître et ami, le g'énéfal A. de Tillo. Sa Carte fiit basée sur 5x385 points dont les hauteurs furent Corlilue^ à et temps. Une dés bases principales dé son travail fut le recueil de nivellements des cheltllrts de fer, fait par lui, qui englobait 28742 verstes de lignes ferrées. Actuelle- ment ils ont atteint /[Sooo VerstéS de dévelùppemenl et le réseati s'est surtout augmenté dans la Russie d'Europe où de grands espjtces presque sails données précises sur des hauteurs du pays furent derUièl-ement Coupés par de nouvelles lignes. Le rtouveail rec'ucil de nivelleméhts s'imposJiit donc comme travail préparatoire à la construction d'une nouvelle Carte hypsométrique. Nous Tavons Commencé par des nivellerttéills de raccordement etitre les lignes elles-mêmes et les repères de hauteur connue, moyen Unique pour débrouiller l'cnchevêtrelTient des nivellements des lignes indépendantes qui portent des zéros diiîérents. Plus de &0O uivellcments de raccordements furent faits par nous et, grâce à ce travail, nous publions k Cfe moment un nouveau recueil de nivellements où chaque ligne de chcmiil de fer a sa cote la ramenant au zéro unique. (') 1'. TiiUMlKii, liitllctiii dr la Soc. géol. r/c Fiancé. 4" série, t. Vil, p. !\ii. SÉANCE DU ;■) JUILLET 1909. l5 Dans le travail préct'dent de M. le général de Tillo, l'erreur proliable des résultats pour la partie ouest du réseau allait jusqu'à ± i sagène. Grâce aux travaux sur le terrain mentionnés plus haut, nous sommes arrivés à un résultat plus précis çt, pour cette partie du réseau, l'erreur probable chez nous ne dépasse pas ± o,3 sagène ( rt o'",6). GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. -^ Li' Asie centrale russe el le niveau de ses bassins lacustres. Par M. J. de Schokalskv. La question du dessèchement de l'Asie centrale est depuis peu reprise dans te monde scientifique grâce aux observations et aux études des géo- graphes russes (MM, h, I3erg, I. IgnatolT, I. Tanlilief, etc.), Ce sont eux qui ont porté l'attention des savants sur un fait cpti paraissait au premier moment très inattendu : le niveau de plusieurs bassins lacustres, et des plus grands, de l'Asie centrale russe avait monté et de beaucoup. Les données que nous avons pu recueillir sur cette question nous permettent de donner les limites approximatives du territoire où chose pareille fut observée. Au Nord, c'est la ligne du chemin de fer sibérien; au Sud, c'est le parallèle de 41°; à l'Ouest, c'est le Caucase et, à l'Est, probablement le Turkestan chinois. Un des plus grands lacs du monde, l'Aral, a haussé son niveau depuis iSS/) de 2"'; tous les autres lacs de la région indiquée sont aussi en crue plus ou moins marquée. Cette marche ascendante a continué jusqu'à l'été de 1908 et s'est traduite par une augmentation de la végétation dans les parties cultivées ainsi que dans les contrées sauvages du pays, surtout dans les montagnes. En étudiant la quantité de pluie tombée durant la dernière trentaine d'années, nous avons pu démontrer que pour toute cette région il y a une augmentation notable, et si l'on prend les observations de Barnoul, en Sibérie, qui possède une très longue série, on voit que la quan- tité d'eau tombée continue à augmenter depuis une vingtaine d'années. Malheureusement nous ne possédons que peu de données sur les glaciers de la contrée et encore ces derniers, enregistrant les faits de longue durée, ne pourraient nous donner une réponse bien claire; mais les observations sur l'enneigement des glaciers que nous possédons confirment l'augmentation de l'eau tombée dans toute cette contrée. La crue des lacs et des rivières répond plus vite à la question étudiée par nous, et les données sur les débits de deux grandes rivières du pays, l'Amou et la Syr-Dana,nous le prouvent. En 1887, la première à Tchardjul a charrié 45oq648ooo sag% tandis l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. <|u'(^n 1901, To()'|()G'|ooo sag% presque le doul)le. Syr-Daria à P.arman- Kotir^an avait un débit, en 1899, de 1)02935000 saj;-' et, en 190.'), tiiS'f 927000 sa^;'. ■'Evidemment celle crue (jue nons observons ne peut pas durer bien Ioniil('m|is el, en éUidiaiit les données liisloriques et aulres, quoi([ue peu précises, cpi'on possède pour cette région, on doit conclure qu'il existe alternativement des périodes sèches et humides. On ne peut pas encore les bien désigner, mais on constate qu'elles ne coïncident pas bien avec celles de M. Briiclvuer, à qui tout de même revient l'honneur d'avoir porté l'attention sur un tel ordre d'idées. Enfin, toutes les données recueillies par nous ne permettent pas de pré- dire si nous approchons de la (in de la [)ériode humide ou non; nous pou- vons seulement dire que nous avons dépassé le maximum. ELECTIONS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un Correspon- dant pour la Section d'Astronomie. Au premier tour de scrutin, le nondire des votants étant Vh M. J.-C. Ivapteyn obtient 29 sufl'rages M. A» Ricco obtient i.'j » M. J.-C Kai'ïky.v, ayant obtenu la majorité absolue des suffrages, est élu (Jorrespondaiit de l'Académie. COURESPOIVDArVCE . M. le Seckétaire PERPÉTUE!, sigualc, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : 1" Quatre fascicules de la Flore générale de i Indo-Chine, publiée sous la direction de M. H. Lecomte. (Présentés |)ar M. Vlangin.) 2" liiologie florale, par F. Péchoutre. (Présentée par M. Mangin.) SÉANCE DU ) JUILLET 1909. IT ASTROiNOMIE. — Occultations cl' étoiles observées à i' étjiiatorial Brtinncr (o"' ,16) (le l'Observatoire de Lyon, pendant i éclipse de Lune du '3 juin. Note (') de M. J. Guillaume. D'après l'état de l'atmosphère dans la journée et la soirée du 3 juin, toute observation semMait fort compromise. Mais la pluie ayant cessé, moins de 10 minutes avant l'entrée dans l'ombre, une courte éclaircie, à i2''5'" t. m. Paris, permit de voir l'ombre qui, depuis 12 minutes d'après la Connaissance des Temps, envahissait le disque lunaire. De gros nuages noirs recouvrirent encore tout le ciel; néanmoins, après quelques trouées passagères, j'ai pu commencer les observations que je m'étais proposé de faire. A cause de la forte déclinaison australe de la Lune, et de l'état atmosphé- rique, la délinilion des images était très mauvaise : le limbe lunaire, qui ondulait rapidement, présentait des dénivellations atteignant, et dépassant parfois, lo secondes d'arc. Voici le Tableau des occultations observées : Kcniarqucs. Etoile en coiitiict avec le limbe r secondes avant. Perdue li-op tôt : en contact avec le limbe. Etoile en contact 8 secondes avant. » 10 » » 20 » Perdue trop tôt : en contact avec le limbe. Réapparition dans le bord luniiire; elle s'en détache 20 secondes après. Réapparition r/c/ns le bord lunaire; elle s'en détaclie 10 secondes après. En retard. Quand je parviens à saisir l'étoile. f|iii est pâle et dill'use, elle est loin du lidid luiKiiie. Ensuite, l'augmentation de réclairement du disque de la Lune a inis^in aux observations. Vers le milieu de la totalité, la plus grande partie du disque montrait, à l'œil nu, la teinte habituelle rouge ciiivrc des éclipses; la partie inférieure du .oik'S. Pliénomènes. T. ni. Paris. h m 3 a. Im. 1 3. 0. 9,0 b. Im. i3.i5. 6,6 c. Im. I 3. 20. 52, 4 d. Im. i3.23.53,8 e. Im. i3.3o. 6,7 /• Ira. i3. 32. -10,7 e. Em. 14. 3. 9,2 a. Em. .4.12.54,. d. Em. .4. 23.. 3 (') Reçue dans la séance du 28 juin .909. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. CALIX, N» 1.) l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. dis(jue était très sombre, presque noire, tandis que la partie supérieure pré- sentait un croissant jaune laiton. Vers iS'Vja'", des éclairs diffus dessinaient les contours des niasses nua- geuses à l'horizon sud. Voici, d'autre part, les mesures de po.sitions des étoiles occultées, que l'état du ciel n'a pas permis d'effectuer avant le iqC ). Ces observations ont été faites également dans des conditions de définition qui laissaient fort à désirer : images instables et affaiblies par de la brume. Elles sont corrigées de la réfraction. Etoiles. Aa. A6. Nombre de poirilés. /-A — I . i4 ,65 — 3. i3,2 6:8 <^-f — o.23,i3 — 5 . L\o , 3 8:8 b-c —0. 17,43 -3. 7,8 8:8 a — c —0.43,39 -5.23,7 8:8 e — a +0.22,91 —8.22,6 6:8 d~e -+-0. 14,76 -t-2.48,5 8:8 J'en ai conclu les positions moyennes suivantes par rapport à l'étoile A = BD - 22,423-2 (8,0) = Paris, 21 237 : Etoiles. a 1909,0. s 1909,0. 0 A = BD — 22,4232 (8,0) h . m s 16.46.33,67 <"• r II —33.45.17, 1 rt ^ BD — 22,4223 (9,8) 16. 44- 12,50 — 23.59.42, 1 b = Anonyme (10-^) 16.44.38,46 — 23 .57. 26,3 c— BD — 22,4237 (9,3) 16.44.55,89 — 23.54. '8,5 0?= BD ^ 22 ,4225 (9,8) i6.44-5o, 16 — 23. 5. iG,3 e = BD — 22,4224 (9,2) 16.44.35,40 —23. 8. 4,8 f zrz BD — 22,4229 (9,'^) 16.45. 19,02 — 22 .48. 3o, 3 ANALYSE MATllKMAïlQUE. — Sur la sommation des séries de Dirichlet. Note de M. 3Iarcei> Riesz, présentée par M. Emile Picard. Soit donnée la série 2- les À désignant une suite de constantes positives croissant vers l'infini. Nous (' ) Je remercie ici mon collègue, AI. Flajolet. qui a bien voulu m'assisler pour une partie de ces mesures. posons «„ e-'"' — c, <■' S (1 ) — cc-h c.;, -I- . . . ^- f„ — SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. If) n Vf,— i„ et o-(>.)=: S, pour. )v„_| < )v ^ >.„ ; 1 }v,e, + . . . + /.„c„ X„ et, dans un ordre d'idées général, ^.\'' , / ^A" . . „ f. '^"Y Nous appellerons la sommation par ces moyennes la sommation typique d'ordre k des séries aux exposants A, , 7.^, . . . , X„, .... Dans cette Note nous devons nous contenter de signaler quelques pro- priétés remarquables de ces moyennes. Dans le cas >,„-=/(, c'esl-ii-rliie dans le cas qui provieiil d'une simple Iransforma- lioii de la série en/ièrr, nolie méthode nous conduit à des moyennes entièrement équivalentes au\ iiioyennes aiit/iDH'U/jiics. (La forme est ditTérenle, excepté X := o et I.) Au cas 7„:=^log/(, qui est des plus intéressants, nous appellerons la sommation typique sontinatinti lof^^arilh inique. Un calcul élémentaire montre que la limite qu'on obtient de (i ) eu y posant „:z= log« et la limite (3) lim •^1 ^2 ^n - -t- - + . . . + — I 2 II log/i existent en même temps et sont égales. De plus, on a les lliéorèmes : I. Une série quelconque étant sommahle par les moyennes arithmétiques d'ordre li est sommahle par les moyennes logaritl uniques du même ordre. II. Supposons que la fonction J\s) représentée dans une partie du plan par la série convergente 7 a^e"^"' est régulière dans le domaine \{{s)^ c et n'ad- met sur la droite R(^) = c d'(Uttres points singuliers que des pôles ri des points critiques algébriques {en nondire fini) d'un ordre d' in/iniltule '^ m ( ' J. Supposons, de plus, qu'il existe un nombre m' tel que la /onction f{s) satis- (') Dans nn travail delnilN', nou^ détnontrerons ce lliéoréme dans une forme beau- coup pins générale. VA', la remarque faite au sujet du théorème III de notre Noie inti- tulée : Sur les séries de Dirichlet (-.îS juin 1909). 20 ACADEMIE DES SCIENCES. fait, dans le dc/ni-plaii \y^s)-^c, à la coitdilioji \f{s)\ m' el k^ m — i. La sommation est uniforme sur toute portion finie de la droite qui ne contient que des points réguliers. Par exemple, la fonction '((5) rentre bien dans cette classe. Sa série est sommable par les moyennes logarithmiques d'ordre i sur toute la droite sauf le point j? = i. Ce fait résulte aussi immédiatement de la formule de M. Kinkelin, en tenant compte de la forme (3) de nos moyennes. Le résultat le plus remanjuable que nous avons obtenu par les moyennes considérées se rapporte à la multiplication des séries de Dirichlet. Soient Va„e"'"'" et 'Sb„e~''''"' deux séries de cette espèce. Leur produit foruiel donne de nouveau une série de Dirichlet qu'on obtient en ordonnant les quantités A„+ a,„ d'après leur grandeur. Nous écrivons l'égalité formelle 1 Le théorème que j'ai en vue (généralisation du théoième de Ccsàro sur la multiplication de Cauchy) est le suivant : IIL Les séries ^a,, et "V/>„ étant convergentes la série V»",, est sommable I I I par les moyennes typiques d'ordre i (formées avec les exposants v)et la somme ainsi définie est égale au produit V a„ V b„ . 1 I M. Landau avait démontré le théorème d'Abel pour le produit des séries de Dirichlet dont au moins l'une possède un domaine de convergence absolue ('). Pour le cas général il regarde la question comme ouverte. Par notre résultat cette question est résolue par l'affirmative. ('} E. l^ANDAT, Uflier die Mulliplikalioit Diriclilet'sclicr liiclien (HcndiLunli (tel Circnlo mat. l'aleniiu, l. WIV. p. t33). SÉANCE DU ) JUILLET 1909. 21 A celle occasion nous ne nous airèlons pas à la question de la mniliplicalion des séries plusieurs fois indélernainées, l'indéterminalion étant définie par nos moyennes Ivpiiines. Nous préférons envisager un peu |iins allenlivement le cas particulier /.„ =r log«. Nos séries de la forme > rt„ 'i^' el 7 /',, " 'étanl convergentes, nous avons vu que leur produit est somniable par les nivyetuies logarithmiques d'ordir 1 ( '). Par contre on peut donner des séries de Diricldet convergentes dont le produit n'est sommable par aucune moyenne aritlimélique (^). Telles sonl par exemple aux points I _l_it( i. On voit immédiatement qu'elles ne le sont pas par les moyennes logarithmiques d'ordre i. ANALYSE .MATHÉMATIQUE. — Sur les intégrales singulières de certaines étjun- lions différentielles algébriques. iVote de M. lî. Gambier, pivsenléc paf M. Painlevé. D&nsXii^ Comptes rendus ày\ i S janvier icjtx), M. Cliazy éludie des équa- tions différentielles du deuxième ordre el du deuxième degré dont l'intégrale générale est uniforme, tandis que Fintégrale singulière possède des points criti(jues mobiles. Je voudrais, dans le même ordre d'idées, citer une équation du troisième ordre et du deuxième degré dont l'intégrale générale et l'intégrale singu- lièt^e sont respectivement les racines P"'"*"' et Q"^"'^*de fonctions à points cri- tiques lixes, P et <) étant des entiers aussi grands qu'on veut. Dans ce qui suit, p cl q on bien // et q' sont un couple d'entiers premiers entre eux; a(a.-), 0(x), A(j;) sont des fonctions analylicpies de j.\ (') On obtient un résultat intéressant en joignant ce lait au théorème suivant : La sciie ' /.„ rlanl soniinahle par les moyennes logaril/iniiques d'ordre i,_la série ' ■; — — est sommable par les moyennes arillimi-ti(/iies du même ordre. Il en .i-d iog/i ' -^ ' résulte (jue la série » c„/(^*' et ses dérivées sonl sum/nables par les /tiémes moyennes pour toute râleur de s telle rjue l\(s) > o. ('-') Voir le théorème 1\ de notre Note cilée. 22 ACADEMIE DES SCIENCES. l'iiiLcgre l'équation (') l\^ 11+ Il y 7 y"' y' + «( '■)y + /'(-^') = = 0 en écrivant »" + «( r)u'+P + 7 b(,r) Il — o, y = 7 Je forme une équation analogue, contenant une constante arbitraire d'où, en éliminant la constante arbitraire, (3) R'=,VK[£.;(z!__z:;)+A(,r) . L'équation (3) possède les propriétés annoncées : elle est du troisième ordre et du deuxième degré, l'intégrale générale est donnée par (2) où l'on A(x)da\ c'est la puissance , '-^, ^de l'intégrale d'une équation linéaire et du second ordre. L'intégrale singulière est donnée par (i), c'est la puissance — - — de l'intégrale d'une équation linéaire et du deuxième ordre. Les entiers (p -+- q)(/'^ — />(/'- et p + q peuvent être pris l'un arbitraire, l'autre aussi grand qu'on veut. Si je pose maintenant où D désigne un diviseur quelconque de qq'', l'équation (3) donne une équation en v du troisième ordre et de degré élevé dont l'intégrale générale est à points critiques fixes (puissance entière de l'intégrale d'une équation linéaire du deuxième h' on (luci ciotils nuinrriques do l^, v, -j- et tr, où v, ic di-sigiiciil uiio soluti conque du système (()) pour (S3) et (7) pour (H', ) : d- r „ <)i\' n- — 3 1' Z>rt/Kv Ions les ras E-, Y), 'Ç son/ ries fondions uniformes de /,, qui pour (S:,) ct(Z'/) sont transcendantes de second ordre. Dans ces deux derniers cas rinlégrale de (3) est une fonction cssenliellcnienl transcendante de deux des constantes d'intégration et algél)rique de la troisième; pour satisfaire à (4) il faut prendre pour les deux premières des constantes absolues; la troisième reste une fonction arbitraire de ih . Le point \'- = X. •/), "( décrit, lorsque /, et //, A'arient, une surface transcendante possédant un faisceau de courbes l'atinnncUes ; celle surface appartient à un réseau transcendant dont les élé- ments se correspondent par des Iransformalions biuniformes. (Jn peut faire dégénérer la surface (Ç, ïj, X,) en surface elliptique possédant deux faisceaux de courbes de genre 1 : les courbesdu faisceau rationnel sont équianliarmo- ni(pies pour (1^) et liannoni({ues pour (-, ), et la surface (X, ■/], X,) devient alors une transformée (biralionnellc ) de la surface réglée elliptique. 11 est bien remarquable qu'on puisse retromer deux des transcendantes nou- velles introduites par M. Painleve en parlant directement du système (3), (4) (où l' désigiK^ une fonction cpielconque de ^, •/], f,) : on trouve, en efTet, que ce système n'est complètement intégrable que si l'(H, •^,/,)cst de la forme (5). 3. Si l'on suppose maintenant on en conclut „ dr(o) ._ '>'•(?) P - —AT-' y )t. ' ûii Les coefficients de ( i ) se réduisent à des fonctions de oi^t^ u) ^=^ t^, et les d'j, I ,/i o p fonctions ^, Y], ^, 5 = -r- satisfont au système (8) dt. 2 P ]dn ^ sV 1 rfç _ dr ^ ov dT, ~ à- '^ ^ àri C. li.. I||l->1|, ! ■ Srmes/rc. 1 [T. r,\i,i\. N' 1.) 26 ACADÉMIE DES SCIENCES. OÙ P conserve l'expression (5). L'inlégralion de ce syslènie est donnée par celle du système 1 (où P a la même valeur) : il suffit de remplacer la fonc- tion arbitraire de m, par une fonction arbitraire de /, ; les équations (8) se réduisent alors à une seule qui fait connaître s. PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. — Sur quelques inégalilès jouant un rôle dans la ihéorie des tibratiom élastiques et des vibrations électriques. Note de M. A. KoRN, présentée par M. l>inilc Picard. On connaît des théorèmes importants sur l'expression o'- dT f- où s représente une fonction continue avec ses premières dérivées dans un domaine - dont la surface fermée possède en chacun de ses points un plan tangent unique et deux rayons de courbure principaux bien déterminés. Je donnerai ici deux théorèmes analogues sur l'expression /'"■ où u, t', «' représentent trois fonctions continues avec leurs premières déri- vées dans -, où k est un nombre positif satisfaisant à l'inégalité l<''<--^' en nous servant des abréviations \cU-J âiiy /diiy /àiiy /à^y /ài-y fdv dx ây Oz dfv (Je ~ ày dz' /().r\2 fdu'y fà^ry SÉANCE UU T JUILLET 1909. 27 I. Si les fonctions w, c, n' satisfont aux conditions .(i«) I I II dz ^= I {■ dz =z j II' dz = o, \^j\dz=j'.dz^^l.dz^o. on aura toujours où c est une constante ^m'e ne dépendant que de la surface 1 du domaine t et de k. II. Soient «y> 'V> "V (y = 0' '1 2. ...,/)) p + I triplets linéairement indépendants de fonctions continues avec leurs premières dérivées dans t ; posons f ir = «„ir„ 4- J!,ir, -f- 3:.,(r., -t- . . .+ a;,,iv,, ; alors on pourra toujours choisir les ^ -+- 1 constantes a„, a,, a^, . . ., a^, de manière qu'on ait où Cp est une constante (dépendant imiquement de la surface t du domaine i, de A" et de p) qu'on peut faire aussi petite qu'on veut en agrandissant^. La vraie difficulté pour arriver à ces deux résultats consiste à démontrer le théorème fondamental suivant : Soient u, V, «• trois fonctions queAconques continues avec leurs premières dérivées dans t et salis faisant aux six conditions !l u dz ^= I S' dz r= j (!■ dz = o, j u Jr = / V dz r:^ l w dz ^^ o\ alors on aura toujours (3") ^(„î+ „»_,_„,>) f/-= ,2 - £) jTs (^ Vf/- 28 ACADÉMIE DES SCIENCES. et dz, où t et E représentent deux nombres positifs, différents do zéro, ne dépendant que de la surface a du domaine i et de li. J'iii réussi à démontrer ces inégalités toutefois en supposant la continuité des premières dérivées des fonctions m, v, w telle qu'on ait pour deux points x^y^î■^ et x.:,y.,z., quelconques de i dont nous désignons la distance par /•, , I Di « (.(-.jj;,) — D, //( .r, n-i) I =;const. fin. z'^,, ... (a>o), et je donnerai ces démonstrations dans un Mémoire plus étendu. ÉLECTRICITÉ. — Conductibilité d'un gaz à la pression atm'jspliéricjue sous V influence d'une haute tension alternative. Note de M. A. Ch.vssy, pré- sentée par M. Lippmann. , La conductibilité d'un gaz est attribuée à la présence d'ions provenant de diverses causes. En soumettant à un champ électriqtie un gaz préalable- mont ionisé, il se produit un courant qui s'arrête bientôt par suite du traiis- port des ions aux extrémités du champ. Un gaz n'est donc pas par lui-même un conducteur. Si l'on soumet un gaz à un champ très intense il devient alors de lui- même conducteur, comme l'a montré M. Bouty dans l'étude des limites dé l'état diélectrique; c'est-à-dire que les ions, dans ce cas, sont produits par l'influence directe du champ. Je me suis proposé, on opérant à la pression ordinaire, d'étudier l'allure de la conductibilité acquise sous l'intluence d'un champ alternatif intense. J'ai étudié l'air et l'hydrogène. Avec ce dernier gaz les résultats sont réguliers. Dans le cas de l'air je n'ai pu débrouiller nettement certaines irrégularités que j'attribue aux réactions chimiques produites par l'effluve. J'emploie un appareil, que j'appellerai condensateur à gaz, formé de deux cylindres de verre concentriques dont l'intervalle est rempli du gaz à étudier. Les armatures sont collées à l'extérieur du gros cylindre et à l'intérieur du petit. I^ar ce dispositif On évite la com[)lication provenant des électrodes. <^)uand celles-ci ne sont pas séparées par un diélectrique solide, on n'oblient ([ue des étincelles étroites au lieu d'eflluves sillonnant tout le gaz. SÉANCE DU ■) JUILLET I909. 29 Soient E la valeur efficace de ta liante tension qui existe entre les armatures, ',, la pulsation du courant et i l'inlensilé efficace du couiant qui alimente le condensaleui-. Pour mesurer (', qui est relativement faible, je mets en série avec le condensateur à yaz un condensateur dont la capacité C, soil bien plus grande et soit connue. Avec un éloctrornètre de capacité négligeable je mesure la différence de potentiel R, aux bornés de C,. Je tire alors / de la formule J := toC,E|. En variant Ci on a une graiulc étendue dans l'échelle des mesures. Je prends les plus grandes précautions possibles au point de vue de risolement et je réunis au sol la borne du condensateur reliée au condensateur C,. Pour les tenaions inférii'uics à une ceilaine valeur ([iie j'appi'llc tension critique, et qui dépend des dimensions de l'appai'eil, le gaz n'est pas con~ ducteur; il se conduit comme un diélectrique parfait. Soit G la capacité, dans ces conditions, du condensateur à gaz. Elle est donnée par la formule i = coCE. Cette valeur de C est indépendante de la tension tant que celle-ci est inférieure à la tension critique. C'est mi premier régime de fonctionnement du condensateur à gaz. Si Ton dépasse la lension critique, le gaz cesse d'être un diélectrique parfait et devient conducteur; il en résulte un second régime de fonctionnement du condensateur qui se manifeste par la production d'effluves. J'appelle capacité apparente, dans le second régime, celle ([u'on déduit alors de la formule précédente. Elle n'est pas égale à la capacité proprement dite et mesure seulement à un coeflicient près le rapport du déhit à la tension. Pour comprendre les variations de cette capacité appaiente considérons la capa- cité C obtenue en remplaçant le gaz par du mercure ou un électrolyte. Celle capacité est évidemment bien |)lus grande (|ue la capacité C du condensateur à gaz dans le premier régime de fonctionnement. Pour mesurer C j'emploie toujours la for- mule «=;a)C'E. On peut en effet négliger la résistance du liquide par suite de la grande section. Je trouve bien pour C une valeur indépendante de la nature du liquide ainsi que de la tension. Dans ce cas du second régime je trouve que la capacité apparente est comprise entre C et C Faisons croître le voltage à partir de la lension critique. La capacité apparente croit alors d'une façon continue à partir de C; de sorte que le gaz devient de plus en plus conducteur à mesure que la tension croit. Pour les fortes tensions la capacité apparente tend vers la limite C et, en pratique, n'en diffère pas sensiblement. A ce moment l'intensité du courant'qui alimente le condensateur est la même qun dans le cas du liquide et la résistance du gaz est également négligeable. Si le gaz prenait une conductibilité fixe dès que la tension critique est dépassée, la capacité apparente passerait brusquement de C à C ; mais ce n'est pas le cas, comme je viens de le dire. Comme exemple je résumerai les résultats d'une expérience relative à l'hydrogène. 3o ACADÉMIE DES SCIENCES. La tension critique était 3ooo volts efficaces. Depuis cette tension jusqu'à 5ooo volts la capacité apparente croissait dans le rapport de i à 8 environ. De 5ooo à 18000 volts elle ne variait plus que de 8 à 10. L'accioissement de la capacité apparente est donc d'aboi'd rapide, puis devient de plus en plus lent à mesure qu'elle s'approche de C D'une manière générale, portons en abscisses la tension et en ordonnées la capacité apparente. On obtient une courbe d'allure hyperbolique dont l'asymptote est la droite représentant C. Le débit / tend donc, pour les foites tensions, à être proportionnel à la tension. On obtient une figure plus simple en représentant, en fonction de la. tension, l'inten- sité J du courant qui alimente le condensateur à gaz. C'est sensiblement, dans le second régime, une portion de droite dont le prolongement ne passe pas par l'origine. Dans le premier régime, au contraire, on a une droite passant par l'origine, puisque C est constant, et faisant avec l"a\e des tensions un plus petit angle. En résumé, la concluclibilité du gaz croit iFune façon continue avec la tension, et ce n'est que pour les fortes tensions bien sujiérieures à la tension critique que la capacité du condensateur à gaz est la même que celle que l'on obtient en remplaçant le gaz par un liquide conducteur. On peut émettre l'hypothèse qu'à ce moment le gaz est analogue à un conducteur proprement dit. Je me propose justement de voir si, dans ces conditions, le gaz suit la loi d'Ohm. RADIOACI'IYITÉ. — Sur 1(1 radioactivité des sels de potassium. Note de MM. Éiiii.k Henkiot et G. Vavoiv, présentée par M. J. Violle. Les auteurs qui se sont occupés de la radioactivité des sels de potassium, N. Campbell et Mac Lellan, ont cherché à concentrer cette propriété par des fractionnements. I^e résultat a toujours été négatif. A la suite des recherches de l'un de nous précisant la nature du rayonnement du potassium, la question nous a paru devoir être reprise. Nous avons, dans ce but, mis en œuvre les procédés de fractionnement suivants : 1° Cristallisation fractionnée du chlorure; a" l'récipitatioii répétée du chlorure en solution concentrée par l'acide chlorhy- drique gazeux ; 3° Précipitations répétées iIc sulfate de baryum dans une solution de sulfate de potassium. Les produits de tète et de queue du fractionnement étaient comparés entie eu\ par la méthode électrique indiquée dans les Comptes rendus du 5 avril 1909. Une série de mesures efTecluées avec l'un des deux produits donne des nombres bien constants, dilTéraiit entre eux de moins de f^. La moyenne de six mesures, elïectuées sur les SÉANCE DU .1 JUILLET 1909. 3l produits de têle du fractionnement, dillère de moins de ,-5,,- de la moyenne obtenue dans ces conditions avec les produits de queue. Ce résultai négatif confii'me donc les résultats de nos devanciers et rend de plus en plus probable l'iiypothèse que la radioactivité du potassium est bien due à cet élémenl et non à une impureté inconnue. Dans un autre ordre d'idées, des expériences ont été effectuées pour voir si les rayons du potassium, possédant la pénétration des rayons p, sont déviables dans les mêmes conditions. N. Campbell a signalé qu'ils sont déviés dans un champ électrique. L'expérience suivante montre que dans un champ magnétique ce rayonnement se comporte comme un/ittr d'électricité négative et achève de les identifier à des rayons ^. fS sel de potassium Une chambre d'ionisation lî, de jurandes dimensions, est fermée sur une de ses faces par une feuille d'étain F, et accouplée à un électroscope VVilson. La chambre d'iorii^ sation étant portée ii un potentiel de (juelques centaines de volts, ou observe un certain courant dû à l'ionisation spontanée de l'air de la chambre. Si l'on place en S une couche d'un sel de potassium quelconque, le courant est très peu augmenté par les rayons obliques, la direction moyenne du faisceau étant verticale et de bas en haut. En disposant la surface rayonnante entre les deux pôles d'un électro-aimant qui donne un champ normal au plan de la figure, on constate que, pour un certain sens du champ, le courant est très notablement augmenté. 32 ACADÉMIE DES SCIENCES. On s'assure facilement que le sens du champ correspondanl à celle augineiilalinn de coiiranl esl tel i|u'il entre dans le plan de la figure. Ce sens est donc tel qu'il tend à rabattre vers la droite un llux d'élcclroiis négatifs primitivement vertical et iseu de S. L'augmentation de courant obtenue ne dépasse pas i5 pour loo. La surface disponible pour le sel entre les pièces polaires de rélectro-aimant est assez restreinte (i5'"'xi6'™) el les rayons accomplissent un long trajet dans l'air : ceci explique le peu d'intensité des eiïets observés. L'eflet, quoi(iue faible, est parfai- tement nel et ne s'est jamais produit pour le sens opposé du champ. On peut d'ail- leurs s'assurer que la dissjmétrie obtenue par lenverseinenl du champ n'existe plus en l'absence du sel de potassium. Celte e.vpénence identifie donc d'une manière complèle les rayons du po- tassium à des rayons ^. CHIMIE PHYSIQUE. — Changements taulomériqites décelés à l'aide du poiwoir rolatoire magnétique. Noie de MM. P. -Tu. Mui.leii el M. Thouvexot, présentée par M. A. Haller. Depuis quelques années on a recours, de plus en plus, ;\\\\ méthodes plivsico-cliimiques pour déceler les changements de conslilulion qui se pro- duisent sous des actions diverses, à l'intérieur des molécules. La réfraction, très sensible aux variations de struclure, nous a rendu de grands services à ce point de vue ("), surtout dans les cas oi'i nulle modilicalion de la couleur ne laisse soupçonner ce qui se passe dans la substance. On sait que H. Beccpierel ( -) a trouvé une relation approchée entre la réfraction des divers corps liquides et leur pouvoir rolatoire magnétique; ces deux propriétés varient dans le même sens. D'autre part nous devons à Perkin de longues séries d'études, d'où il résulte cpie le pouvoir rolatoire magnétique est une fonction addilive, sans doute, mais sensible cependant aux divers changements de constitution. Il était donc intéressant d'appliquer les mesures de pouvoir iv)laloire magnétique à certaines substances susceptibles d'exister sous deux formes taulomériques, de façon à nous rendre compte jnscpi'à quel point le procédé esl capable de déceler les transpositions moléculaires. Comme l'un de nous l'a fait observer ailleurs, la méthode doit être ii\.v'\c\.(i.men\. différentielle^ c'est- (') Voir la bibliographie dans le Mémoire de MM. Haller et P. -Th. MuLt.ER, Ann. de Chi/n. et de l'Iiys., l. X\ , 1908, p. 289 et 295. (-) Aitn. de C/iim. et de Pliys., t. XII, 1877, p. 35. SÉANCIi: UU "i JIH.LET KjOf). 33 à-dirc qu'on ne doit coin]);iriM' (jiil- dos moh-cules seinhLdilcs, riiiic dt'iiviinl do l'aiilre par une niodilic;ilion (jui n'en allére qu'une faible parlii.'. Nous nous sommes adressés d'une pari au cyanacélate de mélhyl el à son sel sodique, dissous dans l'alcool mélliylique; daulre pail à l'étlier acctylacélique et à son sel sodiqu"', au sein de l'alcool élliyliipie. Les mesures ont loules été faites à la leiiipéraliire de 25". Elles comportent : 1° Les dissolvants purs CM' OH : K — i , Go.") cl C.^ll '< »ll : I! — 2,766; Rdésigiiele pouvoir lolaloire moléculaire, rapporté à l'eau, tel qu'il est défini par l'erMii. ■î° Les alcoolales de sodium à diverses concentralions. Pour (lll'OiVa, /; étaut compris entre 16 et 20, H =;: 2,686 (moyenne de trois e\|)érieni'es). Pour C-H''ONa, p étant com|)ris entre 10 et 16, K=:z4i42i (niovenne de quatre expériences); /jdésigne le |)oids de substance dissoute dans iooi< de solution. 3" Lecvanacétate de méilivie pur, K = 4i339,etsa solution iTiéllivIiiiue : /> = 00 et ly ; R=4''^7' (moyenne). 4° L'éthcr acétylacétifjue jnir, \\ -(),.joi (d'accord avec Perkin), et sa solution dans l'alcool ; /) = 19 et ;'i9 ; K =^ 6,.')So ( moveiinc). .1° Le sel de sodium de cyanacélate de métln le, en solution niétliylique ; p étant compris entre 14 et 29, H m r, 812 (moyenne de quatre e\|iériences ). 6" Le sel de sodium de l'étlier acétviacétique au sein de l'alcool; p étant compris entre i5 et 19, P» ^ ii,»..") (moyenne de trois expériences). Les mesures 3" et 4° nous montrent d'abord que la présence de l'al- cool niétliylique ou étiiylique n'altère pas pratiquement la rotation magné- ti" les sels de sodium des substances tautomérisables avec leurs générateurs. Nous trouvons pour la différence \.^ (rjui devrait représenter rot. Na — rot. II, s'il n'y avait pas transposition) : Cyanacétate de méthyle : A., = 7,3i2 — '1,37 1 = 2,(j'i (dans l'alcool mé- thylique); Ktlier acélylacétique : A2= 1 1,25 — G,58 = 4,07 (dans l'alcool étliy- lique). Ces différences A.^, quidépassent de beaucoup les valeurs normales A,, iie pouvant provenir des atomes Na et H, indiquent un cliani^cinent de shuc- ture du radical organique quand la molécule passe à l'état de sel (- ). (^omme nous l'avions prévu, la uu''tliode de la rolalion magnélique diffé- rentielle nous révèle licitement les variations conslilulives ; elle conq)lèle la méthode réfractomélrique différentielle, mais il faut ajouter (|ue, dans l'étude des solutions, elle exige des conceutralioiis plus considérables. CHIMIE MINÉKALE. — Sur les chk)rures de xiliciuiii. ^olQ àc ^{M. \. Hksson et L. FouKSiiiiit, présentée par M. Troost. Dans une précédente Communication (■'), nous avons décrit un procédé de préparai ion des clilorures de Si de la série saturée par la décomposition par reflluvç <''li'clrii]ur île vapeurs de silicicbloroforme entraînées par un courant de II ; au pi'cmier abord, ce résultat paraît surprenant, car on serait plutôt conduit à peiisci' (|ue la déeonqjositiun ilcNrail se faire avec départ de H Cl d'après le mode /(SillCI'nr «IICI + H(Si(.:i-), de sorte qu'on devrait olilenirles chlorures de la série silico-éthyléniqne; l'expérience montre (piil n'en est rien et la l'orniation des chlorures salines (') l'.-Tii. Mti.i.iiii cl \i\). iJAiiiit, Coniplcs ri-ndiis. i. GXXXVllI, igo'i, p. 1099. (^) La discussion cliimiqiie lelalive à i.<) mars 1909. SÉAiN'CE DU .") JUILI.E'I' 1909. '^D ne pont, rlrs lars s'o\|)li(|ii(M' qu'avec un déiia^^MiienL do II : 2.SIIICI'=SIH_;i«H-2ll, 3SiIlCP=Si'CI»+2ll-t- MCI Tanl pour vériluT (]u"il y avait dégagement d'hydrogène que pour éli- miner l'inlluencc |)ossil)le d'une atmosphère de ce gaz dans la décomposition, nous avons renouvelé l'expérience, mais en opérant dans une atmosphère dilTérente de H; nous avons pensé que le mieux serait d'o|iérer dans nn lent cdiiiant de gaz II Cl sec entraînant les vapeurs de SiHCl^ l/opi'i alimi iini'ia siii' emiron 2' de silicirlilordloriiie; nous consUilànies qu'il y avait eflectiveiui'iil un dégagement d'Iiydronène el que les produits ijl)teiuis étaient les mêmes ([ue dans une alnuisplière de M, c'est-à-dire (|ue les produits isolahles font pnilic de la série des chlorures saltu-és; peul-èlie se forme-t-il de petites quantités de |ii()duils volatils non siilurés, car le dosage du chlore dans les pi-oduils de fractionne- itK'iil iiileimédiaires entre Si-CI° el Si^CI* moiitienl nn délicit sensible (|ui peut être attribué à la présence de petites quantités de chlorures non salures. Ce mode fondamental de décomposition de SiHCl' avec départ de H per- mi'llait d'espérer (in'on pourrait obtenir les chlorures de Si non saturés des siM'ies silico-élhyléniques et silico-acétyléniques par la décomposition par l'ernu-ve des composés Si H- Cl- et Si M'' Cl récemment découverts par nous el d'aiirès les modes «siiPCi-=/((Sicr-) + «H% Si iim;i + «Si IPC|2= (Sici + nSiC\'-) + :n\ + nW. l'Àanl dounées les dit'licultés de condensation et de séparation de ces pro- duits, nous avons pensé pouvoir soumettre simplement à l'action de l'efHuve les parties les plus volatiles de l'action de HCl sec sur Si amorphe. Par nue réfrigéralion convpnal)le on ne laissait accéder à l'appareil à effluves ( l tubes réservoirs spéciaux en batterie) autant (pie possii)le que les produits plus volatils que SiliCP. Une certaine quantité de liquide se condensait dans l'appareil à effluves, une antre partie dans nn réfrigérant subséquent; le fractionnement des difl'érents liquides n'a pas permis d'isoli'i' de chlorures non saturés; nous n'avons pu en isoler que les chlorures salures SiHil'', Si'Gl", etc., avec la même restriction (jne celle faite précé- demment, à savoir (pie les produits intermédiaires présentent nn déficit notable er" clilore, ce V|ui cunduil à |ieiiser (pi'ils renferment de petites (piantités de chlorures non saturés. La formation, au iiiniiis en quantité |)r('qi(indi'M'anle, des chlorures saturés dans cette opération peut s'interpréter en admetlaiiL que IICI qui se trouve en grand excès dans les produits gazeux atteignant l'appareil à effluves peut jouer nn certain rôle et subir en présence des chlorures de Si hypothétiques cherchés une décomposition en H el Cl 'M'y ACADÉMllî DES SCILCNClîS. qui viriil satiiiL'i- ceii\-('i; il serait aussi |)ossil)le (|iie les coiii|)osés SiH-(.>l- el SilKlP lie sul)isseiU pas la (lécniupûsilloii île la pail de Teflluve, car il faut reiiiar(jiier (pie, sur les quatre tubes à eilluvesde noire appareil, seuls les tleu\ premieis fonctioniienl d'une façon active, et cependant on constate qu'une quantité iiiiporlante de composés siliciés s'écliappeiit de l'apiiareil au sortir du réfrigér.int de ([ueue. (^uoi qu'il en soit, nous nous jji'oposons de i^eprendre cet essai, mais en condensant au préalable les composés hydiocliloi'és avant de les dii-iger dans l'appareil à eftluves; ce qui rend vraisemblable la formation de chlo- rures non saturés aussi bien dans l'effluvation de Si H Cl' (jtte des autres composés hydrochlorés, c'est que les résidus jaunes ou bruns de la sépara- lion des éléments volatils du pioibiil jinil présentent une composition voi- sine de Si" Cl' et Si'C^l', ce (pii [)oi'te à croire (pi'il s'y trouve des cliloitires non saturés. Nous avons pti obtenir la série des chlorures saturés par un autre pro- cédé, à vrai dire moins onéreux, mais moins rapide que celui au silicochlo- roforme; il consiste à soumettre à l'effluve un mélange de H sec clde vapeurs de Si Cl'. La réaction semble limitée; car, malgré l'emploi d'un excès d'H, une assez forte proportion de Si Cl'' y échappe; néanmoins, par une opération prolongée continûment pendant un mois environ, nous avons pu obtenir en partant de 2' de Si Cl' une assez grande cjuantité de produit; de plus, cer- tains termes de la s(''rie des chlorures saturés s'y trouvaient en proportions diiférenles de ce qu'ils étaient dans la décomposition de SillCl^; c'est ainsi que le chlorure solide correspondant à la composition Si'MJI' ' faisait presque coiTiplèlement di'Taut, tandis que les deux termes précédents y étaient assez abondants; cette circonstance nous permet de recliner et de jH-éciserquehpies points de leur histoire. Le corps liquide oléagineux (pie tious avons signalé comme distillant vers iJo"sous pression de i.V'"" et auquel nous axions attribué la composition Si'Cl'- est, en réalité, le terme précédent Si'CI'" que nous croyions man- quer à la série, et son point d'éhullition est de r49°-i5i" sotis i 5""" de pres- sion; quant au chlorure Si^CI'-, c'est un liquide très visqueux tpii distille vers i<)o'' sous la même pression de i5"""; nous avons pu l'isoler en assez grande quantité. (^)tiant au résidu (jui reste a})rès distillation au bain de valvoline vers 200", c'est un corps solide, jaune vitreux, ne présentant pas de compo- sition délinie; il semble être un mélange de chlorures qtic nous n'avons pas pu séparer. SÉANCIL DU J JUILLET 1909. 87 CHIMIE MINÉRALE. — Sur une nomelle méthode (l'isolrnieut de la terhine. Note de M. (i. Ukbaix, présentée par M. A. Haller. La terbine, qui m'a permis de donner la définition complète et rigoureuse du terbium de Mosander, avait été obtenue en fractionnant au moyen de l'ammoniaque diluée un mélange de gadolinium et de terbium ('). Dans ces conditions, la terbine, base plus faible que la gadoline, précipite en premier. Celle mélliode esl 1res péiiihlt' à cause des filtralions, des lavages el des concenUa- lions imillipliés qu'elle com|)oile. Je suis paiveiui au même lésullal avec beaucoup moins de peine, bien qu'au bout d'un temps plus long, par une mélliode de criblaliisa- lion qui rappelle par son principe le procédé qui nous a permis, à M. Lacombe el moi {-), de séparer rigoureusemenl l'europium du samarium. J'ai montré antérieurement (') que, par la solubililé de ses sels isomoi|ilie5 avec les sels correspondants des terres rares, le bismuth se place constamment entre le sama- rium el l'europium. D'autre part, l'ordre dans lequel les terres rares se séparent les unes des autres par dill'érence de solubilité est indépendant de la nature des sels. Gel ordre de sérialion esl le suivant : Lanthane. Europium. ^Itrium. Cérium. Gadolinium. Erbium. Praséodyme. Terbium. Thulium. Néodvuie. Dysprosiuin. Néoytlerbiiim. Samaiiuin. llolniiuiu. Luléciurn. Mais, dans certains cas, la série se replie sur elle-même. C'est le cas des nitrates simples à V""' d'eau, par exemple, parmi lesquels le sel de gadoli- nium est le moins soluble de tous. Ces nitrates se classent de telle sorte que le néodyme se retrouve avec l'erbium (' ), et le cérium et le lanthane avec le néoN tlerbium et le lutécium dans les fractions les plus solubles. Ce reploiement de la série rappelle le phénomène de la dispersion ano- male. J'ai pensé qu'on pourrait en tirer profit pour la séparation de (juehjues terres rares les unes des autres, en faisant intervenir le bismuth comme élémeni séparateur . ( ' ) G. Urbain, Complus rendus, t. C-\L1, p. Sar. (-) G. I^Irbaix el II. Lacombk, Comptes rendus, t. C\\\\ 11, p. 792. (^) G. l KBAIN, Journal de C/iinu'e p/iysi'/ue, 1906, p. 3 1-66. (') E. Dkjiarçaï, Comptes rendus, t. C\XX, p. 1021. 38 ACADÉMll- DES SCIENCES. (__)iielques essais préllinliiaires ( ' ). efTectiiés sur des mélanges iloiU Ions les termes (|iii précèdenl le gadoliiiinm avaient été éliminés an préalable, m'ont inonlré (|iie le nitrate de bismuth Bi ( NO^)'.5 H-0 est pins solubiedans l'acide nitrique que le nitrate de gadolinium Gd(NO^)^ 5 H- O et moins soluble que le nitrate de dysplo^innl I)y(NO')'. 5 H-0. Le nili-ate de terbium paraissait, en piemiére analyse, avoii- la même solubilité que le nitrate de bismuth. Des expériences prolongées riront montré récemment que le iiiliuli- de liisniulh est un peu moins soluble que le nitrate de terbium, de sorte qu'en ajoutant de grandes quantités de nitrate de bismuth au\ mélanges et en soumettant le tout à la cristallisation méthodique, pendant un temps suffisant, on parviendrait à séparer rigoureusement le gadolinium du terbium. En fait,, je n'ai pas oblenu tout à f'ail un i-ésultat aussi l'cinanjiiable. Lorsque j'ai cru l'avoir atteint, la fraction la plus pure de hisinulli renfer- mait encore 4 millièmes de terbiuin environ. Dans les fractions siii-vanlos, la proportion de terbium augmentait lentement. L'examen des spectres d'arc m'a montré que cette nouvelle méthode, très différente de celle que j'avais d'abord employée pour l'isolement du ter- bium, donnait rigoureusement la même terre, et qu'en conséquence il nv a pas lieu de suspecter l'homogénéité de cet élément. Ces observations con- firment ce que nous avions déduit, M. Jantsch et moi (-), du dosage de l'oxygène disponible dans le peroxyde de terbium Tb'O'. Avec les trois fractions oii la proportion de terljine était suffisante pour permettre de faire des mesures magnétiques, j'ai effectué de nouvelles déterminations du coefficient d'aimantation du sesquioxydede terbium dont les valeurs concordent pratiquement avec celles que nous avions déjà obtenues M. Jantsch et moi (^). Ces nouvelles mesures sont particulièrement concordantes : Fractions. a:.io". 11 342,7 12 9.42,5 13 243,9 J'ajouterai que la méthode qui vient d être décrite assure une bonne séparation du terbium et du dysprosium, parce qu'elle permet de réduire à un minimum les mélanges intermédiaires : l'excès de bismuth repoussant le dysprosium vers les queues du fractionnement et retenant les petites quantités de terbium qu'il est si difficile d'éliminer parles autri's méthodes. (') G. Urbain, Journal de. ChiDiie physiriiii'. i()o6, p. io5-i22. ('-) G. Urbain et G. Janstiiii, Compte!; rc/u/tis. t. CXI^VI, p. 127. (') G. Urbain et G. Jx.NsrcH, Comples rendus, t. C\L\ II, 38 décembre 1908. SÉANCE DU ") JUILLET 1909. 3g Vil sujet (le certains résullals conleims dans celle Nnle, je dois signaler ijiie M. Sle- pliaii Weyei- [Sitz. lier. Il ien. A/.ai/., ao janvier igoa), a}aiil reçu de Deiiiarray du saiiiariuni et de reiii(]|iiuiii, aviiil reclifié de lui-même ses |)iemiéres conclusions et avait constaté que le [jaraniagnélisme des terres rares admet deu\ nia\inia. ruii dans la série cérique, l'autre dans la série vlLrif(ue. Je recaimais Ijien volontiers ranlériorité de M. Sleplian Meyer dont la deuxième Note m'avait échappé. CHIMIE ORGAiMQUE. — Sur l' oxydation des aldéhydes pur l'oxyde d'argent. Note de MM. Marcel Deléi>ixe et Pieuke Iîonmît, présenlée par M. Ilallcf. Depuis le jour où Liebi;^- (') découvrit la IransCorinatiou de i"aldchyde acétique en acide sous l'iniluence de l'oxyde d'argent en présence de Teau, cette importante réaction a été utilisée dans des circonstances extraordinai- rement variées quant aux proportions, à la température, au milieu, aux conditions du mélange, etc.; cependant la pliq)art des auteurs recom- mandent l'emploi d'un oxyde récemment précipité et bien lavé. Nous ne pouvons ici rapporter tous ces détails qu'on tiouveia ailleuis. Nous nous sommes proj)Osé de simplifier et d'uiiii"oruiiscr ce procédé d'oxydation. Tout d'abord, il nous a [laiu que la recommaiidalioii de prendre un oxyde d'argent t'raicluMuent préparé deviendrait superllue si l'on produisait cet oxyde, au moment même de la réaction, dans le milieu réagissant. C'est ce qu"on réalise eu ajimlanl directement du nitrate d'argent dans une soluliuu aqueuse d'aldéhyde, suflisamment alcoolisée, s'il est nécessaire, pour ([u'il n'y ail point séparation d'aldéhyde, puis mêlant peu à peu par fractions égales toutes les 5 ou 10 iiiinutes, en l'espace de 2 heures, à Iroid et en agitant -ans cesse, une base dissoute (soude, potasse et mieux baryte — à — J en dose capable non seulement de libérer l'oxyde d'argent, mais encore de neutraliser l'acide organique formé. On laisse ensuite en contact pendant 1 -^ heures ou plus; on filtre en lavant le mêlai réduit; on fait passer dans le filtrat un courantde gaz caibouiipie pour salifier l'excès d'alcali (qu'on met ordinairement); on distille l'alcool, si l'on en a mis; un conceB4r4=«- ou non suivant qu'il s'agit d'acides organiques plus ou moins faciles à extraire; en tout cas, on a une solution qui est prête [lour l'extraction de l'acide cherche. Avant de l'acicluler ou de la concentrer, il y a souvent a\aiilage ;i ré|)uiser a l'êtlier qui enlève des pr(.)duits neutres. (') J. I.iEisni. iiin. (ItT l'Iiann... l. \IN . iS:!5, p. i^o. 4o ACADÉMIE DES SCIENCES. IjU rwictioii llié()ri(jii(' scrail l;i siiivaiUc (avec la soude) : l'v.ClK > -I- aNO'Aj; 4- 31\a(_)ll — - H.CO-Na + 2Ag +- -.ND'Ma + oAVO, mais il est souvent prétérable rrcniployer un excès de nilrale (rari^M-nt avec la dose correspoudaule de base R.GIIO-H(2 4-/0NO^Ag + (3H-«)NaOJI = RCO^Na + 2Ag + (■>.-{- «)NO'Na + alI'O + « AgOII. Eu jualique, nous avons ajoulé quelques cenliuièlres cul)(;s de solution alcaline en excès et nous avons fail n = o,i à i ; ce qui revionl à employer un excès d'oxyde d'ari;enl (pii assure la terminaison de l'oxydalion. Voici ce (jui est censé se passer dans la l'èaclion théorique : Au déijiil, jusqu'à ce qu'on ail ajouté a'""' d'alcali, la réaclion se fail entre Ag'O précipité et l'aldélivde, ce qui oxyde les ^ de ce dernier selon l'équation : 3R.CH0 + 3Ag-0 = 2RC0'=Ag -+- R.CHO ( inaltéré) + 4 \g + IIH). Si Ion ajoute alors le troisième équivalent d'alcali, il précipite celle fois l'oxyde d'argent du sel organique d'argent, en dose capable d'oxyder le J- d'aldéhyde restant, pendant qu'il salure lui-même l'acide organique déjà existant et à venir : i(2R.C0 = Ag-(- R.CUO) + NaOH = RCO"-Na -1- 5 Ag + :; 11=0. S'il y a un excès de nitrate d'argent jiar rapport aux doses lliéoriquc;, le moment où le métal alcalin se substitue à l'argent du sel organique d'argent est tout simplement retardé, mais en aucun i:is on n'a d'iilrali lllue en grande quantité, caj)alile de nuire à l'aldéhyde. En fait, l'expérience a confirmé ces inductions et nous avons ainsi pu oxyder à froid, avec d'excellents résultats, sans précipiter d'avance l'oxyde d'argent : L'aldéhyde crotonique (acide l)lanc du premier jet; rendement, [)o-cp pour loodela théorie); l'aldéhyde pyromucique (acide blanc du premier jet ; rendement, 90-9^ pour loode la théorie) ; l'aldéhyde (?H'-()-, dimère de l'aldéhyde crotonique (ac. tantôt blanc, tantôt jaune; rendement brut, 80 pour 100 de la théorie); l'aldéhyde méthylène-'), i-dioxyhydralropique (ac. en cristaux jaunâtres; rendement brut, 90 pour 100); l'aldéhyde dimé- thoxy-2.'^-méthylènedioxy-4.5-hydratropique(ac. à peine jaunâtre, en dose presque théori(|ue) ; le citral (rendement de 70 pour 100 de la théorie en acide distillé pur). Nous nous sommes assurés, en outre, qualitalivement et sans nous préoc- SÉANCE DU 1 JUILLET 1909. ^I cuper du rendement, que les aldéhydes acéti(]ue monocliloré, honzoïciue et salicvlique se laissaient aussi oxyder très facilement. La iiiélliode nous paraît donc devoir s'ap|)li(pi(M' avanlaL;i'iiseincnt dans un noad)rc considéral)le de cas ; en se repurlant aux Vl/'uioires relatifs à ceux des composés précédents qui ont été déjà préparés, on verra même que nos rendements sont meilleurs ou nos produits plus lilancs. Pour l'aldéhyde C^H'-Q-, la méthode à Tazotate d'argent et baryte donne seule de bons résultats. Une précaution à prendre est de faire toujours un petit essai prélimi- naire. Il y a, en effet, des aldéhydes comme l'aldéhyde C^H'^O- ou l'aldé- hyde benzoïque, qui paraissent rester prcscpie inattaqués tant (ju'on n'arrive pas à avoir de la base soluble en présence de l'aldéhyde. Dans ce cas, que l'on reconnaît ii ce (pie l'oxyde reste longtenqis brun sans noircir, il est possible de hâter un peu l'addition des ('2 -l- /^) premiers é(piivalents d'alcali pour ajouter beaucoup plus lentement le dernier. Ce que nous avons surtout voulu faire res.sortir, c'est (pi'à froid l'oxyde d'argent transforme facilement les aldéhydes en acides, que la présence d'un nitrate ne nuit pas aux opérations et qu'il est inutile de préparer l'oxyde à l'avance en le lavant soigneusement, comme on le recommande si souvent. CHLMlE BIOLOGIQUE. — L' hydrolyse lliioritydrique des matières protéiques : noiweaux résullats. Note de MM. L. IIu«ol'.\e.\q et A. Mokei,, présentée par M. Armand Gautier. Pour préciser les résultats publiés par nous sur l'hydrolyse des matières protéiques par l'acide fluorhydrique, nous avons répété des expériences qui nous ont permis de compléter sur [)lusieurs points les conclusions aux- quelles nous étions arrivés dans l'étude des nucléoprotéides stomacales. C'est ainsi que l'acide fluorhydrique se comporte diversement vis-à-vis des protéides d'origine et de résistance dilférentes. Avec des matières déjà modifiées par la cuisson, telles que la gélatine, l'acide fluorhydrique à i5 pour 100 réalise une décomposition complète avec mise en liberté d'acides amidés. A des concentrations supérieures à 20 pour 100, l'acide fluorhydrique donne avec la gélatine des polypep- lides de plus en plus compliquées à mesure que la concentration augmente. Dans une série d'expériences, nous avons, en effet, attaqué au bain-marie, C. R., 1909, >• Semestre. (T. CXLIX, W° 1.) t) 42 ACADÉMIE DES SCIENCES. jus(ju"<'i dispai'iLiou de lu léaclion du lùuret, de la i^clatine coinineixiale hlaiiclie par six fois son pt)ids de H Fi à i5, à 20, à3o, à_ 35 et à 45 pour loo, et nous avons eonslaté (jue : I" L';i<-ide à là pour 100 hydrolyse complètement la gélatiae, comme l'indiquenl le liliai;e au formol, par la méthode de Sôrensen. de l'azote libéré el surtout l'absence coiislatée de peplides accompagiianl les acides amidés. 2" L'acide à 20 ou 3o pour 100 donne encore beaucoup d'acides amidés libres, mais ceux-ci sont accompagnés de dipeptides et de tripeplides. 3° L'acide à 35 pour 100 et au delà donne peu d'acides amidés, car il respecte des polypeplides plus compliquées, que nous avons réussi à extraire el à étudier par la mise en évidence de leurs constituants libérés par une hydrolyse plus profonde. Une de ces peptides nous a fourni cinq acides amidés : arginine, lysine, phénylalanine, alanine el glycocolle. 4° A la concenlralioii de '\b pour 100, l'acide fluorhydrique ne donne plus de dia- mines libres, même après une chauffe prolongée. Ces nouvelles recherches confirment Texislence des peplides dont nous avons signalé et identifié les dérivés cristallins. Mais la question se pose toujours de leur origine analytique ou synthétique, naturelle ou artifi- cielle. Pour résoudre celte question, nous avons chauffé divers acides amidés avec HFl à 20, à 3o, à 45, el même à 60 pour 100. En aucun cas, ces com- posés n'ont subi d'anhydrisation ou de condensation. Le glycocolle, chauffé 12 heures avec HFl à 3o pour 100 ou même à 45 pour 100, ne donne ni givcylgiycine, ni diacipipérazine. Chauffée pendant 6 heures avec HFl à 60 pour 100, l'arginiue ne fournit pas d'argi- nyl-arginine; de même la lysine n'est pas modifiée par une chauffe de 12 heures au bain-maiie avec HFl à 00 poui- joô. Ces expériences démontrent que HFl, aux coucenlralions qui permettent de libérer ces peptides, ne condense pas les acides amidés isolés. Il ressort de cette étude que : I" En choisissant convenablement le degré de concentration, on peut obtenir avec l'acide lluorhydri(|ue, graduellement, à la température du bain-uiarie, une s(''rie d'échelons dans l'hydrolyse des matières [MOtéiques. I^es acides c<^ucentrés hydrolyscnt beaucoup moins profondément que racid(.' à i) (Ml iiS pour 100 et donnent suitotil, ou même exclusivement, clés [leptiiles. 2" Les peplides libi.'i'i'es [)ar 11 FI coucentié ou par une chanllé insulli- saniiiKMit prolongée avec des acides convenabli'ineiil dilués re[)réscntent bien des complexes naturels préexistants dans les molécules protéiques. SÉANCIi: DU ") JLII^LET I909. 4^ 3" Il nous a été possible d'engager cerlaines de ces peptidcs simples dans des combinaisons cristallisées (nitrates, picrates, picrolonates). 4" Enfin, l'acide lluorhydri(|ue se comporte comme un réactif suscep- tible de mettre en évidence non seulement des acides amidés libres ou com- binés entre eux, mais d'autres constituants appartenant à la série des dérivés aminés, les uns réducteurs, les autres non réducteurs, du groupe des sucres. Nous décrirons dans une prochaine Note ces corps, que l'acide fluorhydrique nous permet d'extraire parce qu'il les respecte mieux que les autres agents d'hydrolyse. MINKRAI^OGlE. — Elude des principaux gisements de roc/irs alcalines du Soudan français. Note de M. (i. riAROK, présentée par \I. A. Lacroix. Des roches de la famille granitique, d(!s granités, des micrograniteset des rhyolites, ont été signalées dans un cerlain nond)re de points du Soudan français où elles apparaissent au milieu des sables. Toutes sont alcalines et leur ensemble constitue une province [létrographiipie très nette. ■l'ai explor('' tous les gisem(mts déjà connus et j'en ai découvert de nou- veaux, .l'en ai rapporté un grand nombre d'échantillons de roches que j'étudie au lalioratoire de Minéralogie du Muséum. Dans la présente Note, je me propose de coorfionner les observations antérieures (' ) et de les com- pléter par celles que j'ai faites moi-même. Mounio. — J'insisterai d'abord et surtout sur le Mounio (pii possède à la fois, et c(')te à ci'ile, les (rois tvj)es sti-uchirels désignés plus haut. Le Mounio est une petite région, de nature granitique, f|ui est située à une centaine de kilomètres à l'est de Zinder et à joo'"" environ en deçà du Tchad. 11 mesure 70''"' à 7.)''" de long du Nord au Sud, sur 30"*"' à 35'"" de large, et ses points culminants dominent de loo"" à tSo"" la plaine sablon- neuse environnante. L'érosion, autrefois très active dans le Soudan, et aujourd'hui nulle, a découpé, a isolé dans le massif du Mounio un grand nombre de buttes et de di'mies. 1. J'ai trouvé le granité à œgyrine et à rieheckite sur d'assez vastes espaces, en deux points du Mounio, dans les environs de Tchilchiga à l'Ouest, et à côté de Diri- (') Les rhjolites d'itadjer el llamis (L. Gentil); les micrograniles de Gouré (A. Lacroix) ; les granités de Zinder (Foureaii et L. Gentil); les rliyoiites de (iabana ( L. Gentil et l'reydenberg). 4/| ACADÉMIE DES SCIENCES. koa au Sud-Esl. Ce gianlle. qui esl tantôt à graiuls cléments, laiitùt à grain moyen, se présente d'ordinaire dans les parties basses, les plus érodées; cependant, il foime par- fois quelques buttes pouvant atteindre .)o"' de hauteur. C'est un granité semblable, d'après réclianlillon que m'a remis le lieutenant de vaisseau Audoin, qui forme le petit massif de Macliéna, à une Ircnlaine de kilomètres au sud du Mounlo, dans la Nigeria anglaise. 2. Le microgranile ù (t\:;yrinc, dont le type est à Gouré, à lui seul constitue le massif du Mounio presque en entier, l^arfois il forme des buttes, aux arêtes vives, au pied desquelles sont accumulés de nombreux blocs éboulés. Le plus souvent, il consti- tue des dômes surbaissés, ordinairement coiffés par des blocs ronds qui donnent à la région l'aspect des paysages granitiques. Dans une préparation de microgranite pris au sud de Gouré, j'ai observé une enclave de lamprophyre très riclie en mica. Le massif isolé de Mia, au sud-est du Mounio, est également constitué par du micro- granite. On peut le considérer comme une apophyse de ce dernier, dont il est séparé par la zone déprimée de granité à aîgvrine et à riebeckite des environs de Dirikoa. 3. En outre de Gabana, où, le premier, M. Freydenberg les a signalées, j'ai encore observé les rhyoUtes en plusieurs points du Mounio, à Guédio dans le Nord-Ouest, tout près de Gouré dans le Noi-d-Esl. à Dirikoa dans le Sud-Est, etc. K Gabana, la rhyolite se présente sous la forme de pointements, de dykes. Elle sest fait jour à tra- vers les niicrograniles qui existent tout autour et qu'elle domine. Les sables empècheiU de voir si le fort poinlement rhyolitiqiie de Dirikoa traverse, comme il est permis de le supposer, les granités à aîgyrine et à riebeckite qui affleurent tout près. Près de Gouré, à /,''m-5''"> au nord-ouest de ce village, la rhyolite, qui forme un massif assez important, se monlre très nettement incluse au milieu des microgfanites. Sur son rebord septentrional, qui esl recouvert par en- droits, comme d'une carapace, par une brèche de friction, elle surmonte une plate-forme microgranilique. Vers le Sud, au contraire, elle s'enfonce sous le microgranite qui la domine de plus d'une trentaine de mètres. l'infin, à (juédio, tout à fait à rextrémité nord-ouest du Mounio, la ihyo- lile se montre à la base d'un gros massif de microgranite et forme un éperon qui s'avance dans la plaine, au milieu des sables. Là, elle s'est fait jour à travers les microgranilcs dont elle renferme un grand nom))re de petites enclaves. Toutes les roches alcalines du Mounio possèdent la parlicularili; de nOllVir aucune trace d'action mécanique. Par contre, j'ai trouvé à une (piinzaine di; kilomètres au nord de cette région, sur le chemin de (îouré à Dellacori, dans le Koulous, des roches à faciès gneissique présentant des piiénomènes d'écrasement remanpiables. Ces dernières pourraient bien être des orthogneiss résultant du laminage de SÉANCE DU ■) JUILLET I()Of). ^5 roches oruptives qui, dans ce cas, apparlicndraient à une série dinéreiitc de celle étudiée plus haut. Ce sont, en eflet, des roches à deux micas, grenati- fères, ou des roches quartzeuses, riches en hypersthène. Gamedou. — A une centaine de kilomètres à Test du Mounio, en plein Manga, à côté du village de (iamedou, j'ai étudié deux petits poinlements très intéressants, qui émergent à peine des sables et que le capitaine Tilho m'avait signalés. L'un est formé par de la rhyolite et se termine par une aiguille de près de lo'" de haut. L'autre est constitué par un microgranite à a'gvrine, dans lequel il existe de la fayalite malgré rextrème acidité de la roche. Région de Zinder. — Le massif granitique de Zinder est le premier Ilot de roches cristallines qu'on rencontre en allant du Niger au Tchad. Il est formé par des granités, principalement par des granités à a^gyrine et à riebeckite, ces granités étant à grands éléments comme à Zinder même, ou à grain moyen. M. Foureau a signalé, à la sortie de Zinder, dans une carrière, un petit aflleurenienl de rociie trachytique que je n'ai pas pu retrouver. Au Sud et à l'Ouest, ces granités émergent au milieu de sables ou d'argiles sableuses cjui leur sont postérieurs, tandis que, vers le Nord et vers l'Est, ils apparaissent entre les buttes de quartzites qui se dressent dans toute cette région. Iladjer el Hamis. — Les pointenients rliyolitiques d'Hadjer el Ilamis au sud (lu Tchad, paraissent constituer des dykes. Il est vraisemblai)lc (pie, en profondeur, la rhyolite est associ(!'e, comme celle du Mounio, à des niicro- granites, car j'ai rencontré dans sa masse de petites enclaves de ces der- nières roches très riches en ;cgyrine. J'étudierai ultérieurement les particularités mlnéralogifjues et ciiimiques de ces diverses modalités d'un même magma éru}>tif. CHIMIE VÉGÉTALE. — Sur l élahoradon des matières phosp/iorces el des subslances salines dans les feuilles des plantes vivaces. Note de M. il. A\diu':, présentée par M. Armand Gautier. J'ai récemment étudié (^Comptes rendus, t. CXLVUI, p. i685) les varia- tions de l'azote dans les feuilles du châtaignier à diverses périodes de leur développement. Je donne, dans la présente Note, l'étude parallèle des variations de l'acide phosphori(jue et des matières salines. 46 ACAUKMIIÎ DKS SCIENCES. I. I^e phosphore lolal, cak-iilé m acide pli()sphôrii|iio l'O'lI'', (pie con- tiennent les feuilles du châtaignier à diverses périodes de leur dcveioppc- nieut, est représeiilé par les chi lires suivants : PO' U'. l.i IHili l(|^^^. Tijuill. ijjllillcl. l^ilulU. U Sf|jl. -.i") tPlI. l'oiir ii)a de imuiùi e si'clie . . 1,22 o,()3 0,61 0,81 0,76 0,74 On (il)serve donc, ;i la dale du 1 5 juillet, iimc diinliiiilion luilahle do l'acidu plios- ])iiorifiiie, correspondant précisénient à l'époiiiio de la niiijiatloii de l'azote vers les organes llorauv. Les phosphates soluhlcs, qu'on pourrait appeler //»V?era juillet ). Voici, à cet égard, ia teneur en phosphore (calculé en l'O'll^) de l'extrait obtenu en épuisant les feuilles séchées dans le vide par Téther et l'alcool bouillants (phosphore des léeithines) : l'O'H^ i:i iiiiii. ij jiiilli'l. 1; ;ioùt. l'i oclolirc. Dans 100 parties de matière sèclie 0,16 o,i3. 0,10 0,06 » 100 parties de PO'iF total i.'i.rr 3r,47 12, 34 8,10 Les parties solubles dans l'éther et l'alcool bouillants ne renferment pas seulement les léeithines proprement dites, mais aussi des phosphnlides : c'est par ce terme cpi'on peut désigner, comme Winterstein et lliestand, les complexes phosphores qui paraissent résulter de Tunion des lécilhines avec certains hydrates de carbone (pentoses et hexoses) qu'on rencontre SÉANCE DU .') JUILLET I909. 4? dans beaucoup d'organes végétaux. La len'Hu- des feuilles en plios[)lialides est toujours plus élevée à Tépoque de la lloraison; elle diminue en lin de végétation. Si, comme le veulent (piehjues auteurs, les lécithines jouent un rôle dans la combustion respiratoire des graisses, il n'est pas étonnant d'observer leur diminution avec les progrès de l'âge alors que les phénomènes de res- piration se ralentissent peu à pmi. I)"autro pari, d'après nue opinion assez commune, les lécithines produiraient une accélération des phénomènes osmotiques, principalement en ce qui concerne les albuminoïdes. (Jont'or- mément à cette manière de voir, on observe une propoition élevée de lécithines à l'époque où les albuminoïdes que la feuille a élabon's leudenl à quitter cet organe, après soluhilisation préalable, pour se diriger soit vers les organes floraux, soit vers les bourgeons terminaux destinés à fournir le rameau de l'année suivante. II. Les feuilles du châtaignier se conduisent, partiellement au moins, au point de vue de la migration d<'s matières salines, coninn' des feuilles de plante annuelle à végétation rapide. (_)n trouve, en elTet, dans 100 paitiesde cendres, les proportions suivantes d'éléments fixes : i3 iii;ii. c > juin. 1 '1 juillet. 17 aoi'it. >i scpl. rj octoljro. PO '11' ;îi,9-^ 16, ")3 i'i'9 '4>'9 ii>7"> i3,.")3 CaO 11,32 '(,93 '9'^9 2.5, 8-2 26, i4 '6,07 MjiO 1.5, SS! 19,53 ■2'î,J'j 26,68 26,54 25,18 K'0 26,72 26,12 26,33 24,55 21,87 90,24 Ainsi, la chaux et la magnésie, comme on l'observe le plus souvent, s'ac- cumulent dans les cendres en cpiantités d'autant plus grandes que la feuille est plus âgée. La potasse diminue de fa(;on régulière au furet à nuîsure des progrès de la végétation. Cependant cette base figure encore pour un cbiflre élevé à la date du 25 octobre. (,)uant à la silice, elle éprouve des variations peu sensibles et parait, au moins dans l'exemple actuel, n'entrer dans la composition des cendres que pour une faible proportion (^ Si (_)- dans 100 par- ties de cendres au i3 mai : 4,7-^; -ti ^ J octobre : '],GS). Il faut également noter la faible teneur en matières minérales lolales àQs' feuilles du châtaignier à tous les moments de leur évolution et les variations peu accusées que présentent ces matières minérales en comparaison de la teneur toujours assez élevée en cendres des feuilles de plantes annuelles : Gendres lolales dans 100 pallies de uialiére sèche (mêmes époques que plus liaiiL). .. . 4>92 5,63 3,26 5,12 6,47 5,i)i /|8 ACAUÉMIlî DES SCIENCES. En résumé, on voit que la leneiir des i'euilles en acide phosplioriquc subit une diminution marquée correspondant à l'époque de la migration de l'azote vers les organes lloraux. Les phos[)liates solubies dans l'eau (phosphates minéraux) sont d'autant plus abondants que la feuille est plus jeune; la proportion des lécithines est d'autant plus élevée qu'on se rapproche davan- tage de la période de floraison : les lécithines semblent jouer un rôle dans les phénomènes osmotiques qui, à cette époque, favorisent le passage de l'azote des feuilles vers les organes de reproduction. On remarquera égale- ment (pie la pro])ortion centésimale des matières salines est assez faible et assez unil'oi'me pendant toute la durée de l'existence des feuilles du châtai- gnier. Ces matières sont particulièrement pauvres en silice, contrairement à ce qu'on observe chez beaucoup de feuilles, tant de plantes vivaces que de plantes annuelles, dans lesquelles la silice s'accumule en quantités souvent considérables au voisinage de la période qui précède leur chute. CHIMIE VÉGÉTALE. — .S"(//- deux noin'eaux hydrates de carbone retirés de V asperge. Note de M. (iEoisiiES Taxrkt, présentée par M. Armand Gautier. LJn plant d'asperge, sous le climat de Paris, commence à émettre fin avril ses bourgeons, ou turions, (jui, comme on le sait, constituent la partie comestible. Comme on les coupe pendant près de deux mois consécutifs à mesure qu'elles sortent de terre et que par conséquent l'assimilation chloro- phyllienne n'intervient pas pour subvenir aux frais de cette poussée con- tinue, il faut admettre que la partie souterraine contient d'abondantes substances de réserve. En cherchant à déterminer leur nature, j'ai trouvé, à côté de saccharose et de sucre interverti, deux hydrates de carbone nou- veaux que j'appellerai asparagose e\. pseudo-asparagose. AsPARAGOSK. — Préparation. — Les racines d'asperge, recueillies de février à avril avant la poussée des turions, sont lavées, pilées rapidement et bouillies avec 2 à 3 fois leur poids d'eau. Le liquide evprimé est déféqué d'abord à la baryte qui précipite la pectine, puis au sous-acétate de plomb. On élimine l'excès de plomb par SO'*H'^, on neu- tralise à la baryte et l'on concentre à douce température jusqu'à ce que le liquide con- tienne environ ,1^ de son poids de matière sèclie. De la liqueur ainsi préparée on extrait les sucies par une série de précipitations fractionnées au moyen de la baryte et de l'alcool. Les premiers précipités, décomposés par GO^, donnent des liqueurs lévo- gyres et faiblement réductrices; les derniers ainsi que les eaux mères sont dexlrogyres SÉANCE DU ') JUirj,ET 1909. /)() et contiennent jla pins grande partie des sucres rédacteurs et du saccharose ('). On répète les fractionnements jusqu'à ce qu'on ait des produits de tète arrivant à Xi, — 3o". On les concentre jusqu'à l'état de sirop clair : celui-ci mis en llacon feimé ne larde pas à laisser déposer l'asparagose. Le sucre obtenu est jeté sur un filtre et lavé succes- sivement avec de l'alcool à 60", 80° et go° centés.. puis a\ec de l'alcool absolu; on le dessèche enlin sur SO'H-, Propriétés physiques. — L'asparagose se présente sous forme de sphéro-cristaux microscopiques, laissant passer la lumière polarisée entre deux niçois croisés et don- nant à l'extinction la croix de polarisation. En le reprenant par l'alcool à !\o",](i l'ai obtenu cristallisé en très fines aiguilles micioscopiques. Comme l'inuline, l'asparagose prend une consistance cornée quand on ne l'a pas complèlement désindraté par l'alcool absolu avant de le porter sur SO'll-. L'asparagose est dépourvu de saveur. Il est soluble dans environ deux fois son poids d'eau froide et d'autant plus soluble dans l'alcool étiiylique que celui-ci est plus faible, soit dans 34o parties d'alcool à 90°, io3 à 90", 69 à 80", 87 à 70" el 16 d'alcool à 60°. 11 est à peu près insoluble dans l'alcool méthvlique absolu. L'asparagose chaude au bloc Maquenne se ramollit \ers iSÔ" et fond à i9S''-2oo". Le pouvoir rotatoire du corps anhydre est Zd — Sj", i. Cornposilion. Propriétés chunùjues. — L'asparagose possède la composi- tion des hydrates de carbone de formide générale (CH'^O'/'H-O, se rapprociiant de la limite CH'^O'. La cryoscopic indiquerait que cette formule devrait être multipliée par i j ou iG. Il donne par hydrolyse un mélange de lévulose et de glucose. Chauffé pendant une heure avec de l'acide acétique à 5 pour 100, il a donné un mé- lange sucré dont a,, brut était de — S2", i; un tel mélange correspondrait à 93 pour 100 de lévulose et 7 pour 100 de glucose (soit 7^3 de glucose). Par passage à la chaux, selon la méthode classique, on en a retiré le lévulose qu'on a fait cristalliser dans l'alcool absolu, (^uant au glucose, en quantité trop faible pour pouvoir être isolé en nature, on Fa caractérisé dans les eaux mères du iévulosate de chaux en le transformant en saccharate acide de potassium. L'asparagose dissous dans l'eau ne précipite pas par l'eau de baryte froide. Il précipite au contraire par une solution de baryte concentrée et tiède, s'il est lui-même dissous dans quelques parties d'eau seulement : mois le précipité se redissout dans un excès de la solution barytique. On ne pourrait donc pratiquement le préparer par la l)aryte seule, comme pour (') Le saccharose a été isolé en nature en le faisant passer à l'état de saccharate de baryte, décomposant celui-ci par CO-, el faisant cristalliser le sucre dans l'alcool méthylique. C. R., 1909, i' Semestre. (T. CXLIX, N° 1.) 7 So ACADÉMIE DES SCIENCES. l'iniiline, la pseudo-imiline, l'inulénine, etc. ('). C'est pourquoi l'alcool est nécessaire pour précipiter la combinaison harytirpie. Celle-ci répond à la formule (iC" Il '"0% liaO)". L'asparagose est sans action sur la liqueur de Fehling. Il ne donne pas de coloration par l'iode. ■ L'invertine de la levure le dédouble, mais avec une grande lenteur : rhydrolyse n'est à peu près complète qu'au bout d'un mois et demi. En présence d'un sucre fermentescible, il est lentement consommé par la levure. Le suc des racines d'asperges en contient environ 67*-' pour 1000. I^SEiiDu-ASPARAcosii. — Les eaux mères d'où s'est déposé l'asparagose sont évaporées à siccité et le résidu est repris par l'alcool inélliyliqiie absolu bouillant. L'alcool est ensuite distillé; puis par la baryte et l'alcool ordinaire on fractionne le résidu, redis- sous dans l'eau, jusqu'à ce qu'on arrive à des produits ayant ^n = 3o",3. La solution é\aporée donne le pseiido-asparagose. C'est une masse blanche, légèrement liygroniétrique, (|ue je n'ai pas réussi à faire crislalliser. Le produit est soluble dans l'eau froide en toutes proportions, beaucoup plus soluble dans l'alcool étb)lique aux dill'érents titres ([ue ras|)aragose. Il se dis- sout à froid dans 4o fois son poids il'alcool inéthylique absolu, alors que l'asparagose y est insoluble. Quand on l'hydrolyse, son pouvoir rotatoire s'élève à «o — 7'°, 7, ce qui correspond à 86 pour 100 de lévulose et i4 pour 100 de glucose. Il se dédouble lentement par l'invertine. Le pseudo-asparagose ne précipite par la baryte qu'en présence d'alcool. L'asparagose et le pseudo-asparai;ose se trouvent dans l'asperge en proportions sen- siblement égales. L'asparagose et le pseudo-asparagose ont presque totalement disparu dans l'asperge comestible où l'on ne trouve plus guère que des sucres réduc- teurs (les f"). Par contre, je les ai retrouvés dans les baies vertes : ils en disparaissent au cours de la maturation, de sorte que les baies rouges ne contiennent plus que des corps réducteurs. PATHOLOGIE VÉGÉTALE. — Sur le rôle des bacillett Jluorescenls de Fliigge en Pathologie végétale. Note de M. Ed. Griffon, présentée par M. Prillieux. Très répandus dans l'air, l'eau et les couches supérieures du sol, les deux bacilles fluorescents de Fliigge {Bacilliis Jluorescens Uquefaciens et [nilridiis ) (') CiiAnLES Tanret, Comptes rendus, 1898. SÉANCE DU ■) JUILLET I909. iT se rencouU'onl dans les pulréfaclions et sont bien, comme je vais le muulrei dans celte Noie, la cause de diverses gangrènes humides qui se produisent chez nos végétaux cultivés. Les caraclùres morphologiques et les propriélés biologiques de ces rieuv espèces sont très connus, .le rappellerai seulement que ces microbes ne forment pas de spores, qu'ils ne prennent pas le Gram, (|ue les cultures dégagent une odeur (écaloïde et pré- sentent une réaction alcaline, qu'enfin ils donnent dans beaucoup de milieux une belle lluorescence verte. L'un d'eux liquéfie la gélatine, l'autre non. Celte dernière propriété, les différences plus ou moins grandes conslalées dans la coloration verte du milieu, dans l'odeur dégagée, dans la rapidité de formation, l'im- portance du voile sur bouillon et l'abondance du dépôt formé, dans le pouvoir patho- gène pour les animaux, le lapin notamment, ont conduit quelques bactériologistes à distinguer plusieurs variétés de ces deux bacilles et même à créer, au sujet de pour- ritures des plantes, un certain nombre d'espèces nouvelles {hncillus caiilii'onts, brassico'voriis, (rrus:inosits. etc.). Or, avant de conclure à des différences spécifiques de formes affines, il faut être bien siir que ses milieux de culture sont toujours les mêmes ; il faut aussi tenir compte du degré de variabilité des espèces étudiées. Ainsi le pouvoir liquéfiant esl inlluencé par la réaction du milieu gélatine, le pou- voir fluorescent est lié, d'après (iessard ('), à la présence des phos- phates, etc. Partant d'un Jhiorcsce/is lir/iie/acie/is duniiaiit une belle coloration vert urane, j'ai eu souvent des cultures d'un vert plus Jaune, des cultures à Voile plus ou moins appa- rent, à odeur fécaloïde plus ou moins prononcée. i\L Pinoy (" | rapporte que le liacillus lliioresci-ns luiuefaciens cultivé en association avec le Diclyosleliuin mucoroides depuis plus de 5 ans ne donne plus de fluorescence ni dans le bouillon, ni sur la gélose, que son pouvoir liquéfiant a diminué, qu'un exemplaire de cette espèce, recueilli par M. le D' Binol au mont Blanc et conservé dans les collections de l'Institut Pasteur, ne liquéfie plus la gélatine aujourd'hui. Le même auteur ajoute que très probablement toutes les espèces fluorescentes créées dans ces dernières années ne sont que des variétés d'une seule et même espèce. le Bacilltis JJuorescvns. En i8go, peu après l'apparition de l'important Ouvrage de Fliigge sur les Microorganismes, Prillieiix et Delacroix (') décrivaient un Bacilliis eau- (') Gessaiu), Sur la fonction Jluorescigène des microbes {Annales de l'/nstilut Pasteur, t. VI, 1892, p. 801 ). (■-) PiMjv, flôle des haclcries dans le développement de certains My^iomycùtes Thèse de Doctoral. Paris, 1907, p. 20). (^) PiULLiEux et DiiLACKOix, Comptes rendus, t. C\l, juillet i8yo, p. 208). 02 ACADEMIE DES SCIENCES. là'orus qui produit la i^an^iTiic de la liji,e chez la Pomme de terre, les Pelargonium, ISegonia, (i/uxinia, Vlematis, etc. Or ce haciile a tous les ca- raclères àwjluorescens liquefaciens, ainsi (jue Fa fait remarquer T^aurent ( ' ), que Delacroix (-) a paru Tadmettre depuis et «[ue je l'ai moi-même vérifié maintes fois. Delacroix (') attribue à la forme non iicpiénante la pourriture de la moelle du Tabac et à la forme liquéfiante la pourriture des semis. J'ai eu l'occasion d'observer des cas assez graves de gang-rêne humide des Carottes ot des Rutabagas à l'Ecole de Grignon, qui s'étaient manifestés dans des terres trop longtemps recouvertes par les eaux impures d'un ruis- seau traversant le domaine. Or l'agent de celte gangrène était le liacillus fluorescens lùjm'faciens. Il en était de même pour la pourriture de la moelle du Sainfoin en Champagne; dans ce cas, comme dans celui du Tabac cité plus haut, le bacille venait après une attaque d'insectes. En igo5 el 1906, j'ai eu à m'occuper de la pourriture des Clioux-lleurs dans In région du nord de la France. Là encore j'ai pu nie convaincre que les jeunes feuilles du cœur élaienl allaquées par la forme non liqucfiante du fluorescens. Le Bacilliis hrassicarorus Ci. iJel. n'est donc que le liacillus fluorescens pulridus ('). Ce bacille, apporté par les limaces el les clieniiles, se développait grâce à l'humidité evlrème du marais où les Choux-fleurs étaient cultivés. Je l'ai retrouvé à la Station de Pathologie végétale sur l'inllorcscence développée de ces plantes présentant çà et là des lâches de pourriture. L'an dernier, j'ai pu observer que des Tomates élevées en serres, des Melons élevés sous châssis el dont les tiges se couvraient de moisissures blanclies paraissant plutôt saprophytes que parasites, étaient, en réalité, atteints au pied de gangrène humide due AU Jluorescens; une fois le pied malade, des Mucédinées banales se développaient sur la partie aérienne. iMihii, au cours d'un voyage dans le Sud-Ouest, j'ai prélevé de nombreux échan- tillons de chancre du Tabac ou anlhracnose, qui est très commun dans les années humides, et si préjudiciable aux planteurs. L'élude bactériologique ([iie j'en ai faite m'a amené à conclure que le Bacillus œruffinosus G. Del. n'est atilic que le fluores- cens pulridus. (') LAtiiiiiiST, Recherches e.rpérimenlalcs sur les maladies des plantes {Annales de l'Jnslilut Pasteur, t. XIII, 1899, p. i ). C) G. Delackoix, Sur une altération des tubercules de la Pomme de terre {Annales de l'Institut agronomiijue, 1" séiie, t. 111, fasc. 1, 190^). (■') G. DKi.ACitoix, Itccherches sur quelijues maladies du Tabac en France {Annales de l'Institut agronomique, 2" série, t. V, fasc. 1, 1906). ('•) Ed. Gkifko.n {Bull, de l'Office des Renseignements agricoles, n° 7, 1906, et Annales de Urignon, 1908). SÉANCE DU 5 JUILLET J gog. .53 En somme on pcnl considérer comme établi qn'nn certain nombre de formes bactériennes Ihiorescentes, pathogènes pour les plantes, ne sont que des variétés des Bacillus Jlnoresccns liqiiefaciens et putriclus, si tant est que ces deux microbes constituent bien deux espèces distinctes. Il n'y a plus lieu de conserver les dénominations spécifiques de caiilivorus, brassicœvorits et œruginosus, et il est vraisendalable que cette conclusion se rapporte à d'autres espèces voisines sur lesquelles je compte pouvoir appeler prochainement l'attention. ].e fluorescens, répandu partout, se développe bien j^ràce à l'humidité et engendre de nombreux cas de pourriture chez les plantes. 11 est bien, selon les idées de Laurent, un saprophyte qui s'adapte facilement au parasitisme. Là où il exerce ses ravages, il faut non seulement brûler les parties atteintes pour détruire les germes dangereux, mais encore lutter contre l'humidité, faire choix de variétés peu sensibles et observer la rotation des cultures. Une autre précaution, dont on parle beaucoup depuis les recherches de Laurent, consiste dans l'emploi d'une fumure appropriée qui procurerait à la plante une certaine immunité : peu d'engrais organiques azotés, beaucoup de phosphates et de sels potassicjues. Les résultats des essais que j'ai entre- pris sous ce rapport et de ceux cjue j'ai suivis çà et là ne me paraissent pas très encourageants. Sans les considérer comme négligeables, je crois pouvoir dire qu'une atmosphère humide, un sol mouilleux, une variété peu résistante restent encore, d'une manière générale, les facteurs essentiels qui pro- voquent la pourriture due au Jlnoresccns. Ce sont donc ceux-là ({u'on doit surtout viser dans le traitement. Il n'est pas sans intérêt d'ajouter que ces facteurs ont bien toujours été considérés comme tels par les praticiens. Il y aurait bien encore à signaler les tentatives d'immunisation des plantes par inoculation de cultures atténuées ou par arrosage avec des produits de cultures virulentes; mais elles sont restées jusqu'ici — et pour cause probablement — dans le domaine du laboratoire; il n'y a donc pas lieu, pour le moment du moins, d'en tenir compte dans la pratique. BOTANIQUE. — Etnde biomélriqne des pépins d'un \'itis vinifera franc de pied et greffé. Note de M. l*. Seyot, présentée par M. G. Bonnier. L'on sait ([u'à la suite de la crise phylloxérique, presque tous les viticul- teurs ont reconstitué leurs vignobles par le greffage du Vilis vinifera sur Vignes américaines. 54 ACADÉMIE DES SCIENCES. Bien que la reconsliuilioii dale depuis plus de 4^ ans en cerlaines régions, la question des effets du greffage de la Vigne donne lieu, aujourd'hui encore, à de vives controverses. Les uns admettent que la Vigne française et la Vigne américaine sont sans action l'une surl'aulre el vivent chacune comme si elle était seule; les autres, au contraire, admettent que le sujet et le grelTon s'intluencent muluellement à des degrés divers. Jusqu'ici l'on a bien apporté, à l'appui de chacune de ces opinions, des faits parfois contradictoires, étudiés d'après les méthodes habituelles- d'observation usitées dans les sciences expérimentales. Personne ne s'est jusqu'ici servi à cet effet des procédés de la biométrie, bien que celte science ait pris depuis quelque temps une importance toute particulière en sciences naturelles. Je me suis proposé de combler cette lacune. Comme premier sujet d'études dans cette voie, j'ai choisi les pépins, organes considérés par certains ampélographes comme présentant des caractères remarquables de fixité. Les maléiiaiix de mes reclierclies m'ont été fournis par M. Haco, insliluleur à Béliis (Landes), qui a dirigé la reconstitution de sa région et possède plusieurs champs d'expériences où sont cultivés comparativement des ceps francs de pied cote à côte avec des ceps de même nature greflfés sur sujets variés. Ceux-ci ayant la même origine (|ue le franc de pied, el se trouvant dans des conditions semblal)les, en dehors de la grelle, les différences, lorscju'il )■ en a, ne peuvent pro\enir que du mode de vie symbiotique. Dans un assez grand nombre de grappes aussi comparables que possible el provciiant de ceps d'un même cépage, le Tannât franc de pied et greffé sur lo sujets différents, j'ai choisi dans chaque série, en igo8, un nombre suffisant de grains de raisins mûrs pour faire le poids de i'''^. Après avoir extrait le moùl et enlevé la |)ulpe. jai recueilli tous les pépins, puis je les ai décortii(ués en les traitant quelques minutes par 1 eau de Javel et en les bjassant ensuite avec du sable fin. J'ai constaté que le nombre des pépins ainsi obtenus, d'un même poids de raisins mûrs, variait de 900 à i^oo environ dans les Tannats greffés; il a été de 1287 dans le franc de pied. En outre, leur colora- lion était variable non seulement d'un lot à un autre, mais encore dans un même lot. La couleur pouvant, jusqu'à un certain point, être considérée comme un critérium de la malurilé, j'ai choisi dans chaque lot 8ào pépins de même teinte, et ce sont ces organes bien mûrs, issus de grains de raisin bien conformés, que j'ai soumis à une mensuration méthodique. Comme on le voit, je me suis volontairement placé dans des conditions telles que les pépins devaient présenter le minimum de variation à la suite de la greffe. Pour obtenir des mesures bien exactes, j'ai dessiné les contours de ciiaque pépin à la chambre claire, au grossissement de 2.0 diamètres, et, sur ces des- sins, j'ai établi 17 mensurations qui m'ont fourni, pour cluujue série. SÉANCE DU î JUILLET 1909. tt i~j colonnes de chiffres à l'aide desquelles j'ai établi les courbes de variation de chaque dimension choisie. L'unité de longueur employée a été le dixième de millimètre. ^ oici les résultats obtenus : i" pour le Tannât franc de pied; 2" pour le Tannât greffé sur Riparia Gloire et pour le Tannât greffé sur 4 1 B Millardet. Dans le Tannai franc de pied, les 17 courbes ont toutes une régularité assez pro- noncée et ne présentent qu'un seul sommet. On peut donc dire que cette vigne est pure de race et qu'elle se trouve dans des condilions de vie telles que ses graines se développent d'une façon normale. Chez le Tannât grelTé, dans les deux cas, on trouve, pour certaines dimensions, des courbes à plusieurs sommets; l'amplitude de la varia- tion difl'ère de celle du franc de pied; les points critiques des courbes sont pres(|ue toujours déplacés; enfin certaines courlies sont plus régulières que les courbes corres- pondantes du franc de pied. Deux séries de ces courbes sont particulièrement intéressantes; ce sont celtes qui se rapportent à la longueur du bec et à la largeur de l'extrémité de celui-ci. Ces deux dimensions sont souvent indiquées comme ayant la valeur de caractères spécifiques. Or, dans le franc de pied comme dans les greffes sur Iliparia Gloire et sur /|i D, les courbes relatives à la longueur du bec sont bien à un seul sommet, mais les points critiques diffèrent nota- blement. Ils se trouvent aux chiffres 9, 18 et 3o pour le franc de pied; aux chiffres 8, i ") et 2.3 pour le Tannât greffe sur Riparia Gloire, et aux chiffres 7, 12 et 20 pour le Tannât greffe sur 4i 1j- La courlje la plus régulière, la plus voisine d'une courbe théorique, est celle du Tannât greffé sur Riparia Gloire. Ces résultats montrent nettement que le caractère de la longueur du bec est influencé par la greffe; que, suivant le sujet, cette influence est plus ou moins prononcée et peut s'orienter dans un sens donné. La courbe relative à la largeur de i'evtréniité du bec piésente, dans le franc de pied, les points critiques 4, 7 et 12; dans le Tannât grelVé sur Riparia Gloire, 6, 8, 12, i3 et 19; dans le Tannât greffe sur 4i B, 6, 8 et i5. Les courbes du franc de pied et du 4 < B sont très comparables; il y a seulement déplacement des points critiques et l'on peut dire que le sujet /| 1 B a simplement une tendance à augmenter lu largeur du bec des pépins du gi't'iïbii. f^a courbe du Taunat grelfé sur lîiparia Gloire est des plus remarquables, car elle est à deux sommets correspondant l'un au chillVe S, l'autre au chiflVe i3. Ce deuxième sommet est en dehors de la limite de variation du franc de pied et possède une grande valeur. En eli'et, 221 graines sur 85o ont une largeur du bec supérieure à la dixièmes de millimètre, cliiflfre qui n'est atteint que par 7 pépins du franc lie pied. Dans le l'annal greffé sur Kiparia Gloire, 56 ont cette dimension, 87 ont i3 dixièmes, 62 en ont 14, 52 en ont lô, i3 en ont 16, etc. A ne considérer que cette courbe, on se croirait en présence d'un caractère fourni par une plante ayant dans son hérédité un mélang-e de deujc races bien distinctes. Tel n'est pas le cas cependant; il 56 ACADÉMIE DES SCIENCES. n'y a pas possibilité qu'il en soit ainsi grâce à l'origine des gieirous et au contrôle qui nous est fourni par l'ensemble si homogène des caractères du Tannât franc de pied obtenu et cultivé dans les mêmes conditions que les ceps greffés. En résumé, ces recherches permettent de formuler les conclusions sui- vantes : i" La greffe a eu une influence marquée sur les caraclèrcs des pépins du Tannât greffé dans la région landaise; 2° Un caractère du pépin de ce cépage peut être accentué ou diminué suivant le sujet employé. 3" Dans certains cas, la variation, au point de vue du polygone de varia- lion d'un caractère déterminé du pépin de cette vigne, s'est comportée d'une façon comparable à celle (pie fournit Ihyliridalion sexuelle. BOTANIQUE. — Sur la prétendue uliliscilion de l'azote de l'air par certains poils spéciaux des pluuies. Note de M. Fisancois Kovkssi, présentée par M. G. Bonni(M'. Dans une Communication précédente, M. Jamieson a publié une étude Sur ruiilisation de l'azote de V air par les plantes ('). Cet auteur déclare que, dans toutes les plantes étudiées, il a constaté qu'il existe des poils qui absorbent l'azote libre de l'air et le transforiuent en albumine. Selon M. Jamieson, « l'albumine n'existe pas dans le poil à sa formation, elle n'apparaît que quand ce poil a subi le contact de l'air ». Pour démontrer, avant et après l'assimilation, le manque ou Texistence des substances albu- minoïdes, l'auteur a employé les trois réactifs bien connus : l'iode, le réactif de Millon el le biurel. Dans le résumé de ses conclusions, il s'exprime ainsi : « Ces organes, que j'appelle producteurs d'albumine, ne se rencontrent, en règle générale, que sur les parties tendres des limbes ou des pétioles des feuilles toutes jeunes; au début de leur formation, ils ne contiennent pas d' albumine ; lorsque ces organes sont complètement développés, la produc- tion d'albumine commence, le poil se remplit d'une cjuantité parfois consi- dérable d'albumine; celle condition dure un certain temps; l'albumine est ensuite absorbée. » Après M. Jamieson, MM. G. Zetnplén et (i. Kolli se sont occupés de la (') AniKiles de la Science cii^ronoiiii7 nièiue qucslioii ('). Ils soiiL arrives à un résultat analogue; Tazolc de l'albu- mine produit dans les poils viendrait, par la voie de l'assimilation, de l'air atmosphérique. Comme on ne peut supposer de cellules sans protoplasma, qui est une sorte de substance albuminoide, celte doctrine me parut douteuse. Pour le vérifier, j'ai fait deux, séries d'expériences : l'une dans une atmosphère gazeuse privée d'azote, l'autre dans l'air ordinaire comme témoin. J'ai traité comparativement les poils développés sur les feuilles par les réactifs cités plus haut. I^'a]iros M. Jamiesoii, les j)oil-i ne contiendraient de l'albumine ([ue dans le cas où ils ont su])i le contact de l'air dont ils absorbent l'azote libre; si cela était exact, pour des plantes cultivées dans des gaz privés d'azote, les poils ne se développeront pas, ou, s'ils se développent, ils ne donneront point les réactions de l'albumine. Les plantes étudiées sont : Spnrgiila aneiisis. Vicia Faha. \ icia salira, lirassica Naptts, Hordeuin salivum, licna salivn, Tri/iciim saliium. Robinia Pseudacacia, Robinia hispida, Carpinus Bcltilus, Acer p/ata/toides, Jugions regia, Caria alba. yEscdliis Hippocastanuni, Caslaiiea vesca, Cor y lus aicllana, Ribes Grossularia, Vibui /ii///> Opiilus. Sorbus aociiparia, etc. .l'ai cullivé ces plantes dans des vases en verre hermétiquement fermés, .l'ai employé comme sol du sable lavé avec des acides, des alcalis et de l'eau distillée. .J'ai ajouté à ce saljlo du liquide bien connu de M. Crone. De ce sol nutritif il se ne dégage dans l'atmosphère du vase ni ammoniaque, ni azote, ni composé azoté. Dans ce milieu, j'ai placé les boutures des arbres ou les graines des plantes. Après avoir hermétiquement fermé ces vases cl chassé Fair, je les ai remplis d'oxygène pur, lequel a été préparé par voie éleclroly- lique. \Ln répétant trois fois l'évacuation et le remplissage, j'ai de ce fait purifié le milieu, à ce point qu'il n'y est resté aucune trace d'azote. Durant l'expérience, j'ai établi un courant d'oxygène développé par -i ou i ampères, dans le but d'emporter le gaz accidentellement développé, et de remplacer l'oxygène utilisé par la respiration. Lorsque les plantes ont commencé à pousser et à verdir, je leur ai donné du gaz carbonique pour que l'assimila- tion se produise. Afin de contrôler constamment l'expérience, j'ai fait passer les gaz 71 leur sortie des vases dans de l'eau distillée et daus une solution de potasse; puis, j'ai recherché daus ces liquides l'ammoniaque par la réaction de (') FrdészcLi hiséi IcU-L . I9i>8, I--2 el 'à-\ . \ nir ciicoie Ann. Sci. agr. fraiir. ctr., I. I, lasc. 2, 190g. C. li., i(,oi|, .' Semestre. (T. C\L1\. ^•• 1. 1 ^ 58 ACAUIÎMIE DlîS SCIENCES. M. Ncsslcr. Pour consLalcr l'absence ou la présence d'azole, j'ai employé la mélliododedavoiulish; c'est-à-dire j'ai essayé de jjrùler Fazole par l'élin- celle électrique de i 5'"' de loiij;ueur. .l'ai conduit ensuite les gaz à travers une solution de potasse, puis une solution d'acide sulfurique. J'ai reclierclié dans ces licjuides la présence de l'azote par les niélliodes les plus sensibles conruies aujourd'hui. J'ai prouvé, par ces contrôles, la pureté complète de l'atmosphère de mes vases. "" •"= ' -""'^ -.ilu.. ! . Pour les témoins, j'ai cultivé les plantes dans des vases, avec un sol et la liqueur nulritive de M. (^rone, de façon semblable, avec celte seule dilVé- rencc (|ue j'y ai laissé pénétrer l'air libre. A la lin de l'expérience, ayant ouvert les vases, j'ai coupé imniédiatonieilt les plantes à étudier, je les ai immergées tout de suite dans les réactifs cités plus haut, et je les ai examinées ensuite au micioscope. Je puis énoncer les résultais suivants : Les poils des plantes cultivées, soit à l'air lihre, soit dans des milieux privés d'azote, se développent exactement de la même manière; il en est de mnne des n poils spécialisés » étudiés par MM . Jamieso/t, 'Lemplén et Hoth. Les poils pris sur des organes de même âge et également développés produi se/il dans les deux cas, avec les réactif s cités plus haut, des résultats semblables. , i L'expérience démontre donc d'une manière évidente que l'azote des substances albununoides décelées par ces réactions ne rient pus de l'azote de l air. BOTANIQUE. — Les graines tuées par anest/iésie conservent leurs propriétés diastasifjues. Note de MM. .Ikax Apsit et Ei)>io\n fois plus petite, son relief relatif serait dans l'observation directe , • Le relief relatif des objets observ<és par une jumelle téléstéréoscopique est donc multiplié par \lp comme dans les lélésléréoscopes et divisé par \//( comme dans les jumelles. ANAToMii;. — NolP- sur la structure de l'amygdale pharyngienne des Crocodi- lirns (Crocoddus crocodilus Linn . et Crocodilus jjalusiris Less.), pur L. Papi.v, présentée par M. fildmond Perrier. Slannius ('), Ratlike (^j ont décrit cbcz Crocodilus crocodilus Linn., au niveau du pharynx, des formations qu'ils rattachèrent, le premier à l'amyg- dale palatine, le second à l'amygdale tubaire des Vertébrés supérieurs. Killian (^ ) étudia la même espèce et conclut qu'il s'agissait en réalité d'un organe homologue de l'amygdale pharyngienne des Mammifères. Sa des- cri[)lion se rajiporte à des exemplaires de 38''"' à f\ i'"' de long. J'ai eu l'occasion d'examiner un exemplaire adulte de Crocodilus crocodilus Linn. et plusieurs exemplaires jeunes de Crocodilus palustris]^ess.^ mesurant 40"'" de long. Chez Crocodilus crocodilus, on trouve à la voûte du pharynx, à i'"'" en arrière des choanes, un sillon semi-hinaire, à concavité regardant en arrière et dont les deux ex- trémités viennent presque au contact sur la ligne médiane. ICn dedans de ce sillon, il existe, de chaque côté, deux autres sillons, l'un externe, l'autre interne, à direction anlèio-poslèrieure, légèrement concaves en dedans, mesurant i'™ de long. Ils délimi- tent trois replis niuqueiix. Sur la ligne médiane, séparé des deux replis internes droit et gauche, on voit une sorte de tubercule, plus élevé que les replis muqueu\ environ- (') Stanml'S, Lchrhnch der vergleicitenden Analoinic der ]] il bulliticic, 1846, p. 206 et 297. (-) Bathkk, Ceber dcn Kôrperbna der Krokodile. Wien, 1862. (') Km-1.ian, Ueber dit liarsçi tt/id Tonsil/a pharj iigen { Morpli. .lalub., Hand .\1\ , iSSB, p. 618). SÉANCE DU 3 JUILLET 1909. (13 liants; c'est la région de l'iiiriiiulibiiliim tiibaire. En dehors de ce premier groupe, on trouve un second ensemble de plis, netlemenl séparé du précédent par un sillon long de l'^'iâ, large de 2™™, profond de 3""", plus profond en arrière qu'eu avaut. Ce Second sroupe oll're plutôt une disposition rayonnante, en éventail, les sillons conver- geant en arrière. U comprend, de chaque côté, quatre replis de la muqueuse dont la longueur va en diminuant d'avant en arrière: le])lus antérieur menirant i'^"'.5, le plus postérieur o'"',5; par contre, la profondeur des sillons limitants augmente d'avant en arriére. Enfin, les sillons sont plus profonds en arrière qu'en avant; le sillon postérieur présente les caractères d'une véritable crypte amygdalienne. Ajoutons qu'il existe de cha(|ue coté deux petits sillons accessoires très peu marqués. On trouve donc, à la voûte du pliarvnx chez les Crocodiliens, deux forniations bien distinctes : l'une impaire, médiarie. nettement sé])arée par un sillon annulaire, formée de chaque o'ilè par trois replis muquou\; elle a la valeur d'nne amygdale lubulaire ; l'autie, plus volumineuse, paire, formée par ([uatre replis de chaque côté; elle est riioinologue de l'amygdale pharyngienne des Mammifères. Killiaii n'a sans doute exa- miné que de jeunes spécimens. (liiez cette espèce, sur des individus de 40"" de long, l'amvgdale s'étend ù 2""" en arrière des choanes ; elle mesure .j™"' de long sur S""" de large. L'infundibulum tiibaire est un j)elit tubercule de 3""" de long sur 2""' de large. Autour de lui sont groupés les replis tonsillaires. au nombre de quatre de chaque cnlè, mesurant 1"'" de hauteur et <>'""'. j d'épaisseur; leur longueur diminue de dedans en dehors et d'avant en arrière; le bourrelet antérieur a 4""", le bourrelet postérieur 2""", 5. Il n'existe pas, comme chez Cfocodilits crocoi/i/iis adulte, de sillon séparant le tubercule infundibii- laire de la région des choanes ; d'aulre part, les bourrelets tonsillaires ont une diiec- tion presque antéro-postérieure, sauf les deux derniers qui sont obliques en dedans ; enfin, la disposition paire de l'organe est plus marquée que chez l'adulte. Comme on le voit, cette description concorde avec celle de Ixillian. Mais il existe un autre bour- relet amygdalien non signalé par lui ; il est situé enlre le tubercule infundibulaire et le premier repli, au fond d'une déj)ression profonde; pa^- sa situation, il doit être rat- taché à l'amvgdale tubulaire. L'amygdale pharyngienne est revêtue, sur toute son étendue, par un épithèlinm analogue à celui du pharynx comprenant des cellules cylindriques ciliées et des cellules à mucus en nombre à peu près égal. Au niveau des sillons, on obser\e presque tou- jours une infiltration Ivmphoïde intense; l'èpithélium s'aplatit progressivement, perd ses cils et dis|)araît. Le chorion sous-jacent chez Crocodilus palustii.s est surtout formé de cellules conjonctives fusiformes et anastomosées correspondant à un stade jeune du tissu connectif ; remplacées chez Crocodilus crocodilus par des faisceaux de libres et des tîbies élastiques. L'infiltration Ivmphoïde se présente sous deux formes : 1" sous forme de simples amas leucocytaires; 2" sous forme de tissu lymphoïde vrai. Les amas leucocytaires se renconlrent dans toute l'étendue de la lonsille. La majeure partie des éléments sont de petits mononucléaires; on trouve à peine cà et là un leu- cocyte à granulations basophiles. Les rares polvinorphes à granulations acidophiles qu'on rencontre dans les coupes sont toujours contenus dans les vaisseaux. Le tissu lymphoïde est piesque toujours localisé au niveau des cryptes les plus pro- I&4 ACADÉMIE DES SCIENCES. foiides, mais loulcb ne sont pas eiivaliies. I>e5 nodules lu'onl puru èlre plus iioniljiciix chez Crocodiliis /laliistris. Ls réliculum est très facilement visible, sans préparation spéciale, cliez C rocodilus crocodiliis : il se colore électivement en jaune par le mélange de Van Gie-ion. ].,es mailles de ce réseau sont polyédriques dans les parties profondes; mais vers la surface elles s'aplatissent, leur grand ave s'oriente parallèlement à la surface de la muqueuse; elles forment ainsi une sorte de feutrage dans les points où l'épitliéliuni fait défaut. Les éléments contenus dans les mailles du réseau sont de même nature que ceux des amas leucocytaires. Prenant (' ) a décrit chez Angiiis fra^i/is une dis[)osition analogue au ni- veau de la muqueuse pharyngo-œsopliagienne. ^ ioilet (-^ a signalé, dans les végétations adénoïdes du naso-pharynx, la disparition de répithéliuin rem- placé par du tissu lymphoïde. 11 n'a pas été possible de saisir le passag(^ de ri''li''nient épitliélial à Téié- menl lym[ili(>ïde comme le voudrait Uetlerer. CVT()Lût;iE. — Sur la présence de sp/ir'res allractives et de cenlrosomes dans les cellules issues de la segmenlalion parlJtënogënésique de l œuf de la Poule et sur les caractères de ces formations. Note de M. A. Li';caili.»»x, présentée par M. Henneguy. En étudiant les cellules qui prennent naissance lors de la segmentation de l'œuf non fécondé de la Poule, j'ai recomm que ces éléments lust(ilogi(pies contiennent des sphères attractives et des ccntrosomes. Ce fait présente, à différents points de vue, une importance dont il est facile de se rendre compte. En premier lieu il est une preuve nouvelle, (]ui s'ajoute à celles que j'ai précédemment données, que les segments apparaissant dans le germe de l'œuf non fécondé des Oiseaux sont bien de véritables cellules et non pas des fragments se formant sous l'intluence de causes d'ordre physico- chimique. En second lieu il montre que chez les Oiseaux, soit dans la segmentation parlhénogénésique, soit dans la segmentation de l'ieuf fécondé, les blasto- (') PiiEN.VM. Sur In présence d'amas leucocytaires dans l'épithcUam pluuyngicn cl œsopha^^ica (^'Anguis fragilis {liibL anal., l. 1\ , 1896, p. 21). (-) VioLi.iiT, lieclicrches sur (a slrucliirc hislologitjue des vègélations adénoïdes du naso-pkarynx (Journal de l'.4natoniie et de la l'Iiysiologic, igoS, p. 97). SÉANCE DU ,J JlILLr.T K)' Ç). (')"■, m(''res produits onl une strucLure très analogue. Bien (jn"enc()i-o mal coniuis au poinl de vue cylologique, les blastoinères qui prennent naissance dans la segmentation normale des œufs fécondés paraissent en ell'et contenir aussi, d'après les recherches d'Harper (1904) chez le Pigeon, des sphères attrac- tives et des centrosomes. D'un auti'e côté, les embryog;énistes admettent, pour la plu[)art, que chez les animaux le centrosome des œufs fécondés a été apporté par le spermato- zoïde fécondateur, tandis que le centrosome primitif de l'œuf ne joue plus de rôle. L'exemple de la Poule montre que, tout au moins dans les cas de parthénogenèse, le centrosome primitif de l'œuf peut continuera jouer un rôle pendant la segmentation et, quand le développement parthénogéné- sique ne s'arrête pas à un stade aussi précoce que chez les Oiseaux, èlre l'origine des centrosomes des cellules de l'embryon et de l'adulte. Du reste, les auteurs (fui croient que le centrosome n'est pas une formation perma- nente de la cellule, mais au contraire un élément qui apparaît seulement lors de la division cellulaire, [)0urraient aussi admettre que la présence de cet élément dans les cellules dérivant d'un développement parthénogénésique est une preuve nouvelle île l'exactitude de leur hypothèse. J'ai pu observer la présence des sphères attractives et des centrosomes dans les cellules de segmentation au repos, dans les cellules en voie de division indirecte et dans les cellules où le noyau se divise par simple étran- glement. Ces éléments se rencontrent même encore dans la plupart des cellules contenaiil un double noyau et vouées à une dégénérescence très prochaine. Oaiis les cellules au lepos. la spliéie alliaclive esl placée coiilie le noyau. ICIle est loujouis très voluiniiieuse. I^es novauv cellulaires étant ici de dimension fort variable, elle paraît tantôt plus volumineuse, tantôt de même dimension, taïUol plus petite que le uoyau [irès du(juel elle est placée. Elle a une forme généiale spliéroïdale ou ovoïde. Du côté du noNau, sa limite périphérique épouse la forme générale de la membrane nucléaire contre la(|uclie elle esl aj>|)liquée. Sur le reste de son contour, elle présente l'amorce de nombieuv prolongements disposés radiairement et (|ui peuvent se suivre plus ou moins loin. Alors que le reste de la cellule contient de nombreux i;rains de vitellus nutritif, la splière n'en contient pas. Knlirr, certains colorants cvtoplasmiq.ii^s la colorerrt électivement. tarrdis qu'ils ne laissent pas de teinte sur le reste du proto- plasma cellulaire. Dans lu sphéie attractive se trorrve le corps spécial qui représente le centrosome. Il a la forme d'une granulation qire, par l'emploi de certains colorants, on perrl difle- rencier de la substance constituante de la sphère (par exemple, au mo\en de l'héma- toxjline ferrique). Dans les cellules au repos, où la spliéie est appliquée corUre la rrrernbraire nucléaire, le centrosome parait plirs rapproché du iro\air ipre du bord de la G. IV, igoy, ■' Semestre. (T. CXLIX, N" 1.) 9 ()f) ArAPi'MiE DKS scii:n'(:es. spliore oppnsù ;i ce dernifr, et souvent la nieiiil)iane niicK:alre pii'senle un point il'in- llevlnn au niveau (|ui conespoiul à la place du eentiosoine. Dans les celliilos en voie de mitose, la sphère el le cenlt'osoine se divisenl siii\aiil le |H'ocessiis liahiltiel. La siilislaiice de la splièie allractive donne naissance an l'iisean de di\isioii, le(jiiel se colore iietleinenl connue cette substance clle-niêinc. hans certaines cellules oi'i le nnvau se divise pai' simple étianglenient et qui vont subir- pi'ocljainenicnl la dégénérescence, la splièi'e et le cenlrosonie se divisenl néan- moins préalablement à rétranglenient nucléaire. Les deux s|>lières et les deuv cenlro- somes vont se placer aussi en deux points opposés du noyau, comme dans les divisions nucléaires indirectes. Mais le plan d'étranglement du noyau se dispose alors non pas perpendiculairement, mais parallèlement à la ligue qui passe par les deux centjosoines et les deux sphères. Dans ce cas il ne se forme pas de fuseau et, en conséquence, les deux sphères conservent la forme (|u'elles ont dans les cellules au repos; la volumineuse substance qui les constitue reste tout entière disposée autour des centrosomes. \\n résumé, lanl an [)oinl de vtie emlti-yogéniqne qu'an point de vue purement cylologique, les sphères attractives et les centrosomes des cellules qui se forment dans la segmentation de l'œuf non fécondé des Oiseaux' sont des éléments dont Fétude ne saurait être négligée, car elle peut contribuer, dans une mesure importante, à la solution de diflerents problèmes non encore aujourd'hui complèlenient résolus. ZOOLOGnî ET GICOLOGIE. — Les grottes de Lacavc {Loi). Note de M. Ai{>iA\o Viré, présentée par M. E. Ferrier. Dès iSc)'i, dans son ()tivrage des Ahimes, M. Martel émettait en sub- stance cette idée que la partie des cavités souterraines directement accessible à Ihomme n'était qu'une très faible partie de celles cjui existaient réelle- metit. (^)u'on les abordât par leur extrémité libre an Ijord des vallées, ou par les asrns i\\\\ les taisaient communiquer avec les plateaux siipérietirs, toujours on était arrêté soit par des siphons, soit par des bouchons argileux. LJn travail de désobstruction devait, selon lui, nous révéler tout une cir- culation d'eaux souterraines, anciennes ou actuelles, complètemetit insoup- çonnées. Convaincu (|ue cette assertion était l'expression rigoureuse de la vérité, nous n'hésitâmes pas à passer de la théorie à la pratique, et, quelle qu'ail pu SÉANCli UU J JUILLET 1909. (17 èlie l'énormité des sommes engagées dans une pareille entreprise, nous ne regrettons pas d'avoir tenté rcxpérience. Les résultats obtenus aux grottes de Lacave sont assez concluants pour que nous nous permettions de les exposer ici en détail. Kii 1902, un abîme \erllcal (Igue Saint-Sol), situé sur le Gausse de Graniat, enlie liocaniadour et Sdulllac (Lot), à ■20'"" du célèbre Puits de Padirac, nous conduisait, après 80™ de descente verticale, dans une série de galeries, longues de 1200"" environ, et si merveilleuses, si délicatement ornées, que nous jugions tout de suite oppoi luii de les aménager en vue de les rendre accessibles auv touristes. L'une des evlréniités se terminait par un bouchon d'argile, dans la direction de la vallée de la Dordogne. Nous déblayâmes celte nrgilesur une longueur de 4"'" environ, nous tenant toujours sous une voûte naturelle. Comme il devenait impossible de loger les déblais dans les galeries sans allèi-er leur physionomie pittoresque, nous songeâmes à procéder inversement. Ces galeries, jadis creusées par une rivière actuellement desséciiée. devaient aboutir par des conduits plus ou moins obstrués à la vallée même de la Dordogne. Nous ten- tâmes donc de remonter de la vallée aux cavités souterraines trouvées. Une grotte existait qui, en 1902, servait d'église au village de Lacave. C'était une cavité de 20'" de haut et de 100'" de long. Elle nous parut avoir été jadis le débouché de la rivière cherchée, laquelle rivière, s'étant sans doute frayé un autre lit dans un plan plus bas, ne se manifeste plus aujourd'hui que par une séiie de sources tempo- raires â quelques mètres au sud-ouest de l'ancienne issue, à V" e" contrebas. Des dé- blais appropriés nous firent connaître que cette galerie, dont le sol était un mélange d'argile et il'éboulis, puis de l'argile puie, avait donné asile jadis à une pojjulalion de l'âge du Henné (époque solutréenne) dont nous retrouvâmes les outils en silex et en bois de tienne et des œuvres d'ait d'un réel intérêt ('). Les foyers de celte population s'étendaient sur les débris rocheux et sur l'argile pure obstruant un siphon. Un premier point était donc acrpiis : la rivière ayant creusé les galeries de rigue Saint-Sol avait, dès lépoque solutréenne, non seulement achevé le creusement des galeries, maisencore effectué, par ses alluvions,le recom- hiemenl d'une |)orlion (!(• la grotte primilivemeiil trouvée. Nous dél)lavàmes un siphon qui descendait à 6"' et nous conduisit ensuite dans une première cavité libre de 54'" de long. A l'extrémité, nous nous enfonçâmes de nouveau, mais nous rencontrâmes l'eau sous des voùles mouillantes, ce qui nous foiça â l'abandonner. Nous finies creuser à la dynamite une galerie artilicielle de 5'"" de seclion, visant 1 exlrémilé connue des galeries de Saiiit-Sol. (') VioivND \ iiti;, droite ji/ c/iislai ii/tie de Laca\c (l.ol) (L'.liil/irojiolo^'ie, I. XNl, 1905). 6S ACADÉMIE DES SCIENCES. An boni (lu ',Uj"\ miiivenii \iili; de 27'" de long, puis ]ioiivc;iii siplioji conduisaiil ;i l'iMu dans les mêmes Cdndilions. Nons réprimes la galeiic arllficielle et pendant !."> mois, jonr et nuil, nous roiiliniiàmes d'avancer à travers le roc. Enfin le 27 mai iqoj, à 1'' du malin, après 4oo"' de parcours en plein rocher, le roc ccssail cl nous entrions dans une série de galeries lolalemenl insoupçonnées. Leur liauteur moyenne était de 20'" avec mi maximum de Go'" ((Irand Dôme ) et leur longueur de Gio™. Leur ornementation est tellement extraor- dinaire que nons les livrâmes de suite au public, api^ès y avoir installé la lumièr(> électriijue. Une des salles, le ( irand Dôme, était orientée dans la direction des galeries de rigiie Saint-Sol, et quelques sondages nous firent trouver Forifice, en- coudiré d'argile, d'une galerie basse allant dans la dircclion cberchée. >(0us la déblayâmes et cheminâmes encore l'espace '", séparés les uns des antres par des étranglements de cpjelques cenlinu'tres de diamètre. Le 18 juin, de déblais en déblais, nous arrivions au bord d'une rivière souterraine se poursuivant sur 120'" de long, et se teiininaul sous mi si|)hon (pie nous espérons forcer à l)ref (h'Iai. Tj'ornenienlallon de la vaste salle fpii coulient celte rivière est de toute beauté. Tel est le i'(''sinu('' des elFoils faits de i()02 à ii)0() pour \énlier nos |>ré- somptions, et nous [jouxoiis dire que le résultai en est salisl'aisanl. Mais la découverte de la ii\i('':e souterraine a pour unus encore un aiilre SÉANCK DU ■) JUIIJ.ET I909. (19 intérêt. Nous avons pai'lé jadis ici mèine (') d'nn projet de laboratoire zoologique souterrain. Nous avons là maintenant le local tout trou\é. Nos premières expériences au laboratoire des Catacombes (-), cITecluéos dans des conditions u\] peu trop arlilicielles, nous ont cependant donné des résultats par trop encourageants pour que nous ne soyons pas en dioit d'espérer quelque chose de vraiment complet et de vraiment décisif d'obser- vations continues elTectuécs dans une vraie rivière souterraine et dans un milieu vraiment naturel. GF.OLO(iIli. — Stir les zones morphologiques de la Suisse occidcntule. Note de M. E. Uo.>iek, Iransmise par M. Michel Lévy. Les observations si exactes de ,1. Brnnlies et les spéculations de \\ . Kilian ont démontré que la plupart des traits caractéristi(jues de la scul|)ture des vallées glaciaires sont le résultai, non pas du creusement par le glacier lui- même, mais de l'érosion sous-glaciaire cl intergiaciaire. Les grands gradins (pii se trouvent le long du [)iofil longitudinal des vallées glaciaires, et qui constituent l'un des traits im[K)rtanls du paysage glaciaire, ne sont cepen- dant pas explicables par l'érosion des eaux courantes seules. (Je phénomène et les grands lacs marginaux qui en sont laconsécjucnce, sont-ils dus au sur- creusement ? Me hasaiil sur les Cai'les de l'Atlas Siegfried, j'ai dessiné un grand ii(iiiihi-e de |ir(illls iongiUidinaiix des vallées du bassin du lihôno, de l'.Var, de la Sarine, auisi que des régions voisines du bassin du Tessin. I^es piollls coloriés au ruo\en des Caries géolo- gi(|ues oiU fait ressoilir l'inllueuce Icetonique passive sur ce pliénoinéne. I^es gradins distingués suivant leur bailleur en cini( classes (lôo"', 3oo"', 5oo"', 7.50'" et au-dessus de 7.')o"') et les lignes de plus forte érosion actuelle, reportés sur la Carte générale de la Suisse (i : aSoooo), m'ont donné un aperçu de qiieliiues traits morjiliologiques intéressants pour la Suisse, que je vais signaler. I. Les grands gradins situés sur le profil longitudinal des vallées se trou- vent dans une série déroches dont la dureté est très variable; les roches, dures dominent aux points les plus accentués du profil, l'uisque le granit (') AiniAM) \iiii>, La faune souterraine du Puits de Parlirac {Comptes rendus, 2S mars içiû'i), — La f>iospélci>l(ii;ie {Coini'les renr/us, 5 décL'mbre 190.'! ). (-) AinivNn \ IRÉ, Sur quelques e.rpérimees effeetuées au lahoraloire drs Cata- eonibes du Muséum d' llisloire naturelle (Comptes rendus, i!\ mars 1904). 7<) ACADÉMIE DES SCIENCES. iiilriKsil de \ ciiuiiiiio, le i^iieiss d'Anligorio ou les i|iiarlzile.s du Trias se inoiilrenl sur li; tond plal dos vallées et (|ue les coiiclies du llyscli ou les uiarues iiéocomienncs se li'<)u\enl sur i(MU|)laccui('ul des t^i'auds seuils, an peu/ en conclure que ces fatts ne sont pus diwantage en accord avec les règles du sitrcreitsrment qu'avec celles de l' érosion fluyidlilc normale. Les giatuls giadiiis iiiaiii|(ioiil oicllriiuicineiit au \cii^iiia;;o de la ciiiilluence des anciens glaciers. On peut encore remarquer que la zone des grands seuils s'étend Jusqu'à une ligne tectonique : la zone des Cols de Uenevier. Le Icrritoirc des Hautes-Alpes se disliii^tie cependaul par uu Irait dyua- initpu^ qui est en désaccord frappant avec la pente t'oruiidable des liialuegs cl des versants uioutagneux ; je veu\ nieulionuer rextrcuie faiblesse de rc-rosion aciuelle e.\|)li(puinl le fait bien C(juuu de la conservaliou si fVaiclie du modelé des vallées i^laciaires. La desirucliou des seuils \\\ est pas en rapport avec la pente et la masse d'eau; en outre, l'érosion est normale dans les versants exposés au Sud et au Sud-Kst. La faiblesse de l'érosion dans les vallées secondaires est en coiinevioii avec un Irans- port peu considérable dans les vallées principales : d'où résultent leur masse énorme en terrains de comblement et leur richesse en cônes de déjection et d'alluvion. Art zone des Hautes-Alpes est donc caractérisée par le dépérissement général du modelé actuel par les eau.r courantes. II. l'.n dehors des Ihiules-Alpes, dans les l'réalpes, les grands seuils disparaissent. On n'en remar(|iie aucun au\ continences des glaciers du bassin de la Sariiie. de la Singine et de la Simme; les interruptions exceptionnelles de la courbe dérosion sont liées ici aux bancs durs (la .logno). Ce phénomène doit être bien distingué de celui des grands gradins hauts-alj)ins. Au lieu de seuils, il existe ici des régions à forts courants séparant des bassins d'accumulation; ceux-ci croissent vers l'aval et fliiissonl paido ;;randes cuvettes sèches ou souvent inondées. La zone des hassms d'accumulation et des lacs, spécialement da/is la Suisse occidentale est limitée, elle aussi, par une ligne tectonique : l'are anticlinal de la molasse. III. Dès (pic Pou iVancliit le dernier g'rand accident de la molasse, on entre dans la troisième zone morphologique de la Suisse : cesl le IMateau, b'^èremenl oiultdé, cotislrtiil lioriziiulaliMuent. Dans celte région, l érosion par l eau courante atteint son ma i mutin. SEANCE DU ) juii.M-yr 1909. ni Tous les fleuves, quillanl les bassins d'acciimulalioii, Iraversenl le l'Iateau dans des f;or);es profondes et étroites. Le piofil longitudinal irrégulier des vallées est en accord avec leur profil transversal aigu ; les petits ruisseaux arrivent par d'importantes rup- tures de niveau dans les vallées principales. Ce pliénomène est frappant, surtout si on le compare au\ diliérenccs irjsiguiliantes des deux ni\eau\ de dénudation. La plate- forme elle-même e>t pauvre en eau\ courantes. Les filets d'eau divaguent en toutes directions; f|ueli|ues-uns, quoique assez importants, se dirigent parfois au Sud, vers les Alpes. fjfs r(''j;ioiis iu()i-j)liol()yii|iii's doivent avoir iiik^ taisoii riior|i|i()i^(''n(ii(|iu', cl je ne p(Mi\ la Iroiivcf (|ii'<'ii icloiiitianl aiiv aiiciiMiiies idées, développées (rime façon si exacle par Albert Fleim et ses célèbces prédécesseurs tels que Studer et Desor. I^es mouvements dus au tassement des Alpes ne sont cependant pas sufiisanis pour explicpier l'ensemble des zones mor[)bolo- . giques suisses. La niorithologie des dcur zones alpines exige lliyputhèse dr plusieurs nioincnicnls èpéirogénitiucs, auxquels l'ense/nhle des Alpes a pris IHirl . Le motn'einenl de soulèvement a élé dans la suite remplacé par un mouve- ment d' affaissement . Gomme cons(''(pieiice alisolue de ce dernier, nous ne [)ouvons constater (jue l'existence des lacs el des j^fands bassins d'accunuilation dans les l'réalpes, ainsi (pie le t'ait étonnant de la faiblesse de l'érosion dans les llaules-Alpes. Ces différents pbénomènes ne sont explicables cpie \yav un abaissement continu de ce teiriloire juscpi'à nos jours. La p"résence des grands lacs marginaux est due à deux causes : d'une part, à rabaissement des Alpes en hlor et, d'autre part, au mouvement de bascule (pu a fait du même coup monter le Plateau suisse. La morphologie de celui-ci est celle d'un pavs en voie de rajeunissement; c'est la région classique qui a donné l'impulsion aux premières gi-andes idées morpliologi<|ues. SISMOLOGIE. — Sur les tremblements de terre des i 1 et i^juin. Note de VI. Ai.FiiED Anoot. A la suite du tremblement de terre dn i 1 juin, un ((uestionnaire a élé adressé à MM. les Maires de toutes les communes ('iJoS) des 17 départe- ments du Sud-l']st. Les réponses parvenues à l'heure actuelle, au nombre de 26o3, permettent déjà, non de tracer avec précision les lii^nes isoséistes, mais de fixer assez exactement l'extension du phénomène. Le l'ableau sui- vant donne pour cluupte département le nomjjre total des réponses, celui 72 ACADÉMIE DES SCIENCES. dos l'Aponses affirmatives, constatant qnc le phénomène a été réellement oJJservé clans la commune, et enlin le rapport de ces denx nombres en cen- tièmes. (Je rapport indique ainsi la fraction relative de la surface du dépar- tement où le trend)lemcnl de terre a pu être constaté directement. Hc|ionses. . -^^.^ - iiii — - Pr9 64 a8 I tantes- A l|)es ii3 22 ig A ikIc 249 47 ' 9 Lozère 87 i4 ifi lIaiile-l>oire 164 aS i5 Tain 190 27 i4 Avevroii 106 i4 '3 Allège 2o5 7 3 La surface relative éprouvée est tiès grande dans les sejtl premiers dé- parlements et décroît rapidement dans les départements suivants. Les documents parvenus montrent cju'en dehors de la zone .généralement éliranlée et parfois à des distances assez grandes, il existe des îlots isolés où le tremblement de terre a été également ressenti. Il sera intéressant de rap- procher ce phénomène des particularités géologi([ues. Parmi ces îlots très éloignés de la région centrale, on peut signaler l'arrondissement de Sarlat (Dordogne), où plusieurs personnes, assises ou couchées, ont ressenti les secousses. Une observation analogue m'a été transmise par le gardien du ])hare de Contis ( Landes), (pii se trouvait alors dans la lanterne du phare, l'^nfm, à l'Observatoire de Boi'deauv-Floirac, les astionomes de service n'ont rien ressenti tbrectemeiU; mais la pendule sidérale b(''noii 27, munie d'un échappement à ressort, s'est arrêtée à 2i''iy"'30'" (temps moyen de Paris). Depuis le tremblement de terre du 1 1 juin, une aulie secousse a été res- sentie le mercredi 23 juin, vers i9''45'" (temps moyen de l'aris) dans le SÉANCE DU J JUILLET 1909. 73 département de la Vendée. Elle a été notée dans les sept communes sui- vantes : les Herbiers, les Quatre-Chemins-de-l'Oie, Saint-Fulgent, Cha- vagne-en-Paillers, Chauché, La Rabatalière et Bazoges-en-Paillers. Les secousses avaient la direction SW-NE et ont duré environ 2 secondes; leur intensité ne parait pas avoir dépassé au maximum le degré IV de l'échelle Mercalli. Depuis le 11 juin, les deux sismographes du Parc-Saint-Maur n'ont, du reste, enregistré aucun mouvement microsismique appréciable. MÉTÉOROLOGIE. — Sur un essai de défense contre la grêle. Note de M. de Beauchamp. (Extrait, i Saint-Julien-l'Ars (Vienne) où j'habite était souvent atteint par la foudre. Quelquefois de violentes chutes de grêle ravageaient les l'écoltes et particu- lièrement les vignes. En i885, les dégâts furent très élevés. Le parc du château était foudroyé tous les ans, les plus beaux arbres étaient détruits. Les habitants du pays prétendaient cju'il y avait un véritable courant orageux dont le cours semblait à peu près fixe. De fait, les obser- vations semblaient confirmer cette hypothèse. En 189g, je profitai de la construction d'un clocher élevé pour y faire adapter, par un spécialiste de Paris, un conducteur à lame de cuivre abou- tissant à la nappe aquifère. De fait, à Saint-Julien-l'Ars, il n'y eut plus de coups de foudi-e dans le parc ni dans les environs. Est-ce l'effet du hasard? La grêle disparut; on a signalé en 10 ans une petite chute à 800" du poste en amont dans la direction du vent. M'étaut trouvé à Saint-Julien-l'Ars pendant une période très orageuse, il me sembla être dans un oasis, tandis qu'à droite et à gauche le tonnerre faisait rage. Sans rien préjuger de l'avenir, il me parut qu'il y avait lieu de continuer les essais. J'étudiai un barrage électrique Est-Ouest, de Poitiers au Blanc; cette direction barre celle Sud-Ouest des orages annuels, est bien desservie et comprend des locahtés importantes, ce qui permettrait des observations plus faciles. L'expérience seule pourra déterminer l'importance de la protection obtenue et guider pour l'écartement des postes et bien^d'autres détails. C. R., 1909, 2« Semestre. (T. CXLIX, N« 1. ^^ 74 ACADÉMIE UES SCIENCES. PHYSIQUE DU GLOBE. — Nouvelles observations sur les courants telluriques entre stations à grande différence d'altitude. Note de MM. B. Brcmbes et P. Davib, présentée par M. Bouty. Dans une précédente Communication (Cowjoie*/-em/«^, 21 décembre 1908) nous avons signalé nos études, poursuivies depuis igo/j, sur les courants telluriques dans une ligne télégraphique allant de la Faculté des Sciences de Clermonl au sommet du Puy de Dôme et nous avons appelé l'attention snr un double caractère de ces courants : 1° grande dillérence de potentiel nor- male entre stations extrêmes; 2" valeur exceptionnellement élevée des per- turbations par temps de trouble magnétique. Ces deux propriétés semblaient, a priori, corrélatives. Nom avons reconnu, au contraire, qu elles tiennent à des portions différentes de la ligne. Nous avons établi deux prises de terre intermédiaires, l'une à la station de la Font-de-l'Arbre, l'autre au pied même du Puy de Dôme, dans la plaine de Lascbamps, et mesuré la différence de potentiel moyenne sur chacun des trois tronçons ainsi constitués. Le Tableau suivant définit la posi- tion des prises de terre et donne les différences de potentiel : Uireclion Direction de la de la ligne ligne droite Distance droite DilTérence allant horizontale allant de (jolenliel Distance du entre de chaque moyenne horizontale P. de D. deux station - — — — - — — ■— — Station où est \lti- du à la stations à la avec le sur le une prise de terre. nide. P. de D. station, successives, suivante. P. de D. tronçon. ïoll vull P--l«Dôme ,465 o ,^^^"> 53,;,, o _^;- Laschamps 98.5 1200 S36E ^.^^ g^^^. +i,b _^^ ^ Font-de-rAibre... . 812 3i8o E 7°S -, ., -+-2,0 ' ' 0700 h. s \ — 0,0 Clei-nioiU (Faculté). 400 gbao L -I-'-. Le potentiel à chaque station a une très faible variation diurne par calme magnétique. Mais il y a une variation annuelle qu'il y aura lieu de préciser et qui arrive, parfois, à rendre incertain le sens du courant pris entre Las- champs et la Faculté. En tous les cas, le potentiel passe par un maximum à la Font-de-l'Arbre. Et la grosse différence de potentiel normale existe entre le sommet et le pied de la montagne. Four localiser les différences de potentiel occasionnelles provenant des orages magnétiques, nous avons enregistré à la fois, pendant un certain nombre de nuits, en mai et juin 1909, le courant telluriquc sur le tronçon SÉANCE DU 5 JUILLET 1909. . ■jS PuvdeDôme à Laschamps(à l'aide du milliampèremètre enregistreur de la station du sommet) et le courant tellurique sur le tronçon Font-de-l'Arbre à la Faculté (à laide d'un galvanomètre shunté et de l'enregistrement photogra- phique). (Jn a d'ailleurs pris la précaution d'enregistrer souveni le courant sur la ligne entière avec les deux, enregistreurs de type diH'éreiit, en série aux. deux bouts, et de vérifier l'identité des courbes obtenues. De part et d'autre, on graduait les courbes en insérant dans la ligne, durant 5 ou 10 minutes, un accumulateur chargé, ce cjui donnait directement, et indé- pendamment de la résistance des prises de terre, la valeur de l'ordonnée en volts. Tous les troubles magnétiques enregistrés ont donné une perturbation j>lus forte sur le tronçon Font-de-i Arbre à la Faculté que sur le tronçon Las- champs au Puy de Dôme, et non seulement plus forte en valeur absolue, mais plus forte rapportée au kilomètre. Prenons pour exemple la nu il du iS au ic) mai 1909. Le 18, entre 2 i''20"' et. 21 ''28™, la difTérence de potentiel sur la ligne Fonl-de-l'Arbre à la Faculté a varié de 1.875 volt. ^ niiliivolls , . , 11-11 T. soil 200 y-r. : — • .\u même moment, le courant sur la lii'ne Lascliamps au 1 uv kilomètre de Dôme a subi une variation correspondant à moins de 0,12 volt, soit moins millivolts de 100 r-r-, ; — ■ Kilomètre Les courbes ont été comparées à celle de Tortosa. Le courant Est-Ouest à Torlosa a donné une courije semblable à la notre, mais avec une amplitude de perturbations 1 , ,. 1 1 T 1 ■ . 1. r, 11 . . millivolts beaucoup plus faible. La perturbation de 21" 28'" correspond seulement a 14,-r; -. ' ' ' ^ kilomètre Par contre, le courant Nord-Sud à Tortosa a présenté, la nuit du 18 au 19, des perlur- , . - millivolts bâtions atteignant 000 r-r kilomètre La comparaison d'autres périodes troublées a donné des résultats du même ordre. Le rapprochement des courbes de Tortosa et des nôtres permettrait de conclure à une absence de proporlionnalité entre les composantes perpen- diculaires des perturbations aux deux observatoires, c'est-à-dire à une diffé- rence dans la direction des courants telluriques, si notre tronçon Nord-Sud. (ou au moins dont la composante principale est Xord-Sud ) n'était pas en même temps très incliné par rapport à l'horizon : il faudrait avoir une ligne Nord-Sud en plaine, ou à peu près, ce qui nous manque. Mais une double conclusion s'impose dès maintenant : La sensibilité de notre ligne Est-Ouest aux perturbations magnétiques, sensibilité de l'ordre de vingt fois celle de la ligne Est-Ouest de Tortosa, ne tient pas à l'énorme diffé- yb ACADEMIE UES SCIENCES. rence d'altitude entre le Puy de Dôme et Clermont. Il est donc raisonnable de penser qu'en d'autres stations on pourra établir des lignes télégraphiques courtes de sensibilité analogue. Les lignes Est-Ouest sont caractérisées par la faiblesse de la variation diurne des courants telluriques qui les traversent en temps de calme. Tandis que dans les observatoires magnétiques d'Europe, en général, on caractérise comme journées calmes (o de la conférence d'Innsbruck) les journées où les variations accidentelles de la déclinaison, par exemple, n'ont pas atteint le tiers (ou, en certains cas, la moitié) de l'amplitude de la variation diurne du même élément et comme journées très troublées (i d'Innsbruck) celles où les variations accidentelles oui dépassé l'amplitude de la variation diurne, nous avons été conduits à noter du cliifFre o les journées où les perturbations sur notre ligne Est-Ouest n'ont pas atteint 5o millivolts par kilo- mètre, et à réserver le degré 2 aux journées où les perturbations ont dépassé 170 millivolts par kilomètre. Et la publication trimestrielle du Caractère magnétique prouve que notre classement des jours du mois concorde aussi bien avec ceux que donnent les autres observatoires magnétiques, que ceux-ci entre eux. La recherche des régions où il serait possible d'avoir des lignes dirigées de l'Est à l'Ouest, ;i faible variation diurne, et à grande sensibilité aux per- turbations, recherche qu'autorisent nos résultats, aurait, à côté d'un intérêt théorique considérable, un intérêt pratique de premier ordre, en fournissant le moyen le plus simple d'inscrire les troubles magnétiques. M. L. SciiLussEL adresse un Mémoire Sur ii détermination des valeurs absolues des actions vives dans tes voies ferrées . (Renvoi à l'examen de MM. Léauté et Seberl.) M. A. Etévé adresse une Note et un Mémoire Sur le vol des oiseaux et les ornithoplanes. (Renvoi à la Commission d'Aéronautique.) A 4 heures un quart, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 4 heures trois quarts. G. D. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 12 JUILLET 1909. PRÉSIDENCE DE M. Émilr PICARD. MÉMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Secrétaire perpktuei, annonce à rAcadéniie la mort de M. Henri de Pareille, qui, depuis plus de '3o ans, assistait aux séances et eu faisait le compte rendu dans le Journal officÀel cA dans le Journal des JJéhals, avec une netteté d'esprit, un tact et une courtoisie à laquelle tous se plaisaient à rendre hommage. L'Académie, qui l'a vu à l'u-uvre pendant si longtemps, conservera le souvenir des services qu'il a rendus à la fois par ses articles de vulgarisation et par ses travaux originaux. PHYSICO-CHIMIE. — Sur la nature du changement qu'éprouvent les cristaux de sulfate de sodium heptahydraté au contact des cristaux du décahydrate. Note de M. D. Gerxez. Une solution formée de i parties de sulfate de sodium ordinaire et de I partie d'eau, cliaufFée à rébullition, puis refroidie à l'abri des poussières du laboratoire, abandonne toujours, s'il y a, au fond du vase, un dépôt de sulfate de sodium déshydraté et si la température est inférieure à + 8°, des cristaux, volumineux lors(|ue le refroidissement a été lent, transparents, incolores, signalés jadis par Schweigger et que Lœwel a reconnus avoir une composition représentée par la formule Na-SO', 7H-O. Le liquide restant constitue une solution sursaturée par rapport au décahydrate Na=SO',ioHH). ^ ient-on à provoquer la cristallisation de ce dernier sel, en un point du li(iuide, par l'immersion d'un crislal ? f n faisceau divergent de cristaux C. F.., 1909, 1' Senieatic. { T. CXLIX, N- 2.) ' I 78 ACADÉMIE DES SCIENCES. s'allonge à partir du jioinl touché el, dès que cliacuu d'eux rencontre un cristal d'heptahydrate, il y produit une tache blanc'ie qui se propage dans toute sa niasse, en s'accentuant avec le temps, de manière à lui communi- quer l'opacité et l'apparence de la porcelaine. Ce changeaient a été considéré d'ahord comme une modification allotro- pique qu'on a assimilée à la dévitrification du soufre clinorhombique, qui se change, avec le temps ou. comme je l'ai démontré jadis, à volonté, par le contact d'un cristal orthorhomhique, en éléments de même forme. Plus tai'd ('), on admit que, lorsqu'un corps susceptible de donner deux hydralesa déposé spontanément de sa dissolution des cristaux de l'un d'eux, si l'on amène à leur contact des cristaux de l'autre hydrate, il se produit une transforma lion sons l'inllnence de ceux dont le d(''pôt a été spontané, et l'on appliqua cette proposition aux hydrates de sulfate de sodium. Ijne troisième explication a été donnée en 1898, dubitativement il est vrai, par l'illustre savant M. Vaut Hol]"(-) en ces termes : « 1/heptahydrate se transforme, peu à peu, en une niasse porcelanée, changement (pii résulte sans doute d'une décomposition en décahydrate et en sel anhydre .- Kxaminons successivement ces trois explications : 1° La première sup- ]iose que l'heptahydrate change seulement de forme cristalline, au contact du décahydrate, sans changer de composition. Or, il est facile de constater qu'il n'en est rien. En quelque point qu'on prélève une parcelle, si minime qu'elle soit, de la masse [)orcelanée, on trouve (ju'elle contient du décahydrate, car elle provoque la formation de cristaux de cette nature au contact d'une solution sursaturée de sulfate de sodium. 2° La seconde explication proposée ne peut s'appliquer au cas actuel; en edél, l'heptahydrate est le sel qui se dépose spontanément et, d'après la proposition donnée comme générale, c'est lui qui déterminerait la trans- formation du décahydrate arrivanten contact avec lui. Or, même longtemps après 1 opacification complète des cristaux d'heptahydrate, on n'observe aucun changement dans les cristaux transparents de décahydrate formés dans la solution sursaturée ambiante. 3" La troisième explication suppose la transformation de l'heptahydrate en décahydrate et sulfate anlndre; on peut l'exprimer par la formule io\a-SO'.7HM) — yNa^SO', loIPO -+- 3Na-S0'' (') Wiiiiz. nictinniiaire de Cltimic, l. Il, 1870, p. 09. \'-) l.cçnna de Ckiinie phyxu^iie , i''' l'yrtie, p. 62. SÉANCE uu m JUiLLirr 1909. 79 et invoquer en sa faveui' le fail ([ue j'ai signali' de la présence tUi déca- hydrate dans toute parcelle des cristaux blancs. Or, (pielle est la composi- tion de ces cristaux ? Les anahses de Ziz et de l''arada\ lui assignent pour formule Na-SO', SHM). Ils contiennent réellement plus d'eau que l'Iiepta- hydrate. Lœwel, (jui les supposait imprégnés d'eau mère, eut soin d'opérer sur les cristaux transparents qu'il a purifiés par des lavages à l'alcool, et l'analvse lui montra qu'à l'état pur, non tianslbrinés, ils ne contenaient que^H^O. L'équation ci-dessus ne représente donc pas le phénomène réel. D'autre part, on aurait pu imaginer ipic le dégagement de chaleur observé dans l'expérience détermine la désh\ dratation partielle des cristaux; mais, dans ce cas, il resterait à expliquer comment il arriverait que la déshydra- tation des j\- de l'heplahvdrate serait acrom[)agn(''e du phénomène inverse : l'hydratation des ^^ restants. Quant au dégagemenl de chaleur, je l'ai ('-ludié directement, .l'ai placé un thermomètre dans l'axe d'un large tube au fond duquel j'avais laissé ur. peu de sel anhydre et (pii contenait une solution très concentrée de sulfate de sodium amenée à l'élnillition. Exposée à uu refroidissement leul, la solu- tion abandonna des cristau.x d'heptahydrate. I^orsque ces cristaux eurent entouré le réservoir et une partie de la tige du thermomètre, je provoquai la cristallisation de la solution sursaturée et je trouvai ([ue la température s'éleva jusc{u"à 22".Je répétai la mèmeex[)érience, mais eu ne laissant se pro- duire que des quantités de cristaux d'heptahydrate plus petites que dans l'expérience précédente et je constatai que l'élévation de température était d'autant plus grande que ces quantiti''s d'heptahydrate étaient plus petites et s'élevait alors vers 'icf. (Jette élévation ain très homogène et, lorsque la solution n'est pas trop concentrée, j'évite la production spontanée de cristaux de décali\drate. Il arrive souvent, pendant cette opération, qu'au lieu d'un dépôt salin, il y a congélation spontanée de l'eau et qu'elle forme une masse de glace, incolore et transparente, baignée par une solution saline. (Jette solution retient la plus grande partie du sel dissous et il est facile de constater qu elle est sursaturée, lui ellét, lors([u'on la touche en un jioinl de la surface a\ec une aiguille dont la pointe porte une parcelle de décahvdrate, on voit aus-itôl une toulle divergente de cristaux de ce sel s'allonger, en se propageant, non seulement dans la partie restée liquide, mais dans la glace elle-même qui devient bientôt opaque et blanche. Dans cette expérience, c'est le décahvdrate qui opacifie la glace, comme il le fait pour les cristaux d'hepta- Indrate. Dans le cas oii la production spontanée de la glace est lente à se produire, on peut la provoquer immédiatement par la chute d'une parcelle de glace dans la solution refroidie. Si la solution de sulfate de sodium employée a été saturée à une température su^pé- rieure à celle de la glace fondante, on trouve, après l'expérience, que, pour peu que le 84 ACADÉMIE DES SCIENCES. luhe soit ensuite amené au delà de cette température, la glace disparaît laissant un dépôt incolore formé du décahydrate que la glace a abandonné. Je crois pouvoir conclure de ces résultais que les solutions sursaturées concentrées de sulfate de sodium se comportent comme celles de cliro- mate, d'acétate et d"hvposulfite de sodium, d'azotate de calcium, etc. Que l'opacification des cristaux transparents moins hydratés au contact des hydrates supérieurs est due à la pénétration, dans les réseaux cristallins des premiers, de solutions sursaturées ambiantes des autres hydrates. Lorsqu'on provoipie la cristallisation du liquide extérieur, les cristaux plus hydratés se propagent à l'intérieur des cristaux moins hydratés sans leur faire subir de transformation, ni en éprouver eux-mêmes, et cet ensemble discontinu de deux corps transparents et incolores, dont les propriétés optiques ne sont pas les mêmes, produit sur la lumière blanche un effet qui les rend opaques et blancs. CHIMIE GÉOLOGIQUE. — Ohsenations sur la nature et l'origine des gaz qui formenl les fumerolles volcaniques ou qui sortent des cratères des anciens volcans. iNote de M. Armand Gautier. Sans aucun doute, les gaz qui forment les fumerolles volcaniques, même les plus chaudes, sont émis principalement par les laves qui restent long- temps brillantes sous leur carapace relativement refroidie à Tair, bien plutôt qu'ils ne sortent directement des fissures et bouches par où se sont écoulées les déjections volcaniques. Mais remarquons que ces laves arrivent au jour sursaturées à liante pression des gaz et vapeurs formés dans les profondeurs, et les fumerolles qu'elles émettent longtemps après leur sortie des failles souterraines sont bien les produits volatils des réactions qui ont présidé à leur formation et (|ui se continuent quehjue temps encore après leur émis- sion. (Jn sait qu'il s'échappe, des laves les plus récentes et les plus chaudes, des chlorures de sodium, de potassium, d'ammonium, de fer, de cuivre, de plomb, d'arsenic, etc., accompagnés d'un excès d'acide chlorhydrique, de vapeurs d'eau et de divers gaz. A mesure que ces déjections se refroi- dissent, les moins volatils de ces corps se concrètent dans les failles ou hors des failles, et les fumerolles ne se [^composent bientôt plus que des gaz et vapeurs les plus volatils. Les analyses de ces parties volatiles formant après 3 et i8 mois les fume- rolles de la plus récente éruption du Vésuve (190G), analyses que j'ai dei- SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 85 nièrement publiées aux Comptes rendus ( ' ), donnent lieu aux remarques sui- vantes : 1. Les gaz qui composent ces fumerolles sont bien dans leur ensemble ceux qu'on obtient quand on soumet à la distillation au rouge, dans le vide, les roclies primitives : granits, andésites, porphyres, ophiles, basaltes, etc. Quelques-uns de ces gaz tels que le méthane, l'oxyde de carbone, l'acide chlorhydrique, l'oxysulfure de carbone, l'ammoniaque peuvent acciden- tellement, ou localement, diminuer ou disparaître de ces fumerolles, de même qu'ils peuvent manquer plus ou moins dans la distillation des roches; mais, dans l'un et l'autre cas (sauf l'oxygène des fumerolles dont on discutera plus loin l'origine), l'ensemble reste le même. Dans les fumerolles, comme dans les gaz des roches, on retrouve la vapeur d'eau, l'hydrogène libre, l'acide carbonique, l'azote, l'argon ; de faibles proportions de méthane, d'oxyde de carbone, un peu d'hydrogène sulfuré, ces t;ois derniers corps d'ailleurs très variables. Il semble donc qu'on est autorisé à penser que, cet ensemble de gaz étant le même dans les deux cas et se produisant dans les mêmes conditions d'écbauffement des matériaux rocheux, le mécanisme qui leur donne naissance est aussi le même, à savoir, comme je l'ai établi autrefois (-), l'action de la vapeur d'eau à haute température sur les maté- riaux de ces roches avant ou après leur concrétion. 2. La vapeur d'eau qui se dégage des laves incandescentes et des volcans (Ch. SaiuLe-ClaireDeville, Fouqué, O. Silverlis, Lacroix, etc.)(' ) continue même après 18 mois à former la partie la plus abondante des fumerolles volcaniques. Sa quantité a varié, dans mes analyses, de 62, 5 à 77 pour 100™'. J'ai trouvé en moyenne : Apres 3 mois, 65, ol\ de vapeur d'eau pour 100''°' de gaz des fumerolles. Apres 18 mois, 73, i[\ pour 100^"'. Il est donc inexact de dire, ainsi qu'on l'a soutenu dans ces derniers temps, que les volcans n'émettent pas de vapeur d'eau et que celle qui peut accompagner le gaz des fumerolles provient des eaux de pluie qui auraient pénétré à travers les fissures des terrains volcaniques. Mais les laves incan- descentes sortant depuis plusieurs jours du cratère ne sauraient retenir des (') Comptes rendus, t. CXLVIII, juin 1909, p. 1708. (-) Voir- Comptes rendus, t. CXWII, p. 61, 189 et 982. (') L'eau a élé recueillie par plusieurs de ces observateurs eu condeHsant les gaz sortant des laves encore incandescentes et liquides soit sur des ballons refroidis, soit dans des tubes et flacons entourés de glace où la vapeur d'eau se liquéfiait. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. CXLIX, N° 2.) 12 86 ACADÉMIE DES SCIENCES. eaux météoriques, bien au contraire, et l'eau que j'ai trouvée, et d'autres avec moi, dans les blocs et bombes rejetés par les explosions volcaniques n'y avait pas été introduite par les pluies. Les fumerolles observées par M. Lacroix les jours qui suivirent immédiatement la dernière éruption de l'Etna (juin 1908) dégageaient, écrit-il, un mélange suiï'ocant de vapeur (Veau et d'acide chlor hydrique. Elles étaient à une température de 412" envi- ron ('). l'allés sortaient de la lave encore rouge et pâteuse par de nombreuses fissures aux alentours des bouches explosives qu'elles jalonnaient. M. Lacroix ajoute même (p. 161) que l'absence de pluies avait permis la conservation sur place de toutes les sublimations formées depuis le commencement de l'éruption. Dans ces conditions il est inadmissible que ces laves eussent em- prunté leur eau à l'atmosphère ou au sol sur lequel elles coulaient depuis plusieurs jours. L'eau existe donc bien dans les fuuieroiles même les plus chaudes, même dans les laves incandescentes qui continuent à sortir abondamment du cra- tère (-). Elle vient bien de la région où se forment ces laves comme les gaz et vapeurs métalliques qui les accompagnent (/* ). 3. L'acide chlorhydrique que la plupart des observateurs, en particulier Fouqué, ont trouvé en abondance dans les fumerolles les plus récentes et les plus chaudes avait disparu entièrement ou presque entièrement au bout de 3 mois des fumerolles du Vésuve de 190(5. Ce gaz acide est certainement utilisé dans son parcours souterrain à retransformer en chlorures les oxydes et oxychlorures dus à l'action inverse de la vapeur d'eau. (') Comptes rendus, t. C\L\ 11, p. 162. (■-) Bien que les gaz des fumerolles du Vésuve que j"ai recueillies eu 1906 et 1907 fussent il une température de près de 3oo° et sortissent de laves concrétées, mais encore à 4o<>° ou 5oo" un peu au-dessous de la surface du sol, on peut admettre, sans doute, que dans ce cas une partie des 65 à 70 pour 100 d'eau ([ue j'y ai trouvés puisse provenir des eau\ météori(|ues ayant pénétré jusqu'à ces laves. Mais il ne saurait en être de même de l'eau qui sort des laves coulantes et incandescentes. (') Le principal argument invoqué pour contester la présence de l'eau dans les fume- rolles volcaniques, c'est qu'elles peuvent déposer des chlorures anhydres, magnésien- ferreux, cuivreux, etc., que Teau devrait décomposer, dit-on, si elle était présente, et transformer en oxydes ou oxychlorures correspondants. Or, c'est bien là ce qui se pro- duit en effet; les oxydes et oxychlorures métalliques accompagnent généralement les chlorures anhydres correspondants émis par les fumerolles, mars l'acide chlorhydrique, toujours abondant dans celles <[ui sont assez chaudes pour entraîner les vapeurs de chlorures métalliques, tend à inverser l'action de la vapeur d'eau et à reproduire les chlorures. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. 87 4. L'oxysulfure de carbone, l'oxyde de carbone, les gaz sulfurés ou bores, Tacide sulfureux, l'acide sulfhydrique qu'on pouiTait s'attendre à trouver dans les gaz d'origine volcanique et qui ont été signalés, en effet, dans des fumerolles plus chaudes, n'existaient plus en proportion sensible dans des fumerolles sorties de laves même assez récentes (3 mois) et bien que la température de ces fumerolles atteignît encore près de 3oo°. De ces divers corps, en effet, les uns sont décomposés parla vapeur d'eau toujours présente, les autres se déposent à l'état de concrétion ou réagissent mutuellement les uns sur les autres. Tels sont les acides sulfureux et suif- hydrique, la vapeur d'eau et l'hydrogène sulfuré, qui disparaissent ainsi des fumerolles. 5. L'oxygène est constant dans les gaz des fumerolles. Presque tous les auteurs l'ont signalé. Dans mes expériences j'ai trouvé (gaz calculés secs) : Oxygène après 3 mois de 1 1 , 54 à l 'i , 97 pour 1 00 ; Oxygène après 18 mois, de 16,79 '' i6,54/Jowr 100. Moissan, dans les fumerolles sortant à 400° des laves de la Montagne Pelée et recueillies par M. Lacroix, avait trouvé : oxygène, i3,G7 pour 100 (gaz calculés secs). Auparavant, Fouqué avait signalé jusqu'à 24 pour 100 d'oxygène dans les gaz recueillis sous l'eau, provenant de failles sous-marines lors de l'éruption de Santorin (' ). Toujours est-il (et l'explication de ce fait presque paradoxal semble encore obscure) qu'on trouve généralement de l'oxygène à cùlé de l'hydrogène libre et de l'azote dans les gaz issus des laves qui arrivent fondues à la surface du sol. Je vais revenir sur ce point. 6. On renuircjuera que, dans nos analyses, l'azote est toujours, par rapport à l'oxygène, approximativement dans la proportion d'un peu plus de 4^"' pour 1^°' d'oxygène. Azole / 1; Ixcés d'azote Volume de G corresponde inl Vo tume de Az tri Hivé sur celui trouvé en 100 ca Icul lé pour l'air. trouvé en Uni (|ui répondrait à de gaz des fumero Iles. Vo lu me <-ie U ; 7'' des de saz fumerolles. Ox^l». n 3,72 14,0 i5,5 1,5 6,00 22,6 24r9 2,3 i>59 .7,3 21 ,2 3,9 3,G8 i3,8 '7,8 4,1 Cette remarque s'explique si l'on admet avec Ch. Sainte-Claire Deville et (') Comptes rendu!;, t. LXXI, p. 903. «8 ACADÉMIE DES SCIENCES. S. Suess que l'air s'introduit dans les évents volcaniques grâce a une sorte d'appel de bas en haut, et qu'entraîné à travers les fissures du cône volca- nique formant cheminée, cet air cède une partie de son oxygène aux prin- cipes oxydables ambiants, de façon que l'azote devient prépondérant. C'est là une explication, mais elle comporte des réserves. Il est possible que la décomposition de la vapeur d'eau dans les profondeurs à la température des laves incandescentes libère une certaine proportion d'hydrogène et d'oxygène, sans que ceux-ci mélangés à d'autres gaz et vapeurs inertes très abondants (tels que l'excès de vapeur d'eau elle-même, celle des chlorures métalliques volatilisés, l'acide carbonique, l'azote, les cendres tourbillon- nantes de roches pulvérisées) puissent arriver à se recombiner totalement pour reformer de l'eau. Hellier et moi avons établi en effet dans nos expé- riences sur la combinaison de l'oxygène à l'hydrogène en présence de grandes masses de corps inertes que ces gaz, même dans les proportions du mélange tonnant, échappent, au rouge vif, à la combinaison totale dans les proportions de i6 à 4 pour loo de leur volume ('). 7. La présence de l'argon et de ses congénères dans les gaz volcaniques paraît constante. J'avais déjà établi, en 1901, que l'argon et peut-être l'hé- lium sortent des roches primitives chauffées dans le vide. iNasini et ses colla- borateurs ont constaté l'argon et l'hélium dans les suffioni de la Toscane ("). Plus tard (igoS), Moissan trouva l'argon dans les gaz de la Montagne Pelée. Grâce à M . Moureu, dont on connaît la haute compétence et qui a bien voulu m'aider dans cette partie de mon travail, ce dont je le remercie vivement, je puis affirmer la présence de l'argon et du néon dans les fumerolles du Vésuve. La petite quantité de gaz dont je disposais n'a pas permis de s'assurer delà présence, d'ailleurs probable, des autres satellites de l'argon. L'azote brut que j'avais extrait des fumerolles de 1907 laissa, après passage sur le calcium au rouge, i ,36 pour 100 de gaz rares, riches en argon. En les trai- tant par le charbon de coco à — 192", il resta un petit volume de gaz qui donna au spectroscope la raie jaune du néon, très intense, et plusieurs autres raies orangées appartenant au même élément. La quantité d'argon par rapport à l'azote brut fut trouvée, disons-nous, de 1,36 pour 100, proportion plus élevée que dans l'air (1,169 pom' 100). (') Comptes rendus, t. CXXII; p. ."iji, et Thèse de doctorat es sciences, de H. Hellier, 1896, p. 27. (2) Gaz. chini. Uni., t. XXVIII, 1898, p. 81. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 89 La quantité de néon surtout est ici notablement plus abondante qu'elle n'est dans les gaz de l'atmosphère. 8. Je n'ai trouvé que des traces d'oxyde de carbone ou de méthane dans les gaz du Vésuve (éruption 1906); mais on sait que ces composés ont été souvent caractérisés dans d'autres gaz volcaniques. Leur présence est donc variable suivant l'époque et sans doute aussi suivant le lieu. 9. On remarquera la diminution rapide de l'acide carbonique à mesure qu'on s'éloigne de l'époque de l'éruption : C0= en 100"' de gaz secs. 3 mois après l'éruplion 34, 19 17,80 18 mois » 2,98 2,95 L'acide carbonique s'épuise donc peu à peu. Et comme il ne saurait pro- venir ni de l'air, ni des réactions secondaires qui se passent dans les laves qui ne contiennent ni carbures, ni carbonates en quantités sensibles, il s'en- suit que ce gaz ne sort pas seulement des laves elles-mêmes où il avait été en- clavé sous pression (car, dans ce cas, sa proportion par rapport aux gaz qui l'accompagnent resterait à peu près la même), mais qu'il vient aussi des profondeurs, d'abord très abondamment au moment de l'éruption, puis plus discrètement. Cette remarque doit s'appliquer, nécessairement et en quelque mesure, à l'hydrogène, à l'azote et aux autres gaz. Mais bientôt ceux-ci n'étant plus émis par les laves refroidies et n'arrivant plus des profondeurs, ainsi qu'on va le voir, qu'en quantité relative très faible, l'acide carbonique redevient prépondérant. 10. A ce point de vue particulier et à d'autres, il était intéressant de connaître la composition des gaz qui se dégagent, souvent avec abondance, même après des siècles et des milliers d'années, des terrains volcaniques. Il m'a paru que la solfatare de Naples formée par un cratère préhistorique aussi bien que le cirque volcanique de cette même région où coulent les abondantes sources thermales d'Agnano seraient favorables à l'examen de cette question. A la solfatare de Naples, je n'ai pu que très malaisément recueillir les gaz brûlants qui, en des centaines de points, se dégagent avec abondance d'un sol formé d'une cendre sableuse. J'ai constaté seulement dans ces gaz la présence d'une proportion très notable de vapeur d'eau qu'accompagne sur- tout de l'acide carbonique. J'ai trouvé que ce dernier formait (20 octobre 90 ACADEMIE DES SCIENCES. 1907) 9() à 97 pour 100 de la lolalitê des gaz proprement dits, vapeur d'eau déduite. Daus l'aucieu cratère d'Ai^aauo (environs de .Naples), j'ai pu recueillir les gaz qui s'échappent en bouillonnant du sein des nombreuses sources thermales qui y surgissent abondamment de tous côtés. J'ai constaté que ces gaz sont Itès riches en acide carboniijue. L'un de ceux que j'ai captés au sein d'une des sources qui surgissent du sol en bouillonnant, à la température de 45°, m'a donné à Tanalyse la com- position suivante : Pour 100 (le gaz secs. Acide carbonique 96,52 Mélliane 0,12 Hydrogène 0,010 Oxygène 0,46 .■Vzole 2,87 Argon et congénères 0,028 100,01 Les moyens dont je disposais pour recueillir ces gaz ne me permettent pas d'affirmer entièrement que Toxygène que j'y ai trouvé en petite quan- tité ne provienne pas d'un peu d'air introduit par les manipulations ( 2 pour 100 d'air environ ). Dans cette hypothèse possible ( ' ) la composition réelle de ces gaz devient : Acide carbonique gSjSf) Méthane 0,12 Azole 1 , 28 Argon et congénères 0,012 1 00 , 00 Les gaz accompagnant l'azote non absorbables par le calcium au rouge ont été examinés soigneusement par M. Moureu qui y a trouvé, avant toute autre manipulation^ les raies spectrales très nettes de l'argon et la raie jaune de l'hélium. Après condensation, sur le charbon refroidi dans l'air liquide (— 192°), du résidu gazeux non absorbable par le calcium, l'examen spectroscopique montre avec l'étincelle directe, dans le gaz non fixé, les raies ( ') INasini et ses colialiorateurs ont généralement Irouvé de o,4 à i pour 100 d'oxy- gène dans les gaz des suffioni de Toscane même recueillis sous l'eau. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. C)I de l'hélium et la raie jaune faible du néon ainsi que plusieurs raies orangées du même corps. Kn résumé le gaz qui se dégage abondamment, et depuis un temps immémorial, de l'ancien cratère d'Agnano est actuellement presque entiè- rement constitué par du gaz carbonique qu'accompagne une grande quan- tité d'eau avec des traces de méthane et un peu plus de i pour 100 d'azote auquel viennent se joindre l'argon, l'hélium et le néon en faible proportion, et probablement les autres satellites de l'argon, mais qu'on n'a pu carac- tériser faute de matière. PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Influence de l' anesthesie et du gel sur le dédoublement de certains glucosides chez les plantes. Note de M. L. GuiGXARD. Dans une Note communiquée aujourd'hui à l'Académie, M. Mirande fait connaître une nouvelle méthode, à la fois simple, rapide et sûre, pour la recherche de l'acide cyanhydrique dans les plantes fraîches. Elle est fondée sur ce fait que, « sou.s l'influence des vapeurs dégagées par les substances qui d'ordinaire suspendent la fonction chlorophyllienne, les plantes qui con- tiennent des composés cyani({ues exhalent de l'acide cyanhydricpie », dont la présence est facile à constater en se servant simplement du papier picrn- sodé dont j'ai indiqué, il y a quelque temps, la préparation et le mkxIi' d'emploi. Toutefois, M. Mirande se garde, avec raison, comme on le verra dans un instant, d'établir aucun rapport entre la suspension du phénomène chloro- phyllien et l'émission de l'acide cyanhydrique; celle-ci a lieu, en eU'et, aussi bien à l'obscurité qu'à la lumière sous l'influence des anesthésiques. Ortaiues recherches exécutées dans ces dernières années, mais dont je n'ai pas encore publié les résultats, m'ont amené à constater des faits entiè- rement comparables à celui dont il vient d'être question et permettant d'en indiquer la cause. On sait que la plupart des Crucifères, ainsi que les espèces de plusieurs autres familles, fournissent des essences sulfurées, dont la plus répandue est l'essence de moutarde. Ces essences ne sont pas préformées dans la plante, mais prennent naissance par l'action d'un ferment, la myrosine, sur un glu- coside, représenté le plus souvent par le myronate de potassium. 92 ACADÉMIE DES SCIENCES. Parmi les espèces qui donnent la plus forte proportion d'essence se trouvent la Moutarde noire et le Kaifort. Si Ton soumet, en vase clos, des plantules entières de Moutarde noire, âgées d'une huitaine de jours et parfaitement intactes, à l'action des vapeurs de chloroforme, on remarque que l'aneslhésie détermine la production de l'essence, dont l'odeur devient très sensible après la volatilisation du chloroforme. Le phénomène se manifeste aussi bien à l'obscurité qu'à la lumière, et de la même façon avec des plantules étiolées qu'avec des plantules vertes. Il en e^l de même quand on opère avec des feuilles entières de Raifort, dont on a coupé le pétiole et obturé la surface de section pour éviter la sortie du suc de la feuille. Sous l'inlluence de l'aneslliésique, les organes deviennent flasques et changent de teinte; leur surface apparaît humide ou même laisse perler des gouttelettes liquide» dont l'odeur et la saveur ne laissent aucun doute sur la présence de l'essence. On peut même recueillir le produit de l'exsudation de plusieurs manières et transformer la minime quantité d'essence en sulfure, facile à déceler pai- le nilro-prussiate de soude. L'essence de moutarde se produit donc dans les mêmes conditions expé- rimentales que l'acide cyanhydriqiie. Ce résultat est dû à l'action générale que le chloroforme exerce sur le protoplasme de la cellule vivante; elle est indépendante de la chlorophylle et n'a rien de commun avec la trans- piration normale. C'est un fait sur lequel Raphaël Dubois a depuis long- temps attiré l'attention dans ses recherches sur les anesthésiques. Que l'on suspende, par exemple, dans un vase bien bouché, en présence de chloroforme ou d'éther, une feuille charnue pauvre en méats aérifères, comme celle d'une Caclée, on ne tardera pas à voir sourdre à sa surface de nombreuses gouttelettes de liquide. Si l'on s'adresse à une plante riche en méats aérifères, le phénomène peut passer inaperçu, parce que, dans ce cas, l'eau chassée du protoplasme des cellules n'apparaît pas à l'extérieur; mais les organes verts prennent une teinte particulière qui rappelle celle des plantes gelées et indique seule le changement qui s'est opéré dans leur profondeur. Dans des conditions analogues, les poils charnus qui constituent la partie comestible de l'Orange laissent exsuder un liquide renfermant des principes solublcs et notamment de l'acide citrique. On peut donc dire que le contenu cellulaire subit une véritable déshydratation, puisqu'une partie du liquide passe à l'extérieur de la cellule. De même, dans le cas des plantes à glucosides, tels que le myronate de potassium ou l'amygdaline, ces principes sont entraînés avec l'eau qui les lient en solution et arrivent au contact des ferments, localisés dans des cel- lules spéciales : d'où le dédoublement produisant soit de l'essence de mou- tarde, soit de l'acide cyanhydrique. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. g3 En examinant au microscope les tissus anesthésiés, on constate que les cellules ont subi la plasmolyse ; leur sac protoplasmiqne est détaché de la membrane cellulaire et plus ou moins contracté ( ' ). D'autre part, c'est un fait bien connu que le gel détermine aussi un appel d'eau en dehors des cellules végétales. L'eau passe par diflusion à travers la couche périphérique du protoplasme et la membrane cellulaire. Le gel est toujours corrélatif d'un appauvrissement en eau du cytoplasme, avec exos- mose de cette eau hors de la cellule ; de sorte que la mort par le gel est une mort par déshydratation. S'il en est ainsi, le gel doit produire le même eiïet que l'anesthésie. C'est efîectivement ce que j'ai constaté. Une feuille de Raifort que l'on soumet dans un tube au refroidissement produit par le chlorure de niéthyle, ou sur laquelle on pulvérise directe- ment ce dernier, prend le même aspect que sous l'induence du chloroforme et dégage bientôt, quand la température a remonté, une odeur extrême- ment intense d'essence de moutarde. Soumises également au refroidissement, les feuilles des plantes à gluco- side cyanhydrique devaient se comporter de la même façon que celles du Raifort. En effet, les feuilles de Laurier-cerise, de Photiiiia, de t Sorgho, de Passiflore, placées après l'action du chlorure de méthyle dans un tube avec un morceau de papier picro-sodé, ne tardent pas à donner lieu à la coloration caractéristique que produit l'acide cyanhydrique. Cette colora- tion est aussi rapide qu'après l'action du chloroforme. Dans ces expériences, il n'y avait pas formation de cristaux de glace et par suite aucune déchirure des tissus. Le même résultat s'obtient avec d'autres végétaux, tels que le Gaultheria procumbens, qui contient égalemeiU un glucoside donnant naissance, sous l'influence du ferment qui l'accompagne dans les tissus, à du salicylate de méthyle. Le gel et l'anesthésie des feuilles de cette plante font apparaître rapidement l'odeur toute spéciale de l'essence de winter-green. Il y a là, en somme, une méthode générale de recherche de certains composés dont la formation résulte de l'action réciproque d un ferment et d'un glucoside arrivant au contact l'un de l'autre par l'intermédiaire da l'eau. Les observations de M. Mirande sont un exemple très intéressant de son application à la recherche des plantes à acide cyanhydri({ue. (') M. Mirande m'informe qu'il a observé aussi ce pliénomène. C. K., 1909, 2" Semestre. (T. CXLIX, N" 2.) ' -J g4 ACADÉMIE DES SCIENCES. PARASITOLOGIE. — Sur une hémogrégarine de. Pituophis melanoleucus. Note de MM. A. Laveras el A. Pettit. Nous avons trouvé récemment des hémogrégarines chez trois Ophidiens du Mexique, morts peu après leur arrivée à Paris. Ces Opliidiens apparte- naient aux espèces suivantes : Pituophis melanoleucus Holbr. := Coluber melanoleucus Daiid. ; Zamenis constriclor L. ; Coluber triqspis Cope ('). C'est l'étude de l'hémogrégarine de P. melanoleucus qui nous a donné les résultats les plus intéressants, en raison du grand nombre des parasites et de leurs formes de mulliplication, en raison aussi de ce fait que le cadavre du P. melanoleucus était dans un meilleur état de conservation que les cadavres des deuv autres Ophidiens. Hémogrégarine de Pituophis melanoleucus. — Ln couleuvre mesure 2™ de lon^ environ. Le sang contient de nombreuses hémogrégarines; en examinant une prépara- tion de sann en couche très mince avec l'oculaire i et l'objectif à immersion -L (Je Verick, on trouve parfois de 6 à 8 parasites dans le champ. Les hémogrégarines se présentent sous les aspects suivants dans les préparations colorées au Giemsa. 1° Petites formes endoglobuiaiies. L'hémogrégarine, qui mesure loH- à iil'- de long, a une forme cylindrique légèrement incurvée, avec des extrémités arrondies. Le karyosome volumineux occupe le tiers au moins du parasite {/(':?■. 1). La même hématie contient parfois deux hémogrégarines {fig. 2). 2° Grandes formes endoglobulaires. L'hémogrégarine atteint 12!^ de long sur !\V- à 5!^ de large, en conservant d'abord la forme cylindrique légèrement incurvée, des éléments jeunes {fig- 3), mais bientôt une des extrémités s'effile et se replie sur le corps du parasite {fig- 4)i à l'état adulte, le repliement en deux est complet {fig- 5). Vers la partie moyenne de l'hémogrégarine se trouve le noyau qui est constitué par de grosses granulations ou par des tractus de chromatine. Le protoplasme ne contient qu'un petit nombre de fines granulations chromophiles. Les hémogrégarines sont encapsulées; on distingue assez souvent, aux extrémités de la capsule, des lignes transversales légèrement incurvées (fig. 5). Les altérations des hématies parasitées sont très peu marquées. Les hématies qui contiennent de grandes hémogrégarines s'allongent un peu et leurs noyaux sont refoulés, mais il. ne s'agit là que d'altérations inévitables, dues à l'action mécanique des parasites. 3° Grandes formes libres. Ces formes ne sont pas rares dans les préparations du sang ou dans les frottis de viscères. Les hémogrégarines dépliées mesurent 'rt\'.'- de (') Ces déterminations ont été faites au Muséum d'Histoire naturelle par j\l. Pelle- grin, auquel nous adressons nos très sincères remercîments pour son précieux concours. SEANCE DU 12 JUILLET 1909. gj long, sur Sî'- de large environ; elles ont l'aspect de vermicules arrondis à une exlré- niité, effilés à l'autre {fig. 6); elles sont souvent incurvées. Vers la partie movenne on distingue le kar^osome. 4° Formes de niulliplicatioii. Ces formes qui ont été reciiercliées vainement dans le sang, existent, en grand nombre, dans les capillaiies sanguins des poumons, du foie et de la rate; en petit nombre dans les reins. 1. 1. petites hémogrcgarines eiidoglubulaires do Pituophis melanoleucus; 3, \, 5, stades plus avancés de développement; (i, liémogréf;arine lilire; 7, 8,9, 10, kystes contenant 4, 8, ifi, .'|o méro- zoïtes; au centre du kyste à '( mérozoïtes. on voit nn reliquat non visible dans les autres kystes. Grossissement : i3oo D environ. Les kystes, qui ont une forme ovalaire plus ou moins allongée, sont de volume variable. Ils mesurent 25t^ii 4o" de long sur \-\f- à 82!^ de large. Le nombre des mérozoïtes varie beaucoup. Sur .36 kystes en bon état, examinés dans des frottis du foie ou de la rate convenablement colorés, nous avons noté : 3 mérozoïtes, i fois; 4 mérozoïtes, 10 fois; 5 mérozoïtes, 3 fois; 6 mérozoïtes, 6 fois; 8 mérozoïtes, 2 fois; 16 mérozoïtes, 2 fois ; 20 mérozoïtes, i fois; 28 mérozoïtes, i fois; 3o mérozoïtes, i fois; 82 mérozoïtes, 3 fois; 38 mérozoïtes, i fois; 4o mérozoïtes, 2 fois; 44 mérozoïtes, 1 fois; 60 mérozoïtes, I fois; 68 mérozoïtes, i fois. La numération est difficile quand le nombre des mérozoïtes s'élève à plus de 16; il est donc possible que des erreurs aient été commises, mais ces erreurs ne dépassent pas quelques unités et elles n'ont porté i|ue sur les kvstes renfer- mant de 20 à 68 mérozoïtes. Les mérozoïtes sont d'autant plus grands qu'ils sont moins nombreux; ils mesurent de I2!'- à i4''' de long dans les kystes qui n'en renferment que de 4 î" 8? et 8"- seule- ment dans ceux qui en renferment de 3o à 60 {Jig. 7, 8, 9 et 10). Les mérozoïtes sont souvent disposés à la périphérie des kystes, la partie centrale étant occupée par un reliquat qui contient des granulations brunâtres [fig. 7). Le reliquat, bien visible dans les kystes examinés :'» l'état frais ou sur les coupes, après 96 ACADÉMIE DES SCIENCES. fixation au sublimé acétique, n'est pas visible sur les frottis fixés à i'alcool-éther (./'>• '"*, 9 et 10). Ainsi que nous l'avons fait remarquer déjà, à propos de Hœrnogregarina lacerlœ ( '), la formation des mérozoïtes dans les kystes de multiplication endogène des Reptiles ne paraît pas être soumise à des régies invariables et à côté des kystes à macro et à micromérozoïtes, il y a des formes intermé- diaires. Les kystes en voie de développement, montrant une division multiple du noyau, n'ont été observés que très rarement dans les viscères de Pituophis mcla/iolcttciis el \e nombre des karyosomes était toujours restreint. Faut-il admettre que les mérozoïtes déjà formés peuvent continuer à se diviser? Les observations que nous avons faites à ce sujet ne sont pas concluantes. Le sang du P. metanoleucus contenait, outre les liémogrégarines, des microfdaires en assez grand nombre. Il n'y avait pas de l'entastomes dans les poumons. L'iiémogrégarine que nous venons de décrire nous paraît constituer une espèce nouvelle que nous proposons de désigner sous le nom de H. pituophis. Des notes que nous avons recueillies sur les liémogrégarines de Zamenis constriclor et de Coltiber triaspis, nous reproduirons seulement ce qui est relatif aux kystes représentant le stade de nuilliplication endogène des liémogrégarines. Chez Zamenis conslrictor nous avons trouvé des kystes peu nombreux dans les frottis du foie et de la rate; ces kystes, de forme ovalaire, mesuraient i-'' à 24^^ de long; ils contenaient de 3 à 16 mérozoïtes. Chez Cohiber triaspis. des kystes assez nombreux existaient dans les pou- mons, dans la rate et dans les reins. Ces kystes, de forme ovalaire, mesu- raient 20'^ à 251* de long; ils contenaient des mérozoïtes en nombre très variable; nous avons compté : 4 mérozoïtes, une fois; 5, une fois; x6, neuf fois; plus de 20, une fois; 32, six fois; plus de 35, une fois; plus de 54, une fois. T^es mérozoïtes du kyste à 4 éléments mesuraient 1-2^ de long, ceux des kystes à éléments nombreux étaient notablement plus petits. Les kystes des liémogrégarines des Ophidiens présentent une résistance remarcpiable. Plus de 20 jours après la mort, on retrouve, dans le foie en pleine putréfaction, des kystes parfaitement conservés. Ceux-ci, en effet, sont munis d'une membrane d'enveloppe qui laisse bien diffuser les liquides, mais qui s'oppose au passage des bactéries et qui est diflicilement atta- (') \. I^AVERA.N el A. I'ettit. Comptes rendus. 21 décembre 1()ûS. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. 97 quable par les agents chimiques. Cette membrane résiste, au moins 24 heures, à l'acide chlorhydrique et à l'acide sulfurique en solution aqueuse à 5 pour 100, à l'acide acétique en solution aqueuse à 20 pour 100, à la soude et à la potasse en solution aqueuse concentrée; bien entendu, ces substances, qui diffusent à travers la membrane, altèrent les mérozoïtes. Les mélanges iodo-iodurés sont sans action sur la membrane d'enveloppe, mais l'eau de javelle la détruit en quelques minutes. CHIMIE MINÉRALE. — Sur les carbures neutres de rubidium et de cœsium. Note de M. de Forcr.4nd. Jusqu'ici ces composés ont été peu étudiés et nous n'avons guère à leur sujet que les quelques renseignements fournis par KirchhofT et Bunsen dans leur Mémoire classique ('), qui date de près d'un demi-siècle. Les trois métaux : potassium, rubidium et cii-siuni, sont tellement voisins qu'il y a intérêt à rechercher leurs caractères différentiels. C'est pourquoi j'ai repris l'étude de leurs carbonates neutres, spécialement au point de vue de leur hydratation. Les carbonates anhydres neutres de rubidium et de ctesium se dissolvent très rapidement dans l'eau avec une élévation de température notable. J'ai d'ailleurs publié déjà (-) leurs chaleurs de dissolution pour la température de + i5° : + 8'^»i,75o (■') el -t-ii'-»'.84o, nombres sensiblement plus élevés que celui que fournil le carbonate de potasse + 6*^"', 382. Les valeurs vont en augmentant régulièrement avec le poids atomique du métal; la différence de l'une à l'autre est sensiblement constante et égale à 2^"', 76. La concentration des dissolutions saturées croît également dans le même sens : ôi ,61 pour 100 de K^CO' à 69,01 pour 100 de Rb^CO" à 72,34 pour 100 de Cs'CO' à (M Aiin. de Cli. et de Phys., 3' série, t. LXIV, 1862, p. 269 el 293. (^) Comptes rendus, t. C\LVI, 1908, p. 5ii. {') J'avais obtenu ce nombre avec un carbonate retenant encore un peu d'eau; je propose de lui substituer la valeur : 4- 9''''', 07-, un peu supérieure, que m'a donnée un échantillon très pur provenant de la décomposition du bicarbonate bien cristallisé. i5", soit k^CO' +7 ,20 H-0, 30", soit Rb^CO'H-S ,76H'0, 20°, soit Cs=CO^-+-7^ ,59 H'-O. 9^ ACADÉMIE DES SCIENCES. Les chaleurs de dissolution, à + i î", de ces trois liqueurs saturées sont ])resque nulles ; sauf pour le second terme (Rh'CO^), (jui indique déjà, par ce fait, une allure spéciale et une affinité plus grande pour l'eau. Ces dissolutions, particulièrement les deux dernières (Rb- et Cs^ ), fixent un peu de gaz carbonique, lorscju'on les abandonne longtemps à l'air, et for- ment des composés particuliers sur lesquels je reviendrai. Si on les laisse sous cloche sèche, elles fournissent des crislauY volumi- neux d'hydrates (jui semblent être orlho ou clinorhoml)i(pies, mais dont la détermination exacte est difficile. Les carbonates de rubidium et de cœsium donnent ainsi, vers i5" ou 20" : Rb^CO^ -f 1 , 5 W O. Cs' CO' -^ 3 , 5 H-0 (' ). En réalité, l'analyse de ces composés, souvent eu gros cristaux, fournit toujours plus d'eau qu'il ne convient pour les formules précédentes; comme dans le cas du carbonate de potasse, une certaine quantité d'eaux mères est constamment retenue, et l'on trouve en fait de 1,6 à 1,9 H* O pour le pre- mier et de 3,6 à 4 H- O pour le carbonate de cœsium, même après avoir étalé les cristaux sur des plaques poreuses placées sous cloche sèche et alors que leur aspect est devenu celui d'un sel sec. Mais on peut s'assurer que leur formule correspond bien respectivement à i,5 et 3, :• H-0 par les moyens que j'ai indiqués à propos du carbonate de potasse ("). Ce premier résultat montre cjue le carbonate de rubidium se rapproche de celui du potassium par le degré d'hydratation (i,5H-0), tandis que le carbonate de c;esium s'éloigne des deux premiers (3,5 H- O). Ces formules donnent, toutes les trois, un nombre impair de demi-molé- cules d'eau, ce qui parait indiquer qu'elles devraient être au moins dou- blées : alNPCOM-SH^O pour K'' et lib% et aCs-CO^+jH^O. J'ai soumis ces deux hydrates de Rb-CO' et de Cs^CU' à l'action de la chaleur dans le but d'en suivre la déshydratation progressive, la vapeur d'eau étant chassée par im courant d'hydrogène ou d'air sec. ( ') M. Lebeau (.Inn. de Ch. et de Phys., 8"= série, t. \ 1, igoo, p. ^28) a signalé inci- demment une combinaison : 3 Cs-CO* -+- lotPO qnî est pent-êlre identique à celle-ci. ('-) Comptes leiuliix. l. CXLVMl, 1909, p. lySi. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. 99 J'ai constaté ainsi que ces hydrates se dissocient à peine au-dessous de 100°. A la température du bain-marie (gS" environ), l'eau combinée s'élimine lentement. Il faut 12 ou i5 heures pour arriver à une limite, ce qui indique déjà une chaleur de forma- tion voisine de -f- 4'"', 5 pa"" molécule d'eau fixée, et un point d'ébullilion d'à peu près -+- 200°. Cependant la limite n'est pas la même avec les deux carbonates hydratés. Rb^CO'-H i,5H2 0 perd seulement, dans ces conditions (98°), o™°',5 d'eau, et fournil un composé effleuré qui est le monohydrale Rb'-CO',H'0. Celui-ci ne perd de nouveau de l'eau qu'à une température plus élevée, vers i io°-i2o'', et avec une extrême lenteur; à 180° la déshydratation se continue bien plus rapidement. Toutefois de petites quantités d'eau résistent encore. Ces phénomènes semblent indiquer qu'il y aurait plusieurs hydrates entre le monohydrate et le sel anhydre, lesquels correspondraient à des degrés de condensation différents de la molécule, mais les arrêts sont peu nets, et je n'ai pas pu caractériser ces composés. Je ne retiendrai donc, comme intermédiaire entre Rb^CO' et Rb^C0'-Hi,51P0, que le monohydrate. Le carbonate de cœsium se comporte d'une manière différente; son hydrate à 3,5 H- O, chauft'é vers 98", fournit, quoique lentement, sans arrêt, le sel anhydre. Ainsi Rb^CO', qui se montre voisin de K*CO* par la formule de son hydrate normal (i,5H-0), s'en écarte parce qu'il donne un monohydrate par efflorescence. Au contraire Cs^ CO' diffère de K' CO' par l'état d'hydra- tation (3,5 H' O au lieu de i ,5), mais s'en rapproche par sa déshydratation complète à loo'^. Pour préciser davantage, j'ai mesuré les chaleurs de dissolution à -f- 15" : Rb=CO'-f- IIMJ -+- a'sSS Rb^CO'-t- i,'5H^0 —0,192 Cs^CO' H-3,5H-^0 -3,599 d'où l'on déduit Cal taxation de 0,5 H-0 liq. sur Rb^CO'jH^O. -h 2,273 soit pour H- liq. : -h4,53o Fixation de H- 9 liq. sur Rb^CO' -+- 6,994 Soit en tout -+- 9, 269 pour i, 5 H-0 fixés sur Rb'^CO^ l'ixation de 3,511-0 liq. sur Cs^CO'.... -Hi5,446 soit pour H'O liq. : +.\,^i3 et comme le passage de K-CO' à K'^CO' -f- 1,5 H-0 dégage -h 7,o36, lOO ACADEMIE DES SCIENCES. soit -f- 4^^') ^91 par molécule d'eau liquide, on peut dire que les trois hy- drates normaux (à i,5 H=0 pour K-CO' et Rb-CO', à 3,5 H=0 pour Cs*CO') ont une tendance presque égale à refflorescence ; les trois nombres forment la série 4,691, 4,'Jâo, 4.^'3, et les points d'ébullition seraient, en degrés centigrades : + 2o5°,4, -i-20o''.7, -1-196°, I, valeurs voisines et régulièrement décroissantes lorsque le poids atomique du métal augmente. Quant au monohydrate de Rb-CO% il est beaucoup plus stable (près de 7^*' pour H- O Hq-), et son point d'ébullition serait de -t- 282". On peut encore calculer, au moyen des nombres précédents, les résultats suivants : r.iii Passage du Rb^CO^ à sa dissolution saturée -t- S, rgS » Cs'CO' » +11,871 » Rb^CO^+iH^O » -^ i,'9i Rb'CO^-H i.ôH^O " —1,076 » Cs^CO^+S, 511=0 » —3,623 Ce qui montre que, seuls, les carbonates anhydres sont de puissants déshydratants, plus actifs même que le carbonate de potasse anhydre (+-6C'",4o2). Pour préciser, chaque molécule d'eau mise en présence des carbonates anhydres, de manière à former les dissolutions saturées, dégage, vers + 20" : 6 j02 '■"' Avec K'CO' -^^^— soit 0,889 Rb^GO' 8,193 5,76 11,871 ,422 » Csn:0» '.' » . , 564 7 '39 Ces deux derniers carbonates pourraient donc être substitués avantageu- sement à celui de potasse si leur prix élevé ne s'y opposait pas dans les cas ordinaires. M. A. Lacroix fait hommage à l'Académie d'un Ouvrage de M. Léon I>lESBUissoNS, intitulé : La vallée de Binn (Valais), dont il a écrit la Préface. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. loi PLIS CACHETÉS. M. GuYNOT DE BoisMENU demande l'ouverture de deux plis cachetés re- latifs à la synthèse du diamant, déposés par lui, le premier le 27 avril 1908, sous le n" 7332, le second le 4 janvier 1909, sous le n* 7429. Ces deux plis sont ouverts en séance par M. le Président, et les pièces qu'ils contiennent sont renvoyées à Tcxamen de MM. A. Lacroix, Maquenne et Le Cliatelier. D'après cet examen, l'Académie, constatant que parmi ces pièces se trouve un brevet d'invention pris à Paris le i\ août 1907, décide qu'il n'y a pas lieu de donner d'autre suite à cette Communication. M. Alexandre Sée demande l'ouverture d'un pli cacheté reçu le 29 sep- tembre 1908 et inscrit sous le n° 7387, dans la séance du 5 octobre. Ce pli, ouvert en séance par M. le Président, contient une JNote intitulée : Le Mécanisme du vol à voile des oiseaux. (Renvoi à la (Commission d'Aéronautique). CORRESPOND AIVCE. ÎNL A. Perot adresse un Rapport sur les travaux accomplis et les résul- tats obtenus grâce à la subvention qui lui a été accordée par l'Académie, sur le fonds Bonaparte, en 1908. M. E. (ioxxEssiAT adresse un Rapport sur l'emploi qu'il a fait de la sub- vention qui lui a été accordée par l'Académie, sur le fonds Bonaparte, en 1908. MM. Alphonse Berget, Ch. 1*êrez adressent des remerciments pour la subvention que l'Académie leur a accordée sur le fonds Bonaparte, en 19097 M^L A. Boulanger, Jeance et Victor Colin, le comte de Sparre adres- sent des remerciments pour les distinctions ([ue l'Académie a accordées à leurs travaux. C. R., lijof,, 3» Semestre. (T. CXLIX, N° 2..) '4 I02 ACADÉMIE DES SCIENCES. M. le Secuétaike perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : j ° Savants du jour: Henri Poincarë . liiographie, hibliegraphie analytique des écrits^ par Ernest Lebon. 2" [nilialion à la Mécanique, par M. Cii.-Kn. (îliixaume. (Présente par M. P. Appel I.) 3° La Maladie du Sommeil au Congo français, par MM. G. Martin, Lerikui et RouBAUD. (Présenté par M. E. Roux, au nom de M. Le Myre de Yilers, Président de la Société de Géographie, qui a organisé la Mission française d'études pour la maladie du sommeil. ) ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les suites de fonctions mesurables. Note de M. Henri Lebesgue, présentée par M. Emile Picard. Dans une Note récente [Comptes rendus. 17 mai 1909), M. V. Kiesz ra[)- pelle une proposition que j'ai énoncée ainsi (^Leçons sur les séries trigono- métriques, p. 9 et 10) : « Si une série de fonctions mesurables converge eu tous les points d'un intervalle, les points de col iulervalle pour lesquels l'un des restes, à partir du n"""°, n'est pas inférieur à £ >> 0, en valeur absolue, est de mesure aussi petite que l'on veut, à condition de prendre n assez grand. » M. Riesz ajoute : « La démonstration de ce fait, donnée par M. Lebesgue, n'est pas tout à fait correcte, mais elle peut être aisément corrigée. » Je dois à l'obligeance de M. Riesz de pouvoir compléter cette indication. La proposition énoncée résultait du raisonnement que je vais citer, dans lequel/,, /.,, ... désignent des fonctions mesurables qui tendent vers uiie limite/', pour les points d'un ensemble mesurable E. « Soient e^ l'ensemble mesurable des points en lesquels on a |y',, — _/'|(-) et ?( = ), non analytiques, qui carac- térisent complètement la fonction analytique uniforme/(c). Ces fonctions jouent donc, en un certain sens, pour /(s), le même rôle que la /o/?c/?on caractéristique G I ^ — j pour une fonction ayant un point singulier essentiel isolé z = a, G étant une fonction entière. Io4 ACADÉMIE DES SCIENCES. Je définis d'abord la fonction $. Pour cela j'introduis les notations suivantes : par les lettres a et ^ je désigne les affixes des points A et B, supposés singuliers pour /(s); par 'Ç je désigne tout point situé sur AB, et par ^ les points -extérieurs à AB; enfin je désignerai par u les points du plan complexe lorsqu'il n'y aura pas lieu de distinguer si ces points sont des t ou des z. Cela posé, du point A comme centre je décris un cercle C passant par un point (^ de AB et je forme l'intégrale {i:)=ff(n)du. La fonction f{u) étant bornée, l'intégrale a certainement un sens. 11 est vrai que /(w^ n'est pas définie au point ;< ^ "(, mais cela n'a aucune influence sur la valeur de l'intégrale. La fonction $(C) se trouve ainsi définie pour tout point 'C du segment AB. En particulier, au point a, on a $(«) =0. Il est aisé de montrer que $('C) est une fonction continue de '(. Dans un intervalle ("Ç, C) où la fonction /(-) n'a pas de points singuliers, $ reste constante. Mais on peut démontrer une autre propriété importante de la fonction $(Ç) : Deux fonctions analytiques ( remplissant les conditions précisées au début de cette Noie) qui ont mêmes points singuliers et donnent naissance à la même fonction $ coïncident identiquement. En d'autres termes, si $ est identiquement nul, il en est de même de /(s). J'indique la marche de la démonstration : On part de la formule de Cauchy le contour fermé G enveloppant le segment AB et le point s étant extérieur à G. Pour évaluer l'intégrale du second membre on applique le procédé bien connu de M. Goursat (voir aussi ma Thèse, Chapitre I de la première Partie) basé sur la division du domaine (G) en régions élémentaires. Mais le contour G a pu être pris aussi près qu'on veut de AB; donc l'aire du domaine (G) est aussi petite qu'on veut, et à la fin on montre que si $(r) est identiquement nul, il en est de même de /('■)• SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. Io5 Donc la fonction $('C) caractérise /(=). Mais on peut aller plus loin. Soit s la distance du point '( au point a ; on voit que *(Ç) = ioivd Maillet, présentée par M. Jordan. J'ai étudié antérieurement les systèmes de n réservoirs S,, . .., S„ pou- vant communiquer deux à deux, en envisageant surtout les réservoirs de liquide dont la surface est libre et dont les dispositifs de communication ne sont pas noyés. Plus généralement, quand on veut étudier le mouvement de «réservoirs (d'eau avec surface libre, de gaz, de cbaleur ), communi- quant deux à deux, l'état de S, étant caractérisé par une quantité s,- (cote du niveau supérieur de l'eau, pression, température), on est conduit à un Io6 ACADÉMIE DES SCIENCES. système (') (I) -^ =:S,{^,)^ = O„,-t-O,, + --.+ 9'.'-^-«'(0 {/ = 1.2 n), où S/(s,) est une fonction positive de ;,, a,(/) le débit d'alimentation du réservoir S,, — Ço, le débit externe de S,, 9,-, = o ; Oj, = OjA '/, ~-i) — — ?o est ou bien identiquement nul si S, et Sy ne communiquent pas, ou bien une fonction habituellement continue, croissante de :;y, décroissante de ::,, finie avec :;, et zj, qui représente le débit positif ou négatif de S^ vers S,; on a (L/fi = + ce pour :-j = -f- ce, o^, et Oy,- = — =0 pour s, = -h -jz. On admet que les dispositifs de communication et les exutoires des n réservoirs per- mettent, si on les suit dans un ordre convenable, de passer d'un quelconque de ces réservoirs à un autre quelconque et de sortir^u système. On peut démontrer sur ces systèmes d'équations différentielles (i) et d'autres un peu plus généraux, si la capacité n',, fonction de ;,, augmente indéfiniment avec ;,. cette propriété : I. Quand les râleurs des a, restent limitées supérieurement, les z^ restent limités. Elle a lieu en particulier pour un svslème de n réservoirs de gaz maintenus à la température extérieure et qui communiquent par des orilicesoù récoulement est adia- balique ('). On peut aussi envisager /( réservoirs, les uns de liquide à surface libre, les autres, fermés, de liquide et de gaz à la température extérieure. La même propriété subsiste quand ceitaines fonctions cp,y sont bivalentes et discontinues (mais finies avec z, et Zj) dans un domaine limité, comme il peut arriver eu Hydraulique des liquides si certains dispositifs de communication sont des siphons, ou peut-être dans d'autres cas (expériences de M. Bazin). Enfin, les équations (i) s'appliquent encore lorsque les dispositifs de communication sont branchés ou maillés, à la façon de ce qui arrive dans les distributions d'eau, cas que j'avais écarté jusqu'ici : on suppose à chaque nœud un réservoir fictif S, pour lequel S,(3,)=:o, s, étant la rjuanlité caractéristique (charge, pression, tempéra- ture) de l'état du nœud; l'ensemble des réservoirs réels ou fictifs étant alors désigné par S, S„, j'ai pu étendre en outre la propriété I à des catégories assez générales de pareils systèmes. Quand S,, .... S„ sont des réservoirs dont quelques-uns peuvent être fictifs, je me suis occupé du régime permanent etdes régimes voisins, dans les domaines où o,y et Ou/ sont continus. Soit un régime permanent ou ;, := ï, =: const., f/, ^ a° =■ const., (') (>omme précédemment, je suppose négligeable la longueur des dispositifs de communication. (-) Voir Boi'SSiNnsQ, Journ. de J/atli. (Jordan), igo.'i, p. 80. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. IO7 !^,-^^;., et pour ;, zz; ^,, si o/,,, o^/ ne sont pas identiquement nuls dans le do- maine, B/,,= -T^;o («7^/0, ~^9 22 •7'9 D'une manière générale, on peut dire que les verres biconvexes (bicon- caves) qu'on prescrit habituellement ne présentent aucun avantage et devraient disparaître. Les verres à une surface plane sont meilleurs, sur- tout les verres concaves; on voit en effet sur la Table que les numéros forts de la série anastigmate concave A ne s'écartent pas beaucoup de la forme plan-concave. Les verres orthoscopiques sont les meilleurs ; ils se recom- mandent surtout pour les numéros convexes forts, spécialement pour les verres de cataracte. ÉLECTRICITÉ. — Réactions c/iiniiques et ionisation. Note de M. G. Reboul, présentée par M. Lippmann. -•Dans l'hypothèse de la constitution électronique de l'atome, il paraît vrai- semblable que le changement d'équilibre moléculaire, qui accompagne SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. III toule réaction chimique, doil provoquer une libération de centres élec- triques : c'est ce que j'ai essayé de démontrer expérimentalemenl. L'expérience est disposée de manière à étudier la réaction chimique au momenl même de sa production. Un condensateur plan est disposé à l'intérieur d'une cloclie à vide; il est protégé électrostatiquement par un écran en toile métallique. L'armature supérieure est reliée à un électroniétre, l'aimature inférieure est formée (l'une capsule de platine qu'entoure un disque annulaire. Celle capsule cylindrique porte en son centre un petit tube de platine par lequel elle est soudée a un tube de verre vertical relié à un récipient à robinet. Electromètre Trompe^ Manoruètpe Un rodage sur le tube permet d'enlever facilement la capsule et de remplacer les corps réagissant après chaque mesure. L'appareil se prête à l'étude de n'importe quelle réaction entre solides, liquides ou gaz. Par exemple, on place sur la capsule l'un des corps intervenant, et dans le récipient le liquide réagissant; on produit dans l'appareil un vide relatif; un simple jeu de robi- net permet de produire la réaction. La sensibilité de la métliode peut varier pour ainsi dire à l'infini : quand les charges produites sont fortes, on place sur l'cleetromètre un condensateur de capacité variable de nianière à pouvoir mesurer l'intégralité des charges produites par la réaction; quand les charges sont faibles, on se place, en réduisant la pression dans l'appareil, dans des conditions telles que les ions produits puissent, par colUsions sur les molécules du gaz, libérer de nouveaux centres. >,.:,..:;•:•,.'•!. ' ■ ■ • Les réactions étudiées peuvent se diviser en quatre groupes suivant la manière dont elles font intervenir le milieu gazeux environnant. 112 ACADEMIE DES SCIENCES. 1. Réactions sans déi^agement gazeux dans le milieu environnant. — Exemples : Neutralisation des bases par les acides. Action de l'acide sulfurique sur l'eau. Doubles décompositions avec formation de précipités. — Ces réactions, quoique parfois très vives et produisant un dégagement de chaleur considérable, ne provoquent aucune ioni- sation du gaz environnant, pourvu qu'elles aient lieu sans efTervescence ou dégagement gazeux. 2. Réactions avec dégagement gazeux ou effervescence. — Exemples : Doubles décompositions avec dégagement de gaz. Acides sur métaux. Eau sur anhydrides. Eau sur bases anhydres. Décompositions ( amalgame d'ammonium). — H y a toujours émis- sion de charges des deux signes quelquefois symétriques ou avec prépondérance néga- tive; en général il 3' a prépondérance de charges positives. Ces résultats concordent avec ceux déjà énoncés par MM. de Broglie et Brizard ('). Sans être aussi affirmalifs que ces physiciens sur l'inefficacité dans ces cas de l'action chimique, je crois comme eux que l'action prépon- dérante est due au barbotage : quelques bulles dégagées produisent une ioni- sation beaucoup plus intense que les réactions les plus vives. 3. Réactions faisant intervenir le milieu environnant. — Exemple : A l'air humide, phénomènes d'oxydation (oxydation de l'aluminium amalgamé, du potassium et du sodium fraîchement coupés). Dans l'hydrogène sulfuré, phénomènes de sulfuration (avec l'argent ou métaux alcalins). Dans le gaz carbonique, phénomènes de carbonata- tion (avec la potasse calcinée). Dans les vapeurs nitreuses (action sur le cuivre). Il y a production de charges des deux signes avec, en général, prépondérance des charges négatives. Dans toutes ces réactions le phénomène apparaît comme superficiel et présente toujours une fatigue qui s'exagère avec l'attaque de la surface. k. Réactions purement gazeuses. — Exemple : Vapeurs d'acide chlorhydrique et gaz ammoniac donnant des fumées de chlorure d'ammonium avec conductibilité très notable du milieu où se produit la réaction. Avec l'acide azotique fumant la conduc- tibilité est très faible. Hydrogène sulfuré et vapeurs d'acide azotique fumant donnent en réagissant une faible conductibilité qui devient très notable si les proportions sont telles qu'il y ait apparition des vapeurs nitreuses. Hydrogène sulfuré sur bioxyde d'azote. Bioxyde d'azote donnant avec l'oxygène des vapeurs nitreuses. Il y a production de charges des deux signes quelquefois très notables, quelquefois très faibles suivant, semble-t-il, les proportions des corps réagissants. Quoique je n'aie étudié qu'un nombre de réactions relativement faible par rapport à celui que je me propose de faire, je crois qu'on peut s'at- tendre à une généralisa lion : dans tout milieu oii se produit unbouleversemenl moléculaire il y aurait conductibilité électrique, plus ou moins grande suivant des conditions qu'il reste à préciser, probablement suivant la vitesse de la réaction ou l'instabilité de l'équilibre moléculaire. ( ' ) De Bhoglie et Brizart, Comptes rendus, juin 1909. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. Il3 Il est naturel de rattacher à cette instabilité moléculaire l'ionisation produite par barbotage et d'une façon plus générale les cas d'ionisation fai- sant intervenir la surface de séparation de deux milieux, car si l'on cherche à se représenter les couches de passage d'un milieu à un autre, on est amené à admettre ( ' ) l'existence, à leur surface de séparation, d'un composé chimique très mal défini et éminemment instable dont l'entraînement ou la décomposition par les gaz qui barbotent, et d'une façon plus générale dont les variations expliqueraient l'ionisation intense que l'expérience indique. M. A. Gautier, à l'occasion de la Note de M. Rehoul. fait la remarque suivante : « J'ai été témoin à la solfatare de Naples, d'un phénomène qui se rattache un peu à la Note de M. Reboul et à ma propre Communication d'aujour- d'hui. Du cirque de la solfatare, qui est le très vaste cratère d'un volcan préhistorique éteint, s'élèvent, en général, par beau temps, de ci de là, de très minces filets de vapeur. Or si, à un moment, on allume un journal, un peu de paille, en un point de cet immense cirque, aussitôt et de partout les vapeurs s'élèvent abondamment. L'honorable professeur, M. Vincenzo Gauthier, qui m'accompagnait pense que cette apparition de vapeur est due aux ions dégagés par la flamme qui viennent condenser la vapeur d'eau qui s'élevait invisiblement jusque-là, mais qui, trouvant un centre d'attrac- tion dans les ions, devient alors visible. » Je pense que M. Lippmann n'est pas contraire à cette explication d'un fait resté jusqu'ici inexpliqué. » RADIOACTIVITÉ. — Sur une nouvelle méthode de séparation de l'uramum X et sur tactivitè relative de ce corps. Note de M. B. Szilard, présentée par M. G. Lippmann. Au cours d'une série d'essais (^) effectués au laboratoire de M""^ Curie, j'ai trouvé que si l'on précipite du sulfate de baryum dans des solutions de substances radioactives, la présence du fer favorise la séparation de certains (') G. Reboul, Ann, de Chirn. et de l'Iiys., 8= série, t. XIV, 1908, p. 433. (^) Le Radium, 1909, p. 80. Ïl4 . ACADÉMIE DES SCIENCES. produits actifs; ])lus lard j'ai constaté que le sulfate de baryum précipité par des réactifs soigneusement débarrassés de traces de fer dans une solution ne contenant ni uranium ni fer, entraine très peu d'uranium X, et qu'il en entraîne davantage en présence de l'uranium, et encore plus lorsque le fer est également présent. De plus j'ai reniarcpié que la précipitation en fer, surtout à l'état d'bydrate, dans la solution de substances radioactives, entraîne certaines d'elles (polo- niuni, radium, etc.). VIM. Moore et Scbiundt (' ) avaient déjà constaté ijue si l'on sépare l'uranium \ de l'uranium par l'emploi de l'acétone, l'addition d'bydrate de fer augmente le rendement. Partant de ces faits j'ai cherché à établir une nouvelle méthode de séparation de l'uranium X. J'ai cherché à réaliser la précipitation de l'hydrate de fer au sein de la solution d'urane et j'ai constaté que le rendement est le plus avantageux si l'on décompose par la chaleur une solution d'acétate de fer et d'acétate d'uranyle. Le précipité ainsi oblenii renferme la majeure partie de l'uranium X de la solution uranique; cependant le rendement dépend de l'acidité de la liqueur. Lorsque la solution est très peu acide (acide acétique), le rendement en uranium X est meilleur, mais le précipité renferme également de l'uranium; au contraire si la solution est trop acide, le précipité ne contiendra qu'excessivement peu d'urane, mais en même temps il sera moins riclie en uranium X. On peut opérer de la manière suivante : On dissout 5os d'acétate d'uranjle dans i litre d'eau distillée tiède, on ajoute ensuite une solution composée d'acétate ferrique, d'acétate d'ammoniaque et d'acide acé- tique. (Au lieu de l'acétate on peut employer aussi l'azotate, mais en ce cas il faut une plus grande quantité du fer pour arriver au même rendement et il est utile de mélanger à la solution un peu de carbonate d'ammoniaque.) On chautl'e la liqueur et on la maintient pendant quelques minutes à l'ébuUition; on commence aussitôt la fîltration, qui doit être entièrement effectuée avec le liquide chaud. Le précipité est soigneusement lavé à l'eau chaude puis avec une solution de carbonate d'ammonium. On peut concentrer l'uranium X, redissolvant le précipité dans Tacide acétique et en le reprécipitant partiellement par le même procédé. Une meilleure méthode de concentration consiste à dissoudre le précipité dans l'acide chlorhydrique et ensuite à agiter cette solution avec une grande quantité d'éther exempt d'alcool ; l'éther dissout la majeure partie du fer (') Le Jiadiunij 1906, p. '6'6i. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. Il5 dont la quantité dissoute dans quelques gouLlelettes d'eau peut être réduite au minimum, en répétant l'extraction par de l'éther. La majeure partie de Turanium X restera toujours dans l'eau. Le rendement est supérieur à celui obtenu avec les autres méthodes actuellement connues; cependant il n'est point totni. En tous cas, avec une seule opération il est facile d'obtenir par gramme d'uranium un produit donnant dans un condensateur cy- lindrique un courant d'ionisation égal à celui donné par os,o3 d'urane en équilibre. Les dimensions du condensateur sont : liauteur. 25'"'; rayon, j"" ; rayon du plateau portant la substance, 3'"'". J'ai essayé de me servir de cette méthode pour déterminer le rapport entre le pouvoir ionisant de l'uranium X et celui de l'uranium lorsque ces deux substances sont en équilibre radioactif. Théori(|uement, en répétant les précipitations à des intervalles quotidiens, la préci- pitation de l'uranium X peut être considérée comme complète, si l'activité du dernier précipité est environ 2,5 |5our 100 de l'activité totale de produits précédemment ob- tenus. Pratiquement, ne répétant 12 fois les précipitations, l'activité de chacune des quatre dernières fractions est enviion la même et égale à 4 pour 100 de l'activité totale des produits. Les dernières traces d'uranium X sont évidemment très difliciles à séparer de l'uranium, phénomène qui avait déjà été reconnu par M. H. Becquerel. Le nombre qu'on peut obtenir alors n'est donc qu'approximatif. En tenant compte des traces d'uranium entraîné ( ' ) dans les précipités, on trouve, comme valeur moyenne de deux séries de mesures, que le courant d'ionisation produit par l'uraniutn X en équilibre radioactif avec i^ d'ura- nium est égal à celui produit par 0*^,237 d'uranium en équilibre radioactif. Pour tenir compte du rayonnement qui n'était pas utilisé dans le condensa- teur employé, je me suis basé sur la connaissance approximative de la loi d'absorption des rayons dans l'air. Si l'on suppose que le nombre des atomes décomposés par gramme d'ura- nium et par seconde est environ la deux-millionième partie du même nombre pour le radium, on trouve que i^ d'uranium en équilibre radioactif con- tient environ 2.10^" gramme d'uranium X dont l'activité totale est égale à celle de 08,237 d'uranium en équilibre. L'uranium X, à l'étal de pureté, serait alors 10 milliards de fois plus actif que l'uranium en équilibre radioactif. (') La teneur en uranium est déterniinéi; |)ar un dosage. Il6 ACADÉMIE DES SCIENCES, RADIOACTIVITÉ . — Action chimique su?- l'eau des rayons pénétrants du radium. iVote de M. Miroslaw Ker\baum, présentée par M. J. Lippmann. Dans la première Note sur la même question que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie dans la séance du i5 mars 1909 (' ), j'ai conclu que les rayons pénétrants du radium, en agissant à travers le verre sur l'eau distillée, forment de l'eau oxygénée et dégagent simultanément de l'hydro- gène. Dans cet essai préliminaire je n'avais constaté la présence de l'eau oxygénée que qualitativement, par la réaction de l'iodure de potassium amidonné. Dans les expériences que je viens de Unir je suis arrivé à doser (par une solution de permanganate de potasse très diluée) la quantité de l'eau oxy- génée avec une faute possible de 10 pour 100. Elle était dissoute dans les So""' de l'eau distillée qui a subi l'action des rayons pendant 4i jours. J'ai acquis en même temps la conviction que les traces d'oxygène, mélangées aux 200'°'"' d'hydrogène recueillis dans la première expérience, provenaient de l'air atmosphérique. Cette fois l'évacuation de l'appareil était plus par- faite et aucune trace (J'oxygène n'a pu être observée dans les limites données par la sensibilité de la méthode. Je crois donc pouvoir admettre que la réaction a lieu d'après la formule avec un apport extérieur d'énergie par les rayons du radium. En se basant sur les équations thermochimiques connues, j'ai calculé que cette quantité d'énergie mesurée comme énergie calorifique serait environ o^^Viô pour les 165°"°' de l'hydrogène développés pendant /(i jours ou o'^'''',oi6 par 4"°'' développés en moyenne dans une journée. La préparation de chlorure de radium presque pur, qui m'a été obligeamment prêtée par M™'' Curie pour ces recherches, pèse environ os, i . En considérant que la quantité de chaleur dégagée par is de radium en équilibre serait de 2880"' par jour, le rapport de l'énergie chimique utilisée dans la réaction à l'énergie totale de radium employé serait donc : 0,0162 : 288 = 1 : i-Soo. Dans une autre expérience où le verre, à travers lequel les rayons pénétraient dans l'eau, était plus mince et par conséquent la fraction de rayonnement absorbée dans le (') Comptes rendus, t. CLVIIl, p. -oS. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. H^ verre plus faible, ce même calcul donne une utilisation plus grande d'énergie; !e rap- port serait dans ce cas de 1:1 1600. M. Debierne, qui a été le premier à constater une action sur l'eau des rayons du radium sans qu'il y ait contact entre ce dernier ou son émanation et l'ea u ( •), a calculé qu'on utilise dans ce phénomène environ i : 10 000 de 1 énergie totale. Il est probable que l'effet déciùt est dû entièrement à l'action des rayons [i et que les rayons y n'y interviennent pas (ou peut-être d'une façon inap- préciable, en produisant des rayons ^ secondaires). J'ai en effet exécuté une expérience parallèle pour étudier rinfluence des rayons lîôntgen sur l'eau. I.e dispositif de cette expérience était analogue à celui qui a servi pour les essais sur les rayons |ii. Les rayons X agissaient sur l'eau contenue dans un ballon sphérique du verre très mince de o',3 de volume. [Is étaient produits par une ampoule Rôntgen, placée contre le ballon et munie d'un osmo-régulateur et d'une soupape de Yillard. La tension du primaire était de 16 à ii volts; une forte bobine d'induction servait de transformateur. L'eau était exposée à l'action des rayons \ pendant 100 heures, mais aucun dégage- ment gazeux n'a pu être observé, quoique la sensibilité de la méthode manométrique eût permis d'évaluer un développement de 5"""' d"hydrogène ou de mélange tonnant (sous la pression atmosphérique). De plus, aucune trace d'eau oxygénée n'a été déceléL- dans l'eau retirée de l'appareil. Je suis loin de soutenir ([u'unc action des rayons Ilôntgen sur l'eau, surtout par production des rayons secondaires, serait absolument impossible ; cependant le résultat obtenu est favorable à la supposition que dans les expériences avec le radium les rayons [5 sont les rayons agissants. On a remarqué la production des petites quantités de pero:iyde d'hydro- gène par simple contact de l'eau avec plusieurs métaux lourds, en particulier avec ceu\ qui sont sensibles à l'effet Ilertz-Hallwachs sous l'action des ravons ultra-violets. On sait aussi que l'électrolyse de l'eau est souvent accompagnée d'une faible formation de peroxyde d'hydrogène. Mais il me semble que c'est pour la première fois qu'on observe à partir de l'eau la production simul- tanée d'eau oxygénée et d'hydrogène comme seuls produits de la réaction. C'est donc un mode anormal de décomposition de l'eau. On pourrait cependant imaginer que ce mode de décomposition ne con- stitue pas la réaction primaire. (') Comptes rendus, t. CLVIIl, p. 704. C. R., 1909, ^- Semestre. (T. CXLIX, N- 2.) I^j IlS ACADÉMIE DES SCIENCES. ÉLECTRICITÉ. — De la diffusion des ions à travers les métaux. Note de M. Geobues Moreau, présentée par M. K. Bouty. A la température ordinaire les lames mélalliques arrêtent les ions des gaz : la mesure des courants d'ionisation repose sur cette propriété. II n'en est plus de nirme lorsque la masse de l'ion devient assez petite et sa vitesse suffisamment grande (corpuscules catliodi([ues ), ou lorsque la température de la lame est élevée. L'expérience suivante prouve qu'une lame de métal chauffée peut être facilement traversée par les ions négatifs produits dans une flamme. Deux llainines V el / Ijrùlenl verticalemeiil au contact d'une lame métallique M. Dans la flamme F, un champ électrique horizontal \ transporte les ions négatifs de la lame M vers une électrode de platine P. Le courant correspondant est mesuré par uji ijahanomètre. Quand on introduit une perle de sel de sodium dans l'autre flamme f. le courant augmente notablement de I,. Si le champ X est renversé, l'augmentation L du courant est très faible. Exemples. X =: 123 volts : cm. Laine .M l'l:iUne. Mckol. Lailon. l^er. Kpaisseur en mm. 0,1 0,2 i 1, agj 3i3 226 U 7 23 4 Les courants sont évalués en millimètres de l'échelle du galvanomètre. Le courant I, est dû aux ions négatifs de la vapeur saline qui, plus petits que les ions positifs, traversent plus facilement que ces derniers les pores de la lame M. Celle-ci joue le rôle d'une paroi semi-perméable vis-à-vis des ions. Celle filtralion des ions négatifs peut être comparée à la diffusion d'un gaz à travers une paroi poreuse. Sur chaque face de la lame, il arrive par seconde et par centimètre carré, en vertu de l'agitation moléculaire, un nombre d'ions proportionnel à la concentration des ions dans le milieu adjacent el à la vitesse moyenne d'agitation d'un ion; une fraction de ces ions traverse les pores de la lame, tandis qu'une autre partie est arrêtée. Si I\ et n sont les densités en volume des ions dans les flammes / et F, a(!N _ /i) ions négatifs pénètrent par seconde dans la flamme F oii ils sont entrailles par le champ X. Si le champ est suffisamment élevé pour qu'il n'y 1,0 0,'2 188 i48 6 2 SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 119 ait pas lieu de tenir compte de l'entraînement des ions par la flamme, ou a I — a(N — /0 = «K\, où K égale la mobilité d'un ion négatif dans l-", grandeur connue égale à i 170'=" (' ). De ces deu\ équations, on lire (0 r = B + A\, où ^=T' ^=^^' ^-\K' ^-^' avec V= dilFérence de potentiel entre les lames P et M distantes de d. L'équation (1) est complètement vérifiée par les observations. Exemples .- 1° I>ame de nickel, épaisseur = o""", 45; d ^= 3 mm V en volts i9() 140 iio 78 59 4g i ^37 198 180 109 Ti4 87 ^■ 0,82 0,70 0,61 o,56 o,5i 0,46 2» Lame de laiton, épaisseur =r 4""" ; d -. IIIUI \ en volts i5o 100 78 .58 32 I ^4 23 2 1 17 i3 ) 6,25 4,'ô 3,71 3,4i 2,46 Les valeurs de y varient linéairement avec \ et, de la construction de la droite que représente l'équation (i), on tire -r-' c'est-A-dire a. On trouve ainsi que, pour une lame donnée, a est une grandeur indépen- dante du champ X, c'est-à-dire que la vitesse de diffusion est proportion- nelle à la diflérence des pressions des ions de part et d'autre de la lame. Celle-ci se comporte donc comme une cloison ]>oreuse séparant deux atmo- sphères du même gaz à des pressions dillérenlcs. La vitesse x varie avec la nature de la lame, son épaisseur et sa température. Voici (') MoREAU, Comptes rendus, 8 février 1909. I20 ACADEMIE DES SCIENCES. les nombres observés avec difierentes lames : lipaisseiir TenipcraUiie en mm. ccnligiade. st cm : scr. 0 Platine o,i 860 4> 9- 'o^ Nickel reciiil o,45 7^0 6, 2.10^ Cobalt 0,5 710 I, 4- 10^ j I , 6 64 o 2,6.10° ( .S , 2 620 I , G . I o'* Laiton 4 5'0 0,93.10'' Si la lame métallique n'arrêtait aucun des ions qui la traversent, un calcul simple montre que « serait égale au quart de la vitesse d'agitation des ions dans les flammes, soit 6,3.10' environ ('), d'où il suit que les lames de platine et de nickel sont parti- culièrement poreuses pour les ions négatifs. La vitesse « diminue rapidement avec la température : j'ai pu, cependant, constater une diflTusion encore sensible à 270° à travers une plaque de laiton de 4"" d'épaisseur. PHYSIQUE. — Action des rayons a. sur tes diélectriques solides. INote de M. TcHESLAS Bialobjeski, présentée par M. Villa rd. On sait que les rayons pénétrants des corps radioactifs augmentent la conductibilité des diélectriques solides et liquides aussi bien que celle des gaz. J'ai pu constater que les rayons a, émis par le poloniuni, produisaient un effet spécial sur ces diélectriques. Dans cette Note je décris les expé- riences effectuées sur le soufre à l'état solide. La paraffine présente des phé- nomènes analogues. L'appareil, dont je me suis servi, est un condensateur plan, entre les armatures du- quel est placée la substance étudiée. Le dépôt actif de polonium se trouve sur une plaque d'argent de 3"^"" de diamètre, recouvrant exactement un trou pratiqué dans un disque d'aluminium. Ce disque, relié à une batterie de petits accumulateurs, cons- titue l'armature supérieure du condensateur. L'armature inférieure, en communica- tion avec un électromètre, est entourée d'un anneau de garde. J'ai fait des expériences avec deux plaques de soufre bien dressées, dont l'une est de i'"", 7 d'épaisseur et l'autre de i5""",4. Si l'on fait agir le champ électrique en présence du polonium, on observe le fait principal suivant : le courant dû au rayonnement a, très fort au début (') MOREAII, /oc. cit. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. 121 eu comparaison du courant spontané, se réduit rapidement à zéro. Le rayon- nement pénétrant produit au contraire dans le soufre un courant qui s'af- taiblit avec une extrême lenteur. Pour trouver les lois qui régissent ce phé- nomène, j'ai mesuré la quantité totale d'électricité, recueillie pendant toute la durée du courant, en associant une capacité convenable à Télectromètre. ]^es mesures, effectuées avec la plaque mince de soufre, ont donné les résul- tats suivants : la durée du courant d'ionisation est rigoureusement i)ropor- tionnelle à la différence de potentiel à partir de 36o volts environ. J'ajoute que la disparition du courant se produit brusquement d'une façon très nette. Une proportionnalité existe aussi entre la quantité d'électricité recueillie et la force électroniolrice. Jusqu'à 90 volts la durée du courant reste au con- traire constante et la quantité d'électricité croît plus rapidement que la force éleciromotrice. Entre 90 volts et 36o volts s'établit une transition entre ces deux régimes. Le Tableau suivant présente quelques-unes des données expérimentales : Quantité d'électricité Potentiel Durée du courant recueillie en volts. en secondes. en unités électrostatiques. 22 I', 4 3o 45 1 1 ,4 i85 90 > 1 > 4 540 180 16 I i5o 36o 22 2 300 720 43 4600 1080 64 7100 ■ 440 80 gSoo Avec le soufre épais on observe jusqu à 900 volts la période initiale, et lo courant dure pendant 11 secondes environ. Des résultats intéressants ont été obtenus en inter- posant des feuilles d'aluminium entre la surface du soufre et le polonium. Dans ces con- ditions, la durée du courant s'allonge considérablement. Pour la différence de poten- tiel de 63o volts, la durée du courant sous l'action directe du polonium était de 38 secondes; si Ion interpose des feuilles d'aluminium auxquelles on donne successive- ment pour épaisseur 0""°, 00 f, o^^jOi et 0°"",o2, on trouve pour les durées corres- pondantes du courant 3 minutes 4o secondes, 11 minutes et 72 minutes. La quantité d'électricité recueillie diminue, mais relativement peu. Ces résultats peuvent conduire, je crois, à une nouvelle méthode pour la mesure de l'absorption des rayons « par la matière. Si l'on réunit au sol les armatures du condensateur, après que le courant produit parle polonium sest réduit à zéro, on observe un courant en sens inverse, qui restitue la quantité d'électricité recueillie auparavant par le système. 122 ACADÉMIE DES SCIENCES. î.es phénomènes décrits peuvent être interprétés au moyen de Thypo- tlièse snivîinle suggérée par M. Langevin. Les rayons a du polonium pénè- trent dans une couciie très mince du diélectrique ; ils y produisent une ioni- sation intense. Sous Faction du cliamp, lésions de deux signes se meuvent en sens contiairc. Tout se passera à la lin comme si la charge du plateau supérieur était transportée de la surface couverte par le polonium sur la sur- t'ace inférieure de la couche, et le courant cesse à ce moment. Pour expli- quer le fait ([u'aux potentiels élevés la durée du courant est proportionnelle à la force électromotrice, on peut compléter cette hypothèse, en supposant qu'on a alors le courant de saturation. Soit (t l'épaisseur du diélectric[uc, i l'épaisseur de la couche ionisée par les rayons a, y la quantité d'électricité recueillie, (^ la charge communiquée par la batterie et rapportée à la surface du trou ; un calcul simple donne ,=^„. J'ai Irouvé ainsi pour t la valeur i'""',4. De ce résultat peut se déduire, au moins approximativement, la mobilité des ions dans le soufre. Le calcul conduit à une valeur de 5 . îo"* — —- — volt : cm CHIMIE PHYSIQUE. — Sur la décomposition hydrolytique du bromure de bis- muth. Note de M. René Dubrisav, présentée par M. H. I^e Chatelier. J'ai, dans une précédente Note, exposé les résultats de la décomposition h;)drolytique par l'eau du chlorure de bismuth; je me propose aujourd'hui de résumer le résultat de mes recherches sur la décomposition du bromure de bismuth. Pour avoir une solution de bromure de bismuth bien exempte de brome libre, je préparais de l'oxyde de bismuth à partir du nitrate cristallisé et je dissolvais cet oxyde dans une solution d'acide bromhydrique bien exempte de brome. Celle liqueur primi- tive était traitée par des quantités variables d'eau, et je déterminais la composition de la phase liquide par la méthode employée déjà pour les chlorures (dosage de bismuth à l'étiit de sulfure, titrage alcalimélrique de l'acide bromhxdrique en piésence de mé- lliyle orange). Celle mélhotle m'a conduit à des résultats analogues à ceux que j'avais obtenus pour les chlorures. Toutefois, dans le cas actuel, il était facile de constater que la tempéiature n'avait pns la. même iniluence que dans le cas des chloi ures. SÉANCE DU 12 jriLLET 1909. 12J Le Tableau suivant donne les compositions trouvées pour la pliase liquide : Bismuth. Brome. Atomes-grammes Atomes-grammes Température. par litre. par litre. i5 . . ... i. . . ii , o,oo3 0,174 80 0,012 0,260 1 .5 o , o32 o , 338 i5 o,o4i o,3Go 60 0,078 0,570 (j') 0,228 1,080 là 0,8.53 3, 440 Si Ton porte en abscisse ol en ordonnée les teneurs en bismuth et acide bronihydrique, on constate tjue les points correspondant à ces sept expé- riences se groupent sur une même courbe continue. Il semble donc que la température soit sans action sur les états d'équilibre. Pour vérifier ce fait, je portai à des températures variables les mélanges de bromure de bismuth et eau correspondant aux expériences .5 et (>. Les quantités de soude normale nécessaires à la neutralisation des phases liquides (après précipitation du l)ismut!i) ont été les suivantes : cm^ I Equilibre à i5 5,70 Liqueur m" o. l'iquiiibre à 60 5,65 f lùj u i I i I ) re a So 5,70 I lîiquilibre à i5 10,8 Liqueur n" 0. •. . . . „ ^ ( l-.quilibrc a 9.) 10,8 De ces faits on peut tirer les conclusions suivantes : 1° L'élévation de température est sans action sensible sur la dissociation hvdroiytique du bromure de bismuth. 2" Les points représentatifs des divers états d'équilibre se trouvant dis- tribués sur une courbe continue, l'application de la loi des phases indique qu'il ne se précipite qu'un seul oxybromure dans rintervalle des expériences indiquées. J'ai voulu recherciier s'il en était de même pour de plus faibles concen- trations, car d'autres expériences, eiiectuées sur les iodures de bismuth, m'ont permis de reconnaître qu'à de très grandes dilutions il se précipitait un oxyiodure diiférenl de celui que l'on obtient à des concentrations fortes ou moyennes. L'analyse complète de la pliase liquide n'est jias possible avec exactitude lorsque la ia4 ACADÉMIE DES SCIENCES. concentralion en bismuth devient trop faible; j'ai dès lors appliqué le procédé suivant : 5cm' d'une solution claire de bromure de bismuth sont étendus de proportions variables d'eau; un précipité se forme et, dans la liqueur claire surnageante, on titre par alcali- métrie l'acide bromhvdrique. Soient, pour une expérience quelconque, n le nombre île centimètres cubes d'eau ajoutés et / le nombre de centimètres cubes de soude déci- normale nécessaires à la neutralisation de 10 ""' de la liqueur claire surnageante : on 5 construit la combe obtenue en portant en abscisse x := > en ordonnée y. S'il existait deux oxybromures différents, la courbe serait formée de deux branches différentes, raccordées par une partie horizontale; sinon la courbe doit être continue. L'expérience m'a conduit aux chiffres suivants : ". y- 5 170 10 120 20 73 3o 5i 5o . 33 100 18 200 9 La courbe correspondante est parfaitement continue; on doit donc admettre rpi'il ne se précipite qu'un seul oxybromure. CHIMIE. — Sur une solulion proposée pour l' équation de condition relatii'e au calcul des poids atomiques. Note de M. G.-D. Hi\kiçhs, présentée par M. D. Gërnez. Pour sortir du labyrinthe des valeurs contradictoires des poids ato- tniques, j'ai établi des points de repère fixes / (poids atomiques absolus ) et tâché de déterminer l'écart x pour chaque expérience individuelle (^Comptes rendus, t. CXVI, 1893, p. 690). Tous les calculs s'effectuent alors simplement par parties proportionnelles. D'après cette méthode chaque réaction chimique donne les constantes caractéri?- liques suivantes : le rapport atomique R et les variations A (diflerences partielles pour l'accroissement du poids atomiquedeo, i). Les A expriment directement le degré de précision de la réaction pour l'élément considéré. Les produits .rA pour les éléments entrant dans la réaction donnent une somme 2a;A:=Ke proportionnelle à l'excès analytique e; et nous avons trouvé K ^ jL C'est notre équation de condition, relation fondamentale pour la réduction de toutes les déterminations expérimentales. Pour cette équation diophantique nous avons donné SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 125 deux, méthodes de solution par appioximalion : la méthode ex œquo très simple poiir le calcul el une méthode graphique plus parfaite, mais aussi plus difficile (voir Comptes rendus, t. CXLV. 1907, p. 60 et 710-718; aussi le Moniteur scientifique, 1907 à 1909). M. L. Dubreuil a propos»'- d'employer le principe des moindres carrés (ILx- minimum) comme seconde équation et croit avoir réussi à don- ner la solution directe de notre équation diophantique. Il obtient {Comptes rendus, t. CXL^II, 1908, p. 63i) X y :■ e AX AV AZ loiA- c'est-à-dire : les écarts x devront être (d'après M. Dubreuil) directement pro- portionnels à la variation A du même élément ( ' ) . C'est bien une conclusion diamétralement opposée à notre équation do condition elle-même; car elle est composée des termes rA demandant une proportionnalité inverse entre les .r et les A. J'ai complété une étude soijjnée de 120 des réactions chimiques les plus notables employées pour la détermination des poids atomiques, et je n'ai trouvé aucune exception en faveur des conclusions de M. Dubreuil. J'ai aussi étudié tous les résultats numériques publiés par M. Dubreuil. Il a partout donné les plus grands écarts pour les valeurs les plus précises des poids atomicjues, comme je l'ai déjà noté après la première étude de ses rt'suïlats (Comptes rendus, t. (^\L\ II, 1908, p. i3o'3). CHIMIE MINÉRALE. — Sur la cémentation du fer par le carbone dans le vide. Note de MM. Léox Guillet et Cii. Guiffiths, présentée par M. H. Le Chatelier. La cémentation du fer par le carbone pur est une question fort contro- versée. Margueritte (-) affirma que le phénomène peut se produire, tandis que Caron (') ( ') M. Dubreuil a cliani;é la notation établie; mais, les AX étant des valeurs con- stantes données directement par les formules chimiques des composés employés, poire signe e désignant l'excès analytique n'est point applicable, surtout dans la forme e\ de M. Dubreuil. (-) MARGVEiiniE, Comptes rendus, t. LIX, 1864, p- iSg. (') Caron, Comptes rendus, t. LIX, i864, p. 819. C. R., 1909, •.!• Semestre. (T. CXUX, .N» 2.) I 7 I2b ACADEMIE DES SCIENCES. réfula ces essais. Robert Aiisten reprit ullérieurement la question et rirri\a aux mêmes conclusions que Mari^ueritte. L'un de nous (•) (it. en igo.'i, quelques essais de cémentation pai' le carbone pur dans le vide; il n'obtint aucune pénétration. Dans une étude récente M. Cliarpy i -\) a fait remarquer que. dans les expériences positives, on n'a pas établi assez complètement que le charbon ou le métal employé ne pon\ aient plus dégager de gaz, tandis que dans les expériences négatives on n'avait pas attaché assez d'importance à assurer le contact intime entre le fei' et le carbone. Dans ces conditions, nous avons iiii;<'' nécessaire de faire une étude com- plète de la question. Nous avons fait plusieurs séries d expériences toutes dans le vide, mais en faisant intervenir, parfois, la pression. Dispositif expérimental. — Dans un four fermé on chauffait ini long tube en porcelaine vernissé intérieurement ; dans ce tube étaient placés le charbon et le métal pur, ainsi ({u'il sera expliqué plus loin. Le vide était obtenu dans le tube, fermé par des bouchons de caoutchouc avec inter- position d'amiante, par une trompe à mercure. D'autre part, le tube était rejoint à un manomètre. On élevait lentement la température jusqu'à 4^0" à 5oo" et l'on faisait le vide. On augmentait ensuite la température et Ton observait généralement une baisse plus ou moins légère du manomètre vers 800°. Le vide étant obtenu à nouveau, on portait le tube à la température de 1000° que l'on maintenait pendant toute l'opération. On laissait refroidir dans le vide. On utilisait comme cément tlu charbon de sucre, préalablement porté a 1000° dans im courant de chlore. Première série d'expériences. — .Nous avons chauPfé des iils de fer ou des copeaux d'acier doux soigneusement privés de tout corps gras, soit en les entourant de carbone dans une nacelle, soit en les pilonnant avec le carbone dans un cylindre plein ;i une extrémité. Xous avons alors obtenu une cémentation notable. L'acier initial a\-ait 0,0") pour 100 de carbone. Après à heures de chauffage à 1000°, on avait o. iS pour 100 de carbone. L'examen micrographique confirma une augmentation de perlite régulière dans Ion te la niasse. r)rt plus, on avait noté une baisse notalde du manomètre à Soo". Deuxième série d'expériences. — Les fils de fer furent chauffés et refioidis seuls dans le vide; il fut fait de même pour le carbone. (' ) GiiLi.F.r, Bittlelin de la Société des Ingénieurs ci\ils. t. L 1904, p. ÔiS"). ("■) C.iiAKi'V, liciicdcMélfilliirgie. 1909, p. .507. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 127 Après cliaullage ii 1000" pendant à heures, il ii'\ eut aucune trace de cémentation; à 800", le manomètre n'avait subi qu'une baisse très faible. Dans un de ces essais le cailjone fut aijandonnè pendant quelques heures dans l'atmosphère du laboratoire; on oiitint alors une cémentation très nette (carbone ini- tial : o,o5 pour 100; carbone linal : o, 12 pour 100). On vérifia que le carbone employé avait réabsorbé des gaz. Troisième série d'eupériences. — Dans celte série on fit intervenir la pression. Des morceaux de tôles d'acier e\tra-doux (G = o,o5 pour 100) d'une épaisseur de ^ de millimètre furent placés dans un cylindre à fond plein et noyés dans le carbone. Une vis permettait de fermer le cylindre en faisant agir une forte pression (cette pression fut suffisante pour souder à 1000° des rondelles qui se touchaient). Le pas du cylindre portait de noujbreuv trous pernielLant de faire le vide dans l'intérieur de l'appareil avant chaque essai. On chaulTa séparément l'appareil, les tôles et le charbon dans le vide. Une première série d'expériences fut faite en fermant l'appareil sans serrage, de façon à assurer seulement le contact. Il y eut une légère cémentation après '> heures de chaulïage à inoo"; le carbone était passé de 0,08 à o,oi5 pour loo. Dans les expériences faites en serrant les vis autant qu'il a été possible, un obtint, dans les mêmes conditions, une cémentation importante : le carbone passa de o,o5 pour lùo à 0,32 pour 100. D'ailleurs la micrographie a contn'ilé de fa(:on aiisolue les résultats précédents. ^nrésumé, ces essais monlreiil que le carbone pur ne céraenlc pas dans le vide si Ton piend làen la pi'écaulion de se metti'e à Fabri des gaz, mais que si l'on assui-e le conlact la cémentation a lieu. De plus, elle augmente avec la pression. Elle se fait cependant avec une extrême lenteur; aussi peut-on afiirmer que le carbone n intervient que d une façon insigiiiliaute dans les cémentations industrielles. CHLMIE MINÉRALE. — Extraction du liiléciumdes terres de la gadolinile . Note de MM. G. Urbaix, Boukio.v et Maillard, présentée par M. A. Ilaller. Le lutécium a été isolé pour la première fois des terres de xénotime(' ). Nous décrirons dans cette Note les méthodes qui nous ont permis d'extraire cet élément des terres de la gadolinile et de le séparer du scandium et du thorium qui l'accompagnent dans ce minéral. Nous sommes partis de terres yttriqucs de poids alomique i icS f|ui avaient été séparées approximativement, dans l'industrie, des terres du groupe cérique et qui avaient été grossièrement fractionnées à l'état de chro- (') G. Ukbaim, Comptes rendus, séance du 4 novembre il yo- 128 ACADÉMIE DES SCIENCES. mates (') pour éliminer la majeure partie de l'yttrium qui abonde dans la matière primitive. Ces terres i^nfermaient principalement de l'yttrium, mais elles renfermaient la majeure partie de l'erbium et des ytterbiums con- tenus dans le minéral. Elles contenaient en outre une sensible proportion de terres du groupe cérique. Ces dernières étaient en proportion si faible, qu'il nous a semblé inutile de faire un traitement préalable pour les éliminer, et l'ensemble de la matière a été fractionné par la cristallisation des nitrates simples à 5™°' d'eau dans l'acide nitrique. Dans ces conditions, nous avons obtenu assez rapidement des eaux mères à peu près incristallisables, fort impures, qui renfermaient la majeure partie du néoylterbium et la totalité du lutécium contenus dans la matière première. Comme le lanthane et le cérium s'étaient également concentrés dans ces fractions, nous avons d'abord tenté de les éliminer par le sulfate de potasse; mais nous avons dû renoncer à cette méthode trop approximalive. Les nitrates ont alors été additionnés de nitrate de magnésium et d'une proportion suffisante de nitrate magnésien de bismuth pour obtenir par le re- froidissement une cristallisation très abondante de nitrates doubles. Les nitrates doubles de cérium-lanlhane et de magnésium sont insolubles dans la dissolution saturée de nitrate double de bismuth et de magnésium, et, après deux, ou trois purifications de ce genre, il ne reste pas trace spectroscopiquement décelable de terres cériques dans les liqueurs. Cette méthode est tout à fait recommandable et pour la rigueur des résultats qu'elle fournil et pour la facilité avec laquelle elle s'exécute. Une précipitation par l'eau, après élimination de l'excès d'acide, suivie d'un trai- tement par riijdrogène sulfuré, permet d'éliminer ensuite le bismuth; des précipita- tions par l'ammoniaque en présence de sels ammoniacaux éliminent le magnésium. Les terres à lutécium sont ensuite précipitées par l'acide oxalique. Ces terres renfermaient, outre le lutécium et le néoytterbium, encore une proportion notable d'erbium et d'yttrium. De nouvelles cristallisations à l'état de nitrates simples ont permis de s'en débarrasser dans les têtes du fractionnement. Le lutécium s'est concentré dans les fractions les plus so- lubles et, après une centaine de séries de cristallisations, la dernière frac- tion était devenue assez abondante et se refusait à cristalliser. La terre qui en fut extraite présentait un paramagnétisme extrêmement faible. Elle fut transformée en chlorure par le procédé décrit par l'un de nous ('■'), procédé qui consiste à chauffer l'oxyde dans une atmosphère de (') MoissAN et Etari), Comptes rendus, t. CXXII, i8g6, p. D73. (-) BotRiox, Comptes rendus, séance du 18 janvier 1909. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 129 chlorure de soufre. Il se forma dans cette transformation un sublimé assez abondant de cristaux blancs. Ce sublimé fut recueilli et soumis :i l'examen spectrographique. Il était constitué par un mélange de chlorure de thorium et de chlorure de scandium. Le chlorure fixe fut ensuite chauffé à haute température dans un tube de porcelaine traversé par un courant de chlore. Dans ces conditions nouvelles, le chlorure de lutécium commença lui-même à se sublimer. Ce chlorure est beaucoup moins volatil que les chlorures de scandium et de thorium et peut en être aisément séparé, grâce à cette dif- férence; il est lui-même sensiblement plus volatil que le chlorure de néoyt- terbium. Cette différence permet d'éliminer de petites quantités de luté- «ium, de grandes quantités de néoytterbium, mais il est plus difficile de séparer ainsi de grandes quantités de lutécium de petites quantités de néoytterbium. Toutefois, il y a là un moyen nouveau de séparer, par subli- mation fractionnée, les deux éléments à l'état de chlorures. CHIMIE ORGANIQUE. — Condensation de l'alcool isopropylique avec son dérivé sodé ; formation du méthylisobutylcarbinol et du diméthyl-i.f\-hep- tanol-6. Note de M. Marcel Guerbet, présentée par M. A. Haller. Dans une série de Communications antérieures ('), j'ai montré que les alcools primaires, chauffés au-dessus de 200° avec leurs dérivés sodés, ou avec les dérivés sodés d'autres alcools, donnent naissance à des alcools plus condensés suivant la relation CmHîm+iOH -H C"H2"+'0i\a = C"'+"H^""+'"+'OH + NaOH. J'ai montré que, dans les mêmes conditions, l'alcool caprylique CH^— (CIP)^— CHOU — CH» et son dérivé sodé donnent naissance avec de bons rendements aux alcools dicaprylique CH" O et tricaprylique C-*IP"0 (-). La réaction semble donc applicable aux alcools secondaires; je viens montrer aujourd'hui que l'alcool isopropylique C'H'O donne de même le méthylisobutylcarbinol C H" O déjà connu et le diméthyl-2.4-heptanol-f^ CH^'O, qui n'avait pas encore été préparé. (') Guerbet, Comptes rendus, t. CWVIIl, GXXXII, CXXXIII, CXXXIV, CXLVl CXLVII. (*) Guerbet, Comptes rendus, t. GXXXII, p. 685. l3o ACADÉMIE DES SCIENCES. Les réactions génératrices de ces ileux alcools peuvent s'écriie r.H3\ CH»^ J^jjj^CHONa -h CH»- CUOH - Cll^=i:^U,pGM-CH^-CHOll- ClP-i- NaOll. puis ^[J,pCU - CH-- CIlONa - CIP + ^^3 ;CHOH = !4r /CM — CH=— CH - C11-- CHOU - CH»+ iNaOH. En même temps, la soude formée réagit sur l'alcool isopiopvlique et sur le métliyli- sobulylcarbinol en donnant les acides isovalérique, acétique et formique. L'alcool isopropjlique emploxé dans mes expériences avait été déshydraté avec le plus grand soin et bouillait à 81 ",5-83°, 5. Pour le faire réagir sur son dérivé sodé, on a préparé une série de tubes scellés renfermant chacun le produit de la réaction de ife^So de sodium sur 20s d'alcool isopropylique et l'on a clianITé ces tubes entre igo" et aoo" durant 2^ heures. A l'ouverture des tubes, ou constate une assez forte pression due à de l'hydrogène. Leur contenu est 1-2.4-heplanone-G et, par conséquent, celle de lalcool correspondant ont été établies par l'identification des produits de son oxydation par le mélange chromique. Cette oxydation fournit en effet surtout les acides acétique CH' — CO-H et méthylisobutylacétique ( CH ')'' -= CH - CH^ - CH(CH'';) - CQ-H av£c_ un peu d'anhydride carbonique et d'un acide ayant pour formule CH'^O". Ces acides ont été caractérisés par la teneur en baryum de leurs sels de baryte; de plus, l'acide méthylisobutylacétique a été identifié avec l'acide (') Fraxkland et Dcppa, Liebig'.'i Inn. der Cheni., t. CXU\', p. 82. l32 ACADÉMIE DES SCIENCES. préparé par MM. Burrow et Bentley (' ) par son point d'ébuUition et le point de fusion de son amide; enfin l'acide acétique a été caractérisé par ses réactions. La formation du diniéthyl-2.4-heptanol-G, aux dépens de l'alcool isopro- pylique et du méthylisobutylcarbinol, montre que l'enchaînement s'est fait, comme cela a lieu pour les alcools primaires (-), par le départ de l'oxhy- dryle de l'alcool le plus riche en carbone. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur les iso-indogénides. Note de MM. A. Wahl et I*. Bagard, présentée par M. A. Haller. Dans une Noie précédente {Comptes rendus, t. CXLVIII, p. 716) ('), nous avons fait connaître que la lactame de l'acide o-amidophénylacétique (oxindol) fournil avec l'isatine un nouvel isomère de l'indigotine et qu'elle est également susceptible de se condenser, quoique dans des conditions un peu diflerentes, avec les aldéhydes aro- matiques. Nous avons proposé, pour ces combinaisons, le nom à''iso-indogcnides. afin de les dillérencier de leurs isomères, les indogénides obtenus par A. v. Baever {D. cliein. G., t. XVI, i883, p. 2196) et par A'uL-lting {Bull. Soc. chini., 3° série, t. X\\'II, JC)02, p. 835), il partir de l'indoxyle ou mieux de. l'acide indoxylique. Les lormules suivantes montrent les relations qui existent entre les iso-indogénides (I ) et les indogénides (II) des aldéhydes aromatiques : C = CH - R CO NH NH (I) (II) Par une curieuse coïncidence, quelques jours avant notre j^i'ciiière Communi- cation ('), MM. Czaplicki, V. Kostanecki et Lampe {D. cliem. G., t. XLll, p. 827), au cours d'un travail entièrement différent et par des considérations purement théo- riques, arrivaient à prévoir l'existence de combinaisons de la forme (I) pour lesquelles ils proposaient par anticipation le nom d' iso-indogénides. Nous décrivons dans ia présente Note la préparation et les propriétés des iso-indogénides de quelques aldéhydes aromatiques. ('1 BuKROw et BK^TLEY, Journal of the client. .Soc, t. LXVII, p. 5i2. (-) GiERBET, Annales de Chimie et de Physique, 7" série, t. XXMI, p. 67. ( ') A cet endroit, lire Bagard au lieu de Bayard. (*; Elle date du i5 mars 1909; celle des auteurs allemands a paru à Berlin le 6 mars. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. i33 L'oxindol qui nous a servi de matière première a été obtenu par la réduction de l'acide orthonitrophénylacétique que nous avons préparé par la méthode de Reisserl (Z>. oiiein. G., t. XXX, p. io36, et t. XLl, p. SgaS), en condensant l'o-nilrotoluène avec l'oxalate d'éthyle en présence de C-H'ONa et oxydant par H-O- l'acide o-nitro- phénylpyruvique qui prend «aissance. Cette longue suite de réactions fournit un produit dont le meilleur moyen de purification consiste dans la diistillation dans le vide : l'oxindol passe sans décomposition vers igS" sous 1 j""», en un liquide incolore qui cristallise aussitôt et fond à iio''-iib". La condensation avec les aldéhydes s'effectue molécule à molécule au sein d'alcool bouillant sous l'influence de traces de pipéridine; le produit de la réaction se dépose la plupart du temps sous forme cristallisée avec un rendement allant de 60 à 90 pour 100 de la théorie. Ainsi, par exemple, on dissout 08,7 d'oxindol {-^ de mol.) dans 10'^™' d'alcool méthylique, on y ajoute os,5 de benzaldéhvde {j— de mol.) et 2 gouttes de pipéridine. On chauffe au bain-marie, le liquide prend immédiatement une teinte jaune verdàtre qui augmente d'intensité; en refroidissant le tout se prend, au bout de quelques heures, en un maj;ina de fines aiguilles jaunes dont le rendement est de 80 pour 100 de la théorie. Par recristallisation dans la benzine on obtient de belles aiguilles jaune soufre fondant à i75°-i76" dont la composition répond à Viso- indogénide de la benzaldéhvde ou benzylidène-oxindol : (HI) On préjjare de la même manière l'iso-indogénide de l'aldé/iyde anisiijite ou para- nivthoxyhenzylidène-oxindol. cristallisant dans l'alcool en aiguilles jaunes fondant à 107°; l'iso-indogénide de l'aldéhyde métanitrobenzoïque ou inétanilrobenzylidène- oxindol. cristallisant dans l'acide acétique en feuillets orangés fondant à 255°-257''. Ces composés sont fortement coloi-és, ce qui semble indiquer que la mo- lécule du benzilidène-oxindol (III) est une molécule chromogène au même titre que.son isomère, le benzylidène-pseudo-indoxyle (IV ) : L'introduction de groupements auxocliromes doit conduire à de véritables- matières colorantes. C'est dans ce but que nous avons préparé les composés suivants : Paradiméthylamidobenzylidène-oxindol ou iso-indogénide de l'aldéhyde para- diméthylamidobenzoïque. Cristallise en aiguilles jaune orangé rougissant à l'air et fondant à ig^'-igô". Il se dissout dans les acides minéraux et ses solutions jaunes ne sont C. R., 1909, 2- Semestre. (T. CXLLV, N" 2. ) 18 l'i/j ACADÉMIE DES SCIENCES. pas hydrolysées par l'eavi ; c'est «m coJ'orant J)flsiique teig>nant Ja lairae «n jaune orangé. Orlkoosiy/>i;nzrUiiènc-o.z:i/i(in/ (iso-\r]do<^én]Ae de J'alol«hyde salicylique). Aiguilles jaunes l'oiidamt à tgô", solubJes dans les alcalis avec une culoralion jaune. jMélao.ryhcnzytidène-oxinclol (iso-indogénide de l'aldéhyde niélaoxybenzoïque). Aiguilles jaunes fondant vers 280", solubles dans les alcalis avec une coloration jaun« faible. l^arno.rybctiZYlidcne-oxindol ( iso-indogénide de l'aldéliyde paraoxyben/.oïque ). (.Cristallise dans l'acide acéti([ue en petits cristaux jaunes fondant au-dessus de Soo", solubles dans les aléaiis .avec ane «cvloratioin jaune Urès intense. Orlhoparadi().iyben:vlidd.ne-n.riiidol (i-so-indogéiiide de l'aldéliyde résorcvliq'ue). Petites aiguilles jaunes ne fondant (ju'aw-dessus de 3oo" el se dissolvant dans les alcalis avec une coldration jaune or.angé. M cta iK(rad Lo.ry brnzyl itlt- iie-o.vi iidol { iso-indogénide de l'aldélnde pro'tocalécliique). Se précipite de sa solution étliérée par l'étlier île pétrole en petits cristaux compacts jau.ii«s fondant à î '|6", se dissoJvKjnl dans les alcalis avec une coloration orangé rou- I^Ajs iso-iii(logvnides hydi'o.vylés sont des composés colorés en jaune ainsi que leurs solutions; la nalure et la position des auxochromcs n'ex-ercent pas une jurande inilucncc sur la luiaiicc de ces produits. Ils se diflcrencient en cela des iridoj;éuides et des thio-indogénides dont les nuances, en général, tirent (iavaiilai;e vers la partie violette du spectre. L'iso-in(loi;(''nid(' de ral(l(''liyd(' |)rotocat(''cIii(pie G— CH<^ )>OH par suite de ses deux fonctions OH, est un coloranl «pii teint sur mordants in(''laiJiques. Il domie les miiiinces suivantes : sur almnine, un jaune ; sur fer, un hrun verdàtre ; sur clirouie, Hlialliuiu, zirconiunt, yltriuni, des bruns jaiuiàtres, et sur titane un orangé. GÉOGRAPHIE BOTANIQUIî. — Ia's lourbirrcs lie roclicrs de l' Afrùiuc Iropiade. Note de M, Aiig. Ciikvai.ii!:», iirésciilée |>ar ;VI. l'khnond Perrier. Entre les cincpiième et neuvième degrés de latitude Nord, dans une largue bande cpii sV'lend depuis les sources du Niger d'une part jusqu'au Baouléet au i^olfe de (iuinéc d'auli-e part, el qui couvre ainsi une partie de la Guinée l'rauraise, Je uord de la l{é[)uliii(pie de Libéria el le nord-ouest de la (^ùte SÉANCE DU 11> JUILLET 1909. l36 d'Ivoire, le sol est accideiTté par une infinité de mamelons et dé pics grani- tiques dont les plus hauts se dressent de 1-200'" à 1400"' au-dessus de la mer, la pénéplaine qui les environne n'ayant que 200™ à 400"" d'altitude. Dans la partie sud de ce territoire, la grande forêt vierge couvre toutes les parties basses d'une façon ininterrompue, sauf sur les bords des torrents descendant des montagnes; il est rare cependaiik qu'elle monte à plus de 600'" au-dessus du niveau de la mer. Au Nord la forêt est remplacée par ta brousse soudanaise, sorte de savane avec arbres et arbustes épars rappelant la végétation de parc. La brousse s'élève souvent assez haut sur le ilanc des montagnes granitiques; cependant, à part de rares exceptions, la partie culminante des pics est dépourvue de végétation arborescente. Tous les hauts sommets de cette partie de l'Afrique seraient totalement déuudés, aussi bien en forêt vierge qu'en savane, si une cypéracée ne jouait un très grand rôle dans le peuplement des rochers qu'elle recouvre parfois complètement à l'exclusion de toute autre plante, depuis les parois les plus abruptes jusqu'aux sommets les plus escarpés. Elle appartient à la sous- tribu des Caricœ et a reçu le nom à'Eriospora pilosa licnth., le genre Erio- spora ayant été créé par A. Richard pour une espèce congénère des mon- tagnes d'Abys-sinie. L'espèce de l'Afrique occidentale s'implante sur les rochers les plus arides de granit et de gneiss, là où aucune plante phanérogame, même charnue, ne pourrait vivre. Les graines germent dans les plus petites fissures de la roche où elles développent un épais chevelu de racines étalées entre les minces plaquettes de granit qui ont été altérées et découpées paral- lèlement à la soi'face par les agents atmosphériques. • La plante se tîxe d'abord très soli uis interne. 4; 57 3,55 1,39 0,94 Ces nombres nous inonlrent un certain nombre de faits intéressants : 1° La feuille est environ dix fois plus active que la brandie qui la porte et seuie- iiietit cinq fuis plus active que les radicelles du mèmti àye. On ne peut qu'être frappé du parallélisme existant entre ces variations de la teneur en présure des difTérenIs membres de la Belladone et les variations correspondantes de leur teneur en atropine. On sait, en eflet, que la feuille est plus riche en alcaloïde que la racine, et celle-ci que la lige. 2° Toutes les régions du cylindre central de la lige sont présurantes, même le bois, «jui est inactif dans les végétaux à structure normale. C'est le liber interne qui con- tient le plus de présure (activité, i ,77) ; puis viennent l'écorce avec son liber externe (activité, i) et seulement ensuite le bois dont raciivilé est six fois plus faible que celle Au liber interne. Cette propriété présurante du bois provient des faisceaux libé- riensqui, partant du liberpérimédullaire, traversent très obliquement la bague ligneuse pour venir aboutir à la feuille tardivement, celle-ci se détachant de la tige à un nœud supérieur à celui qui lui est propre, comme on sait. 3° Comme pour la tige, toutes les régions du cylindre central de la racine sont actives; mais, ici, c'est l'écorce avec son liber externe qui contient le plus de pré- sure (3,55) ; pais vient la région externe du bois constituée uniquement déformations secondaires (i ,og), et, en dernier lieu, la région interne du cylindre central contenant non seulement du bois secondaire, mais encore le bois primaire (0,94). Or on sait, d'une pail, depuis les recherches de Lefort (1872), que l'atropine est localisée dans l'écorce de la racine; d'autre part, depuis les travaux deBeauvisage (1890). que, dans le bois secondaire de la racine, se trouvent enclavés de nombreux îlots libériens. Rien donc d'étonnant à ce que la présure abonde dans l'écorce, et à ce que la plus grande proportion de licier dans la partie externe du bois que dans sa partie interne n'en- traîne une plus grande activité présurante dans celle-là que dans celle-ci. B. Propriétés. — Afin d'opérer avec un suc tix's actif, nous avons lixivié, à basse lerapéraLure, avec une solution de iNaCi à, 5, pour j 00 moutaniée, de la poudre de feuilles de Belladone desséchées à /jo" à Téluve obscure en SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. l3g courant dair, et nous n'avons recueilli que les premières portions du lixiviatum. I* La présure de la Belladone esl la plus i-ésislante à la chaleur des présures végé- tales. Son optimum de température est au voisinage de 90° et on obtient encore d'assez belles coagulations avec le lait bouillant, à la condition d'employer une dose de suc suffisante pour que la caséification se produise en moins de 2 minutes. Chauflee. non plus avec le lait, mais seule, elle esl bien moins résistante; un séjour de 3o mi- nutes, à 78°, diminue de moitié sa force; à loo". la rend complètement inactive. 2" Elle coagule, à toute lempératnre, plus mpidement le tait bouilli que le lait cru, et la diflérence est d'autant plus forte que la température est plus élevée. Klle se comporte donc comme les présures des Crucifères ( ') et du Figuier {^). De même que pour celles-ci, la sensibilisation du lait cru à la présure delà Bella- done ne se fait pas brusquement, à une teinjjérature critique, mais graduellenienl, entre 67° et 80°. Par contre, à l'opposé de ce qu'on observe avec elles, la sensibilisa- tion du lait est très faible entre 67" et 75° (coagulation delà lactoglobuline) et relati-. vemenl forte au-dessus de 7.5" (coagulation de la lactalbiimine). 3° Contrairement a la f;rande majorité des présures, celle de la Belladone n'est que faiblement calciphile et oxvphile; quant aux sels des métaux alcalins, iJs sont, sauf à très faible dose, nettement retardateurs. 4° Les alcalis sont retardateurs, à faible dose, de la coagulation du lait emprésuré avec le Jixiviatum salé de feuilles de Belladone; ils sont accélérateurs à dose moyenne et empêchants à forte dose. Si l'on opère avec le lixiviatum dialyse et par suite privé de Na Cl, la phase accélératrice disparaît. La soude, en effet, retardatrice à très faible dose. dexTent rapidement empêchante (S molécules-milligrammes par litre de lait). _ 11 existe une analogie frappante entre cette action de la soude sur la présure de la Belladone et celle du lluorure de sodium sur quelques présures végétales. Nous avons montré, en effet, que ce dernier sel était accélérateur, mais que ce caractère n'apparaissait bien qu'en présence de NaCl ('). Dans les deux cas. Faction accélératrice propre à l'électrolyte est anniliilée par l'action empêchante due à la décalcilication du lait (précipitation de la chaux). Le taux de minéralisation du liquide protéique devient inférieur au minimum indispensable pour la coagulation du colloïdal caséine; l'addition d'une <^uantité convenable d« Na CI, en relevant ce taux de minéralisation, permet à la soude et au lluorure de sodium de manifester leui effet accélé- rateur; mais cet effet ne pourra être constaté qu'avec des présures très résistantes. Od. Gerbm(. La présure des ■<_' rucifèrcs iC. r. Soc. Biol.. t. L\ll, p. laaS). (-) C. Gerbbr, La Sycochymase. (Réunion biologique de Marseille, 18 juin 1907.,! (') C Gerber, Action accélératrice propre du fluorure de sodium sur la coagu- lation du lait par les présures végétales [Comptes rendus, 21 octobre 1907). l4o ACADÉMIE DES SCIENCES. PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Influence exercée par certaines vapeurs sur la cyanogenèse végétale. Procédé rapide pour la recherche des plantes à acide cyanhydrique. Note de M. Makcel Mika.vde, présentée par M. Guignard. Les substances qui suspendent la fonction chlorophyllienne chez les végé- taux, comme les vapeurs de mercure, de sulfure de carbone, ou celles des anesthésiques tels que le chloroforme, l'éther, le chlorure d'èthyle, exercent une influence remarquable sur les plantes qui contiennent des composés cyaniques : dés que de telles plantes sont soumises à leur action, elles exhalent de racide cyanhydrique. Plaçons sous une cloche un petit rameau de Laurier-cerise {Prunus Laurocerasus) l'espèce classique parmi les plantes à acide cyanhydrique, rameau bien vivant, re- posant ou non dans un verre d'eau. Plaçons également sous la cloche un petit godet contenant du chloroforme; suspendons au sommet de la cloche un petit morceau de papier picro-sodé inventé par Guignard ( ' ) et préparé selon sa méthode, papier janne clair qui, sous l'influence des vapeurs d'acide cyanhydrique, prend une coloration rouge. Au bout d'un temps assez court, le papier réactif placé sous la cloche prend une teinte jaune orange, puis, peu à peu, une teinte rouge brique foncée. Si l'on soulève la cloche, on perçoit d'une manière intense l'odeur caractéristique de l'essence d'amandes amères dominant celle des vapeurs de chloroforme. Si l'expérience s'est prolongée suffisamment, les feuilles de Laurier- cerise sont mortes complètement et ont pris la couleur brune caractéristique des feuilles trop longtemps soumises aux vapeurs de l'anesthésique. Placées dans cet état dans un récipient, elles continuent, pendant plu- sieurs jours, à exlialer de l'acide cyanhydrique. L'expérience peut être faite sur des feuilles attenant à l'arbre : Si l'on introduit une telle feuille de Laurier-cerise dans un tube ou un ballon de verre contenant un peu de chloroforme et un morceau de papier picro-sodé, en ayant soin de boucher l'orifice sans blesser le pétiole, au bout de quelques minutes le papier picro-sodé est impres- sionné d'une manière sensible. On peut ménager l'action du chloroforme de manière à conserver la feuille vivante après l'expérience. On obtient des résultats analogues avec l'éther, le chlorure d'éthyie, le sulfure de carbone. Soumises aux vapeurs mercurielles au moyen d'un petit godet contenant du mercure et placé sous la cloche, les feuilles exhalent aussi de l'acide cyanhydrique. Mais l'action est beaucoup plus lente; au bout de 3 ou 4 jours un petit rameau de quatre ou cinq feuilles colore en rouge brique le papier réactif. En même t*jnps, les feuilles se sont couvertes de taches noires irrégulières caractéristiques de cette action mercurielle connue depuis l'année 1797. (') L. GuiUNAiii), Le Haricot à acide cvanhydri/jue. Étude historique, botanique et chimique. Nouveau procédé pour déceler l'acide cyanhydrique { bail, des Se. pharm., t. \III, 1906). SÉANCE DU 12 JUILLET I909. l4l Toutes les plantes à acide ( yaiiliydri(]ue (jue j'ai essayées luoni doiuié des résultats identiques. (]es résultais me paraissent ne poux oii- être ohlcmis qu'avec des substances jouissant, d'autre part, de la [iropriété de suspendre la fonction chioropliylliennc. (leci dit sans v(jnliiii- élajjlir aucune relation entre la suspension tlu phénomène cliloropliyllien el rémission liors de la plante de l'acide cyanliydri(pie <[u'elle conlient. D'ailleurs, les elléis de ces substances sont les mêmes à l'obscurité comme à la lumière. Le phénomène ne s'observe pas avec des feuilles sèches, que la dessiccalion soit naturelle ou obtenue rapidement à rétuve à 100"; cependant, avec des feuilles séchées, puis ramollies dans l'eau et placées ainsi humides dans un tube à chloro- forme, on obtient un dé^agcnjent d'acide cyanhydrique peu intense et lent, mais finissant au bout d'un ci-rlain temps par colorer le papier réactif assez fortement. Donc, sans interpréter, [)our le moment, h; phénomène, on peut énoncer que sous l'influence des vapeurs dégagées par les substances qui d' ordinaire suspendent la fonction cldoropliyUienne, les plantes qui contiennent des com- posés cvaniques ci-halent de i acide cyanhydriiiue. La plante^ une fois morte sous l'action de ces substances et soustraite à cette action, continue pendant quelque temps à exhaler des vapeurs cYanliydriqucs. Cette propriété remarquable nous met en main lui procédé simple et rapide pour la recherche des plantes à acide cyanhydrique. Pour mettre eu œuvre ce procédé, on se sert d'un simjile tube à essais au fond duquel on met un peu de chloroforme ou d'éther; on introduit dans le tube le frag- ment vivant de la plante à essayer en ('vilant son contact avec le liquide; vers le sommet, contre la paroi interne, on place un morceau de papier picro-sodé el l'on bouche. Les tubes à culture de Kou\, moyen el grand modèles, présentent pour cet usage une grande commodité grâce à leur partie étranglée et à leur réservoir inférieur. Au bout d'un temps qui varie avec certaines conditions et surtout avec la teneur en acide cyanhydrique, mais qui est toujours court, on peut s'assurer si une plante conlient ou non un composé cyanique. Ainsi, avec une seule feuille de Laurier-cerise dans un tube à chloroforme, en moins de 3 minutes, le pa|iiei' |)icro-sodé est coloré assez l'ortemenT;' en 10 minutes il est complètement rouge. Il arrive souvent que le papier est rouge avant que la feuille présente des traces bien sensibles de dépéris- sement. Avec une feuille de Photinia serrulata, le papier réactif est impressionné en 3 minutes d'une façon très appréciable. Avec le Thalictrurn aquilegifobuni. C. R., igoy, -■" Semestre. (T. CXLIX, N° 2.) '9 l/i2 ACADÉMIE DES SCIENCES. le papier picro-sodé est déjà fortement coloré en moins de i minute ; au bout de 5 minutes environ, il est devenu couleur rouge brique. On obtient de même des colorations extrêmement rapides avec les Melica nllissiiiia, M. nttlans, M. Mai>/K>lii ; les deux premières cs|)èces de ces (îra- minées soni d(''j;( connues comme plantes à acide cyanhydrique. Un court rameau de Coloncaster niicrophylla, Mwnn d'une dizaine de toutes petites feuilles, colore le papier réactif au maximum en moins de (i minutes. J'ai pu contrôler ainsi, en quelques instants, la présence de l'acide cyan- hydrique dans de nombreuses espèces où l'existence de composés cyaniques est connue : Ranunculus arvensis, Aquilegia rulgaris, Anielanc/ner vulgaris, Spïra-ft (truncus, elc. Avec certaines plantes comme le l'ersica rulgaris, le Sanihiiciis nigrn, on obtient des efl'ets moins intenses et beaucoup plus lents, mais suflisanls pour s'assurer de la présence de l'acide cyanhydrique. Avec cette méthode, on peut constater très rapidement la présence de l'acide cyanhydriijue dans V Arum maculatum. plante où l'existence de ce principe maintenant délinitivcment prouvée par les analyses de Torissen et de (ireslioir, a été longtemps controversée (' ). Cette méthode, cpii m'a fait connaître déjà quelques plantes nouvelles à acide cyanhydrique dont je publierai la liste ultérieurement, qui supprime la macération préalable, la distillation, opérations comportant toujours une certaine durée et une manipulation relativement compliquée, rendra, par sa grande simplicité et sa rapidité, de grands services pour déceler la pré- sence de l'acide cyanhydrique dans les végétaux. PHYSIOLOGIE. — Action de V uroliypotensine sur la pression artérielle. Note de MM. J.-E. Abei.ous et E. Iîordiër, transmise par M. Bouchard. . En 1884, M. Bouchard a signalé la dilatation des vaisseaux cutanés sous l'influence des injections intraveineuses d'urine. C'est cette vasodilatation que nous avons spécialement étudiée. Nous rappelons d'abord (|ue nous donnons le nom d\irohypotensine (-) à une sub- stance de l'urine humaine normale, précipitable par l'alcool ainsi que par le sulfate (') GuiîSiioFF, Si^r la dislriljiUion de l'acide cyaitliydri/jue dans le règne végétal {Bull, des Se. pliarm., t. Xlt, 1906, p. SSg). (') Comptes rendus, i"' juin 190g. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. l43 d'ammoniaque à saturation; très soluble dans l'eau non dialysable, etdonl les solutions ne précipitent pas par la clialeur. Celte substance présente la plupart des caractères des matières proléiques et plus spécialement des protéoses. Purifiée par des précipitations successives et dessécliée dans le vide à basse tempé- rature, l'uroliypolensine se présente sous l'aspecl d'une poudre blanche très soluble dans l'eau. Injectée dans les veines des cliiens et des lapins, à la dose de l's à i'^ par kilogramme, elle détermine un abaissement considérable et p/oloiiffc de la pression sanguine. Ces ell'ets disparaissent en cliaufl'ant la solution à i rû''-i20" pendant (|iielque5 minutes, mais une courte ébuUilion est insuffisante à ce point de vue. [^'hypotension est duc à uno vasodilalation généi-alc. On s'en rend compte en inscrivant, parallèlement à la courbe de la pression carotidienne, la courbe plethysmograpliique du cerveau. On voit, en mèiiie temps que la pression carotidienne s'abaisse, s'élever la courbe pletliysmof^i-aphique du cerveau. Cette dernière s'abaisse au contraire aussitôt (|ue se relève la pression artérielle. Les den\ phénomènes sont parallèles et inverses. Ce premier ordre de faits exclut l'hypothèse d'une hypotension par dimi- nution de l'cner^ie systoliqne du cœur, aftaiblisseinent dont ne témoignent d'ailleurs pas les traces. On constate seulement, et encore d'une façon inconstante, une accélération passaij;èrc du cuuir. Cette vasodilatation est-elle due à une paralysie des appareils vaso- constricteurs ou à une excitation des vasodilatateurs? i,j„ -,^>,m.i Si la vasodilatation ressortissait au premier de ces facteurs, on ne devrait pas pouvoir, durant riiy[)Otension, mettre en jeu l'activité des vasocon- stricteurs. Or il est toujours possible, pendant la baisse de pression, de produire des réflexes vasoconstricteurs, en excitant, par exemple, le bout central d'un vague, l'autre étant sectionné. C'est donc sur le système vasodilatateur (|u'agil 1 uroliypotensine. Cette vasodilatalion se manifeste encore très nettement après la section du buljje et la destruction de la moelle épinière. l'.lle est donc d'origine périphérique. En résumé, la baisse de pression consécutive à une injection intravei- neuse d'urohypotensine n'est due ni à un alVaiblissement de lu systole car- diaque, ni à une paralysie des vasoconstricteurs. ]{lle est la conséquence d'une vasodilatation générale qui se manifesté malgré la destruction de l'axe bnlboméduUaire. Elle est donc d'origine péinphérique, ce qui n'exclut [)as d'ailleurs, siu' l'animal normal, i'inter- ventiou des centres vasodilatateurs bulbomédullaires. L'expérience prouve seulement que ces centres ne sont pas indispensables dans la production de l'hypotension. l4/i ACADÉMIE OES SCIENCES. PHYSIOLOGIE. — Avlion comparée sur les cellules séminales du faisceau total des ravons de Hônigen et des rayons durs seuls. Noie de MM. IVotiiEii et Cl.. Renaud, Iraiismise par M. Bouchard. Jiut du travail. — ( )n sait ([iie dans le faisceau lolal des rayons X il y a des rayons peu pénétrants (mous), (jui sont absorbés par la peau et pro- duisenl dans répidernie des lésions graves, cl des rayons plus pénélranls (durs), qui sont susceptibles d'agir sur les tissus profonds. On sait aussi que la filtration du faisceau sur une plaque d'aluminium arrête les rayons mous et permet de faire pénétrer profondément, impunémeni pour la peau, des doses considérables de rayons durs. Pour juger exactement des effets biologiques des rayons durs, il était nécessaire de soumettre à l'élude his- tologicpic, après l'irradiation, un organe déjà bien connu, tant dans sa structure normale cpi'au point de vue des ell'els produits sur lui par le rayonnement total. Pont' alleindie ce bul. nous avons choisi comme ol)jel d'étude le leslicule du rai. L'épilliéliuni séminal de cet animal est, on le sait, extrêmement vulnérable par les ravons X, et les lésions ainsi produites sont maintenant assez bien connues pour qu'on puisse utiliser cet organe comme un véritable réactif ('). Tcchiticfue. ■ — • A travers la peau, nous avons jexposé aux rayons \ liilrés sur alu- minium les testicules de dix rais adultes, dans des conditions variées ([ne nous ferons connaître ultérieurement en détail. Il n'a été fait qu'une seule séance d'irradiation pour chaque animal. L'épaisseur du fdlre a varié, selon les cas, de y""" à .5""". Les facteur^ du ravonncuicnt ont été soigneusement notés, ainsi que reflet produit sur une pastille de philinocjaiinrc placée au niveau de la peau, sous le (lltie. La suivie des testicules a été échelonnée de quelques jours à plus de deux mois. Les testicules enlevés ont été traités par les meilleures méthodes de l'histologie normale. Les observations microscopiques ont été faites sur des coupes transversales totales passant par le milieu de l'organe. lÎÉsiLTATs. — Peau. -— La peau est restée absolument intacle chez tous nos animaux. Deu.x rats, dont les bourses avaient re(;u un rayonnement corres- pondant à la teinte 4 du chromoi\ndiomètre de Bordier, n'ont pas même eu (') l'onr riiistoiie de l'action des rayons de Rônlgen sur le testicule, le lecteur Miiidra bien se reporter au Mémoire suivant : Cl. Reg,\li), Lésions délcrniinécs par les rirons Je ltfinti;iii cl Je Birijucret-Ciirle dans les friandes gerntinales. etc. Haïqnirl présenté à V.lssnc. /'/ i//ir. pour t'atrinc. des .Sciences, à Cleruiont-Lerrand, août i<)c>S, et .'in/i. il' l'!lrelridii(diigie cl de liadiologie, fasc. H, 1908. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. l45 la moindre chute de poils. Or il est certain qne si l'on cùl obtenu la nicnie teinte sans fillration, l'irradiation aurait produit une radiodermilc très grave. Donc, à égalité d'aclion du rayonnement sur le platinoeyanure, V épi- démie est énormément plus vulnérable par les rayons mous que par les rayons durs. Il n'y a pas (généralement parlant) de parallélisme entre l'action des rayons sur le platinoeyanure et leur action sur la peau. La pastille de platinoeyanure seule, même soigneusement observée, ne permet pas de juger des efl'ets c[ui se produiront tant sur la peau que profondément, si l'on n'est pas exactement renseigné sur la composition du faisceau. L'immunité de la peau vis-à vis des rayons durs faisait craindre une immu- nité semblable de l'épilhélium séminal. Nous allons montrer que celte sup- position ne s'est pas vérifiée; donc les diverses sortes de cellules réagissent diversement aux rayons de qualités différentes. Testicule. — Les cellules interstitielles se comportent après l'irradiation filtrée conïme après l'irradiation totale : elles sont réfraclaires. Le svncytium nourricier (noyaux de Sertoli et protoplasma syncytial) de l'épithélium séminal est certainement moins sensible aux rayons très pénétrants qu'aux rayons mous ou peu pénétrants; nous l'avons trouvé, en eiïel, sensiblement indemne, tandis qu'il est fortement lésé dans la zone des lésions maximales, après l'action du faisceau total. Les cellules de la ligjiée speniiiui(|iie (spermaUigonies, auxocyles, speiniies) ne se coinporleiU pas tout à fait de la mênn! l'aroii après les deu\ variétés d'irradiation. A en juger par la rareté relative des cellules monstrueuses et des cellules dégénératives, les au\oc\tes et les sperniies nous ont paru un peu moins sensible au faisceau fillré qu'au faisceau total. Quant au.r spermatoiionies, qui sont les élémenls-souclies de toute la lignée spermalique, elles nous ont pai u un peu plus vulnérahles encore par les rayons durs. C'est là un fait capital ; il est aisé de le constater; son importance est mesuiée par la stérilisation partielle ou totale, temporaire ou déllniiive, qui en est la conséquence. Que la stérilisation soit temporaire ou définitive, dans les deux cas l'épithélium se dépeuple de cellules séminales. Tandis (|ue les générations cellulaires antérieures à l'irradiation continuent à évoluer et s'éliminent peu à peu à l'état de spermatozoïdes, la néoformation des cellules est arrêtée pai- la lésion des spermatogonies. l^orsqu'il ne reste plus aucune cellule séminale, l'épithélium ne comprend plus que le syncytiura nourricier. A ce moment le poids du testicule est diminué de moitié. Si les spermarrr- gonies sont mortes, cet état aspermatogène est définitif; si les spermatogonies ont été seulement arrêtées temporairemerU dans leur multiplication, celle-ci recommence vers la quatrième ou la cinquièjiie semaine et l'épilhélium se repeuple peu à peu partielle- ment. Nous avons observé les diverses pliases et les divers degrés de ce pro- l/|6 ACADÉMIE DES SCIENCES. cessus dans notre série de lo rais. Dans deux cas, les testicules avaient reçu à liavers l'i'"'' d'aluminium un rayonnenienl correspondant, en intensité, à la leinle :'( de Bordier; après 2H et 27 jours respectivenienl, aucune sper- nuUogonie ne subsislail, plus dans la coupe transversale du testicule, et le dépeuplement était achevé. Il est très probable cjue la stérilisation totale fût restée définitive. D'autres rats, irradiés dans les mêmes conditions, mais dont la survie sera prolongée pendant plusieurs mois, confirmeront, nous l'espérons, la réalité de ce résultat, (jui n'avait pu être obtenu jusqu'à pré- sent en une seule séance et sans radiodermite. Les efîets du faisceau filtré se distinguent encore des effets du faisceau Idlal par deux particularités très im{)orlantes. D'une part, en aucune partie du testicule irradié (filtre de 2""", teinte '1), il il'y a de lésion brutale (des- truction massive de lubes séminaux), comme on en observe après l'action du faisceau total liclie en rayons mous. D'autre part, les lésions produites par le rayonnement dur sont généralement égales dans toute l'étendue de l'organe, au lieu d'clre disposées par zones d'intensité décroissante, comme api'ès l'action du faisceau total. Il nous semble superllu d'insister sur l'importance di's coiistatalions liis- tologiques que nous apportons, au point de vue des futures applications thérapeutiques. Les résultats obtenus jusqu'ici par la rontgenisation des néoplasmes malins au moyen du faisceau total ont été plutôt médiocres, sauf en ce qui concerne certains néoplasmes cutanés. Mais les elfets biolo- giciues, ou plus précisément cylologiques, des rayons très pénétrants et filtrés, efi'els que nous mettons en évidence, autorisent de nouvelles espé- rances. l'HYSlOLOGlE l'ATlloI.OGlQUE. — L'épreuve de la glucosiirie (dinicn- taire chez Vèpilepliquey INote de MM. Florence et Ci.i';mei\t, trans- mise par M. Bouchard. L'étude de la glycosurie alinu'utaire cliez l'épileplique a lait robjel dun certain nombre de travaux. Block, Chvostek, Moritz, cités par Mendel, lu- l'ont jamais observée dans cette maladie. Seul Lugralo obtient des résul- tats très faiblement jiositifs. Nous avons repris l'étude de cette (juestion : eu recherchant et dosant les minimes quantités de sucre contenues dans les urines de nos sujets en expé- rience; en prolongeant pour cluupie individu nos recherches bien au delà des limites que se sont assignées la plupart des auteurs. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 1/17 Pour doser les faibles (|iianlilés de glucose dans les urines examinées, nous les avons concentrées au préalable dans le vide, à une température ne dépassant pas ôo". Dans jes cas difficiles nous n'avons pas hésité à recourir à l'épreuve de la glucosazone. Le glucose a été dosé par la liqueur de Fehling après défécation de l'urine n l'aide du sous-acétate de plomb li(|uide. Nos recherclies oui été elleoluées sur des hommes sains et des épilfpti(iues main- tenus à l'asile des aliénés, les uns et les autres vivant de la même vie, soumis au même régime. Nos conclusions pnrlrnl sur l'cliule coniparalive des résiiUaLs fournis par ces deux catégories de su/c/s. La premlcre partie de notre travail est consacrée à Télude de la glycosurie alimentaire, dans les conditions de durée oi'i on la pratique liabiluelleincnl (12 heures environ). Dans une seconde partie nous éludions cette épreuve pendant 8 à r "i jours consécutifs. I. A 4 hommes normaux et à 8 épileptiques pris en deliors des périodes d'attaques, nous avons administré du glucose, soit pur, soit commercial, à des doses variant entre iSo" et sSoS. Le glucose a été dosé sur les échantil- lons d'urine prélevés de 2 en 9, heures à partir du momeni de l'ingestion. Nous avons constaté dans ces conditions que, chez les 4 hommes normaux, l'élimination commence dés la deuxième heure, atteint son maximum (o''',3o de glucose en moyenne ) vers la huitième, pour décroître ensuite pro- e:ressivement vers la douzième. Les urines du malin au réveil ne contiennent plus que des traces de corps réducteur. (^hez les 8 épileptiques, l'éHmination du sucre est calquée sur celle de l'homme normal, jusqu'à la douzième heure. Mais, tandis ([ue chez 3 d'entre eux elle continue à décroître, comme il arrive chez l'individu sain, elle remonte chez 1 autres au point de se rapprocher du maximum de la veille. Les urines du lendemain matin conliennent en ellel of'.ao environ de glucose. ('e fait nous indique que chez l'épileptique l'élimination de ce corps est loin d'être achevée 24 heures après l'ingestion. IL En conséquence, nous avons entrepris une nouvelle série d'expé- riences sur 3 individus normaux et sur 20 épileptiques, en dosant le glucose pendant plusieurs jours consécutifs dans les uinnes des 24 heures. Voici ce que nous avons constaté : chez 3 individus normaux l'élimination atteignant Son maximum dans les a4 heures qui suivent l'ingestion, décroit tiés régulièrement pendant les jours suivants pour cesser vers le sixième jour. l48 ACADÉMIE DES SCIENCES. Hien «le lél ne se produit clie/, Tépileplique en période d'altninies. Tout d'abord rrliiiiiiialidii varie avec chaque malade. Mais en réunissant en un schéma ces diver- gences individuelles d'ailleurs assez faibles, on peut ainsi définir les caractéristiques de réliniination du glucose chez ces malades : plusieurs cycles de durée variahie, de valeur généralement décroissante, séparés par des iMlerruplions plus ou moins com- jilélLS. Durée totale allant de lo à -20 jours. En somme, on peut dire que réliniination du sucre dans l'épilepsie est irrégulière, prolongée, poljcyclique. Les attaques ne paraissent pas modifier beaucoup l'élimination du glucose, en ce sens qu'elles n'inlluent pas sur la production d'un maximum ou d'un minimum et, pour tout dire, parce qu'elles n'enlèvent à celte élimination aucun de ses caractères. Les troubles gaslro-intestinau\ si fréquents chez l'épileptique communiquent à la courbe éliminatoire une irrégularité poussée à l'extrême. Le bromure de potassium parait inlluer sur Péliminalion qu'il tend à régulariser et à rapprocher de celle de l'homme normal. Il y u lieu do se demander quel esL le iiiécauisuie de la ijlucosuiic alimen- taire chez l'épileplique. l'die n'esl pas due à des troubles gaslro- intestinaux car nous avons soifj;neusement choisi des sujets à Tabri de celle complication. Du reste la glycosurie d'origine gastro-intestinale chez répilepticpte atteint une irrégu- larité telle, nous l'avons vérifié, qu'elle n'est en rien comparable à celle que présente l'épileptique dont l'appareil digestif est intact. La perméabilité rénale n'intervient en rien dans cette glucosurie dont le caractère dominant est, nous l'avons vu, la longue durée. En comparant la courbe éliminatoire des premières heures de l'épileptique et de l'homme normal, on constate que l'élimination de sucre a lieu aux mêmes moments chez les uns et chez les autres; cette concordance existe encore pour les niaxima et les minima. Enfin l'épreuve du bleu pratiquée chez un grand nombre de malades nous a été un garant de l'intégrité du rein dans tous les cas. La glycosurie de l'épilepsie n'est pas un signe d'insuffisance hépatique car, dans ce cas, elle serait élevée et suivrait immédiatement l'épreuve. Mais elle doit être rapprochée de celle que Haedke a provoquée chez les trauma- tisés crâniens. Elle esta rapprocher aussi de la glycosurie spontanée signalée par Robin chez certains dyspeptiques et due pour cet auteur à des excita- tions réflexes parvenant au foie. L'excitabilité réflexe étant diminuée par le bromure, on s'expliquerait ainsi l'action de ce médicament (pii rapproche l'élimination du sucre chez l'épileptique de ce qu'elle est chez l'individu sain. SÉANCE DU 12 JUILLET rgog. 1/(9 PHYSIOLOGIE. — Action /ly/jo/ensù'e du sérum de cliieii privé de surré- nales. Noie de MM. Je.w G.vurKEi.ET et Louis Thomas, présentée par M. Yves Delage. Les recherches de l'un de nous (') Tonl amené à considérer dans Torga- nisme le système des glandes à clioline, hypotensives, comme antagoniste des glandes adrénalogènes liyperlensives. La suppression des surrénales, organes adrénalogènes les plus développés, entraîne l'hypotension chez ranimai décapsulé, fait établi par Boruttau, Weiss et Strehl. Le sérum de chien décapsulé, injecté à un aulre animal, modifie-t-il la pression de celui-ci? Renfenne-t-il de la clioline? Telles sont les deux (piestions que nous avons tenté de résoudre. Nous avons donc, chez un certain nomhre de chiens, prati([ué l'ablation simultanée des deu\ surrénales; a[)rès un temps variant de '\ à ij heures, nous avons recueilli le sang à la carotide. Ce n'est qu'après '\è heures que le sang, reposant dans un endroit frais, exsudait une quantité de sérum suffisante ('lo™' environ) pour permellre son injection à un autre chien. 25"^'"' du sérum étaient injectés alors dans la saphène d'un cliien de i5''s en moyenne dont la pression était prise à la caiolide. Après i5 secondes, le tracé indique une baisse de pression manifeste : celle-ci se fait lentement et progressivement; après 5 minutes, elle est de 5'"' de Hg, les deux éléments variable et constant s'étant abaissés de pair. Ce minimum obtenu, la pression remonte alors progressivement, et, après six. nouvelles minutes, atteint son cliilVre primitif. , .,,i,,,l'i.; • Oimparativement, l'injection de So'''"' de sérum de cliien Miuuial n'a piciduit aucune modification sensible de la pression. Dans plusieurs autres expériences, nous avons obtenu une baisse de pression variant entre 2""' et 6'^"' de mercure. Le sérum de chien décapsulé et mort de son insuffisance surrénale, injecté à un autre animal, produit donc une haisse de pression. Poursuivant nos investigations, nous avons mis en évidence que l'extrait alcoolique de ce sérum jouissait de la même propriété hypolensive, mais cpie l'etiet hypotenseur disparaissait si le chien subissant l'injection avait préalablement reçu une injection d'atropine. (') Jean Gaitrki.kt, Du rôle liyi'otenxeur de la clioline dan^ V organisme (Cùmptes rendus, t. CXI^V'llI, 1909, p. 99">)- C. R., 190;), ?• Semestre. (T. GXLIX, N- 2.) -O l5o ACADÉMIE 0ES SCIENCES. Or la clioline est éminemment soliiblc dans Falcool el la propriété (|u'elle possède d'abaisser la pression artérielle est neutralisée par l'atropine, (le fait nous a donc amené à rechercher la choline dans le sérum de chien décapsulé. Nous l'avons alors caractérisée d'une façon constante, chez les chiens ayant subi l'ablation des deux surrénales depuis loou 1 5 heures; nous avons obtenu, avec l'extrait alcoolique de leur sérum, la formation de cristaux de cbloro7)laitinates, solubles dans l'eau ('), et même dans deux expériences nous avons obtenu des cristaux d'iodo-choline avec le réactif de Florence. Le sérum d'animal décapsulé, tant par ses pi'opriétés physiologiques qui' eliimieo-physiques, semble donc renfermer de façon constante de larh(^line. Far cotrtre le sérum normal ne contient pas^de cholirie on, du nH)ins, il n'en contient qu'une dose infime, ce (pii explicjuelesTéaCtionsel les opinions contradictoires à ce sujet. CHIMIE, pUYStOLOGKjUE. — Su?- la compasilion c/iimique de la bile de bœuf. ,,.il,,,,Nç!le de M. i\.-A. l>.\iiiiiEiii, présentée par M. Armand (iaulier. La méthode employée a été la suivante : \. 3o' de l)ile fraîche de bn'uf sont séchés à 38". %., La masse sèche est traitée à froid par l'alcool fort ipii laisse un n'-sidu insoluble presque entièrement protéique. li. On 'filtre et l'on agite la solution alcoolique réduite avec li' sulfure de carbone |mr. 11 se forme dcu\ couches, l'une supérieure (a) alcoolique et l'autie inférieure (/)) sulfocarbonée. 4. Les deux couches sont séparées. Le CS'^ de la couche ( />j est distilli'', et le résidu, complètement dissous dans l'éther de pétrole, l'orme la l'arlic I : Principes soliibles dans l'éther de pétrole. '5.' OH''distllle l'alcool de la couche supérieure (â!)"êt le résidu, après lavages répétés à l'éther de pétrole, est dissous dans l'illcodl foï't. 6. A cette solution alcoolique ou ajoute un excès d'acétone qui provoque, niais d'une manière toujours incomplète, un précipité que j'appellerai pro-' Visoireméht hiline brûle. La biliue dissoute dans l'eau forme la l'artic II : Pri//ri//es solublcs d/iris l eau. (•) A noler égalenieiil l'iipparilioii de ciislau\ de neiiiiiie [cf. Marino-Ziicco). SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. l5ï 7. Les alcools qui onl permis la séparation de la bilinc brute sont réunis à la solution (6) formée d'alcool et acétone. Cette solution alcool- acétonique, réduite à consistance sirupeuse (Masse A), dépose une; grande partie de ÏNaCI, qu'on sépare par centrifut;alion. Pour débarrasser la masse sirupeuse (A) des dernières ti-aces de bilino il est nécessaire (pie chaque volume de cette masse soit délayée dans 20^"' d'alcool absolu. La totalité de la biline précipite alors. On (litre, on distille l'alcool et le résidu épais, repris par un excès de cliloroforme, abanflonne le reste du NaCI. On distille le clilorot'oruie, et le résidu est enOu dissous dans l'alcool fort. Ou obtient ainsi une solution al('0()li(pi(' de bile entièrcnieiil privée de graisses et de la plupart àcs sels luitK'iaux ( \a ( -1, pliosyihates, etc.). 8. A cette dciniére solution alcoolitpu' on Jijoute un ni(''laui;(' formé de 10'"' de chloroforme avec 10*"' d'une solution aqueuse d'aldéhyde formique à |,^„ et l'on agile. On obtient ainsi deux couches, l'une supérieure (>) alcoo- lique ou Partir III : Principes solnhles dan'! l'alcool, et une couche infé- rieure (//), verdâtre, constituant la Partie IV : Principes solubles dans le chloroforme seul. Les deux couches sont séparées et l'on l'enouvelle cette opération jusqu'à ce (pie la couche inférieure soit incoloi'c. (lel II' ini'thode piMinct le fraclioniii'ini'iit de la solution piiniiti\i' di' bile en (piali'e parties, avet' ('limiiialion de la pii'sqne Idlallti' des sels mini'iaiiv. A. I'ahtii! 1 : l'rii>cipes soliitile:i (tans t'élhur (le pâlrole. — yn' dp lille ont donin'' 3o" (If principes soluliles dans i'èllier de pétiole. f)e ces piiiicipes :><»« soiU représentés pnr la cliolesterine et ros par fhuile de bile contenant, pour loos, oe, i5 à os, 20 de l'Ii et de la ti'istéariiif. Celte cliolesterine fond à 1 'i>"»°, elle ■» donné à l'analyse : C=:83,."ir), 11 = 11,95, 0 = .1,.5o. H. PAinir II : Principes solubles dans l'eau. — • 70' de bile onl donné 2.55 de l)iline ijrnle. C'est une poudre jaunâtre soluble exclusivement dans l'eau. La biline n'est pas ainère. C'est un mélan!;e 1res riche en cendres, mais exempt de sulfates. Sa solution aqueuse n'est pas précipitée par l'acétate de plomb, elle est partiellement précipitée par Tacélale de cuivre en flocons jaunes verdàties. Après élimination complète du Cu do ce précipité, il est possible d'obtenir cristalline une matière colorante jaune (lue j'étUfr dierai. L'analyse de la liiline hrnle a donui' ; C=:3o,i5, H=r6,i6, i\ = 8,i5, S = 2,3o. PI)=o,-'|Ji <' et cendre^ := 52,79, On peut enlever la matière minérale en majeure partie par diaivse, C. l'Ainir lit : Principes soliit/les dans l'alcool. — Lis soiU représentés en grande partie par les sels sodiques biliaires. Pour séparer ces principes sans le'; altérer et 152 ACADEMIE DES SCIENCES. enlever le INa, on ajonle à la soliilioii alcoolique une soliitiim alconlique de IICI à 1 pour loo lant qu'il se forme un pii'cipilé de ISaCI qu'on sépare par cenlrifugalion. On neutralise le léger excès d'acide par une solution alcoolique de KIIO à a pour lOo, on évapore et Ton reprend le tout par le clilorofornie. La S(dntion chloroformique est filtrée, et le lésidii de l'évaporation du chloi-oforme esl redissous dans ralcool. On recommence sur cette nouvelle solution alcoolique l'ad- dition de II Cl alcoolique comme ci-dessus et l'on neutralise une seconde fois par la hilO alcoolique. On répète ainsi l'opération jusqu'à ce que tout le Na soit éliminé sous forme de NaCl. La résine, définitivement séparée après évaporation du chloroforme, ne con- tient que 1res peu de NaCI; elle est très, amère et d'une odeur aromatique. Elle fond à 48°; elle esl complètement insoluble dans l'eau et l'élher. Elle esl soluble dans l'alcool, le chloroforme, les acides concentrés et dans les solutions des carbonates alcalins. L'analyse de la matière brute a donné : 0^=61,67, 11:= 9,36, Sm i,35, Plir^o,35, N := 2, 10, 0 =: 22,17; Gendres 3,o. Celle résine fera l'objet d'une étude ultérieure. D. Partik IV : Les principes solubles dans le chloroforme seul sont représentés par la biliverdine. La Ijiliverdine est cristalline et dichroïque. La solution chlorofor- mique verdàlre de biliverdine se transforme en une solution rouge par un excès de chloroforme. E. Si i' de bile fraîche est additionné de son volume d'alcool fort il se forme un préci- pité blanchâtre constitué presque entièrement j)ar une matière protéique insoluble. Le précipité est séparé par filtration, et la solution esl évaporée et sécliée à 38°. Lors- qu'on applique à celle masse sèche la méthode ci-dessus, on obtient les mêmes résultais. Si la l)ile est soumise à une dialyse prolongée et si l'on applique à la partie resiée sur le dialyseur la même mélliode, on obtient aussi les mêmes résultats. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la vie de la levure après fermentation. Note de MM. E. Kayseh et A. Denoi.ox, présentée par M. MiiiUz. Dans la fabrication des boissons fernientécs on ne saurait se borner à considérer la levure comme un simple agent producteur d'alcool grâce à la sécrétion de diastases appropriées. Il faut faire intervenir également les réactions intracellulaires qui résultent du fonctionnement vital des cellules dans toute sa complexité. Les produits formés au cours de la fermentation proprement dite ont fait l'objet de nombreux travaux. On pouvait se demander si la levure n'est pas apte à jouer encore un rôle important après la disparition complète du sucre. La question présente d'ailleurs un intérêt pralicpie, puisque les vins blancs qui se clarilienl mal sont parfois traités avec succès par une certaine quantité de grosses lies qu'on laisse en contact avec le vin souliré du début de décembre au printemps. Nous avons déjà SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 1 53 montré (') que le séjour sur lies est caractérisé par des phénomènes d'oxy- dalion imputables à la levure et en relation avec le degré d'aération. Nous avons étudié ici les variations de ce même phénomène avec un certain nombre d'autres facteurs : température, origine de la levure, éducation et nutrition azotée de celle-ci. Nous avons opéré sur des vins naturels filtrés à la bougie et transvasés aseptiquement sur la levure. Celle-ci avait été préa- lablement multipliée dans l'eau de touraillons sucrée, additionnée dans cer- tains cas d'azote ammoniacal [SO''(NH'')- ] ou amidé (leucine). Enfin le vin lui-même fut, dans un cas, additionné d'azote ammoniacal. La durée de contact fut environ 6 mois. ExPÉRIENfiR I (en Iari;e contact avec l'airj. Vin blanc (folle blanche). TempciaUii'O Température moyenne : 7°-8''. moyenne : conslanle ^ — -^ is^-iS". +1». Témoin Levure (3) — — sans levure. Levure (3). leucinée. Levure ('i). Levure (3). Alcool 7°, 40 7°, 00 3", 90 6°, 00 7°,3o Acidité totale (SOMI-^) .''jk.GS 4^,84 3k,S5 4^,66 5^,76 Acidité volatile ((^-O'Ml*). os,84y 0",658 of-', 160 of,265 o^-', 4o3 Eaii-de-vic correspondante. Par lilre de vin. me !653 2645 1 ,35 o>7 206,5 244,3 44,3 5., 2 mg mg ms Aldéhydes 78,9 4090 2935 Furfiirol 0,69 0,56 2,55 l'-lliers . '93,6 180,4 145,2 Alcools supérieurs 5o,7 60,7 5i,6 ExpÉRiEiscK II (en liallons à long col complètement remplis). Vin rouge (.\igues-Mortes) . — Température moyenne : iS", Levure a. Témoin — -^ — -^ — — ^ sans S0'(N11')= S()'(Nn')= levure. I.ev. 87. avant. dans le vin. Lev. IC. Alcool 7", 60 7°,o5 7°, 20 7°, 00 6", 55 7'',5o .Acidité lolale (SO'-II-) 5!-', 18 4fc',5o 4i-',()5 4'-',8o 4-',28 4''.38 Acidiié volatile (C-O-II')... 0^.668 ot'.558 0",583 0^.583 op.6i5 0^.625 (') Comptes rendus, juillet 1907 et janvier 1909. i54 ACADÉMIE DES SCIENCES. Eau-de-vil' carrexpondanle. Par lilre de vin. mi: iiiî: ïiik mg _ m^ iiiB Aldéliyiles 04. 7 436, ■>. la^S 784 r.o68 306 Fiiifiirol 0,57 0,60 0,42 o,38 0.98 0,90 l'^lliers io4i6 II S, 4 116,4 136,0 9'-," 111,5 Alcools supérieurs. ... 69 70 79, 63 .06, 5 So ■ En présence de levure nous constatons flans tous les cas une disparilion d'alcool supérieure à celle du témoin et variable suivant le cas. Ce t'ail s'observant pour des ballons placés exaiclemcnt dans les niêines conditions de température et de surface libre ou ne saurait l'attribner à l'cvaporation. Les différences sont surtout sensibles en lari;e contact avec l'air. VjW tout cas elles sont assez considérables pour qu'on ne puisse mettre en cause le manque de sensibilité de la méthode de dosage. D'autre part, nous avons constaté ailleurs qu'une addition de HgCI" exerce une action protectrice vis-à-vis de l'alcool. Il faut en conclure que la levure est capable iruliliser celui -li a|)rès fermentation. La formation d'akléliyde se présente dans certains cas avec une intensité remar- quable {Exp.'I, n'^). Le phénomène s'observe encore à une température voisine Aetif {E.t'/i. I, n" H). Les diverses levures étudiées se con>portent très difTéreinment. Cliose curieuse la levure IG du Gard est celle qui semble le moins adaptée à agir sur le vin qui a la même origine qu'elle. I^'éducation de la levure, en ce qui concerne sn nutri- tion azotée, inlluence son action oxydante; le rôle de la leucine est particulièrement marqué à cet égard (E.rp. I. n" 3). 11 eu est de même quand on ajoute an milieu une certaine quantité d'azote ammoniacal (E.rp. II. n" 3). Grâce à cet apport dans un mTlieu appauvii l'activité vitale de la levure semble se poursuivre avec plus d'in- tensité. L'acidité totale diminue par combustion des acides fixes et, comme ce fait s'observe même en profondeur, on peut considérer que ces acides constituent un aliment liydro- carboné assimilé par la levure en l'alîsence de sucre. Les variations trouvées pour le furfurol semblent indiquer que la levure entre en jeu dans sa formation. La levure leucinée, celle qui consomme des sels ammoniacaux, l'augmente. Liant donné que l'hvdrolyse des matières protéiques fournit des corps lié- lérocycliques tels que l'acide pyrrolidiiie-carboiii(|ue, peut-èlre faut-il \oir là un pro- duit d'excrétion lié à la désassimilation azotée. Les éthers varient peu. On ne saurait d'ailleurs apprécier d'après les résultats de l'analyse la quantité qui a pris naissance, par suite de la facilité avec laquelle ils s'évaporent. Enfin, les alcools supérieurs ont également varié très peu et l'influence de la levure s'est montrée insensible. Comme nous l'avons montré dans les fermeni.Tiions pures le fusel prend naissance au cours de la multiplication de la levure. En dehors des applications à la pratique et au mode d'appréciation des SÉANCE OU 12 JUILLET 1909. j55 eaux-de-ivie, nos recherches semblent comporter une conclusion théorique impoiilanle. On a pu croire que le cas de rEaroU'ojjsù GayQtù, capable de consommer l'alcool, était une exception et que cette propriété .n'existait pas, en particulier, chez les Saccharomyces. J^a levure d'ananas, (|ue nous avons déjà étudiée antérieurement ('j, fournit une démonstrali(Ui frappante du contraire, puisqu'on la voit détruire l'alcool au fur et à mesure de sa pro- duction. Mais, enlreceUeiIevureià caractère nettement aérobie elles le.vures alcooliques ordinaires représentées par les levures de vin, il n'y a qu'une dillérence de degré. Pour observer le phénomène il suffit de laisser les liquides complètement fermentes, au contact de la levure pendant un lenq)S suffisant cl dans des conditions où celle-ci puisse mener une vie aérobie.. A la respiration intramoléculaire qui caractérise la fermenlati()n pro|)rement dite, succède alors la respiration normale dans laquelle on voit la levure se comporter comme tous lus autres végétaux et brûler, en particulier, 'les acides organiques. Mais l'oxygène se fixe.égalemenlsur l'alcool et l'aldéhyde élhylique constitue un stade de celte axydation que nous saisissons et (jui témoigne vraisend)ialilement d'une respiration ralentie. Celte n-spiration de la levure se constate (Micore au voisinage deo"; elle varie avec la nulriHoii azotée antéiiieure ou actuelle, OBiqui ne saurait surprendre, puisque les combustions respiratoires afleclent les albuminoïdcs. Après fermentation, la cellule de levure se comporte donc, au point de vue physiologique, comme une cellule normale. De tels faits pcu\eut être utilement invoqués à l'appui de la théorie de la zymase dans la respiration végétale. CHIMIK BIOLOGIQUE. — Action des rayons idira-ciolets sur le cidre en ferme n- lalion. Note de MM. Maikain et Wakcoi.hkr, présentée par M. Houx. ISous, avons obtenu par l'action des rayons ultra-violets l'arrêt de la fer- 1 mentation de cidres doux en pleine fermentation. Le^ cidres absorbent beaucoup ces rayons, de sorte que, pour obtenir l'arrêt de la fermentation, il faut opérer soit sur des couches très minces de cidre pur, sdil sui' d,és couches plus épaisses de cidre dilue; les résultats donnés ci-après,préçi= seront ces épaisseurs et le tem[)s d'exposition nécessaire. La source utilisée est une lampe à vapeur de mercure en quai'tz, du modèle i'ouleuc pour rio volis, fonctionnant au régime de '2,5' ampères. .(') Comptes leiiiliis, janvier 1909. l56 ACADÉMIE DES SCIENCES. Dans des expériences préliminaires, nous avons comparé grossièrement l'absorption du rayonnement photogénique de la lampe par des couches de cidres à différentes dilutions d'environ i""" d'épaisseur, contenues dans une cuve dont le fond était une lame de quartz de 5™'° d'épaisseur, et placée au- dessus de la lampe, à 5""\ Avec le cidre pur le plus limpide, l'impression d'un papier au citrate d'argent ne commence à devenir visible qu'après une minute et demie à 2 minutes, et, après 3 minutes par exemple, l'impression est seulement du même ordre que celle obtenue en quelques secondes quand, dans le même dispositif, la couche de cidre est remplacée par une couche d'eau distillée ordinaire de même épaisseur. Avec des cidres dilués au -'^^ par de l'eau distillée, dans les mêmes conditions, ce papier est impressionné assez fortement en i minute. Pour étudier l'action du rayonnement sur la fermentation, on ensemen- çait des tubes d^eaii de touraillons sitci'ée et acidulée à 2 pour 100 d'acide larlrique avec les échantillons de cidre |)ur ou dilué soumis au ra\onne- ment de la lampe; des tubes témoins étaient toujours préparés; d'ailleurs ce soin était superflu pour toutes les séries d'expériences où les résultats, fer- mentation ou non-fermenlatiou, étaient nettement séparés par la durée d'exposition seulement, et se servaient ainsi mutuellement de contrôle. riiVoici les résultats obtenus : i» Couches (le cidre pur d'épaisseur o""",24. — On les obtenait en déposant sur une lame de quartz à faces parallèles, de 5""" d'épaisseur, quelques goniles de cidre, et en recouvrant la lame de quartz d'une lame de verre séparée de celle de quartz par de petites portions d'une même lamelle de verre de o™™,24 d'épaisseur. Le s^'stème était exposé, la lame de quartz en dessous, au-dessus de la lampe, à 4'''". Pour éviter l'écliauflement, dans les essais de durée supérieure à i minute, on fragmentait l'expo- sition en autant de fois qu'il était nécessaire. Dans ces conditions, l'arrêt de la fermentation est obtenu par toutes les prépara- lions exposées au rayonnement pendant 3 minutes ou plus de 3 minutes, tandis que la fermentation se produit pour les préparations soumises au rayonnement pendant 2 mi- nutes ou moins de 2 minutes. 2° Couches de cidre pur de o'"™, i4 d'épaisseur. — Exposées dans les mêmes con- ditions. Mêmes résultats. 3" Couches de cidre pur d'e/niron 1""" '/'épaisseur, — Elles ont été exposées de deux maniérés : soit dans une petite cuve en cuivie élamé, très plate (pour que le liquide ne monte pas sur les bords par capillarité, ce qui aurait augmenté l'épaisseur pour une partie du liquide) placée au-dessous de la lampe, à 4""; soit dans une cuve dont le fond était la lame de quartz de 5™" (dont les parois avaient été légèrement graissées, pour ê\iter encore l'ascension capillaire), placée alors au-dessus de la lampe, La fermentation a toujours eu lieu, après des expositions allant jusqu'à lô minutes. SÉANCE DU 12 JUILLET I909. 137 Ainsi, sous cette épaisseur, l'absorplion des rayons par les premières couches est assez forte pour empêcher l'action sur la levure dans le reste du lir[uide. On évitait l'échauHement comme il a été dit. 4° Cidre dilitii au .}jj par île t'eaa dislillée. — Couches d'environ i""",7. Séries faites avec la cuve métallique, c'est-à-dire le cidre dilué étant exposé diiectement au rajoiinenient, avec des durées d'exposition de 1, 2, 3, /j, 5 et 6 minutes. Dans une série, la préparation exposée i minute a termenté, les autres non. Dans une autre série, aucune des préparations n'a feimenté. — Série faite avec la cuve à fond en quartz, c'est-à-dire avec interposition de la lame de quartz entre le cidre dilué et la lampe : les préparations exposées 1 et 2 minutes ont fermenté, les autres n'ont pas fermenté. Kn résumé, l'arrêt de la fermentation est obtenu, poui' des couches de cidre pur d'environ | de millimétré d'épaisseur, avec une durée d'exposition supérieure à 2 ou 3 minutes, et, pour des couches de cidre dilué au ^ d'environ i""",7,5, avec une dui'ée d'exposition supérieure à i ou ?, minutes. MÉDECINE. — Reproduction expérimentale du typhus exanthéniatique chez le singe. Note de M. Cii. ]\u;oi,i.ii, présentée par M. Uoux. Nous limitons cette première Note à l'exposé résumé de nos expériences. Celles-ci portent en elles leur enseignement. Le typhus exanthéniatique, ma- ladie considérée comme particulière à l'homme, n'avait pu jusqu'à présenv être reproduite chez les animaux. Son étude expérimentale qui semblait impossible devient réalisable du fait de son inoculabilité au singe. Le matériel d'expériences a été emprunté par nous à un indigène atteint de typhus et traité au lazaret de la Rabta (Tunis). Voici l'observation de ce malade d'après les renseignements qui nous ont été fournis par M. le D' Broc, auquel nous sommes heureux d'adresser nos remercîments pour la com- plaisance avec laquelle il a facilité nos recherches. Observation humaine. — M. B. K. D., 35 ans, entré à l'hôpital Sadiki le i:^ nnai pour calcul vésical, présente le 17 une élévation brus(|ue de la température; en raison de l'épidémie régnante de typhus, il est dirigé de suite sur la Kabta. A l'entrée, langue rôtie, constipation. Le ig mai, congestion du visage, un peu de stu])eur, éruption dis- crète de taches rosées sur les flancs; pouls 108; rate normale; |)as d'albumine. Dés le lendemain, amélioration évidente; le malade s'assied dans son lit. Il sort le 27, sur sa demande. _ - En résumé, typhus classique, bénin, de cinq jours de durée, dont nous donnons ci-dessous la courbe thermique. Le igmai, troisième jourde l'infection, quelques heures après l'apparition de l'éruption, nous prélevons dans la veine de ce malade 1*=""' de sang que nous inoculons de suite à un chimpanzé. Cet animal, après une incubation de G. K., 1909, 2- Semestre. (T. CXLIX, N° 2.) 21 1,^.8 ACADEMIE UKS SCIENCES. 24 jours (iiilenoiii[iiu' sriik'mciil piu' uir- l(''i;(Tc rlrvalioii iheniiiqiic âv ■2 jours) a pn'scnlù un lyj)lius des plus ncls, ainsi (|uc le nioulicul l'ohsoiva- lion suivanlc eL la couche lhei-ini(|ue cjui racconipa|^ne : v\ g- ■• ^/ ' i'-jou'i. 5 « JfO « 1^ jy ri i- ig 1 /i â;2LLA i 4 M ;i 1 ^ ^^4 Courbe M.B.K.D. Typlius exanlliéinnli(|ue. Courljc I. Observation du clninpanzé. — il s'ai;it irun iiiiimal jeune, condition a priori défa- vorable si Ton se rappelle que dans l'espèce liinn.aine le Ijplius est pailiculièreinenl lien in el même passe souvent inaperçu chez l'en fan l. Bonne sa nié jusqu'au 12 juin. Ce Fis. 2. ■i S le « m 35 . iù i.< U //.< ,w *' 1 ■ ^ - |i \ 4 ^^ r Jl K \ l f "ri" \ A-^..-^^^H'^'yKi.^ A h ~"^~"jj\t''~ 4 u-^ |_^_^, . ^^^^ Courbe II ( Cliinipaiizé. ) jour (25"' de l'inocidalion ), la leinjjéi'ature s'élève. Elle dépasse /(o" le i5; à celle date, l'élal généial denienie bon; l'animal reste généialemenl couché, mais se lève pour manger el boi,ie. L'éruption est aj)|)arue le 17, sous forme de taches rouges siégeant à la face, où elles se voient mal, à cause de la pigmentation de la peau; elles sont, par conlie, Itien visibles au niveau des oreilles. A partir du 18, aggravation de l'étal SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. iSp général, coïncidanl avec la chute de la lempérature; prostration; le chimpanzé ne se lève plus, ne mange plus ou à peine; diarrhée. Le 2^, apparition de placards rouge sombre, mal limités, sur le tronc. Les jours suivants, disparition de cette éruption, desquamation des mains, amaigrissement progressif, hypothermie. En résumé, incubation de i'\ jours, lypints bénin (dans la période fébrile) et d'une durée de 7 joifrs ; éruption. Cachexie consécutive. Le i5 juin, quatrième jour de l'infection du chitnpanzé, alofs que la tem- pérature atteint /jo", '^, et 2 jours avant l'éruption, nous prélevons dans la veine de cet animal i""' de sang (pie nous inoculons sous la peau d'iui bonnet cliinois (Macacus sinicus). (]elui-ci, après une incubation de i3 jours, a contracté un typhus typicpie, comme le prouvent l'observation et la courbe qui suivent : Observation du bonnet, chinois. — Etal général parfait jusqu'au ■?.' juin, date de l'élévation thermique, et même état encore les deux jours suivants. Le 3o juin (Séjour de l'infection), apparition raj)ide flune éruption siégeant à la face, principaltnutnt au niveau des oreilles, de la racine du nez et des l'égions palpébrales, frontale et nialaircs. Celle éruption est constituée par des taches rouge \ if, connuenles sur le ne/., isolées ailleurs ; elles s'eiracent par la pression pour reparaître dés que celle-ci cesse. L'animal est énervé, il présente des IrembleuK'nls (ibrillaiies el reste couché ; langue humide ; pouls I 10. Même étal le li'ndemaln. L'éru|)lion s'est altéunéc- à |)artir des jours suivants, elle n'est pas encore totalement disparue au moment de la défervescence. Clelle-ci sur- vient au huitième jour de la maladii'. I^'état est alors assez bon, l'animal luaiige, mais il resite couché et a extiémement maigri. Présence de cylindres epil lirllai]\ nombieiix dans l'urine. Fig. 3. Coiirhe lit. (Bonnet chinois En résumé, typhus classii/ue. d'une durée de S jours, avec éru/Uion des /dus caractéristiques. l6o ACADÉMIE DES SCIENCES. Deux essais de transmission de typhus par inoculation directe du san" du malade au bonnet chinois nous avaient donné des résultats négatifs. Les expériences que nous venons de relater prouvent; 1° La possiijilité de transmettre le typhus de l'homme au chimpanzé et, après passage par celui-ci, au bonnet chinois, espèce commune. 2° La présence du virus dans le sang de l'homme le jour de l'éruption et dans le sang du chimpanzé 2 jours avant l'apparition de celle-ci. Nous adressons nos remerchiicnts à l'Institut Pasteur de Paris qui, en mettant généreusement à notre disposition un chimpanzé, a permis la réalisation de nos expériences. HYGIÈNE. — Effets au point derme chimique {ozone, etc.) de l'immersion dans l'eau de la lampe en quartz à vapeur de mercure. Note de MM. J. CouRMONT, Th. IVogirr et A. Rochaix, présentée par M. Guignard. Nous avons montré (') que l'immersion d'une lampe en quartz à vapeur de mercure (lo"™?, i35™"^) dans de l'eau limpide, détruit dans celle-ci les microbes ordinaires et le colibacille en i minute environ jusqu'à 3o^'". Nous venons aujourd'hui étudier les modifications chimiques consécu- tives à cette immersion. Nos expériences ont porté sur iSoo""' d'eau dans lesquels une lampe en (|uartz, semblable à celle ci-dessus, était immergée pendant 10 minutes. L Y a-t-il production d'ozone? MM. Bordier et Nogier avaient déjà montré (-) qu'il n'y avait pas production d'ozone dans l'air entourant la lampe de Kromayer. Il n'y en a pas davantage dans l'eau. En effet, une eau renfermant 5™' d'oxygène par litre avant l'immersion, ne contient ensuite pas trace d'ozone décelable soit par l'odeur, soit par les réactifs suivants : Solution cFiodure de potassium amidonné; Solution de clilorhydrate de mélapliénvlène-diamine; Papier imprégné de plilaléine et iiumecté d'une solution de Kl à i5 pmii' 100; Papier imprégné de sulfate de manganèse. (') J. r.ouiiMONT et Tu. Nogier, Sui' ta stcritisntion de l'eau potable au moyen de ta lampe en quartz à vapeur de mercure {Comptes rendus, 22 février 1909). ('-) II. HoHuiKR et Tu. Nogier, /lec/terc/tes sur la cause de l'odeur prise par l air soumis aux radiations ultra-violettes émises par la lampe à vapeur de mercure {Comptes rendus, 10 août 1908). SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 161 L'action bactéricide n'est donc pas due à l'ozone. II. Modificalions des principales subslan<:es recherchées dans les enu,T potables. — Les expériences ont porté sur de l'eau de rivière additionnée successivement de chacune des substances suivantes : A. Matières organiques diverses : 12 expériences. — Les différences con- statées ont été neuf fois infinitésimales. Dans une expérience, la réduction aété de 1*5,64 d'oxygène consommé par litre (avant) à i*-',.'!'! (après). Deux fois seulement les différences ont été plus marquées. B. Ammoniaque. — L'écart le plus considérable entre les dosages avant et après a été de o«, 124 à oi^, 122. C. Nitrites. — Le plus souvent, pas de modification ou seulement un écart de o^^oiSi de Az-0' par litre, par exemple à 08,0242. Dans un cas exceptionnel, les nitrites (o8,o5 de Az-C par litre) avaient totalement disparu. D. Nitrates. — Pas de modification. III. Conclusions. - L'immersion /?/o/o/?^eV- (10 minutes ) d'une lampe en quartz à vapeur de mercure de 3o™' de longueur, dans looo''"' d'eau renfer- mant de l'oxygène, ne produit pas d'ozone et n'entraîne le plus souvent que des modifications insignifiantes des matières dissoutes expérimentées. ANATOMIE GÉNÉRAI. 1:. - Sur lu valeur paire de parties impaires et sur la dissymétrie de parties paires, d'après des SylUdiens en stolonisation el en régénération. Note de M. Au«. HIiciiel, présentée par M. Heimeguy. A l'extrémité de chacun des demi- bourgeons qui, chez la plupart des SylUdiens, sont préparés d'avance pour reconstituer par l'accolement de ces moitiés la queue de la souche après départ du stolon, j'ai découvert un très petit appendice, constamment présent en dedans du cirre anal, et dont la paire parait représenter l'appendice impair décrit par les auteurs à l'extré- mité d'une queue ordinaire. Jai toujours vu cet appendice chez les très nombreux individus des diverses espèces à demi-bourgeons de soudure- tardive que j'ai été à même d'observer à la Station zoologique de Naples : Syllis proliféra., S. vittata, S. cirropunctata n. sp. (voir Comptes rendus, I*'' février 1909), à l'exclusion de S. arnica qui ne forme pas de demi-bour- geons préalables et de Tijpanosyllis zébra où les demi-bourgeons confluent dès le début, bien avant la séparation du stolon (voir Comptes rendus, 102 ACADÉMIE DES SCIENCES. 24 mai 1909). Même lorsque, à la suile de l'ablation expérimenlale de l'un des demi-hoiiri^eons chez S. proliféra, j'ai vu la queue se reconstituer par régénération au bord interne de la moitié conservée (naturellement pourvue d'un grand cirre anal ordinaire et d'un petit cirre), j'ai pu constater sur ce demi-régénêral lui-même non seulement un grand, mais aussi un ])elit cirre : l'appendice est ici encore double malgré la demi-régénération sans accolement. Après la soudure des demi-bourgeons ces petits appendices restent séparés; en sorte que, chez les premières espèces citées, la duplicité de ce petit cirre anal permet de reconnaître les queues de stolonisation des queues primitives où l'appendice est simple suivant la description des auteurs, et des queues de régénération ordinaire, c'est-à-dire ne débutant qu'après la section, où j'ai constaté ce petit cirre également unique; de même chez 5. arnica, qui ne forme pas de demi-bourgeons avant la sépara- tion du stolon et ([ui ne l'eproduit la (jueue de la souche que par une régéné- ration ordinaire, je n'ai jamais reconnu qu'un appendice impair. Il ne semble pas que les deux petits cirres se soudent finalement; c'est seulement très exceptionnellement que j'ai vu le retour à l'unité se produire par la soudure seulement basale en une pièce bifurquée ou par la diminution ou même la disparition de l'un des deux appendices. Les auteurs ne voient dans l'appendice impair ({u'un simple prolongement, le pseuda-cirre , sans portée segmenlaire; il me semble, au contraire, d'après le cas des demi- bourgeons de souches, que cet appendice de valeur paire peut, au même titre que les grands cirres anaux, être assimilé aux appendices parapodiaux; si l'on admet que ces grands cirres anaux représentent des cirres dorsaux, les premiers, plus ventraux et plus petits, pourraient être homologués à des cirres ventraux. De même pour l'antenne médiane, mais ici par anomalie exceptionnelle, j'ai vu, dans quehpies cas de régénération céphalique, apparaître à la place de cet appendice impair deux appendices voisins, mais séparés : le cas s'est présenté plusieurs fois chez S. villata, une lois même après disparition d'une antenne impaire primitivement apparue; je l'ai observé aussi sur un régé- nérât céphalique de iS. arnica, déjà remarquable par le développement de ce régénérât et la uniltiplicité de têtes stoloniales. ( \ou Comptes rendus, 28 juin et i5 février 1909.^ On pourrait peiil-èlre citer aussi, à l'appui de la valeur paire des appendices impairs, des cas de bifurcations d'appendices : j'en ai observé des exemples sur des antennes médianes lanlôl avec branches assez longues, voire même des ramifications, tnnlôl à fourche à peine plus indiquée que par une extrémité élargie et troufjuée, le plus sou- SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. l6'^ veiil chez Syllis vitlala. mais iiiissi chez 5. proliféra el Ocfonlosyl/is vircscciis. Mais ce nui iliiiiinue liik!, présentée par M. Henueguy. J'ai montré, en 1908 ('), que les iiiitocbondries d'un Iiifusoire cilié, le Strohilidium gvraris, pouvaient être colorées par l'acide osmique, tout au (') Sur le Stiobilidium gyrans (Comptes rendus Association des Anatomisles, Congrès de Marseille, 1908). l64 ACADÉMIE UIÎS SCIENCES. moins dans certaines condilions, cl «[uc Tiilcool, Téthei- el le chloroforme pouvaient les altérer; j'en ai eonclu que ces mitochondries, ou spliéro- plastes « sont constituées par un subsliatuin all)uuiiiK)ïde », mais que celui-ci, probablement, « renferme des cor[)S lipoïdes el se trouve séparé du plasma ambiant par une mince couche lipoïde ». En juin 1901S ('), en étu- diant l'appareil mitochondrial de l'œuf de Juins Icrrestris, j'ai insisté sur l'existence dans la mitocliondrie d'un grain protoplasmique et d'une sub- stance particulière à la(pielle serait due la colorabilité spéciale de cet élément. Je me proposais de « revenir procliaineinent » sur hi iiaUiie de celle substance, mais les reclierclies que A. Mayer, G. Sclurfler et moi avions entreprises sur les réac- tions microcliimiques des corps gras ont élé plus longues que je ne pensais, el ce n'est que tout dernièrement (juin 1909) (^) que nous avons indiqué quelques-uns de nos résultats. En décenibie 1908 ('), dans une série de Notes extrêmement intéressantes, M. Regaud, en partant d'un matériel dilTérent, les cellules lesliculaires du I^at, est arrivé à la même conclusion, et il admet avec moi que « les mitochondries sont con- stituées ])ar un sup|iort protoplasmique de forme variable, combiné à nne substance caractéristique possédant îles réactions microchiuiiques spéciales ». En étudiant la fixation des mitochondries par l'acide chromique avant ou après traitement par l'alcool, Kegaud conclut qu'il « sera peut-être possible de ranger les substances mitochon- drialcs dans le groupe des lipoïdes ou des lipoprotéides solubles dans l'alcool », et en mars 190g (*), à propos de la colorabilité des mitochondries et de la myéline par l'hémaloxyline après fixation au bichromate-forniol, il ajoute que la substance grasse des niitocliondries ne se colore pa~ du tout par l'acide osmique qui noircit pourtant la myéline, et que d'autre part « la graisse ordinaire (éthers d'acides gras et de la glycé- rine) n'est au contraire de la myéline (graisse phospliorée) ni insolubili^ée ni colorée » |)ar cette mélhode. On a beaucoup parlé, depuis lors, de la nature /ipoïde dus mitochondries, elje citerai particulièrement les recherches de M. iN'ageotte sur les mitochondries des cellules ner- veuses. Celles-ci ne peuvent pas être mises en évidence si la pièce a élé traitée par l'alcool avant la chroniisalioii. J'ai étudié les caractères histochimiques des mitochondries des Infusoires ciliés et des cellides de la lignée spermatique de quelques Insectes (^Pyrr/io- coris, Forficula, Apis^ Hyponotneala). Mes observations ont été laites à l'état frais sur des Infusoires ou sur des cellules dissociées soit dans l'eau salée, soit dans le liquide de Pictet, el après fixation. Les fixations ont été faites par quatre procédés dilTérents. (') Comptes rendus Soc. Bioloi^'ie, t. LXIV, p. loSy. C) Comptes rendus Soc. liiologie, t. LXVl, p. 921. (^) Coniptfs rendus Soc. Biologie, t. LXV, p. 566, 607, 660 el 718. ('•) Comptes rendus Soc. Biologie, 29 mars J909. SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. l65 \. Fixation par l'acétone et séjour prolongé dans ce liquide, soit à la tenrjpérature du laboratoire, soit à l'étuve à /Jo". B. Fixation par le sublimé alcoolique de Maier modifié, pendant quelques secondes ou quelques minutes au plus; lavage à l'alcool absolu, puis séjour prolongé soit à la température ordinaire, soit à l'étuve, dans l'alcool absolu, l'éllier ou le chloroforme. G. Fixations osmiques, chromo-osmiques ou chromiques. D. Fixation par le perchlorure de fer, l'acétate d'urane, le chlorure de platine, le peroxyde d'osmium ou le molybdate d'ammoniaque, suivie d'une réduction par l'acide pyrogallique. Les résultats généraux que j'ai obtenus peuvent se résumer ainsi : 1° Les niitochondries absorbent le peroxyde d'osmium sans le réduire; mais, si Ton traite par l'acide pyrogallique, elles se colorent en gris foncé, tandis que le cytoplasme et surtout le noyau restent très colorables par l'au- rantia. On obtient ainsi des figures semblables à celles données d'une manière inconstante par la métbode de Sjôvall. La même réaction est obtenue, mais plus faiblement, avec le fer, le platine, l'urane, le molybdène. ■2° En traitant de même des niitochondries préalablement fixées et lavées par l'un des procédés A ou B (acétone, alcool, chloroforme, etc.), on n'obtient plus l'imprégnation par les métaux sus-cités. 'i° Les mitochondries sont plus ou moins colorables par les méthodes de Benda et de Regaud. Après fixatiwii par l'un des procédés D elles peuvent être colorées par le violet de gentiane précédé d'un mordaiiçage au perman- ganate de potasse. 4° Après traitement [lar les procédés A ou B, les mitochondries de quelques Infusoires (Spirnslnrnurn) sont encore colorables par les trois méthodes précédentes; celles du Varcliesmni ne le sont plus, non plus que celles des Insectes. 5" Après traitement par les procédés A ou B les mitochondries restent fortement colorables par la fuchsine acide et l'éosine (les spermatides du Pyrrhocoris . colorées par la méthode de Mallory, montrent alors le corps mitocliondrial rouge vif, l'idiosome bleu, le noyau jaune). 6" Après fixation par les procédés C et D, les mitochondries ne sont plus colorables sans mordançage que par la fuchsine acide, l'orange G et l'éosine. La conclusion de ces recherches est la suivante : les mitochondries soiiL insolubles dans l'acétone, l'alcool, l'éther et le chloroforme (j'ai essayé également le toluène, le sulfure de carbone, etc.); mais, après l'action de ces solvants des graisses, leur affinité pour l'acide osmique est considérablement diminuée, et certaines colorations ne peuvent plus s'effectuer aussi bien, ou même ne l'éussissent pas du tout. c. R., 1909, 2' Semestre. (T. GXLIX, N° 3. ) 22 l66 ACADÉMIE DES SCIENCES. Si l'on compare ces faits aux résultats des recherches microchimiques que A. Maycr, G. Scha?fl"er et moi avons brièvement résumés dernièrement, on voit que seules les combinaisons d'adsorption dans lesquelles entrent les acides gras présentent tous les caractères histochimi(jucs des mitochondries. Comme nous l'avons annoncé dans notre ÎNote, nous exposerons ces recherches en détail dans un Mémoire ultérieur. ZOOLOGIE. — Sur In faune ichlyolo^ique du lac Victoria. Note de M. Jacques Pellegrin, présentée par M. lîdmond Pcrrier. Dans une précédente Communication (') j'ai indiqué que la faune ichtyo- logiquc de lac Tchad présentait de grands rapports avec celle du Nil, du Niger et du Sénégal. Il n'en est pas ainsi pour le lac Victoria, qui, à l'inverse du précédent, présente une physionomie assez particulière, au milieu de l'ensemble, en général, si homogène des eaux douces africaines tropicales. Les l'oissons du Vicloiia Nyaiiza, en elTet, s'écartent nolablernenl de reu\ du cours du Nil, fait assez singulier- puisque cel énorme lac s'y déverse et en constitue en quel- que sorte une des sources pi'inci|)ales. l'eu de formes sont communes à la fois au lleuve et au lac; en revanche quelques genres et de Ijès nombreuses espèces sont exclusive- ment piopres à ce dernier. On ne peut guère citer en Afri([ue que le lac Tanganjika qui présente avec le fleuve qu'il alimente, c'est-à-dire le (]ongo, des diflf'érences encore plus grandes que le Victoria avec le Nil. Les Poissons du Victoria commencent à être assez bien connus grâce aux travaux d'Hilgendorf, de Pfcffer el surtout de l^oulenger. Moi-même, dans une liste comprenant une vingtaine de formes de ce lac provenant des recolles eflectuées lors d'une pieniière mission en igoS et 190/1 par M. Gli. A Hua ud, j'ai donné (* ) la description de cinq espèces nouvelles, l'une type d'un genre nouveau de la familledesCiclilidés : V Asialorcochromis Alliiaiidi Pellegrin. Klles ont été reproduites ensuite par M. Boulenger dans son grand Ouvrage sur les Poissons du Nil ('), qui contient l'ensemble de ce qui est jusqu'ici connu sur la faune iclilyologique de ces régions. Sur 61 espèces citées par lui comme ayant été rencon- trées dans le Victoria, 46 lui sont absolument propres. Lors d'une seconde expédition de M. V\\. AUuaud, en 1908 et 1909, à travers l'Afrique orientale anglaise, de nouvelles collections de Poissons ont (') Comptes rendus, 17 mai 1909. (^) Mission de M. Cli. Alluaud en Afrique orientale : Poissons. Sysli'inaliiiue {Mém. Soc. zool. Fr., t. XVII, 190,5, p. 174). (') Zoology oj ligypt : The Fishes of tlie Nile, 1907. SÉANCE DU 12 JUILLET li»0(). 167 Clé encore rassemblées par lui dans le Victoria, à fCavirondoetà Enlebbé, et viennent d'arriver au Muséum de Paris. On trouvera ci-dessous la liste des espèces qu'elles contiennent : CiiARAClNlD^ : Alestes nurse Ri'ippell, ilcstes Sadleri Bouleni^er. Cypiiinid.e : Barbus trispilopleura Boul., />'. Magdalenœ HouL, iVeohola argenlea l'ellegrin. Sii.UKiD* : Clarias Alliiaiidi BoiiL, Schilbe niyslus Linné. ClOHLiD.E : Paralilapia prognalka Fellegr., P. longiroslris llilgendnrf, I'. serranus l'ferter, P. victoriana Pellegr., Aslatolilapia Guiarti Pellegi-., AslatoUlapia nigres- cens nov. sp., Tilapia nuchisriuarnulala Ilildgend., Tilapia Perrieri nov. sp. T. Stanlcyi Boni., T. Stanleyi, var. uniforinis nov. var., T. Martini Boul., T. lacrimosa BonL, T. nubiln Boul., T. nilolica Linné, Astatoreochromis Alli/audi Pellegrin. Cette liste, bien qu'assez restreinte, mérite de fixer l'attention, car elle comprend, outre de nouveaux e.veinplaii'cs des cinq espèces décrites par moi lors du premier envoi de M. Alluaud, plusieurs des formes plus récemment signalées par M. lioulenger. Enfin deux espèces et une variété de la famille des Cicblidés sont nouvelles pour la Science : V Astatolilapia nigrescens, le Tilapia Perrieri, le T. Slan/eyi, var. uniformis. H y a lieu d'ajouter à cette intéressante collection deux (Jyprinidés nou- veaux pris par M. Alluaud dans la zone inférieure du mont Uuvvenzori, le Capoëla Ihiwenzorii, nov. sp., et le Barbus Al/uaudi, nov. s[). ('). Le nouvel envoi de M. Alluaud vient donc confirmer nos données sur la pbysionomie assez particulière, bien que se rattachant à l'ensemble général des eaux douces africaines tropicales, de la faune icbtyologique du Victoria Nyanza. Sur les 22 formes citées ici, 5 seulement, en effet, se rencontrent en dehors du lac. Les espèces actuellement connues sont maintenant portées à G5, dont 49 exclusivement spéciales. Il permet en outre d'insister sur la variabilité tout à fait remar(piable dans le Victoria des représentants de la famille des Cicblidés, Poissons percoïdes des eaux douces africaines et américaines. Sans doute la différenciation n'est pas aussi considérable ([ue dans le lac Tanganyika et l'on n'y voit pas de spécialisations aussi extraordinaires de la dentition; néanmoins il est manifeste qu'il existe également dans le Victoria Nyanza un centre d'évo- lution pour le groupe qui y compte 3 [ représentants. Les espèces y sont peu (") Ces espèces seront décrilcs dans le litiltctin de la Société zoologir/ue de France. l68 ACADÉMIE DKS SCIENCES. fixées Cl Ton lidiivc des LransilionsnombrousL's (îulie diverses formes ailleurs beaucoup plus stables. Ces faits semblent donc indiquer que le Victoria est resté jusqu'à une période récente séparé du cours du INil et (pic les chutes de la sortie actuel- lement existantes mettent encore un obstacle assez sérieux aux migrations entre le fleuve et le lac lui-même, et ricc i^ersa. I )e plus, les grandes profon- deurs de celte énorme étendue d'eau sont également un des facteurs qui ont le plus influé sur la dillérenciation si remarquable des formes icbtyologiques qu'on y rencontre. GÉOLOGli:. — Sur le Silurien de la A'uuvelle-Zemble. Note de M. V. UoussANOF, présentée par M. A. Lacroix. Attaché comme géologue à la Mission arclicjue française du Comman- dant Bénard, j'ai consacré cet hiver plusieurs mois, avant un nouveau départ pour la même région, à déterminer une partie des collections recueil- lies par noire Mission en 1908. Ces collections ont été offertes par M. le (Commandant Bénard au Muséum d'Histoire naturelle, où je les ai étudiées sous la direction de M. Boule. On sait que la Nouvelle-Zemble esl formée de deux îles sé|)nrées par un détroit peu large, nommé Malotclikin-Char. L'île du Nord, couverte de montagnes qui dépassent 1000"' et de glaciers qui descendent jusqu'il la mer, n'avait jamais été traversée avant l'été dernier; la région cenliaie en était complètement inconnue. I^'expédition arctique française a exploré aussi lile du Sud, en parliculier les enviions de Kostin- Cliav et la Teiie aux Oies. Une partie de l'expédition, sous la direction du docteur Candiotti, médecin de la Marine, a parcouru l'irilérieni- de l'île, du golfe Nesnaemy, sur la mer de Kara, au golfe Crestovaïa sur la mer de liarents. Nous avons ainsi traversé la Nonvelle-Zemble au niveau du ^4" degré de lalilude, ]Je grands glaciers coniinus, parsemés de fissures dangereuses, remplissent les vallées. L'une des vallées i|ue nous avons explorées est bariée par un glacier de 2'"" à o''" de laigeur, de 8'"" de longueur environ, d'une altitude moyenne de Sjo'", mais dont les pentes descendenl jus(iiri\ la mer. Ce glacier se ramifie en deux branches dont l'une se dirige vers la merde Ixaia et l'autre vers la mer de Barents; on peut expliquer par une seirdjiable rauiillcalion l'origine du détioit Malolebkin-Char ; ce serait une vallée de cieusemenl i;laciaiie à demi submergée. La découverte tFun gisctiient de fossiles m'a permis de reconnaître l'âge des schistes argileuv noirs, fortement plissés, parfois redressés jusqu'à la verticale, (pii alllenrenl dans la partie orientale de l'île. Ils doivent être rapportés au Silurien; les grès qui les recouvrenl et qui occupent le milieu SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. 169 de File sont plus réconis ol il osl probable que les conglomérais cl les scliistes chloriteux qui affleurctil dans l'Ouest peuvent être attribués au Dévonien supérieur, peut-être même en partie à l'Anthracolitique. Le gisement de fossiles siluriens se trouve dans le fond du golfe Ncsnaeniy à la base d'un anticlinal orienté NiNE et dont le liane ouest, seul visible, a un plongement d'environ 35°. Dans les assises les plus inférieures eonsliluées par des schistes argileux gris foncé, on rencontre des nodules calcaires lenfernianl des coquilles de Naulilidés (|ue je n'ai pu rapporter à aucun des genres déjà connus et que je désigneiai sou^ le nom de Karoceras, du nom de la mer de Kara. Ces Karoccras, que je considère comme appartenant à la famille des Cyrtocératidés, ont des caractères communs aux trois genres (Jrlhoceras, Cyrtoceras et l'Iiragmoct'ias. La co(|uille, au lieu d'avoir une courbure à peu près régulière, continue, comme dans les Cyrtoceras, commence par être à peu prés droite et s'incurve ensuite assez brusquement. Tandis qu'on peut assi- miler la courbure des Cvrtoceras à une corne d'abondance, il faut comparer celle de Karoceras à une crosse. La chambre d'habitation est assez grande; l'ouverture est rétréçic, un peu comme chez les i'Iiraginoceras, mais à un degré moindre car elle demeure à peu prés elliptique et sans échancrures latérales prononcées. Les cloisons sont généralement peu concaves, presque plates. Le siphon est submarginal et placé du côté convexe, les goulots siphonaux sont obliques par rapport aux cloisons, ce qui donne à une section sagittale un aspect très spécial. Il me semble que ces Karoceras, dont Ta courbure est d'abord presque nulle, puis devient très prononcée à un certain âge, prouvent bien (|ue les Naulilidés enroulés, en général, ont eu comme ancêtres des formes droites. Un fossile du Silurien de Bohème, décrit par Barrande sous le nom de Cyrto- ceras laminare, doit être rappoité à ce nouveau genre. L'illustre paléontologiste a hésité, dit-il, pendant plus de 20 ans avant de figurer le spécimen unique, incom- plet, (|u'il possédait; il a en vain attendu la découverte d'autres échantillons complets en Bohême. Cette espèce est au contraire très commune à la Nouvidl^'-Zenible dans ces couches inférieures, où elle est accompagnée de trois ou quatre autres espèces nouvelles du même genre que je décrirai ultérieurement. Dans la même zone inférieure, j'ai recueilli en outre : Dalmania ccmdala Emm., Proetiis ivaï^atschcnsis 'l'scliern., Orlhis tenuidens Hall, S/rap/ioi/onta arnpla Hall, LcpUrna slriata Hall, Wliiljleldella didyma Daim. La zone moyenne est, au point de vue lithologique, une zone de transition, dans laquelle les schistes passent peu à peu à des assises gréseuses; son épaisseur ne dépasse pas 10'". Sa faune, riche surtout en Orthocères, comprend : Dalmania caudata Emmons, Phacops cL fecurtdas Barr., W/iU- /ieldel(adidymaDn\m., Orlhoceras decipiens Barr. , O. Richteri Biwv . , 0. Rohe- micum Barr., 0. Murchisoni Bari., 0. inseclum Barr., O. cf. docens Barr., 0. nndulatum Hall., Cyrtoceras Irunciun Barr., G', cf. indomtium Barr. 170 ACADÉMIE DES SCIENCES. La zone supérieure gréseuse représente, je crois, la partie terminale du Silurien supérieur. On y trouve en abondance Wldlfieldella didyina Daim, et, beaucoup plus nxrement^ S/ rop/iomcnn rus/)idatn Barr.,S. Stephuni IJarr., Spirijer parvulus Tschern., RhynrhonelUi Mincrva Barr. On n y rencontre ni Orthoceras, ni Karoceras. La liste des fossiles de la zone moyenne comprend surtout des espèces du Silurien de Boiiême; nous pouvons en conclure que, vers la fin du Silurien supérieur, il y avait une large communication entre la mer arctique et la mer de l'Europe centrale. Mais il semble qu'à une époque plus ancienne cette communication était moins facile, car la faune à Karoceras est, pour ainsi dire, spéciale à la Nouvelle-Zemble. Ces listes de fossiles contiennent aussi d'ailleurs des espèces américaines, ce qui confirme l'opinion de certains géologues, récemment présentée par M. Haug sous forme de carte, que la mer arctique communiquait, au Silu- rien supérieur, à la fois avec la mer européenne et avec la mer de l'Américjue septentrionale. La présence de deux, espèces du Dévonien (Sirup/iomena Stepltarn et 5. ampki) pourrait être expliquée en admettant que ces espèces ont apparu plus tôt dans les régions arctiques qu'en Europe et en Amérique et qu'elles ont subi une migration de la région polaire vers la région équatoriale.' Outre ces fossiles du Silurien, notre expédition a recueilli Atrypa wai- galschensis Tschern. dans les calcaires noirs de Kostin-Cliar et un fragment de gros Orthocère très analogue à 0. s^irgilum Barr. à peu [)rès au même point. La première espèce est voisine à' A. reticularis du Dévonien, la seconde a été signalée par Barrande en Bohême dans des assises du même âge. Nous sommes donc en droit de penser que les terrains dévoniens affleu- rent daus la région occidentale de la Nouvelle-Zemble. J'ai même trouvé près du Matotchkin-Cbar, du côté de la mer de Barents, des Productidés qui pouri'aient iiuli(pier la [nésence de terrains un peu plus récents. SISMOLOGIE. — Sur le Iremblemenl de lerre de Provence {\i juin 190;)). Note de M. Luuis Fabrv, présentée par M. Bigourdan. (I<>xtrait.) ... L'impression qui se dégage de l'examen des pays atteints par le tremble- ment de terre du 1 1 juin dernier est que l'écorce terrestre a été frappée de bas en haut par une masse sous-jacente. Ce gigantesque coup de bélier a produit des vibrations qui se sont propagées de proche en proche, qui se SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. I^I sont répercutées à travers les couches de terrains de diverses natures. Les lignes de cassure auront agrandi, amorti, réfléchi ces vibrations et pro- voqué ainsi des phénomènes spéciaux dans leur voisinage. Si l'écorce terrestre s'était affaissée, si elle avait joué le long d'une li};ne de cassure, il semble bien qu'on devrait trouver des traces de ce mouvement, des dénivellations du sol quelque part. Or, bien que le pavs soit sillonné en tous sens de routes et de chemins de fer, on ne trouve nulle part aucune dénivellation. Il est vrai que dans cer- taines parties en remblai les voies ferrées se sont légèrement alTaissées, mais elles n'ont présenté aucun changement dans les endroits où elles reposent sur le sol lui- même, parliculièremenl dans les tranchées. A part des éboulemenls de rochers sur des terrains fortement en pente, quelques fissures qui paraissent dues à des commence- menls d'éboulements et quelques sources taries ou accrues par la formation île fentes dans le sous-sol, le li'emblement de lerre ne laisse dans la campagne aucune trace de son passage. Il présente les caractères d'un phénomène dû à une cause extérieure à l'écorce terrestre et contre lequel cette écorce réagit, non d'un phénomène dont la cause, se trouvant dans l'écorce terrestre elle-même, y apporterait une modification permanente. Le tremblement de terre peut être défini : « un choc très violent, on une compression violente du sol, qui vient des prolondeursde la Terre et qui se propage de proche en proche ». Ce choc est vibratoire, c'est-à-dire composé d'une série de coups rapprochés venant alternativement d'un coté et de l'autre ; il est probableque le choc initial frappé dans les profondeurs du ^ol n'a pas ce caractèie, mais il le prend en se répercutant à traveis les diverses couches de terrain et en arrivant à la surface du sol (|u'il fait vibrer. En même lem|]S il se transforme en un roulement prolongé.... Chaque point de la surface terrestre est ainsi frappé pendant plusieurs secondes d'une série de chocs verticaux et hoiizontanx qui peuvent adècler diverses directions; mais il semble bien que, parmi ces diiectioiis, il y en a généralement une f|ui est de beau- coup prépondérante. Si le tremblement de terre provient d'un choc souterrain, il doit avoir une partie centrale autour de laquelle il rayonne au loin ; on constate en eflet ce rayonnement, avec afl"aiblissement progressif dans les pays éloignés des lieux frappés; près de ces lieux le rayonnement est moins visible, mais il paraît aussi exister autour d'une région peu étendue située entre les villes de Salon et de Lambesc. Autour de cette région centrale, le mouvement a rayonné et il a été amplifié ou diminué, ici ou là, parla nature du terrain superficiel et des couches profondes. Le choc a dû se produire à une profon- deur relativement faible — Une étude attentive des documents que j'ai recueillis, et des pierres dé- placées ou brisées, indique à Salon un choc vertical très violent, mais incliné vers l'Ouest, et à Lambesc un choc incliné vers le Nord-Est. Lorsqti'on se rapproche du centre du phénomène, que je place entre ces deux villes, le choc vertical semble moins sensible; on peut l'attribuer à ce (pt'il est, là, 172 ACADÉMIE DES SCIENCES. très sec cl bien perpendiculaire au sol, ce qui supprime quelques-uns de ses efîels. A Pélissanno, village voisin de la région où paraît se trouver le centre d'ébranlement, les maisons semblent- avoir été frappées de bas en baut, et quelques toitures se sont effondrées par parties dans les maisons dont les murs sont restés debout On comprend, d'après cela, que les effets produits par le tremblement de terre sont très complexes : les maisons, frappées en général obliquement, s'agitent dans le sens qui est le plus favorable à leur vibration, les objets placés sur des étagères contre les murs sont projetés à l'opposé de ces murs, mais dans une direction souvent oblique. Quant au choc vertical, il se ma- nifeste en décrochant les balanciers légers des pendules, rejetant des porte- bobèches hors des bougeoirs, vidant des boites de café on de sucre sans dé- placer la boîte, brisant d'un coup sec des objets en verre ou en terre sans les déplacer, lançant en l'air des chapiteaux qui, retombant sur leurs piliers, les brisent sur l'un des angles. Tout cela ne peut être interprété que par une étude attentive et minutieuse. La détérioration plus ou moins grande des maisons isolées ou des villages dépend aussi de causes complexes; les vil- lages situés sur des terrains fortement inclinés, ceux où des terrains de diverses natures sont juxtaposés, sont très ébranlés Ainsi les villages de Lançon et d'Aurons, quoique rapprochés de la région qui paraît être le centre de l'ébranlement, ont peu de dégâts; Vernègiies et Cornillon, qui en sont plus éloignés, ont été beaucoup plus éprouvés; cela peut être attril)ué à ce que les deux premiers villages sont sur un calcaire néocomien, tandis que ce qui est sur la molasse marine ou des calcaires feuilletés a beaucoup souffert. De même deux édifices également solides, placés à i""" de distance sur des terrains différents, peuvent subir, l'un de graves avaries et l'autre des dégâts peu importants. Je signale aussi les phénomènes électriques remarqués par un grand nombre de témoins. Dans les villes, les (ils conducteurs de lumière élec- trique, agités et recevant des pierres tombant des maisons, se touchent et produisent des éclairs éblouissants. Mais il semble bien aussi que, sur beau- coup de terrains, le tremblement de terre produise un phénomène élec- trique : le sol, violemment froissé, s'électrise, des étincelles jaillissent çà et là, visibles seulement pour ceux qui, par hasard, regardent le sol de très près Ces lueurs ont été vues par un grand nombre de témoins. Telles sont, dans leurs grandes lignes, les conséquences théoriques que j'ai pu déduire de l'étude à laquelle je me suis livré, sur place, du phénomène. , SÉANCE DU 12 JUILLEr It^ni). 1^3 SISMOLOGIE. — Sitr Ir tremblement de terre du - juillet if)0(). Note de M. Ai.fuki» Ax«ior. Une perlurbalion sismique d\ine iiileiisilé remarquable a été enregistrée le 7 juilict sur les deux sismographes Wiechert et Milne de rOhservatoire du Parc Saint-Maur. On trouvera ci-dessous l'indication des «phases prin- cipales; les heures sont données en temps moyen de (irccnwich; pour le sismographe Wiechert la durée d'oscillation du pendule est de 8 secondes et l'on a t'uiployé raniplificalion Ho. I. Premières oscillations préliminaires. — Elle> débuleiit l)riisqiiemerit el tl'ujie manière liés nelle à 2i''4"j"'3o*. F^our la coinposante M-S l.'i première oscillahon a. sur le Iracè, une aiupliliule de r'""',9; puis vient une série il^oscillations de l'aibic ain- |ililude mais très rapides ( période variant de i à 3 secondes). Poui' la cuiiiposanle I']-\V la première oscillation présente une amplitude de g""",o; les suivantes ont une péiiode plus lontrue que celle de l'autre composante (de 6 à 7 secondes) et une amplitude l)eauconj> plus g;rande. La comparaison des amplitudes de ces deux composantes montre que répicenlre doit se trouver à peu près à l'KSI'-. II. Secnnrtes oscillations préliminaires. — Elles débutent à 2 i''52"'22'', d'une ma- nière ahsolumenl nette pour la composante iN'-S, par une grande oscillation dont l'am- plitude totale atteint 17""", 3. Lamplitude de ces oscillations est plus !;rande et la période notablement plus longue que pour les premières oscillations préliminaires. On V rencontre des groupes dont la période dépasse 8 secondes. La durée des premières oscillations préliminaires, 6 minules 02 secondes, indique pour l'épicentre, d'après la formule de Laska, une distance approximalive de 5goo'"". III. Grandes oscillations. — Le début des grandes oscillations est moins net que celui des oscillations préliminaires; on l'estime à 2i''5G'"27'' pour la composante \L-W\ à 2i''.56"'24* pour la composante N-S du Wiecbert, et à 2i''56™,.5 pour la compo- sante \\-\\ du Milne. Le maximum se présente vers 22''4"', avec une amplitude d'en- viron i3"'"',o ])our la composante E-W et de 13""», 6 pour la composante iN-S. Ces oscillations sont notablement plus lentes que les précédentes, pour certains groupes la période a dépassé 16 secondes. L'amplitude des oscillations diminue notablement à partii' do 2a'' 16'". Sur le sismo- graphe \\ iecliert on ne voit plus, après 22'' So"', que des traces d'oscillations à peine perceptibles; on en retrouve encore sur le sismographe Milne jusque vers 22'' 3o"'. D'après ce qui a été dit ci-dessus, l'épicentre doit se trouver à environ .■')f)oo'""' dans ri'>st-Sud-Est, c'est-à-dire dans la région de l'Hindou-Kouch ou du Pamir, ce qui concorde avec les indications données par quelques journaux. Ce tremblement de terre a été. noté éi;,ilrmeiil à Grenoble, oii le sismo- C. 11., igo;,, 1' Semestre. (T. CXLIX, N- 2.) 2j 174 ACADÉMIE DES SCIENCES. graphe Kilian a enregistré à 9'V(8'"iG'' une secousse, de direction SE-NW. Il est diflieile de reconnaître à quelle phase exacte du phénomène corres- pond cette indication. M. (i. Uli.m.v.v.v adresse deux Notes intitulées : Le Iraitemcnt médical de l' appendicite et La valeur thérapeutique de la température animale. (Renvoi à l'examen de M. Ch. Bouchard.) M. .1. Co.\.sT.v\Ti.\ adresse une Note : Sur le mécanisme du vol de l'oiseau. (Renvoi à la Commission d'Aéronautique.) M. I'. ÏSaxet-ÎIivet adresse un Mémoire intitulé : Sur la stabilité longi- tudinale des mulliplans. (Renvoi à la Commission d'Aéronautique.) A 4 heures et demie l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 4 heures trois quarts. Ph. v. T. B(J1.I>KTI.\ ItlBI.IOGRAPlIIQUË. Ouvrages iikçus da.ns l.\ séanck du 21 juin 1909. Ministère de l'iiisliiiclioii publique el des Beaiix-Arls. Délégation en l'erse. Annales d'Histoire naturelle, publiées sous la direction de .F. de Morgan. Tome 1 : Paléonto- logie. Paris, Ernest Leroux, 1908; 1 vol. in-4°. (Frésenlé par M. Douvillé.) Traité de l' Alimentation et de la Nutrition à l'état normal et pathologique, j.ar le D'' E. Maurel. Volume III : Ration de la grossesse, de l'allailement et du travail. Influences qui modifient toutes les rations. Indications pratiques sur les aliments d'origine animale etvégétale. Paris, O. D.iin, 1909; i vol. in-8". (Présenté par M. Bouili.Trd. s SÉANCE DU 12 JUILLET 1909. " l-jb La station sismù/ue de Grenoble, par VV. Kiuan. (Extr. du Volume îles Compter rendus de l'Association pour l'arancement des Sciences : Congrès de Clernionl- Ferrand, 1908.) Paris; i fasc. in-S". Étal actuel et avenir de l'Aviation, par Rodolphe Sorkal. (E\lr. des Mémoires delà Société des Ingénieurs civils de France; Bulletin de juillet 1908.) Paris, F.-L. Vivien ; I vol. in-S". (Présenté par M. Deslandres. ) La locomotion aérienne mise à la portée de tout le monde, par Marcel Thssonseau. Paris, imp. Gnyart, 1909; 1 fasc. in-12. Sciences et religions à travers les siècles, par Sylvain Périsse. Pai i?, ■''isrhhacher. 1908; I vol. in-S". (llijininage de l'auteur.) Les glaciers orientaux- du Pic Long (Pyrénées centrales), par D. lîvnoux et L. Malrv; avec une planche. (Exlr. de A« Géographie, numéro du i5 juillet 1907.) Paris, Masson et C'^'; 1 fasc. in-4°. Les grottes de Bastaras ( Maut-Aragon, Espagne), ra"" Lucien Bbiet. (Spelunca. Bull. etMém. delà Société deSpéléologie ; t. VU; n» 53, mafs 1909.) Paris; i fasc. in-S". Recueil des Notices et Mémoires de la Société archéologiriue du département de Conslantine ; 11" Volume de la 4" série; l\-2'- Volume ilc la Collection. Constanliric, D. Braham ; 1 vol. in-8". Mémoires de la Société académique d'Agriculture, des Sciences, A/ ts et iielles- Lettres du département de l'Aube: 3° série, t. XLV, année 1908. Troyes; 1 vol. in-8°. Annales de la Société géologique de Belgique; t. XXXV, livr. 4 ; t. XXXVI, livr. j . Liège, H. Vaillant-Carmanne, 1909; 2 fasc. in-8°. Bulletin de l' Académie royale des Sciences et des Lettres de Danemark: 190", n°G; 1909, n° 1. Copenhague, 1909; 2 fasc. in-S". Congrès géologique international. Compte rendu de la .V' Session , Meœico, 1 906 ; \" et 2° fascicules. Mexico, 1907; 2 vol. in-.'i°. Guide des Excursions du A'' Congrès géologique international, Mexico, 190G; avec de nombreuses cartes, jjlanches et gravures. Mexico, 1906; i vol. in-S°. Boletin del Instituto geologico de Mexico; n"" 17, 21-23, 2'i (texte el planche--) et n° 26. Mexico, igori-igoS; 7 fasc. in-4°. Parergones del Instituto geologico de Mexico : t. I, n"" I-ÎO; t. H, n"" i-9. Mexico, 1908-1909; 19 fasc. in-S". OuvUAGES niiÇUS DA.NS LA SÉANCE DU 28 JL'IN I9O9. Le Prince Roland Bomi-arti! présente les trois |)ublic.iiious suivantes relatives aux fêles du Cinquantenaire de l'Origine des espèces : Order of Ihe proceedings al tlie Darwin célébration, keld al Cambridge june 22 lojune 24, 1909, witli a sketch 0/ Danvin's li/e. Cambiidge, 1909; 1 fasc. in-4''. Danvin célébration. Cambridge, 24 june. (Brochure contenant le texte des dis- cours prononcés en latin pour la présentation des récipiendaires du grade de Docteur es sciences honoris causa.) i fasc. in-4°. The foundations of the origin of spccies, a sketch wriiten in 1S42, by Charles Darwin; edlted by lus son Francis Darwin. Cambridge, 1909; 1 fasc. in-S", l-jb ." ACADÉMIE DES SCIENCES. Second .Mémoire sur la délerrnination des systèmes triples ortliogoitaïur qui comprennent une faniUle de cyclides de Dtipin, par Gaston Dahbol'x. (Exlr. des Mémoires de i Académie des Sciences: t. Ll, n" 2.) Paris, Gautliier-V'illars, 1909; I fasc. in-.4°. (Hommage, de l'uiileur. ) Service géographique de l'Année. Cours de Géodésie et d'Astronomie de position, professé par le lioiilcnanl-colonel Bourgeois; 2° tirage. 1908. Paris, imprimerie du Service géoi;rapliic|ue ; i vol. in -4". (Présente par M. Bouquet de la Grve.) Les aspects de la végétation en Belgique, par Charliîs Bommeii et Jean Massart. — Les districts littoraux et aLUn'iaitx, par Jean Massaki-. Bruxelles, Jardin bolani()ue de lElal. 1907; 1 vol. in-folio. (Adiessé par M. Th. Durand, Directeur du Jardin bo- tanique de riîlal belge. ') Annales de f Institut national agronomique : 2" série, t. VIII, fa^c. 1. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1909; i fasc. in-8°. liuHetin des séances de la Société des Sciences de Mancy : ?\' série, t. .X, fiisc. 1, janvier-février 1909. Paris, Nancy, Berger-Levraull et C"; i fa.-c. in-8". Enquête sur l'Economie sociale dans les communes rurales eu Finlande. 1901. III : Hannes GiiBHARi), Etendue des terres cultivées et leur répartition : Helsingfors, 1908; I vol. in-4°. Société de Géograpiiie de Finlande. Atlas de Statistique sociale sur les communes rurales en Finlande en 1901, par IIannf.s Gerhard. Helsingfors, 1908; 1 vol. in-4°. Feunin. Bulletin de la Société de Géographie de Finlande; 23-27, 1905-1909. Helsingfors; 5 vol. in-8°. La Société des Scikncbs kk Finlande, à Helsingfors, adresse les publications sui- vantes : Acla; 33, 34-. 2 vol. 10-4°. Ofversigt: 48-50. 3 vol. in-8°. Bidrag: 6>-(i6. 3 vol. in-8". Hydrographiscli-biologische Untersucliungen ; 1,2. 3 vol. in-4°. Festsc/iri/t fiir J.-A. Falmén; Bd. 1, 2. 2 vol. iii-4". ERRATA. (Séance du 21 juin 190;).) Note de M. A. Leduc, L ne nouvelle forme de réqualion caraclérisliquc des gaz : Page 1670, ligne 5 en remontant, au lieu de correspondant, lisez coriespondanls. Page 1673, ligne 3, au lieu de 0,001, lisez yo^. A( ADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUMJI 19 JUILLET lî)09. PRÉSIDKXCR DE M. Emile PICARD. MEMOIRES i:r «:oMMurvic.vrïO\s DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Président, en annonçant la mort de M. Simon Newcomb, associé étranger de l'Académie, s'expiinic comme il suit : L'Académie vient de faire une 1res grande perte en la personne de son associé étranger, M. Simon Newcomb. L'illustre astronome américain, qui vient de mourir à Washington, dailnéen i835; il fut successivement pro- fesseur à l'Observatoire naval de Washington, à l'Université John Hopkins à Baltimore et, de 1877 à i8()7, directeur du Nautic il Almanach américain. Il avait été nommé en 1874 corie.^pondant, et en 189G associé étranger de notre Académie. Newcomb fut le digne continuateur de Laplace et de Le Verrier. Son œuvre considérable, qui touche à toutes les parties de la Mécanique céleste, témoigne d'un labeur gigantesque. Les parties théoriques de cette science lui doivent un développement analytique nouveau de la fonction perturba- trice suivant les cosinus des multiples des anomalies excentriques des deux planètes, l'emploi des fonctions de Bessel permettant ensuite de passer aux anomalies moyennes. Dans le problème des trois corps, iNewcomb obtint des développements dans lescpicls le temps ne sort pas des signes sinus et cosinus, et l'on sait combien cette importante question, reprise ensuite par M. Lindstedt, a été brillamment approfondie par M. Poincaré. La théorie des mouvements des satellites des planètes ofl're parfois des. difficultés considérables; c'est ce qui arrive en particulier pour un satellite de Saturne, Hypérion, dont la ligne des apsides présente une rotation rapide. Newcomb, le premier, calcula les perturbations produites dans ce cas par l'action d'autres satellites, surtout de Titan, et put ainsi rendre compte d'un cas nouveau alors en Mécanique céleste. C. R., 1909, 2- Semestre. (T. IVJ, iN» 3.) 24 1^8 ACADÉMIE DES SCIENCES. En i8()') parut le grand Lravail de noire confrère sur les élénienls des quatre planètes les plus rapprochées du Soleil et les constantes fondamen- tales de l'Astronomie. La réfection des Tables de Mercure, de Vénus, de la Terre et de Mars était rendue désirable par l'accumulation de nouvelles observations méridiennes elles nouveaux passages de Mercure et de Vénus, que Le Verrier n'avait pas eus à sa disposition. On reste confondu devant l'énormité des calculs et la finesse dans la discussion des erreurs probables, exigées par une telle œuvre. Les résultats, confirmant d'ailleurs en beaucoup de points ceux de Le A'errier, ne vont pas sans quelque amertume pour la Mécanique céleste habituée à de si éclatants triomphes. I^e désaccord de 38" entre la théorie et l'observation, signalé par Le Verrier dans le mouvement séculaire du périhélie de Mercure, est porté à 4i") et deux autres désac- cords, de moindre importance, sont à signaler pour le périhélie de Mars et le nœud de Vénus. On doit en outre à Nevv'comb une discussion très serrée des hypothèses qui peuvent être faites pour expliquer ces désaccords, comme la non-sphéricité du Soleil et l'existence d'un anneau ou d'un groupe d'astéroïdes entre le Soleil et Mercure. Newcomb montre que ces hypo- thèses doivent être rejetées et fait la remarque curieuse que l'accord peut être rétabli, en substituant à la loi de INewton une loi où l'exposant, au lieu d'être deux, est égal à deuœ augmenté de i6 unités décimales du huitième ordre. Peu d'astronomes et de mécaniciens seraient sans doute disposés à accepter une telle loi, qui n'était d'ailleurs pour Newcomb dans le cas actuel qu'une simple règle empirique. Telle est du moins l'épithète dont nous qualifions les lois qui ne sont pas simples, l'idée vague mais féconde de simplicité étant toujours plus ou moins associée dans notre esprit à la notion même de loi naturelle. C'est dans la construction des Tables de la Lune que se présentent, en Mécanique céleste, les plus grandes difficultés. Celles-ci devaient attirer Newcomb. On savait que les Tables de Ilansen ne représentent pas avec une suffisante exactitude le mouvement de la Lune après i85o. Une étude approfondie des documents antérieurs à 1750 a montré à Newcomb que les Tables de Hansen ne représentent pas non plus correctement le mouvement de notre satellite avant 17J0. En particulier l'accélération séculaire de 12" admise par Hansen n'est pas d'accord avec les éclipses de Lune rapportées par Ptolémée, et Newcomb est conduit à remplacer ce nombre par 8", qui se rapproche du nombre théorique de 6" résultant des travaux, regardés sur ce point comme définitifs, d'Adams et de Delaunay. Newcomb discute aussi, après Hansen, Delaunay et M. Radau, les inégalités provenant de SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. ijQ l'action des planètes sur la Lune et, comme conclusion définitive de son grand travail, corrige les Tables de Hansen par l'addition de sept termes nouveaux. Je ne puis m'empêcher de reporter en ce moment mon souvenir sur la conférence magistrale que notre illustre associé faisait l'année dernière à Rome, au Congrès international des mathématiciens. Il s'agissait préci- sément de l'état actuel de la théorie de la Lune. Une des conclusions en était négative, les variations du moyen mouvement de la Lune ne pouvant être expliquées, comme on l'a proposé, par l'action des marées, car il en résulterait, disait INewcomb, des variations d'une minute dans notre mesure du temps depuis deux siècles, ce qui est en désaccord avec les passages de Mercure. Mais je suis certain que l'infatigable travailleur n'était pas décou- ragé par l'énigme lunaire plus irritante encore que celle relative au périhélie de Mercure : « J'ai avec moi », me disait-il, la dernière fois que je le vis sur les bords du lac de Xémi, u deux caisses remplies de longs calculs. Je vais dans la montagne pour les revoir à loisir, et peut-être les résultats n'en seront-ils pas sans intérêt. » La maladie, qui devtdt venir si peu de temps après, aura-t-elle permis à Newcomb d'achever le travail dont il paraissait beaucoup espérer? Souhaitons que le grand astronome n'ait pas emporté dans la tombe les résultats de ses derniers efforts. ASTROr^OMIE PHYSIQUE. — Recherches sur les mouvements de la couche supérieure de l'atmosphère solaire. Note de M. H. Deslandres. La couche supérieure de l'atmosphère gazeuse du Soleil ou de la chro- mosphère solaire a été révélée et photographiée récemment à Meudon avec les vapeurs du calcium et de l'hydrogène. Nous avons pu, d'Azambuja et moi, en employant des speclrohéliographes d'une puissance suffisante, sé- parer la lumière sj>éciale de cette couche des lumières voisines qui aupara- vant s'ajoutaient à elle, et obtenir ainsi des images bien pures. Avec le calcium, il a fallu éliminer la couche moyenne K^,, environ cinq fois plus, brillante que la couche supérieure K3. Avec l'hydrogène et la raie rouge H ot,.- nous avons écarté la lumière des bords, également intense, en retenant exclusivement la lumière du centre, qui est fort différente et fournil seule la couche supérieure ( '). (') Comptes re/ufiis. t. C\L\'I1. 1908, p. 467 el t- CXLVIIl, 1909, |j. loti et 13^5. l8o ACADÉMIE DES SCIENCES. Or ces images nouvelles du calcium et de l'hydrogène offrent des phéno- mènes nouveaux, caractéristiques, qui jusqu'alors avaient été masqués en totalité ou en grande partie par les images parasites qui étaient super- posées. Les taches sont, comme on sait, le caractère principal de la surface solaire; or elles diminuent progressivement de la surface à la couche supérieure de l'atmosphère; en haut, elles manquent complètement ou sont notablement moins larges et noires. Par contre, de nouveaux détails également noirs apparaissent : l'image offre des lignes noires, nommées Jîlamenls, droites ou courbes, plus ou moins larges et souvent très longues, l'allés retiennent l'attention plus encore que les taches, parce qu'elles ont en général une surface totale plus grande; elles sont frappantes, surtout dans les images de l'hydrogène dont les autres détails sont moins apparents et qui ont un développement moindre des plages très brillantes au-dessus des facules. Les filaments persistent comme les taches pendant plusieurs rotations et sont, comme elles, le siège de mouvements spéciaux; aussi les ai-je signalés comme ayant une importance au moins égale à celle des taches. De plus, la couche supérieure présente d'autres lignes similaires, moins visibles, appelées alignemenls, qui sont plus nombreuses, plus longues et même parfois s'étendent d'un bord à l'autre de l'astre. Les lilaments et aligne- ments constituent en fait un véritable réseau dont les mailles comprennent les taches et facules, et j'ai été conduit à admettre une liaison intime entre ces deux parties et avec la circulation générale de l'atmosphère solaire. Ces premières idées ont été exposées dans une INote de novembre dernier, intitulée : Caractères de la couche supérieure de V atmosphère gazeuse du Soleil i'). J'ai recherché surtout les analogies possibles avec l'atmosphère terrestre et les phénomènes de cette atmosphère que nous avons pu reconnaître, il est vrai dans la partie basse, seule accessible; et c'est ainsi que j'ai admis lassimilalion des taches et pores à nos dépressions ou cyclones et des filaments aux anticyclones. Les gaz et vapeurs solaires se rapprochent de la tache en tourbillonnant, s'élèvent au-dessus d'elle et redescendent à l'emplacement du filament. J'ai ajouté que cette théorie s'accordait bien avec les résultats connus du spectrohéliographe qui décèle seulement les formes et la situation des vapeurs, mais qu'elle pouvait être (') Comptes rendus, t. CXLVII, 1908, p. loiG, el Anii. des Spcctroscopistes italiens, mars 190g. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 18 1 modifiée par le relevé des vitesses radiales, relevé qui, étant fort long, n'était pas encore terminé. La Note actuelle présente les résultats principaux des spectrohéliographes dans les derniers mois, et surtout quelques faits nouveaux fournis par le spectro-enregistreur des vitesses radiales. Elle complète nos données expé- rimentales sur les fdaments, et permet de rectifier plusieurs points des théories précédentes sur les mouvements de l'atmosphère solaire. L'Observatoire de Meudon est le seul qui enregistre les mouvements radiaux des vapeurs solaires en même temps que leurs formes. L'appareil des vitesses radiales juxtapose les spectres de sections successives équi- distantes sur le disque solaire, et autant que possible de manière à reconsti- tuer l'image circulaire de l'astre. Il donne les formes générales des vapeurs et dans chaque section la raie K avec les détails des deux compo- santes K2 et K3 et leurs vitesses radiales. Il relève ainsi les mouvements des couches moyenne et supérieure du calcium. Cet appareil, aussi utile à notre avis que le speclrohéliographe qui relève les formes, a été essayé d'abord sous une forme simple en 1892, puis réalisé automatique à Paris en 1894 et à Meudon en 1900. Il a été agrandi et complété en 1907, l'expérience ayant montré qu'une grande dispersion et aussi une grande image de l'astre étaient nécessaires pour avoir tous les détails intéressants ( ' ). Dans sa forme actuelle, il comprend un collimateur de o™,8o et une chambre de 3", 5o, avec un réseau ou un train de trois prismes. Le réseau donne une image plus nette et exempte d'astigmatisme ; mais les prismes, qui ont une proportion moins grande de lumière diffusée, ont été préférés en général. L'appareil reçoit la lumière solaire d'un cœlostat et d'un objectif de o",i8 d'ouverture et 3"", 60 de distance focale. L'image finale a i4''" de diamètre et offre i4o petits spectres larges de i™", qui comprennent la raie K avec ses alentours immédiats et qui correspondeat à 1 4o sections équidistantes sur le disque. Sur chaque côté de l'épreuve on ajoute des spectres de comparaison qui sont photographiés avec la seconde fente élargie par le déplacement d'une seule joue, et sont fournis soit par le Soleil, soit par l'arc électrique. On peut ainsi, par l'intermédiaire de la joue fixe de la fente, comparer les raies (') Comptes rendus, l. CXIV, 1892, p. 27661 078, et t. CXIX, 1894, p. 4^7; Bulletin astronomique, octobre 1894 ; Comptes rendus, t. CXLI, igoâ, p. 877, et t. CXLVIl, 1908, p. 467- 1^2 ACADÉMIE DES SCIENCES. Ko el K;j en chaque point aux autres raies solaires plus fines, ou aux radia- tions d'une source terrestre. Ce spectro-enreg'istreur dos vitesses est en service depuis i()o8 et confié à Burson, astronome assistant, qui m'a aidé aussi intelligemment pour les mesures. Les épreuves complètent heureusement celles des spcctro-héUo- j,a'aph8s, et nous en avons déjà une jolie collection. Plusieurs résultats de ces épreuves ont déjà été publiés en 1908 ('); ce sont ceux (pii apparaissent immédiatement dans un premier examen t'ait à l'u'il nu. Parfois la raie K^ se montre à première vue troublée et sinueuse sur de larges étendues de l'astre ; elle donne aloi's l'impression que la couche supérieure est comparable à une mer agitée, et elle décèle ainsi ce que j'ai appelé les grandes vagues de l'atmosphère supérieure. La raie iv.j est aussi parliruiièremcnt intéressante dans les filaments, qui ofîrenl en général des déplacements radiaux plus grands que les parties voi- sines. Parfois la raie est dédoublée ou encore nettement et fortement inclinée dans le mèine sens sur une grande longueur du filament, les apparences étant aloi-s celles d'un long tourbillon à axe horizontal, parallèle à la sur- face. C'est ainsi que j'ai pu rapprocher les filaments des couloirs de grains de nos orages, qui offreut des mouvements analogues, attribués aussi à des tourbillons horizontaux. Cependant ces grands déplacements ijnmédiatement visibles ne sont pas permanents; le filament a, comme la tache, des périodes d'agitation et de calme relatif. Même les périodes de calme sont, en général, plus longues, et le déplacement, pour être décelé sûrement, exige alors une mesure pi'écise au microscope. Ces mesures sont malheureusement longues et pénibles, car elles sont par elles-mêmes délicates, et doivent porter non seulement sur le point précis du filament, mais sur les points voisins de la même section à une certaine di&tance. Même sur certaines épi-euves, tous les points sont intéressants, et le relevé, pour être complet, devrait s'appliquer à la surface entière. Or, toutes les sections d'une même épreuve, mises bout à bout, ont une longueur totale de 18 mètres; et si l'on admet une mesure en moyenne par mil- limètre, le nombre total des pointés est énorme. Le personnel de l'Observatoire, déjà insuffisant pour les recherches actuellement engagées, ne peut entreprendre un pareil travail. Il faut se (') Comptes rendus.^ 1908, l.. CXLVU,. p. 334. Cette premièrfe Note décrit saula- ment en réalité les grands mouvements, les perturbations des filaments. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. l83 borner, et j'ai relevé seulement les vitesses autour des taches et filaments avec l'aide de Burson et aussi en partie de d'Azambuja. Je donne ici seulement les premiers résultats obtenus sur les filaments en période de repos relatif. Les mouvements des gaz solaires, comme ceux de notre atmosphère, se divisent naturellement en mouvements parallèles à la surface ou horizon- taux, et en mouvements verticaux, les premiers étant liés principalement aux grands courants entre l'équateur et les pôles. Mais, dans le cas général, le spectrographe ne permet pas de séparer les deux mouvements. Aussi, comme je désirais relever surtout les mouvements verticaux, j'ai étudié seulement les filaments qui apparaissent au centre du disque, ou sur le mé- ridien central à une faible distance du centre. Le déplacement mesuré se rapporte alors aux seules vitesses verticales. (3r, neuf fois sur dix, dans ces conditions, sur les filaments de sep- tembre 1908 à juin 1909, la raie Kj offre un déplacement faible mais net vers le violet, comme le montre la figure ci-contre, qui reproduit les mesures l-'iK. ■■ - Langueurs comptées dans te seas de fa section Courbe des vitesses radiales mesurées le long d'une section qui contient un lilanient. faites le long d'une section, et représente le type moyen des déplacements observés. La partie hachée correspond au filament; et la vitesse de rappro- chement, d'après ces premières mesures, est variable et comprise entre 200'" et 25oo°* par seconde ( ' ). La vapeur s'élève nettement à l'emplacement du filament et, à une cer- taine distance, redescend un peu de chaque côté, tel est le fait expéri- mental. De plus, le sens du mouvement est contraire à celui que suppose la théorie émise en novembre dernier. Une autre objection se présente : dans le second semestre de 1908, les ( ' ) Le filament noir ne correspond pas toujours à la partie la plus basse de la courbe; et celte courbe, variable d'une section à la suivante, est généralement plus régulière au milieu du filament qu'à ses extrémités. Le sens de la vitesse radiale dans les filaments conduit à penser qu'ils peuvent avoir une action directe sur le magnétisme terrestre. l84 ACADÉMIE DES SCIENCES. filaments et aussi les taches ont été nombreux, mais, en mai et juin 1909, les taches manquent ou sont très petites, alors que les filaments sont au contraire très développés. Le lien supposé entre les taches et les filaments ne semble plus vérifié. La théorie présentée paraît en défaut. Il convient cependant, à notre avis, de la conserver encore, mais modi- fiée. On peut, en effet, l'élargir de manière à comprendre les faits précé- dents, et aussi les résultats remarquables reconnus récemment par Evershed sur les mouvements dans la pénombre des taches, mouvements relevés dans les couches basses et ensuite dans la couche supérieure K, ('). J'ai été maintenu dans cet ordre d'idées par l'étude des tourbillons liquides cellulaires de Benard qui constituent un résultat de première importance sur les mouvements dans les fluides. Le réseau plus ou moins hexagonal de Benard peut en effet être rapproché du réseau de filaments et d'alignements reconnu dans le Soleil. La similitude est plus grande avec les phénomènes des liquides très volatils, plus voisins des gaz. Le liquide est chaufTé par le bas, comme l'atmosphère terrestre, et, dans les deux cas, les courants de convection formés ont naturellement le même sens. Dans l'atmosphère solaire, étudiée surtout dans ses parties hautes, la rotation est au contraire inverse ; mais cette différence est ainsi explicable. Dans la célèbre expérience de Benard, au courant de convection observé dans le liquide correspond dans l'air, au-dessus, un autre courant ayant les mêmes limites, mais évi- demment de sens contraire. Il suffit de supposer, dans les couches superpo- sées du Soleil, des courants de convection également superposés, qui sont reHés ensemble comme les deux roues d'un engrenage, et tournent en sens opposé. D'autre part, les mouvements d'ascension et de descente seraient indiqués par les taches et filaments seulement lorsqu'ils sont concentrés sur un petit espace, ce qui expliquerait l'indépendance des taches et filaments, et la présence des filaments aux pôles où manquent les taches. De toute façon ces premiers résultats montrent l'utilité des épreuves de vitesse radiale. Il conviendra de poursuivre leur relevé sur le disque entier, pour étudier dans leur ensemble les courants de convection, les vagues atmosphériques, les courants entre le pôle et l'équateur, et la rotation des divers parallèles. (') Kodaïkanal Obsers'aloiy, Bulletin n° 13, p. 66, el Tlie Obser^'atory. 1909, p. 291. Dans la couche basse de la pénombre, les vapeurs s'éloignent du centie de la tache et s'en rapprochent dans la couclie haute. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. l85 ASTRONOMIE. — Sur la détermination des déplacements de l'axe de rotation des lunettes méridiennes. Note de M. 3Iaurice Hamy. La formule ordinaire de réduction des observalions méridiennes s'établit en supposant que l'axe do rotation de la lunette conserve une orientation invariable, quand on la fait tourner pour l'amener d'une direction dans une autre. Cette condition n'étant pas de celles qui peuvent èlre réalisées méca- niquement à coup sûr, il importe d'étudier les déplacements de cet axe et d'en tenir compte dans les recherches précises. Diverses méthodes ont été proposées pour atteindre ce but ('). Mais aucune n'est aussi expéditive ni aussi susceptible de précision que celle dont l'exposition fait l'objet de la Note présente. Cette méthode, imaginée en vue d'étudier le mouvement de l'axe du cercle méridien du jardin, à l'Observatoire de Paris, est fondée sur le théorème suivant, facile à établir par des considérations de «géométrie analytique : Je considère un faisceau de lumière parallèle qui subit des réflexions multiples sur deux miroirs faiblement inclinés l'un sur l'autre et à peu près perpendiculaires à un plan P. Projetons, sur ce plan, les normales aux miroirs et les faisceaux réfléchis, un même nombre de fois, par chacun de ces miroirs. On démontre que la projection du faisceau primitif fait, avec la projection du faisceau réiléchi d'ordre/^, un angle égal à 2/? fois l'angle des projections des normales, en négligeant des quantités du troisième ordre par rapport à l'angle de ces faisceaux et par rapport à leur inclinaison sur le plan P. Au point de vue pratique, si les angles en question ne dépassent pas une dizaine de minutes d'arc, les quantités négligées, vu leur faiblesse, sont absolument inaccessibles à l'observation. Voici une conséquence de cette proposition : Recevons les faisceaux dans une lunette et mesurons la distance de limage directe à l'image réfléchie d'ordre/^, avec un fil mobile perpendiculaire à la trace du plan P sur le plan du micromètre. Si l'angle des projections des normales, sur le plan P, vient à varier de £, la distance des projections diis deux images considérées, sur la trace du plan P, fournie par le micromètre, accusera une variation égale à ■2.pt (en tenant compte de la valeur du tour (') Voir, à ce sujet, l'excellent Ouvrage, publié récemment par M. F. Boquet, Les oljser^'alioiis méridiennes, t. II, p. 148; Paris, Doin et fils. C. R., 1909, 2= Semestre. (T. 1 i9, N- 3.) 20 ! fois pins i;raiid(; que si, par un moyen quelconque, ou avait nu-suré dircdi'inont l'angle de ces projections. 1^'applicalion de ces considérations à l'étude des dêplaceineuls de l'axe de rotation des lunettes méridiennes peut se faire eu employant le dispositif suivant : Sur riiM des piliers de la lunelle, je (ixe dans une mùchoire, un lubc ([iii pusse à travers le tourillon voisin, sans le toucher, el se prolonge jusqu'au cenUe du cube de rinslidinenl. L'extrémité de ce tube, la plus rapprochée de la mâchoire, est fermée par un dlaplirai^me percé au centre d'un pelil trou éclairé, par projection, avec un fila- nieiU de lampe à incandescence. L'aulie extrémité du tube porte une petite glace Gj. à faces jilanes, sensiblement parallèle au méridien, et un olijeclil' < >,, placé entre le diaphragme el la glace, ayant son loyer sur le dlnpliragme. La face extérieure de la glace G| est d'ailleurs recouverte d'une conclie d'aigenture transparente dont le rôle sera expll([ué jdtis loin. Ce système optique, complètement indépendant Au coi'cle méridien, reste immuable qnand on fait tourner ce cercle autour de son a\e. JLn regard de la glace G,, est disposée une seconde glace G.,, ég.ilonieiU recou\er!e d'une couche d'aigentuie transpui'ente, llxée invariablement à une foi le cloison rnélul- lique, parallèle au méridien, ^ issée au centre de l'in sir uni ont, dans les parois du oibu- Cette glace est suivie d'un petit objectif (), dont le foyer tombe sur l'axe et en dehors du second tourillon. 1olunicnl >table. Pour fixer les idi'-es dans ce (pti \a stiivrc, (jii supposera la niàciioire, por- tant la i^'lace (1,, installée sur le pilier Est de rinslrunicnt, 1c petit micro- mètre fixé au tourillon Ouest et la tète de Vis de ce micromètre touriiète''tUi côté de l'oculaire dti cercle méridien, lie plus, on adiiiriira tpie ce cci'cl'c est dans la position inverse, c'est-à-dire ipn^ la lèie de vis de son niirro inèlrc est placée du côté Ouest. On observe, dans l'oculaire du petit inicronièlre, une série d'iuiai;es du diaphragme, provenant des réflexions niidtiplcs des rayons sur les glaces G, et G.. Pointons, avec le (il mobile de ce microniètre, riuiage de rang/.» el retranclvous de la lecture faite au taniliour, celle qui corres[)ond au pointé de i'image de vttng 1 (la plus brillante ). La diiï'('rence, di\isée par -ip et n'-duileen secondes d'arc, doniu^ la valein- de la ])ioieclion de l'atigle des normales aux laces rétlécliissanles des glaces, sur le |)hiu 1^, |)erpciwlienlaire an méridien, contenant l'axe optiipie de la lunette. :Nous désignerons par SÉANCE UU 19 JUILLET 1909. 187 la liilre /, aU'oLtéc diiii indice convenable, celle })rojeition ainsi dolei- minée. Si Taxe de relation du cercle méridien conservail une orientation inva- riable, quand on le fait tourner, la direction de la normale à la glace G, décrirait nn cône de révolution autour de la direction de la normale à la i;lace (i^,. La i>r(ijcrlion /. correspondant au calage du cercle nii-ridicn [njur la d/'clinaison 1), pourrait, en conséquence, s'exprimer [lar la iornnde /r=AsinD4-BcosD, OÙ A et B sont des constantes, pMis([ue la trace, sur le plan du petit micro- mètre, de ia droite menée par le centre opii([ue de l'objectif O,, parallèle- ment à la direction de la normale à la lace réfléchissante de la glace G,, décrirait une circonférence autour de la trace de la droite menée, par ce même centre opti(pie, parallèlement à la normale à la l'ace réilécliissante de la glace (}.,. Mais si, par suite des irrégularités des louiilions et de la flexion latérale de Taxe de rotation, l'inclinaison de l'axe optique de l'instrument sur le méridien varie de s, la projection de l'angle des normales aux glaces (i,. (t., sur le plan I', variera de la même (piantilé e| l'on aura (i) / — A sini) + B cosi) -f- £, z étant considéré comme positif, de même ({uc la collimation, lorscpie l'objectif du cercle est dévié vers l'Est. Dans l'hypothèse où nous nous plaçons, la formule de réduction des obser- vation» méridiennes [leut encore être appli([uée, à condition d'alTecter la collimation d'une nutation, £, fonction de la déclinaison. La collimation iuslaulanée, pour le calage correspondant à la déclinaison 1), peut être représentée par c^ -h i, qui figure dans l'expression de c et dans celle de wcosip + «sin^p, soit petite. il n'y a, du reste, aucun inconvénient à ajouter à cette correction une expression de la forme XcosD -f- uLsinD, où X et [jl sont des constantes. Cette addition a simplement pour eflét de modifier//; et /(, (pii se cliangent respectivement en //( - A et n — a. iqo ACADEMIlî DES SCIENCES. Si Ton peut, déterminer A cl a tle telle sorte que la somme /, + /,- / ! : +- /. cosD 4- u sm D 2 soit négligeable, pour toutes les (lécliiiaisous, on sera en droit de (•(Hirlure que TefTet gloljal des iri'égularilés des loiirillous el de la llexiou lah'i'ale est insensible. AGRONOMIE. — Le ralentissement de l'assimilation végétale pendant les temps couverts. Note de MM. A. Miintz et H. CiAUDEciK»-. Le temps couvert, pluvieux et froid (]ui règne depuis plusieurs semaines cause à rAgriculture de grands préjudices, pour des raisons diverses. Celle qui a les plus graves conséquences consiste dans le ralentissement de Téla- boration de la matière carbonée constituant la principale masse desjiroduits des récoltes. L'assimilatiou du carbone est intimement liée à la radiation solaire, sous l'intluence de laquelle l'acide carbonique aérien fournil les matériaux des tissus végétaux, en particulier les sucres, l'amidon, la cellulose. On com- prend que lors(jue l'intensité de celte radiation diminue, il y ait une diminu- tion correspondante dans la formation de la matière végétale. Pour évaluer le tort qui peut être porté aux cultures par le iuan(jue de soleil, nous avons établi, pendant cet été, une série de rccberclies, qui ont surtout porté sur le blé, en déterminant le rapport, dans une atmosphère d'acide carbonique à faible pression, entre les quantités d'o<:ygène déga- gées par les feuilles, suivant que le ciel est clair, plus ou moins couvert, ou encore chargé de nuages épais. Cet oxygène sert directemeiil de lui'sure au carbone assimilé par la plante. Comme on devait s'y attendre, les dillérences sont grandes ; aux mêmes heures de la journée, et rapportées à l'u lilé de temps et de surface végéta- tive, les feuilles de blé ont dégagé : Oxygène par mèlie carré et par heure. Par temps clair, ensoleillé Ôi8 à gSS Par soleil légèrement \nilé 25i à 58i Par ciel rouvert iTjo à 171 Par temps sombre, pluvieux "3 à iôg SÉANCE DU 1<) JUILLET igoC). 191 On voit que, pendant l'insolation directe, les quantités de carbone fixées par la végétation sont en moyenne cinq fois plus fortes que pendant les temps somhreset pluvieux, \olre culture de blé, très vigoureuse, présentait à riiectarc une surface de feuilles de ^(iooo'"' (' ). Si nous admettons comme base une production de grain de aSoo''''' à l'hectare, et si nous considérons la période de végétation véritablement active comme étant de 100 jours, ce qui est très approché de la vérité, nous pouvons calculer (|ncl [jréjudire cause, à la formation des principes constituants des plantes, la prédomi- nance des journées à ciel nuageux. ' ' ' ' I*ar journée de soleil, Flieclare de blé assimile, d'après nos données, assez de car- l)Oiie pour foi mer : 2a''-- d'amidon, représenlanl !^.'^''" de grain de Idé. l'arjoiirnée de temps couvert, sombre, il n'en assimile iin'iine rpianlilé pouvant former : 4'''-'. 7 d'amidon, représentant 7'"-' de grain de blé. Toutes choses égales d'ailleurs, dans un mois qui a lo jours de temps ci>u\erl et 20 jouis de soleil, rassimilalioti du carbone sera telle ([u'elle snflira à la pioduclion de 720''" de grain. Dans un mois qui a 20 jours de temps couvert et 10 jours di; soleil, elle sera telle qu'elle ne sufliiM qu'a la prodMcli> lims .Iiiin 9.1. 12.59. 9 — o.35,i3 -+-13.35,7 ^-^ 1.56.29,28 ■>,f). 12.16.53 4-0.28,62 — 26,54,4 6:6 2.12.47,07 Juin, S. ii.i5.i9 —0.35,24 — 1.35,6 5:5 2.59.19,91 i3. 10.49 -58 +1.10,09 + 9-'6i7 5:5 8.22.1 4, 47 Log. fac. Log. fac. parallaxe. (P appar. parallaxe. * — 1,620 0 , , 53. 9. 5, 2 — -0 , 590 a -1,733 47- 4.24, 9 —0.420 b — 1,759 35.36. 3 ,6 — T,209 c — T.giS 31.54.2S. , 1 -0,485 d Position des étoiles de comparaison. A\ moy. Réd. 'P moy. Réd. •k ■ Gr. 1909,0. an jour. 1909,0. au jour. a . 8,6 h m s .57. 4,82 -0,4. 0 , '„ 52.56.22 ,1 +7,4 0. 7.3 2. ,12.18,84 —0,39 47.3. .H; ,3 +8,0 c . 8-7 2, , 59 .55,56 —0,4' 35.37.30 ,5 +8,7 d. 9,5 3. .2.. 4,8. —0,43 3l .45. 2 ; ,6 +8,8 Aulorilés. 940 Ltind. 1908 Bonn. 1376 Cambridge (U. S.) 3oo5 IIelsiii"fors-Gollia. L'éclat de la comète a diminué d'une manière sensible le 2(1 juin. Le 8 juillet la comète est faible, le i3 juillet la comète est faible, assez étendue, i' de diamètre. ASTRONOMIE. — Observations de la comète 1909a (Borrelly -Daniel) faites à l'Observatoire de Marseille (équatorial d'Eichens de o™, 26 /l'ouverture). Noie de M. Coogia, présentée par M. B. Baillaud. Nombre de Log. fac. Log. fac. A'r. comp. » appar. parallaxe. $ appar. p.irallaxc. * r II b m S o I II 4-3. 9,3 i5;io 1.47.40,47 — T,7o8 57. 6.57,1 —0,687 I 4-0. 3,8 12: 6 I. 53.31,39 — T,722 54.25.28,0 — 0,674 2 — 9.36,8 i5:io 2. 6.i4,3o — 7,753 49.20.80,9 — 0,652 3 4-2.58,54 —8.57,0 i5:io 2. 9.24,71 — ',74' 48.12.59,2 —0,509 '* T. riKiycii Dalcs. de' I90'l. Marseille. \JR. Juin 18. hms ,4.14.54 m a 4-2. 8, ,44 20. i3. 47.30 +0.27, ,61 9.\. 14. 1.16 4-2. i5. ,74 20. 12.46. 19 4-2.58, .^4 1Ç)H ACADEMIE DES SCIENCES^ l'osUion d'^.s 1} toiles de eomi>aiaisoii. ,1\ MIOV. itéd. 'jt mo> . Réel. *.' ' iGr. litO'.l.O. au jour. l'JII'.l.d. iiii joui-. 1. (| Il m s 1.45.32,44 -./,4. .57" 3'. 40', 8 + l\o 2. 9 1 .53. 4, 19 — oJ\i .■j4.25. 12,0 + 7,2 3. 8,9 ■1. 3.5S,ç)5 — o,3() 49.29.59,9 ■4-7,8 k. 8 2. 6.3i ,55 —0 . 38 48. 16.48,2 -+-8,0 Autorités. G87 Leyde. 904 AG I^iiiid. 1887 AO lioiiri. 18-4 VG Bonn. ANALYSE. — Sur les systèmes d' équations dijférenliellcs. Note de M. ËDMO.ND Maillet, présentée par M. Jordan. Il s'agit de ([uelques propriétés inspirées en partie d'idées et de méthodes de M. H. Poincaré, et aussi un peu de M. Liapounoff. Soit le système réel ( ' ) (0 \ r d.ri 5— :^X,t.r, {iz=i,2, .. .,n; 61 = . . .= 9„ . o; ni t ) . Par hypothèse, X, s'annule pour ./;, = . . . = ,r„ = u. = o, et est, quel (pie soit /, pour \c,\, ..., |a;„|, |[i.| assez petits, une, série absolumenl convergente procédant suivant les puissances croissantes de x,, ..., .r„, a, dont les- coefficients sont fonctions de i et restent limités en valeur absolue quel que soit t;^o; cette série est de la forme X,= C,,vri-(-. C„/a7„+ iJ.V,(t,ix) + (S,-, où les C^., sont des constantes, u.F,(/, a') l'ensemble des termes indépen- dants de .X-,, . . . , ./„, et o, l'ensemble des autres termes, du second degré au moins en :r, J'envisage encore l'équation en y, que j'appelle caractéristique, et que je suppose être effectivement de degré m en y : C, 'h-l (') Au lieu d'un seul paianièlre /jt, on pcninait aussi liien en envisit;;er plusieurs fjL, ,u-i — Le Tome III du Traité d'Analyse de M. M. l'ieard m'a Oijaleinenl été liés utile. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 199 I. J'admets en outre que les F, soient nuls, c'est-à-dire que les X, s'an- nulent, quel que soit u., pour .r, = . . . = ,r„ = o ; alors, les solutions réelles Xf, . . . , x„ de (i), dont les valeurs initiales (pour / = o) ont des modules assez petits et qui correspondent à une valeur réelle quelconque de a de module assez petit, tendent toutes vers zéro quand l croit indéfiniment dans les cas suivants : 1" les racines de 0 sont distinctes et ont toutes leur partie réelle <;o; 2" les racines de 5 sont toutes réelles <|o ( '). II. Je suppose au cont/;ain' que les F/ ne soient pas tous nuls, et j'ad- mets que les coefficients des X, soient des fonctions périodiques de / de même période oi. I'>n utilisant un procédé connu de M. II. Poincaré, j'ob- tiens ce résultat : pour chaque valeur réelle de jjl de module assez petit, et pour chaque valeur entière de p supérieure à une certaine limite, le sys- tème ( i) possède une solution périodique réelle de période ^jco, quand les racines de l'équation 0 = o ont toutes leur partie réelle <[o. Il semblerait que les systèmes considérés au cas I, avec F, = o, dussent donner lieu aussi à l'application du procédé de M. H. Poincaré et à des solutions périodiques, quand les coefficients des \, sont périodiques de période w. On peut vérifier qu'il n'y a pas de contradiction avec les résul- tats I, car cette solution périodique se réduit à a:, = . . . = .r„ ■-= o. Les cas I et II sont donc essentiellement distincts. III. Tout étant posé comme au début du cas 11, j'admets que les racines' de 0 = o aient leur partie réelle <;o et soient toutes distinctes ou toutes réelles, comme dans le cas I. Alors, pour chaque valeur réelle de \j. de mo- dule assez petit, le système ( i ) a une solution périodique réelle unique de période w, et toutes les solutions réelles de (i), dont les valeurs initiales ont des modules assez petits, sont asymptotiques à cette solution périodique. Quand [ji. = o, la solution périodique se réduit à la solution permanente o;, = . . . = .r„ = o, et toutes les solutions réelles de ( i ) dont les valeurs ini- tiales ont des modules assez petits tendent vers zéro. IV. Incidemment, appelant fonction asymptotiquemenl périodique de /, de période co, une fonction /(/) limitée telle que, t étant un nombre positif donné arbitrairement petit, | /"(/ -1- /;ko) — /*( n] <<îî quel que soit l'en- tier ni, dès que / est assez grand, j'énoncerai ces deuv propriétés : I" Toute fonction réelle asymptotiquement périodique /(/), de période tu, (') Ce théorème reste vr;u quand o, satisfait à d'autres conditions; e\eniple <7m particulier : l'enseuible 'i, des tenues de o, qui sont de degré > i en Xj est ■J>, =.r?lo!,'.r, (.r,>o). 200 ACADÉMIE DES SCIENCES. est la somme d'une fonction périodique ç(/) de période w, et d'une fonc- tion ^(t) qui tend vers o avec-; et réciproquement. 2" Le système linéaire réel S, -^ — C„cr, 4- ... -1- G„,Jr„ -H O,- («■ = 1,2, ...,«; Ô, = . ..= e,„=:i ; &„,+, = ... = 9„=ro; m>i), OÙ les C;(., sont des constantes et les $, des fonctions de ( asymptotiquement périodiques et de même période w, a toutes ses solutions réelles asymplo- tiques à l'une d'entre elles, et asymptotiquement périodiques de période w, quand les racines de 0 = o satisfont aux conditions énoncées dans le cas I. Tout ce qui précède fera l'objet d"un Mémoire plus développé. PHYSIQUE. — Sur l'existence, dans la décomposition magnétique des bandes d'absorption d'un cristal iiniaxe, de dissymétries de positions observées parallèlement aux lignes de force, du champ et à l'axe optique du cristal. Note de M. Jean Becquerel, présentée par M. Poincaré. Dans une Noie récente ('), j'ai signalé le résultat suivant : Le milieu du doublet de la bande 022'^'^, 1 (bande d'absorption du xénotime) est, dans un champ Je 24000 gauss, déplacé de oi^i^jOi à o'*'^,o2 du côté violet. Jusqu'alors, des dissymétries de positions dans la décomposition magné- tique des raies spectrales n'avaient été observées que pour la lumière se pro- pageant normalement aux lignes de force; de semblables dissymétries n'avaient pas été constatées longiludinalement , pour les vibrations circulaires. Cet effet nouveau mérite d'autant plus d'intérêt qu'il vient d'être étendu au cas de l'émission des vapeurs : M. A. Dufour (- ) a retrouvé pour cer- taines raies d'émission du chrome et de l'oxyde de chrome la dissymétrie que j'avais indiquée pour labsorplion dans un cristal. En particulier, quel- ques-unes des raies citées par M. Dufour donnent précisément une dissymé- trie de même sens que celle de la bande 02.1^^,1 du xénotime (') (déplace- ment vers le violet). (') Jean Becquhrel, Comptes rendus, i. CXLVIII, 5 avril 1909, p. 914. (^) A. DuFOLii, Comptes rendus, t. CXLVIII, i[\ juin 1909, p. 1094. (') Dans mon Mémoire de janvier 1908, cité par M. Dufour dans sa Noie, il n'était question que des diss^'métries àUntensilés; ']e n'avais pas encore observé les dissyraé- tries de positions. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 20I M. Pierre Weiss ayanl eu l'amabilité de meltre à ma disposilion le gros éleclio- aimant qu'il a fait construire et installer au Polytechnicum de Zurich, j'ai pu étudier les dissymétries de positions avec des moyens plus puissants (|ue ceux dont je dispose au Muséum. Le spectrographe, monté par M. Pierre Weiss, fonctionnait par auto-coilimation (réseau plan de Rowland et objectif de i™,5o de distance focale). Les lames cristal- lines étaient disposées dans un tube de Dewar possédant une partie étroite de 4""" de diamètre extérieur. Les pôles tronconiqiies, ayant une surface frontale de 1"" et percés de trous de i"",5 dans l'axe, étaient aussi rapprochés que possible des parois du tube à air liquide ( ' ). J'ai ainsi, grâce au concours de M. Pierre Weiss, obtenu les résultats sui- vants : Sous l'influence d'un champ magnétique parallèle à l'axe optique et au faisceau lumineux, la plupart des bandes du xénotime présentent une dissy- métrie de positions, le milieu du doublet principal et le milieu du doublet secondaire étant tous deux décalés par rapport à la bande primitive. Les décalages peuvent avoir lieu, suivant les bandes considérées, dans les deux sens possibles, et les deux doublets, principal et secondaire, ont souvent des dissymétries difl'érentes (^ ). Le Tableau ci-dessous inditjue, à titre d'exemples, pour quelques bandes particulièrement remarquables, l'ordre de grandeur de la dissymétrie de positions du doublet principal. Les observations ont été faites à la tempé- rature de l'air liquide. Les chiffres résultent, pour chaque bande, d'une moyenne de 4o mesures prises sur deux ou trois clichés dilîérents. Le champ mesuré par M. Pierre Weiss était de 34 000 gauss : /.LIA 5221 5226 5252 5452 6423 65o6 6565 (i58i A?,,— A).,... -1-0,2 à 0,3 —0,3 à 0,4 —0,35 à 0,4 -1-0,5 -(-1,3 -1-2 +0,3 à 0,5 —0,1 a 0,2 A>,„-h A/,,.. .. 7,7 5,7 4,2 0,8 11,5 » 6,6 2,8 A>.,,, AX, Distances de la bande primitive à ses composantes côté violet et côté rouge. J'ai recherché la loi de variation de la dissymétrie de positions en fonc- tion du champ. Malheureusement, dans les champs moyens (ijooo gauss à 20000 gauss), bien ([ue le phénomène soit encore nettement visible, l'erreur commise sur la quantité à mesurer est une fraction trop importante de cette quantité pour qu'on puisse donner des chiffres suflisaiument appro- Cj L'air liquide m'a été aimablement procuré à Zurich par M. le professeur Werner. (-) Voir Comptes rendus, t. GXLVIII, 5 avril 1909, p. 914. G. B., 1909, 2' Semestre. (T. IW, N" 3.) ^7 202 ACADEMIE DES SCIENCES. chôs. Toiilftois la dissyriK'IriL' m'a paru croîtie rapidement, quand le champ augmente, et je suis porté à croire (ju'clle doit èlrc proportionnelle au carré de l'intensité du champ. Les bandes desci-istaux possèdent, en outre, une dissymétrie d'intensités. On sait qu'à la température ordinaire ou à la température de l'air liquide, ces dissymétries présentent les deux sens possibles, mais qu'à température suffisamment basse (hydrogène solide), toutes les dissymétries ont lieu dans le même sens, la composante rejetée du côté des longueurs d'onde décrois- santes étant toujours la plus intense {' ). Les observations faites jusqu'à pré- sent peuvent s'expliquer en supposant deux espèces de dissymétries d'inten- sités : l'une de sens variable, liée à la dissymétrie de positions et telle que la composante la moins déplacée soit la plus intense; l'autre essenliellement fonction de la température, renforçant toujours la composanlc déplacée du côté des petites longueurs d'onde. Si les deux sortes de dissymétrie ont des sens contraires, on peut quelquefois, comme je l'ai constaté, faire prédo- miner l'une ou l'autre, en faisant varier le champ et la température, et modifier ainsi à volonté le sens de la dissymétrie d'intensités. Je poursuis actuellement l'étude de ces phénomènes. ■^■'x.: o,i La dissymétrie des positions, accompagnée d'une dissymétrie des inten- sités, avait été prévue dans la belle théorie développée par le professeur W.Voigt(-). Le parallélisme entre les résultats obtenus pour l'absorption des cristaux à température plus ou moins basse et pour l'émission des va[)eurs incandes- centes (expériences de M. A. Dufour) donne à tous ces efl'cts un caractère de grande généralité qui accroît leur importance. PHYSIQUE. — /{dation entre la hiréfringence électrique des lii/iieiirs mi-Tles et la Inrèjringence optique des constituants solides de ces liqueurs. Note de INL J. Ciiaudikr, présentée par M. E. Bouly. ' '''Lés expériences récentes de M. Meslin sur le dichroïsme magnéticjue des espèces minérales (') ont démontré (jue l'anisotropie magnétique des liqueurs (') Jean BEcyiEREi., Le Radium, l. \, 1908, p. 5. — Jea.n Becquerel et H. Kamek- LINGU Onnes, Le Radium, l. V, 1908, p. 227. («) W. VoiGT, Magnéto- und Eletitrooplil;, Glia|>. V, g 149, 1908, p. 2.58. (') G. Mesli.n, Comptes rendus, l. CXLVIII, p. 1179. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 2o3 mixtes et la liirôfringence optique des solides constituants variaient sensible- ment dans le même sens. Je me suis proposé de vérifier cette proposition pour des liqueurs mixtes semblables à celles qu'a observées M. Meslin, actives dans un champ élec- Irique uniforme, et de la préciser par des mesures quantitatives. Il est préférable, dans l'étude quantitative des liqueurs mixtes, d'employer des mesures de biréfringence beaucoup plus précises que des mesures de dichroïsme. De plus, comme je l'ai établi ( ' ), les liqueurs actives jouissent de la propriété de présenter une biréfringence maximum, lorsque le li<[uide ambiant possède un indice égal, à très peu près, à l'indice moyen du consti- tuant solide (indice efficace). J'ai donc utilisé les groupements spéciaux qui fournissent une biréfringence maximum, pour comparer les biréfringences des liqueurs dérivées des diverses substances minérales, de biréfringence optique bien déterminée. Afin d'éliminer l'influence propre du liquide associé, j'ai été amené à faire un choix et à étudier seulement les liqueurs actives présentant un ma.ximum de biréfringence avec un même liquide. Des expériences qualitatives de dichroïsme électrique, efléctuées dans ce but, ont montré qu'un assez grand nombre de liqueurs présentaient une égalité d'indices pour les constituants, lorsque le liquide était le sulfure de carbone; un mélange en pro[)i)rlious convenables de benzine et de sulfure de carbone permet (ail de tlélcrininer avec précision la valeur de l'indice efficace. Il résulte aussi de cette étude que le dichroïsme électrique diminue quand la biréfringence optique des constituants solides devient plus faible et (pie les espèces minérales de biréfringence optique inférieure à 0,01 ne four- nissent qu'un très petit nondjre de liqueurs actives. J'ai mesuré ensuite la biréfringence maximum des liqueurs obtenues en associant au sulfure de carbone successivement les solides actifs; chaque liqueur était formée par l'association d'un même volume de sulfure de car- bone et d'une quantité de substance cristalline proportionnelle à la densité de cette substance. De nombreuses expériences m'ont permis d'établir la loi (pii relie les variations de la biréfringence électrique et de la biréfringence optique. .Te reproduis une des séries les plus nettes dans le Tableau suivant où les espèces minérales sont inscrites par ordre de biréfringence optique décrois- santé. , ' , V (') .(. Cii.iuniER, 'llièse de Ducloral, I"".icullé des Sciences de Paris, mai igo8. 2o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. I.ùjtiide : 5o''"'' de sulfure de carbone, d'indice n =: i ,626. Biréfrin- l'uids Infliccs gence Indices en niilli- Biréfrinj^ence Substances. Densité. principaux. optique, efficaces, grammes, électrique. Mêsilite ('). . 3,3 >, o,25(?)i,6i 33o i8o Gioberlile. . . 3.1 i,72-i,.5i 0,21 1,60 3 10 160 Dolomie 2,9 i,68-i,5o 0,18 1,61 290 i5o Spath 2,7 1,65-1,48 0,17 1,60 270 145 Aragonite. . . . 2,9 i ,685-i ,681-1 ,53o o,i5 1,61 290 120 Muscovite. . . . 2,8 1,61-1,61-1,57 o,o4 ij^g 280 4o Hornblende.. 3,2 1,653-1,642-1,029 0,024 1,64 320 20 Tourmaline.. 3,i 1, 643-1, 623 0,02 i,63 3io i5 Andalousilo. . 3,i5 1 ,64-i ,63-i ,63 0,01 i,635 3i5 inappréciable. Des considérations qui précèdent et de l'examen de ce Tableau se dé- duisent les conséquences suivantes : Conclusions. — i" Le dichroïsme électrique, comme le dichroïsme ma- gnétique, diminue quand la hiréfrini^ence opti({ue du constituant solide devient plus faible. 2° La birèfinngence éleclrique maximum des groupements étudiés est fe«- siblement proportionnelle à la biréfringence optique des solides constituants; elle devient inappiéciable si la biréfringence optique est inférieure à 0,01. Cette biréfringence est d'ailleurs positive pour toutes les liqueurs inscrites dans le Tableau. 3° Comme j'ai démontré (-) que, pour une même liqueur, la biréfrin- gence électrique et la biréfringence magnétique étaient mesurées par le même nombre, il en résulte que la biréfringence magnétique obéit à cette loi de proportionnalité. PHYSIQUE. — Analyse harmonique et résonances. Note de M. Hekri Abraii.v.m, présentée par M. Villard. Depuis les études classiques de Helmholtz sur l'analyse du timbre des sons par les résonnateurs acoustiques, bien des applications ont été faites, (') Les indices principaux de la mêsilite n'ont pas été déterminés; la biréfringence optique de cette substance, intermédiaire entre celle de la sidérose (o,3i) et celle de la gioberlite (0,21), a vraisemblablement une valeur voisine de o,25. (-) J. GiiAiiDiER, Coinples rendus, t. (^XLII, p. 277. SÉANCE DU 19 JUILLET I909. 2o5 dans différentes branches de la Physique, de cette méthode d'analyse har- monique par les phénomènes de résonance. On sait du reste qu'il faut apporter quelque circonspection dans l'interprétation de ces expériences ('). Je voudrais faire à ce sujet quelques remarques, sans doute bien peu nouvelles, pour signaler sur un exemple combien dans certain cas l'ana- lyse harmonique, dont l'exactitude mathématique n'est pas en question, peut cependant paraître bien illusoire. Prenons l'expérience, maintenant familière, de la reclierciie des har- moniques d'un courant alternatif par les résonances d'un circuit con- tenant* une capacité fixe et une self-induction réglable (Pupin, Arma- gnat, etc.). S'il arrive qu'une résonance se produise pour l'harmonique de rang n, nous disons (jue la série de P^ourier contient le terme correspondant, pro- portionnel à l'anqilitude observée. Mais nous pouvons aussi être conduits à penser que, dans la construction de l'alternateur (jui produit le courant, il y a une anomalie périodique, une denture par exemple, qui produit une série de perturbations successives, toutes égales, et se répétant n fois dans une période. Cette conclusion peut fort bien être tout à fait exacte ; elle peut aussi être tout à fait fausse. Bornon.s-nous, pour le voir, au cas d'un alternateur à arrachement, dont chacpie période se compose d'une brus((ue production de force électro- motrice suivie d'un temps de repos (alternateur Villard pour la télégra[)hie sans fil). Une courbe de même allure peut évidemment être obtenue avec un alter- nateur quelconque, pourvu que, périodicjuement, cet alternateur fasse un tour brusquement, puis s'arrête un certain temps pour repartir ensuite. Dans ce cas, le calcul de la série de Fourier et les expériences de réso- nance (-) s'accordent pour déceler dans la courbe de force électromotrice (') Rappelons seulement les tiavaux de Goiriii, F'oiiicaré, Lord Rayleigli, Gouy, Raveau, elc, sur le rôle de ramortissement, sur la résonance multiple et sur l'inter- prétation de l'analyse spectrale. (^) Le circuit résonnant, ébranlé par le passage de la première onde, continue à osciller pendant la durée du temps de repos. Après un certain nombre d'oscillations, il est relancé par le passage de l'onde suivante, qui augmente son amplitude, et il tend ainsi progressivement vers un régime permanent. En régime permanent, avec un résonnaleur peu amorti, les oscillations soiU pratiquement identiques à celles que donnerait une force éleclromolrice purement 2o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. toute une uuillilude d'iiarmonicjues iinporlanls (jui persisteraient pendanl les périodes d'arrêt. Il est clair, néanmoins, que ce résultat est illusoire, pour ne pas dire absurde. Pondant les périodes de repos, on n'a pas, en effet, un alternateur qui s'agite confusément pour produire une foule de courants alternatifs dont la somme, par suite d'une heureuse compensation, se trouve être constamment nulle ; on a tout simplement un alternateur arrêté. Cet exemple montre assez nettement, il me semble, (|ue dans l'analyse des phénomènes périodiques, la représentation par la série de Fourier cor- respond bien aux harmoniques qui peuvent être excités dans des résonna- teurs. Mais les termes de cette série ne représentent pas nécessairement la structure physique du phénomène étudié. PHYSIQUE APPLIQUÉE. — Ap[>lication des propriétés magnétiques des métaux à des commandes mécaniques de précision. Note de MM. Axtai. Fodor et DE liiJTV, présentée par M. L. Cailietet. Les applications du magnétisme à la Mécanique courante se sont presque bornées à l'emploi des électro-aimants, que l'on peut exciter ou annuler à distance par la fermeture ou la rupture d'un courant électrique. Il est cependant possible d'employer des aimants proprement dits, et de leur confier des fonctions précises et délicates. Il est même possible d'utiliser la différence entre les coefficients magnétiques de divers métaux, et l'on peut arriver ainsi à des résultats d'une très grande sûreté. Les auteurs se sont attachés, pour démontrer la justesse de cet énoncé, à appliquer les propriétés magnétiques à des appareils distributeurs automa- tiques d'une grande délicatesse, entre autres à une machine automatique, pour recommander les lettres. Dans cette machine, l'envoi d'une pièce de nickel de o''',25 permet à l'expéditeur d'introduire sa lettre et de donner un tour de manivelle qui evécute les 4o mouvements intérieurs servant à la timbrer, à encaisser et à compter l'argent introduit, à timbrer, à numéroter et à dater le récépissé, etc., mais il faut éviter que la fraude intervienne et sinusoïdale et ininterrompue. Avec un lésonnateur ainoili, au contraire, on retrouve la trace de chacune des impulsions en suivant les fluctuations du courant au moyen d'un oscillographe ou d'un rhéograplie : les courbes obtenues cliangent de forme quand on module la résistance du circuit résonnant. SÉANCK Ui; 19 JUILLET 190;). 207 (lu'on essaie de faire t'onctioiiiier l'appareil en y inlrodui.saiil des rondelles de cuivre, de plomb, de zinc, de ter de uièincs dimensions et sensiblement de même poids que les pièces de nickel de o'''', 2,k C'est l'actiiin d'un pelil aiiiiaiil <|ui rend la ffaude impossible. La pièce inlioduile doit tomber dans le mécanisme, déclencber nne bascule el démasc|iier ainsi l'ouvei- luie destinée à laisser passer les lettres. Si la pièce est en nickel, elle est légèrement déviée |)ar l'ainiiiiil, en passant devant les pôles de celui-ci et se trouve diiiifée ainsi, par l'action inagnLti([iie, vers le conduit qui l'amène dans l'appareil. La pièce est-elle en culvie, en plomb, en zinc? Ces métaux non magnétiques no subissent pas d'altracliori de la part de l'aimanl et conti- nuent leur route pour tomber dans une boîte extérieure au mécanisme. Si, connaissant ces propriétés, un fraudeur introduit une [nhce, en faf, métal magné- tique, l'appareil ne fonclionne pas davantage, car le fer dont le magnétisme est plus intense que celui du nickel reste, par ce fait, appli(pié contre l'aimant trieur et s'arrête en route. Quand l'opérateur essaie de faire tournur la manivelle, son action a alors pour ellet de faire tomber la rondelle de fer en dehors du mécanisme, el l'entrée des lettres reste masquée. On voit, par cet exemple, combien vaste peut être le cliamj) d'appli- cations analogues, pour beaucoup d'appareils industriels el d'instruments de Physique destinés aux travau.x purement scienlillques. CHIMIE MINÉRALE. — Recherches sur les phosphates de thorium. Note de M. A. Coi.ani, transmise par M. Haller. Les phosphates de thorium simples ou doid)les obtenus par la voie sèche n'ont été étudiés que par MM. Troost et Ouvrard (') et par .lohnsson (-) qui redécrivit, 4 ans après M. Troost, le métaphosphale. Ayant préparé un assez grand nombre de phosphates d'uranium (^) présentant des analogies avec ceux de thorium, j'ai entrepris de poursuivre le parallélisme entre les phosphates de ces deux métaux en cotnplétant l'étude des [)hosj)hates de thorium. J'ai recherché tout d'abord à préj)arer un chlorophosphate de thorium analogue à cekii d'uianinm. r^our cela, de 2b' à i'i de métaphosphate de thorium anhydre el une quaranlaiMe 4romure. On obtient linalement, après re- prise par l'eau, une poudre blanche nacrée cristalline répondant à la for- mule 3(2 P^O', 3ThO-)ThBr\ Les analyses de ce corps sont très pénibles et les résultats peu satisfaisants. On ne peut l'attaquer par le carbonate double de potasse et de soude sans avoir, suivant la température, ou une attaipie incomplète, ou des pertes de brome; de plus, ce corps étant peu alla<|uable par l'acide azotique, même en tube scellé à 175°, on ne peut employer la méthode de Carius. Pour l'analyser, je l'ai attaqué par 10 fois son poids d'acide sulfurique concentré et bouillant dans un appareil tout en verre (celui de MM, Baubigny et Chavanne est commode quoique un peu fragile dans ce cas) et l'on condense les vapeurs de brome dans une solution de soude et de sulfite de soude, où l'on dosera le brome. La liqueur sulfu- rique refroidie est versée dans un grand excès d'eau glacée pour dissoudre ( ' ) Trouvé pour 100 : Th 64,2 ; CI 9,8 et g, 6; P-0^ '9i 4 et 19,9; O par diil'. 6,6. Calculé : Th 64,0; Cl 9,7; P^O» 19,5; O 6,6. (-) Le bromophosphate d'uranium correspondant est décomposable par l'eau. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 209 le sulfate de thorium, et Ton précipite le thorium de sa solution par l'acide oxalique. Pour doser l'acide phosphori(pie, le mieux est d'attaquer le brumo- phosphate par le carbonate de soude à la température d'un bec Bunsen ( ' ). M. Troost a montré que, dans les phosphates anhydres, la thorine n'agissait pas comme la zircone ou la silice et se comportait plutôt comme un proloxyde. Ce tiavail tendrait à confirmer cette idée, la formule du chloropliosphate devenant alors celle d'une wagnérite et la formule du bromophosphate celle d'une apalite. La formation de ces composés peut permettre d'interpréter la présence du tluor signalée dans cer- taines monaziles, mais je n'ai pas cherché à préparer un (luophosphale de tlioiium. Enfin j'ai recherché s'il existe des phosphates doubles de thorium et des métaux alcalino-terreux. On les prépare comme ceu\ d'uranium en chauffant dans un courant le gaz carbo- nique, le mélaphospliale de thoiluni avec dix fois son poids de chlorure alcalijio- terreux fondu au préalable dans un courant de gaz chlorhydrique sec. On repreiui après refroidissement leiil par l'eau adililionnée d'un peu d'acide chlorhydrique pour dissoudre le phosphate alcalino-terreux qui aurait pu se former. Pour analyser ces composés, 011 les atlaijue longueme it par 1.; carhonUe d-i soud; fondu. On traite par l'eau acidulée qui laisse insoluble la majeure partie de la thorine et donne une liqueur contenant tout l'acide phosphoii(|ue, l'alcalino-lerreux et une tiace de thorine; on pré- cipite la thorine par l'acide oxalique et l'on poursuit le dosage suivant les méthodes habituelles. Avec le chlorure de calcium on obtient de petites aiguilles blanches très brillantes de formule P^ O*, Th O-, GaO (2). Avec le chlorure de strontium on a de très petits cristaux incolores, blancs en grande masse, répondant à la formule P-0% ThO-, SrO ('). Avec le chlorure de baryum je n'ai obtenu que des produits à peu près amorphes ne donnant pas de résultats constants à l'analyse et ce même en changeant les conditions de préparation. Tous ces composés : chloro, bromophosphates et phosphates doubles agissent sur la lumière polarisée; ils sont malheureusement trop petits [lour qu'on puisse en tenter l'élude cristallographique. (Conclusions. — On voit par ce qui précède qu'il existe un chloroplios- phate de thorium et des phosphates doubles de calcium et de slronlium (') Trouvé pour 100 : Th 61 ,4; Hr 7,4 et 7,3; P^O^ 20,9; O par dilL 10, 3. GaT-' culé : Th 61, 4; Br8,4; P'O' 22,5; O 7,6. ('-) Trouvé pour 100 : ThO'\58,o; GaO 12, 4 et ii,g; P'O"' 3o,4. (-alculé : ThO^ 57,1; CaO 12,1; P^O" .^0,7. (S) Trouvé pour 100 : ThO= 32,1; SrO 20,0; P'O' 27,4. Calculé ; ThO= 5r,8; SrO 20,2; P-0= 27,8. C R., 1909, ■>' Semestre. (T. IVJ, N- 3.) 28 2IO ACADEMIE DES SCIENCES. ayant mêmes formules que les composés correspondants d'uranium. Si Ton se reporte d'autre part aux travaux de MM. Troost et Ouvrard sur les phos- phates de thorium et aux miens sur ceux d'uranium, on constate que les phosphates douhles fournis par le potassium avec ces deux métaux ont mêmes formules, bien que n'étant pas tous obtenus dans les mêmes condi- tions ; il n'y a que les phosphates doubles fournis par le sodium qui diffèrent notablement. Tous ces faits s'ajoutant à ceux qu'on connaissait déjà, tels qu'isomorphismo des oxydes ThO^ et UO", des sulfates, etc., montrent qu'il existe de grandes analogies entre le thorium et l'uranium. CHIMIE ORGANIQUE. — Synthèse de la papavérine . iNote de MM. Awft Pi«:tet et A. Gams, présentée par M. Armand Gautier. Dans une précédente iNote ( ' ), M"'' M. Finkelstein et l'un de nous ont dé- crit une série de réactions qui les a conduits à la synthèse de la laudanosine. Un procédé tout semblable nous a permis d'obtenir artificiellement un second alcaloïde de l'opium, la papavérine. On se rappelle que la synthèse de la laudanosine reposait esscnlicllement sur la déshydratation de l'homovératroyl-homovératrylamine au moyen de l'anhydride phosphorique, déshydratation qui donne naissance à vwwdihy- dropapavérine : G CW GH'O cipor CH'O. H AzH GO I GH^ G H-'O. U^- ,OGtF O GH' Homovératrovl-hoiiiovéralr> lariiîne. ,OGH' OGH' Dihyrlriipapavt'iine. Il semblerait que, pour arriver à la papavérine elle-même, il dût suffire de soumettre au même traitement le composé suivant non saturé possé- (') A. FicTET el M. Fi.>KEi.sTE[N, Coi>i/)t('n rendus, t. GX'LVIII, p. gaS. r SÉANCE Dl If) JUILLET 1909. 211 dant 2 atomes d'hydrogène de moins que l'homovcralroyl-homovératryla- mme CIPO CII3O H C CH AzU II co I OCfP DCH' Toutes les tentatives que nous avons faites pour préparer ce composé ont échoué par ce fait que la hase primaire non saturée (CHH))'C«H' — Cil = CH - Az 11». qui eût été nécessaire à son ohtenlion, est éminemment instable; mais nous avons réussi à tourner la difficulté en nous adressant au dérive hydroxylè de riiomovératroyl-homovéralry lamine (CH'O)» C^H'- CHOH — CH^— AzH — CO — CH'— CMP (OCH')^ Ainsi que nous l'avons constaté, ce dérivé, soumis à l'action de l'anhy- dride phosphorique, perd à la fois 2"'°' d'eau et se convertit avec la plus grande facilité en papavérine : CH cii'o/~^^/\:ii AzH CH^O Az OCH' OCH3 Homovéralroyl- oxy-liomovéïaliylamine. cir- ^/OCH^ OCH^ Papavérine. 2H2O. Pour préparer rhomovératroyl-o.\y-homovérarylamine, nous avons opéré comme suit : Nous sommes partis du véralrol, el nous l'avons transformé, au moyen du cliloiure 212 ACADEMIE DES SCIENCES. d'acélyle el du chloniie d'aliimiiiiuin, en acélovéralronc (CIPO)-C*lP. CO.CH' (point de fusion 49°-5o°; point d'ébullition 206° sous 12'"™ de pression), substance déjà déciile par Neitzel. Traitée par le nitrite d'amyle en présence d'éthylate de sodium, l'acélovératrone donne un dérivé isonitrosé (CH^O)-C'' H^ — CO — Cil := AzOH (point de fusion i3i"), que nous avons réduit jiar le chlorure slanneux el l'acide chlorhydrique. Il se forme dans cis conditions le chlorhydrate d'aniino-acétovératrone, (CIPO^CIP — CO— GH^ — AzH^GI. La base de ce sel est instable; mais il n'est point nécessaire de l'isoler; en agitant la solulion de ce chlorhydrate avec le chlorure homovératrique (ClPO)''C«H'-ClP — COCI, et la quantité calculée de soude caustique, on obtient avec un bon rendement Vhomo- réralroft-aniino-acétofératrone, (C11'0)=C'H^ — CO - CH2- Azil — CO — GIP- C'IP(0C1P)^ sons la forme de paillettes brillantes, fusibles à 142°. Ce corps est ensuite traité par l'amalganie de sodium en solution alcoolique; des deux groupements carbonyle qu'il possède, un seul, celui rpii possède le caractère céto- nique, est réduit. Il y a formation d'un nicool secondaire de la formule (C11MJ)'C'>1P-CH0H -CIP- AzH -CO — CH^— CM^^(0C11')^ qui constitue Vhoniovératroyl-o.ry-homoi'éralryldniiiie cherchée (aiguilles incolores, fusibles à ia4"). Ce composé ayant été ainsi obtenu, nous l'avons cliaulTé à la température du xylène bouillant avec cinq fois son poids d'anhydride phosphorique. En reprenant ensuite la masse par l'eau et en alcalinisanl la solution, nous avons vu se former un abondant jnécipité d'une base en petites aiguilles incolores, fusibles à i47°-, L'analyse de cette base nous a conduits à la formule C^"!!-' AzO'', et l'examen que nous avons fait de ses propriétés, examen dont nous publie- rons ailletiis les résultais détaillés, nous a dénionlré sa complète identité avec la papavèrine naturelle. Cette synthèse, jointe à celle de la laudanosine, vient confirmer les for- mules de constitution qui avaient été attribuées, depuis longtemps déjà, aux deux représentants les plus simples du groupe des alcaloïdes de l'opium. Elle permet aussi, selon nous, d'espérer, pour un avenir prochain, la repro- duction artificielle d'autres bases de ce même groupe, bases dont la struc- ture est analogue (pioique plus compliquée, et qui possèdent à divers points de vue une importance encore plus grande. SÉANCE DU 19 JUILLET I909. 2l3 CHIMIE ORGANigui:. — Catalyse des acides forméniques . Note de M. J.-B. Semderens, présentée par M. Georges Lemoine. J'ai décrit précédemment (') une nouvelle préparation des cétoncs symé- triques par Faction catalytique de la thorine et de l'alumine sur les acides forméniques. Je compare ici l'activité de ces corps à celle d'autres oxydes pour arriver à l'interprétation du mécanisme de ces réactions. J'ai établi (-) que la thorine et l'alumine, sont loin de se valoir comme catalyseurs des acides forméniques. Avec la thorine, les divers acides expérimentés ont tous donné, très facilement et avec un rendement tout à fait pratique, la cétone symétrique correspondante, sensiblement pure (propanone, propione, butyrone, isobutyrone). La façon régulièrement identique dont se comporte la thorine vis-à-vis des' acides acétique, propio- nique, butyrique, isobut}rique, m'avait amené à conclure que ce procédé est général. En efl'et, avec l'acide isovalérique, j'ai obtenu un liquide distillant à peu près en entier de i63° à i6()°, température d'ébullition de la diméthyl-2 .6-heptanone 4i on valérone. Avec Valumine, il n'en est plus de même. Avec l'acide acétique, elle fournit aisément la propanome; avec l'acide propionique, l'opération déjà marche moins bien; avec l'acide isobutyrique, l'isobutyrone ne se forme qu'en proportion minime. \Joxyde chroinique, Cr=0', et V oxyde feriique, Fe'-0% se comportent comme l'alumine. Dès que la réaction commence (manifestée par un dégagement gazeux), l'acide forménique paraît se décomposer direc- tement, sans formation intermédiaire du sel correspondant. Avec la chaux, les choses se passent autrement. Jusqu'à 420", l'acide acétique donne l'acétate de calcium, lecjuel, au- dessus de cette température, commence à se décomposer; on a principa- lement de la propanone. De même, l'isobutyrate de calcium se forme exclusivement jusqu'à l\(\o", et ce n'est que vers 5oo° qu'il se décompose en donnant un liquide fort complexe avec très peu de gaz. {J'oxyde de zinc reproduit les réactions de la chaux, mais ses combi- naisons avec les acides forméniques, étant moins stables que celles du calcium, se détruisent à des températures plus basses. (') Comptes rendus, t. GXLVIII, 1909, p. 927. ( ^) Ibidem. 2l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. L'acéiale de zinc, par exemple, commence à se décomposer vers 280°, et assez rapi- dcmeiil à 340". Aussi des vapeurs d'acide acétique passant sur ZnO donnent, vers 3oo", un dégagement de CO^ qui devient abondant à 34o°. A mesure que la température s'élève, la vitesse de destruction de l'acétate de zinc est à peu près égale à sa forma- tion : toutes les gouttelettes de ce sel fondu disparaissent. Il semble alors que l'acide acétique est directement décomposé par le simple contact de ses vapeurs avec l'oxyde. Il n'en est rien cependant, comme le prouve la disparition progressive de cet oxyde à l'entrée des vapeurs acides dans le tube, disparition ipii ne peut s'expliquer que par la formation continue, en cet endroit, de l'acétate, suivie de sa sublimation très connue (|ui l'emporte sur le trajet du tube où il se déliuit |)ar la seule action de la chaleur. La réaction se passe donc toujours en deux phases : (i) 2CH^C0Ml-i-Zn0 = H^0-h(GH'.C0')^Zn, ( 2 ) (GIF CO' yZn = CW . CO . GIF + G0= + ZnO. < )n retfoiivc les mêmes l'éaclions avec les acides propioniqiie, butyrique, isobiilyiique, isovalériqtie, sauf que les sels de zinc cori'espondants élanl de plus en plus stables, exigent une température de plus en plus élevée pour se détruire, en sorte que les cctones sont mêlées à une proportion toujours croissante de produits pyrogénés. De là vient que les acides isobutyrique et isovalcrique ne fournissent, avec ZnO, (juc des quantités minimes d'iso- butyrone et de valérone. IJ'oxyde de cuivre et Voxyde de cadmium se prêtent aux mêmes observa- tions que l'oxyde de zinc, avec une complication résultant de la facile réduction de ces oxydes qui les ramène en totalité ou en partie à l'état métalli(|ue. Je mentionne seulement la combinaison de ces oxydes avec les acides forméniques, suivie de la destruction des sels ainsi formés et la diffi- culté (le cette destruction qui augmente avec la richesse de ces acides en carbone, exactement comme pour ZnO. Conclusions générales. — Pour la préparation générale et pratique des cétones syméliicjues, aucun des corps examinés jusqu'ici ne saurait être mis eu parallèle avec la thorine. Seuls les oxydes d'uranium ont une acti- vité se rapprocbant de celle de la thorine. Avec l'oxyde rouge brique UO', ainsi cju'avec l'oxyde vert U'O* résultant d'une forte calcination de UO^; on obtient, comme pour la thorine et avec tous les acides forméniques, un liquide constitué surtout par la cétone symétrique correspondante à l'acide employé. Les rendements paraissent inférieurs à ceux de la thorine et après un certain temps l'activité des oxydes d'uranium semblait légèrement aiVaiblie. Je n'ai jamais observé que les oxydes d'uranium et la thorine se combi- nassent avec les acides forméniques, aux zones de température oii la réac- SÉANCE DU 19 JUILLET I909. 21 5 tion destructive commence à se manifester. Mais cela ne suffirait pas pour exclure la formation de composés temporaires. Avec Toxydc de zinc, au- dessus de 4oo°, on n'observe pas davantage la formation de pareils com- posés, et cependant ils existent, ainsi que le prouve un phénomène acces- soire, la disparition progressive de ZnO à l'entrée du tube. Les analogies conduisent donc à supposer qu'ils existent aussi avec la ihorine et les oxydes d'uranium, que les réactions avec ces oxydes obéissent au même mécanisme qu'avec l'oxyde de zinc, et qu'aux températures où ces réactions se produisent il y a formation de sels très instables qui se détruisent aussitôt formés. Ce serait à l'instabilité spéciale de ces combinaisons que les oxydes d'uranium et la tliorine devraient la propriété de transformer les acides forméniques à peu près exclusivement en cétones. Grâce, en effet, à cette instabilité, ces combinaisons se décomposent à une température suf- fisamment basse pour que les cétones seules se forment, à l'exclusion de tout autre produit pyrogéné. Deux facteurs interviendraient donc dans la catalyse des acides formé- niques : la formation d'un sel avec le catalyseur, et puis sa destruction. Avec la chaux, les oxydes de zinc et de radmium, c'est sûrement la destruction du sel qui devient de plus en plus difficile à mesure que les acides sont plus riches en carbone; avec les oxydes chromique et ferrique, et avec l'alu- mine, ce pourrait être la formation; au contraire, la formation et la destruc- tion de leurs combinaisons avec les divers acides forméniques resteraient toujours faciles pour la thorine et les oxydes d'uranium. CHIMIE ORGANIQUE. — Présence du dimétlwxy i.'i-mclliylènedioxy '\S^-allyl i-benzêne dans l'essence de crisir-marine. Note de M iMarcei, Di':m^:i>i.\r, transmise par M. Haller. M. Frédéric Borde, pharmacien à La Rochelle, m'a confié l'étude des portions supérieures du fractionnement de l'essence de crisle-marine, Crithmum maritimum L. Omb., essence dont il vient de décrii'e la prépara- lion et les principaux caractères (' ). Il montnM-a lui-même prochainement que les portions les plus volatiles contiennent des carbures terpéniques. Des portions de l'essence de cristc-marine, bouillant au-dessus de 200° sous la pression ordinaire, j'ai extrait, par distillation fractionnée dans l'air (') K. lioRUË, Huit. Sciences pliarinacdl.. i. \V1, 1909, p. i32. 2l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. raréfié, un premier composé peu abondant (5 pour loo environ de l'essence totale), bouillant entre ^o°-g5" sous i3™", légèrement dextrogyre, et un second, optiquement inactif, comprenant au moins 4o pour loo de l'essence totale, bouillant presque à point fixe, soit à i5'7°-i58° sous iS™". En raison de sa faible proportion, je ne pourrai étudier la première substance qu'après une nouvelle campagne de fabrication d'essence, mais je suis fixé dès à pré- sent sur la nature du produit à point d'ébuUition élevé. C'est uniquement un composé C'^H'^0', isomère de l'apiol de persil, identique au composé que MM. Ciamician et Silber (') découvrirent dans une essence d'aneth des Indes orientales (Anethum Sowa D. C.) et appe- lèrent alors apiol d'essence d'aneth et qui n'a été retrouvé depuis que dans une essence de Matico (Piper an gustifolium Huiz. etPav.) parM. Thoms(-) et dans une essence d'aneth d'Espagne par Schimmel et C'" (•'). On sait maintenant par les recherches de M. Thoms (*) que cet apiol d'essence d'aneth (ou diUapiol) est le dimélhoxy 2.3-méthylènedioxy 4-5- allyl i-benzène C«H(OCH=)^ , ( 0=CH='),.5(CH^CH : CH"), ou, plus sim- plement, C»H''0\CH^CH :CH^ Le composé tiré de l'essence de crisle-marine est un liquide un peu épais, presque incolore, d'une faible odeur aromatique, ayant les constantes suivantes : dl nz i,i^53 ; f/J' = i,i6^4; '*?5 = ^52778; RM = 09,20; calculé 58,28; ébulliiion : i57°-i58'' (corr.) sous iS"", 294°-295° (corr.) avec légère décomposition sous la pression atmo- sphérique; son identification avec l'apiol d'aneth résulte, en outre, des considérations suivantes : 1° Il fournit par aclion du brome un bibromure brome G'^H"BrO*.Br^, en belles aiguilles incolores, fusibles à 110°, chiffre indiqué par Ciamician et Silber; 2° le chaufFage avec l'éthylate de sodium à 160°, pendant 6 heures, le transforme en un com- posé propénylique C'H'0*.GH : CH.GH' qui cristallise en magnifiques prismes inco- lores, fusibles à 44°i comme l'isoapiol d'aneth de Ciamician et Silber; 3° cet isomère propénylique s'unit molécule à molécule à l'acide picrique et au chlorure de picryle pour donner des combinaisons rouges bien cristallisées, respectivement fusibles à 81" et 44°. comme celles que MM. Bruni et Tornani ont décrites avec l'isoapiol d'aneth (') ; 4" oxydé par une solution bouillante de permanganate de potassium, l'isomère propé- nylique (mélangé d'un peu de produit naturel) a fourni deux acides, l'un incolore, fusible à i5i''-i52°, de formule C'H'O'.GO^H, et l'autre jaune pâle, fusible à 175°, de (') G. Ciamician et P. Silber, /ici-, d. dei/stc/i. chein. Ges., t. XXIX, 1896, p. 1799- (2) H. TaoMs, Arc/iïv. d. Pliarin., t. CGXLII, 1904, p. 828. (^) Schimmel et C'"=, Bull, semestriel, t. I, igoS, p. 11. (*) II. Thoms, Arcliiv. d. Phamu, t. CGXLU, 1904, p. 344. {■') G. Bhuni et E. Tornani, Gazz. chini. ilal., t. XXXIV, 1904, H, p. 474 et t. XXXV, 1905, II, p. 3o4. SÉANCE DU K) JUILLET 1909. 21 7 formule C'H'O'.CO. CO^H, identique- à ceux que MM. Ciamician et Silber ont obtenus dans les mêmes circonstances avi'c le produit de l'aneth. Par contre, je n'ai obtenu le bibromure de bromoisoapiol, fusible à 11 5°, qu'après plusieurs essais. Ayant eu une centaine de grammes île produit pur, j'ai pu joindre à ces recherches d'identification des résultats nouveaux qui confirment encore la présence de la chaîne propénv lique dans l'apiol isonierisé et par suite celle de la chaîne allvlique dans l'apiol piirnitif de la criste-marinc. Ovydé par l'iode et l'oxyde de mercure sui- vant la méthodu découverte par M. J. liougault ('), l'isoapiol fusible à 44° a fourni Valdéhyde c]'unr{hn\y 2..3-mélhylènediox\ 4.5-hydratropiqueC'H'0'.CH (CH^). CHO. Cet aldéhyde est un liquide épais, presque incolore, inodore à froid, insoluble dans l'eau, bouillant sans aucune décomposition à iSq" sous 17°'"; rf°^i,256-; rf|'^ 1,2407; /i^. = 1,53 191 ; RM ^ 59,79, calculé : '^1 ''^6. Son o.rinie fond à 102° et sa semicar- bazone à i48". L'aldéhyde oxydé à son tour en solution hydroalcoolique par le nitrate d'argent et /CO-H la soude donne facilement Vacide conopondant C'H'0'.CI1\^ _ • Cet acide fond à 119°; il est assez soluble dans l'éllier, un peu soluble dans l'eau bouillante, d'où il cristallise par refroidissement. Sa formation est accompagnée de celle de la dimé- thoxy 2.3-métl.ylène dioxy 4.5-acétopliénone C'H'O'.CO.CH', fusible à 88°-89°. Cette acétophoiione n'a été obtenue qu ,'i l'état d'huile par oxydation directe de l'acide hydratropique i-orrespondant an moyen du mélange chromique; mais cette huile, oxydée elle-même par le permanganate alcalin, a donné aisément Vacide céto- ««(7Me C'H^O'.CO.CO-H, fusible à 175", cristallisant en lamelles jaune pâle, et déjà o'btenu directement par MM. Siamician et Silber avec l'isoapiol d'aneth et par moi- même avec iisoiipiol de criste-marine. Les recherches de M. Borde ont montré que l'^s Je graines fraîches de criste-marine donne 7^ à 8^ d'essence et i''*'' de graines sèches plus de 3o^. Comme son essence contient [\o à (io pour 100 de l'apiol qui vient d'être étudié, la criste-marine, commune sur le rivage de l'Océan, est une source abondante d'un composé allylique rencontré seulement jusqu'ici dans des plantes exotiques. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur quel (fiies réactions de l'anthranol. Note de M. Robert Padova, transmise par M. Haller. Lorsqu'on chauffe l'anthranol avec du phénylchloroforme au sein du toluène, il y a dégagement d'acide chlorhydrique et formation d'un composé chloré, en même temps que d'une petite quantité de dianthrone : (') J. BouGALi.T, Comptes rendus, t. CXXX, 1900, p. 1766. G. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N" 3.) .29 21 8 ACADÉMIE DES SCIENCES. 1. On cliauH'e à rébullilion pendant 2 lieuies une solution de 2os d'anlliranol, 206 de phénylcliloroforme dans Se""' de toluène. Par refroidissement se dépose une poudre brun rouge (20>-') que Ton traite par 200'^'"' d'acétone liouiliante. La portion insoluble est constituée ))ar de la diantlirone. De la solution cétonique, on tire par cristallisa- tions répétées dans l'acétone iiS d'un corps cristallisant en petits prismes légèrement grisâtres, peu snluliles dans l'alcool et l'éther, solubles dans le cblorofoi me, le xylène, le toluène, i'oiulanl entre r 58° et log". L'analyse a donné des résultats correspondant à la formule c«H-'— c = cr- C=0 soit la dicbinrobenzylanthrone. Traité par la pyridine à chaud, ce corps perd une molécule d'acide clilorliydrique et donne le composé C»H=-C-CI 1 C C O soit roj-chlorophénylanthraquinométhane cristallisant en petits prismes à peine colorés en rose, très solubles dans le benzène, le chloroforme, l'acétone, solubles dans les alcools méthylique et éthylique, très peu solubles dans la ligroïne, donnant une colo- ration rouge foncé avec l'acide sulfurique concentré. Le corps commence à suinter vers 138°, et fond à iSo^-iSi". n. Fondu avec des ai>ylamines, l'anthranol se combine à ces corps avec perte d'eau pour donner en petite quantité des aryliiiithramines, suivant l'équation R.NH^-t-HO — C-^^ ^CI] = HM)-t-R.]NH-C^ ^CH. \C«H'/ \C°llv/ On chaude pendant 3o minutes l'anthranol avec un excès de la base. On reprend le résidu de la fusion par l'acide chlorhydrique alcoolique, et l'on précipite la solution chlorhydrique par l'eau. On obtient ainsi, après cristallisation dans le toluène ou le xylène, des aiguilles jaunes possédant une magnifique fluorescence verte. Ces corps se détruisent par quelques cristallisations. 11 nous a été jusqu'ici impossible d'en obtenir des dérivés benzoyiés. L'aniline a donné la phénylanlhrauiine suintant vers 191°, fondant à i97°-i98°. L'a-naphtylamine, l'a-naphtylanthramine fondant à i99°-20i". La (S-naphtylamine, la [3-naphtylanthramine suintant vers 2o5°, fondant k 21 3". Le /J-amidophénol ne réagit pas et se détruit. III. lîn présence d'acide sulfurique concentré, l'anthranol ne se condense pas après 48 heures avec l'anhvdride phtalique. A chaud il y a dégagement de SO^ et oxydation. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 219 En revanche, chaufl'é avec du cliloriire de phtalvle an sein du xylène, il y a dégage- ment d'acide clilorlivdrique el formation d'un composé cristallisant en paillettes brun très clair, peu soluble dans le xyléne, dans l'acétone, l'acide acétique; soluble dans le pseiidocumène, la nilrobenzine ; insoluble dans la ligroïne et l'éther. donnant avec l'acide sulfurique concentré une coloration rouge. Ce corps suinte vers aôg", fond à 262''-264° (Bain 25o"). L'analyse a donné des nombres correspondant à la formule C'H' — GO I ' G -O 1; G H'Cn^^G'II* G = 0 soit la phlalylidèneanthrone. Nous poursuivons actuellement l'élude de la saponifica- tion de ce corps qui donne des solutions rouge foncé dans la potasse alcoolique. IV. L'anthranol est oxydé par la phénanlliiéiiequinone en solution acétique et donne de la dianthrone fondant entre 232"el 2.)o" avec destruction, avec un rendement de 7.5 pour 100 environ. IjB dipliénylanthraquinomélhane (ou antlirafuclisone) 1PG'>— G-G"H' (') II G H'G«(^')C6H' G = 0 en solution dans le chloroforme, n'additionne pas le brome à froid ; à ciiaud il y a déga- gement de HBr. Il y a analogie avec le dipliénylbiphénylèneéthène H5C«— G — G'^FL' (M 11 G Réduit par l'anhydride acétique et la poudre de zinc, il fournit le composé G-'lls— CH — G»H^ I G H»C«^ ^OH' G — OOG-GH' (') Padova, Comptes rendus, t. GXLIII, p. 121. {^) Klinger et LoNNAS, Ber., t. XXIX, p. 739-2187. 220 ACADÉMIE DEs SCIENCES. acétoxy lo-aïUhiyl 9-diphénylmétliane, fonniMt à 228°-229'>, et dont le^; solutions pré- senleiil une forte fluorescence violette. 11 nous a été impossible jusqu'ici d'oljlenii , ;ivec un rendement convenable, un pro- duit de condensation de l'antliranol avec ToMihite d'étliyle, soit en présence d'éthylate de sodium, soit même en présence d'élliylalc île jjotassium. Nous poursuivons actuellement r/'hide de l'action du pentachlorure de phosphore sur Tauthranol qui nous a iluiiné un corps fondant à 298''-3oo°, ne contenant ni chlore ni phosphore ainsi que la condensation de l'an- tliranol avec la cétone de Michler. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur les (Irn'vés diiodés d'addition des acides gras supérieurs de la sétie C-H"'"0-. Note de MM. A. Ar.vauo et S. PosTKKXAK, présentée par M. Vlaquenne. Liebermann et Sachse ('), seuls auteurs qui, à notre connaissance, se soient occupés de cette question, ont préparé les acides stéarolique et béhé- noliquc diiodés avec points de fusion respectifs de 5o° à 5i" et 47". Us ont fait réagir l'iode à la lumière sur les ^-ides gras non saturés en solution dans le sulfure de cai-bone en présence de l'iodure de fer. Cette méthode, qui demanderait une exposition de plusieurs jours aux rayons solaires, est lente et semble donner des i-ésultats ai. Jincres. Liebermann a bien indiqué sommairement la possibilité de comlii;i r l'iode à l'acide héliénolique par simple fusion, sans toutefois faire conmùLre des résultats précis. Nous avons trouvé que la lixaliun ne l'iode se fait d'une Hiçon quanti- tative et presque instantanément en milieu acétique. On proeède comme il suit : Une partie d'acide gras, dissoute dans deux ou trois parties d'acidi^ acétique cris- tallisable, est additionnée de la quantité tiiéorique d'iode, soit, prnr une molécule d'acide, deu.v atonies d'iode. On ciiauffe vci> :k>" à 60°, en agitant, jn^q^'à ce que tout l'iode entre en solution. La liqueur reste rolmée en i)run rouge fonei- .-.ans qu'il y ait un excès d'iode libre sensible. On décoloit; avec un peu d'acid. sulfureux et l'on verse le tout dans 20 parties d'eau chaude. Le dérivé diiodé luiilfUN "t très dense se rassemble rapidement au fond du va^e et se prend ])ar refroidissement en une masse cristalline presque incolore. On la purifie par une ou deux cristallisaiions dans l'alcool. Nous avons préparé ainsi l'acide taririque diiodé non eiicure décrit, son (') ISerichle rh'r cleulsch. chein. Gcsetl., U XXIV, p. 4ii2. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 221 isomère stéarolique et l'acide béhénolique diiodé. Nous n'avons pas réussi à introduire dans les acides gras correspondanls 4 atomes d'iode, comme il semblerait possible de le faire théoriquement, par analogie avec la pro- duction relativement facile des dérivés tétrabromés. Ce fait est à rapprocher de l'impossibilité où l'on est de fixer directement 2 atomes d'iode dans les acides de la série oléique. L'acide taririque diiodé CAP — {CW-y - C\ = CI — (GH^^)' — CO^H (') cristallise en fines aiguilles incolores, facilement solubles dans l'alcool chaud, dans l'acide acé- tique cristallisable et dans les dissolvants usuels des acides gras, donne facilement des solutions sursaturées dans l'alcool. Il fond à 48°, 5. Le sel ammoniacal cristallise en longues aiguilles dures, peu solubles dans l'alcool froid, ce qui le distingue de son isomère stéarolique, très soluble au contraire dans ce même dissolvant. L'acide stéarolique diiodé (acide diiodo-élaïdique) CtP— (CH^)'— CI=Cl — (CH^)" — CO^H cristallise dans l'alcool fort en aiguilles incolores et quelquefois en paillettes brillantes quand l'alcool est plus faible. 11 fond exactement à Si" et reprend facilement l'état cristallin. L'acide bchénolii/ue diiodé (acide diiodobrassidique) C--H*"I-0- cristallise en aiguilles molles, solubles dans l'alcool chaud et très peu solubles dans l'alcool fioid. Il fond à 5o°-5i° et non à 47", comme l'avaient indiqué Liebermanii et Sachse. Il est à remarquer que les points de fusion des acides diiodés se rappro- chent singulièrement de ceux des acides gras générateurs qui sont, pour l'acide taririque 5o°,5, pour l'acide stéarolique 4^° et pour l'acide béiiéno- lique 58°. Les dosages d'iode (d'après Carius) correspondent bien aux formules indiquées. Tous ces acides diiodés bien purifiés sont inaltérables à la lumière. Ils donnent facilement des sels alcalins neutres et acides et des sels alcalino- lerreux. Les premiers sont généralement bien cristallisés. Les alcalis caus- tiques en solution alcoolique bouillante n'enlèvent pas la totalité de l'iode. Les sels alcalins en solution aqueuse, même en présence d'un excès d'alcali, ne s'altèrent pas à la température d'ébullition et résistent assez bien, malgré la liaison éthylénique qui existe encore dans leur constitution, aux oxydants énergiques tels que le permanganate de potassium. Par contre les réducteurs, soit en milieu acide (zinc et acide chlorhy- ( ') Pour la constitution de l'acide taririque, voir la Note de M. Arnaud, Comptes rendus, t. .CXXXIV, p. 478. •111 ACADEMIE DES SCIENCES. flrique), soit en milieu alcalin (sodium et alcool absolu), enlèvent facilement riode et régénèrent l'acide gras primitif à triple liaison d'une façon quan- titative. La préparation si simple des dérivés diiodés que nous venons d'indiquer, et applicable même à de très petites quantités d'acide gras, pourrait servir pour l'identification rapide de ces composés non saturés. Bien plus, on peut, grâce à celte méthode, reconnaître facilement la présence d'un acide de la série C"H-"~''0- mélangé aux acides gras des autres séries et l'isoler presque toujours par cristallisation fractionnée de son dérivé diiodé et par réduction consécutive. Par exemple, les mélanges artificiels à parties égales d'acide oléique et d'acide sléarolique, ou de ce dernier acide avec le cin- (piième de son poids d'acide palmiti(|ue, laissent aisément cristalliser le dérivé diiodé. Dans d'autres expériences portant sur des dérivés diiodés, préparés par une méthode différente de celle décrite ci-dessus et traités consécuti- vement par la potasse alcoolique, nous avons pu isoler, d'un mélange complexe, plusieurs acides gras de la série stéarolique, probablement nouveaux, dont nous poursuivons l'étude en ce moment. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur une hase nouvelle retirée du seigle ergoté, l'ergo- thionéine. Note de M. C Tanret, présentée par M. L. Maquenne. Comme suite de mes recherches sur le seigle ergoté, j'ai l'honneur de présenter à l'Académie la découverte dans ce sclérote d'une base nouvelle renfermant du soufre. Pour rappeler son origine et sa composition, je pro- pose de l'appeler ergothionéine. Préparation. — On part de l'extrait alcoolique de seigle ergoté. Après l'avoir con- venablement déféqué par des traitements dont le détail sera exposé dans un autre recueil, on y verse un excès d'une solution tiède de bichlorure de mercure à 8 pour loo : du cliloromercurate se précipite. Après l'avoir lavé, on le délaie dans une grande quantité d'eau et on le décompose par l'hydrogène sulfuré. Les liqueurs, séparées du sulfure de mercure, sont concentrées en consistance de sirop clair : du chlorhydrate d'ergotliionéine ne tarde pas à cristalliser en niasse. On le passe à la trompe, en le lavant à l'alcool, et on le fait recristalliser dans l'eau jusqu'à ce que les cristaux soient incolores et limpides. l'^s de seigle ergoté en donne environ i?. Ce chlorhydrate sert à la préparation de la base. F'our obtenir celle-ci, on dissout le sel dans quelques parties d'eau chaude et l'on y ajoute du carbonate de chaux en SÉANCE DU 19 JUILLET 190g. 223 léger excès. On fait bouillir et l'on filtre : de l'ergotliionéine cristallise déjà par refroi- dissement. En concentrant la solution et l'additionnant de plusieurs fois son volume d'alcool à 90", on précipite le reste de la base qui est très peu soluble dans l'alcool fort, tandis que le chlorure de calcium formé reste dissous. On la fait recrislalliser dans l'alcool à 60" bouillant jusqu'à disparition complète du sel calcaire. On peut encoi'e dissoudre à une douce chaleur le chlorhydrale dans de l'acide sulfurique à 80 pour 100. L'acide chlorhydrique, mis en liberlé, est enlevé par des agitations l'épélées avec de l'éther , puis l'acide sulfurique est étendu d'eau et précipité par le carijonate de baryte. Après filtra tion, on distille sous pression réduite : le résidu est constitué par de l'ergotliionéine. On la purifie en la reprenant par de l'alcool à 60" bouillant qui la laisse cristalliser en i^efroidissant. Composition. — La coni[)osition de l'ergothionéine cristallisée dans l'eau répond à la formule (?H'^Az''0-S, 2IPO. Elle perd sou eau de cristalli- sation sur lacide sulfurique et la reprend à l'air libre. Eau trouvée : i3,35 pour 100; calculé : i3,58 pour 100. Les analyses de l'ergothionéine déshydratée à 100" ont donné : Calculé puur IV. V. CH'^Az^CS. » I) 47,16 » » 6 , 55 .) .. 18,34 i4,42(') i4,oo(-) i3,97 » » ' 5 , 97 I. II. III c . ■■ 47.04 47,24 » H 6,66 6,66 » .\z . . . . . . . n » iS,t S . . . » » )> 0 . . . » » n 99>99 Propriétés physiques. — L'ergothionéine cristallise dans l'eau en lamelles incolores. M. WyroubofI', (|ui a bien voulu les examiner, les a trouvées clinorhombiques. Cette base est e.vlrêmcment soluble dans l'eau à chaud; à 20°, elle s'y dissout dans 8, G parties. Assez soluble dans l'alcool faible, elle ne l'est que très peu dans l'alcool fort. C'est ainsi qu'elle se dissout à froid dans 3o parties d'alcool à Go" et à l'ébuUition dans 637 parties; mais pour les alcools à 80", 90" et 95" bouillants, elle exige respective- ment 4J)33o et plus de 1000 parties. L'alcool méthylique et l'acéione bouillants la dissolvent à peine. Elle est insoluble dans l'éther, le chloro- forme et la benzine. (') Dosage par l'azotate de potasse et le carli«nale de soude. (-) Dosage par l'oxydation directe du chlorhydrate dans l'eau régale. 224 ACADÉMIE UES SCIENCES. L'ergothionéine est dextrogyre; elle a comme pouvoir rotatoire [a]i,= + 110°. Celle base n'est pas volatile. Elle fond au bloc Maquenne vers 290° en une dizaine de secondée et en se décomposant. Elle est inodore quand elle est fraîchement préparée, mais une odeur désagréable ne tarde pas à se développer dans les flacons qui la renferment. Propriétés chimiques. — L'ergothionéine est une base faible; elle est sans action sur le tournesol. Les sels qu'elle forme avec les acides ont ceci de particulier que leur acide se comporte vis-à-vis des indicateurs colorés comme s'il était libre. S'il est minéral, on peut donc le doser en se servant d'hélianthine ou, à plus forte raison, de tournesol. Ces sels sont générale- ment bien cristallisés. Les sels d'ergothionéine précipitent par l'iodomercurate de potassium, l'iodure ioduré, le bichlorure de mercure, mais non par l'acide picrique elle tannin. Fondus avec un alcali, puis additionnés d'un acide, ils dégagent SH^. Leur solution chauffée avec de la potasse et du chloroforme se colore en vert; elle vire ensuite au bleu quand on la neutralise. L'ergothionéine réagit avec Cl H et SO'H- comme une base monoacide. Sels. — Le chlorhydrate CH'^Az^O^S, HCI .3 H-O est le plus intéressant de ses sels. Il se présente en beaux cristaux, que M. Wyrouboff a trouvés orthorhombiques. Il ne perd toute son eau de cristallisation qu'à 100°; déshydraté, il fond à aôo" au bloc Maquenne. Il est très soluble dans l'eau froide et l'alcool métliylique; il l'est aussi beaucoup dans l'alcool éthylique faible, mais bien moins dans cet alcool fort. Il est dexlrogyre avec [«][,=: + SS^iO. Ce sel est très stable, car bien que son IICI réagisse dans sa solution comme s'il était libre, celle-ci peut être évaporée à siccité à 100° sans en rien perdre. L'acide chlorliydrique de ce chlorhydrate ne peut être dosé directement avec l'azotate d'argent : la liqueur argentique versée en excès dans sa solution y produit un précipité caséeux du chlorure double ( VgCl )-[(C'H'^Az'0-S)- Ag-0]. Le sulfate d'ergothionéine (C'H'' Az^0-S)-SO' M-, 2 II-O est soluble dans 7 parties d'eau à to". Il a [«][, = -+- 87°, 4- Le phosphate C'-'II'^ Az'O'S. M' PO' est anhydre. Il est soluble dans 20 parties d'eau à 19°. Il a [a],, = -(- 83", 8. Le chloromercurate HgCP, C'H'^ Az^O-S. HCI s'obtient en mélangeant des solutions à poids moléculaires égaux de bichlorure de mercure et de chlorhydrate d'ergothio- néine. Ce sel double est cristallisé. Il se dissout dans quelques parties d'eau bouillante et dans 180 parties d'eau froide. Mais en présence d'un excès de HgCI', il esta peine soluble dans l'eau. Le chlorure de platine en excès donne avec le chlorhydrate un chloroplalinate rouge orangé assez soluble dans l'eau, mais »ncristallisable. Le chlorure d'or colore la solu- tion en rouge sang, mais sans donner de précipité stable. SEANCE DU 19 JUILLET 1909. 22.'i CiiLMii; OliGAMCH'J'- — Sur la coiistilulion du perse idosc. .Note de M. (lABitiici. lÎEitTnANu, présentée par M. L. Maquenne. L'oxydation de la perséile jjar la bactérie du sorbose donne un nouveau sucre réducteur, le perséulose, rpie j'ai réussi à faire cristalliser ; j'en ai déjà décrit les principaux caractères et établi la formule brute C' H'''0' ('). Il restait à en détcnniner la constitution et la structure sléréochimique. Les expériences que je vais rapporter aujourd'hui permettent de résoudre le premier de ces problèmes en (Mncidant la nature de la fonction réductrice du perséulose. Déjà la généralisation des résultats ojjtcnus dans l'acliou tle la bactérie du sorbose sur la glycérine, l'éryllnilc rt [ilusicuis liexiles, conduisait à sup|ioser que le perséulose devait être un sucre célonicpie. La réaction de Séliwanoli' donnée, à très peu près du moins comme je l'ai déjà indiqué ('), par le perséulose, était une présomption nouvelle en faveur de cette hypo- thèse. Les preuves ont t''t('' a|i[)()rt(''es par deux n'-actions dillérentes et précises. Pour savoir si un sucre doit sou pouvoir réducteur à la présence d'un groupement aldéhydique ou d'un groupement cétonicpie, l'une des meil- leures réactions, et en même temps la plus simple, consiste à le soumettre à l'action oxydante du bi'onu- en solution atpieuse. Dans le cas d'un sucre aldéhydique, il y a formation d'acide et le pouvoir réducteur disparait; les sucres cétoniques résistent au contraire à l'oxydation et la solution continue, sans diminution de titre, à réduire la liqueur cupro-potassicpie. PoLu- faire l'expériencu, on a liissous o^', o5o de |ierséiiiose pur dans un i""' d'eau, ajouté un excès de Ijronie (4 gouUes) et abandonné le loul à soi-même, dans un tube bouclié, à la température ordinaire. Après 5 jours, ou a chassé par ébullilion le brome resté libre, puis on a dosé le pouvoir réducteur. Ce pouvoir correspondait à 8 !"'>*, 9 de cuivre, ce qui, d'après nit's déteiiu ina lions antérieures (■■), é(iuivaul;i ob,o5o4 de perséulose. Comme les autres sucres cétonicpies, le perséulose résiste donc à l'oxyda- tion par le brome en présence de l'eau. Une autre réaction, plus instructive, consiste à fixer sur le sucie l'hydro- (') Comptes rendus, t. CXLX'II, 1908, p. 201. (^) Bull. Soc. cldin., 4" série, t. \' . i(). (iac). (^) Loc. cil. C. U., 1909, 1' Semestre. {T. l'i'.i, N" 3.) ^O l>'2() ACAUÉMlli; DES SCIENCES. j^cMU' (logagc- par Fiimalgaine de sodium au conluct du l'eau. Eu ayaal soin d'opérer en milieu neutre, ou plutôt légèrement acide, afin d'éviter le phé- nomène d'isomérisation de T^obry de Bruyn elvan Kkenstein('), on obtient une seule espèce d'alcool avec un suei'e aldéhydicpic, tandis (|u"on eu obtient deux avec un sucre cétonique. La riiduclldii a été opérée sur .Soï do perséulosi' ci islalli!^é. (Jii a dissous le sucre dans 'i fois son poids d'eau el ajoiili', pur poitions de aS», jusqu'à 1200» d'amalgame à 2,5 pour 100. l'ourêlre sûr, à tout nionienl, d'avoir une solution légèrement acide, on a introduit dans le mélange, avant chaque portion d'amalgame, la quantité d'acide sulfiirique juste nécessaire pour saturer la soude qui allait prendre naissance. En agi- tant vigouicuseinent, il a suffi de i|uelques minutes pour utiliser chaque portion d'amalgame. lînfin. on a eu la précaution de plungcr le llacon où a\ait lieu la l'éaction dans un bain d'eau courante, de manièi'C à maintenir la température au voisinage de 30° à 3o". Lorsque la (|uanlili'' ilamalgarne indi(|uée plus haut a jété employée, le li(|uide n'avait pour ainsi dire plus aucune action sur la lupieur cupro-jjolassique. On a séparé le mercure, neutralisé . exactement le liquide el précipité la presque totalité du sulfate de sodium pai' l'addition de 2^"' d'alcool à 90 pour 100. Après essorage, le sel a été rediïisous dans 100""' d'eau tiède et reprécipilé par 200''"' d'alcool; on a recommencé encoi-e une fois cette opéi-ation. Les solutions hydro-alcooliques réunies ont été distillées à sec dans le vide et le résidu mis à bouillir pendant io minutes avec 25o'"'' d'alcool à 90 pour 100. Après 2.4 heures de repos, on a essoré, lavé avec un peu d'alcool et renouvelé le traitement. Le résidu, débarrassé des produits solubles dans l'alcool fort, a été épuisé, en plusieurs fois, par un demi-litre d'alcool dilué à (J'i pour 100, employé bouillant. Ou u filtré, pour séparer du sulfate de sodium, el la solulion, abandonnée au refroidissement complet, jusqu'au lendemain, a fourni une abondante cristallisation, du poids de 12*^, cju'on a identifiée avec la perséite. On a trouvé eu elïét, après une nouvelle cristallisation prescpie sans perte, précédée d'un jjetit traitement à l'acétate de plomb pour éliiuinei' les dernières traces de sulfate alcalin : Avec la perséite arlilieiulle. iiiilureile. Solubilité dans l'alcool à 80 pour 100... O", 09/4 {< = -H 19", 6) oS, 097 (i = -i- 19", 5) Point de fusion -H 188° -H 188" (Maquenne) Pouvoir rota loi re (an) -I- i''20 -f-i°20 (Gernez) Les eaux mères de la perséite renferuieut encore quelques grammes de (') liecticit Traw cliiiii. Pays-Bas. t. MV et XVL SÉANCE DU 19 JUILLET Ï909. 227 la même suhstance mélan^■<'>e à une autre lieptile. Cette dernière, douée d'un assez fort pouvoir rolatoire lévogyre (plus de 8" à gauche), est, coutiairemenl à la perséite, très solujjle dans l'eau froide et dans l'alcool; mais elle ne peut, nial^ié cela, en être séparée cjue difficilement à l'état pur. C'est une heptite franchement distincte de toutes celles connues jusqu'ici, et je me propose de la décrire prochainement sous le nom de perséitlltc. Pour aujourd'hui, je me horncrai à ce résultat que le perséulose df)nnc, [)ar hydrog'énalion, un iu(''Iani;e de deux alcools sléi'éo-isomères, résultat qui ne pevit s'expliquer sans admettre l'existence, dans sa molécule, d'un groupement carl)onyle. Le perséulose dérive donc de la perséite exactement comme le sorbose dérive de la sorbite. C'est, par suite, le premier représentant des sucres cétoniques à ■y"' de carbone. lîOlANlQUE. — Conlribulion à l'élude de l'origine des Avoines cultivées. Note de M. Tkabut, présentée par M. Guignard. ].' ii'c/ui fallut est considéi'ce, par la gém ralili' îles bolanisles, comme l'ancêtre prohabic des (liIFércnlcs races tle 1' \^cnn salàd : les seules dilléieiices mor|)liologi(|ues CDlre ces dea\ Avoines résident dans l'arlioulation des Heurs de VAre/ia falua. C>n connaît, iln re-le. des formes intermédiaii'es comme VA^eim hyhriila l'elrni. ({■'lora. Dans la réijion méditerranéenne, V A . faliiii est remplacée jiar II. slci'ilis, qui en dilVère surtout par l'alisonce d'articulation entre la première Heur el les suivaiUcs. Cet A\'eiifi slci'i/is présente de très nombreuses formes ou espèces élémentaires; I^urieu de Maisonneuve a distingué A. Liidnvicidiia. bidore et à épillets |)lus petits que dans le Ivps; lîianca a fait connaître !',(. sesfefalis (Todaro, Sic. exs., 719) à arèle réduite, non ïïenouillée; celte Avoine a été, bien à tort, rapportée par iVyinan à VA. barbala. Ilaus-kneclil (Sjnib. l'^lor. résence, sur les deux (leuis. d'une arèle robuste, lorlile à la base el a;enouillée. 228 ACADÉMIE DES SCIENCES. Le seul caraclère consi(iérc j>ai' les llorisles comme important pour séparer les Avena est celui de l'arliculation des fleurs : deux sections dans les Avence genuinœ sont établies sur le caractère de l'articulation des (leurs avec le rachis : Saliva', non articulés, Agrcsles, articulés. Les AgrcsLes se divisent encore en Bifoimcs et Con- formes, en tenant compte de l'articulation des deuxième et troisième fleurs. Jl résulte de celle classificaliou ( ' ) que les Ayena sterilis, falua el saliva se li'ouvent séparés, chacun dans une division, alors que ces Irois espèces devraient plutôt être réunies en une seule. Pour la détermination des espèces spontanées, on devra cependant tenir compte de ce caractère des articulations, mais ne plus considérer les divi- sions (jui en découlent comme des divisions naturelles. Si, dans les Avoines cultivées en lùirope, la séparation des fleurs est le résultat de la rupture du raciiis, il iTcii est pas de même dans le nord de l'Africjue et dans une partie de la région méditerranéenne oii l'on cultive, généralement, des races d'Avoines dont la glumelle inférieure est insérée obliquement et prolongée en callus ovale; au niveau de cette insertion, il se produit, à maturité, une séparation par désarticulation du nœud et, du côté de la glumelle, l'empreinte oblique de l'insertion est très visible; entre les glunies, il reste un fragment du racliis sectionné obliquement. Ce fragment en forme d'écusson, d'une couleur plus faible que la glumelle, est facile à limiter avant la désarticulation. (Cependant, cette désarticulation ne se pro- duit pas aussi facilement que dans les Avena fatua et sleritis; la cicatrice n'est pas aussi nette el, dans la praticpie, on peut récolter le grain en mois- sonnant à temps. Celle Avoine méditerranéenne présente aussi un caractère tiré de la pré- sence d'une arête l)ien développée sur les deux fleurs i^Avena saliva var. bia- rislata Hceckel, in litt.). J^a désarticulation de la fleur inférieure avec le racliis, chez ces Avoines méridionales, ne permet pas de les séparer des Agrestes et en particulier de V Avena sterilis. Notre Avoine méridionale a donc conservé beaucoup phis de ressemblance avec [Avenu sterilis cjue les Avoines septentrionales avec V Avena fatua. En dehors de ces caractères morphologiques que j'ai constatés sur des Avoines d'Espagne, d'Algérie, de Tunisie, d'Ilalic (Avoine des Abruzzes), on peut aussi prendre en considéralion eerlaitis caractères d'ordre physio- logique qui, au point de vue pratique, ne sont pas sans importance. (') Cdsson, Soc. Ilot. Fr., iHÔ^. SÉANCE DU I() JUILLET 1909. 229 Sur le littoral algérien, j'ai, à la Station botanique, expcrinicnté de nom- breuses races d'Avoines; les seules variétés dérivées du sterilis ont résisté k la rouille et à la sécheresse. Dans un compte rendu des travaux de la Sta- tion j'ai, dès 1895, attiré l'attention sur ce fait, ainsi que sur la résistance de notre Avoine algérienne à un certain degré de salure du sol. Les Stations d'expériences du Cap, d'Australie et des États-Unis ont contrôlé mes affirmations et, après en avoir fait la preuve, ont provoqué, par les soins de leur Gouvernement, d'importantes distributions de semences d'origine algérienne. Ces faits s'expliquent, aujourd'hui, par les affinités de notre Avoine avec VA. sterilis qui est plus méridionale que VA. fatua. En Algérie, certaines races d'.^. sterilis {A. Ludoviciana D. R.) se développent, au point de donner l'illusion d'une culture, dans des steppes salées ou des stations arides. De ces observations on peut légitimement tirer les conclusions suivantes : Il existe en Algérie des espèces secondaires de V Avenu sterilis, qui ne présentent aucune différence importante avec les races d'Avoine cultivées dans la région méditerranéenne. Ces formes assez répandues ne paraissent pas provenir d'hybridation; elles se reproduisent quand on les cultive. En sélectionnant ces variétés, il est encore possible d'en obtenir des Avoines utilisables. U Avenu sterilis a, comme V Avenu faliui, donné naissance à une série de races cultivées d'Avoine; ces Avoines, qui ont conservé des caractères évidents du sterilis, sont au.ssi les plus aptes à résister à la sécheresse et à la salure des terres. Elles résistent aussi mieux à la rouille. Le caractère de la désarticulation des articles du rachis de l'épillet est un caractère secondaire; il tend à s'atténuer et même à disparaître dans les formes cultivées. En ne tenant pas ce caractère pour primordial, on arrive à considérer V Avenu futua comme très proche de V Avenu sterilis el à admettre que ces deux Avoines, l'une de l'Europe centrale, l'autre de la région médi- terranéenne, ont donné naissance à deux séries d'Avoines cultivées : a. Une série à glumelles plus courtes, à insertion de la glumelle plus horizontale, ne devenant pas l'origine d'une désarticulation, mais à fleurs se séparant par une rupture suivant un plan presque perpendiculaire à l'axe du rac!iis,_ à arêtes ne se développant pas ou représentées seulement sur la fleur infé- rieure; h. Une autre série à glumelles plus coriaces et plus allongées, à glumelle inférieure s'insérant obliquement et pourvue d'un callus portant une cicatrice correspondant à la désarticulation sur le rachis de l'épillet, à arêtes bien développées sur les deux fleurs inférieures. a'^O ACADÉMIE DES SCIENCES. nnsiuLOGIE VÉGÉTALE. — De l'influence des radialions du nidiuiii sur 1rs fonctions ctilorophyllicnnc et respiratoire citez les rcL^e/tni.x-. Noie de MM. Ai.kxa.vdkio HilstitT eL Andkf. Klixo, pivseiiléc par M. L. Maqiieiine. On sait que, chez les végétaux, les radiations calorifiques favoriseul la respiration tandis (pie les radiations lumineuses favorisent le phérioiiièiie inverse (Fassimilation et que les radiations cliiiniiiues altèrent la eliloropli\lle. Il nous a |)iiru inlcressaut de rechercher si les nouvelles ladialioiis eonnues acluellenient n'auraient pas un certain efl'ct sur ces uièuics fonctions et nous avons eonnnencé à ce point de vue par Télude des radiations du ratiiuin. Nous avons employé dans nos expériences un tlispositif semblable à celui préconisé par ,MM. Dehérain et Maquenne clans des cas analogues; nons nous sommes servis de lubc's de verre de 3o'^"''' à 35"""' de capacité dont une extrémité peut être fermée liermé- lif|uement par un bouchon iodé et portant à l'autre extrémité un robinet de verre On y introduisait les feuilles à mettre en expérience et, dans un de ces tubes, on glissait un étui (le \(n're reiifeim:iiil l's de broniure de radium, d'activité oooooo; l'autre tube était gnrdécouiinc témoin. On faisait le vide dans ces tubes et l'on y laissait rentrer une atmosphère enrichie artificiellement en acide carbonif|iie et en oxygène. Chai|ue expé- rience était accompagnée du [irélèvement d'un échantillon de cette almosplière pour Paiiaivse. I^e- tube-» remplis de ce gaz étaient lai>sés dans les conditions voulues d Obscurité (lu de biniiere pendant un temps coinenable. Ou arrêtait rexpérience en faisant de nouveau le \i(le dans ces tubes dont on recueillait les gaz. Nous avons ellectué quatre séries d'expériences : la première, pour nou^ assurer que les rayons du radium seuls ne pns'-èdenl pas d'iniluencc sur la coniposiliim du gaz mis en expérience dans les conditions où nous opérions; la deuxième, pour rechercher s'il v a>ail assimilation chlorcqdiyllienne par les feuilles vertes en |)résence du radium; des deux tubes, l'un recevait des feuilles enlourant l'étui de radium, l'autre coiitriiiiit des Il iiilles seules et seivail d'expérience témoin, les deux tubes étant maintenus à Icj!)-- rurili'; la troisième et la quatrième séries étaient effectuées pour \oir si les feuille> soumises préalablement à l'action du ladluni étaient encore susceptililes de respirer et d'assimiler normalement. On se servait alors des tubes préparés de la deuxième série eu ayant soin d'enlever l'étui de radium du tube qui le renfermait et en laissant les feuilles dans les deux tubes au contact de l'atmosphère artificielle, soit à l'obscurité, soit à la lumière. Chaque série d'expériences comportait ainsi des essais témoins exécutés avec des feuilles n'ayant pas subi l'action du radium. Les mélanges gazeux, dans ces divers essais, étaient analysés en absnrbaul l'acide carbonique par la potasse et l'oxygène par le pyrogallate de potasse. Le Tableau suivant donne, entre autres, les rés(dlals d'un certain nombre d'expé- SÉANCE UU 19 JUILLET 1909. ■2:^1 i-iencL's faisant pnrtie île ces (|u:Hie séi ies el dans les(|uelles 011 doniio la composilioii cenléîiiuîile des :ilinosplièrcs inili.iles ou (iuales eMrailes des lul)esap|•è^ les diderenls essais et lainem'e à o" cl à -(io'""' : C'impnsiliijii i-ciiir'^iiiinlc lie ratcnosplirn-. Acitic .VxolL* .'ii /(/.. sans radium .'>'>, \i> Atmosplicre initiale ',)i''^9 Atmosphère finale après séjour de r>4 heures au contact de feuilles vertes, avec radium. 3().07 /(/., sans radium •'îl.oj 9.93 [xniique. Oxygène, résichiels. " 5 S 5 2; 74,86 8,83 58,17 .")6 , 3 1 5i,;'|4 26,. ')8 a3,84 .'(5,62 9,42 8 , ji) 37. «7 37,3.5 37.09 Atmosphère initiale Almos])lière finale; feuilles a\ant subi antérienremeiil l'aclion ilu radium; 2 '| heures à l'obscurité sans radium . . . Alinosphcre finale; feuilles lé- moins 4'2 , 'o 20 , 37 Atmosphère initiale 9''^9 55,G.3 Atmosphère finale; feuilles avant subi antérieurement raction du radium; 24 heures à rol)SCurité, sans radium.. Atmosphère finale: feuilles lé moins 34,',(i 33 ,3" 42,18 Atmosphère initiale 27 ,63 Atmosphère finale; feuilles avant subi anlèrieurenienl l'action du radium, pendant 36 heures ; 7 heures au soleil. 21, 36 68,02 10,62 Atmosphère finale; feuilles té- moins 20,90 68,42 10,68 ll-.ppc.rt O- icœ' 1 ,04 o , 98 0,98 \ 0,9^ 33,33 32,02 34,6.") 1,06 ù » 99 32,02 34,63 1 , 00 22,73 35,09 1 ,02 61,62 10,75 » Observations. Lilas. Surface, Poids, -gcm' ■,4o Lilas Surface, 70'''"' Poids, |S,6.") Lilas Surface, 70"^°'" l'oids, iK,65 Lilas Surface, 70'=»'' Poids, iR,65 Lilas Surface, 72'='»' Poids, is,45 Les résultats oljleniis nous coiiduîsenl à énoncer les conclusions suivantes : i" Les rayons du radium n'exercent aucune influence appréciable sur la composition de l'atmosphère avec laquelle ils sont mis en contact, du luoins 232 ACADÉMIE DES SCIENCES. en ce qui concerne Foxygène et Tacide carbonique et dans les limites de lcni|)s (3 jours) (ju'ont duré nos expériences; 2" Les cellules clilorophylliennes ne peuvent exercer le pliénomène d'assimilation sous la seule influence des rayons du radium, ou tout au moins son intensité n'est pas assez considérable pour ne pas être masquée par le pbénomène inverse de respiration ; 3° Les cellules véj^élales paraissent cependant être altérées légèrement par ce contact, car, en étudiant les pbénomènes de respiration et d'assimi- lation sous l'action solaire, comparativement sur des feuilles d'espèce et d'origine semblables, de surface et de poids égaux, maintenues à la même température, pendant un laps de temps identique, on constate une diminution d'intensité de ces phénomènes pour les feuilles ayant été soumises préala- blement à l'influence des rayons du radium; 4° Le rapport -y- de respiration ou d'assimilation ne paraît pas influencé pour les feuilles soumises ou ayant été préalablement soumises à l'action des rayons du radium (' ). PHYSIOLOGIE. — Du travail musculaire électriquement provoqué dans la cure des maladies par ralentissement de la nutrition et en particulier dans la cure de l'obésité. Note de M. J. Bbisgonié, transmise par M. Bouchard. On sait, surtout depuis les travaux de M. Bouchard, que l'apport et le besoin d'énergie règlent l'équilibre de la nutrition. Si l'un de ces deux termes s'accroit seul, deux états pathologiques en dérivent : c'est, d'une part, dans le cas delà, prédominance du besoin d'énergie, le marasme; d'autre part, dans le cas de \r prédominance de l'apport, l'obésité ou l'une des ma- ladies du groupe si naturel appelé par M. Bouchard maladies par ralentis- sement de la nutrition. On s'est surtout attaché jusqu'à présent, dans le traitement de ces mala- dies et en particulier dans la cure de l'obésité, à restreindre l'apport d'énergie (') Nos recherches él aient déjà très avancées quand nous avons appris que M. De vaux, professeur à la 1^'acullé des Sciences de liordeaux. avait examiné sommairement l'aclion du radium sur l'assimiUilion cliiorophyllienne et avait trouvé, sans l'avoir publié, que celle action étnil « absolumenl nulle, du moins comme action diiecle, car le ladium, en altérant la plante, peul modifier secondaiiement ses fonctions et l'assi- milalion chlorophyllienne en particulier ». SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 233 en restreignant soit la ration alimentaire, soit le rendement digestif, soit encore la richesse en calories des aliments ingérés. C'est sur ces principes que sont basées les cures de Harvey-Banting, d'Ebstein, de Dancel, de Schvveninger, de Bouchard, de PfeilTer, de Hirschfeld, etc. Ce n'est que très timidement que la thérapeutique de ces maladies s'est attaquée à l'autre terme, le besoin d'énergie, pour, en l'augmentant le plus possible, rétablir l'équilibre. A cela il y a plusieurs raisons dont la principale est que chez le ralenti et en particulier chez l'obèse, la dissipation de l'énergie ne se fai- sant le plus souvent sous la forme chaleur qu'à condition de s'être faite tout d'abord sous la forme travail mécanique, c'est en somme vers la lassitude et vers l'épuisement nerveux que ces malades, surmenés par leurs forces de volonté souvent inefficaces, étaient poussés. Il V a, en elTet, beaucoup d'obèses qui, peu vigoureux, peu musclés, ner- veux, déprimés, atones, torpides et arrivés d'autre part à des recettes d'éner- gie réduites au minimum, sont incapables d'un effort psycho-moteur suffisant pour augmenter, par le travail musculaire volontaire, leurs dépenses orga- niques. A ceux-là le travail musculaire électriquement provoqué tel que je vais l'indiquer donne la seule solution thérapeutique. Chez les autres bien portants, vigoureux, yZo/vV/e.f, le travail é|pctri(piement provoqué s'ajoute et rend plus eflicaces les autres formes phvsiolhérapiques ou diététiques de la cure. Chez les rhumatisants, les goutteux, les glycosuriques, les migraineux, les intellectuels surmenés, les neurasthéniques au repos complet, etc., cet exercice, à peine conscienl, permet un développement général ou local des muscles, un entraînement progressif, un travail musculaire violent ou léger, long ou court, et toujours exactement dosé; tout cela sans que la volonté inteivieniie si peu que ce soit, sans mise on jeu de la sensibilité, le sujet pen- sant à tout autre chose ou n'étant pas détourné de sa lecture. Technique, foi-me du courant et facteurs électriques. — Tous Jes courants à états variables brusques et réguliers d'une fréquence de \o à 100 par seconde peuvent être utilisés; ainsi le courant alternatif industriel, les cou- rants intermittents de Leduc, etc. Cehii qui s'est montré le mieux adapté au but est le courant des bobines d'induction ou courant faradique des médecins électriciens. Il est produit par une bobine à noyau, munie d'u^i interrupteur vibreur bien réglé. Le coefficient de transformation de cette liobine peut varier entre 2 et 3, ce qui donne avec 4 volts au primaire un voltage efficace de 8 à 12 volts au secondaire avec des intensités, mesurées au thermique, pouvant aller à 5o milliampères et au delà. Ce courant est rythmé à la demi-seconde par le métronome inverseur. C. n., 1909, r Semestre. (T. li'i, N' 3.) 3l 2'iî\ ACADÉMIE DES SCIENCES. Electrodes, dcnsilé de courani, résislaiwe, durée. — Les électrodes, dont (jiiclques-unes fixées à un fauteuil ou à une chaise-longue, sont des plaques métalliques avec épais matelas spongieux iminbé d'eau chaude, recouvrant à peu près toute la surface du corps, sauf la face, la partie antérieure du thorax, les mains et les pieds. Leur surface totale utilisable a été portée chez cerlains sujets très volumineux jus(|u"a loooo""'. La densité pour 5o milliampères efficaces peut descendre à 0,01 milliampère par centimètre carré, la plus faible densité qui ait jamais été obtenue avec des intensités élevées; d'où Fabsence complète de sensation au niveau de la peau. Toutes les électrodes sont paires et symélriipies. h>lles forment six groupes de deux, c'est-à-dire douze électrodes et sur chacune d'elles le courant peut être modifié dans sa polarité et son intensité par un tableau disposé à cet eiTet. La résistance du malade, ainsi blindé, peut descendre au-dessous de 200 ohms. Les séances peuvent durer jusqu'à i heure et plus sans qu'au- cune fatigue du patient ait été observé sur un très grand nombre d'appli- cations faites depuis plus de 10 ans. Effets. — Les contractions rythmées sont généralisées à toutes les masses musculaires importantes : mollets, cuisses, siège, dos, épaules. Elles sont assez énergiques, quoique absolument indolores, pour soulever le corps même surchargé au niveau des cuisses de 4'»''** et davantage; les échanges respiratoires sont énormément augmentés; la température centrale du sujet tend à s'élever. Il se couvre souvent de sueur; pour quelques-uns la dissi- pation de la chaleur par l'évaporatiou doit èlre activée au moyen d'un ven- tilateur; la fréquence des mouvements respiratoires et du pouls augmente; la pression artérielle ne s'élève pas pendant l'exercice éleclriquemenl pro- voqué, mais s'abaisse après comme dans l'exercice ordinaire (Polain). Le poids de la graisse diminue très vite si la ration alimentaire est et reste celle d'équilibre avant le traitement. Les forces et la résistance à la fatigue du sujet s'accroissent. MÉDECINE. — Propriétés a/t/lrabi(/iies de la substance cérébrale. Note de M. A. Marie, présentée par M. \i. Roux. On connaît des toxines microbiennes (jui peuvent élre neutralisées par certains principes constituants de la substance nerveuse. A la suile des tra- vaux de Wassermann sur la fixation de la télanospasmiu^;, nous avons SÉANCE DU 19 JUILLET I909. 235 montré (M qu'elle est inaclivée par le protagon et par un albuminoïde du cerveau, de nature encore indéterminée; de même, la toxine du botulisme est neutralisée par la lécithinc el la cholestérine. Nous désirons présenter l'exemple d'un microorganisme, dont l'action pathogène se trouve complètement empêchée par des substances extraites du cerveau de l'homme : il s'agit du virus rabiciue. Ayant eu à notre disposition l'encépiiale d'une personne morte de rage, •nous avons soumis, à l'action du vide sulfurique, le liquide obtenu en com- primant le cerveau, broyé avec du sable, à plusieurs centaines d'atmo- sphères. En reprenant par l'eau distillée le suc desséché et pesé, on peut préparer une solution isotonique et la filtrer à travers une bougie. Celte solution présente une propriété tout à fait remarquable. Mélangée avec son volume d'une émulsion centésimale de virus ral)ique (virus iixe), elle le neutralise en quekjues heures, car le mélange, injecté dans le cerveau d'un lapin ou d'un cobaye, se montre absolument inoll'ensif pour eux. Fait surprenant, ce pouvoir neutralisant ne se manifeste pas seulement avec l'extrait de cerveau d'une personne avant succomlié à la rage : nous avons pu l'observer en utilisant l'encéphale d'individus qui étaient morts des maladies les plus diverses, tuberculose, scarlatine, infection pueipérale, épilepsie, paralysie générale. Nous ajouterons ceci : les extraits cérébraux ne sont pas toujours inof- fensifs par injection dans le cerveau des animaux, mais ils se montrent d'autant plus toxiques (-) ([ue leur pouvoir neutralisant est plus élevé pour le virus rabique, ce qui est le cas dans la rage, la paralysie générale, l'épi- lepsie. Les choses se passent comme si le cerveau humain réagissait en éla- borant des produits d'autant plus actifs qu'il prend lui-même dans la maladie une part plus considérable. La substance qui donne à l'extrait de cerveau humain, un semblable pou- voir antirabique, se retrouve dans des précipités offrant les propriétés géné- rales qu'on attribue aux nucléoprotéines, comme le prouve la préparation suivante : On traite par une sohition sodi(|iic faible (1 pour 100). un fiagment de cervnau humain et l'on filtre l'émulsion sur hougie. L'addition d'une certaine ((uantité tie HCl au fijtral détermine, comme on le sait, la formation qi'iin précipité qu'on petrt recueillir après centrifui;ation, puis ledissoudje dans un liquide faiblement alcalin, (') A. Marie et \) . ïiffe.neai, Arui. /iisti/i/t Pas/etir. t. Wll, 1908, p. 289. (-) A. Marie, Comptes rendus, t. CALl, 1.4 août 190.5, p. 3g4- 236 ACADÉMIE DES SCIENCES. un sérum sanguin par exemple. Or, mélanf;ée en proportions convenables avec du virus rabique, la nuciéoprotéine ainsi oljlenue le neutralise et Ton peut inoculer sans danger un tel mélange dans le cerveau des animaux, tout comme s'il s'agissait de virus rabique inactivé par un sérum anllrai)ique. Ce mode de préparation est avantageux, car il permet d'opérer sur de petites quantités de matière cérébrale et ainsi d'étudier les propriétés des nucléoproléines du cerveau, chez diflerentes espèces animales. Cette étude nous a révélé un fait inattendu. Tandis que chez l'ho'mme, l'encéphale, recueilli à la suite des maladies les plus diverses, a toujours fourni des extraits doués d'un pouvoir antirabique souvent élevé, au con- traire, chez des animaux tels que chimpanzé, chien, lapin, cobaye, rat, pigeon, nous n'avons jamais observé de propriétés antirabiques dans les nucléoprotéines extraites de leur cerveau, après nous être mis cependant dans les mêmes conditions que pour l'encéphale de l'homme. Toutefois, nous ne voudrions pas affirmer l'absence de toute propriété analogue car, en certains cas, elle s'est manifestée dans le cerveau des lapins qui avaient succombé à la rage. Mais jamais nous n'avons pu constater de pouvoir antirabique dans le cerveau des animaux sains ou atteints de maladie autre que la rage. D'autre part, comme ce pouvoir fait également défaut dans l'encéphale d'espèces presque réfractaires (') à l'action du virus lixe, nous pouvons admettre que les propriétés antirabiques du cerveau, constatées chez une espèce aussi sensible que l'homme à l'infection rabique, paraissent être sans relation importante avec l'état réfractaire qui caractérise certains oiseaux. Tels sont les faits que nous avons désiré présenter aujourd'hui, nous réservant d'étudier les différentes questions qu'ils soulèvent. CHIMIE PHYSIOLOGIQUE . — Aciion (lu SUC pancréatique sur les éthers. Note de MM. L. Morel et E. Tekroine, présentée par M. Dastre. Claude Bernard a montré le premier que le suc pancréatique possède la propriété de dédoubler les éthers; depuis on a signalé diverses actions hy- drolysantes des macérations de pancréas. Nous avons repris systématique- ment l'étude du dédoublement des éthers par le suc pancréatique. Notre (') A. Marie, C. H. Soc. biologie, t. L\ I. Ô-S. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 237 but était de rechercher comment se comportaient, vis-à-vis des ferments, des corps de même famille chimique, mais présentant des différences soit dans le poids moléculaire, soit dans la configuration moléculaire, soit par suite de la présence de groupements surajoutés. Dans celle Noie nous donnons les résultats de l'étude des actions du suc pancréa- tique de sécrétine (Chien) sur des éthers d'acides gras divers. Les éthers comparés sont, bien entendu, employés en ([uanlilés équimoléculaires; les mélanges (éther et ferment) mis à digérer au thermostat à 40° sont dosés après un certain temps à l'aide de NaOH — en présence du phénolphtaléine. (Tous les chiffres donnés ci-dessous N représentent donc des quantités en centimètres cubes de Na OH — nécessaires pour ri 20 neutraliser. 1 1. Action comparée du suc seul et du suc additionné de sels biliaires. — On sait que l'action du suc sur l'huile est nettement augmentée par adjonction de sels biliaires ; ce phénomène est beaucoup plus important lorsqu'il s'agit de l'action sur les éthers. En effet le suc seul attaque très peu les éthers; par contre l'hydrolyse est très active dès qu'on ajoute des sels biliaires : Suc seul. Suc — Sels bil. 0,2 pour 100. Acétate d'éthyle o,4 ^,1 12 , Propionate d'étli vie /J , 2 Butyrate d'élhyle 5,3 20,0 Les expériences dont nous donnons les résultats dans les paragraphes suivants ont été faites en présence de sels biliaires à une concentration de 0,2 pour 100. IL Action sur les éthers éthyliques d'acides gras saturés mono- et dibasiques de poids moléculaires croissants. — Cette action présente dans chaque série un même fait très curieux. La valeur du dédoublement augmente jusqu'à un certain point (éther butyrique dans la série mono, éther glutarique dans la série dibasique), puis elle di- minue ensuite : lùher acétique 6,2 Ether malonique 1 ,5 » propionique i5,2 » succinique 9,1 » butyrique i5,7 " glutarique i3,7 » valérianique 2,2 » subérique 3,3 » caproïque 6,6 » sébacique 0,8 » caprylique l\,i laurique 2,1 palmitique i ,5 stéarique 0,7 Lorsqu'on fait l'hydrolyse de ces corps par des agents chimiques ordinaires (acides ou bases), la vitesse de l'hydrolyse décroît régulièrement avec le poids moléculaire, 238 ACADÉMIE DES SCIENCES. iiinsi que l'oiil vu de nombreux auteurs (Meiilscliulin, <)stwald, etc.) et comme nous l'avons souvent vérifié. III. Action sur les élhers acétiques d'alcools à poids Dioléculaires croissants. — Nous trouvons flans cette série le même phénomène que dans les séries précédentes, Tandis que l'hydrolyse par un acide se fait avec une vitesse qui décroît régulièrement avec le poids moléculaire, le suc pancréatique dédouble les acétates avec une vitesse qui croit jusqu'à l'acétate de bulyle pour diminuer ensuite : Acétiite de métliyle 5,o Acétate de bulyle 8,6 » d'éthyle 5, i » d'aniyle 3,9 » de propyle 6,7 » de capryle 0,0 IV. Action sur les élhers d'acides hrdroxylés. — Armstrong a signalé que les éthers malique et lartrique étaient peu dédoublés par les lipases. Lors du dédouble- ment |)ar le suc pancréatique, la vitesse de l'hydrolyse est beaucoup plus faible pour le composé d'acide hydroxylé que pour le composé correspondant dont l'acide ne contient pas de groupement alcoolique : Etiier acélique 3,8 Ether ghitarique 16, 3 » glycolique 2,9 » (3-ox.yglutarique . . , . 3,4 Etiier pr(j|)ionique 8,8 Ether succinique 12,2 » lactique 2,9. n malique 1,0 » glycéri(|ue o,3 « larti-ique 0,8 Ether butyrique 11, 4 (3-oxybutyriqLie, ,3 On obtient des faits exactement inverses lors du dédoublement de ces différents corps par un acide. V. Action sur les éthers d'acide-cétone. L'hydrolyse d'un èlher d'acide conte- nant un groupement cétonique se fait toujours beaucoup moins bien que celle du composé correspondant à acide non cétonique, que l'agent hydrolytique soit un acide, une base ou le suc pancréatique : Su.- pancic.-iliqiie. H Cl. IJtlier iiutvrique , . . . 11,7 10,5 l'^ther acélylacélique 0,4 4,0 VI. Action sur les élhers d'acide à liaison éthylénique. — La présence d'une liaison éthylénique dans l'acide retarde considérablement le dédoublement par les acides ou le suc pancréatique. lùher butyrique . l'illier crolonique. Suc panciéalique. IICI. 10,3 10, .5 1.9 3,0 VII. Action sur les élhers d'acide iso. — Les élhers d'iso-acides sont, comme on sait, dédoublés aussi vite que leurs correspondants normaux par les acides ou les SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 289 Ijases. Par contre, le suc paiicréalique altaf|ue à peine les composés iso étudiés (élliers isobulyriques, isosucciniques ) : li'i:i">. ii'îS"'. 20". 41''. y^. iss\ Bulyrale d'élhyle 2, .5 6,5 1.1,9 '^'^ '^^^ '9'*^ Isobulyrate d'élhyle . . 0,1 0,1 0,2 0,1 0,1 0,2 Conclusions. — I. L'action du suc pancréatique sur les élliers est très faible; elle est considérablement renforcée par l'addition de sels biliaires. I[. Dans un grand nombre de cas l'hydrolyse parle suc pancréatique se comporte d'une manière très difTérente de celle opérée par des agents chimiques ( acides, bases ). III. Nos résultats sont peu conformes à l'idée de spécificité des ferments. Le suc pancréatique dédouble, plus ou moins, un nombre considérable d'étiiers, dira-l-on que chaque dédoublement est effectué par une diastase spécifique ? Il nous semble beaucoup plus juste d'admettre qu'un même calalysatcur agit sur tous ces corps dont le mode de combinaison est iden- ticjue ; mais il existe dans l'action de ce catalysateur des /nodalùés, moda- lités déterminées par des variations de composition de l'un des radicaux, modalités analogues d'ailleurs à celles (pi'on peut trouver dans l'action des catalysaleurs chimitjues ordinaires. La notion de spécifité absolue qui semble triompher actuellement dans le cas des hydrates de carbone ne peut donc en réalité s'appliquer à celui des corps gras où il s'agit au contraire d'une action propre non pas à un corps /nnis à une fonction chimique. PARASiTOLOGliï. — Sur un Mycélozociire nouveau endoparasite des Insectes. Note de M. Louis Léger, présentée par M. Guignard. Les tubes de Malpighi de VOlocrales ahbrevialus. (loléoptère ténébrionide du midi de la France, hébergent as.sez fréquemment un Mycétozoaire endo- parasite encore non décrit et que je désignerai soUs le nom de Peltomvces hyalinus u. g. n. sp. Le parasite se présente à l'état de stades végétatifs avec multiplication endogène (schizontes) et sous forme de stades sporogènes (sporontes) don- nant des spores résistantes, binucléées, destinées à la mulliplication exo- gène. Schizontes et sporontes sont étroitement appliqués à la surface des cellules épithéliales des tubes de Malpighi et ils sont parfois si nombreux qu'ils en obstruent la Uimière. 24o ACADÉMIE DES SCIENCES. Schizogonie. — Les stades végétatifs débutent par une petite masse globuleuse ou piriforme de iV- environ avec un petit noyau formé d'un amas de grains chromatiques et d'un karyosome situé latéralement. Ils grandissent en multipliant leurs novaux par mitose et donnent des plasmodes de forme variée, aplatis, discoïdes, en cloche ou en massue, qui s'étendent à la surface de l'épithéliuni. Ces masses végétatives qui, sur le vivant, présentent un aspect hyalin, ont des noyaux nombreux et petits, tous semblables, et se multiplient de diverses manières : par plasmotomie, par schizogonie multiple en bouquet (chez les formes massives) ou en chapelet (chez les formes allongées) donnant de nombreux schizozoïtes globuleux uninucléés de aC- à 3"- de diamètre qui répandent l'infection sur une grande longueur du tube malpighien. Au terme de celte active multiplication survient la sporogonie. Sporogonie. — A cet effet, un scliizozoïte uninucléé se fixe à l'épithéliuni et grandit sans se diviser, en prenant la forme de dôme. En même temps, son noyau se multiplie et donne, de bonne heure, des noyaux de deux sortes. Les uns, petits et foi lement colorables, à chromatine massive, sans paroi distincte, se portent à la périphérie : ce sont les noyaux pariétaux ou somaliques. Les autres, plus gros, de structure normale, avec un suc nucléaire clair et une paroi distincte restent dans la région centrale : ce sont les novaux germinatifs ou sexuels. Au terme de leur multiplication, les noyaux sexuels s'entourent cliacuii d'une |)elite masse sphérique de cytoplasme pur et hvalin et forment ainsi autant de gamètes en forme de boule régulière de 2!'- environ de diamètre. La formation endogène de ces éléments a pour résultat de découper dans le cvto|)lasme du sporonte autant d'alvéoles renfermant chacune un i;amète. L;i paroi de ces alvéoles est formée de cvtoplasme gra- nuleux non utilisé en continuité avec la couche périphérique renfermant les petits noyaux somatiques. Finalement les alvéoles deviennent indistincts par liqLiéfaction de leur nimce paroi et les gamètes, en contact, s'unissent deux à deux après que leur noyau a subi une réduction chromatique. 11 se forme ainsi dans la cavité du sporonte, dont le corps est maintenant réduit à une mince paroi, des copulas d'abord sphériques avec deux noyaux, puis rapidement ovoïdes allongées avec un seul gros svnkaryon. Autour de chacune d'elles apparaît bientôt une mince jiaroi qui les transforme en une spore à noyau d'abord très faiblement chromatique et situé à l'un des pôles. Puis la paroi s'épaissit en même temps que la spore qui mesure gi^ X 31^,2 prend sa forme définitive cylindriqiLe arrondie aux deux bouts. Le noyau gagne alors le milieu de l'élément, puis se divise en deux petits noyaux à grains chromatiques tassés qui se ])lacent à une égale distance du centre. La spore est alors mûre. Il arrive parfois que, à l'intérieur du sporonte, certains gamètes ne copulent pas; il donnent alors directement des spores parthénogénétiques de taille moitié plus petite que les spores sexuelles. Enfin, dans certains cas, le sporonte, sans doute trop préco- cement formé, donne, au lieu de véritables gamètes, de nombreux petits éléments gamé- toïdes, plus petits que les éléments sexuels et qui s'échappent directement de son corps poui- se comportei- dans l'orgnne infesté comme des schizozoïtes. C'est là une véri- table génération endogène |)ai'thénogénétique. Lorsque les spores sont ainsi définitivement constituées, le sporonte n'est plus qu'un sac ou sporange à paroi frêle, parsemée de petits noyaux somatiques dégénérés et ren- fermant les spores mûres en nombre variable (de 4 à 12) disposées côte à côte. Il se I SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 24 I détache alors de la paroi des tubes de Malpighi et, entraîné dans la lumière du tube avec les produits d'excrétion, il livre bientôt passage aux spores qui gagnent l'exté- rieur avec les excréments. Par sa morphologie et le mode de multiplication des stades végétatifs, par sa sporogonie qui présente un remarquable exemple de sexualité, le Pelto- myces se rattache aux Mycetozoa inférieurs et se place, croyons-nous, à côté des Plasmodiophora, dans lesquels on sait, depuis Prowazek, que les spores résultent également d'un processus sexué. En terminant, je rappellerai que H. Crawley, en igoS, a signalé dans les tubes de Malpighi d'un Orthoptère, le Blatella germanica, un Protiste très voisin du précédent, que, dans une courte description, cet auteur rattache à tort au genre Cœlosporidium (Mesnil et Marchoux) dont les caractères sont très différents. Ayant retrouvé cet organisme et siiivi son évolution, j'ai pu m'assurer qu'elle est semblable à celle du Peltomyces que je viens de décrire. Les spores diffèrent seulement par leur taille moindre (Si*), leur forme plus élargie, et la présence d'un noyau unique, à l'état miîr. Cet organisme doit donc rentrer dans le genre Peltomyces. Enfin, une autre espèce de Peltomyces vit dans les tubes de Malpighi de Forficula auricularia. Je la désignerai sous le nom de P. forftculœ. Elle est très voisine de P. Blatellœ, mais s'en distingue toutefois par la taille un peu plus grande de ses spores (6^,4 x ^^,3)., ses plasmodes en forme de dôme élargi et ses sporanges à spores très nombreuses et à paroi gélifiable. Le genre Peltomyces, endomycétozoaire des Insectes, comprend donc ac- tuellement trois espèces : Peltomyces Blatellœ H. Crawley des tubes de Malpighi de Blatella germanica. Peltomyces hjalinus n. s.p. » » Olocrates abbreviatus. Peltomyces forficulce a. i^. » » Forficula auricularia. GÉOLOGIE. — L'instabilité du Plateau suisse dans les temps postglaciaires. Note (') de M. E. Ro.mer, transmise par M. Michel Lévy. La discussion sur les zones morphologiques de la Suisse a conduit à cettê^ conclusion : que le Plateau suisse est encore actuellement en voie d'exhaus- sement. (') Transmise dans la séance du 12 juillet 1909. C. R., igoy, 2" Semestre. (T. 149, N° 3.) 32 2!i2 ACADÉMIE DES SCIENCES. La question est d'une si grande inoporlance qu'un tel résultai doit être confirmé par d'autres faits que des calculs théoriques. Dans ce but, j'ai parcouru en grande partie les vallées de la Sarine, de la Singine et de la Bioye. En amont de Gruyère, la Sarine coule dans une vallée très ancienne qui est du même âge que le charriage des Préalpes. La configuration de la val- lée est restée absolument identique à celle qu'elle possédait à la fin du stade de Buhl. La pente des graviers fluvio-glaciaires à ce stade y est, sur une longueur de ui""" (Moulin-Épagny ), parallèle au lit actuel du fleuve à une hauteur de 20"' au-dessus ( ' ). Dans sa partie aval, ce même cours d'eau s'écoule dans une vallée méan- drée dont la direction est ancienne, d'un âge antérieur au Wurmien. Les cas de demi-épigénèse, dans lesquels le lit de la Sarine ou de ses affluents se trouve formé d'un côté par la roche en place et de l'autre par les alluvions, sont pour moi la preuve de la stabilité du réseau hydrogra- phique, même dans les circonstances les plus défavorables. Dans le large bassin de Bulle, si complètement comblé par des graviers et des moraines, la Sarine a pu retrouver plusieurs fois son ancien lit. Le grand canon de la Sarine commence en aval de ce bassin, mais il est creusé actuellement dans une profonde vallée plus ancienne que lui. On peut se rendre compte, d'après ce qui est visible dans les ravins, que les dépôts glaciaires, dans la vallée de la Sarine, sont plus épais que sur le plateau; d'autre part le contact de la formation glaciaire avec la molasse se trouve, dans les affluents, à un niveau supérieur à celui qu'il occupe dans la Sarine. Ces faits sont la preuve suffisante que cette dernière, même dans ses détails, n'a pas changé la direction de son cours, depuis la glaciation wurmienne du moins. Une vallée a toujours une pente; les dépôts fluvio-glaciaires, en amont d'Épagny, en ont une, mais le glaciaire en aval du bassin de Bulle est en grande partie détruit, et la vallée est creusée dans la molasse; donc le con- tact entre la roche en place et le glaciaire, soit le fond de la vallée à cette époque, doit avoir, lui aussi, une pente. Dans l'unique issue du bassin de Bulle et dès l'entrée dans le canon de la Sarine, la NagefUuli apparaît soudainement; son contact avec la moraine est à 4"' au-dessus du fleuve; dès ce point, le contact monte constamment ou est du moins fortement per- turbé. •- (') NussBAUM, Vergletscliening des Saanegebieles, Berne, 1906, p. 62. SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 243 Le contact de la molasse avec le glaciaire découvert dans le canon de la Sarine y fait en particulier quatre larges ondulations. Les points culminants de ces ondes se trouvent près de Rossens, en amont et en aval de Fribourg, et près de Grand-Vivy. Les parties concaves de ces ondes, correspondant aux fonds bas, se remarijueiU, près de la Tuffière, dans la ville de Fribourg elle-même, et au voisinage de la Sonnaz. Les points culminants sont à 5o'"-6o"' au-dessus du niveau du tleuve, les points les plus bas du contact se trouvent à 20" environ au-dessus du lit actuel. Le formidable développement des graviers localisés daas la concavité des ondulations, bien visibles dans la banlieue de Fribourg, est encore plus considérable au.v environs de Corpataux et de la Tuffière, démontrant ainsi l'effet des mouvements sur les procédés de l'érosion et de l'accumulation. La région de la Sarine fournit l'occasion de préciser l'époque des mou- vements, puisque le bassin comblé de Bulle a pris part, lui aussi, à ce phé- nomène. La partie supérieure des alluvions y est formée des graviers fluvio- glaciaires du glacier de la Sarine pendant les stades de Biihl. Ceux-ci sont, sur une grande distance en amont, parallèles au niveau du fleuve, à une distance de 20'" au-dessus. Dans le bassin de Bulle, cette distance croit, perturbée qu'elle a été par les mouvements; elle est de 25" à Epagny, 4o'" à Broc, 60"' à Villarvolard, 70'" à Corbières. Ce mouvement est donc en bonne partie d' âge postbuhlien. J'ai pu constater également dans la vallée de la Singine trois larges ondulations dont la hauteur dépasse 120™, grâce à l'épigénése. La partie basse de l'onde monte jusqu'à 60™; on peut vraisemblablement conclure de ce fait que celle partie du Plateau a subi une plus grande élévation. Ces mouvements qui ont bouleversé le Plateau suisse occidental à une époque très récente ont des directions très intéressantes : de ONO-ESE qu'elles sont dans le bassin de la Broyé, elles deviennent SO-NE dans les territoires coupés par la Glane, la Sarine et la Singine. Parallèles à la direc- tion du lac Léman supérieur, ces mouvetnenls deviennent ensuite paral- lèles au bord alpin. Ne sont-ils pas en continuité avec les courbui'es du Plateau suisse oriental démontrées par Heim et Aeppli dans leurs célèbres études (') sur le lac de Zurich? (') Les terrasses les plus basses citées par MM. Heim et Aeppli ont une courbure de 65™; dans la terrasse supérieure elle monte jusqu'à 100™; il y a là un cycle de mou- vements non simultanés. 244 ACADÉMIE DES SCIENCES. Je crois pouvoir répondre affirmativement et conclure de la façon sui- vante : Le sol du Plateau suisse est instable encore maintenant ; en raison de' ce fait, la principale thèse de la morphologie glaciaire n'est pas soutenable. A 4 lieures un quart, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 4 heures trois quarts. G. D. ERRATA. (Séance du i®"" février 1909.) Note de M. v4. Demoulin, Sur les familles de Lamé composées de cyclides de Dupin : Page 272, ligne 6, au lieu de ^ ^ s' H- ).', lisez ^ = s + 7^. (Séance du 22 février 1909.) Note de M. A. Demoulin, Principes de Géométrie projective : Page 462, ligne 4, en remontant, au lieu de caractéristique, lisez conjuguée. (Séance du 7 juin 1909.) Addition à la Note, Sur une généralisation de la géométrie des cyclides, par M. B. Hostinsky (p. i5o4) : J'apprends, après avoir publié cette Note, que la théorie des surfaces que j'y appelle (2) a été l'objet d'un Mémoire de M. P. -F. Smith [On surfaces envelopped by sphères belonging lo a linear splierical complex ( Transactions of the American mathematical Society, Vol. I, 1900)]. Plusieurs théorèmes, énoncés dans ma Note, se trouvent démontrés dans ce Mémoire qui contient même des théorèmes plus généraux. ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 26 JUILLET 1909. PRÉSIDENCE DE M. Emile PICARD. MEMOIRES ET COMMUlVICiVTIOrVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Président, rappelant la traversée récente du Pas de Calais, ter- mine en ces termes : Nous avons tous applaudi au brillant succès que vient de remporter M. Blériot. L'Institut avait donné il y a quelques semaines la moitié du prix Osiris à M. Blériot. Ceux qui le connaissent n'ont pas été étonnés du voyage qu'il a fait hier. M. Blériot est à la fois un mécanicien avisé et un pilote audacieux : ce sont là deux qualités rarement réunies. Autant que nous permettent d'en juger les dépèches, le voyage s'est effectué dans des conditions très intéressantes, je veux dire au milieu de grands remous de vents, qui ont montré la merveilleuse souplesse du monoplan construit par notre lauréat. Des traversées analogues seront sans doute faites prochaine- ment. L'Académie adresse ses félicitations à nos courageux aviateurs ; leurs exploits sont de véritables triomphes pour notre pays. CHIMIE GÉOLOGIQUE. — Méthodes pour recueillir el conserver les gaz des fume- rolles, des sources ou des sols volcaniques. Note de M. Ak.^ianu Gautier. De multiples remarques faites sur le terrain, au cours de mes études sur les émanations volcaniques précédemment publiées ('), m'ont amené, pour recueillir les gaz qui se dégagent des failles, des eaux ou du sol lui-même, à adopter quelques dispositifs très simples et d'une réalisation facile, que je crois bon de faire connaître. (') Noir Comptes rendus, t. CXLVIII, p. 1708, et t. CXLIX, p. 84. C. R., 1901), •• Semestre. (T. l'ii), N» 4.) 33 246 ACADÉMIE DES SCIENCES. A. Heciiril des gaz des fumerolles. — Apres avoir choisi, sur place, une fenle profonde et étroite d'où s'exhalent abondanuuenl les [)roduits gazeux à recueillir, on prend d'abord la température des gaz émis en plongeant dans la fenle roclieuse un thermomètre à maximum protégé par une enve- loppe de laiton. On fait ensuite pénétrer dans la fissure de la roche, aussi profondément qu'on le peut, un tube TT {Jîg. i) en cuivre rouge bien malléable, de 3'"'" Fis. I. ■- eopcMAfiy def. environ de section intérieure et de i'" à 2'" de long, et l'on maçonne autour de ce tube la fente à fumerolles jusqu'à i'" environ de chaque côté avec des pierres, des cendres et du plâtre gâché pour éviter, autant que possible, l'accès de Tair extérieur. L'extrémité du tube TT qui sort du sol, refroidie par une bande de toile enroulée, tenue toujours mouillée, est reliée à un aspirateur plein d'eau H par un tube en t, G, à la branche pendante duquel on peut adapter par un bon caoutchouc le réservoir AMK où l'on recueillera les gaz ( ' ). Ce réservoir (') Au cas où l'on est dans une région sans eau ou glaciale, on peul se servir fie mon aspirateur à soufflet, en caoutchouc, que j'ai déjà employé pour recueillir les microbes de l'almosplière (Revue scienlifuiue, 1"' mai 1886) et. en aoi'it 1898, aux Pyrénéc?, pour la recherche des gaz combiislihies de l'air {Annales de Chimie et tle Physir/tie, 7= série, t. XXII, p. 83). I SÉANCE DU 2() JUILLET I909. 247 est formé de deux parties réunies par un caoulcliouc à vide l)ien licelé. La partie A est un tube assez large, rempli de fragments de chlorure de calcium neutre et sec. Cette partie A a été pesée exactement avant de la réunir au réservoir proprement dit E. Le vide complet est fait, au laboratoire, en AME, puis l'extrémité supérieure de A a été effdée et fermée à la lampe. Lorsqu'on veut recueillir les gaz des fumerolles, le tube de cuivre TT ayant été introduit d'abord dans le sol, comme il vient d'être dit, et fixé au tube G, le réservoir AME est suspendu verticalement en G, puis enveloppé d'une boîte métallique L portant un thermomètre K. On ouvre alors le robinet rdu flacon plein d'eau H. L'eau en s'écoulanl lave d'air tout l'appa- reil qui se remplit bientôt du gaz des fumerolles. En vissant alors la pincée/, on casse la pointe effilée du tube A et les gaz peuvent dès lors s'introduire dans le réservoir E. Pour régler cette introduction, on ferme presque à fond la pince/», et l'on desserre avec précaution q. Les gaz étant aspirés vers E, un vide partiel se produit en G et l'on voit l'eau du flacon H remonter avec une certaine vitesse dans le tube /. Celte ascension plus ou moins rapide mesure cette vitesse, que l'on modère ou active grâce à la pince q\ l'entrée des gaz étant ainsi réglée, on desserre complètement p, et on laisse se remplir le réser- voir E. Pour savoir s'il est bien plein de gaz, il suffit de fermer la pince p et de s'assurer que l'ascension de l'eau du flacon H ne se produit plus dans le tube /. On note alors la pression ambiante et la température du réservoir mar- quée par le thermomètre K, puis l'on scelle à la lampe éolipyle le réser- voir E en fondant son tube terminal au rétrécissement r pratiqué d'avance. La pince q ayant été alors serrée définitivement, le tube A avec son caoutchouc et le réservoir à gaz E scellé à la lampe sont détachés et trans- portés au laboratoire. On extrait les gaz du réservoir E par la pompe à vide en notant la température et la pression du jour, et l'on fait l'analyse comme à l'ordinaire. On a dit que le tube A avait été préalablement pesé avant l'introduction des gaz. On enlève soigneusement les ligatures de caoutchouc et on le re- pèse en ayant soin de ne pas perdre les fragments de l'effilure de ce tube cassée au moment de l'ouverture sur place, retenus dans le caoutchouc. L'augmentation de poids du tube A correspond à la (juantité de vapeur d'eau qui accompagnait les gaz recueillis en E. Il est facile de calculer le volume qu'occupait cette vapeur d'eau à la tem- 248 ACADÉMIE DES SCIENCES. përalure et la pression des gaz sorlanl de la fuinerolle, el par conséquent de connaître le volume total des gaz proprement dits et de la vapeur d'eau qui les accompagnait dans les conditions où ils sont issus de la faille vol- canique. Cette métiiode permet de tenir compte (ce cju'on n'a pas généralement fait jusqu'ici) du grand volume de vapeur d'eau mélangé dans les fumerolles aux gaz proprement dits; elle réalise l'emmagasinement de ces gaz à une température connue, relativement basse, et sous un volume réduit qui en facilite le transport. Elle a surtout le grand avantage, en privant ces gaz de toule humidité, de les mettre à l'abri des altérations que peuvent leur faire subir ultérieurement la présence de la vapeur d'eau qui transforme ou dé- compose plus ou moins lentement un certain nombre d'entre eux, tels que les fluorures et chlorures métalloïdiques, l'oxysulfure de carbone, et même l'oxyde de carbone et l'hydrogène sulfuré. S'il s agit de recueillir sans mélange d'air un gaz qui se dégage plus ou moins abondamment non plus d'une faille, mais à la surface d'un terrain sableux ou boueux, on peut se servir du même dispositif très peu modifié. Les gaz, au sortir du sol, sont reçus sous une sorte d'entonnoir de cuivre renversé à long col étroit. 11 porte dans l'intérieur, à quelques centimètres au-dessous de la naissance de sa tubulure, une cloison métallique perpendi- culaire à l'axe et fermant presque le haut de cet entonnoir, sauf deux petites ouvertures intérieures latérales. Cette paroi a pour objet d'arrêter les sables et poussières projetés qui pourraient engorger le tube d'aspiration. Après avoir placé sur le sol ce petit appareil au point de dégagement gazeux convenable, on l'enveloppe de terre humide, en ne laissant passer que son long col droit. Quand, en se dégageant, les gaz ont purgé d'air ce petit a[)pareil, on introduit par sa tubulure le tube métallique TT repré- senté ligure I, et l'on recueille ces gaz en opérant comme dans le cas pré- cédent. B. Itecueil des aaz 1res riches en C<3^ à la sortie de l'eau ou du sol. — 11 m'est arrivé d'avoir à recueillir, à la sortie de l'eau ou du sol, des gaz très riches en acide carbonique (98 à 99 pour 100) comme au cirque d'Agnano ou à la solfatare de Naples (') et, en raison de la commodité du transport pour éviter lencombrement de grands volumes gazeux, j'ai tenu à séparer sur place les autres gaz tels que méthane, azote, argon, hélium, etc., (]ui (') Comptes rendus. 1. (ALIX, |i. S9. 219 SÉANCE DU 2b JUILLET 190g. présentent surtout de l'intérêt. Je me suis servi clans ce but du dispositif suivant : Soit une source S (/?§-. 2) émettant en H une certaine ([uanlité de gaz Fis. 2. très riches en acide carboui(jue. On les reçoit sous un entonnoir renversé E suspendu à un large tube de caoutchouc portant deux pinces/; et (7. Ce tube, préalablement rempli de l'eau de la source, est mis en communication avec le flacon à robinet F, lui-même plein d'eau. Le large conduit de verre T qui le surmonte est traversé par un lube à boule à robinet charge de potasse caustique, et porte latéralement une tubulure mise par un caoulcliouc et la pince r en communication avec le récipient à gaz G dont le col effilé a été fermé à la lampe au laboratoire après avoir fait le vide dans le malras. Lorsqu'on veut recueillir le gaz de la source, on ouvre le robinet H ; l'eau du flacon F s'écoule et aspire dans le flacon le gaz cjui s'est dégagé sous l'en- tonnoir. Quand le flacon en est suffisamment plein, on y laisse couler, en ouvrant le robinet S, la lessive de potasse du tube K. Kn agitant alors un 25o ACADÉMIE DES SCIENCES. peu l(i flacon 1", l'acide carbonique csl absorbe, Teau remonte par le tuliepy et l'on peut répéter au besoin cette opération aussi souvent qu'on le veut. Lorsque le llacon F est suffisamment rempli du gaz résiduel, il suffit de casser dans le caoutchouc la pointe effilée du niatras récipient (1 pour que celui-ci se remplisse. On scelle alors G à la lampe ou à Téolipyle au point de sa tubulure rétrécie d'avance u. C'est ce gaz, en grande partie privé d'acide carbonique, qu'on analysera plus lard. 11 ne reste qu'à faire à la source même, sur le gaz total primitif recueilli dans un tube gradué, un dosage volumétriquc rapide de l'acide carbonique qui permettra de calculer ensuite dans quels rapports sont les autres con- stituants du mélange gazeux total. Si les gaz très riches en acide carbonique se dégagent non plus de l'eau, mais du terrain lui-même, on peut avec ce môme dispositif à peine modifié, et en tenant compte de ce qui a été dit plus haut pour le recueil des gaz qui sortent directement du sol, priver sur place ces gaz d'acide carbonique et ne recueillir que les gaz plus rares : méthane, oxyde de carbone, azote, hélium, sans aucun mélange avec l'air ambiant. CHIMIE PHYSIQUE. — La loi des tensions Ji.Tes de dissociation. Note de M. Henry Le Ciiatelier. La loi des tensions fixes de dissociation prévue par Henri Sainte-Claire Dcville, formulée pour la première fois d'une façon précise par Debray, à roccasion de ses recherches mémorables sur la dissociation du carbonate de chaux, occupe une place importante dans l'histoire du développement de nos connaissances chimiques. La simplicité de son énoncé, ses analogies avec la loi semblable, depuis longtemps connue, relative aux tensions de vapeur, explique sa rapide popularité. Elle a rendu le grand servifce de contribuer à familiariser les chimistes avec les notions nouvelles de la Méca- nique chimique. On pourrait supposer à première vue qu'il ne subsiste plus aujourd'hui aucune obscurité sur une notion introduite dans la science depuis cinquante ans et connue des plus jeunes étudiants. Lorsqu'on se propose cependanl de donner dans un conrri quelques exemples numériques des applications de celle loi, on ne réussit pas à en tiouver qui ollrenl des garanties quelconques d'exactitude. De nombreuses expériences ont été faites sur la dissociation des hydrates salins, c'est-à-dire sur ce qu'on appelle l'ef/Iorescence des SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 25 1 sels; elles sont loiites (liscordantes. Il en est de même pour le carbonate de cliaux ; jusqu'à ces deiniers temps on ne connaissait pas, à loo" près, la température de sa dissociation sous la pression atmosphérique. Les seules expériences n'ayant pas donné lieu à des discordances sont celles qui n'ont pas été répétées une seconde fois. Une erreur importante avait été commise au début. II. Sainte-Claire Deville, guidé par l'analogie des phénomènes de vaporisation, avait supposé que dans tout phénomène d'équilibre, la réaction devait être limitée par une tension fixe de quelque chose. Ses expériences sur la réduction de l'oxyde de fer par l'hydrogène, celles de Debray sur la dissociation des l)icarbonates alcalins, avaient précisément été entreprises dans le but de découvrir cette tension fixe. Ils ne la rencontrèrent pas et eurent la sagesse de s'incliner devant l'expérience. Debray ne publia jamais les résultats de ses mesures sur les bicarlionales, Sainte-Claire Deville publia les résultats de ses expériences sur les oxydes de fer, en les accompagnant seulement de commentaires très sobres. Tous leurs élèves malheureusement n'eurent pas la même prudence. La Chimie fut un moment encombrée de tensions fixes, de concentrations fixes de décomposition abso- lument fictives. Mais l'erreur fut enfin reconnue; je la signalai à l'occasion de recherches sur la décomposition des sels par l'eau, puis sur la dissociation de l'hydrate de chlore. Debray continua par ses recherches sur l'oxyde de cuivre à détriiirc définitivement une idée fausse qui conservait encore des partisans autorisés. Aujourd'hui la question pst complètement élucidée. La fameuse règle dos Phases de Gihhs définit d'une façon rigoureuse les conditions compatibles avec une tension fixe. Ce sont celles des systèmes unù'ariants . On sait, d'une façon certaine, si un système doit ou ne doit pas présenter à température constante de tensions fixes, c'est-à-dire indépendantes du degré d'avance- ment de la réaction el des proportions relatives des corps en présence. Les discordances des résultats expérimentaux qui subsistent encore aujourd'hui n'en sont que moins compréhensibles. Aussitôt la loi des tensions fixes formulée par Debray, deux savants frani;ais, MM. Peslin el Moulier s'aperçurent, ijidépendamment l'un de l'autie, que la formule de Glapeyron-Carnol, reliant la tension de vapeur d'un liquide à sa température, s'ap- plique, sans rien y changer à tous les systèmes à tension fixe. L'exactitude de celte loi et la justesse de son application à ce cas particulier sont au-dessus de toute discus- sion. Et cependant, ici encore, les vérifications expérimentales sont très médiocres; elles sont même tout à fait mauvaises pour le carbonate de chaux. Gela a été signalé à maintes reprises. Pour les tensions de vapeur des liquides, au contraire, les vérifica- tions de la même loi comportent une rigueur absolue. La loi de Ciapeyron-Carnot suppose essentiellement que la chaleur latente de vapo- risation ou de dissociation est fixe pour une même quantité de matière, c'est-à-dire indépendante de la quantité totale déjà décomposée. Dans le cas de la dissociation l'expérience ne vérifie pas cette supposition. Les recherches de M. de Forcrand ont montré que la chaleur de déshydratation des bases alcalino-terreuses est d'autant plus grande que la pioportion d'eau restant en combinaison est moindre, sans qu'aucun 252 ACADEMIE DES SCIENCES. fiiit autorise cependant à supposer, au moins pour les dernières parties d'eau combinée, l'existence de plusieurs liydratiBS différents, qui auraient chacun leur chaleur propre de formation. Toutes ces difficultés pouvaient, seinble-t-il, être prévues a priori. Il est bien connu, en effet, que la condensationd'une vapeur dans un corps poreux comme le charbon de bois donne lieu à des phénomènes tout à fait diffé- rents de ceux de la condensation de la même vapeur à l'état d'une masse liquide isolée. A température égale, la tension do vapeur est plus faible au contact du corps poreux et d'autant plus faible que la quantité totale con- densée est moindre. En même temps, la chaleur de condensation est plus forte que celle de liquéfaction, el elle varie aussi considérablement avec le poids de vapeur déjà condensé. Or un sel eflleuri, de la chaux provenant de la calcination du carbonate de chaux sont des corps poreux au même titre que le charbon de liois. Ils doivent nécessairement exercer sur la tension de vapeur de l'hydrate, sur la tension de dissociation du carbonate, répartis au milieu de cette masse poreuse, la même action que le charbon de bois sur la tension de vapeur du liquide. La tension de dissociation doit être d'autant plus faible, la chaleur latente de dissociation d'autant plus grande qu'il reste moins de matière à décomposer. La règle des phases permet d'exprimer la même idée avec plus de précision encore. Dans un système formé de deux constituants indépendants : chaux et acide carbonique ou chaux et vapeur d'eau, on démontre qaeV univariance correspond à l'existence de trois phases, par exemple carbonate de chaux, chaux et acide carbonique. Le raisonnement conduisant à cette conclusion sous-entend expressément, comme J.-W. Gibbs avait eu grand soin de le préciser, qu'il n'y a que deux forces extérieures agissant sur le système : \a pression et la lempérature. On considère comme négligeables l'action de la pesanteur, celle des forces capillaires, électriques et magnétiques. Or, dans les matières poreuses, les forces capillaires ne sont aucunement négligeables. Un liquide pénétrant dans un tube rempli d'air de o""",ooi de diamètre exerce une pression de plusieurs atmosphères. Il est indispensable dans les cas semblables de faire entrer en ligne de compte les actions capillaires ; dans ces conditions un système composé de trois phases distinctes est diva- riant. C'est-à-dire que pour fixer la pression, il ne suffit pas de fixer la tem- pérature, il faut encore fixer quehjue autre condition déterminante du système, par exemple la proportion du corps déjà décomposé. C'est donc exactement la négation de la loi des tensions fixes, puisque cette loi consiste SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 253 essentiellement en ce que la tension est indépendante de la proportion des corps en présence. Tl n'y a par suite rien de surprenant à ce que les expé- riences de précision faites sur des corps solides n'aient pas en général semblé confirmer la loi des tensions fixes. Ce raisonnement cependant ne prouve pas d'une façon absolue l'impossi- bilité de la loi des tensions fixes dans les conditions ordinaires des expé- riences; il montre seulement que dans certaines conditions particulières, cette loi peut se trouver en défaut. Mais il n'est pas certain a priori que ces conditions soient toujours réalisées dans les expériences; il se pourrait que les dimensions ultimes des pores et que les épaisseurs de leurs parois ne soient pas assez petites pour mettre en jeu une énergie superficielle capable de perturber d'une façon appréciable la loi des tensions fixes. C'est ainsi cjue la même théorie prévoit une différence de solubilité des sels suivant la grosseur de leurs cristaux, et cependant l'expérience ne réussit que très diffi- cilement à mettre en évidence ces variations de la solubilité, parce qu'habituellement les précipités, même les plus fins, ont encore des dimen- sions linéaires trop considérables pour que l'influence des tensions superfi- cielles se fasse sentir d'une façon notable. Il faut une finesse inférieure au millième de millimètre pour trouver une variation appréciable de solu- bilité. Mais du moment où l'on observe, en fait, des divergences expérimen- tales importantes, il faut sans hésiter en chercher l'explication dans cette influence de la porosité, avant de songer à d'autres hypothèses relatives à de prétendues polymérisations de la matière solide, que l'on a invoquées parfois pour expliquer les variations de la chaleur de combinaison et que l'on pourrait être tenté également d'applicjuer aux tensions de disso- ciation. Il est possible cependant de faire disparaître dans l'étude des phénomènes de dissociation des corps solides cette intervention de leur énergie superfi- cielle, en employant un procédé expérimental très simple, qui a déjà reçu même certaines applications, mais dans un but tout différent; pour accélérer l'établissement de l'équilibre, il suffit d'opérer en présence d'une petite quan- tité d'un dissolvant des corps solides, pris en quantité juste suffisante pour les humecter. Une proportion de ce dissolvant comprise entre 5 et 10 pour 100 du poids des corps solides convient bien. Il ne faut pas en prendre un trop grand excès, car si tous les vides entre les grains solides étaient remplis du liquide, l'accès du gaz serait gêné et l'équilibre plus long C. R., 1909, 2" Semestre. (T. II!), .N- 4.) -^4 254 ACADÉMIE DES SCIENCES. à établir. A fortiori, il ne faut pas employer une quantité de dissolvant suf- fisante pour dissoudre complètement l'un des corps solides en présence, car alors le dissolvant ne jouerait plus seulement un rôle d'action de présence, il modifierait les conditions mêmes de l'équilibre en faisant disparaître une phase du système. Au point de vue de la loi des tensions fixes, le mécanisme par lequel agit le dissolvant est le suivant. La tension d'un mélange de sels fondus quel- conques saturé de carbonate de chaux et de chaux est exactement la même que celle du carbonate de chaux pris lui-même à la même température. Mais les résistances passives sont à peu près nulles dans les systèmes liquides, surtout aux températures élevées. Par suite, sous l'influence d'un changement lent de pression ou de température, c'est le liquide qui cède ou absorbe le premier de l'acide carbonique; en même temps, il se main- tient en équilibre avec le carbonate de chaux et la chaux en dissolvant ou en laissant cristalliser de nouvelles quantités. On n'a jamais ainsi de masse solide poreuse, mais seulement des cristaux baignant dans un liquide, c'est- à-dire des matières solides à grand rayon de courbure dont les dimensions sont relativement énormes par rapport à ce que seraient des pores résul- tant de la décomposition d'une matière entièrement solide. Il pourra arriver il est vrai que, par un chauffage trop rapide, ce méca- nisme de l'établissement de l'équilibre n'ait pas le temps de fonctionner et que des grains de carbonate de chaux se décomposent directement en donnant de la chaux poreuse. Mais alors cette chaux poreuse, plussoluble, se dissout au contact du liquide, recristallise en donnant des cristaux de dimensions finies. Peu à peu l'équilibre normal se rétablit, comme si tout s'était passé par l'intermédiaire du liquide. Les liquides à employer doivent varier évidemment suivant le corps étu- dié. Pour le carbonate de chaux, j'ai recommandé l'emploi d'un mélange de carbonates doubles alcalins et alcalino-terreux qui fond vers 600"; ce mélange a été employé par M. ZavriefF. On pourrait sans doute encore abaisser son point de fusion par l'addition de chlorures. Pour la dissociation de l'hydrate de chaux, on pourra employer le mélange d'hydrates de potasse et de soude. Pour les hydrates salins, on emploiera des dissolutions de sels déliquescents ou d'acides à condition que ces corps ne forment pas de combinaisons avec le sel étudié, par exemple l'acide sulfurique avec les sulfates des métaux non alcalins. Moyennant ces précautions, la loi des ten- sions fixes devra se vérifier en toute rigueur. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 255 IVOMIIVATIOIVS. M. le Ministre de la Guerre invite l'Académie à désigner deux de ses Membres qui feront partie, cette année, du Conseil de perfectionnement de l'Ecole Polytechnique. MM. 3Iaurice Levy et Bouquet de la Grye réunissent la majorité des suffrages. CORRESPONDANCE . MM. Louis de Coy, G. Meshx adressent des remerciments pour les distinctions que l'Académie a accordées à leurs travaux. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les singularités transcendantes des fonctions inverses de fonctions entières. Note de M. Piekre Boutroux, présentée par M. Painlevé. L'inverse d'une fonction entière ne peut pas être singulière le -long d'une ligne continue ou en un ensemble non dénombrable de points. — Bien que ce théorème ne soit peut-être qu'une application de théorèmes plus généraux (relatifs aux fonctions qui restent continues au voisinage de leurs singula- rités transcendantes), je crois qu'il n'est pas inutile de le démontrer séparé- ment. J'ai cherché à utiliser, pour cela, les résultats que j'ai déjà obtenus sur les inverses des fonctions entières (^Annales scientif. de l' École Norm. sup., octobre 1908). Soit y(x) une fonction entière, y] une singularité transcendante de x( y). Entourons -f] d'un petit contour convexe y, et admettons provisoirement que ce contour puisse ne passer par aucun point transcendant de x(y). Par hypothèse, il existe dans le plan or des chemins tendant vers l'infini sur lesquels y tend vers y] ; mais il y a lieu de distinguer deux cas suivant que les chemins (y) correspondants comprennent ou non des rayons recti- 256 ACADÉMIE DES SCIENCES. lig^nes ('). Plaçons-nous, pour fixer les idées, dans le premier cas : il existe alors un chemin r/, (x, x) du plan j- qui fait décrire à y le rayon yy] joi- gnant à /] un point du contour y. Appelons y' un point qui tourne indéfini- ment (toujours dans le même sens) sur le contour y à partir de y, et con- sidérons le chemin (/ du plan x qui correspond au rayon rj'' entraîné avec y. A deux positions successives du rayon riy' correspondent deux chemins ', ^S = cil dr>). Cette limite existe si / es^t continue sur E. En choisissant /(z) = °J^ » g{z) étant continue, on peut choisir Ej, de longueur infinie et d'aire nulle et les contours C„ correspondants de façon que la valeur moyenne F.,(x) dey sur E^ soit une fonction partout continue de w. La définition de la valeur moyenne vaut même si E est linéaire ou con- tient des points isolés. Elle permet de définir une sorte d'ordre infinitésimal pour les ensembles de mesure nulle. AÉRO-DYNAMIQUE. — Etuae de la poussée ae l' air sur une surf ace. Note (') de M. A. IIateau, présentée par M. Painlevé. Pour appliquer la méthode de recherches aéro-dynamiques décrite dans ma première Communication du 21 juin 190g, p, 16G2, j'ai fait construire, avec l'aide de la Société d'études de Locomotion aérienne, un appareil installé à Levallois-Perret. Cet appareil se compose d'un cadre vertical au centre duquel est fixée la surface à étudier et qui est placé devant une buse de sectiort carrée laissant échapper l'air refoulé par un ventilateur hélicoïde de i™,20 de diamètre. Le poids de ce cadre est équilibré par deux plon- (') Présentée à la séance du 12 juillet 1909. SÉANCE DU 16 JUILLET 1909. aGl geurs, et il est relié à un système de deu\ balances qui permet de mesurer séparément et simultanément la composante verticale et la composante horizontale de la poussée. Je donne ici, à titre d'exemple, une idée des résultats obtenus avec des plaques de forme cylindrique à périmètre rectangulaire de 5oo""° sur 3oo'"'" ou i5o""° exposées au courant d'air suivant leur grand côté. Le graphique ci-dessous résume les chiffres trouvés pour une plaque de 5oo'"'" X i5o""", ayant un profil en arc de cercle et dont la tangente au bord fait un angle de 10° avec la corde. En abscisse est porté l'angle a d'inclinaison de la corde avec la direclioii du courant; en ordonnée, le coefficient o de la formule F = 9SV= dans laquelle F, exprimé en kiliii;rammes et ramené à i5° et 760""", désigne soit la poussée parallèle au courant d'air ou résistance à l'avancement (courbe i), soit la poussée normale au courant ou sustentation (courbe 2), soit la poussée totale résul- tant des deux autres (courbe 8). S est la surface exprimée en millimètres carrés, soit o, 5 X 0,1 5 = 0,075. V est la vitesse de l'air en mètres par seconde, mesurée avec un manomètre à eau relié à un tube de l'itot. On voit que la sustentation est nulle pour un angle a négatif de — V'3o'. A partir de ce point, la sustentation augmente linéaireiuent, c'est-à-dire proportionnellement à 1 angle ou mieux au sinus de l'angle de déviation 0, tel que S =.oc -t- 4° 3o'. La poussée dans le sens du courant est représentée par une courbe à allure parabolique présentant un ininimum pour a = o. A partir de iS", la sustentation diminue, la résistance à l'avancement augmente moins rapidement. Entre 9.5" et 35°, les résultats trouvés dillérent d'une expérience à l'autre, et l'on constate, en faisant les pesées, que le cadre sautille, ne peut pas prendre de position d'équilibre stable; nous retrouvons la variation de régime signalée dans ma Commu- nication antérieure. Au delà de 35", les courbes reprennent une allure réguliè're, mais fort différente de la précédente. Dans l'étude des diverses formes de surface, il est très intéressant:, ' comme on voit, de considérer le rapport entre la sustentation et la résis- tance à l'avancement; la grandeur et les variations de ce ra[)port donnent de précieuses indications sur la qualité de la surface au point de vue de l'aviation. C. R., ujoy, 1' Semestre. {T. 11!!, iN" 4. 1 '^^ 26: ACADEMIE DES SCIENCES. .l'ai oxpcriinrnté une série de surfaces planes ou courbes, minces ou épaisses, a_)aul loules joo""" de largeur perpendiculairemenl au lit du vent; elles sont définies par leurs prolils indiqués sur la ligure ci-dessous et numé- rotés de I à G. l'ig. .. Fig. ;f. Kis. 3. IlO" .3QB_ ••■'S- 4- Fig. j. Fis. 6. Pour chacune de ces surfaces, j'ai conslriiil la courbe obtenue en poilaiil Fig. ■;. 10° 20' C -5"-', -3-2-1 0° 1 2 3 k 5» en aljscisse faiii^le d'inclinaison a (^ijui, pour les surfaces courbes, est l'angle SÉANCE DU 26 JUILLET I()09. 263 l'r de la corde avec la direction du conrnnl), en ordonnée le rapport rf- de la poussée verticale à la poussée horizontale. D'après ce graphique, on voit que, pour le plan, la courlse est très pointue avec im maximum de i4 pour a = i"3o'. Pour les surfaces cylindritjues, la courbe est beaucoup plus arrondie, et c'est la surface plane surmontée d'un dos cylindrique (1) qui donne la courbe la plus étalée. 0 07 /=■■• ^^^ j_ ^ OOR 3i l \ -^ -"^ ^ -^ on") \ \^ y nnt- / /\ N, 00.1 y N X, 00? i ] y / s \ 001 \/ / \ \ ^ y \ 10" 20° 30° W 50° 60° 70° B0° 90° « Ces résultats montrent la grande iniluencc du dos de l'aile et, en parti- culier, des éléments de sortie. Nous sommes portés à conclure de ces premières expériences que, pour les aéroplanes, les surfaces épaisses ayant un profil lenticulaire et composées de deux toiles sont préférables aux surfaces minces, même en dehors de 1 avantage qu'elles oUVent de pouvoir dissimuler et soustraire à l'action de l'air une grande partie des armatures. C'est d'ailleurs l'opinion de plusieurs expérimentateurs (Bréguet entres autres), qui pensent jusiifier ainsi l'épaisseur à l'avant des ailes d'oiseau. SPECTROSCOPIE. — Sur le spectre iillra-violet de bandes du phosphore. Note de MM. A. be GitAsioiNT et C. de Wattevim.e, piésentée par M. Lippmann. Au cours de recherches parallèles poursuivies à l'aide de procédés dlifé- rents, nous avons obtenu, pour le spectre ultra-violel du phosphore, des 2G4 ACADÉMIE DES SCIENCES. résultats (jui présentent iiiie concordance sur laquelle nous croyons utile d'attirer lattention. Mélangeant aux gaz qui alimentent la flamme d'un brûleur Bunsen la fine pulvérisation d'une solution d'acide phosphoritjue ou de phosphate d'ammoniaque, M. de Watteville a obtenu, à l'aide d'un spectrographe en (juartz à un prisme de Cornu et à objectifs de y5"'^ de foyer, un spectre cannelé de bandes très régulières divisées en six groupes, et dont les lon- gueurs d'onde sont comprises entre 2700 et 2280 U. A. A l'inverse de ce qui a lieu pour l'étincelle, comme on le verra plus loin, on n'obtient pas de raies du phosphore dans la flamme ( '). M. de Graiiionl a jjiihlié ici mc-'iiie ( ') le tésuital de reclierches elFeotiiées sur les raies iiltinies. ou de grande sensibililc', des métalloïdes el a fait connaître celles de ces raies qui caractérisent le phosphore lorsqu'il se trouve en faible quantité soit dans les corps solides (phosphure d'étain), soit dans les sels fondus (carbonate de lithium additionné d'une trace de POMP), soit enfin dans une solution d'acide phospho- rique. Ayant |)h\cé ce dernier liquide dans le déllaj,'i'ateur à tubes capillaires en silice qui fournit des spectres dépourvus de raies d'électrodes {''), M. de Gramont a re- connu quelques-unes des bandes dont il est question plus haut; puis, reprenant l'ex- périence avec une solution d'acide phospliorique k{, il a produit un spectre contenant à la fois les bandes du spectre de flamme, et la plupart des lignes obtenues avec les composés solides. Ces lignes sont désignées dans le Tableau suivant par la lettre L. Si, dans le circuit de décharge, on intercale un condensateur, même formé de 4 jarres (c'esl-à-dire d'environ o, i microfarad), on ne modifie pas le spectre de bandes tel qu'il est éiuis par l'étincelle simple non condensée, où les lignes L du spectre de disso- ciation sont visibles, quoique affaiblies ; parmi celles-ci, la raie 2535,9 est la plus sensible au point de vue analytique. Le spectre d'étincelle de PO' H' peut être pho- tographié avec de courtes poses de 5 minutes. Les spectres d'étincelle ont été obtenus avec un spectrographe à un prisme en quartz de Cornu, à objectifs de F = 4o"°i ce qui, donnant un spectre moins étalé, a rendu les mesures moins faciles que celles du spectre de flamme. Nous ferons remarquer cjue les arêtes de bandes 2555, o; 2553,6 ; 2539, i se présentent comme des raies dans le spectre de dissociation des phos- phures métallicjues. (') Voir aussi Zeitsckrift fiir Wissenscliaft. Phologr.. Band VII, 1909, p. 280. (-) Comptes rendus, iSjuin 1908. (') Comptes rendus, 9 décembre 1907. SÉANCE DU 26 JUILLET I 909- 265 SPECTRE DE BANDES DE I. ACIDE PHOSPHORIQUE EN SOLUTION. I •2789 environ 2775 » 2761 » 2746 » 2780 » 2704 )) 2690 » 2677 )> 9.662 » 2647 )) Premier groupe. Etincelle. Bandes dilltises très faibles Flamme. Bandes commençant du côté du rouge à environ 2700, super- posées à celles de la vapeur d'eau. On peut évaluer leur intensité à 1. Étincelle. Dau.iièmc groupe. Int. 2635,2. 2634,7. 2623,6. 2622,5. 2621 ,0. 261 I ,0. 2609,9. 2608,2. 2607 ,0. 2596,9. 2095,2. 2582,6. 2570,5. ,5 l''hitnirie. Bandes commençant vers 2635 également superposées à celles de la vapeur d'eau. Intensité 3. Troisième groupe. Klince Ile. Flamme. Etincelle. F"lanime. Int. Int. Int. Int 2555 ,0. . . L 5 2554 ,75. . 9 ( 2529,5 . . . 1 ,5 2529,35. . . 9 a553,6. . . L 6 2553,55. . ( 2527,9... 1,5 a537 ,90. . . 2544,0. . 3 2043,75. . ( 2522,0. . . 0,1 ( 2522, 3o. . . 2542,5. . 3 2542, 5o. . ( 2520,3. . . 0, 1 ( 2520,60. . . 2540,5. . 2 2540,25. . \ 2019,4. . . I ( 25i8,25... 2539,1.. . L I 2539, 10. . (2017,9... I \ 2517,00. . . 266 Klinc.elle. Int. 2535,9 (') L t>J> 2534 , 2 ( ' ) L 3 2332,9. . . I 2.}l I ,8. . . I 2-477.8(^) 247«,i(^) 2468,0... 2466,0... 2464,0 (-j 2462,7 (^) 2396,0. 2394 , 2 . 2387, 2. 238(),o. 2383,1. 9882,0. 2379,3. 2377,9. 2875, 1 . 2373,9. l 2320,6. j 2319,0. ( 23i3,6. (2311,9. 2808,4. ' 2806,9. f 23o5, I . I 2801 ,6. ' 2800,2. I 2298,3. 7,.> 1,5 I .5 6 5 .J ,.j 5 5 5 5 0,5 o, 5 4,5 4,5 ACADÉMIE DES SCIENCES. Flamme. Klincelle. lut. lut. 9 1 j 2532,95... I 253 I ,70. . . O i')0~ .(')... 0,5 25o6,5 ... 0.5 Jual/icine f^roiipc. l 2477'90--. ( 2476,50. ., \ 2468, i5. . , ] 2466,80.., I 2468,60. . ( 2462 ,70. . lo ^54, 4- 2458,0.. 2 2435,0.. 0.5 2419,9.. 1 ( 2896,25. . ( 2094,65. . i 2888,10.. \ 2886.35.. 2383, 80.. I 2882,00. . ( 2879,90. . 1 2878,40.. ( 2875,20. . ■( 2878,80.. Cinquième groupe. 8 2871,9 2870,2 2867,2 2866,0 2859,8 2858 . 1 l'andes tr. faibles 2820, 65. . . 2819,05. . 2818,60. . , 281 I ,95. . , 2808,40. . 2806,90. . ( 23o5, i5. . i 2801 ,60. . ' 2000, 20. . [ 2298,80. . Sirième groupe. (2294,6. 2298,3. ( 2288,1. ) 2286,7. (2281,8. ) 2280, 8. Flamme. 25o6,55 . 2871,80.. 2870,85. . ( 2867, i5. . ) 2865,95. . j 2859, i5. . ( 2857,90.. ( 285i ,85. . ) 2 35o,o5. . ^ 2294,65. ( 2298,35. f 2292,00. \ 2288,10. j 2286,75. ( 2281,80. ( ;228o,85 . lut. 9 2454,45... 2453,80. . . (') (^es deuK lignes, vues aussi dans le specLrc de dissocialion, n"a|)pai lienneiU pro- hahlement pas au spectre de bandes. (■') Bandes les plus sensibles dans les solutions faibles de PO'IH. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 267 RADIOACTIVITI!;. — Sur le rapport entre l'uranium et le radium cl/i/is les minéraux radioactifs. Note de M"' Gi-editsch, présentée par M. Lippmanii. Dans une Note précédente, j'ai donné des résultats préliminaires de quelques recherches sur le rapport entre l'uranium et le radium dans les minéraux radioactifs. Les résultats n'ayant pas été les mêmes que ceux obtenus par d'autres chimistes et physiciens, j'ai pensé utile d'examiner si cette dilTérence provient de la méthode qui n'est pas la même que celle employée dans les travaux antérieurs. La méthode, dont la description a été déjà donnée, consistait à mettre en solution une certaine quantité du minéral, y ajouter un sel de baryum et précipiter le baryum, le radium et éventuellement le plomb par l'acide sulfurique. Le précipité est mis en ébullilion avec un e\cès de carbonate de soude et de la soirde, ce qui le transforme en carbonates; en dissolvant les carbonates dans un acide étendu, on a une solution où le radium peut être dosé par l'émanation dé^af^ée. Cette métiiode pourrait donner lieu à trois causes d'erreur : Les solutions où les précipitations ont été effectuées pourraient retenir du radium. Une partie du radium aurait pu passer dans les solutions de carbonates de soude, avec lesquelles on a fait bouillir les sulfates actifs. Enfin les minéraux laissent quelquefois des résidus insolubles qui auraient pu contenir du radium. Mes recherches ont démontré que la quantité de radium laissée dans ces différents produits introduit une correction trèsTaible, qui ne change pas les résultats précédeumient donnés. Les solutions des minéraux retiennent une quantité de radium négligeable; dans aucun cas, je n'y ai trouvé plus de G, 3 pour 100 de la quantité totale et ordinairement moins de 0,2 pour 100. Les solutions de carbonate de soude contiennent une proportion plus grande; toutefois je n'ai jamais trouvé plus de i pour 100 de la quantité totale, et quand on travaille toujours de la même manière, cette quantité ne varie pas beaucoup pour les différents minéraux. Enfin les résidus qui sont vraiment insolubles sont très peu abondants, et même en supposant que l'activité qu'ils conservent soit due entièrement à un sel de radium, on arrive à des corrections petites. Ainsi je suis amenée à croire qu'il n'existe pas dans les minéraux actifs _ un rapport constant entre l'uranium et le radium. .Jusqu'ici chaque minéral montre un rapport ayant une valeur particulière; ainsi j'ai trouvé : M;idiiini Kapport T-- ■ Lrautuiii Une autunile de France 2,85 x lo"'' Une pechblende de Joachinibllial .i,58 x 10-' Une thorianite de Ceylan.* 4>'9>^ 'o^' 268 ACADÉMIE DES SCIENCES. On sait (|iic le rapport constant de ces deux métaux dans les niinf'ranx actifs a été jusqu'ici le fait principal sur lequel s'appuie la théorie de la filiation entre l'uranium et le radium. D'après mes déterminations, ce fait n'est pas exact. Cependant les nombres obtenus sont du même ordre de grandeur. On peut alors penser que la fdiation existe réellement, et que le radium est bien un produit de la désagrégation de l'uranium, mais que le mécanisme de la transformation n'est pas aussi simple que celui qui est généralement admis aujourd'hui, ou que certaines influences sont interve- nues pour changer le rapport entre les deux éléments dans les minéraux radioactifs. Les premiers résultats qui ont été obtenus pourraient donner à penser que le rapport est d'autant plus grand que le minéral est d'une ori- gine plus ancienne, et cela pourrait s'expliquer par le fait que la formation du radium par l'uranium est beaucoup plus lente qu'on ne l'a pensé jus- qu'aujourd'hui; on pourrait, par exemple, penser qu'il existe des pro- duits intermédiaires d'une vie longue par rapport à celle de l'uranium. En second lieu on peut se demander si la vitesse de transformation est bien une grandeur absolument indépendante des circonstances extérieures et, en particulier, si elle ne peut pas dépendre de la présence de certains éléments dans le minéral, par exemple celle du thorium et de l'aclinium. On ne pourra avoir une opinion fixe sur ce sujet que lorsque Ion con- naîtra exactement le rapport dans un grand nombre de minéraux. Une conséquence importante de ces recherches est que la détermination de la vie moyenne de l'uranium, basée sur l'existence du rapport constant entre l'uraniumetle radium dans les minéraux, ne peut pas être considérée comme exacte. Radioactivité. — Action de la pesanteur sur l'activité induite du radium. Note de M. Louis WEnTENSTELv, présentée par M. Lippmann. M""' Curie avail observé que l'aclivité induite du radium produite dans l'air liumide (privé de poussières) se comporte comme un corps pesant ('). fl devrait donc exister dans l'air, dans ces conditions, des agglomérations matérielles relativement grosses, ce qui est confirmé par les expériences de M™" Curie sur les brouillards en présence de l'émanation (-). Sur la proposition de M"'* Curie, j'ai entrepris une étude de l'eflet de la pesanteur sur l'activité induite. En premier lieu, j'ai cherché à déterminer (') Comptes rendus, 1907, 2= semeslie, p. 477. (-) Comptes rendus, 1907, 2'-' semestie, p. 1 145. \ SÉANCE DU -26 JUILLET 1909. 269 la nature exacte de l'activité dépassée parla chu te. Pour cela , j 'ai étudié direc- tement la différence des activités déposées sur les deux faces de deux pla- teaux horizontaux, tournées vers l'espace compris entre ces plateaux, en fonction du temps écoulé à partir du moment où l'action de l'émanation a cessé. A cet elTet, dans deux condensateurs à. plateaux aussi identiques que possible, on établit entre les plateaux des dilîérences de potentiel de -+- 4'>o et de — ^00 volts respectivement. Les deux disques actifs son' lelirés d'une cloche où ils ont été exposés à l'émanation pendant 24 heures et transportés rapidement dans les deux condensateurs. Ils y déterminent des courants d'ionisation de sens contraire, dont la diiïerence, proportionnelle à la différence des activités recherchée, est recueillie par l'électro- mèlre et peut être mesurée à chai[ue instant au moven d'un quartz piézo-électrique. En portant le courant en ordonnées, le temps en abscisses, on oiîtient ainsi des courbes de désactivation qui peuvent être, comparées à celles d'un mélange des radiums B et C On constate ainsi que l'activité induite qui s'est déposée par l'action de la pesanteur, ne contient pas de radium A. L'absence du radium A y est caractérisée d'une façon très nette par l'ab- sence de chute rapide initiale. Ce résultat expérimental peut être interprété facilement en admettant que la chute des particules qui amènent sur le plateau inférieur l'activité induite demande un certain temps et que ce temps est suffisant pour que le radium A disparaisse. En second lieu, je me suis proposé d'étudier le changement apporté par l'action de la pesanteur dans la forme des courbes qui représentent la valeur d'activation des disques en fonction de leur distance. Ces courbes ontété obte- nues par M. Debierne dans des conditions excluant une action de la pesan- teur. A cet effet, j'ai employé l'appareil même utilisé par M. Debierne ('). On dispose dans une cloche une série des disques à des distances variables et dans la position liorizontale. On y introduit de l'air chargé d'émanation et filtré sur du coton de verre; l'air n'a pas été desséché. .\près 24 heures d'aclivation, on relire les disques et I on mesure successivement leurs activités en notajit l'instant de la mesure, ce qui permet par interpolation d'établir leur activité relative sui- cha(|ue face au même instant, surtout si les mesures sont faites pendant l'époque où le décrément logarith- mique du courant varie peu. On construit pour chaque expérience deux courl)es : lune (jui représente l'activité des faces tournées vers le bas en fonction de la distance des (') Radium, 1909, p. 97. C. R., 1909, -2' Semestre. (T. 14'.1, S' 4.) ^O 270 ACADÉMIE DES SCIENCES. disques, l'autre qui se rapporte aux faces tournées vers le haut. Les faces tournées vers le bas et ne recevant pas la chute du dépôt actif montrent tou- jours un maximum d'activité atteint pour des distances comprises entre 1*="' et i''",5, l'activité diminuant même quand la distance continue à croître. Les faces tournées vers le haut ont, pour des distances faibles, des activités proportiunnclles à ces distances, et identiques à celles des faces corres- pondantes, tournées vers le bas. Quand la distance croît, les courbes prennent des aspects des trois types différents, suivant l'état d'humidité de l'air de la cloche qu'on faisait varier en introduisant dans celle-ci de l'eau mélangée à l'acide sulfurique en proportions variables. La quantité d'éma- nations employée était toujours la même : c'était celle dégagée pendant une semaine par une solution contenant 0*^,01 de Ralir^. Dans l'air saturé d'humidité et même dans l'air contenant de la vapeur d'eau en équilibre avec un mélange à poids égal d'eau et d'acide sulfuri(jue, l'activité croît rapidement avec la distance sans indication d'un maximum pour les dis- tances étudiées moindres que 5"°; pour des tensions de vapeur correspon- dant à un mélange à volume égal d'eau et d'acide sulfurique, la courbe semble indiquer une tendance vers une limite. En concentrant l'acide jusqu'à Go pour roo (en volumes), on observe une limite d'activité eii'ecti- vement atteinte à une distance de 3*^'" environ. On sait que M. Debiernc explique l'existence des limites dans ses courbes en admettant que les centres d'activité induite produits au delà d'un'e cer- taine distance au plateau ne fournissent plus rien à celui-ci, car le temps nécessaire pour l'atteindre par diffusion devient suffisant pour que l'acti- ' vite se détruise. On pourrait supposer que -dans mes expériences l'activité induite diffusait à la fois vers les plateaux et vers les agglomérations plus grosses formées probablement par la condensation de la vapeur d'eau, qui l'entraînaient dans leur chute. Dès lors, quand la distance entre les plateaux est telle qu'une particule qui tombe de toute la hauteur ijui sépare les plateaux perd son activité pendant sa chute, l'activation de la face tournée vers le haut cesse d'aug- menter avec la distance. Celte distance limite dépendra naturellement de la grosseur des particules formées, et il ne serait pas impossible que les par- ticules grossissent d'aulanl ])lus que l'air est plus humide. Dès lors, on comprendra cpi'il n'était pas possible d'obtenir dans tous les cas une satura- tion d'activation dans des limites restreintes de l'appareil. La théorie complète du phénomène, qui sera publiée ailleurs, permet, d'après la connaissance des distances limites pour les faces tournées vers le SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 27 I bas et celles tournées vers le haut, de calculer la vitesse de chute des par- ticules et en déduire au moyen de la loi de Stokes leur diamètre d. Ainsi, en supposant ces distances respectivement égales à i'^^"',5 et 3*^", on obtient d= loS^i^; en les supposant égales à •i'^'°,5 et 12'^", on obtient d = -iSoV-v-. Il en résulterait que la grosseur des particules devrait, dans certains cas, atteindre des dimensions ullramicroscopicfues, ce qui est bien d'accord avec la visibilité des brouillards en lumière concentrée de l'arc. Les observations ultramicroscopiques des brouillards formés par l'éma- nation, ainsi que les expériences de l'action du champ électrique sur l'acti- vité induite, sont d'ailleurs en cours. RADIOACTIVITÉ. — Sur une méthode d'enregistrement de la longueur du parcours des ravons y. et sur une particularité de ce parcours. Note de M. B. Szif.ARD, présentée par M. Lippmann. On admet que les rayons y. des subslances radioactives ont la propriété spéciale de ne pas pouvoir dépasser une certaine distanoe limite qui les caractérise, ou bien que s'ils peuvent se propager au delà de cette distance limite, ils perdent toutes les pro- priétés qui caractérisent les rayonnements radioactifs. La longueur de ce parcours a été mise en évidence en mesurant, par exemple, la distance maximum à la(juelle les particules sont encore capables de provoquer, soit une action ionisante ou pholograpliiqut.-, soit la phosphorescence du sulfure de zinc. La distance limite de l'action, pour tous ces elTets étudiés, a été trouvée identique et l'on suppose que le pouvoir ionisant des rayons cesse au même instant que leur pouvoir de provoquer la pliosphorescerice. Pour la détermination de la distance limite du pouvoir ionisant, on se sert d'un dispositif dans lequel la couche active est déplacée progressivement jusqu'au point extrême, où aucune ionisation ne se produit plus. Le procédé est le même pour l'étude du phénomène de la phosphorescence. La première méthode peut être très exacte; la seconde, au contraire, présente plusieurs difficultés dont la plus importante provient de la sensibilité insuffisante des yeux, surtout lorsque l'activité du produit est très faible. Pour mesurer le parcours de rayons x par la scintillation, j'ai imaginé une méthode qui reste assez sensible même si le rayonnement est relative- ment faible. Le principe de cette méthode consiste à disposer sous un certain angle un écran de sulfure de zinc en face d'une couche de la matière rayonnante placée elle-même hori- zoiitalem.ent ; dans ces conditions, la scintillation cesse à partir d'une région de l'écran, telle que la distance entre l'écran et la couche de matière active dépasse la longueur de parcours des rayons a étudiés. 2^2 ACADEMIE DES SCIENCES. Si Ton place niaintenont une plaque plintographique direclemenl sur l'écran de sulfure de zinc préparé sur du \eire mince el bien Iranspareiil. les scintillations impressionnent cette plaque et après développement on obtient une tache limitée dont la partie extrême dépend de la longueur du parcouis des rayons et de l'incli- naison de l'écran. T'pur trouver la longueur du parcours cherché exprimé en mil- limètres, il suffit de multiplier la longueur (en millimètres) de cette tache par le sinus de l'angle limité par la surface de l'écran et la couche de matière active. Il est facile de voir l'avantage de ce dispositif : le sulfure de zinc est très lumineux sous l'action des rayons a, mais il l'est très peu sous l'action des rayons [3 ou y. Ce fait ressort du reste suffisamment de mes expériences. Le verre qui porte le sulfure de zinc est assez épais pour absorber tous les rayonnements provenant d'une substance faiblement active; en général aucun rayonnement radioactif ne peut parvenir jusqu'à la plaque pbotogra- phique située au-dessus; d'autre part la coucbe de sulfure de zinc est assez transparente pour laisser passer les rayons lumineux : dans ces conditions, ne peuvent agir sur la plaque pbotograpliique que les rayons lumineux pro- venant du sulfure de zinc rendu piiosphorescent par les rayons a. 11 est évident que la durée de la pose dépend de l'activité de la matière. J'ai eu beau.coup de difficulté à me procurei- un sulfure de zinc exempt de matières radioactives. Ce produit est généralement fabriqué par des usines qui s'occupent en même temps de la fabrication de substances radioactives dont la moindre trace suffit pour| le faire scintiller continuellement, et cet effet peut cacher complètement l'efTet étudié. Comme plaque photographique, j'ai employé celle de Lumière E. rira sensible. Avec ce dispositif, j'ai étudié d'abord le parcours des rayons a du polo- nium ('). Il est facile d'obtenir en quatre jours un effet assez net avec un écran convenablement préparé et avec une couche de polonium seulement cinq fois plus active que l'uranium. Mais le produit que j'employais était généralement plus actif et la pose plus longue; quelquefois la plaque était encore renforcée. L'action sur la plaque développée se présentait sous forme d'une tache foncée dont les parties les plus voisines de la matière active étaient le plus impressionnées; l'intensité de cette impression diminuait très lentement, jusqu'à un certain endroit où elle devenait relativement faible, mais restait toujours distincte des endroits non impressionnés. Si l'on se rend compte du dispositif employé, il est facile de comprendre la cause de l'allure dégradée de l'impression au moment où elle va s'annuler. (') Ce produit, ainsi que toutes les ressources de laboratoire, a été mis à ma dis- position par M™" Curie, à qui j'exprime toute ma gratitude. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. l'j'i Les expcriences ont été répétées avec différents échantillons de polonium plus ou moins forts. La durée de la pose a varié de trois jours jusqu'à quatre mois, et enfin l'inclinaison de l'écran de sulfure de zinc a varié de 3o" à 45°. La longueur du parcours, calculée d'après l'efTet obtenu, était à peu près la môme dans chaque cas, mais toujours inférieure de 2""" au moins à celle mesurée par la méthode de l'ionisation. Je suis arrivé à constater le même efl'et avec un produit faible renfer- mant les radium D, E, F, c'est-à-dire en présence de rayons [i; ceci prouve que la phosphorescence du sulfure de zinc provoquée par ces rayons est néglig:eable vis-à-vis de celle due à l'action de rayons a. Enfin je n'ai pas pu mettre en évidence l'existence d'une telle impression brusquement limitée, lorsque j'ai disposé de la même façon, mais en l'ab- sence d'écran de sulfure de zinc, une plaque photof^rapbique au-dessus du polonium. En ce cas, l'efletse produisait sur toute la longueur de la plaque. De plus cette impression était, toutes choses égales d'ailleurs, beaucoup plus faible que celle obtenue avec un écran de sulfure de zinc. L'impres- sion produite par la lumière de sulfure de zinc rendu phosphorescent par les rayons a est donc plus forte que celle obtenue directement avec les rayons a. Cette méthode permet de déterminer avec une assez g;rande précision le parcours de substance d'activité assez faible avec lesquelles il serait difficile d'employer l'appareil de Bragg. La précision de mes mesures me paraît suffisante pour penser que le par- cours déterminé par la scintillation est un peu plus court que celui déter- miné par l'action ionisante sur les gaz. RADIOACTIVITÉ. — Décomposition de l eau par les rayons uUra-violets. Note de M. 3Iikoslaw- Kernbavm, présentée par M. Lippmann. Dans une Note présentée à l'Académie le 22 février 1909, MM. Courmont et Nogier ont décrit une méthode de stérilisation de l'eau par les i-ayons ultra-violets. Ayant observé précédemment la formation de l'eau oxygénée dans l'eau, exposée à l'action des rayons ^ du radium ('), j'ai entrepris, sur le conseil de M. Debierne, d'étudier si le même phénomène n'intervient pas sous l'influence des rayons ultra -violets, ce qui explicjuerait leur action stérilisante sur Feau et le lait. (') Comptes tendus, t. GXLVlIt, 1909, p. 705. 274 ACADÉMIE DES SCIENCES. iS'""' d'eau distillée, préalablement bouillie, out été exposés dans un récipient en quartz aux rayons émis par une lampe à mercure système Heraeus. Après lo heures d'exposition, j'ai pu déjà observer à l'aide d'un manomètre un dégagement gazeux provenant de l'eau ; ce dégagement semblait d'abord augmenter à peu près pro- poitionnelieraent au temps, ensuite toujours plus lentement. Pendant les 35 dernières heures de l'exposition, dont la durée totale était de 200 heures, je n'ai pu constater aucune augmentation de pression. Or, si l'on suppose que l'intensité des rayons ultra- violets agissant sur l'eau est restée constante pendant toute la durée de l'expérience, ce qui est difficile à vérifier, on doit admettre que, dans les conditions où j'ai opéré, le dégagement gazeux cesse, après avoir atteint un maximum. Avant l'expérience, l'appareil était vidé et je m'assurais à la jauge de Mac-Leod que la pression résiduelle attribuable à quelques traces d'air ne dépassait pas y-J^ de milli- mètre de mercure. Après avoir refoulé le gaz recueilli dans un tube eudiométrique gradué, j'ai constaté que son volume, qui était de 260'""' environ, ne diminuait point sous l'influence de l'étincelle électrique, il se combinait au contraire avec l'oxygène de' l'air atmosphé- rique en donnant de l'eau. Ce gaz était donc de l'hydrogène. Je me suis mis alors à la recherche du peroxj'de d'iiydrogène dont la formation simultanée était à supposer, et j'ai pu en effet constater sa présence dans l'eau par les méthodes suivantes : 1° Par la coloration bleue d'une solution diodure de potassium amidonnée et addi- tionnée de quelques gouttes de sulfate de fer; 2° Par la coloration jaune de l'acide tilanique dissous dans l'acide sulfurique dilué; Et 3° par la décoloration du permanganate de potasse en opérant sur une solution légèrement acidulée par H'SO*. Ces essais donnent donc une preuve directe que les rayons ultra-violets dé- composent l' eau et que le mode de celte décomposition est le même mode anormal que j'ai constaté sous l'action des rayons ,3 du radium (') et pour lequel j'ai suggéré la formule 2H-0 = ir-0^4- II-. On peut donc admettre F existence d'une cause commune dans ces deux cas. Je suppose que, dans le cas des rayons ultra-violets, c'est l'effet Hertz qui intervient pour produire ce genre de décomposition. On sait que M. E. Blocli a récemment observé cet effet sur l'eau (-) et les solutions salines. D'ailleurs, déjà en 1S98, M. C.-T.-R. Wilson (' ), pour expliquer la condensation de la vapeur d'eau dans l'oxygène humide sous l'influence des rayons ultra-violets, a supposé ( ') ConipLes rendus, t. CLIX, p. i 16. (*) Le Radium, t. VI, 1909, p. 74. (^) Philosoiiincal Transactions, t. GVCII(A), p. io3. I SÉANCE DU 26 JUILLET IÇJ09. 27.5 que l'eau oxygénée se formait dans les petites gouttelettes. M. H. Thiele (') a observé dernièrement la formation de peroxyde d'Iiydrogène dans l'eau' sous l'influence de mêmes rayons. Les résultats de mes expériences sont aussi bien d'accord avec le fait établi depuis longtemps par Schône (-), à savoir que l'eau oxygénée se trouve dans l'eau de pluie et dans la neige, que sa quantité est plus considérable dans le jour que dans la nuit et qu'il ne s'en trouve pas dans la rosée. Il est vrai que MM. Courmont, Nogier et Rochaix ('),£n immergeant une lampe à mercure dans l'eau, n'ont pu constater aucune formation d'ozone au moyen de la réaction bien connue sur l'iodure de potassium, réaction que j'ai employée avec un résultat positif pour trouver de l'eau oxygénée; mais, dans les expériences de ses auteurs, l'exposition n'a duré que quelques minutes et la quantité d'H'Q- formée a dû être trop faible pour avoir pu être décelée. RADIOACTIVITÉ. — Sur le dégagement d'émanation de radium. Note de M. H. Hrrchfi.vkei., présentée par M. Lippmann. On sait que l'émanation du radium se dégage difficilement de ses sels solides ou des sels de baryum (jui accompagnent généralement le radium. Ainsi les expériences de M'"" Curie et, plus récemment, celles de M. Kolowrat indiquent qu'une proportion de quelques centièmes seulement est déga- gée à la température ordinaire par le sulfate, le chlorure ou le carbonate. Cependant la longue durée de la vie moyenne de l'émanation du radium devrait permettre la sortie de l'émanation par diflusion au travers du sel solide. Au contraire, malgré la très courte durée de vie moyenne de-l'éma- nation de l'actinium, celle-ci se dégage très facilement, et une très forte pro- portion de cette émanation est immédiatement dégagée des sels solides à la température ordinaire, ainsi que cela résulte des observations de iM. Giesel, M. Debierne et, plus récemment, de M. Henriot. Cette très grande différence dans les dégagements des émanations peut provenir, d'une part, de la nature des émanations, d'autre part, de la nature (') Chein. CentralhUut, 1908, p. 5o8. ('-) Berichle d. deulsclien chem. Ges., 1874, p. lôgS: 1877. p. 482, 56i, .^74 et 1028. (*) Comptes tendus du 12 juillet 1909. 276 ACADÉMIE DES SCIENCES. et de Tétat physique des substances accompagnant l'élément radioactif qui engendre cette émanation. Le radium est accompagné par le baryum et Factinium généralement accompagné de terres rares. Sur la proposition de M""^ Curie, j'ai recherché si cette dernière influence était importante et si, par exemple, on ne pouvait pas faciliter le dégagement de l'émanation du radium en diluant le radium dans des matières telles que les terres rares qui laissent dégager les émana- tions du tlioriuin et de l'actinium. Cette manière de voir a été confirmée par mes expériences. En effet, comme on le verra dans le Tableau ci-joint, j'ai r(''ussi à obtenir des prépa- rations solides de radium dégageant environ 3o pour 100 de l'émanation qu'elles produisent. Mes expériences ont porté sur les hydrates de didyme, fer, thorium, aluminium et urane, fluorures de didyme et baryum, oxalates de didyme et baryum, sulfate de baryum et ploml), chromate de baryum et fer. Pour obtenir ces préparations, j'opérais généralement de la même ma- nière. La solution à l'état de nitrate de l'un des éléments précédents était mélangée avec o"'""' d'une solution contenant par centimètre cube o™», 36 de bromure de radium d'activité à peu près 40000; chaque solution con- tenait donc la même quantité de radium ; l'émanation dégagée par cette quantité en 20 heures était égale à 6i3, dans les unités arbitraires choisies. On effectuait la préparation du sel insoluble et l'on examinait séparément le dégagement de l'émanation pour le liquide et pour le précipité desséché et pulvérisé. Le dégagement de l'émanation par le précipité était examiné de la façon suivante : on le chauffait pendant à peu près il\ heures à 110°, puis on l'en- fermait dans des tubes scellés et l'on mesurait l'émanation accumulée en 20 heures. Les expériences préliminaires ont montré que ce long dessèche- ment est tout à fait nécessaire. Le Tableau suivant donne les résultats obtenus : , , , . , , , , , , . ... , ., / I o 000 L einanalioa dégagée en 20 heures par lu snLulion primitive =Oii I . • Par le liquide Par le sel filtré. sijjidc. Les hydrates. Diclyme 6o3 2 Fer." 48 161 Urane 11 1 20 Thorium 098 2 Aluminium 582 10 Baryum (hydrate + carbonate) ... . 345 9 SÉANCE DU 26 JlILLET 1909. * 277 Par 11- liquide l'iir le sel filtre. soliile. l^es Jhiiuiires. Baryum i; 29 Didyme » 1 20 Les cliranidlcs. Baryum i 27 Fer ( ' ) 1 3 300 Les o.va/cUrs. Ba r\ u m 3- 82 Didyme i9..'> ■ji Les su //aies. Baryum >> ij Plomb 1) 20 On conclut de Texamen du Tableau : I" Que les hydrates de fer et d'urane entraînent la presque totalité du radium, tandis rpie ceux de thorium, de didyme et d'aluminium ne le font (|uc très peu; 2" (^)ue tous ces hydrates dégagent une assez grande proportion d'éma- nation à l'état sec (-); 3" (^ue le dégagement pour les sels de baryum est très faible et ne dépend pas généralement de la nature du radical; 4" Le Di FP et le chromate de fer dégagent une beaucoup plus forte pro- portion d'émanation. L'oxalate de didyme en dégage moins elle sulfate de plomb en dégage très peu, comme le sulfate de baryum. Il est possible qu'en faisant varier le mode de préparation des sels on atteigne un pouvoir émissif encore plus élevé. Il serait également intéressant d'étudier le dégagement dans un air sec, car clans certains cas l'humidité semble jouer un rôle important, ainsi que l'avait fait voir M. Dorn. (') Le dégagement a été encore diminué en cliaufl'anl très longtemps à 1 10°. {■) La proportion de l'émanation dégagée parles hydrates de iJi, Tli, Al n'est loulefois ])as déterminée avec assez de précision par celte mélliode, car la quantité totale d'ém.t- nalion |)roduite par le précipité est déduite de la difterence entre deu\ nombres voisins et relativement grands. Je me réserve de faire une étude compaialive de ces liydrates dans les conditions aussi identiques que possible, pour préciser mieux l'inlluence du caractère des trois métaux précédents sur les dégagements. G. R.. i()0(), 1" Semex/re. ('I'. 110, N" 4.j ■57 2^8 ' ACADÉMIE DES SCIENCES. Les résultats ohleiuis peuvont avoir un inti'M'ôl pralicjue. En efî'et, pour recueillir nue (jnanlité importante de rénianalion dégagée par un sel de radium, on était obligé soit de fondre le sel, soit d'employer la dissolution, et, dans certains cas, cela pouvait avoir des inconvénients. L'emploi de précipité d'iiydrate ou de clu'omate de fer et d'hydrate d'urane, ou de lluorure de didyme, permet dojjtenir un fort dégagement, le sel restant à l'état sec. J'ai également constaté pour plusieurs préparations (pie le dégagement de l'émanation augmente lorsqu'on élève la température ('); mais cette élévation de température parait produire souvent une modification de la préparation, qui, lorsqu'elle a été cliauHée pendant longtemps, n'est plus susceptible de dégager aussi facilement l'émanation. ÉLECTRICITÉ. — Sur l'ionisation par i^oic chimique. Note de M. Léo.\ Iîlucii^ présentée par M. Bouty. Dans des Notes récentes, MM. de Broglie et Brizard d'une part (^), M. Beboul de l'autre ('), reprenant et conq^létant les expériences de Euright, Townsend, Kôstcrs, E. Bloch, etc., indiquent les conclusions auxquelles ils sont arrivés dans l'élude de l'ionisation par voie chimique. Les premiers estiment, comme l'axaient déjà suggéré Kôsters (^) et J.-J. Thomson ( ' ), que la cause unique de l'ionisation par voie chimique est « un phénomène physique, le plus, souvent une rupture de surface liquide ou cristalline ». Le second, moins affirmatif, croit aussi à l'action prépondérante du bar- botage, tout en indiquanl un certain nombre d'actions chimicpies pro- duisant,, semble-t-il, des ions sans barbolage. Certains résultats que j'ai publiés et d'auties que je ferai connaître bientôt paraissent inq)Oser de garder sur ces questions une très grande réserve. I" La condiiclihilili' île*; fumées de cliloiliviliale d'aramoniaque. observée par (') M'"" (lurie (Thèse, p. 129) el M. Ki>,lov\i-al {Le Radium, 11)07, p. 317). (-) M. i)K UiKxiLii; cl RiuzARi), Comptes rendus, 1'' juin el i.'i juin 1909. (■') Hkboul, ConipU'S rendus, i >, juiilol 1909. ('•) KôsïEiis, Wied. Aiin., 1S99, p. ta. (') Coud, of cleclricily Ihiough ga.ses, a' édition, p. 4 11. I SEANCE DU 26 JUILLET 1909. 279 M. Reboiil, et non admise par M. de Hioglif (après !)eaucoiip d'antres) ('), semble demander de nouvelles études. 1" M. Reboul a observé la conductibilité des vapeurs nilreuses formées par l'action de l'oxygène de l'air sur le bio\yde d'azote. Des expériences que j'ai faites avant la publication de M. lleboul m'ont conduit à un résultat opposé. 3° M. Reboul (en désaccord avec MM. de Rroglie et Brizard) fait supposer que les décompositions cliimiques sont toujours accompagnées d'émissions de cliarges des deux signes. Je suis en mesure d'iii(li(|uer comme exception la dissociation de l'Iiydrogène arsénié dans l'appareil do Marsh. Celte dissociation ne produit aucune ionisation. 4° Les réactions purement gazeuses donnent aussi, d'après M. Reboul, des ions des deux signes. J'ai déjà fait connaître (-) que la formation d'anhydride sulfurique par le procédé de contact ne donne lieu à aucune ionisation. Je puis ajouter qu'il en est de même de la formation d'Iiydrogèue sulfuré par union directe des éléments. 5° Nous avons montré (') que la phosphorescence du phosphore à la température ordinaire est accompagnée d'ionisation et que celle du soufre, à toute température, ne l'est pas. Comme nous l'avons déjà indiqué à cette oceasiim, il est difficile d'inter- préter cet exemple par des dillerences d'actions physi(|ues. Les idées tliéoriques émises par MM. de Broglie et Brizai'd et par M. Rebotil gardent donc nécessairement un caractère hypothétique. Si l'origine de l'ionisation par voie chimique doit se trouver entièrement dans des actions analogues au harholage, ce résultat ne pourra être élai)li définitivement que par de nouvelles recherches. PHYSIQUE. — Sur V ionisation de la paraffine à différentes températures. Note de M. Tcheslas Biai.oiijeski, présentée par M. Villard. Les expériences, qui vont être brièvement décrites, apportent, je crois, des preuves nouvelles en faveur du caractère ionique de la conductibilité ac{piise [)ar les diélectri(jues solides et liquides sous l'action des rayonnements nouveaux. La substance étudiée a été la paraffine dure, extraite d'ozokérite et dont les qualités isolantes ont été mises en évidence par M. Malclès. Le dispositif dont je me suis servi consiste en un condensateur plan placé dans une cuvette en porcelaine contenant de la paraffine coulée. L'appareil permet de faireagir le rayonnement ionisant sur la substance solide ou liquide (') G.-C. ScHMiDT, E. Bloch {Thèse), etc. (-) L. Rloch, Comptes rendus. 23 mars igo.5. (') L. et K. Bloch, Comptes rendus, 9 novembre 1908. 28o ACADÉMIE DES SCIENCES. à travers un dis(|uc d'aluminium de -^ de millimètre d'épaisseur. Ce disque est entouré d'un anneau de garde et constitue l'uni' des arniatuies du conden- sateur; il est relié à un électromètre Moulin. L'autre armature est chargée au moyen d'une batterie de petits accumulateurs. Pour la mesure des cou- rants relativement forts, on relie une capacité convenalMe à rélectromèlre. Les rayons ionisants émanent de i"'k de bromure de radium qui est contenu dans une capsule fermée par une fenêtre de mica. L'action des rayons a est ainsi exclue. J'ai fait des mesures à deux distances séparant les armatures du condensateur, à savoir i""" et i^'". La conductibilité de la paraffine à l'état solide présente des particularités déjà signalées par H. Bec(|uerel. Le fait frappant est l'accroissement très considérable de la conductiijilité pendant une longue période, si la substance est continuellement exposée au ravonnement. A mesure que la température monte, les deux courants, spontané, et dû au rayonnement, augmentent, d'abord très lentement. Au voisinage du point de fusion, qui est à peu près 74°, s'observe un accroissement rapide : dans l'intervalle de 10°, les deux courants deviennent 8 fois plus forts. Ensuite raccroissementse ralentit. Le Tableau suivant représente les résultats des expériences, eflectnées à une distance de I'""' el pour une difTérence de potentiel de 720 volts entre les plateaux. Le courant y est rapporté à i'^™' de surface et à l'unité électrostatique de champ électrique, c'esl-à- dire les noml)res donnent la conductihilité en unités électrostatiques. Courant Couiaiil ea présence Leur Températures. spontané. du riulium. rapport, o 20 0,6.10^* 9.10 ' l5 60 0,8 10 12,5 66 I 12 12 70 1,2 18 l5 72 2,4 28 " )7 74 3,3 5o 1 5 , 1 76 4,6 86' 18,7 80 9,1 1 48 16,2 85 10 i55 i5,5 90 11 1 65 1 5 95 .• 1 4 > 79 12,8 100 16 i85 11,5 Nous voyons que le courant spontané el le courant d'ionisation restent dans un rapport qui varie peu. Cela conduit à penser, d'une part, que les conductibilités peimanente et acquise sont dues à des centres analogues, d'autre part, que les variations du courant avec la température proviennent principalement des cliangements de la mobilité des ions qui le IransporteiU, el que, par conséquent, le nombre des ions présents dans la I SÉANCE UU 26 JUILLET 1909. 28 1 siilistance ou créés pai' le ravonneinenl reste à peu près ronslant. Nous aurons dans la suite une preuve directe de cette assertion. Le coiiraiil dans la coiiclie mince de paraffine lûjuide [xjssède des pro- priétés parlicnlières. On peut distinguer trois phases successives dans la variation du courant spontané avec le champ électrique. Jusqu'à un cliainp de 200 volts : cm environ, le courant suit exactement la loi d'Ohin. Ensuite, raugineiitation devient plus lente et entre 900 volts : cm et 2700 volts ; cm, il croit à peine. A partir de celte valeur du champ le courant monte de nouveau avec une rapidité croissante (la plus grande force élec- tfomotrice dont je disposais était 1760 volts). D'ailleurs, le courant spontané est toujours petit en comparaison du courant d'ionisation. Celui-ci ne présente pas les sinjijularités décrites tout à riieurc. D'ahord il croit proportionnellement à la force électromotrice et puis de plus en plus lentement en s'approchant de la saturation aux plus hauts champs réalisés. L'ionisation produite par le rayonnement disparait dans le liquide au bout de (juelques minutes, tandis que dans le diélectrique solide elle persiste pendant plusieurs heures. Pour la dislance d'un centimètre entre les armatures, on n'observe pas la troisième phase du courant spontané, ce qui est du reste compréhensible, le champ étant devenu dix fois plus faible. A partir de 1000 volts, on a sensi- blement le courant de saturation. Naturellement, la saturation n'a pas pu être atteinte dans le cas du courant d'ionisation. Récemment, Cacilia Bôhm-Wendt et E. v. Schwcidler ont mesuré la mobilité des ions dans Té ther de pétrole ( voir /'/jy^tX'. Zeilschrifl, i*''juin 1909, P-379)- Par une méthode analogue, j'ai trouvé, pour la somme des mobilités des ions de deux signes qui transportent le courant spontané, la valeur .j.io"' — |- à 100° et 3,5.10 '' à 80". Le rapport de ces mobilités est voit : ciii ' ^ voisin du rapport des intensités, ce qui démontre la constance du nombre d'ions, quand la température varie. PHYSIQUE. — Sur les conditions de stabilité de l'ave de Poidsen. Note de M. C. TissoT, présentée par M. Villard. Dans les applications de l'arc de Poulsen à la télégraphie et à la téléphonie sans (il. il importe d'avoir une onde parfaitement pure, afin que la résonance soit très aiguë On peut y parvenir par divers procédés. 282 ACADÉMIE DES SCIENCES. L'un tle ces procédés, qui a été récemiiieiU indi(|ué par MM. Colin et .Teance (dans la séance du lo mai 1909), consiste à utiliser des elTets sélectifs en accordant un cir- cuit inductif auxiliaire de conslajites convenables sur Tune des oscillations plus ou moins nombreuses qui ont pi is sjinMlanéuient naissance dans le circuit de l'arc. J'ai indiqué, dans une Note déposée sons [)li cacheté (dans la séance du 29 mars), un procédé qui présente une certaine analogie avec celui an((uel je viens de faite allusion, mais repose en réalité sur un principe tout différent el permet, à mon sens, d'atleindiv plus m(''lliodi([uemenl le résultat voulu. 11 est basé sur les considérations suivantes : L'arc de Poulsen ne donne naissance au phénomène complexe bien connu de production d'un cortège d'oscillations de périodes différentes, incessam- ment variables, et irrégulièrement distribuées en série discontinue, qu'au- tant que le circuit inductif dérivé présente une self-induction trop petite par rapport à sa capacité. Il donne au contraire une oscillation unique, de période parfaitement déterminée et égale à la période propre du circuit dérivé (pour un réglaj^e convenal)le de la longueur de l'arc et du courant d'alimentation ), tpiand le rapport de la capacité à la self-induction prend une valeur suflisamment faible i un rapport t- de l'ordre de grandeur de — ;_ au plus Celte condition suffît à assurer la stabilité de l'arc lorsqu'il fonctionne seul ou (pie l'on n'extrait qu'une fraction faible de l'énergie mise enjeu. l'our que cette fraction représente une quantité d'énergie appréciable, il faut (|ue l'énergie mise enjeu dans le circuit en dérivation sur l'arc soit notable, c'est-à-dire que ce circuit ait une grande capacité. Les deux conditions ne sont compatibles que si Ion emploie des ondes longues. S'il en est autrement, on est conduit, pour satisfaire à la première condi- tion, à employer une petite capacité dans le circuit oscillatoire dérivé. Si l'on essaie alous d'extraire de l'énergie en associant ce circuit par cou- plage (non extrêmement lâche) à un système rayonnant accordé, l'arc devient instable, l'instabilité se traduisant par de brusques variations d'am- plitude (pii amènent rapidement, parfois instantanément, le décrochage. c'est-à-dire l'arrêt des oscillations. Pour pei Micltre à un échange d'énergie de se produire entre le circuit en dérivation sur l'arc el un circuit rayonnant, il convient de suppléer à l'inertie insuflisante du circuit dérivé | circuit ( i)| en lui associant un cir- cuit auxiliaire de grande capacité. I SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. o83 Ce circuit oscillatoire de grande capacité [circuit (ii)|, mis en réso- nance avec le circuit (r), qui emmagasine de l'énergie d'une manière pro- gressive à mesure qu'il entre en vibration et devient capable de réagir sur le circuit (1) en suppléante'» ses défaillances accidentelles, se comporte en somme comme le volant d'un moteur ( ' ). Son rôle n'est nullement d'exercer un effet sélectif sur des oscillations de périodes différentes ayant pris spontanément naissance dans le circuit de l'arc, puisque, indépendamment de lui, l'arc ne donne ici qu'une période unique. Il consiste simplement à pcrmellre à des variations de régime de se produire dans le système rayonnant accordé (antenne) sans allécter le régime oscillatoire de l'arc. Le couplage des circuits (i) el (2) doit être tel tpie des réactions mutuelles se produisent entre eux, de sorte qu'ils puissent jouer alternati- vement le rôle de source d'énergie. Il convient qu'il ne soit pas trop serré, alin que l'oscillation produite par couplage conserve une période \oisine de la période propre du circuit (i) de l'arc. Dans ces conditions, il n'apparaît après couplage, indislinclement, bien entendu, dans tout le système, qu'une oscillation uni([ue aussi pure el aussi stable que si le circuit (1) était seul. C'est l'oscillation normale de couplage de [)criode la plus longue, c'est- à-dire celle ([ui coriespoiid à raiiiortissemcnt le plus faible. Si la période résultante ne diffère pas beaucoup de la période propre du circuit (1 ), l'amortissement résultant demeure sensiblement égal à l'amortissement du circuit de l'arc, c'est-à-dire très faible. Ces conditions générales conviennent également à la ti'légraphie et à la téléphonie par arc. L'antenne doit, bien entendu, être accordée sur la période résultante el couplée dune manière assez lâche pour (pie la période du système demeure la même, soit qu'on la couple, soit qu'on ne la couple pas. On sait que pour la téléphonie on peut opérer en intercalant simplement le microphone en série dans l'antenne. En pareil cas, il ne paraît y avoir a priori aucun intérêt à associer en série plusieurs microphones. ^ (') Des considoralions analogues paraissent avoir conduit Hulmiei- à employer à la fois un circuit de petite capacité et un circuit de grande capacité en dérivation tous deux sur l'arc. 28/4 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les conditions optinia se trouvent remplies, ainsi que permet de le con- stater l'expérience, lorsque la résistance du microphone est égale à la résistance d'émission de l'antenne, c'est-à-dire lorsque l'insertion du micro- phone dans l'antenne réduit le courant à la moitié de sa valeur pinmitive. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur une nouvelle méthode d'analyse par les courbes de niiscibilité ; son application auv huiles servant à l'alimentation. Noie (' ) de M. E. Louïsk. Dans une Note précédente, j'ai montré (]u un certain nombre d'huiles donnaient avec l'acétone des mélanges doubles. Si l'on appelle (tt) le poids variable d'huile et (p) le poids constant d'acétone, on peut aisément con- struire, pour différentes huiles, la courbe correspondant aux températures de miscibilité d'une part et aux rapports ( — '■ — j d'autre part : il nous a paru plus commode, en pratifjue, de prendre les températures de miscibilité correspondant à des poids variables d'huile additionnés d'un volume con- stant dacétone, soit 20'™'. La suite de cette élude, dans laquelle le but pratique est particulièrement visé, nous a permis de faire un certain nombre d'observations qui nous ont démontré d'une part la sensibilité extrême de la méthode, mais nous ont obligé d'autre part à préciser les détails de son application. En opérant, à quelques instants d'intervalle, sur divers échantillons d'une huile (hkerminée (pic Ion traite par la même acétone, on constate des variations très sensibles dans la courbe de miscibilité. En opérant à quelques jours d'intervalle sur un même échantillon d'une huile déterminée qu'on traite encore par de l'acétone, provenant du même flacon, on fait des con- statations analogues. Après avoir envisagé successivement diverses hypothèses pour expliquer ces différences, j'ai pu ni'assurer qu'elles provenaient exclusivement, dans le premier cas, de traces d'eau variables accompagnant à peu prés toutes les huiles commerciales, même les plus limpides, et, dans le second cas, de l'iiydra- tation de l'acétone par la vapeur d'eau de l'atmosphère. 11 devenait donc indispensable, pour régulariser la méthode, d'opérer avec de l'huile sèche et avec de l'acétone toujours semblable à elle-même. (') I{eçue dans la séance du 12 juillet 190g. SÉANCE DU 2G JUILLET 1909. 285 Préparalion de l' huile. — L'iiuile à étiulier est filtrée, s'il est nécessaire, à la tempé- raliire de i5", pour sépaier les gljcérides dont le point de solidification est inférieur à cette teniïîérature, et elle est abandonnée pendant 3 jours dans le vide en présence d'acide sulfurique sous wns épaisseur de r™ environ. La dessiccation à l'étuve altère la composition de l'huile, peut-être en raison même de l'eau qu'elle renferme primitive- ment. Préparation de V acétone. — L'acétone dont nous faisons usage est d'abord débar- rassée d'un excès d'eau; à cet efifet, elle est agitée avec du carbonate de soude calciné, filtrée rapidement, puis distillée dans un ballon surmonté d'une allonge renfermant encore du carbonate de soude sec. On recueille le produit passant à 56''-57°. Pour en fixer la constance surtout au point de vue de l'humidité, nous prenons comme point de départ l'alcool absolu. Ce dernier, grâce à un mélange double qu'il forme avec un pétrole distillant à 2io"-325", permet de créer tin pétrole type; et celui-ci, grâce à un mélange double qu'il forme avec l'acétone, permet à son tour de créer une acétone type f '). Pour préserver l'acétone type de toute altération provenant de l'humidilé, il convient de la placer dans un gros réservoir à robinet avec un tube mesnreui' qui permet de faire des prises exactes de 20'''"' avec rentrée d'air sec. La méthode étant ainsi définitivement établie, nous avons pu faife d'abord l'étude des huiles servant à l'alimentation. Nous avons opéré sur des pro- duits authentiques comprenant neuf échantillons d'huile d'olive et respecti- vement deux échantillons des huiles de sésame, de coton, d'araclùde. Les courbes correspondant respectivement à divers échantillons d'une même espèce dhuile sont presque parallèles et très rapprochées les unes des autres; en ce qui con- cerne les huiles d'olive, ces courbes sont comprises entre les extrêmes que nous repré- sentons sur la figure. Les huiles de coton et de sésame, utilisées fréquemment pour la falsification de l'huile d'olive, donnent des courbes situées au-dessous de l'axe (X) et très éloignées des courbes de l'huile d'olive. Les courbes des huiles d'arachide sont au-dessus du groupe des huiles d'olive sans en être cependant très éloignées. Les courbes correspondant à des mélanges de ces diverses huiles viennent se placer, comme nous avons pu nous en assurer, entre les courbes des huiles isolées. Les résultats que nous venons de résumer, et dont l'exposé des détails paraîtra ailleurs, nous permettent de distinguer des crus d'huile et d'iden- ( ' ) Alcool et pétrole. — La courbe est construite avec un volume constant de pé- trole, soit 20''"'', et des volumes croissants d'alcool absolu; avec le type de pétrole adopté, 10"""° d'alcool en particulier donnent une température de miscibillté de +4''j9' Pétrole et acétone. — La courbe est construite avec un volume constant d'acétone, soit 20'''"', et des volumes croissants de pétrole; avec le type d'acétone adopté, lo"^'"' de pétrole type en pai liculier donnent une température de miscibilité de -H 1°. C. R., 1909, 1' Semestre. (T. li!). N° 4.) 38 ■jH(\ ACADÉMIE OES SCIENCES. lilicr clos oclianlillons (riiuile de même espèce. Si, par l'analyse, on a (lélcr- ininé (lualitalivcmont la falsificalion criuiile d'olive au moyen d'huile de sésame, de colon, on pourra trouver approximativcnienl la propoilioii du mélange par la comparaison des courbes; l'arachide présentera à cet égard moins d'exactitude. JNous nous servons encore de cette méthode pour identifier les huiles mé- dicinales ainsi qu'un certain nombre de produits pharmaceutiques, les baumes en particulier, dont les constantes sont mal déterminées. Y"^^ «■— „ / ^ ■-- / /^ .^f — = — .- ■^ <>, / y ^ -^ ^ ^s ^ ^ y f / i^ — — ^ ■*^ *», N ^ kn / r y ^ — — . ^ ^ ^ v3; <ï "^ » / '/ ^^^ "'•>■ ^ ^ ■*>»; % N ^5- S N Qj // *^ ^ % "<% •iîrt <^ o N s^ Ss , ^se: •"«n / ... / ^ •*^ ■»««, ■*»-. ^ '^^r 1 y / J), > ■v.. N. / / '>, i|ui est la limite pour l'eau, il y aurait encore j)lace pour un ou deux hydrates donnant de 2''"' à 3'-"'. Cependant j'ai dit que je n'avais pas réussi à préparer l'hydrate à yll-O. ('j liosuMiKOi, SAirnai et IJavujso.n, Zcil. niiorL;. ('hum., t. WXV, 1900, p. t\'i.l\. (-) Coinple.s fendus, t. CXL, igoS, p. i.jio. (■■') LiîsiNSKV el Gu.NDMCii, Zeil. aiiorg. Cliein.. t. W, 1897, p. 81. {,') Janascii et Lksinsky, Zcil. anon;. Chcin.. l. V, 1897, p. 288. (■') Comptes rendus, t. C\L\ 11, r9o8, p. io'|(). SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 291 liés II liai a l/iir/)ii'jiies. ('.luiloiir ( 'lialciir i!r (ixnl ion 1 !o n' mol. d'ciui du iIPO de (le /( iiuil. il'i-aii Mil- riivdratc sur riiydriilc (list^rilulintl. sur ThCh. pii''(;«dcnt. pri-cédcut. TI.U' + Aq.. Cal 4-36,7 C^ll Cal » Tl.Ci' ,oJPO + Aq .. . +4i,oS + 13,62 + l5,62 + 7>8 TliCI' ,4H^0+ Aq.. +26,23 +3o,47 + 14, 85 -I- ~! . i'~> ThCI' ,7H»0 + Aq.. • -f->4.7 +f\-i + I I ,53 +3,84 Tiicr- ,811^0 + Aq. . . 4-ir,45 +45.25 + 3.25 + 3,25 II. llioniiiies de llioriiiin hydruU's. — .l'appelle ici hydrate normal le composé (pie l'on oblient loules les fois qu'on évapore ati bain-marie une dissolution de Th(UH)' dansHBr alcoolicpie. Quand on a complèlemenl desséché sur plaque poreuse le produit obtenu, il se présente sous la forme de longues et belle^ aiguilles répondant à la formule TliHr", \?. H-O; il n'avait pas été décrit. Si l'on dessèche ce composé sous cloche sèche, il perd 2H-O et se transforme en Tli Br^, loH- 0, dérivé identique à celui T]u'ont décrit MM. Janasch et Lesinskv. lînfin, dans le vide sec, TliHi', 12H-O perd lentement 5H'^0 et donne naissance à l'hydrate de MM. Uosenheini et I^esin-ky, c'est-à-dire ThBr',7H-0. Quant au bromure à Sil-O, son existence est douteuse; en opérant comme l'indiquent MM. Lesinskv et Gundlich, j'ai toujours constaté la formation du composé ii7M-0. D'autre part, en partant soit d'une solution de Th (011 )'* dans 11 Br aqueux, soit d'une dissolution aqueuse de Th Br'', j'ai obtenu, soit par éva|ioration lente, soit par évapo- ration au bain-marie (à la lumière ou à l'obscurité), un ùxybromure donll'analjse correspond à la formule ïliBr^i-',S,.) II-O ; c'est probablement Tli-(< >H)15i', iGII-O, soit ThI'.r' +ThOBr'+ iGIl-O. Rrsullals t lier III ii/iic.i. Clialmir ( Jialcur de lixali on le ;(' mol. d'eau de ill 0 de de " îiiul. d'eau sur l'hydrate sur riiydratc dissolution. sur Th lir'. précédent. précédent. Cal Cal Cal Cal ThI'.i* + \q . , +70,19 » » ); Thlîr'', 7 11^3 + Aq . . + 22,53 -t-47.64 +47>64 +6,«o Th\U\ 10H2O + Aq . . , + 9,84 + 60,35 + 12,71 +4, •.'.4 Tl,l!r', i2H^0 + Aq . + 2,3o +67,89 -t- 7.54 +3,77 Tandis iju'à ï>o" TliCl ' .cSli-U se Itausforine en TliCl ',4ll'0, à celle même LempértiLui-e TliBr', 12H-O pi'oduit Th(OH )Bi'^ H-Q, composé analogue à Tli(OlI) ( 11' II- (_), lequel pfend naissance au-dessus de 100" seulement. 292 ACADÉMIE DES SCIENCES. iMilin, vers loj", ThBr', i2H^ O fournil riiOBr'- ( ' ), de mèiuo (jue ThCl%.SHM) fourniLThOCl^ vers 2)0". Ainsi les dérivés oxyhalogénés du bromure se forment à des températures bien plus basses que celles où prennent naissance les dérivés correspondants du chlorure. CHIMIE MiNÉRAi-E. — Sur (fuelques sulfates doubles. Note de M. IIakiie, présentée par M. II. Le Clialelier. ]. Sulfate de strontium et de potassium. — Le sulfate de strontium donne très facilement avec le sulfate de potassium un sulfate double, dé- composable par l'eau, obtenu pour la première fois par Rose (- ) par évapo- ration des solutions mélangées. Il suffit d'agiter quekjues instants du sul- fate de strontium avec une solution destdfate de potassium pour que le sel double se forme, Le strontium se dosant presque exclusivement à Fétat de sulfate, il était intéressant de déterminer le champ d'existence du sulfate double en fonction de la température. Les quantités de K-SO* contenues dans la litjueur en équilibre avec les deux phases solides : sulfate double, SrSO', sont les suivantes : k-SO' dans loo parties rcinpciHliuc. (le solulion. d'eau, o '7'5 1,27 1,29 ôo I , 88 I 1 92 75 2,71 2,79 100 3,90 (i,o^ Aucun autre sel double ne prend donc naissance entre o" et 100°. Lorsqu'à une solution de sulfate de potassium on ajoute une solution de sulfate de strontium, il se forme au bout de (pielrjue temps un dépôt cris- tallin de sulfate double. La solubilité de SrSO', déjà très faible dans l'eau (1,0 >, 10^-), est donc diminuée par la présence de K^SO^ Ce sulfate (') Co compost- a iléjà élu oblerm pat' iiiie atilic nn'tlnuli; paf M. lidiiiioii ( Comptes rendus, i. C\LN , 1907, p. 243). ('-) K0S1;, Aiin. Pliys. Chein. Pogg., I. XGlll, i854, p. 594. SÉANCE UV 26 JUILLET 1909. .-20 double répond à la formule K-SCSrSO', sans eau de cristallisation : Pour 100. Trouvé. Calculé. Perle au rouge nulle » SrSO' 52,1 5 1,3 so^ 45,3 «.7 II. Sutfale de strontium et d'ammonium. — Rose (') inrlique que, lors- qu'on traite une solution d'un sel de strontium par du sulfate d'ammonium, il se précipite d'abord du sulfate de strontium, puis au bout de quelque temps un sulfate double, (^c fait ne sendjie pas avoir été confirmé depuis. Le champ d'existence de ce sel double est très peu étendu, et, tandis que le sulfate de strontium et de potassium est stable en présence de quantités re- lativement faibles de R-SO', le sidfate de strontiurîi et d"amiuouitim exige au contraire des quantités considérables de (NH')-SO'' : Il n'est stable que dans des solutions presque saturées. Voici les concentrations des solutions en équilibre avec le sel double et SrSO' : (N H')- se dans 100 parties TompéraLui'e. de solulioii. d'eau. o 5o ,i..i 43,99 78.54 75 45,40 83, i5 100 45,27 86,12 Malgré sa facile décomposition par l'eau et la présence d'une grande quantité de sulfate d'ammonium, j'ai pu olilcnir ce sel doubh' dans un assez grand état de pureté; il forme une poudre cristalline blanche, très sem- blable au sulfaté double de strontium et de potassium, et répondant à la fornuile SrSO''(NH')=SO" : Pour ion. Trouvé. Calculé. Perte au rouge [{NH*)-SO''-t-.z-H-0]. 43, o 4", 8 SrSO' 57,6 .58,1 SO^ 5i,5 5o,7 II est à remarquer que ces deux sulfates doubles ne correspondent en rieii aux sulfates doubles de calcium et potassium et de calcium et ammonium. (') tlosE, Ann. Phys. C/iem. Po^^.. t. ('.\, iSiio, p. >iifi. C. R., 1909, 2° Semestre. (T. IVI, N" 4.) '9 294 ACADÉMIE DES SCIENCES. D'autre part, je n'ai pu, dans les conditions où j'ai opéré, obtenir une com- binaison du sulfate de strontium et du sulfate de sodium. III. Sulfate de plomb et de potassium. — Ce sel a été obtenu pour la première fois par Becquerel (') en précipitant l'acétate ou le nitrate de plomb par le sulfate de potassium. Ditle (-) a montré qu'il se forme par simple contact du sulfate de plomb avec une solution de sulfate de potas- sium. Ce sulfate double, de formule PbSO*K'SO*, est décomposé par l'eau. Son champ d'existence, limité d'une part par la courbe de solubilité du sulfate de potassium, a pour limite inférieure les valeurs suivantes : K'SO' dans loo parties 'l'pnipérature. de solution. d'eau. o y 0,56 0,57 17 0,62 0,64 5o 1 ,09 1,11 7'^ •>37 1,39 100 1 , 69 1,72 IV. Sulfate de plomb et d'ammonium. — Ce sel double, de formule PbSO'(lNH')-SO\ a été préparé d'abord par Wôhler et Litton ('). Il est décomposé par l'eau. D'après Ditte (*), « les quantités de (NH*)^SO* que l'eau doit renfermer pour ne pas décomposer le sel double sont 78*^,9 par litre à i3°, 99^,83 70" ». De nombreuses expériences m'ont montré qu'il est décomposé niême à froid par une solution contenant ioo'''de (NH')^SO* par litre. Les quantités de (NH'')-SO* nécessaires pour que le sel double soit stable sont les suivantes : ( NH')'-SO' dans loci parties Température. de solution. d'eau, o 20 12,17 l3,86 5o 16, i5 19,2.5 75 19,52 24, 3i 100 22,74 291^2 (') Becquerel, Comptes rendus, t. LXIII, 1866, p. i. (°) Ditte, Annales de Chimie et de Physii/ue, 5« série, l. XIV, 1878, p. 190. (') Wôiii.ER et I^iTTON, Ann. Chem. tind P/iarm., t. XLIK, p. 126. (') Ditte, Annales de Chimie et de Physique, 5" série, t. XIV, 1878, p. 190. SÉANCE L)U 26 JUILLET 1909. 29$ Le champ d'existence de ce sulfate double est donc limité d'une part par ces valeurs, et d'autre part par la courbe de solubilité du sulfate d'ammo- niaque peu influencée par la présence du sulfate de plomb. Ce sel double a donné à l'analyse : Pour 100. Caloulé pour Trouvé. PbSO'(NII')-SO'. Inerte au rouge naissant [( NH')'SO'+ X H = 0]. 3i,5 3o,3 PbSO' 69,0 69,6 SO' 38,1 36,7 Je n'ai pu obtenir, dans les conditions où j'ai opéré, de combinaison entre le sulfate de plomb et le sulfate de sodium. ( HIMIE ORGANIQUE. — Sur fiiielfjues dérivés du butanetriol-i .1.^. Note de M. Parisëm.!;:, transmise par M. Haller. F^e point de départ de ce travail a été le bromure GH'I5rCHBr.CH^CH=OCH^ préparé et décrit par M. Lespieau ('). Voici quelques constantes physiques de ce corps que j'ai déterminées : Point d'éljullilioii 96° sous 16'""' d, 1,817 «», i,5i58 o-f ■ ,■ , • «-— I M , , tieiraction moléculaire; — -, r =r âa,'?» n--\-i d » calculée 4^'^ J'ai poilé à l'ébullition peiulant '1» lieurcs 3oo'~' de cebrocniire et i' d'eau. Au boni de ce temps, le biome élaiil presque totalenienl disparu. j"ai nfulriiisr pur le oarbonale de plomi), puis j'ai évaporé dans le vide la soUilion (illrée. Mêlant assuré c|ue leau n'avait rien entraîné, j'ai soumis à la distillation fractionnée dans le vide le liquule siiu- peux restant; je l'ai ain-ii divisé en deux portions ; l'une bouillant de "ô" à 90" et l'an Ire de lio" à iSo". La première partie renferme roxyhydi'ofurfuiane, la seconde un gljcol dont je vais décrire les propriélés. (') LksriEAU, CoiiipCei rendus, t. CXLIV, p. 1161. tii m 296 ACADÉMIE DES SCIENCES. Monométliyline du hutanetriol- 1.2.4 CH^OH — CHOU - CIP— GH-'OCIP. Point d'ébullilion 121° sous 12 ch I , I > «'20 '>448 B„, 3o , o5 R„, calculé 29,82 Ce glycol, dont la formation à partir du dibromure est toute naturelle, a été caractérisé par l'isocyanate de phényle; il a donné une diuréthane fon- dant à I I i^-i 12". CHOU — CH» I I OxyhydrofurfuraiieÇAV- CH'. — C'est un liquide distillant à Sio-Sa" \o/ sous iS^^el à 181" sous pression ordinaire. da- 107 20 1,4478 R,n 21,91 R,„ calculé , 21,61 Sa forniatidii s'explique par un enlèvement d^alcool niéthylique au glycol précédent, enlèvement favorisé par l'acide biomhydrique libre et la température relativement élevée de la réaction. La constitution de ce corps résulte des faits suivants : 1° Le corps est saturé, il ne décolore pas une solution de brome dans le chloroforme à froid ; 2" Il possède une fonction alcool (jue j'ai mise en évidence par l'isocyanate de pliényle : j'ai ainsi obtenu une urétliane fondant à 120° et de formule /OC'H'O 3" Traité par de l'anhydride acétique en présence de cldorui'e de zinc, cet oxyde alcool m'a donné la Iriacétine du bulanetriol-i .2./i dont le point d'ébullition est dei5o° sous 1 1'""' ; 4" La formation de ce corps au sein d'une solulion d'acide biomliydrique à 110° écarte rhypolhè=e d'un ox^de «. SÉANCE DU 26 JUILLET I909. 297 En résumé, on a donc bien affaire à un anhydride du butanelriol obtenu par Wagner (') à partir de l'aUyicarbinol. A partir du glycol précédemment décrit j'ai préparé d'autres dérivés du butanelriol dont l'étude suit. Dlbromo-\.[i,-biitanol-i CH- BrCHOHCM"-CH-Br. — Le glycol a été porté à i iC-i lï" el salure tl acide .Lrouihyclriquc jusqu'à refus. La clémélliylation est facile à suivre en recueillant les gaz dans de l'eau glacée : il s'y forme un hydrate de bromure de mé- tliyle cristallisé. J'ai obtenu ainsi un li(|uide noirâtre que j'ai lavé à l'eau, au carbo- nate de |)olasse, puis à l'eiiu. Après deux rectifications ce bromure distille à 1 1.^"-! i5" sous 1 3" «^0 3,023 «V 1,544 R,„ 37,3 R,„ calculé 37,7 Oxyde de butylène brome Cli- — CH — CIP — Cli-L!r. — La dibromliydrine pré- \ / o cédente est dissoute dans de l'étlier anliydre; ou y ajoute peu à ])eu la ((uantilé cal- culée de potasse fineuient pulvérisée; la réaction terminée, ou lillie el l'on citasse l'étlier. On obtient ainsi un liquide distillant à ÏH" sous i '('""> et iGo" sous pres- sion ordinaire. d„ 1,59 n% ',478 R« 37,61 R,„ calculé 27 , 96 Ce corps ne décolore pas la solution chloroformitpje de brome; il préci- pite la magnésie d'une solution de chlorure de magnésium dans l'eau alcoo- lisée. J'ai traité cet oxyde brome par de l'eau chargée de traces d'acide sulfu- rique, dans le but de l'iiydrolyser et d'obtenir la monobromhydrine du butanetriol (A) CtPOU.CHOH.CH^GHMir. Or en distillant les produits de la réaction j'ai obtenu de l'oxyhydrofur- furane et du dibromo-i ./|-bulaiiol-2 sans traces du corps attendu (A ). (') Wagner, Band XXVII, p. 2437. 2()S ACADÉMIE UES SCIENCKS. Voici apparemment ce qu'il se passe : A dès cju'il se forme peixl HBr en donnant Toxyliydrofurfurane et HBr libre se fixe aussitôt sur l'oxyde non hydrolyse pour former la dibromhydrine. J'attirerai spécialement l'attention sur deux expériences de ce travail (pii montrent la facilité avec laquelle les chaînes en C se ferment. MINÉKALûGiE. — Sur laformalion des gisements d'or. Note de M. L. Dk Lau.nav. J'ai déjà, à diverses reprises, insisté sur l'inqxirtancc de la notion de pro- fondeur originelle appliquée à l'interprétation de ce que j'ai appelé les types régionaux de gîtes métallifères. Des recherches .en cours depuis plusieurs années pour un travail d'ensemble sur la Mélallogénie asiatique m'ont amené à faire une application nouvelle de ces idées aux gisements aurifères et spécialement à ceux qui renferment de l'or dans des conditions pratiquement très différentes de celles qu'on rencontre dans d'autres pays comme la (Cali- fornie, où l'érosion a moins agi que dans la plus grande partie de l'Asie russe ou de la Péninsule hindoue : où, dès lors, la profondeur originelle a été nuiindre. En principe, la théorie générale, que j'ai essayé de prouver sur d'autres exemples et dont nous retrouvons ici une démonstration, est que le type fdonien représente un type relativement superficiel, mais n'ayant pas cependant |)roduit ses effets jusqu'à la surface, et correspond à une zone de cristallisation restreinte dans l'écorce terrestre. Quand la profondeur origi- nelle a éténotablementplusgrande, on trouve, en se rapprochant des magmas ignés (pii ont dégagé les métaux à l'état de fumerolles, des imprégnations filoniennes liées au métamorphisme des terrains encaissants, puis les formes que j'ai désignées sous les noms de ségrégations et cVinctusions. Dans le cas de l'or, je vais montrer que toute une série importante de gisements se relie à des dérivations plus ou moins éloignées des magmas granitiques. En paitaiU de la surface, on observe, dans une série de pays au t/pe uiétallif'ère analogue et tous également caractérisés par des mouvements oiogéniques récents, par une érosion peu avancée, des filons proprement dits, à remplissage qiiarlzeu\ auro- argenlifère, qui sont parfois, comme en Californie, d'une richesse exceptionnelle. Ici, de même que pour tous les filons nets d'incrustation hjdrotheiniale, la relalion avec SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 299 une roche ignée lesle hypolliélique, le départ avant été accentué. Il est néanmoins très vraisemblable que l'or californien dérive des granités crétacés qui forment des massifs à son voisinage et qui ont métamorpliisé forlement les sédiments. De très nombreux gisements pyriteux, contenant ou non de l'or, sont en relation de contact direct avec des granités proprement dits. En étutlianl la Métallogénie de l' Italie, ^en ai cité des exemples pour la Toscane et l'île d'Elbe. Ailleurs, des clialcopjrites auri- fères rentrent dans le même cas. En nous enfonçant, nous attribuons au type ouralien, situé dans une chaîne dont le plissement est carbonifère et dont l'érosion est par suite très avancée (sans atteindre pourtant ce qu'elle est dans les Massifs piimitifs), une profondeur de cristallisation plus grande. Ici, la relation de l'or avec les magmas graniti(|ues appar;iît immédiate; mais il s'agit de granités riches en minéralisateurs avant pris les formes du granité à mica blanc, de l'aplite, du microgranite, etc. L'or remplit, soit dans les craquelures des filons d'aplite et de pegmatite, soit dans les terrains immédiatement contigus, des veines quartzeuses, où l'on observe une association de l'or (inclus dans la pyrite de fer) avec quelques autres sulfures métalliques, et une autre association avec la tour- maline, sur laquelle j'appellerai l'alteDlion comme très caractéristique dans tous les pays du monde où la même profondeur d'érosion a été atteinte, aussi bien au Brésil, en Chine ou à Madagascar que dans notre Plateau Central français. L'or, à Bérézovsk, Pychminsk, Tchéliabinsk, Kotchkar, se rencontre dans les craquelures d'un greisen, d'une aplite, d'un microgranite, ou simplement d'un granité porphyroïde. Des conditions toutes analogues se sont prêtées ailleurs à la cristallisation de l'étain, du bismuth, etc., en stockwerks et il en résulte le rapprochement très habituel de ces deux métaux avec I or. Enfin, quand on s'approfondit encore dans l'écorce comme cela se produit dans les granils faîtes primitifs de la Siljérie, ou dans les massifs homologues de l'Inde, de l'Afrique centrale, etc., on trouve un type un peu difféienl, où les pyrites aurifères imprègnent des teri-ains métMmorj)liisés par le voisinage du granité, sans prendre l'allure de véritables filons. Là, les massifs granitiques proprement dits sont entourés, dans les sédiments ayant formé leur couveicle, d'une auréole de métamorphisme, qui, suivant des lois bien connues, peut se traduire, ou par une injection feldspalhisante ayant plus ou moins donné l'allure de gneiss, ou, à plus grande distance, par une simple recristallisalion des éléments. Ce phénomène profond a déterminé, en même temps, une cristallisation de pyrite, souvent aurifère, qui peut s'éloigner assez loin, dans chaque cas particulier, du granité originel (jusqu'à lo^"" ou 30'"°), mais qui n'en est pas moins liée à lui très manifestement. L'or peut alors se montrer comme faisant partie du ciment même des gneiss, ainsi que M. Lacroix l'a observé à Madagascar. Ou, plus souvent, la pyrite aurifère quartzeuse constitue, dans les schistes, d'innombrables petits filons-couches à alluie interstralifiée, donnant lieu à une très grande dissémina- tion de l'or, qui, par l'abondance et parfois même la richesse des placers résultant de leur destruction, ont maintes fois provoqué de fâcheuses illusions industrielles. La pré- sence de l'or correspond, comme dans le cas précédent, à une auréole presque con- stante de tourmaline. Peut-être ce mode de formation en profondeur, par un phénomène d'imprégnation disséminée liée à la mise en place des magmas ignés, rend-il compte de certains gise- 3oô ACADÉMIE DES SCIENCES. ments restés énigmaliques. A côté d'une autre théorie que nous avons proposée, on peut y songer dans le cas des conglomérats du Witwalersrand au Transvaal, où bien des faits semblent militer en faveur d'une imprégnation postérieure, effectuée entre les interstices des galets mal soudés. BOTANIQUE. — Observations biologiques sur l'arbre à caoutchouc du Tonkin (Blec'krodea lonkinensis). Note de MM. Eberiiardt et M. Dubabb, présentée par M. Gaston Bonnier. Nous avons attiré précédemment l'atlenlion (') sur l'importance écono- mique que présente pour rindo-(]liine la dilîusion considérable sur sou territoire d'une espèce caoutclioutifèrc arborescente, appartenant à la famille des Moracées, le Teo-nong, que nous avons appelé Bleekrodea lonki- nensis; des renseignements complémentaires sur cette plante ont été fournis à plusieurs reprises par l'un de nous dans le Bulletin économique de l'indo- Chine{'-). Rappelons seulement que le late\ de cet arbre est remarqual)le- ment riche en caoutchouc, que sa teneur s'élève facilement à 70 pour 100 et que le produit, préparé avec soin, n'est guère moins estimé que le Para. Le but de la présente Note est de faire connaître certaines particularités biologiques relatives à cette espèce et de montrer leur rapport avec les con- ditions mêmes de sa végétation. Le Teo-nong croît en abondance dans toute la région calcaire et schisto- calcaire du Tonkin et du Nord-Laos; dans les terrains schisteux, les arbres sont de meilleure venue et se développent avec beaucoup plus d'intensité, car on trouve à la surface du sol une couche épaisse d'humus et de schistes décomposés, riches en éléments fertilisants. Les terrains calcaires sont beaucoup plus pauvres en terre végétale et les racines de l'arbre y sont réduites à s'insinuer dans les fissures de la roche, où elles ne trouvent (ju'une maigre nourriture. Dans tous les cas, le Bleekrodea est adapté à des sols peu aptes à retenir l'humidité, soit que les eaux s'infiltrent dans les fentes dont le calcaire est sillonné en tous sens, soit qu'après avoir pénétré la couche superficielle, elles glissent à la surface des schistes non décom- posés, fortement inclinés par les mouvements géologiques; de sorte que le (') DuBARD et Ebkrhardt, Sur un arbre à caoutchouc du Ton/an {Comptes iidus, \t\ octobre 1907). ■ ' ' {''■) Eberiiardt, Bull. écon. Indo-Cliine, n"" G."), (iO, 67, 08, Ih. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 3oi Teo-nong, sans être une plante désertique, doit cependant pouvoir profiter rapidement de l'eau que met à sa disposition une série de pluies et résister à des périodes de sécheresse assez prolongées; il présente, en effet, des dispo- sitions très particulières permettant soit l'accumulation d'eau dans certains tissus, soit la limitation de la transpiration. La constitution de réserves aqueuses est assurée grâce à la production de nodosités radicales, dont la taille varie depuis celle d'une noisette jusqu'aux dimensions d'un œuf de cane, plus nombreuses et plus grosses chez les indi- vidus végétant sur les calcaires; à la surface des schistes, la terre végétale retient, en effet, passablement l'humidité et le besoin de réservoirs d'eau est moins impérieux pour la plante. Les nodosités ne sont pas disposées en chapelets, mais simplement isolées le long des racines, et constituent comme des centres de développement pour les racines d'ordre inférieur. A l'état jeune, elles sont à peu près sphériques avec une surface lisse; leur croissance étant plus ou moins. régulière, leur forme s'altère par la suite, en même temps que leur surface se recouvre d'un liège abondant qui, sous l'influence de la poussée produite par l'exten- sion du cylindre central, se crevasse suivant deux directions croisées et forme, en définitive, un revêtement creusé d'une sorte de réseau. Ce liège s'exfolie peu à peu ; il est remplacé par un suber plus régulier qui ne se fen- dille plus, le tubercule ayant terminé sa croissance; enfin, les très vieilles nodosités prennent un aspect très tourmenté, sans forme bien définie. Au point de vue anatomique, les tubercules radicaux sont constitués essentiellement par une abondante producliou des tissus secondaiies libéro-ligneux. Le bois .secon- daire acquiert surtout une épaisseur considérable ; les vaisseaux, j sont répartis suivant des files radiales, étroites, régulières, séparées par de très larges rayons médullaires; ces files sont plus ou moins discontinues, en ce sens que les vaisseaux n'y forment point une suite régulièie, mais sont agencés en groupes séparés par du parenchyme ligneux. Ces groupes, considérés dans l'ensemble des files, jalonnent plus ou moins nettement des sortes de zones d'accroissement, qui correspondent vraisemblablement à l'alter- nance des périodes de sécheresse et d'humidité; les zones correspondant aux saisons humides sont naturellement les plus riches en vaisseaux. Les rayons médullaires se prolongent en s'épanouissanl dans le parenchyme libérien, où ils renferment de nom- breuses macles d'oxalate de chaux. Le tissu péridermique fait suite d'une manière indistincte au liber secondaire et le tubercule est limité extérieurement par une épaisse couche de liège. Ces tubercules, nés sur les racines d'un arbre, se développent évidemment d'une manière beaucoup plus lente que les formations très analogues de V E uphorbia Intisy , plante broussailleuse des régions désertiques du sud de Madagascar, et il en résulte que l'ordre normal des éléments histologiques y est beaucoup moins modifié. On C. R., 1909, 2" Semestre. (T. IW, N° 4.) 4o 3o2 ACADÉMIE DES SCIENCES. observe surtout une distension des cellules des rayons médullaires, qui se localise d'abord dans les régions de moindre résistance, c'est-à-dire au niveau des zones for- mées pendant les saisons humides, sur les courbes d'accroissement jalonnées par les groupes de vaisseaux. Ces cellules s'étirent surtout dans le sens tangentiel et se dis- tinguent alors très nettement des cellules non modifiées des rayons, qui sont au con- traire allongées radialement. Peu à peu, la distension cellulaire atteint les autres élé- ments plus résistants des rayons, ainsi que les cellules du parenchyme ligneux. Un fait très curieux consiste dans la différenciation aux dépens des cellules étirées des rayons médullaires de vaisseaux rayés reliant entre eux tangentiellemenl les groupes de vaisseaux de deux files voisines. Ces vaisseaux s'observent nettement, suivant leur longueur, dans une coupe transversale et forment en quelque sorte les canalisations destinées à l'apport de l'eau, dans les régions où celle-ci s'accumule de jjréférence. Une seconde parlicularité de l'appareil végétatif du Teo-nong résulte de l'abondance 1res frappante des cystolithes; les deux faces du limbe foliaire en sont véritablement constellées et le nombre de ces éléments est encore considérable à. la surface du pétiole; les sols si riches en sels de chaux que recherche cet arbre expliquent, conformément aux expériences de Cha- reyre ( ' ), l'abondance du carbonate de chaux dans ses tissus. Les cellules à cystolithes se développent dans l'épiderme et restent superficielles, en prenant une prépondéiance de taille plus ou moins accentuée sur les cellules voisines. Les cystolilhes sont pédoncules en forme de grappe, recouverts, aussi bien sur la lige que sur la partie lenllée, de concrétions calcaires. Celles-ci transsudent même à travers l'épiderme et forment exléneurement, autour de l'insertion du pied, de véritables plages calcaires, toutes hérissées de crêles; c'est ce qui donne aux feuilles le toucher sableux qui les caractérise. Etant tlorinées l'abondance des cystolithes et l'adjonction de ces concrétions externes, il en résulte un véritable empâtement de la surface foliaire, qui diminue notablement la perte d'eau par transpiration. C'est là le dispo- sitif réalisé par la plante pour résistrr plus facilement aux périodes de sécheresse et, d'après cet exemple lypi(|ue, il uou-i paraîtrait raliouiiel de généraliser dans ce sens le rôle des cyslolitl)e>. En résumé, le Bieekroclea végète dans des terrains riches en calcaire et où l'écoulement des eaux est toujours 1res rapide ; il en résulte : i" Une richesse particulière des tissus en sels de chaux, soit sous foiinc d'oxalate (macles), soit sous forme de carbonate (cystolithes); 2" Des dispositifs particuliers deslinés soit à constituer des réserves aqueuses (tubercules radicaux), soit à diminuer la déperdition de vapeur d'eau (cystolithes à incrustations externes). ( ' ) Chaiikyri:, Nom-elU:'; /-ec/ierc/ics sur les cystolithes (Thèse de Montpellier, i884 ). SÉANCE DU 26 JUILLET I909. 3o3 l'AiîASiTOLOGlE. — Sur un nouvel lùitop/iy/c parasite d'un Coléuptère. Note de MM. L. LÉ«iiiR cL E. Uesse, présentée par M. Ciuignard. Nous avons rencontré chez le Dorciis f>aralleli[>ipedus I.. un lùitophylo encore non signalé, que nous désignerons sous le nom d'Op/irvonivces dorci N. g. n. sp. Le parasite liabite cxclusiveinenl les lubcs de Mal|iighi, dans lesquels il foi me d'abondantes colonies fixées à la surface des cellules épilhéliales. L'aspect de la colonie, la forme et le mode de fixation des individus qui la composent rappellent d'une façou surprenante les Op/iryorvsns, Sebizo- grégarines dont l'un de nous a donné, en 1907, une étude monograpbique complète. Et cependant, en deliors de cette curieuse convergence morpbo- logique, due sans doute au même milieu, les Ophryomyces et les Ophryo- cystis n'ont, à notre avis, aucun lien de parenté. Nous distinguons dans les colonies à' Ophryomyces les stades végétatifs, qui se multiplient activement dansl'bôte, et les stades sporulés, qui donnent des spores durables destinées à gagner l'extérieur. Stades végétatifs. — Les slados végétatifs, ordinairenienl réunis en noiubreux amas ou colonies, ont la forme de dônies on de massues plus ou moins allongées; ils mesurent 6l^ à 8!^ chez les formes ijlohiiieuses et sont (kés à l'épilliélium [>ai- des radi- celles comme les O/ilirrocystis. Lenr cytoplasme très clair est alvéolaire. I^e plus sou- vent, ils possèdent un seul noyan formé d'un réseau cliromatique avec un gros nucléole et un suc nucléaire clair, limité par une mince paroi. Ces stades végétatifs se multiplient acti\enient par division binaire ou par étranglements successifs en chapelet dans les foiines allongées. Les divers individus résultant de la division restent reliés par de lins Iraclus cytoplasmiijues et forment ainsi des sortes de réseaux plasmodiau\ à la surface de répilliélimu malpighieu. Sporulation. — lJeu\ individus, -iiués cote à cèle et présentant chacun S ou 4 novauK, grandissent et s'applii|neiit élioitcment l'un conUe l'autre, ordinairement par leur portion distale lenllée en ma-sue. Les deux, parties en contact se fusionnent alors pour donner une spore ovoïde, dans la(]uelle on distingue deux noyaux, un gros t un petit, provenant respectivement des deux conjoints, ce qui ex|)rime sans doute une dilFérenciation sexuelle. Ces deux noyaux, après avoir subi la réduction chroma- tique, se fusionnent en un syidiarion en même temps que la spore se revêt d'une paroi lésistaiite. Pendant ce processus, il est très fréquent de voir les individus stériles qui avoisinent le couple s'appliquer étroitement sur la spore et lui former ainsi une enve- loppe protectrice. Celte enveloppe complexe se gélifie, pendant que la spore est entraînée au dehors avec les produits d'excrétion. e 3o4 ACADÉMIE UES SCIENCES Les spores se forment aiosi isoléiiienl el VOphryomyces est un organisme monosporé. Les spores mûres, ovoïdes, de ii^ sui- 9!', possèdent une paroi lisse, incolore, résistante, avec un cytoplasme vacuolaire et un noyau central; conservées longtemps à l'extérieur, en chambre liumide, elles ne montrent aucun changement. Nous ne discuterons pas, dans celle courte Note, la position systéma- ticpie de VOphryomyces, que nous inclinons à ranger dans le groupe des Mycétozoaires, dont nous avons déjà fait connaître plusieurs exemples parasites de divers Insectes. ZOOLOGIE. — Le stolon génilal des Diplosomes (Ascidies composées); son évolution au cours de la régression partielle et de la displanch tonne des asci- diozoidcs. Note de M. Antoixe Pizon, transmise par M. Yves Delage. J'ai montré depuis longtemps qu'il existe chez certains Diplosomes {Di- plosoma Z>?>/m Lister et D. spongiforme Giard), outre les trois régions pro- liféralrices aux dépens desquelles se développent les nouveaux ascidiozoïdes, un cordon génital dont la multiplication continue chez les divers individus issus les uns des autres parla voie blastogénétique rappelle celle de certains Tuniciers pélagiques ('). Mais, depuis que j'ai établi les rapports et l'évo- lution générale des différentes catégories d'ascidiozoïdes d'un même cor- mus(^), j'ai été naturellement conduit à étudier le sort des glandes géni- tales au moment de la displanchtomie des ascidiozoïdes bithoraciques et bi- venlriques et au cours des phénomènes de régression partielle qui se passent chez les ascidiozoïdes bithoraciques. 1° Ascidiozoïdes bitlwraciques. — Les ascidiozoïdes simples ou monolhoracuiues possèdent au voisinage de l'anse inteslinale deux énormes follicules spermaliques a\ ec un spermiducte qui remonte le long du rectum pour s'ouvrir au voisinage immédiat de l'orifice rectal; de plus, un cordon ovarien porte quelques ovules volumineux à son extrémité inférieure renflée el se continue le long du déférent, tangeutiellemenl à l'épiderme de l'ascidiozoïde ('). (') A. PizoN, Évolulion des éléments sexuels citez les Ascidies composées {Comptes rendus, \" octobre 1894). (■') A. PizoN, Évolution des Diplosomes {Arch. de Zool. expér., I. IV, igoS). (*) Laiiillk, lieciierches sur les Tuniciers des côtes de France, p. 120, Tou- louse, 1890. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 3o5 Lorsque celui-ci devient bilhoracique par l'adjonclion d'un nouveau thorax (hran- cliie el rectum), son sperniiducte subit une modification correspondante; au point où le nouveau rectum s'embranche sur l'ancien, un nouveau déférent d! se grefle sur l'ancien d et le contenu des deux follicules spermaliques s'écoule alors simultanément par ces deux branches d el d\ qui suivent chacune l'un des rectums. Puis quand, au bout de i5 à 18 heures, le plus ancien des deux thorax entre en dégénérescence, la plus ancienne branche d du déférent régresse elle-même en même temps que le rectum qu'elle accompagne, et l'ascidiozoïde monothoracique qui reste se trouve avoir les mêmes organes génitaux que le monothoracique qui l'a précédé, avec cette différence que la partie terminale (/' du déférent, c'est-à-dire celle qui est adjacente au rectum, est de nouvelle formation loul comme ce dernier. 2° Ascidiozoïdes bilhoraciques el buentriques. — Lorsque les ascidiozoïdes mo- nothoraciques bourgeonnent à la fois un autre thorax et un autre abdomen qui les trans- forment tout d'abord en ascidiozoïdes bilhoraciques et bivenli iques, les glandes géni- tales acquièrent une bien plus grande complication que dans les cas ])récédents. D'abord le cordon ovarien de l'ascidiozoïde monothoracique pousse de bonne heure, au voisinage dé l'ébauche de la nouvelle anse intestinale, un prolongement qui devient un autre cordon ovarien en tout semblable au premier; celle de ses extrémités qui avoisine l'estomac se renfle et diflërencie des ovules, tandis que l'autre, effilée, se continue parallèlement au nouveau rectum. En même temps, à côté de ces nouveaux ovules, se différencient deux autres follicules spermaliques avec un autie déférent qui s'étend é;;:ileMieiit tout le long du nouveiiu rectum. Chez les ascidiozoïdes bilhoraci(iues et bivenlriques les organes génitaux se tromenl donc être en double tout comme les autres viscères. 36 à 48 heures plus lard, lors({ue survient la displanchlomie ( '), c'est-à-dire la sépara- lion de l'ascidiozoïde bilhoracique el biventrique en deux autres raonothoraci(|ues avec échange des masses viscérales, les organes génitaux doubles rompent également leur communication et se séparent en deux moiliis; la plus ancienne reste associée avec la plus vieille des deux anses intt.'sllnales el avec le nouveau thorax; la plus récente reste avec le plus ancien thorax el avec la nouvelle anse intestinale au voisinage de laquelle elle s'est dével<)|)péc'. Les deux ascidiozoïdes monolhoiaciques résultant de celle Un autre en 16 heures "l'^oj Il y a survie o • "'«5 3o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. Parla voie intramusculaire : Dose par kilogramme. s Un lapin vigourcu\, ailulle, est mort en i heure 5o minutes 0,00027 Un autre en i heure o,ooo36 Un jeune la|)in est mort en 3o minutes o,ooo45 Par la voie intraveineuse, chez des lapins adultes, vigoureux : Dose par kilogramme. La mort est survenue en 1 heure o^',ooo2 Et une fois en 8 minutes oKiOOGI Ce dernier avait le cœur gras et sa mort suiiile en explique d'autres. e Par la voie buccale, le pigeon meurt en 3 heures o,oi38 Par la voie intramusculaire il meurt en 3 heures o,ooo.|a Par la voie intramusculaire, il meurt en i5 heures o,ooo33 Cette strophantine est donc chez le lapin 20 à 3i) fois plus toxique par la voie musculaire que par l'estomac, et de /j'^ à 86 fois plus par la voie intra- veineuse. S'il en est de même chez l'homme, il en résulte que i^'^-'par la voie intraveineuse équivaut à plus de 4«o granules administrés d'un coup par la voie buccale. r^es pigeons résistent mieux et plus longtemps, 3 heures au minimum, particulièrement par la voie buccale. La toxicité est pour eux de 32 à /|2 fois plus forte par la voie intramusculaire que par l'estomac. Au cours de ces expériences, la tolérance, par la voie stomacale et par la voie intramusculaire, s'est toujours montrée parfaite, même aux doses ultra-thérapeutiques. Ces doses élevées ont pu être répétées tous les deux jours et tous les jours, pendant /jo jours, sans eH'ets d'accumulation, et tant qu'on n'atteignait pas la dose correspondant à 2"^ chez l'homme, en injec- tion intramusculaire, les animaux engraissaient. La méthode intraveineuse a provoqué la mort subite à dose infime chez le lapin, comme chez l'homme; elle ne doit être, contrairement à l'opinion de quelques médecins allemands, qu'un moyen thérapeutique de rare excep- tion. Elle peut être avantageusement rem[)lacée par l'injection intramus- culaire et surtout par la voie stomacale sous forme de granules d'extrait titré I SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. Sop (le S/rop/ianliis (|u'on peut, eu cas urgent, eu cas de diurèse rebelle, pres- crire, comme le faisait Potain, à la dose massive de 12 a 18 (douze à dix- huit) en un jour ('). CHIMIE BIOLOGiQUn:. — Sur l'in/Iuence paralysante exercée par cerlains acides sur la fermentation alcoolitiue. \ole de M. M. Rosenbi.att et M"" M. RozE.vBASD, présentée par M. Roux. Des noml)roux auteurs (- ) ont étudié Faction exercée [)ar certains acides sur la fermentation alcoolique. Ils ont trouvé, en général, que ces acides paralysent et même arrélent complètement la décomposition du sucre par la levure. Nous avons observé que cette action des acides n'est ni absolument géné- rale, ni rigoureusement progressive. Quand on opère avec des doses crois- santes d'un même acide actif, on observe que, jusqu'à une certaine concen- tration, il n'y a aucun arrêt de la fermentation; c'est seulement à partir de cette dose que l'action paralysante de l'acide se fait sentir et qu'elle augmente jusqu'à la concentration à laquelle il n'y a plus du tout de fermen- tation alcoolique. Nous avons repris l'étude de la (piestion avec la levure de bière haute, afm d'établir : i" la conccntraliou limite des acides, qui reste sans effet sur la fermentation, et 2" la concentration des mêmes acides qui paralyse com- plètement l'action fermentativc de la levure. Au cours de cette élude, nous avons examiné avec soin l'action couqiarée d'un assez grand nombre d'acid'-s minéraux et organiques. .\os expériences (') Depuis que ces expériences sont terminées, diverses publications ont eu lieu sur le même sujet. A la Sociélé médicale des liopilaux. de Paris, 4 juin 1909, MM. Harié el lliilz, traitant celle question des injeclinns de slrophanline, ai)oulissenl à la même conclusion que nous : « Dans tous les cas, il est préférable d'avoir recours à l'extrait de Slrophantus principalemenl sous forme de granules dosées à i""»', dont la composi- tion est fixe el qui répondent d'une façon parfaite à toutes les indications. » D'autre part, M. Maurel a présenté à la Société de lîiologie une étude des toxicrtw de la digilaliue selon les voies d'administration. En comparant ses résultats aux nôtres, nous voyons que la stropliantine est plus toxique chez le lapin que la digitaline, tandis que chez le pigeon elle est sensiblement moins toxique que la digitaline par l'estomac et très peu plus par la voie intramusculaire. (') Pour les indications bibliographiques el les détails, voir le Mémoire des .4««a/ex de l'Inst. Pasl.. 1909. G. K., 1909, 2' Semeslre. (T. IVl, N° 4. ) I ^ 3lO ACADÉMIE DES SC1E^CÊS. ont domontré que plusieurs acides, parmi lesquels l'acide borique, sont sans action appréciable sur la fornicnlalion al(Ooli(|ue; pour les aulrcs, la concenlraliou (pii arrête couiplèlemeiil l'action de la levure est, eu général, 1res élevée, beaucoup plus, en tout cas, (pi'ou [loui'rail le sup[)0ser d'après les expériences auLérieureuicul publiées. Afin (l'éviter les causes d'eneui- que l'on pourrait repiocher l'i certaines recherches auxquelles il est fait allusion plus haut, nos e\périences ont été efluctuées d'après le mode opéraloiie suivant : une série des tuhes à essai contenant chacun i25"'° de sac- cliarose dissous dans lo''"' d'une solution acide de dilTérentes concentrations molécu- laires et additionnés de loo'^s de levure de bière haute (levure |)iessée du commeice, apportée journellement) ont été placés dans un bain réglé à la température de 28°, 5 pendant [\0 heures. Chaque série d'expériences a été accom])agnée de tubes témoins contenant la même quantité de saccharose dissous dans 10""° d'eau pure. Après le délai de 4o heures, nous avons mesuré l'action |)aralysaiUe des acides par la quantité de saccharose disparue. Pour cela, le sucie était iiUerverti, puis dosé par la méthode très précise indiquée par Gabriel Bertrand ('). Les résultais cjue nous avons obtenus sont résumés dans le Tableau ci- dessous : Concen- Concentriilions limites tralions en inolocules-gramiiies sans ell'el Poids paralysant complètement sur la Noms des acides. moléculaires. la fermentation. fermentation. Acides moitobasiques. Acide dichloracétique 129 M/ 100 ou o, 129 par litre M/2000 » benzoïque 122 M/60 ou 2,o33 » M/iooo » salicylique i38 M/60 ou 2,800 » M/2000 » monochloracétique. . . 9^(5 M/5o ou 1,890 » M/5ooo » tricliloracétique i63,5 M/25 ou 6,54o » M/4000 » azotique 63 M/9 ou .7,000 >> M/3ooo » isovalérique 102 M/5 ou 20,4oo » M/200 )) chlorhydi'ique 36,5 M/5 ou 7,800 » M/3ooo » forniique 46 M/4 ou ii,5oo n M/iooo » benzènesulfonique . . . i85 M/3 ou 61,667 » M/3ooo » acétique 60 .M/2 ou 80,000 » M/ioo » sulfovlnique 126 2M ou 202 » M/4ooo » lactique 90 2 M ou iSo » M/200 » isobutyrique 88 3M ou 264 » M/ioo » propionique 74 4M ou 296 » M/200 D butyrique normal.... 88 5M ou 44o " M/200 {') DuU. Soc. chiin., 3= série, l. XXXV, 1906, p. i285. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 3ll Concen- Concentralions limites trations en moicciiles-giaiiiiiics sans effet Poids paralysant complètement sur la Noms des acides. moléculaires. la (ermentation. fermentation. / Fernientalion encore appré- j Acide paraoxjben/.oïqiie ... id8 \ ciable avec la solulioii , M/60 ' saturée M/20 ) Acides bibasiques. Acide sulfurique 98 M/io ou 9,8 par lilre M/Sooo » oxalique (') 90 M/io ou 9,0 » M/1000 » maloiiique io4 5,6M ou 582,4 » M/200 / Fertnenlalion encore appré- \ » tartrique i5o } ciable avec la solution [ M/200 ( saturée 5 M. ) » succinique 118 Id., avec la sol. saturée M/2,5 M/8 Acides tribasiques. Acide arsénique <42,5 2 M ou 285 par litre M/5oo » phosphoriqiie 98 3 M ou 294 » . M/2000 » citrique {') 192 3 M ou 676 » M/200 » méthylarsénique r'jo 3M ou 420 » M/iooo ( Fermentation appréciable avec ) ,,,, » borique 62 ,,■..,, t ™/4 ' ( la solution saluree M/2 ) » arsénieux 198 Id., avec la sol. saturée M/io M/2000 Nous avons essayé aussi raclion de ([uelques sels acides ; ces sels agissent relaliveinenl peu sur la fenuenlalion, luèiuc en solutions saturées. Nous avons vériiié (|ue la disparition du saccluirose dans le milieu conte- nant des quantités très fortes d'acides était bien due à la fermentation alcoo- lique, en recueillant et en dosant l'alcool. Il est très curieux de constater ([ue la fermentation de sucre parla levure de bière ne soit pas complètement anniliilée dans un milieu contenant des doses aussi fortes d'acide, que, par exemple, près de lo» par litre dans le cas de l'acide sulfurique, 352'^' dans celui de l'acide butyrique normal ou 222^ pour l'acide propionique, surtout si l'on se rappelle qu'il suffit souvent de quantités très faibles de ces 'réactifs pour paralyser complètement l'action des diastascs. M. Gabriel IJertrand (-), par exeiuple, a démontré (') Calculé sans eau de cristallisation. (") Gabkiel Bertrand, Sur l'injltience paralysante exercée par certains acides sur la laccase {Comptes rendus, t. CXLV, 1907, p. 34o; Bull. Soc. chim. de Fr., 4' série, I. I, 1907, p. 1120). >I2 ACADEMIE DES SCIENCES. (|iic l'aciilc sulfurique arrête complèl,emenl l'action oxydasique de la laccase à la dilution d'une demi-molécule-t^ramme d'acide dans ()oooo' d'eau (la laccase prise à o^j^Tô) ^^ 'l^^^ pour la plupart des autres acides les doses para- lysantes sont aussi très minimes. D'autre part, des faits analogues ont été signalés par M. (iahriel IJerlrand et M"'' M. Ilozenband (' ). Dans le cas que nous avons étudii'', il est probable que la membrane cellu- laire de la levure est peu perméable aux acides et protège suffisamment les diastases contre leur action, de telle sorte que la fermentation des saccha- roses, (pii est un phénomène endocellulaire, reste encore possible dans des milieux acides de coneenlration moléculaire très élevée. CHIMIE PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Action des rayons ii lira-violets sur la fermentation acétique du vin. Note de MM. Vicrou Hknri et .losEi'ii ScHNiTZLEii, présentée par M. Dastre. Nous nous sommes proposé d'analyser l'action des rayons ultra-violets sur la fermenlation acétique du vin et de dégager quels sont les facteurs qui interviennent dans cette action; ce travail fait partie d'une série de re- cherches jioursuivies au laboialoirc sur les actions les plus diverses de ces rayons. Technique. — La source employée est une lampe à meroure en quartz de la QuarU- lampengeseliscliaft à Hanau. I^es lii|uides !-oiimis à l'action des rayons sont placés au- dessous de la lampe dans une eux elle plaie de i.V'"' de diamètre ; la distance de la cuvette à la lampe était en moyenne é^aleà ij'"\ Pour éviter Taclion de la rlinleur, In ciivelle était placée dans un ciislallisoir rempli de glace pih'e. Le tout était disposé ^ur le plateau d'un petit moleiir électri(|ue à axe vertical, de soite que l'on faisait tourner la cuvette au-dessous de la lampe, l'axe de rotation |)assnnt par le centre de la cuvette; le nombre de tours était en moyenne de 3o par minute. Une tige de verre recourbée plongeait dans le liquide. On obtient ainsi une agitation régulière sans remous. Nous avons exposé des volumes de liquides variant de .'io'^'"' à 200''"'; l'épaisseur correspondante était de i''"' ù 4"'". La durée d'exposition a varié dans ces expériences de ô à 3o minutes. La fermenlation acétique a été étudiée dans un \in rouge d'Algérie aigri, dans un (') Gaiihii;l BiiKTitANu et M"" M. Hozenband, Sur l'action paralysante e.rcrcée par certains acides sur la peroxydiastase [Comptes rendus, t. CXl.NllI, 1909, p. 297; Bull. Soc. ciiini. de Fr., 4° série, t. V-Vl, 1909, p. 296). SÉANCE DU 26 JUIIJ.RT 1909. 3l3 vin blanc d'Alfiérie, et dans des mélanges de 100 parties de vin, 200 d'eau et 4 d'acide acétique ciistallis.ible. On ilosait le litre initial en acide acétique, on exposait le vin aux rayons, on plaçait à l'étuve à 25° un témoin et les portions exposées, et on dosait l'acide acétique formé après 3 à 9 jours. Hésu/lats. — 1" Une exposition de 3o minutes dans les conditions décrites ari'ête complèlemenl la fermen talion acétique ; ■2" Une exposition de durée moindre produit un ralentissement de la fer- mentation ; 3° L'aspect du vin après exposition de 3o minutes est le même cpie celui que l'on obtient par l'addition de quelques gouttes d'eau oxygénée; au botit de quelques jours, il se forme un léger- jirécipité foncé, le vin est tm peu décoloré et la teinte un peu cluingé-e. Analyse des résii Itnts. -- i"Sous l'inllniMicc ties rayons ullra-violets, il se forme au voisinage de la lampe de l'o/.one; on doit donc se demander si ce n'est pas à l'action d'ozone que serait due l'action observée dans nos expériences. Nous avons fait barboter dans du vin 8' d'air puisé par un entonnoir au voi- sinage immédiat de la lampe, ((ni avait été allumée 3o minutes avant ; ce barbotage dure 3 heures. [lue expérience témoin est faite dans les mêmes conditions avec la lampe non allumée. La fermentation a marché presque avec la même vitesse dans les deux cas; ce n'est donc pas l'air ozonisé qui arrête la fermentai ion. 2" Pour éliminer' l'action de l'oxvgéne, nous avons exposé du vin dans des tubes en quarts (|u'on lemplissait complètement, ou dans lesquels on enlevait l'air en faisant le vide. Les témoins étaient des lubes en quartz remplis à moitié de vin avec de l'air au-dessus. L'expérience montre que le vin exjxisé dans un lube en qiiailz sans oxygène continue à fermenter presque aussi vite que le témoin; par contre, le vin exposé de la même façon dans un tnlje en (]iiail/. avec de l'air ne fermenle plus. 3" Nous nous sommes ensuite demandé ([uels sont les rayons ultia-\ lolels- i]iu sont actifs dans le cas de la fermentation acétique. Nous avons fait des photographies du spectie ultra-violet de la lampe à mercure avec le speclrograplie en qiiarlz de M. Urbain. Les raies principales de la lampe en quartz sont les suivantes : J790, à^Gç), .'j'|6' 1 4959, 49'6, 4358, 4o46, 39S8, 3go8, 3663, 3654, 365o, 334i, 3i3i, SiaS, 3o2i, 2967, 2925, 2893, 2847, 2820, 2805, 2759, 2702, 2699, 2675, 2655, 2653, 2602, 2576, 2536, 2534, 2482, 2464, 2446, 2399, 23-8, 2845, 23oi, 2262, 2224. Le vin rouge laisse passer les rayons jusqu'à 365o; toutes les autres radiations sont arrêtées, l^e vin blanc laisse encore passer, quoique très alTaiblies, les raies 334i, 3i3i , 3i25 et 3o2i ; la j)artie du spectre ultra-violet au-dessous de 3o2i est complèlemenl arrêtée. Celte limite 3o2 1 est précisément celle que présente le verre ordinaire. On jieut donc, en interposant tlu verie, faire agir seulement les rayons au-dessus de 3o2 t . Des exjiériences faites en exposant du viji dans des lubes en verre montrent qu'il se produit un ralentissement extrêraenient faible de la fermentation. 3l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. Par conséquent, ce sonl siirtoiil les rayons iiltra-violels extrêmes, ayant moins de 3o2i comme loni;ucur d'onde, qui agissent sur la fermentation acétique. Résumé. — Les rayons ultra-violets arrêtent la fermentation acétique du idn; la présence de l'air est nécessaire pour l'action des rayons ultra-piolets; ce sonl les rayons extrêmes au-dessous de 3o2 1 (pii agissent. CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Dédoublement diastasique des a et ^-méthyl-d-glu- cosides. Note (') de M. H. Iîierrv, présentée par M. Dastrc. Fischer a attribué à Tinvertine d'abord, puis à la maltase, le dédou- blement de l'a-méthyl-fZ-glucoside. lia vu, en effet, que ce glucoside, qui n'est pas attaqué par l'invertine extraite de la levure fraîche ou séparée par l'alcool de la levure desséchée, l'est, au contraire, par la macération de cette levure lorsqu'elle contient de la maltase, c'est-à-dire lorsqu'elle hydro- lyse le maltose. Mais est-ce à la maltase même qu'il faut attribuer cette action ou à une autre diastase accompagnant celle-ci et se comportant comme elle dans ces diverses manipulations? Pour trancher la question, il faut trouver et il suffit de trouver une ou plusieurs solutions de diastases capables d'hydrater le maltose sans toucher à l'a-méthyl-fZ-glucoside. E. Fischer et W. Niebel en ont donné un premier exemple en montrant que le sang de cheval (^) et le sang de hceuf, ainsi que l'extrait aqueux île pancréas de ces ani- maux, inaclifs vis-à-vis de rc<-méthyl-f/-gliicoside, [)euvent cepenilant livdroivser le maltose; puis, A. Kalanthar (') trouva certaines levures de vin qui déddublenl le maltose et non l'a-mélhyl-rZ-glucoside. Fischer et Niebel ne sont pas parvenus à mettre en évidence, dans les macérations de muqueuse intestinale des difl'érents animaux qu'ils ont examinés, une diastase capable de scinder r:z-raélli3'l-rf-glucoside en f/-glucose et alcool mélhylique. c/.-mélliyl-d-glucoaide. — J'ai lepris ces expériences en me servant de macérations intestinales de chien, de suc pancréatique de chien et île cheval obtenu par fistule temporaire ihi canal de Wirsung et injection de sécrétine. L'jt-niéthyl-^/-glucoside a été préparé par le procédé de l^ischer ('). J'ai obtenu, (') Présentée dans la séance du ii) juillet lyog. (■-) M. Fischer und W. INikbel, Sitzuiigsl>ericlile d. Preiisst.iclien Akndemie (t. Wissp.iis. zii Berlin, l. V, 1896, p. jS. Toutefois, d'après Poitevin ( Annale x tnsliliil l'iisU'iir. t. Wll, p. l\!\), celte remarque ne s'a|qiliquerait pas à la maltase du sérum de cheval qui dédouble à la fois le maltose et l'a-métlivI-ïZ-glucoside, (') ZeiU. p/iys. Clteni., t. WVI, |). SS. (■•) firriclile d. d. client. Ges., t. XXMII, p. ri 5. SÉANCE DU 26 JUILLET igog. 3l5 après purification, un corps cristallisé non réducteur (point de fusion, iGS" [«]„ = -!- 108°). Les macérations aqueuses d'intestin grêle de chien, additionnées d'antiseptiques divers (NaF, chloroforme, tolnol et thymol), dédoublent ra-inéth3l-i'/-glucoside. Ces noêmes macérations, filtrées svir bougie Berkefeld, conservent un pouvoir diastasique vis-à-vis de ce dérivé ; au bout de 4 ou 5 jours de contact à l'étuve à 38°, on peut constatei- 5o et même 60 pour 100 du glucoside hydrolyse. Je me débarrassais des albuminoïdes par addition de nitrate mercurique, neutralisation par la soude, filtration et élimination par H-S des dernières traces de Hg('). Le glucose a été dosé par la méthode de G. Bertrand et caractérisé pai- son osazone (point de fusion, 23o°-232<' au bloc Maquenne). Le suc pancréatique de chien recueilli aseptiquement n'attaque pas le glucoside a. J'ai fait agir comparativement, sur des solutions à i pour 100 de maltose et d'ac-méthyl- glucoside, du suc pancréatique (dans les meilleures conditions de milieu pour la maltase) ('), à la dose de 2,4, 10 et même 12'^'"' ; je n'ai jamais pu constater l'hydro- lyse du glucoside a, alors que, dans certains cas, le dédoublement du maltose attei- gnait 80 pour 100. Le suc pancréatique de cheval s'est comporté com-me le suc pancréatique de chien. Ainsi, dans l'intestin du chien, il existe un ferment soluble qui dédouble l'a-méth^l- ^-glucoside, ferment qui n'avait pas encore été signalé chez les animaux.. Pour les laisons énumérées, il semble que celte diastase doit être dift'érenciée de la maltase; je propose de lui donner le nom à^a-glucosidase, pour ne rien préjuger de son action possible et probable sur l'a-éthyl-rf-glucoside, sur l'a-glycérine-of-glucoside, et même sur Pac-benzyl-cf-glucoside. '^-mélhyl-d-glucosidc. — Le (3-mélhyl-of-glucoside a été préparé par le procédé d'Alberda van Ekenstein (^). Il fondait à io4° et présentait un pouvoir rotatoire [a]„=:-3.o. Fischer et Niebel n'ayant observé le dédoublement du (3-méthyl-(/-glucoside qu'avec l'intestin de cheval seulement, j'ai voulu voir si le suc pancréatique de cheval ou de chien et les macérations intestinales de chien hydroiysaient aussi ce dérivé. Les sucs pancréatiques de cheval ou de chien, acidifiés ou non, restent sans action sur le P-méthyl-fZ-glucoside. Les macérations aqueuses de muqueuse intestinale de chien, employées comparativement sur l'a et le (3-méthyl-^-glucoside, se sont montrées très peu actives sur le dérivé (3, même après un séjour de 5 et même 6 jours à 1 éluve. Ces mêmes macérations hydroiysaient fortement l'amygdaline (*). Le suc gastro-intestinal à'Hélix /jontatia dédouble les ot et (3-mélhyl-(i-glucosides ; (') C. Ta.miet, Bull, de TliérapeiUùjiie, 1878. — Bierky et Portier, ComiUes vendus Soc. Biologie, i.5 novembre 1902, et, pour la Bibliographie, Comptes rendus Soc. Biologie, 3 avril i<)og. (*) BiERRY et Terroi.ne, Comptes rendus, igoS et a4 février 1908. {^) A. VAN Ekenstein, Recueil Tra>.'aux citimiijucs l'ays-Bas, t. XIII. p. i83. (*) A. FuouiN et P. Thomas, Archives internationales de Physiologie, t. VU, 1909, p. 3o2. Slf) ACADÉMIE DES SCIENCES. il .■\tla(|iie loiilefois beaucoup plus facilement le iléi-ivé ^ que le iléiivé a. lïn faisant agii- parallèlement de petites quantités de ce suc digestif ( o'"'', 3 ou o'"'',5) sur des solutions à I pour loo des glucosides a ou (3, on peut constater ;iu bout de quelques heures l'hydrolyse du dérivé (3, alors qu'au bout de 48 heures le dérivé a est à peine louché. Ce même suc dédouble très facilement, à ces doses, le maltose et l'amygdaline. lî. Fischer a trouvé que parmi les glucosides synthétiques de nombreux, sucres : sorbose, xylose, arabinose, rhamnose, glucoheptose, /-glucose, (5?-galactose, (/-glucose, il n'y a que les déiivés éthyl et méthyl du c^-glucose qui soient attaqués par les ferments de la levure. L'émulsine d'amandes dédouble les stéréo-isomères [3 de l'élhyl et méthyl- cZ-glucose; elle attaque cependant aussi le lactose et les dérivés éthyl et mélhyl du fZ-galactuse, mais cette action sur le lactose, d'après Houi'(|uelot et Hérisse}', et sni- les galaclosides, d'après Poitevin et Armstrong, doit être rapportée à la lactase, qui accompagne l'émulsiiu; dans les amandes. Le glucose-méthylacétal, coirespondant au méthylglucoside, n'est pas dédoublé pai- l'émulsine. En rapprochant ces faits de ceux déjà signalés à propos du sacciiarose et des polyoses, du lactose et de ses dérivés (' ), on voit que le champ d'action des diastases est très limité. Il semble que chaque diastase n'attac|uc que les dérivés d'un même sucre; bien plus, l'un ou l'autre seulement des dérivés a ou ,3, comme l'a montré Fischer; enfin, parmi ces derniers, elle peut encore faire un choix suivant leur fonction ou leur structure chimique. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Recherches sur la charge élcclrique des substances textiles plongées dans l'eau ou dans les solutions éleclroly tiques. Note de M. .1. LAKiiuiER DUS lÎAxcEi.s, présentée par M. Dastre. Les expériences dont on trouvera le résumé dans la présente Note ont eu pour objet hi détermination, en signe et en grandeur, de la charge électrique que les textiles prennent au contact de l'eau ou, en général, des solutions électrolytiques dans lesquelles ils se trouvent plongés. Les recherches aux- quelles la charge des matières tinctoriales a donné lieu sont nombreuses et elles ont apporté des résultats dont les auteurs récents ont tiré grand parti pour l'étude des phénomènes qui commandent la fixation des colorants sur les fibres. Les données que je me suis proposé de recueillir représentent, à leur tour, un élément qu'il parait indispensable de posséder pour établir une théorie de la teinture. Elles faisaient presque entièrement défaut jusqu'ici. (') linvHiiY, Comptes rendus, 5 avril 1909. SÉANCE DU 26 JUILLET igog. 817 J'ai eu recours, pour déterminer la charge électrique des textiles, à l'appareil que M. Jean Perrin a imaf;iné et dont il s'est servi dans ses recherches sur l'électrisalion de conlacl ('). Cet appareil se compose essentiellement, connue on sait, d'un tube en U, rempli de liquide, et qui contient dans l'une de ses Iiranidies, sous forme de dia- phragme poreux, la substance qu'il s'agit d'étudier. Il suflit, dans ces conditions, de soumettre à un champ électrique le diaphragme ainsi constitué piiur provoquer, en général, le débit d'une certaine quantité de liquide au travers de celui-ci. La mesure de ce débit renseigne immédiatement sur le signe et, approximativement, sur la gran- deur de la charge dont la substance est afTeclée en présence du liquide qui la baigne. Les diaphragmes obtenus au moyen des textiles que j'ai examinés présentaient un diamètre de 12""" sur une longueur de 9''™. Ils étaient tassés de manière à olFrir une élanchéité sensiblement égale dans tous les cas. Le champ mesurait environ 12 volts par centimètre. Les expériences ont été exécutées à une température voisine de 20°. Les débits sont exprimés en millimètres cubes filtrés par minute. I. Les textiles usuels (coton, laine et soie) prennent dans l'eau distillée une charge négative. Textile. Signe du texliie. Débit. Coton hydrophile — 3o Colon Jumel extra (Egyj)le) — 34 Coton commun des Indes (Bombay) — 38 Colon Amérique supérieur (Louisiane) — 38 Laine croisée commune (Buenos-Ayres) .... — 58 Laine croisée liue (Buenos-Ayres) — 77 Laine mérinos de La Plata (Buenos-Ayres) — 78 Laine Australie mérinos (in (Sydney) — 94 Soie; schappe non décreusée — 3i Soie; schappe décreusée soumise à un lavage prolongé. . . — 53 Tous les éclianlillons indiqués ci-dessus ont été soumis à des lavages répétés et, à l'exception du dernier, dans des conditions identiques. II. Si l'on plonge les textiles dans une liqueur alcaline, la charge aug- mente sans changer de signe. En présence de liqueurs acides, la charge diminue ; elle peut môme changer de signe. Dans les limites de concen- tration que j'ai été obligé d'adopter pour obtenir des résultats significatifs (-), je n'ai pu déterminer le renversement du signe que dans le cas de la soie. (') Comptes rendus, igoo, ni Journal de C/ti/iiic p/iysùjiie, 1904 et 1905. C) Si la concentration de la liqueur en électrolytes est foite, le dégagement des gaz fait obstacle à la détermination exacte des débits. C, K., 1909, 2" Semestre. (ï. IW, N" 4.) h- ')l8 ACAtJÉMlK DES SCIENCES. Voici qiielf|iies exemples : Textile. Signe ilii leivlile. îléliit. II. Cdlnii liyilrnplilli-. |.iloiii;é diiiis .\a' >ll ..u'jj N — 4" )) i> eau distillée — 3o IIGI75V0N - 10 HCl^N - ? I). Laine en Jils é/n/is. plongée dans NaOH y^L- 1\ — 89 » » eau dlslillée — 60 HCI„LN - 35 HCI^N - ? c. Sc/iappe décreusée, plongée dans NaOH j„'„„ N — ici )' 11 eau distillée — 64 HCIt^N + 11 nci^N + ? m. La présence d'ions polyvalents modifie, d'autre part, la cliarj^e électrique des textiles. En particulier, lorsque les textiles sont ploni^és dans une liqueur alcaline ou dans l'eau, la char|jfe, négative dans ces conditions, diminue sous l'action des ions positifs (Ba, Ca, Zn), et augmente sous celle des ions de signe opposé (sulfate, ferrocyanure). On voit, il est à peine nécessaire de le faire remarquer, que les textiles obéissent, en général, aux règles que M. Jean Perrin a établies dans ses recherches sur l'électrisation de contact. IV. Le mordançage du coton, au moyen du tannin, et celui de la laine, à l'aide du bichromate de potasse, n'entraînent aucune modification sensible d%la charge que ces textiles prennent respectivement dans l'eau. V. Les opérations de teinture provoquent, dans certains cas, une modifi- cation de la charge. Mes expériences ont porté, en particulier, sur le rose de Magdala, en solulion soi- gneusement dialysée, et sur le bleu de méthylène. Le rose de Magdala fournit une solulion nettement colloïdale, de signe positif. Le caractère colloïdal des solutions de bleu de méthylène est, au contraire, fort peu marqué. Les opéralions de teinture ont été exécutées à froid, sans addition d'électrolytes. Voici quelques exemples : Textile. Signe du textile. Débit. a. Scliappe décreusée, plongée dans l'eau — 53 Schappe, teinte au rose, » — 44 h. Laine, » — 77 Laine, teinte au bleu, » — 18 La charge électritjue de la laine, teinte au bleu de méthylène, diminue SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. Sig fortement. L'interprétation du phénomène est, au reste, délicate. Il se peut qu'il soit dû, pour une part, à la présence des ions libres que les solutions de bleu de méthylène renferment certainement. CHLMIE BIOLOGIQUE. — Sur la variation de quelques diastases pendant la métamorphose chez un Trichoptére : Limnophilus flavicornis Fabr. Note de M. Xavieh Roques, présentée par M. Dastre. Depuis les travaux classiques de Plateau, les recherches plus récentes de Biedermann, de Kobert, de Sieber et Metalnikov, de Seillière et d'autres auteurs ont mis en évidence un certain nombre de diastases diges- tives chez les insectes. Cependant, nos connaissances sur ce sujet sont en- core incomplètes et disséminées. INotaniiueut, on ignore comment varie l'activité des diverses diastases pendant la métamorphose. C'est sur ce sujet spécial que nous apportons quelques données. Grâce à l'extrême al)ondance dans la région parisienne du Limnophilus flavicornis ( Fabr.), nous l'avons choisi pour objet de nos rech^rclies. Nous avons eu des larves, et, par suite, au moyen d'élevages, des nymphes et des adultes en nombre pratiquement illimité. Nous avons distingué un certain nombre de stades traduits par des carac- tères exlernes faciles à reconnaître et correspondant à des états physiolo- giques bien déterminés : i" Les larves ayant atteint leur croissance maxima, mais dont le corps adipeux est encore faiblement coloré; 2" Les larves dont le corps gras est coloré en vert, pendant le mois qui précède la nymphose. Jusqu'à ce moment, l'intestin n'a subi aucune méta- morphose ; celle-ci ne commence qu'à la fin de cette période, pendant le court repos larvaire ({ui précède la mue nymphale, et elle se poursuit pen- dant le stade suivant; 3" Les nymphes dans la première moitié (10 jours environ) de leur vie nymphale; 4" Les nynqjhes déjà pigmentées et plus mobiles, dans la deuxième moitié de leur vie nymphale; 5" Les adultes. Les iiileslins moyens de 100 individus, prélevés sous la loupe binoculaire, étaient fendus et rapidement agités dans l'eau distillée, pour être débarrassés de leur contenu. Rassemblés dans un verre de montre et |)esés, ils étaient ensuite broyés avec un peu 320 ACADÉMIE DES SCIENCES. de sable fin el adclilionnés d'une solulion de fluorure de sodium à a pour loo, dans la proporlion de i''"' pour 6o'°b d'intestin. Le tout était mis à macérer 12 heures, à 3o°, avec un cristal de thymol, puis, suivant les cas, filtré sur papier ou passé au filtre Rerkefeld. On faisait agir le liquide obtenu sur des empois fluorés d'amidon ou des solutions de saccharose à 2 pour 100, à raison de o^™,5 d'extrait pour i'''"' de solution, ainsi que sur des tubes de Mett de gélatine à 5 pour 100. Un cristal de thymol assurait, en tous les cas, l'antisepsie. Un contrôle était donné par les tubes témoins habituels. J'ai pu suivre les variations des trois diastases suivantes, mises en évi- dence dans tous les cas. 1° Une aniylate corrodant les grains d'amidon cru, saccliarifiant l'empois d'amidon; 2" une invertine àédouh\ant le saccharose; 3" une diastase protéolytique dissolvant en quejques heures la fibrine fraîche et la gélatine à 5 pour 100, plus lentement la fibrine sèche. Le Tableau suivant résume les résultats obtenus avec l'extrait filtré sur papier; ils concordent du reste avec ceux que l'on trouve après le filtrage à la bougie poreuse, comme nous l'exposerons plus tard. Les nombres donnés sont les moyennes obtenues par aS séries d'expériences concordantes eflectuées sur 2800 insectes pris à tous les stades. Ceux des deux premières colonnes représentent, évalués en centimètres cubes de Fehling ferrocyanuré, les sucres réducteurs provenant de la digestion dans les deux cas, au bout de 24 heures, à 38", et contenus dans i*^"' du mélange; ceux de la dernière colonne, la longueur en millimètres du cylindre de gélatine digérée dans le tube, pen- dant le même temps, à 22°. Diastase Aniylasc. Invertiiie. protéolytique. Stade 1 : Jeunes larves o,5 » 4 Stade 2 : Larves âgées 1,1 o ' / Stade 3 : Jeunes nymphes o,4 1 ,5 2 Stade 'i- : Nymphes âgées 0,6 2,3 4i5 Stade .0 : Adultes 1,6 2,3 10 De ce Tableau ressortent les conclusions suivantes : i" L'activité digeslive atteint chez la larve son maximum pendant la période qui précède la nymphose; 2" Elle diminue considérablement, sans disparaître, au début de la nym- phose ; H" L'invertine, contrairement aux deux autres diastases qui présentciil un minimum, va toujours en croissant. IjCS comparaisons précédentes ont uu sens, parce qu'elles sont faites, comme l'Histologie nous l'enseigne, sur des tissus presque exclusivement digestifs. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909, _ 321 De semblables mesures ne conduisent à des résultats constants et com- parables qu'à la condition d'opérer le plus rigoureusement possible de la même manière sur des animaux dans les mêmes conditions physiologiques. C'est chose aisée pour les nymphes; les adultes ont été sacrifiés dans les 8 jours qui suivaient leur éclosion. Quant aux larves, le Tableau suivant donnera un aperçu des variations qu'il importe d'éviter ; il se rapporte à des digestions effectuées pendant 3 jours par l'extrait filtré au Berkefeld. Diaslase Amylase. Inverline. protéolytique. Larves abondamment nourries de polamots sacri- fiées en pleine digestion i o,5 5 Larves à jeun depuis moins de 8 jours 2,3 0,7 16 Larves à jeun depuis i5 jours i.G o,3 8 Larves à jeun depuis 3 semaines 0,9 0,2 9 Toutes mes mesures comparatives ont été effectuées sur des larves jeû- nant depuis moins de 8 jours. GÉOt.OGlE. — Sur /es relations lectoniqucs des Prèalpes internes avec les nappes hehétiqiics de Mordes et des Diahlerets. Note de M. RIaurice Luueon, transmise par M. Michel Lévy. On sait que entre les plis du massif de Mordes et la nappe des Diablerets s'inter- pose une banfle caractérisée par la présence de Néocomien à céplialopodes. C'est une écaille plus ou moins complexe qui joue le rôle d'une unité tectonique strictement indépendante. En 1901, dans mon essai de synthèse tecloniqne sur les Alpes du Cliablais et de la Suisse, j'ai émis l'Iivjiolhése que cette écaille appartenait aux Préaljies internes et que c'était ultérieurement à son développement horizontal qu'elle aurait été refoulée et recouverte ])ar la nappe hi'lvéti(|ue des Diablerets. Les nombreuses écailles des Préalj)es inteines, ou zone des cols, se seraient déclen- chées les premières, auraient occupé alors le front alpin naissant, auraient été recou- vertes par les nappes supérieures, puis, tardivement, les masses qui leur servaient de substralum se seraient a\ancées vers le Nord en nappes profondes, re|)liant devant elles, en immenses boucles anticlinales, tout comme des terrains leur a|ipartenant en propres, ces écailles préalpines qu'elles supportaient. Cette explication qui faisait inteivenii' des déplacements inouïs lut suspectée malgré que nous montrions que les racines de ces nappes des Prèalpes internes étaient connues sur le versant droit de la vallée du I\hône en ^'alais. Une série de faits nouveaux vient appuyer l'hypothèse en apportant des 1 322 , ACADÉMIE DES SCIENCES.' arguments pcrcinptoires. En outre, l'explication s'applique à des masses considérées jusqu'à ce jour comme appartenant aux Hautes Alpes calcaires. L'écaillé de Néocomien à céphalopodes disparait, après s'èlre considéra- blement amincie, sous les grands écroulements des Diablerets, dans le cirque de Derborence, ainsi que l'a justement dessiné Renevier. Mais sur ce Néocomien, séparé de lui par quelques mètres d'éboulis, repose une épaisse bande de Flysch enveloppant complètement, en contact direct, un vaste noyau de cargneule et de gypse du Trias. Le Flysch du toit et du mur du Trias contient des cailloux exoticjues. L'auteur que nous citons avait confondu ce terrain avec le Dogger. Nous avons suivi, en compagnie de M. Boussac, celte bande de Trias et de Flysch jusqu'aux environs de Besson, sur la rive gauche de la Lizerne, où elle repose directement sur les schistes nummulitiques des plis du massif de Mordes. C'est sur le Flysch qui repose sur le Trias cjue chevauche direc- tement le Dogger de la base de la nappe des Diablerets, Le Flysch à blocs exotiques de Derborence accompagné de Trias forme donc une écaille au même titre que la bande de Néocomien à céphalopodes. Or comme le Flysch à roches exotiques appartient incontestablement aux Préalpes internes, car sous ce faciès il est inconnu dans les nappes lielvé- ti({ues de la Suisse occidentale, son origine entraîne celle de l'écaillé de Néocomien à céphalopodes, dont l'origine préalpine n'est plus douteuse. Ainsi donc la nappe des Diablerets, plus jeune (pie celles des l'réalpcs internes, plus [)rofonde dans l'ordre de superposition normale des nappes, a réussi à chevaucher sur les Préalpes internes. L'amplitude du mouvement est exactement de io'~"'. Il est évident que ce mouvement profond a dû produire des [n rlurbations considérables que nous avons jadis comparées à l'edet [)roduit par le soc d'une gigantes(pie charrue. ]\n laljourant les nap[)es des l'réalpes internes, la masse de la na[)pe des Diablerets a soumis ces premières à une loi'te trac- lion, à un élirement puissant. Ces nappes se sont étirées, se sont résolues en écailles, en lentilles, et il n'est pas étomianl que l'écaillé de Néocomien ii eéplialopodes soit en partie ou en totalité absente en avant du front de la nappe des Diablerets. Toutefois le Crétaciijue a été dernièrement signalé au Col de la Croix par MM. Sarasin et Collet, et nous l'avons nous-ménie retrouvé pincé en synt'liiia! près de la Layaz, directement sur le' Tertiaire de la nappe des Diablerets. Nous ajouterons (pi'il existe en grande masse sur la nappe du Wildhorn. SÉANCE DU 26 JUILLET 1909. 323 Ainsi donc une nappe continue, crétacique, existait au-dessus des nappes helvétiques. Bousculée par ces dernières, elle a été pincée avec une autre série de Trias et de Flysch en un vaste synclinal couché mis à jour par le profond cirque de Derboreuce. GÉOLOGIE. — Sur les forinalions continentales nèugènes dans les Hautes- Plaines constantinoiscs (^Algérie). Note de M. A. Joi-v, transmise par M. Ch. Barrois. Au voisinage du méridien de Constantine, les Hautes-Plaines (^feuilles Saint- Donat et Ain-Melila, Carie d' Algérie au -— j du Seriice géographique de l'ar- mée) sont coupées d'ondulations qui relient ensemble les chaînons de T Kocré- tacé. Ces oiululalions, dont l'altitude relative varie de 20'" à 1 00'" ou i "io'", laissent apparaître dans leurs parties de relief marirn'.im les dépôts marins de l'Eogé/ie. Sur ers dépôts reposent des atterrissemenls cons/iluani la masse prin- cipale des collines et consencs par/ois en lambeaux jusqu'en des points très élevés. On y distingue de bas en haut les assises suivantes : \° Dans quelques ravins profonds, ai'f^iles brunes avec Dfelanopsis Tlioinasi (Aïn- Melila; Chebka de Sidi-Hammana à Guergour-Elhamèm ), probablemenl (;(|iiivalenles des couches tortoniennes de Constantine et de Smendou. 2° Des couches dcliiliques, doul la puissance peut atteindre 100'° ou lâo'" par places; au pied et sur le flanc des montagnes éocrétacées, ce sont des poudingues rouges à éléments de toutes tailles, parfois énormes; à quelque distance des chaînons, des brèches rouges ou jaunss à éléments plus petits, des cailloutis, des graviers ou des sables; vers le centre des dépressions des limons rouges avec intercalations lenticulaires de calcaires grumeleux gris, blancs ou roses. Les calcaires, les brèches, plus rarement les limons, renferment : Melanopsis Thoinasi, Unio Cirtanits, //elLv Afasiana, f/. cf. Sabpulcliella (passim), des Planorbes, Liinnées; un Cardiuni de très petite taille (au l'^ortass des Ouled Sellem); des dents iV Ilipparion cf. Gracile^ et probablement de Mastodonte (Chebka Sidi-Hammana à Maalgua); une cote de Proboscidien de très grande taille et des protuijérances osseuses d'Antilopinées ou d'Ovinées (tranchées du chemin de fer entre Mechla Lirbi el Teierrua). La présence de celte faune indii|ue le Pontien. 3" Dans une situation indépendante et fréquemment séparés du Pontien par des ar- giles grises (puissance maxima 5o™), des calcaires rosés, à pâte fine, des calcaires gru- meleux, d-es marnes blanches, roses ou jaunes (puissance niaxima 80™). Cet ensemble correspond à d'anciens lacs occupant le centre des dépressions ; il renferme Hetix Conalantirue, Forbes; Rumina decollala, L. ; enûn Hélix fossiilata, Pomel, caracté- ristique des calcaires d'Aïn-Elbey de Constantine (Plaisancien), 4" En certains points, 60™ à 80'" au maximum de calcaires et marnes rosés ou blanchâtres, sans fossiles. 324 ACADÉMIE DES SCIENCES. 5" Transgressifs sur le Plaisancieii, mais réf^ressifs sur le Pontien des sables calcaii'es jaunes ou roses (ij™ au plus) surmontés par une carapace calcaire lufacée ilont l'épaisseur varie de quelques cenlimèlies à plusieurs mètres. Cette formation renferme des coquilles d'espèces ac'luelles : llelLv melanostoina ; Leucochroa candicllssima ; Rumina decollata. Mais on la suit jusqu'à Constanline et Ton constate ainsi qu'elle prolonge les terrasses du Mançoura (Sables à Elephas Meridioiialis &\. Ilippopotamus major, Sicilien) ('). Les formations ci-dessus décrites se prolongent dans l'Est, l'Ouest, et le Sud, dans toute la zone des Hautes-Plaines. D'ordinaire faiblement ondulées, elles participent cependant quelquefois aux plis imbriqués qui affectent les sédiments plastiques entre les masses rigides de l' Eocrélacé ; tels le Pontien et Sicilien au revers sud de la Chehka de Toukouya ; le Pontien est renversé sous le Trias sur le bord sud-est de la Chebka d' Aïn-Elkebch; le Sicilien se dresse verticalement dans certaines Jlexures au sud de Chûleaudun du Hummel (^Sidi-Messaoud). En résumé : des forinalions néogènes continentales synclii'oniques de celles de Constantine et de même faciès couvrent en partie l'étendue des Hautes-Plaines constantinoises; elles s'y montrent doucement plissées ou ondulées; quelquefois cependant elles sont affectées par des accidents tectoniques violents. Je prie M. le Professeur Boule, qui a bien voulu déterminer les dents trouvées dans le Pontien; M. Lemoine, qui les a dégagées et préparées; M. Pallary, qui a déterminé les Mollusques, d'agréer mes vifs remercîments. GÉOPHYSIQUE. — Sur une oscillation de la mer constatée le 1 5 Juin 1909 dans le port de Marseille. Note (■) de M. Louis Fabry, présentée par M. Bigourdan. Le mardi i5 juin 1909, vers 9'' du matin, la mer se mit à osciller dans le port de Marseille, les eaux baissèrent et montèrent alternativement et oscil- lèrent ainsi jusqu'à midi. L'amplitude de cette oscillation était, au début, de 80"^™ suivant les uns, de 4o'™ seulement suivant d'autres. La durée de l'oscillation était d'environ un quart d'heure. La population, impressionnée par le tremblement de terre du 11 juin. (') L. JoLEAui), Carte géologicjue détaillce de l' Algérie, feuille Elaria. C) l'résentée dans la séance du 19 juillet 1909. SÉANCIÎ DU 26 JUILLET 1909. ^25 leyaiiiait avec éloiinriin'iit oc mouvoineiit des eaux, et roii se demaiifiait s'il ii'élail pas dû à (jiiel(|ue soulèvemcnl loiiilain du fond de la mer. Cette oscillation paiail lenirà un |)hénomène niétéoiologique, à une hausse subite du harouK'lic, niar(|iiée sur les emegislieurs des Obseivatoiies de Marseille et de Nice, vi sni' ceux de M. Schniill, opticien à Marseille. I''n cITct, ces appareils, et (-(nix à lecture directe de la pression baroniélr'Kpie, montrent (jue vers ;/' 10'" le liaroinèti'e est monté hr'usc^uement d'environ 2""". Celte liausse a été très brusque, car elle s'est |iroduite en une dizaine de minutes seulement, après (|uoi le baromètre est resté à peu près stationnaire pendant une heure; puis il est retlescendu assez vite, mais moins rapidement qu'il n'était monté. Vu la petite échelle des enregistreurs et les temps perdus dans les mouvements de ces appareils, on ne peut que donner l'allure générale du phénomène; mais, comme il a été constaté très nettement sur divers enregistreurs placés assez loin les uns des autres, il ne "saluait être mis en doute. Autant ipie je [)uis en juger par des heures indiquées approximativement, l'oscillation commença vers 8''/io"', donc une demi-heure avant la hausse du baromètre. Malgré cela il parait bien probable que les deux phéno- mènes sont liés l'un à l'autre. Sans doute, une hausse Ijaromélrique, due à une cause inconnue, et plus forte peut-être tpie celle constatée à Marseille, se sera produite sur la Méditerranée, ou, s'i'tant proiluite ailleurs, se sera avancée sur cette mer. En pesant sin- l'eau, la |)iession de l'air aura produit une onde qui, s'en- goutl'ranl dans le golfe et b- port de Marseille et augmentant ainsi d'inten- sité, aura (loniic lieu aux oscillations de la mer. Mais en même temps le phénomène almosphéricpie, la hausse baronn'-triipie, se déplaçait et il ne sera arrivé sur la ville de Maiseille qu'une demi-heure après l'onde marine. Il aurait été intéressant d'étudier ce mouvement de la mer sur la courbe du marégraphe de MarsiMlle; mais, alin (ramorlnr le choc des vagues, cet appareil ne communique avec la mer que par des trous très petits, de sorte qu'il ne donne (ju'un niveau moyen. On va examiner s'il ne serait pas préfé- rable de le rendre sensible auxoscillations périodiques de la surface marine. (^uant à cette variation subite de la piession atmosphéricjue, je n'en vois pas d'explication et l'on peut se demander si elle ne tiendrait pas à quel(|ue |)hénomènc exceptionnel (pii se serait passé à une grande dislance : il seiail intéressant de savoir si elle se remarque aussi dans d'autres villes, sur les enregistreurs d s Observatoires. C. H., 190,1, .]• Semestre. (T. l 'r'J, N° 4.) 4^ .ilG ACAIJRMIE DES SCIENCES. SISMOLOniE. — Sur (les secousses de trcrnblcrucnt de terre ressenties xtraiul\inc LelLie tic M. (in. l)ri><>.%r, [ircseiilc par M. I>. lîallliiuil. Il spra sans doule iiiti'iessaiil pour TC )bservatoirc de Pari.s de saM)ii' {\uîx la dalL' (lu I I juin dernier, deux secousses sisiniques ont été resseulies au "\ unnaii, dans la réj^ion du INiug Tchéou, près de Posi ; celte dernière ville esL placée sui- le liacédu elieniiu de i'er du ^ uiiuau l'I la locoumlivi' y arrive depuis (juehpies jours. I^a première secousse a eu lieu le i i juin, à ()''rj"' du uialiu et la seconde; à 12'' 23'". Les i'iins(^i!4uvuH'nts mu' roiirnlalnin cl la direclmii ne uiOnl pas i'l('' dnnui's. I)aus la uiènie réj.;ion, un iiuiis aiipai'avaut, le 11 nuii, uu(^ preniièic secousse a été ressentie à lo'vJo'" du soir, cl, pendant une durée de (Jo heures, celle première secousse a été sui\i<'de iiS antres, dont quehpies-unes, très violenlcs. oui causé de i;ia\('s (iéyàls el de sérieux accidents et ont t'té accompagnées de morts d'hommes. Le II mai, deux secousses : 10'' 3o'" du soir, 1 1''. Le 12 mai, cincj secousses : i2''/|0'", 2''io'", (i''2o"', 7''2"', «''r!'". Le 1 3 mai, si\ secousses : 6''l'|V" uuitin, 9''22"', ii''45"', 12''^'", 2'' if)™, 3''52". Le i/| mai, six secousses : V'i 1"' matin, 5''i2'", 5''3o'", 7''8'", iSNS>", ,S''8"'. l'iusleuis de cMi secousses oui élé acciiinpagiiées de délonalions semliliibles an hriiil (lu canon el oui déleiininé la cluUe d'énoi nies hlucs de rocliei's (|ni OJil 1 lé piécljillés du liaul des nionUignes dans les vallée--. Une rivière a été larie pendaiU plusieurs jouis, s'élant perdue dans un goullie connue il en e\i>le des quantilés au Yuiiiuui. el la populalion alTolée sVlail eufuie dans la campagne. Ces renseigneuieiUs in'onl élé donnés par les aulmilés eliinoises, avec les(|uelles je suis en relalions. Ces mêmes auloriles aasurenl (|ue, dans la province voisine du Sze-Tciiiien, un volcan éleiul depuis lonylemps esl entré en éruption. A V ''I demie l'yVcadémie se forme en (^)mité secret. /.!> a séance est levée a 4 trois ipiarts Ph. V. T. SÉANGC DU 26 JUILLirr 1909. ^-l"] BUI.I.KTIX IIIIII.KXiRAPHIQUK' OliVRAfiES REÇUS DANS LA SÉANCE Dl! 5 JIILLKT igOg. IJ icad finie des Sciences t/e /'/ns/i/ii/ i('ilv, r909; r fasc. in-'|"- (Hnrirma!;e de rarrleiri.) Ildie ^cneialc de l' Indo-Chine. |iril)lli'e smis la ilii erllnn (le M. II. I.KCoHri:, I. I, Case. 2 et :}; I. Il, lasr. I ; I. \ I. laM-. I. l'ar is. Massolr el i(doi^ie Ihirali-. par- I''. l'r'i irm I r;i ', a\ec S). lii;iri-es dans le texte, l'aris, ()il:i\e |l(iin et llls, rgoi); 1 \>A. in- i .j. ( I*r ésenté par- M. I\Iani;iri.) Essai de défense contre la grêle, par- H. de Beaiciiami'. rnillir^, inij). lîiais il lîov. 1908; r Case. in-8". (Présenté par M. Violle.) Comité international des Poids et Mesures : Procès-S ei batiw des séances: 2'' série, t. \ : Session île I90<). Paris. Gairtliiei'-\ illar s, 1909; r vol. irr-8". Réi^ei toire alphtibétiijiic de la J iirisjiriidcncv tunisienne, comprenant les nia- ières contenues dans le « Journal des Tribunaii.r de la Tunisie », de 1889 à 1908 inclus, par- S. Berge; 2^' lascicirlo : Conciliation- Insli action cruuinelle. Tunis, l>. K&rrel, ig'ig; i \ol. in-8". liulletin de la Société industi telle d'Amiens: I. \1 \ll. n" 1. ianvier--rirar-> r9C9. \ iriierrs ; I fa-e. in-:^". The pendu him opérât ions in Initia, rgcl In 190". Ii\ rnainr- G.-l'. Lr:Mi\ ( ,ii>v>giiaiw, wliil ail ,i|i|iiiiili \ livA. SiRAllAN, piililisind liv dinelioir ol i-olonel F -H. Lo.nge. (Sur\i\ ni II, (lia : l'rojessiiiiial paper : n" 10.) Délira Dun, 1908; r \nl. ir.-.|". Proceeilin^s oj the Cnited States natioiinl Muséum: I. \\\l\. W a>liiriL;Uiri, 1908 ; r \ ni. in 8". UlVllMirS IIEÇIS DA.NS LA SÉA.NtL IL I '2 JLILLET 1909. Suçants du Jour : Henri Poincai é. liiogi aphic. bibliographie iinulytiijue des écrits, par- KiiXKsi Libo.N. l'aii-. Gaiilliier-\ illar s, i fiog ; r lasc. in-4". { Présenté par M. Darbouv.) Initiation à la Mécanique, jiar M. Cii.-liD. GilLLAt.>iE. l'aris, Hacliette et G''', 1909; I vol. in-12. (Présenlé par M. Ap|pell.) Société de Gi'oijr-ajiliie. liopport de la Mission d'études de la maladie du sommeil 32« ACADÉMIE DES SCIENCES. au Congo françfiia, (((oli-iQoS, par MM. Gustave Maktix, Lebokiif et HoiiHAi;n. Paris, Masson et C"", 1909: r vol. 111-4". ( Pi'ésenlé par M. I']. Hoiis. au nom de M. I.e Mjre lie Vilers, Président de la Sociélé de Géographie.) La vallée de Hinn {Vulais), élude géogra|)liii|ii('. i;i'()l(>L;i(|ue. uiiuéralogique el piUores(|ue, par Léon Dlbl'issoji. Ouvrage orné du .>i illusli alioiis donl 20 tiiées hors texte, de 6 cartes, plans, coupes et panorauia, et d'une grande Carte lopographique et minéralogi(|ue au 5^5^77,; précédé dune Préface par M. A. Lacuoix, Membre de ririsliiut, Professeur au Muséum d'Histoire natuielle, et suivi d'une Elude sur la Flore de Binnental, par M. le D' A. Bi.nz. Lausanne, Georges Bridai et C''=, 1909; 1 vol. in-8". (Présenté par M. Lacroix.) lii'parlilion océanographique des Végétaux marins de la région de Roscoff, par .M. L. JdLiiiN, avec le ciiiicours de M. Danois; septembre 1908 ; échelle de yyfj-j environ. Paris, imp. Erhard; 1 feuille in-plano. (Présenté par S. A. S. le Prince de Monaco.) Rapport sur une Mission au Congo français, 190(5-1907, par M. Jean-Maiu: Bel. (I']\lr. des /Voui'elles .irclu\x's des Missions scientifiques, t. .W'L) Paris, Impiimerie nationale, 1 90S ; 1 fasc. in- i". ( Hommage de l'auteur.) Bulletin de la .Société normande d'études préhistoriques, t. XV, année 1907. Loii\iej>, Eli g. l/.iiniljci'l, 1908; r fasc. in 8°. ERRA TA . (Séance (lu 10 mai içjot).) Note de M. ./. fiotigault, Stir Tacide benzoyiacrylique. Condensation de l'acide glyovylique avec qiiel({ues cétones : l'âge 1272, ligne '\, au lieu de (CH-O2.C»H^00.CH«)^CII.C;O-|| (p. f. lia»), (C;iL^()^CMI^CO.CH = )-Cll.(JOMl (p. f. r7()°). lisez (Séance du i'''jnin 1909.) Note de M. Williain Duanc, Le dégagenienl de chaleur des corps fadio actifs : Page i45i, ligne i3, au lieu r/t; plus actif, lisez moins actif. ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 2 AOUT lî)OÎ). PRÉSIDENCE DE M. HOUQUET DE LA GRYE. MEMOIUES ET COMMUiMCATlONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. PATHOLOOIE. — La riru/ence des trypanosnmes fh-s Mammifères peut-elle être modifiée après passage par des Vertébrés à sang froid? Noie de MM. A. Laverax et A. Pettit. D'après les recherches de M"* Felhner ('), lorsqu'on injecte dans hi cavité péritonéale d'nne couleuvre à collier du sang- pris à un animal infecté par Trypanosoma lirucei, les trypanosomes apparaissent dans le sang de la couleuvre dans les premiers jours après l'inoculation, mais ils ne tardent pas à disparaître. Le sang de la couleuvre reste virulent alors même que l'examen microscopique ne révèle plus la présence des parasites; injecté au rat, il produit une infection atténuée, mais, par passages successifs chez le rat, la virulence augmente rapidement. Avec Tr. Lewisi, les résultats seraient plus curieux encore. Chez les cou- leuvres inoculées, on ne constaterait pas l'existence des trypanosomes dans le sang, mais le sang des couleuvres inoculé à des rats lo jours après Tino- culation des couleuvres produirait des infections d'une gravité égale à celle du Nagana et la forme même du Tr. Lewisi se modifierait en se rapprochant de celle du Tr. Prucei. Si ces faits étaient confirmés, il faudrait en conclure que les caractères considérés comme spécifiques des trypanosomes se modifient facilement; mais des recherches de contrôle sont évidemment nécessaires pour qu'une (') Wexdelstadï, Akadeniisclicr Vorlrags- ii/td Denionstrationsalicnd in Dus- seldorf, Medizinische Klinik, n° IG, 1909. C. R., 1909, )• Semestre. (T. Ii9, N° 5.) 44 33o ACADEMIE DES SCIENCES. conclusion aussi inattendue puisse s'imposer. Nous avons entrepris à ce sujet des expériences dont nous résumons, dans cette Note, les premiers l'ésultats. Nos expériences ont été faites en juin et juillet 1909 sur des couleuvres à collier ( Tropido notas nalrix (jesn.) avec Tr. Lewisi Kent ou avec Tr. Evansi Steel, ce dernier très voisin de Tr. lirucei. Les couleuvres, les rats et les souris ont été inoculés par la voie intrapéritonéale. Les doses de sang' de couleuvre injectées ont toujours été sensiblement inférieures à la dose habituellement mortelle (' ). L'examen du sang des coideu\res fait avant l'inoculation u"a jamais révélé l'existence de trypanosomes. 1° Trois couleuvres sont inoculées avec flu sang riche en Tr. I.i>i\i<;i. L"e\amcii du snny des couleuvres, fait, au plus lot, 48 heures après l'inoculation et jusqu'au io''jùur, esl toujours négatif. Douze jeunes rats inoculés avec le sang des couleuvres, 10 jours iiprés l'injection iiltrapéritonéalo, ne se sont pas infectés de trypanosomes; deux d'entre eu\ sont morts; à i'aulo|)sie, des lésions rénales identiques à celles qu'on observe à la suite des injections de to\aibumines ont été constatées. 2" Une couleuvre pesant 5o5 reçoit le 9 juillet, à cj'v'io'" fl" matin, i""' de sang de rat riche en Tr. Lcvisi; à io'''|5"' du matin, on ne voit pas de liypanosomes dans le sang de la couleuvre; à ii''io™ du matin et à midi, trypanosomes rares: à 1 heuie et à 2 heures du soir on ne voit plus de trypanosomes. A 4''3o" du soir, on inocule à un rat (|uelques gouttes du sang de la couleuvre. Il juillet, la couleuvre est trouvée mourante le malin; l'examen du sang ne montre pas de liypanosomes, mais de nombreuses iKutéi'ies. A l'autopsie, on trouve dans la çnuleuvie des œufs en |)utréfaclion, ce qui explique la septicémie. I^e rat inoculé le 9 juillet montie des trvpiinosomcs le 18 juillet: le "•.'?> les trypano- somes siMit nombreux, le '(i juillet et le r' imùt assez nombreux. I.e i"^'' août le rat va bien; il a sensiblement augmente de poids depuis le 9 juillet. L'infection a, en somme, une é\olution normale. 'A" l>eux couleuvres inoculées a\ec du sang riche en Tr. lù'ansi, et examinées à partir du cinquième jour après rinoeulalion. ne montrent pas de trvjianosomes. Trois rats inoculés a\ec du sang des couleuvres, 10 jours après l'inoculation de celles-ci. ne s'infectent pas. 4" Une couleuvre pesant aô» reçoit, le 8 juillet à 3 heures du soir, i"^'"' de sang, riche en Tr. Efansi, additionné d'eau citratée. A 4''20'" du soir, le sang de la cou- leuvre montre de rares trypanosomes. — 9 juillet, l'examen du sang de la couleuvre fait à 8''3o'" et à 9''3o'" du malin est négatif. — 10 et i3 juillet, examens du sang I (') h» do^e rapidement nifu-telle pour un lal de So" environ est de o""'.5o; mais des doses notablement plus faibles peu\ent déterminer la moit à |)lus ou moins loni:ue échéance. SÉANCE DU 2 AOrT I909. • '^)^i négatifs. — i4 juillet, la couleuvre est trouvée morte; il n'y a pas. de trvpanosr>nios dans le sang, mais on constate la présence de nombreuses bactéries bien (jue la mort soit récente; le cœur bat encore au moment de l'autopsie. Une souris inoculée le 8 juillet à ^'''io'" du soir avec deux gouttes du sang de la couleuvre s'infecte en 3 jours et demi et meurt en 6 jours et demi. Deuv souris ino- culées sur la première meurent de trypanosomiase en 5 et 1 1 jours. Une souris inoculée le 9 juTllet à 8''3o™ du malin sur la couleuvre s'infecte en 4 jours et meurt en 6 jours et demi; deux souris inoculées sur elle meurent en 4 et 5 jours. Une souris, inoculée le 10 juillet sur la couleuvre s'infecte et meurt en 7 jours; deux souris inoculées sur elle meurent en 4 et 5 jours. Ouatre souris ont servi de témoins. Deux souris inoculées sur le cobaye qui a servi à inoculer la couleuvre (sang peu dilué) sont mortes toutes deux de trypanosomiase en 5 jours. Deu\. souris inoculées avec le même sang très dilué sont mortes en 9 et 12 jours. Il ressort de celte evpérience que la dilution plus ou moins grande du sang virulent exerce une grande influence sur la durée de la maladie. Un rat inoculé le i4 juillet sur la couleuvre est mort le i5 juillet de péritonite seplique. 5° Une couleuvre pesant 90?, et dont le sang contient de rares bactéries, reçoit, le l.î juillet à i''3.y" du soir, i""' de sang de souris exlrémemeiit riche en Tr. E\'ansi: à 3'' et à 4'' du soir, l'examen du sang de la couleuvre révèle l'existence de nombreux Irvpanosomes. — 16 juillet, à 8''3o"' du malin, trypanosomes aussi nomlireux (jue la veille; à 5''3o"' du soir, Irvpanosomes un peu moins nombreux. — 18 juillet, trvpa- nosomes assez rares. — 19 juillet, à 8''3o"' du matin, trypanosomes très rare^. — 10 juillet, deux examens prolongés du sang de la couleuvre sont négatifs. — 21 juillet, pas de trypanosomes, les bactéries observées dans le sang de la couleuvre avant le début de re\[>érience ont augmenté de nombre. — 22 juillet, j)a3 de trypanosomes. — 2") juillet, la couleuvre meurt. La mort est due à la putréfaction d'œufs dans l'ovi- ducte. Le sang contient des bactéries, pas de trypanosomes. Une souris inoculée le i5 juillet à 3'' du soir avec deux gouttes du sang de la cou- leuvre est infectée le 17 juillet et meurt ce même jour avec trypanosomes très rares (probablement de septicémie). Une souris inoculée sur la précédente le 17 juillet meurt le 25 juillet (en 8 joijrs) avec trypanosomes très nombreux. Une souris inoculée le 16 juillet avec deux gouttes du sang de la couleuvre a, le ;8 juillet, des trypanosomes très rares et meurt en 6 jours. Une souris inoculée sur la précédente (sang très dilué) a, le 22 juillet, des trypanosomes très rares et meurt en 7 jours. Une souris inoculée le 22 juillet sur la précédente meurt eu 5 jours. Un rat inoculé le 17 juillet avec une goutte du sang de la couleuvre meurt le 24 juillet, en 7 jours, avec de nombreux trypanosomes et bactéries dans le sang. Une souris inoculée le 17 juillet avec une goutte du sang de la couleuvre a, le 21 juillet, de lares Irvpanosomes et meurt en 7 jours. Une souris inoculée le 21 juillet sur la précédente meurt de trvpanosomiase en 6 jours. Quatre souris inoculées les 18, ig, 20 et 21 juillet, chacune avec une goutte du sang de la couleuvre, meurent de trvpanosomiase en 10, 8, 8 et 10 jours. 332 ACADÉMIE DES SCIENCES. Une souris inoculée le 2! juillet avec une petite goutte du snng de la couleuvre meurt de septicémie le 26 juillet, sans avoir montré de trvpanosomes. Une souris inoculée sur la précédente meurt en a jours de septicémie. Une souris inoculée le 2.5 juillet avec o'"'",io du sang de la couleuvre meurt en 24 lieures avec des bactéries assez nombreuses dans le sang. Une souris inoculée le 20 juillet a\ec o''"'',o5 du sang de la couleuvre ne s'est pas infectée à la date du 2 août. Un rat inoculé le 2.5 juillet avec o""',2o du sang de la couleuvre ne s'est pas infecté à la date du 2 août. Il résulte de ces expériences que, lorsqu'on injecte dans la cavité périlo- néale d'une couleuvre à collier du san^ riche en Tr. LesvisiouQW Tr. Evansi, les trypanosotnes passent rapidement dans le sang de la couleuvre, oi'i leur présence peut être constatée au bout de i heure 20 minutes. I.,cs trypano- somes sont d'autant plus nombreux dans le sang de la couleuvre quelesang inoculé en renfermait davantage. Les Irypanosomes vivcnl pendant plusieurs jotirs dans le sang de la cou- leuvre, mais leur nombre diminue rapidement; ils disparaissent tantôt en 24 heures, laiitôt au bout de 3 ou \ jours seulement; alors que l'examen microscopique ne permet plus de constater leur piésencc, le sang de la cou- leuvre reste infectieux pendant quelques jouis. Nous n'avons constaté jusqu'ici aucun fait permettant de conclure que la virulence des trypanosomes est modifiée après passage par la couleuvre. Il faut t<'nir compte des causes d'erreur suivantes : i" le sang de couleuvre est très toxicjue pour le rat et pour la souris; alors même qu'il est injecté à dose trop faible pour produire des accidents rapidement mortels, il peut entrahier la mort à échéance [)his ou moins éloignée; 2" le sang des cou- leuvres en expérience contient souvent des bactéries (|ui peuvent produire des septicémies ciiez les animaux inoculés. Nous nous proposons de continuer ces reclierches. IVOMIIVATIOIVS. M. le PnÉsiDExr i)i: l'Associatiox framçaisi; du ruoi» invile l'Académie à se faire représenter au ( ".ongrès (pii se tiendra à l-yon en octobre prochain. L'Académie désigne MM. HAi.i.ioit, Dastuiî, Ai.FKr.n l'icAun. SÉANCE DU 2 AOUT I909. 333 COURESPOIVDAIXCE. M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance : 1° Plusieurs Cartes de TAfrique occidentale française et de la Côte fran- çaise des Somalis, publiées par le Service géographique des Missions du Ministère des Colonies. 2° Report of a magnelic Sun'ey 0/ South Africa, par J.-C. Beattie. (Transmis par la Royal Society et les Gouvernements des colonies de l'Afrique du Sud.) ; 3° Annales du Musée du Congo Mgr, publiées par le Ministère des Colonies. Catalogues raisonnes de la Faune entomologique du Congo belge : Hémip- tères, fam. Pentalomidce, par H. Schouteden. MM. A. DE LA Baume Pi.uvinel, Henry Carai.p, P. Jaset, J. Neumax.v, Jean Perriv, Alfred Pousson, J. Vallot adressent des remercîments pour les distinctions que l'Académie a accordées à leurs travaux. M"" René Chudeau adresse également des remercîments, au nom de M. René Chudeau, actuellement en mission à Tombouctou. ASTRONOMii;. — Sur la figure et la masse de la planète Uranus, déduites des mouvements des deux satellites intérieurs. Note de M. (Mîsten Bercstkavd, présentée par M. B. Baillaud. Dans mon Mémoire Ueber die liahn des ersten Uranussatelliten, Ariel {Nova ActaReg. Soc. Scient. Upsal., 1904), j'ai traité l'ensemble des obser- vations du premier satellite d'Uranus, Ariel. Le but principal de ces recherches était de déterminer l'excentricité de l'orbite et le déplacement du périurane, ce qui pourrait faire apprécier la grandeur de l'aplatissement de la planète. Comme on le sait , les observations directes faites sur le disque d'Uranus pour déterminer l'aplalissement et la durée de la rotation n'ont pu donner des résultats bien concluants. La majorité prépondérante des observations des deux satellites intérieurs d'Uranus est faite à l'Observatoire Lick depuis 1H94. Ces observations 334 ACADÉMIE DES SCIENCES. surpassent heaucoiii) toutes les autres en exactitude; d'ailleurs elles sont à peu près les seules dont les époques sont favorables pour la détcruiinaliou de la position du périurane. Pour ces motifs, en étendant mes calculs aussi à Umbriel, j'ai considéré exclusivement cesobservations, iVIallieureusement, Umbriel est extrêmement difficile à observer. Aussi les observations de ce satellite sont-elles relativement peu exactes et peu nombreuses, de sorte cju'on pourrait à peine espérer parvenir à une délerminalion du dépla- cement de son périurane. Soient e l'evceiilricili', el oi la dislaiice angulaire du périurane au nœud asoeiidaiil de l'orJ)ile relativenienl ii IViqualeur de la Tenu, J'avais trouvé pour Ariei (loc. cit., p. 5o) : o o l-lpoiiue 1894,4 o,oo5±p,oo3 326 ± 34 I) 1895,4 o,oiidbo,oo3 357 ± i5 » 1897,4 0,009 + 0,002 a9±i4 » 1898,4 0,007 ±o,oo3 47 ± 24 » 1899.4 0,002 ±0,002 f^8 ± ^o i> 1901,4 o,oi5 ±0,004 9'i — '9 Moyenne 0,007 ±0,001 Voici mes résultats pour Umbriel : e. tii. o f, Epoque 1894 1 9 0,006 ±o,oo3 332 ± 28 )' 1897,4 0,008 ±0,002 7i)±i3 » 1 899 ,1 o , 008 ± o , 002 80 ± 1 3« » 1 90 1 , 1 ....,.,,. , o , 008 ± o , 003 3 1 ± I G Moyenne 0,008 ± 0,001 Il résulte que le périurane d'Ariel se déplace de 1.5" enxiron par an. Par conséquent, le périurane d'Umbriel aurait, selon la lliéorie, un mouvement annuel de f^" à 5" seu- lement. Les observations sont évidemment trop insuffisantes pour admettre une déter- mination directe do ce mouvement. Cependant reKcenlricilé el la position approxi- mative du périurane sont fivées avec quelque certitude; en etl'el, il semble certain que la valeur de o» a été comprise entre 0° et 91)" à l'époque moyenne des observations. Le grand écart de ro pcjur 1894,9 s'evplique par la distribution très défavorable en angle de j)Osition des observations de 1894-95. Ainsi le résultat trouvé pour Umbriel est conciliable avec la grandeur du mouvement séculaire d'Ariel. Toutefois, pour le présent, les observations d'Umbriel ne peuvent pas contribuer directement à la détermination de l'aplatissement. SÉANCE DU 2 AOUT I <)<)(). 335 Les masses des salelliles sont iiieomuies, mais, selon toute probabilité, riiidiience des satellites extérieurs sur le uiouveineut auuuel du jji'riuraue d'Ariel ne d(''passe jias o°,4, (juautih' néj^ligcahle eu com|)aiaison avec Faction de rapialissenicnl. l'ouf cette iicliijii, (m a l'expression d'il . / I où X désigne le tnoiiveineiil annuel du satellite, el y. sa distance niojenne à la planète; p, X sont le rayon équalorial el l'aplalisscmenl de la planète, et cp le rapport de la force centrifuge à l'altraction pour un point de l'èquateur. Si l'on introduit les valeurs numèii(]ues (j'ai supposé p =: 2', 070, selon M. Harnard), on aura I I T 00 l'i>ur teMii' la \al(MM' (l(^ x, il faut corinaitre le rapporl - ipii (lé|M'Md de la lui suivie par la variation de la densité à l'intérieur tic la planète. Si Uraniis était homogène, on aurait o à peu près ^= ' x. A\ee celle hypollièse, on oblient une liniite inférieure pour /.. Ainsi on Irouve que I^e cas de l'liétérog<''néit('' étant pres(|iie eerlarn, Ir uiioiix à l'airi' est de voir ce (pii arrive [)our les antres grosses planètes, l 'our .lupiler et Satiniie, c ■" 3o ^ 5 '''^76 336 ACADÉMIE DES SCIENCES. Pour la dolerniinalion de la masse [j. de la planète, on peut se servir de la formule OÙ a désigne le demi-grand axe de l'orbite d'Uranus ; m et S sont la masse de la Terre et la durée de la révolution de la Terre dans son orbite. La va- leur de \t. dépend essentiellement de a. Pour Ariel, j'ai déduit de l'ensemble des observations faites sur ce satellite (/oc. cit., p. 53) az=i3",62±o",o2. Quant à Umbriel, mes calculs ont donné pour résultat a = i9",o3±o",o3. En employant ces valeurs, on aura : Pour Ariel. Pour Umbriel. Moyenne. p-' 23385 ±ii3 23 196 ±121 23297 ±82 Ainsi la masse d'Uranus est en chiffre rond f^ = 23 3oo Pour la densité moyenne de la planète, relativement à celle de la Terre, on aura à peu près la valeur D = o,i6. Une fois que les orbites de Titania et d'Obéron seront déduites des obser- vations modernes, on obtiendra sans doute des valeurs encore plus exactes pour \i. et D. GÉODÉSIE. — Sur l'élasticité du globe terrestre. Note (') de M. Cii. Lalle.mand, présentée par M. H. Poincaré. Dès 1877, Lord Kelvin (^) émellait l'opinion que le globe terrestre possède une élasti- cité comparable à celle de l'acier (coefficient de rigidité p =17,6^ x 10" unités C. G. S.) ( ') (") Présentée dans la séance du 19 juillet 1909. (') Nrtliiral Philosophy , 1' Partie. (^) Le coefficient habituel K d'allongement longitudinal et le coefficient a de con- traction transversale sont liés à o par la formule o , 49 K '^ I -f- a 1000 SÉANCE DU 2 AOUT 1909. S'^'] et que, sous l'influence de raltrartion luni-solaire, l'écorce subit des marées atteignant le tiers de ce qu'elles seraient |)oiii' une terre liquide. Les marées océaniques, men- suelles et semi-mensuelles, auraient d'ailleurs seulement les deuv tiers de leur amplitude théorique, comme Sir G.-ll. Darwin ('), en i88i, l'a vérifié pour un groupe de ports des Indes. En 1907, Schweydar {-), disposant de ig.j années d'observations analogues, faites dans 43 ports des océans Atlantique, Pacifique et Indien, trouvait, pour le même rap- port, la valeur o,65. Admettant avec Roche et Wiechert l'existence d'une écorce (densité 0,2; épaisseur 0,23 du i-ayon) autour d'un noyau rigide (densité S,-î). il en déduisait, pour le globe, une rigidité moyenne p = 6, i . De même, en comparant à sa valeur tln-orique ranipiitude moyenne ellective des mouvements du pendule lioiizonlal, sous l'action de la Lune, d'après des observations faites à Strasbourg par de Kebeur-Paschwitz et Ehlerl (1S92-1896), par Rorta/.zi (iSgii-iSgS) à Nikolajew et par lui-même à Heidelberg (1901-1902), Schweydar obtenait un rapport de 0,67, correspondant à une rigidité 0 ^ 6,3. Kig. 1. — l'LMiiiiiles lioiizonl.Tn\ croisés tlu ïi' Hecker. De 1902 à igoS, à Polsdain, ay;uil disposé en croix deux pendules hori- zontaux ( fig- i), à 2 )™ de profondeur, dans une chamln-e de température et d'humidité constantes, le D'' Hecker a pu faire deux séries de mesures (■'), dont les diagramines 2 à 5 figurent les résultats quant à Faction lunaire. (' ) The rtgidity of llie Earth. in Ri<.'ista di Scienza. t. V. (-) Ein Beilrag zur Besllmmang des Starrheils Koeffizieiilen dcr Erde, in Gerlanii's Beitràge zur Geoplivxik. t. I\. (') heobachliingenon IforizoHUdpendelii,t\.c., Berlin, 1907. — VoiraussiCii. Lalle- MAMi, Momenientsetdéforinationsde lacroi'Ue tcrreslre, Paris, Gauthier-Villars, 1909. C. R., 1909, 2" Semestre. (T. Mil, N» 5.) 4^ 33R ACADÉMIE DES SCIENCES. D'autre part, si la T(?rre étail indéfonnahlc, la verticale, dans son moyen mouvemeni seiui-diiirnc sous Tactioii de la Lune, décrirait une ellipse, dont Moyen mouvemeni journalier apparent du pendule sous l'acLion de la Lune. XV: ;••. 'K\^y^.L.<\/CX ■.-; \-X >^x>^.xXX' -;-^.XX.A,.>t.-H,^ m rig. ■>. — Décembre 1902 à mai igoî. Win. 3. - \o>'il i(|o.') à jniilcl u\n-. — Onde observée. ■- — Oude semi-diurne observée. Alo^en mouvemeni semi-diurne calculé pour une Terre absolument rigide Moyen mo\ivenient jciurnalier du pendule snus l'action de la I.unf. Fig. ')• — Fortes déclinaisons boréales (de -l- la" Fig. '1. — Fortes déclinaisons australes (de — à -J- 19° N : moyenne -f- 16^' id' ). à — 19" S; moyenne — iG" 30'). Onde observée. - -■- Onde semi-diurne observée. Onde semi-diurne llicorii|ne * calculée pour une Terre indéformable. j'ai calculé les axes A et B au moyen des formules approchées (' ) A = M \ ,, (1 sin- w ) cas/: 2 rf \ 2 / 4 "h M /' sin- (1) 1 sin 2 /. M. masse de la Lune, jiar rapport à la Terre; d,„, sa moyenne distance, en rayons lerreslres ; '.), inclinaison de l'écliptiqiie; ', laliuide du lieu irz 52''23' à Polsdam. (') On trouvera la dénionslralion de ces formules dans V Annuaire ri u Bureau des Longitudes pour 1910, Notice B : Am Marées de l'écorce. etc., par Cli. Lallemand. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 33g En oomparanl entre elles les amplitudes observées et les ainpiiludes théoriques correspondantes, on trouve les chiffres suivants : 1° Moyen mouvement semi-diurne sous l'action de la Lune. Demi-amplitudes ert millièmes do seconde (v). Déviatiiins Déviations observées ( m ). théoriques Rapports i" série. 2' série. i" série. :; série. moy. {'). Sens Esl-Ouest. . . 10' -'',7 IJ',^^ 0,77 o,63 0,70 Sens Nord-Sud... 8' 3'..) 3\ 4 0,37 o,13 o,4o Moyennes... o,.J7 o,53 o,.j5 2° Moyen mouvement senii-diurnc pour de fortes déclinaisons de la Lune. Demi-amplitudes en millièmes de seconde ( v ). Déviations observées (m). Rapports Déviations Déclinaisons Déclinaisons Déclinaisons théoriques boréales australes - — ^ a. -)-i2°à-T-ij)°. — iJ"ù — 19°. boréales. ausUales. .Moyennes. Sens Esl-Ouest.. . 10"' 8"',4â G',.! o,84 0,6} 0,78 Sens Nord-Sud. . . 8' ■^',75 2', 3 o,34 0,29 0,82 Moyennes... o,.J9 0,46 o,53 Pour le sens Est-Ouest, les rapports trouvés diffèrent peu des précédents (o,G5 à 0,67); mais, pour le sens Nord-Sud, ils n'en sont jj^uère que la moi- tié. Cette anomalie tient-elle à Fappareil, à son mode d'installation, on à la structure de la croûte terrestre autour de Potsdam, ou bien est-elle en rela- tion avec la déformation tétraédrique du globe, la rigidité devant, natu- rellement, être plus grande dans le sens de l'arête européo-asiatique, dont Potsdam est voisine, dans le sens perpendiculaire'.' De nouvelles mesures, à faire sur d'autres continents, permettront seules de le dire. Mais il est un second moyen de mesurer la rigidité du globe. Les pôles terrestres subissent un léger déplacement oscillatoire à la surface du sol. En supposant la Terre absolument rigide, Euler avait trouvé 3o > jours poai^la (') Sous l'aclion du Soleil, l'un des pendule^ de Hecker, orienté NE-SO. a accusé une oscillation semi-diurne de ±1''.'). L'amplitude lliéori(|ue étant ±4','- le rap- m ... port — est ICI de 0,01. y. 34o ACADÉMIE DES SCIENCES. période de ce iriouveinent. Or, en fail, la discussion des mesures de varia- tions de latitudes, faites sous les auspices de l'Association géodésique inter- nationale, conduisait Chandler (') à admettre une période de 427 jours, que Kimura (-), plus tard, portait à 436 jours. Mais ^s'ewcomb(') a fait voir que la période d'Jùder doit s'allonger si la Terre est élastique, et Hough ( ') a montré que, pour obtenir la période de Chandler, il suffisait d'attribuer au globe, supposé homogène et incompressible, la rigidité de l'acier, p = 7,65. En I (Sc)c) toutefois, Rudzki (/ ), dans la même hypothèse, trouvait une rigidité p =17 ou p = 12, 5, selon qu'il tenait compte ou non de la déformation des Océans, et, en 1900, Herglotz (^'^) montrait qu'avec la loi de constitution de Wiechert les mouvements de l'écorce seraient de ~ plus faibles que sur une Terre homogène. La rigidité moyenne atteindrait ainsi 11,7, au lieu de 9,2 dans le second cas. Stapfer ('), par une autre méthode, trouve p = 9, 5 pour un globe homogène. Schweydar a cru pouvoir expliquer ces divergences en admettant des rigidités différentes pour l'écorce et pour le noyau : p ^ 0,9 pour la pre- mière et p = 20 pour le second. 11 en induit l'existence d'une couche lluide entre les deux; mais Love (')en conteste la possil>ililé et l'anomalie subsiste entre les deux modes de détermination de l'élasticité du globe. PHYSIQUE. — Variation, avec la température, de la biréfringtnce magnétique des composés aromatiques. Curps surfondus et corps à l'état vitreux. Note de MM. A. Cottov et H. Mouton, transmise par M. J. Yiolle. Nous avons fait des mesures sur la variation, avec la température, de la biréfringence magnétique des liquides aromatiques, phénomène que nous avons signalé et dout nous poursuivons l'étude ('). De telles mesures sont nécessaires pour cju'on puisse comparer avec fruit les valeurs trouvées pour (') Aslronoinicat Journal, vol. XI, 1891. {^) Harmonie Anatysis of the variation of latitudes, during years 1890- igoS. (') Monlhly Notices of tlie R. Astr. Society, 189.!. (*) Philosopliical Transactions, vol. GLXXXVIl, 1896. (") Anzeiger der Al;ad. der Wisse/isc/i.. Gracovie, 1899. (') Zeitscii f. Math, und Physil;, lyoô. (') Sur l.a rotation de la Terre, 1909. (") Tlie yielding of ihc Earth to dislurinng forces {Proc. of the Roy. Soc, 1909). (' ) Comptes rendus, l. CXL\', juillet et novembre 1907, p. 229 et 870; t. CXLVII, juillet 1908, p. 193. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 34 I différents corps. Elles sont en outre utiles pour l'explication théorique du phénomène. Voici les résultats trouvés pour quelques corps : nous décrirons ailleurs les procédés de chauffage et de refroidissement que nous avons appliqués aux liquides, étudiés dans le champ d'un gros électro-aimant W'eiss. I. Nilrobenziiie. — La biréfringence naagnélique a élé étudiée pour des tempéra- tures comprises entre -h 6° et -H 54°, supérieures par suite au point de fusion (observé -h 5°, 5). Deux séries de mesures ont été faites, ce corps nous servant de liquide de comparaison pour l'étude des autres. Elles nous ont fourni des résultats très concor- dants; ceux que nous donnons ici (2= série) suffironl pour qu'on puisse tracer la courbe bien régulière qui les représente. Températures 6°, 4 '4°,! '4°. 9 23°,3 Si". 3 ^i",; .^3°, 9 Biréfringence magnétique (,3) en minutes 12S,G 121,4 121 1,12,8 106,8 99,3 90,9 Cette courbe est presque une droite (' ) ; mais, bien que les valeurs ne soient déter- minées qu'à I pour 100 prés, on peut affirmer que la courbe est en réalité convexe vers l'axe des températures, la pente s'accentuant faiblement, mais régulièrement, lorsque la température diminue. II. Salol. — Nous avons surtout étudié ce corps à l'état surfondu (entre -h Se" et — 17°, point de fusion observé -1-41°, 5). Le liquide incolore et très limpide pré- sente une biréfringence magnétique relativement grande (rapport à la biréfringence de la nitrobenzine mesurée à -t- iC° : 0,62). Sa variation avec la température, plus lente, peut être représentée à moins de 1 pour loo près par la formule linéaire (5 := |3o(i — 0,002 t). Quand on refroidit le liquide au-dessous de la tempéra- ture ambiante, il devient de plus en plus visqueux; cette viscosité croissante ne trouble pas l'accroissement lent, mais régulier, de la biréfringence magnétique (-). Au- dessous de — 17°, le liquide extrêmement visqueux se transforme progressivement en un verre transparent, comme le font un certain nombre des corps étudiés par Tam- mann; mais ce verre était toujours fortement tiempé et, vers — 40", il se fendait brus- quement dans le tube à expériences. Nous n'avons pu réussir encore à le refroidir pro- gressivement ou à le recuire, de manière à savoir si, à l'état franchement vitreux, il possède encore la biréfringence magnétique. (') La variation relative pour un degré n'est donc pas rigoureusement constante. La valeur que nous indiquions précédemment (t. CXLMI, p. 193, note 3) à la suite de quelques mesures faites au voisinage de 20° était d'ailleurs trop élevée; le petit modèle d'électro-aimant que nous employions alors s'écliauflfait notablement par le passage dw courant, et les températures n'étaient pas déterminées avec précision. • ( ") Notons cependant qu'au voisinage de — 1° notamment, on ne retrouve pas immé- diatement le zéro primitif lorsqu'on supprime le courant. Il y a un léger résidu de biréfringence qu'on pourrait attribuer à des erreurs de mesure s'il ne se présentait pas d'une façon systématique et qui parait s'etlacer peu à peu. 34 '-Î ACADÉMIE DES SCIENCES. Ili. iJcloL. — Ce corps fond à une lempéraliiie plus éJevée que le salol et se trouve à des températures plus hautes au\^ états visqueux et vitreux. Il serait donc plus com- mode, pour les reclierclies sur les corps à l'état vitreux, si l'apparition de germes cris- tallins dans la niasse un peu grande nécessaire à l'observation ne créait une difficullé noHvelk. Nous avons réussi à la tourner, niais au détriment de la pureté de la matière. Lorsque le bétol a été fortement chauU'é à plusieurs reprises, il se présente à la tempé- rature ordinaire avec l'aspect et la consistance du miel. A iS", ce corps est très actif, incnie plus que la nitrobenzine (rapport des deux biréfringences : i,6) ('). A o°, sa viscosité est tellement grande, ([u'on peut retourner le vase qui le con- tient sans modifier sa surface : en observant entre deux niçois croisés, on constate encore sa biréfringence magnétique. On continue à l'observer à une température infé- rieure à — 5" pour laquelle le verre obtenu se brise au choc d'un marteau. Pour des températures plus basses, la trempe nous a empêchés d'observer et a forliori de faire des mesures. Ces dernières expériences montrent donc (|uc la biréfringence magnétique des composés aromalirpies n'appartient pas seulement aux licpiides, mais aussi aux corps vitreux. Ce fait n'est pas opposé à l'hypothèse de l'orienta- tion moléculaire, qui nous parait fournir l'explication la plus simple du phé- nomène. Elle oblige seulement à supposer que, dans ces corps vitreux, les molécules jouissent d'une certaine liberté d'orientation. Dans cet ordre d'idées, on peut s'attendre à obtenir des résultats différents en étudiant des corps aromatiques à l'état de cristaux : dans les corps cristallisés en effet on est amené à supposer que les molécules ont une orientation (tout au moins une orientation moyenne) parfaitement déterminée. CHIMIE PHYSIQ'Ul':. — Propriétés magnétiques du carbone et des composés organiques. Note de M. P. Pascal, présentée par M. D. (Teniez. Pour compléter mes recherches sur les propriétés magnétiques des corps simples, j'ai étudié le carbone, que l'on a considéré tantôt comme paraïua- gnétique, tantôt comme diamagnétique. Du charbon de sucre, exempt de fei- et dhvdrogène, préparé avec le plus grand soin, a été étudié a l'aide de l'appareil de Curie. Cet échantillon s'est montré diamagné- (') Les résidus signalés plus haut s'observent encore dans ces conditions et sont même plus marqués; ils ont pu atteindre 3' à 6' pour une biréfringence observée d'en- viron i5o'. Nous rappellerons que les liquides aroiuati(|ues purs et non visqueux ne donnent pas de tels résidus; mais nous en avons observé de plus marqués encore en étudiant un collodion épais à base de nitroben/.ine.' SÉANCE DU 2 AOUT 1909. .^43 tique, et d'une susceptibilité spécifique égaie à — .J,2.io-', celle de leau étant prise éjrale à — 7,5. lO""'. Un cliaufl'age de 6 iieuies au rouge blanc, dans le vide, n"a pas altéré sensiblement ses propriétés. Ce travail a été le point de départ d'une série de recherches encore en cours sur les composés organiques et minéraux. .ravais déjà montré (') i\uc, lorsqu'un élément mag^nétique (métal ou oxygène) entrait dans un sel ou un radical complexe, ses propriétés magné- tiques s'atténuaient, et mètne dans certains cas disparaissaient. Il m'a paru intéressant de rechercher si les éléments diamagnétiques gardaient en com- binaison les propriétés qu'ils possédaient, pris isolément. J'indic[uerai seulement ici les résultats généraux obtenus avec les com- posés organiques. Ces résultais confirment Tadditivité des propriétés ma- gnétiques déjà signalée par Henrichsen ( -) sur un petit nombre de corps de la série grasse, mais modiOent notablement certains de ses résultats numériques. 1° Si la loi d'additivité se vérifie, on doit tout d'aliord trouver la même susceptibilité spécifique pour les isomères; c'est ce qui arrive en ell'et lorsque l'isomérie ne modifie pas le nombre et la nature des liaisons entre les divers atomes de la molécule; ainsi on a entre autres couples d'isomères: Aldéhyde isobutylique. . . —6,59.10^' Méthjlélhylcétone — 6,63.io-' Acétate de phényle — 6,12.10 '^ Benzoate de méthyle —6,08.10^' Élhylaniline —7,38.10^' Diméthylaniline — 7,4i-io~' Il semble cependant qu'en passant d'un dérivé primaire an dérivé secondaire, puis tertiaire, le diamagnétisme aille en croissant très légèrement d'une quantité un peu supérieure aux erreurs d'expérience, qui atteignent au plus -j-i^. Ainsi on a par exemple : Ethvibulvicétone — 7 , 10. I0~' Ethvlisoljulylcétone Ethylbutylcélone tertiaire Ethvlaniline Diméthvlaniline .n .'7- IQ-' ' / '■ ,20. 10-' -, ,38. 10 ' .1 ,4.. ,10-' 2" Si l'on appelle susceptibilités moléculaire et atomique les produits des susceptibilités spécifiques par les poids moléculaires et atomiques corres- pondants, on doit avoir, pour un composé de la forme A^lJl^O. . ., une sus- (' ) Pascal, Ann. Phys. et Cit., N' série, l. W'I, 1909, p. 53i. (-) Henrichsen, Wied. Ann., t. WXIV, 1888, p. 180. 3'l4 ACADÉMIE DES SCIENCES, ceptibilité moléculaire donnée par la formule S„ =z a S.v 4- P S,, -H y S,: -t- OÙ S^, Sy, ... sont les susceptibilités atomiques des constituants. Je vais montrer aujourd'hui que l'on peut prendre pour les corps orga- niques formés d'éléments diamagnétiques les valeurs S^, S,,, ... déter- minées directement (" ), savoir: C — 62,5.1 o~' Cl — 209,5. 10-" Br — 819 . 10^' I -465 .10-" en y ajoutant les valeurs déterminées indirectement par additivité : ! ( — 3o , 5 . 1 o"'' \z — 53 .1 o"' Pour que les chiffres expérimentaux concordent avec les nombreux calculs, il faut tenir compte des liaisons multiples entre atomes de carbone. Dans une chaîne ouverte, les doubles liaisons diminuent très nettement le diamagnétisme; mais, quand elles s'accumulent dans une molécule, les deux premières seules ont un effet sensible. On a par exemple pour suscep- tibilités moléculaires : Calculées sans (loul)lcs liaisons. Oclylène — 982 . 1 o^ ' — 988 I!)iinélli\l 2 .4 liexaiiiéne 2 .4 — 8i4.'o"'' — 927 Dimélliyl 2 .6 nonalrièiie 2.6.8 . . — i233.io~'' — 1336 On obtient des résultats analogues avec les séries polymélhyléniques. Chose remarquable, les composés benzéniques se comportent, au point de vue magnétique, comme s'ils n'avaient pas de doubles liaisons, mais des cari)ones tertiaires. Il faut en effet majorer de i5 unités par noyau benzé- nique la susceptibilité moléculaire calculée par additivité. Un résultat ana- logue obtenu par Tétudc des chaleurs de combustion semblerait devoir faire admettre la formule représentative de Claus, de préférence à celle de Kékulé. Les règles énoncées ci-dessus résultent de la comparaison des suscepti- bilités moléculaires observées avec les valeurs calculées pour un certain nombre de groupes de composés. Pour le benzène, le toluène, le chlorobenzène, le bromobenzène, le iri- (') Pascal, Comptes rendus, l. CXLNII, n° ik, 190S, p. 1290. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 34?» chlorobenzène elle chlorure de phényle, j'ai constaté que la dillérence des deux valeurs ne dépasse pas le centième. Il en est de même pour les groupes suivants : Mélhylamine, diéllivlainine. Iiiktvlaniine, dibuU lamine. liibut\ lamine, amylamine, (liainylamine, triamviamine, piopviènediamine ; (Jvanogène, cyanure de propxie ; Aniline, méllivlaniline, loluidiiie. diniélliylaniline, éthylaniliue, pliéiiylliydiazine. L'introduction d'une fonction oxygénée dans la molécule produit une perturbation très nettement caractéristique de cette fonclion. Mais j'ai reconnu qu'à la condition de donner à l'oxygène une susceptibilité atomique vaiùable avec le groupement fonctionnel où il figure, la loi dadditivilé se vérifie encore parfaitement. Il y a également lieu de signaler l'efTet de l'accumulation des halogènes sur le même carbone ou sur des carbones voisins, surtout dans les premiers termes des séries homologues de la série grasse; elle a pour effet de masquer partiellement le diamagnétisme de l'halogène. Enfin, outre l'intérêt que peut présenter cette étude magnétique de la constitution des composés organiques, on peut espérer qu'elle permettra d'atteindre indirectement certains éléments, comme l'iiydrogène el l'azote, que j'ai dû laisser de côté lors de l'étude des gaz liquéliés ('). Si la suscep- tibilité spécifique S de ces gaz se conserve en combinaison, on a pour elle et pour la susceptibilité 2 à o" et sous la pression normale, les valeurs suivantes : s. i:. H — 00,5.10-'' ■3,70.10-"' Az —3,79.10-" —4,76.10-"' (piil serait fort intéressant de pouvoir retrouver directement. Je complète ces recherches sur les composés organiques et les étends aux sels métalliques. CHIMIIl physique. — Sur la chaleur latente de fusion et la chaleur spécifique de l'acide propionique. Note (-") de MM. G. Massoi, et M. -A. Faucox, présentée par M. H. Le Chatclier. L'acide dont nous nous sommes servis, purifié par plusieurs cristallisations successives, fond à — i')") ^■ l') Comptes rendus, t. (IVlAllI, 1909, p. 4i3. (-) Présentée dans la séance du 26 juillet 1909. G. R., i«(oy, 1' Semestre. (T. Ii9, N° 5.) 4^ 34<) ACADÉMIE DES SCIENCES. (liiALEiJK LATEMiî DE FUSION. - .Nous iioiis soiiimes adrcssés aux deux iMÔlliodes pxpcrimon laies classiques et à deux inélhodes indirectes capables de nous donner quelques indications sur la valeur probable de la chaleur de fusi(jn. Mcthodes ex péri me ni a les. — i" ÎN'ous avons plongé dans l'eau du calori- mètre une fiole renfermant une certaine quantité dacide propionique que nous avions maintenu solide au-dessous de — 20"^ pendant plus de 3 heures. Nous avons trouve comme moyenne de plusieurs expériences 23^^', 35 pour i*f, soit i'-'',72cS pour i'"''':=74^ (en adoptant comme chaleur spécifique movenne de l'acide litjuide o, 535). Une ex[)érience faite avecl'acide solidifié depuis quelques instants a donné unchiirre un peu moins élevé : 22*^"' pour i**, soit iC^'',(i2,S pour !"'"'= 74e. 2" Nous avons dissous dans l'eau du calorimètre, successivement l'acide li(jnide el l'acide solide pris à une température très voisine de la température de fusion; nous avons obtenu : Chaleur de dissolution de C'H'^-0- liq. ( 74(-' il — i9%8) + 11 = 0 liq. (loo"'"' » i- 23") : C*H"0-'' sol. (7^6 à — aS" ) -h MM) liq. (loo'""' n + 22") (Chaleur de fusion de C^HM-)^ (j,,,,. — -^1 - r4l 1,(3.5 soit pour T*' = i9'^"',07. Mélhddes indirectcx. — 1° Si l'on combine la deuxième loi ci'yoscopique de I^aoull ( ' ) Iv (■) M=^'^ avec la loi de van'l lloH on aura o,oiq88T= (3) LM - "^ ' qui permet de calculer la clialeur lateiUe de fusion si Ton connait la conslanle Iv'. Cette valeur n'est |)as connue pour l'acide. iiropionique, mais elle a été déterminée expéri- mentalement jiour l'acide formique (o,63) et pour l'acide acétique (o, 65). En adoptant pourK' ce dernier chifTre, on obtient pour 1^ la valeur 26'^''',7; si l'on prenait K'= 0,67, on aurait L~25'">i,(i8 (T = 273"- i9",S.-2.')."v',2 el M=:r74). C=H»0^ diss. cal -+- 4^0,9.5 CH¥Cr- diss. — 960,70 o,oiq88T- ,■- (') lUoiLT, Coniplc.s rendus, t. \CV, 27 novembre 1882. SÉANCE DU 2 AOUT I909. 3 47 ■>■' M. de Forcrand ( ' ) a donni' la relation (/-f-.v)M j. — ^o, dans laquelle s est la chaleur latente de fusion Je is de substance. Ku appliquant la formule aux acides gras, il donne comme cliillVes les |)lus probables : Acide forniiqui' 2y,86 Acide acétique .ii ,60 Acide butyrique ''i^ , 8.'| Nous pouvons donc prendre la moyenne générale 3o. qui est certainement très rappro- chée, et en tenant compte (-) de ce que la molécule d'acide propioiii(|ue-\apeur à sa température d'ébuUition est égale à ( C'1F'0=)'.^'= et en prenant pour chaleur latente de \apoiisatlon le nombre 9o'^"',4'5 déterminé par l'un de nous (-), nous trouvons, pour la chaleur latente de fusion de i^. 3o''"'. '|fi. Les nombres liouvés expcriiueiilaleiiieiiL i^q.'j^''\'''>'> et if)'--'',o7 ) sunl plus faibles qtie ceux que peiineUonl de calculer les relations employées (2()^-'"',7 et 'jo^^',46). Ce fait est général et a été constaté notamment par l'erson (cires), Berllielot {'■') ( hydrate de chloral), de Forcrand ('') (aniline ); tous ces auteurs sont d'accord pour l'attribuer à ce que les cor[)s récemment soli- difiés n'ont pas encore. atteint leur état définitif d'équilibre et que la chaleur latente de fusion ne se dissipe (pie progressivement, quelquefois pendant un temps assez long qui peut atteindre plusieurs mois. Chaleur spécifique.— In autre résultat ([ue nous avons pu déduire de nos expériences présente également une certaine anomalie : la clialenr spécifique de l'acide liquide a été trouvée plus faible que celle de l'acide solide : Acide solide .... 0,728 (entre — 46" et — i<)'',8) . ., ,. ., ( 0/535 (SchiflF) (5), o,535c) (Guillot) Cm Acide liquide .. . • , -„.'„% ' I (entre — u" et -i- r 10") M. de Forcrand (' ) a tiouvé un résultat analogue pour l'aniline (') De FoiicRAND. !/(«. f/c Cliiiii. et de Pfiys.. 7' série, t. XWIII, igoS, p. 3s;,-.j45. (^) Faucon, Comptes rendua, t. CXLVI, 3o mars 1908. (^) Berthelot, Mécanique chimii/iie, t. 1, p. aSS. (•) De Forcraxd, loc. cit. {') ScHiFF, Aiiii. der Clieniie, t. CC\X..\IV, 1886, p. i44- (") GuiLLOT, Thèse Ecole de Pharmacie de Montpellier, 1890, p. 25. (■) Loc. cit. 348 ACADÉMIE DES SCIENCES. (liq. =0,484 ; sol. = o,73()), et M. (iuillot ('; avait trouvé, dans iiolie laboratoire, pour Tacide acétique (li([. =o53(3; sol. =o,Gi8). On i)eut expliquer ces anomalies par la inéinc cause exposée plus haut. Conclusions. — \" La chaleur latente de fusion de Tacidepropionique telle (]uc nous Tavons obtenue expérimentalement, après 3 heures de solidilica- tion, est éj^ale à 23^'''', 35 (pour iS). Les relations j^énérales de Raoult, van't Hofl'et de Forcrand donneraient les nombres théoriques plus élevés : 2()^'''',7 et 3o'"'''',3(). 2° La chaleur spécifique à l'état solide, prise entre — 46" et — 19", 8, a été trouvée égale à o, 728, c'est-à-dire supérieure à la chaleur spécifique à l'état liquide. Ces différents résultats trouvent leur ex[)licalion dans ce fait que, pour les corps récemment solidifiés, la mise en liberté de la chaleur latente n'est pas complète. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur quelques tlérnes élhyléniques à fonction azolce. Note de M. G. Bisigxies, présentée par M. Iv .Tunglleisch. Les nombreuses recherches de G rignard ( Annales de rUnisersité de Lyon ), de Masson (Comples rendus, t. CXXXV, p. '")34), de Klages {Berichle. t. XXXVII, p. 220, 453, 659, i35i, i42(), 1447), de Hell {Berichle, t. XXXVII. p. 23o), etc., ont montré que, cpiand on fait réagir sur les cétones simples les dérivés organomagnésiens dérivés des alcoylhalogénés dont le groupement halogène est un CH^ ou un CH, on obtient des alcools tertiaires. Si l'on étend la réaction aux cétones à fonction hydroxylée, on obtient, non pas l'alcool tertiaire attendu, mais le produit de déshydratation de cet alcool, c'est-à-dire un composé èthyl(''ni(pie dont la double liaison s'établit entre l'atome de carbone primitivement halogène et le carbone cétonique. Sur les conseils de M. Lemoult, je me suis proposé de voir si la réaction suivrait le même cours tpiand, au lieu d'employer les cétones hydroxylèes. on emploierait les cétones amidées ou amidoalcoylées. On devait, très vrai- semblablement, obtenir des produits basiques azotés à fonction éthylénique. inconnus jusqu'ici, dont je me proposais de faire l'étude et que M. Lemoull (') Loc. cit. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 349 voulait étudier au point de vue theruiochimique. L'expérience a coniirmé celte supposition et j'ai obtenu les aminés éthyléniques attendues. Les premiers essais ont été faits en e m pi o vaut comme matière premiéie la té tramé tin I- (liamidoljeiizophénone et n'ont donné que des lésuitats peu encourageaiUs. La cétone initiale est en efTet 1res peu soiubie dans l'éther, et, si l'on dispose l'appareil avec une allonge qui contient ce produit de manière que Tétlier condensé le dissolve peu à peu, l'opération est interminable et le dérivé magnésien s'altère avant d'avoir réagi en quan- tité notable. On est alors conduit à ajouter brusquement la cétone au dérivé organo- rnagnésien élhéré et faire bouillir vigoureusement de manière à mettre les réactifs en contact. On parvient ainsi à obtenir une meilleure utilisation des réactifs Gri- gnard; mais néanmoins la. masse brute obtenue exige toujours un traite- monl assez long pour séparer l'un de l'autre, par précipitations fractionnées, la cétone initiale et le produit amino-éthylénique formé, (pii oui des pro- priétés assez voisines. Par ce procédé, à partir de Tiodure de métliyle et de l'iodure d'étbyle, j'ai obteiui avec la cétone de Michler les deux composés GII-^C = [C''Hi _ i\„(CH')Vl- et CIL'-GII = G = [C'Il' — N - (rjp)^]^ fondant respectivement à 1 15" et 99". Sur ces entrefaites, MM. fVeund et Mayer publièrent, dans les Berichte, t. XXXIX, p. 1 1 18, une courte Note relative à l'action des métliyl et étliyl- ioduresde magnésium siu- la tétraméthyldiamidobenzophénone. « Espérant obtenir des dérivés à fonction alcool en vue de recherches physiologitpies ». ils trouvèrent les mêmes cotnposés éthyléniques que j'avais préparés et paraissent avoir abandonné ce sujet. J'ai |Hi alors continuer en toute sécurité l'étude que j'avais commencée ; je l'ai appli- (Hiée en prenant comme matières premières, d'une part, les iodures de méthvle, d'étliyle et d'isoamjle, ainsi que le chlorure de benzyle, et, d'autre part, la diméthyl- amidobenzophénone, la cétone de Michler et la tétraèthyldiamidobenzophénone. Dans tous les cas, j'ai obtenu des bases éthyléniques ayant taiilôl un, tantôt deux groupes amlnodialcoylés. Voici les produits obtenus : • Fond.mt à /^-rliméthylamidodiphényléthène 47 (.dissyméliique) /j-diiuéthylamidodipliénvlpropène 91 » /;/j-tètraméthvldiamidodi|)l]énylélhène 1 i5 » />/;-télraméthyldiamidodipliénylpropènc: gg » Isoamylidène-tétramèthyldiamidodiphénylniélhanc . . . Gi » /)/j-létraèthyldiamldodipliényléthéiie I0>. " yo/v-tètraéthvldiamidodiphén vlpropène 56 " Dans un seul cas, chlorure de benzyle et dimélhylamidobenzophénone, le dérivé 35o ACADÉMIE DES SCIENCES. ;ili'oolif|iie liilei'iiU'iliairc a pu C'ivu isnlé. (!'esl le l'Vindant à Diinélln laniiilocliphényllîenzylciirljinol iJi"-i32" La iialiire éllijléiilqiie des composés obtenus plus li^iul est parfaite me ni démoiitiéc par la piopriélé (ju'iis présentent de fixer 2" (riiydroyi'ne pour donner des composés saturés dont quelques-uns sont connus et dont quelqin's autres ont été aia^i préparcs pour la preinicie fois et pourraient être obtenus par condensation directe d'aldéliydes appropriés ou de leurs acélals avec les anaines c_ycliques tertiaires. Parmi eux j>t citerai : Fondai] L a o /*/y-tétramétii}ldiauiidodipliénviétliane 67 /Y'-tétraméthyidiarnidodipliénylpropane ôo /Y>tétraméthyldianiidodipliényl-pliénylél liane {>.- /i/^-tétraélhvldiamidodipl)énjlétliane '1' Les composés éthyléniques et les composés salaires qui en dériveal sont doués de pi'opriéLés basiques très marquées; ils sont insolubles dans l'eau, solu])les dans les solvants organiques et dans les acides étendus ( nième l'acide acétique) en donnant des sels et des sels doubles que je décriiai ultérieurement. BOTANIQUE. — Hemari/ues sur révoliUion nucléaire el les mitoses de l'asque chez les Asconiycèles. Note ( ' ) de M. A. Guilliermond, présentée par M. Gaston Bonnier. Nous avons étudié, il y a quelques années, les mitoses de l'ascfue dans Huinaria /utilans, Peziza, Calinus et Puslularia resiculosa. t)ans les deuv ])remières espèces^ nous avions compté 16 cliromosomes. La pro- phase delà première mitose est précédée de stades synapsis très nettement caractérisés. A la plaque équatoriale, on observ.î r6 chromosomes en forme de V ou de O que nous supposions résulter d'une première fissuralion^incompléte qui se produirait au début de la propliase. Ceux-ci paraissent subir à la niélapliase une division longitudinale. A la seconde mitose, les 16 chromosomes réapparaissent sur la plaque équatoriale avec leur forme de V et semblent se diviser à la métaphase par simple séparation des deux branches du V, ce qui consisterait donc en l'achèvement de la (i&suration commencée au début de la première mitose. La troisième mitose semble présenter encore 16 chro- mosomes à la prophase et l'anaphase ; mais ceux-ci étant très allongés el très enche- vêtrés, il ne nous avait pas été possible d'ol)server leur mode de partage. Nous avions (') Présentée dans la séance du 26 juillet 1909. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 35t conclu que ces mitoses devaient èlre précédées d'une leduction numérique des cliro- iiiosomes et semblaient accompagnées d'une réduction quantitative de la cliromatine. I.)iins Piistiilaria vesiculosa, nous avions observé les mêmes phénomènes, mais les cliromosames. au nombre de 8, sont trop petits pour qu'on puisse observer leur piii'lage. Depuis, Haiper csl ;iii'ivc à des résultats à peu près analogues dans P/iyl- lactinia corylea. Il admet qu'une première réduction numérique s'effectue aussitôt après la conjugaison qui a lieu au déhul du péritlièce et que le synapsis de la première mitose de Tasque correspondrait à une seconde réduction numérique nécessitée par la fusion nucléaire des jeunes asques. Cependant Fraser a obtenu récemment des résultats différents dans //. rulilans. Dans les deii\ premières mitoses, cet auteur observe les mêmes faits que nous, mais les interprète diPTéremment. Selon lui, les cliromosomes se divisent transversalement dans la première mitose et subissent, par conséquent, une réduction (jualitative. Au contraire, pour ce qui con- cerne la troisième mitose, le> obser\ations de Fraser s"écartent notablement des nôtres. D'après cet auteur, il seflecluerait, au cours de cette mitose, une deuxième réduction numérique des cliromosomes. A la propliase, les i6 chromosomes réapparaîtraient, mais ceux-ci se répartiraient entre les deux pùles sans subir de jjartage, pour consti- tuei' deux novaux à 8 chromosomes seulement. Fraser admet que le synapsis de la première mitose correspond à la réduction numérique des chromosomes, nécessitée par la conjugaison (de l'origine du périthèce), tandis que la deuxième réduction est en rapport avec la fusion nucléaire de l'asque. Dans P. vesiculosa. Fraser et Welsfoid observent une première mitose analogue à celle que nous avions décrite, précédées d'un stade synapsis et avec 8 chromosomes, mais ils constatent, dès la seconde mitose, une réduction numérique en rapport avec la fusion nucléaire des jeunes asques; celte réduction s'accomplit d'une manière dif- férente de celle que Fraser a observée dans H. rutiians. La deuxième mitose est pré- cédée d'un slade s\napsis 011 les chromosomes se soudent deux à deux pnurdnnner à la plaque équatoriale seulement 4 chromosomes. Ces résultats nous ont déterminé à examiner de nouveau nos préparations d'^. rutiians, de P. vesiculosa et /'. Calinusk reprendre l'étude de Galactinie succosa, pour essayer de vérifier les observations de ces auteurs. Relativement à VJJ. rutiians. en ce qui concerne la seconde réduction numérique qui, selon Fraser, s'elVectuerait au cours de la troisième mitose, nous n'avons constaté — aucun fait manifestement favorable à l'opinion de cet auteur. Dans /'. vesiculosa et P. Catinus. nous avions dans nos anciennes préparations toute la série des stades des trois mitoses de l'asque, et ceux-ci étaient très nombreuses, de telle sorte qu'il nous a été facile de compter exactement le nombre des chromosomes dans les trois mitoses. En outre, les chromosomes étant moins nombreux que dans 35-i ACADÉMIE DES SCIENCES. //. riUilans el plus petits, leur numération est beaucoup plus facile. Or, notre nouvel examen de P. vesiciilosn confirme entièrement les résultats auxquels nous étions arrivés précédemment, et nous sommes en mesure d'iiffirmer de la manière la plus précise que le nombre des chromosomes reste de 8 à l'anapliase des trois mitoses succes- sives de l'asque et qu'il ne s'y effectue par conséquent aucune réduction numérique. Les résultats de Fraser el Welsford sont donc ici manifestement inexacts. En outre, nous avons pu constater en examinant de nouveau nos piéparations de Peziza Catinus, que le nombre des chromosomes, qui est de i6 à la prophase el à l'anaphase de la première mitose, reste constant et ne subit aucune léduction numé- rique au cours des deux dernières mitoses de l'asque. Enfin, l'étude que nous avons faite de Galactinia succosa confirme ces résultats. On se souvient que Maire a compté 4 chromosomes dans cette espèce. Selon cet auteur, ces 4 chromosomes subissent à la métapliase de la première mitose deux partages suc- cessifs (en vue de leur réduction quantitative), ce qui porte leur nombre à 8 aux deux pôles de l'anaphase. Dans la deuxième mitose, ces 8 chromosomes réapparaissent à la propliase et se répartissent entre les deux pôles sans subir de division, de sorte qu'à l'anaphase on ne compte plus que 4 chromosomes à chaque pôle. Nous avions étudié cette espèce après Maire, el nos observations semblaient favorables à l'opinion de cel auteur, mais nos préparations étaient insuffisantes pour nous permettre de nous prononcer d'une manièi-e précise. A la suite des travaux de Fraser et Welsford, nous nous sommes demandé s'il ne se produirail pas dans G. succosa une deuxième ré- duction numérique des chromosomes à la seconde mitose, laquelle aurait été vue, mais mal interprétée par Maire. Les résultats que nous venons d'obtenir ne concordent pas avec ceux de Maire. CuQtrairement à l'opinion de cet auteur, les chromosomes sont au nombre de 8 et non de 4' « 'î> plaque équatoriale de la première mitose, seulement ils apparaissent souvent agglomérés en une masse confuse, ce qui fait qu'il est difficile de les compter. Cette espèce semble présenter les mêmes processus que Puslulaiia vesiculosa. Ces résultats sont donc en contradiction avec les conclusions de Fraser et Welsford : en dehors de VIL i-utilans (où il ne paraît pas possible de compter d'une manière suffisamment précise le nombre des chromosomes à l'anaphase delà troisième mitose), aucune des trois autres espèces que nous avons étudiées n'offre la seconde réduction numérique constatée par ces auteurs au cours de la seconde ou de la troisième mitose de l'asque. BOTANIQUE. — Sur la croissance des Fucus. Note de M. P. Hariot, présentée par M. L. Mangin. Les données que Ion |)ossède jusqu'à ce jour sur la croissance des Fucus sont contra- dictoires, pour ne pas dire presque nulles. Il nous a semblé (|ue la facilité oHerte pour les observations de Biologie maritime par le Laboratoire du Muséum installé dans l'île SÉANCE UU 2 AOUT 1909. 353 de Tatilioti, prés Saint-Vaast-la-Hoiigiie, pouvait se prêtera des recherches qui tùt ou tard peruieltraieril de fixer nos connaissances à ce sujet. Outre l'intérêt que la durée de croissance des Fucus peut présenter pour l'algoiogie proprentient dite, il en est un autre d'ordre économique. On sait que, sur nos côtes de rOuest, les Fucus sont aclivement recherchés comme engrais pour l'amélioration des terres. Des arrêtés administratifs fixent répo([ue pejidanl laquelle la récolte et la coupe peuvent en être prati(]uées. A Talihou, dans le courant du mois de septembre, on peut voir chaque jour de nombreuses voitures qui profitent de la marée basse pour traverser la chaussée du Hluiii et se li\ rer à la récolte de ces algues. D'une fcU.'oii générale, les Fncacées sont connues sous les noms de Goè'mnns et de Varechs. Les Fucus resicitlosus. pla/vcarpus cl p\iis spécialement le Fucus seiTutus Y>c)vlenl le nom de Feuilles de chêne. \u Ascophylluin nodosuni, parti- culièrement recherché, est désigné sous l'appellation de liohert. Les Lami- naires, qui vivent à des zones habituellement très basses, sont appelées des Vélingues. Quant aux Zostères, peu estimées en raison de la lenteur avec laquelle leiu's tissus se décomposent, à Saint-Vaast comme dans toute la Bretagne et la Normandie maritime, les prairies qu'elles forment sont bien connues sous le nom (V/ferhiers. Kn Bretagne, là 011 abondent les Mélubésiées, on les recueille sous la dési- gnation de 3faerl pour l'amendement des terres. Elles apportent de la chaux aux terres granitiquespauvres et peu fertiles. Ce n'est pas le cas à Saint-Vaast oi'i ces algues calcaires ne sont pas assez répandues et oi'i certaines d'entre elles (^Lilholhainnioncoralloides appelé Pelàe'S Croix) ne peuvent se procurer que par le dragage et ne sont rapportées que dans les chaluts des pécheurs. Des recherches sur la croissance de ces algues seraient du plus haul intérêt. Lors d'un séjour à Talihou, le uj no\emljre i9o, les résultats obtenus pour la conservabililé du beurre ont été fort encouraseanls. Pour une eau souillée artificiellement jiar B. fluorescent liiiiiefaciens et Micro- coccits proiU^'iosiis et qui contenait i 1000 bactéries par centimètre cube, nous avons réduit ce nombre à 45 colonies après traitement. La Société française d'Electricité k. E. G. met à notre disposition des nouveaux modèles de lampes fonctionnant immerirées et qui nous donneront probablement des résultats au moins aussi bons. Nous avojis fabii(|ui' du beurre par les procédés habituellement employés à la Laiterie coo[)éralive de Surgères (pasteurisation de la crème à -^''-tio" (1. peiulant 5 minutes, refroidissement instantané à iDO-iô", ensemencement avec cultures pures de ferments lactiques, fermentation de 18 heures environ, barattage et enfin lavage du beurre dans la baratte à deux reprises, alors qu'il est encore en grains très fins). l'our donner une idée de la réduction du nombre de bactéries dans ces expériences, iious dirons que dans l'une d'elles l'eau contenait à l'origine 230 colonies par centi- mètre cube, dont i5 liquéfiantes. Après traitement, on trouvait 20 colonies par centimètre cube et o liquéfiantes. Dans un autre essai, on passait de ^y^ colonies et 3o liquéfiantes à 20 et 2 liqué- fiantes. Les esjièces qui li(|uéfienl la gélatine, et surtout B . Jluorescens liquefaciens qui est très fréquent dans les eaux, sont des plus dangereuses pour le beurre, et nous allri^ buons les bons résultats que nous avons obtenus à leur disparition ou à leur diminu- tion très nette. Les échantillons de beurres tènioins, lave» « l eau ordinaire, se sont montrés nettement rances après 8 jours de conservation à la température normale du labora- toire (en juin) et sans aucune précaution spéciale. Les beurres provenant des mêmes cièuies et des mêmes fabrications, mais lavés avec 356 ACADÉMIE DES SCIENCES. l'eau traitée, ont tilé dégustés après un mois par des personnes compétentes, qui les ont jugés comme beurres frais de 2 à 3 jours. Normalement, nous avfms augmenté en moyenne de 3 semaines la durée de conser- vabiiité des beurres. Ces résultats se rapportent à une fabrication industrielle journalière de 4oo''6 (Je beuiTe et sont par conséquent d'un grand intérêt pratique. Nous ne pensons pas qu'il y ait possibilité actuelle de stérilisation direct du beurre par les rayons ultra-violets, en raison de son opacité et surtout de l'odeur et du goût de suif qu'il acquiert presque instantanément au con- tact de l'ozone produit par les lampes. II en est de même pour la crème et, dans une certaine mesure, pour le lait. La stérilisation du lait sans immersion de la source des rayons, telle que l'ont obtenue MM. V. Henri et Stôdel, ne semble pas, sous cette forme, devoir sortir des laboratoires. CHIMIE BIOLOGIQUE. — De l' existence des carbonophosphates dans le lait. Leur précipitation par la pasteurisation. Note de M. A. Barillë, présentée par M. A. Dastre. Cette Note a pour but de démontrer l'existence dans le lait du carbono- phospbate de calcium, composé (pie la pasteurisation dissocie, tandis que ses constituants insolubles se précipitent. Les carbonopliosphates, instaijies comme nous l'avons indiqué ('), se dé- doublent en pliospbate bicalci hts cl G bis. traits en notre piésencc et pasteurisés à 70". I'>n outre, le dosage carl)oni(jue y accuse une forte diminution qui denietu-e en rapport avec la préci|)ilation des carbonoplios[)liates. Nous pouvons donc conclure qu'il existe dans le lait une combinaison carljonopliosphatée facilement dissociable et, question connexe, que la pas- teurisation décompose cette cond)inaison en déterminant une décalcification partielle en même temps qu'une déminéralisation phosphatée. Par suite de la transformation des phosphates, la perte réelle se réduit dans les laits 5 bis et (S bis au -} et au ]. du P'O' total. En effet, la pasteurisa- lion augmente la proportion des phosphates insolubles a d'une quantité provenant en partie de la précipitation du phosphate bicalcique (boues des laits pasteurisés, pellicule des laits bouillis el matière solide tapissant le fond des récipients;. Par contre, elle n'apporte comme gain qu'une légère augmentation des phosphates p due à la faible solubilité du phosphate bical- cique. Ces résullats conservent encore une certaine importance; ils corres- pondent par litre, pour le lait 6 bis, à une précipitation de 0^,734 de phos- phate l)icalcique et de o^,i\!^ de carbonate de calcium. Malgré ces constatations, il parait difficile d'incriminer, d"une façon générale, la pratique industrielle de la pasteurisation. Si les modifications chimiques (pi'elle amène ne sauraient avoir une importance primordiale dans nos besoins alimentaires nornuiux, cette j>ratique peut avoir des inconvénients lors(|ue l'alimonlalion de l'enfant est en cause. \in ell'el, le calcium joue chez l'enfant un rôle capital dans la minéralisation de sa char- pente osseuse et dans la caséification gastrique du lait. Il y a donc lieu de se demander comment résoudre, en ce cas, le problème si important du lait vivant et aseptique"? La lumière permettra sans doute d'atteindre ce but, MM. \ictor Henri et Cl. Stodel (') ayant démontré récemment l'action bactéricide complète des rayons ultra-violets sur le lait. D'autre part, nous avons reconnu par l'analyse comparative faite de notre propre initiative (laits 7 et 7 /^ù), que ces radiations directes conservaient indemnes, dans le lait, les combinaisons carbonophosphatées dont nous venons de signaler l'existence et la signifi- cation. (') Comptes rendus. \" mars 1909. SÉANCE UU 2 AOUT 1909. 3 39 CHIMIK lîlor.OGlQUE. — Action du suc pancréatique sur le ii-lycogcne, l'a/tii- (lon et ses composants. Note de M""' Z. ). Glucose (iSoi. Galactose (180). On peut suivre l'hydrolyse du raflinose effectuée successivement par les deux ferments en s'appuyant sih" ses propriétés optiques et sur celles des sucres auxquels il donne naissance. Supposons en eti'el. pour plus de simplicité, une solution aqueuse renfermant, pour loo"^""', 5s, 04 de raflinose anliydre (le centième de sa molécule) ; celle solution accusera 111 1 5,o4X2XI32,2 „ ,,, au tube de 2'"" une rotation de -1 ^^ H- i2°,3i ( I. 100 Si, à celte solution, ou ajoute de Tinvertine, les 5",o4 de raflinose seront transfor- més en iK,8o de lévulose et 38.42 de mélibiose, comme l'indique l'équation (1). Elle accusera alors une rotation de+6°, 48 -t- y°.79 (mélibiose) -- S^Si (lévulose) r= -H 6°, 48 (=). Si l'on ajoute ensuite de l'éniulsine, les 3s,42 de mélibiose étant transformés en is, 80 de glucose et if,8o de galactose [équation (2)], la rotation deviendra H- i°,49 (^)- Kn un mot, la rotation de la solution souinise à l'hydrolyse diminuera constamment aussi bien sous l'action de l'émulsine que sous celle de l'inver- tine ; mais elle restera droite. . Cette action particulière de l'émulsine, action due à la mélibiase qu'elle renferme, peut être utilisée pour la recherche du raffinose dans les végétaux. On comprend en ell'et que si, en faisant aj;ir successivement de l'invertine et de l'émulsine sur un suc végétal dextrogyrc (méthode habituelle de recherche du sucre de canne et des glucosides), on constate une diminution de la rotation sous l'inlluence des deux ferments, on soit fondé à supposer l'existence du raflinose dans la plante essayée. Tou lefois, plusieurs cas peuvent se présenter qui compliquen l le problème : 1° Le raflinose peut être accompagné dans la plante d'un glucoside gauche, liydro- lysable par l'émulsine proprement dite, et ra99*J Rotation après action de l'émulsine -+- 8°38' Sucre formé par action de l'émulsine oS,54o Cette rotation droite très élevée et sa diminution sous l'action des deux ferments permettaient de songer au raflinose, et, de fait, nous avons isolé un sucre que nous avons identifié avec le raflinose cristallisé. Son pouvoir rotatoire est de -+- io3',70; teneur en eau : i5,i2 pour 100; théorie : i5,i5. IL Enlada scaadeiis lienth. — Graines sèches débarrassées du tégument. — Un extrait liquide aqueux de ces graines, dont 100'="'' correspondaient à loos de graines, accusait une rotation de 4- 20" 10' et ne renfermait pas de sucre réducteur. Rotation après action de l'invertine + 6"43' Sucre formé par action de l'invertine jSjôi- Actinii rie l'rm itlsiiii:. Après 2\ heures jt = » 2 jours cr.^^ » 4 jours 0! = » 6 jours « ^ Ici le cas est tout à fait particulier : les observations successives montrent qu'à côté d'un sucre à pouvoir rotatoire élevé se trouve un glucoside gauche hydrolysable par l'émulsine. S'il y a d'abord retour de la déviation vers la droite, cela est dû à la rapidité d'hydrolyse du glucoside; mais, dès 4e (]uatrième jour, le glucoside étant vraisemblablement entièrement hydro- (') Ces expériences seront exposées en détail dans le Journal de Pharmacie et de Chimie. Sjcre furmé s" 38' 1 ,-i3 y • ' 6 1,438 9.16 1 , oO 1 8 0, 171 364 ACADÉMIE DES SCIENCES. lysé, c'est le phénomène inverse, dû à la coiilinuation de Thydrolyse du sucre, que Ton observe. L'augmentation énorme de la quantité de sucre réducteur, alors même qu'il n'y a pas de changement optique, est d'accord avec cette manière de voir. D'ailleurs, ici comme dans le cas précédent, le sucre a été isolé à l'état cristallisé et identifié avec le raffinose. Son pouvoir rotatoire est de H- io'5",2(J; teneur en eau : i4î73 pour loo. PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Sur kl faible pénétration des rayons ultra- violets à irai'ers les liquides contenant des substances colloïdes. Note de MM. J. CouRMONT et Tu. Nogier. Nous avons montré (') que l'immersion d'une lampe en quartz à vapeurs de mercure (i38 volts, <) à lo ampères) dans luie eau limpide détruit les microbes ordinaires de celle-ci et le coli-bacille, en une minute environ, jusqu'à G™, 3o dé la lampe. Nous avons dit (-) qu'on pouvait aussi stéri iser d'autres liquides. Mais les conditions sont pratiquement très diil'érentes, suivant qu'on s'adresse à Veau ou à des liquides contenant des matières colloïdes. Ces derniers ne sont pas facilement pénétrés par les rayons ultra-violets. 1° Les liquides suivants : bouillon peptoné et lactose (brun ou presque incolore), bouillon ordinaire, bière, exposés pendant 8 à i5 minutes, à moins de S'"" de la lampe (immergée), jusqu'à échaufTement à H- 55 ou -+-(Jo", ne sont nullement stérilisés, bien qu'absolument limpides. 0 Pour aboutir à la stérilisation, il faut opérer sur ties couches extrêmement minces. Cela explique les résultats de JM.M. Mauiain et ^^ arcoiliei' sur le cidre. L'expérience suivante montre que larrêt des ra\ons ullra-violets est liien dû aux substances colloïdes. On souille abondamment de l'eau avec du colibacille, qu'on rechercliera par la méthode de Vincent. Une partie e^^i iiradiée pendant une minute; la stérilisation est complète, jusqu'à o", 3o de la lampe. Une autre reçoit la solution de peptone inanl l'irradiation, qui se poursuit pendant lo minutes el à o"',o3 seulement; elle n'est pas stérilisée, bien qu'exposée à une distance lo fois moindre et pendant un temps lo fois plus long. (') Jules Gouiimoxt et Th. Nogieh, Sur la stérilisation de l'eau potable au moyen de la lampe en quartz à vapeurs de mercure {Comptes rendus, 22. février 1909). (-) Jules Courmont et Tu. Nogier, Société médicale des hôpitaux de Lyon, 2 mars 1909. SÉANCE DU U AOUT 1909. 365 La stérilisation des liquides contenant des substances colloïdes rencontre, dans la pratique, de très grandes difficultés. Nos conclusions sur la stérilisa- tion de l'eau ne peuvent donc s'appliquer ni à la stérilisation de la bière, ni à celle des bouillons de culture, ni à la préparation des toxines. Il faut pour cela des dispositifs beaucoup plus compliqués. 2" Ces faits expliquent « l'action atténuante certaine, mais légère et très lente >> que nous avons constatée sur la toxine tétanique (' ). Même en I heure à 2 heures et demie, les rayons n'avaient pas beaucoup pénétré le bouillon tétanique (culture filtrée). lui diluant considérablement la toxine on peut la détruire. 2' d'eau reçoi- vent i""' de toxine tétanique (tuant le cobaye à r, millième de centimètre cube) et sont exposés pendant quelques minutes à l'irradiation (o™,o3). Ce liquide, qui tuait le cobaye à i''""', est devenu complètement inoftensif à 5""' et plus. CHIMIE-PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Action de la lumière ultra-violette sur la toxine tétanique. Note de M"' P. Cersovodeanu et M. Victor He.vri, présentée par M. A. Dastre. Nous nous sommes proposé d'étudier les lois d'action de la lumière sur les toxines et les antitoxines, afin d'analyser cette action et de la comparer aux lois des réactions photochimiques. Dans la présente Note nous donnons un résumé de quelques-unes de nos expériences faites sur la toxine téta- nique. Technique. — La source lumineuse employée est une lampe en quartz à vapeurs de mercure. La toxine tétanique a été soumise à Faction des rayons soit dans des capsules sous une épaisseur de 5"", soit dans des tubes en quartz de 8"™ de diamètre. Afin d'opérer à une température constante, les capsules ou lubes étaient placés dans un bain rempli de glace piiée ou d'eau à température constante. La distance de la lampe était, dans ces expériences, égale à iG"^"". La toxine étudiée était injectée à des souris dans les muscles de la cuisse de la patte postérieure droite; la quantité injectée était toujours égale à o'^"',5. Les expériences faites ainsi ont porté en tout sur 5-2 souris. Afin d'analyser l'action de la lumière, nous avons fait des speclrogrammes avec le (') Jules Courmont et Tii. Nogieh, Action de la lampe en c/uarlz à vapeurs de inercuie sur la toxine tétanique (Comptes rendus. 8 mars 1909). 366 ACADÉMIE DES SCIENCES. spectrograplie de M. l ibain; ces specirogrammes ont été faits avec l'arc au fer et avec l'arc au mercure pour la toxine plus ou moins diluée, pour le bouillon qui avait &ervi à la préparation de la toxine, pour les solutions de NaCl et pour les dillérents verres que nous avons employés comme écrans afin d'arrêter telle ou telle autre partie du spectre ultra-violet. Four déterminer l'énergie des radiations et pour apprécier la proportion des radia- tions ultra-violettes absorbées par les solutions, nous nous sommes servis de la léactiori d'Eder, qui consiste dans hi formation de chlorure de mercure dans un mélange d'oxalale d'ammonium et de bichlorure de mercure. Cette réaction ne se produit pra- tiquement que sous l'action des radiations ultra-violettes; le poids du précipité de HgCI donne une mesure quantitative de l'énergie de ces radiations. Celte réaction d'Eder avait été faite dans des vases recouverts d'une cuvette â fond plat en iiuarlz, dans laquelle on mettait les différentes solutions étudiées sous une épaisseur de 5"">'. Résij'i.tvts. — 1° In/luence de la dilution. — En diluant la toxine avec de l'eau distillée ou avec NaCl à 8 pour looo on trouve que l'action de la lumière est d'autant plus forte ([ue la dilulion est plus grande. Ainsi, par exemple, i5 minutes d'irradiation de la toxine non diluée ne diminuent presque pas sa toxicité, tandis que la solution à -'- est complètement détruite pendant ce temps, l'activité de la toxine étant telle qu'à ,„,'„„ elle tue une souris en 3 à ] jours. Cette inlluence de la dilution est due au bouillon dans lequel se trouve la toxine tétanique. En effet, si l'on dilue de la toxine dans du bouillon frais et qu'on soumette à l'action des rayons, l'action sur cette toxine diluée est aussi faible que sur la toxine non diluée. De ])lus, si entre la lampe et la toxine diluée avec NaCI à 8 pour looo, on interpose une cuvette à fond plat en quartz, dans la(|uelie on verse du bouillon sous une épais- seur de 5""", la toxine n'est pas du tout atténuée même après 3o minutes d'action. Par conséquent, le bouillon aJJSorbe la partie active du spectre ultra-violet, et c'est à cause du bouillon que la toxine non diluée exposée sous une épaisseur de 5""" n'est pour ainsi diie pas atténuée par la lumière ultra-violette. Ce résultat explique pourquoi certains auteurs et en particulier MM. Cour- mont et Nogier avaient trouvé que la toxine tétanique est peu sensible à l'action des rayons ultra-violets. Pour rendre les expériences comparables, on doit donc toujours faire des dilutions qui contiennent la même quantité de bouillon; ainsi, par exemple, on fait une série de dilutions depuis la toxine au j^, jusqu'à ^-^^ dans NaCl à 8 pour looo + bouillon à ji^ et l'on expose ces différentes solutions aux rayons ultra-violets pendant des durées de i, 4> 5, (3, 7, 8 minutes. On injecte des souris et l'on compare les résultats. T . . T , T r — J min. =- < > ni m. = 1^ 7 uni). ooo 200 JO I f SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 367 On trouve alors que l'action de la liintière ultra-violette est proportionnelle à la concentration de la toxine. Ainsi, la toxine au ^^ exposée i minute est équivalente à la toxine au zr^^ non exposée, et la toxine au -^ exposée le même temps est égale à la toxine normale à r~. 2" Loi de la durée d' exposition. — L'action de la lundère croit bien plus rite que la durée d'exposition, ('elle action est presque proportionnelle au carré de la durée. Voici quelques exemples numériques : T T , . I niii). =; L\ mm. 10000 1000 ou encore T T T , . T . . non exposée r- -^ 1 niin. =; ^ — 4 miii. ;= ■^- (> niin. 10000 .)0oo Doo 00 On peut donc résumer les deux premiers résultats par la formule suivante, dans laquelle K est une constante. T la concentration en toxine et .r la du- rée d'action : Action de lu lumière ^ KT2r-. 3" Action de la température. — ( )n sait depuis Goldbergque les réactions photochimiques sont peu sensibles à la température; c'est un caractère essentiel qui dislingue ces réactions des réactions chimicjues ordinaires. En faisant des expériences sur la toxine létanique à o", 16° et 24°, nous avons trouvé que l'action de la lumière ultra-violetle sur la toxine tétanique est presque caissi rapide à 0° qu'à lO" et à 24°; c'est donc une réaction pholochi- mique pure. 4" Nature des radiations actives. — Les spectrogrammesde la toxine téta- nique diluée plus ou moins montrent que ces solutions absorbent la partie extrême de lultra-violet. Ainsi, pour la lumière de l'arc au mercure, la der- nière raie qui passe à travers la solution de toxine non diluée est celle qui a X = 280"), toutes les autres de longueur d'onde plus faible et en particulier les raies très fortes 2752, 2099, 2()55, 2 j^ti, 2:")36, 2j34, 2'i82, 2')6/i, 241^) 2399, 2378, 2345, 23or, 22()2, 2224 sont absorbées. Lorsqu'on fait des spectrogrammes de durée de plus en plus longue ou sur des dilutions de plus en plus grandes, on voit que l'absorption des radiations est d'autant plus forte ([ue la longueur d'onde est plus faible; ainsi les dilutions au ~ de toxine n'absorbent cju'à partir de la raie 2399. L'interposition d'écrans en verre mince laissant passer l'ultra-violet jus- 368 ACADÉMIE DES SCIENCES. qu'à la raie 3o2i et arrêtant tout le reste empêche complètement l'action de la lumière de l'arc au mercure sur la toxine tétanique. Les layons actifs sont ceux qui ont moins de 3o2 1 comme longueur d' onde . — Ce sont donc les rayons absorbés par la solution de toxine tétanique qui sont actifs; c'est une confirmation delà loi générale de Grothus relative aux réactions photochimiques. 5° Indépendance de l'action de l'oxygène de l'air. — Les expériences faites dans des tubes en quartz dans lesquels on fait le vide montrent que l'action de la lumière est aussi forte dans le vide qu en présence de l'air; l'oxy- gène de l'air ou l'oxygène dissous dans la solution n interviennent pas dans cette réaction photocinmique. Nous ne voulons pas encore nous prononcer sur la nature chimique de cette réaction, quoique nous ayons fait un grand nombre d'expériences avec des oxydants divers. Nous signalons seulement ici dès maintenant un ré- sultat intéressant que tes oxydants tels que l'iode et l'eau oxygénée à dose très faible augmentent l'activité de la toxine tétanique en réduisant le temps de latence quelquefois jusqu à 3 ou 4 heures, au lieu de \ 5 heures, et les mêmes oxydants à dose plus forte détruisent la toxine. Les résultats complets seront publiés prochainement. PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — L'épreuve de la phénolurie provoquée chez l'épileptique. Note (' ) de MM. J.-T. Florence et P. Clément, transmise par M. Bouchard. Cette épreuve consiste à administrer de la benzine et à doser, dans les urines, son produit d'oxydation le plus facilement accessible : le phénol. Ferrarini a noté, chez les épilepliques soumis à ce procédé d'exploration, une diminution considérable du pouvoir oxydant, en période d'attaques. Nous avons entrepris des recherches comparatives sur des épileptiques et des individus normaux de l'asile d'aliénés, vivant de la même vie, soumis au même régime. Dans les urines, nous avons dosé le phénol : soit sous forme de tribromo- phénol, soit sous forme de phénol-sulfates obtenus par les procédés pondé- raux usuels. Dans une première série de recherches, nous avons administré la benzine à la dose massive de ^s on une seule fois. (') Transmise dans la séance du 19 juillet 1909. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 369 Voici les résultats obtenus : 1° avec les individus normaux : Quantités de plié no L éliminé [en grammes). Après l'ini;esliiin Avant (urines de 3 jours l'ingestion. consécutifs). e Del ...:.... Traces o , 332 No o o , 3 ro Cost Trace= o, ifii Val Traces 0,372 2" i^vec des épileptiques en dehors des périodes d'attaques: Quantités de phénol éliminé (en grammes). ■ Après l'ingestion Avant ( urines de ^ jours l'ingestion. consécutifs). Cail Traces o,554 Phal Traces o , 490 Mol Traces 0,490 Bress Traces o,588 3° -Avec des épileptitjues en périodes d'attaques: (Jitantités de p/iénol éliminé {en grammes). Après l'ingestion Avant (urines de j jours l'ingestion. consécutifs). \'illar Traces oe,4oo Ma Traces o'-'. 256 Ces chiffres nous indiquent : 1" la Cormation, pour une même close de benzine ingérée, de quantités de phénol plus considérables chez l'épileplique que chez l'homme sain ; 2° La diminution parfois très notable, eu périodes d'attaques, du pouvoir owdant de l'organisme de ces malades. - Dans une deuxième série de recherches, nous avons étudié en fonction du temps, la formation de phénol-sulfates aux dépens de la benzine. Pour faciliter l'absorption de cette substance, nous eu avons, pendant 4 jouis, administré des doses de of, 25, os, 3o, os,3o, o^', 5o. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. li'J, N° 5.) -^19 370 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les pliénol-sulfales et les sulfates salins ont élé dosés dans les urines des 34 heures. „ . , ,. . , SCV pliénol , ,. . ... ... hn établissant ensuite le rapport -——, r Qn "ne alinientation ordinaire niodilie ' ' bW salins généralement fort peu. il nous a été permis de reclierclier dans ce liquide les phénol- sulfates provenant de l'oxydation de la benzine. Avec deux hommes normaux et deux épilej tiques en dehors des périodes d"attai(ues. nous avons cd)tenu les résultats suivants : S< »' phénol lia p port , . , ., — -. •' .SU' salins yorniaiix. .\vant l'ingestion Prnilnnt Fingeslion. Après l'ingestion. (moyennes -— — ^ — ~ ^ — ~— — — - — lie .'i jour»). i*" jour. '"jour. .>"jonr. Vjour. l'^joiir. i"^ jour. Corn G , 1 5 0 , 1 3 1) G, ?.o G , 1 4 " » Lign 0,08 0,0.5 0,12 0,09 0,09 0,11 0,16 Jipilep/iijiies. Gavr 0.12 0,32 0,1 y o-'~ 0,1. j » » Mau 0,21 0,35 0,28 o,a5 o,3o n » L'examen des chillres fouiMiis par les ijualre sujets ci-dessus nous permet de dife que : • • 1" Chez les deux hommes normaux, l'élimination de sulfo-conjugués formés aux dépens de la benzine n'est appréciable que le deuxième ou le troisième jour de la période d'ingestion ; 2" Chez les deux épileptiques au contraire, rélimiuation des sulfo- conjugués suit immédiatement l'ingestion de cette substance. Il semble donc bien que la formation des sulfo-conjugués se fait plus rapidement chez les derniers que chez les premiers. En résumé : 1" L'épileplique, en dehors des périodes d'attaques, oxyde la benzine plus énergiquetncnl <|ue riiomme normal; ■2° Ce pouvoir oxydant est diminué chez l'épileplique en période d'attaques; )" La formation de phénol-sulfates provenant de l'oxydation de la ben- zine paraît clvç plus rapide chez l'épileplique en dehors des attaques que chez l'homme normal. SÉANCE DU 2 AOUT 1 909. à-Jl GÉOLOGIE. — Sur l' histoire géologique et la tectonique de l'Atlas tellieri de la Numidie orientale (Algérie). Note (' ) de M. J. Dareste DE LA CuAVAXNE. Au dcbul des temps secondaires, la région correspondant au bassin de la Seybouse, de l'oued Cherf et de la baule Medjerda se trouvait couiplè- temeut immergée. Seul un continent paléozoïque (micaschistes, gneiss, calcaires, cipolins), déjà consolidé, devait s'étendre au Nord, sensiblement sur l'emplacement du littoral actuel. C'est au sud de ce continent que se sont déposés les sédiments des mers secondaires et tertiaires. Avant le Trias, nous n'avons pas de données sur riiisloire orogénique de la région. Les dépôts laguno-marins triasiques démontrent qu'à cette époque une mer peu profonde recouvrait cette région, sans s'avancer tou- tefois jusqu'au pied du massif ancien de i'Edougli. La mer s'approfondit avec Tlnfralias, le Lias inférieur et surtout avec le Lias moyen, qui prend un caractère bathyal avec une faune de Céphalo- podes et parait Iransgressif vers le Nord dans la direction du massif ancien {Comptes rendus, 27 janvier ifjoS). L'absence de Jurassique dans toute celte région est due probablement à une dénudation, car à une distance relativement faible au Sud-Ouest, près de Batna, la série jurassique renferme des faunes nettement bathyales, qui s'opposent à la proximité d'un continent émergé à cette époque dans l'Atlas tellien. Toutefois, pour expliquer cette dénudation, nous sommes obligés d'admettre, vers la fin du Jurassique, une régression de la mer avec émer- sion consécutive, ce (jui semble confirmé par ce fait que les premiers dépôts du Crétacé inférieur, dans le Tell, sont des calcaires récifaux de mer peu profonde. Avec le Barrémien, la mer redevient profonde et il se forme, au sud du massif ancien du littoral, un géosynclinal tellien, où vont se déposer des sédiments vaseux à faunes abyssales, qui persisteront pendant tout le Crétacé et une partie de l'Eocène. La mer barrèmienne à faune abyssale semble n'avoir occupé que la région (') CeUe Note a été rédigée à la suite île mes explorations pour le Service de la Carie géologique d'Algérie. 372 ACADÉMIE DES SCIENCES. du Tell proprement dite. En efi'et, au Djebel Djalfa, M, Blayac a constaté rexistencede bancs calcaires subrécifaux, déjà intercalés dans le Barrcmien marneux (Comptes rendus, 3o novembre 1896). A l'Aptien, la transgression se dessine; au Chêniour FAptien renferme encore une faune nettement bathyale: il faut arriver jusqu'aux plaines des Harcelas (^Dùniedu Sidi Rgiieissj pour le trouver récifal (Blayac, ILS. G. F., La transgression s'accentue ensuite au Gault et au Vraconniën, qui ren- ferment une faune bathyale, non seulement au Chêniour, mais Sedratas (où nous avons trouvé du Vraconniën à Céphalopodes en contact avec le Trias), et jusque dans la chaîne des Chebka et au Sidi Rgheiss (Blayac, Comptes rendus, 28 juillet 1906). LeCénomanien est encore plus transgressif. Nous avons trouvé des marnes à Céphalopodes (Schlœnbaclna) ']\\?,(:\\\ an sud de la chaîne des Chebka, près d'Ain FaUroun. Là seulement, aux abords des plaines des chotts, le Céno- manien commence à devenir nérilique; nous y avons recueilli la faune de Balna à Ostracées et à Ilemiaster. Cette transgression se poursuit lentement pendant le Cénomanien supé- rieur et le Turonien, car on passe sans discordance du Cénomanien au Sé- nonien, par une série de sédiments marneux de mer profonde, peu épais et non fossilifères dans le Nord, mais prenant plus au Sud, vers Ain Beida, une plus grande puissance et renfermant une faune cénomano-turonienne semi-néritique. Au Sénonien, la transgression devient maximum, surtout vers le Sud. Toutefois la mer, en s'étalant sur de vastes surfaces, perd de sa profondeur; elle ne contient plus une faune nettement abyssale; on n'y trouve plus guère que des Inocérames et des Echinides. Dans le Tell, le Sénonien paraît encore cependant plus bathyal qu'aux abords des hautes plaines, à en juger par son faciès plus marneux et par ce fait que les Inocérames et les Echinides (Siegaster, Micraster, Ec/nnocorys : genres plutôt néritiques) y sont bien plus rares. Au Danien, le géosynclinal du Tell diminue encore de profondeur, c'est un faciès à Echinides {Ovulaster, Cardiaster, etc.) et à Radiolites (^Comptes rerulus, 8 mars irjog). Sans pouvoir fixer de limite précise entre le Crétacé et le Tertiaire, nous passons insensiblement du Danien à l'Eocène, dont la faune générale indique une mer qui, tout en occupant toujours à peu près les mêmes SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 3-]3 régions, a dû être moins profonde. 11 devait y exister des seuils et des bas- fonds, étant donnés les brusques changements latéraux de faciès qu'on observe dans ces terrains. La mer, à l'Eocène inférieur et moyen, ne paraît pas s'être étendue aussi loin vers le Nord que la mer de la Craie. Vers la Mahouna, les marnes et les calcaires éocènes ont, par place, un caractère assez littoral, par suite de la présence de conglomérats et de nombreux bancs phosphatifères intercalés dans les calcaires à silex, et par leur faune de Polypiers et d'Operculines, Foraminifères plus littoraux que les Nummulites, localisées plus au Sud avec leurs grandes formes. Les lumachelles à ''Àv//-e«^^rf"c///>/«V'rt/a paraissent égale- ment plus développées vers le Nord de la chaîne tellienne. Les mers de l'Eocène inférieur et moyen ont dû recouvrir toutes les hautes plaines, à en juger par les lambeaux d'Kocène situés plus au Sud vers Tebessa et la Mes- kiana. Après cette longue période, caractérisée par des mouvements d'oscillation très lents et de peu d'amplitude, nous entrons dans une phase où se pro- duisent les mouvements orogéniques les plus intenses de l'histoire de cette Alors, l'émersion du massif ancien du liltoral sacliève el des poussées langentielies, venues du Nord, refoulent vers le Sud les sédiments de la série crétacée-éocène, de telle sorte que les niveaux calcaires de celle-ci (calcaires à silex, calcaires à Inocé- rames. etc.) se trouvent en certains jjoints empilés sous forme d'écaillés et constituent des plis imbriqués. Celte structure écailleuse {Sclitippenstritclur) est la règle dans la région et particulièrement ^iir le liane Nord de f.Vtlas tellien. Aux abords des hautes plaines, sur le revers Sud de la chaîne, ces poussées ont eu pour eilét d'amener l'aflleu- rement de marnes triasiques, qui se présentent sous forme d'ellipses déversées et de lames étirées en coatact avec les dillerenles assises du Crétacé. Puis, sur cette région énergiquement plissée et entamée par l'érosion, la mer revient peu profonde et dépose des sédiments argilo-gréseux (Flysch medjanien et numidien) d'âge éocène supérieur et probablement même déjà Oligocène en partie. ïransgressive vers le Nord sur le massif ancien, la mer ne semble pas avoir dépassé à cette époque, vers le Sud, les abords des hautes plaines. M. Georges Barbaudy adresse des Observations sur le vol plané cl l'avia- tion . 37 i ACADÉMIE DES SCIENCES. M. Alexandre Sée adresse une Note intitulée : Le planement des oiseaux qui suivent les navires en mer. \l. Cil. Tellier adresse une Note sur les Aéroplanes. (Ces trois Notes sont renvoyées à la Commission d'Aéronautique.) La séance est levée à 4 heures et quart. Ph. V. T. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. Ouvrages reçus dans la séance du 19 juillei 1909. Les ctoilrs variables, par M. G. Bigourdan. (E\lr. de VAiuiuaire du Bureau des Longitudes pour l'an 1909.) Paris, Gautliier-Villars ; i fasc. in-8°. (Hommage de raïUeur.) Von den verânderlichen Slernen, von G. \UkJi.(V.\\.r. as Marine- Ruiidscluiu.) Berlin, Ei-nst Siegfried Millier iiiid Solin; i fasc. in-S". La réfractoniélrie et ses applications pratiques, par D. Siueiisky. l'aris, Gautliier- Villars, Masson et G'", s. d.; 1 vol. in- 12. (Présenlé par M. Amagat.). The principal professional papers of D'' J.-A.-F^. WADDEr.L; ediled h\ John-Lyle Hahrington; lirst edilion. Ne«-York, 190.!); i vol. in-S". De pontibus, a pocket-booi: for bridge engineers, by J.-A.-L. Waddell; second edilion. New-York, 1906; i vol. in-12. Spécifications and contracts, a séries of lectures delivred bv J.-A.-L. \\audell, wilh Notes on t/ie law of contracts. by John-C. Wait. New-York, 1908; i vol. in-8". iVickel Steel for bridges, bv ,I.-A. Waodeee. ( Rxlr. de American Soc. of cis'il En- gineers : Transactions: vol. LXIII, 1909, p. 101.) 1 vol. in-S». Application d'aciers spéciau.c dans les ponts. Application à l'acier au nicliel, par Ai.freu .Jacobson. (Article du Génie cicil, l. LIV, n" 20, p. o5i.) Paris, 1909; 1 fasc. in-folio. 'flwughl on natural philosophy and tlie origin of life. by A. BiDDt.Hco.MBE. Newcastle, Upon-ïyiie, 1909; i fasc. in-S". Gbservatoiio de Tacubaya. l'arta fotografica deltjielo: y.ona — 16°, n"' 6, 7, 8. fU, 95, 138, 141, 151, 153, 154, 158, 1.59, 160, 161, 165, 168, 169, 171, 173, 175; pub. por el nirector Felipe Vai.i.k. Paris, hélio^. et imp. I^. Schulzenberger; 20 feuilles iu-plauo. SÉANCE DU 2 AOUT 1909. 37: Givrages reçus dans la séance du 2(5 juillet igog. Minislère des Travauv pulilics, des Postes et des Téléfîra plies. Ports marilimes de la France : Notice sur l allcrrat^e de Berch et la haie d' Atilliie, par M. J. ^'olSl^ et M. Dklamotte. — Notice complémentaire sur le port de (iravelines, modifications sttrt'e/iiws de «878 à 1907, par M. Silvain Dreyfus et M. FHené Brossahd. — Notice complémentaire sar l'anse du Portel, modifications siin-e/ii/es (/<• 1S73 à 1907, par M. J. Voisin et M. Delamotte. — Notice complémentaire stir le port d' litaples, modifications survenues de 1873 à 1907, par M. J. Voisin et M. Delamotte. Paris, Imprimerie nationale, 1908; 4 fasc. in-'i". Théorie de la contre-marée, par le D'' Coste de LAiiiiAVi;. Paris, A. Maioine, 1909; I fasf. in-S°. La destruction de la cuscute dans les prairies, par Gustave Faliès. Paris, Charles Amat, s. d.; 1 fasc. in-ia. liullelin de la Société d'A^iicullure, Sciences et Arts de la Sart/ie : 2" séiie, t. XWIV, années 1909 et 1910, i"' fasc. Le Mans, imp. Monnoyer; i fasc. in-S". Notice biographique sur //umphr) Davy, pai- iM. Pu. -A. Ciuve. (Université de Genève, séance solennelle de distribution des pri\ des concours, 38 janvier 190-.) Genève, imp. W. Kiuidig et lils, 1907; 1 fasc. in-8". Délia vita e délie opère di Michèle Fodera, per Giacomo-Licata I.opez. Girgenti. 1909; I fasc. in-8°. Le Musée propédeulique : Fssai sur la création d'un organisme éducatif scolaire, par Gustave Gilson. Bruxelles, M. Weissenbrucli, 1909; i fasc. in-S". Le curve limiti di poligonali che si deformano con legge assegnala. per Antonio Seli.erio. Palerme, 1909; i fasc. in-S". Beitrag ziir Berechnung der rechtecidgen, ringsum au/liegenden l'iatten, von Jovû SiMic. Vienne, 1909; i fasc. in-8". Elementarer Beweis des Fermât' scheti Satzes, von Imiil von iloEiiii. Rostock, 1909; I fasc. in-)". The L'niversilj of Chicago, founded ljy,lolin-D. Jlockfeller. The Yerkes observa- tory, bv Edwin-Brant Frost, Director. Chicago, 1909; i fasc. in-8°. Le monde planétaire, par N'incent Arnoulu; Chap. 1\'. Bruxelles, 1909; i fasc. in-S". Fundacion de la Energetica racional por la deduccion de las ecuaciones kiné- licas de Netrton, de principios energélicos puros, por Ai liUSTo Knudsen. Ingeniero \ Profesor de la Universidad de Chile, s. 1. n. d.; i fasc._in-4". Die Internationale Konferenz i'iher eleklrische Einheiten und Normale zu London im Oktober 1908, von W. .Iaec.er und St. Lindeck. (Extr. de ElektroteLni- schen Zeitschrift, 1909, Heft 1.5.) Berlin. II. -S. Hermann; i fasc. in-4°. Ueber die Korrektionen fiir Ei/isvbliisslliermometer mit Erweiterungsstelle/i in Kapillare, voii ^^'ALTER Meissner. (Extr. de Zeitschrift fiir Instrumeulenkun/le, 1909, lleft k.) Berlin, Julis Springer; i fasc. in-4". Luftelectrische Beobachtungen im Ssamarkand' schen Gebiet wahrend der 3^6 ACADÉMIE DES SCIENCES. / lotalt'ii Sonnenfinsleinisain \'\ Janiiar 1907, von Ernst Leyst. {Iliill. des Natura- listes de Moscou, n° 4, 1907.) i fasc. in-8°. Meteorotogische Beobachtungen in Moskaii iin Jahre 1907, von Ernst Leyst. (E'itr. (lu Bull, des Naturalistes de Moscou, n° 4, 1907.) i fasc. in-S". L'art psanunurgique et la Chimie: contribution à l'histoire de la Chimie, par MicHEL-C. Stephanides. Mjtilène, imp. Nicolas, 1909; i fasc. in-S". Les cristallisations des grottes de Belgique, par W. Prinz. Bruxelles, Ilayez, igoS ; I fasc. in-4''. Glaciation of the Vinta and Wasalch mountains, h\ \Vai.i,A(:e-W. Atwood. Washington, Government printing Oflice, 1909; 1 fasc. in-4". Annual report on the minerai production of Canada, during the calendar year 1906. Ottawa, 1909; i vol'. in-S". Bolelin del Cuerpo de Ingénieras de Minas del Perii : n° 68, El antimonio en el Péril, por Eugbn Weckwarth; n" 69, Vacimentos carhoniferos de los departe- nientos de la Libertad, Cajamarca y Ancachs. por Ernesto du Bois Lukis. Lima, 1909; 2 fasc. in-8°. EBRATA. (Séance du ~ juin igot).) Noie de M. Albert Michel-Lèvy, De quelques basaltes tertiaires français du Vor!and alpin, à fumerolle éléolitique : S S J'age iSaS, ligne 3i, au lien de '"'"' — , lise: ""' 2 Iv -I- 3 /( ^ ■.>. /. + 3 n 1329, » I , «M lieu de aK + 3n (K potasse. . . ), lise: 2 /. + 3« (/, potasse. . .). » » 18, au lien de Hegaux. lisez Hegau. « » I 9, au lieu de Reichenwe, lise: Reiclienweier. n » 28, au lieu de Billon, lise: Billom. » » 28, au lieu de plionolilhes, lise: j)lionolites. I .j3o, » 17, au lieu de magnétiques, lise: magmatiques. i.^3i, 1) 2, au lieu de néphéliques, lise: nëpliélii)if|ues. » » 7, au lieu de éléotique, lise: éli'olitique. 1) » i4, au lieu de éolitique, lise: éléolitique. » 1) 18, au lieu de éléotiiiiie. lise: éléolitique. ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 9 AOUT 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUQUET DE LA GRYE. MEMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Préside.n't annonce à l'Académie que, le lundi iC> août étant cette année jour férié, la séance est renvoyée au mardi 17 août. CHIMIE AGRICOLE. — Les effets thermiques de Vhumeclation des sols. Note de MM. A. Mïintz et H. Gauoeçiiok. Les corps pulvérulents, préalablement sécliés, s'écliaufl'enl au contact de l'eau. La terre végétale, constituée par des matériaux plus ou moins fins, exposée aux rayons du soleil et à l'action de la pluie, passe par des alterna- tives fréquentes de sécheresse et d'iuimectation. On doit s'attendre à des manifestations thermiques chaque fois que l'eau tombe sur une terre qui est à un certain degré de siccité ('). La chaleur ainsi produite est-elle mesurable et quel est son ordre de grandeur? est-elle de nature à intervenir dans les phénomènes de végéta- tion; est-elle en rapport avec la constitution des terres et sa quantité peut- elle fournir un moyen d'appréciation de leurs aptitudes culturales"? Ces questions nous ont semblé mériter une élude spéciale, comme se rattachant directement à la physique et à la chimie des sols. Nous les avons abordées en nous servant des appareils employés par M. Berlhclot dans ses travaux de Thermochimie. Nous avons commencé par comparer des terres très diverses entre elles, (') Quelques essais dans ce sens avaient déjà élé faits, notamment par A. Milscher- lich (Landw. Jalirb., 1901, Vol. \\X, fasc. 3, p. 36i). C. R., 1909, >' Semestre. (T. li!), N" 6.) 30 378 ACADÉMIE DES SCIENCES. en éludiant la relation qui peut exister entre leur composition et la quantité de chaleur qu'elles dégagent, lorsque, de l'état de siccité, elles passent à l'état d'humectation ( ' ). Toutes les terres nous ont donné des élévations de température sensibles, quehjuefois considérables. Les terres sableuses se placent au bas de l'échelle; mais, quand il y a de l'arj^ile, l'échaulTenient augmente, et d'autant plus qu'elle est en plus forte proj^ortion. Exemples : Argile dans Calories dégagées 100 de terre. par kilog. Cal Terre 1 1,9 0,9 » 2 8,3 1,9 » 3 12,3 2,4 » h- 18,1 3,9 » 5 00 , 2 4)9 » <) 36,8 6,6 Si, par une lévigation méthodicjue, nous divisons une terre en lots de diverses finesses, nous obtenons des résultats comme les suivants : Calories dégagées par kilog. Cal Terre en nature 1 ,3 i'^'' loi de celle lerre ( le plus grossier) 0,0 2"^ » n 0,35 3' » » o,4i 4° » » 2,48 5° » ^le plus fin) 4,90 Argile extraite de ce dernier loi '7i9o C'est donc dans les parties les plus ténues que réside presque e.vclusive- ment l'aptitude à réchauffement au contact de l'eau. Pour nous rendre compte de leur degré de finesse, nous avons examiné, sous de forts grossissements, les particules constituant la lerre. Celles qui ont des dimensions telles que leurs faces et leurs arêtes se distinguent facilement (sables) ne donnent pas lieu à un dégagement de chaleur sensible; celles qui sont encore figurées, apparaissant comme des points à contours mal définis (limons), dégagent un peu de chaleur; mais les éléments de finesse ultime (argiles), que les plus forts grossissements ne nous montrent que comme des amas translucides, (') Tous nos résultats sont exprimés en grandes calories et ont été obtenus à une température peu inférieure à i5°. SÉANCE DU 9 AOUT I909. 879 sans parliciiles figurées, s'échaufFent considérablement au conlacl de l'eau. Lorsqu'on soumet ces amas à l'examen ullra-raicroscopi(iue, ils se résolvent en nébuleuses de points brillants, qui montrent qu'ils forment une masse de particules infiniment petites. On se fait souvent des illusions sur l'état de finesse des matières pulvé- rulentes et l'on est porté à croire que celles qu'on appelle impalpables sont à un extrême degré de division. Il n'en est pas toujours ainsi : le talc, le sulfate de baryte précipité, par exemple, regardés comme très fins, appa- raissent, même avec un grossissement modéré, comme nettement figurés, en cristaux ou en lamelles. Ils n'offrent donc aucun rapprochement avec les matériaux argileux, dont l'état de division est incomparablement plus grand. Aussi ces deux corps, contrairement à ce que nous pouvions penser, ne nous ont-ils donné qu'un échauffement spécifique très faible, o'-"',^ pour le talc et o*^"','-^"^ pour le sulfate de baryte. L'examen microscopique nous explique pourquoi il en est ainsi. Une observation analogue a été faite sur le kaolin, qu'on regarde souvent comme le tvpe des argiles. Il est loin d'avoir le degré de finesse de ces der- nières. La grande masse des particules qui le forment ont des dimensions appréciables; aussi ne dégagc-t-il que 2*^"', 9, s'éloignant ainsi beaucoup des argiles proprement dites. Mais parmi les constituants de la terre, ce sont les matières humiques, débris organiques plus ou moins décomposés, plus ou moins divisés, qui donnent les élévations de température les plus grandes, et cela quel que soit leur état de division. Ils sont en elTel poreux, l'eau les pénètre et ne s'arrête pas à la surface extérieure, comme pour les débris minéraux. C'est ainsi qu'une tourbe fibreuse de l'Oise a donné 25'^*',i, et l'acide liumique amorphe extrait du terreau 22^^"', 9. D'autres matières organisées ont donné : fécule de pommes de terre, 2'3^''',5; aii'.idon de blé, 22^"', 9; sciure de bois, 18^"', 5. Ayant isolé, dans la mesure du possible, les éléments de la terre, non plus seulement par degré de finesse, mais par nature de matériaux, nous trouvons pour les chaleurs dégagées par riuimectation : Cal Cal liléments sableux, suivant leur (inesse 0,0 à 1,0 Limons, su i va nlleurfinesse 1,0 à 2,0 Argiles 7,0 à 18,0 Matières liumiques 20,0 à 3o,o On voit que, dans la terre, c'est à l'argile et surtout à l'humus que sont dus les échauffements qui se produisent au contact de l'eau. 38o ACADÉMIE DES SCIENCES. Toutes les terres sont hygroscopiques, mais très différemment; dans une atmosphère humide, les unes absorbent ou retiennent i pour loo d'eau, les autres 20 pour 100. (^uel rapport y a-t-il entre l'aptitude à fixer l'eau et la quantité de chaleur dégagée lorsque, de l'état sec, les terres passent à l'état d'humectation (')? Les résultats suivants montrent qu'il y a une relation, mais non une proportionnalité, entre ces deux données : Quanlilé d'eau fixée pi>ur 100 Calories dégagées dans une • parla terre sèche même atmosphère qu'on humecte. humide. Terre sableuse o,Qb 1,22 Terre limoneuse 3,28 3,23 Limon argileux 4)84 4)9° Argile de Vanves 6,84 12,12 Argile de Mours i.5,2o '7!90 Toutes les déterminations dont nous avons parlé jusqu'ici ont été effec- tuées sur les matières rigoureusement sèches. Qu'advient-il lorsqu'on les fait sur des terres à divers degrés d'humidité et que, par suite, les exigences pour l'eau sont en partie satisfaites? Voici des résultats qui répondent à cette question : Terre sableuse. Terre limoneuse. Argile de Vanvcs. Argile do Mours. Tourbe de l'Oise. Kau Calories Eau Calories Eau Calories Eau Calories Eau Calories p. icm. parkilog. p. loo. par kilog. p. loo. par kilog. p. ion. par kilog. p. loo. parkilog. 0,00 0,9.5 0,00 3,28 0,00 (5,84 o,oû i5,2o 0,00 2(),7o 0,48 0,79 1,16 1,53 2,71 3,34 4,42 8,-0 3,94 21,70 o,63 0,68 2,29 0,49 4) 32 2,44 9)38 4) 20 9-70 i4,5o 1,22 0,00 3,23 0,27 12,12 0,33 '7i9o o,5o 22, 3o 2,60 Eu inscrivant en ordonnées les quantités de chaleur et en abscisses les quantités d'eau, on obtient des courbes qui, pour les terres où les matières organiques ne sont qu'en minime proportion, ont chacune leur allure propre. Mais pour les tourbes ce sont des droites, ce qui indique une rela- tion de proportionnalité très étroite entre la quantité de chaleur dégagée et le degré de siccité. (') Voir HoDEVALU el IMilscheruch, Landw. Vers. Stnt.. t. LI\', fasc. 5 el 6, 1904, p. 433. SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 38 I Ce nouveau mode d'investigation permet-il de se former une opinion sur la. valeur agricole des terres? Nous ne le pensons pas, car s'il est bien certain que les terres maigres sont celles qui dégagent le moins de chaleur, d'un autre côté, lorsqu'on se trouve en présence de terres qui en dégagent beau- coup, il est impossible, sans un examen spécial, de savoir quelle est la part attribuable à l'argile ou'à l'humus. C'est ainsi qu'une argile, constituant une terre froide et peu propre à la culture, pourra dégager autant de chaleur qu'un terreau fertile, riche en humus. I^'étude calorimétrique des terres ne peut donc pas se substituer, même partiellement, à leur analyse chimique ou mécanique; mais celle étude nous a donné l'explication d'un fait souvent observé dans la culture potagère, celui de la (létrissure des plantes par une pluie survenant après quel([iies heures de soleil. Sous l'influence de l'insolation, le terreau, de couleur foncée, s'échaulle jusqu'à 4o" et même bien au delà, en même temps qu'il se produit une dessiccation. Si, à ce moment, il survient une pluie, même faible, l'humectation de la terre dégage un nombre de calories suffisant pour élever la tempé- rature jusqu'à .5o" et pour produire ainsi un véritable échaudage qui tue les jeunes plantes. Le calcul donne l'explication de ce fait, que nous avons pu constater par l'ob- servation directe et reproduire SYnthéti(|uement. Les jardiniers, sans se rendre compte de l'eflet de l'eau sur un sol qui a été insoié, évitent de faire des arrosages aux heures cil il y a du soleil. Quelles sont les causes premières de réchauiïement qui se produit lors- qu'une terre sèche est mise en présence do l'eau? Des actions de surface interviennent dans totis les cas; mais ce qui fait penser qu'il y a en outre une hydralation, véritable réaction chimique, ce sont les faits suivants : i" Les argiles, l'hunius, les matériaux organisés en général, qui dégagent un nombre considérable de calories au contact de l'eau, n'en dégagent que très peu, ou même pas, au contact d'autres liquides, tels que la benzine. L'amidon est aussi dans ce cas. 2° L'alcool aqueux, à 88" par exemple, se déshydrate partiellement lors- qu'on le met en contact avec de l'argile, de l'humus du de l'amidon préala- blement séchés, ce qui indique, de la part de ces derniers, une affinité pour l'eau assez puissante pour séparer l'eau de sa combinaison avec l'alcool. Quoi qu'il en soit, les ollets thermiques qui se manifestent par l'humec- lation des éléments terreux et des matières organisées semblent de nature assez complexes. L'ensemble de nos recherches met en évidence des faits qui se repro- duisent avec une grande fréquence dans la couche superficielle de la terre arable et qui peuvent avoir une inlluence sur les réactions dont elle est le siège et sur les phénomènes de végétation. 382 ACADÉMIli DES SCIENCES. PHYSIQUE. — Phénomènes magnéto-anodiques . Noie de M. Gouv. 1 . On peut étudier commodément la couronne magnéto-anodique (') en garnissant l'intérieur de l'ampoule de Crookes d'une grande feuille métal- lique, qui est percée de fenêtres pour l'observation, et forme la cathode, reliée à la terre. Avec des champs faibles, l'ampoule est remplie de rayons magnéto-cathodiques qui accompagnent un état oscillatoire mis en évidence par des effets Teslaplus ou moins marqués; mais, en augmentant le champ, on voit subitement l'ampoule devenir obscure par la disparition des rayons magnéto-cathodiques; en même temps la couronne, qui était presque effa- cée, prend un vif éclat et les oscillations deviennent insensibles; c'est ce qu'on peut appeler le régime magnéto-anodique (-). Des champs de looo à 2000 gauss, et des vides de 8^^ à i^, conviennent en général pour cette étude. 2. Deux cas bien différents peuvent se présenter. Supposons d'abord que le plan passant par l'anode et normal au champ soit dégagé de tout obs- tacle. L'anode est, par exemple, une sphère de 2""" de diamètre, portée par un fil isolé, parallèle au champ. La couronne est alors très petite et fort brillante; elle n'est séparée de l'anode que par un intervalle de o""",.^ envi- ron, et ses dimensions, qui diminuent quand le champ augmente, ne dé- passent pas quehpies millimètres pour la partie très lumineuse: elle se con- tinue ensuite, toujours normale au champ, jusqu'aux parois de l'ampoule, en s'affaiblissant et s'épaississant graduellement. L'ionisation est très grande dans la partie brillante de la couronne et elle est encore, à distance de l'anode, de 5 à 10 fois plus grande dans la cou- ronne qu'en dehors ('). Le courant est aussi un peu plus intense dans la {') Comptes rendus, 22 février el i5 mars 1909. (^) Il est parfois nécessaire, pour obtenir ces résultais, de moclifier les positions re- latives des électrodes, de l'ampoule et de l'éleclro-aimant. Dans une obscurité com- plète, on constate qu'il reste toujours des traces de rayons magnéto-cathodiques, mais très faibles. Avec une ampoule ordinaire, le régime magnéto-anodique peut exister près de l'anode, en même temps que les rayons magnélu-catliodiques se montrent dans une autre partie de l'ampoule, mais les ex|)ériences sont beaucoup plus difficiles. (') Voici quel(|ues résultais numériques obtenus avec 2 fils de o"'", 4 de diamètre, 8"'"" de longueur, distants de i""". Dans la partie brillante de la_ couronne, avec une pile de l\0 volts, on a 5o micro-ampères. A aS""" de l'anode, avec une pile de 200 volts, on a 5 micro-ampères dans la couronne et 0,7 au dehors (pression, 81^; champ, 2000). SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 383 couronne. Le voltage de l'ampoule est réduit à moins de -^ de la valeur qu'il avait en l'absence du champ; la chute cathodi(pie n'est plus que de quelques centaines de volts; la chute anodique est plus grande. 3. Supposons maintenant (pi'on place au contact de l'anode une lame de mica; on voit la couronne s'agrandir de manière à surmonter l'obstacle, tout en restant circulaire; elle laisse alors près de l'anode un espace obscur. Cette couronne agrandie se produit toutes les fois que, dans le plan normal au champ, se trouve un obstacle quelconque qui empêcherait de tourner autour de l'anode. La disposition la plus simple consiste à prendre pour anode un fil métallique, perpendiculaire au champ et protégé jusque près de son extrémité par un tube de verre qui forme l'obstacle. La couronne est alors ovale, et son plan est normal au champ. Ses dimensions peuvent atteindre, dans des conditions favorables, plusieurs centimètres. Elle se présente d'ordinaire sous l'aspect d'un cordon lumineux, assez bien défini, laissant près de l'anode un espace obscur qui peut être considérable ('). Si l'on approche une cathode, on voit toujours la couronne gauchir et se dé- former comme si elle était repoussée par elle (-). La couronne agrandie augmente le voltage de l'ampoule d'environ moitié par rapport à celui de la couronne simple. 4. La particularité la plus singulière de la couronne, c'est que tout obstacle y produit une sorte d'ondulation ou de zigzag, que j'ai pris d'abord pour une hélice à spires aplaties ('), mais qui est en réalité formé par une sinusoïde ou une ligne brisée, tracée sur un tube de force magnèlique. En effet, si l'on examine sous divers aspects un filet fin et isolé, comme on en trouve assez souvent, on reconnaît invariablement (juc toute apparence de sinuosité disparaît quand le rayon visuel est parallèle au champ; le filet se montre alors comme une courbe régulière ('). En s'éloignant de l'obstacle, (')Dans cet espace obscur se trouvent parfois des couronnes supplémentaires, issues d'ordinaire du petit intervalle libre qui existe entre le tube de verre et l'anode. 11 arrive aussi que la couronne est forniiée de plusieurs parties concentriques, plus ou moins distinctes et possède ainsi une ceitaine largeur dans le sens normal au champ. (^) On peut mettre à profit ce phénomène pour produire des couronnes agrandies qui ne touchent pas l'obstacle, celui-ci étant cathode ; ces couronnes sont donc engen- drées dans le gaz lui-même, loin de l'anode, par un mécanisme inconnu. (') Loc. cit. (*) rj'un point de vue convenable, cette courbe paraît perlée; le rayon visuel est alors dans l'alignement exact de certains éléments de la ligne brisée, qui paraissent 384 ACADEMIE DES SCIENCES. ces ondulations diminuent d'amplitude et deviennent confuses. On peut en produire plusieurs séries sur la même couronne, en y mettant plusieurs obstacles. Leur amplitude varie de i""" à plusieurs centimètres; le pas semble être inversement proportionnel au cliamp et dépend aussi d'autres conditions; il est compris entre o""", 5 et 8""". Autant qu'on peut en juger, la direction du cliamp est bissectrice de l'angle de zigzag. Dans tous les cas, un observateur qui parcourrait la couronne en marchant en sens inverse du courant magnétisant, i*encontrerait l'obstacle avant les ondulations qu'il produit. La ligure ci-jointe donne une idée de ces apparences; l'obstacle est ici le tube de verre qui protège l'anode ('). 5. L'aspect du phénomène, surtout aux grandes amplitudes, suggère naturellement l'idée que l'agent lumineux existant dans la couronne est. dévié de sa position normale par l'obstacle, et y revient en exécutant des oscillations amorties, parallèlement au champ magnétique, pendant qu'une sorte de dérive l'entraîne dans le sens perpendiculaire. On peut faire l'hypo- thèse que cet agent n'est autre que celui des rayons magnéto-cathodiques, ainsi plus Ijiillanls. Un ensemble de paieils filels juxtaposés monlie des stralificalions dues à la juxtaposition de ces points brillants, tandis que d'un autre point de vue on ne voit que les zigzags; c'est une stiuclure que la couronne montre fréquemment. (') La figure est au grossissement de ,. La couronne est vue presque de profil, le rayon visuel faisant un angle d'environ "0° avec le cliamp. SÉANCE DU 9 AOUT 190g. 385 qui oscillerait ainsi suivant la ligne de force magnétique, de part et d'autre d'une position d'équilibre, qui serait le point où la composante efficace du champ électrique est nulle, la ligne de force étant tangente à la surface équipotentielle électrique. Quant à la dérive, elle résulterait de Faction transversale du champ électrique sur le rayon magnéto-cathodique, décou- verte par M. ^ illard ('). On peut donner à l'hypothèse une forme plus précise en regardant, avec M. Fortin (-) et plusieurs physiciens, les rayons magnéto-cathodiques comme formés par des enroulements hélicoïdaux d'électrons. Le calcul montre que, pour de petites amplitudes, le centre du cercle décrit par un électron quelconque oscille suivant la ligne de force magnétique avec la période I rni 27-' et subit en même temps une dérive perpendiculaire aux deux champs avec la vitesse -n-, en désignant par F et H les deux champs, et par r le rayon de la section faite dans la surface équipotentielle par le plan des deux champs. Il en résulte que le pas de l'ondulation est égal à ^\/— — ' expression qui donne des valeurs d'un ordre de grandeur acceptable (^). La théorie esquissée ici nous apprend que la couronne dessine le contour suivant lequel un tube de force magnétique est tangent à une surface équi- potentielle électrique; c'est ce contour, en effet, que doit suivre le milieu de l'ondulation. Cet énoncé est d'accord, dans une certaine mesure, avec la forme de la couronne dans diverses conditions, mais ce ne sont pas encore là des vérifications à proprement parler. (') P. VrLLARD, ^ur les rayons cathodiques {Comptes rendus. 6 juin 1904). Le sens de celle action esl d'accord avec noire hypolhèse. (') Cil. Fortin, Sur la dé\'iation électrostatique des rayons magnéto-cathodiques (Comptes rendus. 20 juin 1904)- (^) Soil, par exemple, H =z 2000 gauss, F =; 4oo vohs par cenlimèlre, /• =: r™, e On a pour le pas 5'"™,!. L'ondulalinn inonlre quelquefois la forme sinusoïdale indiquée par la théorie; mais, en général, les sommels sonl aigus et même effilés, surtout quand l'amplitude esl notable. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 1 i9, N" 6.) 5l 386 ACADÉMIE DES SCIENCES. ÉLECTIONS. M. Ip Misistuk de i.'Ini ÈRiEuii invitc rAcadémie à désiginT riin de ses membres (jui devia faire partie du Conseil d'Administralioii di' la « V^on- datioii Carnegie ». Il csL procédé au vote. M. lîouQUET DE i,A Grye l'éuiiit la majorité des sufl'rages. COURESPOrVDAIVCE. M. le Secrétaire perpktuei. signale, parmi les pièces imprirnées de la Correspondance, l'Ouvrage suivant : CaUdogo aslrofoiogra/ico 1900,0 : Zona di Catania ; declinazione -f- 5i" a -\- v')", ascensione relia o'' a 3''. (Présenté par M. 13. 15aillaud.) MM. J. lÎER«OMK, Er.NEST-WiI.LIAM IÎROWX, P. ClIAVERNAC, DuPARD, E.-F. Gaitieu, Pli. Glaxoeaid, Lefkaxc, Nici.ot, Charles Nicoli.k, 3Ialrice Perrot, Porcher, Loiis Kéxo.v, Triboxdeau adressent des renier- cîments poui" les distinctions que rAcadémie a accordées à leurs travaux. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les singularités discontinues des fonctions analytiques uniformes. Note de M. A. Den.ioy. .l'ai donné, dans mit; i\ole présenléi.' dans la séance dn 26 juiliiil dernier, des exemples : 1° de fonctions F, el o, bornées sur un ensemble singulier E, de longueur linie; 2° de fonctions Fj continues sur leur ensemble singulier E, dont la longueur e>t infinie et l'aire nulle. E, et E, sont parfaits discontinus. 3° Soit E3 un ensemble A^ aire partout non nulle, formé par exemple des points qui se projettent sur O^ et sur Oyj dans les ensembles parfaits E, et E', dont les «''■""'* inlervalles contigus sont respectivement a„ à «„ et ib„ à i6„. Le théorème de (^auchy nous dit que Fjj,,, singidière sur E.,, peut être continue el F',., isounék. On verra plus loin l'intérêt qui s'attache au cas de F bornée, cas dont on n'a pas jusipiici formé d exemple. SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 887 Je ne sais si la fonction est bornée. En tous cas, la série converge, est holomorphe hors de E^, sin- gulière snr E3 et sa priniilive est uniforme et conli/iue sur E^,. De même qu'il existe des fonctions ^(S) telles que soit bornée, si E, est linéaire, de même il existe certainement des fonctions ci(^, ■/)) telles que soit bornée. Inversement, une fonction F'., bornée sur E^ et dérivée d'une fonction uniforme F., peut se mettre sous la forme précédente, 0 étant (sauf peut-être sur un ensemble de mesure nulle) une dérivée — j^ — bornée et dont les zéros sont partout denses. Nous allons déduire de F., une fonction uniforme dont la fonction imerse est également uniforme. Soit y = Kx + B -\-¥^{x). Supposons — A non intérieur à un champ convexe englobant l'ensemble (dont le complémentaire est, a priori, fermé) des valeurs d'holomorphisme de ¥'„. L'ensemble E!, de toutes les singula- rités possibles de r(y) (valeurs ^ de y sur l'ensemble des valeurs a de .r sur E., ) ne morcelle pas le plan parce qu'il est parfait discontinu. Donc a;(y) a, dans tout le plan des y, le même nombre de déterminations. Comme x est uniforme pour j infini, x est partout uniforme. On sait que si I A I est supérieur à | F'(x)\, x s'obtient en y par une suite d'approxima- tions définies par j= A^„+,-i-B-l-F,(a,-„). Il y a correspondance analytique hiunivoque entre les points de Ej et ceux de E3. Chacune des fonctions x et y possède un ensemble (^a priori fermé j parfait discontinu de valeurs exceptionnelles au sens de M. Picard (prises en aucun point d'holomorphisme). Le principe qui permet de déduire d'une fonction bornée une fonction dont la fonction inverse est, localement au moins, uniforme, paraît devoir 388 ACADÉMIE DES SCIENCES. ('ire utile dans ces sortes de question. Il permet de montrer immédiatement que ni F^ ni F3 ne peuvent être constantes sur I'] sans l'être partout, en sorte qu une fonction assujettie à être coiitifiue partout . Jwlomorphe au moins au tmsinage de E, sition sur E, est définie complètement par l'ensemble de ses valeurs sur un élément de E. 4" En combinant les méthodes qui donnent les fonctions F, et F,, on peut obtenir une fonction F bornée sur un ensemble E de longueur finie, mais à deux dimensions. 11 y aura lieu, comme je l'indiquais à la fin du paragraphe I de ma der- nière Note, d'étudier cette théorie dans ses rapports avec celle de la crois- sance. L'inverse de la distance 0 de x à l' ensemble joue le rôle du module r de X dans la théorie des fonctions entières. Ainsi, soit une fonction F dont les zéros a„ et les pôles a„ sont rangés de façon que les dislances o„ et ù\^ de a„ et a„ aux points de E les plus voisins a„ et a.\^ ne vont pas en croissant. On peut placer tous ces zéros et tous ces pôles dans des produits infinis lU*],, et nE„ en posant 1"^„ = E( -^^ ", p„\, si E(î/, p) est le facteur primaire de Weierstrass. Les exposants/?,, que déterminent pour les fonctions entières les suites r„= ^i /'„= ,, rendent convergents les produits E„ et E^,. Mais ici, le facteur restant dans F a-t-il pour logarithme une fonction uniforme? En tous cas, il peut être beaucoup plus important que le produit de Weier- strass, puisque celui-ci peut se réduire à un seul l'acteur. GÉODÉSIE. — Sur les marées de l'écorce et l'élasticité du globe terrestre. Note de M. Cii. Lam,e.manii, présentée par M. H. Poincaré. J'ai montré (') que les deux principaux modes de détermination de la rigidité du globe conduisent à des résultats différents. La théorie ci-après semble faire disparaître cette anomalie. Les distances de la Lune aux divers points de la Terre étant inégales à cause des dimensions de celle-ci, les attractions correspondantes le sont aussi. En un lieu donné N, la différence entre l'atlraclion locale et celle exercée sur le centre constitue une petite force perturbatrice, se combi- (') Comptes rendus, l. GXLIX, 2 août 1909, p. 336. SÉANCE DU 9 AOUT 1909. ^Sq nant avec la pesanteur et déviant la verticale d'une quantité 0 M, masse de la Lune rapportée à celle de la Terre; d, sa distance en rajons terrestres; 3, sa dislance zénithale en N. La déviation de la verticale entraine, pour la surface de niveau qui lui est perpendiculaire, une légère déformation. D'une sphère, par exemple, elle ferait un ellipsoïde de révolution, allongé dans la direction de l'astre et aplati de _ 3 M '^ " 2 c/ ' ■ Le Soleil produit un elYet analogue, mais à peu près moitié moindre (a' — o,'[^7.). Cette double déformation, suivait la rotation diurne appa- rente dés astres autour de la Terre, engendre, pour le géoïde, des marées dont l'amplitude se calcule aisément (-). Mais la masse entière du globe, et non pas seulement les océans, est soumise à cette double influence. Si le solide terrestre était indéformai)le, les mouvements de la verticale et les marées océaniques (du moins les ondes lentes, peu altérées par l'inertie ou la viscosité des eaux) atteindraient l'amplitude théorique. La Terre étant élastique, tout changement dans la surface de niveau enlraine, dans la surface libre, une altération correspondante, mais atté- nuée dans un rapport K,,, dépendant du degré d'élasticité du solide et variant de r, pour la fluidité parfaite, à o pour la rigidité absolue. Inversement, toute modification de la surface libre se répercute sur la surface de niveau, mais restreinte dans un rapport K^, qui dépend de la constitution du corps et varie de 0,6, pour un solide homogène ('), ào pour un corps de densité infinie au centre et nulle à la surface. (') TissEltAND, Mécanique céleste, t. II. (') On trouvera ce calcul dans V Annuaire du Bureau des Longitudes ■pour 1910, Notice B : Sur les Marées de l'écorce, etc., par Gh. Lallemand. {'■') D'après Tisserand {Mécanique céleste, l. II), en effet, la surface de niveau d'un ellipsoïde homogène de révolution, présentant un très faible aplatissement x, a pour équation (x'^-h y-)(i — Ojlix) -\- z-(i + o.Hx) = consl., ce qui représente un ellipsoïde analogue, d'aplatissement « -^ 0,60.. 390 ACADÉMIE DES SCIENCES. A une déformation ellipsoïdale a de la surface de niveau correspond donc, pour la surface libre, une déformation analogue Iv,.a, hujuelle, à son tour, engendre une déformation supplémentaire, K,. K^a, dans la surface de niveau et ainsi de suite, de telle sorte que, finalement, ces déformations successives s'ajoutant les unes aux autres, on a, pour les deux surfaces conjuguées, les aplatissements efleclifs ci-après, sommes de deux progres- sions géométriques décroissantes : (1) Surface de niveau : Xg-r^ a -+- Kclv<.« H- K,^ K| tx -H. . .= -. , K a. (2) Surface libre : a,= K,ot + K,,K,?c( + K,- K^ a + . . .=: • ,"', ,. = K,.a,,. L'amplitude relative m des marées océaniques ou des mouvements de la verticale par rapport au sol correspond à la diflerence (3) ni^acg — Xe^^ (Xf(i — K,,)- Dans la première Note, on a vu que le rapport — est compris entre o,G.) pour les marées et 0,67 à 0,70 pour les mouvements de la verticale. D'autre part, sous l'action de la force centrifuge, la surface de niveau d'une Terre absolument rigide eût subi une déformation ellipsoïdale (,)'^a t w, vitesse angulaire de la rolatiou diurne ; a, rayon équatorial ; g, accéléralion moyenne de la pesauleur. Si l'on admet qu'au moment où elle a commencé à se solidifier et où, par suite, le coefficient K^ avait encore la valeur i, la Terre avait déjà sa constitution et son aplatissement actuels ( a, = 9—)' l'équation (ï) s'écrit I I I 3oo 578 1 — K^. ' d'où (4) K,= o,48 et '^- i-o,48K, D'un autre côté, Newcomb (') a montré que les déformations ao, a,, a et a„ sont liées à la période d'Euler, t„ = 3o5 jours, et à la période de (') Mo nthly Notices, 1892. SÉANCE DU 9 AOUT l()C9. Sgi Chandler-Kiinura, t = 4'^tre. (') Ou trouvera la dcmonstralion de ees Corniules dans V Annuaire du Itureaii des Longitudes pour 1910. Notice !> : O/'. cil. -T.... ^xo,i6 Ha,,, (r — -cos-/) bi-liebdomadaire 3 semi-annuelle 1 392 ACADÉMIE DES SCIENCES, Ainsi, au moment des pleines lunes cquinoxiales, la marée semi-diurne lolale de l'écorce atteindrait /\g"" à réqualour et seulement 19''" lors des quadratures. A 4-'>° de latitude, les amplitudes seraient tontes réduites de moitié. Appliquons maintenant la relation, trouvée par Schweydar, entre — et le coefficient moyen p de rigidité du globe, dans l'hypothèse de Roche- Wiechert sur la constitution interne; cette relation peut s'écrire ?>i 1 ,726 -t- p^ oc ^ 1,92 -T- 5,4340 +p'- Pour — = -, on a p = ("),3, correspondant à une rigidité intermédiaire entre celle du cuivre (4,7) et celle de l'acier (7,65). PHYSIQUE. — Sur di(férenles espèces de dissymèlries d intensités, ubseivèes pour les composantes magnétiques, polarisées circulairement , des bandes d' absorption des cristaux uniaxes. Note de M. Jean Iîecquerel, présentée par M. H. Poincaré. On sait que les deux composantes d'un doublet mignétique, correspon- dant à l'absorption de vibrations circulaires de sens contraires, ont presque toujours dans les cristaux des intensités différentes (' ). Si l'on abaisse pro- gressivement la température, dans un champ magnétique constant, on observe que les dissymétries dont le sens est tel que la composante accélérée (côté violet) soit la plus intense deviennent de plus en plus prononcées, alors qu'au contraire les dissymétries de sens inverse s'atténuent, san- nulent et changent de sens : on peut donner comme règle qu'ri une tempé- rature suffisamment basse, la composante accélérée est plus intense que la composante retardée. Ainsi, les 81 bandes visibles dans ie spectre du xéno- time à — 259° (iiydrogène solide) possèdent toutes une dissymétrie d'inten- sités et 3 seulement font exception à la règle précédente. L'une de .ces 3 bandes {^i-j^^^l^) a d'ailleurs, cà — 2,')9°, une dissymétrie moins grande qu'à — igo*", et il est probable que le sens de l'effet serait inversé si l'on abaissait la température de quelques degrés. (') Jean Becquerel, Le Radium, t. V. 1908, p. 5. — Je\n Becquerel et H. Kamer- LiAGH Onnes, Le Radium, t. V, 1908, p. 227. SÉANCIÎ DV () AOUT 1909. .'-JfjS 11 est donc évident que les variiilions de teinpéralure jouent un rôle capital dans les efl'ets de dissyuiélrie d'iiiLensilés. Nous avons, M. Ivainer- linqli Onnes et moi, donné une inleiprétalion do la dissymétrie, toujours de même sens, (|ui apparaît aux basses températures; mais l'exislcnce, à des températuies plus élevées, de dissymétries en deux sens opposés restait inexpliquée. L'observation récente de dissymétries de positions (') fait penser à une liaison possible entre ces dernières et les dissymétries d'intensités. Grâce à M. Pierre M'eiss, ([ul a eu l'amabilité de mettre à ma disposition, à Ziu'icli, son puissant éiectro-aimanl, j'ai pu observer à la fois les dissymétri^'s de positions et d'intensités jusque dans un cliamp magnétique de î/iiio" gauss. Dans les deux groupes de bandes du xénotime que j'ai étudiés, j'ai constaté (juc Inii/es /es bandes pour lesf/ac/lrs la composa n/e retardée est la plus intense (soit à + 20", soit à — i<)o") possèdent une dissyinétrie de positions telle que celle composante soit la moins écartée de la bande pnnutive . Sur les clichés obtenus à Leyde en collaboration avec M. Kamerlingb Onnes et sur ceux que j'ai rapportés de Zurich, j'ai observé (jue toutes les bandes pour lesquelles la composante accélérée est la moins déplacée ont leur dissy- niétrie d'intensités considérablement augmentée, par un abaissement de température ainsi que par un accroissement d'intensité du clunup magnétique. Au contraire, pour les bandes dont la composante retardée est la moins déplacée, on peut parfois produire la dissymétrie dans un sens ou dans l'autre suivant les valeurs du champ et de la température. Je cileiai comme exemple la Ijaiide \yi-ifV-^ 1 du xéiiulime : à + 20" celle bande possède «ne dissymélrie déjà visiljie dans des champs moyens {loooo gauss) el telle que la composante relardée est la plus forle. A — igo" la dissyniéliie esl de sens contraire lanl que le champ esl inférieur à 20000 ganss; puis, si le champ aiigmenle, une irn'ci- sion (lu sens se produit, el pour 35ooo gauss la composante relardée e?l nellemenl la plus intense. Enfin à — 209", jusqu'à 'oogo gauss (lirnile supérieure des champs réalisés à Leyde), la dissymélrie d'intensités esl nolablement plus giande qu'à — 190", la composante accélérée élanl la plus forte. Ainsi, pour certaines valeurs du 'champ, on inverse la dissymétrie parmi changement de température, et pour certaines températures on produit le même efiét par une variation du chanqj. On peut interpréter ces résultats en supposant qu'il existe deux sortes de dissymétries d'intensités : une dissymélrie de première espèce liée à la dissy- (') Jean LîrcyiKuiiL, Cnmptex rendus, t. C\L\ 111, p. 914, et l. CXLIX, p. 200. G. H., i.ioy. A' Semestre. (T. 14!l, N°6.) ^2 394 ACADÉMIE DES SCIENCES. métrie de positions, la coinposaïUe la moins déplacée étant augmentée aux dépens de Taulre, et une dissymélrie de deuxième espèce qui consiste tou- jours en un renforcement de la composante accélérée. Les dissymétries de l'une et de l'autre espèce aug'mentent quand le champ croit, et la dissymélrie de deuxième espèce devient considérable aux basses températures; si elles ont le même sens, elles donnent un elFet qui croit toujours quand le champ devient plus intense ou quand la température s'abaisse; si elles ont des sens contraires, l'une ou l'autre peut prédominer; à la température de l'hydro- gène liquide, c'est en général la dissymétrie de deuxième espèce qui est la plus forte : il peut aussi en être de même à une température moins basse dans des champs faillies, mais si l'on augmente le chauqi la dissymélrie de première espèce croil plus rapidement que celle de deuxième espèce et la surpasse (exemple cité plus haut). Enfin, à des températures plus élevées, on remarque seulement les cfTets de la dissymétrie de première espèce. M. W. Voîgl ('), pour expliquer les liissymétries que j'avais observées, a émis i'iivpollièse d'un pouvoir rolaloire naturel, mais je n'ai réussi à mettre en évidence aucun pouvoir rotaloire, ni aucune irrégularité d'absorption de deux vibrations circu- laires inverses en dehors du champ magnétique. Dans ces conditions il ne me semble pas qu'on puisse expliquer dans cette voie l'apparition de dissyraétries considérables sous l'influence du champ, ni surtout l'ensemble des faits qui viennent d'être décrits. Il parait plus conforme aux observations de rejirendre, pour les dissymétries de deuxième espèce, l'hypothèse (') d'après laquelle le changement de période imposé par le champ produirait une variation de stabilité des systèmes vibrants. Il est aisé de concevoir que l'action du champ, lorsqu'elle augmente la fréquence, donne plus de stabilité aux trajectoires des électrons, car elle équivaut à un accroissement de la force quasi-élastique. C'est cette même idée qui, dans un autre ordre de phénomènes, a permis à M. Righi île donner une explication de la formation des rayons niagnéto- caliiodiques. Les résultats et interprétations qui viennent d'être résumés s'appli(pient exclusivement aux cristaux. Au sujet des vapeurs, je remarque toutefois que M. Moore a déjà observé (transversaleaient) l'existence de dissymétries d'intensités et de positions liées entre elles. Mais d'autre part, dans les vapeurs, il se manifeste des dissymétries d'intensités pour lesquelles la com- posante retardée est la plus intense, et qui ne paraissent pas accompagnées de dissymélries de positions (Moore, Dufour). Les faits paraissent donc (') W. VoiGT, Akad. Anislerdarn. novembre 190S. (-) Jean Hkcquekei. el H. Kamerlinuii Onnes, loc, cic. SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 3g5 pour les vapeurs plus complexes que ceux justprà présent observés avec les cristaux. Il convient de rappeler qu'aux environs des bandes dissymétriques la courbe de dispersion rotatoire magnétique est dissymétrique ('). Un sem- blable elfet a été retrouvé par M. Duf'our dans les spectres des vapeurs (^). Les détails des efl'ets obtenus dans les décompositions magnétiques pré- sentent un grand intérêt : leur étude approfondie permettra de s'o«-ientcr au milieu des diverses explications du pbénoniène de Zeeman et de pour- suivre les interprétations les plus fécondes. Je tiens àremercier M. P. Weiss du précieux concours qu'il a bien voulu m'apporter pour la réalisation de ces expériences. CHIMIE PHYSIQUE. — Jm décomposition de l'acide carbonique par les rayons ultra-violets. Note de M. H. UeRchefinkel, transmise par M. A. Haller. J'ai étudié l'action de la lumière ullra-violcttc sur l'acide carbonique. M. H. Tliiele ( ') a déjà constaté que cette lumière facilite, à la température ordinaire, la combinaison de l'oxyde de carbone et de l'oxygène. Au con- traire, il n'a pu observer une action sur un mélange d'acide carboniqiie et d'hydrogène humide. J'ai employé comme source de lumière ultra-violelte une lampe à mer- cure en quartz. L'appareil employé était composé de deux parties de inènie volume (Sc^""' environ) : 1" un ballon en verre réuni à un tube en quartz; 2° un autre ballon en verre. L'acide carbonique a été produit dans un appareil Kipp el desséché en partie par le passage sur l'anhydride phosphorique. On a pu vérifier à la fin de l'expérience que le gaz carbonique contenu dans l'ajiparcil était très pur. Les deux ballons de ra|)pa- reil contenaient un peu de mercure pour absorber l'oxygène de l'acide cafbonique décomposé. Les deux parties, après avoir été remplies d'acide carbonique, ont été sépa- rées el scellées à la tlaninie. Le tube en (|uarlz (réuni au ballon plus petit) a été exposé pendant So heures environ à l'action des rayons ultra-violets. L'autre ballon servait de contrôle. (') Jean Becql khel, l'Itil. Mag.. juillet 1908, p. iô3; Le liadUun. t. V. p. -ii- , S; 1 1. ( Voir les figures.) (-) A. DiFOUR, Comptes rendus, t. (IXLVIII, 1/4 jniii njog, p. i594. (•■') Quelques réactions c/iimi//ue.': ilans la lumière ullra-ciolet/e {Cliemiiclies Zentralblatt, 1908). 396 ACADÉMIE DES SCIENCES. J'ai conslalé une décomposilion de Facide carbonique en oxyde de car- bone et o\yj;ène par les rayons ullra-violcts. L'analyse du gaz a été faite avec M. Niclou, d'après sa méthode qui est une des plus sensibles (' ). La quantité formée était de 2()()"'"'' environ. Le ballon de contrôle n'a donné aucune trace d'oxyde de carbone. La sensibilité de la méthode est très grande (environ 3""" '-/|"""' o^^yde de carbone). Le mercure exposé au rayon- nement a été transformé superficiellement en oxyde jaune. Avant de faire ces expériences, j'avais essayé aussi l'action de l'émanation du radium sur l'anhydride carbonique. J'ai constaté également la formation d'ime quan- tité bien mesurable d'oxyde de carbone ( i2o'""'"-i5o""" j. Les résultats viennent confirmer celui de MM. llamsay et Cameron, qui ont déjà fait des expériences sur le même sujet. CHIMIE PHYSIQUE. — De l'intervenlion de In pression osmotique dans la teinture. Note de M. Rosenstieiii,, transmise par M. A. Ilaller. (Extrait.) L'examen attentif de tous les procédés de teinture actuellement en usage uiontre que l'affinité chimique seule est insuffisante à les expliquer tous ('). Quoiqu'elle intervienne dans un très grand nombre de cas, il y en a où son concours est exclu (tel le bistre de manganèse). Tandis qu'il y a un caractère commun à toutes les teintures: elles résistent au lavage et au frottement. Il y a adhérence entre la matière colorante et la fibre textile. V.w un mot, l'affinité entre souvent enjeu; tandis que l'adhérence, forme de la cohésion, intervient toujours. Cette dernière est un cas particulier de l'attraction de la matière pour la matière, comme l'affinité chimique, et, comme cette der- nière, elle n'agit qu'au contact parfait. Ce qui distingue ces deux forces, c'est que l'affinité s'exerce sur des corps de nature différente, qu'elle unit en proportions définies; tandis que la cohésion, moins limitée dans son action, réunit aussi bien des corps tle iiiènie nature i[wi desc((r[)s (iiilV'rcnls, et qu'elle n'est pas liée pai- la loi di's proportions. (') Dosage chimique de petites quantités d'oxyde de carl>one dans l'air {Annales de Cliiniieei de Pliysique, 7'= séiie, t. MV, 190S, p. 565-575). (^) RosK.NTiEiiL. Des forces qui iulcriiennenl dans la teinture {Soc. chim. de Paris, t. Xljjanv. 1894, p. 44)- SÉANCE DU <) AOUT 1909. 897 C'est cette dernière propriété qui la rend si intéressante pour la tein- ture. La manière dont elle entre en action ne l'est pas moins, et c'est sur ce point spécial qu'il me parait utile d'appeler l'attention. I. Quand (leii\ corps se liouveiil en contact parfait, il v a souclnie instantanée. Les expériences ries linlles mariées, des glaces supeiposées, celle des calilires en acier réceninienl signalée par M. Joliansson (') montrent des cas de soudure par simple contact, entre substances de même nature. L'accident bien connu des essoreuses ou des roues de wagon, dont les coussinets en bronze se soudent subitement au\ aves en acier, pendant la rotation rapide, dès que le graissage fait défaut, représentent des cas de soudure de corps de nature diflé- rente. IL Four que ces exemples puissent s'appliquer à la teinture, il faut montrer ((ue la présence d'un liquide, au moment du contact, n'est pas un obstacle. Il suffit de rap- peler l'argenture du verre, l'argenture, la dorure, etc. des rfiélaux par voie humide. L'adhérence a lieu à la condition toutefois : 1" que le coips qui doit se déposer soit à l'état de dissolution parfaite; ?," que celui qui doit recc\oii' le dépôt présente une surface bien nette. Ces deux conditions se retrouvent dans la teinture, qui exige la dissolu- tion parfaite du colorant et la purification préalable de la fibre. III. Pour ell'ecttier le contact parfait entre detix corps solides, une pres- sion extérieure est, en outre, nécessaire. C'est elle qui amène la suppression des distances. ( )n sail (juc les corps en poudre on en lames peuvent être aggloiiiér(';s par la ])ression ati point de former des corjjs solides d'autant pitis durs que la pression a été plus énergicpie. I^'adl)ér(mce ainsi obtenue est permanente. La pression favorise le contact parfait, le contact amène la soudure; la soudure, c'est la cohésion en action. IV. Mais comment obtenir celte pression dans un milieu liquide, et qui soit capable de favoriser le contact parfait entre un corps dissous et un corps solide plongé dans ce li(piide' Tour concevoir ce moyen, il faut se rappeler qu'un corps parfaitement dissous se comporte comme un gaz ou une vapeur, dans le milieu constitué p;ir le dissolvant. Il en occiqie tout l'espace et il exeice sur les parois de la nuis^e li(|uide une pres- sion qui tenil à en augmenter le volume. t..'osino5e est une conséquence de cette pression, ainsi i|ue je l'ai démontré di^jà en 1870 (■-). (') Carpentikh. Comptes remliis. t. CXL\ III, avril 1909, p. 896. (^) RosE^STrEHL, toc. cit., t. L\\, juillet 1870, p. 617. 398 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les molécules du corps dissous se repoussent, et le dissolvant agit comme agit le vide vis-à-vis d'un corps volatil, c'esl-à-dire comme une absence de pression. Inversenienl, rinsoluhililé leprésenlL' une pression indéfinie, et toute diminution de solubilité est l'équivalent d'une augmentation de pression exercée sur les molécules du corps dissous. V. Le moyen de diminuer la soltiljililé d'un coi^ps dans un milieu donné est bien connu : il suffit d'introduire dans ce milieu un autre corps soluLle, chimiquement inactif, (le moyen est employé industriellement pour préci- piter les matières colorantes, et aussi certaines matières incolores, de leur dissolution. 11 consiste à y ajouter du chlorure de sodium. L'augmentation de pression intérieure ainsi produite correspond à une diminution de volume, à une condensation qui va jusqu'à la solidifica- tion. YL II est intéressant de remar({uer qu'en teinture le même moyen est employé dans les cas où l'on ne peut compter sur l'intervention de l'affinité chimique, soit dans les cas de teinture de fibre non mordancée. La teinture est alors favorisée par l'addition au bain de teinture de sels solubles divers : des sulfates, chlorures, phosphates, borates alcalins. C'est aussi ainsi qu'agit l'acide sulfurique dans la teinture de la laine et de la soie. M. Sisley (') 'i montré |)ar des expériences élégantes que, contrairement à l'opinion admise, cet acitle n'agit pas en saUiianl les bases des sels, qui constituent les matières colorantes sulfonées. Son action est purement physique: il diminue la solubilité des substances qu'il s'agit de fixer. VII. L'exemple le plus démonslratif de l'action plivsique des sels dans la teinture est fourni par le loiigc Sainl-Dcnis. découvert en 1887 par M. Noelting et par moi. Ge colorant azoïque est dérivé de l'azoxvortluiloluidine et du sulfonaplilol-r . '| ; malgré ses brillantes qualités, il eût été sans emploi si les idées directrices qui viennent d'être exposées n'avaient pas indiqué la voie ([iii devait conduire aux apj)lications. lîn efTel, le loiige Saint-Denis ne teint le coton non mordancé ni en bain neutre ni en bain acide. Il ne le teint qu'en milieu alcalin concentré et chaud, et en présence d'un grand excès de matière colorante, moyen ti'op coûteux. On a réussi à obtenir une bonne teinture, en liqueur alcaline étendue (3 à 5 |)ai'ties de colorant pour 100 de colon et 2 à 3ooo parties d'eau), en ajoutant au bain de tein- ture une quantité de sel marin suffisante pour précipiter le colorant à froid, insuffi- sante pour le précipiter à chaud. Dans ces conditions, la solution étendue et salée (') SiSLEY, /îet'tte générale des Mal. col., l. XII, janvier 1909, )>. 333. SÉANCE DU f) AOUT I909. 3<)9 teint aussi l)ien rjne la solution coimenlrée et alcaline, et le bain s'épnise à peu près. VIII. L'aililition du chlorure de sodium à la solution étendue lui a conféré les pro- priétés de la solution concentiée. Cette concentration est reH'ct de la pression osmotiqiie. (^elle-i'i a amené le contact intime entre la fibre et le colorant. Dès que la molécule colorée a touclié la fibre, elle V demeure désoiniais (i\ée. Le temps nécessaire à l'épnisement du bain est celui exigé par la mise en contact succes-ive de la fibre et de toutes les molécules dissoutes. L'enti'êe en action de la colu'sion suffit à expliquer le phénomène de la teinture, et la pression osniolique est l'un des moyens dont nous disposons pour mettre la cohésion en arliou. CHIMIE ANALYTIQUE. — Procédé de dosage rapide de l'aluminium métallique. Note (') de M. E. Kohx-Abrkst, présentée par M. Armand Ciautier. On se préoccupe, à juste raison, de trouver pour le dosaj^e de l'aliuni- nium métallique des méthodes pratiques et rapides. J'ai déjà eu roccasion d'en indiquer plusieurs qui permettent d'apprécier la quantité d'oxyde qui existe dans l'aluminium. I>a méthode qui fait l'ohjct de la présente Note a trait au dosage direct de ralnmiiiinm métalli([ue, qu'on n'avait pas encore efl'ectué. Dans un Mémoire publié récemment (^), j'ai étudié l'action du gaz chlor- hydrique sur l'aluminium; on lire de cette étude un procédé de dosage direct de l'aluminium mélalli({ue. En chaufï\int vers 3o')", dans un courant successif d'hydrogène et de gaz chlorhydrique, une nacelle renfermant quelques décigrammes d'aluminium, placée au sein d'un tube de forme spéciale, on obtient d'une pari : un résidu fixe dans la nacelle qui peut renfermer l'oxyde d'aluminium, du fer, des quantités variables de chlore et diU'érentes impuretés dont l'examen est ]Aus ou moins utile ('). On obtient "r/'a^/Z/r part : un sublimé de chlorure d'alu- minium renfermant de très faibles proportions de perchlorure de fer et des traces de chlorhydrate d'ammoniaque dues à la décomposition par le gaz chlorhydrique de l'azoture d'aluminium dont il est permis de supposer l'existence conslante à l'état de traces dans l'aluminium industriel. Le silicium, en tant qu'impureté de l'aluminium, est volatilisé et com- (') Présentée dans la séance du a août 190g. C) Bull. Soc. chim., 20 juillet 1909. (') Ibid., 20 juillet 1909. 4oo ACADÉMIE DES SCIENCES. plètement entraîné par le courant i;azeux à l'état de silici-chloroforme ('). Un simple dosage du chlore, à défaut du dosage d'aluminium à l'état d'alumine, effectué sur le chlorure d'aluminium recueilli par sublimation, permet d'obtenir direclcmenl la (juanlité d'aluminium métallique. La (lifliculté du procédé consiste dans la condensation des vapeurs de chlorure d'ahiminium et sa dissolution dans l'eau. On satisfait très aisément à ces deux condilions sans pertes notables par des précautions spéciales. Le dispositif comprend : Un appareil à liydrogèiie piii' el sec; iia appareil |HOilucteui' de gaz cliloriiydrique pur (par le jeu d'un robinet à deux voies, on peut envoyer à volonté, à travers le tube à expérience, l'un ou l'autre des deux gaz); un tube à expérience (longneur, 7Ô'"'; diamètre, i''"',6) dont une exlrémilé est mastiquée dans un malras bitubulé de ogo""' de capacité environ; ce matras communique avec un flacon laveur de 3ou""' de capa- cité, bouché à Témeri, et dont les deux tubulures portent chacune un robin(:t; ce flacon communique lui-même avec un flacon laveur à aciile sulfurique, etc. Le tube est chaulTé à une faible dislance de son orifice aiUérieur par une très courte grille à gaz. L'appareil étant desséché, on introduit une nacelle renf'erniaiil l'aluminium en poudre ou en rognures, dans la région du tube chanfiée par la grille. Après un chauf- fage vers Soo" dans un courant d'hydrogène maintenu pendant 10 minutes, on fait agir le gaz chlorhydrique; le courant doit êtie assez rapide; au bout de quelques mi- nutes l'atlaqne se produit. Il est nécessaire de refroidir le malras par un courant d'eau froide afin de diminuer autant que possible les condensations de chlorure dans le llacon communiquant avec ce malras. Seules, les premières portions du chlorure qui se forme ont une tendance à se condenser au delà du matras; la presque totalité, au contraire, se condense dans le tube, et un couiant très rapide de gaz chlorhydrique ne parvient pas à déplacer le cliloiure condensé. Lorstjue les globules incandescents produits au cours de l'allaque du métal ont complètement dispaiu, on arrête le dégagement de gaz chlorhydrique el on laisse refroidir la nacelle flans un couiant d'hydrogène; dans ces condilions, les dernières traces de gaz chloihydrique libre sont chassées. On letire la nacelle; après pesée de son contenu, on y dose, s'il le faut, le chlore et le fer. Dans certains cas, ces dosages sont inutiles; le résiilu obtenu est alors formé d'écaillés et de houppettes porcelainées el très blanches. Il ne rest(! qu'à dissoudre dans l'eau le chlorure iraluminium condensé dans tout l'appareil. On y paivienl sans pertes en léalisaiU un vide partiel dans l'appareil et en y faisant pénétrer l'eau avec rapidité (-). La solution est amenée à un volume connu : on en consacre une jjartie au dosage du chlore, une autre poilion peut servir au (') BuKK elWuHLEil, Condilions de formulton du silici-vlilurij'ornic [Ann. t'Iiini. Pliarin. Licbii;., 18.J-). (^) Voir le Mémoire ; Annales île Chiin. aitulrl., août 1909. SÉANCE DU 9 AOUT IQOg. 4oi dosafje du fer. Dans la plupart des cas, ce dosage du fer, dont les proportions sont trop minimes, n'esl pas nécessaire. Cette méthode permet de doser très rapidement l'aluminium métallique et l'oxyde. Par un dosage parallèlement conduit du silicium total et du fer, on est en mesure d'effectuer assez complètement les analyses de l'alumi- nium industriel et sans doute aussi des alliages où l'aluminium est uni aux métaux qui donnent, avec le gaz chlorhydrique, des chlorures peu volatils. CHIMIE ORGANIQUE. — Essaù de benzidinalion dans les séries du diphènylet du diphénylmélhane et du dipliénylèthane . Note de M. H. Duval. Depuis mon dernier Mémoire sur ce sujet {Comptes rendus , t. CXLII, p. 341), j'ai cherché à généraliser la question, et j'ai étudié l'ellel des agents de hcnzidination sur les hydrazoïques, dans lesquels les deux noyaux aro- matiques sont soudés ou rattachés par une chahie carbonée grasse (dérivés du diphényle, du diphénylméthane, du diphényléthane). De cette étude je crois pouvoir conclure que : 1" Les dérivés du diphényle se comportent d'une façon spéciale, en ce sens qu'ils restent inaltérés par le chlorure stanneux, comme l'a montré Tâuber pour l'hydrazodiphényle, ainsi que par l'action de l'acide chlor- hydrique bouillant. 2" Dans tous les autres cas, le chlorure stanneux en solution chlor- hydrique bouillante, agissant en excès sur le dérivé azoïque, fournit toujours régulièrement le dérivé aminé, par simple réduction du groupement fonc- tionnel des hydrazoïques (azodiaminodiphénylméthane, azotétraméthyl- diaminodiphénylméthanc, azodiphénylméthane-dicarbonate d'éthyle, azodi- phényléthane). 3° En ce qui concerne l'action de l'acide chlorhydrique bouillant sur les hydrazoïques, la nature des groupements substitués sur le noyau intervient pour orienter la réaction dans un sens ou dans un autre : a. Avec les dérivés substitués électroposilivement ( hydrazodiaminodi- phénylméthane, hydrazotétraméthyldiaminodiphénylméthane), on obtient un dérivé de l'acridine. |i. Lorsque le noyau est substitué électronégativement, comme dans le diphénylmélhane-dicarbonate d'éthyle par exemple, il ne se forme pas d'acridine; une quantité notable de l'hydrazoïque s'oxyde et se retrouve sous forme d'azoïque. C. R.. ipoq, !• Spmcslre. (T. IW, N" 6.) 53 4o2 ACADÉMIE DES SCIENCES. La rt'duclion du dinitrodipliényléthane el celle du diiiitrolétrauiéthyl- diaiiiinodiphénylaiélliaue eu dérivés azoujues n'ont pu se taire sans modi- fier les méthodes habituelles; il fallut, dans le premier cas, substituer la baryte à la soude, dans la réduction par la poudre de zinc, et, dans le second cas, opérer en milieu pyridique dans les conditions ijui sont indiquées çi- dcssous. Azolélramélhyldiamiiiodiphénylmélhane. — Dissoudre 95s de diiiitiotélramélliyl- diaminoflijilién^ylinélliane dajis 3oo""" de pyridlne, ajouler /io» de poudre de zinc, p,jcni» [i'p;n, et So'''"' d'acide clilorlivdii(]iie, puis cliaiiller au l)aiii- marie. Après décolo- ration, laisser reposer, essorer, jmis précipiter par l'eau ; redissoudre le précipité dans l'alcool, alculiiiiser et oxyder par un courant d'air. Uoduire oncure celte soluliou jjai' la soude el la poudre de zinc, et l'oxyder par un courant d'air, puis essoier el l'aiie cristalliser le jiroduit dans l'alcool. Paillettes rouges fondant à > i o" ; / \ (C1P)2N — CMF— CH«— CMl^- N(C^P)^ Acide azojcydipltcnylmétliane-dicdiboniijiie. — On ajoute, à j'-'de diuilrodipliényl- méthane-dicarljonate d'élliyle dissous dans 35'''"" d'alcool, /i"''"" d'eau, lo'"'" de solution normale de chlorhydrate d'ammoniaque el 4" ^le poudre de zinc; onchanfTe 5 miiltites à l'ébullition, on essore, on fait passer un courant d'air dans la solution rendue alcaline, puis on acidifie et ou laisse reposer. On essore enfin el l'on fait crislàlliser par ébuUi- tion de la solution ai|ui;use du sel de pyridine. I fim, .izodiphénylniélluine-dicdibfiiiate d'clhyle. — On réduit is d'azoxydiphényl- niéthane-dicarbonate d'éthyle, obtenu en éthcrifiant l'acide jjrécédent par lalcool el l'acide sulfurjque, et dissous daiis l'acide acéti([ue dilué, par la poudre de zinc, puis chaulFant jusqu'à décoloration. On rlécanle, on précipite par l'eau, on essore, on diss(uil le produit dans le chloroforme, on le traite ])ar l'oxyde de mercure et on le fait cristal- liser dans un mélange de chloroforme el d'alcool. Paillettes jaunes, fondant à a33''i(:i(( / *^»^ \ / \ C0-CMi5_. Cnv- N = N — C«H^- CO-C-IP. Azodiphénylélhanc. — Dissoudre, d'une part, 2K de dinitrodiphenyléthane dans 6oS d'alcool, et, d'autre [>art, 3», 5 d'hydiale de baryte dans 4o" d'eau; njélnnger les solutions bouillantes, ajouler S» de poudre de zinc el ohaull'er au bain-marie jusqu'à décoloration; essorer, traiter par ro\y"de de mercure, précipiter la baryte par le gaz carbonique, essorer, concentrer au bain-marie et ajouler i''"'" d'acide chlorhydri([ue au ,^; extraire à l'éther, chasser l'éther el faire cristalliser dans l'alcoOl à 5o pour lob après trailemenl RU noir animal. " 'Up-r' Aiguilles jaunes, fondant a i i t", 5 : I J SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 4o3 CHIMIE OKGANIQUE. — Sitr l' ace/ol él/iylfque de l'ahJéhyde tétroliqiic. IN'ote de M. P.-L. Viguirr, transmise par M. A. Haller. Claisen (' ) ayant obtenu l'aldéhyde propargylique à partir de l'acro- léine, je me suis proposé d'appliquer la même série de réactions;! l'aldéhyde crolonique, de façon à obtenir l'aldéhyde tétrolique CH' — CessC — CIIO. IS'ayant pas encore réussi à l'isoler à l'état de pureté, je me bornerai dans la présente Note à indiquer sommairement les corps intermédiaires ren- contrés jusqu'ici dans ce travail. Aldéhyde hibromobutyrique CH' — CHBr - CHBr — CHO. - L'al- dchvde crotonifiue fixe très facilement le brome. En opéianl en solution chloroformique et en refroidissant, on constate que la décolo- ration du brome s'arrête très nettement à la quantité théorique, et sans qu'il appa- raisse d'acide bronihydrique. Mais, comme l'avait déjà constaté Newbury ( ■), le liquide obtenu après avoir chassé le chloroforme sous pression réduite ne peut être distillé, même sous une pression de i3""", sans se décomposer; de plus, il ne se conserve pas. Le poids moléculaire, déterminé par cryoscopie dans l'acide acétique, a été trouvé égal à 287 (théorie : aSo) en opérant sur le corps récemment pré|)aré; mais les nombres obtenus augmentent rapidement si l'on répète l'opération après quelques heures (on trouve 3i6 après quelques jours) ; finalement le liquide, primitivement clair, se transforme en un goudron noir f[ui se détruit avec dégagement d'acide brom- hydrique. L'aldéhyde, lécemment préparé, o\ydé à froid par la quantité théorique d'acide azotique, a donné à peu près quantitativement l'acide ap-dibromohutyrique fondant à S7"-88°. Acélal 'jJ'i-bibromohutyrique. — L'aldéhyde précédent a été facilement transformé en acélal par la méthode de Claisen ('') (action sur l'aldéhyde, à froid, d'un mélange d'alcool absolu et de chlorhydrate d'élher formo- imidé). J'ai ainsi obtenu un liquide incolore, un peu huileux, d'odeur faible et non piquante, bouillant à iiS^-n^" sous iS""", auquel l'analyse et la cryoscopie dans l'acide acétique assignent bien la formule CtF — CHBr — CH Br — Cil (OCMP )^ Ayant d'ailleurs constaté que la distillation altérait toujours un peu ce corps et parfois même produ;-_ sait sa décomposition totale (sans doute quand il n'avait pas été parfaitement séché et (') Claisen, Ber. d. ileuisch. chern. GeselL, t. XXXL 1898, p. 1021. (-) Nrwburv, im. c/icm. ,/., t. V, i883, p. 112. (*) Claisen, Ber. d. deutscli. chern. GeselL, t. XXXI, 1898, p. loio. I miil 4o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. privé de traces d'acide), je me suis borné dans la suite à employer le produit brut, qui se conserve parfaitement, Acé/al hromocrolonique C H* Br — CH(OCMl ')^ — L'enlèvement de d'acide bi-onihvdrique à Tacélal l)ibroniobulyfique est i-éalisé facile- ment et d'une façon à peu près quantitative de la façon suivante : On dissout i''" de sodium dans assez d'alcool pour que la solution ne cristallise pas à froid, et l'on verse celte solution froide peu à peu et en agitant dans i'""' d'acétal bibroniobulyrique; le dépôt de bromure de sodium est instantané; on le sépare à la trompe après avoir dilué par de l'éllier anhydre. On chasse ensuite au bain-marie l'éther et l'alcool et l'on distille le résidu sous pression réduite : la majeure partie passe entre 80" et 90° sous i5""" et, par rectification, on isole un liquide incolore, mo- bile, d'odeur faible et aromatique, bouillant à 86" sous iS™"", qui constitue l'acélal bromocrolonique [c?„o = 1 , 247 ; ^21» = I !2255; «°o = i,4365; RM = 49) 5i (calculé 49 >'J7)]. Aldéhyde bromocrotonique C/H'Br — CHO. — L'acétal piécédent est décomposé par les acides avec la plus grande facilité. Pour isoler l'aldéhyde bromocrotonique, il suffit d'agiter quelque temps l'acétal avec de l'eau acidulée au ^^ par l'acide sulfurique ; on sépare eosuite la couche huileuse inférieure, à laquelle on ajoute le produit de l'extraction à l'éther de la couche aqueuse. Ce mélange est séché sur le chlorure de calcium et distillé d'abord sous la pression ordinaire pour chasser l'éther, puis sous pression réduite. L'aldéhyde bromocrolonique ainsi obtenu est un liquide très légèrement coloré en jaune, d'une odeur extrêmement piquante, irritant fortement les yeux et bouillant à 63°-64'' sous 14"™. H s'oxyde rapidement à l'air, réduit à froid la liqueur de Fehiing et se combine facilement à l'hydroxylamine et à la semicarbazide pour donner des dérivés cristallisés. Acétal télrolù/ue CH'— C^ C — CH(OC-H^)-. — Tandis que Fenlève- ment de la pretnière molécule d'acide bromhydrique se fait facilement, celui de la seconde est particulièrement pénible et donne de mauvais ren- dements. Si l'on opère avec la potasse sèche ou alcoolique, à une température telle que les produits de la réaction distillent sous la pression ordinaire, on obtient un liquide complexe d'odeur forte et pénétrante, bouillant de i3o° à 180", et qui contient, outre l'acétal acétylénique cherché, plusieurs produits secondaires dont je poursuis l'étude, qui ne se séparent que très difficilement par distillaiion. Ou diminue beaucoup la proportion de ces derniers produits en opérant l'attaque de l'acétal bromûcrotoni((ue par la potasse sèche ou alcoolique au voisinage de 100". et en extrayant les produits de la réaction sous pression réduite. Le liquide obtenu est ensuite fractionné; on recueille séparément la portion inférieure à 75° (sous ij™'") et la portion supérieure, SÉANCE DU 9 AOUT I909. ^o5 cette dernière étant surtout formée iliicétal bromocrotonique inaltéré. De la première portion on tire linalenient un liquide incolore, d'odeur faible et agréable, bouillant à 62°-65" sous i5"'™, ou à i63"-i66" sous la pression ordinaire : l'analyse montre que c'est Vacétal IclroUque sensiblement pur (d^~= 0,910, d.a- = 0,8940, «sr = 1,427). Lf réfraclion moléculaire déduite de ces données est 40,76; elle s'accorde bien avec la valeur théorique (4o,4') calculée en adoptant pour coefficient de réfraction de la liaison acétylénique le nombre donné par Moureu ('). Cet acétal est peu soluble dans l'eau; il précipite en blanc la solution de bichiorure de mercure et n'agit pas sur le chlorure cuivreux ammoniacal. Les acides étendus l'hydrolysent certainement, carie mélange prend rapidement une odeur piquante due, sans doute, à l'aldéhyde, dont on constate d'ailleurs facilement les propriétés réductrices; mais jusqu'ici je n'ai pu isoler aucun produit défini dans cette réaction, la majeure partie semblant se poly- iiiériser ou se détruire à la distillation. PATHOLOGIE VÉGÉTALE. — Quelques maladies parasitaires du Cannel- lier de Ceylan. Note de MM. D. Bois et C. Gerber, transmise par M. Bouvier. A Java et à Ceylan, les cultures de Cinnamomum zeylanicum Nées sont, depuis plusieurs années, atteintes d'une maladie très particulière que l'un des auteurs de celte Note a observée le premier, au cours d'un voyage en Extrême-Orient, en 1902- 1903. L'examen des nombreux échantillons recueillis montra à l'autre auteur que cette maladie était due- à un Acarien nouveau, du groupe des Erio- pliyide;e : VEriopliyes Boisi tîorb. Les feuilles malades et lAcarien j^alligène furent présentés à la Société botanique de Fiance et à l'Association fram/aise pour l'avancement des Sciences, en août 1904 : une Note préliminaire fut insérée dans les recueils de ces deux Sociétés (-). (') Moureu, liull. Soc. c/ii'm., 3" série, t. WXV, 1906, p. 87. (') Bull. Soc. bot. Fi., t. Ll, et lUiU. Ass. fr. av. Se, Congr. Reims, 1904. La galle découverte par W. Docters van Leeuwen-Reijnvaan, à Salatigal et aux. environs de Suiakaita (Java), en 1908 (Mededeelingen van liet A Iffenieen-Proef station Ci//liiri;ids, t. X, 1908, p. 109). est identique à l'une des formes de la nôtre. Quant au parasite nommé récemment /iV/oyjAjei />t)(,7e/,î(', par iNalejia {Marcellia. mars 1909), il n'est autre chose que notre E. Boisi Gerb., nom qu'il doit conserver définitivement; d'ailleurs, le savant monographe des (''riophridea- voulait dédier cet Acaiien « nach dem erslen Unlersucher ». 4o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. Étant donnée riniportance de la question, nous nous sommes livrés à une minutieuse enquête auprès des savants directeurs des Jardins de Buitenzorg (Java) et de Ceylan : MM. Treu'b, Willis et Green. Grâce aux nonribreux échantillons et aux, précieux renseignements qu'ils nous ont fournis au cours des années 1906-1907, il nous a été possible d'étudier plus complètement cette nouvelle maladie du Cannellier, et de la diflérencier d'une autre maladie, également nouvelle, que M. E. Green a eu l'obligeance de nous signaler. C'est le résumé de cette étude que nous allons donner dans cette Note. Les feuilles du Cannellier portent fréquemment, soit sur leurs deux faces, soit sur une seule (la face inférieure le plus souvent), des pustules d'un brun plus ou moins foncé tranchant avec le vert du reste de la feuille. (]es pustules sont, de préférence, localisées le long des trois ou cinq neivurcs principales ou des nombreuses nervures secondaires qui s'en détachent. La face de la feuille opposée à celle où ces pustules proéminent présente des plages brunes, un peu déprimées, correspondant à ces dernières. tJn examen plus approfondi permet de distinguer deux types dans ces pustules : A. Les unes occupent généralement la face supérieure; elles sont toutes de mêmes dimensions, cylindre-coniques, hautes de ?.""" à 3""", larges de i'""" à 2™"', à surface lisse, d'un brun peu foncé, sans ouverture au sommet. Les plages correspondantes de la face inférieure de la feuille sont bien délimitées et présentent, en leur centre, un point plus foncé ou une petite ouverture. M. E. -Ernest Gieen, à qui nous sommes redevables de celte galle, l'attribue à la larve d'un Psyllide. Les pieds de Cannellier attaqués sont peu nombreux et ne semblent pas souflVir. Les feuilles, d'ailleurs, con- servent leur forme et leurs dimensions habituelles. B. Les autres occupent le plus souvent la face inférieure ou les bords de la feuille. Elles sont très inégales, atteignent assez fréquemment i'^"' en hauteur et en largeur, mais, le plus souvent, ne dépassent pas 4""" à 5""" de diamètie. Les plages corres- pondantes de la face supérieure sont brunes, assez en retrait et un peu ondulées, parfois lobées. Toujours ces pustules déforment la feuifle, qui se lecourbe au voisinage de chacune d'elles; leur nombre varie et, lors(| .elles sont assez abondantes, elles rendent méconnaissable la feuille dont le limbe, contourné en tous sens, est plus ou moins atrophié. 1° Tantôt ces pustules sont un peu rétrécies à leur base et terminées par une légère pointe au sommet; leur surface est lisse, d'un brun verdàtre foncé, lobée; elles présentent une petile ouverture à leur sommet apiculé; l'inUrieur estdi\isé en autant de compartiments qu'il y a de lobes, par des cloisons incomplètes, aux(juelles s'ajoutent, fréquemment, des cloisons supplémentaires. Ces cloisons et les autres parois des compartiments sont tapissées de nombreux poils argentés. 2° Tantôt, au contraire, ces pustules sont hémisphériques ou allongées dans le sens SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 407 des nervures, sans oiiverliire apicale; leur surface esl rugueuse, il'un brun foncé, formée de peliles cupules; riiilérieur esl cunslitué par un nouilire considéraijie de petites cavités disposées sans ordre et tapissées de poils. Assez souvent, la feuille, en deliors de ces pustules, présente, sur la nièuie face, des plages de dimensions variables, parfois petites, généralement grandes, rugueuses au loucher; ces pla;;es sont forniées des mêmes cupules que la surface des pustules précé- dentes, visibles à la loupe, nombreuses, disséminées. Ce sonl les bords do ces petites cupules qui délerminenl la rugosité de la plage. Parfois ces cupules sont très rapprochées et leur ensemble s'élève un peu au-dessus du niveau de la feuille. La plage ainsi surélevée esl assez fréquemment séparée du reste de la feuille par un léger rebord conslilué par la |)roliféralion des tissus sains environnants (généralement des nervures bordant la plage). C'est ce rebord qui, lorsfjue les cupules sonl encore plus nombreuses et plus rapprochées, accentue en capsule celte sorte de bourgeon, pour constituer les pustules à surface lisse. Dans les cupules des plages rugueuses et des pustules nues, dans les cavités de celles-ci et les chambres des pustules encapsulées, pullulent de nombreux individus de VEriophyes Boisi Gerb., dont les femelles sonl caraclérisées principalement par : 1° Le corps allongé, grêle, cylindrique (long. 225H-; larg. !\^'<^)\ 2° Les nombreux anneaux ponctués (100); 3" Le bouclier céphalique en demi-cercle, j)elil et à ornementation linéaire com- plexe ; 4" L'epigynium assez éloigné, en arrière, des épimères de la seconde paire de pattes ; 5° Le decklappe à raies longitudinales peu marquées; 6° Les soies génitales courtes et situées à la base de l'appareil génital. Celte sorte de cancer des Cannelliers se rencontre communément à Ceylan ; mais elle ne semble pas, jusqu'ici, influer défavorablement sur la valeur des écorces; aussi est-elle complètement négligée par les culti- vateurs. Il n'en est pas de même à Java, et, en particulier, au Jardin d'essai de Tjikeumeuli. Là tous les Cannelliers sont plus ou moins contaminés, mais les jeunes arbres paraissent plus particulièrement soiilTrir. On a essayé, nous dit M. Treub, d'enrayer la maladie en faisant enlever les feuilles attaquées, mais à peu [)rès sans succès. D'ailleurs cette méthode, ajoute-t-il, ne serait guère applicable aux vieux arbres porte-graines, de taille trop élevée. Peut-être peut-on espérer mieux de la mêlliode parasitaire. M. E. (jreen a observé en ell'el le développement, dans les galles de VEriophyes Boisi Gerb., d'un Hyménoptère ïraconide qui, probablement, nous écrit-il, détruit ces Acariens. Nous poursuivons des recherches dans cette voie. 4o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. PATHOLOGIE. — Vaccination antituberculeuse des Bovidés. Note de M. Rappin, présentée par M. A. Laveran. Au cours des travaux que je poursuis depuis 1894 sur riiiiniunisalion contre la tuberculose, j'ai été amené à constater que, de toutes les substances issues du bacille de Koch, celles (jue renferme le protoplasma de ce bacille possèdent les propriétés les plus actives pour la production des phénomènes qui caractérisent Timmunité. Depuis longtemps, d'ailleurs, Koch avait posé le problème, lorsqu'il essayait de modifier le bacille tuberculeux par l'emploi de certains réactifs chimiques; mais il avait reconnu en même temps la difficulté d'obtenir des modifications convenables de ce bacille sans détruire les propriétés immunisantes. 11 fallait donc rechercher une substance capable à la fois d'enlever toute virulence au bacille et de ménager l'activité des corps bacillaires pour que l'injection des bacilles ainsi modifiés fut encore susceptible de susciter de la part de l'organisme les réactions d'immunisation. C'est cette formule que je crois avoir enfin réalisée par l'emploi de composés dérivés du fluor et, plus spécialement, du fluorure de sodium, en faisant agir des solutions convenablement titrées de ce composé, soit direc- tement sur les bacilles humains et bovins, sans modification préalable, soit après leur avoir fait subir un certain degré de dégraissage suivant les méthodes usuelles. Après avoir pendant plus de deux années expérimenté les bacilles ainsi préparés chez le cobaye, et avoir obtenu des résultats suffisamment dé- monstratifs contre l'infection tuberculeuse expérimentale, j'ai, depuis la fin de 1907, grâce à l'aide de la Caisse des Recherches scientifi({ues et de l'Association pour l'avancement des Sciences, fait porter mes expériences sur des Bovidés. Cette espèce animale se prête merveilleusement à des ten- tatives de ce genre. En même temps (ju'elle présente une très grande sensi- bilité au virus tuberculeux, elle facilite, par la taille des sujets, l'introduction par la voie intraveineuse des virus vaccins dont tous les éléments se trouvent ainsi disséminés d'une façon pour ainsi dire homogène dans tous les points de l'organisme. L'infection tuberculeuse revêt en eflet une modalité particulière suivant laquelle le virus, plutôt localisé dans les tissus, y exerce ses effets d'abord localement ; aussi, contre cette infection, convient-il de rechercher un pro- SÉAN'CE DU f) AOUT 1^09. /109 cédé d'immunisation qui dissémine les éléments vaccinants dans tous les tissus. Cesl dans cette voie que, depuis 190H, j'ai dirigé mes tentatives, d'abord chez le chien et maintenant chez les Bovidés. Pendant le cours de l'année dernière, j'ai vacciné ainsi plusieurs ani- maux : d'ahord deux génisses, l'une de race croisée de pays nantais et vendéen, âgée de 5 mois et demi au début de mes expériences, l'autre, âgée de 3 mois et de race nantaise pure, enfin un jeune taureau de race croisée de Bretagne et de Normandie, âgé de 2 mois. Ces trois animaux ont reçu, pendant plusieurs mois et à des doses va- riables, les bacilles modifiés suivant ma méthode, puis ils ont été soumis à des époques difiérenles, d'abord à l'inoculation de contrôle à la tubercu- line, et ensuite à l'inoculation virulente que subissait dans le même temps un quatrième animal, un taureau lémoiu de race bretonne pure, âgé de 3 mois. Le i4 oovembie 1908, j'ai d'abord injecté les deu\ laureauv dans la jugulaire, cha- cun avec 3'"p de voile de cullure de tuberculose bovine de virulence éprouvée. Les deux génisses ont été inoculées avec le même virus à la dose de 4"'*'', la première le 6 janvier, la seconde le 26 janvier de cette année, et voici résumés les résultats de ces expériences. Tandis que chez l'animal témoin, le tracé thermique pris chaque jour a accusé dès le début, et i3 à i4 jours après l'inoculation \irulenle, tous les phénomènes de l'infec- tion tuberculeuse en évolution, la courbe des autres animaux a présenté dans son en- semble une régularité et une constance qui montrent déjà le degré de résistance qui leur a été conféré. L'état général des vaccinés depuis 9 mois chez l'un, 7 et 6 mois chez les deux autres, est demeuré excellent, et l'examen clinique pratiqué par MM. Dauly et Pécard, vétérinaires à Nantes, ne décèle aujourd'hui chez eux aucun signe de lésions organiques. Au contraire, le témoin présente à l'auscultation des signes non douteux de tuber- culisation pulmonaire : on compte de 4° à 5o mouvements respiratoires par minute; la respiration est entrecoupée, suspirieuse ; l'abdomen très développé, le poil terne, la peau sèche et collée au tissu sous-jacent; enfin l'épreuve de la tuberculine pratiquée il y a 30 jours a fait monter la température de 2° au-dessus de la moyenne des jours pré- cédents. L'observation île la génisse la plus âgée est particuliiM-ement démoubtralive : cet ani- mal tubercullnisé, en eflTet, 5 semaines après l'inoculation virulente, avait fortement réagi ; éprouvé depuis le 20 juillet dernier, c'est-à-dire près de 6 mois après, il n'a accusé aucune réaction ihermique, témoignant ainsi de la résorption complète à la fois des bacilles virulents et des bacilles vaccins. Enfin la recherche du poii\oir agglutinant a montré que pour le témoin la réaction ne dépasse pas y\, tandis que chez les vaccinés elle se produit très nellcment à ^ el dépasse certainement de beaucoup ce terme. C. K., 1909, 2- Senieslie. (T. IW, N° 6.) 54 '|10 ACADÉMIE DKS SCIENCES. De l'ensemble de ces faits, aussi bien que de tous ceux que j'ai réunis depuis plusieurs années dans mes expériences, je crois devoir conclure que, par Finjeclionintra-vcineuse de bacilles delà tuberculose Immaine et bovine modifiés' par ma méthode, il est possible de conférer aux animaux, et en particulier aux Bovidés, une résistance manifeste à Tinjection par voie intravasculaire du virus luberculeux et (|ue cette résistance ainsi conférée est telle qu'au point de vue clinique elle revêt tous les caractères d'une véri- table immunisation, [^'emploi de ces bacilles ainsi modifiés est susceptible de constituer la base d'une méthode de vaccination qui dès maintenant pourrait entrer dans la voie d'une application pratique pour lutter d'aijord contre la tuberculose de l'espèce bovine. PtlYSlOLOGlE PATHOLOGIQUE. — Sur les glucoses urinaires et les organes affectés, cause de leur apparition. Note (' ) de M. F. Lan'dolph. Mes études urologiques, commencées à Aix-les-Bains, il y a une dizaine d'années déjà, et continuées après dans les laboratoires de MM. les docteurs Albert Robin et Abel Ayerza, à Paris et à Buenos-Aires, peuvent être com- plétées aujourd'hui par des faits nouveaux et présentant un intérêt mé- dical. En eftet, à chaque espèce deglucosurie ou de diabète corres23ond, dans les urines, la présence d'un mélanf^e de plusieurs espèces de sucres ou d'hydrates de carbone. On peut supposer que cette diversité répond à des afiectatious d'organes différentes. Voici quelques exemples assez caractéristiques pour le moment. 1. l^iABÈïK PANCRÉATIQUE. — Premier cas. — Dévialioii polaristrobouicliique -l-5tl"(^); réduction, glucose 72»; fermentation, glucose 61»; osazone M[^'i,^i!^^ glu- cose/iqp. Point de fusion de cette osazone i89''-i90". Ici nous n'avons qu'une seule osazone. — Hydrolyse : déviation -1-42°; réduction 64*''; fermejilalion /J^'''; osazone i8>-'. Fusion de cette osazone i84°-'85". Deuj-ième cas. — Déviation -t-42",9; réduction 621-', 3; fernienlation .").)»; osa- zone 4'*^'''; l'osazone principale fond de 187° à 188° et correspond à 42*', 6 de glucose, tandis que la seconde osazone, fondant de 172° à 173°, correspond à seulement os,5 de glucose. — Hydrolyse : déviation -t-37°; réduction 62», 2 ; fermentation 4'^>3; osa- zone 356,2. L'osazone principale, laf]uelle fond de 187" à 188", correspond à ag^',! de ^') Reçue dans la séance du 2 aoùl 1909. (^) Tous les nombres sont pris pour 1000 unités; x X 2,06 == glucose pour luoo. SÉANCE UV 9 AOUT I909. 4" glucose, tandis que l'osazone secondaire, fondant de 173° à 17'r, correspond à seule- ment 68,1 de glucose. Troisième cas. — Déviation -1-49°, 7 ; réduction ']'?J; fermenlation 64»; osazone 56t',6. La principale osazone, fondant de 181° à 182°, correspond à S;» de glucose; la seconde osazone, laquelle fond de 172" à 174", correspond à 9», 2 de glucose et la troisième osa- zone, fondant de i6."j°-i67", coriespond à ioS,5 de glucose. Cette dernière osazone est en relation avec une altération du foie. — Hydrolyse : déviation -(- 4'"; réduction 64b ; fermentation 69»; osazone 48^,3. Ici l'osazone principale, fondant de 187" à 188", cor- respond à 39*; de glucose; une seconde osazone, correspondant à 5»',9 de glucose, fond de 179° à 180° et une troisième osazone, fondant de 167° à 168°, correspond à seulement 3», 4 de glucose. Ici nous n'avons point de matières quaternaires azotées, capables de donner également une certaine classe d'osazone ou d'hydrazone, avec un point de fusion aux environs de 100°. II. DlABliTE TRAUMATIQIJË A LA SlITK Ulî LA TUBERCLLOSK DU CERVEAU. — Déviation 4- 320,2; réduction 46*1 fermentation, urine crue 44'''i 4> 'irine bouillie 48'. — Hydro- lyse : déviation 21°; réduction ^■î'^A', fermenlation 4o^'. ' m. Diabète traumatique occasionné par une ruade de cheval sur la jambe d'un JEUNE HOMME. — Déviation + 20", 4; réduction 37»; fermentation 341?, 4. — hydrolyse : déviation -i- 11°, 2; réduction So*-', 4 ; fermentation 24^. IV. Diabète psychique ou é.motionnel. — Déviation -1- 5", 8; réduction 315,7 ; fermen- tation, urine crue 4'''i8, urine bouillie 88,6. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Consenrilron et augmentation de digestihUité des pulpes de distillerie et de sucrerie en fosse, ainsi que des fourrages verts ensilés, par une fermentation rationnelle par ensemeneemenl. Note de M. J. Crolbois, présentée par M. lîoux. Jusqu'ici, pour la conservation des pulpes de distillerie et de sucrerie, on employait les méthodes suivantes : i" Presses. — A la sortie des dill'useurs, les pulpes étaient envoyées dans des presses spéciales, telles que celles de SchaHtler, de Klusermann, etc., ce qui permettait d'ob- tenir des pulpes se gardant assez bien, mais le grand inconvénient de ce système rési- dait dans la perte d'une très grande partie des substances utiles qui se trouvaient entraînées dans les eaux exprimées. 2° Éçaporalion. — Dans un travail très documenté, M. Bénard (') a fait connaf^trp' les différents systèmes de dessiccation essayés. Les essais ont donné de bons lésultats {') J. Bénard, La dessicca/io/i des cossettes de^diffiision {.Journal de l'Agrical' Lure, 1891, p. i53). • 4l2 ACADÉMIE IJES SCIENCES. pour la conseivalioii, mais le prix des appareils el du combuslible parait tnellre un obstacle à l'emploi de ces procédés. 3" Ensilage. — Les pulpes, à leur sortie des diffuseurs, sont simplement déversées dans des silos où elles se trouvent livrées à des fermentations di\ erses (moisissures, fermentation putride, fermentation alnooliqiu', feiiiientation lacli(pie, microbes pro- ducteurs de la maladie de la pulpe, etc.), qui, tout en produisant de mauvaises odeurs, sont nuisibles à la santé des animauv auxquels on donne ces pulpes comme nourriture. Toujours à la recherche d'auiélioralions, M. Dumonl. agriculteur et distillateur à Houvillers (Oise), a bien voulu, de concert avec M. Bouilliant et moi, procéder à des essais dans son exploitation. Avec des cultures de ferments lactiques accotttumés aux pulpes acides, que nous lui avons four- nies, il ensemença d'abord lo' de jus de betteraves sortant de la difl'usion, ce qui, au bout de 3 jours, lui permit, en employant 6' de ce jus conte- nant desferments en pleine activité, d'ensemencer un cuveau contenant too' de pulpes fraîches qui servirent après 4^ heures à la nourriture de six brrages verts ensilés. SÉANCE DU 9 AOUT I909. 4l3 CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Les capsules surrénales el les échanges entre le sang et les tissus. Note de M transmise par M. A. Chauveau. sang et les tissus. Note de MM. J. Athanasiu et A. Gradinesco, Dans un travail antérieur ('), nous avons montré que la circulation artificielle avec le liquide de Locke s'accompagne toujours d'une forte infil- tration de ce liquide dans les tissus. Cette infiltration est empêchée de se produire si l'on ajoute au liquide circulatoire de l'adrénaline = i pour oooo jusqu'à 1 pour loooo. En partant de cette constatation, nous avons cherché les modifications du sang et des échanges respiratoires sur les animaux après l'extirpation des capsules surrénales. Nos expériences ont été faites sur le chat et sur le chien, et l'extirpation des deux capsules a été pratiquée généralement dans la même séance. Dans le sang, nous avons trouvé d'une façon constante une augmentation dans le nombre de globules rouges par unité de volume (-'). Chat, moyenne de 4 expériences : Globules rouges par millimètre cube de sang avant l'extirpation 7616 5oo » après » I a o35 000 Chien, moyenne de 5 expériences : Globules rouges par millimètre cube de sang avant l'extirpation 6887000 Il après » 9 446 900 Cette augmentation se fait progressivement et nous citons à titre d'exemple l'expérience suivante : 24 juin 1909. Chat, poids = li'jB^. Globules rouges dans le sang de l'oreille avant l'extirpation 8 i53ooo » 10 heures après l'extirpation. .. . 10 000 000 » 1 3 » .... 1 2 8 1 8 000 » 17 » .... 1 4 620 000 (,') Athanasiu et Gradinesco, La circulation artijicirllc dans les muscles. Action de l'adrénaline sur t'endollirliuni vasciilnire {Comptes rendus Soc. Biol., l. LXIV, 1908, p. 6t3). (-) Szymonowicz (Arch. de PJluger, t. LXIV, 1896) a vu celte augmentation dans deux cas el croyait que c'était un accident dû à la diarrhée de ses animaux; Hultgren et Andersson {Studien zur Physiol. n. Anat. der Nebennieren. i vol., 1899) l'ont attribuée à l'abstinence. /il4 ACADÉMIE DES SCIENCES. Il ne s'agit point là d'une néoformation d'hématies, mais bien d'une concentration du sang à la suite du passage de son plasma dans le tissu conjonctif interstitiel et dans les cavités séreuses (la cavité péritonéale sur- tout). La part du traumatisme opératoire dans la production de ce phénomène est insignifiante. On ne trouve pas de pareilles modifications sur les animaux témoins, qui ont subi la laparatomie dans les mêmes conditions que ceux dé- capsulés. Nous n'avons pas trouvé des modifications appréciables dans la concen- tration moléculaire du plasma sanguin, ni par la cryoscopie, ni par la conductibilité électrique. Les échanges respiratoii-es diminuent d'une façon progressive durant la période de survie des animaux décapsulés ('). Nous avons mesuré ces' échanges sur trois animaux : deux chats et un chien. A titre d'exemple, nous donnons l'expérience suivante : G janvier 1909. Chat, poids = 1900^. (J- consommé CO- pi'ocluit pur kilogramme par kilogramme cl et CO- par heure. par heure. 0' cm' cm' Avant l'extirpation 556,8 554,4 <>>97 9 hein-es après 684 6o8 o , 8g 33 » !\%'?. 5o9 1 , o4 47 » 25o,3 223 0,89 53 » 69 210 3 Si l'on ajoute à cela l'hypothermie, qui a été observée par tous les expé- rimentateurs et dont la marche est aussi progressive, nous croyons pouvoir conclure que la mort des animaux ]irivés des capsules surrénales est due à l'arrêt des échanges entre le sang et les tissus. Les éléments des parois vasculaires, et surtout l'endothélium, ne peuvent plus présider à ces échanges s'ils sont privés de substances (probablement l'adrénaline) que les surrénales déversent conlinuelleiuent dans le sang. ('' ) La failjle augmeutalion f|iii peut êlro observée peu de temps après l'extirj)alii)ri est très passagère. SÉANCE DU 9 AOUT 1909. 4l5 CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Contribution à l'élude de Vindosè urinaire chez les diabélit/ues. Noie de MM. II. Labbé et G. Vitrv, présentée par M. A. Dastre. Donzé et Lambliui^- (Joi/rn. P/iys. et Palh. gén., \()o'\) o?il montré qu'il "existe, dans Furiiie normale liumaine, une proportion importante de corps organiques qui ne sont point dosés. H. Labbé, Vitry et Touyeras (Comptes rendus Soc. de biologie, juillet 190g), reprenant l'étude de cet indosé urinaire, ont vu qu'il pouvait former jusqu'à 3o pour 100 et plus du contenu organique de l'urine normale, et que cet ensemble de corps se rencontrait aussi dans les urines pathologiques. Suivant la minutie des méthodes d'in- vestigation analytique appliquées aux urines, la quantité de ces matières indosées est susceptible de s'abaisser légèrement; une certaine proportion des principes chimiques qui la constituent peut ainsi passer de la caté- gorie indosée à la catégorie des corps connus et directement dosés. La proportion des corps qui restent directement indosables et ne peut s'évaluer que par différence dans l'extrait organique urinaire n'en est pas moins considérable à l'heure actuelle, quel que soit le labeur analytique. Nos recherches précédentes {/oc. cit.) monlrent (jue la quantité des substances indosées dans l'urine de l'homme normal ne varie guère qu'en fonction des protéines ingérées. On peut obtenir dans la plupart des cas la mesure approximative des quantités éliminées en :>4 heures, en multipliant l'azote total urinaire par le coeflicient empirique 1,21. A l'état pathologique, il n'en est plus ainsi, et l'élimination de l'indosé ne suit plus la règle (pie nous venons de rappeler. iVous apportons aujourd'hui une première contribution à l'étude de l'indosé des urines pathologiques émises au cours des états glycosuriques. Dans les urines de diabétiques, l'existence, en plus ou moins forte quantité, de substances jusqu'à présent indosées et de fonction chimique se rattachant à celles des hydrates de carbone et des sucres, a été signalée, notamment par lîosin et V. AIfthan (D. Med. VVoch., 1900, p. 497)- Nous avons lieu de penser que l'indosé urinaire diabétique se rattache pour une part à la présence de substances de ce genre. Nous évaluons de la façon suivante la quantité globale des matières indosées qui, dans les éliminations uriiuiires des diabétiques, relève de l'in- fluence exercée par l'étal morbide du sujet. 4l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. L'extrait organique d'une urine de diabétique se compose : 1° De Tensemble des suljstances organiques usuellement dosées (urée, sels ammo- niacaux, purines, créalinine, etc.). 2° Des substances organiques liabituellenieni indosées. Nous pouvons admettre (sous toutes réserves) que ces substances iudosées s'éliminent chez le sujeu |iallio- logique en suivant sensiblement la même loi que pour l'individu normal. Ces substances s'évaluent donc, pour la quantité des 24 lieui-es, par le produit de l'azote urinaire du même laps de lemps par 1,21. 3° Des substances sucrées connues, glucose, lévulose, etc., usuellement dosées, par la détermination de leur pouvoir rotatoire, ou par celle du pouvoir réducteur qu'elles communiquent à l'urine. 4" Enfin des substances indéterminées et indosées (évaluables par diflerencc entre l'extrait organique et le total des substances dosées normales el anormales), qui, émises dans ces circonstances pathologiques spéciales, pourraient, dès lors, élre caractéristiques des états gljcosuriques ou diabétiques du sujet. Il est d'autant plus légitime de tabler sur l'existence de semblables corps, qu'on en connaît déjà le fait des éliminations, parfois en grosses quantités, de substances anoiniales dillérenles des sucres au cours du diabète. Ces substances sont nolammenl les dèiivés acéljlacé- tiques, l'acétone, l'acide p-oxybulyrique, elc. Nous avons le droit de joindre à cette liste le fait de l'hydiocarbonurie normale augmentée ( RosiN et Alfthan, loc. cit.). Nous devons, en ellel, admettre à l'heure acluelle, à la suite des travaux de von Udransky, Liilher, Donzé et Lambling, etc., que, uormalemcnl, l'urine comporte (comprises dans l'indosé) de petites quantités de matières hydrocarbonées dont l'existence ne peut être mise en évidence qu'au moyen de réactions indirectes, notam- ment la production de furfurol et sa réaction colorée en présence de ceilains phénols. Nos observations, condensées dans le Tableau ci-dessous, montrent qu'au cours du diabète ou des glycosuries, il parait s'éliminer des substances uri- naires encore inconnues ou mal définies : Intlosé tlii'orique Indosé (AzT.i.ai). diabétique. 16,37 i5,45 18, 5i 8,i5 Extrait Azole lixlrail Sucie organique Indosé Dates. lu'inaire. organique. total. N° 1. — (sucre). Gant. total. i5 janvier. . l3,53 65, 16 7 58, 16 3l,82 29 » . . 1 5 , 3o 100,10 43 .56, 80 26,66 I 1 février . . • '5,90 73^92 18 55,60 22,00 19,29 2,80 N" -2. — Ferr. i5 janvier. . . 12, i5 io8,5o ■■57 5 1 , 5o 20,34 14,70 .0,64 29 » . . . 9-87 86,40 24,9 6 1 , 5o 40,45 11.94 28, T)!- 1 1 février . . . i4 ,o5 68,02 6,i4 62,88 33,. I 17,00 16, 10 Azote P^xtrait Dates. urinaire. organique. 26 février .. . 23,i5 806, 53 .5 mars 38,52 8i4 ,4° " 9 " 24,92 289,00 DU 9 AOUT 190 Extrait 9- Indosé 117 Siicie organi((iie Indosé théorique Indosé total. (sucre). total. ( \iT.I,2l). diabétique. " 3. - Bass. 6.7,4 189,. •42,87 27,98 1.4,89 543,8 370,6 193,02 46,58 ■46,94 "94, 0 95,0 44.3. 3o, 12 .4,19 N" 4.. — Desm. 22 février . . , ■ '2,77 55,69 .4,21 4i ,48 l5,30 i5,36 28 » .5,93 .02,58 DO, 66 iNfo 5. - 5. Me un. ,92 19,08 19,23 i3 février . . , '7-99 179,00 99,0 80 ,0 43,00 21 ,65 2 r ,35 Ainsi la majorité des diabétiques et glycosuriques dont nous avons pu suivre les échanges, en dehors des substances normalement indosées (fonc- tion des échanges azotés), en dehors du sucre dosé, ont éliminé des sub- stances spéciales qui parfois se sont trouvées dans le liquide urinaire en quan- tités massives. Dans certains cas, ces quantités peuvent même arriver à dépasser le chiffre du sucre visible. Nous ne pouvons affirmer que la présence de ces substances est constante, puisque, dans une de nos observations (n" 4 du Tableau), il n'existe pas à''indosé diabétique. Il est vrai qu'il s'agit d'une malade particulière, atteinte de ce qu'on est convenu d'appeler Yinsuffisance pancréatique, c'est- à-dire un défaut général des effets physiologiques produits par la sécrétion normale du pancréas. Nos recherches ultérieures montreront s'il s'agit d'un cas fortuit, ou si certaines parmi les nombreuses modalités du diabète sont caractérisées par l'absence d'indosé diabétique. En conclusion, chez le glycosurique et le diabétique, il parait exister (d'après nos observations encore limitées à quelques cas) un indosé diabé- tique constitué par des substances qui ne se confondent ni avec les sucres habituels, ni avec l'indosé habituel, et peuvent, à ce titre, constituer un élément distinctif de la lésion. Rien, au reste, ne permet de dire jusqu'à présent que les mêmes quantités et la même nature de substances soient éliminées au cours des différents états diabétiques. La quantité de ces substances indosées, spéciales aux diabétiques, nous €st apparue très importante dans certaines de nos observations. Elle a C. R., 1909, :>' Semestre. (T. 149, N" 6.) ^5 4l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. oscillé entre les limites extrêmes de 2^,80 à 1 46s, 94 pour luriiie des 24 heures, et a parfois dépassé la quantité de sucre dosable. La détermination de ces substances nous parait devoir constituer un élé- ment important dans la connaissance des échanges des diabétiques. Nous avons en cours une série de recherches tendant à multiplier nos observa- tions et à préciser les conditions de formation et la nature chimique de ces corps indosés. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la variation d'une enzyme oxydante pendant la métamorphose chez un Trichoplère (Limnophilus flavicornis Fahr.) Note de M. Xavier Roihes, présentée par M. Dastre. 11 est établi depuis quelques années que la lymphe d'insecte noircit à l'air parle fait d'une oxydase, une tyrosinase d'après V. Fiirth et Schneider. Divers auteurs ont trouvé cette tyrosinase dans les tissuset Dewitz a montré sa présence au cours de la métamorphose chez Lucilia Cœsar, et indi(pié son rôle probable dans les phénomènes de pigmentation. J'ai étudié une dias- tase analogue chez Limnophilus flavicornis aux diverses époques de sa vie. La lymphe de la larve à corps gras déjà coloré, abandonnée à l'air dans un verre de montre, perd rapidement sa couleur jaune clair pour passer au brun rougeâtre, puis au brun foncé, en même temps qu'un précipité noir englobe la majeure partie des éléments figurés. Le phénomène, qui débute iuimédiatement, semble terminé au bout d'une heure. Les épreuves habi- tuelles : privation d'oxygène, action des agents chimiques inhibiteurs ou retardateurs des actions diastasiques, ébuliition, etc., montrent jusqu'à l'évidence qu'il s'agit bien là d'une oxydation par le moyen d'une enzyme. Les résultats varient suivant l'âge de l'insecte; clans celui-ci nous distin- guons cinq états : I, larves encore jaunes; H, larves vertes; III, nynqîhes non pigmentées; IV, nymphes en voie de pigmentation et encore peu mo- biles; V, nymphes mobiles et libres au dernier jour de la nymphose. Expérience préliinitiaire. — Sur une lame de verre doublée d'un papier blanc on étale rapidement, de manière à leur donner même forme et mèine épaisseur, des gouttes de Ivmplie obtenues par piqûre. Résultats : Étal de l'insecte I. II. III. I\ . V. Couleur après 5 min. rouge brun rouge brun rougeâtre rougeâtre jaune clair » 10 » . brun foncé brun foncé louge brini jaune foncé SÉANCE DU 9 AOUT i 909. 4iq On peut déjà conclure à deux niinima de l'action diaslasique, 'l'un an début, l'autre à la fin de la vie nymphale. On peut nous objecter que la différence pourrait tenir à la quantité de la substance chromogène oxydable. Nous avons résolu ce doute de la façon suivante : Le corps gras de la larve ou de la nymphe, débarrassée de sa lymphe inlerslilielle par un lavage à l'eau distillée, donne, après brovage avec du sable, addition d'eau et décantation, un liquide trouble vert clairqui prend, rapidement dans le cas de la larve, moins vite dans le cas de la nymphe, une coloration complètement nuiie, ce change- ment étant sous la dépendance d'une oxydase, ainsi qu'il est facile de s'en assurer. Le corps gras semble donc contenir à la fois l'enzyme oxydante et le chromogène. Il n'en est pas de même du tissu adipeux de l'adulte dont une semblable macéiation reste parfaitement verte, mais noircit rapidement par addition de l\ni)die de larve ou de nymphe. Ce premier résultat permet de compléter les indications fournies par le Tableau ci-dessus, incomplet par suite de l'impossibilité d'obtenir des quan- tités suffisantes de lymphe d'adulte extrêmement peu abondante par rapport à celle de la nymphe. Il suggère un nouveau tiioyen de recherche de l'acti- vité diastasique des diverses lymphes que nous allons exposer. Les corps gias de 5o adultes étaient préparés dans 10'™" d'eau di^tillée,\le la façon qui a été décrite. Sur i"^"'' de cette liqueur A, j'ai fait agir dix gouttes des liqueurs obtenues en abandonnant à l'air jusqu'au noircissement définitif les Ivmphes de 20 in- dividus de même stade additionnées de 3'°' d'eau distillée, et en décantant; ces liqueurs Bi. B,, B3, B4, 85 avaient ainsi des teintes désormais fixes. Voici les résultats obtenus : B,. B,. B3. B,. B5. Couleur au bout de i heure. .... brun brun vert vert sale vert » 24 beures iioii' noir vert sale lirunnoir vert sale En rapprochant ces résultats de l'absence de noircissement à l'air du corps gras de l'adulte, on peut conclure : 1" L'oxydase qui existe dans la lymphe et le corps gras de la larve, très abondante pendant la fin de la vie larvaire, décroît très rapidement au début de la vie nymphale. 1" Elle présente dans le courant de cette vie nymphale une nouvelle acti- A'ité, qui coïncide avec les phénomènes de pigmentation. 3° Elle décroit de nouveau dans les dernières heures de la vie nymphale. L'adulte en semble dépourvu. 420 ACADÉMIE DES SCIENCES. M. A. A'oDox adresse une Note intitulée : Éleclromctre pour l'étude de la charge terrestre. M. Cl. Regaud adresse une Note Sur les mitochondries des fibres muscu- laires du cœur. (Renvoi à l'examen de M. Henneguy.) La séance est levée à 3 heures trois quarts. G. D. ERRATA. (Séance du 7 juin 1909.) Note de M. ^. Demoulin. Sur les surfaces telles que les courbures géodé- siques, etc. : Page i5oi, lignes 8 et 9 en remontant, ait lieu de les équations donneront, lisez les équations (1) donneront. Page i5o3, ligne 9 en remontant, au lieu de Les surfaces (Nj) et (N'j ) sont normales, lisez Les surfaces (Nj) et (N', ) (qui sont des surfaces A) sont normales. Note de M. P. Helbronner^ Sur l'altimétrie du massif Pelvoux-Ecrins : Page i5o8, ligne 17, au lieu de 3473'", 3, lisez 3463"", 3. (Séance du 12 juillet 1909.) Note de M. de Forcrand, Sur les carbonates neutres de rubidium et de cœsium : Page 97, au titre, au lieu de carbures. Usez carbonates. Page 99, ligne 8, au lieu de effleuré, lisez effleuri. Même page, ligne 4 en remontant, au lieu de H-9, lisez H'O. Même page, ligne 5 en remontant, au lieu de H'', lisez H-0. Page 100, ligne 14, au lieu de Passage du, lisez Passage de. I ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU MARDI 17 AOUT lOOÎ). PRÉSIDENCE DE M. BOUQUET DE LA GRYE. COURESPONDAIVCE. M. le MixisTKP, DE i,'l!vsTRi-(vriox l'iiBLiofE traiismct à rAcadéiiiie une copie d'une lettre adressée à M. le Ministre des Affaires étrangères par M. JussERAND, Ambassadeur de la ilépublique française à Washington. M. Jusserand y rend compte des funérailles de M. Simon Nesrcomb, Associé étranger de l'Académie; il a tenu lui-même un des cordons du poêle pendant le cortège. M. le Président Taft a honoré de sa présence le service funèbre. L'Académie priera M. le Ministre de l'Instruction publique de faire transmettre ses remercîments à M. Jusserand. M. J.-C. Kaptey.v, nommé Correspondant pour la Section d'Astronomie, adresse ses remercîments à l'Académie. M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : i" // lerremolo ciel id novemb/e 1 8()4 in Calahria e Sicilia. Iklazionc scien- tijica délia Commissione incaricata degli studi dal R. Governo. Rapporli dr A. Hiccô, E. Camerana, M. Baratta, .T. Di-Stefano. (Présenté par M. G. Bigourdan.) 2° François Pe-ïrey. L'idée aérienne. Aviation. Les oiseaux artificiels, avec une préface de M. A. Samos-Dumont. . C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 1 'i9, N» 7.) 56 422 ACADÉMIli: DES SCIENCES. CHIMIE ORGANIQUE. — Synthèse d'acétones grasses non saturées. Noie de MM. F. lîoDRoux et F. Tabourv, transmise par M. Troost. Les acétones de la série grasse, qui possèdent dans leur molécule le grou- pement — CO — CH', attaquent à i'ébuUition le carbure de calcium et donnent naissance, par condensation avec élimination d'eau, à des acétones non saturées. Avec lapropanone, la réaction commence à la température ordinaire : elle est très rapide et fournit de Voxyde de me'sityle, de Visophorone, de la .xyh- luiie et des produits supérieurs sans point d'ébullilion iixe. En se plarant dans des conditions spéciales que nous avons indiquées dans un autre Mémoire ('), V oxyde de mésityle se forme à peu près seul et s'obtient avec un bon rendement. La balanone se transforme en une acétone de formule C*H"0. Celle-ci est un liquide incolore, passant entre 164° et 166° sous la pression de 760™"'; û?25 = o,853. Sa semicarbazone cristallise dans l'alcool étendu en aiguilles blanches fusibles à 11 4°-! iS". Hydrogénée à 180° par la métliode de MM. Sabalier et Senderens, le produit de. la condensation de la butanone se transforme très lentement en une acétone saturée G'H"0. Celle-ci est un liquide incoloie, d'odeur agréable, bouillant à i53°-i55'' sous rjQomm. (/j^rz: 0,820. Elle fournil une semicarbazone fusible à 102° et ne se combine jias au bisulfite de sodium. D'après son mode de formation deux formules seulement conviennent à cette octanone : I I I CH'-GH^— GH — GH — GO-GH' GH^-GH=— GH -GH^— G0-G11--G1P I. II. Une combinaison bisulfitiquo ne se produisant pas, la première formule est à rejeter. La cétone obtenue est donc la Tnèthyl-i-heplanone-'S et, par suite, le composé formé par la condensation de la butanone est la méthyl-'5- heplène-^-one.-j : GH^ - GH^ - G = Cil -- GO - CH^ - GH' I Gll' (') Bulletin de la Suciclc c/u/iu'r/iiii, 4' série, t. 111, p. 829. SÉANCE DU 17 AOUT 1909. '(2 3 L'acétone en C, obtenue en employant le carbure de calcium comme agent de déshydratation, est différente de celle que MM. Barbier et Léser ont préparée par l'action de l'acide chlorhydrique surlabutanone. La serni- carbazone de la méthylhepténone obtenue par ces savants (') fond en effet à i67°-i68°. La mélhyl-'i-pentanoiie-'i^ fournit la lrimélhyl-'i.î\.%-iionène-!\-one-& : CH' — CH - CH-— C = CH — CO — CH'— CH — CH» I I I CH^ CH» CH' liquide incolore, d'odeur agréable, bouillant à 2i7°-2i9° sous 760""°; rf,8=o,838;' /(^,z= 1 ,449> ■ Son ûxime est un liquide épais qui, sous 17™", passe entre i43° et i^'^". Par hydrogénation catalytique à 380°, ce corps se transforme lentement en irimc- l/n'l-2.f\.8-no/ianone-6 : CH' — CH — CH2_ CH — CH^ — CO - CH» — CH — CH' CH' CH' CH' liquide incolore, d'odeur agréable, bouillant à aïo^-aia" sous 760°""; rf,j = o,82o; n^^=: I ^^262. Ce composé ne se combine pas au bisulfite de sodium; son oxime est liquide et bout entre 138» et i4o° sous i5°"°. Vi'oxyde de mcsilyle fournit une acétone de formule C"H"0. Celle-ci est un liquide jaune, d'odeur pénétrante et désagréable, passant entre 238° et 242" sous 74'""" '■ f/,- = 0,937. Elle parait être constituée par un mélange car elle donne deux semi- carbazones : l'une gomnieuse, l'autre solide, cristallisant dans l'alcool en prismes inrci- lores fusibles à lôS^-iôG". L'hydrogénation, en présence du nickel pulvérulent chaull'é, transforme lentement cette acétone en un liquide incolore, d'odeur désagréable, d'où il nous a été impossible d'extraire un composé défini. MICROBIOLOGIE. — Influence de la réaction des milieux sur le dévelop- pement et V activité protéolytique de la hactéridie de Davaine. Noie de M"' Ei.Eo.\«utE Lazarus, transmise par M. E. Roux. J'ai entrepris l'étude des échanges et des modifications qui, dans les cul- tures de bactéridies, ont lieu réciproquement entre les cellules et le milieu, en vue surtout de comprendre les phénomènes de protéolyse. Dans celte Note, je vais résumer quelques faits concernant l'influence de la réaction. On admet généralement que les milieux alcalins conviennent seulement (') liiilletin de la Société chimique, Z" série, t. XXXI, p. 278. 424 ACADÉMIE DES SCIENCES. à la culture de la bactéridie. Or j'ai constaté que, |dans les solutions de peplone Witte, la réaction franchement acide est très favorable au déve- loppement de ce microbe. On attribue à chaque diastase une seule réaction optinia et, dans mes expériences, j'ai constaté que l'activité protéolytique est tantôt plus mani- feste dans des cultures en milieu acide, et tantôt dans celles où la réaction était alcaline. Pour mieux exprimer ces résultats, je dois rappeler que la réaction neutre est le fait de la présence en nombre égal des ions H"*^ et 0H~, ce qui correspond approxi- mativement à la neutralité vis-à-vis du tournesol ; lorsque les ions H"^ prédominent tant soit peu, cet indicateur vire au rouge ; il faut un nombre plus grand de ces ions IJ"^ pour atteindie le virage du méthylorange. Inversement, le tournesol vire au bleu dès que les ions OH^ deviennent les plus nombreux, et il en faut davantage pour faire rougir la phénolphtaléine. Dans les milieux de culture, à cause des phosphates, les moments des virages de ces trois indicateurs sont sensiblement espacés, de sorte qu'on peut piéparer, en partant de matières difTérentes, des séries de milieux dont chaque terme possède une réac- tion connue, à savoir qu'il correspond à un nombre défini d'ions H"^ ou 0H~ ('). 1° Dans les solutions de peplone Witte la bactéridie se développe à partir de l'alca- linité faible à la phénolphtaléine jusqu'à la réaction franchement acide au tournesol mais encore alcaline au méthylorange. Les cultures sont les plus abondantes et mani- festent le mieux l'activité protéolytique dans les milieux neutres ou acides au tour- nesol. 2° Dans les solutions de peptone Defresne le microbe se développe de la réaction fortement alcaline à la phénolphtaléine jusqu'à la réaction neutre au tournesol, et il n'y a que peu de races qui peuvent s'adapter à des milieux tant soit peu acides. Le développement le plus abondant et le pouvoir protéolytique le plus intense se trouvent dans les milieux alcalins au tournesol et neutres à la phénolphtaléine. 3" Dans le milieu FraMikel, qni est une solution d'a-paragine et de sels, ces limites paraissent plus étroites. Il n'y a plus de développement lorsque la réaction s'approche de la neutralité au tournesol d'une part nn dépasse l'alcalinité à la phénolphtaléine d'autre part. L'optimum du développement el de la protéoiyse se place aussi à la réaction alcaline du tournesol et acide à la phénolphtaléine. Ayant adapté une race de bactéridies à pousser dans des milieux plus acides ou plus alcalins, j'ai obtenu des résultats tout à fait imprévus. Après des passages successifs dans des solutions de peptone Witte de plus en plus acides, la bactéridie pouvait se développer à la réaction nettement acide au méthylorange, c'est-à-dire en présence d'acide libre. Or cette race ainsi modifiée s'accommodait aussi bien des milieux très alcalins et tels que la race dont on était parti ne se développait pas. L'optimum de la (') Pour les autres détails expérimentaux, voir C'imjilcs rendus Soc. /liai., t. L\I1[, p. -6i ; t. L\\ . ]). 780: t. LWI. p. 823. SÉANCE DU 17 AOUT I909. ^25 pi-otéolyse coniparaliveraeiil à celui de la race primitive s'était déplacé vers l'alca- linité. Transporté dans les deux autres milieux, ce microbe revenait à peu près aux mêmes limites qu'avant l'adaptation. D'une manière pour ainsi dire symétrique, la race adaptée à se développer dans des milieux alcalins avait acquis en même temps la faculté de se développer en milieux plus acides, et son optimum de proléolyse s'est déplacé plutôt vers l'acidité. A propos de l'influence de la réaction sur l'activité proléolytique, je dois faire remarquer que ce ne sont pas toujours les cultures les plus abondantes qui sont le plus protéolyliques. En plus, je me suis assuré que lorsqu'on distribue une même cul- ture en plusieurs portions, et qu'on fait varier les conditions de réaction, l'activité protéolytique n'est influencée que si l'on ajoute des quantités d'acides et de bases de beaucoup plus grandes que celles qui entrent eu jeu dans les expériences précédentes, (leci prouve que les dlflérences que j'ai prises en considération correspondent réellement il l'exaltation ou à l'atténuation de la faculté proléolytique des microbes. On voit donc que les limites d'acidité ou d'alcalinité entre lestjuelles le nii- ci'obe peut se développer, ainsi que le degré de réaction auquel correspond l'optimum de la protéolyse, varient non seulement selon la race, mais encore selon la nature de la matière alimentaire. L'iniluence de la réaction ne paraît pas s'exercer directement sur la cel- lule en favorisant ou en arrêtant son développement, en exaltant ou en atté- nuant sa faculté protéolytique, car elle devrait être alors indépendante de la qualité de la matière nutritive. Il parait bien plus probable au contraire que c'est l'étal de la matière qui est modifié selon la réaction et, partant, les conditions d'alimentation se trouvent changées. Je crois devoir rappeler ici, comme étant connexes de ceux que je viens d'exposer, les résultats que M. Malfitauo et moi nous avons fait connaître précédemment, à savoir que les solutions de |)ej)lone Defresne donnent des cultures d'autant moins proléolytiques que leur concentration est plus grande. J'ai vu ensuite que, dans les solutions de peptone Witte, ces différences dues à la concentration ne sont pas bien marquées lorsque la réaction est alcaline, mais qu'on s'adiesse a des solutions de peplnne Witte acidifiées, et alors c'est dans les cultures en milieux dilués et peu abondantes que la faculté protéolvtique est manifestement plus active. Enfin les difleiences de concentration ne paraissent pas influencer le pouvoir proléolytique, lorsqu'on a à faiie au milieu FiaMikel. Il paraît évident qu'aussi bien la réaction que la concentration doit affecter l'état de dissociation des matières dissoutes et surtout des phosphates et, par conséquent, la facilité avec laquelle la cellule peut les assimiler. Tous ces faits, qui paraissent au premier abord difficiles à coordonner, 426 ACADÉMIE DES SCIENCES. pourront, je crois, être expliqués par l'étude systématique de la teneur, de la nature ainsi que de l'état de dissociation électrolytique des sels, soil libres, soit associés aux matières protéiques des milieux de culture d'une part et des corps microbiens de l'autre. HISTOLOGIE. — Sur les mitochondries des fibres musculaires du cœur. Note de M. Cl. Regard, transmise par M. Henneguy. J'ai étudié les mitochondries du myocarde chez la Salamandre tachetée, la Vipère aspic, le Lapin et le Chien, au moyen d'une technique que j'ai déjà décrite à propos d'autres objets d'études ('). Dans les fibres myocardiques de la Salamandre, les mitochondries se présentent sous forme de granulations extrêmement fines, colorées par l'hématoxyline ferrique en noir bleuâtre, disposées en amas aux extrémités des fuseaux proloplasraiques péri- nucléaires, el en traînées irrégulières dans les intervalles des colonnettes contractiles. On sait que, chez la Vipère^ les fibres musculaires du cœur, beaucoup plus dis- tinctes les unes des autres que chez la Salamandre, sont constituées chacune par un cylindre de protoplasma (contenant les noyaux) entouré par une rangée unique de baguettes contractiles marginales. Les mitochondries sont représentées par de fins corpuscules, de forme variée (granulations arrondies, courts bâtonnets), extrêmement nombreux, occupant l'axe protoplasmique de la fibie. La plupart de ces chondrio- somes sont disposés sans aucun ordre ; mais les plus périphériques, donc ceux qui sont les plus voisins des baguettes contractiles, sont très fréquemment ordonnés par rapport aux disques épais de la striation : dans ce dernier cas, les chondriosomes sont alignés en séries parallèles, et dans chaque série les chondriosomes successifs, chacun situé en regard d'un disque épais, sont séparés l'un de l'aulie par des espaces incolores correspondant aux disques minces des baguettes contractiles voisines. Chez les Matnmifères., les meilleurs résultats m'ont été fournis par le myocarde du Chien : les mitochondries des fibres musculaires du cœur de cet animal sont disposées avec une abondance, une régularité et une con- cordance avec la substance contractile, tout à fait remarquables. Il y a lieu de distinguer deux variétés de chondriosomes : ceux du fuseau protoplas- mique central et les chondriosomes intercolumnaires. Les chondriosomes centraux sont sphériques, en larmes ou bacilliformes, relativement gros, disposés sans aucun ordre, particulièrement abondants aux extrémités des noyaux (I et III, cAj). (') Cu. Regaud et M. Favre, Granulations inlerslitielles et niilocliondries des Jibres musculaires striées {Comptes rendus, 8 mars 1909). SÉANCE DU 17 AOUT 1909. 427 Les chondriosomes intercolumnaircs (c/;,) ne diffèrent pas des précédents par leurs réactions (chez le Chilien, du moins) mais par leur forme et leur ordonnance. Pour en prendre une connaissance exacte, il faut examiner des préparations très minces (2*^ ou ^^), parfaitement colorées (après mordan- çages spéciaux) par l'héniatoxyline ferrique et le picro-ponceau. L'examen doit porter successivement sur les coupes transversales et les coupes longi- tudinales des fibres. Dans les coupes transversales (I), les colonnettes contractiles se montrent sous forme de champs de Colinheim rouges (a), irrégulièrement polyé- driques chez le Lapin, très allongés en sens radiaire chez le (]hien, toujours parfaitement isolés les uns des autres. Les chondriosomes se montrent sous forme de corps noirs (c/i , ), irréguliers chez le Lapin, à peu près de même forme que les chanqjs de Cohuheii» chez le t^hien; ces corps sont aussi parfaitement isolés les uns des autres, au sein du jJTotoplasma dit intercon- tractile, lequel est particulièrement abondant dans les fibres musculaires du cœur. Dans les coupes longitudinales (II, III), les colonnettes contractiles se montrent comme des Iiaguettes roses, plus ou moins distinctes les unes des autres, entrecoupées de distance en distance par les disques minces (s), rouges. ( )n ne peut distinguer les bandes claires d'avec les disques épais, dans le segment contractile [se) compris entre deu.v disques minces. Les chondriosomes (c/i, ) pnwHienl place entre les colonnettes contractiles. Leur ordonnance est admiraijicment régulière : ils sont disposés en séries longi- tudinales ; dans chatjue série, les pièces consécutives, équidistantes et égales, sont séparées par des intervalles incolores (pii correspondent exactement aux disques minces des colonnettes contractiles voisines. De même les chon- driosomes forment aussi des rangées transversales régulières dans toute la largeur de la fibre. (Juel que soil le sens de la coupe, les chondriosomes apparaissent toujours comme des corps indépendants ; ils ne participent à la formation d^ aucun réseau. Il n'y a pas de substance mitochondriale dans les colonnettes contrac- tiles. Il n'y en a pas davantage au niveau des traits scalariformes d'EberTh" Suivant leur orientation par rapport au plan de la coupe, les chondrio- somes présentent des aspects bien différents. Coupes perpendiculairement à leurs deux faces (caria figure I montre que ce sont des lamelles), ils appa- n 428 ACADÉMIE DES SCIENCES. raisseiit (TI) comme de minces bâlonnels ; vus à plat ou bien en section ohlicjue, ils apparaissent comme des plaques grises, translucides, couvrant le milieu des segments contractiles (III). Sous ce dernier aspect, ils simulent des disques épais et seraient pris pour tels par un observateur non averti. Ces divers aspects peuvent se rencontrer dans la même fibre. Ml ni m H III II .h, M- ;-i s.c. *%1 /* r'-' • ••• en q III 9 • k^>^ vsi H.; a Chondriosomes des fibres niyocardiqiies du Cliien. Il est probable que les chondriosomes sont plastiques et que la contra.c- tion des segments contractiles leur imprime des changements de forme; mais je ne sais rien encore sur ce point. Arnold a montré récemment (igoij) que le glycogcne des fibres mus- culaires du cœur, comme celui des fibres musculaires squelettales, est interstitiel, c'est-à-dire situé entre les colonnettes contractiles. Il me paraît très proliable que le glycogène et peut-être d'autres matériaux inconnus sont supportés par les chondriosomes. Si cette hypothèse se justifie, chaque segment contractile serait immédiatement flanqué des éléments « nour- riciers » chargés de collecter les substances nécessaires à sa consom- mation ('). ( ' ) Je n'ai pas réussi à colorer les chondriosomes inlercoluranaii-es dans le myocarde de riioiiinie. J'attribue cet échec au fait que je n'ai eu que des pièces cadavériques. Mais les chondriosomes centraux des fibres cardiaques de l'homme se colorent aisé- ment ; i/s corre.iponden/ en partie aux granulations pigtnenlaires bien connues. SÉANCE DU 17 AOUT 1909. li'lCj GÉOLOGIE. — Sur l'histoire géologique el la tectonique de l'Atlas tellien de la Numidie orientale (Algérie). Note ( ' ) de M. J. Dakeste de la Chava.nxe. Dans une précédente Note (Comptes rendus, 1 août 1909), nous avons esquissé l'histoire géologique de l'Atlas tellien, de la Numidie orientale, pendant les temps secondaires et éocènes. Aujourd'hui, nous ferons l'his- toire des temps néogènes dans cette même région, et nous terminerons par quelques considérations générales sur la tectonique de celle-ci (- ). De nouveaux mouvements, d'âge antécartennien, plissent le Flysch, et le début du Miocène est marqué par une invasion nouvelle de la mer arri- vant par le Sud. Le Cartennien, transgressif vers le Nord, contient, à sa base, des galets de calcaires à Nunimulites el de calcaires à Inocérames. Plus au Nord, un faciès glauconieux et à lignite, indiquant la proximité d'un rivage, semble prouver que la mer cartennienne n'a pas dépassé, dans cette direction, une latitude passant par la Mahouna, le Nador et Souk- Arrhas. Des plissements postcarlenniens afTectenl cette nouvelle formation, qui se montre sous forme de synclinaux assez aigus, indépendants des formations miocènes posté- rieures. Ces mouvements orogéniques déterminent le retrait de la mer, qui était largement ouverte, el la formation de bassins ou de dépressions, où vont se déposer : au Miocène moyen, des sédiments alternativement marins et lacustres (mollasse sableuse, grès el marnes à Jlelijc), el au Miocène supérieur, d'abord des sédiments laguno-saumàtres iransgressifs (marnes sulfo-gypseuses à faune de Poissons saumàtres el d'estuaire) {Comptes rendus, 29 juillet 1907) el enfin, lorsque le phénomène de dessalure devient complet, des marnes blanches lacustres à faune d'eau douce ren- fermant des Bithjnies, des Limnées, des Planorbes et des Ancyles, identiques aux formes de Cucuron (Vaucluse). Au Pontique supérieur, le régime continental el lluvio-lacuslre s'établit enfin, avec des limons rouges et des conglomérais analogues à ceux de la montagne du Léberon, du midi de la France. La fin des temps miocènes a été marquée encore par un dernier mouvement orogé- nique moins intense, qui a eu pour effet de redresser les couches sahelo-pontiques, principalement dans les bassins du Nord, au pied de la chaîne nuniidique. Au début du Pliocène, le relief actuel est formé, le remblaiement des vallées com- mence et se poursuivra jusqu'au début du t^liocène supérieur, date à partir de laquelle s'effecluera le creusement des vallées. (') Reçue dans la séance du î août 1909. (-) Celle Note a été rédigée à la suite de mes explorations pour le Service de Carte géologique d'Algérie. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N° 7.) ^7 43o ACADÉMIE DES SCIENCES. Ajoutons que la fin du Pliocène a élé, dans celle région, une période assez humide, où se sontformées, en de nombreux poinls, des nappes de Iraverlins, pliénomène com- mun, du resle, à la pluparl des régions médilerranéennes. Aperçu tectonique. — Les mouvements orogéniques tertiaires et en parti- culier les mouvements postlutétiens, sans doute contemporains des mouve- ments pyrénéenS) sont les plus importants et se sont manifestés par des ali- gnements (plis ordinaires, plis déversés, plis imbriqués, dômes en chapelet, lames et ellipses triasiques) à orientation E(.) légèrement iniléchie dans la direction SO-ME. De plus, à cette époque, certains axes de plissement NS, soit d'âge hercy- nien, soit d'âge posljurassique, ayant provoqué l'émersion et ensuite la dénudation de ce dernier système, se mettent à jouer de nouveau et donnent lieu à des plis posthumes, orientés comme les premiers NS, mais toute- fois moins accentués, et analogues à ceux signalés par M. Flamand dans le Sud OvAnSii^ (^Comptes rendus, 21 juillet 1902). On se trouve donc en présence de deux systèmes de plis, qui se recoupent orthogonalement. C'est la structure orthogonale de M. Bertrand. Dans ce système, il est à remarquer que l'orientation de chaque tronçon de pli EO tend, en allant vers l'Est, à s'infléchir vers le NE, en s'appro- chant des plis NS, qui jouent le rôle d'axes de rebroussement. Cet inflé- chissement successif des tronçons de plis EO vers le NE détermine la direction générale des lignes orographiques, qui sont sensiblement SO-NE. Ajoutons que les injections métallifères, les sources thermales et minérales et les formations travertineuses qui en résultent se trouvent généralement localisées aux points d'intersection des alignements d'accidents tectoniques importants formant le réseau orthogonal en question et constitués soit par des anticlinaux ordinaires, soit par des plis imbriqués, soit par des failles limitant des portions de dômes effondrés. La diversité des contacts des marnes triasiques avec les terrains de tous les âges, depuis le Lias jusqu'au Miocène, pourrait amener à croire qu'il ne s'agit que de lambeaux de lames de charriage, auxquelles le Trias servirait de support. Si l'on excepte quelques étirements de marnes triasiques, quelques plis imbriqués ou déversés, qui n'ont subi que des déplacements de quelques kilomètres à peine et qui ne sont que des accidents locaux, on peut diflici- lement admettre là l'existence d'une nappe de charriage recouvrant toute cette région. En effet le Trias occupe généralement une situation normale, au fond SÉANCE DU 17 AOUT I909. 43 î des dômes et des anticlinaux, dont les lianes fortement étirés sont souvent restés en partie en profondeur, et il sert de substratum aux autres terrains plus récents, qui se succèdent en ordre normal. De plus la régularité avec laquelle les faciès et les faunes de tous les terrains soit secondaires, soit ter- tiaires, se modilieut eu allant du Nord vers le Sud, nous porte à croire que nous sommes en présence de séries autochrones. Enfin, cette région se trouvant située au point de resserrement des deux chaînes atlasicjues, il n'est pas étonnant d'y rencontrer une grande compli- cation dans la tectonique, et d'y trouver des affleurements aussi importants de marnes triasiques, qui, grâce à leur consistance semi-fluide, sont venues au jour sous l'influence de phénomènes de compression mécanique intense. M. le Général Laurent adresse une Note Sur le rôle de i élasticité dans le vol des oiseaux. (Renvoi à la (Commission d'Aéronauticpie.) La séance est levée à 3 heures et demie. Pli. V. T. BULI.RTIV BIBI.IOGKAPIIIQUE. OUVRAGKS REÇUS DANS LA SÉANCE DU 2 AOUT I909. Ministère des Colonies. Service géograpliiciue des Missions : Carte de t' Afriijue occidentale française, dressée par \. Mku.mek et E. Barralucr. d'après les documents les plus récents, igoS; échelle de rj^J^irôi 2° édition, 1908 : Feuille n" 1, Dakar; feuille n" 4., Konakry. — Carte de La Guinée française^ dressée par A. Meunier, échelle de - „ „'„ ^ „ ; 2" édition, 1909 : Feuille n" 2, Kouroussa: feuille n" 3, Konakry. — Carte de la Mauritanie, dressée par M. le Capitaine du Génie Gérard, 1909; échelle de vïô^Vïrô* — Carte de la Côte française des Sonialis, 1908; échelle de Tôô'oTo ; feuille n° 1, Djibouti. Université calholique de Louvain. Soutenir du cinquantenaire professoral de M. Louis Henuy, 8 mai 1909. Louvain; i fasc. in-^". (Hommage de M. Louis Henry.) Lois des distances des satellites du Soleil, par le Lieutenant-Colonel Delauney. I^aris, Gauthier-\ illars, 1909; i fasc. in-8°. M. Edmond Maillet adresse 49 nouvelles brochures de Mathématiques pures et appliquées, Hydraulique, Hydrologie, Météorologie, etc. 432 ACADÉMIE DES SCIENCES. Report of a magnelic Siirvey of South Africa, byJ.-C. Beattii!. Londres, 1909; I vol. in-4°. (Offert pai- la Société Royale de Londres et les Gouvernennents des Colo- nies de l'Afrique du Sud.) Observatorio de Marina de San Fernando. Caria fotografica del Cielo. Zona — 7° : llojas n- 4, .5. 11, 1(). 17. 18, 10, tJ'i. 35, 9.=S, %. 97, 102. 103. 10'^, 11,5, 135, 137, IG! y 162. Paris, héliogr. et imp. L. Scliutzenberger; 20 feuilles in-plano. Étude sur les foudroiements des arbres constatés en Belgùjuc pendant les années 1884-1906. par E. VANOEiiLiNDKN. {Annales de l'Obscr^'atoire royal de Belgii/ue: nouvelle série, t. XX, fasc. 3.) Bruxelles, llayez, 1907; i fasc. iii-4". Catalogues raisonnes de la Faune entomo logique du Congo belge : Hémiptères, fam. Penlatomidœ. par H. SciiouTEniiN. {Annales du Musée du Congo belge : Zoo- logie, 3' série, 2' section, t. 1, fasc. 1.) Bruxelles, Spineux, 1909; i fasc. in-f». Annalen der scluveizerischen meteorologischen Cenlral-Anstalt, 1907 : Der schweizerisclien meteorologischen Beobachtungen ; Jahr^ang h^k. Zurich, Zurcher et Furrer; 1 vol. in-4". Meteorological observations mode at the Hongkong Observatory in the y car 1908, with two plates. Hongkong, Imprimerie du Gouvernement, 1909; 1 fasc. in-f". Erdbeben Bericht. Obseriatorium Batavia, Java; Januar, Februar, Maiv. 1909. I fasc. in-.'i". Magnetic Survey of the Dutch Easl-Indics made in ihe years 1903-1907, by W. VAN Bemmelen. Appendix I, to Observations made at the Royal magnetical and meteorological Observalory at Batavia; t. XXX, 1907. Batavia, 1909; 1 fasc. in-f°. Matériaux pour la Carte géologique de la Suisse; livraison XXIX : Bibliographie géologique de la Suisse, pour les années 1770 à 1900, par Louis Rollieii; seconde Partie : L 1 {Hydrodynamique et Glacialisme) jusqu'à V {Reliefs géologiques). Berne, A. Francke, 1908^ i vol. in-4°. A sketch of the geography and geology of the Himalaya ruountains and Thihet, by Colonel S. -G. Burrard and II. -II. Hayden. Part IV : The geology of the Hima- laya; published by order of the Government of India. Calcutta, 1908; i fasc. in-4°. Canadian Mining Institute. Petroleums and coals compared in thier nature, mode of occurence and origin, by Eugène Coste. (Extr. de Journal of the Canadian Mining Institute, t. XII.) Toronto, 1909; 1 fasc. in-S". Beport on tertiary plants of Hritish Colombia. collected by Lawhence-M. Lambe in 1906, logether with a Discussion of previously recorded tertiary fieras, by D.-P. Penhali.Ow. Ottawa, Government printing Huieau, 1908; 1 fasc. in-4°. Geological Survey of Canada. 17 feuilles nouvellement publiées de la Carte géolo- gique du Canada. Observations sur le thé : I. Les maladies du thé en général; II. Les maladies du thé causées par des Acariens, par le D'' Cn. Bernard. {Bull, du département de agriculture aux Indes néerlandaises; n" 23.) Buitenzor;;, Imprimerie du départe- ment, 1909; I vol. in-4". {'^ suivre.) ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 25 AOUT 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUQUET DE LA GRYE. COIlHESPOIVnAIVCE. M. le Secrétaire peri'kthei, annonce à rAcadéniic (|no le Tome 147 des Comp/es rendiix (\r)r>i^^ second semestre), esl en distribulion au Secré- tariat. M. le Secrétaire PEiti>F.TUEi- signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les < )uvrages suivanls : i" Onoranze al Prof. Luigi Chemona. 2" Les i^égétaiix utiles de l' Africiue tropicale française. Fascicule ^^ Première étude sur les bois de la Côte dlvoire, par Aug. (^hkvai.ieh. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur le calcul des racines des équations nutnè- rùjues. Note de M. Lémeray, transmise par M. lùnile Picard. Dans une Comnuinicalion du 2S juin dernier, M. de Montessus a exposé une méthode pour le calcul des racines des équations au moyen de sulisli- tutions uniformes convenal)les. .l'ai exposé le principe de cette métliode dans une Note des Nouvelles Annales eu décembre 1898, en indiquant comment on peut remplacer une é(puilion donnée par une auli'e admellanl une racine déterminée de la première et construite de telle sorte (pie la substitution soit couveryenle. C. li., ifjor), 2" Seniesire. (T. liîl, N" S.) ^O 434 ACADÉMIE DES SCIENCES. GÉODÉSIE. — Sur les mouveine/ils de la verlicalc dus à l allraclion de la Lune et du Soleil, la Terre étant supposée absolument rigide. Noie de M. Cu. Lallemand, présentée par M. Bouquet de la Grye. Vu l'inégalité des distances du Soleil, ou de la Lune, aux divers points de la Terre, la verticale, en un lieu N (Jig. i). subit, dans le plan azimutal NS de l'astre S, une Fis. ■• Fig. 2. y"r77^ '"-/r.-m/rv déviation variable f] ( ' ), dont les deux composantes, .r, suivant le premier vertical, et r, suivant le méridien NP, sont : (>) X- =; ô sin A = a sinas sin A \ y = (5 cos A rr; a sin2; cos A j 3 M P, pôle; A, azimut de l'aslre S en N; 3, sa distance zénithale; M, sa masse rapportée à celle de la Terre; d^ sa distance en rayons terrestres. Dans le triangle sphérique PSN, on a, d'après des formules connues (2) : sin / sinD + cos/ cosD cosyH, sio:; sin A =: cosD sin^H et sinscosA= — sin Dcos/ + cosD sinZ cos^; /, latitude du lieu N; Al., angle horaiie de l'astre S; D, sa déclinaison. Portons CCS valeurs dans (i) et remplaçons cos^^I par - (i -+- cos2iM) (^) : (3 1 .r =r cxcosl cos^D sin 2yH + a sin / sinaDsin^H, j y 3= o,53£ sin 2 /(i — 3 sin'D) -H o,5a sin2 /cos^Dcos2/Il — « cos 2 /sin2 Dcos.îl. X et y, on le voit, sont des fonctions périodiques de l'angle horaire AI. (') Cu. LAi.i.EM.tNi), Sur les marées de l'écorce. etc. {Comptes rendus, 9 août 1909). (-) 1'. H.irr, /Votions sur le plicnomèiie des marées. Paris, i885. SÉANCE DU 23 AOUT I909. /[SS Dans le mouvement angulaire de la verticale, on distingue : 1° Une onde ellipliiiuc semi-diurne (termes en li.H), avec les demi-axes (4) Sens Esl-Ouest : (?,,;= a cos/ cos-D; Sens Nord-Sud : ^.(rf=: o,5«sin 2/ cos-D. 2° Une onde elliptique diurne (termes en cos.îi), avec les demi-axes (5) Sens Est-Oviest : (7,/= a sin/sin 2D; Sens Nord-Sud : bu'^ ot. cosa/sinaD. Quand Paslie est à l'équateur (D = o), l'onde semi-diurne alleint son niaxinium el l'onde diurne disparaît ( sin 2 D = o). Pour un point de l'équateur terrestre (/^o), l'onde semi-diurne se réduit à une oscillation rectiligne Est-Ouest 'et l'onde diurne à une oscillation Nord-Sud. On peut, en général, négliger l'onde semi-diurne ('). Mais a et D varient avec le temps. Vu la faible excentricité e des orbites [e = -pj (Lune), j5-(Soleil)], on peut écrire (6) « = «„,([ -H 32>') et résumé dans le Tableau cj-après les ondes et oscillations théo- riques d'amplitude moyenne 10", 001 = I millisecondes: i"'. Moyens nioiiventcnls Lhéoruiues de la vcrlivale à Polsdant , en inillisecondcs ('). Denli-am|lllUl(lt'^^ inoyniin"^. (Jndes lunaires. Oiuies solaires. V V Ajrf ^ 0,92 a,,, cos/. . ( Onde elliptique j ±10,1 \ (_)nde elliptique \ ±4,5 B^-rf =: o,/|6o!„, sin 2 / . I semi-diurne \ ± S,i> \ seini-iliurnc ) ±3,5 ,, • , l ,~v .,, ■ / senii- ) , ( Oscill. nicrid. ) , B,„,= o,i2 3C„, sin2/ . \ Oscdialion 11 ± •'• . ' ■ u ( ±o>9 •, .... uïen-,uelle ) / semi-annuelle ( ,, . , -, ineridieiiiie l n , |j„i ::= I , i4ea„j sin 2 J. [ ( mensuelle ±1,1 « » (') La troisième ( />,,„) n'est (|ue Jj de la seconde (/'.t,,,), pour la Lune, et jL. pour le Soleil : (^,„,=: i,5e^s„,); l'onde 6,„, est dès lors négligeable par rapport aux deux autres. C) Ce dernier facteur est la moyenne des deux valeurs extrêmes (1 — 0,75 sin-I) et (I — 2,25 sin-I) obtenues en tenant compte de la révolution du périgée dans l'orbite. (') Cii. l^AM.EMANl), Sur l'élasticité du ^'lobe, etc. {Comptes rendus. 1 août 1909). (') Après ces ondes, les plus importantes seraient : une oscillation méridienne lunaire de 0^,8 d'amplitude et 18 ans ^ de période, puis une autre ( bi,„) de o^, 35 et 9 jours de période; eiilin une oscillation méridienne annuelle solaire de o'', 3 d'amplitude. SÉANCE DU 23 AOUT 1909. 487 CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur an poison élaboré par la levure. Note de M. A. Fer\iiacii, présentée par M. L. iVIaquenne. Dans une publication récente (^Wochenschrifl fur Braacrci, avril i()o<), n'" 14 et sniv.), M. F. Hayduck a fait connaître les résultais de recherches poursuivies à l'Institut des fermentations de Berlin, qui mettent en lumière l'existence, dans la cellule de levure, d'une substance toxique pour la levure. Cette substance peut être extraite de la levure, préalablement séchée rapi- dement à une température pouvant atteindre 70", en faisant macérer celle-ci dans de l'eau renfermant i pour 1000 d'acide chlorliydrique. L'action toxique "de la macération neutralisée est mesurée, dans les expériences de M. Hayduck, par la diminution d'activité que subit la levure quand on la laisse en contact avec celte macération. Nous avons repris une partie des expériences de M. Hayduck et avons pu ajouter à ses observations quelques faits nouveaux extrêmement intéres- sants, que nous résumons ci-après. Nous avons d'abord vérifié la possibilité d'extraire de la levure une substance qui joue, vis-à-vis de la levure elle-même, le rùle d un antiseptique. A cet etlet nous nous sommes adressé à la lex'ure pressée du commerce ( levure Springer), qui, contrairement aux indications de M. Hayduck, nous a fourni une macéiation active a[)rès dessiccation à la température relativement basse de 87". La macération a été préparée en mainleuanl. au contact de 200"^'"' IICI à i [)our 1000, pendant ly heures à 37", 2*-' de levure séclie, liltianl l'exliail et le neutralisant exacLe- menl vis-à-vis de l'alizarine >ulfocoujui;uéo. L'aclioii de cette [nacération a été essayée sur deux levures, la levure l'ombe, qui est liés résistante, et une levure, que nous dé- signons par la lettre 11, (|ui est bearrcoup plus fragile. LIne culture de 2'| heures de ces levures a été iulrodulte dans la macération, et l'on a déterminé immédiatement, puis à divers stades, le rrombre de cellules vivarrles, jiar- la iirétliode de cirlture sur milierrx solidifiés par la gélatine. Voici les résultats de ces déterminations : CL-llules viviinles Cellules vivantes au bout de du mélange. 30 min. 1 heure. 3 heures. 4 heures. h heures. 12 heures. Levirre l'derme commence aussi à soi'lir dehors en masse des crlhiles opaques, faisant parfois des liernies énormes qui, pendant ([uelques licnres, restent . encore attachées au corps larvaire par un pédoncule plus ou moins étroit. Enlin les cellules, faisant des saillies anormales, dont loule la surface du corps de l'embryon est entourée, commencent à se détacher de celui-ci et tombent dans l'espace libre entre l'embryon et sa coque. On les reconnaît là alors sous l'aspect de corps arrondis, de diamètre et transparence variables et ilonl le nombre augmente sans cesse. Parfois plusieurs cellules sont expulsées à la fois du corps larvaire. Ce dernier, malgré la diminution de plus en plus sensible du matériel formatif, continue à se développer : il se forme une larve véligère, pourvue de bourrelets vibratiles toujours bien développés, où les cils exécutent des mouvements très vifs. Quelquefois l'appareil rotateur du voile arrive à se différencier en deux disques moteurs latéraux, mais le plus souvent l'ébauche du voluni ne dépasse pas le stade primitif du bourrelet cilié circulaire. Des autres organes on ne reconnaît que l'ébauche du rein {l'œil anal) qui arrive le plus souvent à se constituer et persiste assez longtemps, en ne disparaissant ([ue vers la désagrég.ition complète de la larve. J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'observer sur le vivant la désagrégation de la région du rein et l'expulsion des éléments pigmentés qui le constituent. Des autres organes larvaires, comme du tube digestif, du foie, otocyste, pied, etc., on ne voit rien. La coque laivaiie ne se forme jamais, ce qui est fort compréhensible, vu la désagrégation et l'élimination continuelle des cellules eclodermiques. L'expulsion des cellules isolées et des groupes cellulaires entiers s'ac- complit sans cesse : lesdimensions de la larve dimiiuient [)resqueà vue d'œil et à la fin son diamètre se réduit à /loi^^-Soi^, c'est-à-dire à { environ de la grandeur d'une larve véligère normale. L'appareil rotateur du voile paraît être le plus réfiactaire vis-à-vis l'ac- tion du radium : il continue à exécuter les mouvements très forts, même quand tout le corps de la larve est déjà réduit à un amas cellulaire informe. Plusieurs fois j'ai vu des cellules ciliées du voile sortir de leur rang et se mouvoir librement pendant plus de 2 heures, dans l'espace péri- larvaire. A la fin, vers 6 à 9 jours, il ne reste pltis du corps de l'embryon qu'un amas de cellules arrondies et désorientées. Les restes du bourrelet rotateur perdent leurs contours précis, mais les mouvements des cils persistent sans s'allaiblir visiblement : on voit alors une masse informe {Franiboisia de Houxj, trois fois plus petile (pi'un véliger normal, tourner très vite dans I SÉANCE DU 23 AOUT I909. 4'|I l'intérieur de la coque, au milieu des cellules expulsées, d'un mouvement gyratoire énergique et continu. Vers 9 à 10 jours après la ponte les larves informes meurent, sans jamais parvenir à abandonner leur coque. M. L. BoNNEAU adresse un Mémoire intitulé : Le problème du voussoir. (Renvoi à l'examen de M. Léauté.) M. F.-.l. PiLLET adresse quelques A'ofe* a S"". Catane, 1909 ; i vol in-4°. (Présenté par M. Baillaud.) Der Processus retromastoideus : Die Crisla, der Sulcus und die Tubercula supramastoidea nebsl Bemerkungen ueber die Lineœ nuchœ, die Crista occipitalis externa and die Impressiones occipitale^_ von W. Waldeyer ; mit 3 Tafeln. Berlin, 1909; i fasc. in-4°. Recueil des travaux du Conseil départemental d'Hygiène et des Commissions sanitaires de la Gironde, années 1907 et 1908, publié par les soins de M. Charles Blarez et de M. L. Barthe; t. III. Bordeaux., 1909; 1 vol. in-8". Annales de la Société académique de Nantes et de la Loire-Inférieure : Vol. IX, 2° semestre 1908; Vol. X, i""^ semestre 1909. Nantes; 2 fasc. in-S". Annales de l'École nationale d'Agriculture de Montpellier : nouvelle série, t. IX, fasc. 1, juillet 1909. Montpellier; 1 fasc. in-4°. Bulletin de l'Institut océanographique. Fondation Albert I", Prince de Monaco; n°' 14.0 (suite), lii-loO. Monaco; 8 fasc. in-8°. Annales du Musée du Congo belge: Botanique, 5^ série, t. IIl, fac. 1. Flore du bas et du moyen Congo : Étude de Systématique et de Géographie botaniques, par E.M. de WiLDEMAN. Bruxelles, 1909; 1 fasc. in-f". SÉANCE DU 23 AOUT I909. 443 A'oi'a Acta Academiœ Ccesareœ fjeopoldiao-Carolinœ germanicœ naturœ curiosorum; l. LXXXVIII el LXXXIX. Halle, 1908; 2 vol. in-4°. Naturkundig Tijdschrift voor Nederlandsch-Indië : deel LXVIII. Weltevre- den, 1909; I vol. in-8°. Proceediiigs of tlie United States national Muséum; l. CXXV. Washington, 1909; 1 vol. in-8°. Ouvrages reçus dans la séance du 17 août 190g. // lerremoto del 16 noi-embre 1894 in Calahria e Sicilia. Relazione scientifica délia Commissione incaricata degli studi dal R. Governo. Rapporti di A. Riccô, E. Camerana, m. Baratta, G. Di-Stefano. (Annali delV Ufjicio centrale meteorolo- gico e geodinamico ; série seconda, Vol. XIX, parle 1, 1897.) Rome, G. Bertero, 1909 ; I vol. in-4''. (Présenté par M. Bigoiirdan. Hommage de M. A. Kiccô.) L'idée aérienne. Ai'ialion. Les oiseaux artificiels, par François Peyrev, avec une préface de Santos-Dumont. Paris, H. Diinod el E. Pinal, 1909; r vol. in-8''. Recherches spéléologiques dans la chaîne du Jura, par E. Four.nier, 10^ campagne 1907-1908. (Spe/unca : Bulletin et Mémoires de la Société de Spéléologie; t. VH, n" 56, juillet 1909.) Paris; i fasc. in-8°. Ponts et Chaussées. Service hydrométrique du Bassin de la Seine. Observations sur les cours d'eau et la pluie centralisées pendant l'année 1907, sous la direction de M. Maurice Levy, par MM. Nouaillac-Pioch et E. Maillet; et un Résumé. Melun, Imp. adm. centrale, s. d.; i fasc. in-f" et r fasc. in-4". Les échelles hydrauliques appliquées à la canalisation et à la régularisation des rivières, par G. Denil. (E\tr. des Annales de l' Association des Ingénieurs sortis des Ecoles spéciales de Gand: o' série, t. H, 2= fasc, année 1909.) Gand, imp. F. el R. Buyck, 1909; I fasc. in-8°. Rendiconto dell' adunanza solenne del 6 giugno 1909, onorata dalla presenza délie L. L. Maesta il Re e la Regina e Di S. A. R. là Duchessa d'Aosta. (Atti délia R. Accademia dei Lincei, anno CCCVI, 1909.) Rome, 1909; i fasc. in-4''. Cambridge Observatory. Annual Report of the observatory syndicate, 1908 may 19 to 1909 mav 18, s. I.; 1 fa.sc. in-4°. Observaciones solares, ejeculadas por el professor Luis-G. Léon, en su observatorio parùculnr, durante el mes de abril de 1909. Mexico, rgog; 1 fasc. in-4''. Differenza délie longitudini fra Milano osservatorio astrononiico di Rrera e Créa punto trigonometrico di i" ordine délia rete geodelica italiana : Osservazioni di G. Celoria e M.Rajna; calcoli A\ L. Gabba. (Pnbblicazioni del Reale Osservatorio di Rrera in Milano: n" XLV.) Milan, Ulrico Hœpli, 1909; i fasc. in-4''. Die sâkularen Stôrungen des Parameters. Einige Fragmente aus seinen Publika- lionen, von AuGUST Weiler; HI. Carisruhe, G. Braun, 1909; 1 fasc. in-S". Report of the Commissioner of fisheries for the fiscal year 1907 and spécial pa- pers. Washington, 1909; i vol. in-8". 444 ACADÉMIE DES SCIENCES. ERRATA. (Séance du i4juin 1909.) Noie de MM. H. Guillemard eX R. Moog, Sur une méthode permettant de mesurer la déshydratation de l'organisme, etc. : Page 1626, Tableau (Col d'Olen, débit respiratoire apparent), au lieu de lisez 297 597 3o2 609 290 586 3io 617 334 664 Moy. 3o6 6i4 Page 1627, Tableau (Obs. Vailot, débit respiratoire apparent), au lieu de lisez 245 689 273 768 243 688 Moy. 254 715 Même page, Tableau (Col d'Olen, même colonne), au tifu de lisez 293 SgS 309 624 275 553 201 601 Moy. àgS SgB (Séance du 21 juin 1909. ) Note de MM. Gabriel Bertrand el V.-I. Meyer, Sur la pseudomorphine: Page i683, dernier alinéa: l'éventualité du schéma II ayant été admise par inad- vertance, il n'y a évidemment pas à tenir compte de l'observation finale. acre. a» ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LU^DI 30 AOUT 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MEMOIRES ET COMMUi\IC4TIOi\S DES MEMBRES ET DES CORRESPONDA.NTS DE L'ACADÉMIE. M. le Pbéside.xt, parlant de la grande semaine d'aviation, s'exprime en ces termes : Il y a un mois, l'Académie a envoyé le témoignage de son admiration aux hommes qui ont entrepris et dont l'un a fait la traversée de la Manclie à l'aide de machines volantes. Le Monde était frappé surtout par la hardiesse fabuleuse qui a conduit à ce mémorable exploit. Mais déjà n'était-il pas manifeste que l'audace et le mépris de la mort ne suffisent pas et que la préparation scicntifiqne assure le succès ? C'est à la fois le triomphe de la Science et du courage humain que nous glorifions en présence des événements qui ont pour théâtre les plaines de la Champagne. Ce que des savants illustres avaient essayé en vain, des savants parmi les plus modestes l'ont réalisé. Ils ont résolu les questions et construit les appareils. Ils les utilisent eux-mêmes ou les confient à ces hommes qu'anime le désir de la gloire et dont la race n'est pas près de s'éteindre. La conquête de l'air est accomplie. L'Humanité est désormais en posses- sion d'une puissance nouvelle, d'un mode de locomotion le plus rapide, le plus direct, le plus sûr, j'allais dire le moins dangereux. Nous n'oublions pas le martyrologe de la période d'enfantement; mais aujourd'hui ne vous paraît-il pas que les naufrages de l'air sont moins périlleux que les autres? L'Académie envoie son hommage ému à ceux qui ont préparé et accompli C. R., 1909, 2" Semestre. (T. 149, N- 9.) 'jO 446 ACADÉMIE DES SCIENCES. un tel progrès. Elle n'est pas confinée dans les bornes de la Science pure. Tout ce qui peut accroître le bien-être et la noblesse de l'homme l'intéresse. Elle n'est pas insensible à cette pensée que l'Histoire associera le nom de la Erance à l'accomplissement de ce grand œuvre. CORRESPONDANCE. M. C. Heuvieux adresse des remerchnents pour la distinction que l'Aca- démie a accordée à ses travaux. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur le perfectionnemejil de la théorie des équations partielles de premier ordre. Note de M. N. Saltykow, transmise par M. Appell. M. Sleklofî vient de simplifier (') la démonstration d'un théorème de S. Lie (-) {théorème généralisé de Jacobi) et de ses applications à l'inté- gration des équations aux dérivées partielles. Cette importante étude me suggère des considérations complémentaires à mes recherches antérieures sur la même question. Considérons le système normal d'équations aux dérivées partielles (i) /,(a-,,a;j, ..., j-„; />,,/).>, ...,/)„) = o (/=i. 2, m), le système correspondant d'équations linéaires étant (2) (/„/) = o (;• = !, 2, .... ;«). Nous appellerons élément régulier du système (i) l'ensemble de n intégrales en involulion du système (2), les fonctions f^, f„, . . ., /„, y compris, distinctes par rapport aux variables p^, p.,, ...,/?„; si les intégrales considérées ne sont pas distinctes par rapport à ces dernières variables, l'ensemble est dit élément irrégulier. Dans ce langage conventionnel, rintégralion du système (i) revient au (') Comptes rendus, 18 janvier, 1''' et 22 février 1909. (') Allgemeine Théorie der partiel. Differentialgleichungen i-Ordn. {Math. Ann., Bd. IX, § 1, p. 464). SÉANCE DU io AOUT 1909. /J47. calcul de son élément régulier ('V Or les méthodes connues d'intégration ne satisfaisant pas toujours à cette condition de régularité, nous entendrons par leur per fcctionnemenl tous les procédés conduisanl à utiliser, pour l'inté- gration du système (i ), tout élément de ce système, que les fonctions de cet élé- ment soient distinctes ou non par rapport aux i^ariables pi, p.,, ...,/?„. La résolution du problème posé résulte immédiatement des propriétés canoniques des intégrales du système (2). Soit en effet, pour fixer les idées, un élément L quelconque (régulier ou irrégulier) du système (i), formé par les fonctions (4) yi' /21 ■••' 7"" J in + \y ••■! J II supposées distinctes par rapport aux variables yj,, p.,, . . ., p/,, pk+,i ■ . ., pt, X/+,, ..., .r,„, 'f,,,^,, x,,. Égalant à zéro les m premières fonctions (4) et toutes les autres à des constantes arbitraires />,, b.,, . . ., /'„_„;, l'expression l n-l dz —'^Pi f/x, — V X/+,. dp,+^r 1=1 /•=» devient une différentielle exacte, moyennant les équations introduites. Soit son intégrale z — \]{x-^.x., .r/, /?,+,, . . .,p,„,P„n-\, ■ ■ ■,Pinbuf>., . . ., Iy„-,n) -t- b, b étant une nouvelle constante arbitraire, le déterminant fonctionnel sui- vant, ainsi que ses deux mineurs conjugués. cO' ,)U ,)[] ôU OU \ \ l'i, ■ ■ ,)V àrj^t ' ' s) "' '( .? = / — /-+-I, / — / -H 2, ..., « — /« étant résoluble par rapport aux constantes b,, b.,, . . . , b/_j, «/_;+,, . . . , a„_,„, définit (avec les m fondions données) n fonctions formant un nouvel élément L, du système (i), F^ représentant le résultat de l'élimination de toutes les constantes b,,b.,, ..., b„_„, de l'expression -j^- La théorie exposée donne le moyen de passer d'un élément L à un autre L,. Si l'élément L est irrégulier, les fonctions F; deviennent ana- logues à celles que j'ai indiquées dans le cas d'une seule équation aux déri- vées partielles ('), tout en remarquant que leur généralisation sur les sys- tèmes d'équations était évidente (-). M. Slekloff vient d'obtenir les mêmes fonctions dans son travail cité plus haut. On voit aisément que, dans le cas considéré, L, présente un élément régulier du système (i), son intégrale complète s'obtenant à l'aide des transformations algébriques ('). Or si l'élémenl L était régulier, l'élément L, pourrait bien être utile encore pour éviter certaines difficultés intervenant parfois dans les calculs algébriques des intégrales complètes. Les considérations développées permettent encore de perfectionner la méthode des caractéristiques. En vertu de (3), l'intégrale particulière des caractéristiques du système (i) est résoluble par rapport aux variables (') La démoiistralion se fait comme dans le cas d'une seule équation (cf. Re- cherc/tes sur ta théorie des cqualions aux dérivées partielles du premier ordre d'une fonction inconnue, p. 201. Extrait des Communications de la Société mathématique de Kliarkow, igoS). (^) Recherches sur la théorie, etc., p. 208. {') La démoiistiation se fait comme pour une seuleéquation (cf. Recherches sur la théorie, etc., p. 194, et Comptes rendus, 10 août i<)o3). SÉANCE DU 3o AOUT 1909. 449 ^A+i , •■ -1 ■'■',>n ^m+i , ■•-, ^n, P,, P2> ■■■-, Pki- Pm+s , ■■-, Pn- Eii rapportant les variables /'il /'21 •••> Pk' ■2'A-h, ■••- -f,,,, Pi„ + l> ■•■) Pn à la seconde classe, le système (i) reste toujours en involution. En lui appliquant donc la théorie des caractéristiques, on obtient, dans cette nou- velle hypothèse, un élément régulier correspondant. Si Ton revient ensuite à la répartition primitive des variables, l'élément obtenu conserve évidem- ment les propriétés d'un élément aussi par rapport au système (i); donc son intégration s'achève sans difficultés. Enfin il résulte d'un travail récent ( ' ) que la théorie exposée permet aussi de perfectionner la méthode d'intégration de Jacobi-Mayer. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur une démonstration de la règle des phases. Note de M. Boulouch, transmise par M. H. Le Chatelier. Il a été publié dans les Comptes rendus deux démonstrations ayant pour objet d'établir la règle des phases sans faire appel aux principes de la Thermodynamique. La première, en 1904, est un trè^ intéressant essai de M. Raveau auquel on ne peut guère reprocher qu'une ènoncialion insuffisante des postulats immédiats qui jouent le rôle des postulais plus lointains de la Thermodynamique, et une forme peu acces- sible à la plupart des chimistes. Mais la démonstration de M. Muller(2i avril 1908) appelle des obser- vations d'une autre gravité. On peut passer sur l'artifice singulier du clas- sement des ç phases en une série présentant 9—1 surfaces de séparation, qui permet l'établissement de /z (ç — i ) équations d'équilibre (« = nombre des composants indépendants), bien qu'il ne soit pas du tout évident : 1° qu'un autre classement ne donnerait pas de nouvelles équations dis- tinctes des premières, 2° que ce classement n'est pas incompatible avec l'échange d'un élément entre une phase et une seule phase contiguë; mais ce qu'il n'est pas possible d'admettre, c'est le procédé employé pour obtenir ces équations et qui consiste à égaler la masse m d'un composant indépendant qui peut passer, par unité de surface et dans l'unité de temps,- (') N. Saltykow, Sur l'existence des intégrales de S. Lie et le perfectionnement de la méthode de Jacobi dans la théorie des équations partielles (Atti dellV Cong. inter., Vol. II, Sez. I, p. 84-86). 45o ACADÉMIE DES SCIENCES. de la j)liase (i) dans la phase (2), à la masse m' du même corps qui, en sens inverse, peut passer dans les mêmes conditions de la phase (2) dans la phase (i), ces masses étant considérées comme des fondions de la pression, de la température et de la composition des phases contiguës. C'est cette dernière proposition qui est absolument inadmissible; si en effet on considère la période troublée qui précède l'équilibre et pendant laquelle des échanges ont réellement lieu, on pourra écrire (i) /« >> ou < m' , de façon à tendre vers les compositions d'équilibre ; mais les masses m et m' sont des fonctions, non pas simplement de la température, de la pression et des concentrations, mais des excès que présentent les valeurs de ces élé- ments sur les valeurs des mêmes éléments relatives à l'état d'équilibre, et s'annulent avec ces excès; quand l'équilibre sera atteint et que l'inéga- lité (i) se changera en égalité, les masses m et m' s'évanouiront, et l'on ne saurait avoir que o m o. Si maintenant on considère l'état d'équilibre, on peut évidemment le concevoir comme une sorte d'équilibre mobile dans lequel une masse m d'un composant indé- pendant passant de la phase (i) à la phase (2), une masse égale m' du même corps va dans le même temps de (2) à (i); mais, en dehors de l'emploi des cloisons semi- perméables qui transformeraient le problème de l'équilibre, on de l'intervention des théories alomistiques, dont il n'est pas question ici et qui, d'ailleurs, introduiraient des surfaces de séparation dans les équations d'équilibre, on est en présence d'une opération purement intellectuelle, et les masses m et ni' ne sont fonctions ni de la température, ni delà pression, ni des concentrations, ni de quoi que ce soit, autre que la fantaisie de celui qui donne, par la pensée, cette forme mobile à l'équilibre; en exprimant ces masses à l'aide des volumes, on peut se donner l'illusion que les variables indiquées figurent dans les équations, mais ces variables nouvelles qu'on doit intro- duire font ressortir l'arbitraire d'une telle supposition. On se rendra compte plus aisément de l'exactitude de notre point de vue si l'on raisonne sur le cas simple liquide-vapeur ; on imagine aisément des modifications réversibles qui, par des variations convenables du volume offert au système, pourront simultanément vaporiser du liquide et liquéfier de la vapeur, mais les masses m et m' ainsi mises en jeu ne dépendront que des variations de volume volontairement imposées. Il résulte de là qu'il faut faire appela d'autres considérations pour trouver les /i(ç/— i) équations nécessaires à la marche ^de la démonstration de M. Muller. 1 SÉANCE UU '^0 AOUT IQOg. 4^1 CHIMIE PHYSIQUE. — Sur fa dissociation /lydro/ytiqae de l'iodure de bismuth. Noie (' ) de M. René Dubrisay, transmise par M. H. Le Chatelier. J'ai exposé dans une Note précédente les résultats auxquels je suis par- venu en recherchant les équilibres qui se produisent dans la décomposition hydrolytique du chlorure de bismuth par l'eau ('). Je me propose aujour- d'hui d'exposer le résultat de mes études sur l'action de l'eau sur l'iodure de lîismuth. J'ai principalement étudié les états d'équilibre qui se produisent à la température de 5o", après avoir vérifié que, à cette température, l'équilibre était établi au bout de 12 heures. J'ai etleclué également quelques déterminations à la température de i5o°. J'ai admis que dans ce cas, comme dans le cas des chlorures, ["équilibre était atteint au bout de 3 jours. Les résultats que j'indique dans le Tableau II sont relatifs à des solutions qui, au bout de ce délai, ne contenaient pas encore d'iode libre. Le précipité obtenu présente suivant les cas deux aspects distincts. Il est rouge brique quand la phase liquide correspondante, peu concentrée, renferme moins de 0,002 atome-gramme de bismuth par litre, et noir avec concentrations plus fortes. Pour voir si les corps rouges et noirs correspondaient à deux oxyiodures diflérents, je fis l'expérience suivante : Des volumes égaux d'une même solution primitive étaient additionnés de quantités variables d'eau; l'ensemble était maintenu 12 heures à 5o°. Je prélevais, après préci- pitation, un volume déterminé de la liqueur, et j'y titrais l'acide iodhydrique par (') Transmise dans la séance du 28 août 1909. {"-) J'apprends que MM. Herz et Bulla ont publié dans la Zeilschrifl filr anorga- iiische Cliernie, à ^a date des 27 février et 3o juin 1909, deux Mémoires relatifs à la dissociation hydrolytique des sels halogènes de bismuth. J'ignorais la publication de ces travaux, lorsque j'ai moi-même publié mes deux Notes relatives à la disso- ciation des chlorures et bromures de bismuth, résultant de travaux commencés en mai 1908. En tout cas, il n'est fait mention dans aucun des deux Mémoires de MM. Herz et Bulla des résultats que je consigne dans la présente Note. 452 ACADÉMIE DES SCIENCES. alcalimétrie en présence de méthyle orange après précipitation du bismuth par l'hydro- gène sulfuré. Les résultats olitenus sont consignés dans le Tableau suivant : Tablkai: I. Quantité d'eau Nombre de cenliiiiclres cubes ajoutée à lo"»' de soude décinormale de liqueur primitive. nécessaire à la neutralisation. 20 38,5 1 3o 28,0 > précipité noir. 4o 27,5 ) 5o ^' ) 60 '^1 précipité rouge. 90 '4 ) En représentant graphiquement ces résultats, on voit nettement que la courbe pré- sente une discontinuité. J'ai déterminé ensuite la composition des phases liquides en équilibre avec les pré- cipités noirs. Les résultats obtenus sont consignés dans le Tableau ci-dessous : Tableau IL A 5o le. A . -y. Bismuth. Acid e iodliydriq Bismuth. Acide iodhydrique Atome-gramme At ime-gramme Atome-gramme Alomc-grammc par litre. par litre. par litre. par litre. 0,002 o,o4i 0,027 0,260 0 , 00.5 o,i46 0, io3 0,687 0,026 o,33o » )} 0,o5o 0,456 » » o,o63 0,528 )) » 0, i56 0,910 » » De ces chiffres on peut conclure : 1° Que l'élévation de température augmente la dissociation de l'iodure de bismuth; 2° Que le précipité noir est constitué par un corps unique, car la courbe obtenue en portant en abscisse les concentrations en bismuth, en ordonnée les concentrations en acide iodhydrique, ne présente aucune discontinuité. Il existe donc bien deux oxyiodures différents : l'un rouge et l'autre noir. Pour déterminer la composition de l'oxyiodure rouge, je recueillais ce corps sur un filtre, puis, après lavage, je le redissolvais dans l'acide chlorhy- SÉANCE DU 3o AOUT I909. 453 fliique dilué, je dosais le bismuth à l'état de sulfure, l'iode à l'état d'iodure de palladium. On indique pour ce corps la formule BiOI. Mes analyses sont entièrement d'accord avec cette formule : Rappoit. Calculé. Mesuré. Bi . 1,629 1,632 Il était impossible de laver le précipité noir, qui se décompose par l'eau et par l'alcool eu régénérant le corps rouge. J'ai dû me contenter de le sécher alors entre des plaques poreuses. La composition trouvée correspond au rapport Bi'O' ; 5 HI. Rapport. Calculé. Mesuré. Bi y- o,65i o,638 f Co.rps obtenu pa Iode Bismuth Ditférence )ur 100. pour 100. pour 100. 59,0 38,2 2,8 r „„„ (' précipitation à 80°. » o,633 ) '^ "^ » 0,648 ) Corps obtenu par » o,656 j précipitation à froid. J'ai de plus cherché à déterminer, approximativement tout au moins, la proportion de corps autres que l'iode et le bismuth contenus dans cet oxyiodure noir. Pour cela, je dosais séparément sur deux poids déterminés du précipité, l'iode par la mélhode ordinaire, le bismuth par précipitation par le bichromate (après attaque du corps à l'acide nitrique et évaporation). Je suis arrivé de la sorte aux résultats suivants : Rapport Y • 0,64; D'une part, cette analyse confirme les résultats précédents. Elle prouve d'autre part que les petites portions de la solution liquide en contact avec le précipité lors de sa formation et qu'il n'a pas été possible ici d'enlever par lavage, ne peuvent entraîner que des erreurs négligeables. La proportion de cette solution retenue par le précipité est en effet certainement inférieure à 3 pour 100, car le précipité doit renfermer de l'oxygène combiné, et la liqueur à partir de laquelle l'oxyiodure avait été précipité contenait o^^s^^ao d'acide iodhydrique par litre, soit, d'après le Tableau II, environ 0**^^3 de bismuth. Les quantités d'iode et de bismuth correspondant à 3 pour 100 de cette solutioH sont inférieures aux erreurs d'expérience. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N" 9.) 61 454 ACADÉMIE DES SCIENCES. THERMOCHIMIE. — Méthode simplifiée et appareil pour déterminer le pouvoir calorifirpie des combustibles gazeux. Noie de M. P. Lemoult, présentée par M. .lungfleisch. Parmi les méthodes employées pour mesurer le pouvoir calorifique, et par suite la valeur industrielle des combustibles "gazeux, comme les gaz pauvres, les gaz de tours à coke, de hauts fourneaux, d'éclairage, etc., il en est une qui consiste à faire l'analyse quantitative immédiate de ces gaz et à multiplier la teneur en chacun des composants par le facteur thermique qui lui correspond; il faut au moins connaître les quantités d'hydrogène, d'oxyde de carbone et de méthane, parfois celles d'éthylène, de ben- zène, etc., et le problème analytique assez compliqué conduit à des résultats qui ne sont pas très précis. . . Si l'on s'adresse aux méthodes directes basées sur la combustion en vase clos ou en vase ouvert, il faut souvent des appareils coûteux d'un maniement délicat (bombe Berthelot, bombe Mahler, bombe Witz, etc.) ou des appa- reils d'une précision douteuse ('). Même avec les premiers, l'erreur, pour les gaz pauvres, atteint souvent 2 pour 100, à cause de la très faible éléva- tion de température due à la combustion. La méthode que je propose comporte une simplification importante basée sur la remarque suivante : // est inutile de connaître séparément les teneurs en H- et en CO; il suffit de connaître le total de ces deux composants ; celte proposition résulte de l'examen des deux réactions : H-2 -H o = H'-O -)-69«:»' CO-!- 0 = C0^ -t-esc^'.a En effet H- el CO : 1° donnent la même contraction (3^°') si Ion a soin de mettre 'les gaz trùlés en contact avec un alcali; 2° consomment par molécule (2™') la même qruaiitité d'ovjgène (1^°'); 3° donnent le même dégagement de chaleur, si Ton preind comme moyenne du phénomène thermique le nombre GS*^"', 6. Si donc on a un com- bustible gazeux, un gaz de gazogène par exemple, ne contenant comme partie utile (|ue de l'hydrogène el de l'oxyde de carbone, si a représente la contraction après combustion et alcali; si /' représente la consommation d'oxygène, le pouvoir caloii- li' -t- : = « — b. o r> Cette dernière relation montre : 1° que la partie utile du mélange combustible est donnée par a — b; c'est un résultat qu'il était facile de prévoir, puisque la contraction (en présence d'alcali) d'une molécule gazeuse qui brûle se compose du volume de la molécule disparue et du volume d'oxygène qu'elle a exigé pour sa combustion; 2° que l'absence d'hydrocarbures se traduit par a^ 3b. Les deux premières relations permettent d'écrire la valeur P du pouvoir calorifique du mélange j;- -1- v 4- -, puisque la chaleur de combustion du métliane est 21 3^*', 2. Un a H = -^r(.^•^- v)(>86oo + ^.2l3200l 3 V ou, toutes simplifications faites, (2) P = 0,914» -(- 3,4o56. Dans la plupart des cas, les gaz combustibles industriels contiennent, outre H-, CO et CH% de l'éthylène, du benzène, de l'acétylène, etc. en quantités parfois importantes; la formule (i), qui ne lient pas compte de ces gaz et qui en outre adopte pour les mélanges d'hydrogène et d'oxyde de carbone la valem" moyenne 68^''', 6, ne saurait donc être rigoureusement exacte; mais l'erreur qu'elle comporte est facile à évaluer et l'on peut voir qu'elle ne dépasse pas 2 pour 100 en général. Supposons par exemple qu'il y ait de l'élhylène; d'après la formule (3), i'"' d'élLv- lène est compté pour i3'-^',8-o, alors qu'il en apporte réellement i5'^"',322, soit une diflerence de i*^^',452; pour les gaz pauvres, où la teneur en éthylène se tient au voi- sinage de I pour 100, cela fait une erreur de i''"',4 environ sur un pouvoir calorifique moyen d'environ loo"^»'; donc l'erreur est de i ,4 pour 100 environ. Pour un gaz de ville, la teneur en éthylène atteint rarement 6 pour loo, ce qui donnerait une erreur absolue 456 ACADÉMIE DES SCIENCES. de S'^^'-j sur un pouvoir moyen de 5oo™' à 600'^»^ pour 100'="''; soit donc une erreur qui oscille entre 1,74 et i,45 pour 100. La formule (2 ) exige quelques corrections : 1° parce qu'on a supposé, (?n prenant 2V = 22', Sa, que le mélange gazeux soumis à la combustion était sec, à o" et 7G0"'"; or ce gaz est toujours saturé d'eau et à une tempéra- ture t^ o et à une pression H ^ 760°"°; 2° parce que les résultats d'opé- rations diverses doivent, si l'on veut les comparer entre eux, être rapportés à des prises de gaz combustibles supposées faites à 0° et sous 760™™; il est facile de tenir compte de ces deux circonstances dans le calcul des résultats, et de voir que la puissance calorifique corrigée $ est donnée par (3) : il se compose d'un tube-mesureur, d'une petite bombe en laiton pour les combustions et de deux réservoirs en verre pour les prélèvements gazeux. Voici quelques-uns des résultats qu'il m'a donnés : Eiidiomètre Bombe Appareil. à Hg. lîerllielot. Cal Cal Gaz tonnant dilué d'air, 100™' ii5,i n3,i » Gaz d'éclairage dilué d'air, 100'"''. . . ii4.9 "5.9 » ( hcin 8 ) •■'" Gaz d'éclalra°e (de Lille), 100"" ... ^^'^' [ » 5o3,2 ( 000,7 ) La description détaillée et le fonctionnement de cet appareil qui donne par a et h le pouvoir calorifique du gaz, sa teneur en gaz utiles, et son analvse immédiate (H- H- CO ensemble), tout en se prêtant très bien à une analyse complète, seront exposés dans d'autres recueils. MINÉRALOGIE. — Sur le pseuilopofychroïsme des sphérolites. Note de M. Paul Gaubert, présentée par M. A. Lacroix. Des cristaux incolores, mais présentant une structure iibreuse ou lamel- laire, examinés à la loupe dichroscopique, montrent parfois deux images SÉANCE DU 3o AOUT I909. ^o'^ d'intensité inégale et variable avec l'orientation du cristal, simulant le polychroïsme, et l'examen au microscope polarisant muni d'un seul nicol confirme cette analogie. Ce fait constaté par de Sénarmonl a été observé et étudié par M. Fedoroff, M. Scbrôder van der Kolk et tout récemment par M. G. Quincke (') qui s'est occupé des sphérolites d'une des modifications du soufre. L'étude de l'absorption de la lumière (pseudopolychroïsme)par des sphérolites incolores fait l'objet de cette Note. Comme les modifications polychroïques du soufre sont instables et peuvent être mélangées à d'autres formes colorées du même corps et qu'en outre, elles sont elles-mêmes plus ou moins jaunes, j'ai étudié des substances abso- lument incolores et relativement stables. J'ai d'abord examiné le polychroïsme des sphérolites constitués par une seule substance. La benzoïne, la cholestérine, le propionate decholestérine, le bétol, la quinidine, etc., fondus sur une lame de verre et recouverts d'un couvre-objet peuvent donner dans certaines conditions des sphérolites lais- sant passer la lumière avec la même intensité sur toute leur étendue lorsqu'on les observe sans nicol. L'introduction du nicol produit, suivant les sphéro- lites observés, une absorption plus ou moins grande de la lumière dans la direction des fibres perpendiculaires à la section principale du nicol. Avec la loupe dichroscopique les deux images ont la même intensité lumineuse, mais l'absorption dans les sphérolites de l'une d'elles se fait dans une direction perpendiculaire à celle de ceux de l'autre image. 11 est à remarquer que la direction de l'absorption est indépendante du signe optique d'allongement des fibres, fait déjà observé par M. Quincke, ce qui indique que le phénomène est différent de celui qui a été étudié par M. Fedoroff (^) dans les plaques minces des cristaux de calcite. A la suite de M. Quincke, on peut admettre que les fibres d'un sphérolite agissent comme un réseau polariseur. En effet, j'ai constaté qu'une lame de quartz à teinte sensible, placée entre le nicol et le sphérolite montrant un pseudo- ■polychroïsme intense, prend une teinte légèrement violacée dans les parties correspondant aux plages du sphérolite dans lesquelles la lumière est en apparence absorbée. . Avec deux substances mélangées et fondues sur la même lamelle, le plii'- nomène est pa-rfois plus complexe et plusieurs cas peuvent se présenter^ 1° Le plan médian des deux secteurs plus ou moins obscurs est comme dans le cas pi'éctdenl perpendiculaire à la section principale du nicol. (') G. QuiNCKK, Ann. der Physik, 4= série, t. XXVI, 1908, p. 620. (-) E. Fedoroff, Zeitsch. f. Kryst., t. XXXII, 1900. p. 128. 458 ACADÉMIE DES SCIENCES. 2° Le plan médian des deux secteurs absorbant la lumière coïncide avec la section principale du nicol (absorption anomale de Quincke). En poussant plus loin l'étude de ces sphérolites on constate que dans le premier cas (cholestérine et menthol, propionate de cholestérine et men- thol, cholestérine et s^aïacol, etc.), les deux substances mélangées cristal- lisent ensemble et les sphérolites obtenus se comportent comme ceux d'un seul corps. Dans le second, au contraire, les deux substances, tout en contribuant à la formation du même sphérolite, conservent une certaine individualité et le sphérolite est constitué par des couches alternantes de deux corps diffé- rents (cholestérine et benzoïne, menthol et benzoïne, menthol et triphé- nylméthane, cholestérine et acide hippurique, cholestérine et quini- dine, etc.). Ce fait permet d'expliquer l'absorption anomale. En effet la surface de séparation des deux sortes de substances est perpendiculaire au rayon, et comme les couches sont très minces, elles agissent comme les fibres radiales, c'est-à-dire absorbent la lumière perpendiculairement à la section principale du nicol. En réalité il n'y a donc pas d'absorption anomale. Suivant la quantité des substances mélangées, l'absorption de la lumière plus ou moins forte est maximum dans le plan parallèle ou perpendiculaire à la section principale du nicol. La description des diverses particularités observées sera développée dans un Mémoire ultérieur. En résumé, dans le cas de pseudopolychroïsme, le maximum d'absorp- tion de la lumière, dans les sphérolites constitués par une seule substance, a lieu suivant une direction perpendiculaire à la section principale du nicol; dans les sphérolites formés de deux substances ne se mélangeant pas inti- mement, le maximum d'absorption peut se produire dans la direction per- pendiculaire à la précédente, mais il n'y a pas d'absorption anomale, l'absorption est encore due à l'action de couches disposées perpendiculaire- ment à la section principale du nicol. GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. — L'extension et la régression de la forêt iderge de l' Afrique tropicale. Note de M. Acg. Chevalieu, présentée par M. E. Perrier. Dans une Xote précédente nous avons fait connaître le mode de vie des Eriospora de l'Afrique tropicale et montré comment ces végétaux se fixent sur les rochers granitiques dénudés là oi'i aucune autre plante ne pourrait SÉANCE DU 3o AOUT 1909. /jSg croître. Tant ejue les colonies de celle Cypéracée reslent vivantes, aucune autre plante phanérogame ne s'y associe; mais si une cause accidentelle les détruit, par exemple une sécheresse très prolongée, un incendie d'herbes trop violent, sur la couche de tourbe mêlée de débris de roches ou de cendres, véritable sol que les Eriospora ont édifié, les graines de diverses esipèces végétales apportées par le vent germent à la saison des pluies. Il se constitue ainsi une nouvelle formation plus complexe, constituée surtout par des plantes herbacées, mais où les essences ligneuses vont pro- gressivement se fixer. La flore de la forêt vierge, localisée d'abord dans les plaines, a dû gagner ainsi de proche en proche les sommets de certaines montagnes au fur et à mesure que celles-ci se recouvraient d'une couche de terre végétale plus épaisse. Gela explique l'uniformité de la flore de la forêt vierge de la Côte d'Ivoire qui a exactement la même composition dans les plaines entières et sur les montagnesdu Nord-Ouest jusqu'à 1200'" d'altitude (en Afrique occi- dentale française il n'existe pas de sommets boisés plus élevés). On obsei've encore de nos jours, sur quelques montagnes africaines, la marche progres- sive de la forêt tendant à s'étendre en envahissant le sol qu'ont édifié les Erio- spora. Mais ce cas est extrêmement rare, et d'une fa(;on générale la forêt vierge africaine est presque partout en voie de régression. Sur les pentes de la plupart des montagnes de l'Afrique tropicale, les végétaux de la flore sylvatique se trouvent en eflét en concurrence avec deux groupes biologiques ayant des adaptations très difl'érentes. L'un comprend les espèces spéciales aux hauts sommets de l'Afrique tropicale, l'autre les espèces de la brousse soudanaise. Ces deux groupes vivent pêle-mêle par petites colonies dans les endroits où la roche n'est pas complètement dénudée et où V Eriospora fait défaut. Sur les flancs du moat Momy, par exemple, et sur les montagnes environnantes situées entre 7°45' et 8° de latitude Sud dans la partie nord-ouest de la Côte d'Ivoire, entre 800°" et i35o" d'altitude, nous avons relevé les espèces suivantes caractéristiques des hauts sonQinets de l'Afrique tropicale : Rubus f.cllatœ A. Chev., race occidentale du Rubus pinnatusy\\\\A., Olea J/ochstetteri haker, Nuxia Mannii G\\^, Peucedanum fraai- nifoLium Hiern, Hymenodictyuni Kurria Hoclist., Mœsa lariceolata Forsk., plusieurs espèces d'Araliacées; une Fougère arborescente, Cyatliea Laurentioruni Christ, enfin quelques plantes herbacées : cinq ou six espèces de ^e^o/ii'a, Aeu\ Impatiens, Car- damine hirxuta L., Drymaria cordata Willd., etc. Ces espèces ont parfois encore quelques individus à 700™ d'altitude, mais il est rare qu'elles descendent plus bas. Très exceptionnellement, nous avons 46o ACADÉMIE DES SCIENCES. VU le Ruhus croître aux environs de Danané à 3oo™ d'altitude sur des terrains où la forêt vierge avait été abattue. Par contre, les espèces de la brousse soudanaise qui vivent aussi sur les montages au contact de la forêt vierge, principalement sur sa lisière, mais parfois aussi dans son milieu (au mont Niénokoué, près Fort-Binger, par exemple), envahissent très rapidement les terrains de la forêt situés au pied des hauteurs, d'abord défrichés et abandonnés après deux ou trois années de culture. Les graines légères A'' Andropogon et d'autres graminées de savane sont charriées par le vent et par les pluies vers le bas; le vent emporte également dans la même direction les graines ailées du Lophira alata Banks, des Terminalia, des Combretuni, des Secu- ridaca, des Hymenocardia, ouïes graines aigreltées de VHolarrhœna, toutes plantes caractéristiques de la flore soudanaise. Ce sont des animaux, et en particulier les Singes et les Rongeurs, qui contribuent surtout à la dissémination de certains fruits charnus tels que le Vitex cuneala Schuni., le .Yirnenia americana L., le Sarcoce- phalus esculentus Afz. ou des graines entourées du pulpe du Parhia af/i'cana D. C, plantes qui caractérisent également la savane africaine et qui s'implantent sur l'empla- cement de la forêt défrichée, à sa lisière. Dans les régions qui ne sont pas en contact avec la brousse et où n'existent pas de montagnes, une autre cause intervient pour réduire l'étendue de la forêt vierge. Environ un tiers de la forêt de la Côte d'Ivoire a déjà été défrichée par les indigènes depuis une époque immémoriale. En quelques années des arbres réapparaissent sur l'emplacement des ter- rains de culture abandonnés, mais ce n'est plus la forêt vierge, c'est une forêt appauvrie renfermant une trentaine d'essences arborescentes, alors que la forêt vierge en contient de aSo à 3oo espèces. La plupart des espèces qui réapparaissent remplissent deux conditions : i" elles ont des graines légères ou sont munies de poils, ou bien elles possèdent des fruits ailés, ce qui facilite leur Iransport par l'eau et par le vent; 2° leur croissance doit être rapide (par conséquent, leur bois léger) puisque celles qui croissent plus rapidement finissent par étoufler les autres sous leur ombre. Effectivement les arbres les plus fréquents dans la forêt reconstituée appartiennent aux genres Mussanga, Myrinnlhus ni Ficus (graines très fines), Eriodendion el Bombaœ (graines à Xongumoim), Funtumia (graines aigrettées), Triplochilon, Petersia et Terminalia (fruits ailés) qui ont tous des bois légers. Malgré son apparence de continuité, la forêt vierge africaine diminue donc d'étendue : vers le Nord, elle est en régression et la brousse souda- naise prend peu à peu sa place; dans l'intérieur les défrichements l'appau- vrissent. * SÉANCE DU 3o AOUT 1909. 46l En ce moment s'opèrent en Afrique occidentale des transformations sociales profondes. Dans des contrées où sévissait, il y a peu de temps encore, Fanthropophagie, les indigènes étendent beaucoup leurs cultures qu'ils sont obligés de faire sur de grands espaces, leurs procédés agricoles étant rudimentaires. La forêt est donc de plus en plus entamée. Tout terrain cultivé conquis sur la forêt vierge constitue certainement un gain précieux pour la civilisation, mais à la condition toutefois que cette forêt ne disparaisse pas partout. Nous croyons qu'il serait temps que les Gouvernements coloniaux prennent des mesures en vue de rendre les défrichements plus méthodiques et aménagent des réserves forestières riches en essence fournissant des produits utiles à l'homme. ZOOLOGIE. — Le Mesoplodon de la Hougue (1 novembre 1908). Note de M. R. Anthony, présentée par M. E. Perrier. Le 2 novembre 1908, M. Ch. Liot, mécanicien du laboratoire maritime de Saint-Vaast-la-Hougue, trouva échoué, vivant, à marée basse, dans les rochers qui bordent à l'Est et au Sud-Est la presqu'île de la Hougue, un Cétacé ziphioïde appartenant au genre Mesoplodon et, très probablement, à l'espèce Mesoplodon bidens Sow., la seule qui ait été rencontrée jusqu'à ce jour sur nos côtes. Une étude anatomique complète de cet animal, qui doit être faite ultérieurement, permettra sa détermination spécifique précise et certaine pour laquelle est nécessaire l'examen du squelette, plus particuliè- ment du crâne et du rachis. Ce Mesoplodon était un mâle adulte; il atteignait une longueur totale de 5™ environ. Sa couleur était uniformément noire et il présentait à la surface de son corps, comme l'exemplaire, mâle également, étudié par Grieg, en igo4, comme aussi un autre exemplaire mâle échoué en Danemark et dont le professeur H. Jungersen a bien voulu me communiquer des photo- graphies, un ensemble de lignes blanches très étroites s'entrecoupant et dues probablement à des érosions sur le sable et les rochers. Il présenlâit en outre les deux grandes dents triangulaires caractéristiques placées au milieu de la mâchoire. L'estomac ne contenait aucune matière alimentaire. C. R., 1909, 2* Semestre. (T. I'i9, N° 9.) 62 462 ACADÉMIE DES SCIENCES. Le Mesoplodnn hldens Sow. est un Célacé de Jiaute mer, localisé, semble-t-il, dans la région \ord-Allanliqiie. On ne l'a d'ailleurs rencontré que très rarement. Le premier exemplaire observé est celui qui échoua en 1800 à Elginshire (Ecosse), et qui fut liécril par Sowerby. Depuis 1800 jusqu'à 1906, d'après la statistique récemment établie par Allen, et si l'on écarte l'individu dont le crâne existe au musée de Caen, et qui fut nommé Meaojilodon eiiropaeits Gerv. par P. Gervais, qui y vojait un animal spécifi- quement distinct du bidens, le nomlire total des spécimens observés dans le monde ne serait que de 26. Le vingt-septième serait un exemplaire femelle échoué à Saint-Andrews en mai 1908 et le vingt-huitième re\en)|)laire mâle de la Hougue. Ce dernier serait seu- lement le quatrième observé sur les cotes de France. Dans sa revision des Cétacés du musée d'Histoire naturelle de Caen (1909) M. L. Brasil fait au sujet des mœurs de cet animal raiissime et peu connu une remarque intéressante : « Mexoplodon bidens Sow., dit-il, est un Cétacé qui vient très rarement à la côte sur le littoral français. Les plus anciens exemplaires connus correspondent précisément à l'échouage de l'individu de Solenelles et à celui d'une femelle qui se perdit au Havre le 9 septembre 182.5. Le rapjtrocliement des dates (Salenelles, été i825) et la rareté de l'apparition du Mesoplodon dans nos eaux, tendent à faire penser que ces deux animaux étaient réunis, peut-être faisaient-ils partie d'une bande plus nom- breuse. « Si l'oji remarque que l'individu de -Salenelles était un mâle, tandis (]ue celui du Havre était une femelle, si l'on tient compte en outre de ce que les deux exem- plaires échoués à Karmii (Norvège) le 25 et le 29 août 1895 étaient également une fe- melle et un niàle, on peut supposer que ces animaux voyagent d'ordinaire par couple. Le rapprochement de l'échouage de la femelle de Saint-Andrews (mai 1908) de celui du mâle de la Hougue (2 novembre 1908) vient encore fournir un nouvel argument en faveur de cette manière de voir. Cet animal, qui, avant l'échouage de la Hougue, n'était pas représenté aux collections d'Anatomie comparée du Muséum 4'Histoire naturelle, n'est guère connu encore que par ses formes extérieures et son squelette. Ayant conservé l'ensemble de ses organes, nous sommes actuellement en mesure d'en faire une monographie anatomique complète. C'est pourquoi nous nous bornons ici à ce court exposé. PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — L'épreuve de l'ammoniurie expérimentale chez l'épileplique. Note de MM. J.-E. Florence et P. Clément, pré- sentée par M. Bouchard. L'épreuve de l'ammoniurie expérimentale, telle que l'ont préconisée MM. Gilbert et Camot, consiste dans l'ingestion de 4^ à d^ d'acétate d'am- moniaque : on constate alors que, chez les individus sains, la plus grande partie de ce corps s'élimine à l'état d'urée. SÉANCE DU 3o AOUT 190g. 463 Ce procédé d'exploration revêt cliez l'épileplique une importance ton le particulière : certains auteurs, en ellet, attribuent à la présence dans le sang du carbamale d'ammo- niaque en quantité anormale une inlluence prépondérante sur la production des accès. Ce corps est un intermédiaire entre le carbonate d'ammoniaque et l'urée. La question se posait donc de savoir, si un sel ammoniacal introduit en grande quantité dans l'éco- nomie était susceptible de provoquer des accès en favorisant l'accumulation dans les tissus de l'épileptique de ce carbamate d'ammoniaque. Aussi, l'épreuve qui nous occupe a-t-elle tenté quelques chercheurs. Guidi entre autres, administrant à ses malades du carbonate d'ammoniaque, constate elTectivemenl que l'ingestion de ce st;I est inlimenienl liée à la production des allaciues, et qu'uni' très petite partie de ce corps est transformée en urée. Ces conclusions ont trouvé lU - contradicteurs, l^armi eux, Molli déclare n'avoir jamais constaté de rapport entre l'in- gestion d'ammoniaque et l'apparition des attaques. Sous quelle forme s'éliminent les sels ammoniacaux ingérés par l'épilep- tique? Quels rapports ont-ils avec les attaques? Telles sont les deux ques- tions que nous nous sommes proposé de résoudre. Nous avons, dans ce but, fait subir à l'épreuve de l'ammoniurie expé- rimentale une modification portant sur la quantité de sel administré, los d'acétate liquide officinal dégagent environ 0^,400 d'azote. Si dans les cas d'insuffisance hépatique cette dose permet de constater des modifica- tions urinaires, il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit de rechercher des anomalies peu marquées dans les fonctions uropoïétiques. D'autant que sels ammoniacaux et urée varient considérablement d'un jour à l'autre chez un individu soumis à un régime ordinaire. Nous avons donc administré de io« à So^ d'acétate d'ammoniaque en, doses réparties sur 3, 4 et 5 jours. Comme dans nos précédentes recherches, nous avons institué des expériences comparatives, en utilisant des hommes normaux se trouvant comme les épileptiques dans des conditions identiques à tous égards. Nous avons dosé dans les urines des 24 heures : l'urée et l'ammoniaque, par le procédé décrit ici même par l'un de nous [Florence, Dosage volum. de l'urée, etc. (Comptes rendus, 5 avril 1909)] et contrôlé un grand nombre de fois par la méthode de Folin. L'azote total a été dosé par le procédé Kjeldahl-Henninger. I. Nommes normaux. — Les résultats fournis par quatre individus bien portants ne diffèrent les uns des autres que par de minimes détails. Nous nous contentons de donner les moyennes par période fournies par l'un quelconque de ces sujets. Cor..., après une période préalable de 3 jours, ingère en 3 jours des doses d'acétaïc d'ammoniaque représentant un total de i«. ioo d'azote. /i6'\ ACADÉMIE DES SCIENCES. Il fournil les lésullaLs suivants : Moyennes Azole de 3 jours. ammoniacal. uiéique. total. e g _ g Première |)éiiode » . 0,627 9,75 10,61 Deuxième pèriotle (correspondant à l'ingestion d'ammoniaque) n o,5i3 ii>27 i3,38 Troisième période " 0^697 12,12 » On voit que, chez l'homnie normal, l'azote de l'acétate d'ammoniaque s'élimine en majeure partie à l'état d'urée. D'autre part, en examinant jour par jour les urines, on constate que l'excrétion d'urée, sous l'influence du médicament, afl'ecte un double caractère : elle est pro- longé^ et discontinue. II. Épileptiques. — Nous distinguerons les épileptiques bromures et les épilep- tiques non bromures. a. Épi/epliqiics bromiiri;s. — Mêmes résullats généraux que chez les individus normaux. Un exemple suffira : Mau..., après 3 jours de mise en observation, ingère en 3jours is,200 d'azote ammoniacal. Moyennes Azote 3 jours. ammoniacal. uréicuu-. total. g g g Première période » 0,620 9,98 12, o5 Deuxième période (correspondant à rin^estion d'ammoniaque) » 0,590 10,18 '"'^g Troisième période » 0,628 10, ^^ '2,69 On voit que l'épileplique bromure, comme l'homme normal, transforme activement les sels ammoniacaux ingérés. Deux épileptiques bromures fournissent une élimina- lion azotée calquée sur celle de Mau. . .. Pas plus ((ue ce dernier, ils n'ont présenté d'attaques à la suite de l'ingestion d'acétate d'ammoniaque à dose pourtant élevée. b. Épileptiques non bromures. — Ici encore, les moyennes indiquent une élimina- tion d'urée plus marquée dans la deuxième période. Mais la quantité d'ammoniaque excrétée esl bien plus considérable que chez les sujets précédents. Avec Vial. . ., par exemple, elle s'élève le lendemain à 18,062 après ingestion de loR d'acétate d'ammo- niaque, alors que l'excrétion de ce corps était avant l'épreuve de 0^,273 en moyenne. De plus, l'élimination affecte le type discontinu que nous avons observé chez l'individu sain. Enfin on voit, consécutivement à l'emiiloi du sel ammoniacal, le nombie des attaques augmenter très nettement. ChezBi... même, leur fréquence esl telle qu'elle nécessite l'envoi du malade à l'infirmerie. Il semble donc qu'il y ait un rapport très net entre les attaques et Fintro- duction d'un sel ammoniacal dans l'économie de l'épileptique. SÉANCE DU 3o AOUT I909. /j65 En résumé, on peut dire que l'ingestion d'acétate d'ammoniaque pro- voque : Chez l'épileptique bromure, une élimination entièrement comparable à celle de l'individu sain sans le moindre retentissement sur les accès; Chez l'épileptique non bromure, une élimination surtout très marquée d'ammoniaque coïncidant avec l'apparition d'attaques plus fréquentes. D'accord avec Guidi, nous dirons donc que les sels ammoniacaux pa- raissent très nettement provoquer les accès. Pour cet auteur, l'accumulation d'ammoniaque dans l'organisme exagérerait la déviation du métabolisme azoté qui caractérise d'après lui l'épilepsie. Il conclut, en effet, de ses expériences à l'existence chez les comitiaux d'une insuffisance hépatique vis-à-vis de la fonction uréogénique. Nous n'entendons infirmer en rien les hypothèses de Guidi. Mais il nous paraît naturel aussi d'admettre que les sels ammoniacaux agissant comme stimulants diffusibles ne font qu'exagérer l'aptitude convulsive de l'épilep- tique. Et l'on comprend dès lorsque chez l'épileptique soumis au traitement bromure, ce médicament agisse comme antagoniste en contrebalançant l'ac- tion de l'acétate d'ammoniaque. Nous reconnaissons que la fonction uréogénique paraît être troublée chez l'épileptique sans bromure. Mais puisque le trouble disparaît sous l'influence de cet agent, il faut se demander si l'on peut invoquer pour l'expliquer une insuffisance hépatique. CHIMIE BIOLOGIQUE. — La fermenlaùon alcoolique en présence de l'acide sulfureux. Note de M. P. Martinand, transmise par M. Roux. Si Ion fait une addition d'acide sulfureux à du jus de raisin, cet acide se combine partiellement au sucre; une quantité variable reste libre, c'est cet acide libre seul qui est un obstacle à la fermentation alcoolique. Elle pourra cependant se déclarer au bout d'un temps plus ou moins long, si la dose initiale d'acide sulfureux n'est pas trop élevée. Certains auteurs attribuent cette fermentation (par analogie avec quelques propriétés connues des saccharomyces) à l'accoutumance des levures à l'acide sulfureux. D'autres rejettent celte idée sans donner d'explication. ^ Nous avons cherché à élucider cette question par des expériences que nous allons décrire. Le moùl de raisin fut additionné de 2oo™s d acide sulfureux par litre et laissé à la température de 35° sans aucun ensemencement de ferments autres que ceux du moùl 466 ACADÉMIE DES SCIENCES. lui-même. Au boni de ii joins, le nioùl commence à fermenter. La teneur en acide sulfureux libre est de 36">k par litre. Une culture sur la gélatine donne des colonies d'un ferment qui seul se trouve dans le moûljusqu'à la disparition de l'acide sulfureux libre. Une fois cet acide disparu, les levures elliptiques apparaissent et prédominent. Ce microorganisme ne donne pas 2,6 volumes pour 100 d'alcool dans du moût de raisin; il ne fait pas fermenter le maltose, ne donne pas d'ascospores. Il a l'aspect et les propriétés que nous attribuons aux torula. En répétant celte expérience, nous constatons, chaque fois que la fermentation se produit en présence d'une dose notable d'acide sulfureux libre, la présence de ce micro-organisme. En ajoutant à du moût de vin une dose de o'-'.Soo d'acide sulfureux par litre et en l'abandonnant à la fermentation spontanée, celle-ci ne se produit pas. Cette particularité est due à l'acidité du moût plutôt qu'à la présence de cette dose d'acide sulfureux, comme il est démontré ci-dessous. . Dans l'essai suivant, nous avons remplacé le moût de vin par une solution sucrée contenant 180» de sucre de canne à laquelle nous avons ajouté la dose considérable de 5s au lieu de oS,5oo d'acide sulfureux par litre employé dans le précédent essai. La levure de bière était en pâte et n'avait pas été purifiée. Au bout de 10 jours il y eut un commencement de fermentation. Immédiatement on dosa l'acide sulfureux et les résultats furent : Acide sulfureux libre par litre 2,4^ Acide sulfureux combiné par litre 2,2^ Total 4,67 Au bout de 24 heures l'acide sulfureux libre a disparu et l'acide combiné a augmente : il est de 4°) 09 au lieu de 2», 24. Nous dosons l'aldéhyde et trouvons i«, t4 par litre. Une grande quantité sinon la tota- lité de l'acide libre s'est combinée à l'aldéliyde; c'est donc en se combinant aux pro- duits aldéliydiques que disparaît dans ce cas l'acide sulfureux libre. Après fermen- tation complète de tout le sucre nous retrouvons la nfiêrae quantité d'acide sulfureux combiné. Le ferment qui produit cette fermentation est, comme dans le premier cas, une torula. Ce n'est donc pas la levure de bière qui a produit cette fer- mentation, mais un microorganisme s'y trouvant fortuitement. 11 donne un peu plus d'alcool dans du moût de vin, 5°, 2, et dans du moût de malt d'orge, o",(3; il ne forme pas non plus d'ascospores. Unf" expérience de contrôle, faite avec le même moût additionné de la même quantité de levure, d'acide sulfureux et de 2 pour 100 d'alcool, ne donne pas de formation d'aldéhyde et, par suite, pas de fermentation. C'est donc bien le ferment décrit qui seul a produit l'aldéhyde que nous avons constaté» SÉANCE DU 3o AOUT 1909. ^fyj Le mode d'élimination de Tacide sulfureux libre n'est pas toujours le même. Dans l'expérience suivante, c'est en formant de l'acide sulfurique que l'acide sulfureux s'élimine. Une même solution de 180^ de sucre de canne fut additionnée de Doo^s d'acide sulfureux par litre et de i pour 100 de levure de bière. Au bout de i5 heures la fermentation se déclare et l'on constate que 194'"^ d'acide sulfureux libre ont été transformés en acide sul- furique. Si l'addition des composés sulfureux se fait pendant la fermentation, l'é- limination de l'acide libre s'opère en formant de l'acide sulfurique ou en se combinant à l'aldéhyde produit par la levure ou les microorganismes du genre torula. Dans un moût en fermentation on a ajouté successivement dç l'acide sulfureux jusqu'à -loo^"^. Le vin, après fermentation, conte^ nait o''',520 d'acide sulfurique par litre, le vin lémoiu 0^,350, d'où gain de 0^,170 d'acide sulfurique. L'aldéhyde contenu dans les dépôts était de o^, 23o par litre et dans le vin de o^, 180 par litre. En pareil cas, l'acide sulfureux libre s'élimine de deux façons, en formant de l'acide sulfurique, ou en se combinant ù l'aldéhyde. 11 ressort donc de nos expériences : i" que la levure ne peut faire fermenter un moût sucré contenant de l'acide sulfureux libre; 1° que la fermentation dans les moûts suHités fortement est provoquée par des microorganismes différents des saccharomyces, caractérisés par leur faible pouvoir fermentatif et par leur incapacité à former des ascospores ; 3" que ces microorganismes, que j'assimile aux torti/a, font disparaître l'acide sulfureux libre et que les levures prolifèrent et prédominent une fois cet acide disparu ; /)" que l'acide sulfureux libre disparaît en formant de l'acide sulfurique ou en se combinant avec les aldéhydes produits par les /oriilaau début de la fermentation et par les levures si l'on fait, pendant la fermentation, des additions d'acide sul- fureux. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la spécijicilé des oxydasts. Note (') de M. J. WoLFF, présentée par M. L. Maquenne. M. E. Bourquelot vient d'exposer récemment ses idées sur la complexité des actions oxydantes du suc de Russule (*), en laissant entendre qu'il (') Présentée dans la séance du 28 août 1909. (-) Journal de Pharmacie et de Chimie, i'-'' août 1909. 468 ACADÉMIE DES SCIENCES. peut exister d'autres ferments oxydants que la laccase et la tyrosinase dans les macérations de champignons. Cet exposé m'engage à publier le résultat d'expériences inédites sur le même sujet qui concordent avec celte opinion. Je rappelle que, dans une Communication antérieure ('), j'ai établi que la macération de Russule peut produire des oxydations qu'on n'obtient pas à l'aide de la laccase de l'arbre à laque. J'ai montré aussi que ces oxydations peuvent être produites par le suc de champignons chauffé un .quart d'heure à 65''-70°, ce qui exclut l'intervention de la tyrosinase. Malgré de fortes présomptions en faveur de l'existence d'oxydases spécifiques non encore signalées, je n'étais pas alors suffisamment documenté pour pouvoir me prononcer d'une façon catégorique à ce sujet. J'ai pu m'assurer depuis, par des mesures précises, qu'il s'agit bien là d'actions spécifiques, au moins dans le sens qu'on attache ordinairement à ce terme. J'ai tenu compte dans ces mesures des différences qu'on voit apparaître lorsqu'on modifie la composition du milieu et de ces observations il se dégage, je crois, une notion nouvelle. J'ai déjà montré que le suc de Russule oxyde l'orcine avec une grande facilité et qu'une réaction faiblement alcaline est éminemment favorable à cette oxydation. Ainsi, lorsque sur 00,7 d'orcine en solution dans 25''"'' d'eau on fait agir i"^"' de macération glycérinée de Russule, on obtient au bout de 24 heures une absorption d'oxygène égale à ô"^™', qui s'élève à 12'^"'', 5 si à une liqueur semblable on ajoute 2""' d'une solution de phosphate diso- dique (2^,8 de sel cristallisé pour 100). Si d'autre part on fait réagir pendant 48 heures, sur la même quantité d'orcine, 1™' d'une solution de laccase de l'arbre à laque, on n'observe aucune absorption d'oxygène, alors qu'avec o^, ^ d'hydroquinone eto'^'jS seulement de la même solution de laccase, l'absorption d'oxygène atteint iS'^""'. Dans une autre expérience oîi j'ai oxydé l'hydroquinone à l'aide de la macération de Russule, voici quels ont été les résultats après 20 heures de contact : Volume total Hydroquinone. de liqueur. Extrait. PO .\a- H. 0 absorbé. s cm' cin' cm' 0,7 25 0,0 I 4,4 0.7 25 0,5 0 9-7 0.7 25 0,5 I 9 Il est très curieux de constater que le phosphate disodique qui provoque ici à lui tout seul une absorption notable d'oxygène est sans aucun secours dans l'oxydation de l'hydroquinone par l'extrait de Russule. C'est précisé- (') Comptes rendus, t. CXLVIII, 1909, p. 5oo. SÉANCE DU 3o AOUT 1909. 4^ ment le phénomène inverse qui a lieu dans l'oxydation de l'orcine par le même extrait (' ). Ces caractères différencient donc nettement la laccase de l'oxydase nouvelle à laquelle je propose de donner le nom d'orcinase pour me conformer aux règles de la nomenclature adoptée. Si je borne là mon examen, la spécificité du suc de Russule vis-à-vis de l'orcine m'apparaît comme un phénomène très simple. La résorcine qui ne s'oxyde pas par la laccase de l'arbre à laque, comme nous l'ont appris déjà les expériences de G. Bertrand, peut au contraire s'oxyder par l'extrait de Russule, mais plus difficilement que l'orcine. L'addition de phosphate disodique à la résorcine produit, comme pour l'orcine, une absorption plus forte d'oxjgène, mais celle action accélératrice est loin de se produire avec la même intensité, comme en fait foi l'expérience suivante, d'une duiée de 24 heures : Oe,7 résorcine dans lyo'' dVau -t- K"' macération. O absorbé. Coloration. cm' * Saiis addition de PO'Na-H 3,2 jaune Avec addition de i"="'' de POSNa^H 4,7 intense » 3'^"' » 6,1 très intense Des témoins sans macération n'accusent qu'une absorption d'oxygène insignifiante par le phosphate. Nous voyons par ces chiffres que nous sommes loin des absorptions signalées plus haut pour l'orcine. D'autre part, nous avons déjà vu qu'en faisant réagir i'^™' d'une solution de laccase de l'arbre à laque sur o». 7 d'orcine, on n'observe aucune absorption d'oxygène. Si nous répétons la même expérience en modifiant le milieu par l'addition de i""' de phosphate disodique, il se produit une coloration intense de l'orcine, accompagnée d'une absorp- tion de 2"^°'', 5 d'oxygène : celle simple addition a fait apparaître une nouvelle spécificité. Nous pouvons conclure des faits rapportés ci-dessus que : 1° Il faut donner une interprétation plus large à la notion de spéci- ficité ; 1° La spécificité peut résulter, comme le montre l'expérience précédente, soit de la présence d'une diastase particulière, ainsi qu'on l'admet habituel- lement; soit de la superposition d'un certain nombre de facteurs qui exaltent mutuellement leur action. — Cette question sera examinée d'une façon plus précise dans un Mémoire en cours de publication. (') Ici le phosphate seul n'a pas d'action sensible, tandis que si on l'iijoute à l'extrait on double sa puissance. ^-?, 1 o .~^ 63 /(^^U C. H.. 1909, 2= Semestre. (T. 149, N» 9.) 470 ACADÉMIE DES SCIENCES. M. Robert Odier adresse à l'Académie un nouvel hémodensimètre. Dans cet appai'eil le récipient peut être séparé du thermomètre, ce (jui facilite l'étude in vitro des variations de densité du sérum. M. Albert Nodox adresse une Note intitulée : Perturbation dans la cliargc el dans le magnétisme terrestre. La séance est levée h 3 heures et demie. Ph. V. T. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. OuVRAfiliS REÇUS DANS LA SÉANCK IIU 23 AOUT I9O9. Comptes rendus liebdnmadaires des séances de l' Académie des Sciences, publiés par iMM. les SECRÉTArnES perpétuels; Tome CXlAll. juillel-décemhre 1908. Paris, Gaulliier-Villars, 190S; i vol. 111-4". Alphonse Peron. Intendant militaire, Correspondant de l'Académie des Sciences, Président de la Société des Sciences historiques el naturelles de l'Yonne, iSS^-igoS. Portrait en pliototypie, accompagné de la liste des souscripteurs; in-4°. OnoranzealProf. Luigi Cremona. Rome, G. Bertero, 1909; 1 faso. in-^"- Les végétaux utiles de l'Afrique tropicale française. Eludes scientifiques et agro- nomiques publiées sous le patronage de MM. Eï)MOni) Perrier el E. Roumr, dirigées par M. AuG. Chevalier; fasc. V. Première étude sur les hais de la Cdte d'Jçoire, par AuG. Chevalier. Paris, A. Challamel, 1909; i vol. in-8°. /co«e5 yJ//co/o^iCfB, par B0UDIER ; 5<' série, livraison 25. Paris, Paul Klincksieck, 1909 ; 1 ,fasc. in-4°. Les étapes de la Nai-igation aérienne, la grande semaine aéronautique de la Champagne, 22-29 aoiH. {La Nature, Revue des Sciences el de leurs applications aux Arts et à l'Industrie; S;'" année. n° I8!M. 3i aoùl 1909.) Paris, Masson et C''; I fasc. in-4°. L'Édilité technique, lie\ ue scientilique et pratique de l'An et de la Teclinifjue, (ii'gane officiel de YUnion des services municipaux techniques et des 'Pra\aux puijiics, ■>''- année, numéro spécial : Congrès de 1909. Paris; 1 fasc. in-4". Mémoires de la Société zoologiquc de France: Tome XXI, année 1908. Paris, 1909; I vol. in-8". Archives de Médecine et de Pharmacie uiililaires. publiées par ordre du Ministre de la Guerre, paraissant une fois par mois; Tome LUI. Paris, Henri Cliarles-Lavaii- zelle, 1909; I vol. in-8". La gravitazione universak-, di Francesco Mastrouomenico. Naples, 1909; i fasi-. in-8°. SÉANCE DU 5o AOUT 1909. Zj^i A/n Morgeti cinef nciieii Zeit. von K. NEirniir; Aiillai;e 1. Dornblrn, 1909; 1 fasc. in-8". Nota sobre a c/ivisào clas séries, por Pedro José ua Cixha. Lisbonne, 1909; i fasc. iii-S". The chance of collision i\ith a comel. iron météorites and cooii butte, bv A\'ir.LiAM-U. FiCKiîRiNG. Harvard Collège Observatoiy, 1909; i fasc. in-S". Nette Ërlddritng des Ursprungs der Komelen, von D'' F. Xolke. Brème, 1909; I fasc. in-8°. Stationary ineteoric radians. The size of /nctcors , bv William-H. PiCKERiNfi. Chicago, 1909; I fasc. in-8°. Spoglio dclle osservazioni sismiche dal \'' décembre 1908 al 3o nos'embre igofi, per D. Raffaeli.0 Stiattesi. Florence, 1909; i fasc. in-8". Observatorittm Batavia, .Java. Erdbcben herichl april-mai 1909. 6 feuilles dacty- lographiées, in-^". Ouvrages reçus dans la séance nu 3o août 1909. Hutletin de l'Office international d' Hygiène publique: t. 1. n" 7, juillet 1909. Paris, I fasc. in-S". Bitllelin et comptes rendus mensuels de la Société de l' Industrie minérale^ i\' série, l. XI, 8= livraison de 1909 : Table des matières. Saint-Etienne; i fasc. in-8°. Jahresbericht des Direelors des kônigliclten geadàlischen Instituts, fiir die Zeit von April 1908 bis April 1909. l'olsdam, 1909; 1 fasc. iii-8". Neue Erkldrung der Entsiehung der indischen Eiszeiten, von D' Fr. iNUlke. Brème, 1909; i fasc. in-S". Noie sur les filons de p/iosphorite de Logrosan, ilans la province de Caceies, par Paul Choffat. (Extr. du Bulletin de la Société belge de Géologie, de Paléonlolgie et d' Hydrologie : t. Wll, 1909 : Mémoires.) Bruxelles, Hayez, 1909; 1 fasc. in-8°. The fauna of the residtiary Auburn chert of Lincoln Counly, Missoury, by E.-B. Branson. (Oberlin Collège Laboralory Bulletin. n^H.) Oberlin, 1909; 1 fasc. in-8». Bibliography of North American Geology for 1906 and 1907. with subject Index, by F.-B. Weeks and J.-M. \ickles. {United States geological Stirvey : Bulletin 372.) Washington, 1909; i vol. in-8°. A considération of the introduction of surgical anœstliesict. by \\illiam-1I. \\ ELCH. Boston, s. d.; i fasc. in-S". Las investigaciones niodernas sobre la herencia en hiologia, por el D'' Angel Gal- LARDO. Buenos-Ayres, 1909; i fasc. in-8°. Memorias de la Real Sociedad Espanola de Hisloria natural: t. VI. Mem. r' : Etttde sur les Arachnides recueillis au Maroc par M. Martinez de la Escalera en 1907, par Eugène Simon. Mem. 2" : Graptolitos citados en Cataluna, por M. Faura y Sans. Madrid, 1909; 2 fasc. in-S". 472 ACADÉMIE DES SCIENCES. ERRATA. (Séance du 12 juillet 1909.) Note de M. A. Gautier, Observations sur la nature et l'origine des gaz qui forment les fumerolles volcaniques, etc. : Page 85, ligne 22, au lieu de O. Silvertis, lisez O. Silveslii. Note de MM. Florence et Clément, L'épreuve de la glucosurie alimentaire chez l'épilcptique : Page i48, 1" ligne de la Communication, au lieu de chez les épileplif|ues en p;- riode d'attaques, lire chez les épilepliques en dehors des périodes d'attaques. (Séance du 9 août 1909.) Note de M. Gouy, Phénomènes magnéto-anodiques : Page SS'i, ligne 6, au lieu de l'angle de zigzag, /«e; l'angle du zigzag. Page 385, ligne 3 en remontant, au lieu de 5""", 1, lisez i""'',5. Note de M. Ch. Lallemand, Sur les marées de l'écorce et l'élasticité du globe terrestre : Page Sgi , ligne 8 en remontant, au lieu de a,,, r= 55' "', a„, =; 25™', lisez R s;,,, = 55"", R«„,= 25™. Même page, dernière ligne du bas; ajoutez l, laliUide du lieu considéré. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 6 SEPTEMBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MEMOIRES ET COMMUIVIC VTIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Secrétaike perpétuel donne lecture de la dépèche suivante : Lausnnne, ktiiki. rend coiii])!!' de la Conférence de l' Association internationale de Sismologie i[n\ vient de se tenir à Zerinalt du 3o aoîit au .'3 septembre. NOMINATIONS. M. le Ministre de i.'ï.nsthuoiox publique ek i)e.s Beau.x-Arts invite rAcadémie à lui désigner ceux, de ses membres qui devront la représenter au deuxième Congrès international pour la répression des fraudes conc-er- nantles denrées alimentaires et les [)roduits pharmaceutiques. L'Académie désigne : Dans la Section d'Economie rurale : MM. Tu. SciiLCEsiNG, MiJNT/,, Houx, Maquenxe; C. R., 1909, ?.' Semestre. (T. l'iO, N° 10.) "4 474 ACADÉMIE DES SCIENCES. Dans la Section de Chimie : MM. A.. Gautieii, Haller, Ju\gfi.eis(:h ; Dans la Section de Botanique : MM. GuKiXARD, PrII.MEUX. CORRESPONDANCE. M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées dé la Correspondance, l'Ouvrage suivant : Duc d'Orléans. Croisière océanographique dans la mer du Groenland en i<)oi. Résultais scientifiques. M. W.-M. Haffkine adresse des remercîments pour la distinction que l'Académie a accordée à ses travaux. GÉODÉSIE. — Sur les marées théoriques du géoide, dans l hypothèse d'une absolue rigidité de la Terre ('). Note de M. Ch. Lallemaxd, présentée par M. Bouquet de la Crye. La dévialioii des verticales, sous l'action de la Lune ou du Soleil, en- traine (-), pour le géoide (^), une légère déformation (pii, d'une splière par exemple, ferait un ellipsoïde de révolution, allongé dans la direction de l'astre et aplati de 3 M 3 cr M, masse: de l'aslre r,i|)j)orlée à la Terre; c/, sa distance en rayons terrestres. (') Celle théorie dérive des mêmes principes que la théorie de Newton sur les marées océaiii(|ues. (') r. IIatt, Notions sur le phénomène des marées., i885, et (jii. Lallema>d, Sur lès marées de t'écorce terrestre (Comptes rendus, g août 1909). (') Surface de niveau définie par la condition d'embrasser un volume égal à celui du elobe. SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE 1909. /(^f) En coordonnées polaires rappoilées au cenlre, l'éfjiiiition de Fellipse génératrice s écrirait « a et b, denii-a\es de l'ellipse; e', excenlricilé; /•, ravoii vecleui'; ;, ilislniice zéiiilliîile de l'aslie S au lieu N. Cf. étant très petit, on peut négliger les termes de Tordre de rinal)le mais incompressible, on a H' = ab-^= n^{i — 2 a), et ré(|uati()n ( 2) s'écrit ( H ) /• = R ( I — -■ -I- a cos- . l)"autre [)ai't, on a vu (^' ) (jue cos; ^ siii / siii I) -+- ros /cosD cos/H, /, hililudo (lu lieu i\ ; D, déclinaison de l'astre S; /II, son angle horaire. L'éc{ualion (3), dès lors, peut s'écrire '■^R(i — -^ H-asin-/sin-D-|-o,.5a cos- icoi-l) j + o.oHa sin 2 /sin 2 D cos.'H -+- 0 , j H a cos- / cos'- D cos 2 /fl. Le second membre se décompose en Irois parties, savoir : 1° \h\ ternie périodique en 2/II, ou marée semi-ditirnc, d'amplitude (4) w.,,/= Ha cos- /cos-D; ■2° Un terme périodique dépendant de H, ou xwAvî'e iliurne, d'.unplitude (5) '»,t=^ i^tx sin 2 / sin 2 D ; (') Cil. L.u.i.EM.iND, Moiiveinenls de la verticatt', clc, l'orin. (2) (Conijiles reiulus, 23 août 1909). [\^G ACADÉMIE DES SCIENCES. 3" Un tcrnio iadcpendant de yll; on pcul Fécrirc (6) w„z=R ^(i- i,:)cos=/)(i — S^in^D) 1. Mais a el D varient avec le lemps /. On a vu (^' ) que (7) a = «,„ (i H- 3e cos/î<) et siii-D = o,5 sin-I(i — cos2/i<). a,,,, valeur de a répondant à la moyenne dislance d,„ de l'astre; Ra,„=ro™,55 jjour la Lune et o™, 2(48 pour le Soleil; n^ 7=-; T,, durée de la révolution de l'astre autour de la Terre (27^ j pour la Lune ou 365J^pour le Soleil); e, excentricité de l'or- bite (e = ^ pour la Lune, -^^ pour le Soleil); I, son inclinaison sur l'équateur. Substituons dans la formule (4). La partie indépendante de /, . (8) '«.?rf= P>=69, < = ?.3i"; raiigmentalion de K corresponili-rtit à l'exis- lence d'une combinaison Ilg'Br-,6llgl5r'-. liromiire inc ilislillr : Si- l!r''=i 1480. P 1,670 /i,334 6,8255 8,718 K 345 335 334 33o K„ = 35o Bromure d'ammonium dialillé : AzII'Br ;= 98. P. 0,664 i,?.6 1,96 i,So6 K 342 341 345 347 Iv = 345 Bromure r/c potassium : IvBr = 119. I' 0,962 ",''19 'i9o5 2,600 K 323 32.5 323 Sao K = 323 Bromure d'argent : AgBr r= 188. v i,i4' 2,429 4i226' 41891 K 272 241 2o3 200 Ko'= 320 hromure de thallium : Tl Rr 1= 284. P I ,68 3,o3 4,097 K 285 2S1. 284 K = 283 Le bi'omure de plomb, ainsi que les biomuies fondus de Li, Na, Ga, sont insolubles; la plupart des composés organiques noircissent et dégagent de l'acide bromliydrique quand on les dissout dans IlgHi- fondus. Pour tous les sels étudiés, la constante expérimentale est notablement inférieure à la constante théorique : la moyenne des valeurs trouvées est voisine de 34o. Le bromure mercurique se comporte donc vis-à-vis des bro- mures métalliques comme la benzine vis-à-vis des composés hydroxylés : les corps dissous conservent une association moléculaire partielle d'ailleurs assez faible. Les mesures précédentes étaient faites en très grande partie quand M. IJeckmann a publié (') quatre déterminations cryoscopi(iues dans IlglJr- : la phénanthraquinone, Fanthraquinoue, le bromure mercuieux et le chlorure mercurique. Nos mesures communes sont concordantes, tou- tefois M. Beckmann adopte pour constante K = 3G7 déduite des valeurs moyennes fournies par les deux composés organiques entre les concentra- tions P = 0,2 et P = o,<). Les conclusions relatives aux poids molécTltâires n'en seraient point changées, mais l'écart avec la constante théorique serait considérable. (') n;. Becrmanx, Zeit. f. anorg. Chein., t. LN , p. i8i. C. R., lyog, 2« Semestre. (T. lii), N" 10.) ^5 482 ACADÉMIE DES SCIENCES. BOTANIQUE. — Sur In ne des Champignons en inilieiix gras. Note de M. A. Roussv, prcspiilV-i' pai' M. (iaslon lioiinicr. Si l'on excepte les curieuses recherches de M. van Tic^hem sur la vie dans l'huile, on s'est assez peu occupé jusqu'ici de la végélalion des plantes inférieures et, en particulier, des Champignons sur les milieux où les sub- stances organiques nutritives sont exclusivement des substances grasses. Ce qui a sans cesse, semble-t-il, découragé a priori dans cet ordre de re- cherches, c'est le fait bien certain que les Champignons ne se développent pas ou se développent très mal sur les huiles ou sur les graisses. 11 faut réfléchir pourtant que, si les milieux sucrés constituent pour ces mêmes Champignons un excellent milieu alimentaire, c'est à la condition bien reconnue que le sucre ne soit pas dans une trop forte proportion. La pro- portion favorable est de 5 pour loo, par exemple, d'après M. Puiulin, pour le Slerigmatocyslis nigra. Est-ce que, en établissant pour les substances grasses des milieux ana- logues, c'est-à-dire dans lesquels les huiles ou les graisses seraient de même relativement en faible quantité, on n'obtiendrait pas des résultais satisfai- sants? C'est ce que nous avons cherché à reconnaître en expérimentant avec diverses moisissures, notamment le Rhizopus nigricans; et nous avons choisi, entre beaucoup d'autres, ce Rhizopus nigricans, parce que nous avons eu maintes fois l'occasion de constater que c'est un des Champignons qui appa- raissent le plus fréquemment et le pins facilement sur les tourteaux laissés à l'humidité. Nos expériences ont consisté à ensemencer la Mucorinée dans des boîtes de Pétri contenant :'les unes, du liquide Raulin gélose sans saccharose; d'autres, du liquide Raulin saccharose et gélose; d'autres, du liquide Raulin gélose, sans saccharose, mais additionné (à la place du saccharose) d'axonge fraîche et très pure, en diverses proportions. Nous décrirons plus longuemenl, dans un procliain Mémoire, cominonl nous avons réussi à surmonter les difficultés qu'on rencontre, pour mélanger très intimement et de façon bien homogène des quantités plus ou moins grandes d'axonge au liquide Raulin gélose. Indiquons seulement ici que, lorsque la substance grasse a été, dans la proportion voulue, ajoutée au milieu gélose chaud et liquide, le tout est rapidement versé, pendant qu'on ne cessp d'agiter, dans des boîtes de Pétri placées au milieu de la glace, dans des caisses en zinc. La solidification, à la basse température où l'on opère ainsi, est si rapide i|ue la gi'ai^se n'a pas le temps de se séparer de la gélose. SÉANCE DU (i SEPTEMBRE 19OÇ). ^83 Toutes ces manipulntions sont faites nalurellenient de façon à éviter toute contami- nation provenant de Tevlérieur. Lorsi|ue la solidification est conipli'te, l'ensemence- inunl est ellectué pii' une légère piqùie au nidieu de la gélose. Tous les jours ensuite, pendant 20 jours, toutes les cultures sont observées et nous avons ainsi noté pour chacune : la date d'apparition du mycélium, sa forme, sa couleur, la rapidité daccrois- senient, la date d'appai-ition des sporanges ou des spoi-es, les poids (frais et secs) des cultures, le pouvoir germinatif des spores obtenues. Le premier fait (jue nous constatons est le non-développement ou le déve- loppement excessivement faible des cullufes sur gélose avec liquide Raulin sans sucre. Si donc, dans les cultures sur gélose avec liquide Raulin addi- tionné de graisse, il y a, au contraire, végétation plus ou moins abondante, cette végétation est à attribuer à la substance grasse. C'est précisément ce qui a lieu lorsque la teneur de la gélose en graisse ne dépasse pas certaines limites niinimaou maxima. Au-dessousde >. pour 100 d'axonge, il n'j' a pas, à vrai dire, de développement appréciable du mycé- lium; il n'y en a plus au-dessus de 3o pour 100. Mais, entre ces deux extrêmes, et tout particulièrement à (3 pour 100, le Rhizopus prospère. A 6 pour 100, son poids sec est égal par exemple à o''',o5; sur liquide Raulin avec saccharose, il atteint le même chiffre; par conlie il est seule- ment de 0^,01 sur liquide Raulin non saccharose. La puissance de végétation dans le milieu gras se liaduil d'ailleurs encore non seulement par le nombre, mais aussi par les dimensions des filaments mycéliens, par l'abondance des sporanges, par la grosseur des spores. Nous avons obtenu, d'autre part, des résultats analogui.'s avec le Pliyco- myces nitens et le Steri gmalocyslis nigra. Avec le Phyconiyces nilcns surtout, le développcnicnl <•>! \iaiment luxu- riant; les filaments mycéliens couvrent loute la gélose et s'étendent même au delà, le long des parois de verre des boites; les filaments dressés viennent, avec leurs sporanges, toucher le couvercle. Tout l'intérieur des boites est ainsi rempli d'un gazon d'un vert métalliijue; ceci du moins [)Our une pro- portion (qui pour Tespèce est ['optimum) de 8 pour 100 d'axonge, alors qu'il n'y a presque plus de mycélium lorsque la teneur en substance grasse est intérieure à 2 pour 100 ou supérieure à jo pour mo. Avec le Stcrigmatocys/is riio/a, h? d(''velo|>pe!n('nl a lii'u de même entre ■1 ])(iur 100 et '|0 [)i>ur 100. mais es! siuioiil luti-nsc à m» pour 100. En résumé, [)otir diverses moisissures, et non seulenii'ut pour les moisis- sures plus ou moins spéciales, comme h; P/ircouiv es nilcns, unis même pour des espèces banales, comme le Hliiznpus nigricans et le Slerigma/ocystis 484 ACADÉMIE DES SCIENCES. nigra, les substancos grasses peuvent, seralile-l-il, à elles seules, être à peu près un aussi bon aliment que les hydrates de carbone, à condition que ces matières grasses soient fournies dans les mêmes conditions que les hydrates de carbone, c'est-à-dire dans des proportions qui doivent être conqirises entre certains minima et certains maxima, variables avec les espèces. Les optinia (() à lo pour loo) avoisineraient, en somme, les optima admis pour les hydrates de carbone. BOTANIQUE. — Quelques Ignames sauvages de Madagascar. Note de MM. Henri Jumelle et H. Perrieu de la Rathie, présentée par M. G. Bonnier. Quelques Dioscorea sauvages donnent, à Madagascar, dans TAmbongo et le Boina, des tubercules qui entrent plus ou moins couramment dans l'alimentation des Sakalaves. iNous allons indiquer rapidement ici les prin- cipales de ces espèces, encore inconnues. Il en est deux tout d'abord, qu'il est facile de confondre, et que, en fait, les indigènes ne distinguent guère, car ils les appellent indifféremment, l'une et l'autre, bemandiy et soso. Les feuilles, à limbe oblong ou ovale lancéolé, sont presque semblables, et d'autant plus difficilement reconnais- sablés qu'elles sont très polyuiorphes. Par quelquos autres caractères cepen- dant, les deux espèces se séparent nettement. L'une, que nous considérerons comme le vrai bemandry , et que nous nommerons Dioscorea ISemandry, est à tiges subligneuses, épaisses et épineuses ; ses capsules, élargies supé- rieurement, sont à sommet arrondi; ses graines n'ont, vers le sommet, qu'une petite aile latérale très courte, l^'autre espèce, qui sera le Dioscorea Soso, est à tiges herbacées et lisses; ses capsules sont à sommet aigu; les graines ont une aile supérieure très longue, plus longue même que la graine proprement dite. Les deux plantes n'habitent pas, du reste, exactement les mêmes régions: le Dioscorea lie.uaiidry est J'cspèce des ti'riains secoutlaires de la côte et dis- parait au\ abords du plateau ceuttal, là où au contraire, dans le gneiss et le granité, apparaît le Dioscorea Soso. Il y a toujours, par pied, deux tubercules, dont Tuii seulement est frais; l'autre, (pii est le tubercule de l'année précédente, est llélri. Dans le sol, ces deux tubercules sont rapprochés, sous un angle très aigu, dans le Dios- SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE 1909. 485 corea Soso; ils sont au contraire très divergents et deviennent presque liori- zontaux dans le Dioscorea Remandry . Le tubercule frais du Dioscorea Soso, arrondi au sommet, est aqueux, très tendre et très sucré; celui du Dioscorea ISernnndry, à sommet aigu, est aussi aqueux, mais son goût sucré est bien moins prononcé. Tous deux, d'un poids de 2'^''' à 6''^, sont très appréciés des Sakalaves, qui les mangent crus. On ne pourrait pas consommer de même, sans aucune préparation préa- lable, le tubercule de macabiha. Cette autre espèce, que nous nommerons Dioscorea Macabiha, a des feuilles largement ovales, cordées et très acumi- nées, qui rappellent celles du Dioscorea sauva; mais les inflorescences du macabiha ne sont pas celles de ce Dioscorea sativa, et, dans les fleurs mâles, les étainines sont insérées au voisinage de la gorge (et non vers le fond du tube), les anthères atteignant presque ainsi le sommet des pièces périan- ihiques. Le tubercule, dont l'analyse a déjà été donnée par M. Bourquelot, est aussi très caractéristique; c'est une énorme masse hémisphérique, pouvant peser i5''s et davantage, et dont la face inférieure est convexe, tandis que la face supérieure est plus ou moins plane avec une excavation d'où part la tige. Celle-ci porte dans sa région basilaire de gros aiguillons aplatis, plus ou moins lobés. Le tubercule de macabiha est très toxique; celui de nous qui fut grave- ment malade après l'avoir dégusté l'affirme par expérience. Tous les animaux, porcs, chiens, canards, auxquels on le fait ingt'rer, meurenl; et l'on cile (le incnie chez les Sakalaves des cas (reiiipoisonnenients suivis de mort. Néan- moins ces indigèuus le consonnnent assez souvent, mais après avoir pris les précautions suivantes : ils font macérer la masse pendant 24 heures tiaiis Teau froide, laissent ensuite sécher au soleil, puis soumettent à une seconde macération d'un jour, suivie d'une nouvelle dessiccation; ils font ensuite bouillir et enfin pressent la pulpe pour en extraire toute l'eau (|u'elle contient, el qui vraisemblablement entraîne avec elle le principe nuisible. Après une dernière cuisson, cette pâte est inollensive, surtout si l'on a pris le soin de supprimer toute la partie du tubercule qui avoisine la base de la tige. Les Sakalaves n'ignorent pas non plus que la plante est particulièrement dangereuse, comme tant d'autres espèces tubéreuses, au moment où le tubercule entre en germi- nation el se couvre de nombreux bourgeons. Le Dioscorea Macabiha croit principalement dans les sols calcaires de l'Andiongo; on le retiouve cependant parfois dans le Boina, près de Mara=— voay par exemple, où il est appelé fanganga. Sur les terrains basaltiipies ou gneissiijucs, oii nous avons vu le Dioscorea Soso remplacer le Dioscorea liemandry, le Dioscorea Macabiha est de même remplacé par Vantaly, que nous nommerons Dioscorea Antaly. Par les feuilles 486 ACADÉMIE DES SCIENCE?. comme par les Heurs, nous ne saunons d'ailleurs bien distinguer Vantaly du macabiha ; mais, alors que la tige de ce dernier est épaisse el épineuse (comme celle de he/nam/ry), la li^e de Vantaly osl (comme celle du so.io) herbacée et lisse. Puis les tubercules sui'tout sont bien différeuls: ceux d'arila/y sont de nouveau allongés. Ils sont souvent ramifiés ; et chaque pied en porte un grand nombre, dont l'ensemble peut atteindre au poids de 80''*''. Ils ne sont pas vénéneux, mais très amers ; ils ne sont comestibles qu'après avoir été pelés, découpés en tranches, séchés au soleil, rais encore dans l'eau courante pendant nue semaine, et desséchés une seconde fois. Ils constituent alors un bon légume, dont le goût rappelle à la fois celui de la châtaigne et de la pomme de terre. Un autre Igname des sols siliceux, à la lisière des bois, est le maciba ou malita, que nous nommerons le Dioscorea Maciha. Les feuilles sont, comme celles des deux espèces précédentes, cordées et acuminées, mais une des principales caractéristiques est la concrescence des pièces périanthiques sur une longueur assez grande pour que le tube soit bien visible. Chaque pied ne porte que deux tubercules, dont l'un seulement est frais, comme dans le soso et le bemandry. Ce tubercule, de i'" parfois de longueur et à extrémité obtuse, s'enfonce presque verticalement dans le sol ; il peut peser de 5''^ à 12'"'''. Il n'est bon que pendant le repos de la plante, c'est-à-dire de mai à septembre, mais c'est alors une des meilleures Ignames malgaches, (jue les indigènes mangent cuite en la [)réparant de diverses manières. Ils assaisonnent tle même, mais en le jugeant meilleur encore, le tuber- cule de Vangaroka, que nous croyons être le Dioscorea Oi'inala déjà signalé par Baker dans le Betsileo. L'unique tubercule frais, fusiforine, de celte espèce (partiellement caractérisée par sa grande pubesccnce), s'enfonce verticalement dans la latérite des contreforts du plateau central, el si pro- fondément que les Sakalaves prétendent qu'il chei'che ainsi à échapper à la gourmandise des hommes et des sangliers. MÉDECINE. — Transmission evpérimentale du typhus e.xaiilhérnnti(jiit' par le pou du corps. Note de MM. Cuaui.es IVicoli.e, C. Comte et E. Conseil, transmise par M. Roux. l/élude (les récentes épidi-mies de typhus exaulhi''Muili([ue (jui ont sévi dans la Régence, en [)articulier à Tunis, Metlaoui et Redeyef (Compagnie des phosphates de Gafsa) et aux îles Kerkennah, nous avait amenés à con- sidérer un insecte comme l'agent probable de transmission de la maladie. SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE I909. 487 Le ly|)luis est, dans l'Afrique mineure, une conséquence de l'encombreinenl et de la disette; il srvit sur les populations les plus misérables et les moins soucieuses des ièi;les de riiviïii'ne ; il n"e-it point conlai;ieaK dans une maison propre ou dans les salles d'un liù)iilal liien tenu. Dans ces conditions, seuls les insectes parasites de l'Iia- bilation, du \èlemenl et du corps, poux, puces, ])unaises pouvaient être suspectés. I^'époque ordinaire d'apparition des épidémies de typhus (printemps) rendait insou- tenable le rôle des moustiques, des tiques ou des stomoxes. Plusietirs faits d'observation nous ont amenés à limiter notre hypollièse au pou. A rhôpilal indigène de Tunis, les malades entrants sont lavés et revêtus d'effets propres ; aucun cas de contagion intérieure n'y a été observé, notamment lors des épidémies de 1902 et 190G, malgré l'absence d'isolement et la présence de punaises nombreuses dans les salles. Les seuls cas de contagion observés l'ont été sur le personnel chargé de recueillir el de désinfecter les effets des entrants. Aux îles Kerkennah, foyer endémique de typhus, les punaises sont rares. Dans le Djerid, 011 la maladie se montre comme ailleurs, les puces mantjuent. Ces insectes pullulent au contraire dans les galeries des mines de phosphates; ils y attaquent indilléremment l''uropéens et indigènes, et cependant ceux-ci seuls sont atteints de typhus. Enfin deux observations nous sont connues où, après la durée d'incubation ordinaire, le typhus a succédé manifestement à la pitp'ire cVun pou. Ces remarques étaient présentes à notre esprit lorsque l'un de nous réussit à inoculer le typluis au chimpanzé (') et, après passage par celui-ci, au bonnet chinois (Macacus sinicus). Aussi, dès le début de nos recherches, avons-nous tenté la transmission de la maladie de singe à singe au moyen du pou du corps. Nos expériences ont été ainsi pratiquées : Sur le bonnet chinois 1, infecté avec le sang du chimpanzé (-), au 16* jour de l'inoculation et dans les heures qui ont suivi l'apparition de l'éruption, nous avons placé 29 poux recueillis le matin même sur l'homme et conservés à jeun depuis 8 heures. Le lendemain et les jours suivants, nous les avons reportés sur deux bonnets chinois A et B. Le singe A a été piqué 6 jours consécutifs par i5, puis 12, i3, 8, (i et 3 poux, et le singe B 12 jours par 14, puis i5, i3, 9, 5, 5, 6, 5, 5, 4, 2 et I poux. Chaque jour après la piqûre, les poux étaient mélangés et placés à une température de 16° à 20°. (') C. NicoLLE, Rcproiliiction expérimentale du typhus exanthémalùjue chez le singe [Comptes rendus. 12 juillet 1909). (^) Loc. cil.^ p. i5g. /|88 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les deux singes A et 1] avaieiil servi antérieiirenient à des expériences sur le Kala Azar; tous deux étaienl guéris au niomeiU de leur inoculation et, fait important, leur lempéralurc j)rise deux fois par jour depuis 5 mois (singe A) el i an (singe B) n'avait jamais présenté d'élévation lliermique. Sùiffc A. (voir la courbe ci-dessous). — Rien à noter jusqu'au t».' jour de l'inocu- lation. A cette date, élévation de la température à Sy", 2 el Sg^jg, |)uis baisse les ao" et l'-isr. 1. ^;» r fr '1 s tO IS lù 15 30 SS H M M A , ,^ i "-.^ ^-I . ^ JmiY^-^a^ i \' J iw///\F_l______fc,^/ 1 il ' \ l ' ■ j y \ 1 42L 44 ^J::::" ==............=..=1...=L==.=„=.^J^ 2^° jours. La température remonte au 25° jour pour atteindre ou dépasser '|0° les 26°, 27" el 29' jours. Défervescence lente du 3o° au 34° jour. Au 89" jour, la température remonte; rechute de 5 jours avec courbe thermique classique (maximum [\0°,b le /)!"' jour). Mort le 44'' jour au matin. Etat général assez bon jusqu'au 3o°jour; à cette date, abattement, l'animal mange moins, il est plus facile à saisir. Pas d'éruption. Agitation extrême lors de la deuxième période fébrile. Coloration violette des lèvres les deux derniers jours. A l'autopsie, au- cune lésion, sauf une ulcération du cspcum à surface iri-égidière couverte d'un exsudât diphtéroïde. Rate, Ss. Le poids de ce singe a baissé de 1 5oo5 à i3oos. Singe B (voir la courbe ci-dessous). — Rien jus(|u'au 4o° jour de l'inoculation. Le 4 1° jour, élévation de lcm])érature coïncidant avec la seconde ])oussée fébrile du Kig. 2. JS 30 li fe SI ■rsA. ll\l '1 /: l/A iw'/yi singe A. Le 44*^ jour, température de 4o° ; défervescence à partir du 46'' jour el, ce jour même, éruption. Les seuls symptômes observés ont été un peu de faiblesse et un peu moins d'appétit; retour presque immédiat à la santé. Passages. — Avec le sang de ces deux singes, nous avons inoculé plusieurs bonnets SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE I909. 489 chinois. Mais, ainsi que nous l'avons remarqué dans toutes nos expériences de pas- sages, la virulence a rapidement baissé. Sur quatre bonnets chinois inoculés avec le singe A, trois (dont un vacciné par une inoculation antérieure de virus) ont fait une éruption; deux ont eu une élévation thermique avortée. Deux bonnets inoculés avec le singe B ont présenté une réaction fébrile avortée, sans éruption. Des recherches liématologiques poursuivies par M. Ja;ggy ont montré chez deux de ces animaux (les seuls observés à ce point de vue) les mêmes lésions sanguines que chez les singes atteints du typhus le plus net. Ces expériences montrent qu'il est possible de transmettre le typhus exanlliématique du bonnet chinois infecté au bonnet neuf par le moyen du pou du corps ('). L'application de cette donnée à l'étiologic et à la pro- phylaxie de la maladie chez l'homme s'impose. Les mesures à opposer au typhus devront avoir pour but la destruction des parasites; elles viseront principalement le corps, le ling;e, les vêtements et les objets de couchage des malades. GÉOLOGIE. — Aperçu sur la struclure géologique de la péninsule du cap Bon (^Tunisie^. Note de M. A. Ai.lemaxd-Marti.v. La péninsule du cap Bon a été peu décrite; les renseignements géologiques donnés jusqu'à ce jour font partie des descriptions générales de la Tunisie et portent princi- palement sur les rapports de ses montagnes avec les plissements tunisiens et avec les chaînes italiennes. Elle a été plus spécialement parcourue par Le Mesie de rSSy à iSgi . M. Auberl en a rappelé un certain nombre de caractères. M. Haug a indiqué, dans plu- sieurs schémas, la direction des chaînes du cap Bon. M. Baitzer a montié que les plis du cap Bon étaient indépendants de la série des grands plis de la Tunisie. M. Per- vinquière a montré également que cette presqu'île n'est pas le prolongement vers le Nord-Est des grandes chaînes tunisiennes principales. Enfin M. Thomas résume, dans son très intéressant Ouvrage ('), les différents travaux publiés sur la Tunisie. Il nous a été donné, de 1900 à 190G, de faire plusieurs explorations dans cette région, qui est des plus curieuses, en raison de son caractère tourmenté, surtout vers la pointe du cap Bon. Dans ces premières études (') nous (') Une expérience de transmission du typhus au Macacus cynornolgus avec des |)oux du corps recueillis sur un malade atteint de typhus nous avait donné un résultat négatif. (■-) Essai d'une description f^éologique de la Tunisie, 1906. (') Butl. D. Ag. Tunis, 1902. — Notu A. F. A. S., 1902, Monlauban. C. R., 1909, a« Semestre. (T. IW, N" 10.) '>^^ /490 ACADÉMIE DES SCIENCES. nous sommes ell'orcé, avant tout, de tirer des déductions utiles au point de vue agricole. Les roches et les fossiles que nous en avons rapportés nous permettent aujourd'hui de donner un aperçu plus géologique de ces régions dont la difficulté d'étude tient autant à la nature mouvementée du terrain et à ses difficultés de parcours qu'à la rareté des fossiles dans certains niveaux. Nous nous l)ornerons dans cette Note à donner quelques indications très générales, sur l'âge des terrains et sur la structure tectonique du cap Bon. Ce qui frappe avant tout dans l'exploration de cette péninsule ce sont les masses importantes des grès rouges qui constituent les crêtes, atteignant dans le centre 627"" d'altitude. On les rencontre au sommet du Dj. Kor- hous, sur la côte Nord-Ouest; au Dj. Abd-er-Rahman, dans le centre; au Dj. Abiod formant la pointe la plus avancée du cap; aux îles Zembra et Zembretta ; on les retrouve ensuite sur le rivage Sud-Est avec de très faibles altitudes, dans la mer près Kélibia, puis entre Kélibia et El Aouaria, en récifs et sur la plage même en certains points. La direction générale des plis du cap Bon est facile à observer, grâce à l'orientation de ces crêtes gréseuses qui est en moyenne SO-NE, avec quelques inllcxions. Trois plis anticlinaux constituent essentiellement la structure do la presqu'île : 1" Aiiliclinal de Korbous. — Ce pli dont l'axe est en partie immergé suit à peu près la côte Nord-Ouest de la péninsule et me paraît se prolonger dans l'île Zembra. Les terrains les plus anciens mis au jour par cet anticlinal sont de bas en haut el avec plongement Sud-Est ; A. Marnes iioirâlres de PEocène inférieur avec gypse, jusqu'ici sans fossiles; B. Calcaires compactes bleuâtres que j'atliibue à l'Eocène moyen. C. Une masse importante de grès rouges fins à la base, très grossiers en liant, tout à fait semblai)les aux giès numidiens: cette formation gréseuse représente sans doute TEocéne supérieur et peut-être, en partie, l'Oligocène. •2.° Anliclinal du Centre ou d\-ibd-er-Bahman . — Cet anticlinal est rompu le long de son axe et ne laisse plus apparaître que sa retombée vers le Nord-Ouest, l'aile sud étant all'aissée sous les terrains néogènes. A la base de la falaise sud de l'anticlinal, apparaissent en quelque^ points les marnes noires el bleuâtres de rÉocéne inférieur, avec plongement Nord-Ouest sous les grès. Je n'ai pointobservé les calcaires de l'Iùicène moyen el la crête est constituée par les couches gréseuses numidiennes. 3" Anticlinal de Kélibia. — Ce pli, qui ne laisse affleurer que des grès roux numi- diens, suit à peu près le rivage Est-Sud-Est de la péninsule mais est en grande partie immeigé et ne présente que les quehjues afileiirements littoraux signalés plus haut, SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE 1909. ^91 ou des récifs en face de Kélibia et de Kélibia à I'"l Aoiiarla. !U plongent assez réguliè- rement vers l'Ouest. Entre ces ttois anticlinaux se placent deux synclinaux parallèles occupés par les formations néogènes. 1° Synclinal du l\oid ou de la plaine de Takelin. — Sur les deux bords de la cuvette affleurent des grès calcaires jaunes puissants à faune burdigalienne : P. convexior (Alm. et Bofill), espèce représentative du groupe Beudanti dans la région méditer- ranéenne. Le centre du synclinal est occupé par des grès plus tendres et des calcaires argileux à O. crassissima de l'étage helvétien. 2° Synclinal du Sud ou de In plaine de la Dakla. — Ce synclinal, compris entre la crête de l'Abd-er-Raliman et le pli littoral de Kélibia, comprend à la fois des ter- rains miocènes et pliocènes. On retrouve, appli(|ués contre la falaise de grès éocènes d'Abd-er-Raliman, des grès jaunes burdigaliens plongeant vers le Sud-Iîst. J'y ai re- cueilli une faune de Pectinidés : P. comexior (Alm. et Bof. ) ; C/ilqniys jirœsca- liritixculus (Von\..); Flabellipeclen du grouipe /lahclli/ormix (Broc), mais de taille plus petite que les formes pliocènes dont il est probablement le type ancestral. L'Ilel- vétien doit exister, mais se trouve masqué par la transgression des terrains pliocènes. Ceux-ci comprennent : 1" A la base, des marnes bleues ou jaunes argileuses à faune plaisancienne : P. ciislalus (Broun.); P. lalissinius (Broc.) ; 2" des sables ou des grès jaunâtres, parfois traverlineux à la partie supérieure avec Mollusques astiens : P. Jacobeus (Lam.); J'. flabelli/ormix (Broc); P. Variiis {h\n.). On y trouve en outre de très beaux Oursins : Echinnlanipax Hoffninnni ( Desor), Clypeaster œgypliacus (Wright). Je suis disposé à rapporter au Pliocène supérieur des grès très grossiers bleuâtres à C. vulgalum^ qui affleurent en face de Bou-Arkoub, au sud de la presqu'île. Knfin les formations quaternaires marines constituent le long du littoral Sud-Est des lambeaux fort étendus d'anciennes terrasses marines où j'ai recueilli près d'Iiamma- met : Stroinbus niedilerraneus accompagné de Cardium edute: PecCiinciilus viola- cescens ; Arca Noii, etc. Ces formations sableuses blanches et travertineuses, surtout à la partie supérieure, ne m'ont guère paru dépasser l'altitude d'une douzaine de mètres. De même à Kl Aouaria, presque à l'extrémité du cap Bon, des grès grossiers, tendres, à débris de coquilles marines et grains siliceux oii ont clé creusées d'immenses grottes connues sous le nom de lalomies, appar- tiennent au Quaternaire marin. Il paraît résulter de ces données que le Quaternaire marin du cap Bôii. représente seulement le niveau des plages de 1 5'" de la région de Monastir. La séance est levée à 4 heures un quart. G. D. 492 ACADÉMIE DES SCIENCES. BUIXF.TIN BIBLIOGRAPHIQUE. Ouvrages beçus dans la séance du 6 septembre 1909. Croisière océanographique accomplie dans la nier du Groenland, en 190,5, par le Duc d'Orléans. Bruxelles, 1907; i vol. in-4". Meniorias de la Real Sociedad Espanola de Hisloria nalural : Etude sur les Arachnides recueillis au Maroc. Madrid, 1909; i fasc. in-8°. Memorie délia Società degli spellroscopisli italiani, t. XXXVllI, dispensa 8. Ca- lania, 1909; i fasc. in-4''. Annales de r Université impériale de Kharf,Oiv. Khavkow, 1909; i fasc. in-S". Annuario ckt Vniversidade de Coimbra. Anno leclivo de 1908-1909. Goimbra, 1909; I vol. in-8°. Memoirs and l'roceedings of the Manchester lilerary and philosophical Society, 1908-1909, l. LUI, part 3. Mancli«sler, 1909; i fasc. in-8''. A critical sumniary of Troosl's unpublished mauiiscript on the crinoids of Tennessee. Buileiiii 11° 64. Wasiiinglon, 1909; 1 fasc. in-8". Underground Waters of Southern Maine; n° 223. Wasiiinglon, 1909; 1 vol. in-8". Ground Waters of the India région, California ; n° 225. Washington, 1909; I fasc. in-S". Sclinette recording conipass. iManitowac, Wisconsin, U. S. A.; 1 broch. in-12. Universidad national de La Plata. Album. La Plata, 1909; i album in-8°. Iniporlacion y exportacion de la Hepublica jnexicana aho de 1906. Mexico, 1909; 1 fasc. in-8". ERRA TA . (Séance du 19 juillet 1909.) Note de M. Jean Becquerel, Sur l'existence, dans la décomposition magné- tique, etc. : Page 201, ligne aS, au lieu de S^ooo gauss; lisez 34900gauss. I ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 15 SEPTEMBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MEMOIRES ET COMMUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. H. Desi.andres communique le télégramme suivant qu'il a reçu cette semaine de M. P. Lnwell, directeur de l'Observatoire de Flagstafl' (lùats- Unis) : Les mesures de Véry faites à rObservatoire monlrent la présence de l'owgène libre dans l'atmosphère de Mars. La bande B de l'oxygène est notablement plus forte dans le spectre de Mars que dans celui de la Lune. ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Mouvements de i almosplière solaire supérieure au-dessus et autour des facules. Tourbillons cellulaires du Soleil. Note de M. H. Deslandres. La Note actuelle est la suite d'une Note récente, présentée le 19 juillet dernier (Comptes rendus, t. CXLIX, p. 179) et consacrée aussi aux mou- vements de l'atmosphère solaire supérieure, que nous révèle la pelite raie noire K.,. Les mouvements sont étudiés avec un grand spectro-enregistreur des vitesses radiales, automatique, récemment organisé à Meudon, et par une méthode sur laquelle il convient de donner de nouveaux détails. L'appareil, dont les dimensions sont indiquées dans la Note précédeate, juxtapose les spectres de nombreuses sections, parallèles et équidistantes, faites par une première fente fine sur le disque entier de l'astre; il donne la vitesse radiale de la vapeur solaire en un point quelconque de chaque section. A cet effet, le spectre est limité par une seconde fente (large en G. R., 1909, 2' Semestre. (T. 140, N° 11.) t)7 494 ACADÉMIE DES SCIENCES. généra! de i«"°) aux raies Ko et K., et à leurs alentours immédiats, et Ton mesure sous le microscope la distance de la raie K, au bord fixe de la fente. On a eu soin d'ailleurs d'ajouter sur l'épreuve, au commencement et à la fin de la pose, un spectre de comparaison qui est un spectre solaire plus étendu, comprenant des raies noires de la couche renversante, ou, mieux, un spectre terrestre qui est celui de l'arc électrique entre charbons et comprend la raie K, brillante. On peut ainsi, en chaque point, par l'inter- médiaire du bord fixe de la fente, rapporter la raie K^ à une raie terrestre, et avoir la vitesse radiale absolue de la vapeur correspondante. Mais la mesure absolue de la vitesse comporte plusieurs corrections assez délicates, et, dans le présent travail, on s'est contenté le plus souvent des vitesses radiales relatives, plus faciles à obtenir, le but principal étant d'ailleurs de comparer les vitesses radiales de points voisins de l'astre. Cette étude devient en effet très longue et pénible dès qu'on la poursuit sur des régions étendues de l'astre. Car les sections sont très rapprochées, et il con- vient de faire en moyenne une mesure par millimètre de section. Si l'on relève le Soleil entier, qui, sur l'épreuve ordinaire, a un diamètre de i4o""" et donc 1/40 sections, la longueur totale des sections atteint 18", et le nombre des pointés s'élève à 36 000. Un travail aussi considérable dépasse les forces de l'Observatoire ; il ne peut être entrepris que par un bureau spécial de mesures, analogue à celui de la Carte du Ciel. Aussi, malgré l'intérêt que présente l'étude du Soleil entier, à cause du lien évident de toutes ses parties, j'ai dû me limitera des portions restreintes de l'astre, choisies, il est vrai, parmi les plus saillantes. Dans la Noie du 19 juillet, j'ai exposé les résultats obtenus sur les filaments, qui sont les éléments caractéristiques récemment reconnus dans la couche supérieure K.,. La Note actuelle résume une étude analogue faite sur les plages brillantes de la même couche, appelées plages facidaires, parce qu'elles correspondent aux facules de la surface. Ces plages faculaires sont opposées aux filaments en ce sens qu'elles sont brillantes par rapport au fond, alors que les filaments sont noirs. Or la même opposition se retrouve encore dans leurs mouvements, qui sont de sens contraire comme les éclats. Sur le filament, les vapeurs Kj ont un mouvement d'ascension par rapport aux parties voisines (voir la Note de juillet); mais, sur la plage faculaire, on constate un mouvement relatif de descente. Tel est le fait principal de la Note actuelle, fait intéressant qui complète le premier et ouvre, comme on le verra plus loin, un jour nouveau sur la constitution de l'atmosphère solaire. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 49-^ Les facules, ainsi que les tilameiils, n'ont été étudiées seulement qu'au centre du Soleil ou sur le méridien central dans le voisiuage du centre, de manière que les déplacements observés sur K, ne soient imputables qu'aux mouvements verticaux de la vapeur. , V- L N \ N ^ Difbcliuii de f 'Equateur Est / r '"^ f \ f /• V ' -S' ^ '. N f ^ * / ^ • -N faSHli; ' \ ^ ' i i '^ •■= •f / / \ ...::..v; •■■••n; j>.- ... f "^db' Soleil \ N Y ^ / Y \ Facule \ \ \ .\ / \ \ i.l:>\ .-'n / s S / f- ^ / ■■ r""" ^ / ' , N / 1 / t N / V .' \ ^ \ ! ' ^ V \ \ ^ > \/ 1 r 1 /. 1 Pâle Sud Pig. 1. — Mouvements ladlaux de la couch.e supérieure K, Je l'almosphére solaire au-dessus et autour d'une facule, relevés sur uue épreuve de vitesse radiaTe du 4 ju'u 19091 à y'' 23". Diainélie de l'épreuve originale i4o°"". La figure ci-dessus résume les mesures relatives faites avec l'aide de Burson, astronome assistant, sur une petite facule du 4 juin 1909, et sur son entourage. Elle représente la partie étudiée du Soleil, agrandie dix fois. Le contour de la facule est grossièrement indiqué par un trait pointillé, et le trait discontinu plus faible correspond à un simple ilocculus. Les som- mets du quadrillage sont les points dont le déplacement spectral a été me- suré et est représenté de la façon suivante : de chaque point part une .droite dirigée suivant l'une des deux diagonales qui s'y rencontrent; les diagonales tracées à gauche du point correspondent à une descente de la vapeur, et celles tracées à droite à une ascension. De plus, la grandeur du 496 ACADÉMIE DES SCIENCES. trait en diagonale est proportionnelle à la vitesse radiale qui est de 3*"", 6 par seconde pour une longueur égale à la diagonale entière du petit carré. Comme les déplacements relevés sont seulement relatifs, on a admis que le déplacement zéro correspond à la moyenne de tous les déplacements mesurés. L'inspection de la ligure montre à première vue des diftérences systéma- tiques. Sur la facule, dans la grande majorité des cas, les déplacements sont positifs et révèlent une vitesse relative d'éloignement ou de descente. Sur les points du voisinage, le sens de la vitesse correspond au contraire à un rapprochement de la Terre ou à une ascension dans le Soleil. Ce fait expé- rimental a été reconnu déjà sur une dizaine de facules et s'annonce comme général. Cette répartition caractéristique des vitesses radiales dans les plages faculaires, opposée à celle reconnue déjà dans les filaments, est un phéno- mène nouveau, d'une importance évidente. Le résultat est encore in- complet cependant; car il reste à mesurer les déplacements et les vitesses radiales en valeur absolue, et par rapport au centre du Soleil ( ' ). Cette lacune sera comblée prochainement. Un autre point nouveau et curieux est la grandeur de la vitesse radiale qui parfois dépasse la vitesse linéaire équatoriale de rotation, soit 2'"" par seconde. Les mouvements verticaux et aussi évidemment ceux inclinés sur la verticale sont très notables dans le Soleil. Ils doivent influer sur la rota- tion des divers parallèles, et c'est à eux qu'on peut rapporter les écarts dans les mesures de la vitesse de rotation, faites sur un m?me parallèle. Je me suis proposé aussi de relever sur les mêmes épreuves les déplace- ments de la raie double K^, afin de comparer les mouvements des deux couches superposées K., et K.,. Mais les mesures sur Ko sont difficiles et peu précises, surtout en dehors des facules. Au contraire, avec K3 qui est toujours relativement fine et nette, l'étude peut être poursuivie aisément sur le disque entier; et, dans la recherche précédente, j'ai porté mou atten- tion non seulement sur les plages faculaires proprement dites, mais sur les petits flocculi ordinaires, qui leur ressemblent en ce sens qu'ils ont aussi une partie brillante avec un entourage relativement noir. Or, sur les (') Ce qui importe en efTel, c'est de mettre en relief les mouvements qui ont lieu dans le Soleil lui-même. D'ailleurs, les déplacements spectraux, nne fois déterminés en valeur absolue, peuvent être attribués, au moins pour une petite part, non à la vi- tesse radiale, mais à la pression de la vapeur. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 497 quelques cas examinés, la distribution des vitesses a été en général aussi la même, c'esL-à-dire avec une prédominance marquée des vitesses de descente sur les parties brillantes. Comme les vérifications sont encore peu nom- breuses, celte propriété des flocculi est présentée seulement comme très probable. En résumé, les vapeurs qui s'élèvent, et qui en s'élevant se détendent et se refroidissent, correspondent aux parties sombres des images, parties plus ou moins larges suivant les cas ('); les vapeurs qui s'abaissent sont au contraire comprimées et sont plus lumineuses. Tous ces faits sont favorables au rapprochement établi dans ma dernière Note entre les mou- vements internes des couches supérieures et les tourbillons cellulaires de convection dans les liquides. .Te donne ici au mot tourbillon un sens plus large que celui adopté par les Traités élémentaires de Météorologie, admis par Haie pour ses tourbillons solaires, et aussi par moi dans mes Notes de 1908 ; je lui donne un sens plus général, plus conforme aux résultats théoriques d'Helmholtz et aux faits réels. Le plus souvent le tourbillon est présenté simplement comme un mou- vement de rotation autour d'un axe plus ou moins vertical, accompagné d'un rapprochement ou d'un éloignement de cet axe ; et l'on cite comme exemples et séparément le cyclone et l'anticyclone terrestres. L'observateur, qui ne voit qu'une partie restreinte de notre atmosphère, est frappé surtout parla rotation de l'air dans les cyclones, rotation qui devient dangereuse lorsque, accidentellement, sa force vive est concentrée sur un petit espace. Mais, lorsqu'on examine le phénomène dans son ensemble, la rotation apparaît comme accessoire ; elle est simplement d'ailleurs une conséquence de la rotation de la Terre ; et, dans le Soleil qui tourne plus lentement, elle doit avoir une importance encore moindre. Aussi ai-je été étonné par l'annonce que Haie a faite en 1908 de tourbillons permanents à axe vertical dans les taches ; ces tourbillons, révélés par les images de l'hydrogène, auraient même de grandes vitesses capables de donner naissance à un champ magnétique intense, par le mouvement des ions entraînés. Certes, la recon- naissance d'un champ magnétique dans les taches est une très grande décou- verte ; mais, si le champ intense constaté est déterminé par un cyclone, il (*) Parmi les parties sombres on a distingué les filaments minces à bords tranchés et les plages larges à limites indécises. Pour les premiers l'ascension se fait dans une région limitée et pour les seconds sur un espace plus large; telle est, semble-l-il, la seule cause des différences. /(t)^ ACADÉMIE DES SCIENCES. doil être accidenté], de même que les tornades dans notre atmosphère ('). D'ailleurs les images nombreuses de l'hydrogène, faites à Meudon cette année avec l'aide de d'Azambuja et qui sont plus pures que les images américaines, ne montrent pas en général les caractères du cyclone défini ci-dessus ; les détails de ces images autour des taches donnent seule- ment l'impression d'un liquide mobile près d'un trou. En fait, dans l'atmosphère terrestre, le phénomène principal est constitué par l'union du cyclone et de l'anticyclone, et surtout par les deux mou- vements horizontaux et les deux mouvements verticaux qui sont de sens contraires. Ces quatre mouvements sont inséparables et forment le cou- rant normal de convection que la nature emploie partout pour égaliser les températures. L'ensemble de ces courants réunis autour d'un point plus ou moins central forme le tourbillon complet, qualilié souvent de cellulaire parce que tous les tourbillons d'une masse thiide y sont juxtaposés comme les cellules d'une ruche. Les tourbillons cellulaires onl été étudiés dans les liquides par Benard, dont le beau travail fournit une base d'appui fort utile, à mon avis, dans l'étude des atmosphères (-). (>es mêmes tourbillons se retrouvent très probablement aussi dans le Soleil, d'après la présente élude qui décèle les deux mouvements verticaux de sens opposé. Qiaque plage faculaire et chaque ilocculus forment avec leur entourage plus sombre une cellule tourbillon, et, de plus, les petites cellules juxtaposées sont groupées dans des cellules plus grandes que jalonnent les filaments et aUgnements. Cette division de la masse en grandes et petites cellules a été aussi observée par Benard dans les liquides très volatils tels que l'élher (voir Replie générale des Sciences, t. XI, 1900, p. i328j. La figure 28 du Mémoire montre des détails qui rappellent absolument ceux des couches aliûosphériques solaires. De plus, lesflocculi, comme je l'ai indiqué en 1899, ont quelquefois des formes polygonales comparables à celles des cratères lunaires. Jùi 1908, j'ai noté que les filaments sont souvent parallèles à de C"). Les raies Kr el ks ont parfois aulour des laebes, comme je l'ai annoncé en 1894 et 1905, des intlexioas cjui anQO.DCeDt im mouvement giratoire analogue à celui de nos dépressions, mais qui onl en général une courte durée. La même remarque s'applique aux girations à axe horizontal reconnues en 1908 dans les lilamenls. (*) Les atmosphères solaire et terrestre et le liquide onl en eUel ce poiut commun d'èlre chauOés par le bas. D'autre part, une grande diflérence lient aux couraaits eatre, léquateur et les pôles, courants particulièrement forts avec la Terre qui a des inégalités de température et une rotation rapide. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 499 "landes directions. Or ces directions font entre elles uu an^lc voisin de 120°, et même en formant parfois un polygone fermé ( '). Tous ces faits annoncent une tendance vers la forme hexagonale des cellules tourbillons dans les liquides. L'utilité des spectro-enregistreurs des vitesses ressort nettement de cette étude; elle avait déjà été signalée en 1891 et 1893 comme au moins égale à celle des spectro-héliographes. La reconnaissance des mouvements est plus nécessaire que celle des formes evactes dans la recherche de la vraie nature du phénomène ('). J'ai dû seulement attendre, pour rorganiser sérieusement, d'être mis à la tête d'un Observatoire. Finalement, je remarque qu'il a été peu question des taches dans cette Note ; c'est que la tache est seulement un point spécial de la facule qui l'entoure, qui la précède et lui survit. Il convenait d'abord d'étudier la facule elle-même et son entourage. Les mouvements constatés au-dessus et autour de la facule, et évidemment variables, doivent jouer un rôle dans la forjnation de la tache et des protubérances voisines. Il sera intéressant de suivre avec l'enregistreur les phases successives d'une facule avec tache. MÉTÉOROLOGIE. — Sur l'élude des températures de la mer. Note de M. A. Bouquet de l.4 Gryk. Tous les météorologistes connaissent l'influence de la température du Gulf-Stream sur les climats des pays qu'il vient baigner et d'une façon géné- rale l'importance climatérique des mers sur lesquelles a passé le vent avant d'arriver à nos côtes. Comme la vitesse des courants marins n'est pas grande (ce sont des cou- rants de masse), leur influence se fait sentir successivement et par longues périodes. M. Hildebrandson, dans un Mémoire très remarquable, inséré dans les Comptes rendus, a montré que la température de la mer au Cap Nord avait une action successive sur celles qui baignent les terres du cercle polaire arctique et de l'océan Atlantique Nord, et sa conclusion est (\\xilfaul cher- cher la cause des différents types de saisom dans l'état lliermique de la mer polaire. M. Peterson qu'il cite a prouvé qu'une variation de 1" ou 3° dans la (') Comptes rendus, t. CXXIX, 1899, p. 1222, et t. CXLMI, 1908, p. 887. (*) Je rappelle que les enregistreurs relèvent, outre les vitesses radiales, les formes générales de la vapeur. 5oo ACADÉMIE DES SCIENCES. surface de la mer suffit pour amener des variations très considérables dans la tempérât we de l'air sur une vaste étendue. Dans ces conditions qui laissent entrevoir la possibilité de prédictions à longue échéance, n'y a-t-il pas lieu de publier un Bulletin spécial ou d'ajouter quelques données au Bulletin du Service météorologique"? Celui-ci donne tous les jours, pour des centaines de stations, l'état de l'atmosphère à 7'' du matin, ce qui rend de grands services à la marine et aux agricul- teurs (les coups de vent sont annoncés en plus par des cônes hissés sur nos côtes). Mais, à côté de ces prédictions, celles à longue échéance qui nous amènent cette année un été exceptionnel ne seraient pas moins utiles, et l'on doit remarquer que cette température anomale coïncide avec de grandes chaleurs à New-York. Si la connaissance de l'état thermométrique de la mer est utile, il n'a pas besoin d'être transmis par le télégraphe électrique ni d'être pris tous les jours dans de nombreuses stations. Les variations de cet ordre sontlenteset il suffi- rait d'avoir des données exactes tous les 8 jours ou même tous les i5 jours. Comme les vents régnant sur nos côtes sont compris entre le Nord et rOuest-Sud-Ouest, on pourrait se borner à publier les données recueillies en Norvège, en Islande, aux Feroé, à Valentia, à Terre-Neuve, aux Açores et sur un ou deux points avancés de nos côtes. On les compléterait avec celles contenues dans les journaux de bord des navires arrivant au Havre. Ces documents faciliteraient la compréhension de ce qui nous arrive, mais par surcroil fourniraient une indication utile à nos pécheurs aussi bien à Terre-Neuve que sur nos côtes; l'apparition et l'abondance des poissons de diverses sortes étant liées, d'après les travaux des physiologistes, à la température de la mer. J'ai parlé de l'extension du Bulletin météorologique au savant directeur du Bureau central. Il m'a promis de faire tout ce qui lui serait possible pour la réaliser. PATHOLOGIE. — Sur te pouvoir trypanoly tique du sang de quelques Vertébrés à sang froid à l'égard de Trypanosoma Evansi Steel. Note de MM. A. Lavera\ et A. Pettit. Au cours des recherches que nous poursuivons sur la réceptivité des Vertébrés à sang froid pour certains trypanosomes des Mammifères ('), nous (') Comptes rendus, l. GXLIX, 1909, p. 829. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 5oi avons été frappés par les différences que présentent, à ce point de vue spécial, les divers types zoologiques expérimentés par nous. Nous procédons comme il suit : du sang de cobaye, de rat ou de souris riche en T. Evansi Steel, additionné ou non d'eau citratée, est injecté dans la cavité péritonéale de l'animal en expérience ; au moyen de ponctions de la cavité péritonéale, on suit au microscope l'évolution des trypanosomes injectés; d'autre part, au moyen de prises de lymphe et de sang faites à intervalles variables, on recherche les moments d'apparition et de disparition des trypanosomes dans ces milieux (examens microscopiques directs; au besoin, injections au rat ou à la souris). De tous les animaux expérimentés par nous, c'est Tropidonolus natrix Gesner qui présente la plus grande réceptivité pour T. Evansi. Injecté dans la cavité péritonéale, ce trypanosome y persiste longtemps sans modification apparente; par l'intermédiaire des vaisseaux lymphatiques, il passe dans le sang où l'on peut le déceler jusqu'à 6 jours après l'inoculation. Dans un second groupe, se rangent les Vertébrés à sang froid chez lesquels te passage des T. Evansi dans le sang est peu abondant et la persistance surtout peu prolongée (iîa«a/ew^o/-ana, Colubercœlopellis, Lacerta viridis{*), Clemmys leprosa, Testudo inaiiritanica). Enfin, un troisième groupe est constitué par les animaux chez lesquels nous n'avons pas observé de T. Evansi dans le sang après inoculation intra- péritonéalc {Triton vidgaris, R. escidenta, Cyprinus carpio, Anguilla vul- garis)(^). En présence de réceptivités aussi variables (') pour des types zoolo- giques en général peu éloignés, parfois même très voisins {Rana escidenta et Rana temporaria), il importait de rechercher la cause de ces diffé- rences. Il convenait, tout d'abord, d'examiner le rôle de la phagocytose dans ce processus de défense : M. MassagJia, que nous chargions de ce soin, arrivait Ijientôt à des résultats négatifs ('). ( ' ) Il est difficile d'assigner une place précise au lézard vert, car, suivant les individus les trypanosomes injectés dans la cavité péritonéale passent ou ne passent pas dans le sang. Cet exemple met bien en évidence l'influence des condilions individuelles. {^) L'inoculation à une souris de o'™',- de sang d'écrevisse, a^aut reçu 24 heures auparavant du sang riche en Surra, permet d'infecter ce Rongeur par T. Evansi. (') Notons qu'il s'agit de phénomènes variables, non seulement suivant les espèces zoologiques, mais même suivant les individus. (') Comptes rendus, i3 septembre 1909, voir plus loin, p. D16. C. R., 1909, 2« Semestre. (T. 149, N" 11.) 68 ^OO. ACADÉMIE DES SCIENCES. De noire côté, nous nous sommes attachés à examiner l'aclion sur T. Evans,i du sang des Vertébrés du troisième groupe. L'anguille o alliié notre attention en raison de son état réfractaire vis-à-vis du trvpannsome en question, en raison aussi de commodités purenienl matérielles ('). (?,omme il a été déjà indiqué, les trypanosomes injectés dans la cavité périlonéale de l'anguille ne passent pas dans le sang et tnème ils disparaissent très rapidement de celte cavité sans laisser de traces; d'autre part, l'anguille est le seul animal, parmi les animaux expérimentés, susceptible de fournir une certaine quantité de sérum. Nous avons d'abord recherché si l'état réfractaire de l'anguille n'était pas en rap- port avec des propriétés spéciales du sang. A cet effet, nous plaçons dans une cellule artificielle, en goutte pendante dans du sérum d'anguille, des Trypanosoma Evanxi; dans ces conditions, les mouvements des trypanosomes ne tardent pas à se ralentir ou même ils' cessent complètement; le cytoplasma devient granuleux, puis se dissout.; il y a, en un mot, trypanolyse rapide. Cette constatation nous a amenés à examiner comparativement le sang des autres Vertébrés à sang fioid sus-indiqués. Afin d'avoir une base d'appréciation, nous avons procédé de la façon suivante : à lo^"' de sérum on ajoute 1'°' de sang de cobaye, de rat ou de souris riche en Surra, additionné d'eau citratée; au moyen de rhémalimètre on dénombre les trypanosomes contenus dans le sérum et l'on renouvelle cette opéra- lion au boui de 4^ 6, ... heures. Il nous paraît inutile de reproduire ici les chiffres obtenus; nous nous bornerons à indiquer que, d'une façon générale, le pouvoir trypanolylique atteint son maximum chez les animaux dont le sang ne présente pas de trypanosomes consécutivement à une inoculation intrapérilonéale. A ce point de vue, le cas de Rana temporaria et de Rana esculenta est intéressant. Ce sont là, on l'a vu, deux types de Batraciens qui, en dépit de leurs affinités zoolo- giques, réagissent de façon tout à fait dillérenle vis-à-vis de 7. Evansi : alors que l'injection intrapéritonéale de Surra est suivie, chez R. temporaria, de l'apparition de ti'vpanosomes dans le sang, ceux-ci ne pénètrent jamais, chez R. esculenta, dans le tori-ent circulatoire. Or, le pouvoir trypanolylique du sang de la grenouille verte est sensiblement plus élevé que celui de la grenouille rousse. Cette condition parait expliquer le degré variable de réceptivité des deux espèces de grenouilles. A l'appui de celle interprétation on peut, en outre, l'aire valoir les expériences suivantes : Une grenouille verte (R. esculenta) A est saignée à blanc {-) et on lui transfuse le sang dune grenouille rousse (/?. temporaria) B; on pratique ensuite une injection intrapérilonéale de Surra; 2.5 minutes après on observe des trypanosomes dans le sang. Une seconde inoculation intrapéritonéale de trypanosomes est suivie, le lende- main, du passage de quelques trypanosomes dans le sang. La grenouille rousse B est • {') Le triton vulgaire parait également réfractaire, mais la difficulté de se procurer une quantité appréciable de sérum rend cet animal peu propre à de telles recherches. (-) Il est évident qu'une quantité notable de sang ne peu.t être évacuée. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE I909. 5o3 traitée connue A, dont le sang lui est transfusé; les T. Evatisi n'apparaissent ilans le sang qu'au bout de i heure 24 niinules. L'inoculation inlrapéritonéale de Surra est renouvelée sur le même animal 5 jours après; les trypanosomes font alors leur appari- tion dans le sang plus rapidement (27 minutes) et en plus grande nuanlité que la pre- mière fois; ils persistent également plus longtemps dans le sang. Nous croyons pouvoir conclure que le sang de certains Yerléhrés infé- rieurs contient des substances Irypanolytiques assez actives. A première vue, la présence de ces dernières paraît être en rapport avec la toxicité du sérum; il est à noter, à ce point de vue, que le cliauirai;e du sérum d'an- guille à 58°, pendant i5 minutes, supprime le pouvoir trypanolyti([ue en même temps que la toxicité pour les Mammifères. Mais certains faits ne permettent pas d'adinetlre une interprétation aussi siiuple. Comme on l'a vu, les pouvoirs trypanolytiques des sangs de R. eacideiUa et de //. tenipo- raria sont très inégaux, et cependant leur toxicité ne parait pas diflérer sensiblement. CORRESPONDANCE. M. le Secrétaire perpétuel signale parmi les pièces imprimées de la Correspondance : 1° Annals of the royal holanic gavden, CalcuKa. Vol. XI : Asialic palms . — Lepidocaryece . Fart 1 : The species of Calamus, by D"' OnoARDO Beccxri. Texte et Atlas. (Transmis par M. le Consul général de France à (Calcutta, par l'intermédiaire de M. le Ministre des Affaires étrangères.) 2° Sylloge florœ congolanœ {Phaiierogamœ), par Théophile Dlh.vnd et Hélène Durand. (Transmis par M. le Ministre des Colonies de Uel- gique.) ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur le problème de Sophus Lie. Note (' ) de M. N. Sai.tykow, transmise par M. Appell. La résolution du problème de S. Lie (-) a réalisé, depuis les travaux de l'illustre Jacobi, le progrès le plus considérable dans la théorie des éqmr- lions aux dérivées partielles du premier ordre. Or S. Lie a trop compliqué (' ) Transmise dans la séance du tl septemljie 1909. (-) S. Lie, Math. Ann.. Bd. Mil, p. 378; Bd. XI, p. 464- 5o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. la résolution de sou problème, en le faisant dépendre de la théorie des grr)upes fonctionnels, étrangère au problème lui-même. J'ai donné deux solu- tions élémentaires du problème en question ('). Dernièrement M. SteklofF vient de simplifier l'exposition de S. Lie (-). Je vais présenter, dans les lignes suivantes, une nouvelle solution du même problème dont la simpli- cité ne laisse plus rien à désirer, en présentant un corollaire immédiat de la théorie des caractéristiques. En revenant aux notations de ma Note du 24 aoùl 1903, considérons le système normal de q équations '■' / (/,=>, 2,. ..,V), le déterminant fonctionnel étant différent de zéro. Supposons que, par le procédé indiqué dans ma Note mentionnée, on obtienne le système linéaire [/„/]=o, B,,[/J = o C) ( ?■ = 1 , 2, . . . , y, 7 -i- I , . . ., m; /■ =:i, 2, ...,/; — m — o) admettant /; — p intégrales distinctes dont les m premières sont en involution. Il est aisé de démontrer que l'inté- gration du système ( i ) s'achève par des opérations d'éliminations algé- briques. En effet, égalant à zéro les q premières fonctions (3) et toutes les autres à des constantes arbitraires è,, h.,, ..., 6,,-^+^, l>, supposons qu'on en tire \ ( (' = 1 , .'. p ; .V = I , 'j. . . . , « ), (') Comptes rentliis, 24 aoùL njoi; Recherches sur la tlicone des équaiions aux dérù'écs jiartielles du premier ordre d' une Jonction inconnue, Chap. Mil (extrail des Communications de la Société mathématique de Kharkow, igoô); Journal de C. Jordan, 6= série, l. I, igoj, p. 72. (*) Comptes rendus, 22 février 1909. (') Les crochets reclilignes représentent les parenthèses deWeiler. la fonction /'de- pendant encore de la variable 5. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 5o5 le déterminant fonctionnel \ *i , *5i . . . , />p. ^p+1 , • ■ ■ , h„^,,^f j ne «'annulant pas. Les équations (4) représentent l'intégrale particulière des caractéris- tiques du système en involution suivant : (5) (k — i,l, . . . , 7 ; / = 1 , 2, ..., m — q\ /• = i , 3, ...,«_/«_ p, ] $;. désignant les fonctions distinguées du groupe formé par les n -\- ^ pre- mières fonctions (3) et les C^ étant des constantes qui s'expriment en fonc- tion de toutes les constantes è,, b.,, ..., 6„_,+p. Or il n'est pas nécessaire de connaître les valeurs explicites de ces dernières quantités, qui ne jouent qu'un rôle auxiliaire dans la théorie considérée. Cela étant, on obtient l'intégrale complète du système ( ">), en éliminant des équations (4) p constantes arbitraires telles que les valeurs résultantes de z et àesps satisfassent aux conditions Cette élimination s'opère par les règles de la théorie des caractéristiques; il suffit pour cela d'introduire, par exemple, au lieu des constantes arbi- traires, les valeurs initiales des variables. Il va de soi-même que celte inté- grale, renfermant n — q -\- i constantes arbitraires, représente en même temps l'intégrale complète requise du système (i). Dans ma Note antérieure sur le problème de S. Lie, j'ai intégré les équa- tions données (1) en cherchant le système complet des intégrales des équa- tions linéaires (6) (/,,/) = o (A- = 1,2, ...,./). Or, à présent, l'intégrale complète dusystème(i) étant connue, on forme aisément, rien que par diflérentiation, toutes les intégrales du système (6) moyennant le théorème de .Tacobi étendu sur les systèmes d'équations par- tielles que j'ai énoncé en 1899 (' ). Ensuite on verrait aisément que les inté- grales obtenues de cette dernière manière sont identiques à celles que j'ai (') Comptes rendus, 24 juillet 1899; Bec/ierches sur la théorie, etc., p. 5o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. données antérieurement et que M. Stekloff vient de retrouver dans sa der- nière Note. Nous sommes parti de l'hypothèse que le déterminant (2) était distinct de zéro et (jiie l'intégrale particulière des caractéristiques avait la forme (4). Or, si les équations (i) n'étaient pas distinctes par rapport à toutes les va- riables jt>^, ou bien si l'intégrale particulière des caractéristiques n'était pas présentée sous la forme résolue par rapport aux /?,, on n'aurait qu'à apprî- quer la /;2e'//ioc/e de perfectionnement exposée dans ma Note précédente (') ponr achever l'intégration du système ( i). MÉCANIQUE. — Formules pratiques pour le calcul des hélices aériennes. Note de M. Drzewiecki, transmise par M. Maurice Levy. Dans un travail récent ( -) j'ai indiqué la manière de calculer une hélice aérienne à a//ei«or«?a/e5. J'avais donné ce nom à l'aile dont l'angle d'attaque était constant et optimum (a= i>° environ), dont le rayon extrême R équivalait à j modules, le rayon du moyeu r, à un demi-module, et la largeur spécifique constante L était égale au sixième de la longueur, R — /• le module .irc s'exprimait par la relation ait N V étant la vitesse d'avancement en mètres à la seconde, et N le nombre de tours à la seconde. Dans ces conditions, les divers éléments dynamiques de l'hélice étaient reliés par Véquation de compatibilité QFN- OÙ a exprimait le nombre d'ailes nécessaire pour absorber la puissance du moteur F (en chevaux-vapeur), en avançant à la vitesse V et tournant au ( ' ) Sur le perfectionnement de la théorie des équations partielles du premier ordre {Comptes rendus, 3o août 1909). (°) Des Hélices aériennes, Paris, 1909, Librairie Vivien, éditeur. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 307 nombre de tours N. Pour R = 5 OR-, le coefficient Q = 5ooo. Dans les conditions actuelles de fonctionnement des hélices d'aéroplanes, la limitation du rayon extrême des ailes à 5 modules est complètement insuffisante, et il y a lieu d'étendre l'appellation d'ailes normales à des ailes dont le rayon extrême variei'a de j modules à 1 2 modules. Il est bien entendu que toutes les autres conditions qui déterminaient l'aile normale à 5 modules, telles qu'incidence optima constante a = 2°, rayon du moyeu r = o,5 oro, largeur spécifique constante L =: — -^ — , s'appliqueront à toutes les ailes normales dont les rayons auront n modules, n pouvant varier entre les limites de 5 à 12. J'ai calculé pour ces nouvelles conditions les valeurs des coefficients (), correspondant aux valeurs croissantes de n, depuis « =: 5 jusqu'à n = 12 ; j'ai trouvé une série de chiffres qui peuvent très approximativement s'expri- mer par la relation simple 5 000 000 Ceci permet d'établir V équation de compatibilité générale entre les limites pratiques de 5 à 12 modules et d'en déduire toutes les autres relations qui relient les divers éléments de Fliélice, en fonction les uns des autres. On trouve ainsi .")ooooooFi\* d'où l'on déduit. ,,4,3 y; y D 000 000 r ¥==21,871/ — — ei 1-=^ ^, et comme on a 27lN ».' ; de plus, et a = 2°, constant. /■:=o,50r>., L= ; 5o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. Pour obtenu- l'aile à angle d'attaque constant, le meilleur moyen est de construire l'aile à pas constant, égal à l'avance par tour, puis, en fixant l'aile au moyeu, de la décaler, dans le sens de l'augmentation du pas, de l'angle a = 2° ; dans ces conditions, l'angle d'attaque de toute la surface de l'aile sera l'angle optimum, à la condition que l'hélice tourne au nombre de tours N et avance à la vitesse V. A mesure de l'augmentation du nombre n de modules, déterminant la longueur du rayon R de l'aile, le rendement de cette aile décroît. La varia- tion du coefficient de rendement K, entre les limites n = 5 et « = 12 peut s'exprimer très approximativement par la relation linéaire K:^o,9i5 — 71 X 0,026; pour n == 5, K = 0,78 et pour 7/ = 12, K = 0,60. Les équations ci-dessus permettront aux constructeurs d'établir, facile- ment et sans tâtonnements, des hélices aériennes normales, d'un rendement déterminé et cela dans toutes les conditions dynamiques du problème. Les résultats pratiques obtenus avec des hélices ainsi calculées serviront à déterminer d'une façon plus rigoureuse la valeur exacte du facteur numé- rique approché 5 000 000 et des facteurs qui en dérivent. PHYSICO-CHIMIE. — Rôle magnétique de i oxygène dans les composés organiques. INote de M. P. Pascal, présentée par M. D. Gernez. J'ai montré récemment { ' ) que les éléments diamagnétiques conservaient dans les composés organiques leur susceptibilité atomique, de telle sorte qu'on pouvait calculer la susceptibilité moléculaire du corps A^B^C. .. par la formule SM=2aSA + ?.. Sa étant la susceptibilité atomique de A, X un nombre égal à -\- 37.10"* s'il y a une liaison éthylénique, à — i5.io~' pour un noyau benzénique, nul enfin pour un composé saturé (-). (') Comptes rendus, t. CXLIX, n° 5, p. S^a. (') La règle précédente s'étend au soufre qui garde sa susceptibilité: — iSô.io"'. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 309 L'introduction dans la molécule d'un corps magnétique comme l'oxygène n'atteint pas les propriétés des autres éléments, mais l'oxygène perd en général son caractère magnétique, fait que j'ai déjà signalé dans l'étude qualitative des sels minéraux. La part contributive de l'oxygène à la sus- ceptibilité moléculaire dépend du mode de saturation de ses valences et de la structure delà molécule dans son voisinage. L Influence des liaisons de l'oxygène. — L'oxygène relié à deux atomes différents est diamagnétique en combinaison; sa susceptibilité atomique est égale à — 5o.io~' . L'oxygène doublement Hé à un atome de carbone est paramagnétique quand il n'y a pas d'autre atome d'oxygène fixé sur ce carbone; sa suscep- tibilité atomique est égale à -1- 20.10"'. S'il V a un deuxième atome d'oxygène simplement lié au même carbone, l'o.vygène doublement lié est diamagnéti({ue, et sa susceptibilité atomique égale à — 35. io~'. C'est ce qui résulte de l'étude des corps suivants : Alcools inélhylique, éthylique, hiityliqiie, isoamylique, octylique* glycol, glycérine, dichlorhvdrines. Formiates, acétates, propioiiales, bulvrales, valérales, oxalates, inalonates, succi- nates, sébates, lactates, citrates; chloroacétates, cliloronialonates, bromoacélates, iodoacélates de mélhyle, éthyle et isoainyle. Acides de la série acétique. Aldéhydes acétique, propioui(|ue, butyrique, aniyli(|ue, a?naiitliyli((ue. Acétone, méthyléthyl, mélhvipiopyl, mélliylbutyl, inéthylhexylcétones. Anhydride acétique, chlorure d'acétyle, de butvryle, chloracétone, etc. IL Influence de la structure. — La structure de la molécule se fait sentir de deux façons: d'abord, s'il y a lieu, parla nature du carbone du groupement fonctionnel oxygéné; enfin par la nature des atomes de carbone voisins : i" Tout atome de carbone figurant dans un groupement oxygéné, et qui a trois valences saturées par du carbone, ajoute ^10. io~' à la susceptibi- lité moléculaire, comme le montrent les diméthyléthylcarbinol, trimétbyl- carbinol, phénol. 1° L ne inlluence analogue résulte de la structure des radicaux reliés directement au carbone de la fonction oxygénée, ou à l'oxygène dans les éthers-oxydes. Seuls interviennent ici les atomes de carbone en position-ar par rapport au groupement fonctionnel, ainsi que les atomes en posi- tion Y) 0) ^'1 comme si ces derniers étaient effectivement aussi rapprochés de l'oxygène que l'atome en position a. C'est là un résultat d'accord avec les idées qui servent de base à la théorie stéréochimique des tensions. C. R., 1909, a- Semestre. (T. 149, N- 11.) ^9 5lO ACADÈMll' DES SCIENCES. I.e rMe de ces atomes de carbone est alors le suivant : Tout atome qui a trois valences saturées par du carbone apporte encore — lo. lo ' à la susceptibilité moli'culaire; tout atome qui n'est relié qu'à du carbone apporte — i "> . io~'. C'est ce que donnent les corps suivants : Alcools isohutviique, l)enzylique: mélln IbiUylcétone tertiaire, méthyltiepténone; acide oléique; chlorure de benzoyle; benzoates et salicylates de méthyle et élliyle; anisol, pliénélol, safrol. Cette iniluence du carbone semble se faire sentir aussi dans les fonctions azotées. On obtient de meilleures concordances en prenant pour suscepti- bilité de l'azote — 58. io~"% sauf quand l'atome de carbone qui lui est lié n'est saturé que par du carbone, auquel cas on doit prendre pour l'azote — 5o. lo^'. Eu combinant toutes les règles énoncées plus baul, on peut arriver à calculer, avec une erreur inférieure à ~, la susceptibilité d'un corps de constitution connue, et inversement trouver la constitution d'un corps nou- veau par une méthode dont la simplicité et Iji précision égalent souvent celles de recherches réfractométriques. Pour n'en citer qu'un exemple, relatif aux ^-dicétones et aux acides ^-cétoniques, j'indiquerai les résultats suivants, retrouvés magnétique- ment. Lacet) lacétale d'éthyle récent est presque tout entier éuolisé ; à la longue, au contact d'une trace de pyridine, il se cétonise. L'acétylacétone est presque entièrement sous forme de glycol diélhylénique. Enfin on peut voir l'inllucnce des groupes négatifs de la molécule sur la prédominance de la forme énolique, iniluence opposée à celle des groupements positifs. On trouve en effet pour susceptibilités moléculaires, au facteur — io~' près : Calculé. uLservé. Acétylacélate d'éthyle récent 781 Acélyiacétale d'éthyle ancien 754 Acétyiacéloiie 585 Henzoyiacétylacélate d étiivie 1200 Méthylacétylacélate d'éth;)le 886 Ethylacétylacétate d'éthyle ioi4 Isobutylacétylacétale d'éthyle 1268 jMélhylacélylacétone 676 Cette métljode d'analyse peut encore rendre des services dans l'étude de la constitution des oxyazoïques, des amidoazoïques, des oximes; dans la recherche de la place d'une liaison multiple, etc. Knol. Célone. 7S8 788 592,5 1201 ,5 745 745 5i6,5 1148.5 921,5 888,5 1045 ICI a 1292 693 I2D9 660 SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 5ll CHIMIE ANALYTIQUE. — Dosage du phosphore dans les corps combustibles par la bond)e calorimétrique. JN'ote de M. P. Lemoui.t, présentée par M. A. Jungfleisch. L'oxydation complète et extrêmement rapide que les corps combustibles subissent dans une atmosphère d'oxygène comprimé permet à la hoiidje ca- lorimétrique, qui réalise si aisément de telles combustions, de rendre de grands services en Chimie analytique. M. Berthelot a depuis longtemps in- diqué le principe des méthodes à employer et ses élèves en ont fixé les détails, par exemple pour les composés sulfurés et pour les composés halo- gènes (Berthelot et Matignon, Traité pratique de calorimétrie chimique^ p. iG5 ; Valeur, Annales de Chimie et de Physique^ ■-'' série, t. \XI, p. 470). J'ai eu, ces années dernières, l'occasion d'analyser des composés orga- niques phosphores et de constater combien la méthode de Carius, satisfai- sante à beaucoup d'égards, est laborieuse, lente, parfois même dangereuse et quelquefois inapplicable, comme par exemple dans le cas des gaz ; la méthode de M. Bay {Comptes rendus^ t. CXL\ I, p. «S 1 4 ) ne résout pas entièrement la question, el je me suis adressé à la bombe calorimétrique. Kn principe, l'opération est extrêmement simple : M. (iiran a pu, sans signaler de diflicultés spéciales, brûler les diverses variétés de phosphore dans la bombe {Annales de Chimie et de Physique, -" série, t. XXX, année 1904, p. 214); de même j'ai |)u brûler aisément le phosphure d'hy- drogène PIF et, en comparant le poids d'acide phosphorique formé au poids de gaz introduit, constater l'accord très satisfaisant de ces deux données au point de vue a^nalyliquc {Comptes rendus, t. CXLV, année 1907, p. 374). Quand le corps à brûler contient du carbone, il se présente une compli- cation assez inattendue qui exige des précautions spéciales; le combustible, supposé solide, est mis, comme d'habitude, en pastilles qu'on dépose sur la petite cupule de platine; après la combustion, on trouve cette cu[)ule ou bien percée de trous assez grands, ou bien rendue cassante ou friable, sans que cependant les parois de la bombe soient attaquées; en traitant la cu- pule par l'acide nitricpie chaud, celui-ci se charge d'acide ortho[)hospho- rique en quantité notable ; une partie du phosphore, en dépit de l'excès d'oxygène, a donc échappé à l'oxydation ou bien, ayant été d'abord oxydé, a subi, de la part du charbon, une réduction qui l'a ramené à l'état métal- loïdique sous lequel il se combine aisément au platine. Les autres métaux ne sont pas à l'abri de l'attaque par le phosphore et doivent être rejetés 5 12 ACADÉMIE DES SCIENCES. d'autant plus (jue, quand la capsule se perce par fusion du phosphore formé, des fragments de la pastille tombent au fond de la bombe et ne brûlent pas complètement. Les capsules en porcelaine, en verre el même en quartz sont invariablement cassées au cours de la combustion et entraînent dans leur chute une partie du corps à brûler; on remédie à cet inconvénient en les garnissant e.\.térieurement d'un mince fil de platine en forme de croix dont les extrémités se fixent sur leur rebord intérieur, en le dépassant à peine; cette armature n'évite pas la rupture des capsules; mais celles-ci, fendillées, se maintiennent en place et la combustion a, dès lors, lieu complètement et régulièrement. Cependant, on trouve toujours sur les parois intérieures des capsules quelques légères taches noires de faible surface, d'un poids qui correspond à environ 5™B de phosphore, mises en contact avec de l'azotate de potassium fotidu, ces taches s'y dissolvent; el, en reprenant par l'eau le sel solidifié par refroidissement, on a une liqueur contenant de l'acide phosphorique; il va donc encore eu attaque delà capsule par le phosphore; mais elle est très légère. M le verre ni le quartz ne présentant à cet égard d'avantages sur la porcelaine, on emploie ces dernièies capsules; dés qu'on a eu la précaution de les garnir intérieurement d'une couche d'azotate de potassium fondu, le phosphore est détruit par ce sel avant d'atteindre la porcelaine, et la com- bustion est alors intégrale sans formation accessoire d'enduit noir; au point de vue analvlique, l'opéiation est enliérement satisfaisante. Le phosphore, transformé en P-()% se dissont dans l'eau qui garnit le fond de la bombe en donnant les diverses variétés d'acides phosphoriques; cette eau et les liqueurs obtenues en lavant la bombe sont réunies; puis, après transformation de ces acides en acide orlhophosphorique, le dosage se termine comme d'ordinaire par la méthode au sel ammoniaco-magnésien. Les déterminations ont été faites surtout avec la triphénylphosphine dont la pureté avait été éprouvée préalablement par la méthode de ( larius. P pour loo, trouvé: 1 1 ,4^ et i i, )i. P pour loo, calculé d'après P( C"II')^ : ii,83. Dans une opération faite avec iK,o,56 de triphénylphosphine, les eaux de lavage ont fourni ok,4io6 de P-0'Mg% ce qui correspond à io,8.j pour loo de phosphore, alors que les taches ont fourni o*'',o29 de P-O" iNlg-, ce qui donne au total o»,4396 de P'O'Mg^ et par suite 11,62 pour 100 de phosphore. Dans une deuvième opération sur ()*>', 4277 de triphénylphosphine, le premier appoint de P-()' Mg- a été de 0^,1 56 et l'appoint total de 0^,1774) ce qui correspond aux teneurs 10,18 et 11,57, dont la dernière seule doit être retenue. Enfin, dans une opération sur i''',iio3de P(C'H^)^ avec capsule en norce- laine garnie d'une couche d'azotate, les eaux de lavage ont fourni 0 ,4726 de P-O'Mg- sans appoint résiduel, ce qui donne P pour 100: i 1,88. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE 1909. 5l3 Avec d'autres composés phospliorés, j'ai obtenu des résultats analogues: Trouvé Trouvé (linmbe). Calculé. (Cariusj. Triélliylphospliine 26,0 26,27 25,92 Phospliite daniline 17,756117,68 '7i7' '7)85 O = P(Âz'C°H^ )3 9,42 et 9,79 9,59 9,37 0=rP(AzllC«H'CFl')^... 8,4i 8,^9 8,22 On peut donc, en toute sécurité, employer la bombe calorimétrique pour la combustion des corps phosphores en vue du dosap^e du phosphore contenu, à condition d'éviter l'emploi des capsules en métal et de les remplacer par des capsules de porcelaine consolidées et à condition de les garnir intérieu- rement d'azotate fondu ou de récupérer le phosphore qui se dépose sur les capsules non garnies; lopération est, malgré ces précautions, extrêmement rapide et elle est toujours exempte de dangers. PHYSIOLOGIE COMPARÉE. — 1 M loi d'évanouissement des traces mnémoniques en fonction du temps chez la lÀmnée. Note de M. Henri Piëro.v, transmise par M. Dastre. Les phénomènes typiques de sensibilité différentielle, au sens que .Jacques Lœb a donné à ce terme, se montrent très nettement susceptibles d'adap- tation : une Annélide sédentaite qui se rétracte dans son tube, un Gasté- ropode qui ramène sa coquille, lorsqu'une ombre subite provocjue une diminution d'éclairement, cessent de réagir au bout de quelques excitations, sans que la fatigue puisse être invoquée, car les réactions persistent à tout autre excitant. Cette adaptation par suppression de la réaction implique une persistance des influences antérieures qu'on peut convenir d'appeler une trace mnémo- nùjue. Comment se comportent ces traces mnémoniques, dans leur dimi- nution progressive, en fonction du temps? C'est ce que j'ai tenté d'établir chez la Limuée (^IJmnœa stagnalis L.) par une méthode inspirée de la méthode dite d'économie employée par Ebbinghaus pour l'étude de la mémoire humaine, et qui consiste à déterminer le nombre d'excitations nécessaire pour engendrer l'état d'adaptation dans une première expérience,., puis dans une seconde, entreprise après un intervalle variable, l'économie des excitations nécessaires, la deuxième fois, mesurant l'intensité de la per- sistance mnémonique. Dans ce but. chai[iie Liiniiée sur laquelle élaienl faites les expériences était conservée dans un petit cristallisoir placé dans une boîte à parois noircies, ouverte seulement 5l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. sur un colé. Une source de lumière sensiblement constante (lampe à incandescence par l'alcool dans une pièce obscure) était placée devant l'ouverture de la boîte à dis- tance invariable, et les obscurations provoquant la réaction dite de sensibilité diffé- rentielte étaient obtenues par la chute, dune hauteur constante, d'un écran noirci passant entre l'ouverture de la boîte et la source lumineuse. Il était ])rocédé chaque fois à i5 obscurations successives à intervalles fixes de 10 secondes, et l'on notait après combien d'obscurations la réaction d'adduction de la coquille étail abolie, ce nombre s'élanl montré, chez un même sujet, fort peu variable (sur 22 expériences eilecluées chez l'un d'eux, l'adaptation fut atteinte i6 fois après la onzième excitation, 4 fois après la dixième, i lois après la neuvième et i fois après la septième). Puis, après un intervalle variable, on recommençait les excitations jus- qu'à obtenir à nouveau la suppression adaptative de la réaction. Les expériences, pour un même sujet, furent faites à peu près à la même heure, tous les soirs, et aucune persistance efficace ne se manifesta d'un jour à l'auti'e, l'évanouis- sement des traces mnémoniques paraissant total au bout de 2^ heures. Chez un indi- \idu, 20 déterminations purent être faites aux intervalles de ao'', 3o=, /io% i", 2'", 5"', lo"", 20™, 4o", 60™ et 120™. Des déterminations moins nombreuses furent faites chez d'autres individus. L'économie était déterminée par rapport au nombre initial d'excitations nécessaires pour l'adaptation; elle se trouvait généralement exprimée en onzièmes, par consé- quent; mais les rapports ont été ramenés au pourcentage; seulement il faut remarquer que la grandeur des fractions empêche de faire utilement des déterminations très rap- prochées, qui donneraient une courbe en escalier, avec plateau jusqu'à chute d'un onzième, nouveau plateau, nouvelle chute et ainsi de suite. \ oici les résultats numériques obtenus chez l'individu A, le plus complètement étudié. Le nombre des déterminations ayant servi à établir le chillVe caractéristique de chaque iuter\alle est indiqué entre parenthèses; en outre se trouvent placés à côté quelques résultats obtenus chez un autre individu B : Economie. A B Intervalles. pour 100. pour 100. 20 secondes 90 , 90 ( 2 ) 83 , 33 ( i ) 3o » 81,81 (I) 40 >' 72,7a (2) 1 minute 71)38 (3) 71,43 (1) 2 » 59,85 (2) 66,66 (1) 5 » 49,96 (3) 10 > 42,74 (2) 46, i5 (1) 20 » 36,36 (I) 33,33 (1) 60 » 18,18(1) 120 » I o , 00 ( I ) Les résultats ayant le plus de valeur sont naturellement ceux qui résultent de plu- sieurs déterminations; les données fournies par l'individu B sont par conséquent de faible poids. I^ourtant il existe une concordance remarquable, et, malgré le peu de SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE I909. Jl5 jeu des variations dans la fraction niesiiianl récouomie, les dillérenles valeurs s'or- donnent suivant une courbe assez régulière. On a affaire à une courbe logarithmique qui peut être représentée par la formule K l^{ \ogt )• où m représente l'économie ou trace mnémonique, t le temps, a, K et « des con- stantes. L'absence de réaction au bout de 10 secondes donne 100 d'éconortiie et permet d'établir une relation sim))le pour le calcul des constantes; on a en effet log k — log/;« = X logt -H eilog( log/). Or, dans ce cas, log/«^2, logfT^i et log(log<) ^^ o; d'où l'on tire logK — 2 ^^ oc. En utilisant d'autre part deux des premiers résultats pour / ^ 3û^ et < := 120', on lire les valeur^ suivantes pour les constantes : a =r 0,357, ^ ^^ — <^)43 et k = 1228. On a dès lors _ 228(logO"'" ' ,(.,307 Les valeurs calculées d'après celte forniule concordent de façon très approchée avec les valeurs réelles. On a, pour l=r.ôo', environ 72 à la fois par le calcul et par l'eiipé- rience; pour < = SoC, environ 48 et 5o; pour < r= 600', environ 4' ^t 42; pour t = 36oo', environ 30 et 18; et pour < =r 7200", environ 16 et 10. La divergence con- statée pour les deux derniers résultats n'est d'ailleurs pas étonnante, cai' il s'agit de deux valeurs isolées, et l'on se trouve dans la zone des variations lentes; pour la der- nière détermination, l'éconoraie, mesurée en dixièmes, ne pouvait être que de 20 ou de 10 pour 100, deux valeurs presque aussi éloignées de la valeur calculée. Le fait réellement important qui me parait devoir être signalé dans l'éta- hlissenient de cette loi d'évanouissement des traces mnémouiqties chez la Limnée, c'est son rapport ti^ès étroit avec la loi de l'oubli chez l'homme, établie par Ebbinghaus. Il est en effet facile de voir qu'on peut passer très facilement de la formule de cette loi, k , k rn = . a la notre m ^= -. , log/'' i-^{[ogty par un simple changement de valeur du coefficient a; il suffit en réalité de 5l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. faire % = o dans la formule que nous avons établie ('") pour' retrouver celle d'Ebbinghaus, qui exprime un évanouissement très lent. Si Ton adoptait cette dernière formule, en calculant les constantes à partir de nos premiers résultat, l'économie atteindrait les valeurs suivantes pour les intervalles de 120% 3oo% 600% 1200% 5600* et 7200* : 69,4; 63,6; 60; 56,8; 33,7 ^^ ^'j au lieu des chiffres expérimentaux, 60, 5o, 43, 36, 18 et 10. Les variations de l'exposant donneront toute une série de courbes à chute plus ou moins rapide. Si l'on fait a égal à i, l'évanouissement s'effectue très vite. En déterminant les autres constantes avec nos premiers résultats, on obtiendrait les valeurs suivantes au lieu de celles que nous avons indiquées : 36; 20, 4; 12,4; 7)8; 3,5 et i,g. Entre la valeur extrême zéro et la valeur i, qui est peut-être une limite expérimentale, on peut prévoir qu'on trouvera toute une séries d'intermé- diaires correspondant à une persistance plus ou moins intense des traces mnémoniques chez les différents animaux, depuis les espèces les plus infé- rieures jusqu'aux races humaines. Des recherches faites avec des méthodes convenables dans différentes espèces animales permettront de vérifier cette hypothèse générale, d'après laquelle on posséderait un mode précis d'évaluation numérique de la persis- tance mnémonique dans les organismes. PATHOLOGIE. — Sur les moyens naturels de défense de certains Vertébrés à sang froid contre le trypanosome du Surra (Trypanosoma Evansi). Note de M. A. Massaglia, présentée par M. A. Laveran. Mes recherches (-) sur l'immunité naturelle de certains Mammifères vis- à-vis des trypanosomes ont montré que la défense de l'organisme est assurée dans ce cas, non par la phagocytose, mais par les propriétés trypanoly- tiques des liquides de l'organisme ; la phagocytose n'interviendrait que comme phénomène secondaire pour achever la destruction des trypano- somes morts ou mourants, et des débris (noyau et centrosome) qui ont échappé à l'action trypanolytique des liquides organiques. Sur le conseil de M. Laveran, je me suis proposé d'étendre mes recherches aux Vertébrés à sang froid. En partant de cette constatation faite par (') J'ai profité, pour l'établissement de la formule et le calcul des constantes, de la collaboration dévouée de M. E. Maigre. (^) Società inedico-chirurgica di Modena, 12 febbraio 1909. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE I909. 5l7 A. Laveran et A. Pettit ('), que divers Reptiles, Batraciens et Poissons ollrent une réceptivité des plus variables pour certains Irypanosomes des Maniniiféres, j'ai recherché si ces différences s'expliquaient par la phago- cytose. Mes expériences ont consisté essentiellement à injecter, dans la cavité générale d'animaux à sang froid, du sang de cobaye, de rat ou de souris riche en Surra, et à suivre l'évolution des trypanosomes au moyen de ponc- tions péritonéales et de prises de sang et de lymphe. Dans quelques cas, j'ai eu recours aux injections de carmin, de sang normal et aux leucocy- toses artificielles. A. Couleuvre à collier i {Tropidoriotiis natri.r),P =z go>^', reçoit dans le péritoine une émulsion de carmin ; 6 heures après, des grains de carmin dans les leucoc} les ; la quantité de carmin ayant pénétré dans le sang augmente jusqu'au soir; le lendemain le carmin a disparu du sang. Couleuvre a collier 2, P = -5^, reçoit le 1 1 août du sang normal de cobaye; la pré- sence des hématies de cobaye est constatée pour la première fois dans le sang de la couleuvre 21 heures après l'injection; — le lendemain, injection de sang riche en Surra; les trypanosomes passent dans le sang au bout de 2 heures 3o minutes, et y persistent jusqu'au 16; pas de phagocytose des trypanosomes; — 17 août, injection de sang riche en Surra; mêmes résultats. Couleuvre à collier 3, P r= 70P, reçoit le i5 août 2"^'"' d'émulsion d'aliment Mellin dans le but de provoquer un exsudai leucocytaire; — le lendemain, reçoit du sang riche en Surra; 2 heures après, trypanosomes dans le sang. Pas de phagocytose des trypanosomes. Ainsi les trypanosomes inoculés dans le péritoine passent plus vite dans la circulation que les hématies de souris et le carmin. Cette plus grande ra- pidité de passage peut s'expliquer par les mouvements actifs des trypano- .somes. Dans ces expériences, je n'ai jamais observé de phénomènes de pha- gocytose des trypanosomes. B. Deux tortues (T. mauritanica) reçoivent du sang riche en Surra; pas de trypa- nosomes ni dans le sang ni dans la lymphe. C. Chez la grenouille rousse (/?. leinporaria), le carmin injecté dans la cavité géné- rale a apparu dans les leucocytes du sang au bout de 2^ heures environ; les trypano- somes ne sont pas rares dans le sang et surtout dans la lymphe 6 heures après l'injec- tion. Au bout de 24 lieuies. il n'y a plus de trypanosomes ni dans le sang ni dans le liquide périlonèal. Chez la grenouille verte (/?. e^cw/e/ite ). l'injection intrapérilonéale de sang riche (') Comptes rendus, 2 août 1909. C. R.. i.)OQ. 2' Semestre. (T. 140, N" 11.) 7<» 5l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. en Surra n'est pas suivie du passage des irypanosonies dans le sang; ceux-ci dispa- raissent rapidement de la cavité périlonéale. Pas de phagocytose. Une grenouille maintenue il l'rluve ( -H 3-°) fournit sensiblement les mêmes résultats. Chez les grenouilles maintenues à la glacière (-t-5") 6 heures après injection intrapérilonéale de sang riche en Surra, les trypanosomes commencent à disparaître du liquide périloncal. La lympiie de li. temporal ia renferme des hématies de Mammi- fère et (]uel(|ues lr\panosomes ; les iiématies de Mammifère pénètrent seules dans la lymphe de /?. escnleiita. Pas de trypanosomes dans le sang des deux espèces. 24 heures après l'injection, on ne retrouve jilus trace de trypanosomes dans la cavité générale. \u cours de cette expérience, la phagocytose des trypanosomes n'a pas été observée. D. Cliez le triton ( T. valgaris), l'injection intrapérilonéale de sang riche en Surra est suivie de l'apparition d'énormes macrophages qui incorporent des hématies de Mammifère ; les trypanosomes ne passent pas dans le sang et disparaissent plus ou moins rapidement de la cavité péritonéale ; dans un petit nombre de macrophages, on observe quelques noyaux de trypanosomes. Lorsqu'on a provoqué un exsudât leucocytaire au moy(!n d'une injection intrapéri- t'onéale d'aliment Meilin, on n'observe pas davantage de phagocytose des trypanosomes. Iv Deux lézards {L. viridis et L. niiiralis) ont été inoculés; pas de trvpanosomes dans le sang; ceu\-ci persistent dans la ca\itè péritonéale de L. viridis '3/4 heures, dans celle de L. niiirnlis 55 heures. Conclusions. — Les l'ésuUats des présentes recherches me semblent confirmer comph'^tement ceux que j'ai précédemment obtenus en injectant à des cobayes du sang riche en T. Lewisi ; jamais je n'ai noté de piiénomène de phagocytose des trypanosomes par les leucocytes. Dans le liquide péri- tonéal de triton on observe bien d'énormes macrophages, mais ceux-ci phagocytent seulement les hématies de souris et les débris de trypanosomes; ils apparaissent toujours assez tardivement et ne sont jamais très abondants. Dans le cas de leueocytose artificielle, les trypanosomes ne sont pas davan- tage phagocytés. Enfin notons que, chez les grenouilles réfrigérées à -f- 5", la disparition des trypanosomes injectés dans le cœlome s'effectue aussi rapidement que chez les témoins ; il est évident que, à cette température, on ne sauraîl invocjuer une participation effective de la phagocytose. M. ALBf^uT Droit adresse une ÎSote concernant Un coefficient de frolle- ment. M. C. Mauim.ek adresse une Note Sur la distillation des mélanges liquides. La séance est levée à 3 heures trois quarts. Ph. v. T. SÉANCE DU l3 SEPTEMBRE I909. 5 19 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. Ouvrages reçus «ans la séance du i3 septembre 1909. Mémorial de l Artillerie /latale. 3' série, l. 111, 2' livraison tle 1909. Paris, 1909; 1 vol. in-8". La morphologie de l'Insecte, par Cii. Janet. Limoges, 1909; i brocli. in-8", (Hom- mage (lu l'auteur,) Aimais of the royal botanic garden. Calcutta. Vol. XI : Asiatic palins. Lepido- caryeœ. Pari I : The species of Calamtis. by D'' Odoardo BliccAïu. Calcutta, 1908; 1 vol, in-4°, avec aSi planches in-folio, Sylloge florœ congolanœ (Phaneroganue), par Théophile Durand et Hélène 1)u- iiAND, Bruxelles, 1909; i vol. in-8°. Les pri.v Nobel en 1906. Stockholm, 1909; i vol. in-8">. ' Sur l'efficacité des moyens de dissémination, par L. Errera. Bruxelles, 1909; I broch. in-S°. Come si svolse il primo concetto del termoscopio ad aria. Meinoria del prof. Iunazio Galli. Roma, 1909; 4 brocli, in-î". (Hommage de l'auteur.) Prima relazionc annuale del direttore dell'Ufficio idrografico. Pubblicazione n'" 1, ï. Venezia, 1909; 2 fasc. in-S". Ilericht der Senckenbergischen naturforschentlen Gesellschaft in FranLJ'tirl am Main, 1909. Frankfurl. a. M,, 1909; i vol. in-S", Rigveda. Textkritische und exegetische Noten. Berlin, 1909; 1 vol, iii-^". Théorie der kleinen Planelen. Berlin, 1909; 1 vol. in-4°. .')20 ACADEMIE DES SCIENCES. ERRATA. (Séance du 2 août 1909.) Note de M. Pascal, Propriétés magnétiques du carbone et des composés organiques : Page 343, ligne 21 , a M lieu de — 6,12, lisez — 6, 21 ; a« lieu de — 6,08, lisez — 6,28. (Séance du 9 août 1909.) Note de M. Ch. Lallemand. Sur les marées de l'écorce terrestre : Page 891, ligne 8, en remontant, après Amplitudes moyennes, ajoutez à la lati- tude /. 2 . 2 Même page, ligne 5, en remontant, au lieu de x 0,084 • • •• H^^^ -; x i ,")2 e. . .. Même page, ligne 3, en remontant, au lieu de T„, rotation de la Terre sur elle- même, lisez T„, durée de la rotation journalière apparente de l'astre autour de la Terre. Même page, dernière ligne du texte, ajoutez e, excentricité de l'orbite de l'astre. Note de M. Jean Becquerel, Sur différentes espèces de dissymétries d'inten- sités, etc. : PageSgiJ, ligne 17, au lieu de irrégularité; lisez inégalité. Note de M. ilosenstielil. De l'intervention de la pression osmolique dans la teinture : l'âge 897, ligne 6, au lieu de bulles mariées, lisez balles mariées. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 20 SEPTKMBllE 190Î). PRÉSIDENCE DE M. BOUCHAKD. MEMOIHES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Images monochronialujites mulliiilcs du Soleil, données par les raies larges du spectre. Note de MM. H. Deslaxdres el L. d'Azajibu.ia. Les premières images monocliromatîques du Soleil avec les raies noires du spectre ont été obteiMies en i8()/j par Deslandi'cs, rpii a sii^nalé en même leui[)s la très grande extension (pie comporte cette application nouvelle du spectrohéliographe. Ces imagrs n'vélcnt, sur le disque entier, la distrii)U- tion et l'intiMisili' de la va[M'in' atmosphérique qui a produit la raie noire par sou absorption, et comme les raies noires sont au noml)re de 20000, cl comme chacune d'elles peut a priori donner une image dillérente, le champ nouveau ouvert à Tinvestigalion des astronomes s'annonce comme extrê- mement large. On peut encore aller plus loin. Les raies noires larges du spectre n'ont pas un éclat uniforme; et de mé-me aussi les raies ordinaires, quoique d'une manière moins visil)!!'. Elles sont formées de parties plus ou moins dis^ tincles qui, en génital. \(>nt en se rétrécissant vers le centre et (pii corres- pondent à des couches successives de la vapeiu-, de deu.vilé décroissante. C'est ainsi que, en 1893 et 1H94 (')' Reslandres signale particulièremeat, entre autres raies larges, les raies exceptionnelles H et K, les plus larges du spectre, qui se divisent eu trois composantes nellemenl distinctes, à savoir (') Comptes rciu/as, t. r.Wll. i.Sqo, p. io53, et t. CXIX, iSgl, p. i4S. G. K., ujoy, •• Semestre. (T. 140, N° 12.) 7^ 022 ACADEMIE DES SCIENCES. H, K, qui sont larges et noires, H, K^ qui sont brillantes et doubles, H3 K, qui sont fines et noires. Ces trois composantes révèlent trois couches super- posées de la vapeur, qui doivent comprendre la chromosphère entière du Soleil ; car, au bord solaire extérieur, la raie fine brillante qui correspond à la raie noire fine K3 s'élève plus haut que toutes les autres, et même que la raie rouge de l'hydrogène. Ces premières recherches de 1H94 ont été faites avec un spectrohélio- graphe à un seul prisme, peu dispersif, organisé pour donner le mieux possible l'image de la couche moyenne K, du calcium ('). On a pu isoler une portion de la raie Iv,, et les raies noires voisines les plus larges du fer, de l'aluminium et du carbone. T^'opc'ration est facile avec la raie Iv, qui est très large ; mais, avec les autres raies, il a fallu diminuer le [)lus possihle la seconde fente et isoler la raie tout entière. Les images obtenues, (jui décèlent pour la [)remière fois la couche basse de l'atmosphère ou couche renversante, ont des caractères communs, (jui les distinguent à première vue des images de la couche moyenne K^, relevée depuis 1892 : les plages faculaires sont brillantes au centre comme an bord du disque dans les deux couches, mais elles sont notablement plus larges dans la couche Ko, où elles empiètent souvent sur les taches dont la pénombre est mal marquée. I )ans K ,, l'ombre et la pénombre sont, au contraire, nettes et bien délimitées. Le petit appareil de i8()4 a donné les deux premières couches, mais il est insuffisant pour la couche supérieure; car la raie K, ne [)eut èlre isolée que par des appareils puissants, comme la plupart des raies noires du spectre solaire, qui sont relativement fines. Cependant la voie à suivre était nette- ment indiquée, et, si les progrès ultérieurs ont été lents, la cause en est, tout au moins en France, au mancjue de ressources, La recherche des images à raies noires est reprise en i()o3 à l'Observa- toire Yerkes par Haie et l'>llermann avec la grande lunette de 20'" et un grand spectrohéliographe nouveau à réseau et à prismes. La dispersion déjà grande leur permet d'isoler un nombre de raies de la couche renversante plus grand qu'en i8r)/|, et en [ilus les raies verte, bleue et violette de l'hy- drogène. Ils confirment les résultais de iScj/j sur la couche renversante (') L'image K, de celle époque sérail ap])elée plus jusleiiienl image K.,j. puisqu'elle esl un mélange des lumières K, et K^,, mais la lumière K, esl prépondérante el masque en grande partie la lumière K;,. De même, d'après la iVole actuelle, les images améri- caines de rtiydrogéne avec !!« représentent la réunion des couches moyenne et supé- rieure et peuvenl être appelées i/uaifcs de la couche moyenne. SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1909. 30.3 avec un détail en plus pour la couche K, : les plages facuhiires de celte couche, plus étroites que celles de Ko, y sont d'autant plus étroites que la poiiion isolé(^ de K, est plus éloignée du centre. L'hydrogène, d'autre part, donne un résultat nouveau et curieux : les plages faculaires s'y montrent, mais renversées; elles sont noires par rapport au fond, et non plus bril- lantes. Haie continue la même recherche au mont \\ilson avec des appareils encore plis puissanis, et, en 1908, il obtient l'image de la raie rouge H^ de l'hydrogène, différente des images données par les autres raies du même gaz, et beaucoup plus riche en fins détails. Il annonce qu'il reconnaît sur ces images aulour des lâches un lourljilloii à axe vertical (pii est permanent alors cpie les indices d'un mouvement similaire ne sont visibles qu'une fois sur viugi, comme on sait, sur la surface même de l'astre. Kn même temps, l'image nouvelle est présenlée comme due à la couche supérieure de lliy- drogène. Le résultat est imporlanl, d'autant que les images obtenues sont magni- fiques ; mais il est incomplet, car les astronomes américains ont isolé dans chaque cas la raie entière (la raie K, exceptée ) et ils ont seulement l'image de l'ensemble de la vapeur. Ils n'ont pas cherché à reconnaître la part qui revient à cha(|ue parlle de la raie dans cette image et à séparer les couches successives de la vapeur. Cependant cette recherche est particulièrement intéressante, et celle qui monire le mieux la puissance des nouvelles méthodes. Nous nous sommes proposé de poursuivre l'étude commencée en 1894 avec la raie K et de faire une dissection aussi complète que possible de chaque l'aie noire, en cherchant surtoutà dégager la couche supérieure, qui, notablement juoins brillante que les couches plus basses, est masquée dans l'image de l'ensemble de la vapeur. Ces couches supérieures sont d'ailleurs les plus intéressantes, étant celles qui, probablement, ont les variations les plus fortes; et elles ont un attrait spécial de nouveauté, puisque l'homme, fixé au sol, connaît mal nécessairement les parties élevées de sa propre atmosphère. En 1906, nous avons étudié à ce point de vue les raies larges du fer 4o/| et 4^8, qui offrent nettement deux parties distinctes : une raie centrale bien noire et, de chaque côté, de larges dépendances dégradées. Déjà, en 1894, ces raies avaient été isolées, mais entières, et leur image avait montré toutes les plages faculaires, brillantes et étroites. Or, nous avons reconnu tpie ces plages brillantes sont émises seulement par les parties dégradées; le centre 524 ACADÉMIE DES SCIENCES. donne une image différente avec un petit réseau spécial d'inégalités. Or, le fei' appartient à la couche renversante ; on est donc conduit à admettre des subdivisions dans celte première couche liasse de ralniosphère. Cette re- cherche a été faite avec un spcctrohéliographe à réseau et chambre de 3'", ^[o (l'un lypi' nouveau. Mais l'appareil ne donnait jias l'image entière de l'aslre et élait fortement gêné par l'cxiguili'' de la salle el de sou supporl. En if)07, les conditions deviennent plus favorables. Un crédit spécial, accordé par le Gouvernement, permet de construire une grande salle et un grand spectrohéliographe ('). Ce dernier, qui est muni de moteurs élec- triques synchrones, a été présenté comme une solution générale du speclro- liéliographe, el décrit dans les Notes précédenles. I^ans sa forme actuelle il com[)rend quatre spectrohéliographes distincts réunis autour d'un même collimateur, à savoir : un à réseau de 2'", 80, deux à trois prismes de ?)'" et im graïul de i4'" à trois fentes, à réseau ou à j)rismes, cpii donne, comme les trois autres, une image entière de l'astre el ipii isole mieux, mais en exi- geant une pose plus longue ou une image plus petite. Nous avons pu ainsi en 1908, avec le grand appareil de i4'", révéler une couche nouvelle, la couche supérieure K,, el reconnaître ses caractères principaux. Si l'on s'élève en partant de la surface, les taches diminuent progressivement, et souvent jusqu'à disparaître, alors que les plages facu- laires augmentent; en même temps apparaissent, dans la couche supérieure, des lignes nouvelles, noires el parfois très longues, appelées ///rt/;?^v//.v et alignements, qui la caractérisent et sont opposées aux points noirs plus ou moins ronds (pii sont les taches. L'élude de la large raie K est dès à présent conq)lèle. Celle année nous avons fait des recherciies similaires sur les raies de l'hydrogène el du fer, cl au début sur la laic rougr 11.^ de l'hydrogène, llale, qui a isolé en 1908 la raie entière on presque entière, a présenté l'image obtenue comme due à la couche supèi'ieure de Thydrogène, mais Ueslandres a remarcjué qu'elle devait plulôl représenter un mélange de couches diiïérentes. Car, au bord solaire ext(''rieiir, la raie a neltement la forme en fer de lance ; et de plus Rowland et .lew ell ont reconnu trois parties dans la raie noire, une parlie centrale el une partie moyenne assez peu distinctes, d'une largeur totale de o*,9(), et une pailic extérieure ou dégradée, qui élève la largeur à i'\24. Ces nombres ne son l (pu:' des moyennes. (') Voii- Comptes rendus, t. CXLIN', 11)07. P- ^ "J i '• CALIII, 1906, p. 1210, et t. CXLNIll, 1909, |). 968. SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE I909. 525 D'autre part, si l'on examine les épreuves publiées par Haie, celle du 3o avril 1908 a été faite avec une fente de 0^,90; et celle du 7 octobre, distribuée par la Royal Astronomical Society, correspond à une seconde fente de 1^,70. Ces deux images, d'ailleurs très belles et très ricbes en détails, sont probablement un mélange de deux et trois couches. Pour vérifier le fait et séparer les couches supposées, nous avons isolé des portions dilTérentes de la raie H^^ avec notre spectrohéliograplie ii réseau de 2", 80, notablement plus dispersif que l'appareil américain (1""" du spectre représente 6\2 à Meudon et 22\iu mont Wilson); les premiers résultats ont été déjà publiés {Comptes rendus, t. CXLVIII, 1909, p. loii et 1235). Avec une seconde fente de 0^22, les images suc- cessives de Ha sont différentes, et dès à présent la complexité des images américaines est un fait certain. Mais ces images correspondent-elles aux trois divisions de Ro\vland?La réponse est immédiate pour la seule image du centre qui représente sans doute possible la couclie supérieure de l'hy- drogène. Or, elle diffère absolument de l'image américaine; elle est beau- coup plus simple et a comme détails principaux justement les détails de la couche supérieure K;, ds calcium, c'est-à-dire les mêmes filaments noirs et les mêmes plages brillantes. T.es deux couches ont donc les mêmes carac- tères généraux. Pour les deux autres images, il y a un certain doute. L'image moyenne ressemble à l'image du mont "Wilson, et l'image de la partie extérieure offre en noir les plages faculaires. Mais nous avons constaté que les bords des parties moyenne et dégradée sont fort sinueux, le premier surtout; ces sinuosités introduisent des détails parasites dans les images, dont il faut doser la valeur. Or, en gros, les élargissements de H^ se trouvent coïncider avec les augmentations d'éclat de Ko et K^, et ces sinuosités peuvent expH- quer ces deux dernières images. De nouvelles recherches sont nécessaires. Nous avons alors repris la même étude et la même série d'images, mais plus complète, avec une seconde fente large de o'*,i2 et le grand spectro- héliographe à réseau et à trois fentes de i./j" qui est trois fois plus dispersif et qui, éliminant la lumière diffuse intérieure et les effets de la réflexion sur les bords de la fente, est encore avantageux à d'autres égards. L'image du centre est encore plus simple qu'avec l'appareil précédent; elle n'offre presque plus de petits détails (') et elle a l'aspect d'une image de la surface, (') Celle remarque s'apj)lii|ue à nos images, larges de 4o°"" ou 60™™; elle pourrait ne plus êlre vraie avec des iuiaiçes plus grandes et meilleures. Mais les diirérences que nous signalons enlre les images du centre et des bords subsisteront toujours. 5a6 ACADÉMIE DES SCIENCES. avec cette première difl'érence que les points noirs des laclies y sont rem- placés par les lignes noires des lilaments. Les plages faculaires sont encore plus nombreuses, aussi brillantes au centre qu'au bord, mais réduites à des crêtes ou arêtes qui ont souvent, comme les lilamenls, la forme de fils, mais de fils beaucoup moins longs ( ' ). D'autre part, la partie moyenne de H,, donne une image ijui lui est propre et est distincte des sinuosités du bord, si toutefois on se tient à une distance suffisante de ce bord. Cette image se rapproche beaucoup de l'image américaine et elle est, comme cette dernière, très riche en petits détails; c'est sur elle (pi'on voit bien les grains allongés, les petites lignes (jui donnent aux alentours des taches et lilaments l'aspect d'un liquide en mou- vement, ou qui rappellent les lignes de force d'un champ électrique ou magnétique, (^uaiil à la partie dégradée de la raie, large deo\i4, elleofi're comme détails principaux les plages faculaires en noir; mais elle est trop étroite pour que l'influence des bords sinueux puisse être écartée, et le doute subsiste toujours au sujet de son origine. Nous avons alors étudié de la même manière la raie H^, large de o'^,!\!\, avec le même appareil et une fente de o'\o5; or, le centre de la raie et les autres parties nous ont donné seulement les plages faculaires noires (-), On comprend que Haie, qui a isolé la raie entière, ait eu aussi le même résultat. En tout cas, l'influence des bords, d'ailleurs peu sinueux, avec H^, n'entre plus en ligne de compte; et les plages faculaires noires doivent être bien rapportées à l'hydrogène et même à une couche basse de ce gaz. La conclusion finale sur l'hydrogène est la suivante : L'hydrogène a, comme le calcium, au moins trois couches distinctes : une couche basse qui produit en grande partie la raie H^ et vraisemblablement aussi la partie dégradée de Ha; une couche moyenne, qui correspond à la partie moyenne de H,^, et enlin une couche supérieure quatre à cinq fois moins brillante que la précédente et donnée par lapartie centrale de la raie, large environ de o*,i5. Les images américaines, avec la fente de o\c), offrent le mélange des deux dernières couches ou plutôt la couche moyenne, la plus brillante des deux; mais, avec cette fente, le bord sinueux doit jouer encore un l'ùle. (') Nous avons observé parfois le fait curieux qui est le suivant: l'imai^e est plus pâle au centre qu'au bord et présente ainsi un phénomène inverse de celui olFert par la surface. (^) Même les plages faculaires deviennent plus étroites lorsqu'on s'éloigne du centre de la raie. SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1909. 027 Quant à la couche supérieure, elle a clé révélée par nos épreuves, qui ont montré ses caractères principaux et ses points communs avec la couche K3 ; d'autre part, ces trois couches du calcium et de l'hydrogène ont de grandes dilTérenccs, dont la cause exacte est encore à déterminer. Ensuite, avec le même grand spectrohéliographe de i V" et une fente de o\o4, nous avons étudié les images des différentes parties de la raie A'|38 du fer, large de i\8 avec ses dépendances dégradées, et nous avons vériBé les résultats de igo8, obtenus avec un appareil moins puis- sant ('). Va\ résumé, nous avons reconnu les couches successives du fer, du cal- cium et de l'hydrogène et en particulier les couches supérieures qui sont les plus difficiles à dégager, mais les plus intéressantes. Ce résultat est dû en grande partie aux avantages précieux du grand spectrohéliographe à trois fentes, préconisé en iSgi et organisé en njoj: MEMOIRES LUS. SISMOLOGIE. — Sur le Iremblemenl de lerrc du 1 1 jiciii 1909 (-); par M. Alfred Axgot. J'ai (louné précédemmeul i^mcme Votiiinc, p. 71) (pielques résultats pré- liminaires de l'enquête ouverte par le iîureau central météorologique à pro- pos (lu tremblement de lerrc du 11 juin 1909. Les réponses adressées par les maires de toutes les communes des 17 départements sur lesquels a porté rentjuèle sont en nombre suffisant (J\-i[\^) pour permettre de tracer en dé- tail la Carlo de l'intensité delà première secousse (secousse principale). J'ai l'honneur de soumettre celte Carte à l'Académie. La région d'inlcnsilé maximum conqirend les 12 communes de \er- nègues, Charleval, La Roque d'Anthéron, Salon, J'élissanne, La Barben, Lambi'sc, Sainl-( ',anuat, Rognes, Le l*uy-Sainte-Réparade, Venelleset .Mey- rargues. Dans ces communes, l'intensité a atteint ou dépassé le degré IX de l'échelle Mercalli-Forel (destruction partielle ou totale des édifices). La surface totale occupée par celle région épicenlralc peut être évaluée (') La partie dégradée, très large, donne, lotit eolière, les plages faciilaires bril- lantes, ce qui explique la découverte de ces iiiènies plajj;es avec le petit appareil de 1894- La partie centrale donne aussi un peu ces plages brillantes, mais réduites à de fines arêtes et relativement beaucoup plus faibles. (-) Mémoire lu dans la séance du i3 septembre igog. 528 ACADÉMIE DES SCIENCES. à SGo"""' et est comprise tout entière dans l'arrondissement d'Aix, sauf la comniuiio de Vcrnègues (arrondissement d'Arles). La zone d'intensité YllI, qui entoure cette région centrale, comprend, en dehors du département des Bouclics-du-Rliône, quelques communes du Vaucluse, dans les cantons de Cadenetet de Pertuis. Enfin, rintciisilé moyenne atteint ou dépasse ^ 1 dans un total de 20 can- tons dont ]-2 pour les Bouches-du-Rhône, 5 pour le Vaucluse, 2 pour le Gard et t poui' les Basses-Alpes. L'ensemble de la surface où rébranicment a été sensible peut être évalué pour les 17 départements considérés à /pS"'"'; il est vraisemblable que la secousse a dû être ressentie en outre partiellement dans quelques départe- ments (lui n'ont pas été compris dans l'et^iuéte, notamment dans la Haute- Garonne et dans la Loire. il ne m'appartientpas d'insister sur l'origine tectonique évidente du trem- blement de ten e, qui a été si bien mise en évidence par M. Paul Lemoine. Mais, eu deliors de la région épicentrale qu'il a spécialement étudiée, il est intéressant de considérer la manière dont le mouvement s'est propagé au loin, ("elle étude présente quelque diflicullé, car, dans des parties dilïé- SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1909. 629 rentes d'une même commune, les mouvements observés peuvent être assez difl'érenls, suivant la nature du sol. Toutefois la Carte met en évidence quelques faits intéressants. Les courbes isosistes, faute d'observations en nombre suffisant, sont sou- vent (iguiées comme des ellipses; elles présentent en réalité de très i;randes inég'ularités qui sont certainement en rapport avec la structure géolo- gique; certains terrains sont plus aptes à transmettre les mouvements ou offrent peut-être des phénomènes de résonance. Sans insister sur l'élude de ces irrégularités, (juiest du ressort de la Géologie, on remarquera toute- fois que les mouvements du 11 juin ont montré une tendance remarquable à se propager au loin par les vallées. Ce mode de propagation ressort avec la plus grande netteté par exemple dans les vallées de la Tel, de l'Aude, du Lot et du Uhçine. En particulier, dans l'arrondissement de Tournon, sur 120 communes qui ont répondu au questionnaire, 9 seulement signalent un mouvement aj^préciable : 2 d'entre elles sont sur les bords de l'Erieux et les 7 autres le long du l^hùne. Par contre, dans le département de Vau- cluse, très voisin de l'épicentre et où les secousses ont été généralement fortes, les mouvements ont été insensibles ou même nuls dans la région montagneuse des cantons de Mormoiron et de Sault. En particulier on n'a absolument rien ressenti à l'Observatoire du Mont-Ventoux. Tous les résultats de celte étude, la première qui ait été faite en détail pour un tremblement de terre français, seront publiés, avec la Carte, dans un autre Recueil. CORKESPONDAIVCE. BOTANIQUE. — Dr l'action des cau.r minérales sur la slrialion et la forme des valves des Diatomées. Note de M. A. Lauby, présentée par M. Gaston Bonnier. Ayant trouvé dans divers gisements en place du massif du mont Dore^;: La Bourboule, route du Mont-Dore à Hesse, Egravats, des espèces à carafc- lère franchement saumàtre (Navicula halophila (irun., A'^. peregrina Ktz., Surirella ovalis Breb., h. Oiata Ktz., lilwicosphenia curvata Grun.) ou marin { Epithemia gibberula Ktz.), j'ai recherché quelles pouvaient être les causes de la présence de ces formes dans nos dépôts d'eau douce. Après bien des hypothèses pour expliquer leur origine dans cette région, C. R., 1909, 2- Semestre. (T. Ii9, N° 12.) 72 53o ACADÉMIE DES SOENCES. aucune ne m'ayant satisifait je me suis demandé si les sources minérales ([ui se déversaient dans les anciens lacs de l'époque tertiaire n'auraient pas eu une influence sur les espèces d'eau douce y vivant, d'autant que je notais dans les affleurements de la nouvelle route du Mont-Dore à Besse la présence de Denticula i^alida Ped. qui vit dans les thermes d'Ischia. J'ai étudié à cet effet la flore diatomologique des travertins anciens de La Bourboule, ceux anciens et récents de Saint-Nectaire et les bassins d'eau minérale de cette localité réputée par sa flore et sa faune à types marins. L'observation microscopique y met en relief : 1° Que certaines espèces (^Rhoicosphenia curvata) se sont adaptées aux diverses conditions de vie qui ont présidé à la formation des dépôts anciens et récents et qu'elles existent encore dans le milieu créé par l'eau minérale de Saint-Nectaire; 2° Que d'autres espèces ÇAchnanthes suhsessilis, Navicii/a halopliila, Siiri- rella Peisonis) ne se trouvent que dans les travertins anciens et n'existent plus postérieurement. Il fallait donc rechercher si Rhoicosphenia curvata présente des modifica- tions dans ses divers gisements et pourquoi les autres espèces ne se sont pas maintenues. La forme d'eau douce de Rhoicosphenia curvata présente de 8 à 12 stries en lo^ suivant la face valvaire considérée, tandis que la forme marine (var. marina) en présente de i5 à 17. Pour déduire des données précises de l'examen des formes fossiles, iï faut comparer des types ayant vécu à la même altitude en des points aussi rapprochés r[ue possible, car Schumann (') et M. Brun (-) ont observé que plus la cote des lieux de récolle était élevée, plus les stries des valves deve- naient nombreuses et moins fortes, données vérifiées par le frère Héribaud pour le Massif central ('). Le gisement en place de La Bourboule et les travertins anciens qui se trouvent à 4'*'" en amont dans le fond de cette vallée sont sensiblement à la même altitude (85o'" etaSo-"). En comparant les formes de ces deux stations, on remarque qu'à La Bour- boule H/ioicosp/ie nia curvala Y>i'ésenie 12 à i3 stries en loi^ suivant la face (') ScHiTMAN.v, Die Diatomeen der Holien-Talra, p. 38, Wien, 1867. (-) J. Brdn, Les buUomiea des Alpes et du Jura, 1880, p. 18. (^) J. llÉRTiiALU, Influence de la lumière et de l'altitude sur (a slriation des valves des Diatomées {Comptes rendus, 1894). SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1909. 53l valvaire considérée, tandis que, dans les travertins, les mêmes formes n'en possèdent plus que;) à 11. Ainsi, tandis que la forme de La Bourboule se rapproche de la variété marina, celle des travertins tend vers la forme d'eau douce. Si l'on compare les formes Irapues des eaux minérales de Saint-Nectaire-le-Haut (750"') à celle des travertins anciens qui se trouvent dans le fond de la vallée du Courançon, on note que, dans ces deux stations, les espèces présentent uniformément 10 et i'3 stries en loi^ suivant leur face. Cela ne devrait pas avoir lieu si l'on se base seulement sur leur différence d'altitude. De même Epilliemia gihberula du niveau des Egravals (ait. iS^s"') possède 16 stries en lo"^ à la face ventrale; il se présente avec le même caractère dans les travertins anciens do Saint-ÎSectairc ; notons aussi que l'espèce marine a également i() strias. Pour que, dans des stations situées à de telles différences d'altitude, on constate le même nombre de stries dans cette espèce, il faut bien en reciiercher la cause dans la nature du milieu où ces algues ont vécu. Peut-on déterminer cette cause? Remarquons d'abord que Achnanthes suhspssilis, Navicula halophila. Sttrirella Peisonis ne se trouvent que dans le travertin ancien et ne se rencontrent pas dans les formations ultérieures de même nature. Pour que ces algues saumàtres n'aient pas pu vivre lors de la formation des travertins récents il a fallu que la nature du milieu ait changé, c'est-à-dire que la salure des eaux ait notablement diminué. Celte manière de voir esl confiinice par le fait suivant : j'ai pu observer dans le tra- vertin de Saint-Nectaire une rliaîne lïAclinaiithes suhsessilis sous la forme représentée par W. Smith ('), (|ui a fort bien observé des chaînes de frustules avec vali'es iitternes se dédoublant. Les criliques de Halfs (-), relativement à l'observation de Smilli, ne «ont pas justifiées, pas plus que les idées qu'il émet au sujet de ces formes (cellules génératrices d'après 1 auteur); d'ailleurs, dans la dernière phrase de sa Note, Kalfs indique (jiie Thwaites a observé V HeniaïUidiuni pcctinale en conjugaison, ce qui dé- montre que les cellules avec doubles valves ne peuvent être des cellules de régéné- ration. Van Heurck pensait <[ue cette formation cnnstituait une défense de la cellule contre une modification de l'état de son milieu, la cellule abritée par une deuxième enveloppe pouvant continuer à vivre dans des conditions défavorables. Je l'explique de la manière suivante : la salure de l'eau diminuant, les frustules ■(') W. Smith, British Diatomacea-, t. Il, PL AATAVIIl, fig. 3o2*. London, i856. (-) J. Kalfs, Notes on llie siliceous Calls of Dialoinaceœ {O. J. 1/. S., t. Vi, i858, p. i4). 532 ACADÉMIE DES SCIENCES. deviennent malades. Ils développent alors des valves internes qui leur permettent de lutter contre les conditions défavorables du milieu ambiant; ainsi protégés, ils conti- nuent à vivre et se dédoublent en formant une chaîne de deux, frustules ayant à l'exté- rieur une valve double et à Tinlérieur une valve simple. Mais, quand le développement est terminé, l'eau pénétrant par les valves nouvelles lend malades les deux frnstules récemment formés qui vont se proléger à leur tour par la production de nouvelles valves; la chaîne a alors trois valves à l'extérieur et deux à l'intérieur; le dédouble- ment postérieur du chaînon donne la figure représentée par Smith et que j'ai observée pour les valves réunies de V tr/inti/il/ws siihsessi/is du travertin ancien de Saint- Nectaire. Par conséquent, c'est bien à la diminution de salure des eaux (ju'est due la disparition des espèces cjue nous voyons progressivement s'éliminer quand les conditions de milieu deviennent de plus en plus défavorables. Dès lors, pour les espèces qui ont pu s'adapter aux conditions nouvelles, c'est bien à l'influence des corps ininéralisaleurs qu'il faut attribuer les modifications qu'on observe dans leur strialion et leur forme. ( )n peut donc dire que c'est grâce à la présence des sources minérales dans les lacs anciens ({u'on doit d'observer, dans les sédiments déposés par les eaux douces aux diverses époques géologiques, des formes à faciès sanmâtre ou marin. ÉCONOMIE RTRALE. — Du Invrtgp des pommes à cidre avec un oxydant calcique : défécation rapide du moût et fermentation pure. Note de MM . IIenki Ai.i.iot et Gii.RKKT 8 Acidité en SO' H- (nioiii.s CÔ-). . . . i,65 3,i5 Ta 11 i n 0,7 0,7 Sucre réducteur 2 1 . i 5 , 1 Extrait à luo" 42 29,5 Cendies 2,3 2,2 7" Au |)(iinl de vue organoleptitjiie, aucune modification. PATHOLOGIE. — De l'action prtvenlù'c du sérum normal de mouton sur Trypaiiosoma Duttoni ( Thirou.r, if)o5). Note de M. A. Tiiiisoux, présentée par M. Laveran. Depuis les expériences de Laveran (') sur l'action du sérum humain vis-à-vis des trypanosomes patliogèncs autres tjue Trypanosonia gamhicnse, aucun sérum normal n'avait été signalé comme agissant sur les trypano- somes; D'autre part, aucun sérum normal n'avait été reconnu actif vis-à-vis des trypanosomes non pathogènes du type Lewisi, cultivables sur milieu de Novy. Au cours de nos rechcixhes sur les trypanosomiases, nous avons observé que le sérum de mouton, injecté dans le péritoine de souris en même temps que Trypaiiosoma Dutloni, empêchait l'infection de se produire, et nous avons institué une série d'expériences pour vérifier ipielle était l'action du sérum de mouton sur Tr. Dulloni. Dans une première expérience, six souiis (.Uns iitusculus) sont inoculées dans Je péritoine et deux par deux avee un mélange pour chaque souris de 0'^"'°, 5 de sérum normal de mouloii et de 6 gouttes de sang de souris { trvpanosomes non rares), restés en coiUact 4» minutes, 3 heures et 19 heures. L'hémolyse des hématies de souris se produit en 8 minutes, mais les trypanosomes restent bien mobiles pendant plus de 24 heures. Aucune des six souris ne s'infecte. Deux souris témoins, inoculées dans le péritoine avec (J gouttes du même sang plus o"""', 5 d'eau citratée, s'infecteiil au bout de a et 3 jours. Dans une deuxième expérience, six souris sont inoculées dans le péritoine et deux par deux avec o'^"'",5 de sérum de mouton normal plus 6 gouttes de sang de souris SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE igOQ. ,^35 { Irvpaiiosomes non raies) leslés en contact 5, i5 et 3o minutes. Aucune des six souris ne s'infecte. Deux souris témoins, inoculées dans le péritoine avec 6 gouttes du même sang plus o""', 5 fl'eau cilratée, s'infectent au bout de 2 jours et de 6 jours. Les souris de la première expérience, qui n'ont pas été infectées, sont réinoculées dans le péritoine avec 6 gouttes de sang de souris (tr. non rares), 19 jours après l'ino- culation du mélange virus-sérum. Elles s'infectent en 5 jours sans présenter aucune immunité. Dans une troisième expérience, deux souris sont inoculées sous la peau des cuisses, à droite avec 6 gouttes de sang de souris (tr. non rares), à gauche avec o'^'"',5 de sérum de mouton normal ; une seule s'infecte au bout de ai jours. Deux témoins, inoculés sous la peau du dos avec 6 gouttes du même sang, s'infectent en 6 jours et en 20 jours. Dans une quatrième expérience, deux souris sont inoculées sous la peau avec o'"'',5 de sérum de mouton normal et dans le péritoine avec 6 gouttes de sang de souris (Ir. non rares). Une seule s infecte en 5 jours. Deuv témoins, inoculé-; dans le [lériloine avec 6 gouttes du même sang, s'infectent en 4 jours. Nous avons aussi injecté, à des souris infectées, du séiiim de mouton noiinal sans jamais voir disparaître Tr. Dulloiti. Enfin, nous avons inoculé dans le péritoine de deu\ souris un mélange de sérum de mouton normal et d'un trypanosome pathogène, Tr. i/ii>iorp/io/i; eWes se sont infectées en même temps que les témoins. Il ressort de ces expériences que le sérum de mouton normal a une action préventive vis-à-vis de Jr. Duttoni. Cette action s'exerce d'tine façon ahsolue lorsqu'il est employé en mélange avec le virus et quel que soit le temps de contact. L'action préventive se tnanifeste encore dans la moitié des cas, lorsque virus et sérum sont injectés en même temps, mais en diflerents points du corps. Les animaux, qui ne se sont pas infectés à la suite de l'in- jection du mélange virus-sérum, ne jouissent d'aucune immunité. Le sérum de mouton normal n'a[)lus aucune action une fois l'infection produite. Son action préventive semble spécifique vis-à-vis de Tr. Duttoni, elle ne s'étend pas aux trypanosomes pathogènes. Le sérum a été fourni par un mouton du Sénégal, à poils assez longs, mais non laineux et de la petite race dite toucouleur. Nous avons tenté les mêmes expériences avec Tr. Lewisi sur Mus ratlus et Mus decumanus ; dans ce cas, le mélange sérum de mouton plus Tr. Lenisi n'a pas infecté un rat, mais nous avons été obligé de renoncer à nous servir des rats du Sénégal, ces animaux étant infectés dans la proportion de 90 pour loo, et ceux qui ne le sont pas ayant des chances de posséder l'immu- nité par suite d'atteintes antérieures. (') LA\EnAN, Comptes remliit, i'"' avril 1902, 6 juillet 1908 et ja février 1904. 536 ACADÉMIE DES SCIENCES, SISMOLOGIE. — Calcul de laprofondeur des hypocenlres sisnii.>ias Soi.A, présenlL-e par M. liii;()ur(laii. On comiaîl les rrsiillals peu salisfaisanls du calcul de la j)iof(mdour des hypocciilres, inêiiie en se servant de Tliodograplie, de riudicalrice et de l'écjualion de Cancani. Les écarts énormes cju'on trouve pour un même hypocentre, en se servant de l'hodographe, enlèvent presque toute valeur scientifique aux résultats. .le me suis proposé de trouver un autre procédé qui soit : i" simple et relativement exact; 2" indépendant des erreurs horaires absolues commises dans les sismogrammes; 3" réalisable avec les données d'un seul sisnioijramnie. p\ Hi-' -\Q- Je suppose, comme toujours, que le foyer (réliranlcnicnl est sensiblement un point, ce qui peut être faux, mais l'iiypollièse esl inévitable; d'ailleurs, en tout cas, je ne crois pas que cette supposition puisse modifier profondé- ment le résultat. Je suppose aussi que le calcul s'applique seulement à des distances tout au plus de Soo''"' [)oin- des sismes sévères ou désastreux d'ori- jjine tectonique, c'est-à-dire pour des sismes de grande surface d'ébranle- ment, ou à des distances de 200'"" tout au plus pour des macrosismes d'in- tensité quelconque, mais dont l'aire pléistosiste soit faible. Dans ces conilitions. soieiU : E l'épicenlre ; O l'einplaceinenl du lieu d'obseivalion ; 0 la dislaiice de ces deux points mesurés sur un arc de grand cercle qui, dans nos conditions, esl sensiblement une droite; 11 riijpocenlre dans la verticale du point E; p la distance entre V. et 11, c'esl-à-dire la profondeur cherchée de riiv[)ocentre. En sup|K>sant d'abord reclilignes les lignes de clioc et, partant, uniforme la vitesse de propagation des vibrations longitudinales, au moment où elles arrivent en E, elles arrivent aussi en uri [joint ( )' sur 1I( ), point qui sera éloigné de 11 de la même quantité que E. Nous pou>ons adniellre alors qu'au même instant parlent de (V les ondes SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1909. 537 longitudinales et de E les ondes de la lioisiéme phase (commencement de l'onde maxi- mum de la grande phase dans les sismogrammes). Soient V la vitesse de propagation des ondes longitudinales et»i' la vitesse des ondes de la troisième phase. Quand le premier mouvement sera arrivé au point O, le com- mencement de la grande phase se trouvera en Q. Le temps employé par les mouve- ments de la troisième phase pour parcouiir QO sera ^3 — <,, en appelant /, et /, les moments de l'arrivée des ondes de la troisième et de la première phase. Par conséquent, («,) {<3-<,),. = Q0. Mais {«,) QO = EO-EQ el EQ=v-:, Q'0=Vt. en appelant t le temps employé par chacun des deux mouvements pour aller de E à Q et de Q' à ou , enfin, D'autre part, le triangle rectangle OEH nous donne, en appelant p, comme il a été dit, la profondeur de l'hypocentre : Hf-y Kn réalité, V est une quantité variable, fonction de la profondeur de l'hypocentre. Celte fonction est théorique nient inconnue et évidemment très complexe. Nous limitant aux conditions préfixées pour 0 et rappelant que la profondeur des hypocentres est très petite par rapport au rayon de la Terre, je crois pouvoir adopter, pour le moment, les vitesses données par M. Benddorf en fonction de la profondeur. Dans ces conditions, j'adopte, C. R., 1909,3- Semestre. (T. 149, N- 12.) 3 538 ACADÉMIE DES SCIENCES. au moins provisoirement, la fonction empirique suivante, très simple : V ^ 5 , 5 -t- o , 0206 ;3. D'autre part, la vitesse v est sensiblement uniforme et égale, d'après les plus récentes et exactes observations, à 3,4; partant, nous pouvons écrire les trois équations suivantes, qui résolvent le problème : (^1) Z=- 3-^['î-{^-<,)3/.]. ((5,) V = 5,5 + 0,0206/). .le dois noter que V est ici rcg-ardé comme une vitesse moyenne, ce qui équivaut à substituer à une vitesse variée une vitesse iictise uniforme ; égale- ment, la trajectoire rectiligne HO est une représentation fictive de la courbe compliquée de la ligne de clioc réelle. Mais on voit aisément que, dans les limites imposées à 0, ces suppositions irallèrenl pas le résultat du problème. Pour résoudre le système ([j,), (J^-..), (I^:i,)i le moyen le plus simple, dans la pratique, est un tâtonnement tel que le suivant : on commence par donner à p une valeur bypothétique p\ en barmonie avec les caractères du trem- blement de terre à étudier, et l'on calcule \ par ( ^3 ) ; on porte cette valeur dans ([ï,), et enfin on calcule p par (J^.,). (lénéralement on trouve une valeur p" dilVérente àc p' : alors on recommence le calcul avec une valeur p'" -— H. /L, ot ainsi de suite jusqu'à ce qu'on retombe à peu près sar la valeur de départ. Voici les résultats obtenus pour quelques tremblements de terre récents : Lieu ilu liKinblement 190'*. (ii; lerrf. Lieu d'observati(jn. .•Vvril ■>.?> l'oiUigal Obseiv. l'^ibia Id. Id. Cailuja (Grenade) Juin I I l'iovence Ob>erv. Fabra Aoùl 2 l'oi-liigal Carluja (Grenade) Pour le tremblement de terre du ii'J .a.vril, l'épicentre est trojD loin de Barcelone |)0ur (pje ce mode de calcul soit légitime, mais je l'applique InsU'umcnl. 5. t,-l,. /'• Caiicani km 900 ■37" km 55 Wieftherl 5oo 78 5i Vicenliiii 36o 61 61 'end. veilical 5oo 76 45 SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1909. 539 cependant pour montrer que les résultats sont néanmoins de même ordre pour p. Pour les tremblements de terre de Catalogne, dont Fépicentre est voisin de l'Observatoire Fabra et dont l'intensité est généralement de V à VI de l'échelle de Mercalli,je trouve des profondeurs qui varient de 2*"" à 4""": on comprend facilement que, pour ce calcul, on devra préférer les sismo- grammes donnés par des appareils à grande vitesse et amortis. Knfin, en supposant la profondeur p négligeable et en prenant une V moyenne appropriée de la relation -, on peut déduire de (p,) la formule simple suivante pour le calcul approché des distances épicentrales comprises entre 200'"" et looo*"" : â = 6,6{<3-<,). ^ oici quelques résultats fournis par celte formule comparés aux nombres réels : Lieu du lionibleiiienl Pâtes lie Icrre. Lieu d'observiilion. ô réel. ô calculé. 1908. Dec. 28 Messine Oljseivaloire Fabia km 1200 km 1188 1909. Avril 23 l^rliisal Id. 900 904 \A. Id. Obs. de Caituja 5 00 5i5 1909. Juin II l'rovence Oliservaloire Fabra 36o 4o3 M. Carlos A. Hesse adresse une !\ote, en langue espagnole, Sur un projet de reforme du calendrier. M. Edwin Fairfax ]\ai'i,ty adresse une Note, en langue anglaise, Sur la craie relation du pôle magnétique au pôle géographique. M. Th. To.>i.'viasi.va adresse une Note intitulée : Nom'eaux apports à la théorie de la lumière. (Renvoi à la Section de Physique.) La séance est levée à 3 heures trois quarts. Ph.v. T. 54o ACADÉMIE DES SCIENCES. BCI.I.F.TIX RIBMOGKAPIIIQLTE. Ouvrages reçus dans la séance du 20 septembre 1909. Bullclin de la Société philomalhi/jue de Paris, 10' série, 1. I, n" 3, 1909. Paris, 1909; I fasc. in-8". Mémoires de la Société de Physique et d' Hisloire naturelle de Genève, l. XXXVl, fasc. 1. Genève et Paris, 1909; i vol. in-4°. Annuaire de la Société de l'Industrie minérale, 1909-1910. Sniiil-Etienne, 1909; I vol in-S". Communicaçôes da commissâo do Seriico geologico de Portugal, l. VII, fasc. 2. Lisboa, 1908-1909; I vol. in-8°. Tests concerning tubercle bacilli in the circulating blood, by Schroeder and Cotton. Washington, 1909; i fasc. in-S". Annuaire statisliijue de la ville de Buenos- Ayres, 1908. Buenos-Ayres, 1909; I vol. in-S". Revista dos ciirsos da faculdade de Medicina da Bahia, l. \'l. Bahia. 1908; I vol. in-8°. ERRA TA . (Séance du 28 juin 1909.) INote de M. Ch. Tanrel, Sur l'amidon soluble : Page 1775, ligne j,, au lieu de M. Fernbach. lisez .MM. J. WolITet k. Feinbach. (Séance du 23 aoiit 1909.) Note de M. Ch. Lallemand. Sur les mouvements de la verticale, etc. : Page !\?ib, ligne 4, "" Heu de termes en cosvfl, lisez termes en .H. Même page, ligne 9, au lieu de l'onde semi -diurne, lisez l'onde diiiine. Même page, ligne 1 2, après (6), ajoutez d ^ d„,{\ — e cos nt) et .... Même page, ligne i3, après moyenne distance, ajoutez d,,,. Page 436, ligne 9, avant la formule, ajoutez ( i r bis). ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 27 SEPTEMBRE 190Î). PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MËMOllŒS ET COMMUNICAlTOiXS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le PitÊ.siDEXT prononce Fallociition suivanle : « Il y a quelques semaines nous avons glorifié les hommes qui ont accompli les progrès réalisés dans rAéronantiquc el dans l'Aviation. Depuis, les deuils les plus cruels se succèdent. Le sang el les larmes sont la rançon des grandes découvertes. Le monde savant s'associe à la douleur ressentie par l'Armée, par la France, par le monde entier. » M INÉRALOGIE. — Sur l'existence de roches grenues intrusùes pliocènes dans le massif volcanique du Cantal. Note de VL A. Lacuoix. L'opinion la plus généi'alement admise sur le mode de formation des roches éruplives grenues (granités, syénites, gahbros), qui ne sont point venues au jour^ est qu'elles n'ont pu se produire (pi'à une très grande dis- tance de la surface. L'idée d'une liaison nécessaire entre leur structure gre- nue et une cristallisation profonde se traduit dans le langage pétrographi(pie par le fréquent emploi du terme de roche de profondeur comme synonyme de roche grenue. La découverte faite dans un petit nombre de régions (Hébrides, Ouest américain en particulier) de masses intrusives importantes ou do dykcs de roches grenues au milieu de brèches et de conglomérais volcaniques d'âge peu ancien, roches consolidées sous une couverture qui ne pouvait être très C. R., ir,oc|, ■>• Semestre. (T. l», N= 13.) "jk 542 ACADÉMIE DES SCIENCES. épaisse, est venue ébranler l'opinion précitée. Jusqu'à ce jour aucune obser- vation de ce genre n'avait été faite dans les massifs volcaniques de la France centrale. Ces remanjues préliminaires étaient utiles pour monlrer l'intérêt à la fois particulier et général des observations qui font l'objet de celte Note. Depuis quelques années, j'ai rencontré au Mont-Dore, soit dans les filons, les coulées ou les tufs d'andésites à haiiyne, soit dans les conglomérats pro- duits à leurs dépens, une quantité extraordinaire de blocs de roclies grenues à grands éléments, en relation génétique évidente avec ces andésites. (Certains tvpes de ces enclaves hoino30gènes allomorphes, tels que des gabbros à baiiyne, se présentent avec une telle constance de composition et de structure, qu'il m'a semblé utile de chercher s'ils ne forment pas des gise- ments en place; je me suis donc attaché à fouiller tous les ravins profonds du massif, dans l'espoir de rencontrer ceux-ci. Ces recherches, poursuivies pendant trois ans consécutifs, sont restées sans résultat ( ' ), mais, en les con- tinuant dans le massif voisin du Cantal, j'ai découvert en place des roches grenues d'une autre nature, complètement différentes de tout ce qui était connu jusqu'à présent en Auvergne, roches que j'ai tout d'abord recueillies en blocs roulés dans la .lordanne, aux environs de Mandailles. La haute vallée de la .lordanne, qui pénétre jusqu'au centre mémo du grand appareil éruptif du Cantal, y entame des trachyandésites de couleur claire, que M. Boule parallélise avec les trachytes miocènes signalés par M. Fou- qué dans les vallées voisines del'Alagnonet de la (^ère. Ces trachyandésites sont eux-mêmes recouverts par la puissante brèche andésitique pliocène, que surmontent des coulées d'andésite à labrador. C'est de cet ensemble que se dressent les pitons de trachyte phonolitique du ( iriou et du Griounot. Le gisement, qui fait l'objet de cette Note, se rencontre sur le bord même de la .lordanne, en amont de Liadouze et au-dessous du buron de Fournol, [)rès de l'entrée d'un ravin aboutissant à la Font-des-Vaches. La roche intrusive n'aflleurc que sur une centaine de mètres; elle est encaissée de part et d'autre par les trachyandésites, dont elle est séparée, du côté amont, par une forme de bordure microgrciuie et, du côté aval, |)ar un lîlon d'une andésite spéciale. La roche normale est une sorte de monzonite à grains fins. Son abon- (') Elles miimU fail cependiint reiiconlrer de noii\eaii\ ijisemenls forl nilie^ ile ces enclaves; les plus reniar(|iiables se Irouveiil dans la liaule vallée de la Monne; j'y ai recueilli en particulier des gabbros à liaijvne, dans lesi|uels l'hauyne bleue intacle est très abondante. SÉANCE DU 27 SEPTEMBRE 1909. 5.43 dance dans les murs voisins, sous forme de gros blocs, jusqu'à i**"' plus en amont, puis, dans le ravin de la Font-des-'S'aches, jusqu'à une altitude supé- rieure de Soo" à celle de Fournol, montre qu'un gisement fort important a été démantelé. Parmi ces blocs, la monzonite est accompagnée de types pétrographiques variés, que je n'ai pu trouver en place. Le buron de la Fonl-des-Vaches est placé sur un tertre gazonné, adossé au piton trachytique du Griounot et constitué par un dyke puissant ou une petite masse intrusive d'un gabbro essexitique ('); celui-ci doit être parallélisé, au point de vue du gisement, avec les roches précédentes, mais il se trouve à une altitude plus élevée; il est en contact d'une part avec la cinérite andésitique, et d'une autre avec le tracliyte phonolitiquc. On doit conclure de ces observations que toutes les roches, qui nous occupent, sont inlrusivos, qu'elles ont éternises en place au milieu des déjec- tions du volcan miocène et pliocène; qu'elles se sont élevées assez haut dans celles-ci et qu'elles se sont, par suite, consolidées sous une épaisseur relativement peu considérable de matériaux solides. On peut chercher à préciser l'époque de cette mise en place; la probabilité de sa postériorité à l'épanchement des andésites supérieures peut être basée sur ce que, pas plus que les brèches andésitiques, celles-ci n'en renferment d'enclaves, alors cju'elles contiennent en abondance des fragments de roches du sous- sol primitif (gneiss, micaschistes, granités). Ce n'est là, il est vrai, qu'un argument négatif, mais une preuve positive est fournie par l'existence d'une forme de bordure, observée dans le gabbro essexitique de la Font-des- Vachos, aussi bien au contact de la brèche andésitique que du tracliyte phonolitiquc du Griounot. Un argument, qu'on peut enfin apporter en faveur de l'âge très récent de toutes ces roches, réside dans leur fraîcheur, qui contraste avec l'état d'altération de la plupart des roches volcanicjues qui les entourent (^). (') Celle roclie a été désignée par M. Fouqué sur la feuille d'Aurillac sous le nom de basalte porphyroïde. (-) Les tracliyandésiles miocènes onl leurs feldspatlis damoiirilisés, leur augile cal- ciliée el clilorilisée ; ils sonl imprégnés de quart/, et de pyrite; enfui ils sont localement riches en épidole; c'est le seul exemple que je connaisse de l'existence de ce dernier minéral dans une roche volcanique du Massif central. Les andésites supérieures sont souvent impréi;nées de calcite et de ipiartz; celle qui esl traversée (sui- le flanc de la Montagne Blanche) par le sentier allant du Griou à Serriès est localement très décomposée el renferme de fort beaux cristaux d'amé- tlivste. 5/i4 ACADÉMIE DES SCIENCES. \ oyons iiiainlcnaiil (|tiello est la composition iniiiéralogique de ces roches grenues. Elles sont toutes constituées par les mêmes éléments, qui offrent les niénies caractères : augite (devenant violacée dans les ty[)es basiques), liiolile, plagioclases, orlhose, avec accessoirement apalile et lilanomagné- litc; (piel(|iies-unes d'entre elles peuvent renfermer en outre, et en propor- tion importante, de l'olivine, une ampliiliole brune barkéviciliipie, de la néphéline et de la sodalite, partiellement transformées en muscovile et en produits colloïdes. La monzonite à biotite en place a l'apparence d'un granité à grain moyen. Les phénocrislaux d'augile automorpbc sont frangés sur leurs bords, qui englobent des feldspatbs. La biotite est ponctuée de magnétite; des cristaux d'olivine, souvent transformés en un mélange de magnétite, de talc et de calcile, sont entourés par un agrégat de biotite et d'augile. Les plagioclases sont très zones; ils vont du labrador-bytownile à l'oligoclase, avec le labra- dor comme type dominant. Les éléments colorés ont une tendance à se grouper par taches. Tantôt l'orthose cercle le plagioclase en s'orieutanl sur lui et tantôt elle forme des grains associés à une nouvelle génération de bio- tite et d'augite, ce qui conduit à la structure microgrenue; celle-ci n'est cependant pas apparente extérieurement. La forme de bordure est une roche noire, compacte, riche en pyrite; quelques phénocristaux de plagioclases frangés et d'augite sont enveloppés dans nn mélange microgrenu d'orthose, de plagioclases, de grains de py- roxène et de lamelles piecilitiques de biotite. La structure est franchement microgrenue. On constate la trace de phénomènes mécaniques ( plagioclases brisés, traversés par des veinules d'augite; réunion de granules d'augite occupant la placé de grands cristaux ), probalilement contemporains de la mise en place. Les roches n'existantqueu blocs errants me paraissent devoir être consi- dérées comme des faciès de variation de la monzonite qui vient d'être décrite, plutôt que comme constituant des individualités géologiques distinctes. On peut y reconnaître deux types; le moins abondant est formé par une roche blanche à grands éléments, dans laquelle se distinguent à l'œil nu quelques cristaux de sphène, d'amphibole et d'augite, disséminés dans des feldspatbs blancs, parmi lesquels domine de beaucouj) l'orthose faculée d'anorthose; le plagioclase est du labrador; il existe en petite quantité de la néphéline et de la sodalite. Deux variétés structurelles sont à considérer; dans lune, des cristaux auloinorphes de labrador, de hornblende et de biotile sont enveloppés dans SÉANCE DU 27 SEPTEMBRE 1909. 545 do glandes plages d'ortliose; c'est la structure de la monzonile du Tyrol; de petites cavités miarolitiques renferment des cristaux de calcite et d'anal- cime. Un second typeprésenle une structure porphyroïde plutôt que porphy- ri(pie. L'orlhose est grenue, tonnant une pâte à gros grains, qui contient en OLilri' un peu de sodalite et de népiiéline et englobe quehjues gros cristaux de labrador; de grandes plages po'cilitiques, de bornblende et de spbène s'observent çà et là ('). Les roches de couleur foncée sont plus fréquentes que les précédentes; là encore deux types sont à distinguer. L'un est un gahbro à o/ii'ine, avec feld- spaths (labrador-bytownile cerclé d'orthose) un peu aplatis, associés à une petite quantité de feldspathoïdes; l'autre ne contient pas d'olivine, mais est anq^liibolique et renferme de grandes lames de biotite pœcilitique, réguliè- l'ement distribuées et atteignant i^'^jS de diamètre. Cette roche, qui contient en outre tles proportions variables d'orthose et de feldspathoïdes, passe comme la précédente à l'essexite. C'est du type à olivine qu'il faut rapprocher la roche en place à la Font- des-Vaches, mais, au lieu de présenter uniformément la structure grenue ou d'évoluer vers la structure microgrenue, comme les roches précédentes, ce gahhro essexitique passe insensiblement sur les bords du dyke à un basalte à feldspaths, semblable au basalte semi-ophitique du Mont-Dore. Certains échantillons du type grenu sont particulièrement riches en orthose et en népiiéline, ils contiennent en outre de l'augite œgyriuique et de petites aiguilles d'tcgyrine. L'existence de ce basalte semi-ophitique comme forme de bordure d'une essexite présente un certain intérêt, car elle permet d'ex- pliquer l'origine des blocs essexitiques, qui se rencontrent à l'état errant au voisinage du basalte semi-ophitlcpie de la Banne d'Ordanche, au Mont-Dore, et (jui, jusqu'à présent, n'ont pu être trouvés en place. Je donne ci-après les analyses de ces roches grenues faites par .\L l'isani; j'y joins celles de deux roches volcaniques en place qui les avoisinent. Fournol : a. Filou d'andésite, contact aval ; h. Monzonite à faciès syéni- tique ; c. Andésite à labrador (près du Griou); d. Micromonzonite, contact amont; e. Monzonite eu place; /. Gabbro essexitique à olivine ; g. (iabbro essexitique à biotite et hornblende; Font-des-Yaches : h nlL (labln'os essexitiques à olivine (/, type le plus néphélinique ). (') Celle slructuie du spliène est foil ieniarqiial)le ; elle esl comparai)le à celle que j'ai décrile anlérieuremeiU dans un i;raiiile endomorphe du lac tle Gaillaouas (iliuiles- Pyit'iiées). 546 ACADÉMIE DES SCIENCES. a. b. c. cl. e. f. g. . /'. i SiO-.. 57,60 5^,61 53,85 53,21 5i,25 48, 5i 4", '5 49, 'o 46i3i Al'O'.. 16, 83 19.20 16,21 iS,4o 16,97 16,08 17,41 '5,75 i4,9o Fe^O' . 0,84 2,96 4,1' ',22 2,95 2,48 4i63 1,00 1,77 FeO... 4,16 2,91 4,70 4,69 5,85 7,66 4,62 8,80 8,98 MgO.. 1,90 ',02 3,35 2,5o 3.98 5,32 4,96 6,35 8,i5 CaO... 5,21 4,70 7,81 6,72 7,45 8,57 10,10 8,56 9,5i Na'O.. 4,45 5-O0 3,75 4-32 4-36 4,02 3,4o 4,47 4, 06 K^O... 3,82 4,36 2.22 2,54 2.56 2,60 2,60 1,91 1,62 TiO'.. 2,28 1,92 2,60 2,33 3,25 3,07 3,i3 2,92 3, 00 P-0*.. 0,37 tr. 0,64 o,32 0,43 0,23 0,39 0,22 o,32 FeS^... 1,93 )) )> 2,95 " >' " » " [PO... i,5o 3,25 i,a5 1,76 i,25 i,25 2,5o 0,75 i,38 100,89 99,93 100,48 100,96 100,00 99,79 100,89 99,83 100,00 Je ne donne ces résultats que comme documents, la discussion des rela- tions magmatiques de ces diverses roches étant réservée pour le travail d'en- semble sur les roches des massifs volcaniques du Plateau central, que nous préparons, M. Michel Lévy et moi. Je ferai remarquer cependant combien leur air de famille est net [a et /; ^ akérose (H. 5.2.4); ^ } par minute, la \aleur i4° et l'un trouve expérimentalement 14°, 5. La concordance est aussi bonne que peut le permettre l'approximation des mesures et des calculs. Cette concordance est d'autauL plus frappante qu'on ignorait a priori même l'ordre de grandeur du phénonièiic étudié. De plus en plus il semble que, pour tous les points essentiels, Thypothèse mo- léculaire cinétique trouve une base expérimentale solide dans l'étude du mouvement bro\^nien. PHYSIQUE. — L' électro-diapason. Note de M. A. Guili-et, présentée par M. Villard. L Jai recherché : )" (jjmmcnt les organes de l'entretien électrique direct des vibi^ations d'un diapason doivent être construits et disposés pour que l'invariabilité de l'amplitude soit assurée; 2° Comment varie l'amplitude avec les nombreux facteurs dont elle est fonction. Il suffit, ayant intercalé un ampèremètre très sensible dans le circuit d'entretien et fixé un miroir sphériquc sur l'extrémité de l'une des branches du diapason, de lire les indications de l'anqjèremèlre el de relever à la règle transparente les valeurs correspondantes de l'amplitude pour constater qu'à une intensité donnée \ du courant d'excitation de l'électro, le diapason étant 552 ACADÉMIE DES SCIENCES. au l'epos, correspond une infinilé de valeurs pour Vinlensité apparente i de ce courant, lorsque le diapason est en marche, et pour l'amplitude a = f( i) de la vibration. L'amplitude croit d'abord très rapidement avec i, passe par un maximum \ au voisinage de 2i = T, puis diminue. Lorsque ni dépasse notablement I, l'électro-diapason cesse de fonctionner. Comme les valeurs de «dépendent de celles des phases auxquelles le cou- rant est établi, puis supprimé, il faut, pour fixer l'amplitude, prévenir toute variation de ces phases; alors le système deç forces intervenant dans l'en- tretien sera reproduit identiquement à lui-même et appliqué aux branches dans la même région de leur mouvement. Les pôles du contact commandé par le diapason doivent donc être sous- traits à tout déplacement relatif spontané. J'ai construit divers contacts définis. .le décrirai comme exemple un con- tact à fil tendu qui s'est parfaitement comporté dans les expériences de longue durée auxquelles il a été soumis : Son po/e niofjile esl constitué par un fil métallique tendu entre les deux bras d'un petit étrier au moyen de deux vis traversant ces bras et s'engageant dans les écrous porte-pinces auxquels sont fixées les extrémités du fil; entre deux vis IraversaiU les bras d'un second étrier, disposé au milieu du premier et perpendiculairement à son plan, est serré \e pdle fixe.^ formé d'un cylindre de métal ou de charbon. Une vis micromélrique permet de faire varier plus ou moins la position relative des deux pôles et par suite la phase d'excitation de l'électro. Le pôle mobile esl rendir partiellement solidaire du diapason au moyen d'un lien souple (fil à coudre) en forme de V dont la base esl arrêtée en deux points du fil métallique également distants de son milieu et le sommet serré sous la vis d'une borne plate li\éesur l'une des branches du diapason. La tension de la liaison est micrométriquement réglée au moyen d'une vis déplaçant, perpendiculairement au diapason, le chariot qui porte le corps du contact. Comme une grande vitesse vibratoire du pôle mobile favorise les vibrations para- sites et, par suite, les perturbations de phases à éviter, c'est au voisinage de la région de raccordement des branches que le contact doit èlre placé; et cela contrairement à un usage imposé parles impeifeclions mécaniques du contact heurtant, d'un emploi presque exclusif, el l'impossibilité de maintenir réalisée a\ec lui, en une région où l'amplitude est trop réduite, la coiulilion de fonctionnement indiquée plus haut. Avec un contact défini disposé comme il vient d'être dit, on amène sans hésitation le courant à une intensité donnée et, en répétant l'opération, on constate que, toujours, le spot reprend la même position sur la règle transparente et s'y maintient. On évite l'usure du contact en supprimant les étincelles au moyen d'un condensateur de capacité convenable en déri- vation sur la coupure. SÉANCE DU 27 SEPTEMBRE 1909. 553 Pour permettre le montage rapide d'électros difl'érents, j'ai construit un chariot constitué par deux V renversés l'un par rapport à l'autre entre lesquels est engagé puis serré, après centrage, r(''lectro à employer. I^e chariot coulisse le long d'une fente à bord divisé pratiquée dans le banc qui supporte le diapason, et est arrêté dans la position qu'il doit occuper à l'aide d'une vis à large base prenant appui sur la face inférieure du banc. II. Pour un électro-diapason et une force électromotrice donnés, la dé- viation maximum A dépend : i" De la distance /de l'électro au raccordement des branches; 2." De l'intensité I du courant d'entretien; 3° De l'aimantation initiale du circuit magnétique formé par le diapason et le noyau de l'électro. On fait varier cette aimantation au moyen d'un courant permanent passant dans un enroulement auxiliaire de l'électro. En ce qui concerne l'inlluence de / et de I on peut, dans la pratique et entre de larges limites, calculer A par la formule A = ld\ ; mais les courbes de variations de A avec / et I doivent être tracées soigneusement si l'on a besoin de précision. Avec un électro à deux enroulements (o8;j et hiâ spires, par exemple), et pour une même intensité statique I, la déviation A, -t- 3 due à l'ensemble des deux bobines est égale à la somme des déviations A, et A., relatives à chacune des bobines. L'amplitude A augmente avec l'aimantaliun initiale du circuit magnétique, passe \yAV un maximum pour une aimantation initiale de ce circuit bien déterminée et indépen- dante de 1. puis diminue. Comme la multiplication de A est d'autant plus grande que I est plus faible, il devient possible, en présence de l'aimantation initiale, d'entretenir le mouvement avec un courant de 3 centi-ampères et une force électromotrice de quel- ques volts, dans des conditions où l'entretien habituel exige un courant environ cinq fois plus intense. On observerait évidemment des faits analogues dans le système micro- phone-téléphone. En opposant l'aimantation initiale à celle que produit le courant I, l'amplitude A di- minue rapidement et il devient impossible d'entretenir le mouvement du diapason pour une aimantation notablement inférieure à celle, de sens contraire, qui produit le maximum d'eflet favoralile. Comme une ihéoric de l'entretien direct a été fondée sur le ret.ird à l'établissement du courant, il était naturel de supposer que A varierait avec la self-induction du circuit. ( )r, si l'on insère dans le circuit un électro à deux enroulements identiques, on constate que la déviation reste sensi- blement la même lorsque les deux enroulements ajoutent ou retranchent leurs effets; il y a cependant un léger avantage à les opposer. Avec un contact unilatéral, constitué par une ancre légère à cheval, sans jeu sensible, sur une pièce plate dont l'une des faces est isolante, portée par le diapason, le circuit, en vertu de l'inertie, n'est fermé qu'au retour des 554 ACADÉMIE DES SCIENCES. branches vers l'électro, c'est-à-dire lorsque la face conductrice pousse l'ancre. La déviation est alors plus grande qu'avec un contact ordinaire fermant le circuit à l'aller et au retour (' ). Ces données expéi'iuientales, ,7 et pour la chaleur de formation à partir des éléments + 882^''', 2. ■ L'élude du gaz PH' m'a donné pour chaleur de combustion de ce corps Qpc= 3ii'^*',2 (lor. cit.):, le rapprochement de ce nombre et de celui qui est relatif à la triphénylphosphine 2480'"', 7 donne quelques conséquences importantes : i" On voit en effet que le remplacement des 3 atomes d'hydrogène du PH^ 'par 3 groupes C° H' augmente la chaleur de combustion de 2169"*', 5, soit, pour chaque groupe, 723'"', 2 5 or de nombreuses déterminations faites sur des composés non phosphoréa ont montré que cette substitution donne en moyenne une augmentation de 722*^"'' environ, c'est-à-dire pratiquement la même. • 2° D'autre part, j'ai montré que chaque atome d'hydrogène apporte dans 556 ACADÉMIE DES SCIENCES. les composrs qu'il forme ^,' cal., tandis que l'appoint de chaque atonie de carbone s'élève à io-j™'; dès lors, on en conclut aisément : i" que l'appoint de l'atome de phosphore dans l'H'' est de 228'"', 7; 2° que l'appoint du même atome de phosphore dans la triphénylphosphine est de 232'"''', 2. Ces deux nombres sont extrêmement voisins l'un de l'autre et il est alors permis d'admettre que l'appoint de l'atome de phosphore dans un composé orga- nique est comme ceux des autres atomes (carbone, hydrogène, azote, etc.) invariable et bien voisin de aSo'^*', 5. 3" Comme le phosphore métalloidi(iue dégage, en brûlant, pour former PO'H^ dissous, 3oiS''''',5, la dillérence entre ces deux valeurs, soit 78"^"', indique la quantité de chaleur qu'emmagasine un atome de phosphore emprunté à une molécule organique complexe quand il la quitte pour venir faire partie intégrante de la molécule de phosphore blanc; si cette molécule est supposée contenir 4 atomes, on voit, conformément au langage dont j'ai donné plusieurs fois l'explication, que la chaleur de formation de la molécule de phosphore à partir de ses atomes constituants est de - 3i2'^'''; elle est négative comme cela a lieu pour tous les autres corps simples com- bustibles : carbone, hydrogène, soufre, etc. .l'ai étudié égalenienl la triéthylphosphine, mais je n'ai pas pu réussir conqilètenient à avoir des combustions satisfaisantes; quelles (jue soient les précautions prises, une partie de ce produit volatil échappe à la combus- tion et se retrouve dans l'eau de la bombe à l'état dissous; on peut l'évaluer et en tenir compte, mais cela laisse toujouis une certaine incertitude sur le résultat; néanmoins on peut considérer comme très approchées les valeurs : Q,„ 1249' '',7 Chaleur de fnimalion -1- i[\2''"\i qui donnent comme valeur d'appoint de l'atome de phosphore : 229''''',7. Enfin, j'ai brûlé dans la bombe calorimétrique deux composés phos- phores oxygénés, l'anilide et l'o-toluide orthophosphoriques, qui donnent respectivement : Q . CliHleur de formation. 0 = P(AzHC'H^)' 2458™', 3 +168-1,6 0=P(AzH — C«H*-CH^)^. 2927-',7 +189-1, i et par suite 107'"' pour appoint du groupe P = 0 (moyenne entre 107,8 et 106,2). La séance est levée à 3 heures et demie. Ph. v. T. ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 4 OCTOBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCIIAKD. CORRESPONDANCE. M. le Secréi'aike pebpétuei- signale, pai'ini les pièces ini|ii îiik'ts t\i' la Correspondance, les Onviatifes suivants : 1° Opère matenuiticlic di Fu.vxcesco Biuosciii. Toino ipiiiilo ed nlliiiio. (Omaggio de! (ioniilato per le onoranze a Francesco Brioschi.) 2" Précis de Psyclwlogie, par \\ illiam Jamks, traduit par E. Bauihn cl J. Bkutif.h. 3" Dix-huil feuilles de ( -artes nouvellement éditées par le SicitvicE OKooiiv- riiiQUE DE l'Armée. V Le pyromètre l/ienno-éleclriqiie pour la mesure des tempèruiure.s élevées^ par M. H. Pécheux. (Présenté par M. Vioilc.) 5" .4 History of Hindu Clwmistry, par Piuimuela Cmvndha Rw, prot'rssciii- de Cliiniie, Presidency Collège, (-alciilta. ( l'résenl('' par M. Troosl.) (J" The décomposition and sublimation of ammonium nitritc. du nK'iin' auteur. (Présenté par M. Troost.) 7" Le Tome XI de la Flore de France, par (î.Rouy. (Présenté [lar M . ( iui- gnard.) ASTRONOMIE. — Méthode permettant la mesure des températures effectives des étoiles. Premiers résultats. Note de M. Charles Nordmanx, transmise par M. B. Baillaud. Je suis parvenu, au moyen du pliolomctrc stellaire hétérorlirome que j'ai déjà eu l'honneur de décrire à l'Académie, à aborder, d'une manière relativement simple, le problème encore pendant de la mesure des tempé- ratures effectives des étoiles. J'ai déjà annoncé et défini antérieurement C. R., irjoçi, ;.• Semestre. (T. 1 i!l, IN» 14.) 7<3 558 ACADÉMIE DES SCIENCES. l'ulilisalion pour cet objet de ce pliotomèire ( Ikipport annuel de l'Observa- luiic de Paris pour 1908, p. 21; liullctin astronomique, avril 190g, p. ijo-171). Je rappelle que, dans cet appareil, on mesure dans les diverses régions du spectre l'éclat de Fétoile observée par rapport à une étoile artificielle réa- lisée au moyen d'un étalon secondaire électrique, et en intercliangeant, sur le trajet commun des faisceaux des deux astres, une série d'écrans liquides monochromatiques. Il est facile de voir que, n étant le nombre des écrans utilisés (actuellement n ^= 3), il existe entre la température de Taslre observé et les données de l'appareil relations distinctes. Pour sim- plifier cet exposé, il ne sera (jucstion que des mesures faites avec les écrana n" l (rouge) et n" 3 (bleu) (jue j'ai définis ailleurs ('). .T'ai fait avec cet appareil, sur les âmes de fours portés à diverses tempéra- tures et sur l'arc électrique, une série de mesures entre i^ou" et plus de 3Guo" absolus. Soient Ta,T^,T'^, ... les températures de ces sources, mesurées aU moyen depyromèlres Féry étalonnés; soient R, R', R", ... cl B, B', B", ... les intensités correspondantes des images mesurées respectivement à travers les écrans rouge et bleu de mon photomètre stellairo. En portant en abscisses les logTT et en ordonn(''CS les ^p-i on trouve que la courbe figurative est une ligne droite, comme il ressort du Tableau suivant, et comme le veut, dans ces limites, la loi du rayonnement monochromatique de Planck „AT Four llera'iis à i4o8" alisolus +0,750 Four Mecker 31648" » ........ +o,.j26 Four Mecker à 1705° ;> 4-0,420 Cratère positif de l'aie à 36[6° » — o,388 Le fait que les observations sont conformes à la loi de Planck, bien (jue les écrans liciuides ne soient qu'à peu près monochromatiques, démontre ceci (que j'ai d'ailleurs vérifié directement par des mesures spcctrophoto- métriques de la lnminosit('' de ces écrans) : les longueurs d'onde eiléclives A,,, Au correspondaiil aux deux écrans varient, il est vrai, avec les températures, (') Voir nolatnuienl Uullclin astronoiniijuc. jamier l'iot). SÉANCE DU 4 OCTOBRE 1909. oSq mais toutes dfux dans le même sens et de quantités très faibles; une com- pensation s'étaljlit pratiquement entre les écarts respectifs de logU et logB par rapport à la loi théorique (de sorte que logTv reste d'accord avec cette loi Les mesures au s[)ectrophotomètre de la luminosité de mes écrans m'ont en outre permis d'étaMir (jue, puisque la courbe figurative des log' = est pra- tiquement conforme à la loi de Planck entre T ^= i/io8°A et T= 36iG"A, elle ne s'en écartera pas davantage, si cette loi est exacte, entre T=: 36i(j"A et T;= 100 000". Or non seulement cette loi a été démontrée rigoureusement par la théorie, mais elle a été vérifiée expérimentalement dans les limites les plus étendues, notamment dans les remarquables recherches de l{uben|el de Kurlbaum. La variable dans cette loi est le produit XT; or ces physiciens ont vérifié, en particulier, en opérant sur de très grandes longueurs d'onde (de l'ordre de 5iî^), l'exactitude de la loi pour des valeurs de XL qui, avec les rayons visibles, c'est-à-dire dans le cas de mes recherches actuelles, correspon- diaient à des températures de l'ordre de i5oooo°. ■l'ai lait en outre, sur le Soleil, une série d(> mesures avec mon appareil, notamuienl lors des très belles jom'uées des 12 et i3 août d(Miiier. Or les valeurs obleiuics de li^g-p correspondent sur la droite figurative des expé- riences [U'écédentes,, prolongée en appliquant la loi de Planck, à iitie tcmpé- rctliire ejfeclive du Soleil égale à 5990" A. Ce nombre est tout à fait de même ordre (pie ceux qui ont été obtenus récemment par les méthodes actinomé- triques ou pyrhéliométriques habituelles (5773" d'après Wilson, Gaoo" d'après Scheiuer, ;")')(i()° d'après Féry-Millochau ). (l'est la preinière fois, à ma connaissance, qu'on mesure la température effective solaire par des mesures différentielles, et faites uniquement dans le spectre visible. [Il con- vient d'ailleurs de rappeler que M. Le Chatelier a fait autrefois, et par une méthode toute diflérente, les premiers essais connus de pyrométrie optique du Soleil ( ' ).] Pour toutes les raisons précédentes, il semble qu'on doive accepter av£c. une certaine confiance, au moins en ce qui concerne l'ordre de grandeur. ') I^K CiiATKi.iEii, .hiiiinnl de Physi6oooo Taurian BSA Limite correspon- dant à T^ -^ ce. . . — 1 , 1 4o ^ Tous ces résultats (y compris ceux relatifs à RX Hercule, qui est une ('■toile (le septième grandeur) ayant été obtenus avec des lunettes de moins de iG"" d'ouverture, il s'ensuit que la méthode est dès maintenant applicable il plusieurs milliers d'étoiles. ( )u sait (jue Sir Morman Lockyer, au moyen de considérations déduites nolanimenl de l'aspect des anhanced Unes dans les spectres stellaires, a cru pouvoir ranger ses différentes classes spectrales suivant un certain ordre de icmpératiuTs croissantes, sans (pi'oii eût d'ailleurs jus(pi'ici de données sur l'orilre de grandeur de ces températures. Il est remar(pial)le cpie les nombres du Tableau précèdent sont, à peu d'exceptions près, rangés sensiblement dans Tordre prévu par Sir Norman Lockyer, ce qui parait, à cet égard, conslitiK'r une confirmation des vues profondes du eélèiue astronome anglais. SÉANCE DU /[ OCTOBRE 1909. 56 1 ANALYSE -MATHÉMATIQUE. — Sur l'équation hyper géométrique. Note de M'"'' V. Mvm.er-Lebedeff, présenlée par M. Appell. lui ('■ludiaiil les soliilions de ri'vjualioM liypergéoiuélriipic (I) ,r(i-^-)^' 'r-[y-(a + i).r]^-M«->.)j = o. définies dans Fintervalle o ^ x < i et soumises à certaines conditions aux extré- mités de cet intervalle, on parvient en supposant y > o, i > a — y + i > o, A étant indéterminé, aux résultats suivants. Si l'on cherche les solutions réelles o(^x) finies et ayant leur dérivée première finie au point a-- = o et sa- tisfaisant au point x = i à la condition , do (2) (I — .r)='-Y+' dj ?(■'•) ]— M. .r=l M étant une constante arbitraire -^ o, on trouve que ces solutions sont en même temps solutions de l'équation intégrale (3) 7-' a-ï ^1 ï^ f^:j; o(.r).r ^ (i-x) ' =-l{x-l) K{.r.-)oCi)l ' (i-'l) ' di. où K(.j-, \) est la fonction suivante (4) T-' » r r K(.r.i)=-(.rï) ^ [(,_x)(i-c)l ^ (pour .Z'Iiç ). Y [ a'-T M+/ <^j; xï(i — .r)«-T+' I r" ^f 1 (pour .ri 4); Iv(j", ^ ) satisfait pour ,r ^ o à la condition (5) \<{x.l)n^ .r - Va.v). E(a;) étaiil finie avec sa dérivée première liiiic, et pour r = i à la condition (G) 1 - y ï ^ 3c X ^ (i — x) ' K.{x, c) = M. 562 ACADÉMIE DES SCIENCES. La fonction résolvante du noyau K(.r, H) est Y - 1 a - Y ^K(.r, I) = ^_i-_ [,.,(.;) + Cj,(|)].v.{^) (.r;)"^[(. -^ .,.)(,__ ï)]"^ I pour X 1 ï), T- I «-T ;x:(x,|>= J^^,-.[ji(.r) + C)-,(.r)]j|(^)(.rr:) '^ [(,_.,■)( i - >)| ^ (pour .■i->i), OÙ r,(a7) = F(a — X,A,Y,a^)ftv,(£r)=:.r' f F(a — A — y+ i , A— 7+ 1,2—7,.'^) sont les solutions de l'équation (i), et où la constante C est déterminée par la condilion (6) à laquelle la fonction résolvante rH'(.r,H'^ doit satisfaire, à savoir M T{y)T(y-a) _ r(«-y + Or(y) - r(y _ a + >,) r(y - À) r( a - ?.) ro, ) T{2- - r(ar_y + ,) r(y-a) y^ [ro, — y-H,)r(a — A-y + .) r(>,-a + i)r(. -^)J On voit que le dénominateur C de la résolvante s'annule pour les valeurs de A satisfaisant à l'équation T(l)r(cx-l) __i_ r(jt — y + 1) Pour ces valeurs A, de X, le numérateur de la résolvante se déconq^ose en un jiroduit de deux facteurs égauv :r - (i— .C) - V(X'-l,,l,,y,.T)- ' (i — if) '■ V{y.—'/.,,l,;y,'^), qui sont par conséquent les fonctions caractéristiques du noyau lv(.r, i) satisfaisant à l'équation (3). O/i retromc de cette manière les fanct ions liyper- géométriques orthogonales signalées par M. P. Appell (^Comptes rendus, 1879, p. 3i ) et qui peuvent être considérées comme une généralisation des poly- nômes de Jacobi. On obtient ces polynômes en posant M = o dans les formules précédentes et en remplaçant (4) par lui «-T K(.r,ï) = (x>) -^ f(,_.i.)(,_:)| ^ \f{x)~Ko{^)Ui.■r)+f(^)^ + \\'h(.r) -h|(Ï)]4-9.A=H| K(,r,ï)=r(.r;) ^ |;(, _.,.)(, _^)J ^ ;/^;) _Ao(l)[/(x)+/(;|] SÉANCE DU 4 OCTOBRE 1909. 563 OU f\x)= I .r-ï(i — .r)Y-«-'f/j-, 9(.r)= /.fï-'li — .r)''-r (U; ({;(.r)= Toi j:)J-T(,_.r)T «--•6) est uniforme : elle admet comme coupure essentielle une droite ou une cir- conférence variable avec les constantes d'intégration, et n'est définie que dans la région variable située d'un cùté de la droite, à l'intérieur ou à l'exté- rieur de la circonférence. La théorie des groupes automorphes a mis en évi- dence des équations de la forme y"'r= - •L— .-t- j'3p(^y) 1 I* l^) lalioniiel ou algél)ri ]. ■ C^— ÎJ^t quon remplace y l""\ca^ + D)^^^ " CT^Td' -^' ^' ^-' ^^ ^'■"- gnant quatre constantes arbitraires : on prévoit par là que la théorie des groupes automorphes intervient dans leur intégration. Considérons l'équa- a64 ACADÉMIE DKS SCIENCES lion liyperij;oomctrique de (îaiiss t/'-z , I n \(/z l /' l I \ /(i -/). et deux intégrales disUiictes arbitraires de celte équation s et s,. L'équa- tion x = -)(0 ■- -s(') définit une fonction de Sclnvarz /(.r) qui admel comme coupure essentielle une droite ou une circonférence, et dont le tri;ini;lc fon- damental a comme angles -' tt;-- La fonction — ^i admettant la même ° 2 3 /< z dx coupure, est une intéj^rale de Féquation (i) ou (•î). L'équation (i) admet l'intégfrale particulière r- -H r--» mais son intégrale oénérale " ^ ,r + A (X H- A )- " ^ est liolomorphe dans la région où elle est délinie. L'é([uation ( -i) admet les . . , 1 ^ , • I • ■ 'J /( — (■> I /( -(- 6 I . , . I intecTalesparticuliiTos -■, r r; : son niteerale générale est méromorphe dans la région où elle est définie, elle admet des pôles simples de résidus ()ti peut rattacher l'équation (2) à une équation aux dérivées partielles remarquable. Posons r = > et rendons la fonction ii liomotrène de degré - — — par rapport à :r et à une nouvelle variable :i\ : 11 vérifie l'équa- tion aux dérivées partielles ,,, &' u d'il , 0'' Il ()' Il ,, / à' Il dx'' ()x\ ûx' ijxi O.r (Jxl \àx- à.i La fonction «(.r) = (^)"^'', définie dans la même région que la fonc- tion t.(a;), et liolomorphe dans cette région, est l'intégrale homogène de degré ^ de l'équation (4). Pour n = 2, 3, 4) 5, les fonctions u obtenues par ce calcul se réduisent aux polynômes de degrés 3, 4; **? 12, dont le covariant (4) est identiquement nul, et qui s'introduisent dans la théorie des polyèdres réguliers. Les fonctions u(x^ sont des fonctions thêtafuchsiennes, ou analogues à des fonctions thêtafuchsiennes, et M. Poincaré les a signalées à ce point de vue. Par les substitutions (,r, -^ ^ j d'un groupe infini dont le [xdygone l'ondaniental est un triangle d'arcs de cercle d'antrles -> -, -' la foncliou // se reproduit multipliée par (y^o; + 0,)"" *; l'exposant est, en général, frac- SÉANCE DU 4 OCTOBRE 1909. 565 lionn.iire, et non entier p.iir comme pour les fonctions tlièlafuchsiennes. Pour un choix particulier des intégrales s et s,, la fonction u(ap) coïncide avec la fonction Z(x) formée par Halphen pour résoudre en fonctions uni- formes l'identité Les fonctions uniformes solutions de l'identité X"'+ Y"H-Z''=:0, w, n,p étant trois entiers positifs tels que la somme 1 h - soit plus petite que i, ont permis à Halphen d'intégrer dlllV-rents systèmes d'équa- tions différentielles, cpii jouissent d'une propriété d'invariance analogue à celle des équations (1) et (•<), et dont l'intégrale générale a aussi une cou- pure circulaire mojjile. Le |)lus simple avait été indicpié par M. Darboux : L'équation (i) est l'équation transformée de ce système en )', 4- y, -f- jKa- Les équations (i) et (2) sont intéressantes encore au point de vue de la notion àc simplijîée, introduite par M. Painlevé dans l'étude des équations différentielles. La simplifiée d'une équation du deuxième ou du troisième ordre, dont l'intégrale générale a ses points critiques fixes, est l'équation obtenue en y remplaçant x par Xf, ■+- olx, et faisant tendre a. vers zéro. Il est clair que, si l'intégrale générale de la simplifiée d'une équation à points critiques fixes admet des singularités essentielles mobiles, l'intégrale géné- rale de l'équation complète en admet aussi. Mais, pour les équations du second ordre à points critiques fixes qu'on a formées jusqu'ici, la réciproque est vraie. Elle ne l'est pas pour les équations du troisième ordre, comme le montre l'exemple des équations ( i) ou (2), qui ont pour simplifiée y= o, ou celui des équations transformées du système (5) en j',, ou jy, + Js- Dans le même ordre d'idées, rappelons une équation formée par Jacobi, f{yy" + 3y'y" Y = j"^ { 6 j' j" - 7:^ ) , dont l'intégrale générale est uniforme et admet une circonférence mobile comme coupure essentielle; la simpliliée, obtenue en supprimant — --, a comme intégrale générale (A.r -f- B)r*''^''; cette intégrale admet le point o essentiel isolé mobile — - ■ A. C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N" 14.) 77 5G6 ACADÉMIE DES SCIENCES. PHYSIQUE. — Sur ht Diesure des pressions élevées déduile des variolions de résislivité des conducteurs soumis à leur action. Noie de M. A. Lafay, pivsciiti'c par M. Vieille. De même qu'il existe une méthode thermométrique basée sur la variation de résistivité du platine en fonction de la température, il était naturel de penser à utiliser, pour la mesure des pressions, les changements de résis- tance qu'éprouvent les conducteurs lorsqu'on les comprime; aussi des méthodes piézométriques basées sur ce principe ont été proposées à diverses reprises par les physiciens. Au cours d'une série de recherches entreprises sur ce sujet, nous avons été conduits à étudier plus spécialement l'action de la pression sur la résis- tance du platine, du mercure et de l'alliage (CugiNi, Mn,j) connu sous le nom de tnanganine. Les pressions qui onl été pousséesjusqu'à ^âoo"^"' par centimèlre carré étaient évaluées à l'aide du dispositif classique, que l'on doit à M. Amaj^at; la détermination des variations de résistance se faisait parla méthode du pont à corde; enfin des précautions spéciales permettaient d'éviter ou de corriger l'influence perturbatrice des changements de température. Pour exercer les compressions on utilisait de l'huile oléonaphte ordinaire. En expérimentant sur du platine pur, mis obligeamment à notre dispo- sition par M. Quenessen sous forme de fil de y- de millimètre, nous avons obtenu la relation linéaire L^ZJJi =— i,86xio-'^P pour représenter la loi qui lie la résistance r à la pression P estimée en atmosphères. M. Lisell à Upsal et M. Lussana à Sienne ont evécuté des déterminations de même nature et ont obtenu avec ce métal les résultats suivants : Fil de M. Lisell —1,827 Xio-M' + o,o4i x 10-' P' Premier fil de M. Lussana —2,42 X lo"" P + 0,767 X 10-' P* Deuxième fil de M. Lussana .... — i ,.56 x lo"* P + o,52i x lo'' I" Étant donnée la petitesse du coefficient de son terme en P*, la formule de M. Lisell s'écarte relativement peu de la nôtre; il n'en est plus de même de celles de M. Lussana. SÉANCE DU 4 OCTOBRE 1909. 567 Des différences, même légères, dans l'état physique et chimique des fils étudiés suffisent pour produire ces divergences; aussi, malgré les soins pris de part et d'autre pour préparer des échantillons de platine aussi purs et identiques que possible, il est à peu près certain que deux expérimentateurs opérant indépendamment n'arriveraient pas, avec ce métal, à des déterminations piézométriques concordantes. L'emploi du platine entraîne d'ailleurs une difficulté encore bien plus grave; pour des températures 5 comprises entre 0° et 4o°, on a en d'autres termes, le coefficient de température d'une résistance en platine est en moyenne 1900 fois plus grand que son coefficient de pression; pour déterminer cette dernière grandeur à 4o''i»' par centimètre carré près, il faut réaliser au -^ de degré l'in- variabilité de la température. Le mercure ne présente aucun de ces inconvénients ; la possibilité de le préparer à l'état de pureté parfaite et toujours identique à lui-même assure la concordance des évaluations qu'on peut en déduire. De plus, son coeffi- cient de pression vaut environ le vingtième de son coefficient de tempéra- ture; en maintenant celte dernière constante au quart de degré, les erreurs d'origine thermique ne peuvent dépasser 5"*^ par centimètre carré, ce qui est suffisant lorsqu'on évalue des pressions supérieures à 5oo atmosphères. L'étude soignée d'une résistance en mercure nous a fourni la formule sui- vante qui se rapporte à une température de i5", les pressions p étant éva- luées en kilogrammes par centimètre carré : — - — - — — 32,7 X '0-^ H- 1 ,1 X io-'/>^ La colonne conductrice en mercure qui est enfermée dans un tube capillaire en verre subit naturellement les déformations élastiques de son enveloppe, et les variations re- latives de résislivité — peuvent se déduire des variations de résistance par l'équa- Po tion Pli '\> dans laquelle K représente le coefficient de compressibilité linéaire du verre K = o,7 X 10-'. Les différences entre les valeurs que prend ce coefficient |)Our les diverses espèces de verre, qu'on emploie ordinairement, ne dépassent pas 0,1 x 10^*; l'erreur relative qui peut en résulter est inférieure à yi-j. La rèsistivilé du mercure, en fonction de la pression, a été très soigneusement étudiée jusqu'à 2200"'" par M. de Forest Palmer à Brown University. Ce physicien a 568 ACADÉMIE DES SCIENCES. trouvé que, dans ces limites, le coefficient de pression peut être considéré comme constant et égal à — 32, 1 3 X lo"" pour une température de 1 5° et pour des pressions évaluées en kilogrammes par centimètre carré. La concordance de nos résultats est pratiquement satisfaisante jusque vers iSoo''" par centimètre carré. Les expériences, permettant de déduire les pressions de l'observation des variations de résistivité du mercure, ne présentent pas de difficulté, et, lorsque la loi qui lie ces variations aux pressions sera connue avec précision, ce métal, dont les applications scientifiques sont déjà si nombreuses, pourra devenir la substance piézométrique par excellence pour la mesure des fortes pressions. Pour étudier cette loi, il y aurait sans doute avantage à utiliser une mélliode directe consistant à comparer des résistances respectivement com- primées dans deux chambres d'altitudes différentes, mises en communication par un tube en acier contenant une colonne de mercure de longueur connue qui servirait à établir entre elles une différence de pression facile à évaluer avec exactitude. La fonction à déterminer pourrait alors se déduire de la connaissance précise de ses différences premières. Malgré les avantages et la facilité d'emploi du mercure, il serait commode de pouvoir employer un simple fil de métal pour la inesurc des pressions; on pourrait de cette manière réduire à l'extrême les dimensions de Taijpa- reil piézométrique. Malheureusemcnl, pourlous les métaux et la jtlupartdes alliages, le rapport du coefficient de température au coefficient de pression est considérable et l'on esl arrêté par les inconvénients signalés à propos du platine. Seul l'alliage manganine^ dont le coefficient de température est pratique- ment nul, conduit à des résultats utilisables. Eu expérimentant sur cet alliage, M. Lisell a été conduit à la relation =+ 2,3i X io~*P (P en atmosphères), tandis que M. Lussana, opérant sur un alliage portant le même nom, a obtenu la formule bien différente '■' ~ ''" - — o , 465 X I o-« P + o , .«02 X 1 0-' P^ Il était donc intéressant d'exécuter de nouvelles expériences sur celte sub- stance. En employant des fils de manganine fournis par M. Carpentier, nous SÉANCE DU 4 OCTOBRE IQog. 56g avons obtenu, entre o et 35oo''^ par centimètre carré, l'équation :=-i- 2,13 X io~^P (P en atmosphères). Ce qui, à part la différence entre les facteurs 2,3i et 2,28, confirme en- tièrement les résultats de M. Lisell et en particulier la propriété curieuse de cet alliage d'avoir un coefficient de pression positif. CHIMIE PHYSIQUE. — Propriétés thermiques de l'azotate d'argent. Note de M. Guixchast, présentée par M. Haller. Cryoscopie. — J'ai déterminé ^vècèAemmenl (^Comptes rendus , t. CXLV, 1907, p. 320) la chaleur de fusion de l'azotate d'argent L= 17*^°', 6 à 209". Il en résulte pour la constante cryoscopique théorique j^ _ 0,02(309 + 273)' _ _^g^ 17,6 Un grand nombre de sels se dissolvent dans l'azotate d'argent; ceux qui ont un radical commun ne donnent lieu à aucune double décomposition et permettent des déterminations cryoscopiques. Il est à reinar(]uer que la moindre trace d'humidité élève notablement les abaissements, peut-être en facilitant la formation d'azotite d'ar- gent. Pour les notations, voir Comptes rendus du 6 septembre lyoy. Azotate de lilliiiiin Li AzO':= 69. F o,35i 0,804 i, j)Our 100. J'ai mesuré (lirectement celle dilalalion el l'ai trouvée notablement plus petite. Le corps était supporté par une lige de verre fixe et soulevait pendant sa dilatation une seconde tige verticale du même verre sur laquelle reposait un levier; un miroir était solidaire de la tige fixe et un autre du levier : le déplacement relatif des images sur une échelle à 1'" permettait de calculer facilement les variations de longueurdu corps. L'appareil était plongé profondément dans un tube épais de cuivre cliaufTé par le cou- rant. Les mesures sur l'azotate fondu ont porté sur quatre baguettes ayant respective- ment 23""", Sg™"", 43""" et 55™"', 2; elles ont fourni les données suivantes : Coefficient de dilatation de 20° à 1 5o" : 77. lO"''. Contraction à iSg" par élévation de température : 0,17 pour 100. Dilatation à iSg" pai- abaissement de température : 0,22 à 0,20 pour 100. I^endant la transformation par refroidissement, il se forme des fissures qui donnent une dilatation apparente trop grande. Ces nombres, relatifs à l'azotate d'argent fondu, ne représentent qu'une dilatation moyenne, celle qui peut être comparée à la valeur déduite des densités. Il était intéressant d'étudier la transformation sur les cristaux mêmes, afin de reconnaître comment se faisait le passage du réseau rhom- bique au réseau rhomboédrique. Je ne doiuieraiici que des indications qua- litatives sur les résultats obtenus avec des cristaux du commerce. Le coeffi- cient de dilatation de 20° à i5o° est supérieur au coefficient moyen de l'azotate fondu pour la direction perpendiculaire au plan ^,(100) des axes optiques, mais il est considérablement plus petit dans la direction perpen- diculaire à la base/) (001). Au contraire, la variation par transformation est la plus grande suivant la normale à (001), oii elle dépasse 0,6 pour 100. 572 ACADÉMIE DES SCIENCES. CHIMIE ANALYTIQUE. — Examen des essences de térébenthine. Note de MM. Paui. IViooi.ardot et f-iouis Ci-kneniv, présentée par M. Troost. Les essences de térébenthine peuvent être mal préparées, vieillies ou fraudées. Dans les premières on retrouve des produits de tête et de queue (essence vive, huile de résine) provenant d'une distillation imparfaite des gemmes et parfois même de la colophane; ces essences sont fortement acides. Ue l'acidité d'une essence, il ne faudrait pas conclure à son adulté- ration. A la lumière les essences s'oxydent, même dans des récipients secs; elles deviennent acides. Les essences fraudées sont au contraire peu acides, puisqu'elles ont été additionnées de dérivés du pétrole (essences, huiles légères, white spirit). Pour examiner les essences, nous avons adopté deux mélhodes dont l'une n'altère pas l'échantillon au cours même de l'analyse et dont l'autre utilise le phénomène d'oxydation. Les essences chaulTées en tubes scellés se modifient déjà à 160°, comme on le sait; leur odeur change et leur pouvoir rotatoire diminue. Nous avons constaté qu'il n'en est plus de même pour les essences soumises à l'ébullition sous la pression ordinaire; leur pouvoir rotatoire augmente même à l'abri de la lumière (') et le résidu laissé par l'évaporation de l'essence devient plus important. Il en résulte que, si le temps employé pour évaporer ou fractionner l'essence est long, les résultats obtenus sont inexacts, et cela au détriment du fournisseur (^). En fractionnant, au contraire, les essences sous pression réduite, il est possible d'opérer vite, à basse température, sans altérer l'essence. Sous une pression de iS'^™ de mercure, les essences distillent au voisinage de 50° et tous les produits sont condensés sans perte. En élevant ensuite la température jus- qu'à 59°, on obtient la teneur du résidu par pesée du ballon, taré au préalable et amené à poids constant. Ce mode opératoire présente en outre l'avantage de fournir (') Après une demi-heure d'ébullilion avec un réfrigérant à reflux, le pouvoir rota- toire était ainsi modifié pour les essences suivantes : N° 1 passe de — b']°io' à — 62° à la lumière. N" 1 passe de — Sy^ao' à — 62" dans l'obscurité. N° 2 passe de -t- 63° 18' à -\- 83° à la lumière. (^) L'échantillon destiné à l'analyse doit être envoyé dans un récipient opaque. Au point de vue de leur emploi, il y a intérêt à exposer à la lumière les essences ou les vernis, afin que les essences s'oxydent et laissent un résidu qui augmente la résistance du vernis. SÉANCE DU 4 OCTOBRE 1909. ^7^ des liqueurs claires qui peuvent être toutes examinées au polai imètre, alors (|u'il n'en est pas toujours ainsi pour les essences adultérées, distillées sous la pression ordi- naire. PrCASîoii nrilinairo lU-sidu p.Tr lilrc Pouvoir rotali.irc I lubu de 0",J(il- I en çrammesi. Pic>5ioii ilf iS-^'» (le mrrrure. Vrc^s. Pri!>>. r>rdinairc réduite \'° 1 . ■> -65. -65. ,3o 0 -65. -fi-i- 3 -6',. -6 ■ . 0 -62. -61. 0 16 -47- -47' 34 -67. -65. 10 5 -66. -64. 3o 3 -64. -1)3. 5 0 -61 -61, . 2 , 0 -')0 N" -4' N- 0 léger' vici Hic. -f6. 1) -65 . ■', -G4. 1} -6j. i -45. . 0 -67. 0 -(i6. 4 -6',. 0 -6j . . 1) -4" ■67. 1 -65.44 -6-.! . 3 •f -67.34 -66. 2 -65. li -63. 5 -16. 4 32, .1 26,.. 65. 3 -64. 0 -61. 5 V -66. I -65. ■i -63 . 4 -61. 1 -36. 0 4o,3 35. 1 63. 0 -63. n -60. 5 ■> -6,. 3 -62. I -61. 1 -60.18 -36. 3 23,0 20,2 -57. 4 -58. 0 -55. 2 7 -5i . 5 -57. 5 -58. 0 -58.54 -33. 0 i3,o 9,8 Pinciie -6749' -67°',n' -C7°.4()' -67"4i,' -67.00' -67.49 -('7-4n. -1^7-49 -''7-4^ -^:-t'J ".S25 nca.il Essences pures. .s B i5,o 1 1 ,n ii.o 16,4 2H,o 20,4 k'sseiices ai/u/leices. 3"/,, huile de résine. -67. 3 io"/u huile de résine. -66. o 5"/» pétrole -61. o 5 "/„ white spirit... -52. 4 5 "/„ white spirit dans une essence légérem' vieillie .. -59. i -60.44 -Co. â -6». o ? -58. o -64. 2 -64. 0 -64. o -36. 1 22,0 18, 3 Les écarts enlfe les pouvoirs fotàloires des diverses fractions sont plus facilement observables et surtout plus nets. L'augmentation du [)ouvoir rotatoire des premières fractions révèle la présence des dérivés du pétrole, alors que la diminution observée marcpie celle de l'iiuile de résine. Le dernier exemple est à ce point de vue très net. Pour mesurer les indices de réfraction, nous utilisons le réfractomètre diflérentiel construit par MM. Amagat et Ferdinand Jean pour l'examen des huiles. L'élude du point d'inflammation peut fournir des indications utiles. La présence des essences de pétrole l'abaisse et rend sa détermination impossible pour une tempéra- ture ambiante de 1.5°; le white ne semble pas le modifier, alors que l'huile de résine l'élève en raison directe de sa teneur. l'oints il influniniation. a u " Essence pure n" !.. . -1-29,5 Essence n' I -r •"„ liuilc de résine. . 3(),3 Essence n" 1 — 2 " „ whitc spuil.. . .'9,0 » n-l... -i-29,3 » + 5"/„ » ... 3i,2 » H- 5", „ .. ... 29,5 )> n"3... -1-29,5 » -f-io"',, u . . 32,2 " -(-io"/„ ■. ... 29,0 Essence légércnionl vieillie -1-29,9 » -t-i.i"/„ " ■■• 33,2 .. —■■'>"„ .■• 29.2 On peut mettre en évidence la nature des adultérants des essences an moyen de leur oxydation sous l'inlliience de la lumière. Deux fractions de Técliantillon à analyser C. R., 1909, 2' Semestre. {!'. 149, N" 14.) 7" 374 ACADÉMIE DES SCIENCES. sonl placées dans des conditions semblables (température, cvaporalion, etc.); mais l'un est exposé à la luiiiicre et l'aiilre est inaiiituiiu dans l'obscurité. On mesure au début (le l'expérience les pouvoirs rotatoires et, quelques heures après, on répèle ces mesures. Dans l'obscurité, l'évaporation agit seule et les essences fraudées avec les produits lL'f,'ers du pétrole seules ont un pouvoir rotatoire did'érent pa.r suite de l'éva- poiation du corps em])lojé pour frauder; le pouvoir rotatoire s'élé\e à la lumière, l'essence s'oxvde et son pouvoir rotatoire diminue. Il diminue d'autant plus que l'es- sence renferme plus d'huile de résine ou de produits résineux; dans le cas des essences fraudées, il peut y avoir compensation par suite de l'évaporation des dérivés du pétrole. Luiiiicrc. Obscurité. Pouvoir rotatoire : Pouvoir rotatoire : au (lélnit. à hi fin. au début. ;'i la (in. O , 0 , U / U Essence pure — .Dg.So —56.46 — 69.00 — Sg./Jo Essence pure -H .5 "/o de white spirit — 67. o — 55. 08 — 67.00 — 67.40 11 -h 5 "/o d'essence de pétrole. . —55.68 —.56.22 — 65.5*< —56.56 ), -(- 5 "/o de pétrole — Sg.So —66.46 — 69.60 — 57.10 » -)- 5 "/u d'huile de résine ... . — ^7. o —63. o — 67. o -67.10 De lotis les dérivés du pétrole utilisés pour frauder les essences de téré- benthine, le while est le plus difficile à retrouver. CHIMIE. — Sur la décomposition du tètrachloropIali::ale argentiquc par l'eau et la préparation du platine fulminant. Note de M. tlui.ES J.i<:obsen, pré- sentée par M. Gernez. La préparation île l'acide hichloroplatinicjuo par l'action de 1°'°' d'am- moniac juc sur i'""' d'acide létracliloroplatinitjue ne permet qu'un rende- ment lliéorique de 5o pour 100, Par une méthode nouvelle, je suis au con- traire arrivé à préparer cet acide avec un l'cndement de 80 à 90 pour 100. Contrairement à l'opinion émise par Jôrgensen (^J. prakt. Chem., 2'" série, t. XVI, 1877, p. ^i")) et de Miolati (./. anorg. C/iem., t. X\II, 1900, p. 44^)1 le tétrachloroplatinate argentique est décomposable par l'eau bouillante; il se forme de l'acide bichloroplatinique et du chlorure d'argent souillé par un composé de platine moins riche en chlore cjue le létrachloro- platiiiale d'argent, tout comme l'hexachloroplatinate argentique est décom- posé en acide tétrachlorophrtinique et en chlorure d'argent souillé par un composé de platine moins riche en chlore que l'hexachloroplatinate argen- SÉANCE DU 4 OCTOBRE 1909. 075 lique. Les deux réactions répondent respectivement aux formules déve- loppées suivantes : PlGl«Ag'+ 2lF0 = PLCl'(0H)-H^-f-2AgCl, PiClM0H)^\g°-+2H-0=iPiCl-(0II)'IP-+-2AgCl. Le rendement en acide bicliloroplatinicpie est de 80 à 90 pour 100. Ainsi un essai fait avec du tétrachloroplalinate argen tique renfermant 3^,/|684 de platine donne de l'acide bichloroplatinique renfermant s^^'jgSS de ce métal ou 84,5 pour 100. Cette solution ne renferme que du platine et du clilore; trouvé dans un essai : 7'3,53 pour 100 platine et 2(3,47 di'oi'e; caiculé pour PtCl- : 73,33 pour ino platine et 2(3,67 chlore. iJans les dillérenls essais, l'acide liexacliloroplatiniqiie fut préparé en IrailaiU de la mousse ou du noir de plaline purs en suspension dans Tacide clilorhydrique concentré par un courant de chlore. L'acide liexacliloroplalinic|ue purifié par plusieurs cristalli- sations fut traité par 2"'°' de nitrate d'argent à froid, l.'hcxacliloroplatinale argenlique recueilli, lavé à l'eau glacée, fut décomposé au bain-uiarie ))ar l'eau chaude; l'acide lélrachloroplatinique obtenu, analysé, Iraité par 2'""' de nitrate argentique, fournit un sel d'argent qui fut lavé puis bouilli pendant 3 heures directement à la ilamnie avec de l'eau distillée (ou pejulant 8 heures à la température du bain-rnarie). L'analyse des composés soluldes du platine par fusion avec du caibonato sodique ne donnant pas, d^'après de multiples expériences, des résultats suffisamment exacts, j'ai choisi la méthode suivante qui est au contraire d'une grande précision : la solution renfermant du plaïine et du chlore, portée à la température deSo" à 90°, est traitée par un courant lent d'acide sulfhydrifjue pendant r heure. On fait ensuite bouillir puis on traite a nouveau par l'acide snlfhydrique pendant 10 minutes; on fait bouillir et on laissé déposer- : dans ces conditions tout le platine est |)récipité. Dans le filtrat, débarrassé complètement de l'acide sulfhydri(|ue par ébullition, ou dose le chlore, hésultats tout à fait concordants. Action de l' ammoniaque sur l'acide bichloroplatinique. — Va\ versant dans une solution d'acide bichloroplatini({ue un excès d'ammoniaqiie, le liquide prend une teinte foncée, puis au bout d'un certain temps il se forme un précipité brun floconneux, ayant l'apparence de l'hydrate ferrique l'raîcbe- ment précipité. On accélère la formation de Ce préci{)ilé en chaullant légèrement, llecueilli sur filtre et lavé longuement avec de l'eau bouillante jusqu'à élimination complète de l'ammoniaque, puis desséché, ce précipité se présente sous forme d'une masse amorphe de structure conchoïdale, fout comme l'hydrate ferrique sec. Ce corps possède une propriété fort curieuse : placé sur un verre de montre et desséché à 100° puis sur de l'acide sulfu- lyb ACADEMIE DES SCIENCES. riqiic concentré, il absorl)e, lorsqu'il est exposé à l'air, de l'humidité; ensuite les petites masses se meltenl en mouvement et sont souvent pro- jetées même hors du verre de montre sur lequel elles ont été placées. Ce produit chauilé légèrement noircit d'al)ord, puis détonne assez vio- lemment; les produits obtenus dans cette déllagralion sont : mousse de platine, azote, vapeur d'eau et oxygène. Il ne renferme que ces éléments et est complètement exempt de chlore. En effet, en traitant l'acide bichloro- platiniquc par l'ammoniaque, on retrouve tout le chlore du composé plati- nique dans le filtrat (trouvé 0^,2416 de chlore dans un essai qui eût dû fournir 0*^,2414)- Le composé fulminanl reoferme 07,57 pour 100 de platine et 5,944 pour 100 d'am- moniac; il se dissout facilement dans l'acide chlorliydrique dilué dont on précipite le platine par l'acide siilfliydrique ; dans le filtrat on dose l'ammoniac, l^e composé pla- tinique fulminant décompose lentement l'eau oxygénée à froid ; il n'est pas altéré par ébullition avec une solution diluée d'hydrate potassique. Fondu avec de l'iiydrate po- tassique il dégage l'ammoniac et le résidu est du platine. Chauffé à 12.5° la teinte devient j)lus foncée et le produit fulminant j)eid ?., 68 pour 100 de son poids correspondant à 1™°' d'eau ; à iSo° il devient noir et perd 6, 19 pour 100 ou 2'"°' d'eau ; à 200° il perd 11,69 pour 'oo ou 4'""' et à 220", 18,47 pour 100 ou 6'"°' d'eau. Tous ces produits sont solubles dans l'acide chlorhydrique. Lorsqu'on chauffe au delà de 250° il commence à se décomposer. On ne parvient plus à dissoudre complètement le composé fulminant même dans l'acide chlorhydi ique concentré; il reste un résidu noir qui est du platine. D'après ce qui précède j'attribue à ce composé la formule suivante : (OH)'PtNH'Pt(OH)' de poids moléculaire 576,6, renfermant 67,372 pour toc de platine et 2,948 pour 100 d'ammoniac et pouvant perdre suc- cessivement 6"'"' d'eau sans subir de décomposition, ce que l'expérience a confirmé. Action (le la pyridine sur l'acide biciduioplatinique. — Paur confir- mer la formule précédente j'ai fait agir la pyridine sur l'acide bichloropla- tinique. J'ai obtenu, comme pour l'ammoniac, d'abord une teinte plus foncée, puis un précipité floconneux brun qui, desséché, est pulvérulent et, exposé à l'air humide, présente également de petits mouvements, moindres cependant que ceux obtenus avec le produit précédent. Chauilé, il devient noir puis détonne en produisant une pluie d'étincelles; le résidu est formé de mousse de platine et de noir de fumée. Ce nouveau produit fulminant répond à la formule ((_)ll)'PtC'Il ' M't(()ll)' ; analysé pour carbone et hydrogène il donne respectivement 8,893 pour 100 et SÉANCE DU 4 OCTOBRE IQOg. 577 2,188 pour 100 dans un essai qui eût dû fournir 9,397 pour 100 de carbone et 2,349 pour 100 d'hydrogène. Il contient ()o,45 pour 100 de platine (cal- culé 61,01 pour 100). Chaufté à i'23"-i35° il devient brun foncé et perd i"""' d'eau ; il est d'un Itruu presque noir à 1 9o"-2oo" et perd 4'""' d'eau ; il est noir à 22<)"-25o" et perd 5'""' d'eau. MAGNÉTISME TERRESTRE. — La perturbation magnétique et l'aurore boréale du 23 septembre 1909. Note de M. Alfred An<:ot. l'ne perturbation magnétique d'une importance exceptionnelle s'est pro- duite le 23 septembre dernier; c'est la plus forte qui ait été observée jusqu'ici depuis le commencement des observations magnétiques au Parc- Saint-Maur, c'est-à-dire depuis i883. Comme d'ordinaire dans les grandes perturbations, les courbes des enre- gistreurs photographiques sont très incomplètes ; les images sont sorties du champ et, de plus, les mouvements du point lumineux sont le plus souvent trop rapides pour impressionner le papier sensible. Mais M. J. Itié, chargé des observations magnéticpies au Val-Joyeux, a, pendant presque tout le temps, suivi avec le plus grand zèle la marche des instruments de varia- tion à observation directe, de sorte que, si l'on ne connaît peut-être pas absolument les écarts extrêmes, on en a au moins une valeur très approchée, qui ne peut être qu'inférieure à la réalité. La perturbation a débuté brusquement le 20 à i i''5o'" et a persisté très intense jusque vers 21 ''20'". La déclinaison, dont la moyenne est actuel- lement de i4''3o', est tombée à ii" vers i2''4o'"et a atteint 16° à iG''56'". La composante horizontale, dont la moyenne est o, 19745 a passé de o, 2040 à i6''57™ à o, 1942 vers 20''. La variation totale dépasse donc pour la décli- naison 3" et pour la conqiosante horizontale 0,0098, soit environ — de sa valeur absolue. La plus graiule peiUirbation observée jusqu'à ce jour(3i octol)ie-i"'' novembre igo3) avait lionne seulement des ccurls de a"4' poui' la déclinaison el de o,ooGS pour la composante horizoïUale. La perturbation magnétique a été observée aussi à IJagnères-de-Bigorre, à Nantes el à Perpignan ; mais les courbes photographiques sont trop incom- 578 ACADÉMIE DES SCIENCES, pictes pour qu'on puisse en déduire les écarts absolus. A l>agnères-de- Bigorre, M. Marchand signale un écart de plus de 2" dans la déclinaison. Cet orage magnétique a été accompagné des manifestations ordinaires, courants telluritjues et aurore boréale. Les courants telluriques ont été, dans la journée, assez intenses pour entraver et même interrom])re complè- tement le fonctionnement des lignes télégraphiques. L'aurore boréale aurait pu, vraisemblablement, cire remarquée dans toute la France : elle m'a été signalée, en effet, à la fois de Nice par l'Observatoire, de Saint-Georges- sur-Chcr (Loir-et-Cher) par le D'' de Tastes, de Clamarl (Seine) par le D' Stassano, et du Conquet (Finistère) par M. Ragaclie. KUe a été visible depuis la tombée de la nuit juscjue vers 20'' 3o'" et même au delà. La description la [ilus complète est celle de M. Ragache. Au Conquet, l'aurore affectait la forme d'un arc surbaissé, dont le sommet était à peu près au Nord-Nord-Ouest et dont les pieds touchaient l'horizon au Nord et au Nord-Ouest. Au-dessus de cet art apparaissaient des rayons dont quelques-uns atteignaient prescpie le zénith et présentaient, surtout vers le haut, une coloration pourpre ou violacée. Bien ([u'aucunc mesure n'ait été faite, on voit que le sommet de l'arc était certainement très voisin du méri- dien magnétique. La séance est levée à ! heures trois quarts. BUI.I.Ktl\ lUItl.IOGKAPIIMiUE. OUVIUGRS REÇUS DANS LA SÉANCE DU 27 SEPTEMBIIE IQOg. Mémoires de l' [cddcmie des Sciences. Insci ijylions rt lîellcs-Lellres de Toulouse, :>:' série, t. VIII. Toulouse, 1908: i vol. in-8°. Le tremblement de terre. Moyens d'éviter ses désastres, par M. L. Faiiuv. Marseille, (909; I brocf]. in-S". l'ravii;o rie la leonino de l'erimil . de Ai,i:KSANl)i;it Nii'I'a. f'nris, i<|imi; i jji'ncli. in-S". A'A^.V VI' Bulletin mcléorolo^ique annuel du déparlenienl des l'yrenees-Orien-: laies. Année 190-. Perpignan, 1909; 1 fasc. in-4°. SÉANCE DU 4 OCTOBRE I909. 5ng L'instruclion dans les colonies pujlugaisfs. \yAv M. de Almada Negriîiros. Bruxelles, 1909; I l)iocli. iii-S». (Présenlé par M. Grandidier. ) Annales de la Société scientifique de Brii.velles. 1908-1909. 3" et 4" fasc. Louvain, 1909; I fasc. iti-8". Annuario biograjico del Circolo ntatematico di Palermo, 1909. Palerme. 1909; I vol. in-8°. Report on ihe investigation of an eleclric shaftfurnace: Domnarfvet, Swedcn, etc. Ollawa, 1909; I fasc. in-8". Mcniorias doinstituto Oswaldo Criiz. Hio-de-Janeiro, 1909; i fasc. in-S". Publikationen des astrophysikalisclien Observatoriums zu Potsdani. n" 56. Potsdam, 1909; i voi. in-^". Koninkrijk dcr Nederlandcn. Slatistiek vanden in-, int- en door\oer over /ici jaar 1908. Amsterdam, 1909; 1 vol. in-4°. OlIVHAGf.S REÇUS DANS LA SÉANCE DU 4 OCIOIÎRE I909. Opère matematiche di Francesco Hriosciii, pubblicate per cura del Comilalo per le onoranze a Francesco Briosclii. Toino f|uinln ed uilinio. Milan, Ulrico llœpli, 1909; I vol. in-4°. (Hommage du Comité.) Le pyromètre thermo-électrique pour la mesure des températures élev'ées, par II. Pécheux. Paris, Gauihier-Viliars, Masson el C'", 1 vol. in-S". (Présenté par M. Violle.) A history of Hindu Chemislry, frnm the earliest times to the middle of sijleentli century A. /)., vxitli sanskrit te.rts, reniants, translation and illustrations, liv Prapiiui.la Chandra Ray. \o\. I (second édition, revised and elarged). Vol. II. Cal- cutta, 1903-1909; 2 vol. iii-i-.>.. (Présenté par M. Troost. Homrnatie de l'auteur.) Tlie décomposition and sublimation of ammonium nilritc. bv Prafuli.a CiiAXDRA Rây. (Exlr. des Transactions of the Chemical Society, I. \GV, 1909.) 1 fasc. in-8°. (Présenté par M. Troost.) Flore de France, ou description des plantes qui croissent spontanément en France, en tjorse et en Alsace-Lorraine, par G. Holv, t. \I. Paris, les (ils d'Emile Deyrolle, juillet 1909; I voi. in-S". (Présenté par M. Guignard.) Précis de Psychologie, par William James, traduit par F. Baudin el G. Bertier. Paris, Marcel Rivière, 1910; i vol. in-S". Dix-huit feuilles de Cartes nouvellement éditées par le Service géographique de l'Armée : Lyon. — Givors. — ISice. — Perpignan ; 4 feuilles eu couleurs, au âoooo". Tunisie : Feuilles 07, 68, 79, 80, 81, 90, 97, 98, 100; au 100000=. Algérie : Feuilles 'i-8, 06; au 200000'". Em-irons de Conslantine : i feuille, au ôoooo". Maroc : Figuig et Mazagan ; >. feuilles en couleurs, au âooono''. )8o ACADÉMIE DES SCIENCES. EliRATA. (Séance du 26 juillet 1909.) Note de MM. A. de Gramont et C. de iVaUevilk, Sur le spectre ultra- violet de bandes du phosphore : Page 264, ligne i5 en remontant, tu/ lieu de 0,1 niicrofarad, lisez 0.01 microfarad. (Séance du 6 septembre 1909.) Note de M. Ch. Lallemand, Sur les marées théoriques du géoide, etc. : Page 477, dernière ligne du Tableau, après précessionnelle, ajoutez 18""". (Séance du 1 3 septembre 1909.) Note de M. H. Deslandres, Mouvements de i'atiuosphrre solaire supé- rieure au-dessus et autour des facules : Page 49^! ligne 7, au lieu de Elle repiésente la partie étudiée du Soleil, agrandie dix fois, lisez agrandie sept fois et demie. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI II OCTOBRE 1909. PRESIDENCK DE M. BOUCHARD. MEMOIKE8 ET COMMUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE 1,'ACADÉMIE. \l. Hatov de i.a fioi'pii.MÈiîE fail hommage à l'Acadrmie d'un exemplaire du Iravail qu'il vient de publier dans les Anncilcs des Mines ( 1909), sous le lilre : Oscillations des bennes non guidées ; il s'exprime ainsi (ju'il suit : Durant la longue suite des siècles passés (et encore aujourd'hui pendant la période de touçage des puits de mines), l'extraction ne pouvait s'effectuer qu'au moyen de bennes dépourvues de guidonnages. Il s'ensuivait des oscil- lations pendulaires non seulement gênantes pour le personnel, mais très dangereuses, surtout au moment de la rencontre des deux tonnes, mon- tante et descendante, et nonobstant la grande lenleuidu mouvement. Seule l'introduction toute récente des cages guidées a pu allranchir de cette sujé- tion l'art des mines, en permettant les grandes vitesses, et par là l'extrac- tion intensive et l'extraordinaire développement de l'industrie humaine dans toutes ses branches. Un tel phénomène ne relève nullement de la théorie classique du pendule, puisque la longueur de suspension varie d'une manière incessante. Il con- stitue un problème siii generis que je me suis proposé d'étudier. Son équation dillérentielle peut être envisagée sous deux aspects distincts, donnant lieu à deux questions : directe et iftvcrse. Cette dernière (de pure curiosité) a pour but de déterminer suivant quelle loi il faudrait ///er r/ff càhlc pour que le mobile exécutât un mouvement angulaire défini à l'avance, ou parcourût une trajectoire assignée a prioii. Or celle recherche est sus- ce[)tible d'une solution générale complètement rigoureuse, et je la ramène aux ((uadialures poui- des lois quelconques. G. R.. 1909, ;>• Semestre. (T. 149, N" 15.) 79 "iS'j ACADÉMIE DES SCIENCES. 11 n'en est plus de même du problème direct, dans lequ»l on cherche la loi d'oscillation et la trajectoire qui correspondent à un mode de déroule- ment arbilruire. Mais il convient de r('mar([ucr t[ue les conditions des puits de mines le restreignent précisément de la manière la plus étroite au cas des petites oscillations. L'analyse, réduite à cette hypothèse, n'en conserve pas moins une très grande complication. Je la ramène, suivant les cas, à une équation de Kiccati ou à l'intégration par séries. Finalement j'en déduis, pour les engins de la pratique, des formules très simples exprimant la durée de l'oscillation, ainsi que les lois de succession de ces durées et des longueurs de câble cor- respondantes. V,G problème direct s'étant présenté depuis longtenqjs à ma pensée, sans que mes occupations me permissent de m'en occuper, je l'avais signalé à l'attention des chercheurs par une insertion dans V Intermédiaire des Mathé- maticiens. Elle provoqua, de la part de M. Lecornu, professeur à l'iù-ole Polytechnique, ainsi qu'il a bien voulu l'indiquer lui-même, la rédaction d'un Mémoire remar(]uable inséré par lui dans leTomeXlXdes^c/ama^/ie- matica, et résumé dans Xa Compte rendu an 1 5 janvier i8c)4. M. Boussinesq releva d'ailleurs une tentative antérieure, mais beaucoup plus sommaire, de Bossut, dès l'année 1778. En raison d'une maladie, ces circonstances sont passées pour moi complètement inaperçues, sans quoi je n'aurais pas songé à reprendre à mon toui* ce sujet. Je ne le regretterai pas cependant, car j'ai reconnu sur l'exemplaire que M. Lecornu a mis sous mes yeux que je l'ai traité d'une manière tout à fait distincte, et avec des développements difl'érenls. Mais je tiens essentiellement à souligner ici cette priorité, en signalant la haute valeur et le très grand intérêt du travail de cet iiabile géomètre. M. P. Ddue-m, faisanl hommage à l'Académie d'un Ouvrage qu'il vient de publier, adresse ki Lettre suivante : Le 27 janvier i<)0Olir lOnO. Sang artériel immédiat 0,74 II . 1 3o 0,92 Total après chaiillage en présence ] ., , g, de 1 acide lluornvdimue. J „, ^ ' ( 34 0,96 Plasma 56 pour 100. /m médiat i , 06 h I 22 1,82 Total auvèi clianfTage en présence 1 ., , ', , p . , ,, r , ■ ^ 2»^ • ''4o de I acide lluorlivdrjiine. 1 r, // ' ' sS ',44 02 \."i'+ Globules 34 pour 100. Immédiat , f> , 4H II (28 o,5o 3o o , 60 \ . "^ . ' '\ 32 o , 00 de Tacide lluorlivdruiue. l „. ,. ..„ 36 0,68 (') Nous appelons sucre immédiat du sang le sucre qu'on dose iinniédialenient dans un extrait de sang obtenu par une des méthodes classiques, et sucre total le sucre dosé après chauffage suffisamment prolongé de l'extrait, en présence de l'acide fluor- hydrique (>oir Comptes rendus, 27 juillet et 3o noxeuibre 1908). Four obtenir le sucre total nous chaud'ons plusieurs éclianlillons pendant des temps différents : cela SÉANCE DU II OCTOBRE l()0.). 585 Calcul pour iooqp de saut; : I m niriliiit Glycosc pour lorin. ( I ,06 X 66 plasma (divisé par loo) =10,699 ( 0,48 X 3/1 i!,iobules » =o,i63 Somme ob,862 _ , ( I ,54 X 66 plasma (divisé par 100) =1,01 ToUil \ 1/111 ■) ( 0,6b X 34 globules « 1=0, '20 Soiuiiie ''''J24 Ainsi la somme des sucres totaux du plasma et des f^lohulcs renfermés dans looos de sans;' donne 1,2/1 qui est le chillre oljlcnii diieclemeiil dans le sanj; lui-même. Il est d'ailleurs tort rare d'observer une telle concordance. Pour les immédiats, la somme des sucres du plasma et des globules donne un cbilïre trop fort (o,86>o,y4)- H en est toujours ainsi; car, ainsi que nous l'avons dit antérieurement, il se dégat;e du sucre aux dépens du sucre virtuel pendant la centrifugation. Le lluorure de sodium n'empècbe pas ce dégagement. • Chien saigné et à lUnanition (2782). Sam; AitTËiiiiCL. Glycose pour 1000. hnmcdial 1 , 08 h Total après rliaullai^e eu préseuce 1 , .i„ !'„„;. 1.. Il !.. .1..: ] ^ •■ i 34. de l'aciiie lluorlivdriiMii 3o 1,64 1,60 I ,60 Plasma 65 i-our 100. Immcdiat ' • 47 II / 22 I ,80 7'o'il est trop loui; l'acide tlnorhydrique en détruit une partie. Le cliillre le plus fort est nécessairement le meilleur. Dans les dosages qui sui\e;il ce cliidre est eu caractère gras. 586 ACADÉMIE DES SCIENCES. Gloriilks 35 poiiB loo. Inuiit'dial Total après cl)aiifi"age en présence \ ., de l'acide fluorbvdiique. \ . Gly cose poui lOOC o M 0, 90 o, 8o o, ,8o Calcul pour looon de sang : Immédiat ( 1 ,4/ X 65 plasma (divisé par loo) =0,955 ( o, 8a X 35 globules » =r 0,287 Son Total . \ 1,88 X 65 plasma (divisé par 100) := 1,235 ( 0,90 X 35 globules » = o,3i 5 Somme i8,55o Comme nous l'avons dil à propos du cas précédent, il ne faul pas s'étonner que la somme des immédiats donne un cliilf're trop fort. C'est une erreur inévitable. Mais il est' à remarquer que la somme des totaux est ici un peu faible (i,5,')a < 1,64). Cette dilïércnce est minime; elle excède cependant la limite de nos erreurs de dosage. Aussi faut-il admettre que le total du plasma 011 celui des globules est trop faible, le cbauffage n'ayant pas été suffisant, ou l'acide fluorbydriquc ayant détruit plus de sucre qu'il ne fait habituellement. Eu tout cas, le cliauil'age des globules a été suffisant puisque nous avons 0,8 et 0,8 succédant à 0,9. Mais il est possible que dans le plasma le chauffage de 3o heures n'ait pas été suffisant. Ku admet- tant 2« au lieu de i*»', 88, on a : 2,00 X 65 (divisé par loo) 1 ,3o o , 90 X 35 » o , 3 1 5 , 6 1 5 c'est-à-dire sensiblement le sucre total du sang (i,64). En résumé, tandis cjue pour la raison sus-indiquée on a toujours [tour la somme des immédiats du plasma et des globules un chillre supérieur à l'immédiat du sang, on peut, si l'on sait doser le sucre total, ce qui est d'ailleurs fort difficile et très long, obtenir la concordance exacte en lie la somme des totaux du plasma et des globules et le total du sang. SÉANCE l)V 11 OCTOlîRE 1909. 587 PLIS CACHETES. M. Chabi-es Féry domaiide Touverture d'un pli caclieté reçu dans la séance du 1 7 mai 1909 et inscrit sous le n" 7483. Ce pli, ouvert en séance par M. le Président, contient une Aolc intitulée : L évaluation de la température des étoiles. M. Ch. Féry y décrit le projet d'un appareil destiné à permettre d'éva- luer la température des étoiles d'après leur couleur. Les radiations reçues des étoiles sont comparées à celles d'une petite lampe étalon, dont on peut faire varier la teinte en déplaçant la longueur d'onde dominante du spectre qu'elle fournit. COUUESPOIVDAIVCE. M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance : 1° Un Mémoire de M. I. L\g.\hde : Formules et Tables pour faciliter l'emploi des catalogues photographiques en coordonnées rectilignes. (I^résenté par M. Baillaud.) 2° Australasian médical Congress. Transactions of the ciglith Session, jield in Melbourne (Victoria), oclober 1908. 3° La feuille de .S. liento. (Adressée [tar la Commission géographiipie et géologique de l'Etat de S. l'aiiln, iîri'sil.) M. AcG. Chevalier adresse des remerciments à l'Académie pour la suli- vention (jui lui a été accordée sur le fonds Bonaparte. ASTRONOMIE. — Observations sur la surface de la planète Mars du f\ juin à octobre iç)(n). Note de M. II. Jahrv-Desloges, présentée par M. Bigourdan. Les études de la planète Mars, déjà commencées en 1907 an lîcvard (Savoie), furent continuées cette année dans deux Observatoires difïérents destinés à se contrôler mutuellement. Comme la bonne qualité des images est de la plus haute impoiiance pour ces recherches difficiles, les ( )bserva- .i88 ACADEMIE DES SCIENCES. toircs furent placés à de hautes altitudes : Tun, à nouveau, sur le plateau du Revard (altitude i55o°'); l'autre aux environs du Massegros, sur le Caussede Sauveterre (Lozère) (altitude Cjoo"'). L'équatorial employé au Revard avait un olijectif de o™,37 d'ouverture (') de M. Scha-r; celui du Massegros, un objectif de o'°,-2g de la maison Merz. Je m'étais adjoint comme collaborateurs M. G. Pournier au lîcvard et M. V. Fournier au Massegros. J'ai personnellement observé au Revard jusqu'au 8 septembre et me rendis ensuite au Massegros. Puis l'Observa- toire du Revard fut démonté et remonté à Toury. dans la plaine de la Beauce, où les études continuent. f.r 'n ■'• ij /„. '/rf t . /-., /A ' ;■/ / '"■ 1 i 1 1 ! : -J 1 % P^ iN m 1 Ili^ m p p 1 1 1 r' - ■ !^ WT m l w r ^^^w M ip> !«« wr a h- . ■■•■ ^ 1 1 !,|.. % *-- ■■ 1 i ^1 i. t - ¥ .i i •••t' .-i' • n '■1 '■.■r. ■,'. m m l3 |- 1 1 1 ? 1 - -■'.■ 1 ..!, ■'A ,\' 4 bv 1 1 1 1 1 1 ! , » !■ _ .L..1.I 1 -i.i- 1. i-ij Fig. 1. — Planisphère de la planète Mars, moniriint 1rs liélails aperçus pendant les nn de juiu-juillel ii|(»|. Les premières observations de Mars montrèrent, en général, que toutes les plages assombries de cette planète étaient d'une pâleur excessive et ne ressemblaient sur aucun point à ce qu'elles étaient en 1907, à une époque coirespoudanlc de la nicnie saison martienne. Cette pâleur dura tous les ois de juin ctdojuiilel, et ce ne fui qu'au début d'août qu'on observa un m (') Probablement le plus puissant rélVacteur monté à une ausni haute allilucle dans noire vieux monde. SÉANCE DU II OCTOBRE T909. "i.Sp renforcement clans les teintes de certaines de ces régions. L'assombrissement auj^menta d'intensité pendant le mois d'août, et en septembre les plages assoinbriesde cette planète avaient repris leur coloration grisâtre habituelle. On fit de fréquentes mesures micrométriques de la calotte polaire (|ui diminua graduellement d'élendue. La diminution fut particulièrement rapide vers la date du i5 août. A l'intérieur de cette calotte on observa de nombreuses crevasses sombres, ainsi que des régions, les unes grisâtres, les autres brillantes. I )e très imporlanles varinlions de l'orme, teinte et étendue furent constatées parti- ciilièiement dans Mare Sireniim et Mare Cinuneriam qui, de pâles et Houes, devinrent sombres et liien délimitées. Il en fut de même pour S/rtis Minor, Mare Tyrrhcnum, A/irorrr Sinus, etc. Hellas^ claire et énorme, devint petite et rose l'once dans la suite. Deiicaltonis itegio^ d'abord étroite, devint larj,'e. Laciis Mœris, invisible en juin, juillet et août, apparut en septembre et présenta de rapides et impoitantes \arinli(3ns dans ses contours. Lacus Solis, méconnaissable'd'abord, devint ensuite Ijien distinct et assez sombre, etc. Les bandes sombres, appelées ca/iau.r, invisibles on général en juin-juillet, devinrent perceptibles en août et septembre, mais étaient, pour la plupart, à la limite de visibilité. Dans le mois de septembre, à certains instants où le calme atmosphérique terrestre était complet (et sans doute aussi au même ins- tant, les conditions sur Mars étant favorables), on aperçut, dans certaines plages gri- sâtres de Mars, une multitude de fins détails qu'il fut impossible de dessiner, tant ils étaient nombreux. Ces détails variaient d'apparence suivant les régions : dans le Ga/igcs ils étaient très petits, nettement délimités, ronds ou vaguement octogonaux; leur teinte variait du jaune pâle au brun ou au gris plus on moins sombre. Il m'a semblé que la bordure ouest du Ganges, légèrement plus assom- brie, ne se résolvait pas en petits détails. Dans SoHs Lacas ils étaient très complexes : mélange de ligaments irréguliers de différenls tons grisâtres, avec granulation plus sombre, et, vers le centre, plages grisâtres mal délimi- tées, de moyenne grandeur. On ne vit pas de ces détails dans les régions jaune clair et peu ou pas dans les plages très sombres. Il semble que stn- Mars les conditions qui permettent d'apercevoir les petits détails de la sur- face sont rarement favorables dans les régions tempérées ou équatoriales ; vers le pôle, elles sont souvent meilleures, mais alors l'obliquité de la vision ne permet pas de bien les apercevoir. .l'ai tenu les astronomes au courant des pliénomènes observés sur Mars par dépèches adressées en particulier à l'Observatoire de Paris aux dates des 10 et 20 juillet, 12 et 21 août, 4 et 16 septembre, 7 octobre. Le planisphère ci-contre donne l'aspect de Mars au moment de sa plus grande pâleur; et les dessins des régions du Sinas Sabauts et de Syrlis Major. C. R.. 190P, 2' Semestre. (T. 149, N" 15.) ^O f- F"ii,'. J. — Kéj;ions tlu Sinus Sabicus et de S\iUs .M;ij q^ q o" 6 +1 +1 Ci 0 i~- oT oo" ro _ 00 .- o — +1 + -=*. ,_ o ^^ o + +1 o !0 +1 o ce o o o ©" 'o ^_, 7 + 0} co v-r Ol J a> 1 ro o (A en O o' c X ctt 1 + 1 ^ o c o s ■^-t « C^ QO CB o 1^ CO U tfl 6" +1 o -H en 6" +1 Cl o c c o ■73 00 00 o ^3- ce 6 -C 1> 0) +1 50 + o" 1) o' o + l> 1 + ro * ^ .^ io' in in 1.0 r; (N CO CO a c; u s q; s c i^ ^ ////. tJiiiv. Cenève. {. \LV1, i8'(j, p. 0-2. ou OEinrcs coi/iplèles. t. I, p. ()4. 594 ACADÉMIE DES SCIENCES. ajanl servi aux déterminations de poids atomiques exécutées au laboratoire de Har- vard, considérées à juste titre comme faites avec beaucoup de soin. Notre méthode consiste à peser successivement dans l'air et dans le vide une même masse de matière pulvérulente (208 à 5o» suivant la densité), à calculer la perle de poids dans le vide fondée sur la connaissance des densités du sel et de l'air, et à comparer ce résultat avec celui donné par l'expérience. Le Tableau suivant résun.c nos observations; la der- nière colonne donne, en milligrammes, l'erreur commise sur la pesée de loo!-' lic sub- stance lorsqu'on effectue par le calcul la réduction du poids au vide, au lieu de le faire expérimentalement; cette erreur est toujours de même sens, conformément à la théorie. Erreur Erreur Sels. Densité, sur looe. Sels. llensité. sur 1008. m^ mg KCl 1,97 32 CuSO' 3,58 12 KNO' 2,09 33 ZnBr' 3,64 7 NaCl 2,14 18 BaBr= 3,70 11 MgCi= 2,17 21 BaCP 3,85 7 CaCP 2,20 20 SrCP 3,96 9 KCIO' 2,34 22 SrBr' 4,2. 7 MnCl- 2,47 II AgNO^ 4,34 9 NiCl' 2,56 II NiBr= 4,64 6 2 KBr 2,69 22 CdBr^ 4i79 CoCI- 2,90 7 GoBr" 4j90 4 FeCl- 2,98 3 Ag^SO» 5,4o 6 NaBr 3,01 17 AgCl 5,5o 3 GdCP 3,32 6 CuO 6,4o i On voit, par ces données, que cette erreur est considérable, puisqu'elle atteint, pour un assez grand nombre de sels, -^^ et même ,-j^ et ,-;^ du poids en valeur absolue; elle dépend de la densité du sel, de Fhygro- scopicité et, à un haut degré, des conditions de l'expérience, notamment de la structure physique du sel pesé ; par exemple, on a trouvé avec le chlorure de potassium fondu, en gros morceaux, 5°'^; en cristaux, 20'"^; en poudre fine, 32°'s. 11 est donc difficile d'appliquer tels quels nos résultats à la cor- rection des déterminations antérieures de poids atomiques, question que nous discuterons d'ailleurs dans un Mémoire détaillé. La seule conclusion sur laquelle nous insistions dans celte INote, c'est qu'il est, dès lors, com- plètement illusoire de peser les corps à plus de ^-^^ près, ou de calculer les rapports atomiques avec une précision plus grande, toutes les fois que les poids de substances pulvérulentes, déterminés dans l'air, sont réduits au vide par le calcul; tel est, en particulier, le cas de la presque totalité des déterminations exécutées jusqu'à ce jour par les méthodes classiques. SÉANCE DU II OCTOBRE I909. 093 PHYSIQUE. — Sur l' influence prohahlr du inoui'ement de la Lune sur la radioactivité atmosphérique. Conséquences météorologiques. Note de M. l*Aui- lÎEsso.v, transmise par M. d'Arsonval. Nous avons l'té frappé des variations constatées dans la radioactivité de l'atmosphère par différents auteurs tels que MM. Elster et Geitel, le DMiockel, M. Bellia en mai 1907 sur l'Etna, etc., etc. Persuadé que la majeure paitie de cette radioactivité vient du sol comme le croient du reste MM. Elster et Geitel, nous avons entrepris au cours des mois de juillet et d'août de 1908 et de 1909 une série d'expériences. Nous avons examiné les variations de radioactivité de la source d'Uriage-les- Bains. Nous avons résumé nos premières expériences dans une Note commu- niquée à l'Académie des Sciences le 9 novembre 1908. Nous avons signalé que la radioactivité de la source principale d'Uriage- les-Bains variait avec la pression atmosphérique. Voici les nombres que nous avons trouvés : Valeur l'iession de la radioactivité atnios|)héri(|ue. en rii^ : minute. mm 745 «t=o,Oia 7^0 /j = o,oi5 735 rt ^ o , o 1 8 Ces mesures ont été faites sur les gaz contenus dans 3' d'eau; la valeur « est comptée en milligrammes : minute, rapportée à un volume de 10'. d'eau. Les appareils employés (') sont un électroscope de Curie modifié par MM. Chéneveau et Laborde, anciens préparateurs de Pierre Curie; ils sont construits par la Société centrale de Produits chimiques. D'autres auteurs ont du reste déjà signalé la variation de la radioactivité en fonction de la pression almospliéri([iie. Entre aiities M. F. Ziiln, dans le l'IiysiL. /eitschr.. t.\ 1. 1900, p. i-'.g, a montré que dans un puits de 60'" de profondeur la déperdilioii éleclrii[iie de l'atmosphère suivait exactement les oscillatifins de la pression atrno-.pijt'riiiiie ; quand le baromètre descend elle augmente, car rémaïuUion du sel augmente; quand il monte, elle diminue, car le dégagement est moins fort. (') Bulletin de la Société française de l'hysiiiue. 20 novembre 1908. — Journal de Physique, mars 1909. — Revue scientifique, 10 avril 1909. 596 ACADÉMIE DES SCIENCES. La rnêirir! constatation est faite par M. H. S. Scluînlv dans le Jnlirh. d. liadioalu. u. Ele/Uroni/., lyoS, qui indique que la radioactivité diminue neltcincMjt quand le liaro- mètre monte. Ayanl observé déjà en 190B d'atilres vai'ia Lions que nous ne pouvions attribuer à la pression atinosjibérique, nous avons pensé qu'elles pouvaient provenir, tout au tnoins en partie, du pbénoinène de la marée de l'écorce teiTestre dont M. Charles Lallemand ( ' ) parle dans un remarquable article de V Annuaire du Bureau des Longitudes de 1909 et dans plusieurs Commu- nications à l'Académie des Sciences. La Lune en passant au méridien du lieu produit une marée de l'écorce; l'émanation du sol est nutximum à ce moment, elle est par contre minimum au moment du passage au méridien antipode. En 1908, nous n'avions pas fait systématiquement les expériences aux heures du passage au méridien ou du méridien antipode; mais les heures avant été notées nous pouvons grouper toutes nos expériences dans le Tableau suivant : Tableau I. Opéiiil ion. D.ite I.... 20 juin. i<)o8 II.... 2 2 juin. 190S m.... 24 juiii. I ()o8 IV.... 8 juiU. '909 V.... 10 juin. '909 VI.... 1 3 juin. '909 VII.... 7 août '909 VIII.... 9 août 1909 IX.... 1 2 août 1909 X.... i4 août 1909 Différence Heure entre (lu riieure de puisée Valeur passage el relie >l.' au du passage la radio- Heure. Pression. MH-ritlieii. au tui'-riflicu. aclivilé n h m mm h m Il m 8 740 5 . 3 G 3 . 3o o,oi5 9 735 7.06 1..54 o.ot8 9.45 745 8.45 I 0,013 .6.39 742 4.14 12. 25 0,009 18. o5 745 5.43 12 . 32 o,oû8 8. i5 745 8.i5 G 0,012 16.00 74o 4.3o 12. 20 0,010 .7.33 745 6.i3 I I . 2G 0,008 8.56 745 8.56 0 0,01 2 10.53 74o 10.53 0 0,01 6 Dans ce Tableau : La première colonne indique la date et Tlieure de la prise d'écliantillon ; La deuxième colonne indique la jiression atmosphérique au moment; La troisième colonne indique l'heure du passage au méridien du lieu, 3°23'26" Est d'après V Annuaire du Bureau des Longitudes: en tenant compte du mouvement propre de la Lune, la correction sur Paris est de i4 minutes 3 secondes; (') GuAHLES Lallemand, Ac.v marées de l'écorce terrestre (Annuaire du Bureau des Longitudes, 1909). SÉANCE DU II oCTOBRli; 1909. xj-j l>a quatiièiiie colonne inili(|UL' lii ilillrrericc an Tlienit! entre l;i |iiise d'échyiililloii el le passage de la Lune an nii'ridicn ; La i'iiii|iii<'n]e rdluriiio rndl(|Me la \ali'nr // de la r adioactn lié. En rangeant les expériences par ordie de pcession croissante, on obtient le Tableau suivant : Tableau II. Ditlérence entre les heures île puisée el île |iassai;e Prcssiim , 1 , ■ ■ j- lie la Lune au méridien, atmosphérique __„^ en II'' i'' ii''iiu"' I 2'' :iu"' i2''i*J"' 12'':>5"' inilliméires. iinriilien. i''j("' r>''3o"' méridien anlipi>de. 735 o,oi8(II) 7^0 o,oiG(X) o,oi5(l) 0,010 (VU) :42 0,009 (IV) i"'""îv!; ( 0,008 (V) ^^" 0,0.2 (VI) . 0,008 (VIII) î 0,013 (L\) ^ Si nous examinons les résultats portés dans le Tableau H, nous voyons : 1° (^ue pour une heure de puisée constante par rapporta celle du passage de la Lune au méridien, la radioactivité croît quand la pression atmosphé- rique décroit; 2" (^ue, à pression constante, la radioactivité est maximum pour le pas- sage de la Lune au méridien, el minimum pour le passage au méridien anti- pode. Nous ne pouvons bien entendu conclure absolument, le nombre de mes expériences est insuffisant; nous espérons qu'une série d'observations per- mettra d'établir le bien-fondé de notre hypothèse. Il sera également néces- saire d'étudier l'influence du coeflicienl dr la marée, qui doit être de grande impoiiaiicc Si la loi de variation île la teneur d'émanation sorlanl du sol pouvait être établie, on connaîtrait la cause principale de la variation de la radioactivité atmosphérique. La porosité du sol et la radioactivité des roches superficielles agissent également. Si la Lune par son mouvement fait varier la radioactivité de l'atmosphère, on aura la preuve que notre satellite jouil bien, coiuinc le pense la croyance populaire, d'une action primordiale sur les variations du temps en multi- [iliant ou en réduisant les centres de condensation de la vapeur d'eau, en dehors des phénomènes de marée atmosphérique, de pression, de tempéra- ture et d'hygrométrie. C. K., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N» 15.) 81 5gS ACADÉMIE DES SCIENCES. PHYSIQUE. — Dissymélrie créée par le courant continu dans les chaînes lùjuides initialement symétriques formées de couples aqueux identiques à la viscosité près. Note de M. M. Ciiaxoz, transmise par M. d'Arsonval. Dans (les Notes antérieures (' ) j'ai prouvé que le courant continu traver- sant une cliaine aqueuse symétrique MR I M'R' I MR Y provo(juo une certaine dissymétrie décelable par la méthode électromé- trique. J'ai montré que cette dissymétrie consiste : a. En des variations de concentration aux contacts |i| et faj quand les électrolylcs ont un ion commun; h. Va\ des variations de concentration et des réactions chimiques quand les électrolytes n'ont pas d'ion commun. Pour étudier le mécanisme de la production de cette dissymétrie, j'ai été conduit à opérer sur des dissolutions de même concentration^ du même élec- trolyle, mais rendues différemment visqueuses par l'adjonction de glycérine ou de sucre. En opposant dans la chaîne symétrique la dissolution aqueuse ordinaire, la dissolution glycérinée ou sucrée de même concentration en électrolyte, j'ai constaté (par la méthode déjà décrite) que le passage du courant continu, à travers cette chaîne considérée, donne naissance aux phéno- mènes électriques (V, — Y„), (V,— V„), caractéristiques d'une dissymé- trie des contacts liquides ( ^). Je fais l'hypothèse qu'il s'agit de phénomènes électriques engendrés par des variations inverses de la concentration de l'électrolyte unique utilisé aux contacts [ï| et [2]. I" L'organisation de chaînes de concentration m'indique (jue tout se passe comme si cela avait réellement lieu. 2° Des essais portant sur des sels colorés prouvent effectivement cpril en est bien ainsi. (') M. Chanoz, Comptes rendus^ 4 jftnvier, 8 mars et i3 avril 1909. (^) J'ai également opéré sur des dissolutions d'électrolytes solidifiées par de la géla- tine, de l'agar-agar. SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. ^99 En opérant par exemple avec le hichronialede K et le sucre, on constate nettement que la chaîne Solution sucrée | Soluliim aqueuse | Solution sucrée, traversée de gauche à droite de l'observateur, subit des modifications dans Tintimité de sa couleur orange. Si Ion utilise une dissolution l'raiche f-> on voit la teinte diminuer en |2| et augmenter en [i] dans la liqueur aqueuse au bout d'un certain temps. La substance visqueuse ralentit la vitesse des ions de l'électrolyle. On' peutrendre compte de la dissymétrie engendrée parle courant en admettant que dans des milieux différemment visqueux, les ions de l'électrolyte con- sidéré se propagent avec des vitesses relatives différentes : Il II' . .. . , •' f' - ( pour lanion) ; • > -; : ( pour le catliion ). II' -h r' «-(-(■ II' -+- i La théorie des phénomènes conduit aux résultats suivants rapportés aux .... N . N dissolutions aqueuses — a — : ^ 20 1 00 1° La glycérine ralentit davantage l'anion que le cathion pour HCl etNaOH. 2° I^e saccharose ralentit davantage : a. L'anion que le cathion pour : HCl; SO'H'-; NaCI; CuCP; Kl; (M1-; SO'iNa-; SO^Mg; AzOWzH'; azotate d'urane; bichromate de potasse FeCy^K*; h. Le cathion que l'anion pour : KCl: Az( )'K; (AzO')-Mn; (AzO'')-Pb. CHIMIK. — Révision de la densité du gaz chlorhydrique, poids atomique du chlore. Note de M. Otto Scheuer, présentée par M. Georges Lemoine. Les déterminations récentes de la densité du gaz HCl ont donné pour le poids du litre normal : i,(»4o- | Leduc (')|; ijfiiqS [Guy et Ter-Gaza- rian (- )J; i,<>3<)7 | Gray (''il; !,6iurilié et ont donné les résultats suivants pour le poids du litre normal : / =r- o", 11 = 760""", /<=o, '/ = 4i>°. toutes corrections faites pour l'écart de compressibilité entre la pression de fermeture et la pression normale, la contraction par le vide, et la réduction des pesées au vide. ha concordance entre les moyeiHi(>s par ballons et par séries es! frappante, SÉANCE DU II OCTOBRE I909. 601 surtout si l'on remarque que la précision de la méthode ne permet pas de garantir la S"' décimale; aussi adoptons-nous comme valeur finale la moyenne arithmétique de nos 28 ohservations, arrondie à 4 décimales, soit L„„,„, = \«,Cj39\; la densité par rapport à l'air est alors l«, 2(i8l ; et par rap- port à l'oxygène, 1", 1472. Vc.liimes. I. II. III. IV. . V. VI. VII. Moyennes. cm" ? e s Kg Kg? 317,09... » i,63i)4o 1,63887 » 1,63933 1,63968 1,63928 1,63931 349,60... 1,63935 1,63968 1,63977 " 1,63933 1, 63941 1,63962 1,63953 385, 01... 1,63959 1,63945 1,63951 1,639^3 1,63931 1,639^4 1,6393?, 1,63944 527,66... 1,63939 1,63987 1,63892 » 1,68942 1,63895 1,63928 1,63930 578,75... » 1,63983 1,63988 » » » » 1,68960 898,16... » 1,68932 1,68943 » « » » 1,68988 Moyennes. 1,68944 1163909 1,63981 1,68948 1,68935 1,68987 1,63987 Nous avons appliqué à ces résultats les méthodes actuellement en usage pour la détermination physico-chimique du poids moléculaire, en utilisant dans ce but les constantes critiques déterminées par M. Leduc et par M. Briner (') ou le coefficient de compressibilité déterminé à 16° entre o et 2 atmosphères par MM. Leduc et Sacerdote (*). En retranchant du poids moléculaire de gaz HCl le poids atomique de l'hydrogène (1,008), on obtient les valeurs suivantes pour le poids atomique du chlore : Constantes Constantes] Compressibilité iritiques critii]ues (Leduc Métliodes lie correction. (Leduc). (Kriner). et Sacerdote). Volumes moléculaires 35, 44^ 35,445 » Densités limites directes » » 35,449 Densités limites indirectes 35,402 35,454 " Réduction des éléments critiques. 35, 44^ 35,446 » En attendant qu'on ait déterminé à nouveau sur du gaz H Cl soigneu- sement purifié les éléments physiques dont dépend la correction d'écart à la loi d'Avogadro, on peut conclure que nos mesures conduisent pour le poids atomiijue du chlore à un nombre certainement très voisin de Cl = 3;i,'i5. (') Leduc, Comptes rendus, l. CX.XV, 1897, P- ^''i®- — Briner, Joui 11. de Clïîni. pliys., t. W , 1906, p. 479. (^) Comptes rendus, t. CXW , p. 297. — D. UiiuiUELor, Zeitscli. f. ElelUruchemie, t. X, 1904, p. 624. Go2 ACADÉMIE DES SCIENCES. CHIMIE PHYSIQUE. — Analyse speclrogiaphùjue des hlemles. Note de M. G. Urbain, présentée par M. A. Ilaller. Nous avons observé, M VI. A. del Campo, Clair Seal et moi, la présence du germanium dans la blende de Los Picos de Europa, une blende de Turquie et une blende du Mexique. L'argyrodite, minéral très rare, étant la seule substance d'où le germa- nium ait été extrait, il était intéressant d'étudier les blendes dans le but de recliercher si certaines d'entre elles ne pourraient servir avantageusement de matière première pour la préparation du germanium. J'ai examiné 64 échantillons de blendes diHérentes et de provenances variées. La méthode que j'ai employée dar? ce but est celle des spectres d'arc. Un petit fragment du minéral est placé dans une cavité creusée dans le charbon positif. Avec le spectrographe de quartz (jue j'utilise, la pose nécessaire est d'environ y^ de seconde, et la quantité de matière consommée peut être inférieure à i'°s. Sur la même plaque, je photographie le spectre d'arc du fer qui sert de spectre de référence et le spectre des électrodes (avant d'y placer la matière à étudier). Cette précaution permet d'éliminer les raies parasites provenant des impuretés contenues dans les charbons. Mes mesures ont porté depuis la raie 2663,3 du ploiiib jusqu'à la raie 34o3,8 du cadmium, région du spectre ultra-violet parfaitement connue aujourd'hui. Les régions plus lointaines de l'ultra-violet encore insuffisamment étudiées ne permettraient pas l'attribution certaine des raies très faibles sur lesquelles l'attention doit se fixer spécialement dans la recherche des traces. La région ultra-violette plus voisine du spectre visible est envahie par les bandes du spectre du carbone qui rendent les observations incertaines pour de faibles dispersions. Entre ces limiles, je me suis astreint à ne négliger aucune raie, si faible soit-elle. Les spetires des blendes sont d'ailleiirs simples; c'est en général ia présence du fer qui les complique. Mais les raies nombreuses de cet élément ne gênent en rien les mesures, puisqu'elles coïncident avec celles du spectre de référence. Certaines blendes renferment en outre du manganèse dont le spectre est, comme l'on sait, très riche en raies; dans ce cas, je photographie le spectre du manganèse au-dessous du spectre à étudie)', ce qui simplifie immédiatement les observations. En cas d'inceititude dans l'attribution de certaines raies, on jicul contrôler ou rectifier par cette méthode les conclusions au\i|uelles les mesures ont conduit robsei\ateur. SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. 6o3 Je ne puis évidemment entrer ici dans le détail de cette étude, qui sera complètement développée dans un Mémoire ultérieur. Je me bornerai à signaler quelques-uns des résultais ol)tenus : Sur 64 blendes, 38 présenlaient nelleiiient le spectre du germanium. Parmi celles-ci, 5 contenaient cet élément en proportions telles que toutes ses raies pou- vaient être observées. Les provenances de ces minéraux sont les suivantes : Webb City (Missouri); Stolberg près Aix-la-Chapelle; Turquie d'Europe; Raibl (Corinthie); Mexique. Dans plusieurs blendes où la présence du germanium n'avait pu être décelée direc- tement, j'ai vu apparaître le spectre caractéristique à la suite de traitements appro- priés qui seront ultérieurement décrits. Le germanium est à peu près aussi répandu dans les blendes que l'indium. La pré- sence de ce dernier a été constatée dans 4' blendes et, parmi celles-ci, 3 étaient remarquablement riches. Elles provenaient des localités suivantes : Zinnwaid (' ), Wirtzborn (Nassau), Scliarfenberg (Saxe). Les blendes riches on germanium sont généralement riches en gallium et sont, au contraire, pauvres en indium. Sur les ',2 blendes les plus riches en germanium parmi celles qui présenlaient le spectre de ce corps, il n'y en avait que a qui renfer- maient de l'indium en quantité sensible, et il y en avait 12 qui n'en contenaient pas trace. Presque toutes les blendes renferment du gallium. Sur les 64 blendes examinées, il n'y en a que 5 dans lesquelles la présence du gallium ne pou- vait être affirmée. Les blendes très galliféres contiennent généralement plus de germanium que d'indium. L'argent et le cuivre se trouvent dans les blendes au même titre que le gallium. Tontes les blendes examinées renferment du cadmium et du plomb. En ce qui concerne les autres éléments, il peut être intéressant de signaler que sur 61 blendes, 32 ont révélé directement la présence de l'étain, 26 de Tantinioine, i4 du cobalt, 10 du bismutb, 9 de l'arsenic et 5 du molybdène. La présence du fer est très fréquente, ainsi que celle du manganèse. Par des concentrations chimiques j'ai pu mettre en évidence la présence simultanée de presque tous ces corps dans toutes les blendes que j'ai traitées. Les nombres précédents donnent donc seulement l'ordre de leur rareté relative dans ce minéral. (') La blende indifère de Zinnwaid m'a été envovée spécialement par le professeur Eberhard, de Potsdam. 6o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur (juelqiies dêrù'és de l'acide hexahydro-oxyhen- zoïcjiie. Noie de M. P.-J. TAiiBouitiRcii, présentée par M. A. Haller. L'acide liexahydro-oxybenzoïque CH'^^^ rku ^ ^^^ obtenu pour la première fois par Hans Bucherer (') à partir de la cyclohexanone. La production de ce corps est devenue particulièrement commode depuis que la méthode d'hydrogénation de MM. Sabatier et Senderens a permis d'ob- tenir facilement des quantités considérables de la cétone hydro-aromatique qui sert de matière première. La préparation de l'acide hexahydro-oxybenzoïque résulte de l'action du cyanure de potassium sur la cyclohexanone, décomposition du composé potassique ainsi formé par H Cl dilué, et hydratation du nitrile par HCI concentré : C H U vC H \Qj^^<^ H \0H^^ " \0H Le même auteur a préparé les sels d'argent et de calcium de l'acide hexahydro-oxybenzoïcjue; c'étaient les seuls dérivés connus jusqu'à ce jour. Nous avons repris la préparation de l'acide et effectué celle d'un certain nombre de ses sels et de ses éthers-sels, qui sont devenus la matière pre- mière de recherches ultérieures. Nitrile de l'acide lie.cahydro-o.rybenzoïII ,0 \ A H2 Amidc de l'acide liexahydro-oxybenzuïque OIl'"s nii • — '^^ forme par l'action de ramnionia(|ue aqueuse concentrée sur l'étlier métlivlique. Point de fusion : 124°. Action de l'iodiire de niétliylnia<;nésium sur l'étlier inéthvlique. — Quand on fait réagir, suivant la inétiiode de Grignard, l'ioduie de mélliylmagnésiuni sur l'étlier inétiijlique de l'acide licxaliydro-oxybeni^oïque, ou obtient le remplacement normal de l'atome d'oxyj;ène du carbox\le par deux radicaux CH-*, O C'H"'-COH-^C'H'" — (/^,, . I 1 I \CH'' 011 OH OH Le glycol hitertiaire ainsi obtenu se présente en aiguilles blanches à odeur cam|)liiee, peu sûlublês dans l'eau, solubles dans l'ajcool, très solubles dans l'étlier; on l'olilient en gros cristaux de sa solution dans l'alcool à 4o". Il fond à S.')", C. K., I90(j, j" Semestre. (T. liO, N" 15.) ^'-i bo() ACADEMIE DES SCIENCES. Suivant une réaction dont M. Uoineaiilt a réoeiiiinenl constaté le caractère général ('), ce composé est oxydé par t'^rO^ en milieu acétique, en donnant naissance à un mélanj;e de proparione et de cycloliexamuie. Celle réaction met en évidence la stiiiclure du composé qui est celle d'une pinacone. Effectivement le propanol-2-fvclohexanol se déshydrate sous l'action de certains acides en donnant simultanément une pinacoline et un carbure. CHIMIE ORGANIQUE. — Nouvelle série de leucohases et de matières colorantes dérivées du diphényléthène . Noie de M. P. Lemoui.t, présentée par M. .lungfleisch. Les dérivés alcoylés du yo/)-diamidodipliényléthène (voir ce recueil, t. CXLIX, année 1909, p. 348) que M. Busij^nies a préparés sur mes indi- cations, présentent, à coté de leurs propriétés attendues (basicité, fixation d'iiydrogène, etc.), une propriété tout à fait inattendue et curieuse. J'ai en ellet constaté que ces composés sont des leucobases, au même litre que les dérivés correspondants du diphénylniéthane. Pour justifier cette affirmation, il suffit de montrer qu'ils prennent sous l'action des oxydants une coloration fortement marquée, et que les liqueurs colorées ainsi obtenues sont capables de teindre en donnant des gammes de nuances. 1° Formation des colorants. — A l'air libre, une solution légèrement acidulée par l'acide acétique de tétraméthyldiamidodiphénylpropène, pris comme type, se colore assez rapidement en bleu; et un papier-filtre, imprégné de cette solution, prend une franche coloration bleue; le phénomène a la même netteté qu'avec les leucobases du di- ou triphénylmétliane. En raison des oxydants actifs en milieu acide, le phénomène prend une intensité beaucoup plus considérable; on peut employer, à volonté, les peroxydes comme le Lioxyde de plomb, les bichromates, les permanganates, etc., et même certains déri- vés chlorés comme Pt Cl* ; on obtient des liqueurs fortement colorées en bleu à condition toutefois de ne pas employer un excès d'oxydant qui fait disparaître toute coloration. La l'ormalion de colorant la plus caractéristique est celle qui se produit quand la liqueur acide de leucobase reçoit quelques gouttes d'une solution étendue de nilrilc ; inslanlanément apparaît une magnifique coloration bleu pur, très intense et qui augmente jusqu'à une certaine limite (environ (') Bull. Soc, c/iim., 4° série, t. \', 1909, p. 706. SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. 607 jmoi dy uitrite pour 1"^°' de leuco) quand on augmente la quantité de nitrite. Bien que ce point ne soit pas encore entièrement élucidé, il me semble que le nitrite agit ici comme fournisseur d'oxygène, sans apporter d'azote à la molécule colorée. Ce phénomène très net se produit avec d'autres leucobases (jui donnent les colorations suivantes : Tétrainéthyldiamiclodipliéii} léllièiie Vert Télraéthyldiamidodipliénylétliéiie Vert Tétra.méthyldiamidodipliéiiylpropène Bleu pur Tétraétlividiaiiiidoiliplu''nvlpropéne Bleu pur Tétramélhyldiamidodipliéiijlpliénylélliène Bleti verdàlre TétraélliyldianiidodipliéiiylpIiényléUiène Bleu vert et avec des produits monoamidés dialcoylés qui doiment des liqueurs jaune plus ou moins orangé. 2" Teinture. — Les solutions obtenues ci-dessus avec les oxydants ordi- naires ou, de préférence, avec les nitrites, se prêtent très bien aux essais de leinlure sur coton mordancé au tanin qui épuise à froid les bains de teinture quand ils sont légèrement chargés en colorants. Le mieux pour obtenir des gammes régulières de nuances est d'associer à un même poids de textile des quantités croissantes de Icucobase correspondant à 0,1; 0,2; o,'3; ..., pour 100 du textile; puis d'ajouter, dans le bain ainsi [)réparé, les quantités croissantes et calculées d'une liqueur très étendue de nitrite de sodium ; le colorant se produit instantanément et la teinture peut commencer. On ob- tient des nuances dont l'intensité est à peu près du même ordre <[ue celles qu'on obtiendrait avec les colorants du di- ou du triphénylmélbane. La production des colorants à partir des leucos et le pbénoméne ultérieur de la teinture, au lieu dèlrc attribués, comme je l'ai fait, aux composés éthyléniques initiaux, pourraient être attribués à des produits de déconqio- silion de ces composés. On pourrait, entre autres, objecter à ce qui précède que, par exemple, le tétramélhykliamidodiphénylpropène se scinde, par fixation d'eau, en fournissant, d'une part, de l'acétaldéliydeet, d'autre part, du tétraméthyldiamidodiphénylméthane auquel devraient être attribués les phénomènes de coloration et de teinture. Cette objection est facile à lever; en efl'el, si celte réaction de scisjsion se produisait, les liqueurs de leucobases devraient fournir le dérivé métbanique, facile à isoler et à caractériser; or elles ne donnent que la leuco initiale, à moins quelles n'aient été long- tenqjs en contact avec l'atmosphère, auquel cas elles donnent de la télra- méthyldiamidobenzophénone par une réaction sur laquelle je reviendrai ultérieurement. D'autre part, si la scission en dérivé métbanique avait lieu, 6o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. I(^ coloraiil formé, provenant loiijoiirs de ce dérivé, devrait être le même quelle ijiie soit la Icucobase initiale, puisque ce serait l'hydrol de Michler; on a vu qu'il n'en est rien, puisque les colorations obtenues varient du vert au hleii, alors que l'hydrol est bien violacé; en outre, si l'bydrol était présent dans les solutions colorantes, celles-ci devraient dotnier, par conden- sation avec la dimélhylaniline, par exemple, la leucobase du violet liexamé- thylé qu'on ne trouve pas dans les produits obtenus. Enfin la présence, dans les solutions de leucobases, du dérivé méthanique n'expliquerait pas la production de colorants à l'aide des solutions de nitrites, puisque le tétra- méthyldiamidodiphénylniétbane en liqueur acide ne se colore pas par le nitrite, comme le font lesdites solutions. Ces diverses raisons permettent de penser (|ue les dérivés amido-alcoylés du diphényléthène doivent leurs propriétés de leucobases, non pas à des produits de déconqujsition hy[)Otliéli(pie, mais à leur constitution propre, et tpie, par suite, ils forment une série nouvelle de leucobases ; les parties fondamentales de cette constitution sont mises en évidence dans la formule suivante : H,/ \C'IV- Az(R,)'- qui place en évidence 2"' de carbone particuliers : un carbone central (comme dans les leucos du diphénylmétbane) et un carbone étbylénique sur lequel il parait nécessaire que soit fixé au moins i"' d'hydrogène. Le meilleur moyen d'établir définitivement la nouveauté des leucobases éthyléniipu's serait de fixer la constitution des nouveaux colorants qu'elles engendient ; je pense y parvenir en continuant l'étude de celte séi'ie ijue je voudrais pouvoir me réserver. MINÉRAI-OGIE. — Sur les crislauœ liquides des combinaisons de la choleslêrine et de iergostérine avec l'urce. Note de M. Paui. GAUBERr, présentée par M. A. Lacroix. .Lai montré dans des Notes antérieures ( ' ) que la cbolestérine et l'ergosté- rine, en se combinant avec l'orcine, la glycérine, l'acide glycolique (-), etc., (') Comptes rendus, t. CXLV, 1907, p. 722; t. CXf.Vll, 1908, p. 498; Bull. Soc. fr. de Minéralogie, t. XXXII, 1909, p. 62. ("-) Depuis j'ai rimslati- (|ir.Tver l'acide malii|ue on obi ienl aussi des ciislaux li(|iiitleR 1res visqueux. SÉANCE DU II OCTOBRE I909. 609 donnent des composés présentant une phase liquide biréfringente ; ces deux corps peuvent aussi se combiner avec l'urée normale, l'urée sulfiir(''e et les urées composées à radicaux alcooliques (pliénjlurée, pliényisulfourée, thiosinnamine, mon^benzylurée, etc. ) et c'est l'étude des cristaux de la phase liquide biréfringente de cette nouvelle série de composés qui forme l'objet de cette Note. Les produits sont obtenus en chauffant sur une lame de verre porte objet de la cholcstérine ou de l'ergostérine avec une urée. La réaction se fait très rapidement, puisque, quelques secondes après la fusion complète, les cristaux liquides peuvent être observés au micro- scope. Avec les différentes urées, la phase liquide biréfringente présente quelques caractères particuliers qu'un excès de cholestérine fait ressortir parfois encore davantage. Avec la thiourée, la thiosinnamine, la phénylsulfourée, le licpiide iso- trope donne, en devenant anisotrope, des cristaux licjuides très alli)i)g('s, losangiques ayant tous les caractères de ceux du glycolatc de cholcstérine et du butyrate d'ergostérine. Leurs molécules s'orientent aussi de manière que leur axe opti(|ue soit perpendiculaire à la lame de verre, de telle sorte qu'en formant des plages obscures avec les niçois croisés, les cristaux très biréfringents, uniaxes et positifs, d'abord disposés horizontalement, ont l'apparence de se dissoudre de nouveau. Avec l'urée normale, le phénomène est différent. I>e ll(pii(!e isolri)|)e refroidi donne d'abord de tout petits sphérolites à croix noire montrant au début la teinte grise de premier ordre. Ces sphérolites s'accroisseiil rapi- dement et en lumière naturelle on voit un petit point noir là où les deux bras de la croix noire se rencontrent. Avec l'analyseur, ce pointest remplacé par deux taches très rapprochées l'une de l'autre dont la ligne de jonclion est perpendiculaire à la section principale du nicol. Ce fait a été observé par M. O. Lehmann dans d'autres substances. I^es petits sphérolites se réunissent parfois entre eux pour former des individus pouvant avoir -'„ de millimètre de diamètre et montrant par conséquent une s(*rie d'anneaux concentriques avec de belles teintes de polarisation (jusqu'au quatrième ordre). Les bandes biréfringentes correspondant aii\ liandes liiiileiises de M. 0. Lehmann, les sphérolites allongés et les bandes formés par les sphérolites disposés sur une ou deux rangées ()résententi de nombreuses particularités sur lesquelles je n'insiste pas; je me borne à signaler le mode de formation que montrent parfois de gros sphérolites. Ces derniers commencent par être formés par un secteur qui s'accroît surtout sur les GlO ACADÉMIE DES SCIENCES. bords limilés parles deux rayons, l'angle de ce secteur augmenle donc j)rogressivenienl et il se produit linalement un cercle parfait, comme Iors(|u"on ouvre un éventail japonais. Ces gros sphérolites écrasés par une aiguille appliquée sur la lamelle et à leur centre s'étalent (1h\ antage,se séparent même plus ou moins en secteurs et se reforment de nou- veau quand la pression cesse si l'expérience est faite avec soin. (Juanil un petit sphérolile louche un gros spliérolite, ce dernier s'ouvre parfois au point de contact et absorbe le premier de façon que sa substance soit à peu près répartie sur un secteur, de telle sorte que toutes les molécules du gros sphérolite sont ainsi légèrement déplacées: Les cristaux de la phase liquide anisolrope des combinaisons de la choleslérine avec 1 ui'ée normale, l'urée sulfurée, etc.. ne présentent pas île surfusion ou du moins celte dernière n'est guère évidente. 11 s'en esl pas de même de la combinaison avec la thiosinnamine. Les cristaux liquides de cette substance conservent leur forme, alors que le li(|uide est complètement solidifié à la lempératuie ordinaire. Les cristaux solides ne se produisent plus, il faut chauller de nouveau la plaque pour que la cris- tallisation se produise. Les cristaux liquides des mêmes composés de rergosléi'ine sont plus visqueux et plus diflicilcmeiU fusibles que ceux de la oholestérinc, mais ne présentent rien de particulier. Les cristaux solides de toutes ces combinaisons, produits sur une laiiie de verre, se groupent en faisceaux ou en sphérolites plus ou moins bien formés, en général fort irréguliers, mais avec la choleslérine et la monobenzylurée, ces sphérolites sont reraarqualUes'par leur dimension, leur régularité, la iinesse de leurs fibres et la variation di; leur biréfringence sous l'inlltience de la chaleur. En résumé, les combinaisons de la choleslérine el de Tergostérine avec l'urée normale el les uréines donnent une phase li(pitdc anisolrope. Kn général avec les urées sulfurées, il se produit des ciùslaux losangiques, alors qu'avec l'urée normale et d'autres uréines on observe habituelleinenl des sphérolites ou des gouttes liquides biréfringentes. BIOLOGIE VÉGÉTALE. — Sur les Dioscorea cultivés en Afrique tropicale et sur un cas de sélection naturelle relatif à une espèce spontanée dans la forêt vierge. Note ( ' j de M. Aug. Ciiev.u.ier, présentée par M. Edm. Perrier. On observe en grande quantité dans la forêt vierge de l'Afrique occiden- tale et dans les galeries forestières de la zone guinéenjie, à traders la longue (') Présentée darws la séance du 4 octobre 1909. SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. 61 I bande qui va des sources du Niger aux sources du Chari, une espèce d'igname sauvage qui se rattache, sans nul doute, au Dioscorea preliensilis Ben th. Bien que la description originale soit très incomplète, l'espèce est nettement carac- lérisée par les tiges cylindriques épineuses et glauques, sans tubercules aériens, par les feuilles simples cordées à la base, par les tleurs en longues grappes simples, pen- dantes et lâches, isolées ou insérées en petit nombre à l'aisselle des feuilles supé- rieures, à lobes du périanthe petits, arrondis et glabres, enfin par les fruits plus larges que longs, à ailes semi-orbiculaires pruineuses à la surface et renfermant dans chaque loge deux graines aplaties bordées d'une aile membraneuse formant un disque complet, de sorte que l'espèce appartient à la section Hudioscorea Baker. Dans la même zone que celle oii vit cette plante à l'état spontané et sur- tout dans la zone qui la limite au iNord (partie sud de la brousse soudanaise où il tombe de o'", 80 à i™,5o d'eau par an et oii la saison des pluies s'étend de mars à novembre), les indigènes cultivent avec beaucoup de soin un très grand nombre de races dignames. Leurs tubercules jouent un rôle impor- tant dans l'alimentation de plusieurs millions d'hommes; certaines peu- plades comme les Baoulés, les Achantis, quelques tribus de Sénoufos et de Mandés, les populations du nord du Dahomey, etc., vivent même presque exclusivement de ces tubercides. Nous venons de parcourir dans la saison favorable à la végétation des Dioscorea la haute Côte d'Ivoire et le Baoulé où celte culture est particuliè- rement développée et nous avons fait une étude de ces végétaux aussi atten- tive que possilile. Il existe dans celte région filus de 3o râpes d'ignames cultivées se ratta- chant à trois espèces principales, en donnant à l'expression espèce, son sens linnéen. I" Quelques formes se rattachent au Dioscorea lalifolia Benth, qui lui-même, d'après Baker, est englobé par le D. satifû L. (Dana, en soudanais nigérien). Il est rare en Afrique occidentale, mais très répandu en Afrique centrale, spécialement dans le Ilaut-Oubangui oii l'on cultive non seulement des formes alimentaires, mais aussi des formes toxiques (renfermant probablement de l'acide cyanhydrique) regardées comme ye/jcAe.? par les indigènes et jouissant de la merveilleuse propriété d'éloigner les vo- leurs. En réalité, comme dans chaque champ il existe des bons et des mauvais tuber- cules et qu'il n'y a pas possibilité de les distinguer, et comme le cultivateur seul con- naît l'emplacement oii il a planté les espèces alimentaires, il en résulte qu'aucun étranger n'ose cueillir des tubercules auxquels peuvent être mélangées des sortes véné- neuses. 2° Une espèce plus cultivée et présentant d'assez nombreuses variétés dont une peut f)I2 ACADÉMIE DRS SCIENCES. pirnliiire en (i mois 3o''" de tiil)eicu!es par- loiifl'e e^t le Dioscorca ahitit L., l)ien re- coniiaissahle à sa tige quadrangulaire, ailée, inerme el dépouiviic de tubercules aériens. ( )]i l'observe fréquemment dans les champs d'ignames de la Côte d'Ivoire, mais il est rare qu'elle occupe le tiers des plantations. On ne connaît pas son origine, mais elle paraît cultivée en Afrique depuis une très liante antiquité; nous l'avons observée depuis le Sénégal jusqu'au Congo. 3" Mais l'espèce de beaucoup, la plus répandue en Afrique occidentale et qui forme pour ainsi dire le fond des plantations, présente tous les caractères généraux attribués ci-dessus au Dioscoiea prehensilis spontané dans la forêt vierge. (]et igname comprend dans le Baoulé seulement, plus de ^!0 races dis- tinctes que tous les cultivateurs indigènes savent parfaitement distinguer et à cliacune desquelles ils donnent des soins particuliers. (les races se distitigueiit déjà à l'extérieur par le degré de fréquence des épines sur la tige, par la ramification et l'allongement des branches, par la couleur, la dimension et la forme des feuilles. Mais elles difi'èrent siu'tout par le tubercule tantôt très allongé, tantôt presque globuleux, à pelure blanche ou grisâtre, à chair blanche, jaune ou rosée, très mucilagineuse ou simplement aqueuse, de saveur douce ou amère. Il existe des races hâtives et des races tardivgs, des sortes (jui doivent être mangées aussitôt arra- chées et d'autres (pion peut conserver dans les cases presque une année. On en trouve qui donnent des rendements très élevés, mais sont peu appréciées pour l'alimentation de l'homme, et d'autres produisant des tubercules de petite taille, mais de saveur très fine comparable à nos meilleures variétés de pommes de terre. Nous n'hésitons pas à rattacher ati Dioscorea prehcjisilis Benth toutes ces races, et l'examen d'exenqjlaires d'herbiers ne permeltrait pas de les dis- tinguer. Un caractère très remarquable au point de vue biologique, mais de peu d'iuipoiiance en systématique, sépare le Dioscorea prehensilis spontané dans la forêt vierge de ceux qui existent à l'élat citltivé dans les régions avoisi- nantes. La forme sauvage a le sommet des tubercules (longs parfois de o"',70 à i"') toujours garni de longs rhizomes ligneux hérissés de grandes épines aiguisées. Ces rhizomes forment en terre un buisson épais autour du tuber- cule; beaucoup d'épines et même quelques rhizomes font saillie en dehors (lu sol. Les formes cultivées du Dioscorea prehensilis ne présentent pas ces rhizomes; (juehiues races portent encore au sommet du tubercule des fila- ments épineux, mais ils sont exceptionnels, grêles et courts. SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. 6l3 GÉOLOGIE. — Sur la position stratigraphique des couches à Heterodiceras Lucii Defr., au Saléve. Note de MM. E. Joukowsky et J. Favrb, pré- sentée par M. Michel Lévy. Une étude détaillée d'affleurements non encore décrits nous a permis de relever une coupe complète montrant la couche à Heterodiceras Lucii Defr. superposée au Purbcckien fossilifère, et en outre nous avons pu constater que ce dernier repose sur de puissantes masses calcaires à oolites de gros- seur variable où se trouve un niveau à Dicératidés, séparé de la couche à Heterodiceras Lucii \yAv une épaisseur de i3o'". La couche à Heterodiceras Lucii qu'on peut poursuivre sur toute la lon- gueur du Salève avec une épaisseur sensiblement constante ne contient les Heterodiceras que d'une manière sporadique. Cette couche est séparée du Purbeckien sous-jacent par une épaisseur d'environ 20°' de calcaires ooli- tiques plus ou moins spathiques. Il résulte de cela que la couche à Heterodiceras Lucii se place nettement à la hase du Valanginien. Ce dernier débute, au contact avec le Purbeckien, par un calcaire oolitiquc qui ne nous a pas fourni de fossiles caractéris- tiques, si ce n'est quelques fragments d'Ammonites mal conservés. La cause de la confusion qui a persisté dans la stratigraphie des couches voisines du Purbeckien est tout d'abord la faille parallèle à la face N.W. du Salève, qu'Alphonse Favre avait bien observée, mais dont il ne paraît pas avoir déterminé exactement le rejet, et ensuite le fait que le Purbeckien fossilifère n'avait jamais été observé en place. En effet, le gisement de Vey- rier signalé par G. Maillard appartient à de grandes masses éboulées. Une étude monographique détaillée de l'ensemble de la chaîne du Salève nous fournira l'occasion de préciser davantage la stratigraphie de la GÉOLOGIE. — Sur la répartition des granités au Congo français. jNote de M. H. Arsasdaux, présentée par M. A. Lacroix. Les collections géologiques du Muséum d'Histoire naturelle concernant le Congo français, notamment celles recueillies au cours de ces dernières années par les missions confiées à MM. A. Fourneau, A. Chevalier, le capi- C. R., 1909, :>• Semestre. (T. 149, IM° 15.) ^3 6l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. taine Cambier, le commandant MoU, le capitaine Cotte, le commandant Lenfant, G. Briiel, et à moi-même, apportent une importante contribution à la connaissance de la géologie de notre colonie centre-africaine. Cependant il existe encore de vastes régions dans ce territoire, sur lesquelles nous ne possédons actuellement que des données fort imprécises ou nulles; il est bon, pour l'avenir, d'appeler sur elles l'attention des explo- rateurs. Ces régions sont les suivantes : i" celle que limitent l'C )gôoué, la N'Gou- nié, la frontière du Gabon et du Moyen-Congo, la Loulou, affluent du Kouilou el le Kouilou même; 2" celle comprise entre la Sanga, l'Oubangui et son affluent la M'Poko et les territoires militaires du Tchad (')•, 3" celle enfin formant toute la partie orientale de la lieutenance de l'Oubangui- Cliari-Tchad, à partir du Kouango, affluent de l'Oubangui. Toutefois, malgré ces lacunes, l'étude que j'ai faite des documents dont il est c|uestion plus haut, la comparaison des résultats en découlant, avec ceux provenant d'observations personnelles faites dans le bassin de l'Ogèoué au cours de voyages exécutés entre 190") et 1909, et objets de communications antérieures, permettent de mettre en évidence un certain nombre de faits géologiques d'ordre général. Au Congo français, les roches peuvent être réparties en quatre grandes formations géologiques qui, par ordre d'importance, se montrent consti- tuées de roches éruptives, de grès récents, horizontaux, déroches métamor- phiques, el enfin de roches sédimentaires, plissées ou non, antérieures aux grès. En outre, ces formations sont recouvertes partiellement d'un manteau latéritique de puissance variable, particulièrement développé dans les régions forestières. .le n'envisagerai ici que les plus répandues parmi ces roches, les roches éruptives. (]es roches éruptives ne compreaneiil aucun type volcanique; elles sont à peu près exclusivement représentées par des granités. Des diabases, vraisenihlablemenl filoniennes, apparaissent çà el là, le plus souvent au milieu des roches profondes précédentes, mais quelquefois cependant, en dehors de celles-ci, ainsi que ce semble être le cas, pour les barrages diabasiques de l'Oubangui ; dans notre élude, ces (' ) .Je n'étudierai pas ici ces territoires qui, d'une pari, sont en dehors du bassin du Congo, et, d'autre part, semblent devoir être rattachés géologiquemenl aux régions soudanaises. SÉANCE DU II OCTOBRE I909. 6l5 roches seront laissées de côlé, ainsi que cerlaines roches gabbroïques reconnues en deux ou trois points seulement de ce vaste territoire, en raison de leur importance géoloi.'ique tout à fait négligeable. Les granités, en moyenne de couleur claire, souvent ampliiboliques, sont très géné- ralement d'un tvpe banal. Ils offrent des variétés pegmaliques et souvent ils présentent des formes pressées, de faciès plus ou moins gneissique, ainsi que des associations avec des amphibolites; il est probable que le plus souvent, ainsi que dans le bassin de rOgôoué, ces faciès gneissiques constituent des formes de bordure des masses éruptives au voisinage de terrains plissés. Ces roches qui, au point de vue pétrographique, sont dénuées d'intérêt, jouent, par contre, dans notre région, un rôle géologique considérable. En ellet le report, sur une Carte, des points d'où proviennent leurs échantillons (qui, sur de longs parcours de plusieurs itinéraires, sont presque les seuls recueillis), met en évidence l'existence de plusieurs massifs de très vaste extension, présentant, au point de vue topographique, le caractère commun de former les parties les plus élevées des régions dont ils dé- pendent respectivement, et d"v correspondre à des nœuds hydrographiques très impor- tants. Les massifs en question sont au nombre de quatre qui, globalement, occupent approximativement Sooooo'""' (la superficie du Congo français étant d'environ I 100 000'""'). L'un s'étend au nord de l'Ogôoué, séparant les eaux tributaires de ce fleuve, à droite, de C'.lles se rendant soit dans l'Océan, soit dans la Sanga, par l'inter- médiaire de la N'Goko; un second s'étend en travers de la frontière Congo-Kamerotin, à partir de la région de Bania-Carnot, au Sud, et paraît se poursuivre, vers le Nord, jusqu'au Toubouri; là se séparent les eaux tributaires du Conuo, au Sud, de celles qui se rendent à l'Ouest dans l'Océan et de celles qui se déversent dans le Tchad, au Nord. Le troisième massif est relatif à la région comprenant Fort-Sibut, Fort-Crarapel et N'Dèlé; les eaux y prenant naissance s'écoulent vers le Nord dans le Chari, et vers le Sud dans l'Oubangui. Le quatrième massif, enfin, situé dans la boucle de l'Ogôoué, sépare les eaux des tributaires de gauche de ce fleuve de celles s'écoulanl dans les bassins indépendants de la Nyanga et du Ivouiiou. Nous ne connaissons rien de précis sur la géologie des deux zones séparant les trois premiers de nos massifs éruptifs; cependant, si l'on remarque que ces zones, dont l'extension géographique n'est pas très consi- dérable, occupent encore, ainsi que les granités voisins reconnus jusqu'à ce jour, des régions élevées et de partage des eaux, on peut supposer que ces mêmes roches profondes les constituent essentiellement aussi. Dans cette hypothèse, le granité e.xisterait d'une façon sensiblement continu entre le Dar Fertit, à l'est de N'Délé, et la Guinée espagnole, s'étendant en travers d'une ligne déterminée, à l'Est, par la limite du bassin conventionnel, jusqu'à la frontière Gabon-Kameroun, puis, vers l'Ouest, par celte frontière même, jusqu'à la Guinée espagnole. 6l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. Cette région granitique, peut-être indépendamment de tout plissement montagneux important, séparerait le bassin de Congo des bassins septen- trionaux des fleuves se déversant soit dans le golfe de Guinée, soit dans le lac Tcbad. SISMOLOGIE. — Sur le tremblement de terre du 8 octobre 1909. Note de M. Alfreu Axgot. Le tremblement de terre ressenti en Croatie le 8 octobre a été enregistré au Parc Saint-Maur sur les deux sismographes; mais le début des oscilla- tions préliminaires paraît très difficile à apprécier. Les sismogrammes montrent, en effet, pendant toute la journée, une agitation constante, carac- térisée par de petites ondulations dont la période est d'environ (i secondes. On sait que cette agitation accompagne d'ordinaire les dépressions baromé- triques profondes; ce jour-là, il y en avait une dont le centre était aux îles Féroë (Thorshavn 728"^"). Sur ces oiuUilalions se giefTent, à partir de io''2"' environ (lemps moyen de Green- wich), des oscillations beaucoup plus rapides, dont la période n'esl que de quelques dixièmes de seco'nde et dont Tamplitude ne dépasse guère o"'™,i; on a ainsi un véri- table tracé en dents de scie, d'une finesse remarquable. Ces oscillations presque micro- scopiques correspondent peut-être aux premières oscillations préliminaires. Les oscillations proprement dites débutent, pour les deux composantes, à io''4'°2* et les grandes oscillations à Io''4""12^ Sur le tracé du sismo- graphe Bosch-Mainka l'amplitude maximum est de 17™", 2 à io''5"'i6* pour la composante NS et de iG'"'",3 à io''5'"42" pour la compo- sante EW, avec une période maximum de 9 secondes environ. Puis les oscillations diminuent assez vite et il devient difficile de les distinguer de l'agitation permanente signalée plus haut à partir de 10'' 12™ 2'' pour la com- posante NS, et de 10'' 1 1"'4'' pour la composante EW. A Grenoble, le sismographe Kilian-Paulin a enregistré le même jour une secousse de direction NW-SE à io'',o"M7*. PHYSIQUE DU GLOBE. — Quelques remarques sur la grande perturbation magnétique du 2 5 septembre 1 909 et les phénomènes solaires concomitants. Note de M. Emile Mabcha.\u, présentée par M. Deslandres. Cette perturbation a été enregistrée par le magnétographe photographique (du système Mascart) du Pic du Midi, qui donne les courbes des trois élé- SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. 617 ments magnétiques, et par celui de Bagnères-de-Bigorre, qui donne seule- ment la courbe de la déclinaison. Je voudrais présenter ici quelques indications sur cette perturbation exceptionnelle et les phénomènes terrestres ou solaires qui l'ont accom- pagnée. 1. Elle a débuté à g^ du matin par de faibles mouvements des barreaux; puis des oscillations extrêmement fortes se sont produites brusquement à ii''58'° et ont continué jusqu'à 21''; enlin de 21'' à 3'', le ati, il y a eu une nouvelle période de faibles variations. Au Pic du Midi, les trois courbes sont sorties des limites du champ d'en- registrement; à Bagnères, les variations de la déclinaison ont été complè- tement enregistrées ( grâce à la largeur de la feuille sur laquelle ne s'imprime qu'une seule courbe) et les écarts extrêmes se sont produits à i2''r>o"' (dé- viation de 68 vers l'Est) et à i5''i5'" (déviation de 55' vers l'Ouest); l'écart total a été de 2" 3' : c'est le plus grand que nous ayons enregistré depuis 1893. Au Pic du Midi, la courbe de déclinaison a la même forme générale qu'à Bagnères; mais avec des différences très sensibles dans l'amplitude des oscillations synchroniques. U. La plus grande partie de ces oscillations synchroniques sont un peu plus fortes au Pic du Midi qu'à Bagnères; quelques-unes sont plus faibles. Dans toutes les perturbations enregistrées depuis 1 3 ans par les deux déclinomètres, le même phénomène se constate : la très grande majorité des oscillations rapides a une amplitude un peu plus grande à 2860™ qu'à 550" d'altitude. Il semble en résulter que le courant perturbateur du champ magnétique terrestre est le plus souvent dans l'atmosphère; ou, du moins, que si un autre courant circule dans le sol, le courant atmosphérique a toujours une action prépondérante. IIL Ces déductions sont d'ailleurs confirmées, dans le cas actuel, par l'étude du courant tellurique, très intense (il a dépassé 100 milliampères, à certains moments, sur une ligne de 3oo ohms de résistance), qui s'est pro- duit, pendant la perturbation, sur la ligne télégraphique de l'Observatoire, orientée sensiblement, dans son ensemble, du Nord au Sud. Ce courant a été immédiatement assez fort pour actionner les sonneries à 1 1''58°', et c'est ce qui nous a avertis du phénomène. A partir de ce moment et jusqu'à minuit. 6l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. nous avons fait, mes collaborateurs (MM. Latreille et Dort) et moi, des mesures con- tinues de ce courant (nous avons dû l'observer parfois de dix en dix secondes, telle- ment il était variable), et nous avons obtenu une courbe à peu près complète de ses variations. La comparaison de cette courbe avec celles des déclinomètres donne des résultats intéressants; je me bornerai ici à en indiquer quelques-uns : au début de la perturba- tion, par exemple, le pôle austral des barreaux a marché vers l'Ouest de ri' au Pic du Midi, de 8' à Bagnères ; le courant almosphéri([ue était donc prépondérant et dirigé du Sud au Nord (ou du S-SE au N-NW, suivant le méridien magnétique), et cela concorde parfaitement avec la direction du courant tellurique (considéré comme induit) qui, à ce moment, où le courant inducteur augmentait, marchait, en efl'et, de Bafçnères au Pic du Midi, c'est-à-dire du Nord au Sud. La même concordance se présente pour d'autres oscillations des bar- reaux; mais quelques variations, plus faibles au Pic du Midi qu'à Bagnères, conduisent à conclure que le courant prépondérant était alors dans le sol. IV. Il est intéressant de signaler, comme phénomènes connexes de la perturbation : 1° Une lueur d'aurore boréale^ que j'ai observée à Bagnères de ig"" lô™ à i9''3o"°, puis à 20'' lo™ (au moment d'une recrudescence des oscillations magnétiques), à tra- vers les éclaircies d'une couche de strato-cumulus légers, couvrant les | du ciel. Cette lueur, peu intense, était d'une couleur rouge orangé; au Pic du Midi, mes collabora- teurs, à qui j'avais recommandé d'avance cette observation, n'ont rien pu voir : ils .étaient, à ce moment, dans la couche de strato-cumulus. 2° Un orage violent, et tout à fait inattendu, qui a éclaté sur les Pyrénées cen- trales vers o''3o"' (le 26), peu de temps après la fin des grandes oscillations des bar- reaux; à minuit, on avait pu observer, du Pic du Midi, que de gros cumulus, très hauts, se formaient rapidement au-dessus de la couche (jusqu'alors peu compacte) des strato-cumulus : il semble donc que léleclricilé positive, accumulée dans les hautes régions de l'atmosphère, ail trouvé dans ces nuages un passage vers le sol, par des décharges disruptives, lorsque l'écoulement silencieux vers le pôle, qui donnait lieu à l'aurore, a pris fin. Il importe de noter que rien, dans l'état atmosphérique des 25 et 26, ne correspondait à un temps orageux (aire de pressions supérieures à -65, temps calme et beau, sur toute la France), et que, dans les Pyrénées centrales, le temps a été assez beau aussi, sauf pendant la courte durée de l'orage singulier (o''3o'" à a*", le 26) que je signale. V. En ce qui concerne la relation probable de ces phénomènes avec ceux du Soleil, je présenterai les remarques suivantes : D'après les observations de mes collaborateurs, M.M. Laireille et Dort, une région d'activité, existant depuis longtemps, à une latitude australe voisine de 20", passait au méridien central du disque solaire le '22,3 septembre (jour et dixièmes de jour); SÉANCE DU II OCTOBRE 1909. 619 elle n'était alors représentée que par des facules au milieu desquelles se trouvaient deux ou trois taches très petites. A ce passage a correspondu une première perturba- lion déjà assez forte (18 en déclinaison) dans la nuit du 21 au 22. En arrière de celte région, une tache d'assez grande dimension existait, dans une région de formation récente, occupée seulement pai' des facules de faible intensité lors de la précédente rotation (latitude australe de 5°); son passage, le 28,8, n'adonné lieu qu'à de très faibles et très courtes oscillations magnétiques, le 24, vers 10'' (3' en déclinaison ). Enfin, plus en arrière encore, deux groupes de facules (sans taches) se montraient à peu près sur un même méridien, l'un à 35° de latitude Nord, l'autre à 20° de latitude Sud (celui-ci, très brillant, et assez étendu, existait déjà à la précédente rotation, luais non à l'avant-dernière). Ces groupes sont passés au méridien central le 24.6 et le 25,2, et la grande perturba- tion a commencé le 25 à 9''. Ainsi, les iiiouveiiients des barreau.\, du 22 au 2j6 septembre, se séparent nettement en trois périodes et paraissent bien se rattacher à trois passages de groupes de taches ou de facules, sans qu'il y ait lieu, semble-t-il, de chercher à rattacher la grande perturbation à la tache la plus étendue, en supposant à celle-ci une action oblique ou un retard de i jour et demi dans la propagation d'une action normale. M. W1T01.D Jakkowski adresse une Note intitulée : Sur V unité aérodyna- mique. (Renvoi à la Commission d'Aéronautique.) MM. Louis Sciiakfxer et A. Vergxes adressent un Mémoire intitulé Calcul graphique de l'arc continu. (Renvoi à la Section de Mécanique. ) La séance est levée à 4 heures. Ph. V. T. 620 ACADÉMIE DES SCIENCES. BUI.I.RTIX BIBI.iOCRAPIIIQUE. Ouvrages reçus dans la séance du ii octobre 1909. Oscillations des bennes non guidées, par M. Haton de la Goupillière, Membre de rinslilul. ( Exlr. des Annales de V Ecole des Mines, livraison de juin 1909.) Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1909; i fasc. in-8". (Hommage de l'auteur.) Un fragment inédit de TOpiis tertium, de Roger Bacon, /nécédé d'une élude sur ce fragment, par I^ierre Duhem, Correspondant de l'Institut. Ad C la ras Aquas (Quaracchi) prope Florentiam, 1909; 1 vol. in-8°. (Hommage de l'auteur.) Formules et Tables pour faciliter l'emploi des catalogues photographiques en coordonnées rectilignes, par M. 1. Lagardb. S. 1. n. d.; i fasc. in-4°- (Présenté par M. Baillaud.) Bulletin de la Commission météorologique du département de la Haute-Ga- ronne; l. n, fasc. 2, 1907. Toulouse, Edmond Privai, 1909; i fasc. iii-4". /ieç'ue d'Histoire, rédigée à l'Klat-Major de l'Armée; Xl= année, 35" volume, n" 105, septembre J909. Paris, R. Cliapelot et C'""; i vol. in-S". Lyon chirurgical, publiant le Bulletin de la Société de Chirurgie de Lyon. Revue mensuelle; t. H, n° 5, 1" octobre 1909. Paris, Masson et C'^; Lyon, Imprimeries réunies; i fasc. in-8°. Australasian médical Congress. Transactions of tlie eighth session, lield in Melbourne, Victoria, october 1908; t. I-III. Melbourne, 1909; 3 vol. in-8°. Report of the solar éclipse expédition to Flint Island, january 3, 1908, by F.-K. Me Clean, and olhers; i fasc. in-4°. L'obsen'ation solaire, parle P. Maiiiano Balcells; traduit de l'espagnof. {Mémoires de r Observatoire de l'Ebre; n° 2.) Barcelone, Guslavo Gil, 1909; i fasc. in-4°. Das C. R. Gesetz und die Kabelschnelltelegraphie, von Bêla Gati. (Extr. de Elektrotechnih und Maschinebau; fasc. 37, 1909.) Vienne, imp. Spies et G'"'; i fasc. in-4°. Ensenanza uni^'ersitaria de las matemalicas, Conferencia por N. Besio Moreno. Buenos-Ayres, 1909; 1 fasc. in-8°. Algunas propiedades de las polencias de los numéros enteros, por D. Angel No- RiEGA DuLCE. Valladolid, 1909; 1 fasc. in-12. Gyroscopic iheory of the mechanical part of jVature, byjNO. Bunte. Portsmoulh, E. U., 1909; 1 fasc. in-S". L'enchaînement des variations climatiques , par Henkyk Arctowski. Bruxelles, 1909; I fasc. in-8°. Rrief list of meteorological text-books and référence boo/.s. A sélection ofworks suitnble for gênerai, scientific, and iinitersity Libraries id the United States, pre- pared under the direction of Willis-L. Moche, Chief U. S. Weather Bureau, by C. Fitzhugh Talman, Librarian. Washington, 1909; i fasc. in-S". ( A suivre. ) ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 18 OCTOBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MEMOIRES ET COMMlJNICATIOiXS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Préside.vt annonce à l'Académie qu'en raison de la séance publique solennelle des cinq Académies, la séance du lundi 2:) octobre est reportée au mardi 26. M. G. Darboux fait hommage à l'Académie d'un exemplaire de l'Adresse qu'il a présentée en qualité de délégué du Gouvernement de la République française, le lundi 27 septembre, à M. le Gouverneur de l'Etat de New- York, à M. le Maire et à MM. les Membres de la Commission Hudson- Fulton. PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. — Sur la diffraction des ondes hertziennes. Note de M. H. Poincaré. Soient p le rayon de la Terre, D la distance de l'excitateur au centre de la Terre, ç l'angle sous lequel on voit du centre de la Terre la distance de l'excitateur au récepteur, — la longueur d'onde (écrite sous forme com- plexe); on trouve que l'amplitude de l'onde diffractée est proportionnelle à P„(cossj est le polynôme de Legendre; I„(^) est une des intégrales de C. R.. 1909, 2- Semestre. (T. 149, N" 16.) 84 622 ACADÉMIE DES SCIENCES. l'équation linéaire d- V r n( n -h i)~ o, d- y n{n -)- I ) I ^. à savoir celle qui se réduit sensiblement à e'''^ pour \ très grand; I„ est la dérivée de I„ par rapport à ^. Qu'arrive-t-il lorsque D est très peu différent de p? On peut trouver une expression approchée de la somme de cette série. Posons F(t)= e ^ — X, (-t) dx^ de sorte que F(/) satisfasse à l'équation linéaire ^'1" ,17 Soit tç^ la plus petite racine de Téquation ¥'\te M = o, F' étant la dérivée de F par rapport à /; ou plutôt celle de ces racines dont la partie imaginaire est négative et plus petite en valeur absolue que pour toutes les autres. Posons la somme de notre série sera sensiblement proportionnelle à V/£.(i-e-^'?) Le module de l'exponentielle qui figure au numérateur est égal à où m est égal à la partie imaginaire de — /„ multipliée par ( — ) • Cela nous indique avec quelle rapidité décroît l'onde diffractée avec la dislance. Ces résultats ne concordent pas complètement avec ceux que j'ai annoncés dans une Note antérieure. J'expliquerai dans un Mémoire détaillé pourquoi les formules approchées dont j'ai fait usage dans celte Noie deviennent insuffisantes. SÉANCE DU l8 OCTOBRE I909. 628 M. Hatox de la Goupili.ière fait hommao^e à rAcadémie d'un exem- plaire du travail qu'il vient de publier dans le Recueil des Mémoires de rAcadémie des Sciences de Lisbonne sous le titre : La loi des aires dans le mouvement avec liaisons {.lornal de Sciencias mathematicas , physicas e naturales, 2* série, t. VII, n* XXVIII, Lisbonne, 1909). Il s'exprime ainsi qu'il suit : La loi des aires résume depuis longtemps, de la manière la plus élégante, le rôle des forces centrales dans le mouvemem libre d'un point matériel. Mais il ne semble pas sans intérêt d'examiner les conditions de sa réali- sation dans le mouvement forcé sur une trajectoire définie à l'avance. J'élargis, d'ailleurs, cette question en considérant, pour la vitesse angu- laire, au lieu de la loi inverse au carré de la distance, une fonction abso- lument quelconque de l'azimut, du rayon vecteur et de ses dérivées ; c'est-à-dire, en d'autres termes : de la direction de la trajectoire, de sa courbure, de sa longueur, etc. Je ramène ce problème, dans toute sa généralité, à des équations très simples, pour lesquelles j'indique des cas très larges d'intégration com- plète ; notamment une loi qui renferme dans son expression deux fonctions arbitraires, et dont la formule classique de Binet n'est plus qu'un cas extrêmement particulier. S. A. S. le Prince Albert de .>Io.\aco fait hommage à l'Académie du fascicule XXXIV des Résultais des campagnes scientifiques accomplies sur son yacht. Ce fascicule porte le titre : Echinodermes provenant des campagnes du yacht Priacesse-Alice (Astéries, Ophiures, Eçhinides et Crinoïdes), par R. Kœhleii. NOMIIVATIONS. M. le Mlnistre de l Instructiox publique et des Beaux-Arts fait part à 1 Académie du désir exprimé par M. le Ministre des Affaires étrangères de Belgique de voir le Gouvernement français se faire représenter officiellement au Congrès international de Radiologie et d' Electricité, (jui se tiendra— à^ Bruxelles en 1910. MM. LlPP>IANX, ClIAUVEAU, H. F*0LVCARÉ, ItoLCIlARD, A. GaUTIER, d'Ar- soxvAL, Desla.vdkks, ViLLARD sout désignés par l'Académie au choix de M. le Ministre. 624 ACADÉMIE DES SCIENCES. CORRESPONDANCE . M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : '' 1° Z,e machinisme, son rôle dans la vie quotidienne. 12 Conférences par Ma.x de Nansouty. (Présenté par M. Alfred Picard.) 2° Théorie des moteurs thermiques^ par E. Jouguet. (Présenté par M. Haton de la Goupillière.) ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur la détermination des intégrales de l'équation d^ a ô-u du , du . ^ ' djc- dy- do- dy ■' par leurs valeurs le long d'un contour fermé. Note de M. Léo.n Licutenstein, présentée par M. Emile Picard. La détermination d'une solution U de l'équation (i) continue avec ses dérivées partielles de deux premiers ordres à l'intérieur d'une aire donnée T, les valeurs de cette solution au bord étant zéro, fut, par des procédés diffé- rents, réduite par M. D. Hilbert et M. E. Picard à la résolution d'une équation fonctionnelle de M.^redholm ('). D'une façon plus générale, si les valeurs au bord considérées comme fonction de l'arc ont les dérivées continues du pre- mier et du second ordre, il suffit de poser U =^ ('+V, v désignant la fonction harmonique régulière dans T, prenant les mêmes valeurs au bord, pour ré- duire le problème au problème déjà résolu. L'équation de M. Fredbolm une fois résolue, pour revenir de celle-là à l'équation proposée ( i), il est nécessaire d'établir l'existence des dérivées partielles -r— > — au bord, ce qui entraîne quelques complications. Dans le cas général, les valeurs au bord étant une fonction simplement continue de l'arc, les méthodes de MM. Hilbert et (') Voir D. Hilbert, Grundzùge einer allgenieinen Tlieorie der linearen Inle- gralgleichungen, zweile Milteilung ]( G67i^er NacliriciUen, igo/j). — E. Picard, Sur quelques applications de l'équation fonctionnelle de M. Fredhohn (Rendiconli del Circolo matematico di Palermo, 1906), et Sur la solution du proljlème géné- ralisé de Dirichlel {Annales de l'Ecole .Xorniale supérieure, 1906). SEANCE DU l8 OCTOBRE 1909. 025 Picard ne sont plus applicables, au moins sans une discussion approfondie, les dérivées -r^, -^ cessant d'exister au bord. ax ay Dans un Mémoire qui va paraître dans un autre Recueil, j'ai considéré le cas général cité plus haut et jlai démontré par un raisonnement un peu long l'existence d'une solution. Dans cette Note d'aujourd'hui, je donnerai de ce théorème une démonstration nouvelle bien sim|3le qui nous dispensera même de la considération des dérivées partielles au bord. Soit T une aire connexe, dont la frontière est coustituée par n contours fermés S,, ..., S„. Les coordonnées des points de ces courbes sont les fonc- tions continues de l'arc possédant des dérivées continues du premier el du second ordre. Les fonctions continues a et h ont des dérivées partielles du premier ordre dans T et sur S, les fonctions c et /"sont continues dans T et sur S et satisfont, à l'intérieur de T, à la condition de >L llulder I c(.r -H A.r, j + Ay) — c(./-, v) I < const. | v^l Aa- )* -•- (■^''■)" I • I /(x -H ^x. y -h Aj) -f(x. y) I < coiisi. | v/( Axl' -t- ( Aj)' \'' (o < ). < 1). Soit ^'(x,Y) la fonction harmonique bornée, régulière dans T, prenant sur S des valeurs données, supposées continues, sauf en un nond)re fini de points où elles subissent des changements brusques. Considérons l'équatiou de INL Fredholm U(^,.y)==:-;;^ / l'\i[a(lr,)G{x.y,ln)] (2) 4-[l>{'i,ri)G(.r, v;t, r,)l - c(i, r,) G(.r, j; f, y]) U(ir,) dl du G(j?,_y; ^, -^ ) désignant la fonction classique de Green. Soit ll(.r,r) sa solution ou, si l'équation (2) n'est pas résoluble, une solution de l'équation intégrale obtenue en posant /(x-, j) = f(j?,v) — o. On démontre facile- ment que sur S les valeurs de U(x', j) sont égales aux valeurs de ('(.x-, r). Soit (•», j) un point quelconque à l'intérieur de T. Voici un lemme iiliîe'" concernant les dérivées partielles du potentiel //" ?(ç, n) dldr, — p{x, r), 5( :. r,) désignant une fonction continue quelconque. Les dérivées |)arliolles > 626 ACADEMIE DES SCIENCES. ^Pl±J^, 'lElfzZl satisfont à la condition de M. Hôlder (' ) a.r ay ^ ■' (3) dp(x -h Ax, y -^ ly) t)/> t .r, y ) d.r âx < const. I v/^A.rj-H- (Aj)^ |'' (o< Â< i ). Faisons usage de ce leniine dans l'étude de la l'onction \}(x, y). On observe d'abord que U(./', y) satisfait à la condition de M. Hôlder. Ce fait établi, il s'ensuit d'un théorème classique que U(a;, y) a les dérivées par- tielles continues du premier ordre. Soit T' une aire connexe intérieure à T et contenant (x-, j); soit S' son contour. Jécris I U(x,j)=- -^ / G{x, y-l,-n)l] a.-n)[a{l,Ti) d-n - bCcyrt) dl] ±.ffG{^,y,l,;) 4-c(£,-o)U(^,rj) (4) d^dri On [t>{l-rt}G(j!,y;^,-n)] — c(>, ■n)G(j:, j; ç, Yi) ^ V{t,ri)d^dri On constate facilement, en utilisant encore une fois le lemme(3 ), queles dérivées partielles -;— , -— satisfont à la condition de M. Hôlder. Donc, ' dx dy d'après un théorème classique, la fonction U(.r,^) a des dérivées partielles continues du second ordre à l'intérieur de T. Alors de la relation (4) on tire la relation d'-\i d'\] Ojs'- dv- dx dy ou (5) ii.t- ()\- d.v dy si y(.r, y) = f(.r, j) =: o. Donc \j{x, y) est une solution de l'équation (i) ou de ré(jualion homogène correspondante, prenant au bord les valeurs prescrites ou la valeur zéro. (') \oir Di.M, !^iir lu imlliode des approximations successives pour les éijiiations aux dérivées parLielles du deuxième ordre i Icta mathemalicu, t. \\V, rgoa, p. i92-t96). SÉAMCE OU l8 OCTOBKE I909. 627 Réciproquement, soit U(.r, y) une solution de l'équation (i) ou de l'équation (5) bornée dans T et prenant sur S des valeurs continues, sauf en un nombre fini de points où elles subissent des changements brusques. Soit i''(x, y) la fonction harmonique régulière dans T' et prenant sur S' les , mêmes valeurs que U{x,y). Une formule classique suivie d'une intégration partielle donne alors U(j",/)=— — / / G'i.r. y,ç,ri)/. — Cet alcool peut également être obtenu directe- ment à l'état pur en passant par son éther pyruvique; à cet effet, on chauffe la por- tion I07"-I7i° dans le vide avec de l'acide pyruvi([ue; dans ces conditions, le second alcool n'est pas élhérifié mais détruit et l'on n'obtient qu'un seul éther bouillant à io6''-io7° sous 22»"". l'ar saponification de la semi-carbazone fusible à i i8°-i 19° de cet éther pyruvique, on régénère l'alcool pur qui bout à i57°-i58°.Cet alcool rfo=Oi8344 correspond à la formule C'H"0; oxydé par le mélange chronii(|ue, il fournil de la méthyl-/i-amylcétone (ébullition : i5i°-i52'') dont la semi-carbazone fond à 122"; c'est donc la métliyl-/i-amylcarbinol ou heptanol-2 CH'CH0H(G1P)*GH^ 2° Alcool bouillant à i7o''-i7i<'. — Gel alcool de û?(|=ri,i6i5 ne peul être isolé que par des rectifications répétées; il correspond à la formule G^HM) : c'est l'alcool furfu- Glln tGH rolique ; sa diphénvlurélhaiie, fusible à 97°, 5, permet de l'iden- CH. .G — CH^Gll O SÉANCE DU l8 OCTOBRE I 909. 63 I tifier; d'ailleurs ce corps donne la réaction du copeau de sapin indiquée par Erdmann. II. Étude de la fraction igoo-aoS". — La présence dans cette fraction d'un alcool non saturé ayant été mise en évidence par le brome, on en a traité une portion à froid par le permanganate à i pour 100, en vue de détruire l'alcool non saturé qu'elle renferme; on a ensuite étliérifié le résidu non oxydé par l'acide pyruvique. 1° Alcools saturés de la fraction i90°-2o8''. — La distillation fractionnée du produit obtenu permet de sé|)arer deux étiiers; le premier bout à \nP>°-i'î']° sous ifi""" et sa semi-carbazone fond à 1 17"; le second bout à i38" sous 16"""; sa semi-carbazone fond à 176°. Par saponification de la semi-carbazone fusible à 1 17°, on obtient un alcool ii;l et C'", B. Sc/t,, 1903, t. 1, p. 44'. '9o3, t. I, p. 5i. SÉANCE DU 18 OCTOBRE l^ot). 633 r(''gronai;e vint iiioiilrer, à iiolie ai,M'éal)le sur|iiise, (|iie la visite des Abeilles ii'avail pasélé inutile; l'une des trois plantes du lot n'^ 847 donna 1700 grains, une autre 7.J0 et la troisième enfin 43o. Des plantes de la mênne lignée n" 8'l7, placées dans une cage où l'on introduisit des Bourdons, donnèrent cette même année i'Ijo grains par plante au maximum. Dès plantes isolées pouvant se développer sans obstacle et laissées au libre accès di>s insectes ont pu donner jusqu'à i3ooo grains, mais la moyenne que j'ai pu constater, avec la fécondation libre sur plantes en ordre serré, a été de 3o(> graines par plante, écartement 20''" sur i5'="' et de 5oo grains, écartement 4o'-"'" sur 30*^^™. Il résulte de ces constatations (pie les Abeilles ont fourni, pour celte famille n" H\7 , une fécondation aussi efficace que les Bourdons. Une autre lignée n" (S.")'i a donné également 1290 grains sur une seule plante. Les autres groupes familiaux, au nombre de i4, n'ont fourni que des quantités inférieures de graines, variant de ^o à 5oo; (pielques-nns même sont restés stériles soit pour cause de non fécondation soit par manque de vigueur. La sélection n" 854 n'est pas des meilleures comme rendement en four- rage, tandis que le n" 847 se trouve être l'une de mes meilleures sélections, tant au [)oinl de vue de l'abondance de rendement que sous celui de la durée. Elle est déjà multipliée à l'état de pureté plus grande sous n" yi4. Un examen ultérieur, mallieureusement imparfait sur un capitule que j'ai pu trouver après coup, a montré que les corolles de ce lot étaient plus courtes qu'ailleurs. Si donc le Trèfle rouge ordinaire, dans son ensemble, exige l'intervention des Bourdons et autres insectes à langue d'environ 9'"'" au moins, pour être fécondé, il existe, (Jans le mélange très complexe de types qui composent nos Trèlles actuels, des formes à corolle assez courte pour pouvoir être fécon- dées exclusivement par des Abeilles. La sélection analytique permet de les isoler et de les éprouver sous ce rapport ; la sélection généalogique peut les épurer et les fixer, créant ainsi une variété de Trèfle susceptible d'être fécondée par les Abeilles. Il résultera de la propagation d'un Trèfle de ce genre un grtuid profit pour les apiculteurs et aussi pour l'agriculture lorsque, comme dans notre cas, la nouvelle race est de grande production et de longue durée. Au point de vue scientifique, il n'est pas sans intérêt de constater que la sélection permet de réaliser une adaptation, une solidarité meilleures entre représentants des règnes végétal et animal, entre Trèfle et Abeilles. 63/î ACADÉMIE DES SCIENCES. BOTANIQUE. — De V influence des rayons ultra-violets sur le développe- ment des moisissures. Note de M. Laurent Raybaud, transmise par M. Gaston Bonnier. Diverses expériences ont déjà démontré l'action bactéricide qu'exercent les rayons ultra-violets. Mais la plupart des auteurs qui se sont occupés de la question n'ont fait que constater cette action en bloc, sans rechercher si tous les rayons sont réellement nuisibles, ou si l'effet n'est pas à attribuer seulement à certains d'entre eux. Nous ne connaissons que les recherches de MM. Tappeineret Hertel qui aient mis en évidence de façon un peu plus précise la nocivité de certaines radiations. Nous avons soumis des cultures de champignons inférieurs à l'action du spectre fourni par une lampe en quartz à vapeur de mercure de la So- ciété A. E. G. Cette lampe fonctionne sous 220 volts avec un courant de 35 am- pères. Son intensité lumineuse est de 3ooo bougies. Le spectre obtenu au moyen de prismes et de lentilles en quartz est projeté normalement sur une culture horizontale. 11 s'étale en un rectangle très allongé de 1 5"", 8 sur i''"',7. On peut, par conséquent, le photograpliier et repérer exactement la position des raies. Les champignons étudiés ont été le Pliycomyces ni/ens, le n/iizoptis niifriccins et le Sterigmatocystis nigra. Ces trois champignons ont été ensemencés aussi uniformé- ment que possible sur du jus d'orange gélalinisé, étendu en couche mince sur une feuille épaisse de papier buvard. Ce papier buvard repose lui-même sur une lame de verre rectangulaire. Pour qu'il se maintienne humide pendant toute la durée de l'expé- rience, il a une surface telle que ses bords dépassent cette lame et plongent dans du jus d'orange que contient une assiette placée au-dessous. Dès le lendeniain du jour où le Phycomycex nilens (qui est le premier champignon sur lequel nous avons opéré) a été ensemencé, le mycélium n'est pas encore visible, mais la surface de la gélatine exposée au spectre, et qui est lisse dans la partie lumi- neuse, présente par places des dépressions linéaiies dans la région ultra-violette, coïn- cidant d'abord avec les raies comprises entre les radiations 3o3o et a^So inclus. Cette zone correspond à la partie moyenne du spectre de l'ultra-violet. Ces dépressions n'apparaissent pas simultanément, mais se montrent successive- ment, et dans l'ordre de rapidité avec laquelle les radiations correspondantes influen- cent le papier au citrate d'argent. Le surlendemain, le mycélium de la Mucorinée devient apparent sur toute la surface de culture. C'est à partir de cet instant que nous allons relever dans les diverses régions des difl'érences de croissance, car là évidem- ment où dans le spectre la végétation sera arrêtée, des lignes se dessineront. Or c'est entre les raies 3o3o et a^So inclus que ces premières différences se manifestent; le mycélium n'apparaît réellement là que dans les intervalles qui séparent les précé- SÉANCE UU l8 OCTOBRE 1909. 635 dénies dépressions, c'est-à-dire aux endroits où les rayons d'émission font défaut. D'où cette curieuse conséquence que des raies qui la veille n'étaient que vaguement indiquées, deviennent de véritables sillons par suite de ce développement des fila- ments dans les parties intermédiaires. Notre champignon a ainsi, en quelque sorte, par sa présence, accentué les inégalités de niveaux antérieurs, et c'est comme un spectre biologique qui se dessine à la surface du substratuni. A ce moment, d'ailleurs, dans la zone comprise entre la partie moyenne ultra-violette précédemment décrite (3o3o-248o) et la région lumineuse, le rectangle formé par l'ensemble des radiations du spectre est vaguement indiqué. Des dépressions à peine marquées y coïncident avec les raies 3i3o, 33oo, 36oo (ultra-violet), et même un peu plus tard avec les deux bandes violettes 4o4o, 43Jo. Mais ces dépressions s'ellacent graduellement, et cela dans l'ordre inverse où elles ont apparu. Seule, l'image de la raie 3i3o la plus rappro- chée de la zone nocive (3o3o-248o) persiste. Remarquons, de plus, que ces radiations qui impressionnent fortement le papier photographique, n'ont pas la même action sur le Phycomyccs, comme l'ont celles de l'ultra-violet moyen (3o3o-.!4''^o); nous ne constatons pas, en effet, ici une absence complète de la végétation, mais seulement une souffrance du mycélium, et cette souflVance s'afl'aiblit vers les grandes longueurs d'onde, puisque dans les bandes verte et jaune, à aucun moment, nous ne décelons de sillon. Alors que l'image du spectre s'évanouit sous un duvet à peu près uniforme dans la région que nous venons de décrire, elle s'est au contraire de plus en plus accusée dans l'ultra-violet moyen (3o3o-248o). Et au delà, vers les courtes longueurs d'onde, toutes les radiations indiquées sur le papier au citrate d'argent (impressionné pourtant pen- dant 5 heures) sont apparues. Vers la fin de l'expérience, nous constatons même que ces lignes y sont plus accentuées que sur la photographie. Nous avons encore pu mettre en évidence des radiations de longueur d'onde d'environ 2000 en faisant agir brusquement le spectre de l'arc au mercure sur le Phycomyces développé d'abord en dehors de toute influence nuisible. Ces radiations ne sont pourtant plus indiquées sur le papier photographique. Les résultats obtenus ont été analogues avec le Sterigmatocystis nigra et Rhizopus nigricans ; les seules différences résident dans une sensibilité moindre pour ces deux autres espèces. En résumé : I. Les champignons soumis aux conditions décrites plus haut dessinent un spectre biologique qui coïncide exactement, autant qu'on peut le constater, avec le spectre photographique. II. L'action des radiations du spectre sur la culture n'est cependant pas toujours proportionnelle à l'impression qu'elles laissent sur le papier aux sels d'argent. III. Elle Test pour la zone moyenne ultra-violette (3o3o-248o), qui est la plus nocive. lY. Elle ne l'est généralement plus pour les deux zones situées de part et d'autre de cette dernière et où la nocivité va en diminuant à mesure que 636 ACAUÉMIE V\:S SCIENCES. l'on s'éloig-iie de celle région moyenne |i(iiii' inaieher vers les deux exlré- niitcs du spcclre. l'onr les courtes longueurs d'onde, raclion des l'iidiations est encore sen- sible sur la cnllure, alors qu'elle ne se nianifesle plus sur le papier photo- graphique. Au conliaire, inversement, pour les grandes longueurs d'onde ultra-violettes (3i3o, 33oo, 36oo) et violettes (4040, 435o), qui dessinent sur le papier au citrate de fortes lignes noires, la nocivité sur le champignon devient presque nulle. BOTANIQUE. — Sur une nouvelle famille d'/F.olididés^ les Madrelhdès^ et sur le nouveau genre Eliolia appartenant à cette famille. Note de M. A. Vayssière, présentée par M. Bouvier. Le groupe desyEolididés qui formait à l'origine un genre unique de Mol- lusques gastéropodes nudibranches, sous la dénomination d\'Eolis Cuvier, se trouve être divisé de nos jours en un grand noml)re de familles. Certaines de celles-ci ne contiennent que des animaux confinés dans les régions arctiques et tempérées, d'autres habitent seulement les mers tropicales, d'autres enfin se répartissent entre ces diverses régions. Parmi les yEolididés ayant une aire géographique étendue, nous avons le genre Madrella, dont un représentant, décrit par Aider et Hancock en 1864, habite les côtes orientales d'Afrique et celles de l'Ilindoustan, et un autre, découvert par nous en 1903, à l'entrée du golfe de Marseille. Cette année nous avons pris, dans les mêmes fonds, un très petit Mollusque qui, tout en ollranl beaucoup d'affinités avec le genre Madrella, mérite d'en être séparé. Cet animal, que nous dédions au savant malacologiste anglais, sir Eliot, est surtout caractérisé par les dimensions de son voile céphalique qui forme toute la partie antérieure de son corps, et par la grandeur de ses mâchoires cornées qui sont de dimensions beaucoup plus considérables, surtout en longueur, que celles du précédent Molbisi|ue. Le genre Kliotin n'est représenté que par cet uni(pie individu (jue nous dénommerons Eliola Souleyeti, pris au large du [jetit port de Carry-le-Rouet, dans la partie occidentale du golfe de Marseille, (^oinme son proche parent, le Madrella auranliaca, il a été trouvé au milieu de débris de Bryozoaires (Eschara cervicornis ai fascialis , Myriozoon truneatum, Jietcpora celhdosa, etc.) ramenés par les lilets des pêcheurs de (io'" à 7:)'" de profondeur. Les Mollusques faisant partie de ces deux genres, en dehors de la pré- SÉANCE DU l8 OCTOBRE 1909. 687 sence de cirres dorsaux fusifonncs, ou cirres lirpa tiques qui eu i'out des ./Eolididés, offrent les caractères couiuiuus suivants : Tentacules dorsaux ou iliiiiophoies cyliuciio-ci)nif[ues, présentant autour de leur moitié supérieure de nombreuses dis^itatioiis tuhulaires. simples, coulracliles, rappe- lant un peu celles des rliinophores des Tritoniadés. Les mâchoires de ces Mollusques, au lieu d'être lamelleuses dans toute leur étendue, comme chez tous les .iiolididés, sont massives, très épaisses, cornées, mais assez molles, à face interne peu concave et à face externe irrégulièrement convexe, mame- lonnée avec ou sans arêtes longitudinales. Ce sont ces caractères couinuius, bien spéciau.\, qui nous engagent à établir pour ces deux genres une famille nouvelle que nous désignerons sous le nom de Madrellidés . Cette famille devra être placée dans le voisinage de celle des (^orypiiellidés. Ou ne peut, selon nous, maintenir dans la famille des Janidés le genre Madrella qui y avait été placé en- 1892 par notre savant et regretté ami le D' R. Bergh, de Copenhague (Reisen in Archipel der Philippinen Don C. Semper; fasc. WIII : System der ÎNudibranchiaten (iasteropoden, p. io3(> et 1037). En efl'et, si l'on fait abstraction du caractère commun aux Janidés et aux Madrellidés, Texistence de cirres hépatiques sur tout le pourtour du dos y compris le voile céphalique, l'on constate qu'il n'y a pas d'autres caractères semblables entre ces animaux. La radula des Janidés (Janiis, Janolus et Proclonotiis) est multisériée et les dents n'ont aucune ressemblance avec les dents de la radula trisériée des Madrellidés; les mâchoires sont lamelleuses avec processus masticateur for- tement denté ne rappelant en rien celles que nous venons de décrire. L'anus des Janidés est dorsal au lieu d'être latéral, et les rhinophores sont perfoliés et non digités. Eulin, les ganglions cérébroides du collier œsophagien sont bilobés, tandis qu'ils n'offrent aucun étranglement chez les Madrellidés. La création de cette nouvelle famille s'impose donc et, comme nous l'avons déjà dit, elle devra être placée dans le voisinage des Coryphellidés, dans la grande section des .Eolididés. ZOOLOGIE. — Sur les niasses mésodenniques intermédiaires et leurs dérivés cliëz les Téléostéens. Note de M. I. Bokcea, présentée par M.Yves Delage. Les Téléostéens présentent, comme différenciation particulière de leur mésoderme, une masse cellulaire intermédiaire, décrite pour la première c. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N» 16.) 86 638 ACADÉMIE DES SCIENCES. fois par OEllacher. L'avis des auteurs est très partagé en ce qui concerne les difTérenoiations ultérieures de cette masse cellulaire. Je ne rappelle ici que les recherches les plus récentes : d'après Félix ('), la masse intermédiaire (Venenslrang) serait l'éhauche de la veine cardinale et des cellules du sang. L'endolhéliuni de l'aorte serait formé par des cellules sclérotomiques. D'après Swaen et Brachet (*), le système vasculaire sanguin entier : aorte, veine cardinale, cellules du sang se développent aux dépens de cette masse cellulaire (lames et niasses intermédiaires). Enfin, Sobota (') etDerjugin (*) soutiennent que les masses intermédiaires (cordons sanguins) donnent seulement les cellules du sang, l'eudothélinm des vaisseaux (aorte, veines) prenant son origine dans le sclérotome. Mes rccherclies poursuivies sur les formes suivantes : Hdone aciis Risse; Exocctiis rolitans L. ; Cristicrps argentatus Risso; Gobius capilo C. V. ; Syn- gnatus acusWxch. ; Sip/wnosfoma liondeletii Dclor. et Uranoscopus scaberL.., me permettent d'affirmer que jr-s sclérotomes n'interviennent en rien dans la formation de l'endothélium des vaisseaux; celui-ci a la même origine que les cellules du sang et dérive du mésoderme intermédiaire (masses ou cellules intermédiaires). En outre, contrairement à tous les auteurs précédents, j'ai observé qu'il est inexact de croire qu'après la différenciation <]:■ l'aorte, la masse intermé- diaire se transformerait complètement en veine cardinale. Les troncs prin- cipaux de celle-ci, ainsi que ses ramifications principales, se forment aux dépens d'une partie seulement de la masse intermédiaire. Entre l'aorte et la veine d'une part, entre celle-ci et les canaux de Wolff d'autre part, ainsi qu'entre les ramifications des veines cardinales, restent intercalés ou des îlots cellulaires ou seulement des cellules isolées, suivant que le mésoderme intermédiaire est représenté par des masses volumineuses ou réduites. Ces îlots cellulaires ou ces cellules isolées forment un Idastème embryonnaire aux dépens duquel se diilércncient les canalicules du rein; le reste, qui n'est pas employé dans la formation du rein, devient le tissu lymphoide de cet organe. Chez lielone rtc«.v,les masses mé§odermiques intermédiaires commencent à se séparer des plaques latérales primaires dans les embryons âgés de 3 jours S heures (lo somiles). (») Anal, //e/te, l. XXV et XXVI. (') Archives de Biologie, t. XVI et XVIII. (') Anat. Hefte. t. XIX. (*) Travaux Soc. Imp. Nal. Pétersbourg, t. XXXIIl. I SÉANCE DU l8 OCTOBRE I909. 63g Chez les embryons de 3 jours 11 heures {i3-i4 somites), celle séparation est accom- plie au niveau des somites moyens; elle se continue ensuite aussi bien en avant qu'en arrière, l'endant ce temps, les masses intermédiaires déjà formées et les plaques laté- rales glissent entre les somites et la couche endodermii|ue, se rapprochant de plus en plus de la ligne médiane. Ces masses intermédiaires sont représentées par une seule couche de cellules au niveau des premiers segments et par des masses ovoïdes au niveau des segments moyens et postérieurs. Dans les embryons de 4 jours 7 heures (19-22 somites), les masses intermédiaires des deux côtés sont arrivées en contact sur la ligne médiane du corps, au-dessous de la notocorde. Les premières cellules arrivées sur la ligne médiane s'aplatissent, prennent l'aspect endolhélial et délimitent entre elles une cavité unique ou double qui est la cavité de l'aorte. A ce moment, il n'y a aucun élément sclérotomique séparé. Les restes plus volumineux des masses intermédiaires se réunissent entre eux, au-dessous de l'aorte (embryons de 4 jours 19 heures ayant 26-27 somites) formant une masse unique volumineuse à contour ovoidal, qui s'étend en avant jus(ju'au neuvième segment. Chez les embryons de 5 jours 5 heures (Sa somites), un bon nombre de cellules^ des masses intermédiaires a pris l'aspect endothélial. A ce moment seulement, les sclérotomes commencent à s'indiquer dans les somites sous forme de digitations formées par les coin» inféro- inlernes de ceux-ci; pourtant aucun élément sclérotomique n'est encore séparé. Les premières cellules endothéliales se forment à la face ventrale de la masse inter- médiaire; à aucun moment elles ne forment un revêtement complet de celle-ci; les autres cellules endothéliales ([ui se différencient ensuite (embryons âgés de 6 à 7 jours) montrent un arrangement irrégulier dans l'intérieur de la masse intermédiair(! et sur les côtés latéraux. Au début delà circulation (huitième jour), les cellules endothéliales délimitent deux vaisseaux principaux à la face ventrale de la masse intermédiaire : un vaisseau plus grand qui s'étend dans toute la longueur du tronc (veine cardinale droite) et un vaisseau plus petit, limité seulement dans la région antérieure du tronc (veine cardinale gauche). Xvec ces vaisseaux communique un réseau de lacunes à parois endothéliales. Les vaisseaux et les lacunes sont remplis de cellules mésodermiques intermédiaires, arrondies ou ovoïdales; celles-ci entrent dans la circulation, arrivent à la surface du vitellus et se transforment en cellules du sang. Dans la partie supérieure de la niasse intermédiaire, on remarque des îlots cellulaires irréguliers, étendus entre l'aorte, les veines et les canaux de \\ oltV; ils forment presque un cordon irrégulier dans la partie postérieure du corps. Ces cellules ne rentrent pas dans le courant circulatoire et conservent les caractères embryonnaires jusque dans les premiers jours après Féclosion. Chez les larves âgées de 24 à 3o jours, ayant i""°,5 à i"'°',8 de longueur, on voit que dans ce blastème commencent à se différencier des masses sphériques ou ovoïdales qui se mettent en relation avec les parois des canaux de Wolff, s'accroissent en longueur et se transforment en cana- licules rénaux; ceux-ci ont dune une origine commune avec le système sanguin. 64o ACADÉMIE UES SCIENCES. Parmi les antres types étudiés, chez les uns le mésoderme intermédiaire est aussi bien développé que chez Helone (E-ruceliis, Crysticeps) ; chez les autres il l'est moins (Gohius, Syngnatas, Siphonostomay^ il est réduit chez Uranoscopus à une seule couche de cellules appliquée contre la face inféro- interne du sclérotome. Il est donc toujours net et son évolution, en ce qu'elle a d'essentiel, s'accomplit de la même manière que chez Beinne. BIOLOGIE. — Conlrihulion à l'élude hiulogique des Chermes ('). La génération sexuée diez les Chermes des Pins aux environs de Paris. Note de M. Paul Maiiciiai,, présentée par Yves Delage. Dans une Note antérieure (-), j'ai montré, par des expériences sur les migrations, que le Chermes vivant sur le Pin Weymouth ( Pinus s/robus, ori- ginaire de rAméricjue du Nord, mais très répandu actuellement en Europe), constituait une espèce ou tout au moins une race entièrement distincte du Chermes qui se trouve sur notre Pinus sylveslris indigène et qui présente des migrations sur les Epicéas (ft'cea e-rre/^a et Picea orienlalis). Biirner (') a depuis signalé des différences morphologiipies délicates, mais ti'ès nettes et constantes entre les deux formes. On peut donc trouver communément et en abondance sur les i'ins aux environs de Paris deux espèces de Chermes : l'une, le Chtrmes />ini, vivant sur le Pinus sylveslris indigène, et l'autre, le Chermes s/rnln', vivant sur le Pinus strobus d'Amérique. Le Chermes sLrobi était connu juscju'ici evclusivcmentpar ses générations parthénogénétiques sur le Pinus strobus. .l'ai trouvé, cet été, les ailés sexu- pares et les sexués de cette espèce, fixés en grand nombre sur un Epicéa ori- ginaire également de l'Amérique du Nord, le Picea nigra (var. Doumeti). Leur évolution a lieu très semblablement à celle des formes correspondantes du Chermes pi ni suv le Picea orienlalis. .T'ai observé de nombreux sexués en cours de développement et une femelle adulte; mais je n'ai trouvé ni fon- datrices, ni galles, ce (pii peut Icnir à la variété du Picea nigra i\n{_' \\n observée ou aux conditions (•limal(''i i(pies. Le cycle du Chermes siroùi peut donc se poursuivre, au moins jusqu'au (') \ oir les ComjJles rendus des sétinccs de la Société de Biologie., l. lAV, i Lactose 43 , -5 Cendres 7 , 3o Chlore (en chlorure de sodium). . i ,4o l'oint de congélation — 0°, 55o Indice de réfraction à i5° i,3434 Résistance spécifnjue à 18°., . . ; . , 24''°'""' 3 février lyuG. Ljlj février U)0(i. Vacke n° 2. LaiL ^ — -^ .1 — — - — Vache n° ."i. d'apparence Quarlif-rs Tiib. mamm. — normale. sains. Quartier 1"' juin KJ07. Tub. mamm. mélange — malade. Lail 17 juin iyu8. dos Lait — jaunâtre, Lait i|uatre ,o 729"°°, o 732°"", 6 733""", o Température 24°, o '9°, 9 21", 2 24", 7 28", 8 33°, 6 33", 6 32", 7 Humidité 3i 39 33 3o 26 33 33 48 En admettant la valeur trouvée, 247", pour l'altitude de la station, on a pour les pressions réduites au niveau de la mer : Novembre. Décembre. Janvier. Février. Mars. \vril. Mai. Juin. Pression au niveau de la mer 7.56'"", o 7.57™"', 9 756"'"', 8 754""", 5 751"'"', 9 749""", 4 753"">',i 753""», .5 Or, ces valeurs, et particulièrement le minimum d'avril, 749'""', 4, sont remarquablement faibles par rapport à celles qui résultent des observations barométriques faites (à des distances, il est vrai, considérables), d'une (') Présentée dans la séance du ii octobre 1909. (*) Les deux séries de mesures, à l'aller et au retour, ont donné, comme erreur de fermeture du léseau, une différence de 9™ sur l'altitude de Cotonou, calculée, au retour, en partant de la valeur 247" pour l'altitude de la station du Tchad. SÉANCE DU IcS OCTOBRE 1909. 647 part, dans les stations de l'Afrique occidentale française et, d'autre part, à l'Est, dans les station anglaises du Soudan égyptien. C'est ce qui ressort du Tableau suivant, où nous donnons pour diverses stations des deux, groupes, échelonnées à peu près suivant leur latitude, les valeurs moyennes de la pression réduite au niveau de la mer pendant l'en- semble des 8 mois de novembre 1907 à juin 1908 ('). Nous y avons joint les valeurs de l'amplitude annuelle, dont la considération parait intéres- sante, et nous indiquons, en outre, les mois où se produisent les valeurs extrêmes. Pression Maximum .Minimum Lalilude. moyenne. Amplitude. en en t> , mm ojni Tchad (25o") iS.^oN. 754,1 8,.=) Décembre Avril Stations de l' Afrù/ue occidentale française. Tombouclou (25o") . . . . 16. 43 1^1 1^ 4'^ Janvier Mai Kayes(38°') '4'29 758,6 !\,?> Jamier Mai Saint-Louis (5") 18. 5i 708,8 1,9 Janvier Avril Porto-Novo (21"') 6.28 708,1 3,8 Juillet Mar.s Hangui (3-0'") 4-2" 756, 6(') 3,2? Juin? Mars Stations du Soudan égyptien. Vtbara ( 353™) i7-4o 757i5 4>6 Déc.-janv. Juin Kartoum (383™) i5.37 756,8 3,5 Déc.-janv. Mai Wad Medaui (4o8"'). . . . t4-24 756,7 3,5 Décembre .\vril Kodok (388"") 9.53 756,2 3,7 Août Mars Wan (440'°) 7.42 756,7 2,5 Août Avril Mougalla (445"') 5. 11 755, 1 2,1 Août Mars Le minimum barométrique de la région du Tchad apparaît nettement dans ce Tableau; et, d'autre part, en raison de la grandeur de l'amplitude, qui est à peu près double de celle des autres stations, ce minimum doit être remarquablement accentué (') Ces valeurs ont été calculées d'après les observations centralisées par le Bureau central météorologique, pour les stations de l'Afrique occidentale, et d'après la publi- cation mensuelle du Survey Department égyptien, pour les stations soudanaises. Les altitudes admises pour la réduction au niveau de la mer sont indiquées dans le Tableau. Ces nombres sont probablement un peu incertains pour quelques-unes de nos stations continentales, Tombouctou et Bangui notamment. Pour cette raison, des réserves sont nécessaires sur les valeurs des pressions réduites. (-) Celte valeur est douteuse. Toutefois le minimum de Bangui parait certain, si l'altitude de 370™ est exacte. 648 ACADÉMIE DES SCIENCES. en avril, qui est, d'ailleurs, un des deux mois les plus chauds de celte région. La valeur 749°"") 4i relative à ce mois, est inférieure de plusieurs millimètres aux pres- sions les plus faibles dans les stations mentionnées plus haut. On ne retrouve la trace très alTaihiie de ce minimum que dans quelques-unes des stations les moins éloignées et, particulièrement, vers l'Est, du côté du Soudan égyp- tien. Mais les distances de ces stations au Tchad, supérieures à 2000'"° (sauf pour Wan, 1800''™ environ), sont trop grandes pour que leurs données fournissent une indication vraiment intéressante sur la répartition des pressions. A Tombouctou, qui, par rapport au Tchad, est à peu près exactement à l'opposé de la station de Wan et à la même distance (i8oo'<™), l'influence de ce minimum n'appa- raît pas et la variation de la pression (757"™, 8) depuis Saiiit-Loiiis (7.58™™, 8) et Kajes (758™™, 6) est normale. Seule, la pression plus faible de Bangui (7.56""", 6), à ,2QQkm environ du Tchad, vers le Sud, pourrait être rattachée au minimum de celte région. Si l'exislence de ce dernier, au centre du continent africain, nous paraît peu douteuse, nous ne devons pas oublier, cependant, que son caractère plus ou moins accentué est intimement lié à la précision de la valeur adoptée pour l'altitude du Tchad, d'après nos mesures altimétriques. Cette précision nous a paru suffisante pour nous permettre de présenter avec confiance le résultat de nos observations. M. M. Ga.\dii,i,(»t adresse une brochure intitulée : Origine de la gamme. (Renvoi à l'examen de M. J. Violle.) M. E. Pi\ERUA Alvarez adresse une Note intitulée : Procédé rapide de dosage du vanadium dans les minéraux et les produits industriels ranadiféres. M. G. Hyvert adresse une Note Sur l'analyse colorimétrique . A 4 heures et quart l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures. »G. D. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU MARDI 2G OCTOBRE i;)OÎ). PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. ) MEMOIRES ET COMMUrViCiVTIOrVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Président annonce à l'Académie qu'en raison des fêtes de la Tous- saint la séance du lundi i"' novembre est renvoyée au mardi 2 novembre. ENTOMOLOGIE. — Sur (cs phénomènes qui caractérisent le déménage- ment citez la Fourmi moissonneuse, Messor barbarus L. Note de M. E.-L. Bouvier. On sait, depuis Lespès etMoggridge, qu'une Fourmi de la région médi- terranéenne, le Messor barbarus L., récolte des graines durant la belle saison et les met en réserve, pour l'usage, dans des greniers souterrains annexés à ses' galeries. Durant les vacances dernières j'ai pu longuement étudier cette espèce à Saint-Georges-de-Didonne, près Royan, où ses colonies sont très nombreuses près du bord de la falaise, en terrain ordinairement calcaire. La plupart de mes observations confirment les travaux des zoologistes assez nombreux qui ont éludié jusqu'ici ce curieux Insecte ; néanmoins quelques- unes me paraissent inédites, entre autres celles relatives aux manifestations qui accompagent le déménagement, lorsque ces Fourmis éprouvent le besoin de changer de gîte. La Note que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie est exclusivement relative à ce dernier point. ■1. Les colonies de M. barbarus sont parfois très étendues et leurs galeries s'ouvrent à l'extérieur par plusieurs orifices plus ou moins éloignés les uns des autres. Ces orifices servent d'issue à des gîtes souteiiains où travaillent et se réfugient de nombreuses ouvrières qui, malgré l'éloignement, font C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N« 17.) ^^ 6jo académie des sciences. purlii! de la même pouiplade. Quand les Fourmis déménagent, elles portent dans l'un des gîtes les graines et le couvain contenus dans un autre qui n'est plus à leur convenance. .l'ai observé deux déménagements, l'un tout près de Saint-Georges, l'autre sur les rochers de Vallière; dans le premier cas, les deux gîtes étaient distants de plus de lo"'; dans le second, de 6'" à 7™; ils se trouvaient sur le chemin de récolte allant de l'un à l'autre, chemin qui était coupé par une route des plus fréquentées. Dans les deux cas, l'orilice du gîte à démé- nager s'ouvrait au milieu du tas de débris et de balles rejetés par les moissonneuses après séparation des graines, tandis que l'orifice du gîte dé- finitif était simplement ouvert dans le sol et entouré [)ar la suite des maté- riaux de fouissage. Plusieurs zoologistes ont vu déménager notre Fourmi moissonneuse, mais aucun, à ma connaissance, n'a mis en relief les curieux préliminaires de l'opération. Au cours de ces préliminaires la méthode n'est pas celle des autres Fouj'mis, qui sont portées d'un gîte à l'autre ou qui suivent au gîte définitif un individu directeur. Le procédé est tout autre. Si l'on désigne par la lettre A le gîte reconnu défectueux et par B le gîte définitif, on voit s'établir un double train fort actif entre les deux gîtes, les ouvrières de A se rendant au gîte B et les ouvrières de B au gîte A. Toutes les Fourmis voyagent à vide, ce qui n'est pas saris étonner quand on connaît leur achar- nement à la récolte ; dans les deux cas, elles suivaient sans écart le chemin de récolte allant de A en B. (^.e double train dura plusieurs jours, plus ou moins interrompu quand le soleil était violent, mais surtout fort actif le soir et pendant la nuit. Je l'appellerai train de réconnaissance, car il servait sûrement à reconnaître les aîtres du gîte à déménager, comme ceux du gîte définitif. Et cela suppose ({ue les Fourmis des deux gîtes, quoique apparte- nant à la même peuplade, vivaient isolées depuis un assez long temps. La reconnaissance étant faite, un repos survint, bientôt suivi d'une douille procession non moins active. Mais alors toutes les ouvrières allant de A vers B portaient une graine, celles qui marchaient en sens contraire revenant toutes à vide. Les premières n'agissaient pas toutes de la même façon : les unes pénétraient dans les galeries de B pour y déposer leur charge, les autres s'arrêtaient à l'orifice et tantôt y déposaient leur graine qui était recueillie bien vite et emmagasinée par quelque autre ouvrière, tantôt la passaient directement à l'une de celles-ci ; après quoi elle iel)roussail chemin pour retourner en A. A l'époque où s'ellcctuait le déménagement, il y avait du couvain mûr dans les deux gîtes, car il se produisit dans l'un SÉANCE DU 26 OCTOBRE I909. 65l et dans l'autre des éclosions d'ailés. A Saint-Georges, ces derniers sont recueillis par les gens du village, qui s'en servent pour la capture des petits oiseaux ; cette coutume n'est pas sans contrarier beaucoup les observations, mais elle m'a permis de constater le fait suivant, qui montre la prévoyance et le soin du laborieux Insecte. En pleine période de déménagement, le gîte B fut ouvert d'un coup de bôcbe pour y recueillir des ailés; ce fut un grand émoi dans la peuplade et surtout parmi les transporteuses. Car l'ori- fice de B avait disparu, faisant place à une fosse où des parcelles de terre masquaient l'issue des galeries. Ces cataclysmes n'effrayent pas longtemps les ouvrières, qui semblent en avoir pris l'habitude. Pendant que certaines s'occupaient à déblaj^er pour ouvrir un nouvel orifice, les transporteuses s'arrêtaient sous une motte rejetée par la bêche et y cachaient soigneusement leur précieux fardeau. Le manège dura longtemps, car il y avait des cen- taines de graines sous cette motte quand je la relevai. Est-il besoin de dire que ces graines furent prises et emmagasinées en B après l'aménagement d'un nouvel orifice? Je suppose que le gîte A, de Saint-Georges, fut abandonné parce qu'il se trouvait au bord même de la falaise; mais je suis bien sûr que le déména- gement de Valiière eut pour cause exclusive l'iuimidilé. Dans cette localité, en effet, le gîte A se trouvait au fond d'un fossé presque horizontal qui lon- geait la route et où les eaux pluviales n'avaient pas un écoulement suffisant; sur le tas de débris de ce gîte, j'avais vu, bien avant la formation du train de reconnaissance, quantité de petites graines rejetées en pleine germination. Plus tard, j'ouvris le gîte avant la fin du déménagement : dans les greniers les plus bas, toutes les graines avaient germé et poussé, remplissant de leurs tigelles les espaces libres du gîte ; plus haut, sur les flancs du fossé, la ger- mination était moins avancée et ne frappait qu'un petit noml)re de graines; enfin, dans les greniers supérieurs, toutes les graines étaient parfaitement intactes. Au surplus, ces derniers se trouvaient vides aux trois quarts; c'est sur eux qu'avait dû se porter de préférence l'activité des ouvrières. Le déménagement dura plusieurs jours; il était particulièrement actif durant la nuit et cessait d'ordinaire tout à fait aux heures de grand soleil. C'est la nuit, à coup sûr, que les ouvrières emportent le couvain, comme on l'a observé d'ailleurs dans beaucoup d'espèces ('); mais je n'ai pas eu la bonne fortune d'assister à l'opération. Pourtant, à Valiière, par un jour ( ' ) Après une pluie ballante, j ai vu déménager, en plein soleil, les nymphes et les larves d'une colonie de Lasius aliénas Foerst. ().12 ACADÉMIE DES SCIENCES. voilé, j'ai vu quelques ouvrières du train de reconnaissance transporter des larves et des nymphes. Beaucoup de larves étaient très jeunes, et les plus petites agglomérées en paquets; la plupart provenaient du gîte A, mais j'en ai vu porter aussi à ce dernier gîte, ce qui suffirait à établir, si la démons- tration n'en avait souvent été faite, que l'instinct des Fourmis n'est pas infaillible. Kn tout cas, il y avait dans les deux gîtes du couvain très jeune et, par conséquent, aussi des femelles pondeuses; d'où l'on doit conclure que nos colonies de moissonneuses ont plusieurs reines et que leurs gîtes isolés peuvent, le cas échéant, devenir le centre de colonies indépendantes. II. La colonie de Vallière m'a ofTert un spectacle d'une toul autre nature, mais non moins intéressant. On sait que les fourmilières sont fréquemment habitées par des Cloportes commen- saux, qui présentent tous les stigmates de Tadaptaiion cavernicole, entre autres une atrophie complète des yeux et une dépigmenlalion qui les rend toul à fait blancs. Ces Cloportes myrmécopliiles constituent le genre Platyarthrus, qui est représenté par quatre espèce?, dont une, le PI. Ho[fmaiinseggi Brdt, est particulièrement répandue. Moggridge (') n'a pas trouvé le /'/. JJoJJ'wnnnseffgl dans les fourmilières de Messor barbarus qu'il étudia sur le littoral méditerranéen, mais il l'a obseivé très communé- ment en compagnie d'une autre moissonneuse fort voisine, le Alesxor striiclor Latr. Dans le Catalogue des myrmécopliiles, publié par M. Wasmann en 1894, le même Cloporte n'est pas signalé dans les colonies de M. barbants qui, d'ailleurs, hébergent deux autres espèces, le /•'/. Scliôbli B. h. et le /■"/. candalus Aiib. et Dollf. l'ourtant, c'est bien le PI. lloffmannseggi que j'ai recueilli dans les colonies de Messor barbarus., et l'on verra plus loin qu'il peut, dans certains cas, v pulluler. Mais ce n'est pas sur ce point que je veux attirer l'attention. A la tombée de la nuit, le 5 septembre, premier jour du déménagement pour la colonie de Vallière, je vis les alentours immédiats du gîte recouverts d'une masse blanche, continue et grouillante, exclusivement formée par des VLlloffmann- seggi. Familiers des moissonneuses qui leur passaient sur le corps pour se rendre à leur occupation, ils sortaient en grand nombre de l'orifice et se répandaient aux environs, mais dans le sens du chemin suivi pour le démé- nagement. Les premiers sortis étaient déjà loin sur cette voie, et j'en trouvai d'isolés à plusieurs mètres du gîte. Je revins à 9'' avec une lumière, et j'assistai à un spectacle des plus frappants. Au inilieu des ouvrières démé- nageuscs, allant et venant sans aucune trêve, les Cloportes se hâtaient de A vers B, suivant le chemin des moissonneuses, non moins actifs que ces der- (') .I.-T. Mor.cRiDGK, Sur A/la slriirtor {Pr. enl. Soc. Londoii, 1874, p. V). SÉANCE DU 2() OCTOBRE 1909. 653 nières et pour le moins aussi nombreux. Ils pullulaient sur toute la longueur de la voie et, sitôt en 15, pénétraient dans leur nouveau gite. Le lendemain matin, à 6'', le déménagement continuait, quoique moins actif, et de très nombreux Cloportes efTecluaient encore leur migration. Vers f)*", les Fourmis étaient au repos, mais des Cloportes restaient çà et là en divers [)oinls de la roule, agitant fébrilement leurs antennes comme de coutume. Les plus voisins de A retournaient à ce gite, mais tous les autres se dirigeaient vers B. Il en fut de même les jours suivants, avec cette diffé- rence que les Cloportes migrateurs étaient moins nombreux, la plupart ayant, dès le début, gagné leur gîte définitif. Ainsi notre Cloporte émigré lorsque les Fourmis déménagent et se rend avec elles au gîte nouveau qu'elles ont choisi. Aveugle (') et ne participant point au langage de ces dernières, il est sans doute averti de Fexode par le mouvement de va-et-vient qui se manifeste dès les préliminaires du démé- nagement et se trouve prêt au départ dès que celui-ci a commencé. Il doit être doué au surplus d'un sens olfactif remarquable, car, s'il lui est facile de suivre les ouvrières en pleine activité de déménagement, il n'a plus pour guide que les sens lorsque celles-ci restent au gîte. Alors, comme on l'a vu plus haut, les Cloportes attardés savent parfaitement se reconnaître sur la voie désertée par les Fourmis; ils la suivent sans écart, même quand elle n'est indiquée par aucune trace visible, comme c'était le cas à Vallière, sur la longue étendue où la voie myrmicicnne traversait la route. Les Cloportes suivaient rigoureusement cette voie, guidés sans doute par l'odeur, pour nous imperceptible, qu'avaient du y laisser en passant les Fourmis. C'est sur les rochers de Vallière, au mois de septembre, que j'ai fait les observations précédentes. Au mois d'août, j'avais suivi un déménagement à Saint-Georges et observé sur le soir de nombreux Cloportes à l'orifice du gîte A; c'était sans doute les préliminaires de l'exode, mais je regrette de ne pas avoir poussé davantage mes rech'erches sur ce point. En résumé, le déménagement de la Fourmi moissonneuse, Messnr barha- rus, est précédé par la formation d'un double train de reconnaissance qui s'établit entre le gîte défectueux et le gite définitif; cela suppose que les deux gitos sont isolés depuis longtemps; l'un et l'autre devaient même avoir des reines pondeuses dans les cas relevant de mon observation. Les Clo- ( ' ) J'ai pu constater alors que le l'ialvarthrus Hoffniannfu'fffii est très lucifuge bien qu'aveugle, tandis que \e,}Iessor barbants est simplement étonné par la lumière,- qui le trouble quelque peu et vers laquelle il se dirige parfois. 654 ACADÉMIE DES SCIENCES. portes commensaux émigrent on même temps que les Fourmis et com- mencent à partir dès le début du déménagement; ils suivent le même che- min que les Fourmis et savent parfaitement s'y orienter, même quand ces dernières sont absentes. ÉLECTRICITÉ. — Sur la constilulion de la charge électrique à la surface d'un ékclrolyle. Note de M. Gocv. On admet généralement que, lorsqu'on électrise un électrolyte, il s'accu- mule à sa surface des ions, qui forment écran électrique. Cette idée de la charge superficielle, qui paraît d'abord très plausible, conduit pourtant à des contradictions singulières. Ainsi, par exemple, il est facile de voir qu'une petite charge ne fait pas varier la concentration de l'électrolyte à l'intérieur, aux quantités du deuxième ordre près ( '), ce qui est paradoxal, puisque les ions accunmlés à la surface sont soustraits à la masse liquide. Un examen plus attentif montre que la charge ne peut être purement superficielle. En elTet les ions sont soumis, en outre des forces électriques qui tendent à les accumuler à la surface, à la pression osmolique qui tend à i^établir l'homogénéité (-). Il en résulte un état d'équilibre que nous allons calculer, en nous servant des unités électrostatiques. Soient v^, v'^, ... et v„, v|,, ... les valences des cathions et des anions; N^, N^, ... et N„, ]\'^^ sont les nombres d'ions-grammes par unité de volume, (') Considérons en eflTel deux plateaux d'un même métal, placés à petite dislance de la surface d'un électrolyte, et formant ainsi deux condensateurs identiques. Soient V, et Vj les potentiels des deux plateaux, Q et — Q leurs charges, p la pression osmo- lique. On peut faire varier Q en fournissant le travail { V, — V,) rfQ, et faire varier la concentration en introduisant le volume '(V|-V-i)_ dp dv ~ àQ' Mais, si Q ^ o, on a V, =^ V.^, et par suite dp La concentration reste donc invariable quand on produit les charges dQ et — dQ. (^) Nous faisons abstraction des forces non électriques qui tendraient à attirer les ions à la surface ou à les en éloigner. SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 655 loin de la surface. A la distance x de la surface, ces nombres deviennent N^U^, N^U|., ... et N„U„, N„U„, Soient p la densité électrique au point (a;), et m la charge de i^ d'ions-hydrogène. On a (I) p = m(N\,U,v,+ n;,UX + . . .- N„U.,v,- N^Ulv,',-. . .). Posons q—^ pd.r. Les forces étant comptées positivement dans le sens des x croissants, la force électrique qui agit sur les cathions d'une certaine espèce, contenus dans la couche dx, est — —-qm^^Uc^^dx, en appelant K le pouvoir induc- teur, qui est une constante pour les solutions étendues. La force osmotique qui s'exerce sur ces cathions de la part de ceux de même espèce est — KTlSc-j-^ dx. Il en est de même pour les anions au signe près, cft on a les équations d'équilibre [\Timq I t/U<, I f/U„ -' a 'a Écrivons toutes les équations telles que (2); il en résulte \_ \_ _ j_ 1^ (3) u:'=:U-'=...=u,^"=u; ^^=... et (4) n,(U,-i) + n;{u;-04-... + n.(u,-i) + n:.(UL-i) + ...=: ^q\ Les équations (3) et (4) donneront tous les u en fonction de q. Nous nous bornerons ici à en déduire que, s'il s'agit d'une solution aqueuse mo- dérément diluée, les ions propres de l'eau seront en proportion négligeable partout comme à l'intérieur, et nous considérerons désormais un seul cathion et un seul anion, en regardant tous les N comme nuls, sauf N,,. etN„; nous désignerons par G le produit N^v<, ou N^Va- Les équations (3) et (4) donnent alors pour U^— i deux valeurs de signes contraires se réduisant à zéro pour x infini, et l'on choisit celle qui est du signe de q^ ('). On peut alors calculer x en fonction de U^, d'où U^ (') L'indice o caractérise les valeurs pour .r = o. c'est-à-dire à la surface; 0 ACADE.MIK DES SC1E>CES. A ce Congrès ont pris pari les délégués des vingt-rjualre nations : délé- gations officielles d'Etats, de villes, d'associations, de syndicats, d'industries les plus diverses, auxquelles s'étaient adjoints un grand nombre d'administra- teurs, médecins, professeurs des Universités et Ecoles de Pharmacie, etc. Tous les intérêts et toutes les compétences y étaient largement représentés. Un troisième Congrès qui suivra celui-ci aura pour objectif de déter- miner les meilleures méthodes de contrôle et d'analyse propres à reconnaître la nature et la valeur des produits offerts au public et à empêcher la fraude. Enfin, dans une dernière réunion, et pour conclure, on demandera aux administrateurs et juristes français ou étrangers d'examiner et d'arrêter les formes et les textes qui permettront le mieux de mettre les décisions ainsi volées dans ces trois Congrès successifs en concordance avec les lois de chaque pays, et de les transformer enfin en règlements d'ordre adminis- tratif ou en conventions internationales. On doit être reconnaissant à MM. Bordas et E. Roux, président et vice- président du Comité exécutif de ce deuxième Congrès, d'avoir su préparer et mener à bonne fin, sous les auspices de la Croix- Blanche de Genève^ une œuvre aussi complexe et aussi difficile. CORRESPOND AIVCE . M. le Sf.crétaiue perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : 1° Urtlcrsuchungen ùher den Huinmer^ mit besonderer Beriicksichtigung seines Auftretens im den norvvegischcn Ktisten, von D'' A. Ai'peli,(')1' ; 2" Report on norwegianfishery and marine investigations ; Vol. II, edited by JoHAN H.IOHT (publié par le Ministre royal du Commerce, de la INavi- galion et de l'Industrie) ; 3" La Géologie générale, par Stanislas Meunier (2'' édition). ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Observations du Soleil faites à l' Observatoire de Lyon pendant le deuxième trimestre de 1909. Note de M. J. Guillaume. Il y a eu (i'i jours d'observation dans ce trimestre, et les principaux faits qu'on en déduit se résument ainsi : Taches. — Le nombre de. groupes est moindre d'un quart (Sa au lieu de 43) el leur surface totale de moitié (2707 millionièmes au lieu de .J1-7). SÉANCE DU 2G OCTOBRE 1909. 661 Le disque du Soleil a élé noté deux fois sans taches (10 avril et 3 juin), el il s'est produit des cas d'intermittences dans la visibilité de quelques groupes. Mais, malgré ces signes de diminution d'activité dans la production de ces phénomènes, la tache principale d'un groupe assez étendu, qui a traversé le méridien central le maii3,7 à — 17° de latitude, a atteint la limite de visibilité à l'œil nu. La répartition des groupes dans chaque hémisphère est de 2i au lieu de 25 au sud de l'équateur et de 1 1 au lieu de 18 au nord. Régions d'aclivUé. — Le nombre des groupes de facuies el leur surface totale sont très peu moindres que précédemment : on a, en elTet, 74 groupes au lieu de 79, et 82 ,0 millièmes au lieu de 87 , i. On a enregistré le même nombre de groupes (48) dans l'hémisphère austral, et cinq en moins (26 au lieu de 3i) dans l'autre hémisphère. Un groupe de facuies s'est montré à — Si" de latitude, en mai. Antérieurement, le dernier groupe noté au delà de 4o° a élé enregistré en juin 1906, à — 42°- Tableau L Taches. Dates Nombre Pass. extrêmes d'obser- au mér. il'observ. rations, central. Latitudes moyennes Surrai-es — ^- — ^ i"^ — moyennes s. N. rcduiles. Avril 1909. — o,o5. •29-30 ■'9- •■* 3o- 9 29- 9 I i-i- 1 7-22 14-24 17-21 19-23 '9-29 22-23 29- 1 21-3 3.)- 5 8 9 3 8- 3 4 8 •2 3 7 5 21 j. 2,2 2,6 3 ,6 4,0 12, 1 16,4 20, 1 22,7 23,6 24 , 5 23,4 26,5 ■>9,9 3(),3 - 10 -16 - 7 -i5 -'7 - 9 Mai. — 29- 7 8 1,8 5- i5 10 1 1 ,0 7" '9 1 1 '3,7 -l3 i5 '7 333 1 1 216 58 17 7'' i8i G 14 — ii°,(i -H 7°,6 9^ lux 55- Dates Nombre Pass. Latitudes moyennes Surfaces exln^mes d'obser- au mer. - — ^^ ■■■ moyennes d'obserr. rations, central. S, N. réduites. 1S-2I 18-28 21-22 27 22- I 4- 9 4-9 ■t 7-i5 • 4-19 1 7-2 1 15-17 23 2 1 -27 27 23 J. Mai (suite). 18,2 23,8 — 17 20,4 27,1 — 9 28,7 — iti ■U"/! -t-7"i7 Juin. 9,8 10,1 12,0 i3,9 17,0 17,8 .8,4 22 , 8 25,3 — 19 — I 1 28 45 3i 8 38 240 «9 2 9" 226 4'' (i 12 65 '9J- 8", 3 66'2 ACADEMIE DES SCIENCES. 1909. Avril M:n Juin Totaux . . Tableau II. Distribution des taches en latitude. Sud. 20". / ■2 1 Nord. 2I)'. Totaux mensuels. i4 8 lo Surfaces totales réduites. io83 9o3 721 3-2 Tableau III. — Distribution des facules en latitude. 10 5 II 26 7 '^ 3 2 5 6 20". 30". VO". 90". 1 U M )) » » Totaux mensuels. 3o 74 Surfaces totales réduites. 34,9 23,6 23,5 82,0 ASTRONOMIE. — Sur la température de [i Persée. Note de M. Charles jVordmann. Dans ma Note à l'Académie du 4 octobre 1909, j'ai indiqué les résultats fournis par l'emploi approprié de mon photomètre stellaire hétérochrome, en ce qui concerne les températures effectives d'un certain nombre d'étoiles. Les données ainsi obtenues pour le Soleil sont, comme je l'ai indiqué, tout à fait du même ordre que celles obtenues par les procédés pyrhéliomé- triques habituels, ce qui démontre directement la validité de ma méthode pour les étoiles de températures effectives égales ou inférieures à celle du Soleil. Les températures notablement plus élevées que j'ai obtenues pour d'autres étoiles doivent d'ailleurs, pour les raisons que j'ai données, être considérées avec un haut degré de probabilité comme exactes, au moins en ce qui concerne l'ordre de grandeur. Or je vais montrer que pour l'une de ces étoiles, j3 Persée (Algol), pour laquelle jai trouvé une température effective égale à 23 800° absolus, il existe une autre méthode complètement indépendante, et qui permet d'ap- précier sa température. L'étude photométrique et spectroscopique de la variation de cette étoile SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 663 à éclipse, jointe aux données relatives à sa pai'allaxe, ont permis d'établir directement que l'éclat par unité de surface de cette étoile est, à très peu près, 40 fois plus grand que celui du Soleil (voir André, Astronomie stellaire, t. II, p. 2o5). Il est d'ailleurs démontré, comme on sait, que la variation d'éclat d'un corps incandescent émettant de la lumière blanche est, lorsque sa tempéra- ture change, très sensiblement représentée par la variation de l'intensité de la radiation correspondant au maximum de luminosité du spectre normal (X = o^54). La loi de Planck nous donne alors, x étant la température elï'ective d' Algol, et environ Gooo" celle du Soleil, P / It 611(1 / 1 4 600 \ log=^^^ = log4o ~ log(^c«."x'''»''"— I j — log(e"'"X' — i), d'où l'on lire sensiblement a? = 22900°, c'est-à-dire à très peu près la même température que celle (238()()°) que j'ai trouvée d'une manière complètement indépendante par ma méthode directe. Cette concordance remarquable (qui dépasse même fortuitement ce qu'on était en droit d'espérer, vu l'incertitude existant encore sur la valeur exacte de la parallaxe d'Algol), tend à démontrer, avec un haut degré de proba- bilité, la validité des données (|ue j'ai obtenues pour les étoiles les plus chaudes de ma liste. ASTRONOMIE. — Sur la comète de Halley. Note de M. Javelle, présentée par M. Bassot. Les observations qui suivent ont été faites au grand équatorial de o'°,7G d'ouverture de l'Observatoire de Nice. Observations de la comète. N uni lire Dates. Temps moyen (le 1909. de Nice. Ai. A^'. comparaison . Étoil h m s m s » 'et. 12 . . l4-32. 7 — 0.59,81 +0.17,9 20: £0 I 18 .. i4- 7- 2 — I. 3,65 -6.41,3 i5: 10 2 19 •• i4. 1.38 — 1 .57,31 — 6.22,6 1 5 : 1 0 3 20 . . 13.42.1,5 +2.32,60 + 2.25,8 i5: 10 /, 21 . . 13.87.24 +0.17,93 —4.42,2 18:10 5 22 . . i3. 41.29 +0.29,81 +3. 3,0 16:10 6 664 ACADÉMIE DES SC1E^CES. Positions moyennes des étoiles de comparaison pour 1909,0. Ascension droite Réduction Distance polaire Réduction Étoiles. Autorités. moyenne. au jour. moyenne. au jour. Il m s s (» , „ „ 1 D.M. -4- 17°, 120.5 (').. 6.i4. 5,^7 +'.93 73. 0.19,1 +5,2 2 Berlin A. 2018 6. 9.41,60 +2,14 73. 9. 8, g +5, ,3 3 Id. 6. 9.41,60 -1-2,18 73. 9. 8,9 -1-5,3 4 Berlin A 1941 6. 4-i5,65 4-2,21 73. 0.41, 4 -t-5,3 5 Berlin A i960 6. 5.3o,54 +2,2$ 73. 8. 3,9 4-5,3 6 Berlin A 194 1 6. 4. i5,65 4-2, 28 78. o.4i ,4 4-5,3 Positions apparentes de la comète. Dates. Ascension Log. fact. Distance Log. facl. 1909. droite apparente. parallaxe. polaire apparente. parallaxe. h m s n , ,f Ocl. 12 6.i3. 7,59 î,4oo„ 78. o.3i,8 o,63i„ 18 6. 8.40,09 1,392,, 73. 2.22,3 o,63o„ 19 6. 7.46,47 7,392,, 73. 2.41,0 o,63o„ ao 6. 6.5o,46 ï,433„ 78. 3. 1,9 0,687,, 21 6. 5.50,72 î,483„ 78. 8.16,4 0,687,, 22 6. 4.47.74 î>4o9„ 78. 3.39,1 0,682,, Remarques. — I^es recherches faites syslématiquemenl avant le 12 octobre ne nous ont donné aucun résultat. Dans la nuit du 12 octobre, par un temps parliculièrement clair, nous avons pu apercevoir la comète, non loin de la position que lui assignait réphéméride publiée dans le n° 4330 des Aslro/iomische Nachrichlen, corrigée par M. A.-C.-D. Crommelin. Elle se présentait sous la forme d'une petite nébulosité ronde, de 10" à i5" au plus de diamètre, d'aspect stellaire, avec un noyau central de grandeur )4 à 10. Depuis cette date, son éclat a un peu augmenté; lors des dernières observations le noyau était de grandeur i4 environ. ASTRONOMlli. — Observations sur la surjace de la planète Mars. Note de M. R. Jarry-Desloges, présentée par M. Bigourdan. Les apparences linéaires plus ou moins larges que l'on aperçoit sur Mars, et auxquelles on a donné le nom de canaux, peuvent se classer en trois groupes : 1° Les larges bandes grisâtres; (') Rapportée à Bonn .X, 2772. SÉA.\CE UU lC) OCTOr...E 1909. ()65 2° Les apparences linéaires de moyenne largeur, assez sombres et dont les rivages sont bien délimités; 3° Les lignes fines qui, en général, sont à la limite de visibilité. Au mois de juin et au début de juillet 1909, comme on a pu le constater d'après le planisphère donné page 588 de ce Tome des Comptes rendus, on ne voyait pour ainsi dire aucune espèce de canaux. Mais vers la fin de juillet on commence à en distinguer quelques-uns. Le planisphère ci-dessous (Jig. 1) montre les détails aperçus du 20 juillet au i3 août. Alors on se trouvait, sur la planète, dans la seconde partie du printemps de l'hémisphère austral. Les canaux les plus visibles étaient : dans le premier groupe, Ganges, large et relativement assez sombre, et Araxes qui commence à se voir sous la forme d'une traînée présentant un bord bien délimité. Dans le deuxième groupe, Coprates, Nilosyrtis; et dans le troisième, Oronlcs, Typhonius. Le second planisphère, (jui va du i6 août au 23 septembre, montre que les bandes et les lignes de toutes sortes sont devenues plus nombreuses; on en compte plus de 70. Nous sommes alors à lu fin du |)iirilemps de riiéiiiis|ihèie aiislral de Mars, au débul de l'été. Dans le premier groupe, (jauges seuible présenter des cliuni;ements lapides dans sa visibilité, il pâlit. Ara.rcs est devenu très facilement perceplilile, lari;e, assez sombre : mes collaborateurs, MM. G. et V. Fouialer, le voient d'abord simple, ])nis double, enfin triple. Une large liande nouvelle allant des rivages ouest île Laciis Solis à la pointe A' Aoiiius Sinus a été vue double aussi, etc. l'our ma part, je n'ai jamais pu voir un canal sûrement double; si parfois une bande me semblait avoir les bords plus sombres (|ue le reste, j'ai attribué cette impression à un efTel de contraste, les régions voisines étant claires. Dans le deuxième groupe, Coprates est devenu n(jt;d)lemenl plus sojnbre, tandis f|ue tVilosyrtis semble parfois moins facilement visible; par contre, un canal qui parait du même ordre, et que l'on n'avait pas vu dans le courant d'^ioùt, est apparu, prenant naissance sur la partie est de la pointe de Syi lis Major (IVasamon?). Dans le troisième groupe, le nombre de canaux, a augmenté dans des proportions énormes. Je citerai parmi les plus facilement perceptibles : Cyclops. Oronlcs, Typhonius, Titan, Lœstrygon, etc. On a constaté des changements très notables dans la visibilité des divers canaux : Nepenllies, invisible en juillet et au début d'août, se voit très facilement en septembre. Pour Eumenides, Orcus, c'est le contraire : on les voit plus difficilement en septembre qu'en juillet. Un fait des plus remarquables est la disparition de la large bande sombre appelée Ac/ie(ous, si visible en 1907 : on ne la retrouve plus en 1909, à la même époque maitienne. En résumé, certaines bandes du pictnicr groupe se voient parfois sûre- C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N» 17.) 90 666 ACADEMIE DES SCIENCES. '■'■ ■ ■'' ■■'■■■-■ '.--'-■"' / -tVv/', ' ,.[ jfl/ t/t/iÛr^ ■r > ■ ■ ■-. - [l Al '-^-■^"- ' ■ ■'"^p* ' ~''^Ç5:- • 1 ' - ■ " !■ it îoû ,iï.. ,j4o iilo aSo 3oo .îa.. ^'to 0 m 4" ^c *" ïtw »«" i4'^ >"" ^^^' 'Fjg,.ij. r- rManispU(ii'(i do Myrs, .nioiUraiU It'S tliitails. aperçus [)efn.lant les mois di." juillet cl ;i^iH i r f ' ■^l'L ^LL- ■:••!: r. l.M--l'.T. I -J 1. I lio 11''* a8o. .''Oo .^a"o 'V'jo Fig, ■*. — Planisphère de Mars montrant les détails aperçus- pendant lés mois (FaoïU et septenTbrc lyog. SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. ment; par les meilleures' images elles semblent se résoudre ea un 'Certain. nomhve d'éléments. Il en est de même de certains canaux du deuxième groupe, en particulier de Copraées et Nilosyrtis, mais ils n'ont pu être résohia en plus fins détails. Tous les canaux cités dans cette Note ont été vus au Revard on au Mas- segros par trois observateurs. Quant aux apparences linéaires du troisième groupe, nombre d'entre elles ont été vues, simullanément par MM. Fourni^r i^t moi au lîevard et au Massegros. Tl semble donc difficile de douter de leur existence. Bien que n'en apercevant pas autant, à beaucoup près, que mes collaborateurs, j'en, ai cependant vu un cerlain nombre et à diverses reprises, tant en 11909, qu'en 1907, de façon que je crois sure. Un fait important milite en faveur de l'existence de ces canaux du troisième groupe : beaucoup d'entre eiw,! mais pas tous, prennent naissance dans de petits golfes des régions sombres' qu'on appelle we/-5 ; or les canaux lai'ges et moyens, d'existence indubitable, aboutissent aussi, le plus souvent, dans des golfes de même apparence^: quoique plus vastes. Reste la question de savoiir si ces apparences, une fois reconnues réelles,' sont, produites par des lignes droites, ondulées, interrompues, ou par toute autre espèce de .détails réels. Je crois .prématuré d'émettre un avis à ce, sujet. ÉLECTRICITÉ. — Influence de la temiiérature sur le phénomène de polarisation dans la soupape électroly tique . Note de M. G. Athanasiadis, présentée' par M. Lippmann. Pour examiner l'influence de la température sur le courant de polarisa- tion dans la soupape électrolytique, possédant une électrode en aluminium, nous avons utilisé parmi les éleclrolytes ceux pour lesquels le jdiénomène de polarisation se manifeste le plus clairement et surtout les solutions concentrées de K^PO^ ou Na*PO' ou de tartrate double de K et Na, les solutions alcalines de pliospbate d'ammonium (') et du bichromate de po- tassium. La cuve électrolytique était constituée par un vase rempli de liquide et les (') Blondin, Bulletin de la Société intainalii)nale des Electriciens, 2" série, t. I, 1901, p. 826. — PoLLAK, Brevet allemaml, ^i aoûl 1898. ^ 668 ACADEMIE Di:a SClENCliS. électrodes étaient constituées par un bâton de charbon ayant un diamètre de 8""" et, d'autre part, d'une lame d'aluminium de 2"^™ de largeur. La cuve était chauffée convenablement, la température étant réglée par un ther- mostat. La différence de potentiel aux électrodes était réglée au moyen d'un rhéostat de manière à pouvoir s'élever finalement au voltage de ii5 volts, l'aluminium fonctionnant comme anode. Mode d'obsen'alion. — Pour déterminer les changements d'intensité du courant sous différents voltages, nous avons fait usage de la méthode suivante. Nous avons cliangé périodiquement le sens du courant par un commutateur en rendant ainsi l'alu- minium cathode ou anode et en augmentant progressivement la dill'érence de potentiel entre les électrodes. Au commencement le courant passe de l'aluniiriiuin au charbon jusqu'à i-e que la. polarisation soit complète; après cela, on enlève la polarisation en renversant le sens du courant. On diminue ensuite la résistance du circuit pour augmenter la différence de potentiel enti-e les électrodes et l'on mesure l'intensité en changeant chaque fois les pôles. La force électromotrice de polarisation augmente d'abord à peu près propor- tionnellement au temps ('). Mais le temps nécessaire pour que le courant de polari- sation atteigne une valeur fixe dépend de la différence de potentiel entre les électrodes, et il, peut ainsi atteindre de i5 à 20 minutes et même plus. Quand, au contraire, l'alu- minium devient pôle négatif, le courant prend très vite sa valeur permanente. Il est difficile de maintenir fixe la température de l'électrolyte pendant la durée de l'expérience, parce qu'elle va en augmentant, surtout pour les intensités élevées du courant. I.,es températures sont changées de 14° jusqu'à 90° à peu prés par 10°. Pour cliaf|ue température nous pouvons établir un Tableau des valeurs correspondantes de l'inlensilé et de la différence de potentiel. Ainsi, par exemple, nous avons pour la solution de Na-iNll*PO' sous la température de 40° C. le Tableau suivant : r== iO"C. AI + Al ■ Ampères. Volts. 0,022 O9 o,o3o 75 o,o4o 80 o,o44 85 o,o5o 89 o , 060 1 00 0,072 io5 0,080 108 0,090 1 10 (') G. ScHULZK, Aiin. phosphorescence de l'élec- trode d'aluminium (-), formant pôle positif, se manifestent mieux par l'aug- mentation de la température de Télectrolyte. De plus, à partir de la températuic de ,to° il se forme des étincelles entre le liquide et l'aluminium sur la ligne de contact de la surface du liquide et de l'aluminium. En augmentant la température, ces étincelles deviennent plus nombreuses et forment enhn une ligne lumineuse. Selon M. Berti C), les étincelles apparaissent quand la différence de (') Bkktz, Wied. Ann., 1" série, 1877, p. iji!\, el Strf.iniz, Wied. inn., t. XXXII, 1887, p. 106. C-) Bradm, Wied. Ann., t. L\V, 4= série, 1898, p. 36i-36'). (') Bebti, L' Eleltricisla. t. XII, 1902, p. i. 67O' ACADÉMIE DES SCIENCES. potentiel dépasse i.5o volts, mais nous avons observé l'apparition des étin- celles sous la tension de 90 volts à la température de 5o°. Nous concluons de ces expériences que : 1° En augmentant la différence de potentiel des électrodes, l'intensité du courant de polarisation tend vers une valeur limite, qui dépend en outre de la température de l'électrolyte. 2° Cette intensité, limite du courant, n'est pas la même pour les divers électrolytes. 3° En général, la différence de potentiel, produisant un courant d'une intensité définie dans la soupape électrolytique, diminue quand la tempé- rature d'électrolyte va en augmentant. PHYSIQUE. — Tensions de vapeurs des mélanges liquides. Démonsi ration nouvelle et généralisation de la formule de Diihem-Margules. Note de M..L. Gav, présentée par M. A. Haller. MM. Duhem et Margules ont déduit de considérations thermodyna- miques la formule suivante entre les variations des tensions de vapeurs partielles et la composition de la phase liquide dans les mélanges binaires: d\o^x„ «ilogj-, yO„, p^ tensions de vapeurs partielles; a;„, r, composition moléculaire de la phase liquide rapportée à 100™°' totales. A l'aide de considérations d'équilibre, chimique on peut non seulement retrouver cette formule, mais encore en établir une très générale s'appli-. quant à un nombre quelconque de liquides mélangés. 1° Par l'arlifice de deux mélanges fluides (gazeux ou liquides) séparés par une cloison perméable à un composé défini seulement, on peut montrer c\n\ pression con- stante la tension (gazeuse ou osniotique) due à ce composé est maximum quand le; fluide et le corps considéré ont même composition. M. Baud et moi avons précédemment établi celte proposition, mais seulement pour les mélanges binaires ('). (') Comptes rendus, t. CXLVllI, n" 20, 17 mai 1909, p.. iSa^. — Annates de Chimie et de Physique, 8" série, t. WIl, juillet 1909, p. 398. SÉANCE DU 26 OCTOBRE- 1909. 67 1 2° Par un même artifice on montre que si, à l'aide d'un gaz auxiliaire théorique, chimiquement inactif et insoluble dans la phase liquide, on maintient la />/t'Sito« lolale constante^ la tension de vapeur partielle due à un composé défini est maximum quand le liquide et le corps considéré ont même composition. Soient a, |3, y, ... les concentrations moléculaires des constituants A, B, G, ... ; A I a concentration du composé A^B^Gj,... dans la phase gazeuse. La formide de la réaction a A + ^B H- cG +. . .= AaB/;G^. . ., donne, si la loi de Guidberg et Waage s'applique à la phase gazeuse, dtx , dS) dy , dï. a i-/>-5-+c-i--)-... = A--r-- a (3 7 /. Si le mélange liquide a même composition que le composé considéré, on a dot. , dS> dy a (3 y Posons dans la phase liquide; dans la phase gazeuse. On a poids du corps B b >i Pm^bi ' poids du curjjs \ a X Pjiia P X Pm,1(i *i= ô « X PHUi b X CI. s, a X (3 Donc (I) peut s'écrire, en remarquant (|u'à un coefficient constant près Pf, = a, S S, (Jl) dp„+ —dp,-h —dpi + .. . = 0. s, s, ( )n peut encore démontrer que (11) est vérifié quand certains consliluanls sont par- tiellement polvmérisés dans la phase gazeuse. S est indépendant de l'état des constituants dans la phase liquide. .« est le rapport des poids des constituants /ion entrés en combinaison dans la phase gazeuse. Or dans la grande généralité des cas il semble que les constituants ne réagissent pratiquement pas dans la phase gazeuse. M. Brinner en particulier a montré qu'il en est ainsi pour les mélanges gazeux de PH^ et HGI, GO^ et NH' {Journal de Chimie physique, t. IV, 1906, p. 476). Nous pouvons donc donner à ,ç, dans la grande généralité des cas, la valeur déter- minée par la composition brute de la phase gazeuse. La formule (II) n'est exacte qu'à pression totale constante, mais loin du point cri- 6^2 ACAUÉMIK bES SCIENCES. lique l'existence d'une almosplière gazeuse éliangère au-dessus d'un liquide a fort peu (l'action sur ses tensions de vapeurs. On peut (liinc négliger la restriction de la constance de la pression lolale. Si iiiainlcnant nous admettons avec M. Oslwald que toute réaction se fait et donne lieu à un équilibre chimique^ nous pourrons toujours supposer que dans un mélange liquide existe (peul-èlre, il est vrai, en quantité inlime> un composé défini de même composition. Alors la formule (II) s'applique à tout mélange de liquides quelle qu'en soit ta composition. Dans le cas d'un mélange binaire la formule (II) devient g (11') di>„+—dpi=o. Dans le cas oii les constituants ne sont pas polymérisés dans la phase gar zeuse, on peut montrer que cette formule est identique à la formule de Duliem-Margules. Celle dernière est donc un cas particulier de la formule (II). Si la tension totale de vapeurs passe par un maximum ou un minimum, on doit avoir identiquement 'Ipa -\- d/>i -h (t/>.2 h . . . = o. La formule (II) permetde démontrer ipiecela n'aura lieu que pour ^l^^^Il ^O^^Oq, .S';j=03, •••) c'est-à-dire pour les deux phases de compositions identiques. C'est le théorème de Gibbs et Konovalow généralisé. Je me propose de vérifier expérimentalement la formule (II) dans le cas des mélanges ternaires ainsi que d'un mélange binaire dont un consliluant est liartiellement polymérisé dans la phase gazeuse. PHYSIQUE. — Émission de gaz par les métaux chauffés. Note de M. H. Iîelloc, présentée par M. Houty. Lorsqu'on chauffe de l'acier sous le vide d'une trompe à mercure et que l'on fait varier la température par échelons successifs d'une centaine de degrés environ, voici ce que l'on constate : l'émission des gaz se manifeste entre i5o" et 200", mais le dégagement n'est notable que vers 4oo°i la lem- SÉANCE DU 2() OCTOBRE 1909. 673 pérature étant maintenue constaiili", on voit d'aliord les gaz se dégae^er en abondance, puis rémission se ralentit et, au bout d'un certain noud^re d'heures, variable avec l'échantillon et la température, la tension se fixe à quelque fraction de millimètre, pourvu que la trompe fonctionne norma- lement; le dégagement est alors pratiquement nul et l'on passe à l'échelon suivant. Une expérience ainsi menée dure i5 à 18 jours consécutifs. En opérant ainsi jusqu'à 1000", il semble qu'on a épuisé tous les gaz qui peuvent se dégager à cette température. Il n'en est rien et, en conduisant l'extraction d'une manière difl'érente, on peut recueillir un plus grand volume gazeux. Prenons par exemple un faisceau de 5os de fils d'acier doux el notons ou (jui se passe à la température de 780°; après avoir extrait 3'"^',3o, la tension devient insigni- fiante; au lieu de passer à la température suivante, cessons de cliaulTer et laissons au repos, sous le vide, pendant 3 jours; puis reprenons la température de 780"; il nous sera possible d'extraire encore 3'"'', 23. Une troisième chaufTe, précédée d'un repos de 3 jours, nous donnera encore l'^^iD, et ainsi de suite. En résumé nous pouvons extraire à 780°, par intervalles successifs de 3 jours : cm' Première chaufTe 3 , 3o Deuxième chaufTe 3,25 Troisième chauffe i , i5 Quatrième chaufTe o, 75 Cinquième chaiiH'e o,55 Sixième chaufle o,35 Septième chaufTe 0,20 Total 9)55 Ainsi donc, suivant le temps que nous consacrerons, nous pourrons extraire 3'^"'',3o ou 9'^'"',55, soit environ le triple. Aux températures de 880" et 980" on retrouve les mêmes faits, à la condition de prendre des intervalles de 4 à 5 jours. Mais ce n'est pas tout : une fois que cette extraction mélhodique a été menée jusqu'à 980°, laissons le mêlai se reposer, sous le vide, pendant 80 jours et recommençons à chauffer à partir de 680°; on constate une nouvelle émission et une première extraction a donné i°°î',5; malheureusement un accident arrivé à la trompe a obligé d'interrompre l'expé- rience qui durait depuis 6 mois. On pourrait objecter que ces phénomènes sont dus à une lente rentrée d'air par une fissure; il n'en est rien, In tension n'a pas varié pendant les repos et chaque extraction a été suivie d'une analyse, qui a toujours donné de l'hydrogène et de l'oxyde de carbone. De ces faits, il résulte que les métaux peuvent être regardés comme des réservoirs gazeux pratiquement inépuisables et qu'il n'est guère possible de faire des expériences avec eux, en l'absence des gaz occlus; le rôle de ces gaz devient ainsi intéressant à étudier. C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N" 17.) QI I-'brary;? 674 ACADÉMIE DES SCIENCES. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur les transformations du sélénium. Noie de M. Maurice Coste, px'ésentée par M. H. Le Chalelier. A la température ordinaire le sélénium peut exister sous trois états : I" Le sélénium précipité ou vitreux rouge sous faible épaisseur; 2" Le sélénium cristallisé rouge ; 3° Le sélénium métallique noir sous faible épaisseur. Ces trois états sont caractérisés par des densités diflcrentes. D'après mes mesures, le sélénium métallique réduit en poudre a comme densité 4)^o à 17". Neumann avait obtenu comme densité 4i4; Ranimelsbetg /|,r); Peterssn 4>G3; Milscherlicli 4i76; Hittorf 4,8o; Saundeis t\,%. J'ai eni]>l(iyé la iniHliode tlii llacon en prenant comme liquide le toluène pur. En me servant de Hacons did'érents, les ncjmbres trouvés pour la densité du toluène ont été o, 86^63 et o,86~5Ci. Du sélénium vitreux pur, refroidi brusquement dans le vide en baguettes, a comme densité 4,3o2. Après sa transformation en silicium métallique, la densité apparente est 4,356; maintenant le vide pendant 2 heures au-dessus du flacon, la densité observée devient 4)583. Concassant les baguettes en fragments, la densité devient 4,708. Après ébuUition dans le toluène et refroidissement, la densité devient 4,743. lléduite en poudre et après ébul- lition, 4,80. C'est le nombre exact. La présence de cavités intérieures explique la divergence des résultats des pi'emiers observateurs. Par action de la potasse en dissolution concentrée sur le sélénium à 23o° et refroidissement lent, j'ai obtenu le sélénium métallique cristallisé en longues aiguilles. La densité est 4,82. Le point de fusion obtenu en me servant du bloc Maquenne est 219". Le sélénium métallique est légèrement soluble dans un certain noiubre de liquides, en particulier le sulfure de carbone, le toluène, le nitrobenzène, la /ior/,65 0,73 1)9. 01 9S.85 98.95 99, .33 99,.5fi 99,54 99.57 99,43 Non dosés : Si (surtout dans 9, et 9,), traces de Pb, As, Sb. ÉcliaulT. nerroiii. l->hauiï. Kefroid. ÉcliaulT. Refroîd. Échauiï. Rerroid. Points , 200" Exp. non faite \ers 200 vers 200 3io 235 vers itio vers 160 de ! 4*'o° 4^f 625 555 610 55o 590 545 transformation ( 720-730 720-730 vers 820 vers 820 » » 800 760 l.e deuxième point de transformation (vers 5oo°) est très accentué, sauf pour 9,; 'e troisième (vers 75o°) est le moins net. On voit que ces alliages renferment des quantités assez notables d'élé- ments étrangers, notamment de fer, dont l'influence n'est sans doute pas négligeable. Mes expériences conduisent aux conclusions suivantes : 1° Les températures de transformation observées (vers 5oo° et vers ^oo") par l'étude de la variation de la résistance électrique avec la température sont assez voisines des températures indiquées par M. L. Guillet. Toutes mes courbes présentent en outre, vers 200°, un point singulier qui n'a pas encore été signalé. Les autres méthodes d'étude des alliages (micrographie, essais mécaniques, mesure des dilatations) permettraient peut-être de savoir s'il s'agit d'un point de transfonuation. 2° Les variations sont parfaitement réversibles, sauf au voisinage des points de transformation. Sur trois barreaux (g^, 12,, 12.) j'ai observé, pour ces points, des retards très nets. Dans tous les cas, la température de transformation au refroidissement était inférieure à celle de réchauffement. 3° Les chauffages successifs n'ont pas d'influence sensible sur les points de transformation ; mais, ordinairement, les courbes deviennent plus nettes SÉANCE DU 26 OCTOBRE I909. 68 I quand le nombre des chauffages augmente, vraisemblablement parce que les alliages deviennent plus homogènes. , 4° Enfin, j'ai constaté la grande importance que peuvent prendre les phénomènes de liquation, même dans les lingots de petite dimension; les barreaux 9, et g.,, en particulier, bien que taillés dans la même éprouvette, ont fourni des courbes d'allure différente. C'est un fait qu'il convient de ne pas perdre de vue dans l'élude des propriétés des alliages et dans la pratique des essais, et dont on ne s'est peut-être pas toujours assez préoccupé. CHIMIE ORGAMIQLIE. — Sur l' hcxahydrnphénylacètylrne et l'acide hexa- hydrophénylpropiolique. Note de MM. Georges Darze.ns et Uost, pré- sentée par M. A. Haller. L'un de nous a publié une nouvelle méthode de synthèse des cétoncs qui permet de préparer avec facilité l'hexahydroacélophénone CM* cir- CH-( ^CH CH^ CH- GO-CH^ La présente Note a pour but de compléter l'élude de cette précieuse matière première et d'en dériver quelques corps nouveaux de la série hexa- hydroaromatique. Lors(|u'on traile l'hexahydroacétophénone par le pentachlorure de phos- phore, on observe tout d'abord la substitution régulière de O par Cl*; mais le dérivé chloré CH" — CCI" — CH'' ainsi formé n'est pas stable; il perd de suite une molécule d'acide chlorhydrique pour donner Fhexahydrochloro- stNrol CH'- — CC1 = CH-. Le peu de stabilité du dichlorure de cette cétone la différencie de l'acétophénone dont le dichlorure, préparé par Friedel, ne perd H Cl que sous l'action de la potasse alcoolique. Dans un ballon contenant aic^ de l'hCl' on verse lentement lafit' criiexaliydioacélo- phénone; le pentachlorure ne tarde pas à se liquéfier en même temps qu'il se. dégage de l'acide chlorhydrique. On termine la réaction en chauffant au bain-niarie pendant I heure. On chasse l'oxychlorure formé sous un vide pailiel et l'on fractionne de suite le produit sous une pression de 24™'". L'he\aliydrochloroslyrol distille à 700-74° et se présente sous l'aspect d'un liquide incolore. Lorsqu'on traite l'hexahvdrochlorostyrol par la potasse, il perd encore les éléments de l'acide chlorhydrique pour donner l'hexahydrophénylacétyléne, carbure qui n'avait C. R., 1909, 3- Semestre. (T. l'iQ, N" 17.) 9^ 682 ACADÉMIE DES SCIENCES. pas eucore élé préparé. Pour réussir celte préparation il convient d'opérer comme il suit : Ou place tians un bain d'Iiuile une bouteille en fer contenant ooos de potasse pure, fraîchement fondue et en poudre fine, puis on y verse lentement i lo*-' d'hexaliydro- chlorostyrol ; l'appareil étant surmonté d'une colonne Vigreu\. en relation avec un réfrigérant ascendant, le carbure ne tarde pas à distiller sous l'influence d'une élévation progressive de température. Une deuxième rectification permet d'avoir de suite le carbure dans un grand étal de pureté. L'hexahydrophénylacétylène est un liquide mobile bouillant à i3o°-i32'' sous la pression atmosphérique et ayant une odeur caractéristique semblable à celle des carbures acétvléniques de la série grasse. Le rendement est de 45 pour loo environ. L'hexaliydropliénylacétylcne est un cai'bufe acéLylénique vrai qui donne avec facilité des dérivés métalliques. Son dérivé sodé lixe, conformément à la réaction de Nef, l'acide carbonique pour donner l'acide he-xahydrophényl- propiolique. Dans un ballon contenant lO"' de sodium en poudre et lOO» d'éther sec, on verse lentement 43s de carbure acélylénique; il ne tarde pas à se déclarer une réaction assez vive avec dégagement d'h^'drogène et formation d'un dérivé sodé (|ui a l'aspect d'une poudre blanche. Lorsque cette réaction est terminée, on dirige dans le li((uide un courant d'acide carl)onique sec qui s'absorbe et tran?>forme le dérivé sodé en sel sodique de l'acide hexahydrophénylpropiolique. On re|irend le pioduil de la réaction |)ar l'eiiu qui dissout le ^el, tandis que les impuretés restent dnns l'éthei'. L'acide mis en lilierté par MCI dilué se piésente sous l'aspect d'un liquide huileux ayant une faible odeur grasse et bouillant à i38°-r4o" sous 6""". Sou éther mélhylique bout à 96° sous 5""". Son éther éthylique bout à io5" sous 5""". Ces élhers ont une odeur voisine des éliicrs correspondants de l'acide amylpropioliquc préparé par MM. Moureu et Delange. MINÉHALOGIE. — Conlributiori à l'élude des latérites. Note de M. H. AnsANDAux, présentée par M. A. Lacroix. M. Max Bauer et quelques autres auteurs, à sa suite, ont montré que l'altération des roches silicatées alumineuses, dans les pays chauds et humides, est caractérisée par l'individualisation d'alumine hydratée que, dans certains cas, on a pu identifier à de Vhydrargillùe, Al(OII)'. Toutefois, l'alumine hydratée, dans bien des cas, est loin de constituer la totalité des composés alumineux renfermés dans ces produits d'altération, SÉANCE DU 2() OCTOBRE 1909. 683 les latérites; j'ai constaté, cnefFet, que celles-ci renferment aussi des silicates alumineux hydratés ('), le plus souvent alcalins. La détermination de la nature de ces silicates fait l'objet de cette Note. Les échantillons ayant servi de base à ce travail ont été recueillis en majo- rité par moi-même, soit au (^onso, soit au Soudan; les autres font partie des collections du Muséum d'Histoire naturelle et proviennent pour la plu- part du Soudan. Ce sont, soit des latérites en place ayant conservé les caractères structurels de la roche dont elles dérivent respectivement, soit des latérites remaniées, alluviales. Tous ces échantillons ont été soumis à un débourbage suivi d'une léviga- tion soigneusement conduite, afin d'en séparer les matériaux détritiques grossiers, sans intérêt (quartz principalement), des parties limoneuses. Ces dernières, séchées à l'air libre, ont fourni les produits que j'étudie plus bas, sous forme de poudres impalpables, à toucher savonneux, rebelles à toute séparation mécanique; ces poudres sont les unes d'un rouge plus ou moins vif, d'autres jaune rougeâtre, d'autres encore sont blanches. L'examen microscopique montre que toutes nos poudres sont constituées en majeure partie do lamelles très ténues, biréfringentes, qui, en raison de leurs très faibles dimensions et de leur manque de transparence, sont indé- terminables opti(pienienl; cependant ces lamelles doivent correspondre à des clivages suivant la base, de minéraux possédant la structure des micas, car, dans quelques très rares cas, j'ai pu observer que certaines de ces lamelles, présentant quelque développement, étaient aplaties à peu près normalement à Up, bissectrice aiguë, et avaient des axes peu écartés. Cet examen montre en outre : i" que ces poudres ne renferment pratiquement pas de matière isotrope, d'où absence de silice gélatineuse; i>" que parmi leurs éléments il n'y en a pas qui puissent être assimilés à des feldspalbs, soit en raison d'une forme extérieure ou de clivages convenables, soit à cause d'une structure maclée. L'absence de caractères optiques déterminables rendait nécessaire l'ana- lyse chimique de ces produits. tjelle analy>e a été eflécliiée en suivanl un mode opéraloire f|iie j'ai déjà exposé en éUulianl la composition des i)aii\ites [Coniptfs rendu!;, 1909, p. 111')), et consis- tant à analyser dans chaque écliaiilillon : i" la portion de celui-ci attaquable en I heure au bain-marie par de l'acide chiorliydrique concentré (oxyde de fer en totalité (') Dans un travail encore récent, M. Max Bauer a signalé déjà la présence de sili- cates hydratés d'alumine dans des latérites de Madagascar. 684 ACADÉMIE DES SCIENCES. et tout ou partie dfi l'alumine bydralée) ; 2° la portion rési^ta,pt à l'aclion clilorli^-' ài^rque, qu.e l'acide siilfurique attaque complètement (silicates, et, .po'^iblement, de rahim'iiie hydratée). . '■ ' Laissant de côté la composition des piemières portions, qui ne pourrait fournir de renseignements que sur des questions au moins partiellement élucidées déjà, 'j'fen- visagerai seulement ici la composition des produits de ratlu(|ue sulfurique, dont la proportion, relativement à la poudre brute, varie de 68 à 99 pour 100. liés résultats de ces analyses, obtenus en collaboration avec M. Blot, sont exposés cl-dess'ous; ils sont ordonnés par rapport aux teneurs en alcalis : IFO (•). 16,3 ia,G ■4,â i3,3 .3,7 '4," i3,4 l3,2 11,3 . 9,5 ,9,2 8,9 ■.9l2, ■ 7,6 8,0 9,3 7,4 6,4 siOM = ). 47,5 44, Q 45, G 52,5 47,9 5i,8 /t4,o .46,0 47,8 44,8 5o,2 46,4 47,0 .44,9 '47,3 48,2 46,2 49,0 APO\... 34,5 35,8 36,6 39,5 36,2 30.7 39,2 35,0 34,5: 38, o-' 34.0 • 3S-,o .34, i 37-9 33,2 33,0 35,7 33,1 TiO'. ... ".7 "jU 0,4 ■>2 tr. Ir. » 0,9 tr. 1,0 0,8 0,7 >,.-^ 'rP ",9 0,6 ",9 1 ,0 l CaO 1 -t- . ■ 0,6 0,9 o.S I , I 1,3 ■,4 0,9 0.6 t , 1 ■,3 "*''. ■ ',3 1,3 i,I' ',' 1,2 0,8 ",9 1 MgO : K=0 0,1 0,5 ',2 1,1 ■,4 ',7 2,0' 3,2 ■4,0 4,4 5,3 4,5 .6,4 6,9' . 7,-o 6,3 5,2 8,3 Na=0. ... o,i 0,4 0,4 0.6 0,4 0,6 f>.6 0,6 I.O o.G "-7 >,8 0,7 "•9 .;;3 5,1 3,2 ",7 99 'i^ 99,7 99 v^ 99,3 100,9 1 00 , 2 100, 1 iérature élevée (') Par perte au feu vers 1000°. (^) Celte silice est celle que dissout, sur l'insoluble de l'attaque sulfurique, une solution concentrée et bouillante de G?e« Mars, Cucurbila maxima, etc., et cela lorsqu'elles sont fournies à la dose de i pour 100; les plantes à qui l'azote était oll'ert sous cette forme augmentaient sensiblement de poids sec par rapport à la graine, ce qui pouvait d'ailleurs s'expliquer en partie par un gain.de carbone aux dépens du gaz carboni(iue de l'air, mais de plus la teneur. en azote complexe deve- nait plus élevée. • - -- Poursuivant mes recherches sur l'action morphogénique dç différente? substances, j'ai été amené à étudier à ce point de vue le rôle des aminés, et (') L. LuTz, Recherches sur la nutrition, des vé^éLaux à t'aide dû sitbstances azotées de nature organique {Ann. Se. nat. :.Bot., 1898). 68(> ACADÉMIU DES SCIENCES. les résultais que m'ont fournis les cultures entreprises à ce sujet sont en opposition très nette avec les précédents. Ces cultui-L's ont élé faites à rinléiieur de luljes fermés par un tampon d'ouale; les liquides qui étaient essayés au point de vue de leur valeur alimentaire imbibaient de la ponce qui avait été au préalable calcinée, puis stérilisée à l'intérieur des tubes de culture qui en contenaient tous le même volume; les solutions nutritives étaient fil- trées à la bougie Cliamberland et il en était introduit asepliquemenl un volume cons- tant dans les tubes où devaient se développer les graines mises à germer après stérili- sation. IjCS expériences ont porté sur le Uadis dont on choisissait des graines pesant de lo"'*-' à 1 1""», ce qui correspondait à un poids sec de la plantule compris entre 7"'6,8 et g""", 2. Une solution mère témoin contenait tous les éléments nécessaires au développe- ment de la plante, à l'exception de l'azote; ce corps était ajouté soit à l'état d'azotate de calcium, soit à l'état de chlorhydrate d'ammoniaque, soit enfin sous forme de chlor- hydrates des diverses aminés; pour chaque substance on réalisait trois concentrations différentes (I, Il et 111), telles que les liquides de culture contenaient les mêmes quan- tités d'azote que les solutions à o,oi pour loo, o, i pour loo et i pour loo de chlorhydrate de méthylamlne. Enfin, à côté de cette première série de cultures, il en a été établie une seconde où tous les liquides contenaient en outre 5 pour loo de glu- cose, destiné à donner des rendements plus considérables et à montrer l'action des différentes substances sur l'utilisation du sucre mis à la disposition de la piaule. Tous les corps employés l'ont été à l'état aussi pur qu'on peut les obtenii-; les chlorhydrates de méthylamine et de Irimélh^ lamine ont été préparés par saturation des aminés correspondantes pures avec l'acide chlorhydrique ; les sels des autres aminés sont les produits gaïautis purs du commerce soumis à de nouvelles cristallisations. Les semis ont été elTectués le même jour et les tubes placés à une lumière diffuse égale pour tous; l'expérience a duié 2 mois. Au bout de ce temps j'ai évalué la valeui' nutritive, qui se traduirait souvent d'ailleurs pai' des caractères de morphologie ti'és précis que je laisse de lôlé ici, en pi enant les poids secs des cinq plantes que com- portait clinque série et les comparant avec ceux des plantes ayant végété dans la solu- tion témoin; je ne rapporterai dans le Tableau suivant que les poids secs moyens de chaque série, la concordance s'étant liouvée parfaite pour les divers individus. Sul^slaiice? azotées fduriiies ù lu plante. Pas d'azote (solution témoin). Azotate de calcium Chlorhydrate d'ammoniaque. SoUi lions Solutions giucosêes sans g lucosc. à 5 po ur inn. Poids secs 'DilVérences ' Poids secs lUIlcrences Concen- moyens avec moyens avec trations. ( en nig). 24 le témoin. (en mg). 34 le témoin. ( 1 36 -)-I2 59 4-20 ) Il 1 4o m6 66 -f-32 ' m 29 -h 5 4' + 7 l i 3i + 7 68 -h34 ) Il 1 111 33 + 9 75 4-41 7 — >7 7 -27 SÉANCE DU 2(> OCTOBRE 1909. 687 Solutions Solutions glucosécs sans glucose. à 5 pour 100. Poids secs DiliVrcnccs Poids secs Différences Substances azotées Conccn- moyens avec moyens avec fournies à la plante. (rations. (en rng). le témoin. (en nig ) . le témoin. 1 '7 Cliloiliydrale de méthj'laniine . . . 11 i3 — 11 ( m 6 -18 1 23 - I inc. .' II -12 "/ / '9 -i5 10 -24 33 — 1 37 — 7 8 -26 32 — 2 3o - 4 II -23 34 0 24 — 10 10 -24 34 0 Sa — 2 16 — 18 Chlorhydrate de ditnélhylamine. . ' II 12 (m II — 13 il 22 — 2 Cliloiliydiale de liiiiiclliylainine. . II 11 — 13 ( 111 10 —14 1 .9 — 5 Chloihydrale d'élli^'laïuine 11 12 — 12 ' III 9 — 15 ,' 1 24 o Chlorliydrale do piO|jylauiiiie. . . . Il i3 — 11 ' 111 10 —14 Je ferai lout d'abord reiiiai(|iier qu'en présence du j^lucose l'azotale de calcium et surtout le chlorhydrate d'ainniuniaque auj^mentent sensiblement plus la récolte (ju'en solution exclusivement minérale. Mais il ressort avant tout de ce Tableau qu'en aucun cas les chlorhydrates des diverses aminés ne se sont comportés comme des substances capables de provoquer une augmentation du poids sec. Le lladis n'est pas une des plantes sur lesquelles a expérimenté Lutz; mais dans des essais préliminaires portant sur le Maïs, que j'ai ensuite abandonné à cause de l'irrégularité de sa végétation, j'ai observé une action toxique très nette du chlorhydrate de trimélhylamine employé à la dose de I pour 100; il est d'ailleurs à noter qu'à cette concentration le chlor- hydrate d'ammoniaque est également toxique pour le Maïs et pour le Radis, qui se comportent à cet égard comme toutes les plantes que de nombreux expérimentateurs ont soumises à l'action des sels ammoniacaux; d'autre part, si l'on admettait les conclusions de Lutz concernant la valeur nutritive des aminés vis-à-vis des plantes supérieures, on serait obligé de faire remarquer que l'ammoniaque échapperait à la loi qu'il- a formulée concernant le rapport inverse qui existerait entre les rendements obtenus en présence des diverses aminés et la grandeur moléculaire du radical substitué à l'hy- drogène. 688 ACADÉMIE DES SCIENCES. EMBRYOLOGIE. — Sur l'origine du cœur, fies cellules vasculaires migratrices cl des cellules pigmentaires chez les Téléostéens. Note de M. I. Bokcea, présentée par M. Yves Delage. Le mésodenne intermédiaire céphalique se montre différencié chez Belone acM5, 'pour la première fois, dans les embryons âgés de 3 jours 6 heures. A ce moment, le mésoderme céphalique est divisé en trois ré- gions : «, une région spmitique verticale accolée au cordon nerveux ; b, une région périphérique présentant, déjà une cavité (la cavité péricardique); c, une région intermédiaire compacte réunissant les deux autres parties, formée par la partie proximale du mésodernie horizontal. Cette dernière région est plus étroite que les deux autres, se trouvant conq)rimée d'une part à la partie inférieure par le reploiement du bord de la couche endo- dermique, à la partie supérieure par l'ébauche de la vésicule auditive et par l'épaississement ectodermique où s'abouchei'a plus tard la première poche branchiale. A mesure que la première poche branchiale s'avance vers l'extérieur (au cours du quatrième jour du développement), le mésoderme intermédiaire glisse le long du bord externe de celle-ci, de sorte qu'on constate de chaque côté une coulée de cellules mésodermiques qui se dirigent vers la ligne médiane au-dessous de l'intestin céphalique, cheminant le long du bord interne des lames péricardiques et s'étalant sur le vitellus (embryons âgés de 5 jours). Entre les denx lames péricardiques, les deux coulées délimitent une cavité cylindrique qui est la cavité du cœur. Le long des coulées, on constate des cellules qui se séparent et éniigrent à la surface du vitellus; celles-ci sont les cellules vasculaires migratrices aux dépens desquelles se formé le réseau veineux du vitellus. Ces cellules ont été observées pour la première fois par Wenckebach ('), mais leur orig^inè est autre que celle assignée pa'r cet auteur. Le cœur et aussi les cellules vasculaires migratrices dérivent donc d'une région du mésoderme céphalicjue qui correspond aux masses mésoder- miques intermédiaires de la région du tronc ([)ortion moyenne du méso- biastc, Swaen et lîrachet). J'ai obte^iu le même résultat sur les lormes suivantes : Lopldtis jiiscatorius L. ; Exdcetus iidlïtaris L. ; Cristiceps argeritatus Risso ; Gobius capito C. V. ; Hippocampua ■■m'"' -■ '• '. ^ ■ — C) Archiv fiir niikr. Anat., t. XXVIU. SÉANCE UU 2(3 OCTOBRE I909. 689 hrcviroslris Cuv. ; Syngnalus acu.s Midi.; Siphonoslonia Rniirlelctii Delor. et Uraiioscopiis scaber L. Je ne puis doni;, (rauciiiie manière, confirmer les reclierclies ri'oentes de iNoldeke ( ') que des cellules endodermiqiies prendraient part aussi à la for- mation du cœur, et celles de Gregory (") suivant lequel la première èi)auclie du cœur serait représentée par deu\ masses mésendodermiques. Dans tous les stades embryon- naires, j'ai constaté des limites nettes entre le niésoderme et l'endoderme. A côté des cellules migratrices vasculaii-es, il y a une autre catégorie des cellules migratrices qui se chargent de pigment. Tous les auteurs soutien- nent que ces deux catégories de cellules ont une même origine mésoder- mique. Il n'y a que Swaen et lîracliet ( ' ) qui ne se montrent pas convaincus que les cellules pigmentaires aient la même origine que les cellules vascu- laires, sans pourtant connaître l'origine des premières. Mes recherciies tue permettent d'aflirmer que les cellules pigmentaires ont une origine eclodermique. Déjà chez les embryons âgés de 3 jours, on observe des deux côtés du cordon nerveux, à la limite de celui-ci et du feuillet épidermique, des cellules qui se détachent et émigrent dans les interstices des organes déjà formés ; quelques-unes émigrent entre le cor- don nerveux et les somites arrivant à la surface de l'intestin; un nombre plus grand passe du côté latéral des somites, entoure les plaques latérales et arrive à la surface du vitellus. Au sixième jour ces cellules commencent à présenter des granulations pigmentaires. Dans les œufs pélagiques à déve- loppement embryonnaire très court ÇUranoscopus scaber L. ; Fierasfer acus Briinn; Laèra.z- /;//;?« Cuv.), ces cellules apparaissent à la lin du premier jour du développement et sont déjà chargées de pigment au moment de la séparation même. PHYSIOLOGIE. — Sur la fatigue engendrée par les mouvements rapides. Note de M. A. Imbert, présentée par M. Bouchard. Un certain nombre de travaux professionnels consistent essentiellement en mouvements rapides, sans production en quantité appréciable de travail extédeur; c'est en particulier le cas des ouvrières plieuses dans les usines oii se fabriquent les bougies, le chocolat; dans les manufactures de ta- bacs, etc. (') Zeitschr. fiir wiss. Zool., t. LXV. C^) Anat. Hefte, t. \X. (^) Arcliii-es (le Biolof,ne, t. X\ I. G. K., 1909, >.' Semestre. (T. lHi, N- 17.) 9^ 6f)0 ACADÉMIE DES SCIENCES. Il pouvait dès lors être intéressant de reclicrcher si la simple exécution de mouvemenis rapides engendre un degré de fatigue pouvant être objec- tivement constaté, par exemple au moyen de tracés ergographiqucs. Les recherches ont porté sur un mouvement très simple, flexion et exten- sion allernalives et aussi rapides que possible du médius, mouvement qui présentait l'avantage d'être le même que celui sur lequel porte l'exploration par l'ergograpbe de Mosso. Les tracés ergo;;raphiques se composaient chacun de 60 soulèvements successifs; il était pris un seul tracé par jour, dans le début de la matinée, toujours à la même heure, tantôt directement, tantôt après 2 minutes de mouvements rapides de flexion et d'extension du médius. Ces mouvements étaient d'ailleurs inscrits en réunissant le doigt, par un (il élastique, au levier d'un tambour mis en communication avec un second tambour enregistreur. Ces mouvements de flexion et d'extension, dont le nombre peut dépasser 4oo par minute, sont d'abord assez réguliers; mais la régularité s'altère peu à peu et fait place, chez certains sujets tout au moins, à une véritable incoordination. Pour se rendre compte des dilTérences présentées par les tracés ergographiques, il est bon d'évaluer comparativement le travail correspondant à i, 2, 3 , . . . , 60 soulève- tnents. Le poids soulevé étant toujours le même, cette comparaison se réduit à celle des hauteurs de soulèvement. ' Si l'on fait successivement, pour-toutes les valeurs de n, la somme S des n premiers soulèvements lorsque le travail à l'ergographe est efïectué directement, et qu'on en retranche la somme correspondante S' des n premiers soulèvements lorsque le travail à l'ergographe est elTeclué après 2 minutes de mouvements rapides de flexion et d'extension du médius, puis qu'on porte en abscisses les diverses valeurs de n et en ordonnées les valeurs correspondantes de S — S', on obtient une figure qui renseigne immédiatement sur la marche comparative de la fatigue dans les deux cas. On trouve ainsi que le travail à l'ergographe est, pour les premiers soulè- vements, plus grand en général (S' >■ S), lorsque viennent d'être effectués des mouvemenis rapides de flexion et d'extension; mais l'inverse (S^S') se produit bientôt, si bien que la différence S — S', d'abord négative, devient bientôt positive et augmente dès lors progressivement. S Pour un sujet, le rapport ^ entre les travaux ergographiques totaux effec- tués, l'un directement, l'autre après mouvements rapides de flexion et d'ex- -: ' '. , ., . , 3 tension, s est eleve a - • ' 2 Il résulte de là que : Des mouvements rapides, sans production en quantité appréciable de travail mécanique extérieur, engendrent assez rapidement une fatigue qui peut être mise objectivement en évidence par des tracés ergographiques, et dont le degré peut, chez certains sujets tout au moins, être assez élevé. SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 69I, PHYolOLOGT'î EXPÉRIMFNTALE. — Action d'eaux minérales et de sérums arti- ficiels radioactifs sur la survie d'organes ou d'éléments cellulaires isolés du corps (muscles lisses et striés, globules rouges, spermatozoïdes^ Note de M. C. Fleig, présentée par M. Bouchard. J'ai recherché l'action d'eaux minérales radioactivées et de sérums artifi- ciels radifères à minéralisation complexe sur la survie d'organes ou d'élé- ments cellulaires isolés du corps, tels que l'intestin, l'o'sophage, le cœur, les globules rouges et les spermatozoïdes, en suivant les méthodes que j'ai déjà utilisées dans le cas des eaux minérales ordinaires et de divers sérums artificiels ('). Les solutions radifères dont je suis parti pour composer ces sérums radioactifs et pour donner une radioactivité yî.re aux eaux minérales dont je me suis servi m'ont été fournies par M. Jaboin, et les reclierches comparatives sur la radioactivité des divers lif|iiifles f|ue j'ai employés comme sérums artificiels ont été faites avec l'éleclroscope de Curie et celui de Chéneveau et Laborde. Ces solutions radifères étant à des titres assez faibles (de iV à :"iooT de Ha Rr- par litre), j'ai utilisé jusqu'à présent comme eaux minérales à radioactiver surtout des eaux très fortement salines, celle de Brixous- Biarrilz surlout, qu'il faut diluer de !\o volumes pour la ramènera l'isotonie. l^our les eauK minérales naturellement peu liyperloniques ou voisines de l'isotonie, la radioacti- vation était réalisée en les additionnant d'une petite quantité de solution de Br' Ra à Doo'i' par litre. J'obtenais ainsi des eaux minérales dont la radioactivité yî.^e correspon- dait à lï à 12Ï de Br- Ra par litre (bien plus élevée par conséquent que la radioacti- vité des eaux minérales naturelles même les plus radioactives). J'ai même utilisé de l'eau de Biarritz isotonique à 5ooY de Br'Ra par litre. Pour les sérums artificiels à minéralisation complexe, la teneur en Br^Ra variait de |T à 5ooY par litre. Dans d'autres expériences, j'ai utilisé des eaux minérales ou des sérums artificiels possé- dant une radioactivité induite acquise à la suite du séjour plus ou moins prolongé dans ces liquides d'un tube de Br' Ra à activité de i Sooooo. Enfin, j'ai aussi recherché l'action de Vérnanalion de ce tube placé directement dans le voisinage des organes ou des éléments cellulaires que j'étudiais. L'ensemble de ces expériences est destinée montrer que l'action sur ces divers systèmes organiques soit d'eaux minérales ou de sérums radifères (radioactivité fixe), soit des mêmes liquides possédant une radioacti- vité induite ou contenant le tube de radium, conduit à des conclusions montrant l'in- nocuité des injections intra-lissulaires d'eaux minérales très radioactives, infinimeat plus radioactives même que celles qu'on connaît actuellement. (') Cf. C. Fleig, Les eaux minérales milieux vitaux. Sérothérapie artificielle et balnéolhérapie tissu laire par leur injection dans l'orL;anisme, 5i3 pages, avec 16 figures. Paris, Maloine,' 1909. 692 ACADÉMIK pES SCIENCES. I. Des fragments d'inteslin grêle de lapin immergés comparativement dans des sérums artiiiciels complexes et dans ces mêmes sérums additionnés de i^ à 100^ par litre de Br- Ua se contractent bien dans les deux cas. Avec une dose de Soo"*' de Br-Ra par litre, on observe quelquefois une légère inhibition des contractions dans les milieux radifères, mais pas d'action toxique cependant, les contractions reprenant leur intensité normale si Ton reporte l'intestin dans le sérum non radifère témoin, l'our les contrac- tions de l'œsophage de lapin (faradiques) ou celles du cœur de grenouille excisé et pour des doses de Br'-Ra ■< 5ooi' pour looo'f, mènnes résultats qu'avec le sérum témoin non radifère. (Formule du sérum artificiel em- ployé : NaCl, G« ; Iv Cl, 08,3 ; SU • Mg, oS J ; PO* H Na-, os,5 ; C0 = NaH, is,5 ; glucose, i^; eau, looc"""'. Pour le cœur de grenouille, liquide de Ringer,) Mêmes conclusions aussi pour Tean de Biarritz à i^ à 5oo"''Br-lla par litre. Avec les sérums artificiels ou les eaux minérales radioactives par induc- tion, on ne saisit aucune difierence dans les contractions de l'intestin, de l'utérus ou de l'œsophage par rapport aux contractions observées dans les mêmes milieux non radioactifs (radioactivation obtenue en laissant en con- tact avec 5oo''°''des liquides à étudier le tube de Br-Ra d'activité i 5oooo(> pendant 2/1 à 48 heures). Bien plus, les mouvements de l'intestin dans le sérum complexe ou dans diverses eaux minérales isoioniques n'ont paru nullement influencés par la présence dans ces milieux du tube de radium placé au contact même de Vinlesliti ; ce n'est que si le contact du tube de radium a été prolongé 3 ou 4 jours au niveau de l'intestin immergé dans un sérum artificiel à la glacière que l'organe devient incapable de reprendre ses contractions par réchaull'ement progressif. II. Des globules rouges de lapin lavés et mis en suspension dans du sérum artificiel, ou dans des eaux minérales isotoniques contenant de i^à 5oo^ de Br-Ra par litre (pendant 4 heures), ne s'altèrent en aucune façon, car leur transfusion permet la restauration définitive de lapins qu'une simple transfusion de sérum artificiel est incapable de sauver (auto-transfusion ou iso-transfusion de globules lavés). Une fois réinjectés, ils reprennent leur forme normale et l'urine des jours consécutifs ne présente aucun signe de destruction globulaire. Le résultat est identique si l'on se sert des mômes liquides radioactives par induction ou si on laisse des globules lavés en suspension pendant l\ heures dans un sérum artificiel ou une eau minérale isotonique au contact du tube de Br-Ra déjà utilisé. III. Les mêmes oxpéiiences de survie et de reviviscence des spermato- SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 6g3 zoïdes dans diverses eaux mirK'-rales que j'ai récemment publiées (Soc. liioL, 17 juillet 1909), se rapportant soit aux spermatozoïdes lavés, soit aux sper- malozoïdos dans des mélanges de sperme et d'eaux minérales, conduisent à des résultats analogues si 1 on se sert d'eaux minérales contenant de i^ à 5ooT^ de Br-Ra par litre. Ces faibles doses de Br-Ra n'exercent pas d'action cmpècliante sur les mouvements des spermatozoïdes, qui sont même parfois acci-us. Tl en est ainsi aussi avec les eaux minérales radioactivées par induc- tion. Au point de vue de la reviviscence après conservation à la glacière, il faut cependant ajouter que du sperme pur maintenu au contact du tube de radium ne contient plus, au bout de '\ jours, de spermatozoïdes ca- pables de se mouvoir. Mais il s'agit ici de conditions qui ne sont jamais réalisées dans la pratique, et le fait de l'innocuité de faibles doses de radium ou d'émanation, même de doses bien supérieures à celles qu'on peut trouver dans les eaux minérales naturelles, me parait bien établi par les trois séries d'expériences résumées ici. BIOLOGIE. — Remarques sur l'Okapi. Note de MM. ■^Iai'rice dk Rothschild et He.vri Neuville, présentée par M. Ed. Perrier. Continuant nos recbercbcs zoologiqucs et anatomiques sur la faune afri- caine, nous avons été amenés à faire quelques comparaisons et à fornuilcr quelques considérations nouvelles au sujet de l'Okapi. Nous nous permet- tons de les présenter à l'Académie. La découverte de l'Okapi est encore relativement récente; sa splanclino- logie reste totalement inconnue, mais ses caractères zoologiques, son habitat et ses mœurs mêmes sont maintenant assez bien fixés. Les magistrales études de M. Ray Lankester et la superbe monographie de M. Julien Fraipont ont largement renseigné les naturalistes sur cet animal, considéré comme mystérieux il y a peu d'années seulement. Les études dont nous présentons aujourd'hui les résultats sont exclu- sivement osléologiques et ont trait à certaines particularités du crâne, de la colonne vertébrale et des extrémités. Le ci:uie de l'Okapi se dislingue de celui des Girafes par maints caractères. L'un des plus iVapiKints, pour l'anatomiste, est le développennent considérable de ses tym- paniques {sensu lato)., qui forment des bulles arrondies, très volumineuses, bien difTérentes de celles des Girafes. Nous avons suivi, à litre comparatif, l'évolution des tympaniques de ces dernières et avons constaté que ces os forment chez les jeunes. 694 ACADÉMIE DES SCIENCES. comme cela a lieu fréquemment ailleurs, des bulles très développées; elles sont alors tout à fait comparables à celles de l'Okapi adulte. Nous avons pu suivre, sur des crânes de Girafe à divers âges, leur atrophie progressive jusqu'au moment où elles se réduisent à une caisse latéralement aplatie, lamellaire, se terminant, presque sans Iransilion, par l'apophyse subuliforme. A ce point de vue, l'Okapi adulte présente donc un stade réalisé chez les jeunes Girafes. Signalons, simplement à titre documen- taire, (jue le crâne-type du Paleotragus Roue/ii Gaudry, aimablement mis à notre disposition |nir M. le professeur Boule, semble, lui aussi, avoir présenté des bulles tympaniques arrondies, bien développées, mais dont l'état de conservation est malheu- reusement trop imparfait pour permettre une description quelque peu précise. En ce qui concerne la colonne vertélirale, nous avons étendu l'intéressante décou- verte, due à M. Ray Lankester, de la double articulation cervico-dorsale. Ce savant éminenl a récemment observé, sur un Okapi de M. Powell Gotton, que la septième cervicale s'articule avec la première dorsale à la fois suivant le mode d'articulation cervical et suivant le mode dorsal, mais il n'a pas retrouvé la même disposition sur un squelette jeune appartenant à l'hon. Walter de Rothschild, et ce fait demandait ainsi quelques éclaircisseinents. Nous avons pu constater sur un squelette parfaitement adulte (celui du Muséum de Paris), l'existence de la double articulation décrite par M. Ray Lankester. Il parait donc s'agir d'un fait constant, que peut atténuer l'immaturité. Etendant nos recherches, nous avons retrouvé la même articulation double chez les Oryx. Une ébauche de l'articulation médiane, du type dorsal, y apparaît dès l'axis et se développe graduellement; sur la septième cervicale, elle devient identique à celle de l'Okapi; tout au plus doit-on signaler que ses facettes articulaires sont moins plates. Quant aux extréuiilès, elles sont assez dilTèrentes ici de celles des Girafes. Chez ces dernières, les [ihalanges sont très larges et très puissantes, surtout à l'état pleinement adulte, car, chez les jeunes, elles sont moins massives. Par contre, chez l'Okapi, elles sont très déliées et rappellent, plutôt que celles des Girafes ou des Bœufs, celles des Cerfs. La première phalange y est encore plus grêle que chez ces derniers, un peu moins, cependant, que chez certaines Antilopes de marais; sa face antérieure, au lieu d'être aplatie comme chez les Girafes, est convexe; sa face postérieure présente des tubercules moins saillants, dont rinterne, le plus développé chez les Girafes, se réduit chez l'Okapi à une crête linéaire descendant jusque vers la moitié (membre anléiieur) ou le premier tiers (mertibre postérieur) de la longueur. C'est la seconde phalange qui offre les différences les plus frappantes; le caractère bovien qu'elle présente chez les Girafes n'existe pas du tout chez l'Okapi, mais la ressemblance avec Ja seconde phalange des Cerfs y est grande. La troisième phalange de l'Okapi est proportionnellement plus courte que celle des Girafes; sa facette articulaire, aussi étendue en arrière que chez celles-ci, est plus longue, par conséquent, que chez les Ruminants en général; c'est par suite de la brièveté relative de la région située en avant du trou plantaire de la face interne que cette troisième phalange paraît plus haute et plus courte chez l'Okapi. L'éminence pyramidale, émoussée chez les Girafes, est ici plus saillante; ses trous vasculaires, différents de ceux des Girafes, le sont aussi de ceux des Bovidés. Tant au point de vue de l'articulation cervico-dorsale qu'à celui des extrémités, le SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 69^ Nylgaul (Boselaphus tragocamelus Pallas), qu'on a voulu rapprocher des Girafidés, présente, au contraire, des caiactères boviens. Les caractères différenciels sur lesquels nous venons d'attirer l'attention sont surtout adaptatifs, mais les quelques données ontogéniques qui peuvent être relevées ici rapprochent l'Okapi adulte des Girafes à l'état jeune et, malgré la convergence .\zole de la caséine 3,- à 4j3 2,94 3, 18 Azole des albumines 0,8a à 1,08 i ,9'^ 2,45 Azote restant (amidé) ... . o,i3à o,'.^4 0,02 o,3o soit en centièmes de l'azote total : Azote de la caséine 77 à 81 54,65 53,69 Azole des albumines 17.6 à 17,5 35, 61 4', 20 Azote restant 2,5 à 4,7 9,74 5, 06 Nous avons choisi ces exemples parmi des laits hiberculeux non encore modifiés au point de vue organoleptique, avant rapj)arence de laits sains et l'aspect marcliand. Le premier de ces écliantillons avail la rompo^ilioii suivante (fin grammes par litre): Acidité 1,01 Matières albuminoïdes 35 , 28 Matière grasse 4' ,90 Lactose 3o,oo Extrait sec i3q, i5 Cendres 8,10 Clilore (en Cl Na) 2 ,98 Point de congélation — o'',55o Indice de réfraction i , 3437 Résistance spécifique 208 ohms Les chiffres que nous venons de citer montrent que la caséine diminue très rapide- ment dans les laits élaborés par une mamelle tuberculeuse, même très peu atteinte. La diminution est à la fois absolue et relative; au début de l'afTection, l'azote total n'a pas changé et la quantité de matières albuminoïdes n'est pas modifiée; plus lard, l'azote total et les albumines augmentent notablement. Aux deux causes précédentes, diminution de l'acide carbonique et dispa- rition graduelle de la caséine, parait s'ajouter la diminution des sels acides, si nous nous en rapportons aux dosages d'acide phosphorique et de chaux exécutés sur les résidus de l'incinération des extraits secs : Pour 100 des cendres. Lait normal. Lait tuberculeux. Sérum sanguin. Acide phosphorique 27,0 io,o(') 4,8 Chaux 21,0 8,7 1,1 (') La diminution de l'acide phosphori(|ue et de la chaux est liée, en partie, à la disparition de la caséine. SÉANCE DU 26 OCTOBRE I909. 697 L'iiypoacidité des laits tuberculeux ne tient aucunement à une saturation partielle des fonctions acides de leurs constituants par l'ammoniaque pro- venant de l'action des bacilles tuberculeux sur les matières albuminoïdes. En utilisant la réaction si sensible de Trillat et Sauton (formation d'iodure d'azote), nous n'avons jamais pu mettre en évidence l'ammoniaque dans ces laits. On peut donc conclure (|ue la faible acidité des laits tuberculeux dépend principalement de leur moindre teneur en caséine. Lorsque la mamelle est envabie par des microorganismes, quels qu'ils soient, les cellules sécrétrices sont altérées plus ou moins profondément et en plus ou moins grand nombre, suivant la qualité, le nombre et la virulence des microbes. Les produits caractéiistiqiios du lait doivent être élaborés en moins grande quantité et, en effet, dans toutes les mammites, tuberculeuses ou autres, on constate une diminution de la matière grasse, du lactose et de la caséine. Seule, cette dernière a une action sur le degré d'acidité du lait. S'il en est ainsi, dans tous les cas de mammites rencontrés cbez les vaches laitières, et selon toute évidence chez les autres femelles productrices de lait, l'acidité du lait doit être diminuée. Mais lorsque la mammite est provoquée par des streptocoques, etc., un autre phénomène intervient qui masque la diminution de l'acidité primi- tive. Ces microorganismes (sauf le bacille tuberculeux) transforment rapide- ment une partie du lactose qui est à leur disposition en acide lacticjue. L'un des deux phénomènes (disparition de la caséine et formation d'acide lac- tique) l'emporte sur l'autre et, dans ces cas, on constate une augmentation très nette de l'acidité, atteignant couramment, quelques jours après le début du processus, 7^^ 8^, lo^ et même 1 1^ d'acide lactique par litre. Le bacille tuberculeux ne fait pas d'acide lactique avec le lactose. Dans les laits tuberculeux, rien ne masque donc la diminution de l'acidité prove- nant de la disparition de la caséine; le phénomène apparaît alors dans toute sa netteté. Nous pouvons donc conclure : 1° L'hypoacidité des laits de vaches tuberculeuses paraît être corrélative de l'envahissement de la mamelle parles bacilles de Koch. Une mamelle lournissant du lait dont l'acidité est inférieure au taux normal est une glande déjà tuberculisée, quoique l'examen le plus délicat ne puisse faire soup- çonner la tuberculose mammaire. C. R., 1909, 3= Semestre. (T. I'i9, N- 17.) 94 698 ACADÉMIE DES SCIENCES. 2° En l'absence de l'épreuve à la luberculine, le dosa£;;e de l'aoidité du lait récemment recueilli permettra de fixer la nature d'une mammite dou- teuse. On pourra conclure à la tuberculose mammaire si le lait est hypo- acide, même si l'examen microscopique du culot de centrifuga lion ne décèle pas la présence de bacilles de Koch. 3° Tout lait qui, au sortir de la mamelle, présente une acidité inférieure au chiffre minimum normal devra être impitoyablement exclu de l'alimen- tation des enfants. 4° Les grumeaux que l'on constate dans les laits tuberculeux ne sont pas produits, comme cela existe dans les autres mammites, par Ja précipitation des matières albuminoïdes sous Tinfluence sinmltanée de l'acide lacticpie et de la présure d'origine microbienne. SISMOLOGIE. — Tremblement de terre du 20-21 octobre 1909. Note de M. Alfred A.vgot. Un nouveau tremblement de terre d'une grande intensité a été enregistré sur les deux sismographes du Parc Saint-Maur dans la nuit du 20 au 21 oc- tobre. Le début des premières oscillations préliminaires est observé à 23''5o™42^ (temps moyen de Greenwich) pour la composante NS et à 23''5o™36'* pour la composante EW; les oscillations sont beaucoup plus nettes sur cette dernière composante. Le début des secondes oscillations préliminaires est, au contraire, beaucoup plus net sur la composante NS; il se présente, pour les deux, à 23''58"'2o\ Il est difficile de définir nettement le commencement des oscillations principales, car on ne remarque pas de variation brusque dans l'amplitude. Mais les oscillations, dont la période n'était jusque-là que de quelques secondes, prennent une période de 25 secondes à o''ii"'5i= pour la composante NS el de 21 secondes à o''i3"'34' pour la composante EW. Le maximum se produit à o''i7"',5 (période 16 secondes; amplitude extrême sur le tracé i5™") pour la composante NS, et o''2o™ (période i5 secondes, amplitude extrême iS™™) pour la composante EW. Les oscillations diminuent ensuite lentement et les courbes redeviennent calmes un peu après i*". Ce tremblement de terre, sur lequel je n'ai pas encore trouvé d'indica- tion dans les journaux, a dû être très violent. Son épicentre paraît être à une distance de 6700'"" environ dans TEst-Sud-Est, c'est-à-dire vers le centre de l'Himalaya ou les régions montagneuses voisines. ï SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 699 HYDROLOGIE. — Sur la rivière souterraine de Labouiche OU La Grange (Ai-iége'). Note de M. E.-A. HIabtel. Au cours de la seconde mission d'hydrologie souterraine aux Pyrénées (igog) qu'avait bien voulu me confier M. le Ministre de l'Agriculture, j'ai continué l'exploration de la rivière souterraine de La Grange, ou plutôt Labouiche, près Foix (Ariège) (voir Comptes rendus du 9 novembre 1908). Les 16 et 17 août dernier, avec MM. E. Fournier, E. Maréchal, L. Ru- daux, le D"" Dunac, le D"" Crémadel, le lieutenant Rochette, nous avons fait les constatations nouvelles et les rectifications suivantes : La perte du ruisseau nommé Fayal, dans la grotte dite Aïgo-Perden, est à /|o5™ d'altitude, à 40™ seulement en dessous de la voie ferrée de Foix à Saint-Girons. Nous avons remonté la rivière souterraine 270" plus loin que le point atteint le 3 décembre 1908 par MM. Dunac, Rochette, etc. Les très grandes difficultés du parcours et la perforation d'un canot de toile ont empêché d'atteindre l'extrémité supérieure. Ce cours d'eau interne est un des types les plus caractéristiques et instructifs de la circulation des eaux en rivières souterraines parmi les terrains calcaires. Les traces du travail des tourinllons, de l'érosion, de la corrosion, de la pression hydrostatique y sont particulièrement remar- (piablos. La poi'lioii actuelleinent connue est d'oiiN irnn 1200"' à 1000'" de longueur, non com- pris les passages, presque aussi éleiidus, d'un ancien lit supérieur à sec. Conforménienl à mes prévisions, les températures de l'eau le 17 août 1909 étaient renversées, par rapport à celles du ■?, novembre rgoS, savoir : o o Perle du Fayal i5,6 au lieu de 7,0 Rivière principale en amont du confluent i3,2 » 12,8 tlivière principale en aval du conlluent i4,o » 11,0 Késurgence d'ensemble à Aïgo-l\eiclicii 14 lO » 1 1 ,0 L'iniluence des variations extérieures et saisonnières de lenqjérature sur les émergences du calcaire, (pii ne sont pas de vraies sources, s'affirme donc de plus en plus comme une véritable loi, particulièrement pratique en matière de captages d'eau pour l'alimentation publique. La différence de o'',7 C. pour la rivière principale à l'amont du confluent 70Ô ACADÉMIE BES SCIENCES. implique même que son origine n'est pas aussi lointaine qu'on l'avait cru tout d'abord. Et en cffiH nous avons reconnu, au dehors, jusque vers 2'^'° seulement à l'amont d^ Aïgo-Perden, dans la direction de l'ONO, de très nombreux points d'absorption (|ui alimentent certainement le ruisseau souterrain. L'un des plus éloit;iiés est une perle permanente au hameau de Clarac, dans le fossé même de la voie ferrée; elle a été aménagée pour absorber toutes les pluies d'une vaste surface. En outre, au kilomètre 87,9 de la voie, précisément au-dessus de la perte d'Aigo-Perden, deux trous, imparfaitement bouchés, sont aussi d'anciennes absorptions aboutissant aux galeries supérieures de la caverne. Celle-ci, en deux places au moins, passe sous le chemin de fer, ce qui crée une situation digne d'un très sérieux examen. Les 40°* de roclies inierposées entre les rails et le courant souterrain n'auraient une épaisseur suffisante, pour la stabilité et la sécurité de la ligne, que si ce sous-sol était bien compact : au contraire, il a été et est encore miné par les eaux souterraines qui ont évidé tout un réseau de galeries supérieures sèches, de cheminées débouchant dans les voiites de la caverne, de salles hautes parfois de plus de 20™. Il paraît indis- pensable de mettre un terme, par des travaux spéciaux, à la continuation des érosions souterraines présentes. Cette conclusion de nos investigations à Labouiche montre quels services les explorations souterraines peuvent matériellement rendre aux ingénieurs pour l'exécution des travaux publics, et combien la Direction de l'hydrau- liques et des améliorations agricoles au Ministère de l'Agriculture a eu raison d'organiser méthodiquement, depuis i9t)5, les recherches de ce genre dans un but d'ordre- essentiellement pratique. Elles permettront désormais de prévoir et d'éviter bien des glissements, atfaissemenls, écroulements de [)onts, canaux, routes, tunnels, viaducs, voies ferrées, etc. PIIYSIQUK DU GLOBE. — Dèlerrniruition nowelte de la constante newlonienne. INote de M. V. Cuémiku. piésenlée par M. Bonly. Dans nue précédeule Note ('), j'ai moniré (ju'nne balance de torsion de lunile sensibilité a sa position d'é(|iiiiibre azlmutal sensible à des variations (') Comptes rendus, t. CXLVIIl, 1909, p. 1161. SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1909. 701 de la verticale de l'ordre du millième de seconde, ce qui introduit dans les mesures une cause d'erreur très appréciable. Pour l'éliminer, j'ai essayé d'intercaler des suspensions à la cardan aux deux extrémités du fil de torsion, de façon à supprimer toute flexion du fil. Dans ces conditions, j'ai fait avec l'appareil de gravitation précédemment décrit (') une série de déterminations de la constante nevvlonienne, dont les résultats sont indiqués ci-dessous : Couple de torsion du fil 194"''^', l4'^ — 0,01 Péricyde d'oscillation 827', 43 Distance du centre des splières mobiles aux axes des cylindres attirants io'''°,70i ± 0,01 Distance entre les surfaces extérieures de ces corps. o''"',49i Masses attirantes ii) 1848 Masses attirées 2 44'^°î63 Longueur du bras de levier 45'^'°i 70 Distance des axes des cylindres alliranls 45'"'°, 65 Valeurs extrêmes. r^ . • ■ 1 1 o 1 ■ • • ( 60,334 Déviation obtenue, moyenne de 18 déterminations. 70™'", loo. ■ .„, j 71,584 Déviation angulaire correspondanle i 202", 4 ± o", 3 Valeur déduite pour lu conslante iievvtonienne. . . K=:(),G74 X io~' La précision réalisée dans les mesures de toutes les constantes cpii inter- viennent dans le calcul de Iv semblerait cotnporter une approximation voi- sine du dix-millième. En réalité il n'en est rien, l/cmploi des cardans dimiiiut' bien l'eirct des cliangcments de la verticale, mais il ne le supprime pas complètement, parce (pie les cardans ne peuvent èti-e absolument parfaites. Il faudrait, en eft'et, qu'elles réalisassent les deux conditions suivantes : 1° osciller autour de deux arêtes rectilignes sans épaisseur ; 2° être disposées de façon que le fil de suspension qu'elles supportent passe exactement par la ligne qui joint les intersections des arêtes de chaque cardan. Alors seulement la flexion du fil serait mille. Mais, comme ces conditions ne peuvent êtr(> (prapproximativement réalisées, il subsiste une légère flexion du fil. Par' suite, la position d'é(piilibre azimiital de la balance de torsion obéiia encore aux vaiialions de la verticale. (' ) Comptes rendus, l. CXLl, p. (353 et 710. 702 ACADÉMIE DES SCIENCES. On sait, d'ailleurs, que ces variations ont les périodes les plus diverses, de quelques minutes à plusieurs jours. l'>lles introduisent, dans les mesures de gravitation, une double cause d'erreur. En premier lieu, les variations de la verticale dont la période sera com- parable à celle de l'oscillation de la balance de torsion fausseront la valeur des déviations observées, et il est facile de voir, en se reportant au calcul publié dans ma précédente Note (' ), que l'erreur ainsi introduite sera faci- lement de l'ordre du millième. Voici, par exemple, dix-huit observations faites à raison d'une par jour : ► Tosilion Période Position ■ Période d'équilibre d'oscil- d'équilibre d'oscil- N"". initiale. Déviation, lation. N"". initiale. Déviation, lation. mm sec mm sec 1 293,40 81,67 827,46 10.... 293,47 81,9.5 827, .3o 2 293,17 82,55 827,35 11 291,92 81,90 827,41 3 293,50 81,80 825,48 12 292,20 82,25 827,61 k 295,87 81,55 826,00 1:5. .. 292,95 82,72 826,96 5" 298,57 8i,5o 825,22 l'i-.... 292,15 82,75 828,10 6 299,30 81,82 825,35 15.... 288,35 82,20 828,71 7 298.17 82, i5 826,27 K;.. . 288,62 83,45 828,80 8 292,40 81,77 » '"•• • 289,60 83,35 828,81 n 293,62 81, 85 827,50 18 289,15 83,75 L'e.vamen des cliillVes des déviations moiilrc bien iju'il y a une cause d'erreur systématique, et il n'est pas alisolument léjjfilime de considérer la moyenne des nombres obtenus comme entachée seulemenl de rerreiir cal- culée d'après le nombre des observations. D'autre part, on voit des variations du même ordre de giandeur dans les mesures de période, (^r ces mesures servent au cale.ul du couple de torsion. Ce (jui doit intervenir dans le calcul complet, c'est le couple de torsion correspondant à une mesure donnée. Il y a donc là une seconde cause d'er- reur, en sorte que je ne crois pas que la valeur de K indiquée plus haut soit approchée à plus du millième. Pour obtenir une approximation plus grande, il faudrait pouvoir merles observations faites à des moments où la verticale a une position identique. À cet elTet, j'ai installé, à côté de la balance de torsion, une autre balance qui scrlde micT'oséismographe. L'observalion simullanée des deux ap[)areils pei-melira d'opérer le triage des mesures. (') Comptes rendus, l. GXLVIII, 1909, p. 1161., SÉANCE DU 2.G OCTOBRE 1909. 708 MÉTÉOROLOGIE. — Quelques remarques sur les lempératures d'été dans dn-erses parties de l'Europe. Note (') de M. H. Hildebraivo IIii.dkbrandsson, présentée par M. II. Deslandres. Dans rna Note Sur la compensation entre les types de saisons dans certaines régions delà 'ferre, présentée à l'Académie le 7 juin 1909, j'ai prouvé qu'il faut probablement chercher la cause des différentes variations de l'identité des centres d'action et des différents types des saisons, dans l'état thermique de la mer polaire. La température de la mer entre la Norvège et l'Islande, plus ou moins basse, détermine la température de toute la partie nord-ouest de l'Europe en automne et en hiver. Mais nous avons trouvé que, pendant ces saisons, il y a une opposition dans les types de temps entre la mer d'Islande et la Sibérie et la partie méridionale de l'Europe. Au printemps, la branche du courant polaire, passant à la fin de l'hiver au nord-est de l'Islande, continue vers le sud-est à Thorshavn et jusque dans la mer du Nord, amenant une température plus ou moins basse et en conséquence une pression plus ou moins haute sur cette partie de la mer. Nous avons vu que cette distribution de la pression amène des vents du Nord plus ou moins froids sur le nord de l'Europe jusqu'en Hongrie, et détermine ainsi le type de temps de printemps (avril-juin) de l'Europe. Mais l'opposition ordinaire entre la mer d'Islande et la Sibérie persiste encore. Nous avons trouvé que l'allure de la courbe des températures en Sibérie (Barnaul) est l'inverse de celle de l'Europe. Quant à l'été (juillet-septembre) nous n'avions pas trouvé une relation bien nette entre les températures simultanées de la mer d'Islande et le nord de l'Europe. En continuant mes recherches, je viens de trouver (chose inattendue) que la température d'été en Scandinavie et dans toute la région Baltique depuis le cap Nord jusqu'à Hambourg et Hannover est déterminée non par la température simultanée de la mer d'Islande, mais par la tempé- rature de cette mer pendant /'/«Vez-yj/'eceû^en^. Or, le refroidissement hivernal plus ou moins grand du nord de l'Europe amène une température d'été correspondante. Pour ce refroidissement hivernal, j'ai trouvé une bonne mesure dans le nombre de jours auxquels le sol a été couvert de neige à Upsala. Plus au (') Pré^eiitc'L' dans la séance du m ocLoliru 1909. ■^04 ACADÉMIE DES SCIENCES. Nord, le sol est presque toujours couvert de neige en hiver et, plus au Sud, presque toujours dépourvu de neige. )875 77 79 81 83 85 87 89 91 9j 95 97 99 1901 03 05 Jours 150 16 100 15 50 K 13 i / . 7 v \V V \ A , / \ \ s -/ À. ï\ A \ Y- M M' \ /N / V V V \/ y ') A ' n A \ A.^ n> /^ /\ \ / V n\ 1 \ /"l / V ~^t / ^ .17" .4° .15° .2 .13° ^ A f— A / '^K ^ ^ A A f J aI /y c h K f^ A< V ' \ -^ \^ \ 1 . 4° .20° 3 19 2 18 ♦ 1° 17 \ r \ As w \ .J V /^ \/ z:^ ^>. . / A 1 h ><)( V. ' \) V V + 19" \ 1 V ^ V ^ V 18° \ . / A 17° \ A A \ y \ ,A 16° \ \ / / ^ ' \ / ^ / 1 u / V- / 15» V V En comparant les courbes n°* I et 4, on voit qu'elles sont presque symétriquement opposées. Par conséquent, une basse température à Thorshavn en janvier et février cause un grand nombre de jours avec le sol couvert de glace à Upsala et vice versa. On voit que les courbes n°' 2 et 3 vont en concordance avec le n" 4 et en opposition avec le n° 1, c'est-à-dire, à peu d'exception près, que la température de toute la région baltique et des environs du cap Nord, en été, est en concordance avec la température de r hiver précédent à Thorshavn. La recherche détaillée a fait voir cependant qu'il y a une exception pour les stations des côtes ouest maritimes de la Norvège et du Danemark. Des stations comme Skudesnes et llerning ont SÉANCE DU 26 OCTOBRE I909. 70'i une température d'été qui est déterminée par la température simultanée à Tliorshavn. Mais même en été Topposition entre le nord de l'Europe et la Sibérie persiste encore. En effet, les courbes n°^ 4 et 5 font voir que la tempé- rature r/V/e' « Barnaiil est en opposition avec la température de l'hiver pré- cédent à Tliorshavn. De même les courbes n°' 6 et 7 (en échelle plus grande) font voir que la même opposition existe entre la température d'été à Lyon, dans le centre de la France, et la température de l'hiver précédent à Thorshavn. ?s'ous avons tiré les courbes correspondantes pour Marseille, Montpel- lieri Madrid et San Fernando et trouvé qu'elles ont toutes la même allure que celle de Lyon. Evidemment cela ne suffit pas pour une prévision exacte à longue échéance, mais il semble qu'on est sur la bonne route. En tout cas, il est intéressant qu'on puisse avoir une idée approximative de la température de l'été prochain en Scandinavie, en France ou en Sibérie (c'est-à-dire aux trois centres d'action de M. Teisserenc de Bort), en connaissant la tempé- rature à Thorshavn ou bien le nombre de jours avec le sol couvert de neige à Upsala pendant l'hiver précédent. Il est évident qu'il y a, entre les trois régions considérées, des bandes larges intermédiaires. Ainsi, la courbe de Greenwich d'un côté et celles d'Archangel et de Moscou de l'autre appartiennent tantôt à l'un tantôt à Tautie système. M. F. Lan'doi.ph adresse une Note intitulée : Sur la pluralité du glucose dans les urines et sur la rel ttion qui existe entre les organes affectés et la qua- lité du sucre éliminé. M. Haxi.v adresse une iNote intitulée : Théorie d'aviation par actions intermittentes. (Renvoi à la Commission d'Aéronautique. ) ■ A 4 lieures et demie l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à "i heuies. Ph. V. T. C. R., 1909, 3> Semestre. (T. 149, iM° 17.) 96 7o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. Ouvrages keçls dans la séance du ii octobre 1909 (suite). Observatorium Batavia. Java. Erdbeben Bericht, Jani-Juli 1909. 4 feuilles dac- Ivlographiées. Publikationen fiir inleriialionale Erdmessung . Astronomisch-geodàtischen Arbeiten der k. u. k. niilitàrgeograpliiscken Institules in Wien. Bd. XXII. Astro- nomisclie Arbeiten, lierausgegeb. v. k. u.k. militârgeographischen Institute. Bu- dapest, 1908; I vol. in-4°. Memoirs of the geological Survey of India. Palœontologia Indica; séries XV, t. Vl, Memoir n° 1 : L93 100,00 Les propriétés physiques de ce composé sont les suivantes : densité 6,7/), point de transformation magnétique 445''-4'^5''- A la température ordi- naire, sa perméabilité est à peu près le tiers de celle du fer pur. Son point de fusion, déterminé antérieurement par Saklalvvalla, est de 1 1 10". La dissolution de ce composé dans l'acide chlorhydrique donne, conlrai- l'ement à ce qu'on aurait pu supposer, de l'hydrogène absolument pur. La totalité du phosphore reste dans la liqueur à l'état d'acide phosphorique Fe' P + 6 H CI -H 4 H- O = 3 Fe Cl'^ + P0> 11^ -f- i 1 H. En résumé l'existence de ce corps, en tant que combinaison définie, est absolument certaine, comme le prouvent : a. Son invariabilité de composition par trois procédés différents de pré- paration ; b. L'existence d'un [miul uiiiipic de transformation magnétique distinct à la fois de celui du fer et de celui du phosphure Fe'-P; c. L'existence d'un maximum dans la courbe de fusil)ililé, ce cpii est le caractère normal des coudjiuaisons définies; d. Son insolubilité dans les acides étendus, ce qui écarte la présence de fer libre et sa solul)iiili'' complète dans les acides concentrés, ce qui écarte la présence du plH)S|)luire Fe'l^. H su])siste cependant encore un dmile sur le point suivant : peut-être ce phosphure peut-il former avec le suivant une solution solide, comme le fer pur le fait avec Fe'P. < )n est conduit à cette hypothèse par l'absence du 712 ACADEMIE DES SCIENCES. maçfma eutectique dans les alliages fondus intermédiaires entre Fe'P et Fe^P; elle donnerait également l'explication du léger excès de phos- phore trouvé dans les analyses citées plus haut, bien que la cause plus vraisemblable de cet écart soit Tinsuffisance de la séparation magnétique, qui a laissé un peu de Fe-'P. Le phosphiH-e Fe'P-, décrit par Bohlique, n'existe pas; les fontes obte- nues par son procédé montrent, à l'examen métallographique, la présence simultanée de deux phosphures Fe'P et Fe-P. 2° Fe-P. — Ce phosphure est un composé défini absolument net, celui de toutes les combinaisons du fer et du phosphore pour lequel il peut y avoir le moins d'hésitation. On l'obtient à l'état de pureté, sans aucune difficulté, en suivant la méthode indiquée par M. Maroneau, consistant à fondre du phosphure de cuivre en excès avec une quantité de fer insuffisante pour prendre tout le phosphore. La dissolution du culot dans l'acide azotique laisse de belles aiguilles cristallines, d'apparence hexagonale, dont la com- position correspond bien, comme nous l'avons vérifié, à celle indiquée par M. Maroneau. Nous l'avons obtenu également par d'autres procédés, par exemple en séparant par l'aimant les parties non magnétiques des prépa- rations ayant servi à obtenir Fe'P. Dans certains cas, la réduction alumine- thermique des phosphates de fer a donné des culots absolument homogènes à l'examen métallographique, présentant la composition de Fe'-P. Voici l'analyse des parti(.'S non magnétiques obtenues dans la réaction du phos- phore sur le fer divisé : Expérience. Calcul. Fer 78,20 78,32 Phosphore 21,79 2 1 , 68 Total 99 '99 100,00 Ce corps présente une densité de G, 56. Son coefficient d'aimantation est environ jo fois moindre que celui de Fe'P, son point de transformation magnétique est à (So", enfin son point de fusion, déterminé par Saklatwalla, est de i2qo", c'est-à-dire beaucoup plus élevé que celui de Fe'P. Il est inat- ta ACADÉMIE DES SCIENCES. Les derniers Chapitres sont consacrés à Texamen d'un certain nombre de questions générales: structure des chaînes de niontaynes (XXIII j, consti- tution de l'intérieur du globe (XXIV), mode de formation et disposition des volcans (XXY), etc. Les belles photographies de MM. Loivvy et Puiseu.x fournissent la matière d'un parallèle fort instructif entre le modelé de la surface terrestre et celui de la Lune (XXVI) : M. Suess discute, à ce propos, les problèmes géogé- niques les plus ardus. Un coup d'œil rapide sur la vie et l'évolution des organismes, où l'origi- nalité des rapprochements le dispute à l'éclat du style, termine cette syn- thèse magistrale. Je rappelle que Das Antlitz der Erde a commencé à paraître, en allemand, il y a 2() ans (i8iS3), et que l'ensemble du texte ne comprend pas moins de deux mille neuf cent cin(pianlo pages. La traduction française, enrichie de notes et de ligures nouvelles, dont l'impression se poursuit depuis i^c^"], par les soins de M. Emm. de Margerie, est en voie d'achèvement : le dernier Volume, déjà très avancé, de La face de. la Terre sera publié dans quelques mois. BACTÉRIOLOGIE. — Sur quelques propriétés du bacille tuberculeux d'origine bovine, cultivé sur bile de bœuf glycérinée. Note de MM. A. Cai.mette et C GuÉRiN. Dans une précédente Note ( ') nous avons indiqué que le bacille tubercu- leux d'origine bovine, cultivé sur pomme de terre cuite dans la bile de bœuf glycérinée à 5 pour loo en présence d'un excès de ce liquide, acquiert, après un seul passage sur un tel milieu, une virulence beaucoup pi us grande pour le cobaye que le même bacille cultivé sur pomme de terre glycérinée suivant la technique usuelle. En ensemençant les cultures par passages successifs sur bile de bœuf, on constate par contre que la virulence décroît peu à peu pour ce même ani- mal. Au quinzième passage l'inoculalion intrapéritonéale de i'"''' de bacilles de culture biliée (pesés à l'état frais) détermine une tuberculose viscérale compatible pendant plus de 5 mois avec les apparences d'une bonne santé, sans amaigrissement. La même inoculation faite sous la peau de la cuisse (') ConipUs rendus^ 28 décembre 1908. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 717 provoque tardivement (du quarantième au cinquantième jour) un léj^er gonflement du ganglion inguinal correspondant; celui-ci acquiert à peu près le volume d'une lentille et garde sa mobilité, tandis que l'animal con- tinue à demeurer bien portant. Reporté après chaque culture biliée sur pomme de terre glycérinée ordi- naire, le bacille, qui se développait sous la forme d'un enduit luisant épais, de couleur brun clair, reprend aussitôt l'aspect des cultures normales, mais conserve le degré d'altènuation correspondant à celui qu'il avait acquis sur la culture biliée précédente. Cette importante constatation nous a conduits à rechercher les elFets de nos cultures de virulence ainsi graduée sur le cheval et sur le bœuf. Chez le cheval, le bacille du quinzième passage sur bile se montre encore très virulent : Deux chevaux vigoureux, âgés de i5 et 16 ans, reçoivenl dans la veine jugulaire chacun 5"e de bacilles blliés du quinzième passage. Ils succonibenl respectivement les quarante-sixième et soixante-troisième jours avec des lésions énormes de granuiie pulmonaire. Par contre, chez les Bovidés, le bacille bilié a suivi la même marche de virulence décroissante que nous avons observée pour les cobayes. Au deuxième passage, l'inoculation intraveineuse de 5™'"' provoque une infec- tion générale d'allure typltique, sans lésions folliculaires et non mortelle. Au dixième passage, une dose de So"''' est nécessaire pour produire les mêmes effets. Au quinzième passage, une dose de ioo"'s ne produit pas encore constamment une infection mortelle, comme le montrent les deux expériences relatées ci-après : Deux génisses de i5 mois, indemnes de tuberculose, reçoivent dans la veine jugu- laire chacune ioo"'Sf/e bacilles biliés du quinzième passage. Les deux sujets présentent dés le lendemain une température élevée qui se maintient pendant environ io jours (moyenne l\o°). Pour l'un, la défervescence se produit lentement ; il revient à la nor- male le vingt-cinquième jour. L'autre cesse tout à fait de mangei, se cacheclise, ne se relève plus; il est abattu in extremis le vingt-septième jour. A l'autopsie, on trouve la rate triplée de volume, cependant assez ferme. Les frottis, examinés au micros- cope, [nonlrent une grande quantité de bacilles tuberculeux, mais il n'y a pas de tubercules visibles, non plus que sur le foie qui paraît indemne. L'examen minutieux du poumon ne décèle pas trace de lésions folliculaires. Cette dose de 100'"*'' en injection intraveineuse avait donc produit, chez C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 14'J, N° 18.) 97 ■jl8 ACADÉMIE DES SCIENCES. un animal sur deux seulement, une vérilal)le septicémie mortelle, sans for- miUion de tubercules^ alors que 5'"^ de culture originelle, n'ayant jamais passé par le milieu bilié, ont produit, en injection intraveineuse chez deux Bovidés témoins, une tuberculose granulique généralisée mortelle en 28 et 35 jours. Kn avril 1908 nous avons lenlé d'immuniser une génisse de i5 mois en lui inoculant par voie veineuse d'abord S'"" de bacilles biliés du qua- trième passage. En juillet 1909, i5 mois après le début de l'expérience, elle supportait, sans autre réaction cpi'une courte ascension thermique, une dose de aoo™« de bacilles du seizième passage, toujours par voie vei- neuse. Cet animal, (pii avait très bien supporté, du moins en apparence, les ino- culations intraveineuses successives d'une masse totale de 38o'"e de ba- cilles biliés, succomba inopinément le 4 septembre 1909 en état d'hypo- thermie. L'autopsie soigneusement elTecLuée ne permit pas de déceler la moindre lésion tuberculeuse. Le sérum de cette génisse présentait des propriétés remarquables dont l'étude fera l'objet d'une autre Note. Disons seulement ici que, dès le mois de mars 1909, il s'est montré extrêmement agglutinant. Des émulsions bacillaires faites au mortier d'agate avec 10'*'^ de bacilles frais pour loo** d'eau salée physiologique étaient agglutinées en it\ heures au taux (qui n'a encore jamais été observé ) de ■— pour le bacille bovin bilié et de T^j pour les bacilles bovins et aviaires de culture normale. Les bacilles humains et le bacille ey«?n utilisé par Vallée dans ses expériences récemment décrites (') n'étaient pas agglutinés du tout. En août 1909 (dernière saignée), le bacille bilié était agglutiné au taux de 77^ ; les bacilles bovin, humain el équin, au -j-^ ; Vaviaire au —;. A aucun moment le sérum de cet animal n'a contenu d'anticorps (sensi- bilisatrices) décelables par la réaction de fixation de Bordet-Gengou. En re- vanche, il s'est montré activant pour le venin de cobra au début, et cette réaction est devenue négative par la suite. D'autres Bovidés, actuellement en cours d'immunisation par la même méthode, nous permettront d'étudier plus complètement les diverses pro- priétés de leurs sérums. (') Annales de l' iiistilul Pasleur, sept. 1909. SEANCE DU 2 NOVEMBRE I909. 719 ÏHERMOCHIMIE. — Sur les bicarbonates de rubidium et de cœsium. Note de M. dk Foucrand. Kirchlioffet Bunsen (') ont décrit très sommairement ces deux compo- sés, et je ne crois pas qu'il en ait été fait une étude détaillée depuis 1862. On ne peut songer à les obtenir par la méthode qui donne si facilement le bicarbonate de potassium, car leur solubilité dans l'eau est comparable à celle des carbonates neutres. On doit donc (^ comme le recommandaient déjà KircliholT et Bunsen) saturer de gaz carbonique une dissolution déjà très concentrée de carbonate neutre, et faire évaporer à froid la liqueur dans une cloche remplie de gaz carbonique, qu'on renouvelle de temps en temps, en présence d'un puissant déshydratant (l'-O^ par exemple). Il se dépose peu à peu de beaux cristaux de ces bicarbonates; celui de rubidium, le plus souvent en gros cristaux prismatiques épais et quelquefois en très longues aiguilles, celui de cœsium en prismes allongés. Dans tous les cas, ils sont clinorhombiques, comme le bicarbonate de potassium. Ces cristaux sont anhydres, et inaltérables à l'air à froid, ne lui prenant pas d'eau et ne lui abandonnant pas de gaz carbonique. Ils diffèrent notablement du bicarbonate de potassium par leur solubilité beaucoup plus grande. Dans l'eau, celle du bicarbonate de potassium est, vers 20", de 26,31 pour 100, ce qui correspond à la formule : KHCO' + i5,63H'^0, tandis que 100 parties de dissolution saturée contiennent, à la même tem- pérature, 53,73 parties de bicarbonate de rubidium, et 67, 77 parties de bicarbonate de ctesium, ce qui donnerait HbHCO'+7,o?.lI-0 et CslICO»-i-5,i3ir-0. Avec l'alcool, les diiïérences sont encore plus grandes, car il ne dissout que des traces (77^) de bicarbonate de potassium, environ 2 pour 100 de bi- carbonate de rubidium, et beaucoup plus de bicarbonate de ccosium. Soumis à l'action de la chaleur, ces deux derniers bicarbonates sont plus stables que celui de potassium. Jusqu'à 12:5" ils ne perdent ni eau ni gaz carbonique. Vers 175", en quelques heures, dans un courant de gaz inerte, ils se changent intégralement en carbonates neutres anhydres, sans qu'il {') Ann. Chim. pliys., t. LXIV, 1862, p. 269 et 293. 720 ACADÉMIE DES SCIENCES. y ait d'arnH indiquant la formation de comI)inaisons entre les earijonates neutres et les bicarbonates, à cette température. La chaleur de dissolution de ces composés est assez voisine de celle du bicarbonate de potassium : Cal klICO' —5,320 HbHCO^ —4,731 CsHCO^ —4,317 à 4- iS". Comme il arrive souvent dans cette famille des trois métaux alca- lins, les nombres obtenus forment une progression régulière, présentant de l'un à l'autre une difîërence presque constante (ici o^^'jS environ). Quant aux chaleurs de neutralisation, elles sont remarquablement voi- sines : K. Rb. Cs. CO- dissous + M-0 dissous (cai-bonale neutre) -|-2o'^"',aoo +20'^"', 070 -^2o''-''\!ijo GO- dissous -+- MOH dissous (bicaibonale) -i-i ii''^',ooo -J-iiC"i,o3o -h i it^'', 25o Il en résulterait, comme chaleur de formation à partir des éléments, G diam.-i-0^-t-M-+-H = GO'lVlH solide, les nombres suivants : Cal Na +228,38 K -H23i ,63 Rb +23i ,92 Gs +232,93 tandis que pour les carbonates neutres, G diam. + ()''+M2=GO'M2 solide, on aurait Cal Na^ -t-271,97 K^ +275,37 Rb' +274,90 Cs= +274,54 (')■ ( ' ) Ges huit résultats sont obtenus en prenant pour bases les nouvelles données de M. Rengade pour la réaction M + Aq. Si l'on partait des anciens nombres, ou aurait les deux séries Cal Cal Cal Cal + 228,38 + 23o,62 +232,87 +236,o4 + 268,95 +273,35 +276,80 +280,76 dans lesquelles les écarts sont beaucoup plus grands et plus réguliers d'un terme à l'autre, et où l'allure exceptionnelle du sodium est beaucoup moins marquée. p SÉANCE DU 2 NOVEMBRE I909. 721 Autant qu'on peut raisonner sur des séries de nombres aussi voisins, il semble bien que le sodium a une place à part, l'écart avec le terme suivant étant de plus de 3^^\ tandis qu'il n'est que de i'^*' entre le potassium et le caesium. Ce qui frappe surtout, c'est que les analogies habituelles entre les termes de la triade K, Rb, Cs deviennent telles ici qu'elles se traduisent par des nombres presque identiques. Pour trouver des différences notables entre les trois carbonates ou les trois bicarbonates, il faut s'adresser aux pro- priétés physiques (solubilité, etc.) ou encore aux chaleurs de dissolution des sels ou des bases, phénomènes qui donnent des progressions régulières avec des écarts sensibles d'un terme à l'autre. Mais, lorsqu'on fait entrer même ces dernières données dans les calculs pour obtenir les chaleurs de formation des carbonates ou bicarbonates à partir des éléments, les différences de sens contraire se compensent si exac- tement, que les résultats deviennent presque identiques. Une remarque du même genre peut d ailleurs être faite pour la chaleur de formation des bases MOH à partir des éléments. On obtiendrait encore des nombres sensiblement identiques : -(-102,76 4-101,99 -f-ioi,o3 bien que les chaleurs de dissolution des métaux d'une part, et des bases de l'autre (données qui interviennent dans le calcul), soient notablement diffé- rentes d'un terme à l'autre de la série. S. A. S. Albert F'', Pkixce de Monaco, fait hommage à l'Académie du Tome I*"', fascicule J, des Annales de l'Institut océanographique (^Fondation Albert f , Prince de J/onaco), j)ubliées sous la direction de M. le D' Joubin et M. le D-- J. Richard. Sir William Uuggins fait hommage à l'Académie de la collection de ses Scientijic Paper s. M. LoRTET fait hommage à l'Académie d'un Mémoire intitulé : Tm faune momifiée de l'ancienne Egypte et recherches anthropologiques, qu'il a écrit en collaboration avec M. C. Gaillard. ^22 ACADÉMIE DES SCIENCES. ÇORRESPONDAIVCE. M. le Sei;k(.taire perpkïuei. sigiialf, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : i" Des nolations mathématiques : énumératioii , choix et usage, par Dksihk Andué; 2" Principes de la théorie des fonctions entières d'ordre infini, par Otto BLUMEïNTH\r, (présenté par M. Emile Picard); 3° L(( respiration de la Terre. L éco/ce terrestre, ses mouvements rythmés et ses déformations permanentes, par Ch. Lallkmand ; If Précis de Parasitologie, par J. Guiart (présenté par M. Bouchard); 5° Diverses publications du Bi^reau central de l'Association interna- tionale DE Sismologie, en particulier les Comptes rendus des séances de la première réunion de la Commission permanente de l'Association inlcrna- tionale de Sismologie, réunie à Rome du 16 au 20 octobre 1906, [)ar K. de Koveslighety (transmis parM. A. Angol); 6" Les ferments de la graisse des vins, par MM. i*^. Kayser et V.. Manceau (présenté par M. Troost). (Renvoi à la Commission du prix Saintour pour kjio.) ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Perturbations magnétiques et phénomènes solaires. Note de M. J. Bosler, présentée par M. H. Deslandres. Le violent orage magnétique du 2.0 septembre dernier a ramené l'atlen- ' tien sur la dépendance mystérieuse entre ces phénomènes et les taches solaires. Toutefois, depuis que Lord Kelvin, en 1892 ('), a insisté sur l'énormité de l'énergie en jeu, Fidée d'une action solaire directe a été forte- ment battue en brèche. Sans même songer aux découveiles modernes de la pliysique atomique, qui ten- draient à accroitre le stock d'énergie solaire admissible, il convient, croyons-nous, de se souvenir- des conditions dans lesquelles Lord Kelvin avait obtenu son célèbre résul- tat. Il supposait exjiressément l'existence de sortes d'aimants dans le Soleil : une force troublante donnée sur la Terre correspondrait donc à des forces magnétiques solaires (') Nature, t. XLVII, p. 106. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 728 variant en raison inverse du cube de la dislance et partant formidables au voisinage de l'astre; l'énergie totale dépensée r;— / f/H-r/c (p. perméabilité, H cliamp, dv élé- ment de volume), l'intégrale étant étendue à tout l'espace, atteignait alors des valeurs elles-mêmes énormes. C'est ainsi qu'en refaisant le calcul Schuster a trouvé, pour l'orage magnétique étudié par I-ord Kelvin ('), une dépense d'énergie de 4i6.io'°ergs par seconde, de l'ordre de cent fois celle rayonnée dans le même temps par le Soleil sons forme de chaleur. Mais nous connaissons niien\ maintenant les effets magnétiques des charges en mouvement et l'idée de champ magnétique n'est plus insépa- rable de celle d'aimants ou de courants : une charge e, animée d'une vitesse t-, donne en effet, dans une direction faisant avec la vitesse un angle 0, ini champ — ^:; — , en raison inverse du carré de la distance. 11 suf- firait alors, pour explicjuer nos perturbations magnétiques, de faire appel à des déplacements reclilignc» de charges électriques dans le Soleil, sans pour cela se heurter à l'objection de Lord Kelvin qu'on a longtemps crue péremptoire. Reprenons, en effet, le calcul de l'illustre savant anglais en adoptant pour loi de force - — - — (/r = const.) : on trouve alors que le Soleil a dû rayonner durant l'orage choisi une énergie de 4 .10" ergs par seconde, soit à peine la dix-millième partie du chiffre cité précédemment. Depuis longtemps déjà plusieurs auteurs, et en particulier M. Arrhenius, ont admis l'existence d'ions libres dans l'atmosphère solaire, et la découverte récente d'un effet Zeeman dans les taches, par Haie, est venue apporter à cette idée une précieuse vérification : les champs magnéticjues ainsi révélés s'expliquent en effet assez naturellement par des tourbillons (^) de matière chromosphérique entourant les taches. Bien que les mouvements giratoires parfois décelés en lumière H5(( A (),')()) ne soient pas aussi généraux qu'on l'a cru au premier abord, admettons que les champs des taches sont dus à cette cause. Cherchons alors combien il faudrait d'électrons par centimètre cube de matière chromosphérique pour rendre compte des 3ooo gauss observés (') I-.ord Kelvin ne donnait que le résultat de son calcul. M. Schuster l'a repris dans Xe's Moiithly Notices Ae. 1^00 (l. L\V). Dans l'orage étudié, la force de S.io^'G.G.S. mettait aô minutes à s'établir (chiffres moyens). (-) Pour toute cette question voir la Conférence de M. Haie d'avril 1909, notam- ment dans le Journal de Physique (juillet 1909). ^24 ACADÉMIE DES SCIENCES. dans une tache où la vitesse des particules a été estimée, parallèlement à la surface, de loo'"" par seconde. lin partaî^eaiU le tourbillon en deux régions ( '), l'une intérieure où nous supposerons la vitesse pioporlionnelle à la distance au centre, l'autre extérieure où elle varie au conti-aiie en raison inverse, on trouve comme champ résultant ifn nei'h {h épaisseurde la couche ionisée. /; nombre cherché, e charge d'un électron en unités E. M., c vitesse maximum du tourbillon lo' centimètres). L'épaisseur de la chromosphère étant prise éeale à 8.10 environ, nous arrivons dans le cas cité à n =: 0,3. 10'. (]e résultat est parfaitement d'accord avec un calcul analogue de Haie (-) sur l'intensité du courant équivalent et avec les expériences de laboratoire sur les gaz ionisés : H. -A. Wilson a, en effet, observé dans un tube à vide, à une pression de 8""", 5, un courant de 3,4 . 10 '' ampère, ce qui correspond, en adoptant 10* pour la vitesse des rayons cathodiques, à un nombre d'élec- trons un peu supérieur à 10' par centimètre cube. Considérons maintenant une masse chromospliérique lo fois plus grosse que la Terre en diamètre et animée d'une vitesse rectilignc de 3oo'"° par seconde : cherchons quel serait sur la Terre le champ perturbateur ainsi engendré. V étant le volume en jeu, nous aurons, si la vitesse est normale au rayon visuel, Ve/U' . _,,•-. c H = — - — =3 o, 4. 10 - L,. 0. 3. Ce champ troublerait très notablement nos boussoles. Le 25 septembre 1909,1e champ troublant n'a pas dépassé 2,5. 10^- C. G. S. Des mouvements de matière chromospliérique, se produisant dans des sens concordants, expliqueraient donc bien les faits, car nous devons remarquer que les vitesses admises ici n'ont rien d'excessif; on a observé Soo'"" et plus. En temps ordinaire les éruptions sont faibles et les divers champs ainsi produits peuvent se neutraliser en grande partie; il n'y a donc ])as de per- turi)alioii. Un se rend compte d'ailleurs que, si les orages magnétiques sont dus à la cause supposée, il est difficile de les prévoir; nous ne voyons du Soleil tpruue moitié et seules les protubérances du bord soiil liien visibles. (') C'est l'hypothèse généralement faite dans le cas des tourbillons réels; c'est celle admise par M. P. Salel {Bulletin aslrono/ni(/ue, mars 1909) dans son article sur le champ magnétique solaire. (') Aslrojj/i. Journal, nov. 1908. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 72^ ASTUONOMlE. — St/r- tin mode de protection de V argenture des miroirs. Note de M. A. Perot, présentée par M. H. Deslandres. La protection de l'argenture des miroirs employés en Astronomie contre les agents atmosphériques qui ternissent parfois rapidement la surface du métal a été réalisée, en particulier, à l'aide de gélatine liichromatée, par M. Izarn ( ' ). Le procédé que j'ai l'honneur de soumettre aujourd'hui à l'Aea- démie paraît très efficace tout en n'altérant pas les qualités réfléchissantes de la surface métalli([ue. 11 consiste à revêtir le miroir d'une couche extrêmement mince de celluloïd transparent, formant une protection continue. Il siiflil à CL-t elïet. après avoir parfailenienl lavé, séclié el poli It: miroir, et en avoir enlevé avec beaucoup de soin les poussières, de verser à sa surl'ace une solution étendue de celluloïd dans l'acétate d'amyle. L'opération se fait à la température ordi- naire; la solution commerciale, connue sous le nom de vernis Japon, étendue d'environ son volume d'acétate d'amyle, convient très bien. Le miroir placé debout, de manière à laisser écouler l'excès de liquide, est sec en une demi-heure; on doit voir apparaître à sa surface de larges bandes d inleiféience fortement coloiées (couleurs du troisième ordre) atteslajil que l'épaisseur du celluloïd bien régulière est d'environ oH-,5. Dans ces conditions les images resicnl inlenses, nettes, cl ne présentent pas de diffusion si la couche de cclUiloïd est mince. Les résultats obtenus à l'Observatoire de Meudon par l'emploi de ce vernis sont très fa\ oraljles. l^ntre autres, un miroir plan de (Jo' ™ de diamètre qui, auparavant, devait être réargenlé tous les mois eu été, a résisté depuis le 23 avril dernier, et il aurait pu être utilisé sans doute plus longtemps si, lors de l'argenture, le hivage avait été fait avec plus de soin. La couche protectrice étant relalivemcnl tendre, il faut se garder de la rayer par l'action d'un corps dur; les poussières qui se déposent à la longu(; sur la surface doivent être enlevées jpar un époussetage très léger à l'aide d'un petit balai de plumes. J'ai tenu, avant de faire connaître ce procédé, à faire subir une épreuve de durée aux premiers miroirs sur lesquels son application a été faite; le résultat en a été, comme on le voit, des plus satisfaisants. ('j Comptes rendus, t. C\\ 111, is à côtés recti- fiables. Si je complète E, par ses symétriques relativement aux axes de OD, ce qui me donne E5, si je considère un ensemble parfait e situé sur un segment PQ ; si, sur P„Q„, «"'""^ intervalle contij;u à e, je construis un ensemble e„ semblable à E^, P^Qn étant homologue de OD, l'ensemble total r\ égal à e -^"^e^ est tel qu'î/ est impossible de joindre un point de P„Q„ à un point de Pl,Q„' par un chemin dont la projection sur PQ aille toujours dans le même sens. La longueur de y] est finie. Le contour du pseudo-triangle COD est une ligne fermée, au sens de Cantor, rectiftah/e, dont l'intérieur est toujours situé vers les .r positifs, sauf en un ensemble parfait discontinu de points (où l'intérieur est des deux côtés ou d'aucun ). On voit à (|uelles difficultés on se heurte dès qu'on cherche des pro- priétés générales aux chemins AB qui évitent un ensemble parfait. Ces dif- ficultés s'accroissent si l'aire de l'ensemble n'est pas nulle. II. Soit E„ l'ensemble parfait formé par les points qui se projettent sur Oa; et sur Oj suivant deux ensembles c, e' que nous définirons ainsi (les propriétés de E^ appartiennent à des ensembles- très généraux) : e s'obtient en retranchant d'un segment a^ égala i le segment concentrique égal à k\ de chacun des segments séparés ainsi, les segments concentriques égaux à^'; ..., à la «'<""« opération, des segments conservés à la [n — ly^me [çg segments concentriques égaux à k", etc. L'ensemble é se définit de même, mais est porté par a'jil'. Si l'on appelle rectangle contigu à Ej un rectangle parallèle aux axes, dont deux des côtés se projettent suivant a'jî', deux autres suivant un intervalle contigu à e, les rôles de e et de e' pouvant s'échanger : 1° Toute droite qui rencontre l un des côtes du carré minimum T conte- 728 ACADÉMIE DES SCIENCES. nant E,, cl qui ne traverse pas T en restant dans un même rectangle contigu à E„, renconlrr E„ suivant un ensemble de longueur non nulle. 2" Mêmement pour tout cercle ayant pour centre un point M de Ej et ren- contrant r. 3° Mêmement pour toute courbe fermée homolhétique à une courbe à tan- gente variant continûment, le centre d'/iomothétie étant M, ceci du moins à partir d'une valeur assez petite du rapport d'humothétie. En complétant E^ par des ensembles semblables à lui, orientés à /|5" rela- tivement à Ej, symétriques par rapport à une diagonale de F et portés par les intervalles contigus à la partie de E„ située sur cette diagonale, la pro- position 1° appartient à toute droite rencontrant un côté de F. En complé- tant par carrelage du plan, on a un ensemble tel que tout segment rectiligne de longueur supérieure à l'unité le rencontre en un ensemble de longueur non nulle. III. M étant un point quelconque de l'ensemble E, soient A et B deux points extérieurs à l'ensemble. Désignons par t -1- a( A, B) le minimum du rapport du chemin AB au segment AB, quand ce chemin extérieur à l'en- semble |)rcnd toutes les positions possibles joignant A et B. Soila(M) la plus grande des limites de a(A, B), quand A et B tendent vers M indépen- damment; a(M) sera appelé \r sinuosité de l'ensemble ]i au point M. La sinuosité de E^ est en c/mr/ue point égale à y 2 — 1 . La sinuosité d'un ensemble de longueur finie est nulle. Je suis convaincu que la sinuosité d'un ensemble d'aire nulle est nulle. Il est facile de montrer que, en un {loint IVI de l'ensemble, cette sinuosité ne peut être que zéro ou l'infini. Mais la démonstr-alion que ce nombre est zéro a résisté à mes e (forts. GÉODÉSIE. — Sur les triangulations géodésiques complémentaires des hautes régions des Alpes françaises (^sej>tic/ne campagne). Note de M. P. HEi.Bito\N«:K, présentée par M. Michel Eévy. La poursuite de nos triangulations de détail avait ('té interrompue pour faire place, pendant l'année 1907 et une partie de l'année 1908, aux opé- rations nécessitées par l'établissement de notre chaîne de précision de Savoie (voir Comptes rendus., 7 octobre 1907 et 28 septembre 1908). Celles-ci ter- minées, l'enchaînement naturel du programme que. nous nous étions imposé appelait l'extension de nos réseaux trigonométriques complémentaires, pré- SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 729 cisément dans les mailles méridionales de celte grande chaîne et dans celles de notre réseau primaire de Haute-Maurienne. Par la deuxième partie de la campagne 1908 et par la totalité de la campagne 1909 qui vient de se terminer et qui a duré du 8 juillet au 3 octobre, nous avons étendu notre réseau de détail sur toute la région tributaire de l'Arc, depuis les massifs de la frontière italienne jusqu'à une ligne idéale joignant le Pic du Frêne au Cheval Noir et aux crêtes de Longe-Chat. Nous avons été ainsi amené à stationner, pour la seconde fois, une série des som- mets de notre ciiaîne de Savoie et aussi de notre réseau primaire de Haule-Maurienne. C'est ainsi que, d'une part, le mont Brequin, le Cheval Noir et la Dent Parrachée, appartenant à noire chaîne de précision de Savoie, furent occupés à nouveau pour les visées des réseaux de détail ; et aussi, d'autre part, les sommets du Grand Roc Noir et de la Pointe de Charbonel, a))partenant au réseau de Haute-Maurienne où nous avions décidé des visées supplémentaiies complétant celles qui y avaient été prises l'année précédente. Le nombre des stations géodésiques s'élève dans cette campagne à 126, dont i5 au-dessus de 3000™ et /\o entre 2000"" et Scoo". Les stations de notre réseau piiinaire de détail, occupées au cours de cette cam- pagne, ont été les suivantes : Cheval Noir (2834"^) ('), Pointe de Crève-Tùte (2325™)- Pointe du Kréjus (2944'"), Cime du Grand-Vallon (3134™), la Belle-Plinier (Sogi"'), Roche d'Argentier ( 3o5o"^), Aiguille de Scolette (35oo™), le Truc (2482"'), la Pointe des Sariazins {2973'"), la Pointe de la Sandoneire (env. 3880'"), le Gros Crêt ( 2600"" ), la Pointe du Houchet (3407™), le Mont Bre(|uin (3]94"'), le Râteau d'Aussois (3 126""), le Grand Roc Noir (env. 3540™), la Dent Parrachée (3712'"), la Grande Aiguille Rousse (3470"" env.), la i^ointe de Charbonel (3760""), le Sommet de Mont-Levêque (env. i4:)o'"), le Grand Chatelard (2148'"), le Grand Truc (2f94">), la Poiute de l'Ouillons (2436™), la Pointe de Corbier (2273"'), le Sommet de la Clialle (i844"'), le Sommet de Montrond (181 1°'), et eniin le Mont Falcon (2633™). .\u sujet de la Grande Aiguille Rousse, qui est le sommet culminant de la région limitée par la liante vallée de l'Isère, le vallon nord du col de l'iseran, le vallon de la Lenta et le premier affluent de la rive droite de l'Arc descendant de la crête de Carro, il n'est pas inutile de rap|)eler l'erreur de la Carte de l'Etat-Major donnant à la cime d'Oin la priorité, avec une altitude de 3')i4™, c'est-à-dire trop forte de 2jo'" environ, issue de l'erreur du Recueil des Posicioiis géographiques du Dépôt de la Guerre, qui donne ce sommet comme point trigonométrique du troisième ordre avec une cote de 35i3™,7, a été reconnue dès 1877 par M. H. Ferrand de Grenoble, puis affirmée _di'. nouveau par lui en 1889 malgré les observations publiées et destinées à la maintenir (- ). (') IjCS cotes sont, sauf indication contraire, celles de la Carte de l'Etat-Major. (^) Voir Bulletin du Club alpin français, 4° trimestre, année 1877, p. 36.T, et La Cime d'Oin, par H. l'errand {Annuaire tlu Cluh alpin français, i5'^année, 1888). ySo ACADÉMIE DES SCIENCES. Parmi les si]2:naux intersectés que nous avons visés, nous avons compris dans nos triangulations géodésiques, notamment, une partie de ceux que la Section des Levés de précision du Service géographique de l'Armée avait fait construire, il y a quelques années, pour la topographie du versant oriental des massifs duPuyGris et du Frêne, ainsi que les quelques signaux en bois de la Section de Géodésie qui, presque tous, remplacent d'anciens signaux en maçonnerie des grandes triangulations primordiales de la Carte de France, du Parallèle Moyen Prolongé, ou même de notre récente Chaîne de précision de Savoie. Nous avons en outre développé, dans notre campagne, tout spécialement la suite de notre enchaînement altimétrique par le stationnement d'un grand nombre de repères du Service du Nivellement général de la France, principalement le long de la Route Nationale, depuis Saint-Jean-de-Mau- rienne jus(|u'au col du Monl-Cenis. Celle ligne de base de nivellement, en quelque sorte parallèle à celle établie par nos stations, le long de la vallée de la Romanche, permettra une compensation rationnelle des cheminements altimétriques et du calcul des altitudes pour les massifs s'élendant entre l'Arc, la Romanche et la frontière italienne. Il a été pris, dans ces trois mois, soixante-quatre douzaines de photogra- phies, consacrées, pour la plupart, à donner, comme précédemment, les tours d'horizon complets aux sommets culminants de noire réseau. Par celte campagne, le nombre total de nos stations géodésiques dans les Alpes françaises, dans ces sept dernières années, dépasse cinq cents, dont près de deux cents entre 2000'" et 3ooo™ et plus de quatre-vingts au-dessus de Sodo". PHYSIQUE. — Sur la composition des essences de térébenthine. Note de M. Darmois, présentée par M. J. Violle. Si l'on distille une essence de térébenthine quelconque sous la pression ordinaire, on constate que l'ébullilion commence vers if)5°; la température monte ensuite lentement et d'une façon continue jusqu'à i63° environ. A cette température on a distillé la presque totalité du produit ('). La rota- tion des produits distillés varie constamment d'un bout à l'autre de la dis- tillation. Si l'on suit par exemple l'ébullilion d'une essence droite, on voit (') Toutes les essences donnent des fractions distillant vers 176° (2^ au plus) où l'on peut caractériser des carbures tels que le limonène. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 781 que la rotation diminue et change de signe. Dans une Communication pré- cédente ('), j'ai donné l'exemple d'une telle essence et j'ai montré comment l'étude des courbes de dispersion rotatoire pouvait permettre d'affirmer que, dans cette essence, la portion i55''-i63° était constituée par le mélange de deunc carbures seulement : i" Un carbure à dispersion forte dexlrogyre (pinène); 2° Un carbure à dispersion faible lévogyre. La distillation de l'essence française (gauche) donne des résultats ana- logues. La rotation diminue en valeur absolue en même temps que la dispersion. Exemple : i''^ d'essence gauche en 20 fractions. a pour 20=°. [a]„. >. = 589. À = 578. - X = 5 IG. \ = 436. 0 , Fraction n" 2 71-48 i i,o46 1,182 1,95 Fraction 11° 10 6/4.00 i i,o4 1,168 i,83 Fraction n° 15 44-45 ' 1,028 i,ri5 i,4i De plus, sauf quelques irrégularités au commencement et à la fin de la distillation, les courbes se rangent dans l'ordre indiqué (^loc. cit.). Dans cette essence, on peut donc affirmer que la portion i55°-i63° est constituée par le mélange de deux carbures : 1° Un carbure à dispersion forte lévogyre (pinène); 2° Un carbure à dispersion faible lévogyre. Ce dernier carbure est le même que celui des essences droites. Four le vérifier il suffit de superposer les deux réseaux de courbes fournies par la distillation des deux essences. La distillation de l'essence droite donne pour la rotation de ce corps une valeur approchée par défaut, celle de l'essence gauche une valeur approchée par excès. L'extrapolation permise dans les deux cas (voir loc. cit.) doit donner quelque part la courbe de dispersion du corps. On peut donc espérer trouver dans les deux réseaux une courbe commune. La coïncidence a lieu en effet pour une rotation voisine de — 4o" sous 20'"', ce qui donnerait [a][,= — 21°," environ. En quelles proportions ce corps est-il contenu dans les essences? La règle de Biot permettrait de le calculer, si l'on connaissait la rotation du pinène (ju'il accompagne. Or j'ai indiqué (loc. cit. ) que j'avais réussi à faire cristal- liser le pinène extrait de l'essence gauche, j'ai donné quelques constantes de (') Comptes rendus, t. GXLVII, -p. 195. 732 ACADÉMIE DES SCIENCES. ce produit ('). Des fractionnements ultérienrs. m'ont permis d'élever à la fois le point de fusion et le pouvoir rotatoire. (F =^ — 55", dispersion pour la raie 436 = 1,99). Je suis arrivé à des résultats plus satisfaisants en uti- lisant l'essence dextrogyre du pin d'Alep (piniis hdlepensis) (*). La distil- lation de cette essence s'effectue toute au voisinage de i55"; la rotation reste à peu près constante pour les ^ du produit; la dispersion du corps est forte : X = 589. >. = 578. X = 54G. >. = 436. [«][,= + 82°, 8 I 1,0.5 1,19 2,02 Le point de fusion est — 5o°. La vitesse de cristallisation à — 78" est 2^mm p.,j, minute. Les rotations indiquées correspondent à |a]B = -i-48"' environ. Utilisant ces nombres qui représentent vraisemblablement le pinène très pur, on peut chercher par la méthode indiquée {loc. cit.) la rotation du pinène présent dans une essence et possédant la dispersion caractérisée par le rapport 2,02. On arrive alors aux conclusions suivantes : 1° L'essence française renferme le corps symétrique du pinène droit; 2" Les essences droites autres que celle du pin d'Alep renferment du pinène racémisé. Si l'on admet les valeurs 48 et 22 pour le pinène et l'impureté gauche, on aurait pour une essence gauche ordinaire les teneurs suivantes : pinène, 62 pour 100; deuxième carbure 38 pour 100. La proportion de ce carbure contenue dans les essences droites est ana- logue. Quelle est l'identité de ce constituant? On sait depuis Bayer que les essences contiennent à côté du pinène un carbure (nopinène) qui s'en dis- tingue, parce qu'il donne dans l'oxydation permanganique un acide diflérent (nopinique). loo*^ de l'essence — 38" donnent i^ de nopinate de sodium, c'est-à-dire un rendement très faible. Il est probable que l'impureté gauche est cependant identique au nopinène et que Toxydation au permanganate est insuffisante pour le doser. Je m'occupe d'éclaircir ce point. Quoi qu'il (') l'ui' eiiciir, le rapport de dispeisioii 43(3;589 a été donné égal a i,85 au lieu de 1,95. (^) Celle essence provenant d'Algéiie m'a été fournie en janvier el février 190g par M. Vèzes, qui l'a décrite dans le BulleLin de la Société chimique (20 août, 5 sep- tembre 1909). Il arrive par une mélhode différente au même résultat, savoir forte teneur en pinène droit. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 733 en soit, la méthode que j'ai indiquée, fondée sur des mesures de dispersion rotatoire, permet d'affirmer que les essences de térébenthine renferment : 1° le pinéne sous ses deux formes; 2" un carbure lévogyre en quantité massive. ÉLECTRICITÉ. — Noie sur un essai de réalisation de ligne téléphonique artifi- cielle. Note de M. Devaux-Charbonnel, présentée par M. J. Yiolle. Une ligne téléphonique est caractérisée par son impédance Z et par son affaiblissement a. Si l'on suppose qu'un appareil d'impédance Z^ ail été })lacé à chaque extrémité d'une ligne de longueur /, le courant qui traver- sera le poste récepteur sera donné par la formule 2 \Zr+ L V étant une force électromotrice sinusoïdale (notation symboli(jue imagi- naire) et e la base des logarithmes népériens. Le dernier facteur devient très voisin de l'unité, à cause de la, présence du terme e'-"', quand la longueur de la ligne augmente, et en fait il peut être négligé dans les cas usuels. Le courant prend, dans ces conditions, l'ex- pression plus simple 1= V Z 2 à laquelle on peut donner sans dii'licullé une interprétation physique : La ligne téléphonique dune longueur su/ lisante se comporte tiuv deux extrémités comme une impédance Z et affaiblit la force électromotrice du cou- rant suivant la loi exponentielle - e"'. En effet la force électromotrice, au début de la ligne, sera Z 4- Z, Elle sera à l'arrivée V, V v.= I „, I , z + z,. - e"' - e"' 9. 2 C. R., 1909, 9.' Semestre. (T. 149, N° 18.) 99 734 ACADÉMIE DES SCIENCES. et donnera, dans le circuit Z -+- Z^ du poste d'arrivée, un courant Z + Z,. i_^^, (Z + Z,)»' Considérons maintenant le dispositif suivant, auquel la remarque précé- dente fait immédiatement songer : deux résistances égales R reliées entre elles, à chacune de leurs extrémités, par une impédance Z et un appa- reil Z^. Le courant I', qui traversera l'appareil d'arrivée, se calcule immédiate- ment I-^ ^ (Z-t-Z^)î 2(R-hZi) En appelant Z, la quantité z.= ^-^^ Z-hZ;. La ligne artificielle ainsi constituée sera équivalente à la ligne réelle, si Ton a (,) -" = ^^- Il suffira donc de donner à R une valeur convenable. Ilâtons-nous d'ajouter que, dans la ligne réelle, les quantités a et Z varient avec la fréquence, tandis que, dans la ligne artificielle envisagée, les impédances ont une valeur constante. Cette remarque essentielle va nous permettre, en nous éclairant sur l'imperfection du dispositif, d'en déterminer les limites d'emploi. i" Dans le cas des lignes aériennes de fort calibre, les caractéristiques de la ligne sont pratiquement indépendantes de la fréquence. La ligne artifi- cielle sera satisfaisante. Elle pourra remplacer la ligne aérienne pour des recherches de laboratoire. Associée à une ligne souterraine réelle, elle pourra donner d'utiles renseignements sur les lignes mixtes aéro-souter- raines. 2° Dans le cas oi'i les caractéristiques de la ligne réelle varient avec la fréquence, comme pour les lignes souterraines, elle permettra de résoudre un problème fort intéressant. Quand l'équivalence aura été réalisée, la valeur trouvée pour l'affaiblissement a permettra d'étudier quelle est, » SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909 j3^ parmi toutes les fréquences de la voix humaine, celle qui a le plus d'impor- tance et qui doit être envisagée dans les problèmes de téléphonie. 3" Enfin l'impédance Z^ de l'appareil n'apparaît dans la formule (i) que dans le terme Z,, qui est toujours petit devant R et de plus varie peu avec les différents appareils connus. Il en résulte que le dispositif indiqué sera particulièrement applicable à l'étude et à la comparaison des appareils télé- phoniques au point de vue de leur emploi pour la téléphonie à grande dis- tance. CHIMIE MINÉRALE. — Action de la chaleur sur le sulfite d'argent et ses sulfites doubles alcalins. Formation de dithionate. Note de M. U. ISaubignv, présentée par M. Troost. Dans un Mémoire (') publié en 1 843 et relatif à l'emploi du gaz sulfureux et des sulfites en docimasie, Borthier énonce que le sulfite d'argent mis dans l'eau bouillante ou desséché sur un filtre à une chaleur voisine de 100" se transforme en sulfate d'ari^entavi^c dépôt d'argent n)étidli(|ue, et que, si l'on ajoute un sulfite alcalin en excès à l'eau dans lequel on le fait bouillir, le sulfite est complètement réduit. Mais, dans ce second cas, Herthier ne men- tionne nullement la formation d'acide sulfurique. Ce qui attire l'attention de l'auteur c'est la séparation complète de l'argent, considérée au point de vue docimasique. Plusieurs chimistes ont confirmé cette décomposition facile du sulfite d'argent en sulfate, argent métallique et gaz sulfureux quand on le chauffe en présence de l'eau. Or, quand on opère, comme le dit Berthier, à 100°, cela n'est vrai que pour une faible fraction du sulfite; car, dans ces condilions, la décomposition du sulfite d'argent donne surtout (plus de 80 pour 100) du dithionate ou Iijposulfate par condensation de 2™°' de sulfite avec perte d'argent. (A.) 2SO'Ag2=S-^0«Ag'-HAg». Dans le seul cas où Ton opère à haute température, comme le faisait Geilner qui chauffait à 200°, la production en quantité notable des acides sulfurique et sulfureux s'explique par la décomposition de l'acide dilliionique. Il n'y a donc pas à s'étonner de voir reproduite, dans les différents Traités, (') Ann. Chiin. et de Phys., 3"= série, t. VU, p. ■jli. 736 ACADÉMIE DES SCIENCES. cette erreur que, si l'on fait liouillir le précipité de sulfite il' argent mis en suspension dans l'eau, la moitié de l'argent se sépare comme métal, tandis que le reste se dissout comme sulfate ( ' ) (B) 2Ag=S0'=Ag''S0* + Ag2-i-S0'. Mais le tort de certains auteurs d'Ouvrages modernes c'est d'avoir grossi Terreur en voulant généraliser la réaction et en l'étendant sans donnée posi- tive et sans vérification au cas des sulfites doubles, c'est-à-dire à la solution d'un sel d'argent dans un excès de sulfite alcalin, puisque aucun expérimen- tateur, pas même Berthier, n'a mentionné la formation d'acide sulfurique lors de la décomposition d'un sulfite doul)lc. C'est ce qu'ont fait cependant M. Colson, à l'article Argent du Traité de Moissan, quand il indique que à l'ébullitiun un excès de sulfite alcalin dédouble l'azotate d'argent en sulfate et métal libre (-), de même que Treadwell, dans son Traité d'Analyse en donnant à l'appui une formule de réaction : (G) 2/'^^\s03)=Na2SO'-HAg'-i-SO'. Car avec ces sulfites doubles également, il y a production de dithionate quand on chauffe leurs solutions à ioo°, et cette transformation est presque totale (plus de gS pour loo). SO'Na (D) 2 I =S^0«Na2-t-Ag--'. Ag Il est en effet facile de montrer d'abord qu'il ne se forme que forl peu de i;a/. sulfu- reux lors de la décomposition à ioo° de ces sulfites doubles. Car si, dans une liqueur faite avec i2Bde sulfite neutre Na-SO' + yH^O et 28,7 de nitrate d'argent pour 120''"'', préalablement chauffée en vase clos pendant 3o minutes à 100° (tout le sulfite double est alors décomposé et tout l'argent précipité), on ajoute après refroidissement et peu à peu du chlorure de baryum en excès en présence de niélhylorange, ce n'est que lors(|ue le sulfite alcalin restant est presque entièrement précipité que l'orangé vire au rose et que se manifeste l'odeur du gaz sulfureux, mais laiblement ('). Cependant, si la réaction indiquée par l'égalité (C) était la véritable, comme la chauffe eu vase clos empêchait toute perte d'acide sulfureux, on aurait dû avoir, avec les 2*^,7 de AzO'Ag employé, formation de 18,509 de pyrosulfite alcalin et constater une Ibrte odeur de (') Treadwell, Traité d'Analyse, 4° édition, t. 1, igob, p. 292. (') Moissan, Traité de Chimie, t. V, 1906, p. 556 et 507. (') On sait que, les jiyrosulfites alcalins étant seuls stables, lorsqu'on les décompose par l'addition d'un sel de baryum, la moitié de l'acide sulfureux est rais en liberté. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. ■737 îjaz sulfureux comme le prouve une conlre-épreuve faite en opérant de même avec une solution de 12s de suKite dans 120'"'' d'eau à laquelle on a ajouté seulement o», 5 de pyrosulfîte. De plus, si l'on neutralise le liquide traité par le cidorure de baryum, de façon à séparer la totalité de l'acide sulfureux, dont le sel de baryte est complètement insoluble en milieu neutre, et qu'on filtre, on a une liqueur, stable à froid et où l'on ne peut déceler par les réactifs usuels que le chlorure de baryum, mais qui, à l'ébuilition, surtout si on l'a acidifiée par HGI, dépose du sulfate de baryum en dégageant du gaz sulfureux facile à caractériser et qu'on peut même doser, si l'on opère en vase clos. En opérant de la sorte, j'ai trouvé, comme sulfate de baryte déposé, un poids sen- siblement égal à celui obtenu avec l'acide sulfurique provenant du gaz sulfureux entraîné par un courant de iiaz carbi)ni([iie et recueilli dans un milieu oxydant. La formation di' l'acide dithionique n'est donc pas douteuse, puisqu'on l'eliouve les caraclères fondamentaux des dilhionates dans le liquide purifié de l'excès de sulfite alcalin et de sulfate. La réaction est l'analogue de celle observée par Spring (')pour les hypo- sulfites doubles des alcalis et des métaux lourds (Pb, Hg, Ag) qui, à 100" en présence de l'eau, lui ont donné du trithionate avec séparation du métal lourd sous forme de sulfure 4^o^<^^f^)^i^^o^y^ + ^s'&- \SA Il me reste à établir que lors de la décomposition, à 100" et en présence de l'eau, du sulfite d'argent et de ses sulfites doubles alcalins, la production de l'acide dithionique est la réaction principale. C'est la voie docimasique (jui me permettra de résoudre le problème et d'éviter l'erreur où sont tombés mes devanciers, pour s'être limités aux données sominaires de l'analyse qualitative. CHIMIE VÉGÉTALE. — Localisation des ferments prolèolytiques dans la Vasconcellea quercifolia. Présure et latex coagulable spontanément. Note de M. C Gerber, présentée par M. Guignard. Dans nos recherches antérieures sur la localisation des ferments prolèoly- tiques chez les plantes vertes, nous avons établi que : 1° la feuille est plus riche et la racine moins riche en ces diastases que la tige; 2'^ le parenchyme (') Bull. Ac. roy. Belgique, l^'i" année, 2" série, t. XX.W II, 1874, p. 45. 738 ACADÉMIE DES SCIENCES. foliaire est plus actif que les nervures; 3" dans la lige, les ferments protéo- lytiques sont localisés dans récorce (en y comprenant le liber); le bois et la moelle en sont totalement dépourvus; /(" dans la racine, ils sont presque uniquement contenus dans la région externe, libérienne, du cylindre cen- tral. Les quelques exceptions (Solanées, Tbyméléacées, etc ) que nous avons rencontrées à ces règles s'expliquent par l'existence d'un liber anormal (interne ou intra-ligneux), les ferments protéolytiques suivant celui-ci dans ses pérégrinations. Vasconcellea quercifolia Saint-Hil. fait, lui aussi, exception, et cela dans une mesure beaucoup plus forte que les végétaux précédents. Déterminons en effet l'activité présurante des diverses parties de cette plante (') et rapportons-la à celle du parenchyme foliaire prise comme unité. Nous obtenons les chiffres suivants : Membres âgés de 6 aus. Membres âgés de 5 mois. T ■ se- Feuilles. Dose Écm-ce de Paren- Ner- et Bois Bois macéré. cliyrne. vures. Tige. Racine. liber. externe. inlerne. Racine. Écorce et Moelle. liber. Bois. Te.hps de t;OA(;iiLATio>, A .").5°, DE 5""' DE LAIT F.MPRÉsunÉ AVEC lYiACËRË DE VascoiiceUea . a. Lait cru. o,4o... 0.55 0, .3o 20.00 1 .3o 420.00 loS.oo 45.00 I 80 . 00 55.00 30.00 0,20.. . 2.40 I . .i5 {'■) 5.45 {') n (') (^) {') {') O, 10. . . 20.00 4. ,00 (') 45.00 C) {') n ( = ) {') C) b. Lait houilli. o,4o... 1 .00 0 .40 3.00 1 . 20 1 1 .00 7.3o 6.i5 8.00 6.i5 6.00 O,20.. . I .00 1 , . 1.5 5.3o 2.45 2 1 .00 i4.3o 12.00 i5.oo 1 1 .00 1 1 .00 O, lO.. . 3.40 1. . 10 10.40 5.25 40.00 27.00 23.00 28.00 21 .3o 21.00 11. — Activités présurantes rapportées a celle du PARKNcnv.ME foliaire. 1,00 1,50 0,33 0,75 0,09 0,13 0,16 0,12 0,16 0,17 (^ ) hii >iiivaiiL la inclliDde décrite ll.lli^ Icn (Juiii/jifs icnJus Soc. sav. (Congrès de Rennes) el dans les Comptes refidus, i3 avril 1909, et en se limitant, pour le calcul, aux vitesses de coagulation du lail houilli, la loi de Segelck et Storcli n'étant pas applicable au lait cru. (') Pas de coagulation au bout de 3oo minutes. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE I909. 789 On voit que, contrairement à ce qui s'observe dans la grande majorité des plantes : i" les nervures foliaires sont plus actives que le parenchyme; 2° le bois de la racine et de la tige est actif et contient plus de présure que l'écorce et le liber; 3" l;i moelle de la tige coagule le lait. On ne saurait invoq\ier ici, pour expliquer ces dérogations, la présence d'un liber anormal, car ni la moelle, ni le bois ne possèdent de tubes criblés. Si l'on pratique une section transversale à travers un tronc et une racine de Vasconcdlea quercifnlia de la grosseur du bras, on voit perler, à la sur- face, des gouttelettes de latex qui, coagulant presque instantanément, restent bien distinctes les unes des autres. Ces gouttelettes, grosses et abon- dantes dans le bois, surtout dans sa moitié interne, sont petites et moins nombreuses dans l'écorce et la moelle. De même, une section de la feuille montre que le latex est plus abondant dans les nervures que dans le parenchyme. Ces observations, rapprochées des précédentes, montrent qu'il y a proportionnalité entre l'activité présu- rante des diverses parties de la plante et leur teneur en latex ; elles auto- risent à penser que ce dernier est la cause des dérogations excessives à la règle générale que nous observons. La confiriualion de cette hypothèse est fournie par le fait qu'un mèiue poids de latex coagulé (o^,o5) prélevé sur les diverses régions de la section de la tige et de la racine, détermine la coagulation, à 55°, d'une même quantité de lait bouilli (i5°°'') dans le même temps (2 minutes environ). Quant au caillot ainsi formé, il exige, pour se redis- soudre, des temps peu dilTérents les uns des autres (35 à !\o minutes). Le Vasconcellea quercifolia Saini-ViW . est extrêmement présurant et pro- téolytique parce qu'il contient du latex ( • ). Etant données les diastases caséi- fîantes très actives que nous avons découvertes dans les Euphorbiacées, les Papavéracées, les Artocarpées et autres plantes à latex, nous poumons être tenté de généraliser et de dire que toutes les plantes contenant des lalici- fères sont riches en ferments protéolytiques. Ce serait une erreur, car : i" Les Lactaires, ces champignons dont le chapeau et les lames blessées laissent écouler en abondance un suc laiteux, de couleur variable, sont si peu actifs que la majorité d'entre eux n'arrivent même pas à coaguler le lait- (') Rappelons que M. Guigiinrd a montré, dans ses belles Recherches sur certains principes actifs encore inconnus chez les Papavacées (/. de Bot., 1894), que ce latex est, au contraire, dépourvu de myrosine, laquelle existe surtout dans le paren- chvme foliaire. 74o ACADÉMIE DES SCIENCES. sensibilisé, alors que d'autres champip;nons, dépourvus de ce liquide parti- culier, sont très actifs, même sur le lait non sensibilisé, ainsi que nous le montrerons dans une procliaine Communication ; 1° Funtumia e/a^/«ca S tapf, Artucarpus incisa Foi'st. , Artocarpus integrifolia Lin. sont si peu présurants que o""',4 de macéré au cinquième des feuilles desséchées de ces plantes n'ont pu déterminer la coagulation de 5"""' de lait cru ou bouilli, à 55°, au bout de 3 heures pour les deux premiers, et que celle-ci ne s'est produite qu'au bout de 28 minutes (lait bouilli) et 35 minutes (lait cru) pour le troisième; et cependant ces trois végétaux sont très riches en latex. Il est vrai qu'une différence essentielle sépare les latex des plantes très présurantes de ceux des plantes peu actives : les premiers coagulent spontanément, parfois presque instantanément ( Fr/5co/?ce//i?a); les seconds ne coagulent pas. 11 semble donc exister une relation entre le caractère présurant de cer- taines plantes et la coagulabilité de leur latex. On comprend, sans qu'il soit nécessaire d'insister, l'intérêt qu'il y a à étudier sous ce point de vue les plantes à caoutchouc et, plus particulière- ment, celles qui, comme certains Sapium de l'Equateur, le Landolphia Kirkii Dyer du Mozambique et le Manihot Glaziovii Miill. Arg. de Ceara, coagulent spontanément leur latex. Aussi orientons-nous nos recherches dans cette voie. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur les ferments de la graisse fies l'oins. Note de MM. E. Kayser et E. Manceau, présentée par M. Ti'oost. Nous présentons à l'Académie les résultats définitifs de nos recherches poui'suivies depuis 1900 sur l'isolement des germes caractéristiques de la maladie de la graisse des vins, sur l'étude de leurs conditions d'existence, de leurs aliments et des produits de leur élaboration. Les ferments de la graisse des vins sont tous des bacilles trapus, dont la longueur est ordinairement inférieure à -2^, tous sont des anaérobies et des ferments des sucres. Ils conqjrcnnent plusieurs familles, différenciées par certains caractères morphologiques (dimensions, groupement en chaînes plus ou moins longues ou contournées), et par des caractères physiologicjues [préférence pour le lévulose ou le glucose ('), exigence d'un aliment azoté particulier, etc.]. (') Complus rendus, t. GXLIIl, |). 247. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 74l Les principaux produilsde la fennenlation du lévulose, du glucose et du saccharose sont idculiques à ceux que donne, avec les niênies sucres, le ferment mannitique de Gayon dont les ferments de la graisse sont voisins par leur forme et leurs dimensions; mais les proportions des produits éla- borés peuvent différer sensiblement des proportions constatées pour le ferment mannitique, dans les mêmes conditions de culture. Ces proportions varient également, pour un même milieu, d'une famille à une autre. KUes ne sont pas rigoureusement identiques pour les ferments d'une même famille et dépendent, pour un ferment dét-erminé, de la composition du milieu et de la température. Les ferments de la graisse sont entourés d'une enveloppe glaireuse que nous avons pu rendre visible au microscope. Le ferment mannitique ne pos- sède pas cette enveloppe. Nous avons étudié le d(''volopp<» 742 ACADÉMIE DES SCIENCES. Ces limites sont d'autant plus incertaines que nos recherches ont mis en évidence les inlluences de germes étrangers aérobies et anaérohies ('), influences qui permettent aux germes de la graisse de se multiplier dans des conditions de température, d'aération, de composition du vin, dans les- quelles leur existence, à l'état de culture pure, serait impossible. Les levures alcooliques, le mycoderma vini, le mycodenna aceli^ {jcuvent, dans certaines circonstances, favoriser le développement des ferments de la graisse; mais, le plus souvent, les ferments visqueux sont associés à un grand nombre d'autres germes, peu oupoint connus, et dont nous avons constaté la présence dans des vins normaux provenant de régions diverses. Parmi ces germes nous avons isolé, jusqu'à ce jour, quatre aérobies : une sarcine, deux coccus et un bacille (*). La graisse des vins est ordinairement une altération complexe et la variété des germes associés an ferment de la graisse permet de conqjrcndre les variations signalées dans la composition des vins devenus naturellement filants. Comme conclusion applicable à la pratique, nous estimons que le choix judicieux de l'époque de la vendange, les soins nécessaires pour assurer une fermentation alcoolique complète, les manipulations ordinaires (soutirage, collage, etc.) constituent des mesures préventives suffisantes pour éviter l'altération. ZOOLOGIE. — Sur Us J ormes hypeiiruphùjiies cl la iroissaitce dégcnérative chez quelques Acinéliens. INote (") de M. B. Coi.lix. La culture intensive avec suralimentation constante est capable de pro- duire sur l'organisme des Tnfusoires tenlaculifères (Acinéliens) de profondes modifications d'ordre morphologique et physiologique qu'il m'a paru inté- ressant d'étudier de plus près. Obskrvaïio.ns. — Tokophrya elongala (Clap. et Lacljin. ) est, clans les conditions na- turelles, une espèce toujours fixée, pourvue d'un style bien développé, l'allé donne aisément en culture une variété flollanle à pédoncule de plus en plus réduit, adaptée à la vie libre à la surface du liquide. Au bout d'un temps vaiiable apparaissent des (') Comptes rendus, t. GXLVI, p. 92. (°) Comptes rendus, t. C\LV, p. 352. (') Reçue dans la géance du 18 octobre 1909. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 743 exemplaires ccmplèlemenl astyles, provenant tantôt d'adultes détachés de leur pédon- cule, tantôt d'enibryons récemment métamorphosés, tombés au fond des verres de montre sans s'v fixer. C'est là une véritable race cultiirale dés^énérée, héréditai- reinenl Ira/ismissihle et incapable de faire retour au type normal. Le pôle stylaire reste toujours reconnaissable à sa forme oblusément tronquée et à l'absence de tenta- cules; ries bourrelets radiaires l'entourent souvent, comme on en voilà l'ombilic d'une pomme à côtes. Sur des milliers d'individus provenant de ces cultures, à peine voil-on reparaître ciiez quelques-uns une trace d'anneau culiculaire, faible souvenir du type anceslral. Les exemplaires anormaux sont fréquents, avec quatre ou cinq faisceaux de tentacules au lieu de trois, ou bien une forme inusitée en triangle équilatéral ou sca- lène, voire même profondément lobée à la façon d'une étoile à trois branches. Souvent les embrvons présentent des malformations diverses et produisent d'emblée des adultes inoiistiueux ; beaucoup sortent de la cavité embrvonnaire avant d'être com- plètement détachés du parent, ou même ne parviennent pas à se libérer et. après avoir agité vainement leurs cils pendant le temps normal de la période de nage, se dévelop- pent sur jilace en adultes. Ils ressemblent ainsi tout à fait à un bourgeon externe ten- tacule, bien singulier chez une Tokopkrra, si l'on ne savait son origine. On rencontre çà et là des individus bifides soit au pôle apical, soit au pôle stylaire, et parfois si profondément qu'on croirait à une fissiparité longitudinale prochaine. La pratique des isolements démontre qu'elle ne se produit jamais; ces sortes de monstres doubles sont simplement les premiers stades d'exemplaires qu'une croissance hypertrophique va déformer peu à peu jusqu'à leur faire perdre les dernières traces de leur symétrie primitive. L'Acinétien n'est bientôt plus qu'un corps indéfinissable, aux protubérances multiples hérissées de tentacules sans nombre; il se nourrit et s'accroît toujours. J'ai obtenu des exemplaires de 4oo''-X 5oo!^, c'est-à-dire ayant environ 200 fois le volume d'un grand individu normal de leur espèce, et ne montrant plus aucun des caractères originels, génériques ou spécifKfues. Ces masses de cytoplasme, relative- ment énormes, sont criblées de vacuoles contractiles et parcourues en tous sens par les cordons enchevêtrés d'un macronucléus rameux, souvent fragmenté; l'abondance de tincline empêche malheureusement de suivre le sort du ou des micronucléi. Mais ces processus morbides ont leur fin : même dans la culture mère (toujours très florissante depuis 9 mois), beaucoup d'individus n'achèvent pas leur évolution. Par- venus à une certaine taille, ils cessent de s'alimenter et rétractent leurs tentacules; leur cvtoplasme devient opaque et brunit, envahi souvent par une grande vacuole de dégénérescence; leur noyau se désorganise et s'émiette en passant par un stade entiè- rement chromidial, puis se résorbe tout à fait. Ces exemplaires géants se meurent de inoit pliysiologifjue par épuisement fonctionnel, entourés d'autres qui s'accroissent encore et absolument sains. Avec d'autres espèces, ces résultats sont différents : Tokophrya Steinii (Cl. et L.) atteint en culture des dimensions bien supérieures à la normale (4ool'- et au delà), mais l'ensemble des caractères morphologiques demeure inaltéré. Ici aussi, les em- bryons donnent volontiers naissance à une variété astyle, ou bien, ne parvenant pas à se libérer, se développent sur le corps du parent : on en trouve jusqu'à deux ou trois émis successivement par le même orifice. Chez Tokophrya infusionum (Stein) les modifications d'aspect ne dépassent pas non plus la limite des variations observées par 744 ACADÉMIE DES SCIENCES.' les auleiiis; mais, sur la lin, tous les individus dégénèrenl. Leur nojau se gonlle en perdant toute structure ))ar un curieux processus de chiomalolyse précédé d'une forme en fuseau, à granules clirornaliques alignés, extrêmement semblable au slade'prépara- toire de l'amilose. Les derniers individus qui persistent n'ont puisqu'une mince couche de C}'toplasme entourant un noyau énorme. Le pôle postérieur sécrète en abondance une gelée muqueuse, sorte de kyste inachevé. J'ai rencûntr(' enlin. cliez Acinela patttla Glap. et Laciim. (et, celle (q'is,, dans la nature), au milieu d exemplaires normaux dont quelques-uns en conjugaison, de nombreux cas d'anomalies d'origine hypertrophique, au sein d'un peuplement très dense. La partie du corps extérieure à la loge, sorte de dùme l)émis])hérique couvert de tentacules, s'allonge d'abord démesurément en colonne cylindri(|ue, puis s'étrangle à sa base où un nouveau dôme se reforme, et ainsi de suite, jusqu'à 3 et 3 fois. L'étran- glement est souvent très prononcé, mais je ne saurais dire s'il peut aller ou non jusqu'à séparation complète. Le noyau, qui présente par ailleurs de nombreux caractères morbides (énormes nucléoles, blocs hyperchromaliques, fragmerilation fréquente), se répartit jjar amitose entre les divers segments du corps, souvent sans régularité, de telle façon que, si ces segments s'isolaient, beaucoup d'entre eux ne seraient pas viables. La même colonie renfermait également un embryon cilié en voie de développement et complclement an ucléé. Conclusions. — Ces premiers résultats montrent qu'on peut espérer beaucoup du groupe des Acinétiens au point de vue expériinenlal ; Fen- sembie de caractères qui constituent le type générique ou spécifique y apparaît en eilet comme infiniment plus accessible et plus aisément trans- formable par les conditions du milieu que ctiez aucun autre groupe de protistes. On en peut donner deux raisons : i" Par leur vi^ sédentaire et immobile, comme par leur tnode de nutrition, les Infusoires suceurs ne sont pas (à l'égal des Cibés pourvus d'un appareil locomoteur et péribuccai complexe) des êtres à symétrie nécessairement précise, aux corrélations étroites retentissant sui' l'organisme entier. Leur corps peut varier de forme et de volume dans des limites très larges, sans que rien se trouve changé au point de vue du fonctionnement. 2" La dii'ision /issipare n'intervient pas ici, comme chez les Infusoires ciliés, à titre de phénomène n'gulatcur étroitement lié à l'accroissement et maintenant l'espèce en deçà dune taille maximale ( Theilungsgrosse) cons- tante pour des conditions de milieu définies (Hartwig, l'opoff, etc.). Par la formation d'embryons (indépendante d'ailleurs de l'accroissement acquis) l'Acinétien sépare de temps à autre une portion de cytoplasme épuré pourvu d'un noyau rajeuni), et demeure (en tant c^vCindividu parent) iden- tique à lui-même, capable de croître encore, on pourrait dire a priori presque indeliiiiment. Il ne se résout plus, comme son ancêtre le (]ilié, tout SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 745 entier en deux individus liilcs, disparaissant en eux à chaque génération. Le phénomène du bourgeonnement (bien que dérivé sans aucun doute de la division égale) a introduit dans tout le groupe des Tentaculifères, quant au cycle de l'individu, des conditions absolument nouvelles (juil y aura lieu d'étudier. ZOOLOGIE. — Sur les Mollusques marins provenant des campagnes scien- tifiques de M. A. (iruvel en Afrique occidentale, igoG-iQot). Note de M. Pu. Daltze.vberg, présentée par M. Perrier. Bien que l'Afrique occidentale soit la région tropicale la plus rapprociiée (le nous, on peut dire qu'elle est l'une des moins connues du globe au[)oiiit de vue de sa faune nialacologique marine. Depuis Adansûii qui, dans son Voyage au Sénégal, (il connaîlie en 1707 un grand nombre de Mollusques de ce pavs, aucun travail d'ensemble n'a élé élaboré sur le même sujet, et les renseignements qui ont été fournis se trouvent disséminés dans des publications diverses. Parmi les explorateurs dont les recherches ont conlribué à faire mieux connaître la faune de rAfri(|ue occidentale, on peut citer : Hang, 1887; Rousseau, 1841 ; D'' Tams, 1841. 1842; A. Schmidt; D' Stiibel; Dolirn, 1864, i865; capitaine Knocker, 1870; capitaine Davis; A. Bouvier et de Gessac, 1870, 1874; D' Sluder. 1874; von .Mnltzan, iS8'',; de Kocliebiune ; D'' G. Doelter; <^)uiroque, i885; D'' P. Fiicher (expéditions du Travailleur et du Talisman); Pousoub). Marquisde Monterosalo; Ed. Clievreux, 1889, 1890; abbé Gulliéren, 1890; capitaine Le Chalelier, i8()3; comte de Dalmas, 1893, 1896; Font v Sagué, 1902; S. A. S. le Prince Albert de Monaco, 1897-1904; amiral Keppel ; D' Jullien; Chautard; capitaine Vignon, etc. La plupart des récolles de ces naluralistes ont été étudiées et décrites par Petit de l*,Saussa\e, Dunkei', Menke. Heibiscli, Dolirn, I£.-,\. Smilh, Marrai de Rocliebrune, von Marten-, von Malizan, Tauscli, Hidalgo, D'' P. Fischer, Locard, de Monterosalo, Dautzenbeig. H. Fischer et Sowerby. A ces diverses contributions, viennent s'ajouter aujourd'hui les impor- tantes récoltes de M. le Professeur A. (iruvel, ellectuées de 1906 à 1909; mais plus parliculièrement en 1908 et 1909. Elles sont d'autant plus inté- ressantes qu'elles modifient sensiblement les données que nous possédions déjà sur les rapports de la faune de l'Afrique occidentale avec celles des mers d'Europe; elles nous font connaître, en grande partie, la faune de la région inhospitalière comprise entré la baie du Lévrier et le Sénégal, et qui n'avait pas encore été explorée au point de vue malacologique. Dans l'état actuel de nos connaissances, il serait prématuré de vouloir ^46 ACADÉMIE DES SCIENCES. établir d'une manière précise les relalions de la faune de l'Afrique occi- dentale avec celles des autres pays; mais les récoltes de M. Gruvel permet- tent cependant d'indiquer que la proportion des espèces européennes et surtout méditerranéennes qui se propagent le long de la côté océanique de l'Afrique est plus considérable qu'on ne le supposait. En dressant en 1889 une liste des coquilles de Casa-Blanca et de Mogador, le marquis de Mon- terosato avait déjà misée fait en lumière pour ce qui concerne le littoral atlantique du Maroc. Aujourd'hui, nous pouvons dire qu'un grand nombre de Mollusques européens descendent encore plus au Sud. Nous avons, en effet, rencontré dans les récoltes de M. Gruvel 98 espèces méditerranéennes dont 79 vivant dans les parages du cap Blanc, 34 sur les côtes de Mauri- tanie et 32 au Sénégal. La collection fournie par M. Gruvel comprend 352 espèces dont 18 sont entièrement nouvelles ; elle nous a permis de fixer l'habitat de plusieurs formes dont la provenance était inconnue ou douteuse, de reconnaître un certain nombre d'espèces qui avaient été insuffisamment décrites et de rec- tifier plusieurs erreurs de nomenclature. Parmi les nombreux autres résul- tats intéressants fournis par les récoltes de M. Gruvel, nous signalerons l'existence, dans la baie du liévrier, d'une espèce du genre Brncchia (Broc- chia sidcosa Brocchi), qui n'était qu'à l'état fossile dans le Miocène et le Pliocène, et la découverte, dans les mêmes parages, d'une forme nouvelle : Genotia (^Oligotoma) Lamothei, appartenant à un groupe de Pleurotomidés dont on ne connaissait aucun représentant en dehors du Miocène de la Tou- raine et de l'Italie. En présence de résultats aussi considérables, il serait à souhaiter que M. Gruvel pût étendre ses investigations dans le golfe de Guinée et même jusqu'au cap de Bonne-Espérance, ce qui lui permettrait sans aucun doute de réunir des matériaux suffisants pour i-endre possible la publication d'une faune malacologique de toute l'Afrique occidentale. ZOOLOGIE. — Contrihution à l'clude du développement des Lucernaridés. Note (') de M. W. Wietkzykowski, présentée par M. Yves Delage. La riche faune de Roscofï" renferme trois espèces de Lucernaridés : Hali- clyslus ocloradiatus Clark., Lucernaria campanulata Lamour., et Lucernaria (') Présentée dans la séance du 26 oclobre 1909. t SÉANCE DU 2 NOVEMBRE I909. 7^7 Leuckarti Tasch. (Craterolophus Tethys Clark.). Celte dernière espèce n'a pas été signalée jusqu'à présent à Koscoti'. Elle y est d'ailleurs fort rare. Lucernaria campanulala Lamour. est plus commune, mais on ne peut s'en procurer que pendant les fortes marées; par contre, Ualiclyslus est extrê- mement abondant à Roscoir, partout où Ton trouve des Zostères, et les recherches ont porté surtout sur ce dernier genre. Nos connaissances sur le développement des Lucernaridés se réduisent à peu de choses. Il n'y a, à ma connaissance, que deux travaux sur ce sujet : ceux de Kovalewsky et de Bergh. Kovalewsky a vu le premier la segmenta- tion de Fu'uf et laplanula; iJergh complète sur certains points les recherches de Kovalewsky, mais n'y ajoute rien de nouveau, sauf quelques dessins d'ailleurs fort schématiques. L'évolution ultérieure de la planula reste donc complètement inconnue. La planula (pii sort do la coipie est un être allongé mesurant i \('i^ environ de longueur sur iS"^ dans le sens transversal. L'ectoderme qui la revêt exté- rieurement forme une couche continue composée de cellules à section hexa- gonale et très aplaties tangentiellement. Je n'ai pas pu voir de cils vibra- tiles sur l'ectoderme. Les cellules cndodermiques, généralement au nombre de t6, ne forment qu'une seule rangée. Après quelques jours (i à 4) de vie libre, la larve se fixe par son extrémité antérieure et prend la forme hémi- sphérique. Les planulas, avant de se fixer, se disposent par groupes com- posés de 1 jusqu'à 20 individus et arrivent, après la fixation, à se comprimer tellement les unes les autres qu'elles prennent des formes polygonales. Ces petites associations ont leur raison d'être, si l'on considère le mode de nutrition de ces larves. En effet, elles se nourrissent surtout de Nauplius, de Copépodes, c'est-à-dire d'animaux qui sont beaucoup plus grands qu'elles. Orj il semble que plusieurs larve8 d'un même groupe concourent à la cap- ture des Nauplius qui viennent à les rencontrer. On voit souvent un Nauplius tué couvrir de son corps un groupe entier de larves, mais une seulement, rarement deux ou trois, en profitent. Celles-ci grossissent considérablement, tandis que les autres dépérissent peu à peu. Un seul Nauplius suffit pour que la larve grandisse beaucoup et puisse désormais capturer sa proie sans le concours de ses coniiénères. Cette capture s'opère à l'aide des nématocystes : les filaments urticants de ces derniers, enfoncés dans le corps d'un Nauplius, l'empêchent de s'enfuir; d'ailleurs en une quinzaine de secondes il est complètement immoi)ilisé. Après cela la larve l'attire peu à peu de manière à le placer au-dessus d'elle, 748 ACADÉMIE DES SCIENCES. sans qu'elle-même change de place. L'ectoderme qui formait une couche continue s'est rompu au sommet de la larve de manière à former un orifice plus ou moins régulier mettant l'endoderme à nu. L'endoderme fait saillie au dehors et arrive à perforer le tégument de la proie; il m'a été impossihle de voir par quel mécanisme. Les parties molles du Nauplius sont peu à peu englobées par les cellules endodermiques et sur les coupes on voit dill'érenles particules, comme des fragments de muscles striés, pénétrer dans les cavités irrégulières dont est creusée la masse endodemiique de la larve. Après I à 2 jours il ne reste du Nauplius que la carapace vide, qui est bientôt en- levée par les courants d'eau. La larve grandit et devient vaguement quadrilobée et lorsqu'elle a atteint une certaine taille (environ iSoi* de diamètre) elle se met à bourgeonner : au sommet de chacun des quatre lobes apparaît un bourgeon tentaculiforme (]ui, aussitôt formé, se détache de la mère. Ces bourgeons ont la structure des planulas provenant de la segmentation des œufs. En effet, l'endoderme n'est formé cjue d'une seule rangée de cellules dont le protoplasma est réduit à un petit amas renfermant le noyau, le reste de la cavité cellulaire étant occupé par une vacuole. L'ectoderme très mince présente quelques néma- tocystes limités à la région postérieure du corps. Les bourgeons planuli- formes et les planulas normales ne diffèrent que par la taille, les bourgeons étant plus grands ; le nombre de cellules endodermiques est également plus considérable. Ces bourgeons suivent exactement la même évolution que les planulas normales. Après quelques jours de vie libre, ils se fixent par leur extrémité antérieure, se rétractent pour devenir hémisphériques, croissent et finalement bourgeonnent de la même manière que la larve qui leur a donné naissance. Le mode d'apparition et la structure laissent supposer que ces singulières formations sont des tentacules larvaires caduques et capables de régénérer un être tout entier. Au moment delà formation des premiers bourgeons on voit au centre de la surface d'adhésion de la larve une profonde invagination ectodermique de nature glandulaire. Cette invagination persiste longtemps, au moins dans tous les stades que j'ai observés jusqu'à présent, et i-epréseute évidem- ment le disque pédieux de l'animal adulte. L'évolution ultérieure consiste en un allongement du corps qui devient filiforme. Peu après, on voit apparaître un peu au-dessous du sommet de la larve deux premiers tentacules définitifs du polype qui prennent exactement la forme et la structure des tentacules des adultes : ils sont creux, et leur SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 'jl^^ cavité très réduite est tapissée par une couciie de cellules endodermiques; en outre ils sont terminés par une tète bourrée de nématocystes. Au-dessus et dans l'espace limité par les deux premiers tentacules il se forme une saillie tronconique qui bientôt acquiert un grand développe- ment de manière à égaler à l'état d'extension la longueur du tronc du polype : c'est l'hypostome. Cet état à deux tentacules persiste plusieurs jours et donne au jeune polype un aspect tout à fait caractéristique. Un troisième tentacule apparaît latéralement et perpendiculairement aux deux premiers; il est situé légèrement plus haut, empiétant sur l'hypostome. Il atteint la longueur des deux premiers et à ce moment les trois tentacules forment entre eux des angles de 120", disposition qui donne au polype la symétrie Iriradiale. L'apparition du quatrième tentacule opposé au troi- sième et situé un peu plus haut encore donne an polype une symétrie (jua- driradiale. Ce stade à quatre tentacules est le stade le plus avancé obtenu jusqu'à présent et dont plusieurs exemplaires sont actuellement en élevage à Roscoff'. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — Surcreusement glaciaire du lac de Garde {llalie). Note de M. Gabriel Eise.vme.xger, présentée par M. Michel Lévy. Continuant les recherches que je poursuis depuis plusieurs années, dans les Alpes et en Ecosse ('), au sujet de l'origine des lacs, je crois devoir signaler les résultats auxquels vient de me conduire l'étude du lac de Garde. Ce lac a été considéré comme tectonique, c'est-à-dire résultant unique- ment de l'alTaissement d'une vallée fluviale, conformément à l'hvpothèse de Riitimeyer pour expliquer la formation des lacs en bordure des Alpes (ftandseen). Or les caractères actuels du lac de Garde relèvent plutôt de l'érosion glaciaire et conduisent à admettre que le lac a été profondément surcreusé par la glace. 1° Au nord de la ligne Salo-Garda, le lac de Garde est un véritaWe couloir glaciaire dont la section transversale est très nettement un U. Le (') Comptes rendus, t. CXLVllI, 28 juin iqog, p. 1796. G. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N" 18.) 'OI 75o ACAUÉMIli DES SCIENCES. versani occidental s'élève presque verticalement à Ho'° ou loo'" et la profon- deur atteint 3^6'"; sur la terrasse préglaciaire s'est établi le village de Trémosine au bord même de la falaise qui tombe à pic dans le lac et témoigne d'un surcreusement très intense. 2° Les torienls afiluents arrivent à une altitude supérieure à celle du lac et mettent bien en évidence le surcreusement de la vallée principale : tels • sont les torrents qui, sur la rive occidentale, tombent en cascades de Gar- guano à Riva, et en particulier le Ponale, émissaire du Lago di (Jedro. La rive orientale, depuis la pointe S. Virgilio à Torbole, présente au contraire un beau plan incliné, raboté par le glacier de l'Adige qui s'élevait sur les pentes du Monte-Baldo. 3" Dans la partie méridionale du lac, au sud de la ligne Salo-Garda, apparaît une protubérance dans l'axe de la vallée lacustre et dont l'exis- tence s'explique par l'écoulement des eaux sous-glaciaires latérales, comme l'a montré M. Brunlies pour les vallées suisses (Comptes rendus, 28 mai et 5 juin 1906). Cette protubérance se traduit, dans le prolongement de la petite île de Sermione, par un haut fond recouvert de 44™ d'eau seulement et limitant des fonds de 74'" à l'Est et de 100'" à l'Ouest. 4" (-ette partie méridionale du lac de Garde est un lac de barrage gla- ciaire. Le glacier- de l'Adige, au cours de la période glaciaire, a pris pos- session de la vallée et déposa dans la plaine lombarde un arc immense depuis Salo à l'Ouest jusqu'à Costernano à l'Est, en passant par Lonalo, Castiglione, Volta et Somma-Campagna. Ce barrage glaciaire a eu jiour effet de relever de i5o"' environ le niveau des eaux du lac; il est percé à Peschiera par la vallée du Mincio, émissaire du lac actuel. 5" Le lac de Garde a dû s'étendre primitivement beaucoup plus au Nord, car la plaine Arco-Riva est une belle cuvette glaciaire présentant les mêmes caractères que le lac lui-même. 6° Après le départ du grand glacier, l'Adige a trouvé son ancien lit en- combré de matériaux glaciaires et le fleuve a dû se creuser un nouveau chenal parallèlement à la direction du lac. Les terrasses que j'ai relevées à 3o'°-45"' et à io'"-i2'" au-dessus de l'Adige, permettent de rétablir les phases successives du creusement. En résumé, si l'origine du lac de Garde est une dépression tectonique remontant aux temps mésozoïques, si, plus lard, eurent lieu des mouve- ments divers comme la surrection et la dislocation du Monte-Baldo, il faut reconnaître cpie la configuration actuelle du lac de Garde est l'œuvre d'un très puissant surcreusement glaciaire. SÉANCE DU 2 NOVEMBRE 1909. 7:11 M. A. GiÉPi.v adresse une Note intitulée : Les faux albitminuriques. A 4 heures et quart, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures et quart. G. D. BUM.ETIX BIBMOGRAPHIQCE. Ouvrages reçus dans la séance ou 2 novembre 1909. liapporl'i scientifiques sur les travaux entrejiris en 1908 au moyen des subven- tions de la Caisse des Recherches scientifiques. Ministère de l'Instruction publique el des Beaux-Arts, 1909; 1 vol. in-S". (Présenté par M. Darboiix. Oll'erl par le Conseil d'Administration de la Caisse des Hecherches scientifiques. ) Revue des travaux de Paléontologie végétale publiés dans le cours des années 1901-1906, par M. R. Zeillkr. (Retrait de la Revue générale de Botanique, t. XX- XXI, 1908-1909). Paris, Librairie t;énérale de l'Enseignement, 190g; 1 fasc. in-8". (Hommage de l'auteur.) Annales de l'Institut océanographique (Fondation Albert I"', Prince de Monaco), publiées sous la direction de MM. .Ioubix et J. Richard; t. 1. fasc. 1. Imprimerie de Monaco, 1909; i fasc. in-4°. (Hommage de S. A. S. le I^rince de Monaco.) Das Antlitz der Erde. von Eduaru Suess ; Bd. III. Schluss des Gesamtwerkes, mit 55 Textabbildungen. 3 Tafein in Scliwarzdruck und 5 farbigen Karlen; Sacli- und Namensregister in Beilage. \ ienne, F. Tempsky; Leipzig, G. Freytag; 1909; 1 vol. et I fasc. in-4''- (Transmis par M. Michel Lévy. Hommage de l'auteur.) The Scientific Papers of Sir William Huggins, edited by Sir^^■|LLlAM HiiiGiNS and Lady Hlggi.ns; wiih sixty-six illustrations. {Publications 0/ Sir William Huggins's Observatorv : vol. 1[.) Londres, William Wesley et fils, 1909; i vol. in-4". (Hommage des auteurs.) La Faune momifiée de l'ancienne Egypte et Recherches anthropologiques, par le D'' Lortet et M. C. Gaillahd; 5= série. (Exlr. des Archives du Muséum d' Histoire naturelle de Lyon, t. X.) Lyon, Henri Georg, 1909; i fasc. in-f". (Hommage des auteurs.) Principes de la théorie des fonctions entières d'ordre infini, par Otto Bllmenthal. Paris, Gauthier-Viliars, 1910; i vol. in-8°. (Présenté par M. Emile Picard. Hommage de l'auteur.) -32 ACADÉMIE DES SCIENCES. Des notations mathématiques; énuméralion, choix et usage, par Désiré André. Paris, Gautliier-\ illars, 1909; i vol. iii-S°. (Présenté par M. Darboiix. Hommage de l'auteur.) La respiration de la Terre. L'écorce terrestre, ses mom'ements rythmés et ses déformations permanentes, par Cii. Lallemand. Paris, typ. .\. Davy, 1909; i fasc. in-S". (Hommage de l'auteur.) Sur tes marées de l'écorce et rélasticité du globe terrestre, par M. Gh. Lalt.kmand. (Exlr. des Comptes rendus, 2, 9 et 29 août, 6 septembre 1909.) I^aiis, Gauthier- Villars; i fasc. in-4°. (Hommage de l'auteur. ) Le Jihinocéros blancdu Soudan {Rhinocéros simus cottoni), par E.-L. Tuouessart. (Extr. des Proceedings of the Zoological Society of London; juin 1909.) Londres; I fasc. in-S". (Présenté par M. E. Perrier. Hommage de l'auieur.) Révision des espèces types d'Hydroïdes de la collection Lamouroux, conservée à l'Institut botanique de Caen, par M. Armand Billard. (E\tr. des Annales des Sciences naturelles; (f série : Zoologie; t. IX. Paris, Masson et G'", 1909; 1 fasc. in-8°.) (Présenlé par M. E. Perrier. Hommage de l'auteur.) Les fermenls de In graisse des vins, par MM. E. Kayser et E. Manceau. Epernay, imp. Henri Villers, 1909; 1 vol. in-S°. (Présenté par M. Troost. Henvni à la Commis- sion du prixSaintour pour 1910.} La technique des hélices aériennes. Notions élémentaires sur le tracé, l' utilisation et la construction des hélices aériennes, par Gaston Camus. Paris, F. -Louis Vivien, 1909; 1 fasc. in-8°. M. Angot, directeur du Bureau central météorologique, transmet les publications suivantes du Bureau central de l'Association internationale de Sismologie : Katalogder im Jahre 190^ registrierten seismischen Stôningen; zusammengestellt von Elmar Rosenthal. Strasbourg, 1907; i fasc. in-4''. Tremblements de terre ressentis pendant l'année 1904, par Emilio Oddo.ne. Stras- bourg, 1907; 1 vol. in-4°. Comptes rendus des séances de la première réunion de la Commission permanente de l' Association internationale de Sismologie, réunie à Rome du 16 au 20 octobre 1906, rédigés par le Secrétaire général R. de Kovesligethy. Budapest, imp. Viktor Wornyanszky, s. d.; i vol. in-4°. Seismogramme des nordpazifischen und s'ùdamerikanischen Erdbehins am 16 August 1906. Auf Beschiuss der permanenten Kommission der internationalen seismologisclien Assoziation, lierausgegeben von dem Zentralbureau und der kaiser- lichen Hauplstation fur Erdbebenforschung. [Texte] : Beleitworg und ErlaiXterun- gen, von E. Fîiuolpii und E. Tams; mil einer Karte. Strasbourg, imp. M. Du Mont Schauberg, 1907; i fasc. in-4°. [Allas] : Strasbourg, Jul. Manias et G'% 1907; 1 étui contenant les planches, in-folio. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 8 NOVEMBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MEMOIRES ET COMMUrVICATIO.XS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE. — Sui' un moyen de soustraire les horloges astrono- miques à l'injluence des variations de la pression atmosphérique. Noie de M. G. îîiGoiRDAx. Les variations de la température et de la pression atmosphérique sont les causes principales qui changent la marche des horloges bien construites, telles que celles qu'on emploie dans les observatoires. On a imaginé des compensateurs tliermométriques, supprimant presque entièrement l'influence des cliangenienls de température; cependant, lorsqu'on a voulu atteindre la plus haute exactitude, on a été amené à placer les horloges dans un milieu a tempé- rature constante ; et pour cela Faye { ' ) entre autres avait proposé de les installer dans une couche terrestre de température invariable : c'est ce qui fut fait bientôt après, à l'Observatoire de Paris par exemple, où l'on plaça une pendule dans les caves, à 27"" au-dessous du niveau du sol. De même, pour combattre Tinfluence des variations de la pression atmosphérique on a imaginé divers compensateurs de pression (-); mais en (') Comptes rendus, t. XXV, 2' semestre 1847, P- ^7^' (') Airy compensait l'action des variations de pression par un aimant, qu'un flotteur, placé sur le mercure d'un baromètre à siphon, déplaçait devant une armature portée par le balancier. — Rédier a proposé {Comptes rendus, t. LWXIll, 2' semestre 1876, p. 1 174) de produire la mêmecompensation en faisant déplacer une masse par la boîte barométrique d'un anéroïde fixé à la lentille du pendule. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N« 19.) I02 754 ACADÉMIE DES SCIENCES. cela aussi il est mieux de supprimer entièrement ces variations autour de l'horloge, en la plaçant dans une enveloppe hermétiquement close; et c'est ce qui fut réalisé à Paris par M. C. Wolf. Depuis on a imaginé des dispositifs évilaiit le remontage; mais ici j'ai surtout en vue l'emploi des liorloges telles qu'on les construit habituellement, et que l'on remonte à la main. Avec ces horloges, supposées placées dans une enveloppe bien close, la pression de l'air qui les entoure change, en général, au moment du remontage, puisque c'est par exception que cette pression se trouve égale à la hauteur barométrique extérieure; en outre, ce qui est plus grave, il est difficile d'obtenir une enveloppe dans laquelle ne se propagent pas les variations de la pression extérieure ( ' ). f J'ai cherché à éviter ces inconvénients au moyen de l'appareil suivant, étudié et construit par la maison Mailhat, et qui maintient automatiquement la même pression dans l'enveloppe de l'horloge (et plus généralement à Tintériour de tout récipient qui n'a que des pertes suffisamment faibles), pourvu toutefois que cette pression soit convenablement choisie. Ainsi, je suppose que la pression à conserver constante est — ou inférieure à la valeur minima de la hauteur barométrique dans le lieu considéré, — ou supérieure à la valeur maxima de la même hauteur barométrique. L'appareil qui va être décrit fonctionne dans le cas de la seconde hypo- thèse, c'est-à-dire quand la pression à conserver constante est supérieure aux plus grandes hauteurs barométriques du lieu où l'on opère; mais on voit immédiatement les petites modifications qu'il faudrait y apporter pour le faire fonctionner dans le premier cas (-). Cet appareil de réglage automatique a pu être réduit à une petite caisse mé- tallique CCCC dont les dimensions extérieures sont o'",32 x o", i 5 x o™, 1 2, non compris les tubes R et P, dont le dernier communique avec la boîte qui enveloppe la pendule. Quant au tube R, il communique avec un réservoir (non représenté sur la figure), renfermant de l'air maintenu à une pression toujours supérieure à celle qui doit régner autour de l'horloge. (■) Tisserand a montré {Comptes rendus, t. CXXII, i'^"' semestre 1896, p. 646) que l'enveloppe de la pendule des caves de l'Observatoire de Paris ne protégeait plus, en 1894. cette pendule contre les variations de la pression extérieure. (') Au point de vue pratique, ce premier cas serait sans doute un peu moins avan- tageux que l'autre, parce qu'il obligerait à donnei- un plus grand volume au réservoir à air dont il va être question. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. ^55 Entre le tube R et la caisse CCCC se trouve une petite chambre F dans laquelle on a logé une valve à pointe i^, guidée par la tige tt et poussée par un léger ressort à boudin, de sorte qu'elle empêche ordinairement l'air du réservoir de passer par le chemin RrF et de pénétrer dans la boîte CCCC. L'organe régulateur est, en principe, un baromètre quelconque; pour réduire le volume de l'ensemble, on a ici employé un anéroïde BE dont on aurait pu supprimer le cylindre enregistreur : la tige T, qui porte la plume, est prolongée par un fil métallique recourbé^. — Pi Des bornes è,, h.,, convenablement isolées de la boîte CCCC, sont en communication avec le fil d'un électro-aimant A, la première par eee, l'autre par fcdd. Lorsque, par suite des pertes d'air, la pression baisse dans la caisse CCCC et dans l'enveloppe de la pendule, l'extrémité libre de la tige T descend, et le fil //vient plonger dans le mercure contenu dans un petit godet M ; le circuit de l'électro-aimant se trouve ainsi fermé par le mercure et il laisse passer le courant d'une pile extérieure ; la palette/), alors attirée, repousse la tige t par l'intermédiaire du levier q, et l'air comprimé du rés-ervoir placé en R pénètre dans la boîte CCCC, jusqu'à ce que la pression primitive y soit rétablie, ce qui coupe le courant. Et ainsi se trouvent constamment réparées les pertes de la boîte CCCC et de l'enveloppe de l'horloge, qui communique librement avec elle. ^56 ACADÉMIE DES SCIENCES. Pratiquement ce système exi^e donc, outre la boîte CCCC qui renferme le régulateur de pression, un réservoir d'air suffisamment comprimé, dont la température, à peu près constante, soit celle de l'horloge ('); on s'assu- rera, de temps à autre, tous les matins par exemple, que l'excès de la pres- sion du réservoir est suffisant pour que l'air qu'il renferme puisse réparer les pertes ordinaires de la journée, et, dans le cas contraire, on élèvera suf- fisamment cette pression à l'aide d'une pompe convenable; alors l'appareil continuera de fonctionner seul et de maintenir la pression voulue, quelles que soient les variations de la hauteur barométrique extérieure. Une porte DD, ménagée dans le haut de la caisse CC, pourra être ouverte par exemple toutes les semaines pour remonter le mouvement du baromètre régleur, si l'on désire obtenir l'inscription de la pression et s'assurer ainsi que l'appareil a toujours bien fonctionné. Pendant cette opération, les robi- nets /•, /■' seront fermés pour que la pression ne change pas sensiblement autour de l'horloge et pour que le réservoir d'air comprimé ne se vide pas. Dans l'appareil qui a été construit, la force du petit électro-aimant A s'est toujours trouvée suffisante pour ouvrir la valve V ; dans le cas où il n'en serait pas ainsi, il serait facile de remplacer l'électro-aimant par un petit moteur électrique produisant le même effet, par exemple en faisant tourner un axe portant une came. PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Influence des rayons ultra-violets sur la végétation des plantes vertes. Note de MM. L. Maque.we et De.iioussv. Après que M. Prillieux, en 1869, eut constaté que les lumières artifi- cielles excitent la fonction chlorophyllienne au même titre, sauf l'intensité, que le rayonnement solaire, un grand nombre de personnes se sont préoc- cupées des avantages que pourraient avoir, au point de vue cultural ou simplement physiologique, le remplacement, le renforcement ou la conti- nuation de l'éclairement naturel des plantes vertes par la lumière élec- trique, la plus puissante des sources artificielles dont nous pouvons disposer. (') Les variations de l'état hygrométrique, en changeant la densité de l'air, ont aussi leur influence sur la marche de l'horloge; mais il est évident qu'on n'aura pas de peine à les maintenir dans les limites où leur action est négligeable. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 767 La lumière électrique est du reste celle qui se rapproche le plus, par sa composition spectrale, de la lumière du jour : elle n'en diffère guère que par l'étendue plus grande de la partie ultra-violette de son spectre, qui n'a pas été atténuée, comme dans le cas du Soleil, par son passage à travers une énorme épaisseur de gaz. Les résultats obtenus dans cette voie ont été singulièrement contradic- toires ; cependant il en est résulté une notion nouvelle et absolument capitale, la nocivité des rayons invisibles de très faible longueur d'onde. Après quelques essais qu'il considère comme favorables, Siemens, en 1880 et 1881, propose, pour forcer la végétation, d'éclairer les serres pendant la nuit à la lumière électrique. Dehérain, en i88i, à l'exposition d'électricité ouverte au Palais de l'Industrie, constate, ainsi d'ailleurs que Siemens l'avait aussi reconnu, que les plantes exposées à la lumière directe de l'arc périclitent et noircissent assez vite ; l'interposition d'un globe en verre transparent atténue dans une large mesure cet effet fâcheux, ce qui porte à croire qu'il est surtout attribuable aux rayons ultra-violets (' )- Ainsi privé de sa partie la plus réfrangible, l'éclairage électrique continu apparaît plutôt avantageux que défavorable, car notre savant confrère, M. G. Bonnier, a pu, en 1892, au pavillon d'électricité des Halles, obtenir ainsi de bonnes cultures, particulièrement riches en chlorophylle, qui, chez certaines espèces, se développe alors jusque dans les couches pro- fondes de la moelle (- ). D'un autre côté, Bailey a vu les épinards, la laitue et le cresson monter en graine, sous l'influence de la lumière électrique directe, avant d'avoir produit une seule feuille mangeable ; les pois, dans les mêmes conditions, ne donnent qu'un faible rendement; enfin Sachs et de Candolle assurent que les rayons ultra-violets favorisent la production des fleurs, à ce point que la capucine cesse de fleurir derrière un écran de sulfate de quinine ("). De l'ensemble de ces indications il résulte nettement qu'un excès de rayons chimiques est nuisible à l'accroissement des plantes, et la plupart des physiologistes admettent aujourd'hui que leur principal effet, inverse de celui qui résulte de la lumière proprement dite, est de détruire le pigment chlorophyllien, nécessaire à l'assimilation. Cet eflet se produirait (') Annales agronomiques^ t. \'II, p. 55 1. (') Revue générale de Botanique^ l. VII, p. 241. (') Annales agronomiques, I. XX, p. 106. ySS ACADÉMIE DES SCIENCES. sur place et serait, comme la fonction chlorophyllienne elle-même, concomi- tant avec la cause qui la détermine. Nous avons cru intéressant de reprendre l'étude de celte question d'une manière plus directe qu'on ne l'a fait jusqu'ici, en soumettant les plantes à l'action d'un rayonnement plus riche encore en rayons ultra-violets que celui de l'arc. L'emploi delà lampe à vapeur de mercure était tout indiqué; nous nous sommes servis du modèle ordinaire en quartz d'Heraeus, qui fonctionne sous iio volts, consomme 3 ampères et donne un éclairement d'environ 3oo bougies. La quantité de chaleur émise est assez faible pour que l'on puisse, dans la plupart des cas, rapprocher les plantes de la source, sans en exagérer outre mesure la transpiration, jusqu'à i5'™ou 20*=", distance à laquelle parviennent encore une grande partie des rayons facile- ment absorbables par l'air. Dans ces circonstances on peut prolonger l'insolation pendant plusieurs heures sans modifier l'état de turgescence des tissus chlorophylliens, au moins quand il s'agit de feuilles un tant soit peu rigides; les fleurs, au contraire, se fanent peu à peu, avec tendance à la décoloration. Pour les espèces sensibles, comme le troène ou le chrysanthème, on observe un changement progressif de la coloration des feuilles qui finissent, après 3 ou 4 heures, par devenir brun foncé. L'altération est d'ailleurs bien due aux rayons ultra-violets les plus réfrangibles, car elle cesse de se produire derrière une simple glace de 2™™ d'épaisseur. Une seconde feuille constitue également un écran protecteur d'une grande efficacité; les ombres se dessinent alors sur l'épiderme aussi nette- ment que sur un papier photographique. On réalise ainsi, avec une vitesse infiniment plus grande, une reproduc- tion exacte de tous les phénomènes observés autrefois par notre regretté maître Dehérain, mais voici quelques faits nouveaux qui sont de nature îi modifier complètement l'interprétation qu'on en donne. I. S» l'on conserve linéique Lenips un rameau qui a commencé à brunir sous l'in- Uuencedela laijipe à mercure, on voil le noircissement s'accentuer de plus en plus pendant plubieurs jours : l'effet commencé se poursuit après que sa cause a cessé d'agir. " Ij-peut même se manifester avec le temps, alors qu'il n'était pas perceptible à la fin de l'insolation, et c'est ce que l'on observe de la façon la plus nette avec les feuilles de lierre ou de figuier. Après 2 heures d'exposilion à ac" ou 25'^™ de la lampe, il ne s'est encore produit aucune altération visible du parenchyme, sauf peut-être une plus grande matité de l'épiderme; la chlorophylle est restée intacte et il e^t difficile SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 769 de distinguer les endroits qui ont été éclairés de ceux qui sont restés dans l'ombie. Au bout de 24 heures de conservation à la lumière du jour, cette distinction s'indique sur la feuille de figuier, au bout de 48 heures seulement sur la feuille de lierre; après 3 jours, l'efTet atteint son maximum d'intensité et devient aussi manifeste que si l'insolation avait été au préalable prolongée pendant 5 ou 6 heures. Dans le cas du figuier, le contraste est particulièrement fr.ipj)aiit : les parties insolées sont devenues tout à fait noires, tandis que les autres sont restées d'un beau verl, identique à celui des feuilles fraîches. En général, si l'éclairement n'a pas été trop violent, l'altération n'est que super- ficielle; la feuille reste alors turgescente, ce qui prouve que l'irrigation continue à s'y efTecluer normalement. Il s'agit donc ici d'un phénomène qui n'a besoin que d'être amorcé pour se pour- suivre ensuite de lui-même, et, comme son résultat final est la rupture complète des équilibres nécessaires à l'intégrité de la chlorophylle et par conséquent à l'accomplisse- ment de la fonction d'asslmilntion, il est naturel de penser que sa cause première est une dégénérescence du pioloplasma, frappé à l'intérieur de la cellule par le rayonne- ment nocif. L'expérience, comme ou va le voir, justifie complètement celte hypothèse. II. Après un quart d'heure seulement d'exposition au rayonneuienl de lu lampe à mercure, les cellules colorées de Tradescantia ou de dahlia rouge cessent de réagir vis-à-vis des solutions salines qui, dans les conditions ordinaires, en provoquent rapi- dement la plasmolyse ; le sac protoplasmique a perdu ses propriétés semi-perméables, et, en effet, le suc cellulaire ne tarde pas à se dépouiller de sa matière colorante, par dilTusion dans l'eau où baigne ta préparation. La cellule a été tuée, et l'on conçoit aisément que l'arrêt de l'iusolaliou ne modifie plus alors les conséquences qui résul- tent fatalement de cet état : la chlorophylle, en particulier, dégénère non pas parce qu'elle a été insolée, mais bien parce qu'elle se trouve dans un milieu devenu inerte, où elle ne peut plus se former et où rien ne s'oppose plus à sa décomposition spon- tanée. C'est là un point essentiel et, croyons-nous, nouveau, qui nous paraît ressortir avec évidence des observations ([ui précèdent. En résumé, nos recherches établissent que : 1° Les rayons ultra-violets déterminent la mort des cellules végétales dans un espace de temps relativement très court et comparable à celui qu'exige la stérilisation d'un liquide contaminé. Leur action est surtout de surface parce qu'ils sont peu pénétrants. 1° Le noircissement des feuilles, et plus généralement les changements de pigmentation qui s'observent sur les plantes exposées à la lumière directe de l'arc, sont exclusivement dus à la prédominance dans cette lumière de^ rayons ultra-violets. Ils sont la conséquence de la mort du protoplasme et non, comme on le croyait jusqu'ici, l'effet immédiat de l'insolation élec- trique. 760 ACADEMIE DES SCIENCES. On s'explique ainsi les effets tardifs dont nous avons parlé ci-dessus, et il n'est pas inutile de mettre en relief à ce propos l'analogie que présen- tent ces phénomènes avec ceux que l'on observe sur les organes animaux, épidémie, membranes de l'œil, etc., qui ont été soumis aux mêmes in- fluences. Si enfin l'on rapproche de ces observations l'action déjà connue qu'exer- cent les rayons ultra-violets sur les solutions diaslasiques, les cultures microbiennes et même les champignons inférieurs ('), on ne pourra s'em- pêcher de reconnaître que cette source d'énergie représente l'une des plus puissantes causes de destruction de la vie cellulaire. Faut-il y voir une intervention directe du mouvement vibratoire qui les caractérise, semblable à celle des rayons orangés dans l'acte de l'assimila- tion, ou bien l'action secondaire de corps antiseptiques, tels que l'eau oxygénée, produits sous leur influence? C'est ce qu'il est encore impossible de préciser actuellement. MICROBIOLOGIE. — Sur la précipilation des tubercuUnes par le sérum d 'animaux immunisés contre la tuberculose. Note de MM . A . Calmette et L. Massol. Dans une précédente Note en collaboration avec C. Guérin l'un de nous a décrit une méthode d'immunisation des bovidés contre la tuberculose au moyen d'injections intraveineuses de bacilles bovins cultivés sur bile de bœuf glycérinée (^). Cette méthode a permis d'obtenir un sérum doué d'un pouvoir agglutinant extraordinairement actif. Ce même sérum, étudié par nous, s'est montré apte, dans les conditions ci-après décrites, à précipiter les solutions de diverses tuberculines. C'est la première fois, croyons-nous, qu'une telle propriété a pu être observée. i« de tuberculine précipitée par l'alcool est dissous dans 30'"'' d'eau salée yjhysiologique. Lorsque la dissolution est complète et parfaitement limpide, on ajoute 20"™' du sérum dont il s'agit. Le mélange devient louche et, après I heure de contact, on voit apparaître un précipité. Après 24 heures de (') Lal'rk.nt Raybaud, Comptes rendus, t. CXLIX, p. 634. (^) Comptes rendus^ 2 novembre 1909. SÉANCE DU S NOVEMBRE I909. 761 séjour à la olacière, on centrifuge pour séparer le liquide qui se décante facilement. Le précipité, insoluble dans Feau pure ou physiologique, solubie dans Teau légèrement acidulée par HCl, est lavé jusqu'à ce qu'il soit devenu incolore. Trois ou quatre lavages suffisent. Après dessiccation, on obtient o^,o53 de précipité (5,3 pour 100 de la tuberculine initiale) dont la richesse en azote est de I;^,6.| pour loo, alors que celle de la tuberculine mise en œuvre était seulement de 9,93 pour 100. La substance précipitée est donc beaucoup plus riche en azote que la tuberculine initiale. Le sérum que nous avons étudié possède la même propriété précipitante vis-à-vis de toutes les tuberculines bovines précipitées par Talcool et vis- à-vis des extraits aqueux préparés par macération des bacilles préalablement lavés. Il précipite également les tuberculines préparées avec des niilieuv de culture exclusivement minéraux, dans lesquels l'azote est présenté sous forme à'asparagine, ou de succinimide, ou de peplone. Le sérum ne préci- pite d'ailleurs pas ces dernières substances. La réaction de précipitation se manifeste avec la même netteté lorsqu'on met le sérum en présence de tuberculines préparées avec deé cultures de bacilles d'origine Aw;?f/w^' ou cmairc. Elle se produit aussi, mais beaucoup plus faible, avec les cultures de bacilles pisciaires et avec les cultures de Thiinothèe-baciile. (^phléole). L'action précipitante do notre sérum n'est pas liée à la présence tWitili- gène tuberculeux , car plusieurs des tulierculines expérimentées par nous sont inaptes à fixer les anticorps (sensibilisatrices) contenus dans les sérums d'hoHimes ou d'animaux tuberculeux. Notre sérum précipitant ne contient pas lui-même d'anticorps décelables par la susdite réaction de fixation ( Bordet-Gengou) en présence de tuber- culines riches en antigène. La substance précipitée dans les mélanges tuberculine -+- sérum, et égale- ment le sérum surnageant décanté après centrifugation, donnent des réac- tions tuberculiniques locales positives (ophtalmo-diagnostic et cuti-réaction) et aussi des réactions générales fébriles chez les malades tuberculeux. Inoculés par voie inlracérébrah^ dans le cerveau des cobay(.'s lubcrculeux, les mélanges de tuberculine et de sérum précipitant, même avec un fort excès de ce dernier, produisent les mêmes elléts mortels que les mêmes doses de tuberculine seule. Le sérum injecté isolément se montre inoilénsif par voie iiUracérébrale. La substance précipitante du séiuni n'est d 762 ACADÉMIE DES SCIENCES. Va puisque notre sérum précipitant et extrêmement agglutinant ne renferme pas d'anticorps capables de (ixer l'alexine, il paraît évident rpie, contraire- ment à ropiiiionde beaucoup d'auteurs (Moresrbi, (lay, PfeilTer, l lilenbut, Browning-, Sachs, etc.), la fixation de celte alexine dans la réaction de Bordet-Gengou n'est, au moins en ce ipii concerne la tuberculose, aucune- ment due à la formation d'un précipité qui l'entraînerait. M. BouDiER fait hommage à l'Académie de la livraison 26, série VI, de SCS Icônes mycnlogicœ. PLIS CACHETES. M. E. DoYEX demande l'ouverture de deux plis cachetés, reçus respec- tiv(3ment dans les séances du i"' mars et du l'i avril 1909 et inscrits sous les numéros 74j2 et 7470. (les deux plis sont ouverts eu séance par M. le Président. Le |)rcmifr contient une \ote intitulée : Examen des cellules amihoides du sang de l' homme el des animaux supérieurs. Le second coni ient lUie Note intituh'i' : Contribution ii la biologie des cellules du sdug. (Renvoi à l'examen de MM. Bouchard et Lavcrau.) CORRESPONDAIVCE . M. le SECKKTAiîiK PERPÉTUEL Signale, parmi les [)iècrs iuqirimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : I" Diverses publications ra[)porlées par M. G. Dviuioux de son voyage en Améri) , . —6, I 3.... Berlin A, 1670 5.08.11,94 -i-2,83 73.16.44,8 ^6,2 764 ACADÉMIE DES SCIENCES. Positions apparentes de Ut comète. Ascension droite Log. fact. Dislance polaire I>og. fact. Éluiles. apparente. parallaxe. apparente. parallaxe. Il m s 1^ . , - Nov. .5 à. 44. 7,4i f^iS,, 73. 9.15,4 0.709" » f) .5.42. 5,94 T,3i2„ 73.10. 0,3 0,692,, » 7 5.39.59,16 T,i2o„ 73.10.42,5 o,677„ Remarques. — La comète est à l'evlrèine limite de la visibilité; on distingue néan- moins un petit noyau de i4'' grandeur environ entouré d'une nébulosité de 5" à 6" tout au plus d'étendue. ASTRONOMIE. — La masse de la Lune déduite des observations photogra- phiques de la planète Eros, faites dans les années 1900 et 1901. Note de M. Arthus R. Hinks, présentée par M. B. Baillaud. Une détermination nouvelle de la masse de la Lune devait naturellement suivre une longue série d'observations d'une planète pour la détermination de la parallaxe solaire. Les observations de la planète Eros, faites dans de nombreux observa- toires pendant les mois d'octobre 1900 jusqu'à mars 1901, ont été déjà dis- cutées par moi pour ia parallaxe (Comptes rendus, 19 avril 1909). Dans ces derniers mois, j"ai discuté de nouveau ces matériaux pour en déduire des corrections à l'équation lunaire dans le mouvement de la Terre, et à la vaieur de la masse de la Lune adoptée dans son calcul. J'ai l'honneur de présenter les premiers résultats à l'Académie des Sciences. Pour la parallaxe, toutes les observations sont réduites au système nor- mal des étoiles de comparaison que j'ai construit d'après l'ensemble des observations de ces étoiles publiées par les divers observatoires. Ce sys- tème est fondé sur le Catalogue des étoiles de repère construit par Lœwy. Mais on doit admettre qu'il est bien possible que ce système soit affecté par de légères erreurs semi-systématiques dues à la variation de la grandeur moyenne des étoiles fondamentales dans les parties diverses du cours de la planète. C'est pourquoi je me suis également servi dans cette discussion du système fondamental de M. Cohn, construit par l'emploi du micromètre de passage Repsold, qui doit être à peu près libre de l'équation de grandeur - Grâce à la bienveillance de M. liaiiiaud, une nouvelle éphéméride de la SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. j65 planète a été calculée à l'Observatoire de Paris, par M. Lagarde, expressé- ment pour cet objet. On a jugé que l'éphéméride calculée au moyen des Tables of the Sun de Newcomb ne pouvait pas avoir l'exactitude exigée dans la recberche très délicate de la niasse de la Lune. M. Lagarde a calculé de nouveau l'éphéméride de la Terre par la méthode des pertur- bations spéciales. Les améliorations que produisent cette méthode ne sont pas très grandes, mais elles ont néanmoins une influence assez considérable sur la détermination. Qu'il me soit permis d'exprimer à M. Baillaud et à M. Lagarde mes remerciments les plus sincères pour les soins qu'ils ont consacrés à cette question. Dans la détermination de l'erreur tabulaire on éprouve une difficulté particulière. Il n'est pas possible d'exprimer cette erreur en termes fonc- tions du temps. Je me trouvais donc forcé d'employer une méthode pratique pour cette détermination. J'ai construit une série des différences normales C — O pour les époques où l'équation lunaire est nulle, et j'ai relié ces points par une courbe continue. Cette opération, l'épétée plusieurs fois avec toute précaution, et par des méthodes diverses, m'a donné l'erreur tabulaire dont je me suis servi pour la formation des équations de condition. Soient a l'équation lunaire calculée ; a(n- u.) l'équation lunaire vraie. Alors chaque comparaison entre l'éphéméride et l'observation peut fournir une équation de condition : (ioo,u.)rt := (erreur tabulaire -t- O — Cl x io~', OÙ a est exprimé en dixièmes de seconde de temps. A cet effet, les observations de chaque jour sont réunies dans une seule moyenne, et chaque jour donne une telle équation. Les quantités a sont fournies par l'éphéméride antérieure calculée à l'Observatoire de Paris. Des observations photographiques j'ai tiré huit solutions qui donnent les résultats suivants : I I00fJl = -|-0,l42±0,l05 m -!- o , 004 ± o , 1 1 6 IV H-o, o65 ±0,121 V -I- o , 1 29 ± o , 07 1 \'I + 0.081 ± o, 102 Vil -+- 0,071 ± 0,077 NUI -l-o,07i±o, oSg IX + 0,092 ± 0,043 ■j66 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les soliilluns I, III, l\, ^ I, Mil sont fondées sur le système normal de Cambridge; les solutions ^ , A II, IX, sur le système Cohn. Je dois réserver pour un Mémoire détaillé l'explication des particularités de ces liuit solutions. Elles proviennent toutes, à peu près, des mêmes maté- riaux, et il n'est pas possible de les combiner comme indépendaules. Dos moyennes convenablement pondérées donnent pour résultat lOOfx ^ H- o.o8.'J à peu près. Nous pouvons adopter 1 00 ;;i = + o , 08.') ± o , oôo comme résultat définitif de notre discussion. Soient : II la parallaxe solaire adoptée dans les calculs de l'équation lunaire tabulaire (8", 790); _ At: la correction à cette valeur; E la valeur adoptée dans les calculs pour le rapport de la masse de la Terre à la masse de la Lune (8 1 , 45 ) ; AE la correction qu'exige E. JNous avons 7T-+-Ar i: , ËTAÊTT^irr:"^^'' d'où Ali— g, 3- In— 83,45fji. D'après nos résultats définitifs pour la parallaxe solaire, Atl — H- o", 01(3. Alors AE =+ (.,.,80, E =: 81 ,o:i i (),0'i.9, où nous avons inclus dans l'erreur probable l'influence de l'incertitude de notre correction à la parallaxe solaire. Et des relations bien connues entre la masse de la Lune, la constante de la nutation et la constante d'ellipticité de la Terre, nous tirons C-A , — p — ^- 0,000278. constante de la nutation t^ y", ai 3. SÉAITCE DU H NOVEMBRE 1909. 767 ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Module d'une série de Taylor. Note de M. Eugène Fabry. Pour les valeurs .r ^ sf"", de module p, inl'érieui' au rayon de conver- jj'ence, le maxinuini du module de la fonction f{x) = 2. ^>i^" ''^' ''ii moins égal au module d'un ternie quelconque a„ p" (Ca.uchy, OEuvres, i"' série, t. YllI, p. 288 j. Ce théorème peut être généralisé en considérant des i^ommes de termes successifs. Formons la somme a— 1 * ' / VTl/ VTC' VTT/^ vit/ / VIT/ >\i-t-e -l-f '^-t-...H-t' ^ } e ' f \.r e / 0 'il/ 2 I « ■ /H — il — ^ :> I /( — w - ^) -t- I I — — -h « "^ -i- . . . -h <■' "^ , ïi — a V = 0 ces /; sommes sont nulles, sauf si n — m a lune des valeurs h -+- ku., où /• est entier, h^o, i, ..., /> - i. Si [x^m-{-p, le second membre se réduit à « /'- 1 ,.>>,, , , ,.IIH-/l +/.IJ. /-'■ , ^^ <-'in + li+l,\l.'^ ' • ^ = 0 // — 0 Dans le premier membre, f {x) est multiplié par y^ ; le coefficient de J \x(' ^ J a. pour module la valeur absolue de ,,vic/ , ■tr.i , vt:/ sm „,_,, ,,,_,, __ ,,_,, e "^ -»- e • -H- . . . -f- '' *^ = ■ — ' . vt: sin — P'j- qui a le signe de sin Prenons a = À^, A étant entier, et v = aX -1- [3, où i3 = o, 1 , . . , , ). — I ; X =10, \ i> — I ; V = o, I 1 1> — 1 . sin ^— ^ ^ sin {oi.-\-^\r. aie signe de ( — 1 )'■'■. F- La somme des modules des u. coefficients de /", dans le premier meinlMe, 768 ACADÉMIE DES SCIENCES, est p-l >.-l ;»-! ^- > e^"' > (' ' '/■ a = o îïl = o r/ = ii ;'-' -11 + 271— ''"' _ , : :;r " 7 col ^TT.COt' ^ '- : 7 = li 1 — p /' I — e '■ /' (/ = Il , • /^ — I — 2 ^ , /'-'sini -T. 1 '■-' 2 n 2''' . x^ ^/ = o SIM r. „ = ,isiri 2JJ 2/- 2 r'' rf. < / s 111 2/7 ' sin ■ — / \ siii — / 2/V 2/? / <2>,/-^ + 5Lf\<2V(,-HiL/.), \ *'" 2/- / siyD>2. Soit M le maximum du module de f(cce'^'') lorsque co varie. Si /. augmcnle indéfiniment, la première relation donne I CI,,, x'« -+- a„,+, ^"'+' + . . . H- r? „,+„_, ,r"' ^''- ' | < 2 M ( i + ^^' Tjn calcul analogue conduit également à la formule plus générale 1 a,„.i-"' + a„,^,,x'"*'i -h a„,+„,.r"'^'-'/ + . . . + a,„+,„_,^,,x"'^U'-^)i | < 2M (i ^ ^' ) ANALYSE MATHÉMATIjQUii:. — Sur les groupes de ralionalitè des systèmes d'équations différentielles ordinaires. ÎVote de M. E. Vessiot, présentée par M. Emile Picard. I. Soit donné, dans un domaine de rationalité déterminé, le système I SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 769 Intégrer ce système équivaut à trouver les équations de définition (') du groupe (P) engendré par la transformation infinitésimale n , (2) lS5f=-£^+^Pi{x,Xu...,X^)—- j = l L'ensemble de toutes les transformations de la forme (3) j; = ^-t- const., j-,=/,(x, ari, . . ., jr„) (« = i, 2, . . . , «), qui laissent w/ invariante, forme un groupe rationnel (G), dont (P) est un sous-groupe. Nous désignerons par {g) tout sous-groupe rationnel de (G), contenant (P); et nous appellerons groupe caractéristique du système (i) le groupe (y) commun à tous les groupes {g)- Ce groupe caractéristique peut jouer le rôle de groupe de rationalité du système (i), en ce sens que c'est de la structure de ce groupe que dépend la nature des opérations à effectuer pour intégrer ce système. Les remarques suivantes montreront comment la notion de ce groupe, qui est intuitive, conduit, très facilement, à celle des groupes de rationalité introduits par M. Drach. L'emploi direct de ce groupe caractéristique est, du reste, plus pratique dans beaucoup d'applications. 2. Les équations de définition d'un groupe {g) se composent des équa- tions dx' dx' (4) ^='' 'dx~^' '^^'i=Pi{x\^\^ ■■•^x'n.) ('■=', 2, ••-. 'Oi et d'un système (E), où figurent seulement, en plus des variables, des déri- vées des x\ par rapport aux Xi. Associons au système (E) les équations (5) nj^'',= o (t := I, 2, . . ., «), et considérons x' comme une constante donnée : le système rationnel (6) ainsi formé est automorphe; ses solutions se déduisent de l'une quelconque d'entre elles en effectuant, soit sur les x\ , soit sur les a:,-, les transformations du plus grand sous-groupe (^) de (^) laissant invariante la variable x\ et une de ces solutions est la solution principale de xsf ^= o, qui correspond à x^=x'. (') Nous entendons par équations de définition d'un groupe ce que S. Lie appelait les « équations de définition de ses transformations finies ». El nous disons, pour abréger, que le groupe est rationnel quand ses équations de définition sont ration- nelles. C. R., 1909, 2- Se/nei^/e. (T. 149, N° 19.) . lo4 7^0 . ACADÉMIE. DES SCIENCES. . ;3(. ' Pésign,ons par (5) tout système difTérentiel rationnel, aux variables indépendantes ^c, a^,, . . ., ir^^, et aux fonctions inconnues x\, . . ., x',^, conte- nant les équations (5). A un tel système correspond un groupe (g), formé de toutes les transformations de (G) qui, effectuées sur x, x,, ..., ^„, laissent (s) invariant; et ce groupe (g) fournit, comme on l'a vu, un système automorplie rationnel (a-). Or, il existe des changements de variables dont chacun, effectué dans (ct) sur a;',, ...,x[^, fournit un système automorphe (o-') dont toutes les solutions appartiennent à (s). Donc l'ordre différentiel de (*) est au^moins égal à Tordre différentiel du système (a) correspondant. Dès lors, si (s) est d'ordre différentiel minimum, cet ordre est égal à celui du système (a) correspondant ; et (5) se confond avec chacun des systèmes (a') correspondants. De plus, le système (a) est, lui aussi, d'ordre différen- tiel minimum ; et le groupe {g) qui correspond à (s) est le groupe caracté- ristique (y). Donc louC système (s) d'ordre minimum est automorphe, elle groupe corres- pondant est semblable du plus grand sous-groupe du groupe caractéristique laissant la variable x invariante. ANALYSE ALGÉBRIQUE. — Sur une identité dans la théorie des formes binaires quadratiques. Note de M. Demetrius Gravé, présentée par M. Emile Picard. 1. Prenons arbitrairement deux formes quadratiques -..:•■- . ■ (A, B,C), (21, 3, €) et désignons par (a, b, c), («1, bu f,) les transformées de la forme (A, B, C) par les substitutions à déterminants aô — y|3 = e, a,ô, — (3, y,= e, et par (0, b, t), (n,, b,, c,) les. transformées de la forme (3i, 0, C) par les substitutions « V\ /«■ yi P 0;' Vp- â, SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 7'Jf En outre, introduisons encore les notations • " "•" ' '"" '" ' a'= A «a. H- B(ay, H-ya,) H-Cyy,, 2è'=A(ap,+ (33t,) + B(aâ,-Hâ«,+ {3y,-+-y^,)-rC(yâ, + ôy,,).,.. c'= A(3(5, + B(pô,H-a|3,) +Câô, et les suivantes : 0'= aaa, -4- Î5(a,(3-t-|3,a) ^«^PPi, 2 b'= a( «y, H- ya, )+ i3( ocô, + ôoti + [3y, + y(3, ) + «( pôi + ô^, ), f'= ayy, + S(yâ,+ <5yi) +<&dd^. En premier lieu on aura Q zr^fl +2Î36 +€c =Aa -f-aBb +Cr, £2' = aa'+2iî6' + Cc' = Ao' + 2Bb'-hCf', £2,= 3a, 4- aBft, + €c, = Aa, + 2Bb,-f- Cf', . L'identité que nous voulons signaler est la suivante : (1) £2'i2'— i2i2,= D1ll2H-SIN*— DOA où D = B-— AC, D=i3^— vie, , N = A(a(3,-Pa,) + B(;3,y + «ô, — a,â-py,)+C(yô, — y.â), tu - a(ay, - ya, ) -H Î5(ad, + (3y, - y(3, — a,ô) H- €((30,— â(3, ), A = (^lô 4- aô, — (3y,— [3,y)^— 4ee, = Ao+ 2ee,. 2. Si l'on remarque que 1\J2 — DAo=rtc, — 26i, + a,c, îl^— DA„= or, — 2bb, H- a, f, on peut donner à l'identité (i) encore la forme suivante : i2'i2' — i2i2, = D(nr,- 2bb, + a,c) + 0(«c,— 2 6/^, — a,c) + D5)(2A(,— A). 3. A l'aide de l'identité (i) on peut aisément obtenir tous les détails de l'analyse de Gauss, que ce grand géomètre donne dans les para- graphes 162-166 de ses Disquisitiones arilhmeticœ. En effet, si l'on fait ai = «, b^::=b, Cf=:iC, on aura 772 ACADÉMIE DES SCIENCES. 4. Le cas e = e, . — On obtient aisément que dans ce cas on a N^— DA = o, et nous sommes parvenus à l'équation de Pell 5. Le cas e ^ — e, . — On obtient dans ce cas les détails de l'analyse par laquelle Gauss démontre l'existence de la forme anceps. En effet, dans ce cas, on a deux relations (2) «ô, + ôati — (3y, — y;3, = o, N = o. Si l'on pose «âi— (3y,= /.-, j3a, — aPi=/, y^^ — èy^ — p, «,5 — (3iy = A:,. On peut écrire les relations (2) de la manière suivante : (3) k + ki = o, — A/+2BA--t-G/? = o. Comme l'expression — A/ + 2BA--f-C/7 est un invariant simultané de deux formes (4) (A, B, G), (^, -A-, -/), on peut donc prendre la substitution de Gauss (§ 164) /m u Ç\ qui transforme les formes (4) en les suivantes : (A', B', C), {p<,-k\-l') satisfaisant à la relation — A7'-+-2B'A' + C'/)'=o. Pour obtenir la forme (A', B', C) anceps 2B'=o (modA'), il ne reste qu'à poser (5) p':=:piTi^ — 'îkmn~ln-=:ro et à faire /' divisible par k' . Les deux racines de l'équation (5) par rapport à — donnent deux formes anceps différentes. Une de ces formes est celle de Gauss (§ 164). SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 778 PHYSIQUE. — Pendule composé de construction très simple dont on connaît immédiatement la longueur du pendule synchrone. — Nouvelle méthode pour déterminer g . Note de M. II. Pëi.i,at, transmise par M. Wolf. Quoique les propriétés d'un pendule bifilaire aient probablement déjà été indiquées ('), il ne semble pas qu'on ait attaché une importance suffi- sante à leur remarquable simplicité, ni qu'on les ait utilisées pour la déter- mination de l'intensité de la pesanteur. C'est ce qui m'engage à appeler l'attention sur elles, et à indiquer une méthode nouvelle, susceptible de précision, pour déterminer^. Considérons un corps C de forme et de dimension quelconque, soutenu par deux fils souples de même longueur AiA^, BjB^, et disposés de telle façon que, dans la position d'équilibre, ils soient parallèles et, par consé- quent, verticaux. Le plan vertical P déterminé par les deux fils contient alors le centre de gravité de G. Si l'on écarte le corps de cette position, de façon à laisser le centre de gravité dans le plan P, puis qu'on l'abandonne sans vitesse, le mouvement oscillatoire du corps C sera un mouvement de translation^ tous les points du corps décrivant des arcs de cercle égaux dans des plans parallèles à P. Il en résulte que l'oscillation de chacun de ces points se fera comme l'oscillation du point pesant d'un pendule simple ayant pour longueur la longueur même de chacun des fils de suspension : la longueur des fils est la longueur du pendule synchrone. En effet, supposons d'abord la masse des deux fils négligeable, leur sou- plesse parfaite, et l'oscillation se faisant dans le vide. Soient M la masse de G, / la longueur des fils, a l'angle d'écart et P l'angle au temps t. L'espace par- couru est pour chaque point /(a — ^), et la vitesse — ^"T 5 le théorème des forces vives donne immédiatement (i) M/'^-^j =2M^/(cosj3 — cosa) {') Dans l'Ouvrage si intéressant de M. Wolf sur le pendule, se trouve une biblio- graphie très complète sur cette question. En la consultant, j'ai noté cinq Mémoires, l'un de Daniel Bernouilll de 1774, le second de Nicolas Fuss de 1785, le troisième de Bowdilcli de 181 5, le quatrième de Luxemberg de i883, et le cinquième de Hoppde iS84, qui, d'après les titres, doivent probablement parler de la propriété des pendules bifi- laires indiquée ci-dessus. 774 ACADÉMIE DES SCIENCES. OU (2) ('^y^2^(C0S|3-C0S«), équation identique à celle d'un pendule simple de longueur /, et qui donne pour durée d'oscillation l'expression bien connue. Dans la pratique, il conviendra de remplacer les fils de suspension par des rubans métalliques extrêmement minces, dont la largeur sera, bien entendu, perpendiculaire au plan de flexion, et qui, pour une même force portante, auront une souplesse plus grande; en outre ils empêcheront l'os- cillation conique. Voyons maintenant comment on peut tenir compte, et éliminer par deux expériences toutes les causes perturbatrices négligées dans le calcul théo- rique. Les rubans métalliques de suspension interviennent par leur force vive, qui, en appelant m la masse nft rhacun a eux, est —5— I -j- 1 pour chacun, par le moment de leur poids nig- sinj3 pour chacun, et enfin par leur élasticité, qui ajoute un terme de la forme cp[3 ou cp sin(3, vu la petitesse de p, en désignant par cp une constante, au mo- ment des forces de pesanteur. L'air ambiant intervient par son effet hydrostatique, qui diminue du poids p de l'air déplacé le poids de C, et par son eff'et hydrodynamique, qui, comme on le sait, se traduit par une augmentation m' de la masse entraînée; m' est une constante pour un pendule de même forme extérieure oscillant dans le même air avec la même amplitude, ou à peu près, quelle que soit la masse du pendule. En tenant compte de ces termes correctifs, le théorème des forces vives donne (3) flW + |w + m'j/M ^ j =2[(M^— jo)^ + m^/-H9](cos(3 — cosa), ce qui fournit, vu la petitesse des termes correctifs, la relation (4) (^)'=2-— L(cos(3-cos«), en posant (5) ^=..___^^-_^. Cette quantité p. est une constante pour des pendules de même forme extérieure oscil- lant dans le même air, avec sensiblement la même longueur pour les rubans de suspen- sion identiques, et la même amplitude. La durée d'oscillation de ce pendule ne diffère donc de celle d'un pendule simple de longueur / qu'en ce que la longueur est muiti- SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. ']']5 pliée par le facteur i -(- |^; on a donc pour sa durée T d'oscillation (6) T=27:\/ _^ iîZ(n-A), en désignant par A la série bien connue en sin-- Supposons maintenant que le corps C contienne une cavité, que celle-ci soit pleine de mercure dans une première dé.lermiriatlon de la durée d'oscilhition (Ti), corres- pondant à une masse M, du corps C et à une longueur li des rubans, puis [qu'on fasse une seconde détermination de la durée d'oscillation (Tj) après avoir vidé de rhercure la cavité, de façon que la masse de G soit devenue Mj, la longueur des rubans ayant une longueur l^ presque égale à /, et avec à peu près les mêmes amplitudes pour que y. et A aient les mêmes valeurs. En appliquant la relation (6) à chacune de ces déter- minations, on obtient, par une division membre à membre des deux égalités, Mj ce qui fait connaître le terme correctif ;/. Ce terme, porté dans la relation (6), permet de déduire g d'une des deux déterminations précédentes. Le corps C pourrait être formé d'un anneau métallique horizontal, portant les pinces- étaux destinées à serrer les rubans aux extrémités d'un même diamètre; sur cet anneau serait mastiquée une boule de verre possédant deux robinets suivant un même diamètre vertical. Il conviendrait de faire les rubans en métal invar. Sous cette forme, la méthode parait susceptible de précision, est plus simple que celle du pendule réversible à couteaux interchangeables, et ne nécessite qu'un appareil bien moins coûteux. ÉLECTRICITÉ. — Phosphorescence et oxydation de l'arsenic. Note de M. L. Blocu, présentée par M. Bouty. La phosphorescence de l'arsenic aux environs de 200° a été signalée par Joubert ('). Nous en avons entrepris l'élude afin de comparer ce cas de phosphorescence à celui du soufre (-) et à celui du phosphore ('). (') Cf. JoLBERT, Ann. Ecole Norm., 1874. (') Voir L. Bloch, Comptes rendus, 1909. C) Voir L. et E. Bloch, Comptes rendus, 1908. nnS ACADÉMIE DES SCIENCES. I. La phosphorescence de l'arsenic est accompagnée de formation d'anhydride arsénieux. Ce corps se dépose en quantité visible dans le voi- sinage de la phosphorescence. Comme dans les cas du soufre et du phos- phore, la phosphorescence est donc corrélative d'une oxydation. II. L'oxydation du phosphore et celle du soufre produisent des quan- tités notables d'ozone. Dans le cas de l'arsenic, ni la phosphorescence, ni ta combustion vive ne produisent d'' ozone. III. La phosphorescence du phosphore est accompagnée d'ionisation, tandis que celle du soufre ne l'est pas. La phosphorescence de l'arsenic ne s'accompagne, elle non plus, d'aucune ionisation. Elle constitue un nouvel exemple de combustion avec luminescence, mais sans aucune conductibilité du milieu. Nous avons recherché si, dans le cas de combuslion vive, la flamme de l'arsenic était isolante comme celle du soufre. L'expérience a montré que la flamme de l'arsenic produit des ions en abondance. Mais on ne peut maintenir celle flamme qu'au prix, d'une élévation de température très considérable, et il paraît impossible d'éviter dans ce cas les phénomènes d'ionisation par incandescence. IV. La phosphorescence du phosphore est liée à la combustion de l'anhydride phosphoreux en anhydride phosphorique. Dans le cas du soufre, les gaz de la phosphorescence contiennent à la fois de l'anhydride sulfureux et de l'anhydride sulfurique. Nous avons recherché si dans la phosphores- cence de l'arsenic, à côté de l'anhydride arsénieux immédiatement visible, il ne se formerait pas de l'anhydride arsénique. Un poids déterminé d'arsenic métallique est mis dans un tube de verre ou de porcelaine chauflé électriquement. A la suite de ce lube est placée une allonge suivie d'un laveur à eau distillée. Un courant d'air entraîne les produits de la phosphores- cence ou de la combustion. Quand tout l'arsenic est brûlé, on laisse refroidir, puis on lave le tube et l'allonge avec très peu d'eau distillée. On dose l'acide arsénique dans les eaux de lavage (en présence d'acide arsénieux) au moyen d'une liqueur titrée d'azotate d'argent ( '). Les résultats obtenus sont les suivants. L'oxydation de l'arsenic par l'oxygène de l'air (ou par l'oxygène pur) accompagnée soit de phosphores- cence, soit de flamme vive, donne toujours lieu à la formation d' anhydride arsénique (-). Cet anhydride se dépose presque intégralement dans les (') La précipitation n'est pas absolument complète, mais très suffisante pour un dosage approché. (^) 11 est à noter que l'anhydride arsénieux du commerce, provenant dn grillage des arséniures, contient toujours de l'anhydride arsénique. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 777 parties de l'appareil les plus rapprochées du lieu où se fait la combustion. La proportion d'anhydride arsénique formé est d'aulanl plus jurande que la combustion s'est faite à température plus basse. Dans le cas le plus favorable que nous ayons examiné, la proportion d'arsenic passant à l'état arsénique atteint:/^. Rien ne prouve qu'on ne puisse dépasser ce rendement. Il ('lait important de savoir si i'anlivilride arsénique se produit secondairement par oxydation de l'anhvdride arsénieu\ comme rardivdrid'e phosplioriqiie pai' oxydation de l'aniiydride phosphoreux. On sait depuis les tr,ivan\ d'Auger (') (pie l'anhydride arsénique se tiécompose à chaud en auhvdrid'' iir-éuieu\ et oxygène. Si à côté de cette décom])osition il y avait place pour la réaction inverse, on comprendrait que, dans la combustion de l'arsenic, on trouve l'aidiydride arsiMii(|ue comme produit d'oxydation de l'anhydride arsénieux. J'ai chauffé dans un courant d'air, à des températures variant de 270" à /iSo", des quantités notables d'anhydride arsénieux (exempt d'anhydride arsénique). Il a été impossilîle de déceler aucune formation d'acide arsé- nique. (3n doit en conclure que la décomposition de l'anhydride arsénique n'est pçis réversible, et que, dans la combustion de l'arsenic, l'anhydride arsénique se forme directement aux dépens du métal. Le premier produit d'oxydation de l'arsenic serait donc laidiydiide arsénique; celui-ci, en se décomposant, donnerait naissance à l'anhydride arsénieux. V. A la liste des réactions chimiques qui ne produisent pas d'ionisation, il convient d'ajouter, outre la pliosphorescence de l'arsenic, la formation du chlorure d'arsenic (sans incandescence ) et celle du chlorure de souf'ie à partir des éléments. PHYSIQUE. — Sur le rayonnement total et monochromatique des lampes à incandescence. Note de MNL C Fkiîy et C Chéxeveau, présentée par M. Bouty. Au cours d'une étude sur le rayonnement des lampes à incandescence, nous sommes arrivés h un certain nombre de résultats qu'il nous a paru intéressant de résumer dans la présente Note. L Lampe à incandescence à filament de charbon. — i" Si l'on mesure 4a température absolue T du filament (-), en fonction des watts V\ , on re- (') N . AiijKK, Coni/ites rendus, t. (j\X\[\. igoi, p. lojg. (-) Cette mesure se faisait à l'aide du pvromètre optique à absorption, déjà dicrit par l'un de nous (C. Férv. ./. Pliys., !\'^ série, t. III, 1904, p. Sa). C. R., igog, v Semestre. (T. 149, N" 19.) I OO 7Si8 ACADÉMIE DES SCIENCES, marque que la relation 1res simple W = «T* (ff — 2.9.5. 10-'') représente très exactement la loi observée. Ceci montre températures progressivement plus basses. La conden- sation iniliale qui se produit poite naturellement surtout sur l'eau, mais fournit déjà cependant une proportion appréciable des corps volatils, grâce auxquels le liquide for- mé n'est congelable déjà que notablement au-dessous de zéro. L'air peut donc atteindre dans l'échangeur des températures sensiblement inférieures à 0° sans que le fluide condensé ces?e de subsister à l'élat liquide et par conséquent de refluer vers le bas. A mesure de la condensation, la proportion des corps volatils augmente, ainsi que l'in- congelabilité. Le raisonnement peut donc être continué indéfiniment, l'air atteignant dans son ascension des régions de plus en plus froides, mais pouvant le faire sans in- convénient, jHiisque le liquide formé est de plus en plus incongelable et qu'il peut, à mesure de sa formation, s'écouler aisément vers les régions plus chaudes du bas. On arrive donc sans obstacle à atteindre vers le haut de l'échangeur — 90°, tempé- rature à laquelle la tension de l'élher lui-même est inférieure à o'""',5, de sorte qu'en résumé la totalité du liquide se collecte vers le bas, tandis que l'aii' comprimé sort au sommet de l'échangeur, débarrassé de ses vapeurs. Cet air comprimé froid est alois envoyé dans une machine appropriée où il eff"ectue une détente avec travail extérieur, et c'est l'air détendu ainsi produit (]ui, renvoyé de haut en bas dans l'échangeur, en sens inverse de l'air comprimé ascendant, suffit à produire la gamme des températures dont nous avons analysé l'eflet. Il n'y à pas à s'occuper du graissage de la machine, qui s'efl'ectue de lui-môme d'une façon parfaite, grâce aux dernières traces d'éther entraînées. Tout se réduit donc, comme dépense, à la compression, et cette compres- sion est dailleurs sans danger, les vapeurs traitées étant bien au-dessous des limites d'explosibilité, comme le montrent des essais très complets effectués à la demande de l'Administration des Poudres et Salpêtres. Pour apprécier le procédé au point de vue économique, il faut observer que la délente permet de récupérer une partie notable de l'énergie dépensée à la compression. 11 est possible, dans ces conditions, de traiter jusqu'à 3.0"' d'air par cheval-heure, et plus de -^ des vapeurs peuvent être 78l> ACADÉMIE DES SCIENCES. ivcupérées, car rct'Kcacité de la méthode est telle que dans un cas intéressant j"ai pu retrouver plus des j de l'alcool renfermé dans de l'air à la dose minuscule de o'', 5 par mètre cube! Or il est presque toujours possible, par des dispositions appropriées, d'avoir à traiter des vapeurs titrant i8s à 20» d'éther au métré cube. On peut donc arriver aisément, dans les cas les moins favorables, à récupérer 3()0" à .'')5o*'', soit o',5 d'éllier par cheval-heure dépensé. Cela suffit à indi({uer quels résultats économiques peut fournir cette méthode, qui met on jeu, de plus, des appareils très peu encombrants et d'une facilité très grande de marche. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur la /orme théoi-ique (les courbes de refroidisse- ment des mélanges binaires. Note ( ' ) de M. E. Rengade, présentée par M. H. Le Chatelier. Considérons un mélange de deux: constituants A et B, préalablement fondu et rayonnant librement tlans une enceinte froide; son refroidisse- ment s'exprime par une courbe formée de j^lusieurs parties distinctes: Les unes représentent le refioidissenienL de la phase liquide, ou celui de la masse conipléteinenl solidifiée. Elles se coufonilenl praLiquenienl avec des liijnes droites si, comme nous le supposerons, la lempératuie de l'enceinte est assez basse pour que la quantité de chaleur rayonnée soll proportionnelle au temps, (j=z'}.t. D'autres représentent une transformation s'elléctuant à température constante; ce sont des paliers horizontaux, dont la mesure sert de base à la méthode d'analyse ther- mique du professeur Tammann. Enfin, la solidification progressive d'une phase liquide homogène s'effec- luant à des températures décroissantes se traduit par des branches descen- dantes dont on n"a pas jusqu'ici, à notre couuaissance, essayé d'exprimer l'équation analytique, et que nous nous proposons d'étudier en nous limi- tant aujourd'hui au cas où les cristaux déposés sont formés par un compo- sant pur. Nous ferons les hypoliièses suivantes, très voisines de la réalité : i" La chaleur spécifique du liquide se calcule par la méthode des mélanges à partir des chaleurs spécifiques «i, et //i., des constituants liquides A et B. (') Présentée dans la séance du 2 novembre 1909. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. ■lS^^ 2° La chaleur L déjjanée par la solidification de A est indépendante de la conipo- silion du mélange liquide (en d'autres termes, la chaleur de dilution est nulle). 3" L'abaissement du point de solidification M de A est proportionnel à la concen- tration moléculaire de H ; le lieu du point M est donc une droite Al£ (^g. i). Un liquide de concentration r |renfermant c molécules de 15 el ( i — c) de A] commencera de cristalliser à une température Ô correspondant au point M. Au temps /, la température sera devenue 0,; il se sera déposé s molécules de A, el la concentration du liquide restant sera devenue r,. En posant 5 — 5i=;,v et tangoc: f'J /. , on trouve aisément et s = l'-y + c Prenons pour origine le point de solidification commençante M, et portons en ab- scisses le temps t et en ordonnées les différences 5 — 5|=J>' {Jig- 2). La quantité de chaleur dfj rayonnée pendant le temps dl se compose : a. De la chaleur perdue par la phase liquide, (i — •>)[(• — fi)"'i + ti //(,] dy\ b. De la chaleur perdue par la partie solidifiée, sin\dy, ni\ étant la chaleur spéci- fique des cristaux A; f. Enfin, de la chaleur Lrfv dégagée par la solidification. On a donc dq ^ (\ — ■'') [(1 — t'i )'«i -H C| /"o] (ly "+" ■'"'i ^y ou, en remplaçant * el c , par leurs valeurs et réduisant, (1) 'j.dt =^\^m\ + c{in, — //(,)] c/)' 4- c( «il — ni,)- — - — -t- AcL L(/sr= 't.dt, dy fer- (A-v-Hc)- Cette équation se simplifie encore si l'on suppose rn,=: ni\, ce qui est toujours sen- siblement vrai, et in«r^ni^. hypothèse très approximativement vérifiée quand le» constituants sont des métaux (loi de Dulong et Petit). Il reste alors 7. dt =: m, dv -H A:c'L dy {ky + cy' 784 ACADÉMIE DES SCIENCES. ou, en inlégranl el exprimant que la courbe passe par l'origine, (2) (/», j — /./ + L) (/.-v -H (■) — cL. <_)n reconnaît une hyperbole ayant pour asymptotes une droite fixe INP, m^y — A/ -H L = 0, et une parallèle à Mf, Xy + c = o. Seule la portion de cette courbe située au-dessous de l'origine répond à la question. Au-dessus de M, la courbe de refroidissement doit représenter le rayonnement de la phase liquide de chaleur spécifique m, ; c'est donc la droite XM d'équation m^y = A/, droite parallèle à NP. Fig. 2. L'angle de ces deux lignes au point M est ce qu'on appelle le poinl anguleux de solidification commençante. Pour c = o (constituant A pur), l'équation (2) devient yi ly — It + L)—o. L'hyperbole se réduit à ses asymptotes, dont l'une s'est confondue avec Mt. La courbe de refroidissement du corps A pur se réduit donc à la ligne brisée XMNP; la portion MiN représente le palier de solidification. Quand c augmente, ce palier se déforme : l'asymptote horizontale s'élève progressivement au-dessus de Mi; en même temps la tangente à l'origine à l'hyperbole s'incline de plus en plus. On voit en définitive c^xi'on passe par une déformation continue du palier de solidification du corps pur au point angnlcuv du mélange; et (ju'en outre ce point anguleux devient de moins en moi/is net à mesure qu'augmente la proportion du corps B. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. "85 Les courbes obtenues pratiquement par l'enregistrement automatique au moyen de l'appareil déjà décrit (') vérifient complètement ces déductions. Si m^ = m\ mais m^ ^ m.., l'équation (i) devient après intégration ( 3 ) /. < ;= I //( I { 1 — c) -T- cm., ] y — h L. Dans ce cas l'asymptote NP n'est plus fixe : elle tourne autour du point fixe ?s en même temps que la droite MX lui reste parallèle. Enfin si m, ^ m\ =^ 7n„, on trouve l'équation la plus générale : (4) Ài:= [m', -H c(h«, — //(, j]j -t- t'( /«,— /«,) log ^ V ky -+- c La nouvelle courbe s'obtient en additionnant pour chaque valeur de y les abscisses de l'hyperbole précédente et de la courbe c , , , , ky -¥ c t ^ ^ [lUi — /« , ) log — , qui est aussi asymptote à la droite /(v -+- c = o et présente une allure analogue. CHIMIE MINÉRALE. — Sur les iridodisulfatcs mèlalliques. Nate ( -) de M. Marcel Delépixe, présentée par M. Armand Gautier. Jai entrepris la préparation de quelques iridodisulfatcs métalliques de potassium, sodium, thallium, baryum, pour vérifier s'ils présenteraient les compositions variées, un peu inattendues, des sels ammoniacaux (^). En eflét, leur complication ne le cède en rien à celle de ces derniers. Ma première tentative fut naturellement de substituer au chloroiridite d'ammonium un chloroiridite alcalin, celui de potassium, et de le faire bouillir avec de l'acide sulfurique; niais, si la réaction engendre bien un sel complexe, celui-ci est hkai cl non vert, et constitue le chef de file d'une nou- velle série fort difTérente des iridodisulfatcs. Le sulfate d'ammonium est nécessaire pour la production de ces derniers; si l'on en ajoute au chlciri- dile de potassium, on a alors un iridodisulfate à rapports quelconques de (') E. RkiNgade, Complet rendus^ l. CXLVIll, 1909, p. 1199. (-) Présentée dans la séance du 2 novembre 1909. (•■') M. DeléPINE, Comptes rendus, t. CXLMIl, 1909, p. Ô57. C. R., 1909, -■• Semestre. (T. 1 l'J, N» 19.) I06 iHC) ACADEMIE DES SCIENCES. polassium et dammoniuin, du lypc [H0(1IM ))!,■( SO')-^J{i\H'.K)'-'lI».\ On esL donc contraint de prendre pour point de départ les sels ammo- niacaux précédemment décrits. Comme pour les sels ammoniacaux, on a deux séries de sels, les uns verts, lès autres rouge brun. Je rappelle que, dans une première approximation, où le vrai poids atomique n'entre pas en ligne, je considère les sels verts comme dérivant d'un acide bibasi([ue 1, et les sels rouge brun comme déri- vant d'un acide tribasique H, et que l'on passe aisément des premiers aux seconds par l'action d'un excès de base, et des seconds aux premiers par raclioii des acides. • /(H"-0)OH Ir-SO' — \S0' — ] H- Bases Vcides II. I,._SO' — '\s dans moins de leur poids d'eau; [A'.].T1«(NH')^IP à [A"]Trm«IPO. petites aiguilles vertes coupées rectangnlaire- ment, solubles seulement dans 4ooo à 5ooo parties d'eau à 14", ce qui suflit |iourtarit pour la colorer en vert. H existe aussi un sel acide cristallisé en tétraèdres, déjà dis- sociable par l'acide sulfurique étendu de '-'"' d'eau; 788 ACADÉMIE DES SCIENCES. 2. i [A"]Ba"IP, f^H^O, longues aiguilles vertes ou cristaux noirs, carrés ou leclangii- laires, pouvant atteindre 2"" de côté, solubles à i5° dans 090 parties d'eau ; 1 [A"] Ba'-(i\H*), H'O. petits tétraèdres noirs opaques, se formant notamment (|u;ind on traite le sel précédent par le chlorure d'ammonium, solubles en moins de 100 parties d'eau. CHIMIE ORGANIQUE. — Nouvelles méthodes générales de synthèse des aldéhydes aromatiques. Note de M. A. (juyot, présentée par M. A. Haller. Les méthodes de synthèse des aldéhydes aromatiques qui foiil l'objet de la présente Note sont très générales; elles m'ont conduit, dans la plupart des cas, aux aldéhydes cherchées avec des rendements presque théoriques . Elles reposent sur les deux observations suivantes : 1° Les et fiers a./i-dieétoniques \ — CO — CO — Cd^K. dont les premiers représentants ont été préparés récemment par MM. Bou- veauit et Wahl ('), Jouissent de la propriété de fixer sur l'atome de carbone cétonique a une molécule d'un phénol, d'un carbure ou d'une aminé aroma- tique tertiaire quelconque pour donner des produits de condensation répon- dant à la formule d'un éther acidylphènylgly colique X — CO \p/OH Y -C/H'/ --CO-R' La condensation s'effectue toujours en para vis-à-vis de Foxhydrile phé- nolique, du groupe aminogène et plus généralement du radical substituant. Lorsque cette position est occupée, la condensation n'a pas lieu ou s'effectue en ortho vis-à-vis de ce radical. Les conditions dans lesquelles il faut se placer pour déterminer cette condensation varient avec la nature du composé aromatique mis en œuvre : avec les aminés ter- tiaires, il suffit de cliauiTer à 100° pendant quelques minutes le mélange des compo- sants en solution dans l'acide acétique cristallisable; les phénols se condensent également en milieu ncélique, mais seulement en présence de chlorure de zinc; la (') L. BùuviîAiLT et ^^ AHL, Comptes rcniliix, t. (.IXXXVllI, p. 1221, et \N'.\iii., Comptes rendus^ t. CXLIV, p. 213. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 789 condensation est plus difficile avec les carbures; elle ne s'observe qu'en milieu sul- furique concentré et l'on obtient presi/ue toujours, à côté de l'étlier cherché, des produits de condensation plus avancée, résultant de la (ixatiQn d'une seconde molé- cule de carbure sur l'éther glycolique formé dans la première phase : (, ) V _ c«H^+ \ - CO - CO - CO^R =: ^. 2 ctH4/C<^|?",j^ , 2" Ces éthers acidxlphénylglycoliques se scindent quantitalivemenl au contact de certains réactifs et donnent les aldéhydes correspondantes. Tl suffit souvent de chaufTer ces éthers au-dessous de 100° avec un excès d'acide sulfurique concentré; l'aldéhyde se forme par un processus de réactions dont les équations suivantes rendent facilement compte : v^ ~,-r*^L!^ C(^,^, ,,-(- 2 FI-O =X_ CO- H 4- R.OH + Y- C«H* - CHOH - CO^ H, \ — L'H' / \CO-H Y — G« H' - CH ni 1 _ CO' H r^ Y - C« IP - Cl 10 -(- IPO -+- CO. Lorsque Taldéhyde ne peut supporter sans altération le contact de l'acide sulfurique concentré, on parvient également à transformer ces éthers en aldéhydes en passant par l'intermédiaire des acides phényl- i^lyoxylifiucs correspondants; ces composés, qui se forment par simple «''bullilion des éthers acidylphénylglycoliques avec une solution aqueuse d'un sel de cuivre V ~^-^?^)(^C'2I!.., H- O + ir-O rr \ — CO* H -H R.OH + Y - O^ H^- CO — CO-H. \— C'-H'/ \CO-R se transforment quantitativement en aldéhyde par perte de CO' lorsqu'on porte à l'ébuUition leur soUilion dans la diméthylparatoluidiue. Enfin on peut encore traiter directement l'éther acidylphénylglycolique par un excès de potasse aqueuse ; il y a simultanément saponification et foruialion, par rupture de la molécule, d'un acide phénylglycolique ^"/-fi^^C^f'!?" „-h2K0H = X — CO'K-f-R.OH+Y-C«H'-CHOH-CO"-K Y — C ri*/ \CU-n i]ni se laisse facilement transformer en aldéhyde par oxydation alcaline Y— C/II'- CHOH - CO°-II + O — CO^-T- H-O + Y - CH- - CHO. En général il n'est pas nécessaire d'isoler l'acide phénylglycolique qui a ^go ACADEMIE DES SCIENCES. pris naissance; il suffit de Irailei- la liqueur alcaline provenant de celle saponilicalion par la quanlilé ihéorique de ferricyanure de potassium. Les éthers mésoxaliques RCO^— GO — CO-H peuvent remplacer les élhers a.Jïl-dicétoniques dans toutes les synthèses précédentes, ainsi queje l'ai montré dans de récentes Communications avec MM. Michel (') et Esteva (^). L'analogie qui existe entre ces deux classes d'éthers laissait prévoir cette similitude de réactions. Dans un prochain Mémoire, je décrirai avec quelques détails Tappli- cation de ces nouvelles méthodes à la préparation de la vanilline. CHIMIE ORGANIQUE. — Propriétés acides des a/nides halogénées. Migration d'Hofmann. Note de M. Charles MAU(iii.\, itrésentée parM. A. Haller. Les propriétés basiques de l'ammoniaque (pii se conservent dans les ammo- niaques composées s'atténuent au contraire Ijeaucoup chez les amidcs, par suite de la substitution d'un radical acide. Chez les imides et les uréides, la présence de deux de ces radicaux donne à l'atome d'hydrogène restant des caractères acides très nets. Je voudrais montrer dans cette Note que les mêmes caractères acides se Humifestent quand la substitution est faite par un radical acide et par un atome d'halogène, comme c'est le cas pour l'acétamide broniée CH'CONHBr. I . J'ai pu .préparer le sel de sodium do l'acétamide bromée par la technique suivante : On dissout 2», 3 (i"') de sodium dans 40° d'alcool absolu; on refroidit à — 1.1" par un mélange de glace et de sel; on ajoute i4° ( i"""') d'acétamide bromée anhydre cris- tallisée dans le chloroforme. La solution incolore obtenue est piécipilée par un excès d'éther anhydre refroidi préalablement à — i.>. Le précipité est essoré, la\ é à l'élher lefniidi. puis séché dans le vide sur l'acide suliiiiique. Le rendement t-st ipiantitalif. Le sel de sodium ainsi obtenu se présente sous forme d'une poudre blanche farineuse. Les données de l'analyse (brome et sodium) corres- (') A. GuïOT et E. Michel, Comptes rendus, t. CXLVlll, p. 229. (-) A. GuYOT et G. EsTEVA, Comptes rendus, l. CXLVlII, p. ^6!\ et 719. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. -c)i poiiclcnt exactement à la formule CIl'CON ' • H rst très solubic dans .Br l'eau et Falcool, insoluble dans Tétlier, la benzine, le chloroforme. La solution aqueuse de ce sel peut s'obtenir beaucoup j)lus rapidement en dissolvant l'acétamide bromée dans une solution de soude titrée. La soude peut être remplacée par la potasse ou la baryte. Les solutions aqueuses ainsi obtenues ne sont pas très stables; elles s'altèrent peu à peu, même à la température ordinaire. On peut suivre les progrès de cette décomjiosition au moyen du nitrate d'argent. Celui-ci pré- cipite, de la solution fraîchement préparée un dérivé argentique blanc entièrement soluble dans l'acide nitrique, donc exempt de bromure. Ce com- posé argentique est très instable et détone violemment, quand il est sec, par simple contact avec une baguette de verre. Aussi n'a-t-il pu être analysé. Les solutions aqueuses préparées depuis quelque temps donnoiil le même précipité avec le nitrate d'arsent, mais souillé d'une proportion de hromure (|ui va sans cesse eu cn-oissant, indiquant une altération progressive du sel dissous. Si l'on évapore à basse température, aussi rapidement que possible, les solutions l'raîcliement préparées, le sel d'acétamide bromée se dépose, mais toujours souillé de bromure métallique. 2. La même technique cjui fournit racétamidebromée-sodée pure permet d'obtenir la propionamide bromée-sodée et l'isobutyramide brouiée-sodéc. Ces sels en poudre blanche ont tout à fait l'aspect de l'homologue infé- rieur; mais ils ne sont stables cju'à basse température, et se décomposent dès qu'ils reviennent à la température ordinaire., souvent avec explosion. L'acétamide bromée-sodée est au contraire beaucoup plus stable. Klle ne fait explosion qu'à 8o"-ioo°. Elle peut être conservée plusieurs semaines, bien qu'elle s'altère peu à peu, surtout à l'air liumide. 3. La décomposition spontanée des amides bromées-sodées se fait confor- mément à l'équation suivante (et à ses analogues) : CH'CON<^î^^-^i\aHr-HCH'COX — OC = \-CH'. \ tîr Il y a dédoublement de la molécule en bromure de sodium, et en un com- plexe qui se transpose immédiatement en èther cvanique. Celle transposition n'est autre que la transposition observée( ') par Hof- mann dans l'action du carbonate d'argent sur les amides bromées. l^lle se trouve ainsi plus étroitement localisée. (M HoFMANN, liericlite, l. \\ , 1S82, p. 412. nga ACADEMIE DES SCIENCES. L'importance do ce résultat m'a engagé à étudier de près cette réaction. L'acélamide bromée-sodée, qui peut être obtenue tout à fait sèche, a été dé- composée dans un petit obus de bronze avec pointeau. La propionamide bromée-sodée et l'isobutyramide bromée-sodée, aussi bien débarrassées d'alcool que possible par lavage à l'éthor, ont été mises en suspension dans l'éther anhydre et abandonnées à la température ordinaire à la décompo- sition spontanée. L'éther cyanique formé a été identifié et dosé par transformation en urées substituées au moyen de l'ammoniaque d'une part, de l'aniline d'autre part. On a ainsi obtenu les urées suivantes : Avec l'acétamide avec la propionamide /NH.C^H^ /NH.C■^H^ ^^\NH^ ^^ ^ \i\'H.C«H^' avec l'isobutyramide Autant que le permet la difficulté de ces expériences, on peut conclure cjue le dédoublement en éther cyanique et bromure de sodium est quanti- tatif. 4. Les solutions aqueuses et alcooliques des amides bromées-sodées s'al- tèrent comme nous l'avons indiqué plus haut. L'action de l'eau nous a sem- blé très complexe; celle de l'alcool est plus simple. La décomposition se fait au sein de l'alcool absolu comme à l'état libre ou au sein de l'éther, avec formation de bromure de sodium et d'éther cyanique. Seulement l'éther cyanique réagit immédiatement sur l'alcool et fournit l'uréthane cor- respondante. On obtient ainsi les corps suivants: ^^/NH.CIF ^^/NR.CnV „,,/NH.G»H' Cette réaction n'est autre que celle de Stieglitz et Lengfeld (Am. chem. Journ., t. XYI, 189/1, P- 270) ; mais ces auteurs n'ontpas isolé le sel inter- médiaire dont la décomposition donne une interprétation si simple de la réaction. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 793 En résumé, j'ai isolé les sels de sodium des amides bromées, monlré que ces sels se dédouijlent spontanément en bromure de sodium et éther cyanique, et donnent des uréthanes substituées quand ils se décomposent dans l'alcool. CHIMIE ORGANIQUE. ^ Sur i oxydation des dimèthyianilinisatines . Note (') de M. X. Da\aila, présentée par M. Haller. En 1907, M. C. Liebermann et moi (") avons trouvé que les matières colorantes de la nature de Taurine qui se produisent par l'oxydation de la phénolisatine et de ses produits de substitution, ne sont pas, comme on pourrait s'y attendre tout d'abord, des o-aminobenzaurines mais des o-aurincs. Poursuivant ces recherches dans le même sens j'ai étudié les colorants de la famille du vert malachite, qui se produisent par oxydation de la diméthylanilinisatine préparée par Baeyer et Lazarus, ainsi que les dévivés brome, chloré, nitré, dichloré et dibromé de la diméthylanilinisatine que j'ai moi-même synthétisée. Dimèlltylanilinisatines /C«H-N(CH^)' /C/'H*N{CH^)- C^H'X/ \C0 et C'H-X*/ \C() \ / • \ / \/ \/ NH MI où X = CI.B.-, - \0' et X'-=;CI-.Bi-. Les produits de substitution incolores de la diméthylanilinisatine se forment facilement dans les conditions dans lesquelles avaient opéré Baeyer et Lazarus (^^) pour la substance non substituée. Les produits de condensation sont séchés, puis dissous dans la pyridine et précipités peu à peu avec de l'eau. On obtient ainsi de petits cristaux blancs, sauf pour la combinaison nitrée, où ils sont jaunes. (') Présentée dans la séance du 2 noveml)ie 190g. (-) Berichte (1er detil. chcm. Ges., t. XL, 1907, p. 3588. (') Berichie der deut. c/ic/ii. Ges.. t. XVIll, i885, p. 2687. C. R., 1909, 2» Semestre. (T. 149, N" 19.) JC)^^ ACADÉMIE &ES SCIENCES, (>es combinaisons sont tout à fait analog^ues à celle préparée par Baeyer et Lazarus. Noas ayons acétylé la dimétliylaniliDisatine d'après U iwétiiode de Lie- bermann et Hôsmann (') au moyen de racétate de sodium et de l'anLy- dride acéli(pie. La substance cristallisée dans un mélange d'alcool et de benzène fond à i79"-iiSo°. Oxydation des dimëtleyUinilinisatines. — Toutes les dioiéthylarkilinisatines oxydées à froid, ena liqueur acétique par le peroxyde de ploaaii) (i"'"' à 2""'' de PbO- pour i'""' de diméthvlanilinisatine), donnent des matières colo- rantes analogues au vert malachite. Ces condjinaisons précipitées par l'ammoniaque ne sont pas incolores, mais toujours légèrement colorées en vert ou bleu vert. Pour purifier les bases, nous avons employé la solution aqueuse d'acide oxalique. Les matières colorantes se dissolvent en apparence plus facile- ment que les dimétbylanilinisatines et, après avoir filtré, on les reprécipite par l'ammoniaque. Après quelques heures dans le dessiccateur, on les dessèche à 110" dans un courant d'hydrogène et elles sont pures pour l'analyse. Les résultats d'analyse ne concordent pas bien avec les formules C23Hî-ON% C^H^'^ON^X, G2»li-*0iN'X% du vert malachite orthoaminé, mais elles concordent mieux avec les for- mules C"H"ON% C"H"ON^X, C^^H^ON'X-, du vert malachite paraoxyorthoaminé. De plus, notre base non substituée diffère du vert malachite orlhoaminé de Baeyer et Villiger (- ) en ce qu'elle ne se dissout pas dans l'acide acétique avec une coloration bleu pur, mais avec une coloration bleu verdàtre. Un autre argument qui vient en faveur de la formation du vert malachite paraoxyorthoaminé et de l'orthoamino- aurine est donné par l'étude des bases leuco, qui ont été préparées dans ce but. Rappelons que Liebermann et moi nous avons trouvé, en oxydant la phé- nolisatine, (ju'indépendammcnl de la benzaurine, il se forme aussi un corps contenant i"' d'oxygène en position para par rapport au noyau benzénique orthoamidé. (') Beiichte der deut. clieni. Ges., t. XI. 1878, p. 1619. (-) Bcrichle der di'iii chem. Ges., t. XXX\1. 1903. p. 2774- SÉANCE DU «S NOVEMBRE 1909. 7,n de l'essence de girofle. Conslituanls atdéhydiques et éther. Note de M. H. Masso.v, présentée par M. Haller. - J'ai signalé récemment, dans l'essence de girolle, la présence d'alcools de séries diverses qui v coexistent à côté d'aldéhydes et de cétones corres- pondantes. (') Herichte dcr deiil. chem. Ges., t. XMII. i885, p. 3637. 796 ACADÉMIE DES SCIENCES. J'ai pu également isoler et caractériser de nouvelles aldéhydes et un étlier dont l'élude fait l'objet de la présente ÏNote. I. Aldchydes. — i" a-inélhylfurfurol. — Les portions de l'essence qui bouillent de 65° à 90° sous iS"^"" sont réunies et agitées avec du bisulfite de soude commercial étendu de son volume d'eau. On obtient ainsi d'une part une niasse cristalline qui n'est autre que la combinaison blsullitique de la méthyl-w-lieplvlcétone (,' ), etd'autie part des eaux mères qui contiennent une combinaison bisulfitique très soluble. Ces eaux mères lavées plusieurs fois à l'étlier sont décomposées par le carbonate de soude et fournissent une huile de d„ = i , i365 bouillant à 1 84"- 186° (7 5° sous 20™™) jaunis- sant sous l'influence de la lumièie: elle coloie le réactif de SchifT et réduit le nitrate d'argent ammoniacal. Celte aldélivde, de formule CH"*)', fournit avec la semicarbazide en solution acétique une semicarbazone fusible à 2io"-2i 1° et avec la pliénvlh^drazine une liydra- zone fusible à i47°-i48''; oxydée par l'oxyde d'argent, elle donne un acide qui fond après purification et cristallisation dans le benzène sec à io7°-io8°. Cet acide est l'acide a-méllivlpyromucique; l'aldéhyde primitif, l'a-mélhylfurfurol CH CH Il II CH'.C\/C.CHO. Ce corps donne avec l'a-naphtol et l'acide sulfurique une colo- O ration violette très intense. •1° DimiHhylfiirfurol. — On répète le même traitement au bisulfite de soude sur les fractions bouillant de io5° a 120° sous i.5'"™, réunies. Après plusieurs lavages à l'élher, les eaux mères sont décomposées par le carbonate de soude; on obtient ainsi un corps bouillant à 2o6''-2o8° colorant le réactif de SchifT, réduisant le nitrate d'ar- gent ammoniacal répondant à la formule C'H'O'-. Cette aldéhyde oxydée par l'acide d'argent fournit un acide qui, après purification et cristallisation dans le benzène sec, fond à ia9°-i3o°. Cet acide correspond à la formule C'H'O', c'est un acide diméthyl- pyromucique: l'aldéhyde obtenue est donc un diméthylfurfurol ; je n'ai pu établir la position des groupes mélhyles et du groupe carboxyle dans le noyau du furfurane, l'acide diméthylpyroraucique correspondant n'étant pas connu. Cette aldéhyde donne, comme son homologue inférieur, une coloration violette intense avec l'a-naphtol et l'acide sulfurique. II. Elher. — La présence de l'acide salicylique dans l'essence de girofle a donné lieu à de nombreuses controverses. Affirmée par Scheuch (' ), elle est au contraire contestée par Wassermann ('). De son côté, Erdmann(') conclut que l'acide salicylique existe dans l'essence à l'état d'acélylsalicylate d'eugénol, mais pourtant avec quelques réserves. J'ai constaté que l'acide ^alicvlique existe dans l'essence de girofle à l'état de salicylate de méthyle. * (') (^elle célone a été signalée pai' MM. Schemmel {B. Scli., avril iyo3, p. j2); elle bout bien à iy4°-i96" et donne une semicarbazone fusible à ii8°-ii9". (-) SciiEucH, A., i863, 125, i5. (■') Wasskrmann, A.^ 1873, 179, Sdg. (*) lùtDMANN, J. pr., II, 56; 1897, 102. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 797 Eli eflet, si l'on traite les portions (io5°-i20° sous i5"'™) à froid par une lessive de soude très étendue (i pour 100) et si. après avoir lavé plusieurs fois la solution alca- line à rélher pour enlever les portions non phénoliqiies, on la décompose par un acide minéral étendu, on isole une huile sentant nettement l'essence de Wintergreen de i^o^r 1,1963 bouillant à ■222°-i9.f[° {ii3° sous 17'""') correspondant à la formule C'H'O'' et donnant avec le perclilorure de fer étendu une coloration violette. Ce corps saponifié par la potasse alcoolique fournit un acide qui, purifié et cristallisé dans l'eau, donne des aiguilles soyeuses, fusibles à i55°-i56°, de formule C'H''0', colorant en violet le perclilorure de fer étendu. Gel acide est de l'acide salicvlique et le corps isolé par la soude étendue du salicvlate de méthyle. En résumé, aux principes constiluanls déjà connus de l'essence de gii'olle il faut ajouler le salicylate de méthyle et deux aldéhydes (' ) de la série du furfurane, rx-mélhylfurfiuol et son liomologue non décrit. BOTANIQUE. — Sur les propriétés pholographùjues du Chlorella vulgaris. JNole de M. P. -A. Daxueaud, présentée M. Guignard. Le point de départ des recherches que nous avons entreprises sur la fonction chlorophyllienne est le suivant : une Algue, en se développani sur les parois d'un grand flacon de verre, de forme cylindrique et renfermani du liquide de Knop, avait tlessiné des lignes d'une linessc, d'une régularité et d'une perfection telles (juon les supposerait tracées par un dessinateur expérimenté. Il s'agissait, en présence d'un fait aussi remarquable, d'en rechercher le déterminisme. L'Algue appartient au genre Chlorella dont on connaît à l'heure actuelle un assez grand nombre d'espèces (-); les unes possèdent des pyrénoïdes, les autres en sont dépourvues. Notre Chlorelle est très petite; ses cellules ont 3H- à 4^^ de diamètre ; le cliloroleucile renferme un pyrénoïde; la multiplication a lieu par des spores immo- biles qui se forment au nombre de 2, 4- 8, 16 ou Sa dans les cellules mères. Un premier point se trouve établi : l'absence de tout élément mobile ne permet pas d'attribuer le dessin produit par l'Algue à des déplacements pliototacliques de zoospores, ainsi que la chose a lieu pour plusieurs Chlorophycées. Restent les phénomènes de croissance. (') Ces aldéhydes existent d'ailleurs en très petites quantités, l'a-méthvlfurfurol à la dose de 0,1 à 0,3 pour 1000 et le dlinétiiylfurfurol en quantités plus faibles encore. (' ) H. Chodat, Etude critique et expérimentale sur le }>otyn\orj>liisme des A l^ues. Genève, 1909. 798 ACADÉMIE DES SCIENCES. I.e liquide de Kiiop, clans lequel se développe la Cliloieile, est un milieu puremenl minorai ; il renferme du nitrate de potassium, du nitrate de calcium, du phosphate acide de potassium, du phosphate de fer et du sulfate de magnésium. Dans ces condilions, l'Algue esl obligée d'emprunter son carbone à l'anhydride carbonique dissons dans l'eau de la culture et elle ne peut le faire qu'à l'aide des radiations lumineuses. Nous sommes donc amenés à cette conclusion que l'Algue dessine en vert dans le flacon de culttire les endroits oi!i se trouvent les radiations de la fonction chloropliyllienne les plus actives, soit par leur intensité, soit par leur nature. Si cette conclusion est exacte, nous avons dans cette (^hlorelie un mer- veilleux appareil enregistreur. Nous ne nous occiqjorons aujourd'hui (pie de la sensibilité de l'Algue vis-à-vis de l'inlensité lumineuse : I" Nous avons renouvelé plusieurs fois la première expérience en plaçant les flacons de culture dans des positions différentes par rapport aux fenêtres de notre laboratoire: aussi pourrons-nous montrer plusieurs photographies présentant des lignes analogues, d'une grande lincsse et d'une régularité parfaite. Il était intéressant d« suivre le développement de ces lignes. Le Chlorella formant un mince dépôt au fond des flacons, on pourrait croire que les bandes vertes naissent â partir dn fond du flacon et se développent de bas en haut. Il n'en est rien : les cellules de l'iVlgue existent partout en une fine poussière sur les parois verticales dw flacon; ces cellules se multiplient activement à l'endroit des radiations les plus actives, les pholographiant ainsi en vert; les lignes apparaissent sensiblement avec leurs dimensions définitives. Au bout de ([uelque temps, l'Algue se développe également sur la face antérieure dn flacon, puis beaucoup plus tard sur les parois latérales, là oi!i l'intensité lumineuse est faible. Ainsi le C/iloi-clla, par l'avance ou le retard qu'il éprouve dans sa multi- plication, indique nettement les conditions suivant lesquelles les radiations lumineuses se transmettent sur les parois internes d'un flacon cylindrique rempli d'eau. Pour arriver à convaincre tout le monde, nous avons dû simplilier le problème. On prend un certain nombre de tuljes cylindriques qui servent à la cultuie des bac- téries et on les ensemence avec le Clilorclla : ces tubes sont disposés verticalement en SÉANCE DU 8 NOVEMBRU i 909. 799 face d'une fenètie à des distances variables. La lumière qui vient de la fenêtre dessine; derrière chaque tube, un rectangle lumineux dont l'intensité diiVère selon l'éloignement du tube. L'Algue en se développant dessine exactement ce rectangle dont la ennledr verte est en rapport, comme inteiisilé, avec celle des radiations elles-mêmes. Enfin, pour qu'il ne reste aucun doute sur ce sujet, nous présentons ici une expérience clans laquelle l'Algue a photographié les mailles d'une den- telle qui avait été appliquée sur le tube de culture. L'expérience, bien entendu, pourra être variée à Tinlini; on pourra également rechercher, parmi les diverses espèces de Chlorelles et d'Algues inférieures, cellesquise prêtent le mieux à ces curieuses photographies. parasitologil:. — Au sujet de Trypanosoma Lewisi. Note de M. Bior, présentée par M. Laveran. J'ai étudié de quelle fa(;on se comportaient, dans le torrent circulatoire, les Tryiianosoma Lewisi, dont je m'occupe depuis plus de deux ans. Il m"a semblé utile de voir les trypanosomes in vascuto au lieu de ne les examiner que in vitro. In vitro, en effet, ils sont soustraits à l'inlluence mécani(pie ou dynamique de la circulation, et ne sont plus dans un système clos où n'entre point d'autre oxygène que celui qui est combiné à l'hémoglobine. ( les deux condi- tions sont peut-être les raisons cjui font que, extraits du sang à chaleur élevée, 3n° en moyenne, les trypanosomes ne vivent, in vitro, qu'à des tem- pératures basses. Les rats que j'ai utilisés sont des Mi/s decumanus ou des Mus raltus, soil infectés spontanément, soit inoculés, mais ayant des trypanosomes en abon- dance. A ce propos, il me semble bon de faire remacquer que, contrairement à ce qui a été avancé par d'autres auteurs, et tout au moins pour la région que j'habite (Màcon ), le Trypanosoma Lewisi ■^e rencontre plus fréquemment chez les J/. decurnanus, 34,0 pour too, que chez les M. ratlus, 7,6 pour 100, et qu'on les trouve surtout chez les rats âgés. D'autre part, j"ai remarqué que les trypanosomes de M. decurnanus sont plus petits (pie ceux de M. ratlus. quoi({u'on puisse facilement inoculer le trypanosome de l'un à l'autre. Mes expériences ont eu pour but d'examiner les trypanosomes dans l'intérieur des vaisseaux mésentériques. 8oo ACADÉMIE DES SCIENCES. L'animal, étanl ciirarisé, est fixé sur une planchette préparée spécialement pour être placée sur la platine du microscope. Une laparotomie latérale permet d'attirer au dehors une anse d'intestin suffisamment longue pour être étalée et fixée au-dessus d'une ouverture pratiquée dans la planchette en un point répondant à l'objectif. On voit très nettement les trypanosomes animés de mouvements qui leur donnent l'indépendance vis-à-vis de la circulation et leur permettent de remonter le torrent circulatoire. Ces mouvements persistent même après la mort de l'animal; j'ai vu bien des fois que les trypanosomes survivent à la mort du porteur, surtout si le cadavre n' ci pas été ouvert; dans un cas (juin 1909) la survie des trypanosomes a été de 7 jours. D'autre part, j'ai pu constater l'action revivifiante du chlorure de sodium en solution isotonique sur les trypanosomes. comme M. Fleig, de Montpellier, sur les sperma- tozoïdes {Soc. de Biologie, 10 juillet 1909). J'ai en outre expérimenté sur des lérots (Mjoxus nitela) et j'ai constaté que ce petit animal est réfractaire aux inoculations du Trypanosoma Lewisi, qu'il provienne du M. dectimanus ou du M. rat lus. Le lérot est cependant por- teur, assez rarement il est vrai (4 cas sur 3i individus examinés), dun try- panosome se rapprochant du Trypanosoma Lea-isi. PHYSIOLOGIE. — De l'examen de la respiration et de l' analyse graphique ^ de laparole dans les écoles spéciales. Note ( ' ) de M. Glover, présentée par M. D astre. Examen de la respiration. — Il résulte des recherches qui ont été faites au Conservatoire national de Musique et de Déclamation que la radioscopie thoracique fait connaître d'une façon très exacte le mode d'ampliation thoracique dans tous les sens 011 elle se produit. A ce point de vue, ce procédé d'examen est différent de la pneumographie, même intercostale; de la spirométrie et des mensurations périthoraciques. La spirométrie, en effet, permet bien de déterminer la quantité d'air qu'il est possible d'introduire dans les poumons par une inspiration profonde et la quantité d'air résiduel qui demeure dans la cavité respiratoire à la fin d'une expiration forcée; mais l'exploration spiro- mélrique ne permet pas d'établir, chez les élèves, aux dépens de quel diamètre thora- cique, soit vertical, soit transversal, soit antéro-postérieur, se produit cette introduction de l'air; autrement dit les détails du mode respiratoire, point important pour la correction d'une respiration défectueuse ou insuffisante. Quant à la pneumographie, (') Présentée dans la séance du 2 novembre 1909. .If, .;i. SÉANCE UV 8 NOVEMBRE 1909. 801 aux meiisuràlions péii-llioiaciques, elles ne donnent aucune indication sur l'amplia- tion de la cavité tliotacique dans le sens vertical. Enfin, la railioscopie thnraciqne permet, dans le contrôle du travail vocal, de recon- naîlie le mode de ménagement de l'air, lors de l'expiration ralentie, dans le chant en particulier. H est établi une fiche d'examen respiraloir(! des élèves, et celte fiche com- porte, en outre du tracé radioscopique du thorax ou même parfois de l'épreuve rndio- graphi(|ue dite instantanée (20 ou 3o secondes de pose) en inspiration maxima, l'inscription graphique de la respiration nasale par l'examen des buées sur le miroir. Bien entendu, l'examen est complété en recueillant tous les renseignements oto-rhino- laryngoscopiques, plessimétriques et stéthoscopiques ilu thorax et tous ceux concer- nant l'état général du sujet. , Analyse graphique des mbradons aériennes de la parole. — Au point de vue physique, acoustique (formes de l'ondulation aérienne), les phéno- mènes de la parole se traduisent par des variations : A, de durée; B, de hauteur; C, d'intensité; D, de timbre. Comment peut-on mesurer, appré- cier, évaluer ces diverses qualités au moyen des appareils enregistreurs ? • A. Durée. — Ou peut, d'après le tracé, mesurer la durée totale d'une éniis>.ion (voyelle isolée, syllabe isolée, mol isolé ou phrase). iMais il est impossible d'appré- cier exactement la durée respective de la voyelle el de la couronne associée^ dans la svllabe. Ce qui manque, c'est un moyen rigoureux d'établir la liuille qui sépare la voyelle de la consonne associée. B. Hauteur. — Quand il s'agit d'une voyelle isolée., on peut me>urei- très exacte- tnent ses variations de hauteur les plus délicates. C. Intensité. — On ne peut ;i|)précier ici que des relations et fion |ias des valeuis absolues. D. Timbre. — A peine a-l-on pu saisir quelques caractères distinclifs des voyelles, permettant de diflérencier quelques-uns de ces éléments phonétiques, lors- (|u'on les prononce tous sur une même note. Les formes aériennes des consonnes nous sont presipie entièrement inconnues. Telles sont les données des appareils enregistreurs au point de vue pure- ment acoustique. Voici le résultat des recherches auxtjuelles s'est livré l'auteur sur les élèves du Conservatoire relativement à l'application pratique de l'analyse des vibrations aériennes de la parole au contrôle du travail vocal. 11 Faut distinguer dans l'émission d'une phrase : 1" la prononciation proprement dite; 2" la modulation variable pour une langue quelconque suivant le sentiment à exprimer, et pour une langue donnée suivant cer- taines règles propres (intonation, rythme ctaccentuatioii). Considérons successivement ces deux points : 1" Prononciation. — Il s'agit uniquement de la forme el de l'amplitude G. K., 1909, i' Semestre. (T. 149, N» 19.) 1 08 8o2 ACADÉMIE DES SCIENCES. de la période, du timbre et de l'intensité. D'après ce qui a été dit plus haut, c'est un problème à résoudre. En effet, de la consonne à la voyelle il y a, indépendamment du timbre de chacun de ces éléments, une gradation de l'intensité. Or, ici, le timbre ni l'intensité ne yjeuvent être rij^oureusement déterminés. 2° Inlonalion^ rythme et accentuation. — Il y a là des variations de hau- teur, de durée et d'intensité. Dès maintenant les appareils enregistreurs peuvent fournir à l'expérimentaleur (dans le laboratoire surtout) et au pro- fesseur (le chant et de diction des indications utiles et intéressantes. Mais l'élève livré à lui-même ne pourrait guère en tirer profit. EMBRYOGÉNIE. — Cycle biologique d'une forme voisine des Oloplana. Note de M. I'aul Hallez, présentée par M. Yves Delage. Le groupe des Alloiocœles paraissant être constitué par une réunion de formes convergentes, toute espèce nouvelle présente un intérêt particulier, surtout quand il s'agit de la famille des Bolhrioplanides qui jusqu'aujour- d'hui ne comptait que les deux genres Bothrioplana et Oloplana. Le type que j'ai trouvé au Portel, à la limite supérieure du balancement des marées, et que je désigne sous le nom de Bolhriornolus constrictus n. g., n. sp., présente quelques caractères communs aux Monocélidides et aux Bolhrioplanides; ce sont : la forme du pharynx, la position de la bouche, la séparation des ovaires et des lécitho- gènes pourvus d'une tunique propre. Pai- tous les autres caractères, Bothriomolus s'é- loigne de l'une ou de l'autre famille et parfois des deux à la fois. Gomme les Monocé- lidides et les Oloplana il a les testicules folliculaires et un statocyste. Comme les Bothrioplanides, il n'a qu'un seul orifice génital. Ses caractères propres sont : l'intestin dendrocœlique non triclade, une paire seulement de nerfs postérieurs, un organe sensoriel frontal en rapport avec une fossette médiane, un utérus, une disposition spéciale de l'atrium génital qui rappelle celle de quelques Triclades terricoles tels que certains Rliynchodemus, Dolichoplana, Plalydemus, plutôt que la disposition connue chez les autres Alloiocœles, l'absence de rhabdiles, la division du corps en trois régions par deux étranglements. Il est donc bien distinct des Oloplana de la Méditer- ranée, mais présente néanmoins avec ces derniers de grandes concordances au point de vue biologique. Ces deux formes sont exclusivement rampantes, elles ont des allures lentes et paresseuses et se tiennent le plus ordinairement roulées en boucle et couchées sur le tlanc. C'est dans un sable grossier au bord de l'eau que Du Plessis (1889) a SÉANCE DU 8 NOVEMBRE l\)Og. So'i trouvé son Otoplana intermedia; V Hypotrichina sicida de Calandruccio ( 1 897), identifié à Tespèce de Du Plessis par Wilhelmi (1908), vit dans les mêmes conditions. Bothriomolus se trouve également au bord de l'eau dans un sable graveleux. Wilhelmi a noté les époques où ont été trouvés les Otoplana : on les recueille en grand nombre en avril, en petit nombre au commencement de mars et en mai, mais on ne les retrouve plus en septembre. C'est aussi en avril que j'ai trouvé Bothriomolus en abondance. Je l'ai cherché en vain un peu partout en juin et en juillet, et ce n'est que pendant un séjour prolongé à la mer, en août et en septembre, que j'ai pu me rendre compte de l'habitat et du cycle biologique de cette espèce. Bothriomolus Vii au même niveau que Procerodes uhœ et Clitellio arenarius, sous certaines pierres qui présentent, sur une partie de leur surface, un enduit formé de mucus et de vase habité par Clitellio. Si l'on se contente de retourner ces pierres, on ne voit que les Procerodes ^ car Bothriomolus se tient obstinément caché et immobile dans l'enduit glutineux. (^est à cette parti- cularité que j'attribue l'insuccès de mes recherches en juin et en juillet. On le trouve au contraire facilement en avril, car il se rend alors sur les parties non souillées de la pierre pour y déposer ses pontes, desquelles sortent des larves ciliées globuleuses qui sont pourvues d'un cerveau et des organes sensoriels de l'adulte (statocyste, fossette ciliée médiane avec organe frontal), mais dont la bouche et le pharynx ne sont pas encore différenciés. Cette larve est au même stade de développement que l'embryon de Para- vortex cardii au moment de la formation du pharynx; l'éclosion est donc très précoce. Les individus d'avril ont 5™™ à 6""™ de long, ceux de septembre ne mesurent que 2""™, 5 à 3°"". Je n'indiquerai pas ici les différences que pré- sente l'organisation de ces deux sortes d'individus qui, au premier aspect, sont assez différents pour que je me sois demandé, avant de les avoir étudiés en détail, s'ils appartenaient bien à la même espèce. Je me bornerai à indiquer les différences que présente le tube digestif. Les individus d'avril ont un intestin sacciformed'Alloiocrr'le moins profondément lobé et ramifié, ce qui lui donne l'aspect dendrocœlique. Les individus de septembre ont un intestin qui n'est pas plus lobé que celui de Monocelis lineata qui vit au même niveau. Or, d'après Du Plessis, Monocelis setosa présente les plus remarquables ressemblances avec Otoplana intermedia dont il ne se distingue que par la 8o4 ACADÉMIE DES Sf;iKNCES. forme de rinleslin qui est rhahdocirle dans la première espèce, Iriclade dans la seconde. Aussi Willielmi a-t-il ran^é cette forme dans le genre Oloplana. Les différences que j'ai constatées dans la disposition de l'appa- reil digestif chez Bothriomolns en avril et en septembre font que je ne serais pas étonné si l'on reconnaissait un jour que Monocelis setosa n'est que la forme jeune cVOto/)/ana in/erme/ia, d'autant pins que Du Plessis croitavoir constaté que la portion rétropharyngienne de certains exemplaires de M. setosa est fendue, de sorte qu'on peut considérer ces individus comme étant en voie de transformation. Chez llnihriomolus ou se rend compte des variations du tube digestif et de la position de la bouche par le développe- ment des organes de la reproduction. On voit donc (pie l'histoire de liothnomolus peut jeter une certaine lumière sur celle encore très imparfaitement connue des Oloplana. En résumé, la larve de Holliriomolus, éclose en avril, n'cmigre pas. Le dévelop- pement se fait lentement; il faut presque une année pour que l'animal atteigne la maturité sexuelle ; c'est en mars ou avril que doit se faire l'accou- plement (le pore génital n'existe pas encore en septembre) et la j)onte. Lorsqu'il a terminé ses pontes, l'animal meurt. BIOLOGIE. — A propiis fie la psyrltologie des Pagures. Note (') de M. I». HAciuT-SorpiRr. Dans une Note communiquée à l'Académie des Sciences, le 1 1 janvier 190/4, et intitulée : Coopération, hiérarchisaiion, intégration des sensations chez les Artiozoaires. M. G. Bohn a écrit ce qui suit : Chez les F'iigiires, les diverses sensations sont fournies par le même objet (coquille); elL'S sont associées toujours de la même façon ; malgré cela, les impressions qui en résultent ne sont pas suffisamment associées, intégrées, pour que le Crustacé ait une connaissance véritable de laco(|uille : il est induit en erreur par d'autres corps, car il perçoit certaines qualités de la coquille indépendamment de l'objet... Ceitains psy- chologues (Hachkt-Soui'lkt, L'examen psycliologique des animaux) ont vu dans ces faits, (|ui résultent d'une inlégration imparfaite des im|)ressions, de l'abstraction... Il entrevoit la distinction page 85, mais n'en a pas tenu compte page 79. ()v, avant la publication de la Note dans laquelle M. Bohn m'a pris à (') Reçue dans la 'éance du 18 octobre 1909. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909, 8o5 partie, je n'avais exprimé mon opinion sur la |irétendue abstraction chez le Bernard-l'Ermite et cliez les animaux infci ieurs qu'au cours d'une discus- sion à Vinstitut général psychologique ys,éi\nce au 4 mai 1908), et voici un extrait du procès-verbal de cette séance : « L'abstraction de l'idée de trou existe-t-elle chez le Bernard? A mon avis, on ne trouve pas, dans les actes que nous voyons accouiplir par ce Crustacé, la marque de l'intelligence libre. Modifie-t-il psychologiquement, autanlqu'on pourrait le croire tout d'abord, les habitudes de son espèce quand il pénètre dans des coquilles diffé- rentes?... L'abstraction que nous lui prêtons existe seulement dans notre cerveau... Pour le Bernard, un trou en vaut un autre (' V.. » Je me suis donc prononcé, sans aucune reslriction ^ contre la croyance à une sorte d'abstraction que ferait le Bernard, quand il insère son abdomen dans des trous autres que ceux des coquilles de Buccin, ou de Mollusques à peu près semblables, .l'ai toujours considéré Ip IViit comme résultant d'une simple association de sensations; les impressions fournies au Bernard par n'im- porte quelle cavité, aj'ant un diamètre voisin de celui d'un péristome de Buccin, sont associées aux impulsions motrices de pénétration elles déclen- chent. Des associations de ce genre peuvent être utiles à l'animal, dans cer- tains cas; dans d'autres, elles deviennent dangereuses. Ainsi l'acte du Ber- nard qui, placé sur une surface courbe, sans cavité, dirige son abdomen dans tous les sens avec opiniâtreté et sans profit possible, comme s'il voulait l'introduire dans une coquille vide, est évidemment dangereux puisque, pendant tous ces essais inutiles, l'abdomen nu du décapode est exposé aux morsures des ennemis de l'espèce (-). Ici il y a association entre la sensa- tion de courbe et la sensation de pénétration, ordinairement ressenties à la suite l'une de l'autre, quand le Bernard rencontre une coquille vide de Buccin. J'avais précisément signalé des faits analogues, chez les animaux supé- rieurs, aux pages 85 et 8G de mon Eramen psychologique des animaux, aux- quelles me renvoie M. Bohn; mais ils n'ont aucun rapport avec l'abstrac- tion et je n'avais pas à en tenir compte en parlant de cette opération intel- lectuelle, page 79. (') liulleliit de l'Institut i^énéral psychologique^ 3° année, n" :5. (') Voir ma Coinmiinic.illoii à rinslilul général psycliologiqtie : Des erreurs citez les animaux (Bulletin, 4*^ année, n" 5). 8o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — La cinématique de la segmentation de l'œuf et -la chronophotograph'ie du développement de r Oursin. Note de M"* L. CiiEVROTON et M. F. Vlès, présenloe par M. Yves Delage. On sait que Marey avait indiqué l'emploi de la cinématographie dans l'étude des phénomènes trop lents pour pouvoir être utilement suivis à l'observation directe : en impressionnant le liim avec des intervalles de. temps suffisamment écartés, et en le projetant ensuite dans les limites de temps usuelles, on obtient une augmentation de la vitesse du phénomène, une sorte d'exagération des ordonnées de sa courbe, qui permet à l'œil de se rendre compte de beaucoup de détails inaperçus. La méthode a été employée il y a quelques années, à l'Institut Marey, pour l'éclosion d'une fleur de volubilis. Pizon et Bull (') (1904) l'ont uti- lisée ensuite d'une manière fort remarquable pour le bourgeonnement des colonies de Botrylles; Carvallo(-), pour les mouvements du tube digestif de la Grenouille pendant la digestion. Enfin, dans un Mémoire tout récent, Ries (') (1909) l'applique à la fécondation et aux premiers stades du déve- loppement de l'Oursin. Sans avoir connaissance de ces recherches de Ries, qui ont paru vers l'époque où nous commencions nous-mêmes nos expériences, nous avons tenté au laboratoire de Roscoff d'appliquer ce procédé au développement embryonnaire d'un animal. M. Delage nous a conseillé, comme se prêtant remarquablement à ces recherches, l'œuf de l'Oursin {Paracentrotus livi- dus Lk.) dont les exigences biologiques lui étaient familières puisqu'elles sont, depuis plusieurs années, l'objet de ses recherches sur la parthéno- genèse expérimentale. Nous avons pu suivre ce développement depuis la fécondation jusqu'à la larve libre. Les films obtenus montrent un certain nombre de faits intéressants au point de vue de la cinématique et de la dynamique cellulaires, faits sur lesquels Ries ne paraît pas avoir insisté. Teclinique. — Nous avons employé l'appareil de microcinémalographie utilisé (') l'izON, (J lie iiouvelte application de la clirimopliotograpliie : la hiotachy gra- phie {Congrès zoologique, Berne, 1904). (-) r.AKVAt.LO, Congrès de Physiologie, Heidelberg, 1907. (') Ries, Kinematographie des Befruchtung und Zellleilang {Arch. /. inikros. Anato/n. and Eiilivicldung., 1909). ^, >i * -'^, %," - ...^ - " "< .,, !3 ^1 l V "^ 1 Cinématographie du développement de l'Oursin. Fragments de films réduits à -• I" En haut, segmentation el formation de la larve. Le grossissement est le même pendant toute la série, saut dans les trois dernières images où le pluteus, trop grand pour être entièrement contenu dans le champ photographique, est cinématographie à une échelle plus réduite. 2° En bas, diverses phases de la fécondation et de la première division, provenant d'un autre lilni. — Micromètres au ïJ-,, de millimètre. 8o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. depuis plusieurs années au Collège de France (laboratoire de M. le professeur F. Franck), el décrit antérieuremenl ('). Le dispositif pour les prises lentes était constitué par un régulateur de Foucault manœuvrant un premier obturateui' placé entre la source lumineuse (arc) et les embryons, et protégeant ceux-ci dans les intervalles des poses; ce premier obturateur en commandait électriquement un second situé au niveau du cinématographe. La série des prises de vues a été divisée en trois p;iities : pendant la succession rapide des premières divisions, elles ont été espacées de 3 en 3 secondes; les intervalles ont été portés à 7 secondes pour la fin de la segmentation, jusqu'à Tapparition des pre- miers mouvements de la blastula; enfin, à partir de ce stade où l'ernbryon est mobile, nous avons pris, de slade en stade et jusqu'au pluleus inclusivement, des séries à grande vitesse suivant les mélbodes usuelles. De sorte que le film le plus long (de la féconda- tion an pluteus) a environ 7000 à 8000 images. Qu'il nous soit permis ici de témoi- gner notre gratitude à la Maison Gaumont, à la libéralité de laquelle nous devons d'avoir pu poursuivre jusqu'au bout ces expériences délicates el dispendieuses. nésuttats. — Au point de vtie de la physique cylologique, deux remarques sont intéressantes à signaler : i" L'étroite intimité qui règne entre l'allure de tous les mouvements intrinsèques de l'embryon et les phénomènes de la dynamique ou de la cinématique capillaires. La cotnparaison de divers stades de la division de l'œuf avec les figures d'équilibre de certains systèmes capillaires (groupe- ments de bulles de savon, gouttes d'huile, etc.) a été esquissée par plusieurs auteurs : Driesh (^), Errera (■'), Robert {*), Roux ('); ces interprétations, purement statiques, paraissent devoir être confirmées au point de vue ciné- matique : le développement raccourci que montre le cinématographe évoque fortement l'idée des mouvements de bulles d'air se groupant à la surface d'un liquide par exemple. ( ' ) F. Fkanck, Déinonstralions de microplioloi^rnfjltie iiislaiilaiice el de cliftmo- micropliotograpJiie {Soc. UioL. 1907). — Note générale sur les prises de vues ins- tantanées micropliotographujues {Soc. Biol., 1907). — L. Chkvkoto.n, Dispositif pour les instantanés et chronopliotograpliie microscopique (Soc. Biol , 1909). (^) DiiiKSH, Betrachtungeu ùber die Organisation des Eies (Arch. f. Iinlivici.e- lungsnteclianil{, 1S97). (') KiiREKA, Sur une condition fondamentale d'équilibre des cellules vivantes (Comptes rendus, 188G); Physiologie moléculaire, 1903-1907 ( Institut .botanique, Bruxelles). (') RoBKHT, Développement des Troques (Arch. Zool. e.vp., igo3). (*) Koiix, Ueber die Bedeutung geringer Versctiiedenlieiteii dcr relativen Grosse der Furchuiigszellen (Arcli.f. Entwickelungsmeciianik, 1897). SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1909. 809 2° Les mouvements spéciaux d'une cellule donnée précédant sa division. Ces mouvements sont particulièrement visibles dans les premiers stades; ils consistent en oscillations d'élongation de la part de la cellule qui va se seg- menter, élongations qui augmentent peu à peu d'amplitude, et dont la der- nière se termine par la rupture en deux masses. Ce sont des oscillations croissant jusqu'à dépasser une zone d'équilibre stable. Elles sont souvent accompagnées de remous protoplasmiques. Il est à noter que ces oscil- lations sont seulement visibles lorsque le film est projeté à très grande vitesse, ce qui laisserait à penser que dans la réalité leur période est peut- être de l'ordre de plusieurs minutes; il n'est pas impossible toutefois que la période propre du cinématographe ait stroboscope àe?, oscillations de période inférieure à la minute. Les théories de la division devront donc tenir compte de variations alter- natives du champ de forces producteur de cette division. CHIMIE BIOLOGIQUE. — Sur la présence, diins le lait d'une anaéroxydase et d'une catalase. Note (') de M. Sarthou, présentée par M. Dastre. Dans un travail communiqué à l'Académie des Sciences, en avril dernier, MM. le D'' Bordas et F. Touplain rejjrennenl l'étude des ferments du lait. Ils concluent que les réactifs connus à base de parapliénylènediamirie, de ga'i'acol, etc., corps facilement oxydables, ne peuvent démontrer l'existence dans le lait de peroxydases ou de cala- lases et rapporlenl la réaction j)osilive à l'action calalyliqiie du caséinale de cliauv. A la suite des faits nouveaux apportés dans cette (Communication, nous avons fait quelques expériences dans le but de déterminer si le lait de vache renferme bien : 1° Une anaéroxydase, ainsi que Font signalé Dupouy, Raudnitz, Gillet, etc ; 2° Une catalase mise en évidence par Sarthou, Uulhmann, Reiss. On niiiintleiil à l'étuve^à So". durant 10 heures, loo*^'"' de lait de \aclie cru. Au bout de ce temps le lait est caillé. La crème rassemblée à la partie supérieure est enlevée. On jette le coagulum sui- un filtre : le lactosérum, renfermant une partie de la caséine soluble et une cerlaine quantité de l'anaéroxydase, passe dans le liltialum. _ Si I on examine ce tillralum, on constate : (') Présentée dans la séance du 2 novembre 1909. C. R.. 1909, 2- Semestre. (T. 149, N" 19.) IO9 8lO ACADÉMIE DES SCIKN'CKS. . i» Qu'il donne une réaclion très fortement positive avec le gaïacol et la parapliény- lènediamine; l'anaéroxydase qui provoque celle oxydation est en efl'el soluble dans le laclosérurp et dans l'eau, ainsi que nous l'avons démontré ailleurs; 2° Qu'il ne décompose pas 11^0'. Nous savons, en eflTel, que la calalase est insoluble dans le lactosérum et dans l'eau. Il reste sur le filtre': la caséine Insoluble, une certaine quantité de caséine soluble, urte partie de l'anaéroxydase, la calalase. 'Broyons ce résidu avec de l'eau distillée, refiltrons à nouveau. Le filtratum est d'une; UmpidUé parfaite : il donne des réaciioiis très vivement positives avec la paiaphény- lèn<;diamine et le gaïacol en milieu oxygéné. Si l'on pouisult le lavage à l'eau distillée, on arrive àc?/MO(/(^re très, rapiden^ent^toute l'anaéi'oxvdàse englobée dans le stroma caséineux. Lorsque les eaux de lavage né colorent plus les l-éaëtifs pfécipilés, il ne reste plus sur le filtre que la caséine insoluble et la calalase. Celte caséine insoluble se présente en particules excessivement ténues. Mise en sus- pension dans l'eau, elle ne colore plus le gaïacol^ mais donne après i ou 2 minutes de contact une coloration bleu indigo avec la paraphénylènediamine. La réaction faite directement sur la caséine non mise en suspension est instantanée. La caséine décompose l'eau oxygénée. Nous concluons de ces expériences : 1° Qu'il existe dans le lait une anaéroxydase soluble dans le lactosérum et dans l'eau et une catalase insoluble; 2° Que la caséine insoluble oxyde la paraphénylènediamine, comme l'ont constaté MM. le D'' Bordas et Touplain, mais non le gaïcol; 3° Que la paraphénylènediamine présente un excès de sensibilité dont il faut tenir compte dans la recherche des ferments oxydants. HYGIÈNE ET SALUBRITÉ. — Mode de Stérilisation intégrale des liquides pai' les radiations de très courte longueur d'onde. Note (') de M. Biixo.n- Dagukkre, présentée par M. Cailletet. J'ai déjà ou l'honneur de présenter à l'Académie, le i""" mars dernier, le mode de stérilisation des liquides par les rayons ultra-violets, ayant fait l'objet d'un pli cacheté déposé le 7 janvier 1906. En poursuivant les applications industrielles de mon procédé, j'ai été conduit'à étudier, par l'analyse spectrale, les radiations de longueur d'onde (') Présentée dans la séance du 2 novembre T909. SEANCK DU 8 .NOVEMBKE I909. 8j I inférieure à 2(îoo unités ang-slrôm, nombre œrrespondant à l'ultra-violet. Il résulte de mes observations que, dans la région coni|)rise entre 2000 et 1000 unités, certains gaz, notammentroxyde de carbone, l'aCide carbonique, l'acide sulfureux, l'hydrog^ène sulfuré, donnent des spectres riches en bandes. Les effets photochimiques de ces rayons de très courte longueur d'ond^ sont très prononcés et environ vingt-cinq fois plus puissants que ceux des rayons ultra-violets. ' Ge9 résultats et ces chifFi-es sont d'ailleurs confirmés par Bumstead et par Lyman, de Harward Uiiiversity. Je suis arrivé à utiliser industriellement ces radiations, nouvellement étudiées, pour la stérilisation des liquides; je remplace ainsi les lampes à vapeur de mercure employées jusqu'ici, par des tubes en quartz renfermant des gaz raréfiés que j'illumine par un courant indmt ou statique. J'obtiens une action microbicide ou abiotique beaucoup plus consi- dérable que celle de la vapeur de mei'curp, pour une dépense bien moindre. Ces lampes à gaz raréfiés sont en réalité des tubes de Geissier, de Çrookes;. de Moore dans une application nouvelle ajant pour but déterminé de stériliser, mais à la condition que ces tubes soient construits en quartz, afin de permelt/'e le passage des radiations ultra-violettes et de |.rès courte longueur d'onde inférieure ^ 2600 unités. Ces lampes pu tubes à gaz raréfiés peuvent être immergés, sans inconvénienl, au sein des liquidés à stériliser, ce qui permet la construclion économique de filtres 8l2 ACADÉMIE UES SCIENCES. stérilisateurs domestiques, fonctionnant avec un courant primaire de 4 à 6 volts et de 2 ampères, et détruisant tous les geimes palliof^ènes el ferments. La figure de la page précédente représente un modèle de ces appareils d'application courante et économique. Dans les modèles industriels à grand débit (3ooo' à 6ooo' à l'heure) récoulemenl des liquides stérilisés a lieu au moyen de tubes dont l'e-vtrémité s'appuie, ou presque, sur la surface de la lampe génératrice des radiations. On forme ainsi, entre la lampe et le tube exléiieur, une couche liquide assurant la stérilisation rapide et intégrale, sui tout lorsqu'on opère sur des liquides offrant, comme le lait, une certaine opacité. Les lampes sont entourées d'un manchon protecteur en quartz, pour éviter l'action de l'ozone qui pouirait se produire. PATHOLOGIE EXPÉRI.viEiNïALE. — Action des sérums toxiques et de leurs anti- toxines sur le système nerveux. Contribution à l'étude du mécanisme de l'immunité. Noie de M. E. Gi.ev, pi-ésentée par M. Bouchard. J'ai montré que divers sérums toxiques (sérum d'anguille et sérum de torpille), injectés directement dans le liquide céphalo-rachidien, agissent de la même façon sur les animaux préalablement immunisés et sur les animaux témoins ('). Il résulte de ces faits que les éléments anatomiques, au cours de l'immunisation, n'ont pas acquis l'immunité; ils ne résistent qu'autant que la toxine, avant de les atteindre, a été neutralisée par l'antitoxine pré- sente dans le sang; si la toxine peut arriver jusqu'aux cellules nerveuses des animaux immunisés sans passer par le milieu sanguin, elle les intoxique aussi bien que celle des animaux neufs. Voici, à l'appui de cette conception, une preuve nouvelle ('). J'ai trouvé qu'on peut empêcher les accidents si violents (^) que déter- mine l'injection sous-arachnoïdienne du sérum d'anguille ou du sérum de torpille en injectant dans le liquide céphalo-rachidien, en même temps ou plus ou moins longtemps avant, une quantité déterminée de sérum anti- toxique (sérum sanguin provenant d'animaux préalablement immunisés). (') E. Glet, Comptes rendus^ g décembre 1907, t. CXLV, p. 1210. (') Toutes les expériences résumées ci-après ont été faites sur le lapin. Voir, pour le détail des expériences, les comptes rendus du Congrès de l'Association française pour V avancement des Sciences, session de Lille, 1909. (') Voir E. Glev, loc. cit. et Congrès de l' Association française pour l'avance- ment des Sciences, Clerinont-Ferrand, 1908, p. 608. SÉANCE DU 8 NOVEMBRE IQog. 8l3 1. Les animaux qui ont reçu le mélange de toxine et d'antitoxine, à condition que celle-ci fût suffisamment active et en proportion double, n'ont point présenté d'ac- cidenls. •2. Il en est de même pour les animaux ayant reçu le sérum anti 5, lo et i5 minutes avant le sérum toxique, si la dose du premier est suffisante (triple ou quadruple de celle du second). 3. Les animaux qui reçoivent l'antiloxine i et 2 heures avant la toxine ont des accidents plus ou moins graves, mais survivent presque tous. 4. Knfin l'injection du sérum antitoxique a été faite sur trois animaux 5 heures avant l'injection de sérum d'anguille. Un seul de ces la|)ins a survécu après avoir présenté des accidents graves durant i heure et demie. Bien entendu, pour chacune de ces séries d'expériences, il y eut des animaux té- moins recevant les mêmes doses de sérum toxique seul; tous moururent delà façon que j'ai décrite {loc. cit.). Ainsi l'immunité des tissus, par rapport du moins aux toxines dont j'ai étudié l'action, dépend de la neutralisation, par les antitoxines correspon- dantes, des toxines amenées au contact de ces tissus. Dans ce fait se mani- feste de nouveau la dinërence radicale qui existe entre l'immunité humo- rale et l'immunité cytologique, celle-ci tenant à la résistance propre, con- stitutionnelle en quelque sorte, des éléments anatomiques vis-à-vis d'une toxine donnée ( ' ). PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — De l'action des sérurns tuxùjues sur le cœur isolé d' animaux immunisés contre ces serums. Note de MM. E. (iley et V. Pachon, présentée par M. Bouchard. Les ichtyotoxines (sérum d'anguille, sérum de torpille), portées direc- tement dans le système nerveux central d'animaux préalablement immu- nisés contre l'action de ces liquides, l'empoisonnent de la même manière que le système nerveux d'animaux témoins; c'est ce qu'ont montré les re- cherches de l'un de nous (-). Nous avons voulu voir si, dans quelque autre tissu, l'immunisation ne fait pas apparaître une résistance spécifique. Nos expériences ont été efîec- (') Voir à ce sujet L. Camus et E. Gleï, Arch. intern. de P ha nnacody nantie, l. V, 1898, p. 247-3o5, et Comptes rendus, t. CXXIX, 24 juillet 1^99, p. aSi. (') E. Gley, Comptes rendus, t. CXLV, 9 décembre 1907, p. 1210, et Association française pour l'avancement des Sciences, Clermont-Ferrand, iyo8, p. 608. 8l4 ACADÉMIE DBS SCIENCES. tuées sur le cœur isolé du lapin, dont il est facile d'étudier le fonctionne- ment par la méthode de LangendorfT, au moyen de l'appareil de V. Pa- chon ('). •■ Les sérums employés étaient le sérum d'anguille ou celui dé torpille. 11 nous a fallu d'abord déterminer l'action de ces sérums sur le cceur du lapin normal. La détermination exacte de la toxicité est rendue assez délicate par le fait des variations d'activité des sérums suivant l'âge de ceux-ci et surtout par cet autre fait, à savoir que ces liquides n'agissent pas sur le cœur d'une façon élective; ils provoquent bien quelques troubles fonctionnels, mais ce ne sont point à coup sur des poisons cardiaques. Sous ces réserves, yoici les principaux phénomènes que nous avons observés : L'adjonction au liquide de Ringer-Locke, qui circule dans les vaisseaux du cœur et entrelient le fonctionnement de cet organe, d'une dose de sérum d'anguille variant de I à 4 pour looo, selon ractivité du sérum employé, iiniène plus ou moins rapidement des irrégularités du cœur : à un groupe de contractions devenues plus faibles, succède un groupe de contractions plus amples; cette succession des mouvements cardiaques rappelle les groupes périodiques de Liiciani que ce physiologiste a décrits d'après ses observations sur le cœur de grenouille, mais en diffère par leur périodicité beau- coup plus irrégulière. Au début du passage de la solulion toxique dans les coronaires^ il se produit quelquefois une courte phase d'accélération des contractions cardiaques. Le sérum de torpille, ajouté au liquide de Ringer-Locke à la dose de lo""'' à 20"°' pour 1000, produit des troubles arythmiques plus ou moins graves; souvent le cœur se ralentit aussi, quelquefois ses contractions diminuent d'amplitude. Le cœur des animaux immunisés réagit-il aux sériims toxiques de la même façon que le cœur des lapins normaux? Les difficultés que nous avons signalées plus haut relativement à l'étude de l'action de ces toxines sur le cœur isolé se retrouvent naturellement ici. Il s'en ajoute une autre qui vient de ce que le cœur des animaux immunisés présente presque toujours des altérations; il est hypertrophié (^), très souvent cliargé de graisse avec un péricarde qui contient du liquide. On peut penser que ce cœur doit réagir moins bien qu'un cœur normal aux influences toxiques. En fait, nous avons vu que le sérum d'anguille n'a produit, dans deux cas, que des troubles des plus légers; dans un autre cas sont survenues, mais assez tardivement (') Voir la description de cet appareil. (') Voir E, Gi.EY, Hypertrophie expérimentale du cœur (Soc. de BioL, 27 juillet 1907. p- 208). / ' : '■ •„"^ V; ' SÉANCE DTJ 8 NOVEMBRE 1909. 8ï5 (10 minutes après 1-e début de l'intoxication), des irrégularités persistantes; en/in, dans un dernier cas, tout de suite après 1« passage de \a solution tftxiqne, il s'est produit des irrégularités, une arcélération de plus en plus marquée et un affaiblissement pro- gressif des contraclions. D'autre part, le sérum de torpille, sur le cœur de deux ani- maux, immunisés, n'a produit aucun trouble ('); au contraire, sur le cœur d'un troi- sième lapin, il a déterminé une arythmie analogue à celle qu'on observe sur le cœur des lapins normaux. Conclusions. — Le cœur de plusieurs de ces animaux immunisés a pré- senté à peu près les mêmes troubles que celui des témoins. Il suit de là que cet organe isolé et fonctionnant en liquide Ringer-Locke, c'est-à-dire privé de Fantiloxine présente dans le saqg circulant de l'animal intact, ne résiste guère mieux à l'action de la toxine que l'organe de l'animal non immunisé. La résistance aux toxines tiendrait donc à la présence élective, dans le sang, des antitoxines spécifiques correspondantes. Mais le cœur de plusieurs autres de nos lapins immunisés a paru posséder une certaine résistance à l'action de l'ichtyotoxine. Serait-ce là un fait d'accoutumance ou bien l'antitoxine, qu'on trouve dans le sang des immunisés et qui préserve les éléments anatomiques contre l'action de la loxine, se fixerait-elle en partie sur les éléments musculaires ? Quoi qu'il en soit, cette résistance est un phéno- mène inconstant. Ces expériences conduisent donc à des conclusions moins précises que celles faites par Gley dans les mêmes conditions sur le système nerveux des ani- maux immunisés. Ce qui peut tenir, en partie au moins, à ce que les sérums toxiques considérés, étant au premier chef des poisons du système nerveux central, tandis que, nous l'avons fait remarquer, ils agissent médiocrement sur le cœur, les réactitms nerveuses sont plus nettes que les accidents car- diaques. Et ainsi l'étude du cœur isolé, qui paraissait a priori très favorable à la détermination do la nature du processus d'immunisation, ne s'est pas montrée dans ces recherches, en ce qui concerne les sérums avec lesquels nous avons expérimenté, la méthode de choix. Appendice. — • Dans trois expériences nous avons fait fonctionner le cœur isolé eu ajoutant du sérum antiloxique (sérum de lapin immunisé) au sérum toxique intro- duit dans le liquide de circulation artificielle. Dans cette condition nous avons vu le sérum d'anguille ou celui de lot pille ne produire aucun effet .sur le cœur. _ I ',-^.:.\ . .__ ■ (') Il importe de remarquer, rela<.ivement à l'un de ces deux cas, que le sérum em- ployé s'est également montré inactif à la même dose sur le cœur de deux animaiix témoins. C'est donc une expérience dont il n'y a pas à tenir compte. 8l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. M. Ai'GUSTK CoKKT aflrcssc une Note Sur une sonde électromagnétique pour la recherche des sous-marins ou des torpilles qui couleraient dans un combat naval. (Renvoi à Texamen de M. Berlin.) M. F. Lavdoi.ph adresse deux Noies intitulées : Sur l'absence complète de l'acide chlorhydrique libre dans le suc gastrique et sur le chimisme gastrique en général, et : Sur le dosage du chlore dans le suc gastrique. A 4 heures trois quarts, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures et quart. PI 1. V. ERRATA. (Séance du 5 juillet 1909.) Note de M. .4. Korn, Sur quelques inégalités jouant un rôle dans la théorie des vibrations élastiques, etc. : ^<3 Page 28, ligne 2, l'inégalité (3 c) doit être remplacée par celle-ci (Séance du 26 octobre 1909.) Note de M. C. Fleig, Actions d'eaux minérales et de sérums artificiels radioactifs sur la survie d'organes ou d'éléments cellulaires isolés du corps (muscles lisses et striés, globules rouges, spermatozoïdes) : Page 691, ligne i3 (litre à part), au lieu de Brixous, lisez Briscous. Même page, ligne 25, au lieu de l'action de l'émanalion, lisez l'action du rayon- nement. Page 692, ligne 9, au lieu de SocT pour loooY, lisez ScoV pour 1000""'. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI liî NOVEMBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MEMOIRES ET COMMUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur les congruenccs de courbes et sur les surfaces normales aux droites d'un complexe. Note de M. (i. Darboix. J'ai publié en 1870, au Tome premier du liulletin des Sciences mathéma- tiques et astronomiques, p. 348, une Note Sur les systèmes linéaires de coniques et de surfaces du second ordre, où se trouvent énoncés sans démons- tration un grand nombre de résultats qui, depuis, ont été utilisés et démon- trés par différents géomètres. Parmi ces résultats, je signalerai le suivant, qui avait attiré l'attention de Sophus Lie : Étant données les normales à une famille de surfaces, on peut déterminer, sans intégration, toutes les familles de surfaces normales aux mêmes droites. En d'autres termes : .SV l'on a déterminé une première famille de surfaces admettant comme normales toutes les droites d'un complexe, on saura déter- miner toutes les surfaces dont les normales sont les droites du complexe. Je voudrais aujourd'hui revenir sur cette proposition, la démontrer et l'adjoindre à quelques autres, relatives aux congruences de courbes. 1. Envisageons d'abord l'ensemble des courbes définies par des équa- tions différentielles dx cly c/z où X, Y, Z sont des fonctions données quelconques des coordonnées rec- tangulaires .2-, y, 5. Ces courbes forment ce qu'on appelle aujourd'hui une C. R., 1909, 3- Semestre. (T. l'i'J, N» 20) I I" 8l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. congruence ; \\ en passe un nombre limité par tout point de l'espace pour lequel les fonctions X, Y, Z ne s'annulent pas simultanément. On sait qu'en général, ces courbes ne sont pas normales à une famille de surfaces. Pour qu'il en soit ainsi, il faut que la forme linéaire de différen- tielles (2) &d=Xda;-irYdy + 7.d3 devienne une différentielle exacte quand on la multiplie par un facteur con- venablement choisi, c'est-à-dire qu'on puisse trouver deux fonctions ^ et y telles qu'on ait identiquement (3) Xdx-i-\ dy +Zd3=^dy. Pour qu'il soit possible de satisfaire à cette identité, il faut et il suffit qu'on ait, pour tous les points de l'espace, Supposons que cette condition ne soit pas remplie. Alors, en considérant, au lieu de la forme (2), la suivante, (5) Xdx + Ydy + Zdz — d», où a est supposée dépendre de x, y, z, on pourra voir ce que devient la condition (4) pour cette nouvelle forme; et l'on sera ainsi conduit à la con- dition _<^/£ï_dZ\ ^/f^_f^\ ^(^^_^\ ~ dx \ dz dy ) '^ ûy \ôJ- dz ) "^ dz \dy dx) ' qui formera une équation aux dérivées partielles propre à déterminer a. Soit a l'une quelconque de ses solutions. Alors la forme linéaire de difFéren- tielles (5) pourra, d'après ce qui précède, être écrite sous la forme ^rfy. Il sera donc toujours possible, en prenant pour a une solution quelconque de l'équation (G), de trouver deux fonctions [i et y telles ({u'on ait identique- ment (7) 0,/=Xafa; -h Y c/y -1- Zf/3 = c?a 4- j3rfy. Nous avons vu plus haut comment on détermine a. Lorsque a sera connue?, on obtiendra ^ et y en applicpiant l'une quelconque des méthodes qu'on SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. 819 peut employer pour l'intégration de l'équation aux différentielles totales m (x-£)..-.(ï-|).,-.(.-^)..=o. Mais il est aussi possible de former un système d'équations différentielles, indépendant de a, dont les deux intégrales seront les fonctions 3 et y. En effet, r'identité (~) peut être remplacée par les trois équations suivantes : (9) entre lesquelles il est aisé d'éliminer a. Nous obtenons ainsi les relations i àY _à^ _àldy_ _d^dy 1 dz dy dz dy dy dz ] àZ _d\_d^dy _d^dy_ \ dX dz d.T àz ' dz dx \ à_X_dY__dl dy__d^dy^ \ dy djc dy dr ôx dy Xr dx ^ rfjr ' Y = dy ^ dy' Z = _ '^a , fi ày (10) et de là il résulte immédiatement que p et y sont deux intégrales du système d'équations différentielles dx dy d-. (11) . dY dZ ~ dï dY ~ dX dY dz dy dx dz dy dx 2. Cette remarque va nous permettre d'élucider une question intéres- sante relative à l'identité (^7), et d'indiquer toutes les manières dont cette identité peut être obtenue. Il est évident a priori que la réduction de la forme 0^ à l'expression typique dx -[- i^dy ne saurait être unique. Car, si l'on pose « = «'4-F((3, 7), F([B, y) désignant une fonction quelconque de ^ et de y, on aura dx + ^dy = dy.'+^d^+i^^ + ^^ dy. 8'JO ACADEMIE DES SCIENCES. Or, il est toujours possible de réduire à la fornie ( )n aura donc (12) dy.-\-'^dy — dix' + P' dy'. Mais le résultat que nous avons obtenu plus haut nous permet de mon- trer que cette transformation de r/a -+- p r/y est la plus générale qu'on puisse obtenir. En effet, si l'on se reporte à l'équation (6 ) qui définit a, on voit immédiatement que, si %' en est une solution particulière, la solution la plus générale en sera «'H-F(p,y). 3. De là résulte immédiatement que, si l'on a réduit la forme fondamen- tale Orf à la forme typique dx + y d^ , on pourra obtenir, sans difficulté, toutes les formes typiques équivalentes. Le procédé qui se présente le premier consiste à poser, comme nous l'avons fait plus haut, (.3)'- a = «'4-F(i3,y), ce qui donnera puis à réduire, ce qui est toujours possible, à la l'orme y'd?>'. Mais ce procédé a l'inconvénient d'exiger l'intégration d'une équation différentielle, à savoir l'équation dF,. /dF A . La mélliodc suivante montre, au contraire, que, dès qu'on aura une cxprcssicjn typi(pie de la forme fondamentale, on pourra obtenir toutes les autres sans aucune i/t/egration, .a'=:<î»(y, ■/), (i8) la— <^* fl'_ <^* SÉANCE UU l5 NOVEMBRE 1909. 821 Soit, en effet, à résoudre l'équation (i4) d(x -h 1^ dy = de/.' -h 1^' dy' . On peut l'écrire comme il suit : (i5) d(ci'. — ac'} = ^'dy — ^dy. Si y' était fonction de y, on aurait (16) a-a'=F(y), et l'expression rfa + [i dy se transformerait dans la suivante, (17) d^_'+[F'{y) + â]dy, qui est encore une forme typique. Laissons ce cas particulier de côté, et sup- posons que y et y' soient indépendantes l'une de l'autre. Alors l'équation différentielle (i5) pourra évidemment se remplacer par le système des trois équations finies qui fournissent y', ^' et a' en fonction de a, ^, y. Ainsi : Quant/ on a obtenu une expression typique de la forme fondanienta/e, on peut obtenir toutes les autres sans aucune intégration. Les formules qui résolvent le problème contiennent une fonction arbitraire de deux imriables et ses dérivées premières . \. La réduction de la forme différentielle 0,; à la forme typique (ia H- j3 rfy nous permet de résoudre un curieux problème de Géométrie : Etant données les courbes définies par les équations différentielles ( r), pro- posons-nous de trouver en termes finis les équations de toutes les courbes de l'espace qui sont leurs trajectoires orthogonales. Comme ces courbes trajectoires orthogonales satisfont à l'unique équation 0,^= \dx -H \dy H- Tdz = o, on pourra les caractériser par l'équation différentielle r/a + 8(/y = o, qu'on résout immédiatement en posant a=F(y), p-=_F'(y); telle sera la solution demandée. 822 ACADÉMIE DES SCIENCES. ÉLECTRICITÉ. — Sur la tension de vapeur d'un liquide éleclrisé. Note de M. Gouy. Les relations établies dans une Note récente (') permettent de reprendre sur de nouvelles bases l'examen de cette question, étudiée d'abord par M. Blondlot (^), qui a envisagé Téquilibre de distillation, existant entre la partie d'un liquide conducteur qui est soulevée par l'attraction d'un plateau électrisé et le l'este de sa surface. Il en a conclu que la tension de vapeur est diminuée par l'électrisation de la quantité ^^— r — , en désignant par o et A les densités de la vapeur et du liquide, et par a la charge par unité de surface. Nous désignerons aussi par K et F le pouvoir inducteur de la vapeur et l'in- tensité du champ ; S et K — i seront traités comme des quantités très petites. Ce raisonnement, donl le principe est irréprocliahle, est rendu incomplet par une omission qui, du reste, était fréquente jusqu'à ces dernières années dans les questions de ce genre. On admettait implicitement que la pression de la vapeur ou du gaz est la même dans le champ et hors du champ, ce qui implique l'absence de forces tendant à attirer le diélectrique dans le champ. Cependant de telles forces étaient bien connues depuis les expériences de Boll/.manii, mais on les regardait souvent comme s'exerçant sur la surface même du diélectrique, ce qui masquait leur véritable action, productrice de pression hydrostatique ('). Des vues divergentes sur ce sujet ont été possibles en laissant indéter- minée la constitution des gaz; mais, si l'on adopte l'hypothèse moléculaire généralement admise, plusieurs points paraissent hors de discussion : 1° Le fait de l'augmentation de capacité d'un condensateur par la pré- sence du gaz exige que les molécules, sous l'action du champ, prennent un moment électrique, sans quoi elles ne pourraient agir sur les plateaux à tra- vers le vide intermoléculaire. (') Sur la constitution de la charge électrique à la surface d'un èleclrolyte {Comptes rendus, 36 octobre 1909). (-) R. Blondlot, Influence de l'étal électrique d'une surface liquide sur la ten- sion maœima de la vapeur de ce liquide en-contact avec la surface {Journal de Physique, 188/I). {'■) Il est remarquable que, dans les problèmes magnétiques, si analogues à ceux-ci, les physiciens n'aient fait nulle difficulté d'adopter, dès l'origine, le point de vue de la pression hydrostatique. J'ai essayé déjà de montrer quel rôle essentiel joue C(^tte pres- sion dans les attractions et répulsions des corps électrisés [.Sm/' le rôle des milieux diélectriques en électrostatique {Journal de Physique, 1896)]. SÉANCE DU l5 NOVEMBRE I909. Sl3 2° Puisque les molécules ont un moment électrique, elles sont soumises, dans un champ non uniforme, à des forces qu'on sailcalculer, et qui lendea?. à les entraîner suivant la direction où l'intensité du champ augmente le plus vite. 3" En raison de ces forces, l'équilibre hydrostali(|ue exige que le gaz possède, dans le champ, une pression plus grande que la pression extérieure, . , F* - de la quantité 0— (K. — i). Ces propositions sont, je crois, regardées avec raison comme des consé- quences naturelles de la théorie moléculaire des gaz; tout au moins aucune théorie n'a-t-elle été formulée qui, acceptant les idées essentielles de la théorie des gaz, conduisît à d'autres relations. L'excès de pression dans le champ électrique rend coni[)to, sans aucune hypothèse, de l'accroissement de densité du gaz, qui, depuis les travaux de MM. Quincke et Lippmann, est connu sous le nom de contraction électrique des gaz.; il suffit en effet d'appliquer la loi de Mariotte. Remarquons à ce sujet que, si un condensateur à plateaux verticaux est placé dans un gaz, il y a dans le champ du gaz plus dense, que la pesanteur tend à faire descendre. Comme il ne se produit pas une circulation perpéluellcj il existe donc des forces appliquées au gaz qui le retiennent dans le champ, fait dont l'explication la plus naturelle est donnée par ce qui précède. Revenons à l'équilibre de distillation. Soient P' la tension de vapeur à la surface liquide dans le champ, P cette tension à la surface hors du champ, et h la différence de niveau des deux surfaces. Nous avons, d'après ce qui précède, (I) P'_p=^(K_,)_,,.AÔ. Examinons d'abord le cas où le liquide, de pouvoir inducteur K„, est parfaitement isolant. Le dispositif est tel que le champ soit normal à la sur- face du liquide, soulevée par l'action électrostatique (*). Nous avons, d'après une loi connue. (') Par exemple, on placera horizontalement, à peu de distance au-dessous de la surface liquide, un plateau qui, avec le plateau supérieur, formera un condensateur, dont le diélectrique sera en partie du liquide el en partie de la vapeur. 824 ACADÉMIE DES SCIENCES. et par suite, d'aprùs (i), (2) P'_p^Z!fK_,-''^"-' ° 87: V K„ A La parenthèse est positive, le dernier terme étant même bien inférieur à K — I ('). Ainsi la polarisation diélectrique, quand le champ est normal à la surface, produit une augmentation de la tension de vapeur ( -). Revenons à notre électrolyte. 11 résulte de ce qu'on a vu précédemment (^) qu'il y a encore un champ électrostatique dans les couches superficielles d'un électrolyte électrisé. A la surface même, ce champ est exactement celui qui existerait si l'électrolyle était remplacé par un diélectrique de même pouvoir inducteur et si F conservait la même valeur. Dès lors, la ten- sion de vapeur doit être augmentée, du fait de la polarisation diélectrique, d'une quantité qui n'est autre que le second membre de (2). En outre, les couches superficielles de l'électrolyte électrisé dilTèrent du reste du liquide par le nombre des ions qu'elles contiennent. Elles forment une solution moins diluée, la différence étant pourtant assez petite pour qu'on puisse encore regarder cette solution comme étendue. Dès lors, nous pouvons calculer, par les formules ordinaires, la diminution de tension de vapeur due à cet accroissement de concentration {''). (') D'après la relation de Mossoli-Clausius, on aurait à peu près K— I _ Ko- I â K 4- 2 ~ K(, -H 2 A ' d'où résulte l'énoncé, pnisque Ko est très supérieur à l'unité. (^) Si le champ n'était pas normal à la surface, mais tel que la direction de la pola- risation dans le liquide fil un angle 9 avec la normale, on aurait, en appelant I l'inlen- sité de la polarisation, ^/iA = 27rI-(^^ +cos'6| (formule de M. Liénard). La discussion des variations de la tension de vapeur suivant les valeurs de 0 se fait aisément, à l'aide de l'équation (i). On voit que, lorsque le champ est parallèle à la surface, P' — P serait négatif si la formule de Mossoti-Clausius était exacte. (') Loc. cit. (') Pour cela, nous n'avons pas à nous occuper des molécules non dissociées, car l'électrisation ne change pas leur concentration. En elTet, la solution- étant étendue, leur distribution ne pourrait être troublée que par un défaut d'équilibre chimique avec les ions. Mais le principe de Carnet exige qu'il y ait partout équilibre chimique aussi bien que physique, sans quoi on aurait une circulation continue d'ions et de molécules. Aussi voyons-nous, par les équations (3) de la ^ole précédente, que les SÉANCK DV l5 NOVEMBRE l<,09. 82.5 Avec nos notations antérieures, le nombre d'ions^rammes par unité de volume est, à l'intérieur, N^-i- N,'. -i- . . . + N„+ N,', -H . . . , et, à la surface, >;^U,„-f-N;,U;.„+... + N„U„„+N;,U;,„-h.... On a donc, en appelant /j,, et p les deux pressions osmotiques, P„-P^ HT[ .M,( u,„ - n + n;( u;.„ _ , ) -u . . . -H N, ( u„„— I ) + in;. ( u;,„ - 1 ) + . . .]. Mais, d'après l'équation (4) de la Note précédente, la parenthèse vaut 2 TT' ^- (1 vient don( K„irr ■i7rc7- F- ^" ' " K„ " 8tîK„ D'autre part, d'après une relation bien connue, la différence des tensions de vapeur de deux solutions qui ont les pressions osmotiques 1res voisines /j„ et /; est (/j„ — p) -r- On a donc linalemeiit Celte expression de V — P est précisément celle que nous aurions pu cal- culer davance, d'après (i ), en remarquant qu'on a ici Ainsi, nous voyons iju'ph considérant simplement la <-(ui z 0. (Il I "'S •■ « f y. ra i g Û. t ^ X ,, : -, — ---4 'M n-rfr l^jV^ T - - ■-J >-. il £ uj il c-l o '^■^ P/.-.- :: 1 o ..,'■ ^l'' S L_- ;>.- ; t ORIENS S Ê 3 5 I ^ t» 1*, s;" S'\S ACADÉMIE DES SCIENCES. , conti/ier/fa/fs do Mars, afFectanl toutes espèces de formes, et ayant une lon- gueui- plus considérable (jue les taches plus on moins elliptiques dénoinuiées lacs. Nos observations nous conduisent à diviser les canaux- eu plusieurs catégories, à savoir : a. lui ombres difl'tises, plus ou moins iriégMlières, donl quelques-unes paraissent doul)les d'une manière fugitive; b. En eslompages noueux ; c. En masses grises, informes et disjointes; d. En estompages irréguliers, minces et sinueux, dans le voisinage d'une baie des mers martiennes, et s'élargissant en une ombre vaste et confuse pins loin, comme des fleuves avec leurs tributaires, vus à une tiès grande distance; e. En alignements d'un très petit nombre de lacs; f. En lacs irréguliers, simples et bien isolés; g. En bords de pâles demi-tons; h. En lignes noires très courtes, sinueuses nu courbes. On n'a pas compiis, dans cette nomenclature, les lignes droites fugitives, appelées souvent aussi canaux., qui ne sont visibles que pendant une fraction de seconde et qui peuvent être dues à une illusion. Ces premières observations ne confirment pas l'existence d'un rcscau. géométrique de lignes droites, s'entrecroisant dans tous les sens. Même, par des images très calmes, nous avons reconnu, non point d'une manière fugi- tive, mais bien pendant plusieurs secondes consécutives, une structure des régions continentales tout à fait différente de la précédente. Ces régions se sont montrées recouvertes d'une grande quantité de marbrures grisâtres, irrégulières, complexes et noueuses, qu'aucmi artiste ne sautait rendre. ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Sur la photographie de la [xancte Mars. Note de MM. A. av. La IUh.me Pi.umxki. et K. Sîai.det, présentée par M. 1^. Baillaud. Nous devons à l'obligeance de M. le Recteur de l'Académie de Toulouse d'avoir pu utiliser le nouvel écjuatorial de la station astronomique du Pic du Midi pendant les mois de septembre et d'octobre derniers. L'objet de nos recherches a été l'élude de la planète Mars, qui s'est présentée, pendant ces deux mois, daiis des conditions d'observation exceptionnellement favo- rables. Nous nous étions proposé d'obtenir une série complète de photo- graphies de la planète alin de réunir des documents impersonnels sur lesquels nous pourrions travailler ultérieurement. L'instrument dont nous SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. 83ç) disposions était particulièrement bien approprié à ce jjjenre d'études, et, de plus, les excellentes conditions atmosphériques qui se trouvent quelquefois réalisées au Pic du Midi devaient nous permettre d'obtenir des résultats bien supérieurs à ceux qu'on pourrait avoir dans une station moins élevée. Le nouvel insliumeiU du Pic du Midi est douille : il compiend un ri'flecleur et un véfi-acteur, dont les tubes sont juxtaposés et forment un corps unique à section rectan- oulaiie. Les diamètres du miroir et de l'objectif sont respectivement o"\5o et o",25; leur dislance focale commune est de 6'". Le tube de l'instrument est porté par une monture équatoriale anglaise d'une grande stabilité, de sorte (|ue l'on peut, sans aucun inconvénient, (l\er aux extrémités du télescope et de la lunette des appareils accessoires importants. Les pliotograpliies de iViars ont été obtenues à laide du télescope. Le diamètre de Fimage de la planète au foyer de l'instruinenl a atteint, au moment ,(.r)A;, «(/0 = o. où V ., , , «(,r + toj) — (;) "r'' + (' — ii'>'i ^-••■-i-(— ')'■"(■'■) pendant que w est un nomI)ri' complexe quelconciue, je me propose de trouver la forme générale des inlégralesde cette équation en supposant que les coefficients P/(-ï') sont des fonctions développaiilcs en série de facto- rielles de la forme f'/('ï^) = yi /^,-,sX(.r — «)...[./• — (/ — X — i)u] =V l>,j-^. (X -h (,)) [,V -t- ■l(ji)...(.V -H Stii) Pourvu que bi^^^^ o, ou sait écrire l'équaliou (i) à la forme normale sui- vante : (2) F[«(x)]=2a;(.t — ^))...[,r-(j — i)r„]/),(x-)A'l„, "(.'■) ^o. 1=0 où Pk{x) = ' 5 tandis que Pi(x) peut être transformé en la forme (3) /J,- ( .y ) = «,-0 + 7 , 7 r- —^ ; (/ = o, 1, 2, ...,/, — i). (') Présentée dans la séance du 8 novembre 1909, C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N» 20.) I I-i 84^ ACADÉMIE DES SCIENCES. Formons maintenant l'équation du /i'""* degré /o(p)=p(p-l-i)...(p + A- — i)-i-... + p(p + i)...(p + «—i)a,- „+...-(- «0,0=0, et soit p une racine de cette équation telle qu'aucune des autres racines soit de la forme p + j (^ = o, i , 2, . . .). Correspondant à toute valeur de p qui satisfait à cette condition, on peut trouver une série de factorielles e-) ( 4 ) " ( -f ) =-- -^-r" ^ — .-0 + r(^-^p + .).P*^" - + (p-^-)- ,27 + { p 4- I ) f,l ] [ .7- + ( p -f- 2 ) 01 ] convergente dans un certain domaine et satisfaisant à l'équation; les coeffi- cients gy se déterminent aisément par un système de formules de récursions (5) ,Çv/o(p + ^•') + é^-l/l(p^-'^-')-^-•■• + ^o/v(p) = o (v = i,2,3, ._..), où les quantités /„, /, , /o, . . . sont définies par l'équation Vp(p + >).■.(p^-'•-Oy'-•(-r)=2[,.^-(p + OoOL.r-^(p■+J)c,.]...[.. + (p + .)c,,]• ( = 0 ■>=o La forme la plus générale d'une intégrale de (2) (correspondant à une racine p qui ne satisfait pas à la condition susdite) est la suivante : (G) «UO^V ^^■^'$„,. i=o v = o ^ r - + p-bv + i coP+^ 0) On trouvera toujours k intégrales î/,, m., . . ., «a f^e cette forme et l'inté- grale la plus générale, satisfaisant à l'équation (2), est où les Pi sont des fonctions périodiques satisfaisant à la condition de pério- dicité U(x) = U(x -+- w). On démonti'e ainsi le théorème suivant : Soil donnée une équation aux différences (2) d'ordj-e k où les coefficients sont tous développahles en séries de factorielles de la forme {'^) sommables d'ordre r pour Jl ( - ) >> À^, on sait alors trouver k séries de la forme ((3) satis- SÉANCE DU l5 NOVEMBRE I909. 843 faisant à l'équation aiix différences et sommables d'ordre r + i — ,ft(p) ^j ^ ( — ) > X — k où A est le plus grand des nombres X,., o f^ A ( — p ). [Y. Faisons tendre a- vers Tinfini, de manière que la partie réelle de - tende vers -h ce, pendant que x reste toujours dans le domaine de somma- bilité des séries (G ); notre système fondamental d'intégrales se comporte alors comme V j;-p,(c-, -f- a log l- -H . . . + f/, log/' J-), 1 = 0 où les Ci sont des constantes. On peut, dans certains cas. trouver un autre système fondamental d'inté- grales qui tend vers cette même expression asymptotique, si la partie réelle de - tend vers — xi. En effet, si les coefficients P,(j7) sont développables X encore en séries de factorielles de la forme l'.j^s S=0 f=l l'équation (2) peut se transformer à cette deuxième forme normale v = * ^(j- -H i',))[.r -^ (i — i)'i)]. . .(.r-l- oj)/i,(x) A|^, (/(.r) = o, 1 = 0 qu'on peut intégrer par des séries de la forme n - -hi )oip \z .-0 ./■ — 0'.J ( .'• — p'j) )\ x — ( & -i-.I ) 0) ] THÉORIE DES GROUPES. — Sur les groupes engendrés par deux opérateurs dont chacun transforme le carré de l'autre en son inverse. Note de M. G. -A. Miller, présentée par M. Emile Picard. Soient /,, I., deux opérateurs ({uelconques qui satisfont aux deux condi- tions 844 ACADÉMIE DES SCIENCES. Ces condilions impliquent que (/, t.,)'' = (/.^t,)~^ et dès lors chacun i • groupes cycliques engendrés parles opérateurs ;,, l't, (/, /j)- respect. .^...^... est invariant sous le groupe (G) engendré par /,, t^. Deux quelconques de ces groupes cycliques ont au plus deux opérateurs communs puisque chacun des trois opérateurs /,, t.j, t,t.^ transforme en leurs inverses tous les opéra- teurs de deux de ces groupes cycliques, et en eux-mêmes ceux du troisième. C'est-à-dire qu'on transforme tous les opérateurs des trois groupes [engendrés respectivement par /^, (/(/j)-; /;, (^z, /.)-; /';, /^] en leurs inverses par/,, t.,, (,(., respectivement. Des résultants précédents il résulte évidemment que le groupe abélien \t''^, t'i, ((, t^Y] est invariant sous G. Chacun des trois groupes [u, iKht^y-l [tli,,(t,t,y-], {titit.t,) est aussi invariant sous G puisque (-^ t,u— t:,^t]'- {lltn)-. En conséquence, le groupe quotient de G par [Il t;, (t,t,r] est ou le groupe carré, ou un sous-groupe de ce groupe, et G est toujours résoluble. De là le théorème : Si chacun des deux opérateurs Lrans forme le carré de l'autre en son inverse^ ils transforment aussi le carré de leur produit en son inverse et ces trois carrés engendrent un sous-groupe abélien et invariant sous le groupe engendré par les deux opérateurs, l'indice de ce sous- groupe étant un diviseur de 4 . Si/, est d'ordre impair, t.^ transforme /, en son inverse, puisque /;[ en- gendre/,. De là /, et t\ sont commulatifs. Mais il faut aussi que /, trans- forme tl en son inverse. Cela exige que t'i = t^,'', ou /^ = i . On peut exprimer ce résultat comme il suit : Si chacun des deux opérateurs transforme le carré de l'autre en son inverse, et sil'un d'eux est d'ordre impair, il faut que l'ordre de l'autre divise l\, et les deux opérateurs engendrent ou le groupe diédral dont l ordre est deux fois un nombre impair, ou le groupe dicyclique dont l'ordre est quatre fois un nombre impair. SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. 8/(5 On peut évidemment engendrer tout tel groupe diédral et tout tel groupe dicyclique par deux tels opérateurs, puisqu'on peut engendrer tout groupe possible diédral ou dicyclique par deux opérateurs, dont chacun trans- forme le carré de l'autre en son inverse, et l'on peut regarder la catégorie des groupes considérés comme une généralisation de ces deux catégories impor- tantes. D'autres généralisations sont publiées dans les Transactions of ihe American Malheniatical Society (t. VIII, 1907, p. i). Nous avons prouvé ci-dessus que G contient un sous-groupe invariant [Zp z!;, (z,/o)'], et que deux quelconques des trois groupes cycliques en- gendrés par t\^tl^{ttt.,)'- respectivement ont au plus deux opérateurs en commun. 11 n'est pas difficile de voir qu'// est possible de construire de tels groupes pour lesquels les ordres de t\, t'i^ {^{^-2)' ^ont trois nombres arbitraires. Pour le faire, on peut écrire, avec des systèmes distincts de lettres, trois groupes cycliques des ordres requis, chaque générateur étant composé de deux cycles égaux si son ordre est pair. Alors, nous choisissons /,, t^ de telle manière qu'ils engendrent respectivement les deux premiers de ces groupes cycliques, et que leurs composantes qui renferment les lettres des autres groupes cycliques soient d'ordre 2, transforment ces groupes cycliques en leurs inverses, et donnent un produit d'ordre requis. Il suit directement des propriétés du groupe diédral que l'on peut choisir ces substitutions de telle manière que /,, t., ont les propriétés requises, et ceci établit l'existence de G pour quelque système arbitraire de valeurs des ordres de t'^, t-l, (t,tny. Des propriétés des groupes dicycliques il suit que l'on peut procéder de la même façon quand deux des groupes cycliques en- gendrés par t-^, tl, (t,,t.2)- ont un opérateur d'ordre 2 en commun. Les résultats obtenus ci-dessus sont très utiles dans l'étude des groupes engendrés par deux opérateurs .v,, s., qui satisfont à la condition s, s., =^ sis]. Un théorème fondamental résultant de celte condition fut établi par M. Cayley en 1878 ('). Dans certains cas l'on a prouvé que seulement un nombre liui de groupes peut être engendré par deux opérateurs qui satis- font à cette condition et à une condition additionnelle de la forme s" =: i (^). (^uand n = 2, le groupe (H) engendré par ^,, s^ est évidemment d'ordre 2; quand n = 3, H est le groupe d'ordre 3, le groupe tétraédral, ou le groupe d'ordre 24, qui ne contient pas un sous-groupe d'ordre 1 2 ; quand n = 4) (') Messenger of Matlieniatics, t. VII, 1878, p. 188. (-) Cf. Netto, Journal fur die reine und angewandle MathemaUk. t. CXXVIII, 1905, p. 243. 846 ACADÉMIE DES SCIENCES. H est OU le groupe cyclique d'ordre 4, ou Tholomorphe du groupe cyclique d'ordre 5; quand « = 5, H est ou le groupe d'ordre 5, ou le groupe non- cyclique d'ordre 55 ; quand « = (j, H peut être un groupe quelconque d'un système infini de groupes résolubles. Les résultats des précédents para- graphes sont spécialement utiles en prouvant ce dernier théorème. ÉLECTRICITÉ. — Sur l' électrisalion de contact . Note de M. Albkrt GruiMbacii, présentée par M. Lippmann. Je me suis proposé de rechercher si l'électrisation au contact d'un élec- trolyte et d'un corps isolant tel que le verre est influencée par la dissolution d'une substance isolante dans le liquide conducteur. J'ai eu recours pour cela aux forces électromotrices de filtration. Un liquide conducteur, lillranl sous pression à travers un tube capillaire ou une paroi poreuse, produit une force électromotrice qui, si les tubes sont suffisamnnent longs et étroits pour que récoulement ait lieu suivant la loi de Poiseiiille, obéit à la loi de llelmholtz : E =r .•■)1I -£ P r, (p résistivité, t) viscosité du liquide filtrant, E dillêrence de potentiel de part et d'autre du diaphragme, P différence de pression), ifli est le moment de la couciie double formée à la surface de séparation du liquide et du tube. Toute considération théorique mise à part, l'expérience montre que Oit est indépendant de la forme et de la surface du diaphragme ainsi i|ue du nombre de canaux. Nous nous intéressons ici aux variations du moment 3TL, mais il faudra tenir compte des variations de la viscosité et de la résistivité du liquide. Le premier de ces facteurs est prépondérant avec des solutions très visqueuses, E par exemple à 27 pour 100 de sucre de canne. Dans ce cas, les rapports p pour la solution primitive et pour la solutioiî sucrée sont inversement pro- portionnels aux coefficients de viscosité. J'ai obtenu une variation nette de aro en comparant une solution aqueuse de chlorure de potassium à la concentration de ,„' - de molécule-gramme (o"^, 074**) pour 1000 aune solution au même titre en chlorure de potassium, mais contenant .')6*= de phénol pour 1000. L'appareil est constitué par uti tube de verre formant siphon étiré après lavage à l'acide ciiromique bouillant. Il fait communiquer deux flacons dont l'un est réuni à un SÉANCE DU l5 NOVEMBRE I909. 847 compresseur el à un manomètre; le liquide contenu dans l'autre se trouve à la pression atmosphérique. Les difTérences de potentiel sont prises avec des électrodes impolarisables d'argent recouvert de chlorure d'argent fondu, comme celles dont M. d'Arsonval a enseigné l'usage. Les fils d'argent sont ici scellés chacun à l'extrémité d'un tube de verre par le chlorure d'argent lui-même. L'électrométre capillaire est employé comme instrumenl de zéro. J'ai vérifié que le rapport des forces électromotrices aux pressions reste bien constant pour un liquide donné même quand on réétire plusieurs fois le même tube de verre. Voici quelques nombres : /KCI L — Solution dans l'eau rfe KCI ( pour 1000 \ 1 000 ' de Daniell E 1' en centimètres E de mercure. P çfjo 16,8 57,8 990 17,2 56,6 970 i(j,6 58,2 1180 20 58,9 820 i4,2 57,8 85o i4,6 .58,2 KCI \ IL — Solution dans l'eau de KC\ el de C'WOWi et 56f de phénol pour 1000] . \ I 000 / 63o 16 39,4 475 11,8 40, u 660 16 4 ' j 2 63o 1 5 , 4 4o , 9 490 12,4 39,6 65o I 5 , 9 4o , 9 (Température 17°). La méthode du téléphone m'a permis de constater que la conductibilité électrique des .solutions I et II est la même. J'ai mesuré le rapport des viscosités des solutions : — = 1,09. ■flo E _3Tt _ P Y) (l'indice o désigne les quantités relatives à la solution non phéniquée). &48 ACADÉMIE DES SCIENCES. Une première série de mesures m'a conduit au résultat suivant .!-.„ "'«''• Une deuxième série absolument indépendante de la première m'a donné OU ^IV„="' Un corps soluble non conducteur peut donc modifier l'électrisation de contact à la surface de séparation d'un électrolyte et d'une paroi non con- ductrice. Ce phénomène est certainement eu relation avec ceux qu'a misen évidence M. Gouy en électrocapillarité. Je me propose de répéter l'expérience décrite plus haut avec diverses substances et en variant ses conditions. PHYSIQUE. — Sur la téléphonie à ^rande distance. Note de M. Vasilesco Kakpe.v, présentée par M. Lippmanu. Dans la transmission téléphonique de la parole, surtout lors([u'il s'agit de la transmission par câbles, la distance semble devoir être limitée non pas par l'affaiblissement du courant téléphonique pendant la transmission, mais par son altération qui, à partir d'une certaine distance, rend la voix à l'ar- rivée inintelligible. Le courant téléphonique transmettant la parole articulée est, en majeure partie, un courant périodique pouvant être décomposé en plusieurs har- moniques, différant les uns des autres par la fréquence, V amplitude et la phase ( ' ). Si l'on admet que ces harmoniques se propagent indépendamment les uns des autres, il est facile de se rendre compte, même quantitativement, de l'altération du courant téléphonique. En effet, la vitesse de propagation et la constante d'atténuation croissent avec la fréquence, de sorte que, pendant la transmission, les amplitudes relatives et les phases relatives des harmoniques ne restent pas les mêmes qu'au départ; le courant total à l'arrivée ne ressemble plus au courant pro- duit par le microphone, et la parole n'est plus comprise. (') Di;VAiix-CiiARHO.\Nr;i,, La Lumière électrique, igo8. SÉANCE DU l5 NOVEMBRE I909. 8/jC) L'augmentation artificielle de la self-induction de la ligne atténue dans une grande mesure non seulement Taflaiblissement du courant télépho- nique, mais aussi son altération, et permet d'accroître considérablement la distance à laquelle on peut téléphoner. Mais il y a lieu de se demander s'il n'y aurait, dans certains cas, avantage à appliquer dans la téléphonie, ordinaire les procédés de la téléphonie sans fil, c'est-à-dire d'employer pour la transmission, des ondes régulièrement entre- tenues, de fréquence bien déterminée et unique, produites soit par l'arc chantant, soit par des alternateurs de haute fréquence. La réception se ferait également par les procédés utilisés en téléphonie sans fil. La fréquence étant uni([ue, il n'y aurait plus de déformation de la voix, celle-ci serait seulement aft'aiblie, et il semble que par ce moyen on puisse augmenter la distance à laquelle la parole peut être transmise. Les diflicultés de production des ondes seraient moindres qu'en téléphonie sans fil, car la fréquence devrait être juste assez suffisante pour (jue les ondes puissent suivre les modulations de la voix parla variation de leur amplitude (sans que cette variation soit trop prononcée d'une onde à la suivante) et pour qu'elles n'impressionnent pas directement le téléphone récepteur. Sans doute on perdrait pai- ce procédé la simplicité de la téléphonie habi- tuelle; d'un autre côté l'amortissement, s'il devient le même pour tous le sons composantla voix, devient en même temps plus considérable, surtout à cause de l'augmentation de la résistance apparente de la ligne pour des fré- quences de l'ordre de iSooo. Il y aurait, ii ce point de vue, avantage à se servir d'une fréquence relali- vement basse, 5 000 par exemple, ce qui a priori ne paraît pas impossible. L'emploi des ondes permettrait de plus, ainsi que cela a été déjà proposé, la téléphonie multiple. Les récepteurs syntonisés dont on se servirait pour- raient être rendus aussi sensibles c[ue possible sans craindre les perturba- tions accidentelles sur la ligne, qui n'ont pas d'influence sur cette sorte de récepteurs. PHYSIQUE. — Sur les effets destructifs des décharges oscillantes de grande fréquence. JNote de M. André Lkauté, présentée ])ar ^L J. ^ iolle. M. ^ iolle a bien voulu me signaler une intéressante expérience, qu'il a efl'ectuée autrefois en faisant passer la décharge d'une bobine de RuhmkorfT C. R., 1909, j- Semestre. (T. 149, N° 20.) I l4 85o ACADÉMIE DES SCIENCES. à travers un fil métallique très fin, tendu au-dessus d'une plaque de verre. La volatilisation du fil produit, dans ces conditions, sur la plaque de verre une trace afFectant la disposition suivante : une fine raie centrale, le long de laquelle le verre est corrodé, marcpie la place qu'occupait le fil; de part et d'autre de cette ligne et perpendiculairement à elle, le métal est déposé sous forme de nombreuses stries, extrêmement déliées et régulièrement espacées. Cette expérience m'a suggéré l'idée d'étudier par un procédé analogue l'eflet destructif des décharges oscillatoires de grande fréquence. Dans ce but. j ai substitué à la bobine de KuluiikorlT. qu'employait M. Violle, un dispositif capable de produire des oscillations rapides, et j'ai relié les deux, extrémités du fil (in, dont on provoque la volatilisation, aux deiix armatures d'un condensateur C. Le circuit de décharge, qui d'ailleurs doit être aussi court que possible, comprenait, en outre du fil fin, un éclateur K et une petite self-induction L, qu'on pouvait faire varier à volonté; la capacité du condensateur G et la distance explosive de l'éclateur E étaient également réglables. Pour obtenir des résultats comparables, il était nécessaire de s'assurer avec un soin minutieux que l'étincelle passait toujours dans les mêmes conditions entre les boules de l'éclateur E; pour cela, après chaque expérience, on renouvelait, au moyen d'un ventilaleui-, l'air entre les électrodes, dont il fallait d'ailleurs nettoyer très fréquem- ment la surface; l'air devait être sec et la température constante; de plus, pour faire passer l'étincelle, il importait d'augmenter progressivement et toujouis avec la même vitesse le courant dans le primaire du transformateur ou de l'inducteur, au moyen (lesquels on chargeait le condensateur C; lorsqu'on avait atteint la valeur pour la- quelle l'étincelle s'était produite dans la précédente ex])érience, on cessait de faire croître le courant et l'étincelle se produisait avec un retard variable, qui parfois dépassait i minute. J'ai constaté ainsi : 1° Que la trace produite sur le verre était d'autant plus large que l'éner- gie de la décharge était plus grande; 2° Que la self-induction du circuit de décharge jouait un rôle considé- rable dans ce phénomène. Cette dernière observation est particulièrement intéressante, car il est curieux de voir combien une variation extrêmement faible de la self-induction peut iniluer sur la largeur de la trace déposée. Ainsi, eu opérant avec une capacité C de 2 à 3 cen- tièmes de microfarad, un potentiel explosif de 20000 à a.'jooo volts et un fil de laiton de o""",o6 de diamètre, j'ai constaté qu'une self-induction de 2 microlienrvs seulement diminue d'une façon appréciable la largeur de la trace, tandis que celte dernière est supprimée complètement par une self-induction de loo niicrohenrys. Cette constatation luonlre que, dans ces expériences, c'est une véritable explosion du fil qui se produit. Les particules de métal, vaporisées et SEANCE UU l5 NOVEMBRE 1909. 85 1 violemment projetées de part et d'autre de la ligne centrale, donnent nais- sance, en se condensant ensuite de nouveau, aux fines stries qu'on observe sur la plaque. J'ai cru devoir signaler ce fait pour deux raisons. La première est ([u'il vient à l'appui d'une hypothèse de M. Séménov('), dapi'ès laquelle le trait de feu dans rétincelle produit une véritable explosion des molécules d'air, le long desquelles il se produit. En effet le trait de feu paraît correspondre à une décharge extrêmement rapide, sous Tacliou de laquelle les molécules d'air placées entre les électrodes doivent se comporter comme le fil fin dans les expériences ci-dessus..Kn second lieu, il résulte de cette étude que les décharges très brusques peuvent produire des effets destructifs considé- rables, alors même que leur énergie est faible, et cette remarque explique l)ien pounpioi il est si difficile de protéger contre la foudre les lignes élec- triques aériennes. Enfin, les expéi'iences que je viens de relater posent la (juestion de savoir si, lorsqu'on diminue la self-induction du circuit de décharge, l'augmentation que Fou constate dans la violence de l'explosion est due à ce (jue la période d'oscillation du courant a diminué ou à ce que l'intensité maximum a crû. Je montrerai prochainement (pion peut, par le calcul, répondre à cette question. PHOTOGRAPHIE. — Formule de. sensibilisation citronialiqite pour le rouge extrême et le commencement de l' infra-rouge. Note de M. Gah<;am de Moxcetz, présentée par M. Deslandres. J'espère rendre service aux spectroscopistes en publiant ici la formule d'un sensibilisateur pour le rouge extrême et le commencement de l'infra- rouge, dont j'ai obtenu, à l'Observatoire de Meudon, de remarquables résultats. Voici cette formule, pour une jilacpie () :< ii» : I" Ajouter ù 56""' d'eau dislillée 3'°'' d'une solution de bleu d'alizarine bisulfite à j^„ et i"^"' d'ainmoniaf(ue concentrée; on obtient ainsi une liqueur vert bleuâtre, a" Ajouter à relie liqueur Alcool 42' ■"' NigrosineB à .J„ ■>:'"' l'iiiac\anol à yj^ô' ^^ gouttes (' ; Séménov, Thèse de Doctoral. 852 ACADÉMIE DES SCIENCES. Il faut noter que toutes les plaques ne sont pas aptes à être sensibilisées par cette préparation : les plaques Jouyla, à l'iodobromure d'argent, m'ont fourni les résultais les meilleurs. De j)his, l'emploi de l'alizarine ayant, paraît-il, donné lieu à certains mécomptes, j'attire l'attention sur celle particularité que la solution de cette substance doit être employée immédiatement après avoir été faite, à cause de sa grande instabilité. Les plaques ainsi traitées se conservent quelques jours. J'ai également noté qu'on pouvait, sans rien changer au résultat, rem- placer l'ammoniaque de la formule par quelques gouttes d'une solution de potasse à 5 pour toc. Les essais .ont été faits avec un spectroscope à prisme dont le rapport d'ouverture est de y,,, et, dans ces conditions, la raie a8i6 du sodium est obtenue en quelques secondes. En portant le temps de pose à i minute environ, on obtient les raies du calcium situées vers /v86o, mais le spectre d'une lampe Nernst ou de l'arc électrique s'étend sensiblement plus loin vers l'infra-rouge. PHYSIQUE. — Sur une nouvelle substance très fluorescente dérivée de la physosti gmine . Note de M. Paci, Gaubekt, présentée par M. A. Lacroix. Bien que le nombre de corps fluoresceçts soit considérable, il en est peu dont la fluorescence soit très intense, et aucun d'eux ne peutélre comparé à la fluorescéine pour cette propriété; aussi je crois intéressant de signaler l'existence d'un corps dont la belle fluorescence rouge dépasse celle de toutes les substances connues. Je l'ai observée au cours de recherches sur la colo- ration artilicielle des cristaux. On obtienl celle substance de la manière suivante : une solution aqueuse de phjso- stigtnine est laissée pendant plusieurs mois jusqu'à ce qu'elle ait pris une teinte bleu foncé. C'est alors que l'addition d'acide plitalique hydraté lui donne une coloration rouge de sang due à la fluorescence. La production de cette teinte est un caractère dislinctif très sensible à la fois pour la physosligmine et pour l'acide plitalique hydraté. I^es cristaux de ce nouveau corps sont bleu foncé; les cristaux d'acide méconique, la soie, le coton, ralcooi, i'éther, etc., colorés par lui, sont aussi bleu foncé, mais ne possèdent aucune fluorescence. Par contre, de leur solution aqueuse il rayonne une telle quantité de lumière épipolique qu'une goutte assez diluée pour être bleuâtre, SÉANCE DU l5 NOVIiMBRE I909. 85>^ presque incolore, quand elle est observée par transparence, montre une teinte rouge de sang, comparable à celle des plus beaux rubis, quand elle est examinée par ré- flexion avec la lumière naturelle. ÉLECTRICITÉ. — Sur ks propriétés électriques des alliages aluminium-cuivre. Note (') de M. W. Bro.xiewski, présentée par M. H. Le Chalelier. Les propriétés électriques des alliages aluminium-cuivre n'ont été étu- diées que dans les limites très restreintes, ne dépassant pas une addition de 12 pour 100 d'un métal dans l'autre. La grande fragilité des portions moyennes en a été probablement la cause. J'ai étudié la conductivité spécifique, le coefficient de température de la résistance, le pouvoir thermo-électrique et la force électromolrice de disso- lution de la série complète des alliages, ce qui permet de définir leur con- stitution. Les alliages étaient fondus sous une couche de chlorure de sodium et de potassium, et coulés en barres de i?/'"-i.V™ de long et de 5™" de diamètre. Leur résistance électrique fut mesurée par un pont de Thomson à o" et 100°. La force thermo-électrique était ])rise par rapport au cuivre entre o" et H-ioo° et entre 0° et — 80°. La force électromolrice de dissolution fut prise dans une solution saturée de chlorure d'ammonium par rapport à une électrode en charbon dépolarisée par du bioxyde de manganèse. La force éleclromotrice de dissolution variant assez sensiblement, sa valeur maxima et sa valeur limite furent notées. Le Tableau suivant contient nos principaux nombres exprimés sur les graphiques. Pour lOii Coeflicient Force éleclromotrice Pouvoir thermo- de Cu Coiiducti\itè à 0' . de tem|: Trempé. léralure. Kecuil. de d issolulion. électriq ue à 0". en volume. Trempe. HeciiiU Max. Limite. Trempé. Hecuil. 0 38,5 4o,o o.0o4 10 0,00425 I ,20 1,10 2,92 2,95 1,18 23,5 3i ,0 0,00290 0,00375 l,o4 I ,00 2,4o 2,59 2,78 22 1 1 27-9 0,00206 0,00343 1,01 0,99 2,26 2,5l «.41 .8,9. 25,4 0,00210 o,oo325 1 ,01 o>99 2,38 2,61 10,6 18,3 23,2 0,00190 o,oo3o4 1 ,01 0,99 2 , 54 2,79-- 16,3 16,7 •9.7 0 , 00 1 96 0,00268 1,01 0,99 2,75 2 ,85 23,. (••,9) 16,5 0,0021 2 0,00252 1 ,0! 0,98 (2, .48) 3,08 01,6 12,4 i4,i O,002o5 0,00222 0,98 0,81 1,56 1,44 37'9 11,. 5 i3,o 0.00201 0,0021 I 0,92 0.79 ■ — o,5i —0,77 (') Présentée dans la séance du 8 novembre 1909. 854 ACADEMIE DES SCIENCES. l'our 1011 Coefficient Force él ectruniolrice PoUMlil Iheniio- ilo Cu Condiictiv ité à 0°. Trompé. Reciiil. de lemp Trempé. ^raluro. Recuit. de d ssolution. électri( ue d 0°. volume. Max. Limile. Trempé. Recuil. 4.-7 9.>4 '2,1 0 , 00 I 09 0,00208 0,78 0,76 — I ,06 —0,92 47,3 6,82 9,80 0,00091 0 , 00 1 1 7 0,78 0,74 —0,42 — 0,60 5o, 1 6,53 8,61 0 , 00099 0 , 00 I I 8 0,78 0,74 —0,10 0, 16 r)C!,(i 3,5o 3,56 0,00080 0,00080 0,73 0,70 — 2,95 -3,76 54,4 3,54 3.46 0 , 00062 o,oo(i(i5 0,73 0,68 -8.37 -8,92 58,8 6,45 4,72 o,ooo58 0 , 00070 0,72 o,64 — 3,22 — 3,19 64,7 8,35 6,33 0,00020 0,00091 0,71 0,63 4,10 5 , 20 68,3 i3,4 7, 3o 0,00166 o,oot4o o,63 0,62 I ,40 4,24 73,3 6,85 8.47 0,00071 0 , 00 I 10 0 , 62 0,59 0,55 1 , 10 80,3 7,52 9,22 0 , 00059 0,00097 0,60 (.,58 0,61 0,82 86,0 9,6a 10, o5 o,ooo55 0,06081 0 , 59 o,58 0,71 0,73 94,0 '7'^ ■7.1 0,00086 o,ooo85 0,59 o,58 0,64 o,64 lOO 64,0 65, 0 0, 00425 0,00428 0,58 0 , 57 0 0 La conducli\ilé {/io- ■) J ^^'^ prise comme inverse de la résistance spécifique en microhms-cenliniètres; le coefficient de température (yZ,.^^. 2 ) exprime la variation de ■ \ \ \ 1 ',, ^ \ *m "^ / f -V \ ,( / s \ \ «A ■', ^ ^ ■■^ \ / •J ,'/ y ! 1 f.J,(.Êm->-» i \ \ ', \ '%. t i' ^ >4 K ' \ C"' '/ -î L ■/ j ■/.. heures à douce ébuliition dans une fiole coni(|ue fermée par un petit entonnoir, servant à la condensation partielle de la vapeur et ii diminuer l'ac- cès de l'ail'. Le résidu iiist)li!ble était formé presque entièrement par de l'argent métal- lique. I)u li(|ulde neutre et mm réducteur, on a séparé d'aliord (') o«,8'2S5 de AgCI puis o'-',o<)96de BaS()'*. I-a solutlim renfermait donc sous forme de sel d'argent un acide aulr« que l'acide sulfurique et combiné comme l'indique le caliul à S."!, 2 pour 100 de l'argent en solution. Le liquide lillré et acidifié par II CI. porté à 100°, a déposé du snlf,(te de baryte et dégagé du gaz sulfureux qui, recueilli et oxydé, a donné un poids de sulfate de baryte sensiblement égal e'i celui déposé dans la liqueur. L'acide formé est donc l'acide ditliionique. D'aulie part, si la décomposition du sulfite d'argent donne réellement du sulfate et de l'anhydride sulfureux, ce dernier, si l'on opère en lutte scellé, ne pourra se dégager (') Four ces analyses, il est indispensable de précl|>iter l'argent tout d'abord, car le ^uJfate de baryte entraîne toujours de l'argent et il prend alors à lïi calcination une teinte brune. . . SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. H5f) et ultérieurement à froid, suivant le mode mi-me de préparation' du sulfite d'argent. décomjHjsera le sulfate et l'on aura une solution sulfurique facile à titrer. Dans ces conditions, après i lieure de chauffe, on a, en effet, un liquide sans odeur, à pouvoir réducteur presque insensible et seulement très légèrement acidulé. L'acidité étant comptée en acide sulfurique, le titrage a donné moins de j^^ de molécule SO' H^ au litre, en accord avec le dosage pondéral puisque C)2""\5 de liqueur ont fourni os, oggt) die BaSO'. Mais ooninie, d'autie part, ce rtièrti'e liquide a donné 18,0267 de AgCl, ou voit que, dans cette e\périence encore, il n'y a pas rapport de poids entre l'acide sul- furique et l'argent. Le dosage ( ' ) de l'acide ditliiimique. transformé par oxydation en acide hulfuriquc correspondant à is. 7667 HaSO', le conilrnie. Il y a don(- 89,84 pour 100 du sulfite décontpàsé, qui ont été transfo'rmé's en dithiôttate, et 10, t6 pouc 100 seulement en sulfate. Ce rapport, bien entendu, varie un peu d'une opération à Tautix^ mais sans écart bien sensible pour les mêmes conditions, lui tube scellé, en cil'et, il ne i'aut pas prolonger l'action de la clialeiir, même si le sulfite n'était pas complètement décomposé, parce qu'en pfésett'Ce du g-az sulfureux, (piï 'rrepeut s'écbapper, il y a décom- position de l'acid* 'dithionique formé et augment'atiô'rt de la quantité d'acide SO'H-. Kn ce qui concerne les sulfites doubles d'argent, nous avons vu qua 100", leur décomposition 68*1 i"api(5êrtient complète. Reprenant donc l''essai de la Noie préèéde'n'l^, fait avec '>,s,7 de \gA7.O' et 12s de sulfite de sddium, j'ai tout d'abord constaté, apiV^S l'action de ia clialeur, la très faible «piantité de pyrosuUite formée, cela par un dosage alcalimétrique. Puis, après l'élimination des sulfites et sulfates, j'ai déterminé par voie pondérale, sous forme de HaSO', la quantité d'acide suif uri(]ue produite par l'oxvdation de l'acide dithionique. Le rapport de ce poids à celui que tliéoriquenienl on aurait du obtenir, d'après le poids de .VgAzO' transformé en sullite double, ma permis de reconnaître que 97, 5 pour 100 de ce sulfite avaient fourni du dilhionale et 2,.") pour loO seulement du sulfate. Dans deux autres expériences, eu me basant sur les jKiids de BaSO' fournis d'une part par l'acide sulfurique provenant de l'oxydation de l'acide dithionique et de l'autre par celui formé pendant raction de la clialeur sur le sullite double, j'ai retrouvé très sênsiblehienl les mêmes résultats, soit '96,4 «"t t^5if>'6 pour 100. Dans tes <ÎIe-rnièrè^ expériences, pour éviter l'oxydation du sulfite de sodium, on a chauffé en ttibe sicelié. L(f lumière A les mêmes eiVels cpie la clialeur sur le sulfite d'argent et ses sels doubles; ainsi s'explique l'observation de certains auteurs sur l'insta- (') La décomposition à 100° eu solution même acide est longue et peu pralii|ue. I-e mieux est de transformer l'acide dithionique en acide sulfurique par évapoiation de la solution avec du nitre et carbonate alcalin et de calciner le résidu à 300"- '(Oo". Seule- ment ainsi, j'ai eu des résultats i'oustants; l'eau régale ou le brome n'oxydant qu'in- complètement à 100° l'acide dithionique en solution trop o.°-i i2" sous 18'"'" est formée d'uQ mélange de deux .oximes isomères qu'on arrive à séparer par des cris- tallisa tions nombreuses dans l'alcool absolu. Le produit qui se dépose le premier, oxime a, fond à 83"; le deuxième, extrêmement soluble dans l'al- cool et l'éther, oxime [i, fond à 45". 864 ACADÉMIE DES SCIENCES. Traités par l'isocyanate de phényle, ces deux produits donnent deux car- banilidoximes différentes qui, après recristallisation dans l'éther ordinaire, se présentent : la carhanilidoxime a en aiguilles soyeuses P. F. '79"-8o°, la carhanilidoxime jîl en cristaux durs et brillants P. F. g/j^-Q^". Pinacoline C"H'"0. — La pinacoline, régénérée de son oxime mixte, constitue un liquide incolore, à odeur fortement camphrée, bouillant à 83" sous i8'"'". Chauffée avec de la semicarbazide en milieu acétique, elle donne deux semicarbazones qu'on peut séparer par cristallisation fractionnée dans l'éther de pétrole : semicarbnzone a en aiguilles fondant à 158", semicarba- zone p en cristaux fondant à 176". MINÉRALOGIE. — Sur les formations éruptives et métamorphiques an Tonkin et sur la fréquence des types de laminage. Note de M. Depr.4t, présentée par M. Michel Lévy. J'ai pu récemment étudier une grande quantité d'échantillons recueillis par les officiers topographes et leur détermination précise en lame mince m'a conduit aux résultats suivants : 1° Série cryslallophyUienne et granitique. — Comme l'a déjà indiqué M. Lantenois (' )> il existe au Tonkin des granités francs accompagnés d'un cortège de roches cristallophylliennes. Ces roches forment une vaste région arasée recouverte transgressivement par la puissante série d'arkoses, quart- zites et schistes appartenant, d'après ceux qui se sont récemment occupés de la région, au Trias-rhétien. Ces formations constituant une couverture continue, ou des témoins isolés sur le granité ou le gneiss (feuilles de \ en liay. Van Yen, etc.) ne sonl jamais touchées par le métamorphisme et au contraire contiennent à l'état élastique tous les éléments des granités et des gneiss:, ces derniers sont puissamment développés surtout à l'état de silli- manite et grenats sur la feuille de \en Bay, remarquablement levée par le capitaine Dussault qui m'a soumis ses documents du plus grand intérêt. On observe un beau développement de granités à biotite, à muscovite, en rela- tion avec des aplites tourmaUnifères\ les cipolins de type pyrénéen à miné- raux- {grenat, fuchsite, phlogopite, wollastonite, diopside, etc.) sont abon- dants (monts de Nui-Niou. Khân Khanh, Muong Tom) et passent par des (') Mém. Soc. Gcol. Fr., 4° série, l. 1, Méni. 11° 4. SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. 865 pyroxénites, amphibolites à des dioriles ou des granités amphiboliqiies passant eux-mêmes au granité normal. Sur la feuille de Son La les mêmes roches i-eparaissent dans le massif de Sa Phin et dans le coin Sud-Est où se montrent des gneiss. 11 en est de même sur celles de Than-Ba, Van-Yen et Tu Lé. Au nord du Tonkin, dans la région d'Iba-Giong, il y a un magnifique développement de granités à mica blanc avec un abondant cortège de roches tourmalinifères, de gneiss et de micascliites à minéraux. Dans la région de Lao-Kay existent également des types à mica i>lanc, de granités passant à des gneiss qui plus loin passent eux-mêmes à des schistes à andalousile et staurotide. Dans cette même région apparaissent des e.hans. des granités micropegmatiti(jues à bisilicates sodifer- riqiies; ces roches, (jui paraissent très disséminées au Tonkin (j'en ai re- connu sur la feuille de Tu Lé; M. Lantenois, d'après M. Termier, en a signalé au Pia-Ya), appartiennent à une venue spéciale. L'appréciation de M. Zeil admettant la mise en place du granité après plissements (' ) est inadmis- sible, car un examen même sommaire montre qu'au contraire tous ces types de roches ont intensément souffert des plissements. 2" Syénites nèphéliniques . — J'ai découvert déjà deux gisements de ces belles roches sur les feuilles de Tu Lé et de Tuyen Quan. 3° Microgranitcs au sud-ouest dujleuve Rouge. — Dans toute cette partie du Tonkin, ces roches jouent un rôle très important. Banales comme com- position, variées comme structure, elles forment dénormes amas ou des liions intrusifs. Llles n'ont jamais exercé de métamorphisme, du moins sensible, et l'on n'observe que des zones de refusion d'assises à leur contact immédiat et un endomorphisme restreint consécutif. Sur les feuilles de Son La, Tu Lé, je montrerai ultérieurement qu'elles sont laminées à un degré extraordinaire, ce (jui ex[)lique qu'on ait eu tendance à les prendre pour des terrains métamorphiques. Ces roches sont en galets dans le Ter- rain rouge (échantillons du capitaine Dussault). 4" Les roches basiques, gabbros, diabases., porphyrites, forment d'impor- tantes traînées, souvent écrasées, alignées NO-SE le long de la rivière iNoire. Elles sont banales et oflrent les variations de structure classiquesT Sur le coin SO de Son La il y a de telles péridolites altérées. (') Mém. Soc. Géol. Fr., 4° série, l. I, Méni. n° 3. C. W., 1909, 2* Semestre. (T. 149, N° 20.) I 16 ^66 ACADÉMIE DES SCIENCES. En. résumé, je puis actuellement indiquer au Tonkin les principaux groupes éruptifs suivants : I, granités à biotite souvent endomorphisés au contact de calcaires paléozoïques en ainpliibolites, ou surmicacés, associés à une puissante série cristaUopliyllicnue ; II, granités à muscovite ; III, gra- nités alcalins à lNa-(.) non fcldspalhisablc; IV, syénites népliéliniques; V, Dtticrogranites, rliyQlites, etc.; M, gabbros, diabases, porphyrites et peut- èlre péridotites ; le to;u.t accompagné de laminages intenses et d'écrasements identiques à ceux que j'ai décrits en Corse, à tel point que dans les feuilles de Son La et de Tu L,é ou constate qu'aucun type de formation n'a échappé à l'écrasement,, et il suffit de considérer les échantillons recueillis, pour prévoir avec la plus entière certitude (jue les recherches ultérieures sur le terrain montreront les contacts anormaux comme une généralité (' ). MINÉHALOGJE. — Elude optiqusi de l'absorption des valeurs lourdes par certaines zéolithes. Note de M. F. Grandjean, présentée par M. Pierre Termier. M. G. Fi'iedel (^) a montré que les zéolithes, après déshydratation, pou- vaient absorber des substances très diverses, en quantité souvent considé- rable ; notamment l'air, l'aniuioniaque, l'hydrogène sulfuré, l'alcool, les solutions de sels minéraux comme le silicate de soude. Ces corps peuvent être chassés par élévation' de température, ou par action de l'eau pure en excès, puis réabsorbés autant de fois qu'on le désire, l^eur absorption est un phénomène d'équilibre divariant, et la zéolithe mélangée à ces substances étrangères doit être considérée comme homogène, ne formant qu'une phase. Je me suis proposé de voir comment les substances absorbées inter- viennent dans les propriétés optiques de l'ensemble, et j'ai étudié surtout, à ce point de vue, l'action des vapeurs lourdes d'iode, de brome, de calomeï, de mercure, de soufre, de cinabre, que certaines zéolitbes absorbent avec la plus surprenante avidité. Voici les résultats obtenus avec la chabasie, du gisement d'Aussig. Naturelle (saturée d'eau), elle est biaxe ( 2 V ^^ environ 6.") " ), négativ-e; «,, est paral- lèle à Taxe ternaire des groupements; 11^ — /(,, = 0,001 '|. " . (') Les levés du capitaine Dussault sur la feuille de Son La sont des plus instructifs à cet égard. C) Bull. Soc. Jr. de Minéralogie, t. \1X, p. 94 et 363; t. XXI, p. 5; f.XXI'L, p. 5. I SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. 867 Anhydre et saturée d'air sec, elle est presque uniaxe (2 V < 12°), positive: n^. — «p^zrxjjOoSg; n^ est parallèle à l'axe du rhomboèdre. La rentrée de l'eau pro- voque une brusque chute de biréfringence et le changement du signe. Saturée d'ammoniaque, elle est uniaxe, positive ; n^ — «,, ^o.oo4 ; «^ est paral- lèle à l'axe du rhomboèdre. Quand l'eau pénètre, elle se mélange à l'amnioniaque ;i l'intérieur même du cristal, puis chasse peu à peu le gaz. On observe, pendant l'hydra- tation, une variation singulière de la biréfringence. Celle-ci part de -+- o, oo4, décroît, s'annule, devient négative et atteint un maximum négatif de o,oo63 pour une certaine pi-oportioii d'aininoniaque et d'eau ; puis la biréfringence diminue jusqua la valeur — o,ooi4 qui coirespond à la chabasie saturée d'eau, sans ammoniaque. Saturée d'iode à 3oo° (teneur 0,9 pour 100) et refioidie dans l'exsiccateur, la cha- jja'^ie |)ossède des propriétés optiques voisines de celles de la chabasie saturée d'air sec; mais elle est colorée en jaune et fortement polycliroïque (?;^, jaune, UpCl n,„ rose, plus sombre). Les couleurs varient avec la température, mais le pléocbroistne est aussi marqué à 275° (bien au-dessus de la température d'ébullilioii de l'iode) qu'à la température ordinaire. La même ciiabasie, saturée d'eau, présente le même poly- chro'isme, mais une biréfrigence bien plus faible. Les teintes de polarisation deviennent très dispersives. Saturée de calomel à Soo", elle est uniaxe, négative, avec une biréfrigence considé- rable : 0.055 ; n^ est parallèle à l'axe ternaire. La r|niantit« de caloiuel absorbé est énorme, 24 pour 100 environ. La chabasie au calomel n'absorbe plus d'air et ne se uiodilie pas sensiblement dans l'eau. L'absorj)tion e~t accompagnée d'une forte aug- mentation de volume qui pulvérise les cristaux. La poudre est constituée par des prismes irréguliers, allongés, à arêtes parallèles ii l'axe de l'ancien rhomboèdre, striés en travers [ plans n' (0001 )]. Saturée de mercure a 3oo" et refroidie dans l'exsiccateui-, la chabasie est jaune. biaxe, négative, 2\ ( mesuré) = 74° ; «^ — /ip=ro,028. Le minéral très limpide, montie un pléochroïsme net (/j^ jaune très pâle, n,„ jaune pâle, «„ jaune rougeâtre. plus sombre). La surface des fragments est ornée de fines sliies, parallèles aux plans 6' (01 12) équidistantes de iV-. En présence d'eau, cette chabasie noircit; son poij'chroVsme augmente beaucoup (n^, brun,'«,„ brun sombre, /;„ noir opaque). La Ijiréfrigence diminue. I-es grains saturés de mercure deviennent complètement opaques, d'un noir brillant. La quantité de mercure absorbé est énorme : 35 pour 100 par rapport à la chabasie déshydratée à 5oo°. Sans le céder, la chabasie peut absorber encore 25 pour 100 d'eau. A chaud, l'eau s'en va, puis le mercure, et l'on retrouve la chabasie initiale prête a tme nouvelle absorption. Quand la clmbasie est saturée d'un mélange de calomel et de mercuriales propriét-és optiques sont ijitermédiaires entre celles que donnent les deux saturations pi-écédentes. Il semble que le mercure et le calomel se mélangent d'une manière homogène, en lootP's proportions, dans la zéolitlie, qui joue le rôle de solvant solide. Saturée de soufre, la chabasie est négative, très biréfringente («^ — «^ = o,o36). les stries 6' (OII2) se formant à la surface. La couleur est jaune pâle à froid, noire ii chaud. 868 ACADÉMIE DES SCIENCES. Saturée de cinabre, la cliabasie est positive, très biréfringenle («„ — /les renctus, 18 mai 1908; Journal de Physiologie et de Pathologie générale, juillet 1908). Le rapport des concentrations parait d'ailleurs, au point de vue physico-chimique, con- stituer une condition causale plus vraisemblable du phénomène inconnu par lequel se déclenche l'activité nerveuse ou musculaire. C. R., 1909, T Semestre. (T. 149, .\° 20.) II7 874 ACADÉMIE DES SCIENCES. De même, en Physiologie, la diminution d'efficacité du courant progressif est d'autant moins marquée que le tissu a uite excitabilité plus lente au point de vue b. f. Si, pour acquérir une certaine intensité constante en un temps donné, le courant suit une progression logarithmique, le maximum atteint par R est plus petit que si la progression est linéaire. En Physiologie, la comparaison de ces deux formes de courant n'avait jamais été faite. L'expérience m'a montré (sur le sciatique et le gastrocnémien de la gre- nouille) que, pour atteindre le seuil, il faut une intensité linale nettement plus grande avec un courant progressif logarithmique qu'avec un courant progressif linéaire. Après l'accord avec les faits connus, cette vérification d'une conséquence imprévue de la théorie me paraît une sorte d'expérience cruciale. MÉDECINE. — Milieux artificiels atténuant ou exaltant la virulence du bacille de Koc/i. Note de M. Baudk.w, présentée par M. d'Arsonval. L'analyse du bacille tuberculeux, faite parSchweimtz et D arset (Central - blat fiir klin. Med., 1891) prouve qu'un seul acide figure parmi les éléments constituants; l'acide pliosphorique. Nous même (Comptes rendus, t. CXLII, 190G, p. 637) avons constaté, en outre, la présence de petites quantités de fer et de manganèse. En raison de l'idée que nous avons du terrain tuberculeux (Bulletin des Sciences pharmacologiques . mars 1904) et de la nature albumosique de la toxine, nous avons préparé deux sortes de milieux: l'un contenant du fer, le second du manganèse. 1° Milieu fer. — La formule est la suivante : g Glycérosphosphale de fer 0,20 Mélapliosphate de soude -. . 5 Citrate de soude 1 Glycérine 60 Albumoses Byla 10 Eau distillée 1000 Dissoudre les trois premières substances dans 200"°'° d'eau, faire bouillir, ajouter la glycérine, les albumoses, alcaliniser, compléter au volume de i' et stériliser à 100°. Ce liquide convient aussi bien pour cultures sur pommes de terre que pour celles en ballons. SÉANCE DU l5 NOVEMBRE I909. S-jB Nous avons fait, pour avoir de suite de beaux voiles, des passages sur pommes de terre. Au bout de 3 ou 4 jours le développement commence. En 3 semaines, le voile couvre le liquide. La culture a l'aspect de gros bour- geons blanc jaunâtre. Si nous prenons les voiles pour les porter sur des milieux entièrement liquides, ils manifesteront leur végétation en un temps aussi court; puis toute la surface est recouverte d'une couche épaisse en 4 semaines. L'examen microscopique révèle que tous les bacilles sont très petits, altérés. Ils présentent la forme d'haltères dont les extrémités sont seules faiblement colorées par le Ziehl. Une morphologie plus parfaite peut être observée après repiquages suc- cessifs. Expérimentation physiologique. — Les premiers essais que nous avons entrepris, soit avec les bacilles, soit avec les liquides seuls de cultures, indiquent qu'on se trouve en prébeiice d'un bacille fortement atténué. Il ne provoque aucune lésion apparente chez les cobayes. Les animaux ont pu ensuite supporter l'épreuve de cultures viru- lentes sans en être malades. Ces faits permettraient de penser que le fer agit, vis-à-vis du bacille de Koch, dans le sens souhaité par Renon (Maladies populaires^ 19071 P- 334). O" peut le résumer ainsi : « Descendre la gamme de la virulence du microbe qui devient alors inoflTensif pour l'organisme et permet à celui-ci de supporter des bacilles agissant comme des vaccins de plus en plus efticaces. » Nous continuons, d'ailleurs, nos expériences dans le sens de la \accination. 2° Milieu rnnnganése. — Dans le liquide précédent nous remplaçons le fer par quantité égale de phosphate de manganèse et nous opérons de la même façon. Les cultures poussent plus rapidement que sur le milieu fer. Cependant, il faut toujours compter 3 semaines pour obtenir un voile épais, abondant. L'examen microscopique du bacille révèle les mêmes altérations morpho- logiques, encore plus probantes après plusieurs générations. Expérimentation physiologique. — Les animaux qui reçoivent ou des liquides privés de corps bacillaires, ou des bacilles, meurent rapidement avec des symptômes que nous étudions actuellement. Us perdent environ 20 à 3o pour 100 de leur poids. MICROBIOLOGIE. — Action des gaz putrides sur les microbes . (Cas delà levure.') Note de MM. Trili.at et Saito.v, présentée par M. Roux. La vitalité des microbes soumis à l'action directe de l'air dépend de plu- sieurs facteurs, tels que l'humidilé, la température, la lumière, la durée 876 ACADÉMIE DES SGIEIVCES. d'i>xpnsilioii, olc. Ces influences ont clé mises en évidence par un grand nomlne d'auteurs, tels que Pasteur, Ivocli, Downes et Blunt, Tyndall, Jamieson, Duclaux, Roux, Biichner, Arloing, etc. Les travaux de Moniont ont en particulier fait ressortir l'action combinée ou isolée de ces facteurs sur la hactéridie el les spores du cliarl)on. La connaissance de ces conditions d'existence des microbes est impor- tante pour l'hygiène : c'est en nous plaçant à ce point de vue particulier que nous avons entrepris un travail destiné à compléter les observations de ces auteurs. Notre étude concerne l'action que peut exercer sur la vie des microbes la présence des gaz qui souillent communément l'atmosphère que nous respirons, et notamment celle des gaz putrides provenant de la décom- position animale (') ou végétale et de la respiration. En composant des atmosphères renfermant ces gaz d'origine variée, en quantités infinitési- males, et en y exposant des germes selon le mode opératoire décrit plus loin, nous avons constaté que l'air putride non seulement était capable •d'activer le développement de certains germes, mais pouvait, dans quelques circonstances, prolonger leur existence. Nous donnons, comme premier exemple, les résultats que nous avons obtenus avec la levure alcoolique : la traduction de son activité par des poids d'alcool est un moyen rigou- reux de se rendre compte de la marche des essais. Mode opératoire. — Des levures alcooliques, cléla\ées dans de l'eau distillée, étaient déposées sur des bandes de papier et suspendues dans des Hacons de a' de capacité, renfermant, les uns de l'air normal, les autres de l'air souillé par l'introduction de quantités infinitésimales de gaz putride et provenant de la putréfaction de la viande ou du bouillon, de la vase ou de la respiration animale. L'alcalinité des milieux d'essais, quand on pouvait la constater, ne dépassait pas ok,oooi par litre, exprimée en ammoniaque. Après un nombre d'Iieures variable d'exposition, les bandes de papier étaient ensemencées dans des décoctions sucrés de touraillons : après séjour à l'étuve, on procédait au dosage comparatif des liquides de fermentation. I^es Tableaux suivants (') Celle expression imprécise de gaz putrides ne correspond pas à un mélange défini : leur composition varie du commencement à la fin de la putréfaction. Dans nos essais, nous avons utilisé les gaz du début, correspondant à la période la plus alcaline : iqi-' de viande hachée de bœuf, placés dans un llacon de i' dans une éluve à 3o°, donnent après n!\ heures une atniosplière putride pouvant servir à la composition de nos atmosphères d'essais. Le mélange est obtenu en transportant, au moyen d'une pipette, une petite quantité de cet air dans les flacons d'essai. Le moyen que nous indi(|uons de produire des gaz putrides par ensemencement de germes microbiens dans un bouillon stérile est plus rigoureux el permet de reproduire des mélanges gazeux de composition plus constante. SÉANCE DU l5 XOVEMBKE 1909. 877 donnent les résultats en grammes pour 100 de plusieurs expériences faites avec de l'air, contenant des gaz provenant de la putréfaction de la viande de bœuf (I), et de celle du bouillon de bœuf décomposé sous l'influence du B. coti commune (II) et du B. proleus. Les cimdilions d'humidité, de température, de lumière et de neutralité étaient rigoureusement les mêmes pour tous les ballons. La durée d'exposition a varié de 6 à 24 heures. I. II. III. Le Air Air Air Air témoin. souillé. témoin. souillé, P. 100. P. 100. P. 100. P. 100. e s f , E i 0,72 1,12 0,4 0,8 \ 0,8 1,28 0,68 0,96 Accélération . ] 0,72 1 o,4i 1,12 0,96 2,34 1 ,32 2,72 1,6 f .,32 2,32 >,44 1,78 \ 1,56 1,84 1,44 2,2 ( ',27 i,ii .,76 1,6 Relard >,45 ','9 2,96 2,4 ( 3,2 ■ ,44 2,96 2,48 Air Air témoin. souillé. P. 100. P. 100. ivure tuée /,68 » 3,2 » 1,68 » Levure vivante » Levure vivante )) Levure vivante 2,88 Levure tuée 1,68 Levure tuée 1,28 Levure tuée Des résultats analogues ont été obtenus avec les gaz provenant de la putréfaction végétale et de la respiration animale. Le Tableau III correspond à des essais comparatifs, faits à la lumière : il démontre l'eflet protecteur des gaz putrides, à faibles doses. Enfin, les mêmes Tableaux indiquent que les résultats sont diamétra- lement opposés, quand la proportion de gaz putrides est élevée (comme celle qui correspond au x^^^ par exemple), ou lorsque la durée de l'expo- sition est trop prolongée (4 jours dans les essais cités). Plusieurs liypolhèses peuvent être invoquées pour expliquer ces faits expérimentaux. On peut notamment faire rentrer les accélérations consta- tées dans la loi générale des antiseptiques, qui, à faibles doses, jouent le rôle d'excitants. L'hypothèse de Duclaux qui fait d'un antiseptique un ali- ment (') semble particulièrement confirmée dans notre cas, puisque les gaz expérimentés renferment, comme on l'a démontré, à l'état de combi- naisons, outre le carbone et l'hydrogène, de l'azote, du soufre et du phos- phore, c'est-à-dire les éléments constitutifs de la cellule. La nature de l'alcalinité du milieu gazeux, quoiqu'elle soit extrêmement faible dans nos expériences, peut être aussi invoquée comme protégeant le (') LtucLAUx, Traité de Microbiologie^ t. 1, p. 288. 87ip, pré- sentée par M. J. Viol le. Le barrage électrique, dont je soumettais l'ordonnance à l'Académie dans sa séance du 5 juillet dernier, a fonctionné cet été de la manière la plus satisfaisante. Au poste de Saint-Julien-l'Ars, qui a affirmé encore cette année son efficacité reconnue depuis 10 ans, étaient venus s'ajouter ceux de Chauvigny (dans la vallée de la Vienne), de Pesay-le-Sec (sur un plateau aride dévasté constamment par la grêle et les orages) et de Saint-Savin (dans la vallée de la Gartempe). Le poste de Pesay-le-Sec a été cons- truit entièrement par M. le général de Négrier : c'est un pylône en fer avec conducteur constitué par une lame de cuivre aboutissant à une vaste mare toujours pleine d'eau. Les deux autres postes ont été établis par le Comité de défense contre la grêle de la Vienne aidé des subventions des communes et du département. On y a mis à profit de hauts clochers le long desquels on a établi les lames de cuivre aboutissant à des nappes d'eau : ces deux points caractérisent essentiellement le système. La manière de terminer en haut les paratonnerres (par un râteau en cuivre comme h Pesay-le-Sec, par des lames en feuilles d'aloès disposées SÉANCE DU l5 NOVEMBRE 1909. 88 1 tout le long de la lige comme à Chauvigny) est secondaire. De même l'écartement des postes à io'~", d'après la largeur de la zone protégée à Saint-Julien-l'Ars, pourra être modifiée, suivant les résultats de l'expé- rience ( ' ). Dans cette année de 1909, le barrage ayant donné pleine satisfaction C), le Comité conclut à sa continuation à travers la France de la Pointe des Baleines dans l'ile de Ré jusqu'à Bourges et au delà ('), s'il trouve l'aide nécessaire. OCÉANOGRAPHIE. — Résumé de quelques observations scientifiques faites sur les côtes (le la Mauritanie de 1905 à 1909. Note de M. A. Gruvel, pré- sentée par M. E. Perrier. Au cours des difï^érentes missions que nous avons remplies ssr les côtes de la Mauritanie saharienne, depuis 190.5 jusqu'à cette année, nous avons pu faire un certain nombre d'observations scientifiques qui, grâce à leur multiplicité, permettent, croyons-nous, de tirer des conclusions intéres- santes que nous allons résumer ici. Climat. — Le climat de la Mauritanie occidentale est soumis à deux régimes diflerents. La partie qui avoisine le fleuve Sénégal et qui s'étend vers le Nord jusqu'à la hauteur du cap Timiris (Mirik des Cartes) est le régime sénégalien, de plus en plus atténué à mesure que l'on se rapproche du Nord, Il correspond à la zone botanique sahélienne. ( ' ) La liauteur a été fixée de 40™ ou do" au minimum au-dessus du niveau général du sol. Ainsi à Sainl-Saviii la vallée est très profonde, mais le clocher, qui a près de 100™ de hauteur, domine de plus de 4°™ le plaleau environnant. (^) Je citerai seulement cet extrait des observations faites à Pesay-le-Sec le 24 avril 1909 : « Le tonnerre a commencé à gronder pour ne cesser que vers 3''. La nuée était très menaçante. Il a semblé que les nuages se partageaient an-dessus du paragrêle pour se diriger une partie au SSIÎ vers f^eignes et l'autre au NE vers la Puge. En fait, il a grêlé ailleurs, tandis qu'il ne tombait que de l'eau à Pesay-le-Sec. m (') A Paris, en particulier, avec la tour Eiflfel (munie des conducteurs nécessaires jusqu'à la Seine), le Panthéon et .Montmartre (convenablement agencés), on pourrait à peu de frais avoir une protection très grande, sinon totale. C. R., 1909, V Semestre. (T. 149, N" 20.) 1 I 8 882 ACADÉMIE DES SCIENCES. Autour de la baie du Lévrier, le régime est caractérisé par l'absence presque complète de pluies et de tornades véritables et Fabondance des rosées nocturnes : c'est la zone saharienne. Les courbes hygrométriques sont caractérisées, dans cette dernière région, par une baisse lente à partir de G'' à 8'' du matin, qui devient rapide jusque vers les 3'' du soir, où Tait' atteint son maximum de siccité. C'est aussi le moment le plus chaud de la journée. Puis, entre 3'' et 5'' du soir, par suite, généralement, d'un coup de vent d'Ouest, l'aiguille remonte brusquement pour atteindre son point maximum vers les 3'' ou 4'' du matin. Cette humidité extrême des nuits et l'abondance des rosées qui en résultent permettent aux plantes diverses, surtout des salicornes et des graminées, de rester un peu vertes malgré l'absence de pluies sérieuses. Depuis le mois de décembre 1906, la première véritable ondée est tombée dans la région de la baie du Lévrier, seulement le mois dernier, c'est-à-dire près de -3 ans après. Courants de surface. — Le grand courant Nord-Sud qui longe la côte de Mauritanie, connu sous le nom de courant des Canaries, présente des tem- pératures de plus en plus élevées à mesure que l'on se dirige de l'Est à .'Ouest. La moyenne des températures du courant cùlier froid est de 18" à i9°C. ; celle du courant tiède, plus au large, est de 22" à 24°C., et celle du courant chaud de 27° à 28°C. Dans le méridien de la Pointe des Almadies, le courant porte générale- ment droit au Sud; mais si l'on pénètre à l'est de ce méridien, le courant porte à terre; au large, au contraire, si l'on se trouve à l'ouest du méridien indiqué. En dehors du courant principal il existe sur la côte, particulièrement dans la région du banc d'arguin et de la baie du Lévrier, des cou- rants de marée réguliers qui tantôt augmentent, tantôt diminuent la vitesse du courant principal, qui n'atteint pas, en moyenne, i nœud à l'heure. Au moment du flot, et particulièrement quand les vents viennent du NO ou de l'O, il se produit, le long des accores du banc d'Arguin, un contre-courant qui peut atteindre, parfois, une vitesse de 18 à 20 milles en 24 heures. Densités. — L'expédilion du Challenger a fi\é la moyenne de la densité des eaux SÉANCE DU l5 NOVEMBRE I909. 883 de toute la côle occidentale d"Afri(]ue à i,0265. Cette densité nous parait généralisée à une région beaucoup trop vaste et être un peu trop faible. De très nombreuses mesures entre le cap Blanc et les Almadies, nous avons obtenu une moyenne de 1,0268, correspondant à une salinité de 87», o4- Mais cette salinité est beaucoup plus considérable en certains points. Dans la baie de Gausado elle varie de 388 à 4i"'; dans la baie de Hann, de 43^ à So». Dans l'un des marigots de Hann, dont la salinité atteignait ei; mo\enne 5oS, nous avons rencontré, à l'état vivant, des poissons réputés d'eau douce, appartenant aux genres C/iiamis et Tilapia. La salinité moyenne de la mer entre Dakar et rembouchure du Rio Geba a élé trouvée égale à42?,4i correspondant à une densité de i,o34. Plankton. — Les mouvements d'eau considérables qui se pioduisent sur la côte saharienne, renouvelant incessamment les matières dissoutes, sont éminemment favorables au développement du piiyloplankton, ([ui permet à son tour la production intense d'animaux pélagiques. Certaines espèces d'algues, comme le Stephanopyxis lurris Grèv. , sont parfois en telle abondance t[ue les embryons de certains poissons, comme les anchois, par exemple, dont nous avons nettement reconnu les œufs, nagent dans une véritable purée de ces plantes microscopiques dont ils peuvent se gorger sans effort dès qu'ils ont résorbé leur vésicule ombi- licale. Quant au zooplanklon, il est formé d'êtres extrêmement nombreux, mais certaines espèces dominent de beaucoup par leur quantité extraor- dinaire. Ce sont, parmi les principales et par ordre décroissant : des Saggitta de tailles très différentes, puis des Copépodes (Paracarlia spinicaudata Scott et aussi Calanus brevicomis Lub.), des Appendicidaires (genre Oikopleura), des œufs de Clupœidœ et enfin des zoés et iiauplius de Crus- tacés. En résumé, les conditions biologiques particulièrement favorables (tem- pérature de l'air et des eaux, abondance de nourriture dans les fonds comme àla surface, etc.), ont permis le développement, sur les côtes de Mauritanie, d'une faune marine extrêmement intéressante autant par la diversité des espèces que par le nombre des individus. M. Albert Xodo.v adresse une Note intitulée : Recherches sur l'action électrique des sources thermo-minérales. 884 ACADÉMIE DES SCIENCES. M. GiLLY adresse une Note intitulée : Si/r l'oxyde d'antimoine employé comme succédané de la céruse. A 4 heures, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 4 heures trois quart>. G. D. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCi: DU LUNDI 22 NOVEMBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHA IID, ME^IOIKES ET COMMIIXIC V TKKNS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. GÉOMÉTRIE INFINIIÉSIMALE. — Sur les congruetices de courbes et sur les surfaces normales aux droites d' un complexe. Noie (') de M. <î. Darboux. 5. Les résultats analytiques que nous avons établis directement dans notre récente Communication se déduiraient aisément de la théorie générale de l'équation de PfalT. Après les avoir obtenus, appliquons-les aux pro- blèmes de Géométrie que nous avons en vue. Les notions de congrucnce rectiligne et de complexe rectiligne ont été introduites, comme ou sait, par Pliicker; mais avant lui, comme on le sait aussi, l'étude de ces assemblages de droites avait fait l'objet de plusieurs travaux. C'est ainsi qu'eu Optique géométrique, la considération des fais- ceaux de rayons lumineux avait fait connaître déjà un grand nombre de belles propriétés de ce que nous nommons aujourd'hui des congruences rec- tiligncs. Plusieurs géomètres, parmi lesquels il faut citer Malus, ont envisagé des assemblages plus étendus encore, en imaginant que, de chaque point de l'espace, ou fasse partir un rayon dont les cosinus directeurs sont des fonc- tions quelconques des coordonnées de ce point. On obtient ainsi en général des assemblages de droites qui dépendent de trois paramètres, c'est-à-dire des complexes reclilignes, mais avec cette particularité qu'à chaque droite du complexe est rattaché un point pris sur cette droite. Cette association d'un (') Voir le numéro précédent des Comptes rcndas, t. CXLIX, i5 novembre 1909, p. 817. C. lî., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N° 21.) I IQ 88(> ACADÉMIE DES SCIENCES. point et d'une droite donne naissance à diUércnles qiieslions qni ont été examinées successivement par les anciens {géomètres. D'abord, on peut remarquer ([ue, si X, Y, Z désignent les cosinus direc- teurs de la droite passant par le point de coordonnées rectangulaires j;,v, «, les équations dilTérentieiles (i) détermineront une congruence de courbes dont les droites considérées seront les tangentes. On voit de plus que, si l'équation de condition (4) est satisfaite, les courbes, et par conséquent aussi leurs tangentes, seront normales à une fa- mille de surfaces qu'on obtiendra par rinW'gralion de ré(juation aux diffé- rentielles totales X dx + Y cl y + Z dz — o ; je rappellerai ici l'interprétation géométrique que j'ai donnée de la condi- tion (4) dans mes Leçons sur la théorie des surfaces, t. II, p. 262 (note). Soient M un point de l'espace et M' un point infiniment voisin; on sait que le lieu des directions MM' telles que les droites relatives à M et à M' forment un élément de surface développable est un cône du second degré que nous appellerons cône de Malus. Cela posé, voici l'interprétation géométrique de la condition (4) : elle exprime que le cône de Malus est équilatère, c'est- à-dire contient une infinité de trièdres trireclangles. 6. Quand la condition (4) n'est pas vérifiée, c'est-à-dire quand le cône de Malus n'est pas équilatère, on peut affirmer que les courbes définies par les équations différentielles (i) n'admettent pas de surfaces trajectoires ortho- gonales formant une famille. Il semblait bien cpril en serait de même des droites qui leur sont tangentes. Mais, dans un travail [)résenté à l'Acadé- mie des Sciences en 1861 et inséré à la page 19^ du 38'' Cahier du Journal de l'École Polytechidque sous le titre suivant : Mémoire sur les propriétés d'un ensemble de droites menées de tous les points de l'espace, suivant une loi con- tinue, Abel Transon a montré au contraire que, quel que soit l'ensemble de droites considéré, il y a toujours une infinité de moyens de grouper les droites de cet ensemble de manière qu'elles deviennent les normales d'une famille de surfaces. Il n'est pas nécessaire, en effet, de supposer que le point {.c, y, z) soit le pied de la normale aux surfaces cherchées. On peut admettre que ce pied de la normale sera tout autre point de la droite, par exemple celui dont les coordonnées seront j' — aX, Y — a Y, z — aZ, a étant une fonction à déterminer. Alors l'équation aux différentielles » SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 887 totales à laquelle on sera conduit sera (19) Xd(x — y.X) ~hYdiy — xY} -t- Z f/(; — aZ) = o, et l'équation qu'il s'agira de vérifier sera (20) Xclix — aX) -hY d(y — c(Y) -^Zd(z — y.T) = ,3f/y. Si l'on tient compte de la relation entre les cosinus (21) X^+Y^-rZ'-=I, on voit (|ue la résolution du problème proposé se ramènera à celle de l'identité ( 22 ) X dx -H- Y dy -\-Zdz:=zdy. + pdy, que nous avons envisagée précédemment dans toute sa généralité. Nous avons vu comment on déterminait les fonctions a, j3 et y. La résolution du problème posé par Transon exigera d'abord l'intégra- tion de l'équation aux dérivées partielles (6). Mais il résulte des propriétés que nous avons données plus liant que, lorsqu'on aura obtenu une solution du problème, toutes les autres pourront s'obtenir par des formules qui ne comporteront aucune intégration et contiendront une fonction arbitraire de deux varial)Ies accompagnée de ses dérivées premières. 7. C'est là le résultat que j'avais énoncé en 1870, mais je dois dire que j'y avais été conduit, non par la métliode analytique précédente, mais par de pures considérations géométriques. Voici quel était le raisonnement qui m'uvail donné la proposition : Imaginons un complexe de droites, et supposons qu'on veuille déterminer toutes les surfaces dont les normales sont des droites du complexe. Si l'équation d'une de ces surfaces est (23) z=f{x,y), et si l'on désigne, suivant l'usage, par/j et y les dérivées de z^ on sera évi- demment conduit à une équation F(x, /, z, p, 7) =0. On peut même préciser et dire que cette équation aux dérivées partielles sera toujours réductible à la forme (24) V{j- -hpz, y -hqz, />, r/) = 0. Il résulte évidemment de la nature même du problème pioposé que, si 888 ACADÉMIE DES SCIENCES. Ton a une solution particulière de l'équation aux dérivées partielles, repré- sentant une surface (S), on pourra toujours en déduire une solution plus générale, contenant une constante arbitraire, en prenant une surface (S') quelconijuc parallèle à (S). Car (S) et (S') admettent les mêmes normales.. De là il suit immédiatement que, si l'on a une solution de l'équation (24) contenant une constante arbitraire (25) 5 = /(.r, j, «), et définissant une famille de surfaces normales à toutes les droites du com- plexe, on pourra en déduire, en remplaçant l'une quelconque de ces sur- faces par une de celles qui lui sont parallèles, une solution qui contiendra une constante de plus, c'est-à-dire une intégrale complète (26) z = ^{x, Y,ci,l}) de l'équation aux dérivées partielles proposées. Alors l'application de la méthode de Lagrange fournira l'intégrale générale. Il suffira de poser b-f{a) et de prendre l'enveloppe de la surface représentée par l'équation (2(J) lorsqu'on fera varier a. Si l'on veut obtenir, non plus une surface isolée, mais une famille de surfaces, il faudra introduire une constante dans l'expression dey(a), qui deviendra, par exemple, /(a, h). Cela fournira la fonction de deux variables employée dans notre solution analytique. 8. Je reviens maintenant à cette première solution pour donner un théo- rème qui s'y rattache directement. Considérons les normales à une famille de surfaces représentées par l'équation (27) cr(.r, j)^, ;) ^ consl. , et proposons-nous d'appliquer ici les méthodes des n°* 2 et 3. Si nous posons nous aurons ici ' ~ >^I^ àx' \/I^ ày' ^ y/Ai à ^' et notre forme fondamentale deviendra \ f/.r + Y f/j -H Z (V; = --= du. v/Aff SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. 889 Elle se présente immédiatement sous une forme typique pour laquelle on aurait a = o, |3 = -== , ■/ = ff- V'Aa Pour obtenir les autres fnrmes typiques, il faudra prendre en particulier «'= F(P, ■/)=/( <^, A')- Et de là résulte le théorème suivant : Etant donnée une Jarnille (le sur/ares ( 1 ) représentée par I é(jiiatiun (3o) O'i ■-/■, 1, ;) =:= COnsl., si l'on porte sur la normale à la surface qui passe en un point M une lon- gueur M^tV ayant pour expression (3i) MM'=a = F(îr, A!T). les points M' sont au.v normales cla/is la même relation que les poi/tts M, c'est- à-clire qu'on peut les distribuer sur une famille de surfaces avant les mêmes normales que les surfaces (Z). Pour obtenir toutes ces familles, c'ost-à-dire pour résoudre l'équation ff'j ( 32 ) -=:: -— dx -i- p (/y, il faut prendre, conformément à la théorie générale, i zL = V{<7,y), <)y ' ^ " d'y 9. Je terminerai ces remarcjucs en faisant une simple application. On sait que les normales aux surfaces homofocales définies par l'équation (33) < , f)F I t)F (3/i) ), forment un complexe dont les propriétés ont été leconnues et étudiées par (".hasles. Les droites de ce cnnq:)lexe coupent les trois plans principaux et le plan de l'infini en quatre points dont le rapfxjrt anhaimoniipie est conslattt.- Cherchons toutes les surfaces normales aux droites do ce complexe. Il y a d'abord les surfaces homofocales, dont l'équation en coordonnées tangen- tielles est «-((7 — >.) + i''(i — ).) + ir-(c — À) = /'-. 8()0 ACADÉMIE DES SCIENCES. Il y a ensuite les surfaces parallèles à ces surfaces homofocales, doiiL Téqualion eu coordonnées tangentielles est de même (35) «=(« — >.) + v-{/> — l) -1- tv-(c — }.) = (/J + h\lti'+ i'-+ u•-)^ Cette équation contient deux constantes arbitraires A et h. Il suffira donc de poser A = 9(^), puis d'éliminer X entre l'équation précédente et sa dérivée par rapport à X pour obtenir l'équation en coordoimées tangentielles de la surface la plus générale admettant pour normales les droites du complexe de Chasies. On sera ainsi conduit, on le reconnaîtra aisément, à une équation de la forme (36) au--^ 6i'-+ cw''- =■ ( M^-t- f'-i- w^)(o \V/m-+ f^+ 11'''/ BIOLOGIE GÉNÉRALE. — Les vraies causes de la prélemlue parthénogenèse électrique. Note de M. YvksDki.a«e. Pour expliquer la genèse des expériences dont il va être question ici, il est nécessaire de rappeler en quelques mots les résultats auxquels j'étais arrivé antérieurement. Va\ n)07 {Comptes rendus du 22 juillet), j'ai montré ([ue les œufs de l'Oursin Paracentrotus lividus se développaient sans fécondation si on les soumettait, eu un vébicule approprié (mélange d'eau de mer et d'une solu- tion de NaCI ou de saccliarose isotonique à la première j, à deux traitements successifs, l'un d'une demi-heure par un acide quelconque (pourvu qu'il ne fût pas toxique par lui-même), acétique, chlorliydrique, sulfurique, azotique, oxalique, formique, etc.; l'autre de i heure [)ar un alcali, potasse, soude, ou, de préférence, ammoniaque. Tous les acides ou alcalis étant éijuivalents entre eux (sauf la réserve de toxicité spéciale faite plus haut) comme agents de parthénogenèse, j'ai pensé naturellement que leui' action était due à ce (ju'ils avaient de commun, c'est-à-dire à la fonction acide on alcali repré- sentée par les ions H et OH. Ces ions portant les premiers une charge posi- tive, les seconds une chai'ge négative, il m'est venu à la pensée que leur action [)ou\ail iHic due à ces charges pluli~)t (pià leur présence en tant que substances chimiques, et que peut-être on pi>uriai( ohlenii' le développemeni SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 891 parthénogonétique en souineltaiit les œufs aux effets successifs d'une charge 4-, puis d'une charge — dans un condensateur électrique. Celte idée m'était venue l'année dernière vers la fin de la saison, en sorte qu'il ne me restait que bien peu de temps pour la soumettre à une vérification expé- rimentale avant que les Oursins aient cessé de fournir des œufs. J'ai donc dû installer les expériences nécessaires avec les appareils de fortune, forcé- ment imparfaits, que l'on peut fabriquer dans un Laboratoire de Zoologie mal pourvu d'instruments de physique. J'ai fabriqué des condensateurs ne donnant en apparence aucun passage au courant. Les œufs soumis dans ces condensateurs (^Comptes rendus du :i8 septembre njo8) à l'action successive des charges électriques + et — se sont développés parthénogénétiquement, vérifiant ainsi, au moins en apparence, la théorie qui avait provoqué l'expé- rience. Néanmoins, je n'étais pas certain (jue mes condensateurs fussent assez étanches pour ne laisser passer aucun courant de fuite déterminant par électrolyse des modifications chimiques responsables du résultat. Aussi, à peine revenu à Paiis, mon premier soin a-t-il été de vérifier mes conden- sateurs sous ce rapport. Us se sont montrés très résistants (au moins 20 mégohins), et le calcul m'a montré que les quantités d'acide et d'alcali lijjérées aux électrodes par un tel courant pendant la durée de leur action pa- raissaient beaucoup trop faibles pour que le résultai [)ùl leui' être imputé. Néanmoins, ce n'était pas là une démonstration absolue de l'action des charges électriques sans courant et je n'ai tiré des conclusions de ces expériences qu'avec les réserves nécessaires. Pour les recommencer dans des conditions irréprochables jai fabriqué pendant l'hiver dernier des con- densateurs rigoureusement étanches, formés d'une cuvette de verre mince tapissée en dessous d'une feuille d'étain et contenant l'électrolyte (|ui for- mait l'armature interne. Le tout était, en outre, soigneusement paraffiné. Dès que le retour de la belle saison eut mis entre mes mains des Oursins p(uirvus de leurs produits sexuels mûrs, j'ai recommencé avec ces nou- veaux condensateurs les expériences de l'année précédente et constaté que les œufs restaient insensibles aux charges électriques et à leurs variations (' ). (') J'ai fait aussi des condensateurs à lame d'air, formés de deux lames métalliques horizontales très voisines, les œufs étant déposés sur la lame inférieure dans tme goutte d'eau large et très étalée. J'en ai fait d'autres où l'électrolyte contenant les œufs était compris sous forme de lame mince entre deux lames de mica tapissées d'une feuille d'étain sur leur face opposée. J'ai fait varier la source de charge de 110 volts jusqu'à un voltage très élevé, par le moyen d'une petite bobine capable de fournir des étincelles de plusieurs centimètres 892 ACADÉMIE DES SCIENCES. Si ce ne sont pas les charges qui agissent, c'est donc le courant. J'ai alors repris les expériences eu intercalant, sur le courant de iio volts dont je disposais, des résistances permettant de le graduer à volonté, pour se rapprocher autant que possible des conditions réalisées par mes condensa- teurs de l'année précédente. Il fallait d'abord savoir si le courant agissait par lui-même ou parles modifications chimiques, conséquences de l'électrolyse. Pour cela, j'ai éli- miné cette dernière au niveau des œufs au moyen d'électrodes impolari- sables, zinc et chlorure de zinc. L'hypothèse n'était pas absurde que le courant par Ini-jm-nic pût donner quelques résultats. Les reufs étaient contenus dans un long tube plein d'eau de mer sucrée constituant une résistance notable et homogène le long de laquelle s'opérait graduellement la chute de potentiel, en sorte qu'un œuf situé dans cette eau de mer sucrée se trouvait avoir ses deux p(Mes anodal et cathodal à des potentiels très peu, mais (pielque peu différents, ce qui pou- vait suffire à déterminer une distribution bipolaire de ses granules colloïdes positifs et négatifs et à produire ainsi en eux ce trouble de la symétrie au- tour d'un centre unique qui est la condition de leur segmentation. L'expérience n'a pas vérifié cette vue : les œufs sont aussi insensibles au courant électrique qu'aux charges électritjues. Quand, par la suppression des électrodes impolarisables, on laisse le courant produire ses effets d'électrolyse au niveau des œufs, ceux-ci se montrent touchés, sans doute par les acides et les alcalis libérés aux élec- trodes. Il apparaît un certain nombre de segmentations irrégulières et cjuelques larves arrivent à éclore; mais le succès est extrêmement médiocre en raison certainement de la trop faible quantité et de la mauvaise réparti- tion des acides et des alcalis fournis par le courant. et fournissant un courant non alterualif, mais inleriompu. J'ai fait varier aussi la du- rée d'action dans des limites très étendues. J'ai fait agir les charges positive et néga- tive soit seules, soit successivement dans l'un ou l'autre ordre, tout cela sans succès, les résultats étant très médiocres et d'une irrégularité déconcertante, au point qu'il m'a paru légitime de les atlriimei , non aux. charges électriques, mais à des conditions accessoires. Dans un seul cas, j'ai obtenu une éclosion superbe sans avoir pu trouver la moiiulre faute opératoire qui put l'expliquer par une contamination ; il reste donc, à la rigueur, possible que dans certaines conditions de charge, de durée ou d'état des œufs, les charges électriques déterminent la parthénogenèse. Mais, comme je n'ai jamais pu obtenir la répétition de ce succès, je n'en veu\ tenir compte que pour exprimer la ré- serve qu'on vient de lire. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 898 Si ni les charges électriques, ni le courant, soit par lui-même, soit par ses effets électrolyliques, ne se montrent capables de reproduire les résultats fournis par mes condensateurs non étanches, à quoi étaient dus ces résultats ? Une remarque m'a mis sur la voie de l'explicalion. Le 3 septembre, j'avais installé une expérience avec le courant à élec- trodes impolarisables, disposant en série six petites cuvettes communiquant entre elles par dos tubes en U renversés remplis d'eau de mer sucrée. Les quatre cuvettes moyennes (2 à 5) contenaient aussi de l'eau de mer sucrée et desœufs d'oursins; les deux cuvettes extrêmes (I et 6) contenaient une solution concentrée de Zn CP où plongeait «ne électrode en zinc. Or, tandis que les deux cuvettes du milieu (3 et 4) ne fournirent aucune éclosioii, il se trouva un certain nombre de larves dans les deux cuvettes (2 et 5) voisines de celles ( 1 et 6) où plongeaient les électrodes. Cette différence me parut ne pouvoir s'expliquer que par la dillusion d'une minime quantité de chlorure de zinc par le tube de communication. Partant de là, je fis une nouvelle série d'expériences en traitant les œufs, toujours en eau de mer sucrée, par des quantités extrêmement faibles (5 arouttes d'une solution à — - dans So"™' d'eau de mer sucrée) de sels mé- ^ ° 200 talliques ZnCl% SO'Cu, qui, à doses quelque peu plus élevées, sont de vio- lents poisons pour les œufs. J'obtins ainsi des éclosions, mais notablement inférieures en nombre à celles fournies par mes anciens condensateurs. J'eus alors l'idée de réunir les deux agents : sels métalliques à la dose ci- dessus et acide puis alcali à la dose très faible où ils interviennent dans les expériences avec le courant continu sans électrodes impolarisaljies, dose trop faible pour donner à elle seule un résultat de quelque valeur. Dans ces conditions le rendement est notablement amélioré et devient comparable à ceux fournis par mes condensateurs non étanches. Or, ce sont précisément les conditions de ces condensateurs qui sont réalisées dans ces dernières expériences, car dans lesdits condensateurs, en outre des minimes quantités d'acide et d'alcali fournies par l'électrolyse, celle des électrodes qui était plongée dans l'èlectrolyte et qui était eu cuivre était attaquée par les acides développés à son contact et se dissolvait en minime quantité dans la liqueiu:.. Le fil de cuivre formant cette électrode se montrait, en effet, régulièrement, à la fin de chaque expérience, recouvert dune patine verte, sans doute de chlorure de cuivre. . Je crois donc pouvoir conclure de tout ce qui précède que les charges C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N° 21.) I20 894 ' ACADÉMIE DES SCIENCES. électriques sont sans action en tant que facteur de parlhénogenèse et qu'il en est de même pour le courant continu lorsque par des électi'odes impola- risables on élimine Télectrolyse. Par contre, des quantités très faibles de sels métalliques extrêmement vénéneux pour les œufs, ZnCl", CuSO', unies à des quantités d'acide et d'alcali si faibles que, à elles seules, elles seraient inefficaces, se montrent agents assez actifs de parthénogenèse. Ces conclusions sont de médiocre intérêt au point de vue pratique, car les résultats qu'elles visent sont très inférieurs aux résultats superbes fournis par les acides et les alcalis ou le tanin et l'ammoniaque. Mais, à un point de vue théorique, elles présentent un certain intérêt, parce qu'elles expliquent les résultats donnés par les condensateurs non étanches, et parce qu'elles fournissent un nouveau et frappant exemple de l'action favorisante, dans les phénomènes biologiques, de très faibles doses de substances, qui, à doses plus élevées, sont des poisons violents. Si les acides et les alcalis u'agissent pas par les charges de leurs ions H et OH sur la distribution intérieure des granules colloïdes positifs et néga- tifs éventuellement présents dans l'œuf, il convient sans doute d'en revenii' à l'explication que j'avais proposée antérieurement (juillet 1907), où je faisais intervenir la formation de la membrane vitelline par coagulation sous l'in- fluence des acides, et la dissolution de la membrane nucléaire par liquéfac- tion sous l'influence des alcalis. Pour soumettre cette théorie à une vérification nouvelle, j'ai essayé de substituer aux acides et aux alcalis des substances neutres, mais douées d'un pouvoir coagulant ou liquéfiant. Pour ces dernières, la chose n'est pas aisée ; il n'y a guère d'autres liqué- fiants que les alcalis. J'ai essayé les digérants, pepsine, papaïne, extrait sto- macal des actinies, etc., sans aucun succès; ce qui d'ailleurs ne prouve pas grand'chose contre la théorie, l'action de ces substances étant trop différente de celle d'un liquéfiant pur et simple de coagulum colloïdal. En ce qui concerne les coagulants, j'ai été plus heureux. A titre de coagulants neutres, j'ai essayé la chaleur, l'alcool éthylique, le formol et les aluns. La chaleur, qui a fourni à Liili<' d'heureux résultats avec les œufs d'As- téries, est inefficace avec ceux du Paracentrotus. Ces œufs étaient chaufTés dans l'eau de mer pendant un temps très court (i5 secondes à 2 minutes), puis immergés pendant i heure dans la solution sucrée alcalinisée. Une température de 3.)-' les altère; un chauffage à 26°- 32" semble améliorer, mais fort peu, l'action de la solution sucrée alcaline. L'alcool est frar. • :e- SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. 895 ment nocif à toute dose, et à aucune close il n'est efficace. Le formol donne de meilleurs résultats, à la dose très faible de 3 gouttes de la solution du commerce diluée au centième, dans 5o""'' de véhicule, pendant 10 minutes. L'alun donne des résultats bien supérieurs et parfois comparables à ceux du tanin. Le meilleur procédé consiste à mettre les œufs dans 5'"' de la solution ordinaire d'eau de mer sucrée additionnée de 3 gouttes d'une solu- tion saturée d'alun diluée au vingtième; puis, après 10 minutes, à les noyer dans So'"' de la solution sucrée alcalinisée, qu'on laisse agir i heure, comme dans le procédé au tanin. Je n'ai pas poussé très loin la compa- raison des divers aluns : l'alun de potasse s'est montré le plus favorable. Très significatif est le fait que l'acidification de la liqueur au premier temps n'améliore pas le résultat. Dans le même ordre d'idées, j'ai essayé l'action des colloïdes les plus divers, positifs et négatifs, pour voir s'ils n'agiraient pas, conformément à la théorie, comme coagulants ou liquéfiants. Malheureusement, leur défaut de pénétration à travers les membranes rendait bien improbable une action des liquéfiants sur la membrane nucléaire. Pour les coagulants devant agir à la surface de l'œuf, il n'en était pas de même. L'hydrate de fer colloïdal, positif, s'est montré assez actif dans ce sens et à des doses presque infinitési- males, les doses quelque peu plus élevées étant très nocives. Une solution très faible avait été préparée avec r^'à. S'^'d'une solution de chlorure ferrique ù I pour 100 dans environ i',5 d'eau; la dose était de i goutte de cette solution dans So*^™' de véhicule (eau de mer sucrée). Le réactif était employé, soit au premier temps, au lieu et place du tanin, suivi d'un second temps à la solution sucrée alcalinisée ; soit seul, pendant toute la durée. Il s'est même montré efficace en solution isotoiiique salée sans sucre. Une acidification très légère (2 gouttes d'une solution à — d'acide acétique) améliore le résultat. Je dirai, pour finir, que j'ai trouvé une simplification du procédé au tanin consistant à faire agir celui-ci d'abord dans l'eau de mer pure. Le procédé devient le suivant : eau de mer contenant les o-ufs i5'"'', ajouter solution de tanin à ^ cS gouttes, laisser agir ,) minutes; puis ajouter eau de mer sucrée suivant l'ancienne formule 35""', additionnée de 21 gouttes de solution titrée d'ammoniaque à — Ce procédé est plus expéditif que l'ancien et plutôi meilleur. On obtient aussi d'excellents résultats en additionnant au premier temps la solution tannique de 10 à i") gouttes de la solution ammoniacale. J'ajouterai aussi, pour en finir avec la question de la prétendue nécessité 896 ACADÉMIE DES SCIENCES. de l'hyperlonie, que j'ai pu obtenir des larves, par le procédé au tanin et à l'ammoniaque, en véhicule non sucié, formé d'un mélange d'eau de mer (20 pour 100) et d'une solution de NaCl (80 pour 100) isotonique à l'eau de mer, le A admis pour celle-ci étant non plus — 2°,i, mais — i°,9(i, chifTre le plus bas fourni par les nombreuses analyses aux diverses saisons. Conclusions. — 1° Les charges électriques ne sont pas un agent de par- thénogenèse. 2" Le courant électrique, si Von écarte ses effets électrolyliques., est de même sans action . 3° L'électrolyse a une faible action comme facteur de parthénogenèse, par les acides et alcalis dont il détermine la formation aux électrodes, 4° De minimes quantités de sels métalliques très nocifs à doses quelque peu plus élevées, en particulier Cu SO' et ZnCI-, sont des agents actifs de parthé- nogenèse; leur activité est notablement accrue par une légère acidification. 5° Diverses substances sans réaction acide ou alcaline, en particulier le formol et surtout V alun , sont des agents fort actifs, et, ici, l'acidification n améliore pas le résultat. 6° L'hydrate de fer colloïdal à doses presque infinitésimales s'est montré agent assez actif de parthénogenèse, surtout en présence d'une minime quan- tité d'acide; à dose tant soit peu plus élevée il est extrêmement nocif. Ces faits viennent à l'appui de la théorie que j'ai émise antérieurement, d'après laquelle la segmentation de l'œuf vierge est due au déclenchement du développement par la production artificielle des deux premiers stades de ce développement, la formation de la membrane vitelline et la dissolution de la membrane nucléaire. MINÉRALOGIE. — Sur l'existence de la rhodizite dans les pegmatites de Madagascar. Noie de M. A. Lacroix. La caractéristique minéralogique des pegmatites exploitées dans diverses régions du massif central de Madagascar et notamment dans celle du mont Bity, pour l'extraction des pierres précieuses, réside dans l'abondance et dans la variété des minéraux bores, glucinifères et lithinifèrcs, qui s'y rencontrent et qu'on y trouve souvent en cristaux remarquables par leurs grandes dimensions. Les plus abondants parmi ces minéraux spéciaux sont les tourmalines I SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. 897 lithiques de toutes couleurs et le héryl^ incolore, bleu, vert ou rose, qui constituent les pierres précieuses principales de ces gisements, et aussi la lépidoUte et le triphane. 11 faut y ajouter un minéral nouveau, que j'ai décrit sous le nom de bùyile, la danburite (Si-O'B-Ca) et enfin la hambergite [BO'Gl-(OH)]. Je noterai en passant que ces deux derniers minéraux, d'après des documents que je viens de recevoir, ne sont pas localisés dans les deux gisements distincts où je les ai signalés récemment (Maharitra pour la danburite et Anjanabonoana pour la hambergite), mais se ren- contrent associés dans chacun d'entre eux. Le but de cette Note est de signaler, dans cette même région, l'existence d'un autre borate, la rhodizite^ connu jusqu'ici uniquement en fort petits cristaux, implantés sur la rubellite de l'Oural, et si rares qu'il plane encore beaucoup d'incertitude sur sa composition exacte. Il y a plusieurs années, j'ai reçu de la région du mont Bity (sans indica- tion précise de gisement) un cristal isolé, incolore et limpide, très dur, qu'on m'avait soumis afin de savoir s'il ne constituait pas un diamant. Sa densité est de 3,3o5; sa dureté est de 8; la forme dominante est le tétraèdre ^ a' (111), associé à 6'(110), ainsi qu'à de très petites facettes du second tétraèdre (lïl) et du cube; tandis que les faces du tétraèdre le moins développé sont planes, celles du tétraèdre prédominant portent des stries parallèles à ses côtés, formant par leur réunion une série de triangles superposés. Je n'avais pu faire aucun essai chimique sur ce cristal unique. Il m'a été possible de compléter l'étude de ce minéral, grâce à M. Dabren, qui en a recueilli plusieurs cristaux de grande taille dans le filou de pegma- tite d'Aulandrokomby et qui, en me les remettant, a appelé mon attention sur eux. Un échantillon les montre même dans leur gangue; ils constituent un élément ancien, englobé par le triphane pierreux cjui est lui-même le minéral prédominant d'une pegmalite, renfermant, en outre, du quartz, du microcline, de l'albite, de la tourmaline rouge et jaune, et enfin des octaèdres arrondis d'un tantaloniobate d'un brun foncé à rapporter proba- blement à la microlite. Les cristaux tétraédriques ne se distinguent de celui qui vient d'être décrit que par leur grande taille (ils atteignent un centimètre et demi) et paf l'absence des faces du cube; exceptionnellement, le rhombododécaèdre pré- domine et le second tétraèdre manque. Ils ne sont pas transparents, mais translucides ou opaques; leur couleur est d'un blanc jaune un peu verdâtre; çà et là, sur les faces du tétraèdre principal, se trouvent quelques pyra- 898 ACADÉMIE DES SCIENCES. mides triangulaires, formées par des plans a', successifs, décroissants, limités par des faces è' . Il existe des clivages très difficiles, parallèles aux faces des deux tétraè- dres; la cassure est conchoïde et possède un éclat vitreux, un peu gras. Le minéral n'est que pseudocubique; les phénomènes de biréfringence, que je préciserai ultérieurement, paraissent comparables à ceux de la boracite. L'indice moyen est d'environ 1,69 pour la lumière du sodium. Le minéral est insoluble dans tous les acides. L'analyse a a été faite par ^L Pisani sur une matière que j'ai purifiée à l'aide de l'iodure de méthylène; la petite quantité de silice est due à des inclusions de triphane, qui ne m'avaient pas échappé, mais je n'ai pas voulu pousser la séparation trop loin, de crainte de perdre dans cette opération trop de matière; is,25 ont été employés pour l'analyse. Je donne en b la composition, ramenée à 100, après élimination de la quantité d'alumine et de lilhine nécessaire pour former du triphane [(SiO')- AlLi] avec la silice. a. b. B'O' 4o,6o 41,69 AI-0-^ 3o,5o 30,70 GIO 10,10 îo,36 Li- 0 7 , 3o 7,36 K^^OC+Cs-^O) 5,90 6,00 Na^O 3,3o 3,38 SiO^ 1,36 Perle au feu o , 45 0,46 01 100,00 99>^ La composition de ce boroaluminate de glucine et d'alcalis est assez bien représentée par la formule 6B^0^3A120^4G10,4(Li,K,^a, 11)^0. Les propriétés physiques exposées plus haut sont celles de la rhodizite; mais l'unique analyse de ce minéral publiée par M. Damour présente avec celle donnée ici des différences, qui seraient suffisantes pour faire considérer les deux minéraux comme distincts, s'il n'y avait dans l'analyse de Damour des particularités, qui rendent nécessaire la reprise de l'étude chimique de la rhodizite de l'Oural. Cette analyse, en effet, a été faite sur os,i35 seule- ment de matière; elle présente une perte élevée par calcination et un déficit SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 899 de II, 6 pour 100; je reproduis ci-contre celte analyse et l'interprétation donnée par Damour à la perte au feu et au déficit constatés. B=0'. k\-0\ (-(-Cs-O). Na=0. KeO. CaO. MgO. IPO. 33,93 4>,40 12,00 1,62 1,98 0,74 0,83 2,96= 95,40 ,49 4i>4o 12,00 1,62 1,98 0,74 0,82 » =100,00 On voit que l'alumine du minéral de l'Oural est exactement égale à la somme de l'alumine el de la glucine de celui de Madagascar; on peut donc se demander si la dernière de ces substances n'a pas échappé à Damour et si, par suite, le minéral de Madagascar n'est pas une simple variété lithique et peut-être plus riche en glucine de rhodizitc, ce qui expliquerait sa den- sité un peu plus faible que celle du minéral de l'Oural ('3,3o') au lieu de 3,38); il me parait dans tous les cas convenable de le regarder comme tel jusqu'à ce que l'étude chimique de la rhodizile.de l'Oural ail été com- plétée ('). Dans le cas où cette dernière aurait bien la composition indiquée par Damour, mon minéral constituerait une espèce nouvelle, qui n'en res- terait pas moins extrêmement voisine de la rhodizite. Il est intéressant de i-encontrer comme élément essentiel d'une pegmatite une substance considérée jusqu'à présent comme l'une des plus rares du règne minéral. SPECTROSCOPIE. — Sur les spectres de bandes du baryum et de l' aluminium. Note de M. Lecoq de Boisbaudrax. Il vient de paraître dans le Bulletin de la Société chimique de Londres C) l'extrait d'un travail de M. Ludwig Bôrscli sur le spectre de bandes des sels de baryum. Les bandes y sont attribuées au métal, mais on n'indique pas pour quels motifs. Sans avoir rien publié à ce sujet, j'ai depuis longtemps la conviction que bien des bandes, autrefois dites à^oxydes, sont en réalité dues aux métaux'et qu'elles résultent des perturbations de vibrations plus simples qui dominent aux hautes températures. Cette attribution aux métaux de certaines bandes, dites à''oxydes, a été soutenue, je crois, par divers spectroscopistes, eu parti- culier par M. Hartley (^). (') Un essai f|ualitatif fait sur un petit cristal de celle-ci a permis d'y constater la présence de la iiiliine. (^) Cliem. Soc, 8 octobre 1909; G. and Phys. Chem., p. 775. (^) W'.-NoEL Hartley, Chem. Soc, avril 1909, p. 279. et juillet 1907, p. 017. gOO ACADÉMIE DES SCIENCES. Au risque de répéter peut-être quelque chose de ce que M. Bôrsch a déjà dit, je demande à l'Académie la permission de lui soumettre les remarques suivantes sur les spectres de bandes du baryum et de l'aluminium. Comme positions théoriques, je prendrai les extrêmes bords droits (les plus réfrangibles) des bandes et non les milieux des raies qui les terminent. 1° Bandes deBa. — On supposera que les deux grosses raies nébuleuses (ou petites bandes) X5oi,9 et X497,4 (') appartiennent à une même large bande dont le bord droit coïncide avec celui de 497,4- On admettra aussi que les grosses raies nébuleuses À68i,9 et ^479,4 (=•) sont les bords de larges bandes très affaiblies. Échelle. >.. . N. 7- ■/). ô. £ . 9. 79.00 679,72 . 1471,21 85,17 649.07 1540,67 89,67 628,95 1589,95 96,00 6o3,i3 i658,oi 100,75 586,65 I 704 , 60 107,67 564,66 1770,98 1 1 3 , 00 549. '7 1820,93 I i8,5o 534,62 1870,50 124, o5 521,53 1917,45 129,80 5o8,94 1964,89 i36,i3 496,22 20i5, 24 142, 5o 484,8. 2062,67 i46,.7 , 478,53 2089,73 23476,83 Moi l'enne i8o5 .Qi iSlota. — 1820,93 est la bande centrale sur laquelle se projette la raie de haute température : Thalén X553,43 (A" dans l'air). N = 1806,92. Kayser et Runge donnent à553,569 (Rowland), ce qui fait à peu près X. 553, 47 et N 1806,79 (^")- D'où Moyenne des bords droits des bandes i8o5,9i Raie de haute température (Thalén) 1806,92 Différence — 1,01 soito',3i (pour i3 bords droits mesurés). (') Spectres lumineux^ p. 09. {-) Spectres lainineux\ p. 58 et 60. SÉANCE DU 2-2 NOVEMBRE 1909. 901 Nota. — 11 m'a souvent paru que les moyennes proportionnelles donnaient de bons résultats dans la comparaison des raies spectrales. Le calcul suivant montre que le déplacement de la bande centrale (par rapport à la raie de haute température) compense le déplacement inverse de la moyenne proportionnelle de toutes les autres bandes. La racine 12" du produit des 12 bandes (autres (piela centrale) est 1793,03. La centrale =1820,93; et y/ 1793,03 X 1820,90 1806,98 (calculé) Raie de haute température 1806,92 (observé) Différence -r 0.0 1 (ou nulle) •2° Bandes de M. — Les positions prises sont les bords droits extrêmes des raies-arêtes des bandes, relevés sur mon ancien dessin du spectre de l'aluminium métallique ('). Savoir : Échelle. Ô I 19, 20 (3 "3o45 a 1^)2 ,85 y 154,80 167,25 X. N. 532,89 1876,55 507,57 «970,19 484,13 2065,57 (centrale) 464,73 2l5l ,81 447,43 2234,98 , 1 0 299 , 1 0 Movenne 205q.82 Les fortes raies de haute température desquelles les bandes me paraissent dériver sont : .N. Thalén X 5o5 , 66 1977,61 Thalén \ 466,22 ?. i^4 '9i Moyenne 2061,26 (' ) Spectres lumineux, p. 102 et PL A'V. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N» 21.) 121 902 ACADÉMIE DES SCIENCES. I , 8 I Centrale 2o65 , 57 1876,55 lùendiie du spectre ( bords droits) 358,43 Moyenne = D 89 , 608 Raie ■'. t44-9' Raie ' 1 977 , 6 1 Di(rérein-e 167 ,3o =r c/ Raies : Moyenne simple ^o6i ,26 Raies : Moyenne proportionnelle 2009,57 Différence i .69 D= '^"'^° +(3x1,69) 83,65 H- D.o- Calculé «8 , 73 Observé 89,61 Dillerence — 0,89 ou faible (soit o'-, 21 ELECTIONS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à l'élection d'un Correspon- dant pour la Section d'Anatomie et Zoologie, en remplacement de M. licrgh, décédé. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 89, M. Simon réunit l'unanimité des suffrages. M. SiMox, ayant réuni l'unanimité des suffrages, est élu Correspondant de l'Académie pour la Section d'Anatomie et Zoologie. 9o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. CORRESPONDANCE. M. L. VON Graff, Président, et le Comité d'organisation invitent l'Aca- démie à se faire représenter au VIIl' Congrès international de Zoologie qui se tiendra du lo au 20 août 1910 à Graz (Autriche). M. le SiccRftTAiRE PERPÉTUEL siguale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : 1° Leçons sur le calcul des variations^ professées au Collège de France, par Jacques Hadamard, t. I. (Présenté par M. G. Darboux.) 2° Le Mont-Saint-Michel au péril de la . . . terre^ par Marius Vachon. (Présenté par M. G. Darboux.) [i° Paul Flic/ie (iS36-i()oS ). Sa rie et ses œuvres, par Ch. Guyot. (Présenté par M. R. Zeilier, au nom de M'"« V^' Paul Fliche.) MM. L. Brunel, C. Delezenne, E. Fromaget, Paul Letellier, C. Nicolas, Léon Teisserexc de Bort adressent des remercîments pour les distinctions que rAcadémie a accordées à leurs travaux. astronomie:. — Observations de la comète de Halley, faites à l'Observatoire de Marseille, au chercheur de comètes. Note de M. Borrelly, présentée par M . li. Baillaud. Conx Nom lire -te. Étoiles Dates. Temps moyen de Asc. droite Loi;, fact. Dist. polaire I.og. fact. de 1909. de Marseille. llR. A'i'. compar. apparente. ^larallaxe. apparente. parallaxe. ronip. ^ov. 19. I h m s 11.36.48 -HO. 2,81 +0.52,6 .5:5 Il m s 5.9.10,96 — T,279 0 , ,; 73.26.21,4 0,619 a » 20. n. o./,8 -1-0.35,83 — 7. 6,5 5:5 Positions des étoiles 5.6. 6,06 — T,38i ; de comparaison. 73.28,49,9 — o,63i l> Ase. droite Réduclioa Dist. polaire Réduction Étoiles. fil moyenne. au jour. moyenne. au jour. .autorités. Cl. . . S, Il m s s -'1 5.9. 4,96 +3,19 73.25.36,9 —8, I AG. 1433, Jîerlin A b. .. <)> 3 5.5.27,02 -h3,2i 73.36. 4,7 -8' 3 AG. i4i5, BerJin A Reniarijues. — La comète est très faible, sensiblement ronde, un peu plus bril lanle au centre. Son étendue est d'environ 20", l'ouverture du chercheur est 16"^™. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. QoS GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur certains groupes de familles de Lamé. Note de M. J. Haa»;. En recherchant les familles de Lamé composées d'hélicoïdes, j'ai élé conduit à me poser la question suivante : Peut-on trouver d^ux familles de Lamé composées des mêmes surfaces placées dans des positions différentes? La solution de ce problème se rattache étroitement à la recherche des familles de Lamé composées de surfaces ég^ales. On le voit aisément, soit en utiHsant l'équation du troisième ordre en ce, y, s qui régit les familles de Lamé; soit en généralisant un peu la méthode que j'ai employée dans une Note publiée dans les Comptes rendus du 3 août 1908. C'est cette der- nière méthode que je vais brièvement indiquer ici. Au lieu de supposer que x, y, z soient seulement fonctions de u et v, supposons-les en même temps fonctions de t. Nous admettrons même que u, f, / soient les paramètres des surfaces qui constituent le système triple orthogonal dont fait partie notre première famille de Lamé ; de sorte que nous aurons „dx djc r, àx dx ^ ' . du dl di- dt Ceci étant, si nous animons le trièdre Oxyz d'un mouvement dépendant du paramètre t, nous sommes conduits à considérer, comme dans la Note dont il vient d'être parlé, l'équation suivante : (2) Gdv -\- kdt — o, où l'on a ç^^^(àx\- ._.dx, en tenant compte de la seconde équation (i). Pour que les surfaces obtenues en fixant dans l'espace la surface t au temps t forment une famille de Lamé, il faut et suffit qu'on ait identi- quement (3) G- A-r— =0. du ou Or si nous considérons la surface de paramètre t„, la condition pour qu'elle engendre une famille de Lamé dans le mouvement hélicoïdal ($„, rj„, ..., r^) est précisément l'équation (3), où l'on remplacerait t par /„. 9o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. Réciproquement, si Ton suppose que chaque surface t soil capable d'cn- gendrer une famille de Lamé dans un certain mouvement hélicoïdal, dont les composantes seront des fonctions données de ^, il est bien clair que l'équation (3) sera satisfaite identiquement, si l'on y remplace H, rj, ...,/• par des fonctions de / proportionnelles aux fonctions données précédentes. Si l'on développe les conséquences de ces simples remarques et si l'on s'appuie sur les résultats de notre Note du 3 août u)o8, on arrive aux propo- sitions suivantes : Les familles de Lamé que nous proposions de chercher peuvent être rangées en groupes, comme nous allons l'indicpier. Groupes G,. — Les familles de Lamé d'un tel groupe se composent de surfaces (S,) pouvant chacune engendrer une famille de Lamé autour d'un seul axe A,. Soit F, une famille particulière du groupe considéré. Les axes A, engendrent une surface réglée S et sont affectés des pas/? des mouvements hélicoïdaux dont ils sont les axes. Faisons virier H, suivant les pas/;, sur une des surfaces réglées i' dont nous avons indiqué la déter- mination dans une Note antérieure {Comptes rendus^ il\ août 1908). Sup- posons de plus qu'on fixe dans l'espace chaque surface S, au moment où l'axe A, correspondant est axe instantané. Les nouvelles positions de ces surfaces constituent une famille de Lamé appartenant au groupe considéré. De plus toutes les familles, obtenues en répétant l'opération précédente sur F, ou sur l'une quelconque des familles qu'on en aurait déjà déduites, forment un groupe au sens classique du mot. Les familles de ce groupe dépendent donc d'une fonction arbitraire de t et peuvent être obtenues par des quadratures (roir la Note précitée) dés que l'on connaît l'une d'elles. Groupes G.,- — Les familles de ÏMmé d'un tel groupe se composent de sur- faces (So) pouvant chacune engendrer une famille de Larné autour d'une simple infinité d' axes A 3. Si l'on a une famille particulière Fa d'un tel groupe, on aura toutes les autres en répétant l'opération de tout à l'heure, la surface ^ étant composée chaque fois de droites Aj choisies selon une loi arbitraire et affectées de leurs pas. J^es familles d'un même groupe dépendent de deux fonctions arbi- traires de t et peuvent être obtenues par des quadratures dès que l'on connaît l'une d'elles. Citons comme exemple les familles de Lamé composées de cyclides de SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 907 Diipin ('). En leur appliquant les résultats précédents, on obtient en parti- culier l'élégant théorème suivant : Soil une famille de Lamé composée de cyclides de Dupin D. 5? l'on déforme la surface développable Z lieu de l'un des deux axes de chaque cyclide, et si chaque plan tangent à I! entraîne la cyclide correspondante^ les nouvelles posi- tions des surfaces D constituent encore une famille de Lamé. Groupes G.,. — Si l'on écarte les familles de cônes, tout groupe G ^ se com- pose de cyclides de Dupin à trois plans de symétrie. Si l'on a une famille d'un groupe^ on aura les autres en déformant une sur/ace réglée S quelconque tan- gente aux troisièmes plans de symétrie et en entraînant les cyclides avec ces plans, ce qui donne trois fonctions arbitraires de t. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur l'ituégration des équations aux dérivées partielles. Note de M. S. Carrus. Nous avons en vue quelques remarques qui nous paraissent devoir être utiles dans l'intégration des équations aux dérivées partielles d'un ordre quelconque, mais linéaires par rapport aux dérivées d'ordre le plus élevé. Nous prendrons par exemple une équation aux dérivées partielles du troisième ordre définissant une fonction « de trois variables x,y, s. Supposons qu'on soit arrivé à mettre cette équation sous la forme (i) A -^ -t- B-r^ -j-C-r^ -H t) = 0. ^ ' ((.f dy dz Pour faire cette identification on dispose des fonctions A, B, C, D qui peuvent être des fonctions ari)itraires des variables x, y, s, m, m,-, «,y consi- dérées comme variables indépendantes et de la fonction o qui peut être également fonction arbitraire de ces treize variables. On voit que pour faire cette identification, l'ensemble linéaire des termes contenant les dérivées partielles du troisième ordre importe seul. L'équation étant supposée mise sous cette forme particulière, quelles conclusions pourra-t-on en déduire? 1° Si D := o on obliendia des solulions en |)osant o =: consl. el si l'ideiilificalion a laissé subsister pour -j une indéteiniinalion correspondaiil à celle d'une fonction ') M. Darboux a déterminé dernièrement toutes ces familles de Lamé. 9o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. arbitraire de deux varialiles, on aura fait une intégration première de léqualion donnée. 2° Si l'on pose w («,y, «,, u,a;,y, :) ^0 {iii, m, ,r, y, z), 9 désignant une fonction arbitrairement choisie, ce qui constitue une équation aux dérivées partielles du deuxième ordre, l'équation (i) se transforme également en une équation du second ordre et l'on aura des solutions (et toutes les solutions de l'équation) en cherchant les solutions communes à ces deux équations du second ordre. 3° Il pourra arriver qu'on puisse disposer de l'arbitraire de s et de 9 de telle sorte que ces deux équations soient identiques. On aura ainsi obtenu une équation du second ordre dont toutes les solutions appartiennent à l'équation donnée, et si l'arbitraire qui peut subsister dans l'équation ainsi formée est celui d'une fonction arbitraire de deux variables, on aura encore obtenu une intégration première de l'équation. 4° Nous avons ramené l'intégration de l'équation donnée à la recherche des solu- tions communes à deux équations du second ordre. Si, à leur tour, ces équations sont linéaires par rapport aux dérivées partielles du second ordre, on pourra appliquer à nouveau le procédé de transformation indiqué et ramener l'intégration de l'équation à la recherche des solutions communes à quatre ou même trois (si deux équations peuvent être rendues identiques) équations du premier ordre. On aura ainsi reconstitué, pour ainsi dire, mais avec plus de généralité, les équations qui, par élimination des fonctions arbitraires, ont conduit à l'équation donnée. Toutes ces transformations sembleront peut-être d'une application moins restreinte si l'on réfléchit à la façon dont s'obtiennent les équations aux dérivées partielles. Nous avons pu faire l'application plus ou moins complète de tous ces résultats à deux équations remarquables du troisième ordre : l'équation déterminant les familles de surfaces à trajectoires orthogonales planes, l'équation régissant les systèmes triples orthogonaux. Familles de surfaces à trajectoires orthogonales planes. — iSous avons pu, dans notre Thèse de doctoi-at, mettre l'équation déterminant ces familles sous la forme très condensée suivante : , , (ti di dt en posant M; ^3 — «3 C; {iv=u\ 4- u\+ ll\). Nous obtiendrons donc des solutions en posant (a) o) supposée remplie, la série de Dirichlet Za„e"''"* est convergente en tout point régulier de la droite R(5) = c. De plus, la convergence est uni forme dans tout intervalle de régularité. On sait que la même condition ( i ) est nécessaire pour que la droite contienne au moins un point de convergence. Ce théorème comprend comme cas particulier celui de M. Fatou. 1° Nous posons (') a„e-V=c„, c, -t-CaH-. .. + c„ = s„, (j{l)=is„ pour l„<\^\„+^,. i'n<<^ (2) '^'*'(^)=2^"('-7r)'=o4X 'yO.)('.^-yY-^dl, k étant >o (entier ou non). Nous appelons les expressions (2) moyennes typiques {d'ordre X) relatives aux séries de la forme 2a„e '»*. La formule (2) fait voir que les domaines de sommabilité correspondant aux di- verses méthodes sont des demi-plans et que la sommabilité est uniforme dans tout domaine intérieur au demi-plan correspondant (^). 3° En remplaçant dans la condition (i) les sommes partielles de la série par les moyennes typiques de cette série, on obtient un théorème, généralisation de I, qui comprend comme cas particulier le ihéorème suivant, démontré dans ma Thèse : II. La série entière Sc^s" est sommable par les moyennes arithmétiques d'ordre k en tout point régulier de la circonférence de rayon i , si la condition (' ) Voir deux Notes insérées aux Comptes rendus, qui portent respectivement les titres : i° Sur les séries de Dirichlet (21 juin 1909); 1° Sur la sommation des séries de Dirichlet (5 juillet 1909)^ On peut aussi, dans le cas général, définir des moyennes qui jouent le même rôle que les moyennes arithmétiques jouaient dans le cas particu- lier ?in= logn. (^) Remarquons que A' désignant un nombre négatif quelconque, le théorème II de notre première Note citée subsiste pour des séries quelconques, en y remplaçant les mots « moyennes arithmétiques » par les mots « moyennes typiques ». SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. ■ 911 lim c„n~''= o est remplie. La même condition est nécessaire pour qu'il y ait au moins un point de sommabililé d'ordre k sur la circonférence. 4° La régularité n'est aucunement une condition nécessaire pour que le théorème 1 et sa généralisation soient valables. Pour le moment nous nous bornerons au cas par- ticulier ^„= n ('). Considérons la fonction F(r, (r, 9)=Vc„r«e'"? (') La méthode que nous suivons s'étend aisément au cas général. (^) M. Dienes a eu l'idée de combiner un théorème de M. Hadamard : 1° avec le théorème cité de M. Falou, 1" avec notre théorème II, 3° avec des théorèmes de M. Borel et de M. Lindelôf. Par cette idée, il parvint à quatre théorèmes nouveaux. La combinaison des méthodes, au lieu de celle des théorèmes, l'aurait conduit à des résultats plus généraux. <)12 . ACADÉMIE DES SCIENCES. ail ini KiMjn lie convergence thii H et que les fonctions (/■, o)el(o)= Iim4>(/', o) »• = R vérilient les conditions (i), (2) et (3) énoucées tout ;i l'heure pour les fonctions F (r, 9) ell"'(o). Dans ces conditions, la niclhode de soiiuiKilioii dont nous venons de parler, appliquée à la série ' > r„K"e"'?. donne la valeur - [*(9 -f-o) + *(a- — o)] en chaque point dit cercle de com'er^ence, oii la fonction •I*(o) admet une disconti- nuité de première espèce. Plusieurs méthodes de M. Miltaii-Lefller, ainsi qu'une méthode due à M. Liudelof, rentrent dans la catégorie ci-dessus. On peut obtenir un théorème analogue pour les points frontières de Fètoile de M. Miltag-Leffler. 5° J'ai trouvi' des théorèmes analogues à 1 et à ses généralisalions pour (De-'-^dt. les inlégrales / Les moyennes typiques s'y définissent aussi par les inlégrales de Riemann- Liou ville. RADIOACTIVITÉ. — Sur uii appareil destiné aux mesures radioactives. Note de M. B. S/.ii-ard, présentée par M. Lippniann. J'ai essayé de construire un appareil de mesure à haute sensibilité basé sur le principe de l'élecLroscope, mais dans lequel le système indicateur qui est généralement une feuille d'or est remplacé par un index rigide. Les nombreuses formes que j'ai étudiées m'ont conduit à la solution ci- dessous décrite, dispositif (') qui m'a paru le meilleur au point de vue des qualités que doit posséder un instrument spécialement destiné aux mesures radioactives. Une aiguille (A) suspendue en son milieu sur un axe vertical sert d'index rigide; elle porte une petite échapo en acier très dur leposant sur une pointe (P) très fine et très aiguë; ce dispositif et le point de suspension convenablement choisi lui assurent une grande mobilité grâce à son poids réduit au minimum; l'ensemble de ces circon- stances permet d'obtenir une gi'ande régularité dans les mouvements rendus presque (') Construit par MM. Ducretet et Roger. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 9l3 apériodiques par suite de la résistance opposée par l'air aux mouvements de l'aiguille. L'aiguille est en acier et son ainjantalion lui donne une force d'orientation jouant ici le même rôle que la pesanteur dans le cas de l'éleclroscope à feuille d'or; dans celui-ci la position du repos est la position verticale de la feuille; ici c'est la direction occupée dans le plan du méridien magnétique qui correspond à un pareil état. L'aiguille ainsi orientée est encadrée par un ruban métallique (l\) relié électrique- ment avec elle; c'est cet ensemble qui forme le dispositif de mesure recevant la charge. On a donné à ce système une forme telle que sa capacité électrique soit aussi faible que possible (pour avoir une grande sensibilité) et que, en même temps, le potentiel de la charge qu'il contient soit relativement élevé, afin que la saturation du courant par rapport aux dimensions de la boîte soit assurée. Lorsqu'on amène une charge à ce système, l'aiguille sort du plan de son cadre et dévie : la force magnétique tendant à ramener l'aiguille à sa position originale 9l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. équivaut dans toute position à la force électrostatique provemint de la cliarge contenue par le système; la sensibilité de l'instrunient dépend alors, en une certaine façon, de i'ainKinlalion de l'aiguille et respectivement de l'intensité du champ terrestre. Pour diminuer l'action de celui-ci, ainsi f|ue jiour éviter l'effet qui |)Ouirait se produire lorsque le dispositif se trouverait [larliasaid dans le voisinage des masses en fer, et en général pour assurer une certaine constance au\ facteurs magnétiques de l'aiguille, la cage qui reçoit le système est garnie sur son fond d'une plaque épaisse et, sur son dessus, d'une bague bien uniforme et homogène, tous deux en fer doux. Le dispositif de mesure est fixé sui' le milieu d'une bande mince, en ambre ( i), dont la longueur nécessaire a été déterminée en l'augmentant successivement jusqu'au point où, par ce moyen, il n'a plus été possible de réduire la fuite spontanée de la cliarge du système, même si son potentiel atteignait son maximum, dans le cas même où l'intérieur de la cage n'aurait pas été desséchée; de cette façon on pouvait s'assurer que la fuite de la charge du système était due exclusivement à l'air. Le système fixé sur son support isolant est symétriquement placé dans une boite métallique à forme cylindrique; ainsi la distance entre le bout de l'aiguille et la paroi de la boîte restant toujours la même, quelle que soit la position occupée par la pré- cédente, il ne peut se présenter aucune dissymétrie dans la répartition du champ. Pour éviter toute capacité supplémentaire due à la conduction de la charge dans une chambre d'ionisation, c'est cette cage même qui sert à cet usage; la façon dont le système est disposé (c'est-à-dire dans l'axe de la cage) permet d'arriver à la saturation du courant, même si le potentiel de sa charge est relativement faible (c'est ce qui arrive loisque la position de l'aiguille est voisine de la position du zéro); elle permet aussi, d'autre part, de pouvoir utiliser tout le volume intérieur de la cage comme chambre d'ionisation, le système de mesure se trouvant librement suspendu en son milieu. Le dessus de la cage (V) est en verre portant sur sa partie intérieure une échelle photographique divisée en degrés; la couche en gélatine de celle-ci est suflisammenl conductrice pour protéger le dispositif de mesure contre les actions électrostatiques extérieures. Pour éviter les erreurs de parallaxe, la lecture se fait au moyen d'une lentille (O) dont l'aberration sphérique est corrigée et qui est placée au-dessus du couvercle et dans l'axe ' d'alcool au maximum. Or il imporle évidemment pour le succès de l'opération de retrouver avec toute l'eau la presque totalité de cet alcool. Le procédé doit donc être doué d'une efficacité bien supérieure à celle qui suffirait à son succès en tant que procédé de récupération. Or si le mécanisme en question permet d'atteindre sans encombre la température de congélation du liquide volatil choisi, encore faut-il qu'à cette température la tension de ce liquide soit beaucoup moindre que celle de l'eau à o", car nous retrouverions sans cela dans une autre région des appareils les dangers d'obstruction évités au début. Mais justement cette condition est si parfaitement remplie par l'alcool, que sa tension vers — 1 10" nest pas le .7^ de celle de l'eau à o", en sorte que le résidu apte à se soli- difier doit être tout à fait négligeable. Effectivement j'ai pu faire fonctionner un appareil d'une façon parfaite avec ce système et, après plus de i.5o heures de fonctionnement ininter- rompu, la marche a été arrêtée volontairement en dehors de toute obstruc- tion. Ces essais ont été efTectués sur nos appareils courants de 6o">' d'oxygène à l'heure. La quantité d'alcool employée ne dépassait pas 2oo!-' par heure, soit os,5 d'alcool par mètre cube d'air traité, et l'on récupérait aisément les l de l'alcool sous une forme (') Comptes rendus, 8 novembre 1909. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909» 91^ directement utilisable à nouveau. La dépense d'alcool ressort donc à peine à Jj de centime par mètre cube d'oxygène. Très efficace comme on l'a vu, le procédé est donc d'autre part tout à fait intéressant au point de vue économique. On doit, il est vrai, tenir compte dti froid neutralisé par la liquéfaction de l'eau et de l'alcool; mais, outre qu'on pourrait y consacrer des frigories peu coijteuses, ce fait ne se traduit que par une augmentation très admis- sible d'environ lo pour 100 de la pression de marche des appareils. PHYSIQUE. — Dissymélries dans le phénomène de Zeeman présenté par certaines bandes d'émission dis vapeurs. Note de M. A. Dufour, présentée par M. J. Violle. .J'ai montré précédemment (' ) l'existence de dissymétries de positions et d'intensités des composantes magnétiques de quelques raies d'émission et l'identité des résultats obtenus pour une même raie dans les deux modes principaux d'observation. M. J. Becquerel (^) a trouvé des phénomènes du même genre relatifs aux composantes magnétiques des bandes du xénotime et étudié rintluence des conditions expérimentales sur leur nature et leur grandeur. Pourvoir si tous les résultats précédents pouvaient être généralisés, ce qui augmenterait leur importance théorique, j'ai repris, en l'étendant à de nouvelles bandes et avec des champs plus intenses, de l'ordre de 3oooo uni- tés, l'élude du phénomène de Zeeman présenté par les bandes des spectres d'émission des vapeurs, en m'attachant à rechercher si des dissymétries exis- taient. I. Dissymétries d'intensités. le n'ai observé aucune dissymétrie notable d'intensités sur les bandes que j'avais déjà étudiées. D'autre part, ces recher- ches ont confirmé le résultat antérieur relatif à la bandeU (X = 6036,9) du fluorure de calcium : les composantes du doublet secondaire négatif fourni par chaque arête paraissent bien avoir les mêmes longueurs d'onde que celtes des composantes du doublet principal positif correspondant. J'ai photographié en plus les bandes A = 5291,08 et X = 6292, 98 du même corps, désignées respectivement par B, et B, par M. Fabry; elles sont constituées d'arêtes dégradées vers le rouge. Chaque arête de la bande B,, (') Comptes rendue, t. CXLVlll, 1909, p. 159/4, et Le Hadium, t. \1, 1909, p. 298. (-) Comptes rendus, t. CXLVIII, 1909, p. yû; l- CXLIX, 1909, p. 200 et 39a. C. R., 1909, •• Semestre. (T. Uy, N" 21.) . - 1^3 9l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. observée normalement au champ, fournit six composantes magnétiques dont quatre vibrent perpendiculairement au champ et les deux autres (peut-être double chacune) vibrent parallèlement aux lignes de force. 11 existe une dis- symétrie d'intensité nette entre ces deux dernières composantes : celle qui est retardée est la plus intense. Chaque arête de la bande Bj fournit une même décomposition ; on trouve aussi une dissymétrie d'intensité pour les composantes vibrant parallèlement au champ, mais plus faible et de sens contraire à la précédente. Quant aux composantes vibrant perpendiculai- rement aux lignes de force, les légères dissymétries d'intensités qu'on constate entre les composantes extrêmes s'observent dans les deux modes principaux d'observation, mais bien plus facilement dans l'observation lon- gitudinale, car les composantes sont alors nettement séparées. Ces bandes présenlenl un phénomène de Zeeraan longiliidinal remarquable. Chaque arête de la bande Bi fournil dans ces coiidilions d'observation un doublet principal négatif (de l'ordre de ^ de l'écart normal) cl un doublet secondaire positif (del'ordre de I). Pour la bande Bj, les résultats sont différents : chaque arête donne un doublet principal |)Osilif (de l'ordre de |) et un doublet secondaire négatif (de l'ordi-e de \). Ce qui est intéressant ici, c'est l'existence simultanée des deux effets positif et négatif avec des doublets de valeurs nettement distinctes. C'est le premier exemple d'une telle décomposition rencontré dans les spectres des vapeurs et il est particulièrement net (>). La bande \ = 6362,2 1 du chlorure de strontium fournit aussi un exemple de dissymétries d'intensité pour le doublet formé par les vibrations paral- lèles au champ : la composante retardée est cette fois la moins intense. Il est intéressant aussi de remarquer que l'observation du phénomène de Zeeman longitudinal montre que chaque arête de cette bande se comporte comme si elle com- prenait à la fois : i" une partie principale insensible au champ; 2° un doublet secon- daire positif très visible (de l'ordre de | de l'écart normal ); 3" une partie négative difficilement visible, peu intense el donnant un effet beaucoup plus petit. On constate en outre des différences de netteté. En particulier, pour les bandes B,, Bj, lors de l'observation longitudinale, la seule commode, on trouve une différence de netteté entre les composantes formées de vibra- tions circulaires différentes; les composantes qui vibrent dans le sens des courants d'Ampère sont les moins nettes. Ce phénomène pourrait s'expliquer si l'on admettait que la partie dégradée des arêtes est discontinue, et que ses diverses parties ne se comportent pas exactement de la même manière. (' ) Ce résultat est à rapprocher des constatations faites par M. J. Becquerel sur la bande 6221 du xénolime (Comptes rendus, t. CXLVIll. p. 9i4)- La bande D' du fluo- rure de calcium fournit un phénomène analogue, mais son étude est incommode. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 919 II. Dissyméiries de positions. — Dans cette recherche plus délicate, il s'agit maintenant de comparer la position des composantes à celle de la ra- diation primitive. On s'est limité anx bandes les plus faciles à étudier. On a utilisé deux flammes identiques, l'une en deliorsdu champ magnétique, l'autre étant dans le champ, et l'on a photographié le spectre U)lal des deux flammes à la fois, la pose étant de même durée pour les deux sources. Les expériences ont porté sur les bandes D, D" du flu. =: 66i3,6 et 6619,8), et les bandes E, E* du fluorure des tron- tium (k =- 65i 1,8 et 6632,4). Les doublets magnétiques fournis par les arêtes de ces bandes sont, en général, symétriques en position par rapport à l'arête d'où ils proviennent, autant que la précision des mesures, nécessairement faible ici par suite du dégradé de ces bandes, permet de le constater. Pour la bande D" cependant, on observe une dissymétrie de positions des composantes du doublet formé des vibrations perpendiculaires au champ. En résumé, on retrouve, pour des bandes à arêtes dégradées des vapeurs, des dissymétries d'intensités de quelques composantes magnétiques, ana- logues à celles que j'ai signalées pour les raies du chrome. Dans certains cas on constate une dissymétrie de netteté entre les composantes circulaires de sens différents, dissymétrie liée au sens du champ magnétique. Les doublets magnétiques fournis par les arêtes de la plupart de ces bandes admettent, aux erreurs d'expérience près, l'arête génératrice comme axe de symétrie de positions, sauf dans un cas que je signale. J'ai rencontré, au cours de cette étude, trois bandes dont chaque arête se décompose en deux doublets, l'un positif et l'autre négatif, avec des écarts très dilîérents; l'une de ces bandes fournit même en plus une partie insensible au champ. J'ajouterai que les écarts des doublets magnétiques des arêtes des bandes des vapeurs paraissent être en rapport simple avec l'écart normal. J'ai entrepris des mesures précises, faites avec des champs intenses, pour fixer ce point im- portant. PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. — Du rôle de la capacité des électrodes dans la décharge des inducteurs. Note de M. E. Cacorelier, présentée par M. E. Bouty. J'ai établi dans une précédente Note (') que la théorie de Klingelfuss, relative à l'étincelle de décharge des inducteurs, ne semble pas pouvoir être (') E. Caudrelier, Comptes rendus, t. CXLVlll, 1909, p. 1257. f)20 ACADÉMIE DES SCIENCES. appliquée au cas où l'intervalle d'air, cjue traverse la décharge, présente seulement quelques centimètres de longueur; dans ce cas, en effet, j'ai montré que le condensateur intercalé sur le primaire ne joue pas un rôle essentiel dans la production des traits lumineux qui sillonnent l'étincelle. Je me propose d'édifier une nouvelle théorie permettant d'expliquer la formation de ces traits lumineux, et de montrer que la cause à laquelle il faut vraisemblablement rapporter ce curieux phénomène est toute diflérente de celle sur laquelle Klingelfuss avait porté son attention. Soient M et N les bornes du secondaire de l'inducteur, A et B les deux électrodes entre lesquelles éclate l'étincelle; M est relié par un conducteur à A, et N est relié de même à B. Dans ces conditions, les expériences de Schnell font connaître que Finten- silé du courant qui parcourt les conducteurs AM et BN subit un certain nombre d'oscillations (une dizaine au plus) ('); d'autre part, dans l'étincelle, un soufflage convenable fait apparaître des traits lumineux dont le nombre est de l'ordre des cen- taines. Il en résulte qu'à chacune des oscillations du courant dans AM ou BN corres- pond toute une série de traits lumineux dans l'intervalle d'air AB et l'on est ainsi amené à rechercher comment un courant constant, dans les conducteurs AM et BN, peut donner lieu à des variations d'intensité lumineuse dans l'étincelle, variations que l'on ne saurait attribuer, d'après Topler (-), aux oscillations du courant dans les fils métalliques aboutissant aux électrodes. Remarquons dans ce but que les électrodes A et B jouent le rôle d'un condensateur de tiès faible capacité. Sons l'action du champ électrostatique créé entre B et B', l'air s'ionise, et les ions qui se dirigent vers les électrodes constituent le courant d'étin- celle. Appelons : n et m le nombre d'ions négatifs et positifs par unité de volume entre les électrodes ; a la capacité des électrodes; J^ leur dislance ; K, K' les coefficients de mobilité des ions négatifs et positifs; P la charge électrique des ions; Q, Q' des coefficients constants; / le courant dans AM et BN. Equations du milieu. — Lorsque l'intensité X est supérieure à une certaine valeur Xj, l'ionisation se produit par le choc des ions négatifs contre les molécules d'air; dans l'unité de volume, le nombre d'ions formés pendant l'unité de temps est proportionnel au nombre de molécules d'air heurtées par les ions négatifs et à l'énergie de ces der- niers au moment du choc. (') Schnell, Ann. der Phys., 4° série, t. XXI, 1906. (') TôPLER, Ann. der Phys.., t. Il, 1900, p. ^ des quantités très petites, m — « =: cp ( X ) -)- £1 , Par suite, les équations (1) ou (i') donnent /'(,)^ ^lillJ^ _KK'X,,'(x) +KX^iil^i^ •' ' de TV/ ^^ = X»[Q/(0 - QK' »(x) + Q(£,- K'e,)] ■ =X>[(g + Q')/(0 -^ (Q'K - QK') cp(^) + Q(£.- K'«,) + Q'(^'2-K£,)] 922 ACADÉMIE DES SCIENCES. et ne peuvent être satisfaites que si l'une des deux quantités X o» «'(,x) est très petite. La première hypothèse, X très petit, correspond à l'étincelle d'équilibre, et l'on re- trouve ainsi le cas étudié par J.-.T. Thomson dans T/ie conduction of Electviclty through Gazes. Au contraire, pour le problème qui nous occupe, c'est la seconde solu- tion qu'il convient de prendre, en sorte (]u'on aura, quel que soit t et en désignant par £3 et £4 des quantités très petites, dn dm Traits lumineux. — La surface {■— P(KrtA+ K'wa)X = o, où X, /«A, 'Wa sont considérés comme les coordonnées d'un point de l'espace, est un cylindre dont les génératrices sont parallèles à la droite X r= o, K /!a+ K'mA= o, et dont la directrice, dans le plan passant par OX et perpendiculaire à celte droite, est l'hyperbole PXZ v/K«-hK'^ D'après cela, on voit que X, qui est d'abord nul, croît jusqu'à la valeur X(,, pour la- quelle l'ionisation par choc commence; quand il obtient cette valeur, les valeurs «0^, Wo des quantités n^ et nix sont encore très petites. Si la quantité R définie plus haut on dm , , , j.^, est elle-même assez petite pour que —- et -r— ne s annulent pas avant la ditterence at ot /_ p(K«v i- K.'mA)X, on voit que X, ayant crû jusqu'à ce que le point X, «a, Wa rencontre la surface cylindrique S, décrott ensuite jusqu'à ce qu'il reprenne la va- leur Xo, pour laquelle l'ionisation par choc cesse. Comme l'ionisation par choc est accompagnée d'une vive lueur, il se produit dans l'étincelle un trait lumineux pendant le temps où X est supérieur à Xq. Ensuite, X, ayant atteint la valeur Xo, continue d'abord à décroître; mais, comme les ions entraînés vers les électrodes ne produisent plus de nouveaux ions en heurtant les molécules, le courant d'étincelles s'affaiblit rapidement, les électrodes se rechargent et X se remet à croître jusqu'à la valeur X». Un second trait lumineux prend alors nais- sance, puis un troisième et ainsi de suite. En résumé, le principe de cette interprétation consiste à faire jouer aux électrodes le rôle d'un condensateur percé, qui pourrait tout à la fois accu- muler des masses d'électricité sur ses armatures et livrer partiellement pas- sage au courant. Je me propose de montrer prochainement que la théorie, dont je viens d'exposer les bases, rend compte, aussi bien que celle de Klingelfuss, de l'influence du condensateur primaire sur l'écartement des traits lumineux, et que, de plus, elle n'est pas en défaut dans le cas des étincelles courtes. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. gaS ÉLECTRICITÉ. — Réactions chimiques et ionisation des gaz. Note de MM. DE Hroglie et Brizard, présentée par M. E. Bouty. Nous avons fait connaître précédemment ( ' ) les résultats de nos recherches sur l'ionisation des milieux gazeux dans lesquels viennent de se produire des réactions chimiques. Ces observations (^), faites par la méthode ultra- microscopique, nous ont conduits à penser que la conductibilité du gaz, quand elle existe, pouvait être attribuée à un phénomène autre que la réaction chimique : haute température, barbotage, éclatement de surface cristalline, etc. , toutes causes susceptibles, comme on le sait, de produire des centres chargés. M. Reboul a étudié ('), depuis, la même question par la méthode électrométrique. La réaction chimique est effectuée à l'intérieur d'un condensateur dont l'un des pla- teaux coninuinique avec l'électromètre. Ses résultiits, concordant avec les nôtres pour un certain nombre de réactions, sont en désaccord avec eux dans d'autres cas. M. Reboul signale, par exemple, une conductibilité notable de l'air contenant des fumées de chlorure d'ammonium produites par la combinaison de l'acide chlorhy- drique et de l'ammoniaque, alors que nous avons toujours trouvé cet air dépourvu de centres chargés. Le même auteur cite encore comme donnant des gaz conducteurs, yaa/' voie purement chimique^ des réactions, telles que les oxydations du sodium fraî- chement coupé et de l'aluminium amalgamé, les différents modes de production des vapeurs nitreuses, etc. Nous avons repris ces expériences, avec un dispositif analogue à celui de M. Reboul, en nous attachant à éviter toutes les causes de conductibilité parasite, en particulier les dépôts de poussières conductrices à la surface des isolants et les phénomènes de convection entre les plateaux du conden- sateur. (') Comptes rendus, t. CXLVIII, 1909, p. i^oy et iSgô. (') Nous avons examiné en particulier les fumées produites à l'air humide par les chlorures de phosphore, d'arsenic, d'antimoine, d'étain, etc., fluorures de silicium, les anhydrides sulfurique, phosphorique, les acides chlorhydrique, bromhydrique, azo- tique fumant, la projection dans l'eau du penlachlorure de phosphore, d'anhydrides phosphorique el sulfurique, la combinaison d'acide chlorhydrique et d'ammoniaque gazeux, du chlore avec l'arsenic et l'antimoine, de nombreux cas de combustion, les décompositions, par une faible élévation de température, du permanganate de potas- sium, d'un grand nombre de carbonates et d'oxydes, l'action violente de l'acide azo- tique fumant sur la benzine ou l'essence de térébenthine, les gaz hj'drogène et carbo- nique récemment préparés, des cas de double décomposition, précipitation, etc. (') Comptes rendus, t. CXLIX, 1909, p. iio. 924 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les poussières ou les fumées, prenant naissance sur l'un des plateaux, peuvent, en effet, ne pas être éleclrisées par la réaction qui les produit el emporter néanmoins avec elles des charges du plateau à la surface duquel elles ont un instant appartenu. Dans ces conditions, nous n'avons observé aucune conductibilité, ni pour le sel am- moniac, ni pour les vapeurs nitreuses. Une très faible conductibilité dans l'oxydation du sodium fraîchement coupé s'expliquerait par la formation, à la surface du métal, d'une foule de petites bulles, visibles du reste au microscope et produisant une sorte de barbotage. Nous avons fait récemment sur l'ozone des expériences qui viennent encore à l'ap- pui de notre interprétation ; l'action de ce gaz sur l'ammoniaque donne des fumées de sels ammoniacaux qui ne sont pas chargées, bien qu'elles prennent naissance dans une atmosphère où il y a destruction d'ozone ('). Enfin, à la liste déjà longue des réactions chimiques ne produisant pas d'ionisation, M. L. Bloch a récemment ajouté la dissociation de l'hydrogène arsénié, la formation de l'anhydride sulfurique par contact, du chlorure d'arsenic (sans incandescence) et du chlorure de soufre. En présence de ces résultats, nous continuons à penser que le boulever- sement moléculaire dû à la réaction chimique, quand il n'entraîne pas de phénomènes tels que ceux dont nous avons parlé au début (haute tempé- rature, barbotage, etc.), n'a pas tendance par lui-même à produire l'ioni- sation du gaz environnant. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur les conditions nécessaires pour que le platine se maintienne incandescent dans l'intérieur du brûleur Bunsen. Note de M. Jean Meunier, présentée par M. Troost. La propriété que le platine, préalablement chauffé, possède de se main- tenir incandescent dans un mélange d'air et de gaz d'éclairage est en rapport avec la composition de ce mélange, ainsi que je l'ai démontré (Comptes rendus, t. GXLVIII, i^'' février 190g, p. 1292). En poursuivant mes re- cherches, j'ai été assez heureux pour découvrir certaines particularités inattendues qui conduisent à envisager ce phénomène d'une manière nou- velle. (') L'oxygène ozonisé, sortant de l'appareil à efiluves de Berlhelot. ne reste pas conducteur, s'il a été débarrassé de poussières avant son introduction dans l'appareil; évidemment l'effluve ionise le gaz au moment où elle le traverse, mais, dans ce cas. elle n'y produit pas d'ions persistants (gros ions). SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 926 Expérience. — Quand on introduit un fil de platine dans l'intérieur d'un brûleur Bunsen allumé, le fil échauffé et devenu incandescent garde son écla't quand bien même on l'enfonce. Mais si l'on a soin de le nettoyer préalablement, en le trempant dans l'acide chlorliydrique et en le chauffant, il perd sa propriété, l'éclat s'obscurcit et disparaît à mesure que le fil pénètre dans la cheminée du brûleur. Il est facile de lui rendre la propriété perdue, car il suffit pour cela de le passer entre les doigts, et de nouveau il se maintient incandescent dans le gaz à l'intérieur du brûleur. Celte série d'essais peut être répétée indéfiniment. J'ai pensé qu'une telle dilTérence d'action sur le mélange gazeux était due à une trace de substance déposée par les doigts à la surface du platine et, pour m'en con- vaincre, j'ai pris la précaution de me laver les doigts avec de l'eau distillée acidulée ; après cela, le contact, même répété, des doigts et du fil de platine, nettoyé lui-même, n'a plus produit l'ellet cherché; tandis que les doigts lavés au savon et à l'eau ordi- naire ont repris leur vertu première. On peut montrer la sensibilité de ce genre d'in- vestigation, procéder d'une façon plus délicate encore en se passant les doigts nettoyés sur le visage; ils reprennent ainsi leur efficacité, en s'imprégnantdes traces de substance laissées sur la peau par l'eau des ablutions. Il faut remarquer que la limite de combustibilité du mélange gazeux par incandes- cence est élevée dans le cas actuel. A l'intérieur du brûleur, la teneur en gaz est de 35 à 4o pour 100; or la limite supérieure d'allumage par flamme est de 33 à 35 pour 100 de gaz, mais je réserve pour le moment ce côté de la ([uestion. J'ai adopté une disposition simple et commode pour ces expériences : elle consiste à recouvrit- le bn'ileur d'un tube à essai d'analyse, maintenti par un bouchon de liège percé et i\\è au brûleur; au fond du tube, on a pratiqué par soufflage un orifice qui devient l'orifice du brûleur modifié et qui porte la flamme. Lritéralement on a soudé un petit tube permettant de faire les prises de gaz pour l'analyse. L'incandescence (jui apparaît à travers le tube de verre se maintient aussi bien, que le brûleur soit allumé ou éteint. Partant de cette idée que le phénomène était dû à la présence d'un peu de substance salirre à la surface du fil de platine, je l'ai successivement trempé dans différentes solutions de sels de potasse ou de soude; mais, soit que les quantités de matière ainsi déposées sur le fil étaient trop fortes, soit pour d'autres raisons, ces premiers essais n'ont pas réussi comme je m'y attendais. J'ai pris ensuite de l'eau ordinaire qui servait à mes lavages, et j'ai obtenu ainsi des résultats réguliers. A partir d'une certaine limite, la durée de l'éclat du fil incandescent est en rapport avec le poids de la substance solide déposée. Le fil dont je me servais, trempé dans l'eau ordinaire, a gardé son éclat pendant i5 minutes; trempé dans cette même eau diluée à 5o pour 100, pendant 6 minutes 3o se- condes; dans la dilution à 23 pour loo, 3 minutes environ; à i.i,5 pour 100, i minute 40 secondes; à 6,26 pour 100, ho à 60 secondes; à 3, .5 pour 100, 20 secondes environ. G. R., 1909, 1' Semestre. (T. 140, N" 21.) î 2/| r)26 ACADÉMIE DES SCIEiVCES. La longueur du fil était o^joS et, quoique la surface fût irrégulière, je puis estimer le diamètre moj'en à o°"",8, ce qui fait iS""™*' pour la surface incandescente. Trempé dans les dissolutions, il gardait environ 2'"'i,ô de liquide ; or, l'eau qui m'a ser\ i laissait exactement ife', 070 de résidu solide par litre. 11 s'ensuit que l'eau ordinaire laissait déposer sur le (il 2,6 millièmes de milligramme de substance solide et les dilutions successives : i,3, o,65, 0,82, 0,16 et 0,08 millième de milligramme. 11 est donc facile de calculer le poids de substance déposé par le contact des doigts sur le fil de platine; si l'éclat persiste pendant 3 minutes, par exemple, c'est que le poids de subs- tance déposé est de 0,6 millième de milligramme. On conçoit que l'on pourra évaluer ainsi des poids bien plus faibles encore. Il est entendu qu'une telle évaluation ne pourra se faire que pour des poids de même matière ou de matière également active. Le résidu solide laissé par l'eau est principalement formé de sulfate de chaux, et c'est celte substance qui parait être le principal agent du phénomène. Il résulte neltement des faits que je viens d'exposer que ce n'est pas le plaline qui provoque l'incandescence et la combustion converigente dans les conditions ci-dessus, mais que ce métal sert de support aux substances salines qui jouissent de cette propriété. De même s'explique aussi qu'on réussisse ou non l'expérience avec un fil de platine donné, suivant que ce fil a eu préalablement contact avec une substance saline capable de provoquer le phénomène. MÉCANIQUE CHIMIQUE. — Fonctionnement des explosifs de sûreté au nitrate d'ammoniaque en présence du charbon^ du papier et de la paraffine. Note de M. II. Dautriche, présentée par M. Vieille. Les explosifs de si'ireté à faible température de détonation, employés en France, sont à base de nitrate d'ammoniaque ; leur détonation dégage de l'oxygène libre. Lorsque ces explosifs sont employés dans la couche de charbon, ils peuvent être entourés de poussier de houille, et l'on peut se demander si l'oxygène dégagé ne peut pas brûler ce charbon en accroissant la température et le travail de l'explosif. L'hypothèse d'une telle combus- tion postérieure à la détonation pro])rement dite ne paraît pas avoir été admise jusqu'ici, et il n'en est pas tenu compte dans les réglementations françaises et étrangères sur les mines grisouteuses. L'encartouchage des explosifs au nitrate d'ammoniaque nécessite, d'autre part, une forte proportion de papier et de paraffine. La combustion de ces éléments dans l'oxygène dégagé a déjà été envisagée, et l'on a constaté par l'essai au mortier tel qu'il se pratique aux stations de Frameries et de Lié- SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. 927 vin que la présence de l'enveloppe' diminue la charge limite n'enllammant pas le grisou. L'étude de ces phénomènes présente un intérêt évident au point de vue de la sécurité des raines de houille. Nous l'avons entreprise en adoptant comme mode opératoire l'épreuve de rendement dans la terre. On emploie des cartouches de loos ou 2008 amorcées au fulminate de mercure et on les fait détoner dans la terre au fond de trous de i™ de profondeur, sous bourrage de -o'""^ à So''"' de mâchefer. L'elTet à la surface est négligeable et l'on obtient un globe ellipsoïdal dont le volume, déterminé par le diamètre et la hauteur, est proportionnel au travail de 1 explosif dans le terrain. Le travail produit dépend encore, il est vrai, de la résistance du sol, mais la connaissance de celle-ci n'est pas nécessaire si l'on s'astreint à ne faire que des comparaisons. Pour éviter les erreurs dues aux irrégula- rités de consistance du terrain, chaque essai comprend d'ailleurs quatre trous de mine forés aux sommets d'un carré de 2'° de' côté; deux sommets opposés sont chargés avec le même explosif. D'après les observations faites sur plusieurs explosifs, si felf, l et /', // et q' re- présentent les forces (définition de Sariau), les rendements dans la terre et les poten- tiels (chaleur dégagée, l'eau étant gazeuse) de deux explosifs, — est compris entre =^ et — et se lapproche plu- du second de ces rapports ([ue du premier. Dans cette épreuve la terre est donc presque un calorimètre qui présente l'avantage d'utiliser les explosifs dans des conditions très voisines de celles de l'emploi. L'explosif étant renfermé dans une première enveloppe de papier, la cartouche est disposée au centre d'une deuxième enveloppe et l'intervalle est rempli par du poussier de charbon. On a généralement employé du charbon de bois; deux séries faites avec du charbon de houille bien pulvérisé ont donné les mêmes résultats. Voici, à titre d'exemples, les résultats de deux essais, chaque essai comprenant quatre trous de mine forés aux sommets d'un carré de 2™ : 1. Influence du charbon. — (Jartouches de 200s d'explosif à la densité de i ,0 en- tourées, s'il y a lieu, d'une couche de charbon de bois de 4os environ. Cartouches sans charbon. \ olume du globe : 5g'-58'. Cartouches entourées de charbon. \ olume du globe : 7o'-72', d'où — ^= 1,20. •1. Injhience des enveloppes. — Cartouches de 29""» et 14O""" contenant 200s d'ex- plosif à la densité de r,o; enveloppes comprenant environ 5? de papier et 5» de paraf- fine. Cartouches de 29™™ : volume du globe 6j'-63' Cartouches de 40'""' ; volume du globe Sg'-gi' d ou y = I ,09. L'explosif employé comprenait 98 parti'es de nitrate d'ammoniaque et 7 parties de trinitrotoluéne; sa température de détonation, calculée d'après les règlements du 9^8 ACADÉMIE DES SCIENCES. Ministère des Travaux publics (chaleurs spécifiques de MM. Mallard et Le Chalelier), est de 1552°. Le même explosif, encartouché dans des enveloppes minces en laiton de 3o""" ou 4o""" de diamètre, a donné des globes équivalents. Les résultats (iblenus avec les enveloppes de papier doivent donc être attribués à une combustion des enveloppes variable avec le diamètre des cartouches. Eiilin les accroissements de rendements dus à la combuslion des enveloppes ou du charbon entourant les cartouches n'ont plus été constatés lorsqu'à l'explosif suroxygéné au nilrate d'ammoniaque on a substitué l'acide picrique dont la détonation dégage de l'oxyde de carbone. Les résultais obtenus montrent que dans les conditions des essais, condi- tions presque identiques à celles de l'emploi dans les mines, l'oxygène dégagé par les explosifs de sûreté au nitrate d'ammoniaque biùle le poussier de charbon entourant les cartouches. La discussion des résultats conduit, en outre, à admettre que cet oxygène est totalement utilisé cl (ju'il se forme de l'oxyde de carbone. En ce qui concerne la combustion du papier et de la paraflitie des enve- loppes, il faut tenir compte du diamètre des cartouches, J'our des car- touches de 3o'°'", la combustion est faible; elle est au contraire très impor- tante pour des cartouches de 4o'"'"- Pour ces dernières, l'état final paraît dépendre principalement du poids des enveloppes, et, suivant le cas, il peut soit subsister de l'oxygène libre, soit se former de l'oxyde de carbone. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur quelques nouvellrs syn/hcsrs de la ivtnilline. Note de MM. A. GuïoT et A. Grv, présentée par M. A. llaller. Malgré les nombreuses méthodes de préparation des aldéhydes aroma- tiques dont s'est enrichie la Science depuis quelques années, cisl encore au moyen de l'eugénol qu'on produit une bonne partie de la vaiiiltine actuel- lement consommée. 11 faut en cliercher les raisons, ctoyons-nous, dans la médiocrité des rendements des méthodes purement synlhéiiques, dans la formation simultanée d'aldéhydes isomères d'une séparai ian délicate et dans la facilité avec laquelle se résinifient, au contact d'un grand nombre de réactifs, la vanilline et les produits qui prennent inlormédiairement nais- sance dans sa préparation. Nous avons donc pensé qu'il n'était -pas sans intérêt d'ap|ili([ii(T à la pré- paration de ce parfum les méthodes générales dubleulion des aldéhydes I SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 92;) aromatiques que l'un de nous (^') a décrites dans une précédente Communi- cation. Les résultats ont été des plus satisfaisants, et, si l'on en excepte un cas qui n'est d'ailleurs qu'une application indirecte de ces méthodes, nous avons obtenu dans toutes ces préparations une vanilline très pure, complètement exemple d'isomères et de matières résineuses; les rendements sont compris entre 70 et 80 pour 100 du rendement théorique et pourraient sans doute encore être améliorés par une mise au point plus étudiée. A une solution de 2608 de chlorure de zinc dans 5oos d'acide acétique cristalllsable on ajoute une molécule-gramme d'éther mésoxalique ou d'un éther «3-dicétonique quelconque : étlier dicétobutyrique CH^— GO — CO — GO- K, éther benzoylglyoxylique C^W — GO — CO — GO^'R, etc. La condensation commence aussitôtet se poursuit len- tement il la température ordinaire. Après i5 jours de contact, on chauffe le mélange à 5o° pendant quelques heures, puis on étend d'eau et reprend par l'éther; la solution éthérée, lavée au carbonate de soude et débarrassée s'il y a lieu dugayacol par un cou- rant de vapeur d'eau, nous a donné : Le paraoxymétaTnéthoxyphényllarlronate de mèthyle. (OH)(GH'0)C«H^— G(OH)(GO''GH')'- par condensation avec le mésoxalate de méthyle, prismes incolores et transparents fondant à i ij". Le paraoxymèlainélhoxyphényllartronale d'éthyle (OH)(CH'0)G«H^— G(0H)(G0»G2H»r- par condensation avec le mésoxalate d'éthyle, longues aiguilles incolores fondant à 64°. Le paraoxymélaméthoxyphénylacétylglycolale d'éthyle (0H)(GFP0)GM1'-G(0H)(C0.CH')(C0=G^H5) par condensation avec le dicétobutyrate d'éthyle, gros prismes incolores et transparents fondant à 61°. Le paraoxymétamélhoxyphénylbenzoylglycolate d'éthyle (OH)(GH'0)G'H'— C(0H)(C0.GMP)(C0^GMI») par condensation avec le benzoylglyoxylate d'éthyle, grands prismes inco- lores fondant à 139°. Tous les produits de condensation précédents se transforment quantita- (') A. Gi'YOT, Comptes rendus, t. GXLIX, p. 788. C)3o ACADÉMIE DES SCIENCES. tivement en acide vanillovlcarbonique [)ar oxydation. Il sufKt de chaufTer les éthers acétyl- et benzoylglycoliques avec une solution aqueuse d'acétate de cuivre pour observer la formation, dès la température de 80", de petits cristaux bruns constitués par un vanilloylcarbonate de cuivre basique, mélana:é d'oxvdule de cuivre. Les éthers pbényltartroniques ne sont pas oxydés dans ces conditions par l'acétate de cuivre; mais, si après les avoir saponifiés par un excès de potasse aqueuse, on acidulé la liqueur préalablement refroidie, et si on la porte de nouveau à l'ébuUition en présence de chlorure cuivrique, on observe un dégagement régulier d'acide carbonique et une abondante cristallisation de chlorure cuivreux. Il y a encore eu oxydation et formation d'acide vanillovlcarbonique. La décomposition de l'acide vanilloylcarbonique en vanilline et acide carboniquea déjà été étudiée parTiemann ('), Gassmann (-) et Bouveault('). Aucune des méthodes préconisées par ces savants ne nous ayant donné de rendements satisfaisants, nous avons repris l'étude de cette réaction et avons trouvé dans la diméthylparatoluidine un catalyseur qui provoque quantita- tivement cette décomposition. Il suffit de chauffer parties égales d'acide et d'aminé vers 170° jusqu'à cessation de dégagement gazeux. Le produit de la réaction, repris par Teau acidulée, cède à l'éther une vanilline à peine teintée de jaune et présentant de suite le point de fusion du produit pur. Le rendement est pratiquement quantitatif. On peut évidemment remplacer dans toutes les synthèses précédentes les éthers a^-dicétoniques par les acides correspondants; toutefois ces der- niers étant beaucoup moins stables que leurs éthers, on ne peut espérer ob- tenir dans ces conditions des l'endements bien satisfaisants. L'expérience suivante, qui constitue une nouvelle synthèse de vanilline par condensation du gayacol avec l'acide rlioxosuccinique (]0'^ll — CA^ — CO — CO-ll, le seul des acides a|3-dicétoniques piatiquemenl abordable ( '), confirme entiè- rement ces prévisions. On dissout 5os de dioxytartrate de sodium dans 3ook d'acide sulfurique de densité 1 ,82 en agitant continuellement et évitant toute élévation de température. On ajoute ensuite 20? de gayacol pulvérisé et l'on continue à agiter jusqu'à dissolution com|)lète. (') ÏIEMA>N, B. cliem. G., t. XXIN', p. ''.877. (') Gassmann, Comptes rendus, l, CXXIV, p. 38. (^) BouvEAULT, Bull. Soc. c/iîm., t. XXXVII, p. 576. ( ') On sait que le sel de sodium de cel acide C'0'\a' -t-4H-0 est utilisé dans l'in- dustrie des matières colorantes sous le nom de dioxytartrate de sodium. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. 981 Le produit de la réaction, versé sur de la glace, cède à l'éllier un acide incristallisable qui fournit un précipité cristallin de vanillovlcarbonale de cuivre par ébullition avec l'acétate de cuivre. La réaction est fort complexe et dépend de conditions de tempéra- ture et de dilution qu'il ne nous a pas été possible de déterminer avec précision. Le rendement en acide vanillovlcarbonique atteint à peine i5 pour 100 du poids de gaya- col mis en œuvre. CHLMIE ORGANIQUE. — Sur quelques produits de condensation du camphre. Note de M. Marcel GuEnsET, présentée par M. A. Haller. Lorsqu'on chauffe en vase clos au voisinaf;e de 280" le mélange qui résulte de l'action du sodium sur la solution loluénique du camphre, il se produit, ainsi que l'a montré de Montgolfier (Annales de Physique et de Chimie, 5" série, t. XIV, p. loi), une certaine proportion d'acide campholique et des com- posés huileux neutres, que ce savant croyait formés surtout de carhures colophéniques (C'^H")". Il attribuait la formation de l'acide campholique à la réaction C'"H'«0 -+- C'^H'^NaO = C'^H'^NaO^-f- C'»H'« ou un polymère. Or, j'ai montré (Comptes rendus, t. CXLVIII, p. 720) qu'à ctlte haute température le camphre était presque intégralement transformé par la soude caustique en acide campholique. J'ai dés lors peu.-ié que, dans les expériences de de Montgolfier, cet acide provenait aussi de l'oxydation du camphre par la soude, cet alcali se formant au préalable dans quelque réaction de condensation entre le camphre ou le bornéol et le camphre sodé. J'ai cherché à isoler les produits de cette condensation et je suis parvenu à obtenir deux d'entre eux. Pour cela, les composés huileux provenant de la réaction de de Mont- golfier ont été soumis à la distillation fractionnée. Chacune des fractions a été analysée et l'on a pu constater que toutes renferment trop d'oxygène pour qu'on y puisse admettre la présence de carbures colophéniques. Seules de toutes ces fractions, celles qui passent à la distillation entre 326" et 335° m'ont fourni des cristaux. Après quelques semaines d'exposition au froid, elles ont laissé déposer un produit solide, que des cristallisations dans l'alcool ont permis de séparer en deux composés définis répondant aux formules C-''H'°0 et C»»II'-0. Le premier, de formule C-''H'°0,se comporte dans ses réactions comme le fait le diphénylcamphométhylène, que MM. Haller et Bauer ont obtenu 932 ACADÉMIE DES SCIENCES. en condensant le camphre sodé avec la benzophénone {Comptes rendus, t. CXLII, p. 971). On peut donc le considérer comme résultant lui-même de la condensation du camphre sodé avec le camphre, réagissant par sa fonction cétonique : ce sera le bornylènecamphre /CHNa CO \ /C = C \ C«H'< I -h I )C'H"=rl\[aOH-i-C«lI'< 1 : ^C»H". \co Cfp/ \C0 CII^/ Le composé C^"H'-0, déposé en même temps que lui, peut encore s'ob- tenir, comme nous le verrons, par l'action de l'hydrogène naissant sur le bornylènecamphre. Il doit être considéré comme le bornylènecamphre /CH - GH \ C«H'< ■ I )C»H'*. Le Ijornylènecaraplire se préseiUe en aiguilles prismatiques incolores, fusibles à 98°, de pouvoir rotaloire a£)^+69",2 en solution alcoolique. 11 est oxydé par le permanganate de potassium au centième, très lentement à froid, plus rapidement au bain-marie. Sa molécule se scinde en 2"°' d'acide caniphorique. 11 est capable de fixer, par addition, 1™°' d'acide bromhvdrique. Il suffit, pour cela, d'en dissoudre, à froid, 2= dans iS"™' d'acide acétique saturé d'acide bromliydrique; après 4 jours de repos en tube scellé, on voit se former à la surface du liquide de petits cristaux incolores qui, purifiés par cristallisation dans l'alcool, fondent à 202°- 2o3° et répondent à la formule C-"H"BrO. La fonction élhylénique du bornylènecamphre apparaît encore quand on le traite par l'hydrogène naissant. Sa molécule fixe a"' d'hydrogène et donne le bornyle- camphre C^"lP-0. Cette réaction s'obtient soit en faisant réagir à froid l'amalgame de sodium sur la solution alcoolique du bornylènecamphre maintenue constamment acide, soit en ajoutant peu à peu du sodium à sa solution dans l'alcool bouillant; elle est alors beaucoup pftis rapide. Le bornylecamphre cristallise dans l'éther de pétrole en aiguilles incolores, fusibles à 77°, 5. Le bornylènecamphre ne fixe pas le brome par simple addition. Si l'on conserve durant quelques jours sa solution dans le sulfure de carbone additionnée de la pro- portion théorique de brome, il se dégage de l'acide bromhydrique et la solution se prend en une masse cristalline. Il suffit d'essorer cette masse et de la faire recristal- liser dans l'alcool méthylique pour obtenir à l'état de pureté le bornylènecamphre brome C^^H^'BrO, qui se présente en petits cristaux incolores fusibles à loi". L'acide azotique fumant réagit sur le bornylènecamphre, déjà à froid, mais mieux à 4°° ou 5o° en donnant le bornylènecamphre nitré C-''H-'( AzO-)0. Ce composé s'unit aux bases pour donner des sels. Son sel de sodium est peu soluble dans l'eau et l'on profite de cette propriété pour l'obtenir à l'étal de pureté. Le bornylènecamphre nitré, précipité par l'acide chlorhydrique de la solution de son sel de sodium, cristallise dans l'alcool en tablettes rlionibiques incolores, fusibles à 2o4° en se colorant légèrement. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 933 Son sel de sodium, beaucoup plus soluble dans l'eau à chaud qu'à froid, se dépose en feuillets nacrés incolores répondant à la formule C20H«Na(AzO*)O -H 3H^0. Il est probable que le bornjlènecamphre nitré répond à la constitution ^COHCAzO^/ ANAÏOMIE VÉGÉTALE. — Sur les pédicelles floraux. Note de M. Henri Lecomte. présentée par M. L. Mangin. Les anciens botanistes appelaient pédoncules (de premier ordre, de deuxième ordre, etc. ) les axes successifs d'une inflorescence, e\. pédicelles les dernières ramifications, ne portant qu'une seule fleur. Au milieu du siècle dernier Adr. de Jussieu ('), ayant constaté, sur le pédicelle d'un grand nombre de Malpighiacées, l'existence d'une cicatrice annulaire (articulation), appliqua le nom de pédoncule floral à la partie située au-dessous de cette articulation, en réservant le nom de pédicelle à la partie située au-dessus, jusqu'à la fleur. Il en résulta une confusion de termes qu'on retrouve depuis ce moment dans la plupart des Traités de Botanique, à l'exception de quelques-uns (-). Les auteurs parlant spécialement ou non des pédicelles floraux ne res- pectent plus la distinction primitivement établie ; les dénominations de pédoncules et de pédicelles sont indifféremment employées, et l'on a même appliqué le nom de pédicelle aux axes d'inflorescence du Platane et du Figuier par exemple. Outre qu'il résulte de ce fait une confusion regrettable dans la termino- logie botanique, il est clair que les conclusions tirées de tels travaux, au point de vue de la recherche des affinités, perdent singulièrement de leur valeur, puisque des organes de nature différente ne peuvent être valable- ment comparés au titre d'organes homologues. En réalité il conviendrait de revenir aux termes primitivement employés (') Adr. de Jussieu, Monogr. de la famille des Malpighiacées, Paris, i843. (-) Germain de Saint-Pierre, Dictionnaire de Botanique, Paris, 1870, et Ph. vaN TiKGUEM, Traité de Botanir/tie, Paris, 1884, sont presque les seuls à avoir conservé la signification primitive du mot pédicelle. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N° 21.) '23 934 ACADÉMIE DES SCIENCES. et de réserver le nom de pèdicelle à la dernière ramification d'une inflores- cence, depuis la bractée jusqu'à la fleur, cette dernière ramification, terminée par une fleur unique, pouvant d'ailleurs porter latéralement une ou plusieurs bractéoles. Mais le pèdicelle, ainsi compris, présente souvent, sur sa longueur, une incision annulaire, au niveau de laquelle la fleur peut se détacher aussi nettement que se détachent les feuilles de nos arbres. C'est ce qu'on a appelé une arliculation, et il suffit, par exemple, de considérer les fleurs d'un plant de pomme de terre, qui tombent si facilement sans donner de fruit, pour en avoir sous les yeux un cas aussi bien marqué que possible. Malheureusement cette articulation n'a pas été signalée partout où elle existe. L'examen de divers représentants d'une centaine de familles de Phanérogames nous a montré que celte articulation des pédicelles floraux est beaucoup plus fréquente (m'on pourrait le croire et que souvent même, quand elle ne se manifeste pas par un signe extérieur, elle n'en existe pas moins, sous la forme d'une zone transversale de cellules plus petites que les autres, à membranes plus minces et à contenu plus abondant. L'articulation paraît être la zone définitive d'accroissement (par multiplication cellulaire) des parties de la Heur, comme la base d'un pétiole représente la zone défi- nitive d'accroissement d'une feuille. L'articulation n'est pas nécessairement une formation provoquée par la présence d'une bractéole, car dans beaucoup de cas. la région sous-articulaire porte plusieurs brai'léoles non accompagnées d'articulation, et, d'autre part, un grand nombre de plantes ne présentent aucune trace visible de bractéole au niveau de la lèvre inférieure de l'articulation. En somme l'arLiculalion se présente comme une formation remarquable divisant très nettement un grand nombre de pédicelles en deux régions parfaitement distinctes et ayant, dans la plupart des cas, une structure très différente. Le pèdicelle sous-articulaire a une structure qui procède de celle delà tige et des pédoncules; elle n'en diflère pas davantage que ne diffèrent les uns dos autres les divers i-ameauv de l'appareil végétatif. Le pèdicelle sus-articulaire présente au contraire une structure spéciale, provoquée par l'organisation prochaine de la fleur, dont les éléments commencent à se distinguer à partir de l'articulation. Souvent même, au moment de la for- mation du fruit, il se développe, à la lèvre supérieure de l'articulation, un bourrelet annulaire indiquant qu'il existe manifestement, en ce point, un obstacle à la circulation descendante. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. g35 La pubescence se modifie souvent au niveau de l'articulation, de même d'ailleurs que la coloration du pédieelle; le diamètre devient presque tou- jours plus grand, surtout lors de la formation du fruit {Asparagus)., les faisceaux se séparent; la moelle et l'écorce modifient la grandeur et la répartition de leurs éléments; les cristaux deviennent plus fréquents dans les cellules, de telle sorte qu'à quelques millimètres de distance, pour un pédicelle parfois très long, il est possible de rencontrer des structures nota- blement diiïërentes au-dessous et au-dessus de l'articulation. Pour une espèce donnée, la longueur de la région sus-articulaire du pédicelle se montre à peu près constante, dans les mêmes limites que les dimensions de la fleur elle-même. Au contraire, la région sous-articulaire se montre plus variable. Chez certaines plantes, l'articulation se trouve à la base du pédicelle, et la région sous-articulaire est donc très réduite ou nulle. On pourrait admettre, dans ce cas, que la fleur est presque sessile, puisque la région sus- articulaire n'est, en somme, que la portion inférieure de celte fleur (Hedera Hélix L., Croton citiato-glandull férus Or t.. Hibiscus syriacus L., etc., etc.). Chez d'autres, l'articula lion se montre à la naissance apparente du calice, et c'est alors la partie sus-articulaire du pédicelle qui est à peu près nulle (Lagenaria vulgaris Ser., Bryonia alba L., B. dioica Jacq., Aralia speciosa, Manihot Glaziowii Mïill. Arg., etc., etc.). Enfin, chez le plus grand nombre, l'articulation se trouve vers le milieu du pédicelle, ou du moins sur sa région moyenne, à une distance variable de la fleur, suivant les espèces (Abutilon Danvinii Hook., A, Avicennœ Gcprtn., Goodenia ovata Sm., etc., etc.). Or tous les auteurs qui ont eu l'occasion de parler de la structure des pédicelles ont cru bien faire en décrivant cette structure vers le milieu de la longueur de l'organe, c'est-à-dire, suivant les plantes, au-dessus ou au- dessous de l'articulation. Il en résulte que, si la structure étudiée correspond à la région sous- articulaire, elle se rapproche beaucoup de celle des rameaux végétatifs ; si, au contraire, elle est prise au-dessus, elle s'éloigne d'autant plus de celte structure que l'étude a été faite plus près de la fleur. Ces considérations, tirées de l'étude des pédicelles à divers niveaux, expliquent amplement les anomalies signalées par les auteurs, et les conclu- sions qu'on a pu tirer de teltes études, au point de vue des affinités des plantes, perdent la plus grande partie de leur valeur, puisqu'elles reposent sur des comparaisons injustifiées. C)36 ACADÉMIE DES SCIENCES. En résumé : 1° Il y a lieu de rétablii- la signification primitive des tevmes pédoncule et pédire/le ; ■2° Chez un très grand nombre de plantes phanérogames angiospermes, le pédicelle porte une articulation ; 3° Celte articulation marque le lieu d'origine véritable des parties de la fleur et, à partir de ce point, la structure se modifie sensiblement; 4° Toute étude des pédicelles doit donc tenir compte de la présence de l'articulation; 5° La présence et la situation des articulations constituent des caractères taxinomiques importants qu'il importe de ne pas négliger. La présente Note est le résumé de l'une des parties d'un travail actuel- lement en cours de rédaction. ACOUSTIQUE PHYSIOLOGIQUE. — Études des vibrations laryngiennes. .Note de M. Wakagk, présentée par M. d'Arsonval. J'ai étudié jusqu'ici, par les procédés de la Physique biologique, les vibrations de la parole ; des expériences d'analyse et de synthèse m'ont conduit à admettre que la voix était une vibration aéro -laryngienne inler- miltente renforcée ou transformée par les résonnateurs supra-laryngiens et en particulier par la bouche; mais il fallait prouver directement que le larynx seul était capable de produire ces vibrations. J'ai pu, chez le vivant, annuler complètement le rôle de la cavité buccale en la remplissant de stents, la substance dont se servent les dentistes pour prendre les empreintes; un tube cylindrique indéformable traverse le stents et conduit les vibrations au dehors (' ); il n'y a donc plus de vocable buccale, puisqu'il n'y a plus de rèsonnateur; cependant le larynx produit parfaitement les cinq voyelles OLl, O, A, E, I; ce sont donc des voyelles laryngiennes; du reste, leiu' tracé est caractéristique. Il fallait pousser l'expérience plus loin, isoler complètement un larynx et lui faire rendre des sons analogues à ceux qu'il produit pendant la vie. Ces expériences ont déjà été tentées par de nombreux physiologistes, et en particulier par Mûller (-) sur des larynx morts et isolés : ce dernier (') Société philomathiqiie, série X, t. I, n° i. (-) Physiologie du système ner^'eux. Paris, Baillièie, i84o. SÉANCE UU 22 NOVEMBRE 1909. 987 expérimentateur n'avait pu obtenir que des vibrations ne rappelant pas du tout celles des larynx vivants; et encore tendait-il les cordes vocales avec des forces bien supérieures à celles que peuvent déployer les muscles intra- laryngiens (i''^ parfois); ces forces, chez le vivant, auraient arraché les ary- ténoïdes; on se trouvait donc bien loin des conditions normales. C'est pourquoi j'ai repris ces expériences sur des larynx de chiens. Technique. — Trois heures après avoir avoir été injecté à la morpliine, Tanimal est endormi au chloroforme, et pendant le sommeil le larynx est enlevé avec l'os hyoïde et les cinq ou six premiers anneaux de la trachée; un tube de caoutchouc du même diamètre que la trachée est raccordé à celle-ci par un tube de verre mince, de manière à pouvoir faire passer un courant d'air dont on mesure la pression avec un manomètre métallique extra-sensible gradué en millimètres d'eau. Cet air peut être pris dans un réservoir quelconque à 3^" environ, ou bien on peut se contenter de souffler soi-même ou de faire souffler dans le tube de caoutchouc. Les muscles laryngiens sont soumis à un courant d'induction produit par la petite bobine à chariot qu'on trouve dans tous les laboratoires; le courant primaire est produit par un seul accumulateur. On photographie le larynx au magnésium sur des plaques sensibles au rouge, car les muscles sont gorgés de sang, et l'on inscrit ces vibrations sur uu phonographe. Résultais. — 1° Si le larynx a été enlevé pendant le sommeil du chloroforme, les muscles peuvent se contracter pendant 3 à 10 minutes au plus; si l'on enlève le larynx immédiatement après la mort, le plus souvent on ne peut obtenir aucune contraction, car le sangartériel s'est écoulé. 2° Pour produire des vibrations, le courant d'air doit avoir une pression variant, comme chez l'homme pendant la phonation, entre i5o™™ et 200""" d'eau. 3° Si l'excitateur est placé au niveau des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, la glotte s'ouvre largement, les cordes vocales s'écartent au maximum; il n'y a aucun son. 4° Si l'excitateur est placé au niveau des ary-aryténoïdiens, les aryténoïdes se rapprochent et l'on obtient une belle note grave rappelant à s'y méprendre l'aboiement d'un chien sur une note continue de 1 octave 1 (ces notes ont été inscrites au phono- graphe). 5° Si l'excitateur est disposé de manière à faire contracter, non seulement les ar}- aryténoïdiens, mais encore les ihyro-aryténoïdiens (cordes vocales), on obtient une note très pure et très aiguë : c'est une sorte de sifflet sur U, correspondant au hurle- ment des chiens qui, la nuit, aboient à la Lune. Cette note a été obtenue sur un chien de taille moyenne; sur la photographie on voit que les sommets des aryténoïdes se sont croisés, la glotte e't devenue très mince et très courte. 6° La hauteur de la note ne semble dépendre ni du courant ni de la pression de l'iiir, mais uniquement de la position de l'excitateur, c'est-à-dire des muscles qui se contractent. • 7° En aucun cas les lois des vibrations des cordes ne m'ont paru s'appliquer aux vibrations des cordes vocales; celles-ci n'ont pas de son par elles-mêmes, c'est l'air qui vibre. 938 ACADÉMIE DES SCIENCES. Conclusions. — i° En prenant les précautions que j'ai indiquées, ces expériences sont très faciles à répéter dans des cours et des travaux pra- tiques; elles peuvent devenir classiques. 2" Les photographies montrent que, à chaque note, le larynx tout entier, épiglotte comprise, change de forme; les ligures qu'on trouve dans les Ouvrages classiques ne donnent qu'une idée très vague de ce qui se passe réellement dans la pratique. 3° A chaque note correspond une forme spéciale de tout l'organe, et le larynx est un instrument de musique qui change de forme à chaque note. 4° Si l'on ajoute l'influence des résonnateurs supra-laryngiens, on com- prend la diversité des tracés qu'on obtient pour une même voyelle. Si l'appareil inscrit tout, il est vrai de dire qu'il n'y a pas deux tracés pareils, car il n'y a pas deux sons absolument pareils. 5° Les cordes vocales n'agissent pas du tout comme des anches mem- braneuses en caoutchouc, et il n'y a aucune ressemblance entre les sons rendus par des anches en caoutchouc et les sons rendus par des larynx isolés. 6° Ces vibrations se produisent-elles au niveau de la glotte, c'est-à-dire au moment où l'air passe entre les cordes vocales, ou les ventricules de Morgagni ont-ils, comme le suppose Savart, une influence prépondérante? C'est une question que, pour le moment, il m'est impossible de trancher. 7° On comprend que la voix puisse disparaître subitement, sans lésions apparentes des cordes vocales, car tous ces muscles adducteurs et toutes ces articulations des cartilages laryngiens sont sujets à des lésions rhuma- tismales qui peuvent se produire en un temps très court. PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Cinémalographie, à l' ultra-microscope, de microbes vivants et des particules mobiles. Note (') de M. J. Comandon, présentée par M. A. Dastre. On a déjà tenté la cinématographie des préparations, au microscope ordinaire, éclairées directement, par conséquent par transparence. Les résultats sont satisfaisants, seulement pour des grossissements peu considérables ou pour des objets très opaques. Nous avohs eu l'idée de cinématographier les préparations microscopiques éclairées avec le dispositif de Tultra-microscope. Dans cette méthode, le (') t^résentée dans la séance du 26 octobre 1909. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 989 champ est noir et les objets apparaissent avec des contours très brillants; de plus, on voit des objets plus petits que ceux visibles au microscope. Nous sommes arrivé, avec Tultra-microscope, à obtenir des images ciné- matographiques nettes, non seulement des microbes mobiles, mais des granulations des polynucléaires du sang et de particules vraiment ultra- microscopiques, conmie les granulations du sang étudiées sous le nom à' hémokonies . Ce sont des documents permettant d'étudier les mouvements des êtres microscopiques. Le cinématographe est le seul instrument qui nous donne vraiment le moyen de conserver des images reproduisant les prépa- rations à l'ultra-microscope. Voici le dispositif aucpiel nous nous sommes arrêté pour effectuer ces cinématographies. La source lumineuse est une lampe à arc de 3o ampères, avec régulateur automa- tique. Par une lentille en verre mince, les rayons lumineux sont condensés, de façon que l'image du cratère positif de l'arc couvre le diaphragme du condensateur du mi- croscope. Le microscope est le modèle de Zeiss, muni du condensateur parabolique de Siedentopf, qui donne l'éclairage latéral, constituant l'ultra-microscope. L'appareil cinématographique est celui de la maison Pallié que nous avons modifié pour ce but. il peut s'adapter au microscope par l'intermédiaire d'un soufflet. Le trajet de la pellicule a été changé de façon à rendre possible à l'opérateur la mise au point direc- tement sur la couche sensible. L'obturation, synchrone au mouvement de descente de la pellicule, est placée dans le faisceau lumineux avant qu'il n'alteigne la préparation, .\insi. dans l'intervalle des temps de pose, les particules vivantes ne sont plus soumises à l'action de la lumière et de la chaleur de l'arc électrique. L'appareil cinémalograplii(|ue est agencé sur un banc optique; son support très massif permet d'éviter autant que possible les vibrations. Cet appareil peut être disposé à une distance variable du microscope. Afin de donner exactement l'illusion du mouvement qu'on voit dans l'ultra-microscope, les vues' cinématographiques doivent être prises à V allure normale, c'est-à-dire de 16 photographies par seconde, ce qui fait une pose de j:; de seconde pour chaque image. La quantité de lumière maximum, la sensibilité du film, le temps de pose étant des quantités à peu près fixes, c'est en faisant varier le grossissement que nous arrivons^â obtenir des images avec l'éclairage optimum. Pour cela, nous faisons varier soit l'objectif, soit l'oculaire du microscope, soit encore la distance de la pellicule sensible à l'oculaire. Le grossissement nous a\ant donné les meilleurs résultats, par exemple pour les photographies du sang et de ses parasites, est obtenu avec l'objectif apochromatique 940 ACADÉMIE DES SCIENCES. Zeiss 4"'"', l'oculaire à projection n" 4, la dislance du lilin à l'oculaire élanl de o"',28. Ceci nous donne sur le film un grossissement d'environ 280 diamètres. Pour étudier les phénomènes et les mouvements d'une manière quantita- tive, nous avons l'intention de matérialiser le temps et Fespace d'une façon analogue à celle qu'ont employée M. Victor Henri et M"'' Chevreton ('), pour étudier les mouvements browniens : en cinématographiant, en même' temps que la préparation, une échelle au -^ de millimètre et l'ombre d'un balancier battant la seconde et qui passe dans le rayon lumineux. Dès à présent, nous avons obtenu des résultats intéressants en enre- gistrant, par exemple, les mouvements des polynucléaires sanguins. En examinant séparément les photographies obtenues, on peut décomposer les mouvements de la membrane ondulante des trypanosomes, et nous possédons ainsi des documents sur les mouvements de divers spirochètes que nous avons étudiés dans un autre travail fait au laboratoire de l'hôpital Saint-Louis. {Thèse de Médecine, ]yiï\\,5. 0,4. 0,4. 0,2. 1,1. 0,4. Agaricés. Collybia butyracea B., » fusipes B . , » grammocepliala B., Mycena galericalata Scop., Crepidotus mollis Scli., Lactarias bien/tins Fr., » controversus Fr., » piperalus Scop., » riifus Scop., )> snngui/luus Paul, » voleinus Fr., B theiogalas B., Riissula cyanoxantha Sch., » delica Fr., » emetica. Sch., n nigricans B., » virescens Sch., Hygrophorus ceraseus Wulf. , » conicus Scop., B eburneus B., » neinoreiis Pers., » niveus Scop., Gomp/iidius viscidus L., Clilocybe geolropa B., » infundihuliformis Scli. » inversa Scop., Zaccaria laccata Scop., Armillaria mellca Vahl., Triclioloma albobrunneuni Pers., » nudum B., )i sapnnacciini Fr., » sulfureuni B., Cortinaritis Bulliardi Pers., » cotoneus Fr., i> sanguiiieus ^\'ulf., Hebeloina sinapizans Paul. Pluteus cervinus Scli., Lepiola raclindes Will., Amanila cilrina Scli., 2. 8,4. 1,9- •.7- 54. 0,0. 0,1. 0,0. 7,2. 0,5. 0,0. 0,9- 0,6. 0,0. 0,1. 0,0. 0,1. 0,6. 0,1. 7,2. 6. 5,4- 0,0. 0,3. 7.7' 4,5. 0,3. 4-4. 1 1 . 5,5. 2,6. 0,7. 6. i! . 108. 0,5. 2,2. 4,5. 0,90. 946 ACADEMIE DES SCIEWCES. Acth'ité présurante des sucs frais ilrs llasidlontreètes rapportée à celle du suc de Amanila cilrina Sch. rar. niappa Fr. Anianila cilrina var. inappa Fr., 1,00. » uiuscaria L., » pa/il/ierina U.C., )i phalloïdes Fr., )) rubescens Fr., )i solitaria B. var. strobi liformis Witt., » vagiiiala M. var. cinerea, o,ï5. » vaginata B. var. fiiha, 0,16. Entoloina lii'idum B., 4- » nidorosain Fr., 6. Pholiota caperala F'ers., 0,8. Flaniinula carbonaria Fr., 0,8. Psalliota campestris L., 1,1. 1 ,00. Sirnpharia irruginosa (luit., 1,3. 0,20. Jlypholoma JascicuLare Huds., 6,1. o,5o. » sublaleriliuin B., 12. 10,00. Coprinus atrainentarius B., 0,9- 0,17. » micaccus B., 0,4. » picaceus B., 0,5. o,5o. syU-adca Sch., c. Gastêromycètes. Clallirés. P/iallus inipudicus L., Lycoperdés. Lycoperdo/i piriforine Scli., i,t. o,9- 2" Tandis que les sucs de certains genres (^Tramete.s, Dedalea, Po/yporus, Tricholoma, Cortinarius) peuvent rivaliser avec les sucs les plus présurants des végétaux supérieurs et des animaux, d'autres {Lactarius, Russula, Co- prinus) sont en général peu actifs, et parfois si faibles, qu'ils n'ont pu coaguler le lait dans les conditions où le Tableau ci-dessus des activités présu- rantes a été établi. (Température de coagulation, 4o" ; dose de suc, o''"'',5o; dose de lait bouilli acidulé à 10 inol : mg d'acide chlorhydrique par litre, 5"°'; durée maximum de l'expérience, i5o minutes). 3° Souvent de très grandes différences se rencontrent dans le pouvoir présurant des espèces d'un même genre. C'est ainsi que, sur 9 espèces ou variétés d'Amanites étudiées, une seule, .4. phalloïdes Fr., a été capable, à la dose de i"™' pour j""', de coaguler les laits cru et bouilli non sensibilisés tant à 55" qu'à l\o°\ toutes les autres n'ont rien donné au bout de 2''3o"'. Cette coagulation est rapide et peut être utilisée pour reconnaître, dans les cas douteux, la plialloide parmi toutes les autres Amanites. Si, d'autre part, toutes les Amanites coagulent le lait bouilli acidulé, il n'en reste pas moins que A. pJialloïiles Fr. est 10 fois plus active que .4. rnapj>a Fr., i r ,5 fois que .4. citrina Sch., 20 fois plus que A. pantherinaY). C. et 5o fois plus (jue A.mus- caria L. ; or on sait que, dans les empoisonnements par ces Champignons, la mort, qui est la règle avec le premier, est fréquente avec le deuxième et le troisième, rare avec le quatrième, exceptionnelle avec le cinquième. On SÉANCE DU 22 NOVEMBRE I909. ' g^j sait, en outre, que le principe actif des trois premières Amanites «/?re5M- rantes et si toxiques est une toxalbumine : la phalline, tandis que celui des deux dernières, relativement peu prèsurantes Qi peu toxiques, est un alca- loïde, la muscarine. Quant aux Amanites comestibles, elles sont encore moins prèsurantes que A. muscaria L., sauf .4. solitaria B., dont ractivité se rapproche de celle de .4. paniherina D. C 4° Chez les Agaricacées et les Gastéromycèles, la partie la plus active du Champignon est la région hyméniale, sporifère; puis vient le reste du cha- peau et enfin le pied. Chez les Aphyllophoracées, au contraire, la région hyméniale est moins active que le chapeau. Cette manière différente de se comporter de ces deux sortes de Champignons a son explication dans le développement de Ihyménium, qui est simultané chez les premières, suc- cessif et centrifuge chez les secondes. La partie sporifère est donc chez les uns, tout entière, au même moment, très active (formation des jeunes basides); elle est active seulement à sa périphérie chez les autres. 5° Par leur degré de résistance à la chaleur, les présures des Basidiomy- cètes se groupent : a. Les unes, autour du suc de Collybia fusipes B. qui perd tout pouvoir caséifiant après 5 minutes de cliauile à 5g"; elles sont très calcipliiles et se rapprochent beau- coup des Mammifères; les Champignons correspondanls sont, en général, parasites arboricoles et leur chapeau ne se développe qu'entre des limites de température assez étroites (automne). b. Les autres, autour du suc de TrichoLoina iiiiduni M. et de celui de Tramcles Ihilliardi Fr. qui conserve encore, bien qu'atténué, son pouvoir caséifiant après 10 minutes de cliauH'e à 8")"; elles sont peu calciphiles et se rapprochent beaucoup de la présure des végétaux supérieurs; les Champignons correspondants sont, en géné- ral, saprophytes et leur chapeau se développe entre des limites de température assez larges (été, automne, hiver pour Tiicholo/na nudiiin B.); quelquefois ils sont para- sites arboricoles; mais leur chajjeau est très résistant au\ intempéries {Polrporus, T/aiiietes, Dedalea). CHiMiiî BIOLOGIQUE. — Sui- l'existence, dans le Primula officinalis Jacq., de deux noui'eaux glucosides dédouhlahles par un ferment. Note de MM. A. GoRis et M. Masoré, présentée par M. Guignard. - Les racines fraîches de Primula officinalis Jacq., quand on les froisse for- tement, dégagent plus ou moins rapidement, mais toujours de façon très nette, une odeur particulière qui rappelle d'abord celle de l'anis et finale- ^48 ACADÉMIE DES SCIENCES. ment celle du salicylate de méthyle. On peut supposer qu'une essence se forme, par réaction, entre deux corps normalement séparés et que le froisse- ment met en contact. C'est ce que l'un de nous concluait de recherches entreprises en collaboration avec M""' Ducher ('). On retrouve un phénomène analogue chez d'autres Primula et l'odeur dégagée après froissement varie avec les espèces et peut se ramener à trois types : 1° Odeur anisée : Primula officinalis Jacq., Pr. capilata Hook., Pr. mega- saefolia Boiss. et Bal., Pr. Poissonii Franch., Pr. denliculata Sm., Pr. rosea Boyle, Pr. mollis ^'utt. ex Hook., Pr. verlicillala Forsk., Pr. Forsterii Stein., Pr. japonica A. Gray. 2" Odeur de salicylate de méthyle ou d'amyle : Primula longiflora AU., Pr. frondosa Janka., Pr. eto/or Hill., Pr. imlgaris Ilill., Pr. acaulis Hill., Pr. cortusoides L., Pr. obconica Hance. 3° Odeur de coriandre : Pr. Auricula Linn., Pr. pannonica A. Kern., Pr. PalinuriPetagn. Parmi les autres Primulacées, le Dodecatheon Meadia L. donne aussi par froissement une odeur d'anis. C'est par l'étude du Primula officinalis Jacq. que nous avons cherché à résoudre le problème. Nos recherches nous ont permis d'y caractériser un ferment probablement spécifique, et deux glucosides dédoublables par ce ferment. Nous appelons le ferment prim''vérase et les glucosides sont la primevérine et la primulavérine. Il s'agit bien d'une action fermentaire. Si l'on tue les ferments de la racine en la soumettant à la vapeur d'alcool à io5° à l'autoclave pendant quelques minutes [(méthode Perrot-Goris (-)J, la racine froissée ne dégage plus d'odeur. En mettant en contact avec la racine stérilisée la racine privée de glucoside par lavages à l'alcool, l'odeur apparaît. Nous avons retrouvé le même ferment dans les diverses parties végétatives du Primula officinalis et le calice semble particulièrement actif. Ce ferment n'est pas Témulsine, ni la inyrosine, ni la bélulase. Ni l'un ni l'autre de ces ferments ne déter- minent le dégagement de l'odeur de la racine stérilisée. Le liquide fermen- taire à'Aspergillus niger n'agit pas davantage. Ce même ferment existe dans d'autres Primulacées : Samolus Vale- randi L., Lysimachia vulgaris L., L. ne.morum L., 1,. Nttmrnalaria, L., (') GoRis et DuciiEii, ]iidl. Se. pharinac, 1906, 11" 10. (') Përrot el GoRis, Acad. Mêdec, 22 juin 1909. SÉANCE DU 22 NOVEMBKE 1909. 949 Anagallis arvonsis L., Hotlonia palustris L., Glnux maritima L., Androsace carnea \.., A. sarrnentosa Wall., A. lanuginosa Wall., Cyclamen talifo- lium Sibth. et Sin. Après avoir ainsi montré l'individualité probable de la primevérase, nous avons cherché à isoler de la racine de Primula offtcinalis le principe dédoublable, vraisemblablement de nature glucosidique. Nous en avons extrait deux ^lucosides par la méthode suivante d'extraction et de sépa- ration. Les racines sont stérilisées par la méthode Perrot et Goris, citée plus haut. Elles constituent ainsi la matière première des recherches ultérieures. Ces racines sont mises à bouillir avec l'alcool à 90", en présence de carbonate de chau\. La liijueur alcoolique est distillée sous pression réduite; on en achève Tévaporation dans le vide sulfurique. L'evtrait est alors trituré avec de l'alcool fort. Celui-ci abandonne une certaine quantité de volémile et de cyclamine, déjà signalées dans le l'rimula ojjici- nalis et qui gêneraient les opérations futures. La solution alcoolique filtrée est évaporée. L'extrait obtenu est alors épuisé par l'éther acétique hydraté. Après distillation et évaporation, on reprend par léther acétique anhydre qui abandonne une masse de cristaux blancs soyeux. Par des cristallisations successives dans l'éther acétique, on arrive à séparer deux glucosides. Tous deux sont solubles dans l'eau, dan^ l'alcool; ils sont inégalement solubles dans l'éther acétique anhydre et dans l'alcool absolu, ce qui permet leur séparation. Primevérine. — Ce sont des cristaux blancs, fondant à i72''-i73", lévo- gyres; leur pouvoir rotatoire est de —60°, 24. La solution aqueuse réduit légèrement la li(pieiir de Fehling. Primitlavérine. — Les cristaux aiguillés sont blancs, fondent à i()o"-tGi" et possèdent un pouvoir rotatoire de — GG^jHO. Leur solution a(pieus(' ré- duit légèrement la liqueur de Fehling. Nous avons vérifié à nouveau que l'émulsine n'agit pas sur ces glucosides. Après action du ferment, on ne perçoit aucune odeur et la déviation polari- métrique de la solution observée n est pas modifiée. Nous avons effectué le dédoublement par l'acide sulfuri(|ue dilué à l'ébul- lition. Dans ces conditions on perçoit avec chacun des glucosides une odeur d'anis très nette. Dans les deux cas, la liqueur fournit une osazone que la petite quantité obtenue ne nous a pas encore permis de caractériser défini- tivement. La liqueur aqueuse, après dédoublement, est agitée avec de l'éther. Les liqueurs éthérées après évaporation abandonnent un résidu qui, dissous dans l'eau, se colore par addition de quelques gouttes de perchlorure de fer C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 14y, iN" 21.) • 27 gSo ACADÉMIE DES SCIENCES. dilué. La coloration obtenue est bleu franc avec la primavérine, lilas violet avec la primulavérine. Les recherches précédentes nous semblent présenter'mieux qu'un intérêt particulier. La présence de glucosides dédoublables parla primevérase dans quelques Priaiulacées peut être, nous semble-t-il, comparée, par exemple, à la présonco du ferment myrosine et de glucosides dédoublables par ce fer- ment dans les Crucifères et les familles voisines. Les résultats que nous avons obtenus permettent de soupçonner ici l'application d'une nouvelle méthode à la lorlicrchi' do l^Imcos'kIcs non dédoublables par les ferments déjà connus: émnisiiit', myrosine, elc. Il n'est pas douteux qu'il existe d'autres plantes où se rencontrent des faits analogues. Nous poursuivons actuellement l'étude de ces faits el nous nous proposons d'étendre à d'autres Primulacées l'ap- plication de la métliode qui nous a permis d'obtenir les résultats précé- dents. ZOOLOGIE. — Sur un nouveau type d'Insectivores (Neoletracus sinensis) de la Chine occidentale. Note de M. E.-L. Trocessart, jirésentée par M. Ed. Perrier. La faune de la Chine occidentale et du Tibet est restée longtemps ignorée des naturalistes. C'est seulement en 1870 que l'abbé Armand David fit parvenir au Muséum les premiers spécimens de cette faune qui frappèrent le professeur Alphonse Milue-Edwards par leur nouveauté. Ce savant natu- raliste les fit connaître par une Note présentée à l'Académie des Sciences (' ) et bientôt suivie d'un travail plus étendu (^) où toutes ces espèces nouvelles sont décrites et figurées avec le plus grand soin. C'est surtout en Insecti- vores que cette région centrale de l'Asie était riche : les genres Anurosorex^ Nectogale., Uropsilus., Scaptonyx., etc., venaient prendre place dans les familles des Soricidés et des Talpidés, doublant presque le nombre des formes généri(jues qu'elles renfermaient déjà. On pouvait croire que les actives et patientes recherches de l'intrépide missionnaire français n'avaient rien laissé à glaner dans cette région d'un si difficile accès. C'est pourtant de ces hautes contrées du Moupin et du Tibet oriental que piovient un petit Insectivore que la mission catholique de (') Comptes rendus, l. l^XX, 1870, p. 34 1. (') Reclierches sur les Mammifères. 1871. SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. 93 1 Ta-tsien-lou, dirigée par M^'' Biet, vicaire apostolique du Tibet, vient de faire parvenir au Muséum, au milieu d'un lot nombreux d'autres Mammi- fères déjà connus. Cette fois, il s'agit d'un représentant de la famille des Hérissons {Erina- céidés), qui n'était pas représentée dans les collections de l'abbé David, mais ce type est dépourvu de piquants, comme les Insectivores de cette famille qu'on trouve dans la région malaise. C'est un lien de plus, après ceux déjà signalés, entre la faune de l'Insulinde et celle des hauts plateaux de l'Asie centrale. Ce qui est plus intéressant encore, c'est que ce type nouveau se rapproche, par sa dentition, d'une façon frappante, de certains petits Insectivores qui vivaient en F"rance à l'époque oligocène et qui, décrits par Aymard sous le nom de Tetracus nanus, par Pomel sous celui de Geotrypus aculidens, ont été classés par eux près des Hérissons (*). C'est pour cette raison que le genre nouveau a été nommé Neotetracus. L'espèce prendra le nom de Neotetracus sinensis. Les formes de cette nouvelle espèce diffèrent beaucoup de celles des Hérissons. Elles sont très légères, indiquant un animal coureur et sauteur comme les Macroscélides africains qu'elle semble remplacer en Asie. Il est vraisemblable que les représentants européens tertiaires de la famille, qui s'en rapprochent par la dentition, avaient la même apparence et le même pelage dépourvu de piquants. Le Neotetracus sinensis présente la formule dentaire suivante : ,3 — 3 „i — I 3 — 3 .,3 — 3 , , ^SZTz'^T—;' 3^13'*' 3-3:3 =^^°'^"'"'- Ce cliifiFre n'est que de 36 chez les Hérissons; il est au contraire de 44 dans les genres Gy/imura, Hylomys et Podogyninura de la région malaise. Le Neotetracus se rapproche d^Erinaceus par l'atrophie de la canine qui n'est pas plus haute que les petites incisives qui précédent et les petites prémolaires qui suivent, tandis que cette canine est bien dévelopi)ée dans les trois autres genres. Sous ce lapport, comme par la forme du crâne, de ces trois genres c'est Hylomys qui présente le plus d'affinités avec Neotetracus. Mais ce dernier, tout en constituant un type plus généralisé et plus primitif qu^Erinaceus dont il se rapproche manifestement, ofire dans sa dentition des particularités tout à fait spéciales. Le Neotetracus sinensis est un petit animal de la taille de notre Mulot des champs {^Mus syUaticus), à tête allongée, à nex proéminent en forme de courte trompe, à oreilles grandes, arrondies, à queue bien développée. Sous ce rapport, comme sous (') Au sujet des affinités de ces deux genres fossiles, voyez Filbol, Annales des Sciences géologiques, t. XII, 1882, p. 8 et suiv. CjDI ACADÉMIE DHS SCIENCES. celui du pelage, il se rapproche rln /'odoffjniniira Initi, îles îles Philippines, récemmeiil ilécril par iMearns. Ce pelage est doux, d'un hiun teiiUé de roux avec de longs poils noirs qui dépassent et qui sont plus abondants sur le dos. On ignore les mœurs, qui doivent ressembler à celles des Macroscélides, dont Neotelracus a les pattes postérieures très allongées. L'espèce habite Ta-tsien-lou, province de Se-tchouen (Chine occiden- tale), par 2545" d'altitude. La découverte de ce type nouveau, qui se rapproche par sa dentition d'Erinaceus, tout en présentant le pelage dépourvu de piquants des Gyin- nurinés sud-asiatiques, forcera les naturalistes à modifier la caractéristique des deux sous-1'amilles {Erinaceinœ et Gymnunnœ). On devra les fondre en une seule, ou bien, si Ton classe Neotetracus dans les Gymnurinœ , cette sous-famille ne pourra plus être caractérisée que par la nature du pelage. GÉOLOGIE. — Sur le Nurnmuiltique des Alpes orienlales. Note de M. Jean Boussac, présentée par M. Douvillé. On peut distinguer les trois zones sédimentaires suivantes : i" Zone helvétique du Flysch. — Cette zone bien connue contient les gise- ments célèbres du Kressenberg et de Mattsee; le Lutétien seul y est bien représenté cl est constitué par du Flysch avec des intercalations de calcaires à A^. cnmplanatus ^ N. dis/ans, N. irregularis, Assilina, etc. C'est la conti- nuation directe du Flysch lutétien de la Suisse orientale. 2" Zone septentrionale de la nappe de Bavière. — On peut dislinguei' deux groupes principaux : i° les environs de Reichenhall, où il n'y a que du Priabonien; 2" les environs de Reit im Winkel, Kufstein, Hâring, 011 il n'y a que de l'Oligocèiie. a. Erniro/is de Beichenhall. - On peut distinguer dans ce Nuniinulitique trois grands hoiizons, litliologiques plutôt que paléontologiques : 1° à la base, des calcaires zoogènes à Lithothnmnium. Miliolidés, Orthophraginina (petites), :\iimniuliles Fabianii Hrev. (Hallthiirm, Nierenthal) ; -i" des marnes grises, avec des intercala- tions de bancs calcaires, gréseux et conglomératlques, contenant Orlhophragmiwi Pratli, O. sp., Nummulites contoitus-siriatiis, N. Fabianii, Operculina, Heleros- tegina reticulata, Cycloliles Heberti, Pectunctdus Jacquoli, et toute une faunule de Mollusques priaboniens (Weissbach, Scliwarzbacli, etc.); 3° des grès calcaires, à Orthophraginina l^ratti, Nummulites cf. conlortiri-striatus, Niim. Fabianii, for- mant les buttes du Plainberg et du Wartberg. Tout l'eiisBirible du Xummulilitpie de Heiclienliall e>t d'âge priabonien, comme le SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1909. gSS prouve d'une façon certaine la coexislence, depuis la base jusqu'au sommet, des Orlhophragmina et de Num. Fabianii. b. Reit im Winkel. — Le Nummulilique débute transgressivement sur le Trias pardes conglomérats qui passent à leur partie supérieure à des grès contenant Nummuliles interniediua d'Arch; au-dessus vient un niveau de marnes très fossilifères, contenant une faune de Mollusques et des Polypiers ; et la série se termine par des assises gré- seuses. Il n'y a pas trace d' Orlhophragmina ; la faune de Polypiers, étudiée par Reis, a les affinités les plus étroites avec les faunes oligocènes . ou 3 minutes dans l'alcool bouillant, se teinte à peine dans l'eau froide parce cju'elle est de- venue incapable de fournir une réaction diastasique, tandis qu'elle noircit encore, cette fois par hydrolyse chimique, dans l'eau à loo". Les feuilles d'aucuba ou de troène ne brunissent pas par dessiccation à froid, car les cellules ne meurent qu'après avoir atteint un degré de déshy- dratation tel que la diffusion y est devenue impossible; mais si, après les avoir séchées dans le vide sulfurique, on les trempe dans l'eau, elles noircissent à la température ordinaire aussi bien que les feuilles fraîches à chaud. C'est qu'en effet elles renferment encore tous les éléments nécessaires à ce chan- gement de couleur. m. L'action diastasique dont nous venons de parler résulte évidemment du mélange des sucs cellulaires rendus diffusibles par la mort des tissus ; donc l'enzyme et le principe chromogène des feuilles noircissantes sont, dans la vie normale, isolés à l'intérieur de cellules distinctes. Cette conclusion n'est autre chose qu'un cas particulier de la règle générale énoncée d'abord par M. Cuignard à la suite de ses travaux sur la localisation de l'émulsine et de la myrosine, puis étendue par le même auteur (' ), ainsi que par MM. Mi- rande (-) et Heckel ('' ), à un grand nombre de plantes à glucosides nitrilés ou aromatiques. On sait que chez celles-ci la contusion suffit pour provoquer l'action dia- stasique; il en est de même pour les espèces noircissantes, et si l'on écrit avec un corps dur sur une feuille d'aucuba, en appuyant assez pour rompie les cellules sous-jacenles, on voit liicntùt les caractères se détacher en noir sur le fond resté clair du parenchyme intact. Des colorations semblables ont été observées depuis longtemps sur cer- tains champignons, ainsi que sui' les jus de betteraves ou de fruits; il est facile de faire apparaître un dessin quelconque sur une pomme en appli- quant sur sa surface un écran découpé à jour et la soiuuetlant ensuite à l'action de l'air chloroformé. Si l'on fait abstraction de la nature de l'enzyme qui est en jeu dans chaque cas, ce sont là des phénomènes du même ordre. (') Comptes rendus, t. CXLIX, p. 91. ("-) Comptes rendus, t. CXLIX, p. i4o. (') Comptes rendus, l. CXLIX, p. 829. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 19O9. 96 1 Ces nouvelles recherches confirment nettement les résultats de notre premier travail; elles nous permettent en outre d'énoncer les conclusions suivantes : 1° Le noircissement des feuilles par les radiations ultra-violettes n'est pas dû à une action spécifique de ce rayonnement; il a également lieu sous toutes les influences qui déterminent la mort du protoplasma ou mieux le mélange des sucs cellulaires, entre autres la chaleur, la chloroformisation et le broyage mécanique. 2° Ce phénomène est la conséquence d'actions diastasiqueset rentre dans la catégorie des faits observés pour la première fois par M. Guignard dans ses recherches sur la localisation des principes végétaux. PHY3l(,)UK INDUSTpncrJ.E. — Les récupérations de décharge dans les moteurs à combustion interne. Note de M. \. Wrrz. La production industrielle de 1 "air liquide et l'ahaissement de son prix de revient ouvrent le champ à de remarquables applications reposant sur l'emploi de l'oxygène pur, dont M. d'Arsonval a entretenu l'Académie : il en est une autre, dont j'ai indiqué la possibilité, il y a plusieurs années, sur laquelle je demande la permission de rappeler l'attention en complétant et en précisant mon idée. Les gaz chauds de la décharge d'un moteur, alimenté de gaz pauvre, par aspiration, peuvent être refoulés directement du cylindre à la cuve du gazogène : on réintégrera de la sorte dans le cycle, non seulement le carbone emporté par les gaz brûlés à l'état d'anhydride carbonique, mais encore la vapeur d'eau et les produits incomplètement brûlés, en même temps qu'on utilisera le calori([ue sensible de ces gaz et même leur force vive. On réali- serait donc ainsi une circulation continue et indéfinie du carbone, qui serait constamment remis en œuvre. C'est à MM. Biedermann et Harvey qu'appartient l'idée de fournir de l'anhydride carbonique à un gazogène : ils ont fait ressortir l'avantage de cette opération, qui n'obligerait plus de brûler du charbon. Or j'emprunte ce gaz au moteur desservi par le gazogène et je le prends chaud et saturé de vapeur d'eau. Il sufhrait d'une colonne de coke main- tenue incandescente pour produire les réactions C0-+G = 2C0 et C-t-H-0=C0 + 2H; « 962 ACADÉMIE DES SCIENCES. les calories nécessaires à ces transformations seraient fournies par les gaz chauds, venus du moteur directement, sans être refroidis, et la cuve serait maintenue de la sorte à la température élevée qui convient. Le gaz pauvre, débité par la cuve, serait lavé et épuré à l'ordinaire avant d'être admis au cylindre et de recevoir l'appoint d'oxygène pur requis pour constituer le mélange tonnant. Klant donné que la mise en route initiale du groupe moteur-gazogène s'efi'cctuerait nécessairement en fonctionnant d'abord à l'air, de la façon habituelle, à cycle ouvert, une certaine quantité d'azote et d'anhvdride carbonique non réduit resterait dans la circulation et constituerait, dans la marche en cycle fermé, le diluant indispensalile pour amortir les explosions brisantes du mélange formé à l'oxygène pur. La j^ratique que je suggère conduirait à une très notable économie de combustible, attendu que la colonne réductrice de coke incandescent ne subirait qu'une légère diminution et que par suite la consommation de charbon serait faible; les chaleurs perdues à l'échappement, qui figurent pourprés de 3o pour 100 au passif du bilan des moteurs, seraient récupérées; enfin, la force vive de la décharge serait utilisée pour produire la circulation dans le cercle fermé constitué par le gazogène et le cylindre moteur, et le secours apporté par elle à l'aspiration du moteur compenserait sans doute la perte résultant delà contre-pression exagérée, produite par l'introduction de la décharge dans la cuve, plus ou moins obstruée par la colonne de coke incandescent. Il suffirait du reste d'une soupape placée sur la conduite pour limiter cette contre-pression à une valeur di''terminée et envoyer à l'air libre l'excès de gaz éventuellement produit. MÉDECINE EXPÉRIMENTALE. — Vaccinalion antituberculeuse chez le bœuf. Note de M. S. Ari.oixg. Mes premières tentatives de vaccination antituberculeuse remontent à 1884. .Te les ai renouvelées en 1896-1898, lorsque j'eus modifié la viru- lence du bacille de la tuberculose par un mode de culture particulier, et enfin reprises avec plus de continuité à dater de la Communication de Von Behring, en 1902. J'ai indiqué mes résultats, pour la première fois, à Melun, en 1904, et, depuis, dans la collection des Rapports à la Caisse des Recherches scienti- fiques de 1904 a 1907. Mes dernières expériences, confirmatives des précédentes, m'autorisent à SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. C)63 formuler des conclusions pratiques, au moins provisoires, qu'on trouvera ci-après, précédées d'une exposition très résumée des conditions dans les- quelles toutes mes expériences ont été faites. Des vaccins. — J'emploie à ce titre les variétés indéfiniment transmissibles des bacilles humains et bovins (de préférence les variétés bovines) que j'ai fait connaître à l'Académie (voir Production expérimentale de variétés trans- missibles de bacilles de la tuberculose et de vaccins antituberculeux . juin 1906). Ces variétés sont actuellement des races fixes possédant plusieurs des pro- priétés générales des bacilles de Koch ordinaires, mais incapables de déter- miner des lésions tuberculeuses appréciables sur les jeunes bovins lorsqu'on les inocule en observant les règles indiquées ci-après. Par suite, elles sont incapables de nuire aux animaux soumis à leur influence. Klles satisfont donc au vo2u récemment exprimé au (Congrès international vétérinaire de La Haye. Enfin, elles sont sans danger pour le vaccinateur. Ces vaccins, dont les souches tirées des Mammifères sont modifiées sim- plement par accoutumance à vivre dans la piofondeur du bouillon à des tenqjératurcs parliculièrcs, donnent à mon procédé son originalité et sa caractéristique. De la l'accination. — .l'ai essayé plusieurs modes de vaccination, car il était important de connaître le plus efficace ou le plus facile à appliquer. l'our la vaccination par voie intra-\x'ineuse, j'injecte deux fois dans la jugulaire, à deux mois d'intervalle, une culture bovine âgée de i mois environ : la première fois, o"""',5 à i''™'. selon la taille du sujet; la seconde fois, i''™',5. l'our la vaccination sous-cutanée, je fais de mènie deux séries d'injections à 2 mois d'intervalle. Dans la iiremièie série, j'inocule 2™' au cou et 2'^™' au flanc. Dans la seconde série, je pousse deux inoculations semblables sur l'autre face du corps. Enfin, lorsque j'adopte la voie digestive, je fais ingérer une première fois i. ")''"' de culture et une seconde 20""'. Dans tous les cas, j'entretiens l'immunité par des injections sous-cutanées. Phénomènes consécutifs . — Quel que soit le mode adopté, la sensibilité à l'effet hyperthermisant de la tuberculine apparaît toujours à la suite de la première inoculation. 1511e diminue peu à peu, souvent reste douteuse, pour réapparaître après -la seconde inoculation. F^a réaction est fréquemment négligeable G ou 8 mois après cette dernière inoculation. Dans la vaccination intra-veineuse, la première injection entraine une hyperthermie éphémère vers le milieu de la seconde semaine, la deuxième injection provoque des troubles généraux immédiats très accusés qui dispa- raissent rapidement. 964 ACADÉMIE DES SCIENCES. Par la vaccination sous-cutanée, on détermine une légère tuméfaction ditluse, bientôt circonscrite, indurée, jamais ulcérée, qui persiste fort long- temps et dont il ne faut pas s'occuper. Heclicrclie des résultats. — D'abord j'ai éprouvé les vaccinés en les sou- mettant à des inoculations variées, mais sévères, de bacilles bovins très actifs. Des témoins, en nombre suflisant, étaient soumis à des inoculations identiques. Ensuite, je ne me suis pas contenté d'observer cliniquement vaccinés et témoins, mais j'ai sacrifié les deux catégories de sujets et me suis livré à des examens nécropstques minutieux, complétés, quand besoin était, par une étude histologique et bactériologique. Je dois m'empresser de rappeler que mes vaccins ne causent pas de tuber- cules. Donc toutes les lésions macroscopiques ([ue l'on trouvera à l'autopsie résulteront de l'inoculation d'épreuve. Comme la plupart des expérimenta- teurs qui se sont occupés de vaccination, j'ai rencontré, plus ou moins long- temps après l'épreuve, des bacilles virulents dans les ganglions des vaccinés, cependant exempts de lésions macroscopiques. (^e fait, à mon sons, ne permet pas de douter de la vaccination antituber- culeuse. Il montre sinqjlement que l'organisme des vaccinés, capable d'ar- rêter les réactions anatomiques, n'est pas doué d'un pouvoir baclériolytique très élevé. Appréciation des résultats. — La vaccination antituberculeuse donne une immunité relative. On peut donc prévoir qu'elle sera, dans certains cas, plus ou moins insuffisante ; par exemple, si les sujets sont exposés à une infection sévère, soit par la nature et la dose du virus, soit par la voie d'in- fection. Lorsqu'elle sera insuflisante, on mesurera en quelque sorte sa valeur par le nombre et l'importance des foyers tuberculeux dont elle n"a pas' empêché la formation. De là, deux manières déjuger des résultats, sans apprécier ou en appré- ciant le degré des infections générales et partielles. Laissant cette appréciation de côté^ mes expériences, portant sur 60 vac- cinés et So témoins, sans distinction du mode de vaccination, donnent ensemble les résultats suivants : Vaccinés. TiMiioins. Pour luo. Pour ino. Succès complets 5o Pas d'infection 9,3 Succès relatifs 25 Infections parlielles. . . 27 , 2 Insuccès 25 Infections complètes. . 63,6 , SÉANCE DU 29 NOVEMBRE I909. 966 Maintenant, si l'on estime le degré de l'infection dans les insuccès et les infections partielles, les lésions apparaissent six fois plus importantes sur les témoins que sur les vaccinés. Valeur relative des modes de vaccination. — Dans mes expériences, la vaccination par la voie veineuse se place en première ligne (70 pour 100 de succès); vient ensuite le procédé par ingestion (5o pour 100 de succès); enfin, en troisième lieu, l'inoculation sous-cutanée (10 pour 100 de succès et 73 pour 100 de succès partiels). Il est néanmoins telle circonstance qui déterminera le choix du procédé en dehors du classement ci-dessus. Persistance de l'immunité. — Je l'ai constatée i4 et 22 mois après la première inoculation; on peut la prolonger par des inoculations sous- cutanées absolument inoiîensives. Conclusions. — La vaccination antituberculeuse des Bovidés sera certaine- ment perfectionnée. A prendre ses résultats tels qu'ils sont aujourd'hui, il y aurait lieu d'en faire des applications pour restreindre les ravages de la tuberculose bovine en associant la vaccination aux mesures prophylactiques ordinaires. M. Ph. vanTieghem fait hommage à l'Académie d'un Mémoire qu'il vient de publier dans le Tome X, 9'' série, des Annales des Sciences naturelles (^Botanique) sous le titre : Remarques sur les Dipsacacées. M. L. Tkhost fait hommage à l'Académie de la iS" édition de son Traite de Chimie qu'il vient de publier en collaboration avec M. Ed. Péchmid. CORRESPOIVDAIVCE. M. EuGÈ.VE Simon, nommé Correspondant pour la Section à\Analomie et Zoologie, adresse des remercîments à l'Académie. MM. Robert DU Biivsso\, RoburtEsxaui.t-Pelterie, Farman, Ch. Janet, L. JocBiN, Ue:\ri Juli.iot, L. 3Iauchis, J. Paxtel, R. de Sinéty, Soreau, A. ÏHÉvENix, le Commandant Vover adressent des remercîments pour les distinctions que l'Académie a accordées à leurs travaux. C. K.,.i909, 2- Semestre. (T. 149, N° 22.) I29 966 ACADÉMIE DES SCIENCES. jyjims \,vc Cusco, Y*" DE Nabias adressent également des remercîments à l'Académie. M. le Secrétaire perpétiei, signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : • 1° Bref och skrifvelser af och till C\rl voiN Linm;, med underslod af Svenska staten, utgifna af Upsala Universitet. Fôrsta afdelningen. Del III. • 2° lOANNHi AAMAPK xaî ce îpyov aÙToO, par Athanasios E. Tsaka- I.OTOS. 3" Les eaux minérales, milieux vitaux . Sérothérapie artificielle et halnéo- ihérapie tissulaire par leur injection dans T organisme, par le D' C. Flkig. (Présenté par M. Bouchard.) f\° JLa Pisciculture en France de i(S(S4 à 1900, par le D'' .lorssnrr dk Bellesmk. (J'résenlé par M. Henneguy.) , : 5° Problèmes et exercices de Mathématiques générales, par M. E. F abrv. QP Nouvelle méthode de prévision du temps, par Gabriel Guilbert, avec une Préface par Beunahd Bru>hes. (Présenté par M. Viollo.) 7° La cure radicale de la hernie inguinale, par le D'' Lucas-CjHampignniére. (Présenté par M. (iuyon.) 8" Analyses agricoles, par M. B. Guillin. (Présenté par M. Th. Schlœ- sing.) 9" Ampélo graphie, Tomes I et VIT. Celte publication, entreprise par M. ViAi.A et qui est un véritable monument élevé à la Viticulture, est aujourd'hui terminée. Il n'a pas fallu nioins de 7 années pour éditer les 7 volumes in-foho dont elle se compose. Elle n'aurait pu voir le jour si un généreux viticulteur, M. Yermorel, n'en avait assumé les charges maté- rielles considérables. (Présenté par M. Guignard.) ASTRONOMIE. — Sur la durée de rotation de Mercure. Note de M. jAKRV-DEsi,ociEs, présentée par M. Bigourdan. La planète Mercure a été observée en juillet 1909 au Uevard (élongation du matin) et en septembre au Massegros ( ' ) (élongation du soir). Pour éviter la condensation de la vapeur d'eau sur les verres de l'objectif, à chaque instrument, on avait adapté un parabuée de plus de i'" de longueur, tapissé (') Comptes rendus, p. 087 et 664 du présent N'olume. MERCURE. — Élongation du mois de septembre 1909. (Heures en t. moy. astron.) Sud. Dessins Je M. G, Fniunier. ifi scpl. I.'i'' li"'. 18 sept. i()'''|i"'. 16 sept. 16'' 20". 19 sept. 17''. 18 sept. I.')'' !u 30 sept. iS'' i.> 18 sept. 13''.'?^)". 30 sept. 16'' 30". .MERCURK. - Klon^ati.jii du mois de septembre 1909. (Heures en t. moy. aslron.) Dessins de .M. V. Fournier. Kst. \ulll. ij sept. iC'SJ"', iS sept. iG'' ^D" i() sept. iJ 19 sept, r ifi sept. 10'' 35". 30 sept. iJ''jo". 18 sept. ij''oo", 20 sept. iC' \(t^ 968 ACADÉMIE DES SCIENCES. à l'intérieur de papier buvard noir. Le matin, l'évaporation de la rosée, dans les alentours de l'instrument, sous l'action solaire, amenait très rapi-. dément un véritable bouillonnement des images; d'ailleurs, celles-ci conti- nuaient à être très mauvaises dans la journée, sous l'influence de causes diverses : écliauff'ement de la coupole, déformation des verres de l'objectif par la chaleur, etc.; néanmoins l'élongation du soir semble préférable. Pour cette étude, il faudrait installer l'instrument à l'air libre sur un îlot ou un pic, en l'abritant simplement du soleil par des voiles superposés qu'on renouvellerait au besoin. Les 16 dessins de Mercure, représentés ci-contre, pris au Massegros (ait. 900™), avec un réfracteur de Merz de o", 29, par mes collaborateurs MM. G. et V. Fournier, montrent en effet que la difficulté d'obtenir des détails de cette planète tient surtout à la mauvaise qualité des images, car, dans les courts instants où celles-ci sont un peu stables, on constate que les plages sombres de la planète sont au moins aussi foncées que la teinte moyenne des régions sombres de Mars. Ces dessins sont reproduits tels qu'ils ont été pris à rinslrument, sans avoir subi aucune correction, et en ne tenant pas compte du calcul de la phase. Malgré l'influence considérable de l'équation personnelle, à la limite de visibilité, tant dans l'observation que dans la reproduction par ledessin, les détails notés par ces deux observateurs pré- sentent une concordance suffisante, surtout pour les plages sombres. Si nous les passons en revue, nous verrons que la pointe de la corne australe a été vue sombre quinze fois. M. G. Fournier ajoute quelquefois, dans le voisinage, une bande sombre allant du terniinateur aux régions polaires. M. \. Fournier ne la dessine pas, mais il note non loin de là, à cinq reprises différentes, une tache arrondie se prolongeant parfois par une traînée jusqu'au terniinateur. Dans les régions équalo- riaies, une bande sombre assez étroite, partant souvent d'une plage assombrie et se dirigeant vers le Sud-Est, figure dans tous les dessins de M. G. Fournier qui, pour- tant, né dessine que deux fois le point sombre cité plus haut et qui semble la terminer. M. V. Fournier note aussi cette bande sombre dans presque tous ses dessins. De ce même point, une bande grisâtre se dirigeant vers le Nord-Est, en longeant plus ou moins le limbe, se retrouve dans six dessins. Deux ou trois autres traînées, dessinées très fréquemment, partent de l'équateur et se dirigent vers le Sud-Est, l'Est, ou le Nord-Est. La bande grise qui coupe la région polaire boréale s'aperçoit huit fois; la corne boréale est notée sombre sept fois seulement. Notons encore une tache grisâtre, agglomération de vagues plages assombries, qui se voit dans presque tous les dessins, à l'équateur, près du terniinateur. L'impression qui résulte de l'étude succincte de ces dessins est que la rotation de Mercure s'accomplit dans une période tout au moins fort longue et sans doute sensiblement égale à celle de la révolution de la planète. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 969 En effet certains dessins sont espacés de près de 2 heures, et, dans le cas de rotation rapide (la période d'environ 24 heures étant alors la pluS pro- bable), il parait impossible qu'un déplacement aussi important puisse passer inaperçu. En résumé, l'observation de Mercure montre que sa surface présente un certain nombre de plages sombres, souvent bien délimitées; seule, là mauvaise qualité des images télescopiques, spéciale à ce genre d'études, empêche de les apercevoir facilement. Ces taches peuvent en partie s'identi- fier avec celles qu'ont signalées d'autres astronomes, notamment MM. Schia- parelli, Lowell, etc. . • La rotation de Mercure semble s'accomplir dans une longue période, pro- bablement égale à la durée de révolution. ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Éludes sur la planète Mars à l'Observatoire d' Hem. Note de M. Robert Jo.vckheebe, présentée par M. Deslandres. Les observations suivantes ont été faites avec l'équatorial Mailhat, de o'",35 d'ouverture et G"\5o dé distance focale. Le rapport -^ de cet instrument est avantageux pour l'étude des surfaces planétaires. Les meilleures images ont toujours été obtenues en utilisant toute l'ouverture de l'objectif, le grossissement employé étaiit de 4oô fois. , / '. . Les premières observations ont surtout porté 'sur la calotte polaire, lés autres parties du disque ayant, jusqu'au 10 août, présenté peu d'intérêt. Voici les résultats des mesures du diamètre des neiges polaires : Arcs Arcs Dates. Diamètres, aréocentriques. Dates. Diamètres, aréocentriiques. „ o ± „ o ± 16 juillet 4.33 32 21 septembre.. 1,68 8,1 21 » /il 00 28 2,'j » ..1,67 8,0 24 » 3,80 26 27 » ..1,46 7,0 27 » 3,69 25 3o » ..1,56 7,5 10 août 3,47 20 5 octobre 1,37 7,8 11 » 3,25 19 6 P; j,./,:. .. 1,61 ^)0 i i5 » 3,10 18 9 » 1,82 9,5^ 21 » 3 , 00 17 10 n 1 , 99 10,3 28 » 2,63 i4 i4 » 2,29 12,5 2 septembre. . . 2,43 12 18 » 2,06 11,8 17 » ... 1,95 9,3 19 j> ...... 2,o5 11,7 18 » ... 1,92 9,2 23 »;'j3Ji.,,. . . 1^87 ,11,3 970 Dates. 24 octobr 25 » 28 » ACADEMIE DES SCIENCES. Arcs Arcs Diamètres. aréocenlriques. Dales. D a métros. aréocenlriques " „w 0± „ 0± 1,85 11,2 2 novembre. i,4i 9.2 '>77 10,7 4 » i.4o 9.3 1,57 9.9 6 » 1,38 9.4 i,/J8 9.5 8 » 1,33 9.3 1,47. 9.3 .4 » 1,28 9.5 lAk 9.2 18 » 1,42 '0,2 29 » ... 30 » ... 1'"' novembre. Ces mesures seront l'objet d'une étude spéciale lorsque la série sera terminée. Les diamètres sont influencés par la longitude qu'ils occupent et aussi par la présence de terres australes qui restent recouvertes de neige plus longtemps que les mers environnantes et qui pour cette raison font souvent paraître les neiges polaires plus grandes qu'elles ne sont en réalité. Voici les terres australes que j'ai vues émerger de la calotte polaire au cours de mes mesures : 1. Le 12 août, par un télégramme à Kiel, j'annonçais l'apparition d'une terre. Beaucoup d'observateurs crurent (ju'il s'agissait d'un lambeau de neige se détachant de la calotte. Mes mesures micrométriques me donnèrent pour la longueur de cette terre i ",4^ et pour la largeur o",85. L'extrémité la plus large était à 120" et la plus petite à 3 10°. Gomme ce continent n'était complètement dégagé que le 1 1 août, alors que la calotte me- surait 3", 23, nous pouvons admettre que le centre de cette terre est à 2",o5 du pôle apparent et comme résultat de mesures directes à — 78" de latitude australe. J'ai donc pu identifier cette île avec Novissima Thyle, de Schiaparelli, et déterminer sa position avec une grande exactitude. La latitude donnée autrefois était de — 78" ±. 2. Le 2 septembre, les alentours delà calotte polaire m'ont révélé de nouveaux phénomènes, et, par la même méthode, j'ai pu identifier Argyre II et déterminer sa position comme étant à 60" de longitude et — 80° de latitude. , i . . 3. ,Le même soir, une autre terre se présentait dans les neiges polaires par '120° et — 84°. Cette dernière était nouvelle. Je lui ai donné le nom de Stella en raison de son apparence très brillante, apparence du reste con- firmée ensuite par plusieurs observateurs. Les, canaux n'ont été bien visibles que dès le i*"' septembre, c'est-à-dire 24 jours avant le plus grand rapprochement de Mars. Depuis cette date, ils n'ont cessé, d'être nettement vus et nous avons pu, après avoir con- SÉANCE DU 29 NOVEMBRE I9O9. 971 firme les canaux de Schiaparelli et de Lowell, en observer 28 nouveaux. Je tiens à faire savoir que deux canaux me furent signalés en premier par M. J. Vanderdonck, assistant à l'Observatoire, et un par M. T. Cox, égale- ment assistant. • La classification des canaux suivant leur visibilité plus ou moins grande est arbitraire, car il faudrait pour cela que l'atmosphère, l'instrument et l'œil soient identiques pour chaque observateur, ce qui serait iinpossible et peut-être pas toujours désirable. Kn plus des nouveaux canaux et de la terre Stella, j'ai découvert le 5 octobre la terre que je nomme Thaumas.YWQ est située par 100° de lon- gitude et — 43" de latitude. La présence de celle-ci a de même été pleine- ment confirmée. Nous avons profité de l'opposition exceptionnelle de Mars cette année pour obtenir des mesures de ses diamètres. Par des mesures effectuées les 21, 23, 24 et 27 septembre, j'ai obtenu par interpolation pour le jour de l'opposition le diamètre moyen de 24", 325, diamètre qui donne pour la distance i la valeur de 9", 533, c'est-à-dire un rayon de 3444'''"' Le disque de la planète a de plus été vu aplati aux p(Mes, . Par mes mesures, j'ai trouvé pour cet aplatissement la fraction 2-77^»* De plus amples détails se trouveront dans un autre Recueil. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les équations algébriques. Note de M. Jean 3Ieri.i\, présentée par M. IL Poincaré. Une é(}uation algébrique /{x:) = o de degré n définit en général des irrationnelles qui ne s'expriment pas au moyen de radicaux portant sur les coefficients de /. Proposons-nous par analogie le problème suivant, relatif aux équations algébriques à deux variables : Soit f{x,y) =0 une pareille équation ; quelles irrationnelles algébriques d'un paramétre X expriment X et y1 X et y pem'ent-ils s'expri,/ier en fonction rationnelle d'un paramétre et de radicaux portant sur ce paramétre ? Nous conviendrons de dire que, s'il en est ainsi, y est soluble par radicaux. Cette propriété subsiste évidem- ment pour toutes les courbes donty est une transformée rationnelle. La question revient à étudier l'ensemble Edes groupes G de raonodrpmiç des transformées rationnelles de f. Cet ensemble E est contenu dans l'ensemble E' des groupes de transfor- mations birationnelles en elles-mêmes des transformées rationnelles :de /. 972 ACADÉMIE DES SCIENCES. Mais à quelles conditions un groupe faisant partie de E' fait-il partie de E? Étant donnée une courbe r qui admet un certain groupe G de transfor- mations birationnelles en elles-mêmes, G fait correspondre entre eux un certain nombre de points de r; j'appellerai cet ensemble de points un système de points du groupe G relativement à r. Soit donc G un groupe de E' relatif à une certaine courbe r transformée rationnelle àe f. Pour que G fasse partie de E, il faut et il suffit qu'il existe une unicur- sale (m) telle qu'à chacun de ses points corresponde un système de points de G relativement à r, et ceux-là seulement. On voit alors que les groupes G se répartissent en une infinité de familles, dans chacune desquelles les substitutions fondamentales de chaque groupe sont les mêmes. Il est difficile de caractériser davantage l'ensemble E; mais on peut reconnaître si un groupe donné appartient ou non à E. Dans quels cas E contient-il un groupe résoluble? Si/ admet un groupe de transformations birationnelles en elles-mêmes d'ordre q, on peut, par une transformation birationnelle, la mettre dans la forme cp (^, yj') = o. En posant rf = y]', on est ramené à la courbe de genre moindre ;p (^, f\) = o. En raisonnant sur celle-ci coftime sur /, on voit que, si l'on arrive à une dernière transformée unicursale, /sera résoluble. La condition, pour que/ soit résoluble, d'admettre une pareille échelle de transformées aboutissant à une courbe unicursale, est évidemment suffisante. Elle est aussi néces- saire. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les singularités algéhrico-logarithmiques. Note de M. et M"'* Paul Die.xes, présentée par M. Emile Picard. ' 1. Dans une' Note précédente (i5 mars 1909), nous avons posé le problème général suivant. Supposons qu'une fonction analytique définie par est représentée dans l'étoile principale de M. Mittag-Leffler par une suite de fonctions entières F (a, x), de sorte que nous ayons pour ce quelconque à l'intérieur de l'étoile /(x) = lim F(a, a?). ■ Soit maintenant x^ un point singulier de la fonction /(a?), situé à l'ori- SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 973 gine d'une demi-droite exclue de l'étoile. Ce sont les seuls points singuliers mis en évidence par une représentation de l'espèce indiquée. Quelles relations existent entre les propriétés-limites de la suite (1) ' liniF(«,^„) et la nature de la singularité de /(a) au point x„. Nous avons donné déjà la solution de ce problème dans des cas plus ou moins particuliers ('). Dans cette Note nous allons indiquer un théorème général et précis relatif aux points singuliers de caractère algébrico-Iogarilhmique. Plus exactement, supposons qu'au voisinage de Xg, /{x) puisse s'écrire l'p /(■'■) -^ rxV^+/.^^). X, où Pp (:; ) indi([ue un polynôme en :; de degré p, r un nombre positif quel- conque et l'ordre de /, (x) en x„ est moindre que r. Par exemple, dans le cas d'un point criti(|ue algébrico-logaritlimique ou dans celui d'un pôle. Formons la représentation de cette fonction par une suite de fonctions entières donnée par M. Mittag-Leffler dans sa cinquième Note consacrée à ce suiet (Acta mat hematica, t. XXIX, 1903, p. 173) en prenant pour fonction entière sommatrice la fonction entière étudiée sous un autre aspect par M. Lindelôf, Dans le Mémoire déjà cité nous avons démontré que c'est toujours possible ; on a donc pour .r quelconque à l'intérieur de l'étoile ^^'" '[log(«+i3)]'' /(.r)=lim ■ — — = limF(«, x), (') \'oir à ce siijel noire Mémoire : Essai sur les singularités des fonctions ana- lytiques, qui va paraître dans le journal de M. Jordan, et la Note : Sur les points critiques logarithmiques, dans les Comptes rendus (26 avril 1909). C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N» 22.) l3o 9^4 ACADÉMIE DES SCIENCES. OÙ i„ ( .r ) =: a„ + a, .r -H . . . + a,, x'\ Le théorème général en question est donné par la formule suivante : Donc les propriétés limites de la sitile (i) soni en rapport direct avec la nature de la singularité envisagée. Par exemple, dans le cas d'un point cri- tique algébrico-logarithmiqne, nous pouvons déterminer successivement tous les coel'ficients des polynômes P,(-) de même que les degrés p,- et /■,■ des termes successifs, de sorte que nous pouvons caractériser complètement la singularité en question, au moyen de F(a,.r„), c'est-à-dire, en dernière analyse, à l'aide des coefficients a„ de la série de Taylor donnée. Inversement, si les limites successives (3), pour les différents p etrexislent (en retranchant toujours le terme déjà calculé) il peut arriver qu'après un nombre fini d'opérations on obtienne une limite finie pour F(a,a"o) — tl)(a,a7„), où (JJ est la somme des termes retranchés. Dans ce cas, pour un nombre fini de passages à la limite on a trouvé la partie principale de la fonction, c'est- à-dire la partie qui devient infinie au point x^. On a ainsi, en particulier, exprimé par les coefficients a„, les conditions né- cessaires et suffisantes (en nombre finï) pour quen x^, la partie principale de la fonction soit algéhrico-logarit /unique (ou polaire). Remarquons enfin que, pour une fonction analytique écrite sous la forme (2), donc sans que notre théorème cesse d'être applicable, le point x„ peut être situé même sur une ligne singulière. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les opérations fonctionnelles linéaires. Note de M. Frkdkuic Uiesz, présentée par M. Emile Picard. Pour définir ce qu'on entend par opération linéaire, il faut d'abord préciser le champ fonctionnel. Nous considérons la totalité O des fonctions réelles et continues entre deux nombres fives, par exemple entre o et i; pour cette classe, nous définissons la fonction limite par l'hypothèse de la convergence uniforme. L'opération fonctionnelle A|y(.r)], faisant corres- pondre à chaque élément de 12 im nombre réel déterminé, sera dite continue, sïf(.v) étant limite des /,(.*), A(/,) tend vers A(/). Une opération distri- butive et continue est dite linéaire. On montre aisément qu'?//?r te/le opé- SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 975 ration est aussi bornée., c'est-à-dire qu'il existe une constante Mj telle que pour chaque élément f{.v) l'on ait (,) IM.AOJl MAXmax.|/(.0|. M. Hadamard avait démontré le fait remarquable que toute opération linéaire K[f(x)] est de la forme lim f k„(.r)f(x)il.v, les /.„('■) étant des fonctions continues ('). Dans la Note présente, nous allons développer une nouvelle expression analytique de l'opération linéaire, ne contenant qu'une seule fonction génératrice. Dans ce but, nous considérons l'intégrale généralisée (2) / f{,x)dcf.{x). Rappelons brièvement la signification de cette expression. On y entend la limite de la somme V/(^,)[a(.7;,v, ) — a(j?,)], correspondant à une divi- sion de l'intervalle (0,1) en un nombre fini d'intervalles partiels; ^,- désigne un élément, d'ailleurs quelconque de l'intervalle (.-c,, Xi^,). Le passage à la limite n'est assujetti qu'à la seule condition que la longueur des intervalles partiels tende uniformément vers zéro (' ). Nous n'avons pas besoin de développer les conditions les plus générales pour (jiie l'intégrale (2) ait un sens. Il nous suffit de remarquer que, la fonc- tion f(x) étant supposée être continue, l'inlégrale (2) existe pour toute fonc- tion y. (x) à variation donnée, continue ou non. En ce cas, on a l'inégalité (3) / /{x)da{x) ;: maximum de |/(.r)| x variation totale de y.lyX^. Après ces préliminaires, étant donnée une opération linéaire A [/(.>")], on définira la fonction .\{x) par l'égalité A(;) = A[/(x-;$)J, oii l'on désigne par/(.r;E) la fonction égale à. r pour o J'o)(i* = Z„ + ( ; - ;„ f !• L( : - -^o)^|, P(=) désignant une série entière [P(o) ^ oj. La fonction cherchée U(a;, r) est une solution d'une équation aux dérivées partielles d'-U d'-M ,d\i „dU „.- ^ continue avec ses dérivées des deu\ premiers ordres à l'intérieur du cercle \- + Y- = i, les valeurs de cette solution au bord étant une fonction connue de l'ai-c, continue sauf en un nombre fini de points, où elles subissent des changements brusques. On peut poser ^^R'^ '|.(X,Y), ^---R" J>=(X,Y), F=R '= ''^.(X.Y), les fonctions bornées 'j/,, . . ., ■j', devenant indéterminées au point (X„, ^ „). Tous les raisonnements de ma Note citée plus haut étant valables sans aucun changement pour l'équation (3), il ne reste qu'à établir l'existence de la solution de l'équation fonctionnelle de M. Fredholm (5) U(X,Y)=-^yy'j ^[A(£,-l)G(X,Y;ï,r))] 4-^[B(^,-fl)G(X,Y;t,Y,)]^G(^,Y,)G(X.Y;|,-fl)| X \^{l,-0)dld-n'--^ CI r.(X. Y;t:,-/i)F(4,-o)r/i;rfo -+- ('(X, Y) xU(f,-o)^£c?-o4- 9(X.Y), G(X, Y; ^, rj^ désignant la fonction classique de Green, attachée au cercleC, SÉANCE DU 2() NOVEMBRE I909. 979 f(X, Y) la fonction harmonique régulière dans C, égale à U(X, \) sur le contour. L'équation (5) équivaut à l'équation fonctionnelle obtenue par l'ité- ration effectuée deux fois (6) U(X, Y) =//[Xo - 1?+ (Y„ - -nY-T' '/.(X, Y; ï, -n) X U (£, Y)) 'lidri 4- 9,(X, Yj, /.(X, Y; H, Y]) et o.jfX, Y) désignant des fonctions continues. On o])scrve qu'il n'est pas possible d'arriver par une itération répétée à un noyau partout continu. Toutefois, et cela est un fait remarquable, la méthode de M. Frcdholm reste applicable à l'équation fonctionnelle (6). Posons, pour abréger, ij{s,i) = [{s-\,y- + {t — \,y-Y'' et considérons l'expression de M. Fredholm (7) 2/'" ^A„,(\,Y;5,0 F(\, Y;., /)=."-='' " . _ ^^ ni I Dans le cas actuel, on peut poser (8) A„,(X,Y;i,0 -.p{s:t) /•■■/ /,(X,Y;,v, 0 Us,.lr,s.t) /j(X, Y; *,„,/,„) /.fi-,, ;.v. I) P(s,l) <(w4-i) - iM'"^'/)'", \\,„\'. En intégrant l'équation précédente et exprimant que la courbe passe par l'origine, on trouve {ky -H c) ; [{k - k')m^ + kk'{U- L, )] V - (A- — k'Yi.l + kk' L, \ = /,7.'cL,. On reconnaît une hyperbole dont une des asymptotes NP est fixe et dont l'autre se déplace en restant parallèle à Mi. La portion utile de cette courbe est limitée au point M par son intersection avec la droite MX représentant le refroidissement du mélange fondu Çkt — m, y = o), et au point ix par sa rencontre avec la parallèle u.\ à MX, correspondant au refroidissement du mélange solidifié. Les angles de la branche d'hyperbole avec ces deux droites sont les points anguleux de solidificalion commençante et de solidifi- cation complète. Si nous supposons un moment Lo == L,, on voit que l'asymptote NP est alors parallèle à XM : on retrouve une hyperbole tout à fait analogue à celle envisagée dans la Note précédente, et conduisant aux remarques suivantes : i" L'angle XMf/., primitivement égal à XMN pour c = o (l'hyperbole se réduisant alors à ses asymptotes), s'ouvre progressivement quand on fait croître la concentration c du composant B. 2° L'angle Ml».Y est toujours plus ouvert que le précédent : de sorte que le point de solidification complète est toujours moins net que le point de solidifi- cation commençante. Cette remarque explique la difficulté que présente l'observation des points correspondant au solidus. Mais en général L. — L, n'est pas nul : siLo > L,, on voit que l'asymptote fixe NP est moins inclinée que XM, ce qui a pour effet de rendre moins obtus les angles en M et [x, et par suite de rendre ces points plus facilement obser- vables. Si au contraire L, — L, <[ o, l'asymptote NP est plus inclinée que XM; les angles en M et pi s'ouvrent davantage et l'on voit que, pour des valeurs convenables de e, ces angles peuvent devenir égaux à ti. Les points M ou p. ne sont alors rigoureusement plus observables. Pour des valeurs de c supé- rieures à ces valeurs critiques, les angles deviennent > -n. 3° En supposant Tn^ f^ wzj, ou m, ^ m\ ^ m.^ f: m[,, on trouve des équa- tions différentielles moins simples, mais qui s'intègrent toujours sans aucune SÉANCE DU 29 NOVEMBRE I909. 993 difficulté et conduisent à apporter aux conclusions précédentes des modifi- cations tout à fait analogues à celles que nous avons rencontrées dans notre première Note. CHIMIE PHYSIQUE. — Changements de coloration du diamant sous l'action de divers agents physiques. Note de M. Paul Sacerdote, présentée par M. E. Bouty. De nombreuses recherches ont été faites dans ces dernières années sur les changements de coloration que peuvent subir, sous l'action de divers agents physiques, certaines pierres précieuses telles que le quartz améthyste (') ou les corindons (-). Dans cet ordre d'idées l'étude du diamant offre un intérêt tout particu- lier, à cause de sa constitution chimique plus simple que celle des autres pierres précieuses, et aussi parce que les moindres changements de teinte font varier considérablement sa valeur commerciale. C'est ce qui m'a conduit à entrepi'endre les recherches que je vais résu- mer brièvement et dont les résultats apparaissent d'une façon très frappante sur les échantillons qui accompagnent la présente Note. J'ai opéré sur des diamants de différentes provenances, les uns parfaite- ment incolores, les autres légèrement teintés en jaune verdàtre. Je les ai soumis successivement : à l'action des rayons X (pierre placée à l'extérieur d'un tube Rôntgen) ; à l'action des rayons cathodiques (pierre placée à l'in- térieur d'un tube à rayons cathodiques) ; enfin à l'action de la chaleur (pierre placée à l'intérieur d'un mouffle en terre réfractaire, à chauffage électrique, et dont un thermomètre à mercure permettait de suivre la tem- pérature jusqu'à 3oo" environ). La durée de ces actions a varié, d'une expé- rience à l'autre, depuis quelques minutes jusqu'à plusieurs jours. 1° L'action des rayons X ne modifie pas sensiblement la couleur du diamant. 2° L'action des rayons cathodiques modifie considérablement la couleur du diamant : la teinte initiale, blanche ou jaune verdàtre très pâle (échantillon n" 1), s'accentue progressivement jusqu'à devenir d'une belle couleur « vin de (') M. Bkrthelot, Comptes rendus, t. CXLIII, 1906, et D.Berthelot, t. CXLV, 1907. (') Bordas, Comptes rendus^ t. CXLV, 1907, p. 710, 800, 874. 994 ACADÉMIE DES SCIENCES. Madère » (échantillon n° 2) qui vire ensuite au brun plus ou moins foncé si l'on prolonge l'action. 3" Le diamant ainsi teinté par Faction des rayons cathodiques semble conserver désormais sa teinte, puisque l'échantillon que je soumets à l'Aca- démie a été préparé il y a près d'un an. Il est vrai que depuis cette époque il a été conservé dans une boite, mais je l'en ai extrait à maintes reprises et je l'ai même exposé une fois, pendant toute une journée, à la lumière solaire directe, sans constater de modification sensible dans sa teinte ('). 4" L'action d'une température un peu élevée (3oo" à 400°) décolore assez rapidement le diamant et le ramène sensiblement à sa teinte initiale (échan- tillon n° 3). CHIMIE PHYSIQUE. — Sur l'influence du radium, des rayons X et des rayons cathodiques sur diverses pierres précieuses. Note (-) de M. André Meyère. A la suite des Communications de M. le D"" Bordas des 11 et f8 no- vembre 1907 et du 6 janvier 1908, j'ai voulu rechercher s'il était possible de déterminer le mécanisme de la coloration des corindons sous l'influence du radium d'abord et ensuite sous celle des rayons X. Mes recherches se sont prolongées pendant près de deux ans et ont porté sur les dilTérentes espèces de corindons (corindon blanc, corindon rose, corindon bleu) et sur le diamant. J'avais pensé que la coloration pouvait être due à un transport d'un élé- ment du radium ou de la cathode dans la pierre examinée. Je crois pouvoir conclure, après de nombreuses expériences, qu'il ne doit pas en être ainsi. En effet la coloration obtenue, soit sous l'influence du radium, soit sous celle des rayons X, ou sous celle des rayons cathodiques, est toujours iden- tique (quel que soit dans ces deux derniers cas le métal composant les électrodes) : elle est Jaune brûlé. L'intensité et la durée d'obtention seules diffèrent. Je joins à celte Note quelques pierres soumises à ces expériences. (') Ces recherches ont été commencées il y a plus d'un an, mais j'ai dû les aban- donner momentanément pour d'autres occupations plus urgentes. Bien que les expé- riences ne soient pas achevées, je me décide à publier ces quelques résultats parce que j'ai appris, par la correspondance communiquée à la dernière séance de l'Académie, qu'un autre physicien, M. Meyère, s'occupe de la même question. (^) Reçue dans la séance du 22 novembie 1909. SÉANCE DU 2f) NOVEMBRE 1909. 993 J'ai opéré avec le radium seul, puis avec les rayons X en plaçant les pierres à V extérieur de l'amjwule, comme l'indique M. le D'' Bordas dans sa Communication du i8 novembre 1907, J'ai également soumis des pierres à l'influence des rayons X et des rayons cathodiques à l'intérieur de l'ampoule. Dans l'une et l'autre des ampoules que j'ai fait construire en vue de ces expériences, les électrodes sont mobiles et interchangeables : j'ai ainsi pu opérer avec des élec- trodes cuivre-cuivre, cuivre-platine, nickel-nickel, nickel-platine, aluminium-alumi- nium, aluminiura-platiiie. Ùans tous les cas, la coloration a été semblable. Quelquefois les pierres examinées se recouvraient plus ou moins rapidement d'une couche métallique; je l'ai toujours fait disparaître avec des acides appropriés et la coloration jaune apparaissait sous la gaine métallique. J'ai essayé d'expérimenter sur des pierres préalablement trempées dans une solution d'oxyde métallique (cuivre, nickel) dont il restait des traces après dessiccation. Après l'expérience la coloration jaune était identique sur la pierre recouverte d'oxyde métaU lique et sur la pierre témoin. La présence de l'oxyde paraît donc n'avoir aucune induence. Pour mes expériences je faisais le vide dans les ampoules au moyen d'une trompe à mercure qui fonctionnait constamment, et j'ai essayé d'écarter toute cause d'erreur. Pour éviter réchauffement des pierres, dans certaines expériences, je faisais passer le courant par ii\tervalles de quelques secondes seulement. L'éclat de la lluorescence des pierres était d'ailleurs un crilerium de vide. De ces loni;ues et nombreuses expériences je crois pouvoir conclure que, sous l'influence du radium, des rayons X et des rayons cathodiques, quel que soit le procédé employé et le métal formant les électrodes, les corindons et les diamants ne se colorent qu'en jaune plus ou moins foncé. CHIMIE. — Préparation cataly tique des célones grasses dissymétriques. Note de M. J.-B. Sexdere.ns, présentée par M. G. Lemoine. J'ai indiqué précédemment (') comment on arrivait à préparer facilement les cétones symétriques en faisant passer, vers 4oo°, sur les oxydes d'ura- nium et mieux sur la thorine, les vapeurs des acides gras correspondants." Il était naturel de supposer qu'on obtiendi^ait par la même méthode des (') Comptes rendus, 5 avril 1909, p. 927, et 19 juillet 1909, p. 2i3. — Bull. Soc. chim., 4° série, t. V, 1909, p. 9o5, 996 ACADÉMIE DES SCIENCES. cétones dissymétriques, et, en efTet, avec un mélange à molécules égales d'acide acétique et d'acide propionique, j'avais préparé la métliyléthyl- cétone('). La continuation de ces recherches a montré que le procédé se généralisait et qu'en faisant passer sur la thorine, de 400° à 430" (^), un mélange à molécules égales de deux acides gras, RCO'H et R'CO-H, on obtient la cétone mixte RCOR', d'après l'équation (1) RC0.0H + R'CO.OH = RC0R' + G0=-hIP0. \\ fallait s'attendre à ce que cette première réaction serait accompagnée des deux suivantes : (2) 2RCO.OH = RCOR + CO''+H20, (3) 2R'C0.0H = R'C0R'+C0^+H'0. Et, en effet, les trois cétones RCOR', RCOR, R'COR' se trouvent dans le liquide recueilli. Leur séparation par distillation fractionnée devient, dans beaucoup de cas, très facile en raison de l'écart notable de leurs points d'ébullition. J'ai préparé de la sorte : La méthyléthylcélone, CH' — CO — CH^ — GH', butanone-2, qui bout à 7g"-8i<', en partanl des acides acétique et propionique mélangés à molécules égales; La inétiiylpropylcétone GH' — GO — CH' — GH' — GH', penlanone-2, houillant à ioi°-io3°, en partant des acides acétique et butyrique; La méthylisopropylcétonc CH^— GO — GHC' „ , mélliyl-i-bulanone-S, bouillant à gS^-gS", à partir des acides acétique et isobulyrique; /GH' La inéthylisobutylcctone GH^ — GO — GH^— GFK p.,3) méthyl-2-pentanone-4, bouillant à i i/îo-iiô", à partir des acides acétique et isovalérique; \:ctliylproi,ylcéloneVAV—Cti-- GO — GIP — GH^— GH^ hexanone-3, bouillant à 1220-124°, à partir des acides propionique et butyrique; Véthylisobutylcétone GH'— GH'^ — GO — GH^— GH^. , méthyl-2-hexanone-4, bouillant à i32"-i34°, à partir des acides propionique et isovalérique. Dans toutes ces expériences, les deux acides mélangés, comme il a été dit, à molécules égales, ont été totalement transformés en trois cétones, une (') Bull. Soc. chiin., 4" série, t. V, 1909, p. 48o. • (^) On peut chaulTer, jusqu'à 450°, sans que les cétones formées soient sensible- ment décomposées. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 997 mixte et deux symétriques. C'est la cétone mixte qui prédomine jusqu'à constituer parfois près de la moitié du liquide recueilli, comme dans le cas de la méthylisobutylcétone. On favorise la production de cette cétone mixte en employant en excès l'un des deux acides, de préférence le moins riche en carbone. C'est ainsi qu'en opposant i"""' d'acide isobulyrique à 3'"°' d'acide acétique, on obtient de la méthylisopropylcétone et de la propanone avec une faible proportion d'isobutyrone. Le procédé qui vient d'être décrit ne se borne pas aux cétones grasses dissymétriques. Il trouve encore, ainsi que je le montrerai, une application très avantageuse dans la préparation des cétones mixtes de la série aroma- tique. \J acétophènone 1 par exemple, se produit mêlée seulement de propa- none lorsqu'on fait agir sur la thorine un mélange de 3""' d'acide acétique et de 1™°' d'acide benzoïque. CHIMIE ORGANIQUE. — Hydrogénations dans la série lei'péniqiiê. Note de M. G. Va von, présentée par M. A. Haller. Si l'on agite le pinène en présence de noir de platine dans une atmosphère d'hydrogène, il absorbe rapidement ce gaz pour donner un hydrure de for- mule C'»H". En solution éthérée, le camphène donne également un carbure en C'"H'*, le limonène un carbure en C" H-". Le corps à liydrogéner el le noir de plaline sont mis dans un récipient agile mécani- quement et communiquant avec un gazomètre gradué contenant l'hydrogène sous une pression sensiblement constante. Ce dispositif permet de suivre la réaction à chaque instant par une simple lecture. La variation de la vitesse d'absorption en fonction du temps dépend beau- coup de la quantité de platine. Pour une faible quantité, la vitesse, grande au début, diminue bientôt et la réaction ne s'achève que très lentement. Si au contraire on met suffisamment de platine, la réaction se fait rapidement jusqu'à la fin. Exemple : Pinène 70»^, platine ôs. Volumes Vitesses Temps. absorbés. moyennes. m cm' 10 2o5o 2o5 20 4200 2l5 3o 6100 190 c. R., 1909, 2» Semestre. (T. 149, N» 22.) l33 998 ACADÉMIE DES SCIENCES. Volumes Vitesses Temps. absorbés. moyennes. m cm' 4o 7000 190 5o 8700 1 70 60 10260 i55 70 II 65o 1 4o 75 12400 i5o 77 1 2600 1 25 79 12875 125 80 12950 75 81 12973 25 82 12975 < I 83 12975 < I 120 i3ooo < I 1 5o 1 3ooo < I On voit que la réaction s'arrête brusquement; en 3 minutes la vitesse, restée sensiblement constante jusque-là, tombe de 120 à i. On sait, depuis les travaux de M. Darmois (^Comptes rendus, 1 no- vembre 1909), qu'il est facile de retirer l'a-pinène pur de l'essence de pin d'Alep. C'est sur un échantillon de cette essence, mis obligeamment à ma disposition par M. Darmois, que j'ai effectué l'hydrogénation. Ce pinène de pouvoir rotatoire | a [„' = -1- 48", 3, se solidifiant à — 5o° a donné, avec un rendement quantitatif, un hydrure C'"!!'* qui bouta 166° (non corrigé), sous une pression de ^SS™™. Son pouvoir rotatoire est | a |o = -)- 22", 7, sa densité rfj ;! = o, 861 ; il se solidifie vers — /|5°. Ce corps a le même point d'ébullition et la même densité que le carbure obtenu par MM. Sabatier et Senderens en hydrogé- nant le pinène au moyen du nickel {Comptes rendus, 28 mai 1901). Cepen- dant je n'ai pas constaté le brunissement à l'air indiqué par ces auteurs. Un échantillon de cet hydrure préparé depuis le mois de juin dernier est resté absolument limpide et incolore; son pouvoir rotatoire n'a pas varié. L'essence française gauche a donné le même corps, mais de pouvoir rotatoire un peu plus faible |a|„ = — 21°, 3. Or, M. Darmois {loc. cit.) a établi que le [3-pinène existait en quantité notable dans l'essence française; il s'ensuit donc que l'a- et le fi-pinène semblent donner le même hydrure. Camphène. — Je suis parti d'un camphène fondant à 55° et ayant comme pouvoir rotatoire |a|D= — 80°. L'hydrure C'"H" obtenu est un corps sohde ayant le même aspect que le camphène et fondant vers 87". Ce corps semble donc différent de l'hy- SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 999 drure liquide obtenu par MM. Sabatier et Senderens {loc. cit.) et aussi du corps fondant à iSô" qu'on obtient par l'action de l'eau sur le magnésien du chlorhydrate de camphène. Je m'occupe d'éclaircir ce point. Limonène. — Le limonène mis en expérience avait comme pouvoir rota- toire [a]u = + 121°, 3. Le corps obtenu par fixation de 4^*' d'hydrogène bout à 1G9" (non corrigé); il est complètement inactif; sa densité est d\ \ = o,8o3. En dehors de la série terpénique, j'ai, par la même méthode, hydrogéné quelques corps à fonctions éthyléniques ou acétyléniques. M. Lcspieau et moi nous avons fait ainsi la synthèse de l'acide subérique à partir de l'octa- diine-dioïque {Comptes rendus, 17 mai 1909). J'ai de même hydrogéné les acides maléique, fumarique, cinnamique en solution alcoolique, l'acide éru- cique en solution élhérée. Les rendements en acides succinique, phénylpro- pionique, bénique sont quantitatifs. La vitesse d'absorption dépend de la nature du solvant et de la concentration; mais, même dans les conditions les plus favorables, je n'ai jamais observé d'hydrogénation aussi rapide que pour les terpènes. CHIMIE ORGANIQUE. — Les phytostérols dans la famille des Synant/iérées ; le faradiol, nouvel alcool bivalent du tussilage. Note de M. T. Klobb, présentée par M. A. Haller. En poursuivant des recherches commencées depuis un certain temps sur les alcools cholestériques dans la famille des Synanthérées j'ai rencontré dans les fleurs de Tussilago farfara deux nouvelles substances de cette na- ture. La première est un phytostérol monovalent encore incomplètement déterminé, qui fond vers 127°; son acétate fond à 11 7°-! 19° et possède un pouvoir rotatoire gauche de —36", 7 (solution à 2,5 pour 100 dans le chloroforme). La seconde, \q faradiol., se caractérise par la présence de 2*' d'oxygène dans sa molécule, et vient se placer par l'ensemble de ses pro- priétés à côté de Varnidiol ( ' ). Préparation. — Contrairement à ce qui se passe avec la camomille et l'arnica, l'extrait pétrolique des fleurs ne donne que des résultats négatifs et il faut s'adresser à l'extrait alcoolique ; on constate la même particularité avec d'autres plantes de la (') T. Klobb, Comptes rendus, t. CXXXVIII, 1904, p. 768; t. C\L, igoS, p. 1700; Bulletin des Sciences pharmacologiques, t. IX, 1904, p. 196; Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXXIII, igoS, p. 1075. lOOO ACADÉMIE DES SCIENCES. même famille. Le procédé dont je me sers maintenant et qui est d'une application gé- nérale est le suivant : l'extrait alcoolique des fleurs est d'abord repris par l'eau, il se sépare des tanins oxydés visqueux qu'on redissout avec un peu d'ammoniaque, puis on épuise le tout à l'éther. Les solutions élhérées, d'un vert très foncé, sont distillées à sec et le nouvel extrait est saponifié par la potasse alcoolique; on chasse l'alcool, on re- prend par un grand excès d'eau et la liqueur savonneuse est elle-même épuisée à î'éllier. Celui-ci abandonne un produit jaune épais qui renferme généralement, outre le phytostérol, un carbure saturé (produit P). En appliquant ce procédé à diverses Synanlhérées (fleurs) j'ai trouvé dans Anlennaria dioïca àe faibles quantités d'un phylostérol encore indé- terminé, et dans Matricaria chamomilla des quantités plus notables d'un corps fondant vers i3o° et déviant à gauche; [a]u= — 29", 3 pour une so- lution à 4 pour 100 dans le chloroforme. Le Semen-conlra elSolidagovirga- aurea ont donné des résultats négatifs. Dans le cas du tussilage qui est plus compliqué le produit P renferme : i°un carbure saturé fondant vers 57°; 2° le phytostérol fondant à 127"; 3°lefaradiol qui fond à 209°-2ii°; 4" une substance jaune épaisse visqueuse qui accompagne les phytostérols dans toutes les plantes que j'ai examinées. J'exposerai dans un autre Recueil le procédé qui a servi à extraire de ce produit P le faradiol pur. Propriétés. — L'analyse du faradiol combinée avec celle de ses dérivées, ainsi que des déterminations cryoscopiques, conduit à la formule C30H50O2 (ou C''H"0^ ou C"li''^0'). Le faradiol cristallise dans l'alcool éthylique en gros prismes orlhorhombiques formés par les faces pm, toujours aplatis suivant la base p; l'angle mm qui est un peu variable (mesuré par M. Chevalier) est voisin de iiS"; ces tables renferment 1™"' d'al- cool de cristallisation. Dans l'acétone, le faradiol cristallise en tables rectangulaires allongées s'effleurissant à l'air. 11 fond à aog^-aii»; mais débarrassé d'alcool de cris- tallisation par une exposition suffisante à ii5°-i20°, il ne fond plus que vers 288°, sans doute par transformation avec un isomère plus stable. Il jouit du pouvoir rolaloire droit : on a trouvé [a]D==4- 45°, i dans l'acétone (i,25 pour 100; t — 20°) et -f-4i°,o dans le chloroforme (2 pour 100; t = 20°). La cryo>icopie dans l'acide acétique adonné (A =r o°,4a; concentration, 5,5 pour 100), M=:5i4; calculé pour C^Il^'O^ : M =442. Réactions colorées : 1° R. de Hesse- Salkowsky : les deux liquides deviennent roses avec fluorescence jaune vif; 2° R. de Liebermann : rouge vineux ou rouge groseille avec fluorescence verte. L'acétate C"H"0-(C2H'0)* paraît exister sous deux formes difi"érentes comme l'acétate d'ardiniol. Agrégats mamelonnés (dans CH'O) se changeant plus tard en cris- taux aplatis à contour hexagonal; point de fusion, i4o°-i45°. Pouvoir rolatoire, [«]d==-(- 63°, 6 (solution à 4 pour 100 dans le benzène). Cryoscopie dans le benzène : SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. looi I" A^i°,6; concentration, 10,4 pour 100; M=:48'^") 2" A=o°,6.JI; concentration, 7 pour 100; M = 529; calculé pour C'*H^'0' : 524- Le propionale cristallise en lamelles nacrées dans un mélange d'alcool absolu et d'éllier; il fond à iSS'-iSS". Son pouvoir rot a to ire [oc] 1,1=+ 62°. 3 (solution à 3 pour 100 dans le benzène). La phéiiyluréthane C^°n**0- (Co,.3o Acide phuilique. >o,3o Nitrate d'urée. . . 0.19 Phloriziiie 0,01 Chrysotile 0,01 Couleur suivant n„ corrPsponilariL •A une solulinn Couleur suivant n . du rolnianl au BleuAlre, presque incolore rôoTir environ 1 :i I) u 0 1 17000 1_ 400000 Ces résultais mollirent nettement que les diirérences d'absorption suivant les indices n„ et n^, augmentent avec la biréfringence ('). Les diflérenls faits qui viennent d'être considérés peuvent fournir de pré- cieuses indications sur l'état de la matière colorante dans les minéraux. Ainsi les cristaux peu biréfringents et très polychro'tques sont certaine- ment colorés par des malières à l'état de particules cristallines (^certaines apatites). MINÉRALOGIE. — Sur certaines lujauritcs du Pilandslterg {Transvaal). Note de M. H. -A. Broiwer, présentée par M. A. Lacroix. Des syénites néphéliniques abondent dans la région du Pilandsberg, au nord-est de Rustenburg, dont une description géologique sommaire a été donnée par M. Molengraaff (T?-ans. Cieol. Soc. S. Africa, t. VII], iqoj, p. i<)8). ]']lles sont caractérisées par beaucoup de minéraux rares (eudia- lyte, aslrophyllile, mosandrile et lavenite). Je ne m'occuperai dans cette Note que d'un type curieux de foyaïtes, les lujaurites, connues seulement jusqu'ici clans la presqu'île de Kola (Laponie) (W. R.\ms.sl.y et V. H.vcicMAKN, Fe/uiia, t. XI, n" 2, 1894), au Groenland (N.-V. Ussing) et comme faciès de variation des syénites néphéliniques des iles de Los (Guinée française) (A. L.\chojx, Comptes rendus, l. C.\LII, 1906, p. 681). (') Les fibres végétales et animales coloiées montrent la même relation que les cris- taux étudiés. Le caoutchouc devient biréfringeiU (|uand on l'élire et son poiychroïsme augmente avec la double réfraction. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 1007 Type 1. — Celle roche ressemble beaucoup à la lujauiile normale de la presqu'île de Kola, que j'ai pu examiner dans le laboratoire de M. A. Lacroix. Dans quelques échantillons, la néphéline et l'eudialyle sont imprégnées de calcite et ne peuvent être reconnues que grâce à leurs formes extérieures; la calcite accompagne l'analcime dans les cavités de la roche. D'autres sont caractérisés par une plus grande fraîcheur et par l'existence d'un minerai que je n'ai pu identifier avec aucune espèce connue. Il ressemble par sa couleur et son clivage parfait à l'astropliyUite; ses petits cristaux de quelques millimètres seulement sont allongés el aplatis. Au microscope, ils possèdent la biré- fringence et un pléochroïsme plus faible que la lâvenite (/(.,, jaune de paille, >np±n,„, jaune pâle à incolore). Le plan des axes optiques est parallèle au clivage h' { 100), la bis- sectrice aiguë est positive et les axes optiques Irèe rapprochés (aE.= 30° environ); /i^, est parallèle à l'allongement du cristal, la dispersion est forte. Les cristaux sont sou- vent maclés et ont une extinction atteignant 40". On voit certaines analogies entre cette substance et le minéral inconnu n° -2 de la roche de Lujaur Urt, décrite par M. Ramsay, mais le pléochroïsme est dilTérent ( /(^,, brun, >/(,„, jaune, ^ «p, jaune pâle). L'eudialyle, qui a marroscupiquement une couleur brun pâle, est transformée en catapléite, dont des sections hexagonales et presque isotropes sont perpendiculaires à la bissectrice aiguë positive avec deux axes très rapprochés. Les feldspalhs très aplatis appartiennent pour la plupart au microcline non qua- drillé, dans le(]uel les deux individus de la macle de l'albite sont enchevêtrés irrégu- lièienient ; ils présentent en outre la macle de Carisbad. En grande abondance existe un minéral qui englobe pœciliti(|uement les petits cristaux. d'a?gyrine el qui a tous les caractères de la pectolite {' ) ; il est incolore, très biréfringent et assez réfringent, avec deux clivages nets, par rapport auxquels l'extinc- tion est petite, jusqu'à 5°. Des sections, dans lesquelles ces deux clivages se coupent sous un angle d'à peu près 90°, sont perpendiculaires à la bissectrice aiguë positive avec deux axes assez rapprochés. Type 2. — Les roches de ce ty|)e forment des collines assez considérables sur la ferme Tusschenkorast (331) (voir Mol.^;^•(illAAF^•, loc. cit., qui a signalé déjà son analogie avec certaines roches du Groenland). C'est une lujaurite très riche en icgyrine (peu d'arf- vedsonite) et eudialyte, dans laquelle les feldspalhs, très aplatis el disposés parallèie- nienl, la néphéline brunâtre, l'eudialyle rouge carmin et un peu d'astrophyllite se détachent sur un fond de petites aiguilles d'a-gyrine, qui entoui-eiit tous les autres éléments. Les feldspalhs el la néiihéline sont très frais, l'eudialyle est automorphe et très pléochroïque, dans les teintes rose carmin et jaune rosaire; le centre des cristaux est transformé en catapléite. Les analyses suivantes, faites par M. F. Pisani, correspondent au type 1 (propriété Ledig, n" 744) et au type 2 (II). Je donne en outre les analyses (') J. -Francis Williams a décrit (Zeitsckr. f. Krist., t. XVIII, 1890, p. 386) une pectolite néogène, riche en raani;anèse, dans la syénile néphélinique de Magnel Cove (Arkansas). IO()8 ACADÉMIE DES SCIENCES. de certaines lujaiirites du Groi-nland (III, riche on œofyrine; IV, riche en eudialylc; m H. Rose^riîsck, Elemenlc, p. i2()}; de la presqu'île de Kola (V, riche en a^j^yrine, An^wundastschorr, LujaurUrt; w V. IIack- MANN, Ihdl. Comm. (îc'of. Finlande, n" !'>, hjo"), ji. ()5 ) cl des îles de Los (VI, schisteuse à cudialyle, in A. Lacuoix, loc. cil., i<)o6). I. II. m. iv. V. VI. SiO^ .02,35 .5 1,3.5 56,74 5 1,62 53,. "lo 57,95 TiO- 0,59 ■'•,75 » » o.Sfi 0,55 ZrO- 0,39 0,54 2,1 3 2,1 4 » I ; 57 Al-'O^*. i4,ii 11,45 i4,o2 i5,63 16,49 '3, 80 Fe^O'' 7; 9»^ 9>4o 10, 63 6,06 8,73 3,72 FeO 2,17 3,4i 1,71 4,98 1,4s 1,73 MnO 0,62 1,25 o,36 o,33 0,47 2,76 CaO 4,65 3,27 1,18 3,45 i,5o 1,43 MgO 0,66 0,54 liace trace i,o5 o,53 K-0 2,78 2,52 4,77 4,19 4,58 2,71 Na-0 9,30 10,80 9,02 10,09 9' 98 8,95 CO- 1 ,5o » » )i » o, 17 (Cl) H-0 3,20 3,20 3,4o 2,12 1,76 1,71 100, 3o 99,48 100,96 100,61 100,39 99,58 On voit les caractères communs à toutes ces roches : richesse en Fe-O' (et FeO, quand il y a de l'arfvedsonile) et absence presque complète de MgO. La richesse en CaO de mes roches s'explique surtout par la présence de la calcite. Dans le type 2, rabaissement de la teneur en APO' et l'augmentation en Fe-O^ est une conséquence de la richesse en aegyrine; la zircone se trouve dans l'eudialyte et la catapléite. BOTANIQUE. — Sur un nouvel hybride de greffe entre Aithêpine et Néflier. Note de M. Lucien Da.mei., présentée par M. Gaston Bonnier. On sait qu'au siècle dernier l'on a désigné sous le nom ^Vliybrides de greffe des êtres singuliers (jui oll'rent à des degrés divers un mélange des caractères du sujet et du greflon, comme cela a lieu chez les hybrides sexuels. On a décrit un certain nombre de ces formes qui rappellent jusqu'à un certain point d»s faits analogues rapportés par les agronomes de l'antiquité. Parmi elles, il faut citer l'Orange /iizarria, à fruit en partie orange et en partie citron, le Cylisus Adami el le Néllier de Bronvaux avec leur curieuse disjonction de caractères, le Poirier-Aubépine de Ville, le SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. 1009 Prunier panaché de M. Nomblot, le Poirier-Coignassier de Rennes, et ceux ({hI ont été obtenus dans la \igne ou les plantes herbacées. Dans ces dernières années, on a mis en doute l'existence même de ces êtres dont un certain nombre sont aujourd'hui passés dans les cultures, bien que leur origine ait été contrôlée par des personnes dignes de foi et que certains d'entre eux existent encore sur les greffes qui leur ont donné naissance. J'ai eu, le 7 septembre dernier, la bonne fortune de pouvoir examiner un nouvel hybride de greffe entre Aubé[)ine et Néllier, qui m'avait été signalé par M. C. Brun, de Saujon (Charente-Inférieure), en 1906. Cet examen a été fait en présence d'une Commission réunie sur ma demande, et composée de MM. le D'' Faneuil, maire de Saujon; Beuffeuil, pharmacien; C. Brun et Vinsonneau. Nous avons constaté ensemble les faits suivants : La greffe comprciul un sujet d'Aubépine normale, ainsi qu'en témoignent les rejetons de la base qui sont de l'Kpine blanche type. Ce sujet est très vieux, mais il est difficile d'en fixer l'âge. Ce qu'on peut diie, c'est (|u'il a au moins 40 ou .5oans. .\ i"',70 du sol, le tronc se divise en cinq branches qui ont été greffées en fente, il y a fort longtemps, avec un Néllier à gros fruits. Toutes ces greffes étaient réussies et elles ont, actuelle- ment encoie, conservé les caractères de la variété originelle. Mais, comme cela se passe souvent dans les greffes multiples sur un même sujet, l'une d'elles est restée chélive quand les quatre autres se sont développées normalement. Actuellement les greffons de trois de ces dernières greffes se dessèchent foitement par leurs extrémités, mais leur base, encore bien verte, est garnie de gros fruits. Le quatrième greffon, plus vigoureux et portant les plus beaux fruits, a été brisé par un coup de vent au mois de janvier dernier. Au niveau de sou bourrelet s'est développée, il y a 7 à 8 ans, une branche très curieuse. Le tronc de cette branche est d'abord unique, puis il se ramifie à o",! 5 envi- ron de son insertion. Une des ramifications qu'il porte est de l'Aubépine pure ; le reste est composé de deux formes hybrides, plus ou moins intermédiaires entre le Néflier et plus ou moins retombantes. L'une de ces formes a des feuilles entières, velues comme celles du Néflier, mais beaucoup plus petites ; elles mesurent 80""" de long sur 32""" de large, tandis que les feuilles correspoi;dantes des greffons ont 1 22™" sur j 1'"'". Elle porte des épines. Les fruits sont de petites nèfles allongées de taille légèrement supérieure au fruit de l'Au- bépine ; les sépales sont longs, dressés et serrés les uns contre les auties, de façon à cacher entièrement l'ombilic éttoit du fruit. L'autre forme est plus ^oisi^e de l'Epine blanche que du Néflier. Les feuilles, velues ainsi que les liges, sont découpées, mais moins que dans l'Aubépine. Les fruits rap- pellent ceux de l'Epine blanche, mais sont un peu plus gros ; ils poitent des sépale* courts et recourbés. Les uns ont la couleur de la nèfle et l'épiderme entièrement rugueux; les autres ont la couleur rouge atténuée du fruit de l'Aubépine et l'épiderme lOIO ACADEMIE DES SCIENCES. lisse. Dans certains fruits, ces caractères étaient plus ou moins fusionnés ; certaines parties brunes et les parties rougeàlres étaient réunies par une zone intermédiaire «le passage; un d'eux était plus curieux encore : il présentait les caractères de l'Aubépine sur les l de sa surface; le reste, de forme sectorijle, avait les caractères de la néde, et la séparation était nette et brusque entre ces deux parties du fruit. Au moment où nous avons constaté ces faits, on ne pouvait juger la nature des inflorescences et des fleurs. M. Brun, qui depuis 3 ans suit attentivement cette variation, a observé que les fleurs sont en corymbe et que, dans la forme voisine de l'Aubépine, elles ont la forme des fleurs d'h.pine blanche, mais sont plus grandes. Les fruits, solitaires le plus sou- vent et parfois groupés par deux, sont portés par des pédoncules irréguliers qui rappellent le corymbe floral et corroborent l'observation de M. Brun. Directeinenl opposée à la branche complexe qui vient d'être décrite, une seconde branche a pris naissance sur le bourrelet. Elle est actuellement âgée de 2 ans; elle a i'",2o environ de long et est dressée verticalement. Ses caractères sont ceux du Néflier, mais ses feuilles sont un peu plus petites que dans les grefTons et ses tiges sont épineuses. De ces faits on peut tirer les conclusions suivantes : Le iNéflier de Saujon vient s'ajouter à la liste déjà longue des hybrides de greffe anciens, à ceux que j'ai signalés dans les plantes herbacées ou qui ont été obtenus, par mes méthodes, dans la Vigne, par MM. Juric, Castel, Brun, Baco, etc., et dans la Pomme de terre par M. Hirche, en Allemagne. C'est l'un des exemples les plus complets qui aient été observés jusqu'ici; il confirme entièrement mes théories, car il est impossible, vu les circons- tances de sa production, de lui trouver une autre origine que la grelfe. Son développement sur une des greffes seulement est également con- forme à mes études sur le r(Me du bourrelet et sur la grande variabilité de greffes en apparence identiques. L'âge élevé des greffes de Saujon montre que, dans les greffes de certaines Rosacées, le facteur temps a une grande importance au point de vue de l'apparition des hybrides de greffes. Cela permet de comprendre la raison des essais infructueux qui ont été faits pour les reproduire en quelques années seulement. D'ailleurs, en Biologie, les faits positifs ne peuvent être infirmés par des faits négatifs ; quelque contraires qu'ils soient à une théorie, ils demandent une explication, et les «lier n'est pas une solution. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. TOI I PHYSIOLOGIE. — Su7' une anaéroxydase et une catalase du lait. Note de MM. F. Bordas et Toupi.aix, présentée par M. d'Arsonval. Nous avons exposé, dans une Note précédente sur les diastases du lait, que les réactions colorées généralement employées pour caractériser les prin- cipes oxydants qui existeraient dans le lait cru ne méritent pas toute la confiance que leur attribuent les nombreux auteurs qui se sont occupés de la question. Nous avions établi, par des expériences faites sur des laits de vache, qu'il n'était nullement nécessaire de recourir à l'hypothèse de ferments spéciaux pour expliquer les réactions colorées basées sur la décomposition de l'eau oxygénée. Dans une récente Noie sur la présence, dans le lait, dune anaéroxydase et d'une cata- lase, M. Sarthou, tout en reconnaissant, comme nous l'avions démontré, que la caséine, ou plus vraisemblablement le caséinate de chaux, décomposait l'eau oxygénée (et non oxydait la parapliénylénediamine, comme nous le fait dire l'auteur de la Note), affirme qu'il existe dans le lait une anaéroxydase soluble dans le lactosérum et dans l'eau, et une catalase insoluble. L'expérience de M. Sarthou consiste à laisser cailler spontanément du lait de vache cru à l'étuve à 3o° puis à filtrer sur du papier le coagulum et à fair<' agir le gaïacol, la paraphénylènediamine sur le lactosérum. M. Sarthou a obtenu dans ces conditions expérimentales des réactions colorées avec les réactifs ci-dessus et il conclut à la pré- sence d'une anaéroxydase dans le lait, anaéroxydase qui serait soliihle puisqu'elle passe dans le lactosérum. Cette expérience est loin d'être décisive, attendu qu'on sait que dans ces conditions le lactosérum contient toujours de la caséine en suspension qui passe à travers un filtre aussi grossier que le papier à filtrer. Si M. Sarthou avait filtré son lactosérum sur une bougie Chamberland par exemple, il aurait constaté comme nous que le lactosérum dans ces conditions ne donne plus la moindre trace de coloration avec le réactif de Storch. Nous avons répété ces expériences non seulement avec des laits entiers, mais encore avec des laits complètement écrémés: nous avons en outre opéré sur des laits caillés spontanément et aussi sur des laits coagulés artificiellement à l'aide de l'acide lactique, etc. Les résultats ont toujours été concordants. Quand à la présence de la catalase signalée par M. Sarthou, nous n'avons trouvé dans le Mémoire de l'auteur aucune preuve permettant d'admettre son existence. IOI2 ACADEMIE DES SCIENCES. Nous concluons donc en disant : 4 i" (^uo les réactions colorées <[ui se produisent dans le lait cru sous riniliiencc de la décomposition de l'eau oxygénée sont dues à la caséine (caséinale de chaux ) ; 2° Qu'il n'est pas démontré qu'il existe une anaéroxydase soluble et nue catalase insoluble dans le lait de vaclie. PHYSIOLOGIii PATHOLOGIQUE. — Éludes sur le cancer des Souris. Relations entre la greffe de tumeur, la gestation et la lactation. Notede MM. L.Ccéxoi et L. Mercier, présentée par M. Dastre. Lorsqu'on greffe sur Souris des fragments de tumeur 13, en vue d'établir des pourcentages de prise, il est recommandé d'opérer seulement sur des mâles, afin d'éviter l'erreur résultant de la présence de femelles pleines, celles-ci, en eflet, étant remarquablement réfractaires à la grell'e (Bridré, Borrel). Nous avons cherché à établir le déterminisme exact de cette immunité i^elative des Souris femelles. Une première série d'observations (I et II) nous permet de formuler les aphorismes suivants : 1° Une greffe mise en place avant la fécondation d'une femelle porte- greffe se développe pendant la gestation ; 2" La greffe développée dans les conditions ci-dessus régresse pendant la lactation. Obsen'ntion I. — Souris femi;lle inoculée le \'\ février. Celle Souris est accouplée le îS fé\'rier; le i8 mars elle esl clans un élal de geslalion avancé, el présente une tumeur flu volume d'une grosso noisette. Ponte le 2t mars de deux petits. (On sait que le port et l'allailemenl ont chacun une durée de 21 jours.) Le 5 avril la tuiueur est en pleine régression, son volume est celui d'un gros pois; la régression maiclie légulièrement et le 26 avril il n'y a plus trace de tumeur. Observation 11. — Souris femelle inoculée le 3o avril. Cette Souris est accouplée le 28 mai. Ne 7 juin la tumeur commence h pousser, le 18 elle atteint le volume d'une noisette. Ponle de quatre petits le 18 juin. Le 9 juillet la tumeur esl manifestement en régression, sa disparition est complète le 24 juillet. On ne peut, dans ces observations, regarder la régression comme banale SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 190g. ini3 et indéterminée, car on sait que les cas de régression spontanée de tumcnr B sont excessivement rares. Comment la lactation agit-elle? Les observations III et IV montrent que c'est par un phénomène très simple de compensation nutritive résultant do la concurrence vasculaire des glandes mammaires. En effet, quand la portée ne comprend qu'un |>etit, et (pic l'activité de la glande mammaire est par conséquent réduite au minimum, la tumeur ne régresse pas. De plus, la tumeur continue également à croître, même lorsqu'il y a plusieurs petits, quand elle a une situation telle que sa vascu- larisation est tout à fait indépendante de celle de la glande mammaire. Observation III. — Souris femelle qui présente le 14 juin une tumeur du volume d'une petite noix. Ponte le 18 juin : un pelit. I^e 7 juillet la Souris ineuil <\vec une énorme tumeur. Observation IV. — Souiis fL'inelle porteuse le 7 septembre d'une tumeur de la taille d'une lentille située sur la cuisse gauche. Ponte de trois petits le 7 septembre. Le 24 du même mois, la tumeur a atteint le volume dune petite noix. Les deux observations suivantes (V et VI) sont des corollaires des faits que nous venons d'établir. Elles ont trait à des greffes à poussée lente, restées à l'état latent pendant la grossesse, qui se réveillent et commencent à poussée seulement lorscpie la période de lactation est terminée. Observation \ . — Souris femelle inoculée pond le 3 septembre; on ne sent pas trace de tumeur à la palpation. Le 20 septembre, l'allaitement étant termiué, on commence à sentir nettement la tumeur, qui le 21 octobre a atteint le volume d'une noix. Observation VI. — Souris femelle inoculée pond le i3 juillet; ce jour elle ne pré- sente pas trace de poussée. La lactation cesse au début du mois d'aoïlt. Le 8 août on constate la présence d'une tumeur qui aUeint la taille d'une noisette le i4 août. Nous avons recherché dans trois cas si des Souris ayant résorbé leur tumeur à la suite de la lactation sont réfractaires à une nouvelle inocula- tion. Ces trois Souris n'ont pas pris la grelfe; malheureusement, ces observa- tions sont trop peu nombreuses pour permettre de dire que la résorpiioj^i confère l'immunité. En tout cas, les petits nés d'une mère dont la tumeur a régressé au cours de la lactation ne sont pas imiuuns; c'est ainsi que sur les quatre petits nés de la femelle, objet de l'observation II, deux se sont montrés sensibles à la grell'e. C. K., 1909, ;>' Semestre. {T. 149, N" 22.) l'J^ 10l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. MÉDECINE EXPÉRIMENTALE. — La transmission fie la paralysie infantile au chimpanzé. Note de MM. C. Levaditi et K. Lasdsteiner, présentée par M. E. Roux. Landsleiner et Popper (') ont prouvé les premiers, que la poliomyélite infectieuse de l'homme (paralysie infantile, maladie de Heine-Medin) est iransmissible aux singes cathariniens inférieurs. Ils ont inoculé dans le péritoine d'un Cjnoceplialus liaina- drias et d'un Macacus iliesus une émuision de moelle épiniére pro\enanl d'un enfant âgé de 9 ans, ayant succombé à la suite d'une poliomyélite typique. Après une incu- bation de 6 et de 17 jours, les deux singes montrèrent une paralysie localisée surtout aux membres postérieurs. La nécropsie révéla des lésions Indanimatoires et dégéoéralives intéressant la substance grise de la moelle et du cerveau. Les tenta- tives de passages restaient infructueuses. Ces données ont été confirmées par kuœpfel- macher (-) et par Flexner; ce dernier léussit à transmettre la maladie en série chez plusieurs singes. Enfin, Krause et Meinike (') aflirnient avoir provoqué des paralysies chez le lapin à la suite d'inoculations de suc de rate, de cerveau et de liquide céphalo-rachidien provenant de sujets atteints de poliomyélite infectieuse. Nous avons rêussià engendrer la poliomyélite typique chez un chimpanzé en lui inoculant dans le péritoine une émuision de moelle épiniére prélevée chez un enfant atteint de paralysie infantile, dont voici l'observation : Obse/i'ation. — L'enfant, âgé de i3 mois, entre à l'hùpilal le 5 novembre. Depuis 3 jours il montre une faiblesse des muscles de la nuque, tousse et est enroué. A l'exa- men on constate une respiration difficile, une paralysie des muscles du larynx et de la nuque, et une disparition du réllexe alidominal ; les réflexes rotuliens sont conservés. Le 6 novembre, dyspnée inspiraloire, disparition des réflexes rotuliens et faiblesse dans les mouvements des membres inférieurs. L'enfant succombe le 6 novembre et la nécropsie, pratiquée ((uelques heures après la mort, permet de constater des lésions typiques de poliomyélite. Des fragments de moelle dorsale el lombaire onl été placés à Vienne dans un mélange d'une partie de glycérine et de deux parties d'eau salée isoto- nique et envoyés à Paris le 8 novembre. Arrivés à l'Institut Pasteur, le 10 novembre (4 jours après la mort), bien conservés et stériles, ils ont été triturés dans 20'"'° d'eau salée et l'émulsion a été injectée, à la dose de 5""', dans le péritoine d'un chimpanzé femelle. (') LA^■USTEI^ER et Popi'EK, Zeilschr. fiir IniintiniUUsforschung, t. 1, 1909, p. 377. {-) kN<]i:pi-i;i.MA(:HKH, Medizin. Klinil., n" hh, 1909, p. 1671. (^) KiiAt'SK et Meimkk, Deutsche med. Il ot//., n" .'i2, 1909, p. iSe.j. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. IOI3 L'animal ne présenla aucun trouble apparent jusqu'au 16 novembre. On constate alors un léger abattement, mais pas de phénomènes paralytiques bien nets. Le 17, on le trouve couché, la tête penchée, la bouche ouverte-^ incapable de se déplacer, il fait des efforts inutiles pour se relever. A l'exa- men, on trouve une paralysie complète du pied droit et presque complète de la jambe gauche, avec abolition de la sensibilité. Les muscles abdomi- naux sont flasques, ceux de la nuque et du maxillaire inférieur nettement parésiés. L'animal meurt dans la nuit et la nécropsie est pratiquée le 18 no- vembre. Néciopsie. — Pas de lésions apparentes des or£;anes, sauf une dég(''nérescence du rein. La sul)slance grise de la moelle, dans toute son étendue, est plus molle et nette- ment hyperhémiée; on noie une hyperhémie manifesle des méninges cérébrales. Le liquide céplialo-rachidien, retiré par ponction de la dure-mére au niveau du bulbe, est trouble; il contient de nombreux lymphocytes. Examen microscopique. — Les lésions intéressent surtout la substance grise. Les vaisseaux sont entourés de plusieurs couches de cellules mononu- cléaires lymphocytes et gros macrophages. Au niveau des cornes antérieures on constate des nodules inflammatoires riches en globules blancs polynu- cléaires, en partie détruits. Dans la région lombaire il y a disparition presque complète des cellules nerveuses; réduites à l'état de vestiges, ces cellules sont fragmentées et dissociées par des leucocytes mous et polynu- cléaires. Les phénomènes de neuronopliagic sont des plus nets. En outre, on constate une infiltration des méninges séreuses par des lymphocytes mononucléaires et aussi des traînées inflammatoires périvasculaires le long des vaisseaux de la substance blanche. Ces lésions, qui occupent toute l'étendue de la moelle, sont plus accentuées dans les régions lombaire et cervicale. KUes sont moins prononcées dansl'écorce cérébrale. On ne révèle pas la présence de corpuscules de ÎVegris dans la corne d'Amon. Passages. — Avec une émulsion de moelle de notre chimpanzé, nous avons inoculé dans le cerveau et le péritoine deux Mac. cynomolgus. Les deux animaux se paralysèrent après une incubation de cinq jours. L'examen microscopique de la moelle lombaire nous a montré des lésions typiques de poliomyélite. CoNCLUsio>'S. — La paralysie infantile est transmissible au chimpanzé, la maladie apparaissant après une incubation de six à sept jours. Le virus paraît être assez- résistant, puisque, dans notre cas, il a conservé son activité quatre jours. Il est égalemeiit possible de transmettre la poliomyélite en série aux IOl(i ACADÉMIE DES SCIENCES. sinqes inférieura. L'agent palliogéne semble se loealiser de préférence dans les cellules nerveuses, dont il provoque la destruction ; ces cellules, une fois dégé- nérées, deviennent la proie des phagocytes, (pu achèvent leur anéanlissenwnl . Il Y a une analogie frappante entre les lésions de la poliomyélite expérimentale. et celle de la rage des rues. ZOOLOGIE. — Sur un Poisson parasite nouveau du ^enre Vandellia. Noie de M. Jacques Pei.leurix, présentée par \i. I^'clmond Perrier. Les Vandellia sont de petits Siluridés de rAniériqaedu Sud, extrêmement rares dans les collections et fort mal connus. Leurs mœurs sont des plus curieuses, ils paraissent vivre habituellement, suivant les uns, en commen- saux; suivant les autres, en parasites, sur les branchies d'autres grands Pois- sons également de la même famille, appartenant au genre Platystoma; c'est ce qui les a fait placer par A. Giinther dans une division spéciale, celle des Siluridés bianchicoles. D'après les dires des Indiens et des observations, qui semblent mériter certaine créance, faites au Brésil par des médecins amé- ricains et rapportées notamment par G. A. Boulenger (' ) et C. Jobert (-), ces Poissons s'attaqueraient même à l'homme; ils pourraient pénétrer dans l'urèthre des baigneurs où ils amèneraient des désordres graves, généra- lement suivis de mort. On n'a distingué jusqu'ici que deux espèces de Vandellia dont les types, d'ailleurs en assez mauvais étal, à cause de leui' ancienneté, se trouvent au Muséum d'Histoire naturelle de Paris : la Vandellia cirrhosa Cuvier et Valenciennes, décrit en i84<>, d'après des exemplaires envoyés par Vandelli, professeur de Lisbonne, à Lacépède en 1808, et la Vandellia /'/asûfj Caslelnau, recueilli par ce voyageur en iS/jG dans le lUo l cavale au Pérou et décrit par lui en i855. Un très beau spécimen capturé en 1881 par M. Cli. Wiener dans le Rio Napo (Equateur) me paraît devoir constituer le type d'une troisième espèce qui portera le nom de Vandellia Wieneri. En outre, son bon état de conser- vation et ses dimensions considérables pour le genre (92""" de longueur), m'ont permis de faire certaines remarques analomiques qui paraissent établir un parasitisme très avancé chez ce ourieux Poisson : (') Pr. Zool. Soc, London, 1897, p. goi. (*) Arch. l'arasitologie, 1898, p. /igS. SÉANCE UU 29 NOVEMBRE 1909. 1017 La bouclie esl petite, infère, apintie. La mâchoire supérieure esl très proéminente ; en avant se trouve une demi-couronne composée de neuf deuts aiguës, en forme de crochets, à pointe dirigée \ ers l'intérieur; ces dents sont normalement couchées, mais susceptibles d'un certain degré d'érection ; les médianes sont beaucoup plus longues que les latérales. En arrière des dents la cavité buccale antérieure esl tapissée de nom- breuses papilles, puis limitée en haut par un repli assez prononcé. Sur les côtés, les lèvres sont assez épaisses. La mâchoire inférieure fortement échancrée en son milieu est complètement dépourvue de dents: en arrière s'élève un vaste voile membraneux, percé en son centre d'une petite ouverture (]ui ne paraît pas accidentelle ; ce voile, en se rap- prochant du repli supérieur, ferme ainsi toute la partie antérieure de la cavité buccale; à l'état de repos il se rabat postérieurement. De chaque côté en arrière du dessus de la tète existe un groupe d'une quinzaine d'épines operculaires, placées sur quatre rangées; ces épines, très acérées et ressemblant tout à fait aux dents, oui la pointe dirigée en haut et en arrière. Au-dessous de la tête se trouve aussi, de chaque côté, un autre groupe d'épines interoperculaires, au nombre de sept ou huit, sur deux rangs. L'intestin est simple, sans circonvolutions. L'ensemble de ces divers appareils indique une grande spécialisation : les dents et les épines operculaires et interoperculaires permettent la fixation sur un hôte et l'érosion des téguments; la disposition de la cavité buccale semble destinée à faciliter l'ingurgitation des liquides sanguins épanchés des plaies ainsi obtenues. Au point de vue tavinomique voici en outre, en complétant ou en recti- fiant les diagnoses des types des formes déjà connues, les caractères diffé- rentiels des trois espèces que je crois devoir admettre dans le genre T^aiidellia : Hauteur du coips, 7 fois dans la longueur (sans la caudale). Barbillon faisant le l de la longueur de la tête. Pectorales plus courtes que la tète. Caudale fourchue, à lobes pointus F andellia II ieneri nov. sp. Hauteur du corps 9 fois ilans la longueur (sans la caudale). Barbillon faisant la moitié de la longueur de la tète. Pectorales plus longues que la téle. Caudale très légèrement échancrée. à lobes arrondis, égaux Vandellia cirrliosa C V. Hauteur du corps 12 fois dans la longueur (sans la caudale). Barbillon faisant moins de la moitié de la longueur de la tète. Pectorales aussi longues que la tête. Caudale échancrée, à lobes pointus Vandellia Plazai Casteinau. ZOOLOGIE. — Dispersion de (jitelques espèces appartenant à la faune marine des côtes de Mauritanie. Note de M. A. (iiuviii., présentée par M. Edmond Perrier. Si les côtes mauritaniennes ne semblent pas posséder une faune marine spéciale bien considérable, elles constituent, en revanche, comme un vaste IOl8 ACADÉMIE DES SCIENCES. réceptacle où viennent se rencontrer des espèces des mers les plus éloignées, et dont, seules, l'étude des courants et contre-courants qui se remarquent dans ces régions et celle des larves pélagiques de ces .espèces peuvent expli- quer la présence dans une zone, en réalité, assez limitée. On trouve en effet, dans tous les groupes zoologiques, des représentants, souvent nombreux, d'espèces appartenant plus spécialement, les unes à la faune de l'Atlantique Nord, d'autres à celle de la Méditerranée, d'autres encore à celle du Golfe de Guinée et d'autres, en lin, à la côte orientale de l'Amérique du Sud plus particulièrement. La présence d'animaux de grande taille et doués d'une puissance de nata- tion considérable, comme les Poissons, se comprend aisément ; mais il semble plus difficile d'expliquer la présence, en certains points de la côte, d'animaux tels que les Mollusques et les Ecliinodermes par exemple dont rhal)itat normal se trouve à des distances parfois très considérables. Il faut, en effet, que non seulement les larves pélagiques de ces espèces soient transportées par les courants et contre-courants, mais il faut aussi, et surtout, que les larves d'abord, les jeunes ensuite trouvent des conditions biologiques de température, de densités, etc., tout à fait favorables pour vivre d'abord et se multiplier ensuite. Nous n'avons que l'embarras du choix pour citer les espèces, avec les Poissons, provenant de mers très lointaines. Parmi les Poissons, les espèces médilerranéeniies sonl extrêmement nombreuses el, parmi les plus intéressantes au point de vue industriel, nous pouvons citer : la Sai- dinelle {Cliipea aurilaC V'.), V anchois {E ngraulis encrasicholu>i\^.), la Sole vulgaire {■Solea vitlgaris Quens.), le Germon Thynnits alalonga Gm., etc. etc. Le Merlus vulgaire {Merlucius vulgaris), qui n'avait jamais été signalé dans cette région, a été capturé en 1909 à la hauteur du cap Blanc, par des fonds de 80"' à 90'". D'autres genres, comme les Synaplura et les Cynoglossiis, dont deux es])èces sont très abondantes, appartiennent plutôt à la partie tropicale de l'Atlantique, etc., et enfin M. Pellegi'in a signalé dans mes récoltes une espèce de genre Platycc/ilialiis, considéré jusque-là comme scientifiquement inconnu dans l'Atlantique. Pour les Mollusques, environ 4^5 pour 100 des espèces recueillies sur la côte mauritanienne appartiennent à la faune normale de la côte orientale de l'Amérique du Sud. Pour les Echinodermes, l'élude de nos collections a montré que, parmi quelques espèces spéciales à la région et décrites par MM. Kœhler et Vaney sous les noms de Patiria rosea, P. pulla, Hololliuria arguinensis, etc., d'autres appartiennent à la faune orientale américaine, comme par exemple : Asterina marginata M. Tr. du Brésil, Cldaris tribidoides du Brésil, des Antilles et de la Floride, et surtout deux espèces": Astropccten duplicatas Gr. et Liiidia alternata Say ([ui n'étaient connues jusqu'ici que des Antilles et des côtes du Mexique. SÉANCE UU 29 NOVEMBRE 1909. lOig Nous poumons multiplier ces exemples, dans d'autres groupes, mais nous pensons que ceux-là peuvent suffire. Quant à la faune terrestre de la Mauritanie occidentale, nous pouvons dire, sans insister autrement, qu'elle est également formée, presque entièrement, d'espèces appartenant à des régions très éloignées, les unes circa-méditerranéennes, les autres sud-marocaines ou sud-algériennes; d'autres à la faune du Sénégal, de la Guinée, du Tchad, du Congo, etc., et même à la côte orientale d'Afrique. GÉOLOGIE. — Sur les plissements souterrains\du Gault dans le bassin de Paris. Note de M. Paul Lemoine, présentée par M. Michel Lévy. Les études que j'ai entreprises pour le Service de la Carte géologique (revision de la feuille de Neufchâtel) m'ont amené à étudier le rôle de l'ac- cident du Pays de Bray et de ses annexes dans le bassin de l'aris. .l'ai déjà montré ( ' ) que l'un des plis secondaires, le synclinal de l'Yères, disparaissait entre la côte de la Manche, à (^riel, où il ailecte le Sénonien, et Foucarmont, où il affecterait, s'il existait, le Turoiiien. J'ai été ainsi amené à me demander si les dilîérents étages de la craie étaient alTectés de la même manière par les plissements, et j'ai alors cherché à me rendre compte de l'allure souter- raine du Gault. On sait que !e Gault corislilue avec les Sables veits 1 étage albien du Crétacé; il emprisonne une nappe d'eau captive que vont rechercher les puils artésiens; ceux-ci sont devenus assez nombreux pour fournir des renseignements malheureusement très disséminés et incomplètement publiés (|ue j'ai essayé de condenseï'. J'ai calculé l'altitude à laquelle ont rencontré le Gault les forages qui, à ma connaissance, l'ont atteint. Réparties sur une carte et sur des profils (^) ces données montrent (jue les points où le Gault est le plus bas sont précisément ceux où les soigneuses éludes de M. Dollfus (') (') Pai;i. Lemoine, Sur l'extension de la craie marneuse aux environs de Foucar- mont {Comptes rendus, 2^ mai 1909). -) Sur ces profils, l'échelle des hauteurs a été considérablement augmentée (env. 100 fois) de façon à mettre en évidence les plis de la craie. Je montrerai ulté- rieurement quelle est la valeur réelle de ces plis du bassin de Paris. (') G. -F. Dollfus, Recherches sur les ondulations des couches tertiaires dans le bassin' de Paris (Pull. Sen-. Carte géol. Fr., t. Il, 1890-1891, n° 14-, juillet 1890, 69 pages, i carte hors texte à j~,^). I020 ACADEMIE DES SCIENCES. #■ A 1.;. ,, -„,- f> 'l 1 5^ ^ ,IU -'J>* S ç ^ 4 ^ ^ 1 ^ 1 5 Sî «Cl 4 "Q ? SÉANCE DU 29 NOVEMBRE 1909. I021 sur la craie montraient l'existence des lignes synclinales les plus nettes. Le contraire eiH d'ailleurs été surprenant. Au premier coup d'œil jeté sur les profils, on constate que les plis affec- tant le Gault sont beaucoup plus accentués que ceux affectant la craie. Etant donnés le caractère des dépôts du Gault et l'importance des plis, il est impossible, pour expliquer ceux-ci, d'invo([uer des différences de niveau dans le fond sous-marin à Tépoque albienne (ces différences de niveau sont réelles, mais certainement pas de cet ordre). La différence qui existe entre l'intensité des plis de l'Albien et du Séno- nien iinpli(jue donc des mouvements du sol produits entre l'Albien et le Sénonien. Or, comme on peut démontrer làge post-sénonien de ces plisse- ments, on a ainsi une nouvelle confirmation de la notion de la continuité du plissement dans le bassin de Paris, due à Marcel Bertrand. Cette même différence d'intensité implique des variations d'épaisseur des couches crétacées dans les divers points du bassin de Paris; l'épaisseur des dépôts est ainsi proportionnelle aux mouvements de descente des syncli- naux. Mais il me parait difficile de savoir lequel de ces phénomènes est la cause de l'autre. L'étude des dépôts crétacés confirme donc les conclusions auxquelles Munier-Chalmas était arrivé par l'analyse des dépôts barto- niens; il est intéressant de les voir s'appliquer pour des époques beaucoup plus longues et pour des sédiments beaucoup plus épais. Enfin on remarquera, entre autres choses curieuses, la rapidité avec laquelle disparait, à hauteur de Dieppe, le dôme anticlinal du Bray, si accentué sur les autres profils. En dehors de ces considérations théoriques, on est amené à plusieurs conclusions pratiques. A défaut de cartes représentant les courbes de niveau du Gault, qu'il est prématuré de construire, ces profils permettent d'avoir des données sur les chances qui existent, dans divers points du bassin de Paris, de trouver les eaux artésiennes et sur l'altitude à laquelle elles peuvent monter. C'est évidemment dans les synclinaux que ces chances sont maxima. Par contre, les sondages de recherche du tréfonds du bassin devraient être placés sur les anticlinaux; là, en effet, non seulement le son- dage commence dans des couches plus anciennes, mais l'épaisseur à traverser de chaque série de couches sera moindre que dans les syn- clinaux. C. R., 1909,2" Semestre. (T. 149, N° 22.) l36 I022 ACADEMIE DES SCIENCES. GÉOLOGIE. — Sur l'origine de la plaine des Rocailles (Haute-Savoie). Noie de M. André Delebecque, présentée par M. Michel Lévy. La plaine des Rocailles, bien décrite par Alphonse Favre dans ses Re- cherches géologiques en Savoie, constitue une traînée de blocs erratiques urgoniens, en forme d'arc de cercle, partant de Saint-Pierre-de-Rumilly, exactement au débouché de la vallée du Borne dans celle de l'Arve, pour se terminer au hameau de Findrol, un peu au sud de Bonne-sur-Menoge. Sa longueur est d'environ i5'"" et sa largeur atteint en certains points S""", >. Son altitude est sensiblement comprise entre les limites 420 et 55o. Les auteurs qui se sont occupés de cette intéressante t'orniation, frappés de ce fait qu'elle s'amorce à la vallée du Borne, ont cru, en général, y recon- naître une moraine de l'ancien glacier de cette vallée. Mais cette opinion, tout au moins sous la forme simple où elle est ainsi présentée, ne me paraît pas soutenable pour les raisons suivantes : 1° Les inaléiianx de la plaine des Rocailles apparlienneiit presque exclusivement à l'étage urgonien, exceptionnellement peut-être à l'étage néocomien. Or, bien que ces deux étages soient prédominants dans la vallée du t5orne, cependant d'autres étages, tels que le jurassique supérieur, le crétacé supérieur, le llyscli, y sont représentés et l'on n'en trouve pas trace dans la plaine des Rocailles. 2° Ces matériaux sont constitués par des blocs de dimensions très variables, mais qui atteignent souvent des proportions très considérables. Un grand nombre d'entre eux ont plusieurs milliers de mètres cubes. On renconlie bien ailleurs des blocs gla- ciaires de dimensions analogues, mais ils sont isolés et existent, pour ainsi dire, à l'étal sporadique. Nulle part ailleurs, les formations glaciaires ne présentent de pareilles masses accumulées sur un espace aussi restreint. 3° Si l'on examine les moraines authentiques de l'ancien glacier du Borne, soit dans la vallée même du Borne, soit au débouché de celte vallée dans celle de l'Arve, on constate facilement qu'elles ont des caractères tout diflérenlB des dépôts de la plaine des Rocailles. Il serait assez tentant de supposer qu'il s'agit là d'une formation en place, démantelée, dans le genre de celles de Montpellier-le-Vieux ou du Bois-de- Paiolive, et noyée partiellement dans les dépôts glaciaires. Mais cette hypo- thèse, à laquelle se range la Carte géologique (feuille d'Annecy), en ce qui concerne l'énorme bloc du château de Pierre, près Findrol, doit être écartée. Car au débouché même de la vallée du Borne, près du hameau de Crédoz, une très belle coupe montre nettement les blocs urgoniens superposés à la moraine latérale de l'ancien glacier du Borne. I^a plaine des Rocailles est donc une formation erratique, reposant à son origine sur les dépôts gla- ciaires du Borne, et plus loin sur ceux du glacier de l'Arve. SÉANCE DU 29 NOVEMBRE I909. I023 Si l'on regarde un peu attentivement la plaine des Rocailles, on est amené à reconnaître qu'elle présente tous les caractères de gigantesques éboulis (matériaux de même nature, énormes quartiers de rocs anguleux, absence de stries glaciaires et de polissage). Mais la situation topographique de ces éboulis, au milieu d'une large vallée et à plusieurs kilomètres de versants montagneux, dont, manifestement, ils ne peuvent provenir, est tout à fait incompréhensible. En réunissant toutes les observations exposées ci-dessus, on est conduit à admettre que les éboulis qui constituent la plaine des Rocailles proviennent des versants urgoniens de la vallée du Borne et qu'ils sont tombés pendant que celle-ci était occupée par un glacier. Ce dernier, relayé par le glacier de l'Arve, les a transportés jusqu'à une distance de iS""" de l'extrémité de la dite vallée et les a déposés sur d'autres formations glaciaires plus anciennes. Le fait qu'ils ne sont ni polis, ni striés, alors que les blocs glaciaires se polissent et se strient très facilement, et qu'ils ont conservé leur forme anguleuse, montre bien d'ailleurs qu'ils ont été transportés à l'étal de moraine superficielle. Il serait intéressant de pouvoir retrouver dans la vallée du Borne l'ori- gine des éboulis en question, mais, en raison de l'époijue éloignée à laquelle ils se sont produits, toute trace en est vraisemblablement oblitérée. En Ions cas, je n'ai pu en découvrir. GÉOLOGIE. — Rôle des dislocations les plus récentes (post-oiiocènes) lors du séisme du 1 1 Juin 1909. Note de M. Iîépelin, présentée par M. Michel Lévy. « Les nombreuses observations publiées et inédites (') sur le tremblement de terre des Bouches-du-Rhône (11 juin 1909) nous ont permis de faire quelques remarques intéressantes au sujet de la recherche de l'épicentre (ligne épicentrale ou région épicentrale). Elles font ressortir le rôle joué par les dislocations les plus récentes (post-miocènes). Lorsqu'on met en regard le tracé de ces failles et celui des directions d'ébranlement indiquées comme certaines dans le Rapport rédigé par M. le professeur Bourget et publié par le Bulletin de la Commission météorologique des Bouches-du- Rhône, on est immédiatement frappé de ce fait que les directions de la (') Quelques-unes de ces observations seront consignées dans une Note en collabo- lalion avec M. Laurent, qui paraîtra dans un autre Recueil. • I024 ACADÉMIE DES SCIENCES. secousse semblent partir en rayonnant d'une région comprise entre Venelles et Saint-Cannal; or cette région se trouve justement coupée par une faille postérieure au Miocène. L'existence de cette faille n'a pas été connue de M. Lemoine qui eût facilement trouvé là l'explication du diverticule un peu anormal que présente au sud de la Trevaresse la courbe sismique ([u'il a cru pouvoir donner ( ' ). Tout le inonde a été frappé de ce fait (jue la zone de secousses violentes (types VII et VIII de Mercalli) s'est étendue davantage vers l'Ouest que vers l'Est à partir de la région la plus ébranlée. L'existence de la faille post-miocène qui s'étend entre Lambesc et Pélissanne (et non entre Lambesc et Rognes) et dont la direction rencontre Salon peut expliquer rationnelle- ment ce fait. Enfin cbacuii a remarqué que l'ébranlement paraît s'être propagé avec plus d'intensité dans certaines directions telles que la ligne Eguilles-Aix. Le triste privilège de ces localités s'explique encore par la présence d'une dis- location postérieure au Miocène supérieur qui, partant des environs d'Eguilles, s'étend vers le Sud-Est jusqu'à Aix et au delà. De ces différentes remarques il résulte qu'en l'état actuel de nos connais- sances, il est naturel de fixer comme emplacement de la région épicentrale la partie de la Trevaresse entre A'enelles et Saint-Cannal qui est traversée par une faille post-miocène. Le tremblement de terre de Provence peut donc bien, comme l'ont admis la plupart des géologues, être classé parmi les séismes à caractères tectoniques. En ce qui concerne l'origine du mouvement, les observations (celles de M.Fabryen particulier) montrent qu'elle doit être cherchée en profondeur, et dès lors il est intéressant de remarquer que la région que nous considé- rons comme épicentrale correspond en profondeur à la rencontre des plis de La Fare et de Lambesc, d'une part, de Sainte-Victoire et de Goncors, d'autre part. Ces plis sont absolument indépendants les uns des autres et leur ligne de jonction est par conséquent une zone de complication tecto- nique maxiraa, une zone faible prédestinée, soulignée par l'éruption de Beaulieu. La séance est levée à 4 heures et demie. G. D. {') Ridletin de la Société philoDiaUiique de Paris, io° série, I. 1. ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 6 DÉCEMBRE 1909. PRÉSIDENCE DE M. BOUCHARD. MODIFICATION AU RÈGLEMENT. M. le Ministre de l'Instruction purliql'e adresse amplialion d'un Décret augmentant le nombre des Associés étrangers de l'Académie des Sciences. Il est donné lecture de ce Décret : Décret augmentant le nombre des Associés étrangers de r Académie des Sciences. Le Président de la République française, Sur le Rapport du Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts; vu la loi du 3 brumaire an IV; vu l'arrêté consulaire du 3 pluviôse an XI et l'ordonnance du 21 mars i8i(); vu le règlement de l'Académie des Sciences; vu le procès-verbal de la séance tenue, le i5 novembre 1909, par ladite Académie, Décrète : Article rREMiEK. — Le nombre des Associés étrangers de l'Académie des Sciences de rinstitul de France est porté de iuiit à douze. Akt. 2. — Le Ministre de rinslruclion publique et des Beaux-Arts est chargé de l'exécution du présent arièté. Fait à Paris, le ["'décembre 1909, A. Fallièkes. Par le Président de la République : Le Ministre de l' Instruction publique et des Beaux- Arts. Gaston Doi iMEiiGrE. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N« 23.) l3'7 I026 ACADÉMIE DES SCIENCES. MÉMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS DKS MKMBRES ET DES CORKESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Pkésioent annonce à l'Académie qu'une souscription est ouverte dans le but d'élever un monument à Pierre-Simon La.pla.ce, qui vit le jour à Beaumont-en-Auge, le 22 mars 17/19 et y fut élève de l'Ecole militaire. Un Comité d'initiative s'est formé dans ce buta Beaumont-en-Auge et un autre à Paris, sous la présidence de M. H. Poincaré. L'Académie s'associe à l'hommage qui va être rendu à Laplace. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les courhes tracées sur les surfaces algébriques. Note de M. H. Poi.\«;aré. On sait que MM. Knriques, Castelnuovo et Severi ont récemment mis en évidence la relation qui existe entre le nombre des intégrales de dilléren- lielles totales de première espèce attachées à une surface algébrique et les systèmes continus non linéaires de courbes algébriques que l'on peut tracer sur cette surface, et que ce résultat a renouvelé diverses parties de la théorie des surfaces algébriques. J'ai cherché à retrouver ce théorème par une autre voie, en nie |)laçaiil au point de vue transcendant, et j'ai été conduit ainsi à quelques con- séquences dignes d'être signalées. Considérons les sections planes de la surface y=o qui est de degré n par les plans y = const. ; soit/? le genre de ces sections planes que j'appel- lerai les courbes K. Soient (i) ",. «2, — '/,, p intégrales abéliennes de première espèce attachées à la courbe K ; on aura r R, dx où R, est un polynôme entier d'ordre « -- 3 en ^ et z, s'annulant aux points doubles de K. B,- dépend de j, ou, si l'on adopte les coordonnées homo- gènes x,Y, z, t de j' et de t, ce sera alors une fonction rationnelle homogène SÉANCE DU (i DÉCEMBRE I909. I027 d'ordre n — -i en .c, v, z,l. Le choix des fonctions rationnelles R,- peut se faire d'une inlinité de juanières. Nous dirons qu'une valeur de j' ou de - est critique de la première sorte pour M, si, pour cette valeur, la forme bilinéaire classique formée avec les parties réelles et imaginaires des périodes s'annule. Dans ce cas R,- s'annule identiquement pour cette valeur de r. Il peut arriver exceptionnellement (pai' exemple s'il y a un point conique) que R, s'annule identiquement sans (jue notre forme bilinéaire s'annule. On a alors une valeur critique apparente par opposition aux valeurs critiques effectives. Les valeurs critiques de la seconde sorte seront celles pour lesquelles R,; devient infini. La condition pour qu'il existe des intégrales de dillérentielles totales de première espèce, c'est qu'on puisse choisir les fonctions R, de telle façon qu'il y ait une ou plusieurs intégrales m, dépourvues de valeurs critiques. Le nombre des intégrales de diflérentielles totales de première espèce se trouve ainsi rattaché à la dillérence entre le genre p des sections planes K et le nombre des surfaces d'ordre // — 3 que l'on peut mener par la courbe double de la surface. Considérons une courbe algébrique quelconque (> tracée sur la surface et supposons que cette courbe algébrique rencontre les sections planes K. en m points variables. Faisons la somme des valeurs de//, pour ces m points, et soit Vi cette somme ; ce sera évidemment une fonction de j', de sorte que la courbe C se trouve caractérisée par/j fonctions de y : Ij'étude analytique de ces fonctions permet d'abord de démontrer le théorème de MM. lùiriques, Castelnuovo et Severi; elle conduit ensuite à une classification des courbes tracées sur une surface algébrique; on voit que toutes ces courbes peuvent se déduire par une construction simple d'un nombre fini de courbes que l'on peut appeler courbes primitives. Pour une surface du troisième ordre, par exemple, il y a six courbes [)rimitives qui sont (j des 27 droites. Suivant le nombre des valeurs ciiticjues, on peut déterminer le nombre des courbes primitives ou seulement un maximura de ce nombre. Pour l'étude des systèmes linéaires, il conviendrait d'adjoindre aux inté- grales Ui un certain nombre d'intégrales de troisième espèce et de se servir des procédés analytiques employés par Clebsch et Gordan à propos de ce qu'ils appellent das enveilerte Umkehrprobtem. I028 ACADÉMIE DES SCIENCES. En présentant à l'Académie le Traité d'hygiène de l'Enfance du D"" Va- riot, après avoir fait Téloge de cet Ouvrage et de l'Institution des Goultes de lait, des Consultations de nourrissons et des Mutualités maternelles, toutes nées dans notre pays, M. A. (iautier ajoute : J'attirerai l'attention sur un résultat inattendu. Une pratique, fondée sur plusieurs milliers d'observations déjeunes enfants, a conduit M. Yariot à affirmer que le surcliaufîage du lait à io8°-iio°, destiné à le stériliser, est un grand progrès pour sa digestihilité et son assimilation par l'intestin du nourrisson. Le lait de vache ainsi préparé, soumis à l'action de la caséase ou lab-ferment, donne des caillots mous, difluents, comparables, pour leur état physique et leur digestihilité, à ceux du lait de femme. Quoique son usage très longtemps prolongé présente certains désavantages (constipa- tion, bouffissure), le lait de vache ainsi stérilisé est généralement plus favo- rable à l'élevage que le lait cru correspondant, si difficile à obtenir stérile , sans chauffage ou soumis à des agents chimiques. Cette remarque impor- tante est conforme aux observations de Weber, Wassilief, Triboulet, Lassa- blière, etc. Elle montre que le nourrisson est le meilleur réactif de la valeur nutritive du lait, et qu'il aura toujours à cet égard raison sur le théoricien, l'industriel ou le chimiste. Il est certain que le lait stérilisé à io8° sauve aujourd'hui une multitude d'enfants privés malheureusement du lait de leur mère. Puisque la natalité s'abaisse de jour en jour dans notre pays, le bel Ou- vrage que je présente aujourd'hui à l'Académie, et qui résume plus de 20 ans d'observation et de pratique, vient bien à son heure. M. J. Cakpentier présente à l'Académie plusieurs modèles d'un haro- mètre isotherme du marquis de Montrichard. Qu'on prenne un flacon rempli d'air; qu'on le ferme par un bouchon au travers duquel passe un tube de verre, de petit diamètre, ouvert à ses deux extrémités; qu'on introduise dans ce tube un index formé d'une courte colonne de liquide coloré, séparant de l'atmosphère la masse d'air contenue dans le flacon, et l'on aura constitué un baromètre, dans lequel on verra les variations de la pression atmosphérique, contractant et dilatant la masse d'air isolée, se traduire par des mouvements de l'index dans le tube. xVIais ce baromètre, non insensible aux variations de la température, ne donnera d'indications exclusivement relatives à la pression atmosphé- SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. IO29 rique, que si la masse d'air active y est complètement soustraite à toute communication calorifique avec l'extérieur. Pour réaliser cette dernière condition, M. de Montrichard a eu l'idée de recourir aux récipients thermo-isolateurs imaginés, il y a plus de 20 ans, par le D"' d'Arsonval et perfectionnés depuis par le physicien anglais Dewar, récipients en verre à deux enveloppes, entre lesquelles est fait le vide et dont les surfaces en regard sont argentées. Parmi les modèles apportés à la séance, trois, constitués comme il vient d'être dit, ont pour réservoirs de petits récipients Dewar et comportent chacun un tuho vertical d'assez grande hauteur, muni d'une règle divisée. Un quatrième modèle, dont le dispositif a été suggéré par .VI. Carpcntier, se présente sous la forme compacte qu'affectent les baromètres anéroïdes que tout le monde connaît. Il est fait pour se poser horizontalement. Le l)oisseau cylindrique bas formant Tcnveloppe est fermé en dessus par une vitre ; au-dessous de cette vitre, un cadran blanchi sépare l'appareil en deux compartiments. Dans le compartiment inférieur, le réservoir thermo- isolateur est logea plat. Sur le cadran de l'appareil, sous la protection de la vitre, repose un tube de verre, façonné en spirale, communiquant avec le réservoir d'air. Des divisions tracées sur le cadran le long du tube per- mettent de repérer la position qu'y occupe un index coloré et de faire les mesures. Le baromètre à air est d'une sensibilité théoriquement illimitée, puisque celle-ci ne dépend (jue du rapport entre la capacité du réservoir d'air et le volume de l'unité de longueur du tube. En pratique, la viscosité du liquide constituant l'index, son frottement sur les parois du tube, l'influence de la capillarité, différente suivant que l'index chemine sur des parties déjà lo3o ACADÉMIE DES SCIENCES. mouillées ou non encore mouillées, sont autant de facteurs qui prennent d'autant plus d'importance que la sensibilité est poussée plus loin et qui interdisent l'exagération. Le modèle à spirale, présenté à la séance, accuse un déplacement de l'index d'environ 5""" pour une différence de niveau de i"". L'imperméabilité des récipients Dewar à la chaleur n'est pas absolue et le baromètre de M. de Montrichard, utilisé comme il a été dit, ne convient bien que pour des observations de durée modérée. Mais l'inventeur a eu tout dernièrement une idée, aussi ingénieuse que simple, qui permet d'exalter à un haut degré l'insensibilité calorifique de son instrument. Cette idée consiste à déposer à l'intérieur du récipient Dewar quelques grammes de glace fondante. Cette glace, absorbant toute la chaleur qui réussit à traverser les parois du réservoir isolateur ou à péné- trer par le bouchon, suffit pour maintenir pendant des journées entières à zéro degré la température de la masse d'air active. Si le réservoir d'air du baromètre est formé d'une ampoule indépendante du récipient Dewar et simplement introduite dans sa cavité, la glace fondante de protection peut être renouvelée à volonté et les conditions d'observation peuvent être main- tenues dans une identité Indéfinie ou reproduites rigoureusement à des intervalles de temps quelconques. GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur les surfaces telles que les tangentes à une série de lignes de courbure touchent une quadrique. Note de M. C. GuiCIIARD. Soit S une surface cherchée; rapportons-la à ses lignes de courbure et supposons que, lorsque u varie seul, la tangente G de S touche la qua- drique i) dont l'équation est Si l'on considère une congruence parallèle à (C), «on premier l'éseau focal (M) sera un réseau O; le second (R) sera parallèle à un réseau de (Q). Si l'on connaissait un tel réseau R, on reviendrait facilement à la qua- drique Q et à la surface S. Il suffit donc d'étudier ces réseaux (M). Je dési-. gnerai par a?,, x^, x^ les coordonnées de M ; par y,, y.-,, v-^ celles de R; par 2,, îo, 3., celles du point A où la normale en M touche la développée de (M) SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. Io3l quand u varie seul ; enfin par a, «2 «3 P, p2 (3, yi 7"- 73 le déterminant O de la surface (M) et par a, /*, m^ n les rotations de ce déterminant. Cela posé, je rappelle que, si une droite H dont les paramètres directeurs sont X,, Xj, X3 décrit une congruence dont le second réseau focal est O, X|, X^,, X3 sont solutions d'une équation de la forme ou dv h Ov Ou 1 dl âX t Oi' Ov et l'on a, en choisissant convenablement la variable t». Par une bouiographie, on en déduit que, si le second réseau focal de la congruence (H) est parallèle à un réseau de la quadriqueQ, on a Appliquons ce résultat à la droite MU dont les cosinus directeurs p,, p^, {^3 satisfont à l'équation du dv II du dv on devra avoir --f- +/««i3; C'est en somme l'équation du {)roblème. Nous allons en déduire une pro- priété géométrique du réseau A. De l'équation ( • ) et de l'équation on déduit, en supposant 0 constant, (i+/)-cos=9)i3;+ (1 +7=cos'-5)(3^-4-(35=:/«-cos-Ô-H sin=9. La congruence (MR) estdonc3C, les coordonnées complémentaires étant />cos6!3, et qco?,H^.,. Le réseau (A) qui correspond à la congruence (MR) par orthogonalité des éléments est aussi 3C. On peut encore dire que la droite M'R', dont les paramètres directeurs X',, X!,, X., sont X| — y'.i -l-/>=Cos-ÔP,, X'jn; VI -H^'cos'-'e j3', Xj^^j, io32 ACADÉMIE DES SCIENCES. décrit une con^ruence C. La droite M'R' correspond par ortliogonalité des éléments à un réseau A' dont les coordonnées Z,, Z^,, Z^ sont (3) z: y/ I -l-yj2 COS-6 Z' 7= z, Zi=Z, q^ cos'' donc, par les homographies (3) /e réseau devient un réseau C. Considérons un réseau O, harmonique à une congruence M'R'; les réseaux (M') et (R') étant parallèles à des réseaux tracés sur une qua- drique, on voit que ce réseau est associé à un réseau de l'espace à quatre dimensions; les deux réseaux associés ayant deux coordonnées proportion- nelles. Si le ds'- du premier réseau est de la forme /t^(ia'-+ l^di'\ celui d'un réseau associé est Ici les fonctions U et V se réduisent à des constantes distinctes; il en sera de même de tous les réseaux associés que nous rencontrerons dans cette Note. Formons les déterminants orthogonaux qui correspondent à ces réseaux ; soient «l a., (Z;, (3, ?. P:. 7i y-i 7-. ces déterminants; n, /y, //z, n les rotations du premier; cm, f\ gco, A-; toni, —n celles du second. ( )n aura ■'•l J-2 •'■:. •î"l .Y' .r-2 Jr. yi 4i 1. ?3 ?'. Tl, r). ■0:, '''i; (4) 1 22=QP2, 0, = '.)P-/i, (K) (F) On voit tout de suite que les points K et 1^", qui ont pour coordonnées P3 43' '^. 7i 7-2 73 fia 4- '-Oi ■Oa - irii ■03+ '■''Il sont les foyers d'une congruence; les réseaux E et F sont parallèles à des réseaux d'une quadrique; par une homographie, on ramène la con- gruence EF à une congruence telle que la congruence MR. SÉANCE DU G DÉCEMËRË 19Ô9. îo33 D'après la théorie générale 011 pourra former une série de déterminants d'ordre cinq : x\ x', . ■ ^3 y\ y, ■ • • j'i ^1 3j z-o r, ^1 ■ ■ ti ■ti\ ■n\ . .. -05 ayant pour rotations y/tosinÔe ^''^sinô^ 0)Cos9« (o//i ^/r.j^ cos^ô -t- sin^9 yw''' cos^& + sin^C/ ^&)- cos-ô -h sin-9 yw- cos'ô -f- sin*5 s/ I . ,. ' ■ û/ / û v^w2cos-9+ sin^e sm9/, ^=:Sin9A, bcostt, «. V'jj On peut former facilement les deux premières colonnes de ce déterminant; en particulier on a Pi et Qi étant des constantes qui dépendent de 0. Transformations (lu problcine. — 1. Si l'on applique la tiaiisforiuation par inversion {Déformation des quadriques, § 18) en prenant poui' q soit une combinaison isotrope de $., et ^,, soit une combinaison isotrope de ^!,, Ç'^ et ^,., on obtient des syslèmes ayant les mêmes propriétés (pie ceux pris comme point de départ. il. Posons X, = a7, -t- « y,, Xi-=iXi-^ iy-i, X^rr: j'3-t- / j,, Y/.. = .rl. + '>;,, et déterminons Z,, Z^, Z,, Z,, Z5 [lar les équations \.. ; J^j -H « y., , de = (/-+- if'- )■/,■ Z..-iZ,= -i. Ou pourra appliquer la deuxième transformation {Déformation des qna- driques, § 20) en prenant pour 0 une combinaison isotrope de \ .,, ^ ., ^ , ou de Z3, Zj , Z5. Y Remarque. — Posons y = X., + ?'X., ; le point (pii a pour coordonnées -^ décrit un réseau associé au réseau plan ^j ^; comme ^ , et Y. ne dillèrent ■ G. R., 1909, 2' Semestre. (T. l'i'J, N» 23.) I 38 Io34 ACADÉMIE DES SCIENCES. que par un facteur conslant de X, et X., on a des équations de la forme (ly\ -t- dy\ 4- dyl + tlyl + dyi =: li^ du"- -\- /' 1 + 4>1 + «^1 = ^=(' - ^) ^''^+ '^(> - ^) ^'^ ^v! (. - ^) + <>1 + iAs SoLA, présentée par M. Bigourdan. Cette opposition de Mars a été favorisée ici par un temps splendide, surtout pendant le mois d'octobre. Mes observations ont commencé en juin, mais les résultats de détail ou d'étude sur la topographie de Mars ont été obtenus surloiil en octobre; pendant ce mois, j'ai pu profiter de bon nombre de nuits splendides par rapport à la tranquillité des images. J'ai fait usage de l'équatorial double Mailhat, de o"',18 d'ouverture, presque toujours avec un grossissement de 45o fois et, dans les meilleurs moments, de 55o, qui a donné aussi des images tout à fait parfaites. J'ai pu suivre sans difficulté le satellite Deimos et, avec un peu plus d'attention, Phobos. Mes conclusions, jusqu'à présent, peuvent se résumer ainsi : 1° Les grandes lignes lopographiques de Mars restent constamment les mêmes (j'ai f)bservé Mars dans toutes les oppositions depuis 1890 inclus). Cette conclusion n'est pas applicable aux petits détails, par suite, sans aucun doute, des nuages qui, dans la planète Mars, seraient quelquefois petits et très opa(]ues, et peut-être aussi de la végétation. Quant aux grands contours, je le répète, ce que je voyais autrefois est exactement ce que je vois aujourd'hui. SÉANCE DU () DÉCEMBRE 1909. 10^7 2° Ijii lonalilé des mers et, en général, des régions sombres est 1res cliangeante; par contre, les régions claires sont sensiblement invariables. Ceci démontrerait que les nuages ont la même couleur, ou à peu près, que les terre.'!, ou bien que les terres sont constamment cou\ertes de nuages. Un des plus notables evemples de changement de tf)n a été l'apparition, pour moi, du canal Batliys, qui lelie le Jac du Soleil au golfe Aoniu--. Kn 1907, aussi par de très belles conditions de visibilité, il resta invisible avec le même instrument. Autre exemple fiappanl : la Grande S^rte, floue et pâle, presque méconnaissable au commencement d'août, est sombre et parfaitement délimitée à la fin d'octobre, (^e der- nier cliangeiuent pourrait être dû à des nuages transparents, mais je crois que le pre- mier dépend d'une variation intrinsèque de la surface de la planète. • .%. ^iiv*:. ■***: Fragment topo);raplii(|iic de Mars, octobre i(|Oçi. Observatoire Fabi-a. Je mentionnerai encore un aulie exemple surprenant qui s'est produit dans les régions antarctiques : Près des îles de Tliidé, on pouvait voir difficilement, à la (in d'août, fjuelques lacs pâles; deux mois après, toute celte région était parsemée d'une grande quantité de lacs très foncés et rougeàtres, lacs que d'ailleurs je n'ai vus représentés dans aucun dessin. Ils suivaient un arc de petit cercle voisin du pôle, mais excentrique à ce point et comprenant de i.5o" à 3oo" de longitude. En général, les détails de l'hémisphère austral ont augTuenté en obscurcissement et quantité avec la diminution des neiges australes ou avec l'augmentation de température de cet hémisphère. 3° La structure lacustre des taches sombres et des estom]iages paraît être très géné- rale dans cette planète. Il faut, pour voir celte structure, de tiès belles images. Je rap- pellerai, parmi les exemples les plus notables que j'ai pu observer concernant cet aspect tacheté, ou en échiquier, la partie australe de l'Hellade et les mers Tyrrhénienne Io38 ACADÉMIE DKS SCIENCES. el Ciininérienne. D'ailleurs, on voyait un grand nombre de lacs dans plusieurs régions : aux environs du lac du Soleil el surtout dans la région de l'Amazonis, où apparaissait un estompage granulaire très compliqué. 4" L'un des aspects morphologiques les plus notables a été celui des péninsules ou islhnies, qui relient les masses claires équaloriales à la série d'îles arrondies el blan- chàlrtts australes bien connues. A part les péninsules déjà signalées par d'autres obser- vateurs, comme par exemple i'Allantis se dirigeant vers le Pliaetonle, l'Hesperia vers l'Eridania, etc., j'en ai découvert un certain nombre d'autres et, ce qui est plus notable, j'ai pu me convaincre que ces péninsules sont formées par des faisceaux de traînées plus ou moins blanchâtres, plus ou moins sombres. Les exemples les plus frappants se trouvent dans les mers Ciramérienne et Tyrrhénienne. Toutes ces péninsules sont déviées dans le même sens, comme si l'hémisphère austral avait reçu un mouvement de rotation d'un certain nombre de degrés par rapport à l'autre, d'une façon toute semblable à ce qu'on observe pour la Terre. 5° Cette opposition, à mon avis, peut être considérée comme la déroule définitive du réseau géométrique des canaux. J'ai vu certainement des canaux, comme je les ai toujours vus, même avec des instruments de faible ouverture, mais ils ont été toujours pour moi de simples estompages plus ou moins linéaires; et pendant toute cette oppo- sition, je n'ai pas vu un seul canal olTranl l'aspect d'une ligne netle et géométrique. Ce que j'ai pu voir bien net ce sont des bandes obscures et courtes, comme l'Agatlio- démon, le Nectar, le Bathys, etc., mais j'ai supposé que certains de ceux-ci, comme le Nectar et le Bathys, sont formés par une série de lacs alignés. Enfin, les canaux diffus ou ordin.'tires ont été en petit nombre. Quant aux contours topographiques (exception faite de quelques régions, comme une partie de la Grande Syrte et les bords nord du Sinus Sabœus), je les ai vus d'autant plus diflus que l'image était meilleure. Pour la calotte polaire australe, elle a présenté, il est vrai, certains aspects remar- quables, comme l'importante segmentation que j'ai observée vers le milieu d'août, de même que des petits points blancs éclatants près de cette calotte; mais, en réalité, elle n'a pas ofl'ert d'apparences fondamentalement nouvelles ou distinctes de celles que nous connaissions. ASTKONO.viiii; PHYSIQUE. — Nouvelle approximation dans l'élude des tempé- ratures effectives des étoiles. Noie de M. Ch. IVordmavn, présentée par M. Maurice Haniy. La méthode que je me propose d'exposer ci-dessous m'a permis d'améliorer nolabletiienl les résultats provisoires, indiqués dans ma Note du 4 octobre dernier, relativement aux températures effectives de quelques étoiles, et qui ont été, je le rappelle, obtenus en prolongeant (suivant la loi de Pianck) la courbe tracée au travers des points liguratifs des expériences d'étalonnage faites entre i4o8°el36i6° (-= température abs. ; x =^\o^r^ [ces points io3q SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909: figuratifs sont indiqués dans la figure très réduite ci-dessous par de petits cercles et la courbe ainsi tracée par un trait pointillé |. uoo un una osoD .i,T log \ e'"' — I R Dans le Tableau suivant on donne les logT- ainsi obtenus pour i4oo", o / r> 6000° et looooo"; logn-, désigne les valeurs de log^ calculées en faisant l'hypothèse que les longueurs d'onde efficaces à 1400° et à 100 000" sont les (') On a pris pour valeurs de ces luminosités celles qui résultent de la courbe publiée dans le Traité d'Optique de Mascart (t. I, p. io5), et qui correspondent bien à la moyenne des résultats obtenus pai' divers ol)servaleurs et ])ar moi-même. Io4o ACADÉMIE DES SCIENCES, mêmes qu'à 6000"; enfin, 0 =:^ log-j^ — log-^ : nw >^»- K- '-S-- -4 ; — K. i4oo [Jl[Jl 645 DOO + 1,483 + ': ,492 — 0 ,009 6000 63o 460 —0,069 — 0. ,069 0 ,000 I 00000 625 45o —0,542 — 0, 525 — 0 ,017 Le fait que les o sont inférieures à 0,020 (erreur probable sur le résultat des mesures de log-p j établit le résultat suivant que j'avais annoncé sans démonstration : puisque les résultats des mesures faites avec mon pyromètre stellaire sont pratiquement conformes à la loi de Planck entre 1 4oo° et 6000", ils ne s'en écarteront pas davantage si cette loi est exacte entre Oooo° et 100000°. D'autre part, les points figuratifs de l'étalonnage du pyroinètre stellaire fournissent une valeur approchée de la constante K de l'expression précédente, c'est-à-dire déter- minent l'origine des abscisses et permettent de situer le point figuratif correspondant à 6000° et déterminé par cette expression. Or une droite tracée par ce point et par ceux qui résultent de l'étalonnage coupe l'ordonnée correspondant à la valeur de log -j^ fournie par l'observation du Soleil, en un point qui donne pour la température effec- tive de cet astre la valeur améliorée de Sroo". Il ne reste plus qu'à reprendre, en par- tant de celle valeur amélioi'ée, la tlétermination faite comme il a été dit, des courbes de luminosité et des Xn et Xjj correspondant à diverses autres températures entre i4oo" et 100000°, et à calculei' les nouvelles valeurs des log -g correspondants. On pourrait continuer à améliorer ainsi par approximations successives la constiuclion de la courbe des log p, mais le calcul montre qu'on ne changerait pas sensiblement le résultat de celte première opération. La courbe rectifiée ainsi construite (en trait plein sui' la figure ci-contre) est inclinée d'un peu plus de i degré sur la couibe provisoire (trait pointillé) construite en extrapolant la ligne tracée au travers des points figuratifs de l'étalonnage. On obtient ainsi, pour les températures effectives des étoiles observées, les valeurs approchées suivantes qui rectifient celles de ma Note du 4 octobre qu'avait fournies cette courbe provisoire : p Persée : 2870°; '( Céphée : 4260"; S Céphée {min.) : 455o°; Soleil : 5320°; Y Cygne : 5^)20"; 0 Céphée (mar. ) : (Jgoo"; y Taureau : 7250° ; RX Hercule : 7350"; Polaire: 8200"; oc Lyre : i2u!oo°; ^ Persée: i33oo"; y Lyre : i4 :m>o"5 £ Persée : 1 5 200°; 0 Persée : i8,>oo"; À Taureau : ^ 4<^ot><)". SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. Io4l La quantité dont les valeurs provisoires de ma Note du 4 octobre diffèrent des valeurs rectifiées ci-dessus est inférieure au double de l'erreur relative probable que j'avais attribuée à ces valeurs provisoires, et qui, ainsi que je l'ai dit {loc. cit.), était proportionnelle aux températures indiquées et de l'ordre de 8 pour 100 dans le cas du Soleil. ASTRONOMIE. — Observations d'une petite planète probablement nouvelle. Note de M. Mane.vg, présentée par M. B. Baillaud. Sur un cliché de la Carte photographique du Ciel obtenu par M. Boinot et moi, le 19 octobre 1909, M. Boinot a trouvé une petite planète, de 1 1* grandeur, probablement nouvelle, qu'on a retrouvée photographiée sur un cliché obtenu le 23 octobre 1909. J'ai déterminé les éléments de ces clichés et en ai conclu les positions suivantes de la planète : T. m. de Paris. (1900,0). ô(1900,0). Octobre 19 loiiSa^aS* aSi^-ïG^A^S i 1 H-iSoSS' 9", 9 Octobre 23 io''47">4.S' 23''53"'59', i4 -hi8''5i'46",6 GÉOGRAPHIE. — Sur la précision des déterminations de longitude à terre par le transport du temps à l' aide de montres de torpilleur, d'après les obser- vations de la Mission Niger-Tchad. Note de M. Tiluo, présentée par M. E. Guyou. La méthode de détermination des longitudes par transport du temps est en général considérée comme donnant des résultats peu satisfaisants pour les voyages à terre. Les résultats que vient d'obtenir la Mission Niger-T«had de 1906 à 1909 montrent que cette méthode est au contraire susceptible d'une grande précision à la condition de ne négliger aucune précaution pour conserver aux montres une marche satisfaisante, de procéder autant que possible par circuits fermés de peu d'étendue et ayant un ou plusieurs points communs, enfin d'avoir des états suffisamment précis pour que la marche puisse être obtenue avec une approximation suffisante par des observations à 24 heures d'intervalle. L'astrolabe à prisme, système Claude et Driencourt, nous a permis de satisfaire régulièrement à cette dernière condition. C. R., 1909, 2« Semestre. (T. 149, N° 23.) l39 Io42 ACADÉMIE DES SCIENCES. Différences de longitude. — Une grande partie des résultats obtenus a pu être contrôlée soit par des déterminations télégraphiques, soit par compa- raison avec les résultats d'un chaînage effectué par la Mission anglaise qui participait aux travaux de délimitation de la frontière Niger-Tchad. ^^e Tableau ci-dessous indique pour les points communs les résultats obtenus par chacune de ces trois méthodes : .,._, , , . , i Karimami Konni Sabon- Kalséna Zoneo Bosso Dilférence de longiiude c. , r. . ° et et Salion- Birni et et et et en temps entre I ,- i.- ,- . • -, r. i' i I Konni. Birni Ivalsena. Zongo. Bosso. Ivoukaoua Distance approximative , ,,,,, ,.q ,^,^ .,q,^ g.^ ^^^ en kilomètres \ m ^ 111 s m s m s m s m s Transport du temps .. . 8.19.43 4-23, 60 5.o4,38 8.26,48 19.16,65 1.00,66 Cliaînage 8.18,97 4-23,58 5.o5,88 3.26,98 19.18,49 1.00,90 Télégraplie 8.18,82 » » » » » En outre, pour mettre en évidence la façon dont chacune des montres s'est comportée, nous indiquons dans le Tableau ci-dessous les résultats fournis par chacune d'elles prise isolément en prenant des exemples parmi les circuits classés bons ou passables : Différence de longitude obtenue [lur l,i montre Dis- „, ' ' Observations. ^ — .^ cordance ,, ^ Circuit. K. B. D. B. S. maxima. Circuit. Durée. ' m s m ? m s ^ln s m s s Bidellam-Kouloa. . . . 2,90- 2.86 2,47 2,42 2,96 o,54 fermé 2 jours Saouiii-Dan Barloii.. 22,82 22,88 22,70 22.49 22,84 o,48 doubi' fermé 4 J0"''s A.rgué-Kaoua 1.27,68 1.26,89 1-26,46 1.26,08 1.27,84 1,22 plus, fois fermé 20 jours Assez bons. Gaimi-koniii 1.88,89 1-3-, 01 1.88,20 i.38,24 1.87,96 1,88 i fois fermé 9 jours Karagou-Gourseleck. 58,79 52, 80 58,85 52,91 52,76 i,55 non fermé i jour Bidellam-Kindjiria.. . 09,28 07,59 07,76 58,62 57,43 i,85 non fermé 2Jours Passables. • Maizouo-Dan Tcliiao. 1.89,50 i.38,34 1.40,07 1.88,82 1.40,87 2,53 doubl* fermé 10 jours KafTé-Konni 1.48, 56 1.48,88 1.49,46 1.48.S9 1.46,62 2,84 i fois fermé 9 jours Mao-Bol 2.24,06 2.25,98 2.24,86 2.24,92 2.26,55 2,49 non fermé 4 jours La montre étalon était R et la montre S servait de compteur pendant les observations. Longitudes absolues. — Les longitudes absolues ont été déduites d'obser- vations d'occultations. Les observations obtenues ont été groupées par régions et rapportées par transports de temps à des points centraux. Les résultats ont été rectifiés au retour au moyen des observations lunaires 1 SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. Io43 fournies par les observations de Paris, Greenwich et Washington. Autant que permettent de l'affirmer les vérifications que nous avons pu obtenir ultérieurement pour certains points isolés, nous pensons que nos résultats en général offrent des garanties de précision comparables à celles que peut donner l'emploi d'une ligne télégraphique. Lors du voyage de retour, la ligne télégraphique entre Niger et Tchad, qui venait d'être amorcée, put être utilisée entre le Niger et Konni : b m s Longitude Konni ( par le télégraphe o. 1 1 .4o,3o Est de Paris (Porte Nord) ( pa'" moyenne de i3 occultations o. 1 1 .39,83 i> Divergence Oi48 » Les autres observations d'occultations ont été groupées à l'aide du trans- port du temps sur les points de Zinder et de Koiikaoua. Nous avons ainsi obtenu : b m s Longitude Zinder ( par moyenne de 30 occultations 0.36.86,48 Est de Paris (Résidence) j par chaînage et transport du temps sur 200'"° env. dep. Kano. 0.20.36,57 » Divergence... 0,09 » Longitude Koukaoua \ par moyenne de 23 occultations o.44-54i32 Est de Paris (Signal Jackson) | par chaînage sur 700'"" environ au théodolite depuis Kano. . 0.44-55,65 » Divergence i,33 » Les concordances très satisfaisantes que nous avons constatées partout où nous avons eu des moyens de contrôle sont trop nombreuses pour être uniquement fortuites; elles nous permettent de présenter avec confiance le résultat des observations de la Mission et témoignent des services que l'explorateur peut attendre de l'emploi des montres de torpilleur. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Ordre d'une série de Taylor. Note de M. Eugê.ve Fabrv. 00 M. Hadamard a défini l'ordre d'une série 'S^a„x" sur le cercle de conver- 0 gence, supposé de rayon i (^Journal de Math, pures et appL, 1892, p. 171). Cet ordre to est la plus grande limite de i H i— 5-!. Nous le supposons fini. Dans les cas les plus simples, il est égal au degré maximum d'infinitude de Io44 ACADÉMIE DES SCIENCES. la fonction aux divers points du cercle de convergence ; par exemple, ( i — x)~^ est d'ordre w sur le cercle de rayon i. M. Borel a montré que ce fait n'est pas général (Séries à termes positifs, p. 77).. Mais, lorsque les points sin- guliers ne sont pas isolés, il osl néressairc de préciser le degré dinfiniliide. Si les sommes S„ ^ «1 -i- a» H- . . . -H a„ restent finies, et si £ > o, la série 1 1 est convergente. Si cette série est divergente, les sommes S„ ne restent pas toutes finies. Il existe un nombre j9, positif, négatif, ou nul, tel que la série ^ -^ soit convergente, quel que soit z ]> o, et que ^ -^ ne reste pas fini. Au point X = e^' correspond un nombre p tel que la série 'S — ^ e"^' soit convergente si î>o, divergente si £'<^(). On a toujours ',) — I Ip loi. Si ce point n'est pas singulier, /> = w — i . A chaque argument 0 corres- pond un nombre />; soit P le plus grand de ces nombres, ou leur plus grande limite. Il existe, de même, un nombre q tel que la série '^—^, soit convergente ou divergente suivant le signe de t. On a, dans tous les cas, oj — iSplP Sq l'j). D'autre part, si les sommes y -f restent finies, a étant positif, la fonc- 1 oc tion (i — xy "S a^x" reste finie lorsque x tend vers i par un chemin inté- 0 n rieur et non tangent au cercle de convergence. Inversement, si ^ -^ ne 00 reste pas fini, (i — xY'^ ^ a^x" ne reste pas fini sur le cercle de conver- gence. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. Io45 Supposons a)>i; si y? est supérieur à co — i, on peut dire que le degré d'infinitude au point ê' est ce nombre /), qui rend convergente la série V -£l-e"^', de sorte que {ê' — xy^"- V a„a;" reste fini pour ^7 = ê' . P est l'ordre d'infinitude maximum aux points du cercle de convergence. Si w<;i et si (0 — I , soient nulles au point e®', ce qu'on obtient en ajou- tant un polynôme à cette fonction. Si y < o), on a P •< o>, quels que soient les arguments des coefficients a„. Cela a lieu, par exemple, pour les séries à lacunes ^^ a„ a;"< telles que L(rtv+, — «■/). j r-^ ne tende pas vers zéro. Mais on peul aussi avoir P<7, c'est-à-dire qu'une série peui èlre convergente en tous les points du cercle de convergence, quoique la série des modules des coefficienls J , où -< y.^\ est convergente pour 1 2X" r- /(iil un. .3.10 ne reste borné dans le cercle de convereeuce que si ai -r- Si - < a < 7-, ce module peut dépasser tout nonabre donné, à l'intérieur du cercle de convergence, quoique la série soit convergente en tout point de ce cercle. C'est que, sur le cercle, elle est discontinue et augmente indéfiniment au voisinage de Ô =: o, mais la série a une valeur finie pour a;::^ 1, 9=:o. On voit que, lorsque les points singuliers sont en nombre infini, il faut distinguer le degré d'infinitude maximum aux points singuliers du cercle de convergence, et le degré d'infinitude de la fonction, [qu'on pourrait considérer comme le plus petit nombre r tel que la fonction ^ -^.x" ait un 1 module borné à l'intérieur du cercle de convergence. Par exemple, pour la fonction ^ e'^'^a?", on a 3 W = ^ = I , '■ = 7 ' ■4 et l'ordre d'infinitude maximum aux points singuliers du cercle de conver- gence est 2 lO^Ô ACADÉMIE DES SCIENCES. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur la représentation des solutions d'une équa- tion aux différences finies pour les grandes valeurs de la i^ariahle. Note de M. Galbrciv, présentée par M. Painlevé. La recherche des solutions de l'équation aux différences finies (i) A„/(^ + A-)-H A,/(j--H A-— !)+...+ Ai./(x)--=o, où A; est un polynôme en x de degré/?, se ramène, au moyen de la transfor- mation /(cv)=j .{z)z-'clz à la résolution de l'équation différentielle (2) 5/'R„(.)^' + .-''-'R,(..)^^+... + R^(.-).' = o, où R, est un polynôme en z de degré k. Dans une Note précédente (' ), étu- diant le cas où les solutions de (2) sont toutes régulières au voisinage de l'origine et où les racines a,, a,, . . ., a^ du polynôme R^ (z) sont simples et finies, j'ai montré qu'au moyen de la solution de l'équation (2) non holo- morphe et régulière au voisinage du point a,, on pouvait former une solution fi{x) de (i) qui, pour les grandes valeurs de x, est représentée par une expression de la forme et j'ai indiqué comment les différentes expressions de ce genre se permutent entre elles pour représenter une même fonction /,• (a;) quand l'argument de .r varie de o à 211. Si certaines racines du polynôme Ro(s) deviennent nulles ou infinies, les racines finies restant simples, les mêmes résultats subsistent pour la fonction y,- (ir) formée au moyen de la solution régulière au voisinage du point oc,-; toutefois, si les solutions de (2) ne sont pas toutes régulières au voisinage de l'origine, cette fonction admet comme pôles non seulement les points — z^ — p, /> étant un entier positif ou nul, mais aussi les points — ^-q-^p-, et la direction positive de Ox est singulière au même titre que la direction négative. (') Comptes rendus, 5 avril 1909. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. 1047 Soit %i une racine d'ordre de multiplicité -de Ro(s)au voisinage de laquelle toutes les solutions de (2) restent régulières, et soient cp,,, o,,, ..., f^fin, les m solutions de (2) non holomorphes au voisinage de a, obtenue par la méthode de Fuchs; la fonction '"■ ■ 7 = 1 ■• '-' est une solution de l'équation (i). Dans cette expression les contours L„, L,, les fonctions '-p^,-, u ont même définition que dans Texpression analogue contenue dans la Note précédente, et j3^ est le coefficient de v^ dans l'expres- sion de Ort(Y])— cprt(y]) au voisinage d'un pointa en fonction de c, , t-j, . ..,Vp intégrales régulières au voisinage de l'origine, obtenue par la méthode de Fuchs; 0,^(^7]) était ce que devient s,-;t(Y]) par une rotation autour de a,. Je pose Oik— (- — a,)'''[x, -h /,L(c — a, j -(-. . . -r- y„ H 4: — 3!, )■'-']. ■ et je désigne par _{ _^, P{,-, J ^i P^.. • • • les expressions déduites des fonc- tions {z — 2'-,)''*'X<' •••' P^'' ^^ procédé indiqué dans la Note précédente pour former -^S'„. Pour les grandes valeurs de la variable l'expression joue dans la représentation de fn^i'x) le même rôle que joue l'expression K, dans le cas où a, est racine simple. D'autre part, j'ai montré que, quand a, est une racine simple, la fonction /y ( .r) relative à un point a^ est représentée asymptotiquement dans un certain angle par une expression K, contenant a* en facteur; si a, est une racine multiple au voisinage de laquelle les solutions de (2) sont régulières, la fonction /"y (a;) est représentée dans le même angle par a,K,,-i- <7jK,., -(-. . .+ «,„K.,„,, où a,, . . ., rt„, sont des constantes. Les mêmes résultats subsistent si les solutions de (2) sont irrégulières au voisinage de l'origine; mais alors la direction positive de l'axe des x est singulière, comme dans le cas où a, est racine simple. Io48 ACADÉMIE DES SCIENCES. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les ensembles parfaits discontinus. Note de M. Arnaud Dexjoy, présentée par M. Painlevé. Je rappelle que j'ai, dans ma Note tlu 2 novembre dernier, défini une notion qui se présente naturellement au sujet des ensembles parfaits discon- tinus à deux dimensions, quand on les envisage dans leurs rapports avec la théorie des fonctions analytiques. J'appelle sinuosité de l'ensemble en un point M un nombre a (M) tel que, à tout nombre z correspond un nombre p (e et p positifs), et, intérieurement au cercle de centre M et de rayon p : i" quels que soient les points A et B extérieurs à l'ensemble, il est possible de les joindre par un chemin ne rencontrant pas l'ensemble et de longueur moindre que [i -i- a(M) -1- £]AB; 2° il existe un couple de points A et B qu'il est impossible de joindre par un chemin évitant l'ensemble et dont la longueur soit inférieure à [i + a(M) — £ ] AB (AB = segment rectiligne AB). S'il n'existe pas de nombre a(M) positif ou nul satisfaisant à cette condition, la sinuosité est infinie. J'ai affirmé, sans pouvoir le démontrer, ce théorème capital : la sinuosité d'un ensemble d'aire Jiulle est partout nulle. J'ai seulement démontré qu'en chaque point, elle ne peut être que nulle ou infinie. Occupons-nous des en- sembles d'aire non nulle. Il est tout d'abord évident qu'ils peuvent avoir une sinuosité nulle. Il suffît de strier le domaine contenant l'ensemble par une infinité de bandes d'aire totale arbitrairement petite, et denses, pour leurs directions et parleurs po- sitions pour une même direction. Dans la Note citée plus haut, j'ai défini un ensemble E„ dont la sinuosité est finie (pour l'ensemble E, considéré, je supposais en outre 6A<| i). Voici un exemple d'ensemble dont la sinuosité est partout infinie. Soit un domaine fermé B, à connexion simple, un carré par exemple. Je perce ce bloc B, par un chenal C, qui le divise en deux blocs Bj et B3. Je supposée, assez sinueux et assez fin, pour que, si l'on veut joindre deux points extérieurs à B, par un chemin ne rencontrant ni B, ni B3, il soit plus court de faire le tour de B, que de traverser B, par le chenal C,. Sur cha- cun des blocs B^ et B^ j'opère comme sur B,. Ainsi, je divise Bj en deux blocs B4, B5 par un chenal C.,, tel que, si l'on veut joindre deux points extérieurs à B^ et B3, en évitant B3, Bj, B^, il soit plus court de contourner B, et B3 que d'utiliser le chenal C^ (sans que C, perde sa propriété relati- SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. 1049 vemeiil à B, ),.... Si l'on suppose que la plus {,'rande dimension du bloc B„ tende vers zéro pour n infini, les points communs à une infinité de blocs B forment un ensemble parfait discontinu E. On voit aisément que, si deux points P et Q extérieurs à E sont intérieurs uniquement, le premier aux blocs B,, By, . . ., B/,, le second aux blocs B^, B,„, . . ., B„, pour étudier la limite inférieure du chemin PQ extérieur à l'ensemble, on peut supposer que ces chemins n'empruntent que les chenaux C,, . . ., (],^, (]/, ..., C„. Si le périple de chaque bloc extérieurement aux autres reste supérieur au pé- riple de B,, il y a au voisinage de tout point de E des couples de points dont la distance extérieure à I'] est supérieure à un nombre fixe. La sinuosité est donc infinie. Il y a même sur E une infiniié dense (et sans doute d'aire égale à celle de E) û?r points tels que tout chemin extérieur à E et tendant vers l'un d'eux a une longueur infinie. Une fonction analytique possédant un tel ensemble de singularités peut, a priori, avoir une dérivée bornée sans être elle-même bornée. La condition I F'(:;) I <; X- n'entraîne pas la conséquence que F(^ ) satisfasse à la condition de Lipschitz. Il semble cependant que la limitation en module de F'(s) entraine tou- jours pour F(s) le fait d'être d'un ordre inférieur à celui de o~' Lo~', si 0 est la distance de s à l'ensemble. .11 est facile de voir f{ue tout ensemble parfait discontinu à deux dimen- sions peut être obtenu par bi- ou pluripartition de blocs par des chenaux. Cette génération s'obtient d'ellu-même quand on détermine le domaine balayable par un cercle de rayon fini et fixe A, dont le contour est arrêté par les points de E. Si l'on fait décroître A, la connexion de ce domaine ainsi défini augmente indéfiniment. A chaque accroissement d'une unité au moins dans la connexion correspond une pluripartition d'un ou plusieurs blocs. Cette détermination analytique des ensembles peut être remplacée avan- tageusement dans le cas d'un ensemble d'aire partout non nulle, par une synthèse analogue à celle qui m'a donné l'ensemble de longueur finie E, de ma dernière Note. Dans un bloc, on trace une ligne le divisant en deux parties, que l'on sépare l'une de l'autre par un déplacement mutuel de gran- deur arbitrairement petite, ne modifiant pas les aires des deux parties. Sur les deux blocs séparés, on opère de même, et ainsi indéfiniment. Si l'on suppose un certain degré d'uniformité dans la convergence des déplace- C. R., 1909, 2* Semestre. (T. \i'.), N» 23.) I^O I030 ACADEMIE DES SCIENCES. nients successifs des blocs, l'aire totale des blocs qui est iavariable est aussi celle de l'ensemble limite E. Une propriété se conservant à la limite et vraie pour l'ensemble des blocs à partir de la /?■''""' opération, sera vraie pour E. Cette construction donne peut-être à la notion d'ensemble parfait dis- continu d'aire partout non nulle [)lus de clarté que la conception des blocs infiniment fissurés que j'indiquais plus haut. ' L'extension à un nombre quelconque de dimensions est évidente. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les singularités discontinues des fonc- tions analytiques uniformes. Note de M. D. PompKiu, présentée par M. Painlevé. 1. Considérons une fonction analytique uniforme F (s) dont les points singuliers "( forment un ensemble E parfait partout discontinu. Je suppose de plus que la fonction F(^) "^^* bornée dans le voisinage de E. Dans ce cas, on sait que la longueur de l'ensemble E est nécessairement partout non nulle. On sait aussi, par des exemples, que si la longueur de E est partout infinie ( Vaire de E pouvant être nulle ou finie) la fonction bornée F(s) peut être continue sur l'ensemble E des points singuliers. Restant dans le cas général où l'on sait seulement que F(s) est bornée, traçons un contour fermé C ne passant (jue par des points z (points régu- liers) et contenant dans son intérieur des points '( (points singuliers). Ce contour C est d'ailleurs, aux conditions énoncées près, un contour fermé quelconque. D'autre part, on sait que, E étant un ensemble partout discon- tinu, on peut tracer des contours C dans toute région contenant des points C si petite (jue soit cette région. Cela posé, formons l'intégrale \=j¥{z)dz. Je vais démontrer que dans aucune région R, si petite quelle soit., conte- nant des points t, les intégrales I ne peuvent pas être toutes nulles . En effet, supposons d'abord qu'il s'agisse d'une fonction F(3) continue sur E. Les intégrales I étant, dans la région considérée, toutes nulles, on en déduit facilement la nullité d'une intégrale quelconque =j'V{u)du, SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. lOOI relative à un contour fermé Y quelconque (c'est-à-dire tracé sans éviter les points ^; la lettre u désignant un point quelconque sans distinguer si c'est un z ou un Z,), ce contour F étant tracé dans la région considérée R. Mais alors, la fonction F(s) étant continue dans R et, dans cette même région, toutes les intégrales J nulles, en vertu d'un théorème de Morera , F(^) serait holomorplie dans R, ce qui est contraire à l'hypothèse. Il est donc démontré que, dans la région considérée, les intégrales I ne peuvent pas être toutes nulles et que les valeurs des T caractérisent les sin- gularités contenues dans R. Passons au cas où E a une longueur finie. Dans ce cas, la démonstration se fait à l'aide de l'intégrale de Cauchy et Ton montre aussi que les valeurs des I caractérisent les singularités de F(z) contenues dans R. Mais dans le cas d'un ensemble de longueur finie, on démontre aussi que la fonction dérivée F'(:; ) ne peut pas être bornéedans aucune région conte- nant des points t. En effet, les intégrales l'=J'F'{z)dz sont toutes nulles et, si V"{^) était bornée, elle serait pailout holomorplie, résultat absurde. II. Considérons maintenant le cas où l'ensemble E a une longueur nulle. Dans ce cas, F(s) ne peut pas être bornée et, en général, les intégrales I peuvent être toutes nulles sans aucune conséquence sur F(s). Mais cela montre seulement que la propriété de F(;) de ne pas être bornée, dans le voisinage de E, n'est qu'un caractère négatif insuffisant pour distinguer une classe de fonctions uniformes. Et, en effet, dès qu'on précise Tordre d'infiniludo de F (:;), dans le voisinage de E, on peut définir des classes de fonctions uniformes dont les singularités sont caracté- risées par les intégrales I. GÉOMÉTRIE INFJISITÉSIMALE. — Familles de Lamé composées d'hélicoïdes. Note (') de M. J. Haag. La détermination de ces familles de Lamé est une application élégante des [)ropositions que j'ai établies dans ma précédente INote. \oici comment on peut procéder, liapportoiis chaque hélicoïde H à un trièdre mobile, dont (') lieçiie dans la séance du 22 novemljie 1 9»y- X = (/ cos(9 + i ), y =: Il sin (9 4- 1 •). ~ = z ^-K(• lOJ'l ACADEMIE DES SCIENCES. Tave des :; sera l'a.ve de H, rorig-ine cl le plan des zx restant arbitraires. Les équations de l'hclicoïde pourront se mettre sous la forme (* ) (0 où G et Z sont certaines fonctions de ii ot /, Iv une fonction de t. Nous suppo- serons que les lignes v =^ const. sont des lignes de courbure. Animons le trièdre Orvz d'un certain mouvement dépendant de /. Soient ^, y), 'Ç, p, q, r les composantes de ce mouvement. (Il est à remarquer que C et r peuvent être cboisies arbitrairement en fonction de t.) En appli- quant toujours la méthode qui repose sur la réciproque du théorème de Dupin, on est conduit à considérer l'équation — (/ftsiii (5 + r) + [ï -+-r/(Z + Al')] «,ucos(9 -h (') + \j—p{7j + /iv)] (' + Il [p sin {9 -{- (•) — cy cos( 9 4- c)] En décomposant ce déterminant en deux autres, suivant la première colonne, on voit de suite que cette équation est de la forme A^ + B=.o, avec B = (A'e -)- C) C + F + Dcosc 4- Esinc. F, A et C sont des fonctions de u et î; D et E sont des fonctions linéaires de e dont les coefficients dépendent de m et / et sont linéaires et homogènes par rapport k p, (/, ^, Y). (Il est inutile d'en savoir plus long sur ces fonc- tions.) Pour que nos hélicoïdes forment une famille de Lamé, il faut et suffit que Ton ait (') Ceci ocarle les cylindres de révolulioji; mais on connail les familles de Lamé coniposées avec ces surfaces. cos(5 -t- c) — «-r-siu(5 H- r) du ^ ' «Xcos(9 4- !■) 4- A'sin (9 -t- c) sin (9 + c) 4- « — cos(9 + c) «> sin(9 4- c) — /iCOs( 9 4-i') dZ du /.Il SÉANCE UU 6 DÉCEMBRE I909. lo53 Cette relation devant avoir lieu quels que soient m, i> et /, nous devons avoir en particulier ' 1)11 \,\/ âti \ A / ^'" du Mais, d'après les propriétés des coefficients l) et E, les équations (3) sont précisément les seules qui subsistent de l'équation (2) quand on y fait Si donc nous avons une famille de Lamé pour un certain mouvement du trièdre, nous en aurons une autre pour un certain mouvement de verrou autour de Oz, mouvement qu'on peut d'ailleurs supposer réduit au repos, d'après ce qui a été dit au début. Si l'on applique alors les propositions établies dans notre dernière Note, et si l'on remarque qu'un hélicoïde ne peut engendrer une famille de Lamé dans un mouvement hélicoïdal autour d'un axe autre que le sien propre ('), on en conclut que tous les hèlicoïdes doivent avoir même axe. ( Ceci s'applique évidemment aussi aux surfaces de révolution.) S'ils ont aussi même pas, on retombe sur les familles de Lamé que j'ai déterminées dans une Note du i5 mars 1909. S'ils n'ont pas même pas, la première équation (3) fait dis|)araitre 'C de la seconde. On conclut de là et de notre dernière Note que cliaquc hélicoïde H doit engendrer une famille de Lamé dans une translation suivant son axe. Or, dans notre Note du i5 mars 1909, nous avons donné tous ces hèli- coïdes. Pour les obtenir, il suffit de faire p = o dans les équations de la page 694. Si l'on suppose en outre p, p' , p" fonctions d'un même para- mètre t, on reconnaît que. pour que les surfaces obtenues forment une famille de Lamé, il faut et il suffit que les deux produits pp et pp" soient constants. On peut alors prendre 1 , „ p=:-, /j=^niil. p^zm.jt. Si, en outre, l'intégrale / — qui figure dans w est prise entre o et a, et si l'on prend et / ,. , (nii-i- m,~t- ni.m^t-) u —p(ix) ^ — Il ch. — — ^ — ' — y. -^ / ? ( ( a ) -f- T. (') Noir iioUe N'oie du i août tgoS. Io54 ACADÉMIE DES SCIENCES. T étant fonction arbitraire de l, les équations des deux familles qui com- plètent le système triple orthogonal sont I 5 /' T'f/^ o^^Jm^l- — 1 — / — z:^ l'onsl., J s/niit- — I Signalons les cas particuliers où rn^ est nul ou infini, qui donnent des hélicoïdes engendrés par des tractrices égales dans le premier cas (voir Comptes rendus, 3 août 1908), des hélicoïdes développables de même noyau dans le second cas. Disons, pour terminer, cpron peut obtenir aussi les familles de Lamé précédentes, en remarquant qu'elles donnent naissance à des systèmes de M. Blanchi. Si l'on part par exemple des équations (3.j) de l'Ouvrage de M. Darboux {Systèmes triples orthogonaux, p. 3i2), on trouve qu'on peut prendre cosco =: cn(;' + pp^ -+- pj), sitl'jj = sn (/• -H pr^i -I- p,), r étant une fonction arbitraii-e de p. En partant de là, on peut aussi obtenir les équations du système triple en termes finis. Nous ne les écrivons pas pour ne pas allonger cette Note. GÉOMÉTRIE. — Sur des surfaces du quatrième ordre qui admettent un groupe infini discontinu de transformations hi rationnelles. Note de M. René Gar.mkr, présentée par M. (j. llumiierl. Les surfaces algébriques d'ordre inférieur à 4 admettent un groupe continu de transformations birationnelles. Il n'en est plus ainsi, en général, dès que l'ordre atteint 4; par contre, les surfaces de cet ordre fournissent, comme on le verra dans cette Note, des cas étendus très simples de surfaces possédant un groupe discontinu infini de transformations sans admettre de groupe continu. \. Le premier exemple d'une telle surface qui ait été signalé (' ) résultait des travaux de M. Humbert sur la décomposition des fonctions 0 (^); c'est (') PainleVé, Comptes rendus, 1 4 février 1898. (') HuMBEiiT, Comptes rendus^ 3i janvier 1S9S; voir aussi Jniirnal de Lioiiville, 5' série, t. \'I, p. 872. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. Io55 une surface de Kummer singulière. Plus lard, M. Hulchinsoii a indiqué • pour la surface de Kummer générale deux groupes de transformations ('). Il rapporte d'abord la surface à un tétraèdre de nœuds formant un qua- druple de Gôpel; il est alors loisible de choisir les rapports des coordon- nées Xi(i^ I, 2, 3, 1) de façon que la surface soit invariante pour la trans- formation S : a;^= a*:' . En la combinant avec les transformations analogues relatives aux autres tétraèdres de Gopel, on engendre un groupe qu'on montre aisément être infini (-). M. llutcliinson obtient un second groupe de la fa(;on suivante : la surface de Kummer correspond birationnellement à la surface du quatrième ordre 2, lieu du. sommet d'un cône du deuxième ordre passant par six points. En prenant quatre de ces points pour sommets du tétraèdre de référence, ce qui est possible de quinze fa(;ons distinctes, et en choisissant convenablement les rapports des coordonnées, on voit que la surface est invariante pour la transformation S. Mais, contrairement à la conclusion de M. Hutchinson ('), les quinze transformations qu'on obtient ainsi n'engendrent pas un groupe infini : je démontre qu'elles répondent aux quinze coUinéalions fondamentales de la surface de Kummer (dillë- rentes de l'identité j. 2. On peut rattacher le premier groupe de M. Hutchinson à la tJiéorie des systèmes linéaires de courbes tracées sur la surface de Kummer. Considérons deux familles de biquadratiques non associées. M. Humbert a montré que deux courbes, de familles différentes, passent par quatre nœuds de la surface et se coupent encore en deux points varial)les. Il est clair qu'on définit ainsi une transformation birationnelle T de la surface. Je démontre qu'en multipliant une coUinéation fondamentale convenablement choisie par la transformation T, on reproduit, si les nœuds forment un quadruple de Gôpel, la transformation S de M. Hutchinson. • Dans le cas où les nœuds forment un quadruple de Rosenhain, il résulte aisément d'une proposition de M. Darboux(') que les deux points variables (') Bail. 0/ llie Amer. Math. Soc, 2' série, t. MI. (-) Les coefficients £, y), Ç de M. Hulrtiinson lioivenl être mulli[)liés par i ^= \/ — 1 ; l'alisence de ce facteur détruit la symétrie remarquajjle du résultat, mais la conclusion reste valable : le groupe est bien infini. (') L'erreur de M. Hutchinson provient de ce que les formules de changement de coordonnées qu'il emploie modifient la forme de l'équation de la surface qui n'admet plus dès lors la transformation S. (*) Bull, des Se. matli., i''' série, t. I, p. 337. lo5f) ACADÉMIE DES SCIENCES. ont pour images sur la surface S deux: points situés sur une droite issue d'un des six nœuds del. L'étude d'une dégénérescence deïi suffit d'ailleurs pour montrer que le groupe de transformations qu'on engendre est, en général, infini. 15. Le mode de transformation précédent s'étend à toute surface du qua- trième ordre pourvue de n (S iÇ)) points doubles isolés. (L'existence d'une courbe double donne lieu, évidemment, à un groupe continu.) On obtient n transformations birationnellesde la surface en la projetant sur elle-même, d'un de ses nœuds comme point de vue; et la combinaison (pour «> i) de ces transformations engendrera un groupe G('). Il serait très intéressant de déterminer toutes les surfaces pour lesquelles G est fini. Il devra d'abord en être ainsi de tout sous-groupe G^^ qu'on en déduit en combinant les projections relatives;! deux nœuds seulement, A elB. Pour cliaque courbe G, du faisceau | G | des sections de la surface par des pians passant par A et B, on aura une relation de la forme 1)1 (il — (•) = 2Nw + 2N'w', en désignant par u la somme des valeurs de l'intégrale de première espèce attachée à G aux deux points de G confondus en A ; par c la somme analogue pourB; par 2co et '^co' les périodes de l'intégrale, fonctions, ainsi que m etc, du paramètre X de | G | ; par m, N, N' trois entiers nécessairement indépen- dants de A. Par suite, si G^u est fini, u — v est une intégrale de l'équation linéaire du deuxième ordre E à lacjuelle satisfont oj et co' considérées comme fonctions de X; s'il en est ainsi, on reconnaîtra si les coefficients de la relation entre u — v., w, w' sont entiers en étudiant les valeurs de X qui sont points singuliers de E. Il restera enfin à rechercher, ce qui parait difficile, si la multiplication des sous-groupes G^^ engendre un groupe fini. 'i. Il existe effectivement des surfaces pour lesquelles G est fini., comme le montre l'exemple remarquable de la surface dermique (n = 12). On voit aisément que les (ï^,, sont d'ordre G, et que G est d'ordre 96; il coïncide d'ailleurs avec le groupe des transformations linéaires de la surface (supposée non singulière). /m surface desniique possède d'ailleurs un groupe infini ; rapportée à l'un des trois tétraèdres de nœuds fondamentaux, elle admet la Iransforma- ("•) Pour la surface de Kummer, on retrouve ainsi la transformation de Klein. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. Io57 lion s ; la combinaison de ces trois transformations engendre un groupe infini, comme on le voit en considérant un point d'une droite desmique('). 5. On peut généraliser de deux façons le procédé de transformation indiqué plus haut (§ 3). Il s'étend d'abord immédiatement aux surfaces pos- sédant un faisceau de courbes de genre un. C'est précisément le cas étudié par M. Enriques (-). On peut également considérer les surfaces possédant n {> -i) faisceaux de courbes hyperelliptiques (ne faisant pas partie d'un même système linéaire). A chaque point M de la surface correspond son conjugué hyperelliptique dans la courbe de l'un des faisceaux passant par M. Tel est le cas d'une surface du quatrième ordre possédant deux cubiques (gauches). La droite joignant deu\ points correspondants est une corde de Tune des cubiques. GÉOMÉTRIE. — Sur les transformations birationnelles des surfaces du quatrième ordre à points doubles isolés. Note de M. L. Hemy, présentée par M. G. Humbert. Considérons la surface du quatrième ordre à D points doubles la plus crénérale (c'est-à-dire dont les coefficients sont supposés n'être liés par aucune relation autre que celles relatives à l'existence des points doubles); la recherche des transformations birationnelles de cette surface S„ est liée à l'étude des systèmes linéaires de courbes tracées sur la surface, puisque à toute transformation répond un tel système F, de dimension trois et de degré quatre, transformé des sections planes; or, la recherche générale des systèmes linéaires tracés sur la surface Sf, peut être résolue complètement par une méthode analogue à celle que nous avons indiquée dans une pré- cédente Note en vue de la détermination de l'invariant p. Nous nous bornerons, pour plus dé simplicité, au cas où le nombre des points doubles D est inférieur à six : je démontre que, dans cette hypo- thèse, la surface générale S,, ne possède pas d autres courbes algébriques que ses intersections complètes par des surfaces algébriques. (') Ce groupe est contenu dans un groupe de transformations hiunivoques obtenues |)ar M. Humbert dans Véttide de la représentation elliptique de la surface {Journal de Liouville, 4°série, l. VII, p. 376). La surface desmique paraît être ainsi la première qui ait été signalée possédant un groupe discontinu de transformations sans admettre de groupe continu. (*) Rendic. dell. R. Acad. dei Lincei, 5" série, t. XV. C. K.. 1909, 2- Semestre. (T. 149, N° 23.) ï4l lo58 ACADÉMIE DES SCIENCES. Ceci posé, tout système linéaire F est caractérisé par (D + i) entiers, à savoir le degré 4«, et les ordres de multiplicité 2/),, 2^21 ■ • ■ ) 2/^0 des points bases de la courbe du système, ces entiers vérifiant d'ailleurs la relation 2 n^- — p\ — fl — . . . — pl= -2, puisque le système F est supposé de degré quatre. Inversement, à un tel système linéaire F ne répond pas nécessairement une transformation de la surface; mais, en tout cas, il ne peut lui correspondre plus d'une transformation, abstraction faite des homographies que nous laisserons désormais systématiquement de côté. Parmi les transformations de la surface Sj,, nous envisagerons d'abord celles pour lesquelles les entiers /;,, p^, . . . , yç„ sont égaux, ou transforma- tions symétriques : on établit que, pour un nombre donné de points doubles, il ne saurait exister plus d'une transformation symétrique et Ton reconnaît aisément que, pour les surfaces générales à moins de six points doubles, il n'existe en fait que deux types de transformations symétriques : l'un, T,, associant les couples de points situés en ligne droite avec un point double; l'autre, T^, associant les couples découpés par les cubiques gauches passant par cinq points doubles de la surface; ces deux transformations ont respectivement pour entiers caractéristiques : T, « = 3 /^i = 4 T5 « = '9 /*, =/A = . . .=/>5 = I2 L'équation -in- = 2. n'admettant pas d'autre solution que «=i, il en résulte que la surface générale du quatrième ordre sans point double ne saurait posséder de transformation birationnelle (abstraction faite des homographies). La surface du quatrième ordre à un point double ne pos- sède qu'une transformation birationnelle, à savoir la transformation T,. Quant aux surfaces possédant plus d'un point double, elles admettent une infinité dénombrable de transformations résultant de la composition des transformations du type T, relatives à chacun des points doubles; je me propose d'établir, dans le cas où D est inférieur à 6, que toutes les transfor- mations de la surface peuvent se déduire de ia composition d'un nombre fini d'entre elles. A cet effet, une transformation T, d'entiers caractéristiques «,/),, . . . , p^ sera dite réductible par une transformation T', si le produit TT' est une transformation d'ordre inférieur à «; la condition d'irréductibilité s'exprime par une inégalité de la forme (I) an — t^^p, — bip^ — . . .— bi,pu^o, SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. loSg OÙ a, è, , . . . , ^n sont des entiers positifs. D'autre part, si l'on considère une courbe algébrique quelconque de la surface, d'entiers caractéristiques V, cî|, nTo, . . ., dn, il est manifeste que les entiers «,/>,, ■ ■ -, Po satisfont né- cessairement à l'inégalité (II) 2y/i — ro,jO, — 5T.2/>2 — • • •— 5îD/>n = o, dont le premier membre exprime la moitié du nombre des points d'inter- section variables des courbes du système F avec la courbe considérée. En définitive les entiers /i, />,, . . ., po correspondant à une transformation irré- ductible satisfont à un système d'inégalités des types (I) et (II). Si donc on considère les quantités—» —> ..-, comme les coordonnées d'un point dans un espace à D dimensions, le point représentatif de la transformation considérée T appartient, d'une part, à l'hypersphère et, d'autre part, est situé à l'intérieur on sur la surface du polyèdre convexe défini par les inégalités (I) et (II). Dès lors, pour démontrer que les transformations de la surface sont réductibles à un nombre limité d'entre elles, il suffit de démontrer que, pour une valeur suffisamment grande de «, l'hypersphère i^„ est exlèrieure au polyèdre considéré. En particulier, dans le cas de cinq points doubles, on est conduit à envi- sager le polyèdre défini par le système d'inégalités n — iîPu in =Pi+Pi+ Pi, 3n — i±Pi + Pi + Pi + p^-r Pi, et l'on reconnaît que ce polyèdre est tout entier à l'intérieur de l'hyper- sphère 1,; dès que n dépasse 3. On parvient ainsi au théorème suivant : Les transformations birationnelles de la surface générale du quatrième ordre à D points doubles (D <| G), qui sont en nombre infini, résultent de la composition d'un nombre fini de trans- formations, à S'H'oir celles qui associent les coup/es de points en ligne droite avec un point double et celle qui associe les coup es découpés par les cubiques gauches passant par cinq points doubles de la surjace. La démonstration précédente est basée sur la considération des systèmes Io6o ACADÉMIE SES SCIENCES. linéaires de dimensions trois : on pent envisager plus crénèralement les systèmes linéaires de dimension donnée K et l'on est conduit, par une méthode analogue, au théorème suivant : Les familles linéaires de dimension donnée K qu'on peut tracer sur la sur- face générale du quatrième ordre à D points doubles ( D <^ (j ), lesquelles forment une infinité dénomhrahle^ peuvent se déduire toutes d un nombre fini d'entre elles au moyen des transformations biralionnelles de la surface en elle-même. MÉCANIQUE. — Génércdisation de la formule de Willis sur les trains épi- cycloidaux. Note de M. Ravigneaux, présentée par M. H. Léauté. Willis a démontré que les trois membres connaxiaux A, B, C d'un train épicycloïdal avaient leurs vitesses angulaires a, /v, r, liées par la relation b — c C désigne le châssis portant le ou les axes des satellites; ce châssis tourne autour d'un axe que nous appellerons axe central du train. A et B désignent des roues dont l'axe est en coïncidence avec cet axe central. K (valeur positive ou négative, supérieure ou inférieure à l'unité) repré- sente la raison du train; c'est le rapport constant des vitesses angulaires a et b quand C ne tourne pas, c'est-à-dire quand le système n'est plus à pro- prement parler un train épicycloïdal, mais un équipage de roues dentées. L'objet de cette Note est de signaler que la formule ci-dessus est appli- cable quels (jue soient les organes désignés par A, B, C, et de montrer, par conséquent, qu'on peut désigner par K non seulement la raison du train, mais une des quantités ( i — K), ( i — r^ j ou leurs inverses. Celte proposition est presque évidente, mais il y avait intérêt à la for- muler, car les conséquences qui en découlent facilitent beaucoup les calculs d'applications. Il suffit, pour l'établir, de suivre le raisonnement qui a servi à l'établisse- ment de la formule de Willis, mais en supposant désignés par A et B deux organes quelconques du train se mouvant avec un rapport de vitesse angu- laire K, lorsque C reste fixe. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. 1061 Remarquons d'ailleurs que, dans la formule de Willis, Bpeut désigner la vitesse angulaire d'un satellite, quand le train ne se referme pas sur l'axe central. La généralisation que nous signalons reste, dans ce cas, exacte également. Nous pouvons alors formuler deux lois d'équivalence : . > Loi générale d'équivalence des trains épicycloïdaux. — Lorsqu'un membre quelconque A, B, ou C {rour renirak , satellite ou porte-satellite) d'un train épicycloidal restant fixe ou parallèle à lui-même, le rapport des vitesses angulaires des deux autres organes est K, il y a équivalence cinématique, au point de vue des rotations, entre ce train et un autre quelconque A', B', C établi de telle façon que l'un des trois membres A', B' coscp ^ la solution générale de l'équation (i) prend la forme ^= -r^\-T le--S' — r '■ y H ' 1 «-"Hsin ( 2 w/ -l-cp ) [*) André Lêauié, Comptes rendus, t. (jXLIX, p. 8^9. SÉANCE DU 6 DÉCÈMBIŒ 1909. 106 5 1° Influence de ta fréquence. — Supposons /„ el 0 conslaiits. On cherclu: quelle est en courant continu l'intensité nécessaire pour faire fondre le fil, et l'on en déduit la K valeur de yr; on a,' en particulier, pour un diamètre de o'"', 006 et une longueur de lo'^"', K C = 0,7. l'ar suite, on peut poser, en tenant compte des ordres de grandeur relatifs, (3 = — 2 5, • 9 = 0, ' et l'on est ramené à étudier l{e ^'-e--')- ■e--^'sin(2'.i0, qui est compris entre les dea\ quantités — t -s V e ■ — e^ et On voit donc que, du moins pour les décharges très rapides, l'augmen- tation de la fréquence provQ(|ue une diminution de la température atteinte par le fil, mais que cette diminution est très faible.. a" VariaÇion siini/tlaiiée de la fréiiucnce, de l'aniorli^scnienl et de l'aniplitiide. — ' Supposons que l'inteiisité i soit de la forme u 1=^ — - e "^sin 1/= .; — t\. 2 v/4r'^-ivp \V 1-': 4-C / Pour étudier l'influence de la self-induction .i,^siir la température du lil, on considère 2 d 1; ^ ' m'^ *■ " dont le maximum est compris entre les deux quantités K Y "^ K CI C et K C 20 I + ■' c" On établit que ces deux quantités croissent lorsque '^ diminue. . c. B., 1909, v Semestre. (T. 149, ^■' 23. ) 1^2 Io66 ACADÉMIE DES SCIENCES, Pour montrer qu'il en est ainsi, on est conduit à étudier la fonction -i- (IX - cette fonction est constamment croissante et varie de —x. à -{-y^, quand x C croit de o à + ac. Soit a?, la valeur de x t[m annule s; la valeur R t^x, est supérieure à celle que présentait dans les expériences la self-induction du circuit de décharge; il en résulte que la température atteinte par le fil croît quand la self-induction décroît. En résumé, lorsqu'un fil fin est parcouru par une décharge de condensa- teur, l'augmentation que Ton constate dans la violence de l'explosion, quand on diminue la self-induction, est due à l'accroissement simultané de l'amor- tissement et de l'amplitude du courant; la fréquence tend à produire un effet inverse. PHYSIQUE. — Sur le frottement intérieur des solides aux basses tempé- ratures. Note (') de MM. C-E. (iiYE et V. Prkeukhicksz, présentée par M. H. Le ('hatelier. Dans un travail antérieur, MM. C.-K. Guye et S. Mintz ( -) ont étudié, par l'amortissement des oscillations de torsion, le frottement intérieur d'un certain nombre de métaux, et cela entre des limites assez étendues de tem- pératures. Pour tous les métaux étudiés, le décrément augmentait très rapidement avec l'élévation de température. L'allure des courbes qui représentent ce décrément en fonction de la température présente même quehpie analogie avec les courbes de tension de vapeur, comme si tout ou partie du frottement intérieur était dû à la présence d'un nombre toujours plus grand de molé- cules libres susceptibles de domier lieu à un frottement soit entre elles, soit avec les molécules fixes (frottement analogue à celui des liquides ou des gaz). En présence de ces résultats, il était naturel de rechercher si le frottement intérieur ne serait pas une propriété qui tendrait à disparaître au fur et à mesure qu'on s'approche du zéro aljsolu, c'est-à-dire d'un état solide plus (') PréseiUée dans la séance du ay novembre 1909. {-) Arc/iù-es des Se. ptijx- et iial., l. XXV'I, 1908, p. iû6 el 263. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. JOÔ7 parfait. Quelques expériences préliniiuaires effectuées sur l'argent (') sem- blèrent confirmer d'abord cette manière de voir. Mais les expériences dont nous présentons aujourd'hui les résultats, tout en montrant le plus souvent ( ',) Aichii.es des Se. phyx. et nat., t. XXVI, 1908, p. 679. 1()(Î8 ACADÉMIE DES SCIENCES. une diminution considérable du tVollenienl intérieur, ont révélé cependant une coniplexilé plus grande dans Fallure des phénomènes. L'appareil, dans lequel on peut faire le vide, est représenté par la figure i ; le fil en expérience est disposé presque sans traction à la partie inférieure; les oscillations [i" à 2" d'amplitude ) sont enregistrées photographiquemcnt; les lils ont été recuits dans le vide entre 200" et Soo". En observant l'amortissement des oscillations sous l'action du iil de sus- pension seule, puis sous l'action simultanée des deux fils, on peut calculer le coefficient d'amortissement relatif au fil d'expérience. C'est ce coefficient C„, réduit au cas d'amplitudes infiniment petites, qui figure dans le Tableau suivant : ARGENT. ALU.MINIUM. OK. MAGNK.S1U.M. FKR. QUARTZ. Longueur.... 17"", q. 17"°, 3. tT",^- 17"", 3. 17»", .3. 17°", 3. Diamc-tre ()°"",6oo'i. o""°,ti8-]2. n""°, 608. (i"'"',59o4. o""",3oS.i. o°"»,6i2. C„ 55,78 54,84 21.40 62,26 1,165 rt X 10^ ii,3.>, 0,525 37,1 2,33 o » T i",8o8 3", 820 i",828 2", 554 3", 747 » Nxio"". ... 2,713 2,4o3 » 1,740 7>952 » C„ 33,02 13,86 7,506 18,60 0,3830 18,51 (?) <7 X 10^ i3,33 0,36 Ji,3 u,45o o 1,60 100" 50 N X 10-" 2,83.1 2,53o M i,8i8 7,964 2,209 i C„ 20.88 1,638 4,654 6,630 0,2510 0,971 0 j T i",770 2", 755 i",8i4 3",5o2 3", 736 i",4o7 (7 X I o" 7 > M) 'J 5,63 o o 4 , 69 80° ( T i",759 2",7i4 r',819 2", 488 3", 710 i",4o8 N X 10^" 2,872 2,610 » 1,840 8,1 33 2,a55 C„ 5,020 0,3116 4,462 4,490 0,1499 1,163 « X lo'^ 13,72 2,1 4 6,91 0,887 o i3,9 T i",724 2",670 i",8o5 2",445 3", 679 i",4i5 N X io~" 2,993 2,700 » 1,9'' 8,298 2,233 C 1,636 0,2030 8,126 8,128 0,08404 1,023 iQfi" ; " X 'O' 48,8 4,73 0.73 o o 1,93 "^^^ T i",694 2", 622 r',792 2", 402 3", 658 i",425 Nxio-" 3,170 2,8i3 >. 1,983 8,4o3 2,201 Cq coefficient d'amortissement réduit aux amplitudes infiniment petites; a coefficient de variation de C avec l'amplitude; T période d'oscillation ; N second module d'élasticité. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. 1069 Il résulte de ces chiftVes : i" Que, pour tous les points observés, l'argent, raluminium et le feront un coefficient C^ qui va en diminuant quand la température s'abaisse; pour l'aluminium en particulier, le coefficient C„ est i~j \ fois plus faible à la température de l'air Hrjuidc qu'à celle de l'eau bouillante. Il ne semble pas cependant (autant qu'on peut en juger par l'allure de cette décroissance ) que le coeflicient C^ tende à s'annuler au zéro absolu. Toutefois, lorsque l'amortissement est si petit, il devient difficile de savoir si une partie de l'amortissement n'est pas due à une communication de force vive aux supports du fil. 2° Pour le magnésium et l'or, le coefficient Co s'abaisse jusqu'au point — 80° pour se relever au point — 196°. S'agit-il là, comme pour le fera 200° ('), d'un relèvement passager de la courbe? Seules des expériences à température plus basse pourront en décider. 3° Pour tous les corps étudiés la variation de C,, avec l'amplitude est nette- ment linéaire ou nulle, mais le coefficient a ne suit pas toujours une marche parallèle à celle du coefficient Co (voir argent et aluminium). 4° Enfin tous les modules d'élasticité des métaux augmentent quand la température s'abaisse; pour le quartz, c'est l'inverse (pii a lieu. CHIMIE ANALYTIQUE. — Dosage de l'acide dithionique et des ditliionates. Note de M. H. BACiîKixv, présentée par M. Troost. Pour le dosage de l'acide dithionique, on ne connaît aucun réactif per- mettant de le séparer de ses solutions sous une forme appropriée pour une détermination docimasique. Dymond et Huglies (- ) avaient proposé la décomposition parla cljaleiir, en vase clos, de l'acide ou de ses sels en s(>liilion après addition d'acide chlorhydrique et de titrer dans le liquide le gaz sulfureux libre. Ashiey (') en 1906 a fait remarquer que cette méthode ne convenait pas à divers titres; elle n'oflVe, pai' exemple, aucune certitude au point de vue de la décomposition (') C.-E. GuYE et S. MiNTZ. Aux environs de -(-200° le décrément d'un fil d'acier passe par un minimum, puis par un maximum, pour décroître ensuite constamment lorsque la température continue de diminuer. Ce fait peut être constaté aussi bien pour des températures croissantes que décroissantes ; il révèle l'existence de transformations qu'il serait intéressant de mettre en évidence par d'autres propriétés physiques. (2) Chem. yVeiv.ç, t. LXXl. p. Si/,. (■■') ZeU.f. anorg. Cit., l. \A, p. 1 16. 1070 ACADÉMIE DES SCIENCES. complète. Il lui subsliliia l'attaque par l'acide sulfurique et recueillait par entraîne- ment dans une solution titrée d'iode, à l'aide d'un courant de gaz carbonique, l'anhy- dride sulfureux dégagé. A la fin de l'expérience, le titre nouveau de cette solution d'iode donnait par difTérence la quantité d'anhydride sulfureux qui y avait été oxjdée, par suite le poids d'acide dithionique décomposé. Il est évident que ce dernier mode de dosage, malgré les écueils qu'il présente, suffit souvent; il peut conduire cependant, pour de petites quan- tités notamment, à des erreurs relatives importantes. Aussi ai-je préféré, en oxydant l'acide dithionique, ramener le problème à un dosage d'acide sulfurique. Dans ce but, j'ai essayé l'action, en vase ouvert et en vase fermé, de l'eau régale ainsi que du chlorate de potasse en présence de l'acide chlorhydrique ou nitrique sur une solution à o, 4 pour 100 de dilhionate de soude pur Na-S-O^-i- 2H^0 et seulement légèrement effleuri. En t^ase ouvert (une fiole conique avec un simple verre de montre posé sur l'orifice), j'ai constaté tout d'abord que, même après 3 heures de douce ébullilion, l'oxydation était encore incomplète dans un mélange formé par 5o""' de la solution de dithionate (0^,2) avec 3o'"'' d'eau régale (à 2''°' d'acide nitrique et 1'*'°' d'acide chlorhydrique concentrés) ou avec 20""' d'acide nitrique (36" B') et addition de temps à autre d'un peu de KGLO' ; 20 pour 100 de l'acide dithionicjue étaient restés inaltérés. En vase clos, les résultats sont certainement meilleurs; cependant ils ne permettent pas non plus d'avoir la certitude absolue de pouvoir toujours réaliser l'oxydation totale. J'ai vérifié, en effet, qu'il y a intérêt à opérer en présence du minimum d'eau, car l'oxydation d'un poids donné d'acide dithionique par un même volume d'eau régale, préparée par quantités égales d'acides H Cl et NO' H concentrés, est d'autant moins complète que la solution de dithionate est plus étendue, puisque, pour le même temps de chaulTe, le poids de sulfate de baryum obtenu diminue avec l'augmentation de la dilution. La stabilité de l'acide dithionique est en effet beaucoup plus grande qu'on ne l'admet généralement. Ainsi, ayant dissous les 0^,2 de dithionate dans lo""' d'eau seulement, et ayant chauffé cette solution avec 24""' d'eau régale en tube scellé à 100" pendant g heures, le dosage de l'acide sulfurique (') formé n'a fourni (') Four ce dosage, avant de précipiter par le baryum, on a eu soin de chasser d'abord par évaporation au bain-marie la plus gi-ande quantité des acides HCI et NO'H, et ensuite de neutraliser par de l'ammoniaque la majeure partie de ce qu'il en restait. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. IO71 que 0^,3787 de BaSO' au lieu (') de 06,3960 que donne le procédé d'oxy- dation par voie sèche, auquel j'ai été conduit en présence de toutes les incertitudes inhérentes à la méthode par voie humide. Dans ce procédé par voie sèche, on ajoule à la solution exempte de sulfates et de sulfites, dont la séparation i)réalable est d'ailleuis facile, un niOlange à poids égau\ de nitrate et carbonate alcalins, de i:>. à i5 fois le |)oiils de rijyposulfate, qu'on |)eut déterminer approximativement par un essai préliminaire, en prenant le poids du résidu d'évaporation de ■?.''"' à .3'^"'' de la liqueur. S'il se produit un précipité, qui indique la |)résence d'un métal autre que l'un des métaux alcalins, on filtre et on lave. On évapore ensuite à siccilé, dans un vase de platine de préférence, placé sur une capsule de por- celaine. Vers la fin quand la masse s'épaissit, an diminue la llamme et Ton couvre l'orilrce du vase avec un verre de montre pour parer aux projections. En renversant à ce moment, sur le creuset de platine, un entonnoir qui lui constitue comme une étuve et le protège contre le refroidissement extérieur, on régularise la température de la masse saline et l'on aide à sa dessiccation. Lorsqu'elle est complète, ce qu'on reconnaît à la cessation de frémissement dans le vase de platine, on augmente à nouveau la température et Ion cliaufle à fusion pâteuse pendant 10 à i5 minutes. Pour le cas de grandes niasses, on peut même amener à fusion par l'action direcle mais ménagée de la flamme; et si la quantité de ditliionate est un peu notable, on aperçoit sous le verre de montre des vapeurs nitreuses, indice du phénomène d'oxvdation. L'avantage du verre de montre est de permettre de suivre l'opération, la température n'étant pas assez élevée pour déformer le vetre, puisi[u'il est inutile de dépasser 4oo° à /"po" au fond du vase à fusion. On reprend la masse par l'eau, et le liquide alcalin reçu dans une fiole de Bohème est acidifié légèrement par l'acide nitrique et chaulfé jusqu'à 100° pour chasser le gaz carbonique et les vapeurs nitieuses. 11 ne reste qu'à précipiter à chaud par le nitrate de baryum en léger excès. Le précipité filtré après plusieurs heures de repos est lavé séché, calciné et pesé. Par cette méthode, j'ai obtenu dans trois dosages successifs, portant chacun sur 5o""' de la solution de dithionate cristallisé Na-S^O* -l- 2H-'0 à o^,li pour 100, Ba S0'= oi'',3962 -^c-', Sgôg-^ ot-',3g6i . L'accord est assez parfait pour qu'on puisse tenir la méthode pour rigou- reuse. (') Le poids est un peu plus fort que celui que doivent fournir 0°, 2 de dithionate cristallisé et pur, parce que le sel était légèrement eflleuri. lO'-/2 ACADEMIE DES SCIEIVGES. CHIMIE MINÉRALE. — ChloroiHdates et chloroiridites d' argent et de thallium. Note de M. Marcel Delépine, présentée par M. A. Gautier. J'avais préparé des chlorosels d'iridium el d'argent ou de thallium ('), dans l'espoir d'en dériver directement les iridodisulfates correspondants; ce projet n'a pu être réalisé (-); par contre, les chlorosels en question ont par eux-mêmes fourni la matière d'observations intéressantes : un chloro- iridite d'argent est connu, mais la plupart des données qui le concernent sont inexactes. Par une circonstance heureuse, l'étude des propriétés des chlorosels de thallium, qui, eux, n'étaient pas connus, est venue étayer des opinions plus justes sur les sels d'argent. Chloroiridates. — On sait, d'après Glaus ('), (|ue l'action du nitrate d'argent sur le chloroii'idate de potassium est des plus remarqualjles; le mélange des solutions de ces deux sels engendre un précipité d'un beau bleu indigo qui pâlit rapidement et devient jaunâtre; le précipité final est du cliloroiridile d'argent IrCl'Ag'. Il est aisé, avec Clans, d'écrire l'équation globale IrCK'K'- H- 3 NCAg-H IH'^O = IrCl» Ag' + 2 NO^ K + NO'H + |0; mais il est permis de ne pas être d'accord avec lui sur l'explication de la coloration du début. Au nombre des hypothèses que Glaus a produites est celle-ci : l'Iiydroxyde d'iridium (qui est bleu) se précipite en même temps que du chlorure d'argent en lui communiquant sa coloration, puis il perd de l'oxygène pour passer à l'état de sesqui- oxyde et devient alors seulement capable de décomposer une partie du chlorure d'ar- gent pour former du chloroiridite. Glaus a fait encore, sous toutes réserves d'ailleurs, d'autres hypotiièses dont la plupart peuvent être démontrées expérimentalement inexactes et qu'il serait trop long de discuter ici. Il m'a paru hien plus simple d'admettre que le précipité bleu était le chloroiridate d'argent IrCl^Ag-, mais que ce sel, en raison de la facilité avec laquelle les chloroiridates passent à l'état de chloroiridites, pouvait réagir sur l'excès de sel d'argent (ce qui était le cas de Claus) : IrGl=Ag-^-(- NO'Ag = IrCI*Ag»-+- NO'' (soit ^0M^ + |0). Effectivement, si l'on opère avec des proportions de sulfate ou de nitrate d'argent coriespondant à IrGI''M^4- SO* Ag- ou 2N0^Ag, on oblicnl irn précipité bleu plus (') M. Dei.épine, Ihill. Soc. cliiin.. 4" série, t. 111, 1908, p. 7.58. (^) M. Delépine, Comptes rendus, t. GXLIX, 1909, p. 785. {'') G. Glaus, .l.f.prakl. Cliem., i'- série, t. XLII, iS^;, p. 3:',8. SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1909. 1073 durable, persistant ])lus iliiiie lieiiie en soluliim élenilue et plus de 2 jours en solution très concentrée. Malheureusement, ce précipité est si fin qu'on ne peut guère le récolter; toutefois, en présence de sulfate de potassium, on l'agglomère assez pour pouvoir le recueillir et l'essorer. Il sérail cependant difficile de l'avoir pur pour en faire l'analyse, car il se décompose spontanément; mais cette décomposition indique précisément la naluic du précipité; il suffit, en efl'el, de placer celui-ci dans l'eau froide pour le \oir peu à peu se transformer en cidoroiridite dargent jaunâtre, tandis que de l'acide cliloroii idique se dilVuse dans l'eau cl la colore de plus en plus. Si l'on se contente de laisser se décomposer sans filtration préalable le pré- cipité formé, par exemple, avec IrCl'''Na--f- SO' Ag-, on retrouve, après que le précipité bleu s'est métamorphosé, exactement le tiers de l'acide chloroiridique du chloioiridate. Le chloroiridate d'argent bleu a réagi alors sur lui-même, comme j'ai supposé qu'il réagissait sur le nitrate dans l'équation citée plus haut : 2lrCI«Ag^-r IrGl«Ag2 = 2lrCI«Ag'-|-IrCK'(soitIrCl«H^-hO). J'ai eu le soin de constater la présence réelle du gaz oxygène que Glaus avait seulement supposée. L'existence d'un chloroiridate d'argent bleu m'a paru bien plus naturelle encore, lorsque j'eus reconnu que les sels de thallium doimaicnt aussi un précipité d'une teinte autre que celle des chioroiridates alcalins (qui sont rouge brun a jaune en solution). Le chloroiridate de thallium IrCl^Tl- est formé de très petits cubes absolument opaques, insolubles; il est d'un vert l)leu très foncé, presque noir. Loisipi'on le produit en solutions étendues, il teinte le liquide en un vert bleu moins beau que le bleu indigo fugace du sel d'argent, mais permanent et assez intense pour constituer une nouvelle réaction colorée des sels thalleux et des chioroiridates. L'acide chlor- hydrique bouillant le dissout en le décomposant en chloroiridite thal- leux Ir(]l''Tl' qui cristallise par refroidissement, en même tenqis que du chlorure irideux reste en solution. L'ammonia((ue le décolore à froid. Cldoioiridites. — Suivant Claus {loc. cit.), le chloioiridile d'argent se changerait au contact de l'ammoniaque en une poudre cristalline jaune verdàtre ayant encore la coinposilion IrGI''Ag-'. En réalité, il se forme un chloroiridite d'argent-diammonium de couleur olive, IrGI''( NH'. NH'Ag)'. Comme ce sel perd à peu près toute son am- moniaque par chaull'age, il suffit que Glaus ail cherché à le dessécher pour avoir re- li'ouvé la formule primitive. En perdant son ammoniaque, le ciiloroiridite perd aussi sa belle couleur olive et prend la teinte terreuse des chloroiridiles en poudre fine; il prend aussi celte teinte à l'air, bien qu'il gard alors une partie de son ammoniaque. C. R., 1909, ■>.' Semestre. (T. 149, N° 23.) 14^ I074 ACADEMIE DES SCIENCES. L'acide chlorhydrique décompose le chloroiridite d'argent avec formalion de chlorure d'argent et de chlorure irideiix. Le chloroiridite de thalliura IrCl^Tl' s'obtient sous forme de poudre olivâtre pâle, soit par les réactions citées plus haut, soit plus simplement en décomposant un chloroiridite Irimétailique par un sel de thallium soluble. Il se dissout dans environ 100 parties d'acide chlorhydrique bouillant et en cristallise par refroidissement en belles lamelles d'un vif éclat bronzé; il est insoluble dans l'eau. L'acide nitrique bouillant lui arrache un tiers de son thallium en le transformant en chloroiridate vei t bleu foncé. En résumé, si les chloroiridites d'argent et de thallium ont les couleurs des chloroiridites alcalins, il n'en est plus de même des chloroiridates qui ont des teintes bleues au lieu des couleurs rouges ou brunes des chloroiri- dates alcalins. Ceci paraîtra moins extraordinaire, si l'on se rappelle que les bromoiridates alcalins sont bleus aussi ('). CHIMIE GÉNÉRALE. — Calcul des poids atomiques : solution de l'équation de condition. Note de M. G.-D. Hinrichs, présentée par M. Georges Lemoine. Soient (") £ l'écart (en millièmes de l'unité) du poids atomique; e l'excès analytique et A la variation (en unités de la cinquième décimale du rap- port R); alors l'équation de condition sera ie A := looe. Soit m le nombre des éléments dans la réaction ; la méthode ex œquo donne (') BiRNBAUM, Ann. der Chcin. iind Pharin., t. CXXXIII, i865, p. i6i, et Gitbiir, D. client. G., t. XLII, 1909, p. 390D. {^) Mêmes notations que dans la Note du 28 juin 1909, page 1762 : « La donnée expérimentale est la moyenne p des ra/iports analytiques des deux poids/? et (j déterminés par le travail de laboratoire (par exemple chlorure d'argent et argent ). » Les formules chimiques P et (^ des composés de poids p et q donnent le rapport aiowjy«e K en prenant dans ces formules \es poids atomiques ai,vo/«5 ( en nombres ronds). Pour l'accroissement de 0,1 de chacun des poids atomiques, ce rappoi t R s'ac- croît de la variation A.... » L'excès analytique e est la dilTérence (p — R). » On appelle c l'écart entre le poids atomique trouvé et la valeur absolue (en nombres ronds, soit pour le chlore et l'argent les nombres 35,5 et 108). » SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. pour chacun de ces éléments l'écart 1075 m A Dans une comparaison des déterminations diverses pour le même élément, on détermine finalement les erreurs constantes. L'équation de condition étant une indéterminée, il est impossible d'en déduire une solution directe; mais par des tâtonnements incessants nous avons enfin obtenu une solution simple et assez générale pour satisfaire la pratique. Prenons comme exemple les résultats des quarante-deux déterminations du rapport (AgCl : Ag) faites depuis Berzélius et dont nous avons donné les valeurs (Comptes rendus, t. CXLV, 1907, p. 58-6o). Nous en présentons ici le graphique complet. On voit comment les déter- minations se sont graduellement approchées de la limite MON (poure = o). ngr— >- /o;.*/ lo^.^a '07.^1- io8.o<. los^r /o«..^ /OA .-r 2 0 s ~> 1 0 G. Hinr Lrh.5. *6SZ ""'■ Ag = IOg,* jiA^ -30 , ji^^f-" • i ' * ' »-t,* r t au-ation de ConcUéian. 1 ^3^-j^ a à^^^^^ V ^-""^^ -si.--' "-«^ lOi .^0 (OT^o lOS.oo lOS.'o /o». ILvH Tout les points de chacune de ces droites parallèles satisfont à l'équation de condition correspondante ; mais on comprend aisément que les continua- tions infinies de ces droites, en dehors du quadrant AOB, n'appartiennent pas au problème chimique. Nous n'avons que les lignes tirées de OA à OB à considérer. Nous trouvons ainsi les quatre solutions suivantes : Solution 1 : sur l'axe OA, en posant oc=;0 (Ag); c'est jeter toute l'erreur sur le chlore (;;). 1076 ACADÉMIE DES SCIENCES. Solution II : sur l'axe OB, en acceplanl ^ ^ O (Cl ) et jetanl loule l'erreur sui- l'ar- gent {x). C'est l'une ou l'autre de ces deu\ solutions extrinics que l'on a employée avant nous. Solution m : sur la ligne OP, perpendiculaire sur la direction du système de droites parallèles, ce qui donne la moindre dislance de l'origine () {Comptes rendus, t. CXLV, 1907, p. 717; Moniteur scientifique, 1907, p. 788). Solution IV : surla ligne OQ, la bissectrice qui divise tous les triangles (comme aOb) en deux parts d'égale surface (le nombre d'éléments étant deux). On voit aisément que les écarts ^' et i' et les paramétres Oa et Ob proportionnels aux variations A donnent le même produit, remplissant ainsi la condition de la métlioile ex œquo {Comptes rendus^ t. CXLV, 1907, p. 60; t. CXLVIII, 1909, p. 1762). Les paramètres Oa et Ob sont le double des écarts trouvés .■ Oa= 2H', Ob = 2^'. On tire la droite ab, laquelle doit passer ])ar le point q (^', ^'). Ainsi on trouve les solutions eœ œquo (IV) sur OQ. Tirant la perpendi- culaire OP sur le système des parallèles, on a le lieu des solutions III. Conclusion finale. — Les solutions vraies de l'indéterminée sont donc comprises entre les limilos III et IV, c'est-à-dire dans le champ POQ. L'optimum de précision. — La distance PQ (ou mieux l'angle POQ) dépend de l'angle OAP et sera nulle pour OAP = 60", c'est-à-dire pour l'égalité des variations de x et de z. Dans ce cas, la solution de l'indé- terminé est unique et de la plus haute précision, la réaction chimique étant très ais;uè. Réactions émoussées. — Plus l'angle OAP diffère de 60", plus la distance PQ entre les solutions III et IV sera considérable. Enfin l'écart devient réellement indéfini et il sera impossible de déterminer le poids atomique avec précision. Exemple : le tellure (Lenher) (voir Hinrichs, Comptes rendus, t. CXLVIII, 1909, p. 4i^4-485). CHIMIE MINÉRALE. — Sur la nécessité de préciser les réactions. Application à la réduction du sulfate sodiquc par le charbon. Note de M. A. Coi.sox, présentée par M. Georges Lemoine. Dans une récente Communication (^Comptes rendus, t. CXLIX, p. 786), M. Baubigny me reproche d'avoir, à l'article Argent du Traité de Moissan, indiqué « qu'à l'ébullitioii un excès de sulfite alcalin dédouble l'azotale d'ar- gent en sulfate et métal libre », et il signale un autre mode de décomposition analogue à celui que M. Spring a découvert en étudiant les hyposulfites i SÉANCE DU G DÉCEMBRE I909. 1077 des métaux lourds. Je n'ai certainement pas contrôlé par de nouvelles expé- riences les travaux cités dans mon article bibliographique, mais j'en ai indiqué les sources, de sorte que la responsabilité des faits ne doit pas m'êtrc imputée. Toutefois, j'admets avec M. Baubigny que l'on généralise parfois trop vite les réactions chimiques, et cela d'autant plus volontiers que, depuis longtemps, je m'élève contre Timprécision de certaines réac- tions classiques. Je rappelle à ce sujet que j'ai montré (') que la formule qui exprime le déplacement des oxydes métalliques parla potasse en excès SO'M 4-2K0H = S0'K= -i-M(0H)2 dépend des conditions de l'expérience ; si le métal est du cuivre, du zinc ou du manganèse, on peut obtenir des sels basiques qui impliquent une polymérisa- tion des bases, soit par une valence métallique supérieure à 2(0 : Zn = Zn : O), soit par fixation spéciale de Tacidesulfurique sur l'oxyde divalent (M — - O). Même dans le domaine de l'analyse élémentaire, les chimistes expéri- mentés constatent des nuances dans les réactions caractéristiques; ces nuances, qui sont dues à la température, à la proportion des corps réagis- sants, etc., impliquent une perturbation dans la réaction. C'est ainsi que j'ai trouvé qu'une dissolution étendue d'hyposulfite sodique ne dépose pas toujours du soufre en présence d'acide chlorhydrique. Versé goutte à goutte lentement dans ce réactif bouillant, le soufre réagit aussitôt sur l'acide sulfureux résultant de la décomposition, et il l'oxyde : SO^-H2H2 0-hS = SO'I1-^-4- 11-S. En somme l'histoire de nombreux corps usuels est incomplète et ne répond plus aux exigences de la Chimie actuelle. Je prendrai comme exemple le sulfate de soude. Lorsqu'on veut savoir dans quelles conditions ce sel esl réduit par le charbon, on ne trouve rien de précis siii- celte opération, si importante en Cliimie et dans l'industrie. La température de réduction et l'allure de la réduction sont mal précisées. Berthelot indique bien 1000°, mais il constate l'intervention de la silice des récipients. I^our éliminer cette cause de perturbation, j'ai repris l'élude de celle question en chauffant dans un canon de fu^il protégé par une gaine de charbon des mélanges de sulfate sodique sec et de noir de fumée calciné. (') Coinpli's rendus, avril et jiiillcl 11104. I 078 ACADÉMIE DES SCIENCES. Que l'on parte du im'^lanfije Na-SO' l- ■.! G destiné à (léi,'ager GO' ou du mélange Na'SO' -H 4 t' destiné à fournir l'oxyde de carbone CO, j'ai constaté qu'au-dessous du |)(iliil de liisioii do l'ai'genl, c'est-à-dire au-dessous de grio", la réaction est peu sen- silili' ; laiidls qu'à celte tenipéraliire les déconiposilioiis sont rapides et uniformes ( ' ). Pour iSk de sulfate sndique, le mélanfje SO* IVa' + 9.Cj dégage constamment pendant 1") à To niiniittîs iSo'""* de gaz piM' seconde; tandis que le mélange SO'Na'4-4C en dégage environ Vo''"' par seconde dans les mêmes conditions, (]es cliidres qui n'ont rien d'absolu, et qui dé|)endeiil de la perfection des mélanges, montrent sim|)lenieiit que la secimde réaction est plus ra[)iil(' que la |)r(!miére. (ielte rapidité ])lus grande tient non seulerucnl au plus grand iiombie de points dt^ contact entre le cliarbon et le sel, mais au l.iil ipu^ la léaclion priiiripiilc ipii pniiiil élrc \i'rs (jTjO" : iVa'-SO'H- ^(■: = Na=S+ ...CO- esl ln>ul)léi' par Texcès de cliai bon. Celui-ii translnrine le gaz CX)'- en un Milunie (IomIiIc (l'oxyde de carbone: ('.()5-(-(;=-.(;0. l'în clli'l ! anidvsi^ des ga/. inonlie que la pioporlion en \ohuiic des gaz dégagés CO'- ,, i^ dépasse vi."> |)our iod dans le cas SO'* l\a^ -H atî. Au contraire, avec le mélange SO' Na- -H '.*C celli" lencur tombe à 5 pour 100. Voici les atialvsc's de ga/, préb'vés, pendant une niariMic iniifornic. vers (^ISo" : UiSbiil. Miliuii. Fiii. CA )' pour 1 00 8,5 '1 5 (^0 piinr 100 yo <)i ()0 A/, pour 100 20 6 5 Dans ce Tableau, la foite proport inii de ga/. caiboiiii|uo iiuislalée an début lient probabli'ini'nl à r(v\\gén(' de l'^iir que leiiferrnait le tniie. Il n v a pas de dillérences sensibles d'uni' (qieralion à une aulie. l'.ii I'csiiiik'', la (|(''Ciini|i(isili(in ilii siiU'alc s(i(ll(|iii' [lai- le noir de riiiii(''(>, |)(Mi .sensible aii-tlessdiis do ^iii", osl rapitlo ol uuiroriue à celle leiiipéiatnfe quelle ([ue soil la jiropurlion <\e cliarhon. Avec un excès de charbon, /|(-, 70 pour loo (le sulfate sont rlécomposés en uo niinules el la vitesse de la i-éaelioii aiii^iuenle lapidemeiil a\ee la teiiipéialiire. (M 1-e tel- dn luiu' a peu d'iiiIhuMice. car la léaclion se l'ail aus>i en cienset brasqué; mais le nu'lal est attaqué; c'est pourquoi je n'ai pu me sci\ir de la pince éleitriipie, et m'en tenir à la température de la fusion de l'argenl prise pour repère. SÉANCE DU () DÉCEMBRR 1909. IO79 CHIMIE PHYSIQUE. — Sur la règle des phases. Noie de M. J.-A. Mui.i.i;r, présentée [)ar M. A. Ilaller. Dans une Note publiée récemment dans les Comptes rendus (aoùl iQo;), p. 449), M. Bonloticli élève contre la déiiioiislralioii, (|iie j'ai (lomiéc du p.s, un cas intéressant, dans la distribution géographique des Poissons d'eau douce de l'Europe occidentale. La faune de ces êtres montre, surtout en ce qui concerne le midi de la France, une dualité manifeste. La région sous-pyrénéenne, malgré quelques ressem- blances, diffère de l'alpine; la première est privée de plusieurs espèces qui existent dans la seconde, et, en revanche, possède des formes à elle parti- culières, que leurs caractères autorisent à considérer comme synthétiques et résiduelles. En résumé, les Pyrénées, pas plus que les Alpes, ne sont en cela des barrières zoo-géographiques. La faune du bassin du Rhône offre avec celles de l'Europe centrale et du nord de la France des affinités indiscutables, alors que sa correspondante du Sud-Ouest ressemblerait plutôt à celle de la Péninsule ibérique. T^e massif ancien des Cévennes constituerait la limite de séparation. .l'ai poursuivi ces investigations, en les étendant aux y\inphibiens urodèles, dont la dépendance est étroite vis-à-vis du milieu aquatique. Les plus caractérisés en ce sens, parmi les Molge (Triton) sont les représentants de la section des Euproctes, qui habitent les Pyrénées, la Corse et la Sardaigne. Ce groupe esl discuté : plusieuis auteurs lécents, uolanimeiU liedriaga et VVolterstorlT, lui ont consacré des études délailiées. Deux opinions se présentent à son sujet : selon l'une, les formes du type E nproc Itis ào'wnnl entrer, sans plus, dans le yenre Molge^el s y incorporer, n'ayant pas de valeur supérieure à colle des espèces ordinaiies de ce genre; selon l'autre, elles ont une qualité qui leur est spéciale et doi\eiit s'assembler en un sous-genre distinct. A mon avis, celte seconde opinion seraitjus'.e. Il conviendrait même de l'accentuer, et de considérer ce groupe comme ayant une valeui- générique complète. Les caractères invoqués par les auteurs, tirés des détails secondaires de l'organisation et de l'œcologie, seraient insuffisants à cet elTet, s'ils existaient seuls. Le caractère principal, selon moi, doit être pris dans la structure des téguments, aisément appréciable sur des coupes. Parmi les espèces propres au genre Molge, les unes ont les téguments SÉANCE DU () DÉCEMBRE I909. Iog3 lisse?, d'autres les ont graniilciix on verniqiicux. D'habitude, les auteurs se bornent à ces constatations. Or, les granulation? et verrues superficielles des Molge sont liien des papilles cutanées, dont la substance comprend toutes les parties de la peau, épidémie, derme et glandes. Mais telle n'est pas la disposition des Eiiproclus. Les granulations existent toujours chez ceux-ci, couvrant les téguments entiers avec une régularité et une uniformité que les3/o/o-fine montrent pas. (]es granulations sont hautes, coniques, dures; elles justifient, par leur présence, le qualificatif spécifique cW/sper donné à l'une des espèces. Enfin, et comme disposition la plus importante, elles équivalent à des papilles constituées par l'épiderme seul. Leur substance consiste essentiellement en un amas compact de cellules épidermiques. Leur valeur est celle d'une formation triclioïde. Aussi reviendrai-je ulté- rieurement sur leur structure, en raison de leur signification ipiant au système des pbanères des Vertébrés. Les auteurs décrivent au ^'enie Euproclus trois espèces, selon le-> trois zones ac- tuelles de lépartilion : E. asper Dugès, des Pyrénées; E. nionlanus Savi, de la Corse; E. ftiisconi Gêné, de la Sardaigne. J'incline à considérer ces trois espèces comme n'en faisant qu'une, à l.ujuelledoit se réserver le nom le plus ancien .• E. Riis- coni Gêné. Les dilTérences invoquées sont minimes. En examinant une série d'indivi- dus provenant des Pyrénées, on retrouve, chez plusieurs, la plupart des caractères mentionnés comme propres à ceux de la Corse et de la Sardaigne, et tous les passages vers les dispositions liabiluelles. Inversement, la séiie de Corse concorde avec celle des Pyrénées, même sous le rapport de la taille : un individu de Corse mesure 127'"" de longueur. Il faut chercher, sans doute, la raison d'une telle constance et d'une aussi faible capacité de variation dans l'uniforniité d'habitat. L'éthoiogie des trois espèces est identique. Les Euproctes fréquentent les eaux froides d'altitude, dans les régions montagneuses, surtout entre 1000"' et 2000'". Ils vi\ent dans les petits lacs et les tor- rents, mais préfèrent ces derniers, et aussi bien dans les Pyrénées qu'ailleurs. Le genre Euprocte, selon les conditions si remarquables oii on le ren- contre aujourd'hui, avec ses trois localisations distinctes, séparées entre elles par la mer comme par des plaines basses, doit donc être considéré comme le survivant d'une faune ancienne qui occupait autrefois un péri- mètre plus étendu, dont les ellondrements méditerranéens ont submergé la majeure part. li'indication fournie par lui corrobore celle que donnent les Poissons des eau.v douces. Les Pyrénées appartiennent à la région ibé- rique, jadis raccordée à l'Afrique septentrionale, comme le fut également le massif sardo-corse. Aussi retrouve-t-*on, à notre époque, quelques ves- tiges d'une faune d'autrefois, circa-méditerranéenne, qui habitait les eaux. I094 ACADÉMIE DES SCIENCES. douces du relief continental placé à rouesl comme au su,d de la Méditer- ranée ancienne, et qui s'est maintenue, par ségrégation, dans certaines régions limitées, jadis liées, aujourd'hui séparées. ZOOLOGIE. — Diagnoses préliminaires d' Acinétiens nouveaux ou mal connus. Note de M. lî. Coi.ux, présentée par M. Yves Delage. Je veux ici caractériser brièvement, par leurs traits essentiels, quelques Acinétiens inédits qui seront décrits et figurés bientôt dans une étude d'ensemble sur ce groupe d'Infusoircs. Ce sont : 1. Acineta truncata n. sp. — Slyle court; loge en cône renversé el Ironqué obli- quement, remplie presque en entier par le corps; la partie spéciale offre une surface concave hérissée de nombreux tentacules de loni^ueur décroissante à mesure qu'ils sont plus près du centre. Mer; sur Copé|)odes. 2. Acineta craterellus n. sp. — Pédoncule creu\, s'évasant insensiblement en une loge conique qui protège la base du corps; celui-ci est ovoïde, un peu comprimé, avec deux, éminences latérales obtuses portant les tentacules. \ acuole contractile antérieure ; noyau ovalaire subcentral. Mer; sui' Bryozoaires. 3. Acineta constricta n. sp. — Style massif, rectiligiie ou llexueux, iiiséié dans une excavation hémisphérique de la face inférieure de la loge; celle-ci, arrondie, à section transversale elliptique, porte vers le haut un èlranglement particulier sur les faces latérales. Le bord supérieur tranchant donne passage à une rangée de tentacules peu nombreux, comme chez A. einaciata Maupas. Reproduction par un embryon interne à nombreux rangs de cils dirigés obliquement. Mer; sur les poils des pattes de Pagurus cuanensis Thompson. l. Acineta cothurnioides n. sp. — Coque cylindroconique. pédoriculée, ouverte en haut et terminée par un bord libre. Corps en poire allongée, adhérent par sa base, por- tant à son extrémité pointue, supérieure, cinq ou six tentacules. Mei' ; sur Copépodes. Il sera peut-être nécessaire de créer pour celte forme et quelques autres (.4. calijc Schrôder, A. solenophryaformis Sand, etc.) une cou|>e générique nouvelle, caracté- risée par la présence d'une coque sécrétée, à bord libre, remplaçant la loge des autres espèces. Je propose le nom de Thecacineta n. g. 5. Acinetopsis canipanulifor mis n. sp. — Loge brièvement pédonculée, campanuli- forme, à section hexagone, ornée de six côtes longitudinales saillantes et presque entièrement remplie par le corps dont le sommet proéminent porte cinq ou six tenta- cules très longs, très contractiles, sans cesse en mouvement. Mei'; sur Copépodes. 0. Rhynchophria palpatis n. g. n. sp. — Style plutôt court, massif; corps ovalaire allongé avec une face plus plane et l'autre plus convexe (d'où symétrie bilatérale : ce cas est extrêmement rare chez les Acinétiens adultes). La face aplatie du corps porte vers le haut une petite fossette d'où sort par instants un tentacule unique, reraar- SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE I909. lOgS quablement long et terminé en entonnoir, s'agitanl et explorant en tous sens, puis disparaissant tout à coup. Eau douce; sur Hydropinliis piceiis L. 7. Dactylophrya loscovita n. g. n.sp. — Style court; corps j)iriforme avec ébauche de loge à la base et portant à son extrémité supérieure élargie environ i5 digita- tions en forme de bouteille (caractéiistiques du nouveau genre) surmontées chacune d'un court tentacule capité. Mer; sur Hydraires, à RoscofT. 8. Opliryodeiidron reçersum n. sp. — Cor})S porté sur un pédoncule sinueux; forme elliptique, très comprimée latéralement; le sommet souvent tronqué peut bourgeonner à la fois i à 3 vermiformes. Noyau ovoïde; tentacules rarement visibles, unis en un faisceau serré, dirigés vers le bas. Mer; sur Copépodes. 9. Hallezia Jiuckei (Kent sp.) ne peut conserver ce nom : Sand a créé le genre Hallezia pour des Acinéliens dépourus de loge, (ixés par un « bouigeon cyloplas- mique ». Or, H. Buckei possède une loge véritable; elle est fixée directement par Textiémilé inférieure atténuée de celle-ci et devra constituer, avec certains Acineta auxquels manque également un style proprement dit (.-1. linguifera Cl. et L., A. (irceolala Stokes, etc.), un nouveau genre intermédiaire entre les genres ^c//ie^a et Solenophrya. Je propose le nom de Pe/iacinela n. g. GÉOLOGIE. — Le quartz secondaire des minerais de fer oolithique du Silurien de France el son remplacement en profondeur par du fer carbonate. Noie de M. L. Cayeux, présentée par M. H. Douvillé. L'analyse, tant chimique que minéralogique, des minerais oolitliiques siluriens de notre pays accuse la présence d'une proportion souvent élevée de silice, dont une partie figure à l'état de grains de quartz d'origine secon- daire. Tout minerai de fer oolithique silurien se décompose en oolithes noyées dans un ciment d'importance variable, et le plus souvent à l'exclusion de débris organifiues, recoiniaissables à première vue. Aucun de ses éléments essentiels n'échappe au phénomène de quartzificalion. Le quartz secondaire des oolithes a son gisement favori au centre des corps oolitliiques sur remplacement des noyaux. Le même gîte réimit une série d'oolitlies dont les unes ont un nucléus de quartz et les autres un noyau de sidérose, avec une infinité d'intermédiaires entre les deux types. Le quartz apparaît d'abord au sein des noyaux de fer carbonate, à l'état de menus éléments qui s'accroissent peu à peu et finissent par prendre toute la place de la sidérose. Il est rare que ce dernier minéral ait été éliminé dans sa totalité ; de petites inclusions tantôt clairsemées, tantôt innombrables, lopô ACADÉMIE DES SCIENCES. sont restées au milieu du quartz, coniiiic autant de témoins de son origine secondaire. Le développement du quartz, dans la portion des oolilhes caractérisée par une structure concentrique, est un phénomène peu répandu. J'ai noté tous les stades d'envahissement entre le grain de petite taille et l'agrégat qui épigénise le corps oolithique tout entier. La silicification des oolithes aboutit, mais très rarement, à la genèse d'ovoïdes de quartz d'une seule et même orientation optique. Le quartz secondaire est représenté en éléments delà taille des grains de sable dans le ciment d'un nombre très notable de minerais. Leurs dimensions uniformes, la régu- larité de leurs contours et jusqu'à leur répartition donnent le change, au premier abord, sur leur origine. I>es nombreuses inclusions qu'ils renferment toujours, telles que la sidérose, la bavalite, le fer oligiste et d'autres encore, empruntées sans exception au\ minerais dont ils font partie, ne laissent aucun doute i[iiant à leur origine à la fois secondaire et in situ. Lorsque la quartzilication de la gangue est poussée très loin, les grains de quartz, au lieu de rester isolés, se soudent et donnent naissance à de petites plages de quartzile. Le quartz ([ui envahit ainsi toute la roche, avec une apparence parfois élastique, est non seulement d'origine secondaire, mais tardive. Le fait ressort indubitablement de la nature même de certains minéraux qu'on y trouve englobés et de ses relations avec les différents composés ferrugineux qui l'entourent. Le quartz secondaire emprisonne de la pyrite de fer et delà limonite qui sont par excellence, et dans tous les gîtes étudiés, des minéraux formés sous l'influence d'actions météoriques ; de plus, il moule tous les éléments avec lesquels il est en contact, y compris la pyrite el la limonite. Deux faits sont désormais acquis : une grande quantité de quartz secon- daire s'est substituée à de la sidérose, et l'épigénie en question est à ce point tardive que le cjuartz a pu s'incorporer, dans les minerais de surface, des substances comme la limonite dont la genèse réclame le concours des eaux superficielles. Ceci posé, étudions la distribution verticale du quartz dans un gisement tel que celui de La Ferrière-aux-Etangs (Orne). Au voisinage de la surface, les grains sont relativement nombreux; dès qu'on s'en éloigne, on les voit se charger de sidérose en quantité d'autant plus grande que la profondeur augmente. Ils cèdent bientôt la place à des éléments de sidérose avec inclu- sions de quartz; celles-ci se raréfient peu à peu, et à une centaine de mètres du sol les grains de quartz sont en majeure partie remplacés par des grains de sidérose; il y a même à cette profondeur des échantillons qui ne sont plus du tout quartzilîés. La teneur en qiiariz secondaire esl donc neltement SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1909. 1097 fonction de la distance à la surface. Tel est le fait important mis en lumière par l'analyse micrographique des minerais non métamorphiques de la pres- qu'île armoricaine. Il en découle une conséquence praticjue qui est la conclusion naturelle de cette note préliminaire. La disparition progressive du quartz secondaire en profondeur sera compensée par un enrichissement équivalent en fer carbonate. Les récentes éludes auxquelles je me suis livré me permettent d'affirmer qu'il en sera de même pour tous les minerais siluriens non méta- morphiques de l'Armorique. M. G. HvvERT adresse deux Notes intitulées : Nouveau iHspositif pour i expertise rapide des eauv d'alimentation et des couches ou terres filtrantes suspectes, et Contribution à la synthèse des alcaloïdes. A 4 heures un quart, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures un quart. Ph. V. Th. BUI.I.RTIV BIBLIOGRAPHIQUE. Ouvrages rkçus dans la séa>cf, du 22 novembre 1909. Paul Fliclie (183C-1908), sa vie et ses œui'res, par Ch. Glyoi, avec un portrait liors texte, \ancv, Berger-Levrault et C'=, 1909; i fasc. in-8". (i^ré^enté par M. R. Zeiller, au nom de M"" veuve Paul Flich;;.) Cours du Collège de France : Leçons sur le calcul des variations, professées par J. Hadamard, recueillies parM. pRÈCHEr; t. I : La variation première et les conditions du premier ordre. Les conditions de l'extremum libre. Pari?, A. Hermann et fils, 1910. (Préseolé par M. Darboux. Hommage de l'auteur.) Le Mont-Saint- \'lichel au péril de la... terre, par Marils \ aciion. Paris, Plon- Nourril et C'^, [1909J; l fasc. in-^". (Pi'éseiité par M. Darboux..) C. R., 1909. 2- Semestre. (T. 119, N« 23.) l46 109S ACADÉMIE DES SCIENCES. Hei'tie des Cours el Conférences; i8'' annoe, 1 ''^' i^érie, année scolaire itjog-iriio, n" 1. iS novembre 1909. Paris; i fasr. in-8". Mcmoircs de la Société d' Agriculture. Commerce^ Sciences et Arts du départe- ment de la Marne: 2'' série, l. XI, 1907-1908. Gliâlons-sur-Marne, 1909; 1 vol. in-8°. Dominion aslrononiical Observatory : Report of the chief astronomcr, for tlie vear ending march 3i, 1907. Ottava, 1908; i vol. in-8°. Ephenierides astronomicas para o anno de 1910, catculadas jiara o nieridiano do Beat Observatorio aslronomico da Unii.'ersidade de Coinibra. Coïnibre, 1909; I vol. in-8". Astrononiische Abliandlungen der Hamburger Slermvarte in Bergedorf, lierausgegel). v. Diiektor, D'' R. Sciioiiii; Bel. I. Hambourg, 1909; i vol. in-4°. Verô[f'enllicliungen der kôni^lichen Sternivarte zu Bonn, lieraiisgegeb. v. Di- recktoi- Fbiediiich KûST.neh, n° 9. Bonn, Friedrich Cohen, 1909; i fasc. in-4°. Annales de l'Observatoire royal de Belgique: nouvelle série : Physique du Globe; l. I\ , fasc. 2. — Annales astronomiques ; l. XII, fasc. 1; travaux publiés par les soins de G. Lkcointe, directeur scientifique du Seivice astronomique. Bruxelles, Hayez, 1909; 2 fasc. in-4°. Aslrononiical and magnetical and meteorological observations niade of the Hoyal Observalory, Greemvich^ in the years 1905-1906, uiuler the direction of Sii- W.-H.-M. Christik, Astronunier royal, lîdiinbourg, 1907-1908; 2 vol. in-4". Photo-lieliograpliic resulls 1874 to i885, being sup/dementary results from pho- lographs of the Sun tai;en at Creenwich, al Harvard Collège., Ll. S. A.., at Mel- bourne, in Iiidia, and Maui ilius, in the years 187^ to i885 : and measured and rcduced at llie Hoyal Observalory, Greenwtch, iinder the direction of Sii- ^^^-H.-M. Chbistie, .\strononier royal. (Appendlx to the Greemric/i Observations, igoS.) Edimbourg, 1907; l vol. in-4°. Greemvicli photo-heliographic resulls, 190.5. lùlimbourg, 1907; : fasc. in-Zj". Astrographic Catalogue, 1900. Greeinvich Section; t. II. Dec. -i- 72° to -h 90". Edimbourg, 1908; i vol. in-4°. Observations of the planet Eros 1900-1901, for détermination of the solar paralla.r, from photographs taken and measured at the Royal Observatory, Greenwich, iinder ihe direction of Sir William-Henry-Mahoney Christie, Astronomer royal. Edimbourg, 1908; i vol. in-4°. Annals of the Cape Observatory: t. II, paits o and 6; t. XII, part 1; pub. under the diiection of Sir Davi» G11.L, his Majesty's Aslionomer al the Cap of Good Ho|)e. Edimbourg, 1907; 3 fasc. in-4°. Catalogue of 1680 stars for the equinox 1900,0, from observations made at the Royal Observatory, Cape of Good Hope, during Itie years igoS-igoô, under ihe direction of Sir David Gill, with introduction by S. S. Hough. Edimbourg, 1907; I fasc. ir.-4°. Astrographic Catalogue 1900,0, Oxford section, dec. -^ 2^° to -h 32°, from pho- tographs taken and measured at the University Observatory, Oxford, under the direction of Herbert Mali, Tiirner, Savilian Professer of ,\sironomy ; t. I-l\ . iildim- bourg, 1906-1908; 4 fasc. in-4°. SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1909. IO99 Meteorological oOsenalions at stations of tlie second order, for tite year igo5 ; with frontispice map. Edimbourg, 1909; t fasc. hi-4°. Memoirs of the Geolo,^tcal Survey of India; l. XXXVII, paris 1-3 : The man- ganese-ore déposas of India, by L. Lek.h Fermor. Calcutta, 1909; 3 vol. in-4°. Atli délia Fondazione scientifica Cagnola, t. XXII, anno 1909. Milan, 1909; Ouvrages reçus dans la séance du 29 novembre 1909. Remarques sur les Dipsacacces. par M. Ph. van Tieghem. {Annales des Sciences na- turelles, 9" série, t. X, p. i38-200, 1909.) Paris, Masson et C'"; i fasc. in-S". (Hom- mage de l'auteur.) Traité élémentaire de Chimie, par L. Troost, Membre de l'Institut, et Ed. Pé- CHARD; id" édition, eiitièrenienl refondue et corrigée, avec 5^8 figures dans le texte. Paris, Masson et C''", 1910. (Hommage des auteurs.) Bref och skrifvelser af och til Carl von Linné, med undersiod af Sveni-ka staten, utgifna af Upsala Universitet ; Fiirsta afdelningen, del III. Slockliolm, 1909; i vol., in-S". IwavvTiî Aa/J-Kp/ zat zo Epyyj :ts'j, par A^avtzcrtsî E. Taay.y.'/MZOi. Athènes, 1909; I fasc. iii-8°. Problèmes et exercices de Mathématiques générales, pai- E. Fabry. Paris, A. Herniann et fils. 1910; i vol. in-8°. Nouvelle méthode de prévision du temps, par Gabriel Guilbert, avec une préface de Bernard Bruniies. Paris, Gauthier-Villars, 1909; i vol. in-8°. (Présenté par M. Violle, pour le Concours du prix Victor Raulin de l'année 1910.) Traité général de Viticulture : Ampélographie, publiée sous la direction de P. ViALA et V. Vermorel. Tome I : Ampélographie générale, par Pierre N'iala. — Tome VU : Dictionnaire ampélographique, par Pierre Viala. Paris, Masson et C'°,. 1909, 1910; 2 vol. in-4". (Présenté par M. Guignard.) La cure radicale de la hernie inguinale. Leçons professées à l'Hôtel-Dieu, par le D''Lucas-(>hampionnière; avec 53 figures dans le texte. Paris, G. Steinlieil, 1909; i vol. in-8°. (Présenté par M. Guyon.) Les eaux minérales, milieux vitaux. Sérothérapie arti/icicdle et balnéothérapie tissu laire par leur injection dans l'organisme, par C. Fleig, avec 16 figures dont f5 hois texte. Paris, A. Maloine, 1909; i vol. in-S". (Présenté par M. Bouchard.) La Pisciculture en France de i884 à 1900 .• L'aquarium du Trocadéro. L'ensei- gnement municipal de pisciculture. Les Sociétés de pêche; l'initiative privée, par le D'' JoussET DE Bellesme; Ouvrage précédé du rapport d'ABEL Hovelacque et d'une lettre du D' H. Thulié. Paris, J.-B. Bailliére et fils, 1909; 1 vol. in-8°. (Présenté par M. Henneguy.) Analyses agricoles : Terres, engrais, fourrages, produits des industries agri- coles, pai- R. Guillin; introduction par le D'' Regnard. Paris, J.-B. Bailliére et fils, 1910; I vol. iM-12. (Présenté par M. Th. Schlœsing.) IIOO ACADEMIE DES SCIENCES. Denlmchriflen rier kaiserlichen Akademie der IVissenschaflen. Mathematisch- nalurwissenschaflliclie Ivlasse; Bd. LXXXIV, 1909. Vienne, i vol. in-4°. Memorias de la Real Academia de Ciencias exactas, fisicas y nalttrales de Ma- drid. Tomo XV : Woluscos terrestres y marinas de Espana, a,^/„.<7,,) = const. Soit maintenant S une fonction des q^ cl dcs/j^, définie par l'équation aux dérivées partielles de sorte que dS dS c/r/,, dpi, et dépendent en outre de n constantes arbitraires y) (autant que de degrés de liberté); posons 16) ■^'=dyr d'où ( 7 ) dS^lp^ dq,, - 1 ,-/, dp,. + lx' dy. \jQ second membre de celle égalité est une différentielle exacte, si les pi, SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. Il 07 sont regardés comme des variables indépendantes et, a fortiori^ si les yo^ sont supposés liés aux p^ P^r les relations linéaires dont nous avons parlé. En rapprochant (7) de (2) on voit que (8) ■ JS, = i7, 9, to, ■/, 4», G, 0; et, en introduisant notre fonction S et ne faisant pas varier les constantes y'^ , on aura (10) dS — ^d^^ + Gdx-h&d6-^dW-,^dQ. Il faut alors déterminer $, G, 0, '\i et co de façon que le second membre de (lo) soit une différentielle exacte et que T(9,+,e,w,x,«I>,G,0) se réduise à une constante'; la solution doit dépendre de trois constantes arbitraires. On y parviendra en faisant i d/^const., &jr=const., G = const., (il) ' ( <1> =; G cosi}^ ^ consl., 0 = Gcosw = const. ; ce qui introduit bien trois constantes arbitraires indépendantes G, $ et 0, et qui donne S = 4>(p 4- G-/ + 05 — ']^ir' — wl2, ^ G^ , (A-OO»-^ 2 A 2 AG (A et C sont les deux moments d'inertie de la Terre). Les conditions (i i) signifient que OP est l'axe des moments de rotation; et l'on en conclut Les variables $, G, 0 jouent le rôle des v', donc o = -^, y et 0 joueront le rôle des x'; les six variables forment donc un système canonique; et l'on a pour une fonction F* = T + U quelconque dt '^ d¥' dG' 7/7 ~ dV* de dt ~~ dF* d&' dG dF' f/a> dF- d& __ dF' dt ~ d-,' dt ^ ^,' dl ~ dO ' )ur le problème appr oché simple où F = T, on a dt d'ï G = ./G = A = <=""^ t-, f/9 _ dT dt ~ do '' A-C ^ 2AC du gaz contenu dans le compartiment p. Pour appliquer cette méthode de zéro aux cas où l'excès de pression peut se produire indifféremment en a ou en p, il suffit, les pressions étant d'abord égales de part et d'autre, d'appliquer à la lame une tension électrostatique déterminée; toute variation dépression entrahie alors la nécessité d'aug- menter ou de diminuer le voltage pour ramener la déformation à sa valeur initiale. Les tarages de la lame pourront, s'il y a lieu, être exécutés en reliant les SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. III7 valeurs d'une série de pressions électrostatiques convenablement graduées aux déformations correspondantes. Pour estimer ces dernières, il est commode d'utiliser un dispositif réfrac- tométriquc. Celui qui est indiqué sur la figure est constitué par une chambre claire de Govi dont une face est mastiquée dans la paroi extérieure de la cellule a. On observe alors les franges d'interférence produites par la super- position des faisceaux lumineux émis par la source S et respectivement réfléchis sur LL' et sur le miroir M. L'image de ce miroir par rapport au plan mi-argenté GG' du prisme de Govi joue naturellement le rôle de plan de référence. On peut, sans difficulté, réaliser des appareils fondés sur le principe que nous venons d'indiquer et dans lesquels une pression de 0,23 dyne par cen- timètre carré correspond à un déplacement d'une frange. Comme il est tout aussi aisé de fixer sur une lame de celluloïd une demi- argenture, on conçoit qu'en employant un miroir demi-argenté pour former la paroi postérieufe de p,il deviendrait possible d'appliquer à l'observation des déformations les belles méthodes interférentielles de MM. Fabry et Perot. ÉLECTRICITÉ. — Décharge des inducteurs. Influence du condensateur pri- maire et de la longueur de l'étincelle. Note (' ) de M. E. Caudrelier, pré- sentée par M. Bouty. J'ai, dans une Note antérieure (-), exposé une théorie qui, par des consi- dérations toutes différentes de celles qu'a développées Klingelfuss, rend compte de la présence de stries clans l'étincelle de décharge des inducteurs. Je me propose d'établir que cette théorie permet d'expliquer toutes les expériences par lesquelles Klingelfuss avait cru démontrer l'exactitude de son interprétation, et que, de plus, elle n'est pas, comme celle de Klin- gelfuss, en défaut dans le cas des étincelles courtes. I. J'étudierai en premier lieu l'influence de la capacité primaire sur l'écartement des traits lumineux. Les équations relatives à la période d'ionisation par chocs rfX (In dt (It ^ (') Présentée dans la séance du 6 décembre 1909. (^) Comptes rendus, 32 novembre 1909. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N- 24.) 1^9 ITt8 ACADEMIE DES SCIENCES. ne sont pas intégrables, mais on peut, par des Iransformalions géométriques, en déduire des résultats iiUéressanls. Discussion géomélriijue. — Considérons, parmi les courbes qui satisfont à l'éqiia- lion did'éreiilieile ./\ _ / — KPmX du ~ rtLQ/iX- celle (C|) qui passe par le poinlM, correspondant à l'étal électrique de l'air au moment où le potentiel disruptif est atteint. On voit aisément que la courbe C, est asymptote à ri]V|)erbole H(/ — KPnXr^zo) dontelle se rapproche rapidement. Iiijliicnce du courant i. — Désignons par cf. la quantité i + -r- et par C^ une courbe passant pai- M et ayant pour équation difTérentielle dX _iG'.~\'= /i(3 % X'-— \ S' dans laquelle j3 est égal à i -+- -y- permet d'établir la relation Intervalle entre deu.r traits lumineux. — Quand X est inférieure à X^, les équa- tions du milieu ionisé deviennent L— - — — K«X, dl \ aL'-^=zi-\i.Vn\. ' dl Le système (3) fournil, pour déterminer la variation du temps T s'écoulanl entre SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. I H9 deux trails lumineux, la relation Donc, Nq— N, étant négatif, (fT et //i sont de signes contraires. Comme la difl'érence de potentiel aux bornes d'un inducteur et par con- séquent aussi l'intensité moyenne du courant secondaire varient en raison inverse de la capacité primaire ('),'û résulte de la relation (4) que l'écarte- ment des traits lumineux doit croître et décroître en même temps que la capacité priiuaire. Cette dépendance, dans laquelle Klingelfuss avait cru voir la preuve de la justesse de sa théorie, est donc une conséquence directe des équations du milieu ionisé. II. Étudions de même l'influence de la longueur de l'étincelle. L'égalité (4) montre que, pour une variation donnée de la capacité piimaire, dj est trautanl plus grand que la quantité L Nt-N„/. , N,-N„ IN, V N„ a une valeur plus élevée. En désignant par 0 la résistance de l'étincelle, par R la résis- tance des conducteurs secondaires et en tenant compte des relations (1) et (2). on par- vient à établir que (/m est égal à Ni— A„r I / 0 \ N il en résulte donc que ro croit avec L. dL Ainsi, si l'on considère deux inducteurs identiques, sur le secondaire des- (juels sont intercalées deux coupures de longueur différente, à uno v.ination donnée de la capacité primaire correspondra, dans la plus longue étincelle, une modification de l'écartement des stries lumineuses plus considérable que dans l'étincelle courte. Conclusions. — l">u résuiué, cette théorie permet d'expliquer : i" que dans le cas de courtes étincelles, l'écartement des traits lumineux reste atuoiutc-* ment constant, lorsqu'on modifie la capacité primaire; 2" que la aisiauce ue ces traits lumineux varie d'une façon très appréciable, quand il s'agit de longues étincelles. (') kLiN(iELFiss, Ann. der Phys., 4° série, t. V, p. 858 et 8.'>9. II20 ACADEMIE DES SCIENCES. Au contraire, la théorie de Klingelfuss prévoit une variation de Técarte- ment des stries qui serait à peu près indépendante de la longueur de la cou- pure et j'ai montré précédemment (' ) que cette conclusion n'est pas conforme à l'expérience. PHYSIQUE . — Sur la variation de la conductibilité du verre avec la température. INote de M. Louis Dunoyer, présentée par M. Villard. Il est une foule de circonstances où l'emploi du verre comme isolant entre une électrode reliée à une paire de quadrants d'un électromètre sen- sible et un anneau de garde est particulièrement commode, à cause des pro- priétés spéciales du verre [température élevée du ramollissement, possibi- lité de souder le platine pour construire des tubes à vide, transparence, etc.j. Les études antérieures sur la conductibilité du verre ayant été faites en créant dans le verre un cliamp électrique élevé, il m'a paru intéressant de reprendre la question au point de vue spécial que je viens de signaler, c'est-à-dire en soumettant le verre à un champ électrique très faible. Dans une même perle de cristal lavée à l'acide cliromi((iie et à l'eau distillée sout soudés deux fils de platine dans le prolongement l'un de l'autre (distance des extré- mités i3™™); l'un des (ils est relié au sol et l'autre à une paire de quadrants d'un électromètre Curie. Sur l'échelle placée à i'" environ, la déviation de l'aiguille pour I volt est de Sô"^"". L'un des plateaux d'un condensateur, relié à la même paire de qua- drants que le platine isolé, permet de mesurer la sensibilité à une variation de charge; une vitesse de déplacement de l'image de i™" par seconde correspond à un courant de 3.iO~" ampère environ. La perle de cristal, avec le tube de garde relié au sol, qui l'entoure, est placée dans une ètuve chaufiee électriquement. A une température donnée, on isole la paire de quadrants reliée à la perle, et l'on donne au système isolé une certaine charge de manière à faire dévier l'image d'une vingtaine de divisions; le champ dans la perle de cristal ne dépasse donc pas 0,5 volt par centimètre. On suit avec le chronomètre le retour au zéro de l'image. Si l'on porte en abscisses les temps et en ordonnées les logarithmes des déviations, on constate que la courbe obtenue est rigoureusement une droite. Si la déviation est a, on aura donc loga = logao— /.^ d'où (') Comptes rendus, lo mai 1909. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. II2I Soient d'autre part V le potentiel du système isolé à l'instant t, v celui de l'aiguille, y la capacité de l'aiguille entre les quadrants par unité d'angle, 1, A et T les constantes de l'électromètre; on a d'où , d- (X . dx ., -^ ( I A- - A A- ~(- T) £-'•' = V„ e-'- 2yv Soit(jr la charge portée, à l'instant t, par le système isolé. Si Ton appelle C la capacité totale de ce système quand l'aiguille est au zéro, on a dr/ = Cd\ + y{\—i')dx. Mais V est de l'ordre du 7^ de c; on peut donc' écrire lit ~ V t; d\' ) dt ' 'V c; v„ Or la quantité -j est égale et de signe contraire au courant total de fuite. On voit que ce courant est proportionnel à la différence de potentiel sous laquelle il se produit, c'est-à-dire que la loi d'Ohm s'appfique et qu'û y a lieu de considérer une londurtihilifé bien définie. Dans les expériences effectuées antérieurement (') avec des champs au moins 100 fois plus intenses, on observait une variation très rapide de la conductibilité avec la durée de la charge; elle tombait par exemple au tiers de sa valeur quand la durée de charge passait de 10 secondes à 1 minute. Ici au contraire la courbe expéri- mentale qui représente loga en fonction de t est une ligne droite sur un intervalle qui peut dépasser 10 ou 12 minutes; or le coefficient iingulaire de cette droite, k, est proportiounel à la conductibilité, dont la variation reste par suite absolument insensiijle pendant cet intervalle. Ces expé- riences suggèrent donc ([ue les conditions d'étude des diélectriques seraient beaucoup mieux définies, à un certain point de vue, si l'on opérait toujom s dans des champs très faibles. Quelques expériences m'indiquent toutefois que la diminution de conductibilité avec l'augmentation de la durée de la charge se produit aussi dans les champs faibles, mais d'une manière beaucoup plus lente. La courbe représentant la variation avec la température du coefficient k (') En pailiculier M. J. Curie, Ann. Chini. PItys., ë"^ série, l. \\'III. 1SS9, p. i^\. II 22 ACADÉMIE DES SCIENCES. proportionnel à la conduetibilitA montre que cette conductibilité reste extrêmement faible jusque vers i5o". La diminution apparente qui se manifeste de i6° à i5o° correspond au fait que le verre est mieux desséche. L'isolement ne le cède en rien, vers i5o", aux bons isolements par l'ébo- nite, entre électrode isolée et anneau de garde. Il est assez intéressant de constater, sur la forme de la courbe, avec quelle rapidité extrême la conductibilité augmente entre i8o° et 220". Elle rend alors tout isolement par le cristal absolument illusoire, avec l'emploi d'un êlectromètre aussi sensible que celui (jui nous a servi. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur la réduction des pesées au vide appliquées aux déter- minations de poids atomiques. Note de MM. Pu. -A. Gl've et N. Zacha- RiADÈs, présentée par M. Georges Lemoine. En revisant les calculs de nos observations antérieures (' ), nous avons constaté une cause d'erreur inhérente à ce genre d'expériences qui n'a pas été prise en considération jusqu'à présent. Le précéden-t résumé de nos observations doit donc être rectifié de la façon suivante ; ce résumé est complété par neuf observations nouvelles : Sels Krreur en poudre. sur 100^- KCI 111 S .. i3 KINO'. . 7 N.ir,i 3.5 Mscr^. i5 UaL-l- . . 21 K Ul O-* . I a MnCl-.. . . 24 NiCl=... 21 KBr... lO C0CI-. . .. . 16 cdcr- 16 Sels en poudre. CuSO''. ZiiBr-.. BaBl•^. BaGl-.. SrCI^ . SrBr^. As NO'. NiBr'.. CdBr-. C0B1-. Ag^SO' AyCl . . CuO .. Erreur sur 1Û0«. rog I I 12 12 l3 7 7 .j 9 5 3 5 3 Voici comment ces résultais sont obtenus : le récipient de verre servant à la pesée Sel en grains NaCI. Sels en cristaux. KCl NaCI KCIO^ .. Sels fondus. KCl iNaCl KBr AsBr Métal granulé. Ak Erreur sur lOO*-. 6 7 (') GuïE et Z.iCHARUUÈS, Comptes rendus, l. GXLIX, 11 octobre 1909, p. SgS. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. II 23 des cor|js pulvérulenLs est muni d'un robinet tenant le vide; il est pesé successivement, dans l'air : 1° vide d'air; 2° plein d'air; 3° contenant le sel et de l'air; 4° contenant le sel et vide d'air. Soient P^ P.,, P3 et P4 les poids apparents dans l'air fournis par ces quatre pesées; le poids apparent du sel dans l'air est (P3— Po); il est réduit au vide, par le calcul, au moyen des formules usuelles fondées sur la connaissance des densités du sel, de l'air et des poids. D'autre part, le poids réeldans le vide est (P4 — P,) — /<. oi\ p représente la perte de poids dans l'air des poids marqués. Pour rendre les résul- tats comparables, la différence entre le poids réel dans le vide el le poids réduit au \\Ae par le calcul eil ensuite rapportée à loos de sel pesée; elle est donnée en railli- gi-amm«s. Dans nos expériences, les poids réels dans le vide sont toujours supérieurs aux poids calculés. Cela provient de ce que la uiéthode usuelle de pesée avec réduction au vide par le calcul comporte, dans le cas des corps pulvérulents, deux causes d'erreur de sens inverse : 1° on pèse, avec le sel, l'air condensé à la surface des grains et faisant corps avec eux, de sorte que le poids apparent (P3 — Pj) est trop fort, comme l'a signalé Marignac; 2° on utilise, pour le calcul de la correction, la densité usuelle du sel, qui est bien supérieure à la densité moyenne des grains pulvérulents entourés d'une petite couche d'air adhérent; de ce fait la correction donnée par le calcul est trop faible. Avec les corps généralement eu poudre fine sur lesquels nous a\ons opéré, la seconde cause d'erreur l'emporte sur la première {'). Nos obsefvalions rectifiées confirment nos précédentes conclusions sur l'ordre de grandeur des erreurs commises en réduisant au vide, par le calcul, les pesées de corps pulvérulents. Bien que ces erreurs soient plus }>etiles avec les sels fondus ou cristallisés, elles affectent certainement de nombreux rappoi^ts atomiques classiques qu'on a l'iiahitude de calculer à , „„\,„;; ou même à ,„„^„,j„ près (!). Dan-s un grand nombre de cas elles doivent atteindre le j^vôi- Il en résulte que pour des déterminationsatomiques précises il conviendra, dans l'avenir, de déterminer toujours, par l'expérience, la correction de réduction au vide, ou même d'effectuer réellement toutes les pesées dans le vide. Il est enfin à craindre qu'une erreur du même genre, bien que plus faible, résulte de la condensation de l'air sur la surface des poids marqués.; c'est une question qui fera l'objel de nos i''tudes ultérieures* (') Ces deux catises -d'erreur de sens inverse expliquent 'les données contradicloires résultant de quelques observations antérieures publiées sur ce sujet : Mangn.ic {Œuvres, t. I, p. 90) indique que la correction de réduction au vide est plus grande par le calcul que par l'expérience; Slas, qui la vérifiée dans le cas du chlorure d'am- monium ( OEuvres^ t. I, p. 477)> confirme cette observation; MM. Richards, Kothner et Tiède indiquent le contraire dans leur récent Mémoire sur le rapport ( AgCl : NII''CI) {Journal of the american cliemical Society , t. XWI. 1909, p. i3). II24 ACADÉMIE DES SCIENCES. CHIMIE PHYSIQUE. — Sur une i-elalion entre l' absorption et la phosphorescence. Note de M. L. Bruningiiais, transmise par M. A. Haller. Il résulte principalement des travaux de M. G. Lecoq de Boisbaudran et de M. G. Urbain que les corps phosphorescents les mieux connus sont des solutions solides étendues d'un phosphorogéne dans un diluant. La remarque a souvent été faite que les substances phosphorogènes, auxquelles paraît devoir être rattachée l'émission de lumière, sont générale- ment absorbantes, tandis que les diluants sont transparents dans les limites usuelles d'observation. On peut supposer, pour cette raison, qu'il existe une corrélation entre le spectre d'absorption d'un phosphorogène donné et son spectre de phosphorescence. Le présent travail a été entrepris dans le but de rechercher dans quelle mesure cette hypothèse est exacte. Pour cela, on a d'abord comparé les spectres d'absorption et de phospho- rescence de diverses terres rares, soit d'après des tableaux et planches de spectres publiés par M. G. Urbain (') (pour l'europium, le gadolinium, le terbium, le dysprosium, le praséodyme et l'erbium), soit d'après des mesures personnelles, relatives au samarium, dilué dans divers composés calciques. Le même travail a été poursuivi ensuite sur les phosphorogènes usuels, en utilisant d'anciennes observations de M. Lecoq de Boisbaudran, complétées par quelques expériences personnelles. Voici les résultats de cette recherche, brièvement résumés (l'exposé détaillé en paraîtra pro- chainement dans un autre recueil) : L Terres rares. — On sait que les spectres de phosphorescence et les spectres d'absorption de ces substances sont discontinus, et formés de bandes généralement étroites. On distingue dans les spectres des régions d'absorp- tion (formées de groupes de bandes d'absorption), séparées par des régions de transparence. On distingue de même dans les spectres de phospho- rescence des riions d'émission, séparées par des régions obscures. Lorsqu'on passe d'un composé à l'autre d'un même élément rare, les régions d'ab- sorption conservent toujours dans le spectre les mêmes positions moyennes. Et il en est de même des réglons d'émission. (Les modifications spectrales consistent seule- ment dans des variations de position et d'intensité des bandes, à l'intérieur de chaque (') G. Urbain, Journal de Chimie phrsi'/iie, 1906, n°^ k, .ï et 6; A/in. de Chim. et de Phys., 8' série, t. XVIII. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. 1123 groupe dont les limites restent fixes, ce qui rend légitime la comparaison de l'absoip- tion d'un composé avec la phosphorescence d'un composé différent du même élément, si l'on ne prétend comparer que les groupes de bandes, et non les bandes considérées isolément.) Ceci posé, voici les faits, très importants au point de vue de la phospho- rescence, qu'on observe : 1° Les régions moyennes d'émission sont généralement peu éloignées des régions moyennes d'absoiplion ; 2° Les régions d'émission ne coïncident pas avec les régions d'absorption, mais au contraire se placent dans des reginns de transparence (soit entre des régions d'absorption, soit en dehors de la région absorbée du spectre), c'est- à-dire qu'il y a généralement alternance entre les groupes de bandes d'ab- sorption et les groupes de bandes de phosphorescence. (Quelques exemples éclairciront ces conclusions, forcément un peu trop schéma ticjues : Praséodyme. Spectre d'absorption ( \ bandes comprises entre les longueurs d'onde 481 du nitrate. ) et (\\\. Spectre de phosphorescence ) , , ,. ... ■ /.„ . /o , ,, , , , , I- bandes distribuées de oeo a 407. de 1 oxyde dans la chaux. ) Evtjuiin. Spectre d'absorption ( 3 groupes de bandes : 1° de 479 à 'i;' \ 2° de 420 a 409; du nitrate. ( 3° de ''|o5 à 889. Spectre de phosphorescence ( 4 groupes de bandes : 1° de G5o à 48*^; 2° de 'lôo à de l'oxyde dans l'ytlria. ) 4^2; 3" 4o6 ( liaiide uni(Hie); 4" de SyS à 354. Dvsprosiurn. Spectre d'absorption j i bande forte de 7.56 à 730; 1 moyenne de '\&o à 46t5; du chlorure. ( i forte de 456 à 446; 8 bandes de 43o à 3 16. Spectre de phosphorescence ( 20 bandes de 67,") à 47<)-7: • bande de 469 à 166,5; de l'oxyde dans la chaux. j i bande à 454- Terbiiiin. Spectre d'absorption \ i bande faible à 488; i bande 882, 879; 9 bandes, du chlorure. ( les plus fortes du spectre, de 871 à 801. Spectre de phosphorescence ) „ , , , „,, . ,„ 10 1 j 1 /o- • 5 „ ^ . , , , , , 28 bandes de 633 a 489; 38 bandes de 4o3 a 372. de I oxyde dans la chaux. ) C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N° 24.) l5o 1120 ACADÉMIE DES SCIENCES. Samarium. . / Bandes non groupées aux longueurs d'onde suivantes : Spectre dabsorption ^ ^^^^^^ ^^ 529à453; 443, 4>7, ^07, 4o3, 890, dun.trate. | 375,362). / 6 lîandes, les plus foites du spectre, de 6a8 à 558; Spectre de phosphorescence I , , jr^c-ct: uj j//or ' , f^, '^, , ' ). bandes de 5o5 a 55o; 7 bandes de 44° a 419; de loxyde dans la chaux. | ^ , , 1 , / • 0 •^ ' o bandes de 4o4 a ^79- II. Éléments usuels. — Les résultats relatifs aux phospliorogènes usuels corroborent pleinement ceux qui précèdent, .l'ai pu faire en eflet cette remarque très générale, que ces corps sont phosphorescents dans une nuance peu difTérente de leur couleur par réflexion ou transparence, ce qui revient évidemment à dire encore (jue les zones spectrales de phosphorescence s'intercalent entre les zones d'absorption. Ainsi les sels de manganèse, dilués dans les sels correspondants de calcium, les rendent phosphorescents en rouge ou en vert, plus rarement en jaune, et l'on sait que les sels de manganèse sont très généralement rouges ou verts. Au reste on a vérifié, lorsque c'était possible, que la phosphorescence rouge (phosphate calcique, ou chaux manganésifère) était due à un composé rouge (oxyde rouge de manganèse) et la verte (fluorure, ou borate réduit de calcium manganésifère) à un composé vert (oxyde manganeux), la phosphorescence jaune étant attribuable à un mélange d'un composé rouge et d'un vert (sulfure calcique manganésifère phosphorescent en jaune plus ou moins verdàtre, selon l'état de réduction plus ou moins complète des polysulfures rouges au monosulfurc vert). De même M, Lecoq de Boisbaudran (') avait observé que le sesquioxyde de chrome se dissout en rouge dans l'alumine (rubis), et la phospho- rescence des rubis (alumine chromifère) est rouge; que, dissous dans la chaux, il y prend l'état vert, et la phosphorescence résultante est verte. On peut faire des rapprochements analogues pour le fer, le cuivre, l'an- timoine, etc. Il y a donc, dans les cas envisagés, une relation très simple entre l'ab- sorption et la phosphorescence, et qui paraît générale, et l'on peut dire que tout se passe comme si la lumière émanait de molécules phosphorogènes (') Lecoq de Boisbaudran, Comptes rendus, t. CVI, p. 1781, et t. CVII, p. 3jf, 468 et 490. SÉANCE UU l3 DÉCEMBRE 1909. I127 situées en profondeur dans la matière phosphorescente, et subissait ensuite Tabsorption des couches superficielles, de sorte que les radiations observées à l'extérieur de la matière soient seulement de celles pour lesquelles le phosphorogène est relativement transparent. CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur des expériences relatives à la propagation des inflammations de poussières de houille dans les galeries de mine. Note de M. J. Taffaxel, présentée par M. H. Le Cliatelier. Si, dans la galerie d'expériences de Liévin, de forme recliligne et d'une section de 2'"', 80, on dépose, sur le sol ou les parois, de la poussière de houille fine, pure et riche en matières volatiles, il suffît de faire détoner un explosif, par exemple ifio^de dynamite dans Tàmc il'un mortier d'a- cier, ou de provoquer une petite explosion avec un mélange gazeux explo- sif, par exemple avec quelques mètres cubes d'un mélange dair et grisou à 10 pour 100 de formcne, pour produire une inflammation de poussières, généralisée à toute la longueur de la galerie. L'explosion initiale, qui amorce le phénomène, a pour premier effet de soulever, par rébranlenienl de l'air, les poussières déposées dans un certain rayon, et pour second effet d'enflammer le nuage poussiéreux ainsi formé. La combustion de ce nuage, accélérée par les remous de l'explosion, détermine la propagation d'une suite continue d'ondes de détente, qui, mettant en mouvement l'atmo- sphère de la galerie, produisent et entretiennent le soulèvement des pous- sières en avant de la zone de combustion; la flamme trouve ainsi cons- tamment devant elle le mélange intime d'air et de combustible favorable à sa propagation, et l'on reproduit, dans la galerie d'expériences, le méca- nisme de ces coups de poussières généralisés qui dévastent les raines de houille. Quoique les vitesses initiales de propagation de la flamme dans les at- mosphères poussiéreuses au repos soient relativement faibles, les remous et la détente des gaz chauds accélèrent considérablement la vitesse absolue de propagation dans la galerie. Sur les 65 premiers mètres, on oi)tient des vitesses moyennes de propagation allant jusqu'à Go™ ou 80™ par seconde. Les pressions n'en restent pas moins assez faibles et ne dépassent pas 1** par centimètre carré. Avec une galerie de 2'Jo'° de longueur et un gisement poussiéreux bien favorable à la propagation, on observe, vers l'extrémité libre, des effets d'un caractère très différent. II28 ACADÉMIE DES SCIENCES. La flamme, avant pris naissance vers l'extrémité fermée, progresse avec une vitesse croissante. Après iSo"" environ de parcours et sur les 5o derniers mètres de la galerie, la vitesse, devenant considérable, dépasse un millier de mètres par seconde, lin même temps la pression s'accroît très vite et le maximum mesuré, qui n'est encore que de l'^s ou a'^K à iSo™, monte à 3^e ou 4''* vers iSS" et à !3''s ou lô""» par centimètre carré vers 220", soit à lo™ de l'orifice. Dans une expérience, la pression en ce dernier point a été encore plus élevée. La tôle d'acier, qui forme l'ossature de la galerie, et qui ne devait rompre que sous un elFort correspondant à une pression interne statique de ^8^*^ par centimètre carré, a, sous le choc de l'explosion, volé en éclats sur les i3 derniers mètres, et des fragments importants ont été projetés jusqu'à i6o™ de dislance. On a étudié Ja variation de la pi-ession en fonction du temps en un point situé à lo'" de Torifice; la pression inaxiina s'établit instantanément et passe de o'^s^5oo à i3''s ou iG'^s par centimètre carré en une fraction de centième de seconde ; la chute de pression se produit, un peu moins brusquement, après lin intervalle d'environ ~ de seconde; la flamme accompagne le passage de cette onde de choc. L'allure du coup de poussières ne dépend pas seulement des conditions de la galerie et du gisement poussiéreux dans la région que parcourt ou qu'a parcourue la flamme. Elle dépend encore de la forme de la galerie dans la partie vers laquelle la flamme se dirige. Quand l'extrémité s'ouvre librement dans l'atmosphère, les ondes condensées qui se propagent dès le début de l'explosion par l'efl'et de la mise en pression et de la détente des gaz chauds s'épanouissent brusquement dans l'atmosphère et déterminent le retour d'ondes dilatées qui viennent au-devant de la flamme et, lors- qu'elles la rencontrent, modifient son allure. Si, au contraire, l'extrémité de la galerie est partiellement obstruée, les ondes qui se réfléchissent sont des ondes condensées et leur action sur la propagation de la flamme doit être différente. On observe en elVel qu'à partir d'un certain taux d'obstruction, que l'expùrience montre être d'environ le tieis de la section, l'allure du coup de poussières, sur les 100 deiniers mètres qui précèdent le barrage partiel, est profondément modifiée; la vitesse absolue de propagation, au lieu de s'accroître, reste constante ou se ralentit; la pression ne s'élève pas brusquement vers l'extrémité de la galerie et l'onde de choc ne se forme pas. Avec des gisements |)oussiéreu\ relativement ])eu favorables à la pro- pagation, on obtient même l'extinction de la ilamme vers le moment où celle-ci ren- contre les ondes réfléchies. Ce fait est à rapprocher des extinctions spontanées consta- tées par M. Le Chatelier dans l'étude de la |n-opagal!on de la combustion dans les mélanges gazeux explosifs; ces extinctions se produisaient pendant la période des grandes vibrations de la flamme, au terme d'un mouvement de recul. La rencontre d'une onde condensée réfléchie doit également produire dans la galerie le ralentisse- SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. II29 ment ou le recul de la flamme. Toutefois, l'analogie n'est pas complète, parce que, avec les poussières, il faut tenir compte du soulèvement qui est plus ou moins éner- gique, suivant que la détente des gaz chauds se produit plus ou moins librement. Ainsi la présence d'un barrage partiel et, par induction, d'un coude brusque a pour effet de rendre, en amont du barrage, le coup de pous- sières beaucoup moins violent que lorsque la galerie présente en ce point un épanouissement favorable à la détente des gaz. Cette conclusion est con- forme à certaines observations faites dans des mines dévastées par un coup de poussières et permet de tirer des déductions utiles pour la lutte contre le danger des poussières. L'expérience a apporté un autre enseignement. Quand le barrage partiel est formé de matériaux meubles et incombustibles, ceux-ci sont soulevés en masse par les cbasses gazeuses qui précèdent et accompagnent la flamme, et présentent à celle-ci un tel excès de surfaces refroidissantes que la combus- tion ne peut se propager plus loin. On possède ainsi un moyen assez pra- tique et efficace pour limiter l'extension des coups de poussières. CHIMIE ANALYTIQUE. — Dosage de l'oxyde de carbone dans les acieis. Note de M. E. (ioutal, présentée par M. Ad. Carnot. J'ai pu établir dans une précédente Note (') que l'attaque des aciers par les sels cuivriques est toujours accompagnée du dégagement d'ime certaine quantité de gaz carbonés divers, parmi lesquels l'anliydride carbonique et l'oxyde de carbone. P3n utilisant raction oxydante de l'anliydride iodique porté à •;>'', j'ai montré que la quantité d'oxyde de carbone, contenue dans les gaz dégagés pendant la dissolution des aciers durs, corresponde des teneurs en carbone voisines de 0,006 pour 100, soit à une teneur moyenne d'oxyde de carbone représentée par 0,01 4 pour 100 du poids du métal. Il m'a paru très utile de mettre à profit la réaction spectroscopique de l'hémoglobine sur l'oxyde de carbone, afin d'apporter une certitude absolue de la présence de ce composé dans las gaz dégagés par laction des sels cui- vriques sur les aciers. J'ai adopté dans ce but le dispositif suivant : A la suite du flacon conique contenant le métal et la dissolution cuivrique purifiée, flacon parcouru par un courant d'azole, je dispose une suite de tube de Winkler con- (') Comptes rendus^ 1 3 avril 1909. Il3o ACADÉMIE DES SCIENCES. tenant chacun 2:V°'' d'une solution à i pour loo de san;; de cobaye défibriné. Chacun de ces tubes est ainsi susceptible d'absorber une quantité d'oxyde de carbone repré- sentant 0,002 pour 100 en poids, pour une prise d'essai de los d'acier. Le courant d'azote doit être très lent, pendant toute l'opération. Après l'ébullition finale de la solution cuivrique, il suffit de traiter par le sulfure d'ammonium, lliénioglobine des dillérenls tubes absorbeurs, et de déterminer, au spectroscope, le nombre de tubes présentant le spectre d'absorption «le l'hémoglobine oxycarbonique. Ce nombre de tubes, multiplié par 0,002, donne directement la proportion d'oxyde de carbone en poids pour 100 parties du métal étudié. Cette méthode a donné des résultats absolument comparables à ceux ol)tenus par l'action oxydante de ranbydridc iodique. Les teneurs ainsi fixées se sont montrées absolument indépendantes : i" De l'importance de la prise d'essai (variant entre 5^ et 20'»'); ■2.° De la durée de l'opération ( comprise entre 3 heures et 9 heures); it^ Du degré d'acidité de la liqueur cuivrique employée (de 0,2 à 8 pour 100 d'acide chlorbydrique libre); 4° De la substitution au chlorure cuivrique d'une solution d'iode dans l'iodure de potassium ; 3° De la nature du courant gazeux employé pour balayer l'appareil (air ou azote); 6° De la méthode employée pour évaluer l'oxyde de carbone dégagé (anhydride iodique ou hémoglobine). En l'appliquant à l'étude d'une série d'aciers, j'ai réalisé un grand nombre de dosages dont le Tableau suivant fournit quelques exemples : C l'csidiicl. Acier doux 0,160 Acier mi-dur 0,295 Acier dur o , 596 Acier extra dur 1 ,334 Acier au nickel o,34o Acier au chrome o,36o Ce Tableau permet de constater : 1° que la teneur des aciers en oxyde de carbone ne dépasse pas sensiblement o,oi4 pour 100; que cette teneur reste à peu près constante pour tous les aciers non spéciaux contenant plus de o,3<) pour 100 de carbone; 3" que les aciers au nickel contiennent une proportion d'oxyde de carbone plus faible que celle contenue dans les aciers ordinaires de même carburation; 4" que les aciers au chrome ne s'écartent pas sensiblement de la règle établie ci-dessus pour les aciers durs ordinaires. CO en poids. en volume. 0 , 0060 t 0,0120 :i 0,0187 i 0,0142 4 0,0060 1 3 0,01 l5 1 u' SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. ;i3] En opérant sur une série d'échantillons d'aciers prélevés au cours de leur fabrication, pendant ropération Martin-Siemens, i heure, puis 45 mi- nutes avant la coulée, enfin avant et après l'addition finale de ferroman- ganese, j 'ai obtenu les teneurs suivantes Acier doux ( i"'' échanlillon 1 . i> ( 2' échautillon) . . a (3= échantillon ). . » (4" échantillon ). . Acier dur (i"' échanlillon ). . » ( 1' échantillon). . » (3" échantillon). . » ( 4"^ échantillon ). . CD en poids. C résiduel. 0,0078 0,24 0 , 0060 0,17 0,0007 G, 10 O,oo63 0,16 0,01 53 0,96 0,0167 0.74 0,0125 o,5a 0,0187 0,62 Les teneurs en oxyde de carbone sont du même ordre de grandeur que celles données plus haut. Il est intéressant de remarquer que : ces teneurs restent à peu près cons- tantes, dans les divers échantillons, pendant la période de décarburation ; elles fléchissent sensiblement dans la période ([ui précède l'addition finale; elles augmentent par cette addition; pour les aciers durs elles restent voi- sines de la teneur maximum 0,0142 indiquée dans le premier Tableau pour l'acier extra dur. Ce chiffre semble donc fixer assez exactement la liniile de saturation, pour l'oxyde de carbone, des aciers à l'état solide. CHIMIE ANALYTIQUE. — Sur la séparation du vanadium, du molybdène, du chrome, du nickel dans les aciers spéciaux. Note de M. Emïi. Pozzi-Escot, présentée par M. A. Carnot. L'analyse d'un ferro-mélal contenant du vanadium et du molybdène pré- sente des difficultés qui deviennent presque insurmontables dans le cas de la présence simultanée du nickel et du chrome; le problème de la séparation de ces éléments n'a pas reçu jusqu'à présent de solution satisfaisante. Il est au contraire possible, par une application judicieuse de la méthode générale d'analyse que j'ai fait connaître ('), d'arriver très simplement et (') Pozzi-Escoï, Bull. Soc. fr. chim., 4» série, l. V, p. 93-io4. II 32 ACADÉMIE DES SCIENCES. avec rapidité à une solution très acceptable du problème, ce qui présente, au point de vue des essais industriels, une incontestable importance. Je me bornerai à indiquer ici la méthode suivie, en réservant les détails pour un autre Recueil. La matière est mise en solution, chlorhydrique ou nitrique, peu importe. On porte celte solution à l'éljuliition et on y verse un grand excès d'hypobroniite de sodium fortement alcalin; on fait bouillir quelques minutes et on filtre la solution bouillante sur une bourre de coton. Dans cette opération le chrome est intégralement transformé en chromale sodique et passe en solution avec le molybdale et le vanadate de sodium; le fer et le nickel restent sur le filtre. S'il y avait du manganèse et du cobalt, ces élé- ments resteraient également dans la partie insoluble ; j'ai montré, en efifet ( ' ), que, dans les conditions précédentes, il ne se dissout pas de manganèse. On lave le précipité à l'eau bouillante. On verse alors quelques centimètres cubes d'acide cldorliydrique dilué sur le préci- pité, qui se dissout; on recueille la dissolution et on lave avec grand soin la bourie de coton; on porte la solution à l'ébullition, on précipite de nouveau par un léger excès d'hypobromite et on filtre de nouveau; passent en solution les dernières traces de chrome, de molybdène et de van;\dium qui auraient pu échapper èi la première opéra- tion; le fer et le nickel restent sur le filtre à l'état de peroxydes; on les lave avec grand soin à l'eau bouillante. La première séparation ainsi réalisée, du fer et du nickel d'une part, du molybdène, du vanadium et du chrome d'autre part, enlève toute difficulté aux séparations ulté- rieures. Le fer est séparé du nickel par l'ammoniaque ; le chrome est réduit par l'alcool dans la solution et précipité également par l'ammoniaque, alors que le molyb- dène et le vanadiuin, à peine réduits, restent en solution et sont ensuite séparés, notamment par la méthode de C.arnol au vanadate de manganèse (^). CHIMIE ANALYTIQUE. — Siif l'analyse des niobites el lantatites. Note de M. G. Chesneau, présentée par M. Ad. Carnot. La littérature chimique sur l'analyse complète des niobites et tantalites est très restreinte : la seule méthode systématique publiée à notre connais sance est celle que donne A. Carnot dans son Traité d'analyse minérale (t. II, p. 718} et qui dérive des travaux classiques de Marignac sur le niobium et le tantale. L'examen que j'ai eu réceinment à faire d'une tan- talite provenant d'un gisement nouveau du Brésil, m'a fait reconnaître qu'il (') Pozzi-EscoT, Bull. Soc. chim. belge, t. XXII, p. 327-009. (') Al). Carnot, Comptes rendus, 27 juin 1887; Traité d' Analyse, t. 11, p. 796. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909, ii33 restait certains points à préciser dans cette méthode pour l'attaque, la sépa- ration des oxydes et le dosage éventuel du titane; aussi ne me parait-il pas inutile de faire connaître la marche que j'ai cru devoir finalement adopter pour cette analyse fort délicate. « L'altaque du minerai se fait d'abord par 4 parties de SO'KH et 2 parties deSO'H-, en creuset de plaline. On doit chaufl'er progressivement jusqu'au rouge naissant, laisser refroidir avant d'avoir expulsé tout 50*11-, rajouter 2 parties de SO'H^ et rechaulTer encore; grâce à l'evcès d'acide, on obtient un liquide transparent qu'on coule dans une grande capsule de platine refroidie. La niasse se fendille pendant la solidification et, rejjrise par l'eau bouillante, se désagrège très facilement. On fait alors bouillir celle-ci avec de l'eau plusieurs fois renouvelée et décantée sui' filtre. Le fillrat, neutralisé en partie par AzH', est poi té quelques minutes à l'ébuUition pour achever de précipiler Nb- O' et Ta''- O'. On jette sur filtre et on lave abondamment la totalité de ceux-ci, f|u'on met ensuite en digestion 24 heures avec Am- S tiède, puis on lave avec de l'eau froide à 5 pour 100 d'il Cl. On a ainsi d'une part Nb- O" et Ta- 0' ne retenant plus que Si 0^ et TiO-, d'autre part des liqueurs contenant Fe, Mn, Sn, Zr, etc., qui sont analysées par les procédés ordinaires. Les ovydes de Nb et Ta encore humides sont dissous en caj)sule de platine pai- HF concentré, dont on expulse la majeure partie par évaporation à chaud. J'ai constaté qu'il reste toujours des flocons noirâtres insolubles formant 2 pour 100 du poids des oxydes. J'ai cru d'abord qu'il s'agissait de fluorures terreux, mais j'ai reconnu que ce résidu était constitué de (Nb, Ta)'-0^ avec traces de fer, insolubilisé sans doute pen- dant les ébullilions réitérées du produit de l'attaque au bisulfate. A ce résidu, filtré et calciné, on rajoute les cendres des filtres ayant pu retenir un peu de (Nb, Ta)'0', on traite par IIF, on évapore à sec, puis on refond avec un ])oids de IvF égal au quart du poids total présumé des oxydes de Nb et Ta. On reprend par MF liés étendu et l'on ajoute celte solution à celle des oxydes : on a ainsi dans la liqueur la quantité de KF voulue pour efTectiier la sé|)aralion de Ta et Nb par la méthode de Marignac, basée sur la tllllérence de soluliilité du fluotantalate et du lluow niobate de potassium. On concentre à chaud à 7'^^™' par gramme d'oxydes (volume suffisant pour maintenir tout Nb en solution) : par refroidissement on a en ijuelques minutes le fluotantalate eu fines aiguilles. Marignac recommande la séparation de ces cristaux par lillration et lavage à leau froide, jusqu'à ce que le filtrat ne décèle plus de .\b par la teinture de noix de "aile. Celte réaction est extrêmement lente avec des o solutions niobiques diluées, et son emploi est par suite inefficace. Il suffit de laver les cristaux de lluotautalate trois fois par décantation avec quelqiïcs centimètres cubes d'eau froide pour être siir qu'ils ne contiennent plus de Nb. On rajoute alors aux li({uides décantés o^, 10 de KF, et on les traite de inême, en répétant l'opération tant (ju'il se dépose des aiguilles de C. \\., 1909, 2» Semestre. (T. 1^9, N° 24. ) l5l Il 34 ACADÉMIE DES SCIENCES. fluotantalate. On réunit ces dépôts, on sècheà loo" et l'on vérifie au micro- scope qu'ils ne contiennent pas de cristaux tabulaires de fluoxyniobate : les fluolantalates que j'ai obtenus ainsi étaient tout à fait exennpts de Nb. Le dépôt de Ta''' F", 2 KF par refroidissement est si rapide, qu'il n'y a pas à ménager les fractionnements et les purifications par ces cristallisations répétées, bien préférables à l'excès de KF conseillé par quelques auteurs (A. Tig'he, par exemple) pour accélérer le dépôt du fluotantalate : il se pro- duit alors, en même temps que les aiguilles de Ta F', 2 IvF du fluoxynio- bate ociculaire^ peu soluble en présence d'un grand excès de KF, comme l'a signalé d'ailleurs Marignac, et l'on ralentit ainsi la purification du fluo- tantalate. J'ai constaté que l'acide niobique obtenu par décomposition du fluoxy- niobate au moyen de SO'H- retient toujours SO' K- (jusqu'à 3 pour loo): on le purifie aisément par fusion avec 5 parties de SO' Am^ et 5 parties de SO'H^, reprise par l'eau bouillante, etc., comme dans l'attaque du minerai, avec calcination finale au rouge blanc. La silice se dose sur une prise d'essai spéciale dans le mélange (]\b,Ta)-0'^ calciné et pesé, puis traité par HF légèrement sulfurique. Le dosage de TiO'- dans les oxydes de INb et Ta obtenus peut se faire colorimétriquement, comme je Fai constaté, par la méthode suivante, plus simple et plus précise que le procédé de Marignac par fusion au COTSa*, et que celui de Knop, basé sur l'inégale volatilité des chlorures anhydres de Ti, M) et Ta. Si l'on chaulle 1" de Nb-^0' ou de Ta-O^ pur avec 5s de SO'KH et los de SOHI^ jusqu'à solution limpide, qu'on refroidisse un peu et rajoute 10"'"" de SO*H'- froid, puis qu'on vei-se le tout dans un mélant^e cliaud de 20"'"'' de SO'H^ et ao'"'' d'eau : le mélange peut être alors refroidi et dilué sans se troubler. En l'élendanl à loo"^'"' avec de l'eau oxygénée, j"ai constaté que la teinte jaune pâle, due aux acides perniobiqne et peitan- lalique, n'excède pas celle de même ton, que donne sous le même volume 5"'» de TiO' traités de même. Je me suis assuré en outre que la teiiUe rouge de l'acide pertitanique n'est pns modifiée par In piésence de Nb ou Ta. Il sulfit donc de mettre en solution comme ci-dessus les acide^ niobique et tanlalique obtenus, et d'apprécier l'acide lita- niqu^ par comparaison avec des solutions ty|)es de TiO^ faites avec une solution sul- furique d'acide tilanique, préparée exaclemBnt de la même manière : en opérant sur iP de ÎVb^O'' on de Ta'^'O'', l'erreur que l'on peut coinnietlre sur la teneur en TiO^ ne dépasse ccilainement pas o,5 pour 100, approximaliuu très satisfaisante pour ce genre d'analjse. La tnéiliode précédente appliquée à la tantabte qui a fait l'objet de cette SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. II 35 élude m'a donné les résultats suivants : Pour I1III. Acide niobique (Nb'O») 60,09 Acide lantalique f Ta-O'; '■ ■ '7,86 Silice (SiO') 0,^8 Proloxyde de fer (FeO) l'i-Sa Protoxyde de manganèse (MnOi 4-73 Magnésie (iMï^ ) i o,54 Perte au feu ' , • i W, Su, Ti, Zr. elc néant Total 99,93 Densité j,65 CHIMIE ORGANIQUE. — Sur les clénvés c-oxyindazyliques. Note de M. P. FitEUxui.ER, transmise par M. A. Haller. J'ai montré (') <|ue le perclilorure de phosphore réagissait sur les acides azoïques o-carboxylés en donnant naissance à des c-oxyindazols chlorés dans le noyau aromatique Az G" H*<^^^7j"^^^'^C'' H ^ + P Cr^ = C H' Cl<^ ^AzC'm+POCP+alICI. COH Les azoïques déjà substitués en position 4 ou 6 par rapport à la chaîne azotée sont seuls susceptibles de fournir un oxyindazol chloré unique; les autres conduisent à un mélange de deux isomères qu'il est à peu près im- possible de séparer. Or les deux types de méthodes employées jusqu'ici pour la préparation des acides azoïques substitués en \ ou 6 sont peu pratiques en raison de la rareté des matières premières, .l'ai réussi, depuis lors, après diverses ten- tatives infructueuses, à obtenir directement des oxyindazols dichlorés-4.(J à partir des azoïques non substitués qui sont beaucoup plus accessibles. J'ai pu, en même temps, démontrer que dans la réaction précédente les atomes d'halogènes se placent bien en position \ ou G. Voici quelle est la suite des opérations; les détails pratiques seront pu- bliés ailleurs. (' ) Comptes rendus, t. CXLII, |). 1 i5o ; t. CXLIII, p. 909 ; t. CXL\ II, p. 981. Il3() ACADÉMIE DES SCIENCES. L'acide o-nitrosobenzoïque, préparé facilement par aclioD de la lumière sur l'al- déhyde o-nitrobenzoïque, est condensé avec l'aniline en solution acétique; on obtient ainsi Vacide benzène-o-azobenzoïque avec un rendement de 70 à 80 pour 100, le reste du nitrosé étant transformé en azoxyque. Cet acide azoïque est ensuite tiailé vers — 10° à — iS", par PGI° en solution chloroformique, et transformé ainsi en un mélange de inonochloro-oxyindazols (rendement presque quantitatif). Ce dernier mélange est houmis tel quel à l'oxydation clironiique en solution acétique, ce qui conduit à un /Az ^^ Az\ mélange d'acides clilorobenzène-o-azobenzoujues C1C"H''(' __j C" H^ ; enfin le produit ainsi obtenu, étant triiité ;i nouveau par PCI', fournit cette fois un com- posé unique, le dicliloro-oxyindazol fusible à 187°. Dans ce dernier, l'un des atomes de chlore est en position 4 {loc. cit.); comme, d'autre part, les acides chloro-4-ben- zène-azobenzoïque et méthyl-6-benzène-azobenzoïque donnent dans les mêmes condi- tions des dérivés moiiochlorés homogènes, on peut en conclure que le monochloroxy- inddzol brut primitif renfermait un mélange des dérivés chlorés 4 et 6. Le même cycle, appliqué à Vacide benzène-azo-p-chlorobenzoïque ^ " \C0M1 ^' " ^^' (aiguilles rouges fusibles à i67''-i68°), a fourni un Liichloroxyindazol Az C'Il-CPrf' ^C«H*CI COH en aiguilles blanches fusibles à 209°-2io°. Parmi les essais qui ii'onl pas abouti, je mentionneiai les deux suivants: I. J'espérais obtenir du premier coup un oxyindazol dichloré homogène en faisant réagir PCP sur les azoxyques o-carboxylés Az C''lP(^'^^'.^j'^C«li'-H2FCl^=2P0Cl'-f-G«H^Cl^<^ AzC'=H» + 2HCl. COtl En fait il se dégage du chlore et l'on obtient un mélange de dérivés mono- chlorés. Cette réaction me paraît démontrer que la formation des oxy- indazols chlorés dans le noyau n'est pas due à une chloruration directe. Y^acide benzène-o-azoxybenzoïquc, non encore décrit, s'obtient en petite quantité par condensation de la phénylliydroxylamine avec l'acide o-nitrosobenzoïque en solution alcoolique; il cristallise en petits prismes jaunâtres, fusibles à nS". Les principaux produits de la réaction sont l'azoxybenzène et l'acide o-azoxybenzoïque dont la for- mation se comprend aisément. J'insisterai cependant sur le fait que, dans cette réaction SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. I l37 qui est très neUe, il ne se forme pas trace d'azobenzène ni d'acitle o-azobenzoïqne ; il en résulte que la phénvniydrox.ylaniine ne transforme pas les azoxyques en azoïques, ce que fait au contraire facilement l'hydrazcbenzène. II. La condensation du nilrosobenzène avec Vacicle dibromanthrani- lique C'''H-Br-(AzH^j (CO-H)-3.5.2. 1 m'eùl fourni directement un azoïque substitué ; malheureusement la réaction n'a pas lieu, et l'acide dibronié se retrouve inaltéré, même après plusieurs heures de chauffage en solution acétique. Cet acide dibroraanllnanilique, déjà signalé par Iliibner (*■), se piépare facilement par bromuratiou directe de l'acide anlhranilique en solution acétique tiède. Il cris- tallise en paillettes blanchâtres qui fondent à 227° et se décomposent un peu plus haut en CO- et dibromo-2 .q-aniline. Son dérivé acélylé fond vers 221° en se décomposant ; on Tobtienl, en même temps qu'un peu de Véther mélhylûiue correspondant (paillettes fusibles à 91°), en bromant l'acétylanlhranilate de méthyle en solution acétique. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur quelques dérivés du dicvclohexylphénylméthane. Note de M. Marcel Godchot, présentée par M. Jungfleisch. Dans une précédente Communication (-), j'ai montré que la méthode d'hydrogénation, instituée par MM. Sabatier et Senderens, était suscep- tible d'être appliquée au triphénylmélhane en donnant naissance, suivant la température adoptée dans la réaction, à deux hydrures : l'un, le dicy- clohexylpliénybnélhane, (C"H') — C = (C°H")'-; l'autre, le tricyclohexyl- 1 H méthane, (C''H"Vs^CH. La présente Note a pour but de faire connaître quelques dérivés du dicyclohexylphénylméthane. Nitrophényldicyclohcxylniélhane AzO-— C?ll' — C=:^G*1I")^ — Lorsqu'on I H soumet le dicyclohexylpliénylmélhaiie à raclion oxydante du permanganate de potas- sium dissous dans l'eau ou de l'acide chromique en solution acétique, on ne peut, quel que soit le mode opératoire employé, isoler un produit résultant de celle oxyda- tion : le carbure disparait complélement. Il n'en est plus de même si on le traite pa'' (') Anii. Chcin., t. CC-Wll, p. ijS. (^) Godchot, Comptes rendus, t. GXL^1I, p. 1057. II 38 ACADÉMIE DES SCIENCES. l'acide azotique riimaiit (.5 parties d'aciile jjour i de raibiiie ). en opérant à une tem- pi>riiture voisine de 10°; une coloration rouge apparaît; après précipitation par l'eau, épuisement à l'élher, évaporation de la solution élhérée et cristallisation dans l'alcool éthylique du produit résultant de cette évaporation, on obtient un produit nettement cristallisé, constitué par de grandes aiguilles, légèrement iaunàlres, fusililes vers i iS". L'analyse de ce composé montre qu'il possède la formule C'H-'AzO' qui répond à celfe d'un dérivé mononilré du dicyclohexylphénylméthane. Il est, du reste, très pro- bable que le groujje AzO- est fixé sur le noyau benzéni<(ue et non pas sur un des deux noyaux cyclohexaniques; j'ai constaté, en effet, que le tricyclohexylmétliane reste inaltéré au contact, même prolongé, de l'acide azotique fumant, ce carbure se conduisant dès lors comme le cycloliexane lui-même. Dicyclohexylphénylcaibinol C« 11^ — G = (Cil")-. — Le dicyclohexylpliényl- 011 méthane n'étant pas suscejUibie de fournir, par oxydation, le carbinol qui lui corres- pond, j'ai dii rechercher un autie mode d'obtention de cet alcool, et je suis arrivé à le préparer assez facilement en faisant agir le benzoale d'éthyle sur le bromure de cyclo- hexylmagnésium C''H^C0^C^H^-h2CMl"MgBr = C''lI^-Cr:r(C«H")-4-MgBr0C'HS I OMgBr C'H'— (;: = (C«I1")'-H-HMJ = C'^H=-C — (G«H")2+MgBrOII. I 1 <»MgHr OH J'ai suivi le mode opératoire usité en pareil cas; «lans le produit final de la réaction, on isole un composé cristallisé qui. analysé, fournit des ciiillVes très voisins de ceux exigés par la formule C'°H^«0. (Trouvé, G pour 100 : 83,.x'i; II pour 100 : 10,37. Calculé pour C'IP'O, G pour 100 : 83,82: H pour 100 : 10, 33.) Le dicyclohe\\lphénylcarbiuol se présente sous la forme de petits prismes incolores, fusibles à 77°, 11 est très soluble dans tous les dissolvants usuels. Une solution alcoo- lique de ce composé abandonne, par évaporation. de très beaux cristaux prismatiques, assez peu solubies à froid, fusibles à 55" et possédant la composition suivante : G"H-^*0+ i,.)CMF011. De même, une solution benzénique de ce carbinol, évaporée, laisse déposer des cristaux fusibles vers .52°, qui, à l'air, s'eflleurissent trop rapidement pour qu'il soit |)ossible d'avoir un dosage exact de la benzine de cristallisation. L'acide sulfurique concentré donne, à froid, avec Je dîcyolohexylphénylcarbinol une coloration jaune qui passe au brun lorsqu'on chauffe. A l'inverse de ce qui se passe -avec le triphénylcarbinol ('), le dicyclohexylphénvicarbinol ne se combine pas avec (') Baeyer et ViLLiGBR, /ie/«'c^<. d. cleiil. ckem. Gesell.^ t. .\\\\ , 1902, p. 3oi6. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. 1 1 39 l'aniline, le phénol, l'hydroxylamine, la phénylliydrazine ; ceci montre que les 12" d'hydrogène d'addition diminuent beaucoup la basicité du radical carbinolique OH. Distillé, même dans le vide, le carbinol perd de l'eau en donnant naissance au car- bure qui lui correspond et qui possède la formule L. H -%c«Hi»- Celte déshydratation est du reste facilitée par l'addition de bisulfate de potassium fondu ou d'acide oxalique desséché. Ce fait est à rapprocher de celui signalé par Cari Hell et Oscar Schaal (') qui obtinrent le carbure C''H"' = C — (C'H')- en parlant du diphénylcyclohexylcarbinol. Cette facile déshydratation explique l'impossibilité d'ob- tenir des éthers de ces alcools qui se déshydratent avant de s'éthérifier. Diiiilropliéiiyldicyclolie.rylinélliane AzO-- C'H'— C^rfC-'H")-. AzO' Lorsqu'on projette le carbinol, réduit en poudre, dans de l'acide azotique fumant, refroidi à 0°, on obtient, après précipitation par l'eau et recristallisation du {)rodiiil obtenu dans l'alcool étliylique, un composé cristallisé, fusible ii i5o". L'analyse de ce dérivé montre qu'il s'est produit, dans la nilration. une fixation de deux groupes AzO- et un départ de 1™°' d'eau; il est très probable que ce composé dinitré possède la formule de constitution ci-dessus. Par suite du très faible écart existant entre les pour 100 du carbone et d'hydrogène exigé par cette formule et ceux exigés par le composé (AzOM— C'^1P-C^^,^^,„, j'ai vérifié que ce dernier corps ne se formait pas lorsqu'on faisait agir l'acide azolif|ue fumant sur le carbure obtenu plus haut et ayant la formule CML^_C/^'"" %C=Hi»* Dans ce cas, en ell'et, on n'obtient qu'un dérivé mononilré, fusible vers i3o°, sans qu'il soit possible d'obtenir de dérivé dinitré. Il semble donc en résulter (|(ie l'action de l'acide azotique fumant sur le dicyclohexylpliénylcarbinol fournil bien le composé dinitré auquel j'ai attribué la formule de constitution AzO^ — C« II' — C = (C« H" )^ AzO'^ (') Cari. Hell et Oscar Schaal. Ilrrich. deut. cheni. Gesell.. t. \L, 1907. p. 4i*J2. Il4o ACADÉMIE DES SCIENCES. GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. — Mission scientifique de l'Afrique occidenlnle {septetnbre-octobre 1909). (Extrait.) Note de M. Ciievai.ieu, présenlée par M. Edmond Perrier. L'abondance des pluies pendant les mois de septembre et octobre, ainsi que l'état de santé des membres de la Mission ont obligé M. Chevalier à prendre un repos de plusieurs semaines dans les villes situées à proximité de la côte : Bingerville, Abidjan, Jacquevillc, Dabou et dans les points du chemin de fer les plus voisins. Tout prochaineni(Mit la Mission va s'enfoncer dans l'intérieur de la forêt vierge pour y faire de nouvelles recherches. Grâce à la très grande activité déployée par M. le gouverneur Angoiilvant, des régions qui n'étaient pas abordables en 1907 peuvent actuellement être étudiées en sécurité, notamment les territoires du Nzi-Comoé, l'inté- rieur du pays Abé, le Haut-Attié. La Mission, à la demande du gouverneur, va s'y livrer à des recherches forestières, étudier les essences à caoutcliouc exploitables ainsi que la distribution des palmiers à huile et déterminer les ressources variées de la grande forêt vierge. Le temps passé par la mission dans les régions voisines des Lagunes a été consacré à des recheiThes sur les produits forestiers du pays. L'arbre à caoutchouc ( funlumia elastica) n'existe pas dans les parties de la forêt que traverse le chemin de fer; mais en revanche la Mission a observé en assez grande quantité non seulement le laiulolphia owariensis ^ mais surtout des lianes du genre clitandra fournissant un caoutchouc noir d'ex- cellente qualité qui n'est pas encore exploité. Sa teinte noire l'a fait prendre par certaines maisons pour un mauvais cake; mais il a, en réalité, une liante valeur. I^es arbres de Para (Hevea), plantés à Dabou en 1897, ont bien réussi et la culture de cet arbre à caoutchouc donnerait sûrement des rendements satisfaisants. Le long de la voie ferrée, la Mission a repris, à la demande de M. le gou- verneur général Ponty, l'étude des bois exploitables, et une collection très complète de ces bois a été constituée en vue de l'Exposition de Bruxelles en 1910. Tout en forniaiit cette collection, M. Chevalier complète en ce moment les études sur les bois qu'il avait élaborées au cours de la Mission de 1907 et SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. Il4l qui ont été récemment publiées ('). Une douzaine de nouveaux bois sont déjà catalogués et viennent s'ajouter aux 160 espèces que la Mission avait reconnues en 1905 et 1907. Il est probable qu'au fur et à mesure que la Mission s'avancera vers la lisière nord de la forêt, elle découvrira encore de nouvelles essences. M. Chevalier a pu en outre observer qae beaucoup de ces arbres donnent des substances oléagineuses vraisemblablement utili- sables dans l'industrie. Des prélèvements de graines ont été faits et vont être envoyés au Muséum pour être étudiés par des chimistes compétents. Ces études de la forêt le lorii; de la voie ferrée ont été grandement facilitées par tout le personnel civil et militaire du RaiUvay de la Côte d'Ivoire et en particulier par son dévoué directeur, M. le capitaine Thomasset. Notons en passant que M. Chevalier, qui avait déjà parcouru cette région en igoS et 1907, a constaté cette année de grandes améliorations dans l'aménagement de la voie. Le rail, qui atteint aujourd'hui le Nzi au kilomètre i83,a traversé dans les savanes du Nord des sols pierreux qui ont permis d'ap- provisionner de ballast les parties de la voie situées en forêt. Aux terrassements en argile peu résistante ont été substituées de belles chassées bien empierrées. En outre, tous les arbres voisins de la voie ont été abattus et le train circule aujourd'hui dans une large éclaircie. Ajoutons enfin que le prix de revient du kilomètre dans les travaux, neufs a été très abaissé et le trafic qui se fait sur la voie s'est beaucoup accru depuis une année. La Mission s'est occupée du Palmier à huile, dans la région des Lagunes. De toutes les plantes oléagineuses de la Côte d'Ivoire la plus intéressante est certainement ce Palmier qui donne déjà lieu à d'importantes exportations en huile et amandes de palme. La mission a reconnu qu'il présentait aux environs de .Jacqueville et de Dabou, grands centres de production pour l'huile de palme, d'assez nom- breuses variétés identiques à celles qui ont déjà été signalées au Dahomey. Certaines de ces variétés donnent des rendements élevés et deux, surtout des huiles supérieures. La Mission ira bientôt étudier cette question des races du Palmier à huile au Dahomey. Cette étude, suivie d'expériences cul- turaies, peut conduire à des résultats pratiques très importants. Le jour 011 l'on cultivera des variétés sélectionnées pures et à grand rendement du Pal- mier à huile, le planteur sera en possession de races lui permettant de pro- duire de l'huile de palme d'une manière rémunératrice, alors que, s'il se (') Première étude sur les hais de in Cote d'h-oire avec une Carte en couleur publiée par le Ministère de l'Instruction publique [/VoMie/fe.? Arc/iii'es de 3Jissio/is, un volume de 3i4 pages in-S" (Challamel, éditeur)]. C. R., 1909, :?" Semestre. (T. 149, N= 24.) I >2 Il42 ACADÉMIE DES SCIENCES. contenle de le cultiver comme Findig^ène, il est très probable qu'il n'arrivera ]ias à couvrir ses frais. L'exploitation du l'almior à luiile sélectionné et bien cultivé sera, parrap- port à l'exploitation des Palmiers à huile sauvages ou mal entretenus par les indigènes, l'analogue de l'exploitation du caoutchouc d'Hevea cultivé par rapport à la cueillette des caoutchoucs de plantes sauvages! Les sujets variés sur lesquels portent les travaux de la Mission sont une preuve de la richesse de ces régions forestières de l'Afrique occidentale. A rencontre de ce qui existe au Soudan, où les denrées exploitables provien- nent pour la plupart de la culture et de l'activité des habitants, dans la fprètde la Côte d'Ivoire, au contraire, les produits susceptibles d'alimenter le commerce d'exportation existent à l'état naturel. Malheureusement la main-dVeuvre pour les exploiter est très rare, les peuplades de la forêt étant très clairsemées et peu disposées à travailler, du moins dans létat actuel des choses. M. Che\alier pense donc que la forêt de la Côte d'hoire ne |)ourra véri- tablement être exploitée rationnellement que lorsque les Soudanais pour- ront la sillonner de toutes paris. L'œuvre qu'accomplit en ce moment le Gouvernement local en ouvrant à travers la forèl dans toutes les directions de larges l'outes accessibles aux caravanes prépare donc l'avenir d'une ma- nière très heureuse : la Mission a en effet constaté dans les parties les plus reculées de la forêt, notamment chez les Dans anthropophages, que, sitôt qu'une route est ouverte, les colporteurs soudanais s'y aventurent et quel- ques-uns s'y fixent, soit comme trafiquants, soit comme exploitants des pro- duits spontanés. BOTANIQUE. — Sia- quelques faits relatifs à l'hybridation des (]itrus et à l'origine de l Oranger doux (Citrus Aurantium). Note de ^L L. Trabit, présentée par M, Guignard. En 11)02, j'ai appelé l'attention sur une Orange nouvelle, du groupe des Mandarines ou Pangerines, cjue j'ai nommée Clémentine. Cette Clémentine provenait d'un semis de Mandarine et, suivant toute probabilité, était le résultat de l'hybridation du Mandarinier par un Bigaradier à feuilles étroites. La Clémentine est aujourd'hui assez répandue dans les nouvelles oran- geries; elle a mm fruit vivement coloré comme une Bigarade, très doux et inùr bien longtemps avant la Mandarine algérienne. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. I I 4^ Les semis de Clémentine, elïeclués, depuis 8 ans, m'ont toujours donné des plants présentant une très grande variation. On remarque de suite des sujets ii feuilles de Mandarinier, avec l'odeur très caractéristique, des sujets à feuilles étroites, avec le parfum du Bigaradier, et enfin des sujets à feuilles larges ressemblant a des Orangers doux ordinaires. La proportion de ces formes est difficile à fixer, un grand nombre des jeunes plants ayant péri la première année; il reste surtout des Oran;;ers doux et environ 10 pour 100 de Bigaradiers et Mandariniers. Ces variations m'avant paru, dés le début, d'un intérêt pratique, j'ai fait faire des semis nombreux de (ilémentine, et j'ai même distribué des graines. Les sujets ayant l'aspect du Mandarinier n'ont pas encore fructifié; mais aucun doute n'est permis sur leur détermination. Les Bigaradiers appartiennent à un type bien spécial, avec des feuilles longues étroites, dentées; le fruit, petit, ayant l'appa- rence d'une mandarine, est très amer, avec des graines à embryon vert. Les Orangers doux, qui sont les plus nombreux, ont commencé à fructifier; ils portent des oranges ne dilFérant en rien du type Citrus Aurantium. La chair est très sucrée, peu acide, bien parfumée. Quelques sujets seront conservés comme bons à propager, en raison de leur précocité et de leur bonne qualité. Il ne peut être question pour le moment de vérifier les lois de la descen- dance des hybrides; mais on peut, de ces premières expériences, déduire que si la Clémentine, née par hybridation du Cùrus nobtlis et dun Citrus Bigarudia, présente bien des caractères de ces deux Citrus, la première descendance de cet hybride n'est pas bien en règle avec la loi de Mendel, car elle se compose d'une faible proportion de Mandariniers, de quelques Bigaradiers très spéciaux, enfin d'Jiybrides dillérents de la (llémenline, qui sont simplement des Orangers doux en tout conformes aux variétés que l'on réunit sous le nom spécifique de Citrus Aurantium, Le nombre des sujets en fruit ne permet pas encore d'aftirmer que le type Clémentine ne se montrera pas parmi les hybrides. Les fruits, examinés jusqu'à ce jour, sont absolument des oranges vraies, sans aucun caractère rappelant la Bigarade ou la Mandarine. De ces observations, il semble possible de tirer les conclusions suivantes : a. Le Bigaradier, qui ne paraît pas s'hybrider facilement avec l'Oranger doux, s'hybride avec le Mandarinier. b. De c ette hybridation, il résulte un certain nombre de Citrus ayant des caractères mixtes entre le Bigaradier et le Mandarinier, comme la Clémen- tine obtenue en Algérie. La Dancy Tangerine, la Mandarine de Saigon, le King Siam, la Naartje de l'Afrique australe ont probablement même origine. c. Les produits de la deuxième génération sont, dans la proportion de 80 pour 100, des hybrides Mandarinier-Bigaradier ayant des caractères II /j4 académie des sciences. oscillant de la Clcmentine à l'Orange douce ordinaire, avec prédominance du type Orange ; l'autre partie est constituée par des Mandariniers et par des Bigaradiers qui ont raniertume et les glandes concaves du Bigaradier, mais la forme du fruit et les embryons verts du Mandarinier. Ce fruit doit se classer avec les Chinois. d. Ces hydrides sont fertiles. e. \J OrAw^er ào\i\ {Citrus Auranlium), qui est généralement considéré coonme une espèce née dans les cultures, peut être obtenu par l'effet du croisement d'un Citrus nobilis et d'un C. Bigaradia. f. Le Citrus Auranlium a dû prendre naissance par une hybridation lortuite dans les pays où l'on cultive les deux parents. g. La couleur verte des embryons, si caractéristique du Citrus nobilis, se maintient dans les embryons des hybrides à fruits amers observés jusqu'à ce jour. h. lùifm il paraît démontré que, par le moyen des croisements, il est possible d'obtenir, en combinant les caractères des Citrus, les fruits les plus variés. D'autre part, on est fondé à admettre que les nombreuses formes connues proviennent d'hybridations ou de métissages fortuits, rendant très incer- taines les limites entre les espèces primitives ayant concouru à la formation des races nées et conservées dans les cultures. BOTANIQUE. — Sur la pluralité des types de végétation dans les sols tourbeux du nord de la France. Note (') de M. E. Coquidé, pré- sentée par M. Gaston Bonnier. Les vallées de la région du Nord, celle de la Somme eu particulier, pré- sentent beaucoup de tourbières. Lorsque la tourbe continue à se former, on dit que la tourbière est vive ; je ne m'occuperai ici que de la végétation observée dans une tourbière morte. Le sol tourbeux de la Somme est sou- vent recouvert de hautes herbes très denses. Espèces dominantes : Roseaux, Typha, Iris, Scrofulaires, Salicaires, Menthes, Myosotis, Pigamons, Renoncules, certains Galium, Cirsiurn olera- ceum, etc. Cette végétation a les caractères essentiels communs aux plantes qui (') Présentée dans la séance du 6 décembre 190g. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. I l45 poussent dans des terrains très humides quelle que soit la nature de ces ter- rains (sol argileux, granitique, etc.) : taille très grande (souvent plus de 2"); tige dressée ou grimpante ; feuilles grandes, molles, d'un vert clair, fré- quemment découpées; appareil souterrain développé, surtout horizonta- lement. Au point de vue anatomique, les caractères dominants sont l'im- portance de la moelle, le développement des lacunes et des méats, la fai- hlesse relative de la lignification. Les endroits tourbeux ne sont pas tous marécageux. A côté du faciès dé- crit plus haut, que ynppeWer^i faciès j'ung/e à cause de son apparence, il existe un faciès opposé que j'appellerai faciès xérophytique. On rencontre des tourbières de ce genre non seulement dans le Nord mais aux environs de Paris, en Champagne, etc. On trouve dans les tourbières du type xéro- phytique quelques espèces existant aussi dans les tourbières du type maré- cageux (Centaurea nigra, Hanunculus acris, etc.). La plupart des espèces ont pour habitat ordinaire des terrains moyens (Brunella vulgaris, Bellis perennis, Sinapis arvensis, etc.) ou même des sols arides (Cerastium glome- ralum, Polentilla argent ea. Thymus Serpyllum, etc.). Toutes ces plantes ont un aspect souffreteux, leur taille est réduite {Ex. : Scabiosa succisa de i5"° environ, Sonchus asper ayant moins de lo*^", Cen- taurea nigra, moins de 12"", etc.). Beaucoup d'espèces qui abondent dans ce faciès n'ont pas de tige déve- loppée et les feuilles forment une rosette à la base (Plantain, Pà([uerette, etc.). Les espèces qui n'ont pas ce port normalement tendent à l'acquérir par le raccourcissement de la tige. Les feuilles sont entières, velues, réduites en nombre et en grandeur. La racine est forte et longuement pivotante; il y a une opposition frappante entre le nanisme de la partie aérienne et le gigantisme de la racine. Au point de vue anatomique on remarque souvent l'absence ou la très grande réduction de la moelle, ou bien, au contraire, la présence d'une moelle gorgée d'eau, sans niéats. Autour de ce tissu aquifère, que j'appel- lerais volontiers hydrenchyme, on trouve un tissu scléreux ininterrompu. Il semble qu'il y ait là une adaptation de la plante pour résister à la sécheresse et pour que la moelle constitue un organe de réserve pour l'eau. Les plantes qui, dans les tourbières xérophytiques, présentent ce tissu aquifère, en sont dépourvues dans les terrains moyens. Dans les liges un peu âgées, cet hydren- chyme médullaire disparait et un vide occupe le centre de l'anneau lignifié. Dans les feuilles, l'épiderme est épais, le tissu palissadique très développé, le tissu lacuneux presque nul. Il46 ACADÉMIE DES bClhNCES. Tous ces caractères sont absolumoiit les mêmes que ceux que préseulent les végétaux venus sur les coteaux de craie et en général sur tous les sols arides. On voit que les tourbières mortes sont loin d'être toujours des marécages, et que ce second faciès est tout l'opposé du premier. 11 y a des transitions entre ces deux extrêmes; mais elles sont peu répandues et c'est le type sec, non étudié jusqu'ici, qui est pourtant le plus répandu. PATHOLOGIE VÉGÉTALE. — Sur la résistance du Chàlaignier du Japon à la maladie de l'encre. Note de M. A. Pru.\et, présentée par M. Gaston Bonnier. On sait que le (Châtaignier, qui, par la variété de ses produits, par sa rus- ticité, par son aptitude à s'accommoder des sols les plus ingrats, constitue une de nos essences les plus précieuses, tend de plus en plus à disparaître. Les causes de cette disparition sont multiples; mais l'une des plus inquié- tantes consiste dans l'extension croissante d'une maladie très grave, la maladie de l'encre., qui a décimé les châtaigneraies du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie et qui a déjà détruit en France plus de loooo''" de châtaigneraies. La disparition du Châtaignier a eu des conséquences désastreuses pour beaucoup de régions des Pyrénées, du Plateau central, des Cévennes, où aucune autre culture ne peut utilement prendre sa place et où les anciennes châtaigneraies, passées à l'état de friches improductives, sont livrées sans défense aux funestes eft'ets du ruissellement. La reconstitution des châtai- gneraies est pour ces régions une nécessité impérieuse. L'Administration do l'Agriculture, très préoccupée de la rendre possible, voulut bien me confier une mission en vue de la solution de ce difficile problème. Ce sont les prin- cipaux résultats de cette mission que je me propose de résumer aujourd'hui. La maladie de l'encre étant une maladie cryptogamique des racines, il me parut indiqué de procéder comme on l'avait fait pour reconstituer les vignobles détruits par le phylloxéra, c'est-à-dire de rechercher si parmi les Châtaigniers exotiques, il n'en était point qui, tout en ayant des racines résistantes â la maladie, fussent aptes à être cultivés directement ou à servir de porte-greffe à nos variétés indigènes. Le Châtaignier du Japon {Caslanea crenala Sieb. et Zucc.) et le Châtaignier d'.Vmérique (Caslanea denta/a Borkh. ) me parurent propres à remplir ce dernier rùle. llestait à déterminer leur résistance à la maladie de l'encre. Des plants de Châtaignier du Japon et de Châtaignier d'Amérique ont SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. I l47 été plantés en mélange avec des plants de Châtaignier indigène destinés à servir de témoins, dans les parties malades et dans les parties saines de châ- taigneraies inégalement attaquées par la maladie de l'encre^ situées dans des régions différentes et occupant des sols de nature variée. Châtaigneraie de Villembils {f fautes-Pyrénées). — La maladie y sévit sons sa forme grave lvpi([ue : des Châtaigniers de 5o ans y meurent en 3 à 5 ans. Les Cliàtaigniers d'Amérique y sont en e\périence depuis 6 ans et les Châtaigniers du Japon depuis 5 ans. Dans la partie saine de la châtaigneraie, les 8 Châtaigniers d'Amérique mis en expérience sont encore vivants; un seul Châtaignier indigène témoin sur i^est mort; 2 Châtaigniers du Japon sur 6 sont morts. Dans la partie con- taminée, les Sa Châtaigniers indigènes témoins sont tous morts, 22 Chàt^iigniers d'Aniéiique sur 28 ont péri et 6 Châlaigniers du Japon sur 2^ sont morts. Si Ion rapproche la morlalité totale des Châtaigniers indigènes téinoiilN dans la partie contaminée, de leur consarvaiion presque coniplèle dans la partie saine, on peut apprécier la gravité du foyer. Les ChàlaignitMS d'\mérii|ue restés tous vivants dans la partie saine ont présenté, dans la j):irlie contaminée, une mortalité très élevée qui montre que leur résistance, bien (|u'uri peu supérieure à celle du Châtaignier indigène, est pratiquement insuffisante. La morlalité des Châtaigniers du Japon est la même dans la partie saine et dans la partie contaminée; elle ne m'a pas paru, pour ce motif et pour d'autres tirés en particulier de l'examen des |ilaiils morts, devoir être attribuée à la maladie de L'ence. mais à une reprise diflicile de cette essence dans les sols argileux compacts comme ceux de Villembils; les faits observés dans les autres stations d'expérience sont venus confirmer celle interprétation. Châtaigneraie du Lindois {Charente). — Cette châtaigneraie renferme un foyer d'une extrême gravité : des Châtaigniers de 3o à /40 ans y meurent en r à 3 années. Dans la partie saine de la châtaigneraie les 18 Châtaigniers du Japon et les 18 Châtaigniers indigènes plantés en mars 1908 et en mars 1909 sont tous vivants. Dans le foyer, la première année de la plantation (mars 1908), 25 Châlaigniers indi- gènes sur 3o sont morts, tandis que 29 Châtaigniers du Japon sur 3o sont restés vivants, le trentième n'ayant point repris. lîii mars 1909, les Châtaigniers indigènes morts dans le fover ont été remplacés. Le i'^'' juillet les nouveaux plants accusaient partout une reprise normale. Le 20 octobre, bien que l'humidité de l'été ait accru la résistance relative des plants, la Châtaigniers indigènes sur 16 avaient succombé dans la partie du foyer la plus atteinte; dans la partie la moins atteinte, sur ^[^ Châtaigniers indigènes, 3 étaient morts et 6 étaient moribonds ('). Aucun Châtaignier du Japon n'est mort en 1909. Chàtaignei-aie de Saint-Laurenl-liretagne (Haxses- Pyrénées). — La maladie y sévit sous sa forme à évolution lente : Ifs Châtaigniers adultt^s peuvent resi ter pendant 10 ans et plus. Après 2 années de végétation, les Châtaigniers du Japon sont tous vivants dans le foyer comme dans la partie contaminée; les Châtaigniers indigènes (') Les Châtaigniers atteints par la mahulie de l'eiicre meurent, dans la règle, de juilletà septembre. l Il48 ACADÉMIE DES SCIENCES. sont tous vivants aussi dans la partie saine; mais dans le fover, 4 Châtaigniers indi- gènes sur 9.5 sont morts et la plupart des autres sont moribonds. On voit que la résistance du Châtaignier du Japon se manifeste égale- ment dans les trois types de foyers que j'ai pris comme exemples. Cette résistance s'affirme depuis 6 ans dans le bassin des Ihles (Aude), depuis 7 ans dans la châtaigneraie d'expérience de Vialer( Basses-Pyrénées). Dans l'une et l'autre de ces deux stations, les Châtaigniers du Japon ont seuls survécu, tandis que les (châtaigniers indigènes et les Châtaigniers d'Amé- rique, plantés en même temps qu'eux, sont tous morts en i â 3 ans. Tous les faits d'ordre expérimental (jue j'ai pu observer sont favorables à la résistance du Châtaignier du Japon à la maladie de l'encre. Ils tirent une grande valeur démonstrative de leur généralité et de leur constance depuis 7 années. Leur force de démonstration est encore accrue par ce fait d'observation générale que non seulement le Châtaignier du Japon survit dans les foyers oîi meurent le Châtaignier indigène et le (Châtaignier d'Amérique, mais qu'il s'y développe vigoureusement, même lorsqu'il se trouve en concurrence avec la végétation spontanée herbacée ou sous- frutescente. La vigueur de son développement dans des stations très variées fournit d'autre part des indications rassurantes sur ses facultés d'acclimatation. Les constatations qui précèdent peuvent avoir des conséquences écono- miques importantes. BOTANIQUE. — Variations du Zinnia elegans sous l'action des traumalismes. Note de M. Paul BEctiEitRi., présentée par M. L. Mangin. Dans mon jardin, une plate-bande de Zinnias, dont les graines avaient été semées en mars, ayant gelé vers le 20 mai, je lis couper au ras du sol toutes les tiges détériorées. A la suite de cette opération, de la base des tiges traumatisées, s'élan- cèrent de nombreux rejets qui donnèrent de très belles fleurs, depuis juillet jusqu'en novembre. Parmi toutes ces lleurs j'ai constaté une série de variations brusques afl'ectant la couleur des fleurons et de leurs écailles, la structure des capi- tules, et le mode de groupement des feuilles sur la tige. Ainsi un Zinnia double, à lleurons ligules blancs striés de rouge, a présenté une SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. I149 douzaine de fleurs nouvelles, dont les capitules étaient constitués soit à moitié, soit aux deux tiers, ou dans leur totalité, de fleurons rouges. Le même fait a été observé pour un autre pied de Zinnia double à grandes fleurs jaunes striées de pourpre. Certaines de ces fleurs avaient des capitules composés, pour moitié, de fleurons ligules entièrement pourpres. Dans les variétés de Zinnias doubles, à fleurons non striés, n'ayant qu'une seule couleur, j'ai rencontré aussi des changements brusques de coloration. Un Zinnia double à fleurs rouges m'a donné des rejets portant de superbes fleurs blanches. Un autre pied à fleurs blanches, a produit des rejets à fleurs mauves. D'autres variétés de Zinnias à fleurs simples, striées, ont ofl'ert des variations iden- tiques; un Zinnia à larges fleurons blancs ligules, striés de fines raies rouges, a fourni des rameaux sur lesquels s'épanouirent de belles fleurs rouges. Pour toutes ces fleurs simples ou doubles, striées ou non, le changement brusque de coloration s'est produit sur tous les fleurons ligules et sur tontes les paillettes des fleurons du centre du capitule. J'ai encore obtenu de curieuses modifications dans la forme et la structure des capi- tules. Sur des Zinnias carmins et roses, j'ai trouvé des fleurs monstrueuses possédant deux, trois et même quatre réceptacles coniques sur lesquels étaient insérés des fleu- rons normaux ( ' ). Enfin certains Zinnias doubles carmins ont eu des tiges où les feuilles bizarrement tordues et dressées se sont groupées en plusieurs verticilles assez rapprochés les uns des autres, comme s'il y avait eu entre les diflerents nœuds un arrêt de croissance. Les capitules de ces fleurs étaient en partie atrophiés; leurs fleurons ligules et tubuloux ne renfermaient aucune étamine. Pour ce cas particulier, à l'action du traumatisme il faudra probablement ajouter celle de la piqûre de certains insectes, bien qu'au moment de mes observations il m'ait été impossible d'en déceler la présence. Tous les cas de variations cités ci-dessus sont assez rares chez les Zinnias. Depuis 10 ans que je les cultive je ne les avais pas encore aperçus. Toutes ces variations rentrent dans la catégorie des variations brusques par bour- geons à laquelle Darwin a consacré plusieurs chapitres de son beau travail Sur la variation des plantes et des animaux. Mes observations ont cet intérêt, c'est qu'elles peuvent s'appliquera la plupart des cas de changement brusque décolorations, bien connus chez les Camélias, les Aubépines, les Azalées, les Roses, les Dahlias, les Œillets, les Cyclamens. En effet, pour ces plantes comme pour les Zinnias, la cause de la manifestation de la variation brusque d'un de leurs bourgeons doit être recherchée dans la modification de leur nutrition par suite de la sup- (•) Penzig, dans sa Tératologie végétale, a cité une fleur monstrueuse de Zinnia elegans ayant deux capitules, mais il n'a pas eu connaissance des autres anomalies. C. R., 1909, 1' Semestre. (T. 149, N° 24.) l53 ir5o ACADÉMIE DES SCIENCES. pression de la tig-e ou de certains rameaux (jui résulterait de l'action du g-el ou d'un Irauniatisme occasionnel à une certaine période de leur croissance. Sous rinllueuce de la suruutrition, la stabilité du type floral a subi une certaine atteinte el d'autres caractères ont appaiii. (^)uaiit à ces caractères, il ne faudrait pas croire qu'ils sont entièrement nouveaux, ou cpi'ils se pré- sentent dans des combinaisons nouvelles pour former de nouvelles espèces, ainsi (pie certains mutationnisles seraient tentés de l'admettre. La surnutri- lion ou le trausmatisme n'e\pli(|uent aucunement la nature et l'origine première de ces variations. Pour en connaître la véritable signification, il faudrait être renseigné sur le très long passé de l'espèce. Aussi Darwin lui-même nous a donné un oxceUent exemple de prudence scientifique en ne s'engageant pas à appeler nouvelles les variations brusques par bourgeon. En semant les graines des Zinnias qui ont varié (graines qui proviennent des fleurs que j'ai isolées et fécondées), nous saurons plus lard si les carac- tères que j'ai décrits sont stables, ou s'ils ne sont pas dus à une sorte d'al- lotropie comme en présentent certaines variétés, qui depuis des centaines d'années ont toujours donné les mêmes changements de coloration ou de forme chaque fois qu'elles ont été placées dans les mêmes conditions de suraulrilion. CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Transformalinn pardellc des matières grasses alimentaires en mannites par les digestions pepsique et pancréatique in vitro . Note de M. Emile Ga.utrei.et, présentée par M. Bouchard. L'examen polarimétrique des produits des digestions pepsi(|ue et pancréa- tique /« /-m-o de pains riches en matières gra.sses ( tels certains pains anti- diabétiques) nous ayant montré qu'il y avait formation de luaunilos, man- nite gauche pour la digestion gastrique artificielle, mannile droite pour la digestion intestinale iirtificielle, nous avons voulu nous rendre compte si ces polyoses étaient bien le résultat de l'attaque cbtorbydro-pepsique ou alcalino-pancréatique des graisses alimentaires. Dans une seconde série d'expériences nous avons mis à digérer encore in vitro, soit avec de l'acide chlorliydrique el de la pepsine, soil avec de la soude el de la pancréa- line, de riniile d'olives, de l'huile de colza, du beurre, de l'axonge, du suif; el nous avons oblenu de même des manniles, gauches ou droites, selon la forme pepsique ou pancréatique de l'attaque digestive artificielle. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. n5l Une troisième série d'evpériences a porté sur les deux principaux produits plijsio- logiques gras : le jaune d'ouf et le lait (lait de femme, lait d'ànesse, lait de vache ordinaire, lait de \ ache stérilisé, lait de vache homogénisé) ; et nous avons encore constaté la nu'me présence de mannites gauche et droite dans les solutums digestifs artificiels, mais dont les chifli^s de production variaient avec l'état de la division de la matière grasse. Dans une (|uiilrième série d'expériences nous avons fait varier les piopoitions d'acide chlorhydrique et de soude de nos digestions artificielles; et il \ a eu encore produc- tion de mannites; mais pour la digestion gastrique artificielle le chilFre de man- nite gauche croissait proportionnellement avec la quantité d'acide chlorhydrique employé. Une cinquième et une sixième séries d'expériences nous ont enfin montré que le chauti'age à -t- 87° C. de matières grasses, soit avec de l'acide chlorliydrique seul ou de la soude isolément, soit avec de la pepsine isolée ou de la pancréaliae exclusive- ment, ne donnait pas lieu à la formation de mannites. D'où nous concluon.s : i" Les dii^e.stions arlilicielles chlorliydro-pepswiue et sodico-pancréatique des matières gérasses donnent des mannites; 2° (les mannites sont : lévogyres pour la digestion chlorliydro-pepsique, dextrogyres pour la digestion sodiro-pancréati(]uc'; 3° La proportion do inainiiles pioduiles dans les digestions artiticielles dépend, en général, de l'étal de division de la matière grasse; 4" La proportion de mannite gauche de la digestion chlorhydro-pepsique artificielle des matières grasses dépend di' la (pianlilé d'acide chlorhydrique en réaction. PHTSIOLOGIE. — Sur la dèshvdratalion de l'organisme par les t^oies pulmo- naire et rulane'e, et ses variations avec l'altitude. Note de MM. H. GuiLi-E.>i.4Ri), R. MooG et G. l»E«;>jiER, présentée par M. Armand Gautier. Dans une Note précédente ( ' ) nous avons décrit une méthode permettant de mesurer la perte d'eau que subit l'organisme par les poumons et la peau, et indiqué les premiers résultats obtenus. Nous avons pu les compléter cet été par de nouvelles expériences eflectuées au mont Blanc au cours d'un séjour que nous avons fait du 29 aoiit au 6 septembre à l'Observatoire Vallot ('43jii'"). Nous adressons tous nos reniercîraents à M. le Professeur (') Comptes rendus, t. CXL\ III, p. i024- II 52 ACADÉMIE DES SCIENCES. Arm. Gautier pour le bienveillant intérêt qu'il continue à prendre à nos recherches et à M. Vallot pour l'hospitalité qu'il nous a accordée à son Observatoire des Bosses. Les expériences ont porté, tant à Paris qu'au mont Blanc, sur trois sujets d'âge, de taille et de poids différents; elles étaient effectuées soit le matin à jeun, soit l'après-midi; les résultats se sont d'ailleurs montrés peu différents dans ces deux cas. Le Tableau suivant réunit les moyennes de nos nom- breuses observations : H. G. R. M. G. R. Paris. Mont Blanc. Taris. Monl HIanc. Paris. Mont Blanc. (Température 16° 5° 16° r,; 19°, 8 5»,8 Condilions Pression ^ga-nm 446mm „6i-" 443-""- 759""° 449""" chmaleriques. j Humidité absolue 10^,70 ^e,o5 11^,24 3», i 128,96 4^,5 Débit respiratoire j apparent (') 449* 620' 407' SSg' 379' 584' par heure | réel C^) 397' 3i6' 375' 284' 326» 3oo' Altérations de l'air ( CO- dégagé pour 100 4iO' 6,27 3,07 5,90 4>i7 6,i5 inspiré. ( O^ absorbé pour 100 4,48 7,23 3,46 6,37 4,83 6,69 Quotient respiratoire 0,89 0,87 0,91 0,92 0,86 0,91 Intensité ( CO^ exhalé par heure i5',93 19', 81 11', 53 "6', 79 i4', 12 18', 39 des échanges. | O* absorbé par heure (^). '7'-76 22', 62 '2', 99 18', 11 16', 16 20', o5 Perte de poids à l'heure 52? 38? 48'-' 4i° 47^ ^°^ Perte d'eau à l'heure 46s 3ib 44^' 34? 42» 33k Rapport de déshydratation (') 0,87 0,81 0,90 0,81 0,89 0,80 L'examen de ces nombres conduit aux conclusions suivantes : La perte de poids du corps s'est montrée, comme dans nos expériences précédentes, plus faible en montagne qu'en plaine; il en est de même de la perte d'eau, ce que l'on doit attribuer sans doute à l'action du froid et de la dépression atmosphérique; Foa a montré, en effet (^), que l'homme exhale moins de vapeur d'eau dans l'air raréfié qu'à la pression ordinaire. On voit, de plus, que le rapport entre la perte d'eau et la perte de poids totale est toujours plus faible en montagne qu'en plaine. Ce fait vient à l'encontre de l'hypothèse de Grawitz, d'après laquelle riiyperglobulie des altitudes ne serait qu'apparente et résulterait uni- quement de la concentration du sang, due à une déshydratation excessive (') A 36° et sous la pression du lieu. (') A 0° et sous la pression de 760""". (') Par dosage dans l'air exhalé. (') Rapport de la perte d'eau à la perte de poids totale. (^) Archives ital. de Biologie^ t. XLl, 1904. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. Il53 de l'organisme; nous venons de voir, en effet, que la déshydratation diminue au mont Blanc précisément dans les conditions où nous avons nous-mêmes observé l'hyperglobulie('); la néoformation d'hématies paraît bien définitivement être le mécanisme par lequel l'économie s'adapte à la vie dans l'air raréfié des hautes montagnes. Une autre conséquence de cette observation est la suivante. Au cours des différents séjours que nous avons faits au sommet du mont Blanc, nous avons observé comme symptôme constant du mal de montagne une ohgurie notable, la quantité de liquide ingéré étant au moins égale à ce qu'elle était en plaine(-). Ce fait ne pouvant être expliqué par une exagération de la déshydratation pulmonaire et cutanée, il faut admettre que la perméabilité rénale a diminué. Si l'on rapproche de cette observation les résultats de l'analyse urinaire qui décèle une formation très exagérée de matériaux azotés incomplètement brûlés, on est amené à considérer l'oligurie du mal de montagne comme un symptôme d'une véritable auto-intoxication; il y a bien, en effet, rétention d'eau par l'économie, car à la période d'oligurie, qui dure quelques jours, succède une phase de polyuric, véritable crise urinaire, qui marque la fin des accidents morbides. CHIMIi: BIOLOGIQUE. — Influence de la réaction du milieu sur la fiUralion des diastases. Note de M. 3Iaurice Uolderer, présentée par M. E. Roux. On sait que la grosseur des micelles d'un colloïde est fonction de la réac- tion du milieu ('). Comme une partie au moins des diastases (la complé- mentaire activante de Gabr. Bertrand) est de nature colloïdale, il m'a paru utile d'étudier la filtration des diastases en faisant varier très légèrement la réaction (^). J'ai choisi pour mes recherches une diastase réputée peu fillrable : la sucrase (ou inverline) de V Aspergillus niger. Pour préparer celle sucrase j'ai employé la méthode indiquée en i883 par Duclaux. Le mycélium de la plante, cultivée sur liquide Raulin, est, après sporulation, lavé rapidement et mis à macérer sur de l'eau distillée. (') Journal de Physiol. et Pathol. générales, l. IX, p. i-. (-) Journal de Physiol. et Pathol. générales, t. VIII, p. àgS. (■') J. Perrin, Journ. de Chini. phys. de Genève, 1904 et igoo, el Mayer, Schaepfer et Terroine, Comptes rendus, t. CXLV, 190-, p. 918. (') Un Mémoire plus détaillé paraîtra ailleurs. Il 54 ACADÉMIE UKS SCIENCKS. Je prépare une solution de soude décime et une solution de II Cl telle que les deux solutions se neutralisent très exactement goutte ;i goutte. L'indicateur est le tour- nesol à Tébullition. J'emploie une sucrase provenant d'une niaiération de 20 heures à 38"; lo'"* du liquide jaune clair virent à la phénoiplualéine après addition de 4 gouttes de soude: au mélliylorîinge il faut 5 y 6 gouttes de HCI. Dans le Tableau suivant j'indique les résultais du dosafie de l'activité de la sucrase ayant subi dillérents traitements. La inélbodeeslù peu prés celle de M. A. Fernbacli (' ) opérant sur 2''"'' de chaque diaslase avec .'>"■"' d'eau et 5""' d'une solution sucrée. Celle-ci contient 20 pour 100 de saccharose, 2 pour 100 d'acide acétique et des traces d'acétate de soude qui. par double décomposition, remplaceront des traces de HCI éventuellement en excès, par de l'acide acétique. Le tout est porté i heure au bain-marie à 55"-56". L'action de la diastase est ensuite arrêtée par de la soude et chaque naélange est amen é à. jo'^'"'. Je dose sur ao"^"'" le sucre réducteur formé par la méthode de Gab. Bertrand (^). 1" dans le Tableau signifie une filtration faite sur 4o^"'' de sucrase additionnée d'acide, de base ou d'eau. Les 25'^'"" qui pa>sent en premier sont rejetés. Les filtrations se font avec des bougies Chainberland F contiiilées par insufflation d'air après immersion dans l'eau. A signifie une addition d'acide à raison de l^ gouttes pour 10'^'"' de sucrase. B est une addition de base à la même dose. T signifie un temps de contact de 4 heures environ. A-hT-t- F -t- B signifiera donc que 40^"' de sucrase -(-16 gouttes d'acide restent en contact presque 4 heures. On filtre à la bougie et, sur les dernières portions du filtrat, on prélève 10'^'"' et 4 gouttes auxquels on ajoute 4 gouttes de base. A + T -+- B veut dire : lo*^'"' de sucrase avec 4 gouttes d'acide; après un contact de 4 heures on ajoute 4 gouttes de soude. Sucre interverti Sucre par la diastase seule. interverti ■■ — "- — - ~ .\"'. Diaslase. tulal. Pour lUÛ. me l Normale 79)3 54,3 '2,9 i Normale bouillie 25, o o o :} Normale F 38,5 i3,5 3,2 i A -f- T H- F -h B 27 2 0,4 a A + T + B 78 53 i^,G G B-hT + F + A 77 52 12,4 - B-)-T-t-A 77 52 12,4 Le n" 2 donne le sucre réducteur dû à l'action de Pacidc seul. Retranchant cette quantité de la ligne 3 on a la ligne 1. On voit que la diastase filtrée acide (4) ne donne plus (ju'tiii dédoublement de 0,4 pour 100 au lieu de 12,9 pour 100. Ce n'est pas rcITet de Tacide et de la base, car la même diastase non filtrée donne 12, G pour ioo(n" .5). Les n"* 6 et 7 sont identiques, ( ') A. Fernbach, La sucrase ( Thèse Sciences physiques), Paris, 1890. C) G.\B. Bertr.\m). /idll. Soc. c hiin., t. XXXV, 1906, p. 1285. SÉANCE DU l^ DÉCEMBRE 1909. l 1 55 c'est-à-dire que la filtralion en milieu neutre à la phtaléine n'a en rien affaibli la diaslàse. J'ai fait ainsi 7 séries d'expériences et j'ai toujours eu les mêmes résultats. Ma sucrase provenait d'une macéralion de 20 heures à 38°. En pro- longeant la macération j'ai vu ([ue l'acidité à la phtaléine reste presrpie constante. Mais l'alcalinité au méthj'^Iorange croît, et d'autant plus que la plante est plus jeune, au commencement de la macération. .J'ai eu par exemple, après 3 jours, une sucrase demandant (Jo gouttes de HCl au lieu de 5 pour virer au méthylorange. A la phtaléine il fallait 5 gouttes de soude. On est donc très loin de la neutralité au inélliylorangc. Aussi cette sucrase traverse la bougie, même en ajoutant 5 gouttes d'acide acétique par exemple. Mai-s après 3 jonrs de macération le liquide est rouge noir, très foncé. D esl impossible de titrer directement. .l'enlève la matière colorante de la manière suivante : .Je neutralise presque avec HCl au méthylorange. Après i5 minutes, la matière colorante, tout comme la diastase, se coagule. .le filtre sur papier ordinaire, et sur le lillral ainsi décoloré, additionné des eaux de lavage, je continue la titration, rajoutant encore HCl, ou, s'il v en a trop, de la sfjude, pour venir à la neutralité au UK-thylorange. Application. — l'oiir extraire une diastase, il faut i[ii'elie filtre au travers des parois des cellules. Eu alcalinisant l'eau nous devrons faciliter l'extraction, En eflet : Trois curettes identiques à'Aspergillus niger sont mises vt macérer chacune avec 140*^°'' d'eau distillée. A l'une V j'ajoute ao''"' de HCl-;;; à l'autre B 10'"'' dune solution de phosphate trisoditiue à 10 pour 100 et à la troisième N je n'ajoute rien. Après un séjour de 5 heures à l'étuve à Mi", je sature A par 10""' de phosphate et B par 20''"' de HCl. Quant à N, j'y ajoute simultanément l'acide et le phosphate. J'agite et, après encore i."» minutes de contact avec le mvcélium. je dose l'activité de la sucrase : S ocre iiilerverli Surrasf. iDlal. A Macéracin acide 3i ,5 N i> neutre 3^, •") B )> basi^ftie 4*,5' Nb » neutre bouilli. . . :u-,â Donc la macération alcaline a une activité deux et trois fois plus içrande i|ue celles faites en milieu neutre et acide. Ce fait est, je crois, sénéral : une paroi alcalinisée sera plus facilement traversée par un colloïde négatif. Suci ■e iiilerverli par la (liastâse seule. 1 'uur 1(10. mil 10 * 1 i (S 3,1 27 6,1 0 0 II 56 ACADÉMIE DES SCIENCES. En résumé, mes expériences démontrent les principes suivants : 1° En milieu neutre à la phénolphtaléine, la sucrase traverse entière- ment les bougies de porcelaine ; 2° En milieu neutre au méthylorange, la sucrase est presque complètement retenue à la fiUration; 3" Entre ces deux neutralités, la filtration est partielle; 4" I^'extraclion de la sucrase est facilitée en alcalinisant Teau de macé- ration. Je compte étendre ces résultats. ZOOLOGIE. — Élevage du Zeugopterus punctatus Bl. au Laboratoire maritime de Saint-Vaast-la-Huugue. Note de M. R. Anthony, pré- sentée par M. Edmond Perrier. Nous avons entrepris, au printemps dernier, au laboratoire maritime de Saint-Vaast-la-Hougue, l'élevage du Targeur {Zeugopterus punctatus Bl.). Ce Poisson, dont l'aire de distribution s'étend depuis le golfe de Biscaye jusqu'aux côtes septentrionales de l'Europe, est assez rarement capturé dans nos parages, ce qui paraît tenir, comme le fait remarquer avec beau- coup de justesse Cunnmgham, probablement beaucoup plus aux difficultés de sa capture qu'à la rareté des individus. C'est sans doute pour cette raison que le Targeur est peu connu sur nos marchés; et, il serait peut-èlrc apprécié davantage s'il devenait un jour possible d'en faire méthodiquement l'élevage au point de vue industriel. Dans les premiers jours d'avril 1909, je me suis procuré un couple (mâle et femelle) de Targeurs, en âge de se reproduire. (5 longueur du centre de l'œil à la naissance de la queue .... 17'="' 9 longueur du centre de l'œil à la naissance de la queue .... 17 cm Ces animaux furent déposés dans un des plus grands bacs de notre aqua- rium de réserve, dans l'eau de mer courante. Du 28 avril au i3 mai, huitpontes se produisirent. Les œufs normalement fécondés furent soigneusement recueillis et déposés dans les appareils à agi- tation continue de Fabre-Domergue et Biétrix. En vue d'établir l'objectivité des résultats obtenus, et, comme je l'avais fait en 1907 lors de mes essais d'élevage du Turbot {Comptes rendus, 9 septembre 190'^), j'ai sacrifié les larves au fur et à mesure du développe- SÉAîfCE DU l3 DÉCEMBRE I909. II 67 ment; la totalité des produits des six premières pontes furent utilisés ainsi pour la représentation des premiers stades. C'est seulement à l'aide de ceux des deux dernières (8 et i3 mai 1909) que j'ai suivi la marche chronolo- gique du développement du jeune Targeur pendant et après la période critique. // l, Œuf fécondé (i" jour); II, Larve avec vilellus (8' jour); III, Larve après la période critique (17' jour), i,', globule huileux; v, vitellus; a, matières alimentaires. J'ai résumé dans le Tableau suivant les différentes étapes de l'élevage pour les pontes n" 7 et n" 8 : Ponte n" 7. 8 mai Ponle 12 » . . Eclosion i/j » Début de l'alimentation 16 » Disparition totale du vitellus 29 » Utilisation des dernières larves (22 jours). Période critique : du I4 au 18 mai approximativement. Ponte n° 8. i3 mai Ponte 18 ) Eclosion 20 M Début de l'alimentation 21 » Disparition totale du vitellus 10 juin Utilisation des dernières larves (29 jours). Période critique : du 20 au 24 mai approximativement. La technique de l'élevage fut, à peu de choses près, la même que celle suivie pour le Turbot : L'alimentation fut assurée à l'aide de planktoii bien vivant, péché au large, et soigneusement tamisé sur de la soie à bluter très fine. On la commença, bien entendu, avant la disparition complète du vitellus. C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N« 24.) 1^4 II 58 ACADÉMIE DBS SCIENCES. Pendant tout le cours de l'élevage', la leiiipéralure de l'eau fui luainlenue d'une façon constante entre i i" et 16°, oscillant le plus souvent entre i3" et 14". En tlehors des larves volontairement sacriilées, nous n'avons perdu, au cours de la périotle ciitii[ue, inruji très jjetit nombre d'individus, Ati point de vue technique, l'élevage du Targeur paraîtrait présenter uq certain nombre d'avantages : i" L'époque de la ponte qui, pour une région déterminée, est beaucoup plus précoce que pour le Turbot, permettrait d'opérer dans d'excellentes conditions, au point de vue de la température; 2° La période critique parait être plus courte que pour le Turbot. Nous tenons à faire remarquer, en terminant, l'intérêt que présentent, au point de vue pur et simple de la documentation scientifique, les élevages méthodiques de poissons de mer à teufs pélagi([ues; seuls, ils permettent d'avoir sur la morphologie des larves des différentes espèces des rensei- gnements d'une authencité indiscutable (|ui rendent possible Fidentitication certaine des larves prises en mer. Au sujet de ces dernières, on est bien souvent indécis, et l'on fait nécessairement, à leur sujet, même dans les livres les plus récents et les mieux documentés, de nombreuses erreurs. Les larves du Zeugoplerus punctatus Bl. sont précisément de celles stir lesquelles on est le moins bien fixé (voir Ehreîs'baum, Nordisches Plankton; Yierte Lieferung, p. 120G-1210). GÉOLOGIE. — Sur les Iraits caractéristiques des griffons hydrothermaux. Note ( ' ) de M. L. de Lai'nay. Des observations recueillies depuis 20 ans sur le gisement des sources thermales m'ont conduit à en préciser la théorie géologique de la manière suivante : Les sources thermales, quand ou laisse de côté le très petit nombre d'entre elles qui peut avoir une relation avec di's phénomènes volcaniques, me paraissent être la l'éapparition au jour d'eaux infiltrées, descendues à une profondeur suffisante pour se thernialiser, loin au-dessous de la surface hydrostatique, souvent minéralisées par un effet connexe, et remontées au jour sous pression après un circuit souterrain prolongé. Filles sont l'exagéra- tion des sources dites tmuclusiennes ^ avec la différence essentielle que celles-ci (') Reçue dans la séance du 6 décemhie 1909. SÉANCE DU l':) DÉCEMBRE 1909. nSg suivent un réseau de fractures limitées à un seul terrain calcaire de diaclases, ce qui restreint la durée et la longueur de leur circuit profond, tandis que les sources thermales utilisent des fractures géologiques, dont l'exten- sion considérable s'étend aux terrains les plus divers. C'est le mécanisme de cette romontce qui est surtout intéressant à étudier. Tout d'abord, il est facile de constater, par une première analyse, que les fractures donnant naissance à des sources thermales sont toutes celles qui peuvent nllrir aux eaux souterraines ces cheminées d'ascension à pénétra- tion profonde, dont nous venons de suppo.ser l'existence : en premier lieu, les failles et contacts de liions, le long desquels l'expérience de tous les tra- vaux souterrains montre la présence habituelle de circulations aquifères. Les sources thermales se présentent ainsi dans les conditions que l'on est habi- tué à rencontrer pour toutes les métallisations filoniennes anciennes dont le mécanisme a été identique. L'émergence d'une source tlieimale est déter- minée en principe, soit par la rencontre de deux telles fractures, soit, plus généralement, par l'intersection d'une d'entre elles avec une ligne de moindre pression tenant à la topographie : vallée, pied de falaise, rivage, etc. Acci- dentellement il arrive d'ailleurs que les eaux thermales, en se rapprochant de la surface, trouvent, au voisinage de celle-ci, ces réseaux de cassures plus localisées, appelées diaclases, ou uK-nie atteignent un terrain poreux, perméable dans sa masse, et s'y dispersent en une sorte de nappe aquifère tliermalisée. Si l'on analyse les conditions nécessaires pour que l'eau remonte ainsi de la profondeur par une fracture géologicjue avec une thermalité notable, on voit que la première est, pour ces eaux, d'avoir atteint une zone profonde, ayant pu produire cette thermalisation : condition facilitée dans les régions volcaniques par le fait que le sol est réchaufl'é, mais réalisable également partout ailleui^. Il faut donc, pour leur remontée au jour, une fracture géologique pro- fonde, ([ue l'on peut comparer à un tuyau étanche mettant en communi- cation directe avec la surface un point profond de ces imprégnations aquifères à mouvement lent qui, au-dessous de la surface hydrostatique, remplissent tous les vides des terrains. Il faut aussi que cette fracture soit nettement individualisée, qu'elle soit bien comparable au tuyau en question. Si l'eau souterraine remontait depuis son point le plus bas par un circuit compliqué analogue à celui suivant lequel s'est produite son infiltration, dans les conditions mêmes de sa descente, elle reperdrait en montant ses calories exactement comme elle les a acquises en descendant. Il6o ACADÉMIE DES SCIENCES. La source thermale est ainsi caractérisée par une remontée rapide, sup- posant une fracture largement ouverte. Cette condition est également nécessitée par le fait que la source, pour rester thermale, doit avoir con- servé une charge suffisante pour repousser les mélanges d'eaux superfi- cielles susceptibles de la refroidir. Ainsi fracture profonde, largement ouverte, continue, permettant une remontée rapide et individualisée depuis une grande profondeur, voilà les conditions essentielles d'un griffon hydrothermal. La charge qui provo- que la remontée peut se trouver accrue par la présence des gaz, ce qui a lieu surtout pour les eaux à acide carbonique-; mais ce n'est là qu'un cas acces- soire. Par exemple, une source à 53°, avec une température locale de i3° et un degré géothermique de 35™, a dû descendre à i/joo"". A Bourbon- l'Archambault, où ces conditions sont réalisées, 3000""° d'eau par seconde sortent d'une fissure particulièrement nette dans le gneiss ayant 2*='" de large sur i'",5o de long, soit 3oo''"''de section, ce qui suppose une vitesse à l'émergence de lo*^'" par seconde ou, pour les i^oo'" de remontée au jour, environ 4 heures, en admettant, comme l'étude des filons métallifères tend à le prouver, que la dimension de la fracture reste à peu près uniforme sur toute sa hauteur. D'autre part on peut se rendre compte, sur certaines sources thermales dont le débit est en relation particulièrement directe avec les phénomènes météorologiques de la région, comme les sources alpestres notamment, que la durée totale du trajet souterrain est au minimum de 6 mois, souvent beaucoup plus forte. En tenant compte du trajet de descente beaucoup plus long que le trajet de remontée, trajet qui peut être fréquemment d'une trentaine de kilomètres, on arrive à une vitesse de circulation descendante au moins 3o fois plus faible. Si l'on admet, dans une première approxima- tion, que cette circulation se fasse d'une façon continue, le volume à débiter étant le même en tous les points du parcours, la section des fissures d'infil- tration devrait être au moins 3o fois plus forte que celle de la fracture d'émergence. On peut se représenter un réseau d'infiltrations très étendu, à alimentation inconstante : réseau qui va en se rétrécissant pour aboutir à des sortes de réservoirs souterrains formant régulateurs, et dont l'eau remonte rapidement au jour. Certaines méthodes de captage permettent de puiser dans ces réservoirs souterrains plus largement que ne le comporte l'émergence naturelle et d'accroître beaucoup le débit pendant la durée d'une saison thermale, mais à la condition de ne pas aller assez vile pour les tarir. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. I161 On peut tirer deux conséquences de cet exposé. Tout d'abord la nécessité d'une fracture largement ouverte explique une loi d'un certain intérêt, à laquelle je suis arrivé d'autre part en étudiant minutieusement la répartition des sources thermales à la surface de la Terre. Ces sources se trouvent uni- quement dans les régions aftectées par des dislocations géologiques récentes et ayant subi le contre-coup des derniers plissements alpins. Elles manquent dans les massifs anciennement consolidés du globe. Le fait est à retenir pour l'étude des gisements filoniens métallifères. Il prouve que les fractures métallisées ont toujours dû être incrustées dans une période très voisine de celle où elles se sont ouvertes. D'autre part il ne serait pas impossible que cette remontée rapide au jour fût, surtout par les frottements qu'elle détermine sur une conduite rocheuse verticale de i""" à S""" de liant, comme par les dissolutions qui doivent en résulter, un des facteurs contribuant aux vertus particulières de ces eaux. GÉOLOGIE. — Sur la valeur du rétrécissement produit par les plis du Bassin de Paris. Note de M. Pail Lemoine, présentée par M. Michel Lévy. On sait, en particulier par les travaux de M. Dollfus, que les plissements observés dans la Craie ne sont pas absolument réguliers. Des plis secon- daires naissent dans l'intervalle des axes principaux. Il semble qu'en général leur apparition coïncide avec une diminution dans l'intensité de l'accident principal et qu'il y ait une sorte de compensation à cet égard comme si l'effort de plissement était resté le même, déterminant suivant les points des effets différents. J'ai cherché à vérifier si telle était la réalité des choses et, pour pouvoir comparer ces plis, j'ai calculé le rétrécissement produit par eux. Etant donné un pli BAC, la longueur avant plissennent était BAC = L + L' (')", après plissement elle est réduite à BC ==/ + /'. Pour une portion de pli telle que BA, le rétrécissement produit est donc K = L— /, ( ') On remarquera que tous les points, pour lesquels la longueur L -\- L' est la même, se trouvent sur une ellipse ayant les points B, C pour fovers. Le rétrécissement est donc identique dans ce cas pour un pli symétrique, asymétrique ou même déjelé. ♦ I l62 avec la relation ACADEMIE DES SCIENCES. Il est donc facile de calculer R, \aleur du rélrécissement. / H/'c Mais ce calcul est long; il peut être simplifié I. /('\ ' /- / \ •?. l- 1X2/ I II-" ->. Il' j étant très pelil ('), on peut négliger les termes en -j^ et les suivants, et il vient : L=/ i-t- 2 /2 R 1 /i' ÏÏT' formule simple que j'ai appliquée à un certain nombre de plis de la Craie dans le nord du Bassin de Paris, en utilisant les données fournies par les courbes de niveau qu'a tracées M. Dollfus et même aux plis du Gault et du Kiméridgien tels qu'ils résultent des sondages profonds (-). Voici les résultats obtenus : V hauteur de Dieppe. de Neufchàtel. de Beauvais. de Chantilly. (I). (II). (lU). (IVJ. 1. A. (■*) d'Aulnay à A. du Roumois ( S. de la Risle ) » 2. A. du Roumois à A. de Beynes (S. de l'Eure) 0,02 (*) o , 09 o,o5 0,02 0,22 0,23 (') L'axe du Pays de Bray produit, à liauleur de Beauvais, une dénivellation de 170"* environ (craie à 80°' à Beauvais el au nord de Gisors, à 25o™ sur les points les plus élevés du Bray, où elle a été enlevée par érosion); cette dénivellation est répartie sur 3o'"". Représentée à l'éclielle, elle aurait i""",^ sur une épure de So"^"' de longueur. {') Paul Lemoi.ne, Sur les plissements souterrains du Gault dans le fiassin de Paris {Comptes rendus, 28 novembre 1909). (') A, anticlinal; S, synclinal. (*) IT, rétrécissement entre deux axes tectoniques, exprimé en mèlree. SÉANCE DU 1^) DÉCEMBRE 1909. HÔ3 \ hauteur de Dieppe. de Neufchàtel. de Beauvais. de Chantilly. (I). (II). (III). (IV). 3. A. de Beynes à \. du Bray (S de la Seine) o,35 0,09* 0,98 i,i3 k. A. du Brav à A. de Garaaches (S.duTliérain eldela Bresles). 0,26 o,o5 0,29 o,.5o 5. A. de Gamaches à \. du Pon- thieu (S. de la Somme) o,25 o,54 'J'22 o,38 6. S. de la Risleà A. du l'ontliieu.. 0,98 0,5.5* 1,67 3,o3 7. A. de Beynes à S. de la Somme (pays de Bray et annexes).. . . o,84 o,35* i,35 2,i5 8. Craie sans plis secondaires 0,20 o,3o** o,~5 » 9. Gaull 1,06 1,8^ 4,39 10. Rapport des n« 8 et !) 5,3 <),o 5,8 » Ces chifl'res montrenl combien est faible le rétrécissement produit par les plis du Bassin de Paris. Pour le plus important, celui du Pays de Bray avec toutes ses annexes (ligne 7), il est de Vordre du mètre, puisqu'il varie entre o'^jSS et 2", i5 ('). Or, dans l'iiypolbèsc 011 les plissements sont dus à des refoulements latéraux et en ne tenant pas compte de la cnmpressibiîitè des couches, le chiffre exprimant le rétrécissement se trouverait coïncider avec le chiffre exprimant la poussée horizontale. II suffirait donc d'une poussée horizontale, variant entre o°',35 et 2'",i5, pour produire des plis aussi importants que ceux du Pays de Bray ("). La valeur totale du rétrécissement produit (lignes 6 et 7) reste du même ordre de grandeuT sur les quatre profils, eonfirmant l'impression citée au début; mais elle n'est pas rigoureusement identique; en particulier, elleesl minimum à hauteur de Neufchàtel là où le plissement du Biay est maximum. Cette anomalie, qui n'est pas imputable aux erreurs de calculs ou d'obser- vations, est due à la grande importance prise par les plis secondaires sur les protils situés au Nord et au Sud; elle méritera cependant une étude spéciale. (') (>e rétrécissement est donc AiiVordre du centimètre par kilomètre de longueur. (-) On peut en conclure quelle faible poussée horizontale peut suffire pour déter- miner les tremblements de terre et pourquoi cette poussée horizontale est presque toujours indéterminable (Paul Lemoine, Sur les relations tfctoni<]ues du tremblement de terre de Provence {Comptes rendus, i" j.uin 1909). Il64 ACADÉMIE DES SCIENCES. Les plis du Gault étant beaucoup plus accentués que ceux de la craie, les chiffres qui expriment la valeur de leur rétrécissement sont aussi plus grands (ligne 9). 11 faut d'ailleurs les comparer à des chiffres obtenus en prenant la Craie aux mêmes points (ligne 8). Il est à remarquer qu'il paraît exister un rapport constant (environ 5) entre les chiffres qui expriment les plis du Gault et ceux qui expriment les plis de la Craie. Par suite, les forces qui ont délerminé'les plissements auraient agi avec quatre fois plus d'inten- sité entre les époques albienne (Gault) et sénonienne (Craie) qu'entre les époques sénonienne et actuelle. GÉOLOGIE. — Sur la succession des faunes et la répartition des faciès du Calcaire carbonifère de Belgique. Note (') de M. G. Delépine, présentée par M. Ch. Barrois. La présente Note a pour objet : i" De faire connaître l'existence dans le Calcaire carbonifère belge de zones fossilifères parallèles à celles qui ont été établies par Vaughan (') à Bristol et dans le sud du pays de Galles ; 2° D'indiquer les relations de ces zones avec les principaux faciès du Tournaisien et du Viséen. I. Zones fossilifères. — Dans le Tableau ci-contre, chacune des zones est caractérisée par le groupement d'un certain nombre de Brachiopodes et de Polypiers. Toutefois, telle espèce de l'un de ces groupes, prise isolément, peut apparaître plus bas, ou se retrouver plus ou moins abondante dans une zone supérieure. IL Répartition des zones fossilifères . Relations avec les faciès lithologiques. A. Bord septentrional uii Bassin de Namur. — L Hninaut. — Sauf en quelques points, le Tournaisien seul affleure entre Tournai el Feluy. Les grès calcareux et calcschistes, qui surmontent le Famennien à Attre, contiennent Prod. bassus et Sp. octoplicata qui caractérisent la zone la plus inférieure (zone à Kteistopora de Vaughan); toutefois des Zaphrenlis y existent déjà. La zone à Zaphrenlis affleure au nord d'Arquennes, au nord d'Ecaussines, à Mévergnies, près d'Ath, et aux carrières (') Présentée dans la séance du 6 décembre 1909. (') Quart. Journ. geol. Soc, t. LXl, iQoS, p. iSi-So". /i/iylliini. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. 1 165 d'Allain, près Tournai. La 2one à Caii. cornucopiœ est représentée à Soignies, Écaussines et Maffle par le calcaire à encrines appelé petit granité; à Tournai par des couches peu épaisses de calcaire à encrines et un calcaire bleu et noir à phtaniles plus développé (carrières de Pont-à-Rieux, Vau\, Cliercq). Angleterre Bel(;ique (bassin de Namur). (Brislol el Pays de Galles). VISÉEN. 1 4. Produclus latissimus, Prod. longispinus, Al/iyri'! fila- , | bristria IJ3 i -, ^ ; ; f /.one a 3. Productus giganteii.t, Spirifer slrinliis, Campop/ivl- \ luni I5> 2. Productus hemisphericiis, Prod. n. sp. (cf. uiidîfertis'.'), Lith. irregulare Dj 1. Productus corrugalus, Seminula Jicoïdes, Lillinslr. ) Zone à Martini S|_2 j Seminula. TOURNAISIE.N. 4. Productus sublavis., Syringoth. cuspidata, Chonetes \ papilionacea, Syringoth. laminosa, Michelinia me- / sastoma. Cvatophyllum oVirh., Caninia sigantea. ("..,. , . . ,.".. 'i I anima. 3. Spirifer cinctus de Kon., Syring. laminosa, Caninia cornucopia' ■/■C| 2. Spirifer tornacensis, Prod. burli/igtonensis, C/tonetes liardrensis, Al/iyris glabristria, Zaphrentis Orna- ■ ., , ,..„,„".,". -7 i Aaplirentis. liusi., Zaplir. KonincKi A,_2 ) 1. Productus bassus, Spirif. octoplicata, Eumetria car- | Zone à bonaria I'' 1-2 ( Kleistopora. I ^ Phase à Modiola, / 2. Environs de Namur. — Le faciès dolomitique envahit presque tout l'étape tournaisien et une partie du Viséen. Les formations qui sont notées sur la Carte comme grande dolomie contiennent, de la base au sommet, les fossiles de la zone à Zaphren- tis., de la zone à Can. cornupiœ, de la zone à Cyatophyllum et Chonetes /oa/^/Zw/ia- cea, et toute la partie inférieure de la zone à Seminula (Marche-les-Dames, Sclai- gneaux). Au-dessus de la doloune, les zones à Seminula (calcaire bleu grenu et noir compact, lentilles d'oolilhe) el à Dibunopliyllum (faciès de la Grande Brèche, cal- caire crinoïdique, oolithe), se succèdent tiés régalièrement à Lives, Namèche et An denne. 3. Vallée de la Méhaigne. — La ilolomilisation n'alTecte qu'une partie du Tour- naisien. Les faciès ooliliques se répètent à plusieurs niveaux : Dans la zone à Can. cornucopiœ (mêlés à des faciès crinoïdiques) ; C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N* 24.) * l55 Zone à l tt66 académie des sciences. Dans la zone à Prod. siiblœvis (mêli-s à des faciès crinoïdiqiies) ; A la base de la /one à Seniinula : ' Dans la «one à Dihu/iop/iylliini, où l'oolithe remplace le faciès Grande Brèche. B. BùHi» MÉRiDiONAi. in Bassin di- Namih. — La zone à Zap/irt'iilis n'est représentée complètement ((n"à Landelies et à Arapsin. La zone i'i Prod. sub/œti.s est d'une remar- quable conslanre dans tonte la loni;neiir du Bassin, de Landelies à Fieniaile. Partout elle comprend un faciès oolithique; dans l'Est (Engis, l'iemaile) le faciès devient peu à peu plus Ciinoïdique. Le facïps oolilliique, envahit toute la moitié inférieure de la zone à Scniiniilci.}^s (irandc Jircclie est remplacée à l'est de ILn par des faciès oolitbiques. C. Bégion di Com)Ro/. kt de Dînant. — i. Le cdcaire noir à phlanites de Paire et de Petit-Modave contient la faune de la zone à Caii. cornucopiœ ('). La zone à Cho- nete.t et à Prod. sith/ii'fis est représentée par des calcaires à faciès crinoïdique sur rOnrthe, oolithique sur le Hojoux. 2. La zone à Con. coritticopia'. avec tous les fossiles qu'elle contient à Paire, se letrouve à l'Est de Dinant, à Denée. Les calcaires noirs à phtanites qui contiennent cette faune v sont straligraphiquenienl //v'.v inf(-riciir.>i au marbre noir de Dinant exploité à Denée. III. Coiicliisions. — 1° Les zones fossilifrres se retrouvent en succession réi;ulière dans toute Tétendue du Bassin de iNamur et dans le Condroz, malgré la diversité des faciès lithoiogiques; elles constituent donc d'excel- lents points de repère au point de vue stratigraphique. 2^' La zone à Prod. sublœi'is et Choneles' papilionacea, notamment, semble êire un point de repère extrêmement important ers Belgique. Elle s'amorce déjà au sommet des aflleurements du Hainaut, se reconnaît dans les masses dolomitisées situées au centre du Bassin de Namur; elle se retrouve sur loutc la bordure méridionale de ce bassin et dans le Condroz. l'ille oH're. avec cpielques espèces déjà visécnnes, un dernier épanouis- sement des éléments les plus caractéristiques de la faune tournaisienne. 11 semble donc qu'elle puisse être choisie comme limite stipérieùre.dù Tour- naisien. 3" Ces zones sont parallèles a celles qui ont été établies d'abord dans le sud-ouest de rAnglelerre. Ce parallélisme existe d'ailleurs dans les varia- lions des faciès lithologiques qui se retrouvent très anaîogues de part et' d'autre pour les mêmes niveaux. (]es faits montrent que les deux bassins passaient par les .mêmes, phases d approloudissement ou de, tendance à ï'émersion. , , , ...:;;■. (') DkstiSkz. Ann. S. G. B., I. \\-\\\l\ , pax^i SÉANCE DU II DÉCEMBRE 1909. 1167 PAI^ÉOBOTANIQUE. — Observations sur les Pinakodendroii E. Weiss. iNote de MM. Rknê Cambier el Armand Renier, présenlée par M. R. Zeiller. Le genre Pinakodendron a été créé en 1893 par 1"". Weiss pour distinguer des troncs de Lycopodinées carbonifères de caractères assez particuliers, qu'il a d'ailleurs rangés parmi \e^ Su/mgi/laria, au même titre (jue les Cy- closligma, Bothrodendron et Asolanus \A. (Sigilluria ) carnptofœnia WoodJ. Nos connaissances sur les Pinakodendroit sont très sommaires. Weiss en a décrit deux espèces, P. musû'iim et /'. Ohinanni, découvertes par lui dans le Westphalieu de la Westplialie. .M. K. Kidston a distingué, eu 1900, une troisième espèce : P. Macconochiei , du \N estphalien d'Angleterre. D'autre part, l'existence àe Pinakodendron a été signalée en divers points du bassin houiller franco-belge : dans le bassin de Valenciennes, par M. l'abbé Carpentier; à Mariemont (P. Ohmanni), par M. Deitenre, el dans le Limbourg bollandais (/*. Ohmanni), par M. Jongmans. Les détails de ces dernières observations étant encore inédits, on ne con- naît les Pifiakodendrnn que par les descriptions de Weiss et de M. Kidston, descriptions brèves à raison même de la pauvreté des matériaux qui con- sistent en fragments d'écorces de peu d'étendue. Un échantillon de P. Macconochiei ayant été découvert dans le toit delà couche Duchesse, au siège n" 12 des Charbonnages réunis de Charleroi, l'un de nous a fait sur ce gite des récoltes systématiques. Elles se sont trou- vées favorisées par le faciès lacustre du banc de schiste, si bien que nous avons pu étudier sur une importante série d'échantillons l'ensemble de la plante, depuis les parties les plus basses jusqu'aux fins rameaux. Nos con- clusions sont les suivantes. Les Pinakodendron étaient des arbres d'assez grande taille, garnis de feuilles dis- posées en spirale. Le diamètre du tronc dépassait 20'^"'. La ramification se faisait pai- dichotomie régulière, tout au moins dans les rameaux. Les dichotomies étaient fréquentes. Les derniers ramules étaient aussi divisés que ceux du Lepidodendron ophiurus. Tout comme chez les Lepidodendron el Sigillnria, la macération a respecté che» les Pinakodendron trois assises originairement (■oncenLri(|ues : Fétui médullaire, l'assise knorrioïde et l'écorce. Vétui inétluUaire est orné de stries longitudinales et de courtes cannelures sans Il68 ACADÉMIE DES SCIENCES. conlinuilé. H rappelle celui des Lepiilodendron, Bolhrodendron et Asolanus, et diffère conipièleraent de celui des Sigillaria. \J assise knorrioïde, située à faible profondeur sous l'écôrce, présente des traces foliaires spiralées. Ce sont des mamelons à base triangulaire, dont l'arèle supérieure est horizontale. Des angles supérieurs se détachent, tant vers le haut que vers le bas, deux sillons sensiblement verticaux, qui s'atténuent progressivement. Entre les traces foliaires, on remarque une ornementation par stries verticales recroisées par des stries horizontales. LVco/ce présente une ornementation distincte sur ses deux faces. Sur la face interne, ce sont des stries horizontales peu régulières, de profondeur variable, qui masquent un système de stries également horizontales, mais plus déliées. La face externe présente des variations considérables d'aspect chez les rameaux de différents ordres, et même sur les rameaux d'égale importance, voire sur un même échantillon. Les cicatrices foliaires sont subcirculaires ou subelliptiques. Leur contour est légè- rement saillant et forme parfois un liseré net. Feu au-dessus du milieu de la cicatrice foliaire, on remarque trois cicalricules. La cicatrieule centrale, poncliforme et très profonde, est légèrement relevée par rapport aux. cicalricules latérales, subovales ou semilunaires. Souvent, la cicatrieule centrale est seule visible. La surface des cicatrices foliaires est légèrement concave et un peu retroussée. On y remarque une tendance à la formation d'une ride transversale suivant les trois cicatricules. Aussi, sur les négatifs ou moulages de la face externe de l'écôrce, les cica- trices foliaires paraissent-elles divisées en deux parties, l'une sensiblement plate, parfois indistincte, l'autre en saillie, sorte d'écusson courbe à bord supérieur horizontal qui correspond à la partie inférieure déprimée des cicatrices foliaires. C'est dans une déformation de ce genre qu'il faut probablement rechercher l'explication de la singu- lière conformation des cicatrices foliaires du P. Oliiuanni. Jusqu'ici nous n'avons pu découvrir chez /-'. Macconochiei de cicatrice ligulaire. Il existe parfois sous la cicatrice foliaire une carène knorrioïde. La surface est couverte de rides très fines, légèrement flexueuses, sensiblement ver- ticales, mais confluant vers les cicatrices foliaires, au-dessus et au-dessous desquelles existe une plage lisse à contours mal définis. Parfois la surface est lisse. L'aspect est alors celui des Cyclostigma. Plus souvent, on remarque des fentes ou gerçures verti- cales, plus ou moins sinueuses, qui peuvent, en se multipliant, en venir à former un second réseau analogue à celui bien connu des Asolanus. Sur les fins rameaux, les cicatrices sont très petites et très serrées. L'aspect de ces rameaux est identique à celui des ramules du Cyclostigma kiltorkense Haughton, figurées par M. Nathorsl en 1902. Il résulte de tout ceci que les Pinakodendron sont des Lépidodendrées au même titre que les Asolanus et les Bolhrodendron. Les caractères de ces trois genres résident surtout dans les détails des cicatrices foliaires et encore SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. I 169 dans rornementation de l'écorcc. Une confusion avec les Asolanus serait k craindre si l'on ne tenait compte que des gerçures en losange. L'unique échantillon (ÏAsolanus camplotœnia signalé à Liège est un Pinakodendron (cf. P. Macconochiei) . Les Cy clos tigma ont avec les Pinakodendron de très grandes affinités. Ils s'en rapprochent plus que des Bothrodendron auxquels on les a souvent rattachés. Il nous paraît probable que l'on en viendra à admettre l'identité des deux genres. Les points de ressemblance entre C. kiltorkense et P. Macco- nochiei sowl tels qu'une étude approfondie s'impose, qui mettra en évidence leurs caractères différentiels. P. Macconochiei e%\. une espèce distincte des P. musiviim et P. Ohmanni, si, comme l'a indiqué Weiss, les fines rides de la face externe de l'écorce forment chez la première espèce un réseau en losanges étirés aussi régulier que celui que nous connaissons à la seconde. Il se pourrait toutefois que ces deux espèces doivent être réunies, caria configuration des cicatrices foliaires caractéristique du P. Ohmanni pourrait résulter d'une déformation. HYDROLOGIE. — Sur l' hydrologie souterraine du massif de Penù-lilanque ou Arbas (^Haute-Garonne). Note de M. E.-A. Martel. Dans une Note du i"' octobre 1906, j'ai exposé que, dans les sous-sols calcaires, les zones marneuses intercalaires, en théorie imperméables, étaient brisées ou interrompues beaucoup plus souvent qu'on ne le croit, au grand préjudice du filtrage naturel des equx souterraines. Au cours de la mission qu'a bien voulu me confier, en 1908, M. le Mi- nistre de l'Agriculture, pour l'étude hydrologique du sous-sol des Pyrénées françaises, sur la proposition du Comité d'études scientifiques près la Direction de l'hydraulique agricole, nous avons trouvé, dans la grotte de Penè-Blanque (Haute-Garonne), une confirmation particulièrement écla- tante de cette discontinuité des zones marneuses des formations calcaires. Le massif de Penè-Blanque (ou de la forêt d'Arbas), à 7*"" S.-E. du chef- lieu de canton d'Aspet (Haute-Garonne), est, d'après M. L. Bertrand, un bloc de terrain secondaire (liasique, jurassique, crétacé urgo-aptien) reposant sur des schistes sériciteux ou cristallins. Sur les indications du regretté Félix Regnault (de Toulouse) et de M. Ortet, j'ai pu (avec MM. Lucien Rudaux, D'' Jammes et D'' Jeannel), y \ II^O ACADÉMIE DES SCIENCES. étudier sept cavités presque entièrement inconnues, qui ont fourni les constatations suivantes : La '^rntle de Pe/îè-5/a/ï<7«e (925™ d'altilude) a 900'" de développement lolal et plusieurs éta;ies entre 945™ et 84?»'" d'altitude ; elle est des plus instructives et sa coupe montre clairement comment son ancienne rivière souterraine, alimentée par des cre- vasses ou même des abîmes supérieurs, a été soutirée en profondeur, capturée par la pesanteur et la fissuration ; en effet, vers le milieu, une succession de grandes cassures indique nettement qu'ici l'intérieur de la montagne se trouvait haclié de ces puissantes •fissures verticales préexistantes nommées dioclases et ([ue le trajet horizontal des eaux souterraines vint recouper par leur travers ; ces fissures avaient préparé non seulement dans les masses rocheuses dures, mais aussi à travers les marnes ayant supporté le courant pendant quelque temps, une série de points faibles, une réelle zone d'appel par la pesanteur ou gravité; leur agrandissement en puits et fentes, étroites, constaté jus- qu'à 100™ de profondeur, a causé la fuite de l'eau vers des étages inférieurs. Vax un mot, on rencontre là, sous terre, un point de dislocation lecloniqije intense, qui rend lumineusement compte, par la plus persuasive des leçons de choses, de quelle manière les eaux souterraines peuvent gagner de plus bas niveaux, dans l'intérieur des calcaires, et de quelle façon se sont creu- sées les grottes à plusieurs étages. Cela confirme bien qu'il existe, plus souvent qu'on ne le croit, des défauts d'étanchéilé parmi les zones marneuses lliéoriijuement imperméables des sous-sols calcaires. Quant aux résultats d'ensemble fournis par les cavernes de ce massif, les voici : D'une part, on constate trois horizons différents d'absorptions d'eaux, très puissantes jadis, très réduites maintenant : 1° Les glacières naturelles vers i3oo'" (sauf vérification) ; 2° Le Pount d'Ecli-Erbaou à io7.5"-io90'", grandiose abîme d'au moins 1 5o mètres de profondeur (les chutes de pierres nous ont empêché de descendre plus bas que So"^); 3° Le trou du soufûeur et l'effondrement de Buhade-Dech-Gandil (ait. 865'"-895™), qu'on peut rapprocher (comme le fond du gouffre précédent) du niveau de perfora- tion 93o'"-90o"' de la grande galerie de Pené-Blanque. D'autre part, il existe quatre horizons ou niveaux d'émergences d'eattx actuelles : i" Petites sources de IManeio de Pey-Jouan évidemment superficielles et venant de la forêt voisine comme plusieurs autres en même situation à io4o™; 1° Hount de \\o% Hechos, source pérenne à 760°' ; , 3° Bassin souterrain du gouffre de Planque, perte du luisseau de Planque, deux petites sources du schiste entre ôio™ et .085™ d'altitude. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE 1909. îï^t 4" Source de Bernalas à ^35'" (dans le vallon de Gourgue), ayant peut-èlre pour trop-plein (ne fonctionnant qu'après les pluies) la grotte du Goueil-li-Her à 47-3"'-4gQ'". Ainsi, entre 400"' et i3oo™, les montagnes calcaires d'Arbas sont percées de cavités et pourvues de zones aquifères à tous leurs étages. Il n'est pas pjernais d'y appliquer les termes, toujours erronés pour les calcaires, de nappes ri'eau, de niveau hydrostalique ou de niveau piézomélrique ; ce sont la loi de pesanteur, le travail mécanique et chimicjue de l'eau, le caprice des fissurations et le hasard des interstralifications imperméables qui régissent, là comme dans tous les terrains crevassés, la circulation des eaux souter- raines, en déroutant souvent les plus rationnelles prévisions. D'autres cavités doivent exister sur le versant ouest du massif d'Arbas et dans les environs d'Aspet. HYDROLOGIE. — Sur les gaz des sources thermales: présence du crypton et du xénon. iSote de MM. Charles Moireu et A. Lepape. présentée par M. Deslandres. En dehors de l'air atmosphérique, où ils furent découverts par Sir W. Ramsay et M. Travers en 1898, le crypton et le xénon n'ont encore été, à notre connaissance, signalés nulle part ailleurs. Des recherches anté- rieures ont établi que les trois autres gaz de la même famille, à savoir l'argon, l'hélium et le néon, présents, comme le crypton et le xénon, dans l'atmosphère, existent dans la généralité des mélanges gazeux qui se dégagent aux griffons des sources thermales. Il était donc naturel d'y reT chercher aussi le crypton et le xénon. 1. Nous avons utilisé, pour cette étude, la remarquable propriété, décou- verte par Sir J. Dewar (' ), que possède le charbon d'absorber très inéga- lement les gaz suivant leur nature et suivant la température. Les gaz rares, en particulier, se rangent nettement, au point de vue de leur absorbabilité, dans l'ordre inverse de leur volatilité, qui est celui de leurs poids atomiques croissants, soit : hélium, 4; néon, 20; argon, 39,9; crypton, 81,8^^- xénon, 128. , (') Sir J. DiiWAR, Annales de Cliiniie et de Physique, lyo'i- II72 ACADÉMIE DES SCIENCES. Voici le mode opératoire auquel nous nous sommes arrêtés : Les gaz courants (azole, anhydride carbonique, etc.) sont tout d'abord éliminés chimiquement, suivant la méthode précédemment décrite ('), et le résidu inerte obtenu, mélange global des gaz rares, est ensuite soumis au fractionnement, par le charbon de noix de coco, dans un appareil spécial, absolument vide d'air. Un premier traitement de ce mélange, à la température de l'air liquide, sépare l'hélium et le néon, non absorbés {gaz légers), des trois autres (argon, crypton) xénon), qui restent fixés sur le charbon {gaz lourds) ('). On libère ceux-ci en éloignant la source de froid et chaufi'ant ensuite modérément le charbon. Le mélange des gaz lourds (argon, crypton, xénon) est traité maintenant par le charbon, à la température du chlorure de mélhyle bouillant ( — 28°), dans le même appareil. On fait circuler lentement le mélange gazeux sur le charbon (4''°) pendant I heure ; presque tout le gaz reste libre ; on l'extrait. Si l'on cesse de refroidir le charbon, il cède progressivement le gaz fixé ; pour en dégager la totalité, nous avons porté la température du charbon jusque vers 4oo°, au moyen d'un petit four électrique. II ne reste plus alors qu'à accumuler ce faible résidu gazeux dans un lube de Pliicker ('), pour en faire l'examen spectral. Cet examen était fait à l'aide d'un spectroscope à vision directe, construit par M. .Tobin, successivement avec la décharge directe et avec la décharge oscillante ( condensateur et air-break) d'une forte bobine d'induction, dont le primaire est alimenté par le courant alternatif du secteur. Dans le premier cas, outre le spectre de l'argon, on a toujours vu, très distinc- tement, la raie jaune X 3871,12 et les raies vertes X 55^0, 5; A 5562,45 du cryplon, ainsi que les raies bleues A 4923, 28 ; X49i6,63; X 4671,42 du xénon ('). Ces lignes coïncidaient très exactement avec les lignes correspondantes que nous observions simultanément (en juxtaposant les spectres) dans des tubes de Pliicker à crypton et à xénon purs, que SirW. Hamsay a bien voulu mettre à notre disposition. En général, la raie jaune du crypton était beaucoup plus brillante que la plus forte des raies de (') Cil. MouRiiU, Comptes rendus, 1906. — \u mélange chaux-magnésium primiti- vement employé, nous avons trouvé un grand avantage à substituer le calcium métal- lique, que le commerce livre couramment aujourd'hui. (') Ch. Moukeu et R. Biquard, Comptes rendus, 1906. (') Nous employons depuis quelque temps des électrodes en cuivre, conseillées par M. Teisserenc de Bort, qui nous donnent toute satisfaction. (' ) L'étude attentive du spe'ctre y révèle la plupart des raies du cryplon et du xénon. Nous ne signalons ici que celles qui sont les plus intenses ou les plus caracté- ristiques. SÉANCE DU l3 DÉCEMBRE I909. Il 78 l'argon (X 6082, 39, orangé), et, par conséquent, la plus brillante de tout le spectre ('). La décharge oscillante, qui affecte surtout le spectre du xénon, nous a donné pour cet élément des caractères très nets : la raie verte A 3292,40 nous est toujours apparue très distinctement, ainsi que les raies X5372;, 62; X5339,5fi;X48/i4,5o; .... 2. Nous avons ainsi caractérisé le crypton et le xénon dans 2') sources, dont voici la liste : Aix-les-Bains (source du Soufre); Bagnères-de-Bigorre (source Salies); Bagnèrcs-de-Luchon (source Bordeu n° 1, source Bordeu n° 2, source enceinte Ferras, source Pré n° 1, source Saule n° 2); Bourbon-Lancy (source Lymbe); Bussang (source des Demoiselles); Caulerets (source César, source La Raillère); Dax (source Nehe); Eaux-Bonnes (source Vieille); Grisy (source d'Ys); La Bourboule (puits de Choussy); La Chaldette (Lozère); Longwy (source des Récollets); Luxeuil (bain des Dames, grand bain); Maizières (Côte-d'Or); Néris; Plombières (source Vauquelin, source n"3); Salins-Moutiers; Saint-Honoré; Uriage (-). 3. Une importante remarque s'impose au sujet de ce travail. Les gaz qu'il s'agissait de rechercher dans les sources thermales existant dans l'air atmosphérique, on peut se demander s'ils ne proviennent pas, dans nos expériences, d'air introduit au moment de la récolte du gaz à la source ou au cours de nos longues et multiples manipulations. Nous sommes en mesure de lever tous les doutes à cet égard. 1 ° Tout d'abord, nous (>oiivons aftiimer rélaiichéité absolue de nos appareils, qui se mainlient durant des semaines et de^ mois; 2° en second lieu les écliantillons de gaz étaient toujours recueillis avec tous les soins nécessaires pour éviter toute introduction d'air; d'ailleurs, 18 sur 26 des gaz étudiés étaient rigoureusement exempts d'oxygène, et, par suite, d'air; et, dans 4 autres sources, la teneur en oxygène était inférieure à G, 2 pour 100. Au surplus, nous avons exécuté une expérience de contrôle absolument probante. A de l'argon pur (argon de l'air privé de crypton et de xénon) (') Quand le volume des gaz lourds (Ar, Kr, X) traités était de 1 2*^"' à iS'^"', ce résultat a toujours été obtenu. (') Une étude complète des gaz de celte source sera publiée prochainement par M. Massol. l56 G. R., i<)Of,, 2' Semestre. (T. 149. N° 24.) lI'-4 ACADÉMIE DES SCIENCES. nous avons ajouté des quantités croissantes d'argon brut de l'air (contenant, par conséquent, ducryptonet du xénon), et nous avons soumis ces mélanges au même traitement que les gaz lourds de sources. Or, dans une opération qui correspondrait à une introduction de 33 pour loo d'air dans un échan- tillon de gaz brut de source, les raies principales du crypton et du xénon sont notablement moins intenses que dans l'un quelconque des 2(3 cas de gaz de sources étudiés. En sorte que, même en supposant que pour le tiers de leur volume nos gaz fussent de l'air, ce qui est impossible, nous pourrions encore y affirmer la présence du crypton et du xénon. En résumé, nous avons recherché et caractérisé, d'une manière certaine, le crypton et le xénon dans 26 sources. Comme aucune exception n'a été rencontrée, et que, d'ailleurs, les sources étudiées appartiennent à des régions et à des groupes variés, nous en conclurons que la présence de ces deux éléments, comme celle de l'argon, de l'hélium et du néon, est générale dans les gaz des sources thermales. A '1 heures un quart, l'Académie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures. G. D. ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DU LUNDI 20 DÉCEMBRE 1{)09, PRÉSIDÉE PAU M. Ch. BOUCHARD. M. Ch. Bouchard prononce l'allocution suivante : Messieurs, Ayant eu Tan dernier l'honneur de présider cette séance, j'avais du, avec vous, m'incliner devant l'interminable et lamentable défilé de nos morts. Cette année, à la réunion des cinq Académies, j'ai été l'interprète des regrets de l'Institut pour les pertes qu'elles ont subies, l'Académie des Beaux- Arts surtout. Seule l'Académie des Sciences avait été épargnée. Nous avons cependant déploré la mort d'un de nos illustres associés étrangers. Simon Nevvcomb est un exemple des entraves qu'apportent au développe- ment de la persormalité les directions intempestives qui prétendent se sub- stituer d la vocation; et un exemple aussi de l'inanité des longues et stériles préparations dans la conquête de sa propre destinée. Son enfance et sa jeunesse ont été tellement décousues et médiocres, qu'on n'en connaîtrait rien s'il n'avait écrit les « Souvenirs d'un astronome » où l'on reconnaît, comme chez J.-J. Rousseau et chez Franklin, que ces autobio- graphies recèlent autant d'orgueil que d'humilité. Né en i835, à Wallace, dans la Nouvelle-Ecosse, de parents religieux, austères et méthodiques, il fut élevé, un peu à l'abandon, et, en tout cas, sans méthode. Il lisait volon- tiers les livres qui lui tombaient sous la main, mais le hasard choisissait mal ses lectures. A i4 ans, il faillit être engagé dans la Marine, mais il resta sur la terre ferme ; il s'assouplit mal au travail agricole et ne réussit pas à apprendre comment on conduit les bœufs. On avait totalement négligé de l'initier aux exercices du corps. Par un reviremenl d'idées, son père voulut le destiner au barreau et sa mère au sacerdoce. ()n s'aperçut qu'on avait heureusement C. R., ipoy, 2' Semestre. (T. 149, N" 25.) 1^7 IiyC ACADÉMIE DES SCIENCES. oublié de lui apprendre le latin. Des parents, un oncle et une tanfe, prirent en commisération ce garçon de i6 ans que personne n'aidait à entrer dans la vie; ils vinrent le chercher pour l'amener à son grand-père ; mais la voiture fi'avaît que âexix placés, iN^èwcomb fit à pied lés 180'^°' du trajet. Le grand-père le reçut avec l'excellent conseil de se choisir une profession. Il allait essayer du métier de charpentier quand un médecin, qui était sur- tout charlatan et quelque peu pharmacien, l'attacha à sa personne pour la préparation de ses drogues. Il avait 18 ans quand, pris de dégoût, il quitta brusquement son patron. Fatigué de ces multiples essais, humilié de leur insuccès, il entra dans une voie où personne ne le conviairt et devint an grand savant/ Fhonheuf de son siècle. Malheureusement il ne savait encore rien. Il se fit donc instituteur el, en essayant d'instruire les autres, il réussit à s'instruire lui-même. Il y réussit si bien cfu'à 2^0 ans,- il écrivait sin- les idées de Gô^crnrc hn article qtri l'ut remarqué ; c{ue,- à 22 ans, il était attaché an bureau du Natitical Almanae ; et que,' à 28 ans,- il était docteur es sciences. Je rrè lé surs pas dans lé développement de sa gloriense carrière d'astro- nome. Seé' découvertes sur le mouvement rétrograde d'Hypérion ; ses théo- ries sur les quatre planètes intérieures devaient le porter au premier rang. On le considère comme le continuateur de Leverrier. Nous l'avons vu k Paris à l'occasion des travaux de 1« Carte du Gièl. Nty&sYsxans nommé notfe associé étranger en igùî. Au cours de cette année, une nouvelle s'est répandue qui a ca'tfs'é, hlëii qu'on dût s^y attendre; une réelle côT^stèrriatiôn : la population de lai Ff-an'ce, dont l'augmentation était graduellement plus restreinte,- était maintenant stationnairc. Pendant l'année 190S, sur loooo hal)ifafits, on avait Compté 204 naissances' et 197 décès. C'était bien encore une riuain'ced'àtigrtientation. Au botit d'un an, les loooO se retroiivefâiènt looci'j. Avec Ce taux àë 7 poUf 10060 il faudrait, pfOùr que la populatiotiâffivâ't à doubler, 3']tlâti§,- tandis que l'AUemafgne, en Un siècle, a' -Cn preSt^trè tripler sa popuIatïo"h'. Les premiers mois de l'année en cours nous apportent une déconvenue encore plus cruelle-; Nous Sommes meriafcés" de voir pour r^'og le chiffre des n-aissances iiiférieW à èëltiî des décès. Les coOséquéncè'S d'un tel étfit êe choses provoquèrent dans le public, chez les piiblicisies/ au Parlement, dans lesfeofps sa:vants,' une éniotioribién foaturelle.' - SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. II77 Pensant qu'il fallait porter remède à cette situation, on a tenté d'en indi- quer les causes. On s'en est pris à nos institutions, au partage égal des héritages entre les divers enfants. On a incriminé l'esprit de préyoyance, d'épargne, de coaservation qui voudrait que la transmission des héritages se fit dans une seule main, si bien que les deux personnes qui constituent déjà la famille et avec elles les deux dots, les deux activités créatrices de richesse, les deux vertus de modération et d'économie aboutiraient à une seule personne. Le bien qui vient d'une double source n'irait p^is, comme en Angleterre, au fils aîné, ce dont s'indjgne notre sentiment d'égalité ; il irait au fils unique. S'il n'était pas apporté quelque entrave au système, l'humanité ou plutôt la petite portion d'humanité que nous représentops, au lieu de multiplier suivant la prescription bil^lique, tendrait à décroitre, suivant la rapide progression de i pour 2, sans compter l'aggravation provenant de la mort prématurée de l'héritier. C'est Ja mort qui va nous sauver, la mort qui dissémine l'héritage sur la foule innombrable, inconnue et bostile de ces neveux qui tout à coup se révèlent q,uand le cousin ohéri inspire des inquié- tudes. Celte pensée est Fobsession des nuits bourgeoises. Elle déjoue les complots anti-sociaux; elle rompt la brutalité des restrictions volontaires. La pensée de la Mort plane sur ceux qui font obstacle à la Vie. C'est la Mort qui .venge la Morale et prend l,es intérêts de «la 'Société. Cette idée étroite et maladive de protéger contre la division le bien péni- blement amassé, celte préitention grotesque de constituer une dynastie haate assurément les cervelles d'un assez grand nombre de membres de la petite baurgeaisie, pas assez cependant pour faire échec au Code civil et permettre de regretter l'égalité des partages. C'est une cause qui intervient dans la dépopulation, cause minime, mais qui s'ajoute à beaucoup d'autres: l'e.vig-uïté des habitations, par exemple, conséquence de l'agg^lomération dans les grandes villes où l'espace manque, où les appartements ont un nombre de pièces restreint, où l'çn cherche vainement la chambre des en- fants et, quand on la trouve, elle se UQmme chambre d'ami. J'en dis autant de la prétention intolérable de certains propriétaires qui ran,gent les enfants dans ia série .des êtres et des choses qui troublent la tranquillité des mai- sons, entre les cliiens ôtles pianos. Tout cela c'est une gène, ce n'esct pas un em,pêohement à la loi naturelJe. C'est une gène comnie c'en est une pour les pauvres gens d'avoir à nourrir, avec un même salaire, trois, quatre, cinq, sjjc personnes au lieu de cjeux. Les philanthropes, les sociologues, les légis- I I 78 ACADÉMIE DES SCIENCES. laleui's cherchent à remédier à cette j^êne. On ne saurait trop louer leurs efforts. Ils fout les habitations à bon marché, ils veulent dégrever les impots de façon progressive en raison du nombre des enfants. Ils font la vie moins dure ou plus heureuse ; croyez-vous qu'ils vont augmenter la natalité ? Tout cela me rappelle cette municipalité qui, en vue de la repopulation, avait eu l'idée ingénieuse d'accorder, pour chaque naissance, une prime à l'accou- cheur. Rendez la vie moins redoutable ou plus désirable, vous verrez du même coup le nombre des naissances diminuer et non augmenter. C'est la race des misérables qui est le plus prolifique. C'est notre consolation, disent- ils, dans leur rude langage; et c'est en effet une consolation pour le malheu- reux d'aimer ses enfants et d'en être aimé. Aussi n'est-ce pas l'exiguïté des salaires ou l'étroitesse de leurs demeures ou la crainte du propriétaire qui poussent les petites gens à modérer la natalité ; ils ont des enfants quand même, et ce sera justice si l'on se décide à leur en savoir gré. La restriction, puisqu'il faut l'appeler par son nom, est surtout le fait des couples qui, ayant obtenu, par leur travail ou par celui de leurs parents, d'être à l'abri de la gêne, se complaisent dans la médio- crité pour eux et pour leur unique progéniture et repoussent tout ce qui pourrait les condamner encore au travail. A cette cause humiliante et inavouée de la dépopulation s'en ajoute une autre qui est criminelle, ce qui ne l'empêche pas d'avoir ses défenseurs, et qu'il faut flétrir, si vous voulez, mais surtout, ce qui sera plus efficace, poursuivre sans pitié : ce sont les manœuvres abortives. Le mal nous est venu d'au delà de l'Atlantique ; il prend les proportions d'un Iléau social. Il semble être encore limité aux grandes villes, mais avec une telle intensité, qu'on se demande si l'énormité du scandale ne suspend pas l'arme de la justice. Le rôle de l'homme est d'améliorer sa condition; le but de l'humanité, c'est le bonheur. Pour des raisons bonnes ou mauvaises, voulues ou incon- scientes, morales ou immorales, mais pour des raisons dont l'effet est cer- tain, ce bonheur de l'humanité ne marche pas de pair avec sa multiplication. Mais ne croyez pas que ce soit l'unique raison et que le seul moyeu d'avoir une nombreuse progéniture soit d'être misérable. Les grandes aggloméra- tions humaines, quand elles sont denses et pressées, n'ont qu'une faible natalité ; quand elles ont devant elles de vastes espaces où elles pourront trouver un libre essor pour leur activité, elles engendrent les colons qui mettront la terre en valeur. Les vieilles civilisations comme la nôtre, qui, par le travail des siècles, SEANCE DU 20 DECEMBRE I909. II79 onl assuré à une population serrée un bien-être relatif, ne sont pas stéri- lisées malgré la décroissance constatée du nombre des naissances. C'est notre race qui, au Canada, se montre si prolifique, dans des conditions de vie facile, mais en présence d'immenses territoires. C'est notre race qui, de nos jours, se montre en Algérie aussi féconde qu'aucune de celles qui lui font concurrence. Ce sont ses colonies qui empêchent la natalité de se restreindre en Angleterre. Et si le bien-être conquis par l'Allemagne diminue maintenant, d'année en année, le nombre des naissances, l'accrois- sement trop rapide de sa population pendant le siècle qui vient de s'écouler l'a poussée à trois guerres successives. Elle lui fait sentir aujourd'hui le besoin des entreprises coloniales qui conserveront pour l'empire l'excès de ses enfants. Pour des raisons sociales plutôt que physiologiques, nous marchons vers un retour à l'équilibre. La fécondité de notre race n'est pas moindre que celle de nos voisins; nous mettons seulement plus de modération à en faire usage, et ils commencent à suivre notre exemple. Plus lente assurément, l'augmentation de la population de la Terre n'en continue pas moins; il en résulte un malaise général qui est de même ordre que tant de malaises particuliers que nous connaissons dans les diverses professions et qui a pour nom : l'encombrement. L'humanité marche vers l'encombrement quand le chilïre de la population augmente plus vite que les progrès agricoles et industriels. Or la population peut augmenter sans que la natalité augmente; il suffit que le nombre annuel des décès diminue, en d'autres termes que la longévité augmente. Et la longévité restant la même, le chitl're des décès et celui des naissances restant les mêmes, Ihumanité ressentira le malaise, signe de l'encombrement, si le tra- vail de l'homme vient à diminuer. Or deux faits caractérisent l'époque actuelle : la longévité augmente, le travailhumain diminue. Le malaise résul- tant de cette double cause et qui a tous les caractères de l'encombrement a deux remèdes : l'augmentation de la surface habitable, l'augmentation du travail utile. Tandis que l'humanité grandit, la planète reste immuable. On la cultivera mieux, on cultivera ce qui est inculte, les sables et les rochers, on empiétera sur la mer. Voyez les merveilles accomplies par les Hollandais; et sachez, si vous l'ignorez, que chaque année, au premier janvier, nos ingé- nieurs apportent à M. le Président de la République quelques kilomètres carrés qui s'ajoutent à notre domaine. Mais enfin il y a à cet accroissement une limite infranchissable ; et même quand l'homme aura tout mis en valeur, quand il aura asservi toutes les énergies, quand il aura réalisé la IJ,8o A.CADÉMIE DES SCIENCES. synthèse des matières alimentaires, si le nombre des naissances n'a pas cessé d'être supérieur au nombre des décès, faudra-t-il attendre le salut de ces grands remèdes, les giUerres cl les pestes, que certains piiilosophes classent parmi les liarmonies de la nature? J'ai la confiance que l'homme achèvera la conquête absolue du gldie et qu'il s'y étaWira en paix, sans secpusse, sans catastrophe. Mis en possession de meilleures méthodes, armé d'instruments plus par- faits, hôte d'un monde où le travail sera remis en honneur, i'èiomme verra la production augmenter, les besoins recevoir facile satisfaCition, des jouis- sances se pla,cer à portée des désirs. Ce jour-là r,équiiibre .sera réalisé, les iiaissances ne l'e^parteront pl^s sur le nombre des décès. Nous nous acheminons vers ce terme for-t éJoigHé C[ui est, je e-rois, dans la dest-inée de l'iuimanité. Peut-être avançons-nous d'up pas irop rapjde. Il n'e&t pas prudent d'arriver trop tôt, d'arriver les premiers à cet état où la paix du monde sera assurée par l'égalité des nais- sances et des morts. Le bien-ê|trea déjà trop amoindri notre puissance u\i- mérique. Souhaitons à nos v,oisins la prospérité qui diminue les naissances et gardons nos cojlonies quj les augmentent. Le temps présent appartient encore à la iFo«;e e-t la Force est au Nombre. Ecoutez encore les moralistes, les philanthropes, les économistes, les législateurs, si vous estimez qu'ils n'ont pas radicalement édhoyé ,dans leurs multiples et diverses tentatives pour augmenter la natalité. Mais si vous êtes persuadés co^ime moi qne le nonrbre des naissances dé^^end de conditions sociales qu'il nous es.1 di'ljticile, sinon impossible, de modifier, tournez-vous franchement vers le second te-rme delà questioji, celui qui se propose de diminuer le nombre des décès. ^'ous ne mourons jjas de notre bonne mort, par pure difficulté d'être. Nous mourons encore de maladie; et il en sera ainsi pendant longtemps. î\e nous en plaignons pas : c'est plus expéditif, moins péjiiWe et moins répu- g-nantque de çtiourij' d''épuisement et de dégradation séniles^ et puis, si la mort est inévitaide, la. maladie est évitable et guérissa'b^e ; et il en sera ainsi de plus en plus, à mesure que riiy-giène sera plus vigilante et la thérapeu- tique plus efficace. Il y a, dit-on, une maladie qui est la maladie désii'ajble ou jxrovide:ntielJc : c'est celle qui met un term^e ^ la -vie ayant qu'elle s'aiiiuie dans'la décrépitude. (Cette maladie, un peu plus tôt, un peu plus tard, ac- complit son œuvre. Les médecins n'ont pas grande action sur elle; ils ne prolongeât que fort peu la vie des vieillai-ds-; mais ils peuvent permettre auxeafants.de devenir (Unjou.r. des .vicU.laxds et.d''.'CArc dans Tin teav aile ces SÉANCE DU 20 DÉCEMB'RE 1909. Ï181 àdiïttès forts, actifs, bieft portants qui font ta richesse et la pn'issance des riatiorts. Le problème a donc changé de face. Faites tout ce que vous pour- rez pour augmenter la natalité ; niais, comme il est établi que ce Sera en pure pëtté; èMpéchèÉ la firtôrl, nbiï pas ta rti'6f t dès vieillards extrêmes, ce qui est impossible, n'iâis ga'fdèz lès adultes, èrnpêch'ez lès adolescente de mourir, êàuvez surtout h vie des enfants. Que tous ceux qui ont reçu la vie et qui ô"nt droit à là vie accomplissent leur destinée' f C'est àiirts' ce s'èrïs que la Médecine résoudra' le probfèfnè dé là rep'opùtàfiôn. L'àriâlyse de ta! pbpôtàtio'ri do fti'ondè telle qu'elle résulté' âëë doniîées statis'tiquès vcais môfitfé sùf" quelles" caitégorres de vivants ta' Médeèirîe peut agir avec profil pour la conservation ou l'augmentation de la papidatièrt. Les" vieillards au delà de jà afris tië comptent qtfè pour 5 pbliv 106' dans fèrnsèmblè. Lés jeunes' êtres qtiî sôti't âgés débet 19 a'rts, qui sont l'humanité en préparfftion, qui ne pf'ôduiâèn't pas efico're ta rich'èss'è H tiè participeril pf(s ëricoré a la repopulation, comptent pour 3o pour 166'. C'est sur ce dernier bloc que doit porter ta sollicitude de la Médecine. Gè sont lès paroles utilitaires de ta gâ'gèssê cofitèmpoTéfîne ; nlâ'is' je ne puis paiS laisser dire qu'il y a de^ màladieg déjriràbtes, fii ^ue le médecin doit réserver ses soins à Ceux-là seuls dont la guérison sé'ra profitable au corps social. Ces paroles sont impies. Le nïédecirr rt'à qti'ùn ennemi : là MoYt,' et il la" cdihUât p'ariotii oir elM est ttièna^ànté,' ftiême si la lutté doit êtfè s:àns avantage. Au rno'fnèht ùix te^ diéiix s'en vont il garde son idole : là Vie. . . , la Vie qui est te biéri suprême et qui répand, sur âon fÈiivre que vous jugez réptig;nantè, àa beauté" et son charme, qui attaché au berceaii les titas' et les roses, la btanéheur parfumée de l'oranger à la couche dé l'épouSée, à nos Habits les palmés vertes qui ne veulent pas mourir. Laissez-nous donc soigner lès vieiltards; nous n'en réserveroTis pas moins notre sollicitude à ceux qui propagent là race et aux éiifants qui tiennent en réserve la puissance prolifique. Atàrit ta riaissàftce, le nouvel être ^it dàriâ un milieu où it est à t'abrî de la plupaf't des perturbations auxquelles il èérâ difficile de té soustraire quand il aura une fois pénétré dans le milien houveaii où s'accomplira son exis- tence. 11 sera désormais expose à mille causes de maladies, mais il porté' soiïvên't en lui léâ maladies qui sont son' héritage et tes blessures reçues à l'instant même de la riais'sance.- Ces târeS, ces tràûmatisrïies, joints à la diffi- culté dé l'àdaptatiôrt au milieu nouveau, font peser pendant la première année, sur la coharte des nouveau-nés, une mortalité énorme qui de 1864 à 1874 n'a pas été inférieure à 32b pour 1000. Pendant la seconde moitié IlSa ACADÉMIE DES SCIENCES. de la première année elle tombe briis(jn('iiient, la mort a liquidé les tares; mais racclimatement ne se fait pas en une seule année. Pour looo enfants de I à 2 ans elle est de 27; de 2 à i ans elle est de 21 ; de 3 à 4 ans elle est de 16. Peu à peu l'enfant devient plus résistant soit aux causes physiques de détérioration, soit aux entreprises des agents infectieux; la mortalité diminue d'année en année jusqu'à l'âge de 9 ans. A cet instant commence la période bénie par les mères, qui va se prolonger pendant quatre années et qui est marquée par un minimum invariable de mortalité, 3,5 pour 1000. A partir de i3 ans, la mortalité ne reste plus stationnaire et ne diminue plus, elle augmente jusqu'à la tîn de la 19' année; elle passe de 3, S à 7 pour 1000. C'est la période pendant laquelle une fonction nouvelle s'établit; c'est celle aussi où apparaît l'esprit d'indépendance, où l'on acquiert, à ses dépens, l'expérience dont on fera plus lard son profit, et où l'adolescent se soumet avec moins de docilité à l'expérience maternelle qui avait été jusque-là sa sauvegarde. A partir de 19 ans, il y a un temps d'arrêt dans la marche ascendante de la mortalité. De 19 à 33 ans, chaque année, pour 1000 personnes du même âge la mort ne frappe que 7 victimes. C'est la belle période de la vie, celle de la puissance et de la pleine vitalité. Dès 34 ans la mortalité est de 8 pour rooo et elle va augmenter avec une vitesse croissante. A 4» ans elle est 10; à 5o ans elle est 16. Elle est 32 à 60 ans, 74 à 70 ans, i52 à 80 ans, 3'.>,2 à 90 ans. Elle double tous les 10 ans. Sur trois personnes nonagénaires, une mourra dans l'année. Cette elTroyable mortalité de l'extrême vieillesse, c'était exactement la mortalité des enfants dans la première année de la vie. C'était la mortalité dans la période de i8G4 à )874- En 1874, un médecin, que je considère comme l'un des grands bienfai- teurs de notre pays, fait voter, par l'Assemblée iNationale, cette loi que la reconnaissance publique dénomme : la loi Roussel. A partir de ce jour, la mortalité infantile diminue. Elle diminue d'abord de façon peu appré- ciable quand on la considère dans l'ensemble de la France; mais elle se restreint bientôt à mesure que la loi est mieux appliquée et dans les régions où cette application est faite avec intelligence et conscience : là où des médecins se dévouent à cette o'uvre de salut. Les enfants, s'il se peut, sont nourris avec le lait maternel ou avec le lait de nourrices, au besoin avec du lait animal dont la qualité est reconnue bonne. Les vases où on le récolte sont maintenus en état de propreté parfaite. Toute autre alimentation est SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. Il83 évitée. Des consultations sont établies où les jeunes mères reçoivent de précieux conseils, où les écarts d'hygiène sont immédiatement redressés; . où du lait est distribué; où la propreté est imposée; où le début des moin- dres maladies est dépisté et la maladie guérie le plus souvent avant son complet développement. Les Gouttes de lait mettent ces bienfaits à la portée des mères; les mêmes règles sont imposées aux nourrices auxquelles on a dû confier les nourrissons. La surveillance appartient à des médecins. La loi est bien ou mal appliquée; la surveillance est effective ou appa- lente; aussi trouve-t-on dans la mortalité des variations considérables d'un département à un autre, ou, dans un même déparlement, d'une commune à une autre. Mais on trouvera peut-être saisissants les changements que l'ou- verture d'une consultation de nourrissons ou d'une Goutte de lait amènent dans la mortalité pour 1000 des enfants de moins d'un an. Cette mortalité tombe à Tourcoing de 177 à i43 ; à Douai de 1 14 à gS; à Avesnos de 207 à 117; à Cambrai de 120 à 109; à Saint-Pol-sur-Mer de 288 à 179; à Rouen de 287 à 25o; au Havre de 24G à 186; à Elbeuf de 3o5 à 1 64 ; à Varange ville de 224 à 1 1 3 ; à Appoigny de 1 44 à 52. Il ne me convient de citer personne, mais les inspecteurs dévoués dont la vigilance incessante a assuré ces résultats méritent la reconnaissance du pays et l'éloge de l'Académie. Ils ont montré qu'on peut, par l'application sincère des règles de l'hygiène et par l'action médicale, réduire du quart, du tiers et même de moitié la perte des enfants dans la première année. Ils arrivent ainsi à doubler le nombre des êtres qui, à l'origine, vont accomplir la réno- vation de la nation. Je n'ai pris qu'un exemple, le plus concluant assurément; mais, dans celte période de l'enfance et de l'adolescence où la vie est en quelque sorte en réserve et ne se révèle encore ni par l'action ni par la prolifération, de quels bienfaits l'humanité n'est-elle pas redevable à la médecine? L'horrible ma- ladie, que la découverte de Jenner aurait anéantie depuis longtemps si l'in- curie des familles, la faiblesse des gouvernants, l'ineptie de faux savants ne s'étaient pas mises à la traverse, avait autrefois des retours qui anéantissaient un dixième de la population. La diphtérie n'est-elle pas maîtrisée? La tuberculose elle-même, au moins dans certaines de ses formes, n'est-elle pas devenue une maladie curable? Pour beaucoup d'autres maladies infectieuses qui frappent surtout les enfants et dont nous ne possédons pas encore le remède spécifique, n'avons-nous pas appris dans quelle limite de durée et d'espace elles sont contagieuses? et, limitant les précautions contre la con- tagion à ces limites acceptables, ne les avons-nous pas fait accepter? C. R-, 1909, 2" Semestre. (T. 149, N° 25.) I 58 tï84 ACADÉMIE DES SCIENCES. Jo me borne el ne veux pas ontrejn-endre rénumérallon de toutes les con- . quêtes par lesquelles la Médecine combat efficacement la Mort. Je conclus : Tandis que toutes les autorités morales ou législatives ont échoué dans la tentative d'augmenter le nombre des naissances, la Science, la Médecine diminue le nombre des morts et augmente les sources vives de la puissance et de la richesse de la Nation. Nous vous donnons les hommes; faites par l'éducation, par le conseil et par l'exemple qu'ils deviennent la force et l'honneur de notre race. PRIX DÉCERNÉS. ANNÉE 1909. GEOMETRIE. PRIX IRANCœUR. (Commissaires: MM. Jordan, Poincaré, Emile Picard, Appell, Painlevé, Humbert, Maurice Levy, Boussinesq-, Darboux, rapporteur.) La Commission décerne le prix Francœur à M. Emile Lemoine, pour l'en- semble de ses travaux. r L'Académie adopte cette proposition. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. Il85 PRIX BOUDIN. (Commissaires : MM. Jordan, Poincaré, Appell, Painlevé, Humbert, Maurice Levy, Darboux, Boussinesq; Emile Picard, rapporteur.) L'Académie avait mis au concours la question suivante : L'invariant absolu, qui représente le nombre des intégrales doubles distinctes de seconde espèce d' une surface algébrique, dépend d'un invariant relatif qm joue un raie important dans la théorie des intégrales de différentielles totales de troisième espèce et dam celle des courbes algébriques tracées sur la surface. On propose de faire une élude approfondie de cet invariant et de chercher notamment comment on pourrait trouver sa râleur exacte, au moins pour des catégories étendues de surfaces. Un seul Mémoire a été reçu, portant pour épigraphe : Le nombre p de M. Picard pour les sur/aces hyperelliptiques et pour les surfaces irréguliéres de genre zéro. 11 est signé de MM. («irsEppE Bagxeua, professeur à l'Université de Pa- lerme, et Michèle de Fra\«;his, professeur à l'Université de Catane. Ce travail est parvenu seulement le i5 janvier 1909 au Secrétariat de l'Institut. Quoique les délais réglementaires fussent expirés, nous n'avons pas pensé créer un précédent, en le retenant pour le concours du prix IJordin. Il avait été, en elîet, envoyé de Palerme, dans la soirée du 27 dé- cembre i()o8, et cest dans la nuit suivante que s'est produite IVfl'royable catastrophe qui a détruit Messine. Le wag;on postal, conlenanl le Mémoire (|ui nous occupe, se trouvait dans la gare de cette ville au moment du trem- blement de terre, et près de trois semaines se sont écoulées avant que l'expédition des objets retrouvés sous les décombres ait pu être faite. Le nombre p s'est d'abord rencontré dans la théorie des intégrales de différentielles totales de troisième espèce attachées à une surfaci^ algé- brique; il se présente aussi dans la recherche du nombre p,, des intégrales doubles distinctes de seconde espèce. M. Severi a ensuite montré son impor- tance pour l'étude des courbes algébriques tracées sur une surface, établissant qu'il forme un nombre-base pour ces courbes, en ce sens que toute courbe tracée sur la surface est liée algébriquement à p courbes-bases algébrique- ment distinctes. Ce nombre peut d'ailleurs être envisagé en se plaçant au point de vue projectif ou au point de vue des transformations birationnelles, II 86 ACADÉMIE DES SCIENCES. ce qui conduit à modifier certaines formules dans le cas des singularités isolées. C'est ainsi que, pour une surface de ivummer à modules généraux, on aura p = i au premier point de vue, et p = 17 au second; mais celte distinction ne change rien à la difficulté de la recherche de p pour une sur- face donnée. La recherche de la valeur exacte du nombre précédent présente des difficultés considérables tenant au caractère arithmétique de cet invariant. La valeur de p est, par exemple, égale à un pour la surface la plus générale de degré m (m24)) mais elle peut avoir des valeurs toutes différentes pour une surface de degré m, quoique cette surface soit sans singularités; ce sont des relations d'un caractère arithmétique pouvant exister entre les coeffi- cients de cette équation (]ui modifienlla valeur de p, elles mêmes remarques s'appliciuent à l'invariant absolu p^ représentant le nombre des intégrales doubles de seconde espèce. Le nombre des catégories de surfaces pour lesquelles on peut déterminer p et p„ est assez limité. Les auteurs du Mémoire qui nous est soumis se sont proposé d'étudier à ce point de vue les surfaces hyperelliptiques. La recherche du nombre p pour ces surfaces avait seulement été faite jusqu'ici dans des cas particuliers par divers auteurs, parmi lesquels il faut citer M. Severi cl M. Remy. C'est, d'ailleurs, récemment qu'on a fait l'énumé- ration complète de toutes les surfaces hyperelliptiques. 11 y a deux ans. l'Académie couronnait un Mémoire de MM. Enricpies et Severi, où se trouvait établi le théorème (jui domine la théorie de ces surfaces, et où l'énumération était complète en ce qui concerne les surfaces irrègulières, le cas des surfaces régulières étant seulement traité en laissant de côté certains types singuliers. A la môme époque, MM. Bagnera et de Franchis se livraient à la même recherche en s'appuyanl d'ailleurs sur le théorème fondamental antérieu- rement énoncé de MM. Enriques et Severi. Leur classification était com- plète, et le Mémoire sur ce sujet a paru l'année dernière; il est la base du travail actuel. Considérons d'abord les surfaces hyperelliptiques de rang un, c'est-à-dire pour lesquelles les coordonnées d'un point s'expriment par des fonctions (piadruplemont périodiques de deux paramètres, de telle manière qu'à un point de la surface ne correspondent aux périodes près qu'un couple des valeurs des paramètres. Le Mémoire commence par la recherche de p pour ces surfaces, [^es valeurs de p sont ici égales à un, deux, trois, quatre, suivant que la surface n'est pas singulière, ou est une, deux, trois fois singulière au sens de M. Humbcrt. Quant au nombre po, il est, dans ces divers cas, égal SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. I187 à cinq, quatre, trois ou deux. De tels exemples montrent bien la nature arithmétique des invariants étudiés, puisque le fait, pour une surface, d'être hyperelliptique singulière correspond à une ou plusieurs relations arithmé- tiques de forme convenable entre les périodes. Arrivons aux surfaces hyperelliptiques F^ d'ordre r(r^i), c'est-à-dire pour lesquelles à un point de la surface correspondent r couples de valeurs distinctes des paramètres. Leurs points sont en correspondance univoque avec les groupes de points d'une involution I sur une surface hyperelliptique de rang un. qui est singulière, sauf dans le cas des surfaces de Kummer généralisées. En laissant de côté la classe des surfaces rationnelles et des sur- es faces réglées elliptiques, il y a vingt types de surfaces F^. Dix de ces types sont formés par des surfaces régulières de genre un ; les autres types donnent des surfaces de genre géométrique zéro, et sept d'entre eux fournissent des surfaces irrégulières avec une irrégularité égale à un. On comprend à <}ui'lles discussions délicales et minutieuses conduit pour ces vingt types la recherche des invariants p et p„. I.e groupe fini de substitutions linéaires sur les paramètres correspondant à l'involution I est un élément capital de cette étude, et les représentations des courbes de la surface ou de leurs mul- tiples au moyen de fonctions t/iétu ou (!<■ fonctions intermédiaires, telles qu'elles ont été envisagées par M. Humbert, jouent un rôle essentiel. Nous ne pouvons donner ici le Tai)leau de tous les résultats. Signalons seulement quelques-uns d'entre eux. Pour les surfaces F. (surfaces de Kummer généralisées) l'invariant p„ est le même que pour la surface hyper- elliptique de rang un, support de l'involution, et ce fait intéressant se vérifie pour toutes les surfaces hyperelliptiques, quel que soit leur rang, quand leur genre géométrique est égal à un. Parmi les types signalés plus haut, il en est trois seulement répondant à des surfaces régulières de genre zéro, avec le bigenre égal à un; deux de ces types appartiennent au rang quatre, et le troisième au rang huit. Pour les trois types, l'invariant p, calculé du point de vue des transformations birationnelles, est égal à di.v, et p„ est nul. Quant aux sept types de surfaces hyperelliptiques irrégulières de genre zéro, on a pour tous p = 2 et p„= o. On sait d'ailleurs que, sur toutes les surfaces irrégulières de genre zéro, qui ne sont pas des transfor- mées birationnelles des surfaces réglées, il existe un faisceau elliptique et un faisceau linéaire de courbes elliptiques de même module; MM. Baguera et de Franchis déduisent de là que, pour ces surfaces irrégulières, p^ est tou- jours nul. Celte analyse succincte suffit à montrer la nature des résultats contenus Il88 AC/^DÉMIE DES SCIENCES. dans le Mémoire très soigné qui nous a été envoyé. Les auteurs ont montré une grande habileté analytique et géométrique dans l'application à une question liien délimitée des travaux récents sur la théorie des surfaces algé- briques, et plusieurs des théorèmes incidemment obtenus sont d'une grande élégance. L'Académie aurait sans doute été heureuse de rencontrer des résultats d'un caractère plus général ; mais, dans des questions aussi vastes et aussi difficiles que la question posée, les recherches particulières poussées jusqu'à leur dernier terme ont une réelle valeur el peuvent fournir d'inté- ressants exemples propres à guider les travaux ultérieurs. La Commission est donc unanime pour proposer à l'Académie de décerner le prix Bordin à MM. itAUNERA et DE FllAXCUIS. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. MECANIQUE. PRIX MONTYON. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Boussinesq, Deprez, Sebert, Vieille, Schlœsing, Haton de la Goupillière, Poincaré; Léauté, rapporteur.) M. Lecornu, ingénieur eu chef des Mines, professeur à l'École Poly- technique, a publié l'année dernière un Volume de Dynamique appliquée qui mérite de fixer l'attention par les services qu'il est appelé à rendre. Cet Ouvrage, en effet, où la plupart des applications de la Mécanique sont étudiées, contient un grand nombre de vues personnelles et de solutions originales. La Commission a été unanime poiu" proposer à l'Académie de lui décerner le prix Montyon. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX PONCELET. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Boussinesq, Deprez, Léauté, Vieille, Schlœsing, Haton de la Goupillière, Poincaré; Sebert, rapporteur.) M. deSparre a depuis longtemps attaché s'ï)n nom à d'importants travaux SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. I ' 89 d'Analyse qui ont porté sur les sujets les plus variés, spécialement dans le domaine de la Mécanique. Ancien officier d'artillerie, il a naturellement consacré ses premiers travaux à l'étude des phénomènes accompagnant le tir des bouches à feu et il est revenu fréquemment sur ces premières études pour les compléter, au cours de sa longue carrière, à mesure que se présentaient de nouveaux problèmes dans Femploi des bouches à feu rayées, des projectiles allongés et des grandes vitesses initiales de ces projectiles. Dès Tannée 1873, il avait donné une théorie complète du curieux phéno- mène de la dérivation des projectiles oblongs. Il en a étendu, en 1 901 , l'appli- cation à l'étude des anomalies observées dans le cas d'emploi de très longs projectiles. Il a abordé, à diverses reprises, de 1891 jusqu'à 1903, la question complexe du tir courbe et l'étude des longues trajectoires, en envi- sageant les différentes hypothèses susceptibles de représenter les lois de la résistance de l'air, dans les conditions variables de tir réalisées dans la pratique. Il a étudié notamment le cas des tirs elTectués dans une direction voisine de la verticale, tirs ([u'on est amené à employer contre les aérostats. Dans d'autres séries de travaux, il a abordé l'étude de nombreuses questions de Mécanique appliquée. Il a ainsi traité l'étude du mouvement des régulateurs des machines à vapeur dans le voisinage d'une position d'équilibre instable, l'étude théorique des coups de bélier dans les longues conduites hydrauli(iues, en tenant compte du frottement, et l'étude du frottement de glissement et du mode de fonctionnement du valet de menuisier. Dans un grand nombre de Mémoires, il a encore traité, de façon remar- quable, d'autres ([uestions d'Analyse et de Mécani([uc rationnelle : réduction aux fonctions elliptiques de certaines intégrales, intégration approchée de certaines équations linéaires du second ordre, étude de la stabilité du mou- vement du cerceau dans le voisinage du plan vertical, etc. En considération de l'étendue, de la variété et de l'importance de ces études, la Section de Mécaniijue propose de décerner, en 1909, le prix Poncelet à M. de Sparre pour l'ensemble de ses travaux. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. I 190 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX VAILLANT. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Deprez, Léaulé, Sebert, Vieille, Schlœsing, Haton de la Goupillière, Poincaré; Boussinesq, rapporteur.) L'Académie avait proposé le sujet suivant : Perfectionner en un point important l'application des principes de la dynamique des JJuides à la théorie de l'hélice. Aucun des Mémoires présentés n'étant jugé suflisant, la question est maintenue, et le prix est prorogé à l'année 191 1. PRIX BOILEAU. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Deprez, Léauté, Sebert, Vieille, Schlœsing, Haton de la Goupillière, Poincaré; Boussinesq, rapporteur.) M. Boulanger, professeur adjoint de Mécanique à la Faculté des Sciences de Lille, vient de publier deux Volumes de synthèse sur l'Hydraulique ('), où sont exposées de la manière la plus simple, la plus élégante et, en même temps, la plus complète dans l'état actuel de nos connaissances, la plupart des questions de cette science qui ont été, depuis moins de 4o ans, ou traitées pour la première fois, ou renouvelées quant à la méthode. En outre, un grand Chapitre du second ^olunle, intitulé Propagation des ondes dans les tuyaux élastiques, contient, pour une notable partie, des travaux propres à l'auteur. Celui-ci a pu, en efl'et, étendre très ingénieusement aux ondes solitaires de ces tuyaux, considérées en premier lieu par l'un des frères ^^ eber, les calculs de deuxième approximation déterminant la vitesse de propagation des divers éléments de toute intumescence produite dans l'eau primitivement en repos d'un canal découvert, les déformations successives de ces intumescences, la figure permanente et stable qu'elles tendent à prendre quand elles sont de grandeur modérée. Et ces calculs ont été suivis de quelques expériences à l'appui. Il a pu aussi, par des intégrations, en partie théoriques et en partie graphiques, qui supposent une connaissance (') Hydraulique générale : t. I, Principes et problèmes fondamentaux ; t. Il, Problèmes à singularités et applications. (l'aris, Octave Doin, 1909.) SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. II91 approfondie de l'Analyse, évaluer l'extinction graduelle de ces ondes sous l'influence prédominante des frottements du liquide contre la paroi qui le contient. Enfin, il a formé l'équation de l'écoulement graduellement varié qu'y prend un tel liquide, quand une ouverture ou une fermeture partielles du dispositif placé à une extrémité du tuyau, pour régler son alimentation, accroît ou réduit le débit suivant une loi arbitraire : ce qui permet une étude assez précise des coups de bélier ainsi produits, c'est-à-dire des variations simultanées de la pression. Votre Commission, heureuse que le prix Boileau d'Hydraulique soit disponible cette année pour récompenser une œuvre aussi méritante, ne pouvait mieux faire que de le décernera l'auteur, M. Boulanger, professeur à la Faculté des Sciences de Lille. Les conclusions de ce Rapport sont adoptées par l'Académie. NAVIGATION. PRIX EXTRAORDINAIRE DE LA MARINE. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Grandidier, Deprez, Léauté, Bassot, Guyou, Sebert, Hatt, Vieille; Boussinesq, Bertin, Bouquet de la Grye, rapporteurs.) La Commission, après examen des Rapports sur les titres des divers candidats, a partagé de la manière suivante ce prix destiné à récompenser tout progrés de nature à accroître l'efficacité de nos forces navales : Un prix de quinze cents francs à M . IIIarbec, ingénieur en chef de la Marine, pour son Mémoire intitulé : Théorie de l'équilibre d'une lame élastique soumise à une pression uniforme ; Un prix de mille francs à M. l'ingénieur en chef Doyère, pour ses tra- vaux sur les sous-marins; Un prix de mille francs à M. Louis-Joseph-He.viii Lecoq, lieutenant de vaisseau, commandant de VEmeraude, auteur de travaux sur la conduite des sous-marins et spécialement la stabilité de route en profondeur et les manœuvres de plongée ; C. R., 1909, 2« Semestre. (T. 149, N° 25.) I Sp Iig-i ACADÉMIE VEH SCIENCES. Un prix de mille francs à MM. Victor Colin el Jeaxoe, lieutenants de vaisseau, pour leurs travaux relatifs à la téléplionie sans tii; Un nriv de mille francs à M. Tissot, professeur à l'I'lcole navale de Brest, pour ses traivaux relatifs à la télégraphie sans fil; Un piiv (le cinq cents francs ii M. E. Fhomackt, capitaine au long cours, pour ses Iravau.v relatifs au balisage du cours du fleuve Sénégal, de Saint- Louis à Kayes. Rapport sur un Mémoire de M. Marbec, inlilidé : « Théorie de l'equiUhre d une lame élastique ftownise ii une pression uniforme », par M. J. Uous- SINESQ. M. Maruec, ingénieur en chef de la Marine, considère, dans le Mémoire soumis à notre appréciation, l'anneau élémentaire compris entre deux sec- tions normales voisines d'un cylindre élastique creux, de longueur indéfinie et de forme quelconque, soumis extérieurement à une pression normale uni- forme; et, supposant menée, dans cet anneau, une section normale quel- concjue, dont M désignera le centre, il réduit à une force unique, dite résul- tante interne en M, l'action totale exercée, à travers celle section perpendi- culaire à l'axe de l'aniHeau, par la matière c{ui est d'un c-. Parmi les travaux de M. Mesmn, ceux qui nous ont plus parliculièremenl frappés se divisent en trois catégories. Ils ont pour objet : i" Des phénomènes d'()ptifjue physique et plus spécialement les phéno- mènes d'interférence ; 2" Des phénomènes magnèto-o|)ti(jues; 3" Enfin des études de Physifjue astronomique. I. Dans une thèse de doctorat très remarquée, M. Meslin a étudié la polarisation elliptique des rayons réfléchis ou transmis par des lames métal- liques minces. L'auteur montre que ces phénomènes sont liés à la consti- tution de la couche superficielle, dite couche de passage. La réllexion ne se produit pas, en effet, sur une surface géométrique, ainsi que Fresnel l'a admis, mais à travers une épaisseur Unie, d'ailleurs fort petite. La polari- sation elliptique, opérée par réflexion, dépend donc en réalité d'un phéno- mène de transmission. En dévelop|)ant ces vues, l'auteur parvient à rendre compte des diverses particularités de la polarisation elliptique observée : incidence principale, angle de polarisation, rapport des composantes prin- cipales de la vibration. L'attention de M. Meslin s'est ensuite portée et longtemps fixée sur les phénomènes d'interférence, qu'il s'est elforcé d'étudier dans toute leur généralité, s'adressant tantôt à des phénomènes de même ordre que ceux qu'on était habitué à employer, lantùt à des phénomènes diflérents. C'est ainsi qu'il a étudié successivement : les franges du biprisme ordinaire ou lenticulaire, les interférences à moyenne différence de marche, les anneaux de Newton avec interposition de prisme, etc. Il a montré comment on peut transformer les franges rectilignes ordinaires des miroirs ou du biprisme en franges circulaires, sections de l'hyperboloïde de Fresnel par des plans per- pendiculaires à son axe; com])enser des interférences ordinaires par les interférences de lames cristallisées. 11 a étudié de très près la constitution des ondes ditîractées et leurs interférences. Il a montré qu'elles peuvent I2o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. donner naissance à des franges rigoureusement achromatiques et à des alteruances colorées indéfiniment périodiques. Dans toutes ces études déli- cates, M. Meslin a fait preuve d'une véritable virtuosité. Les résultats qu'il a obtenus sont également précieux au point de vue de l'enseignement et des applications de plus en plus nombreuses que trouvent les phénomènes d'interférence dans les recherches de haute précision (Métrologie, Astro- nomie physique, etc.). II. M. Meslin a découvert de nouveaux et intéressants phénomènes relatifs aux liqueurs mixtes. Il appelle ainsi des liquides contenant en suspension la poudre très fine de substances cristallines. Ces liquides, transparents et isotropes dans les conditions ordinaires, deviennent dichroïques dès qu'on les place dans un champ électrique ou magnétique, c'est-à-dire que la com- posante de la vibration lumineuse parallèle au champ et la composante perpendiculaire sont inégalement absorbées. Le signe du dichroïsme dépend à la fois de l'indice du liquide et des indices principaux des cristaux en suspension. M. Meslin donne à cet égard une règle précise qu'il \érifie sur un nombre très grand de combinaisons liquide-cristal. Il établit que le phé- nomène est dû essentiellement à une orientation des particules cristallines sous l'influence du champ. Une exception apparente est constituée par quelques liqueurs mixtes qui présentent le dichroïsme même en l'absence du champ. Mais alors M. Meslin montré que le phénomène est dû à l'orientation des particules sous l'influence de la pesanteur. L'exception confirme donc la règle. Le dichroïsme des liqueurs mixtes n'offre plus rien de mystérieux. M. Meslin a eu la bonne fortune d'interpréter complètement le phénomène qu'il a découvert. III. Enfin M. Meslin s'est attaqué avec succès à divers problèmes d'Astro- nomie physique. A deux reprises, en 1900 et en 1906, M. Meslin est allé observer des éclipsesde Soleil, la première fois à Elche, la seconde à Burgos. La première de ces expéditions, organisée en commun par les Universités de Montpellier et de Toulouse, avait eu M. Meslin pour principal promoteur et pour chef. Cette mission a fait l'objet d'un Rapport très élogieux de notre confrère M. A\ olf, auquel il me suffira de renvoyer. La deuxième expédition, faite sous le patronage du Bureau des Longitudes, n'a pas été moins féconde en résultats. Divers observateurs avaient cru reconnaître des traces de pola- risation elliptique dans la lumière de la couronne solaire. M. Meslin a mesuré la proportion de lumière polarisée à diverses distances de l'équateuf solaire SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. 1207 et établi définitivement, grâce à un dispositif très sensible de son invention, qu'il n'y avait pas de polarisation elliptique. En résumé, \1. Meslin a étendu son activité aux branches les plus diverses de rOptique physique et de ses applications. Partout il a fait preuve d'une remarquable ingéniosité et d'un sens critique impeccable. La Commission est unanime à vous proposer de récompenser une carrière scientifique aussi honorable et des travaux si fructueux, en accordant à M. Mesi.in- le prix Hughes. Les conclusions de ce Rapport sont adoptées par l'Académie. PRIX GASTON PLANTE. (Commissaires : MM. Lippmann, Amagat, Cernez, Bouty, Villard, Maurice Levy, Cailletet, Poincaré; VioUe, rapporteur.) Le premier travail de M. Jeax Peiiri\ a été cette expérience, admirable suivant le mol de lord Kelvin, par laquelle, en recevant les rayons catho- diques dans un cylindre de Faraday, il a prouvé qu'ils sont constitués par des projectiles chargés négativement. C'est ainsi que se les était imaginés Crookes. Mais Hertz, après avoir cherché vainement à manifester Télectri- sation des rayons cathodiques, avait fini par déclarer que cette éleclrisation n'existait pas; et Lénard avait cru enlever toute vraisemblance à une émis- sion matérielle en prouvant que les rayons traversent une feuille lui'tallique assez épaisse pour tenir la pression atmosphérique. M. Perrin s'est demandé si les projectiles cathodiques, supposés par Crookes, ne pouvaient pas ditlérer assez des molécules ordinaires en taille et en vitesse pour traverser une paroi imperméable à ces molécules ; et il a pensé qu'avant de rejeter définitivement la théorie de l'émission on devait s'assurer si les rayons cathodiques n'étaient pas électrisés. 11 lui a suffi de recevoir les rayons dans un cylindre de Faraday, bien protégé éli.'ctrique- ment, pour charger aussitôt ce cylindre d'électricité négative. L'action sub- siste si l'ouverture de l'enceinte protectrice par laquelle les rayons catho- diques pénètrent dans le cylindre de Faraday est fermée par une feuille métallique. Elle disparait dès que les rayons déviés par un aimant cessent de pénétrer dans le cylindre. L'émission était donc établie (décembre iBgS). Quelques semaines plus tard, M. Perrin, apprenant la découverte des G. R., 1909, 2* Semestre. (T. 149, N" 25.) '^I I2o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. ravons X, se mellait à les étudier, el il établissait le mécanisme exact de la décharge par ces ravons en montrant qu'ils séparent dans les gaz des charges électriques de signes contraires. La Société Royale de Londres décerna en juillet i8<)6 le prix Joule à l'auteur de ces belles recherches. l^eu après, \\. l'errin fut chargé d'un cours de Chimie physique à la Sorbonne : l'organisation de cet enseignement nouveau l'absorba complè- tement pendant quelques années. Il en juiblia les Principes dans un Livre original où se reflète la méthode imagée et suggestive de l'auteur. Revenant aux travaux de laboratoire, M. Perrin procède (de ir)o3 à ipoS) à une étude expérimentale et théorique touchant l'électricité de contact et les solutions colloïdales. Il y établit les lois de l'osmose électrique et il en montre le rôle dans différents phénomènes, particulièrement dans la structure des solutions colloïdales. Familiarisé ainsi avec l'observation du mouvement brownien, incité d'ailleurs par ses spéculations sur l'atomisticpie, M. Perrin entreprend de soumettre l'hypothèse fondamentale de la théorie cinétique à une épreuA e précise qu'il a conduite avec un rare talent. M. Gouy avait donné un grand poids à l'idée de considérer l'agitation permanente des particules microscopiques en suspension dans un fluide comme une répercussion de l'agitation moléculaire. Précisant cette idée, M. Perrin considère l'énergie moyenne d'un granule visible comme exacte- ment égale à l'énergie moléculaire moyenne. Il voit intuitivement les gra- nules d'une émulsion uniforme se répartir ainsi que les molécules d'un gaz sous l'influence de la pesanteur, la concentration des grains décroissant exponenliellement avec la hauteur. La diminution de la concentration per- mettra de calculer l'énergie moyenne, pourvu que Ion puisse mesurer le rayon du grain supposé sphérique et la densité de la matière qui le forme. Si des émulsions très dift'érentes à tous points de vue donnent même valeur de l'énergie granulaire et si cette valeur concorde avec la valeur déjà approximativement assignée à l'énergie moléculaire par la théorie cinétique de Maxwell et van der Waals, l'origine du mouvement brownien pourra être regardée comme établie. M. Perrin a d'abord opéré sur des grains de gomme-gutte, puis (avec l'aide de M. Dabrowski) sur des grains, spécifiquement beaucoup plus légers, de mastic. Chacune de ces résines, successivement dissoute dans l'alcool et précipitée par l'eau, donne des grains parfaitement sphériques, mais de rayons extrêmement variés. Par centrifugation fractionnée, on SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1209 sépare des émulsions donl les grains onL une même f;rosseur. l'our déter- miner cette grosseur, M. Perrin a d'abord utilisé le fait que, dans une colonne verticale élevée, les grains des couches supérieures tombent comme les gouttelettes d'un nuage; il semble donc licite d'appliquer à leur chute la loi de Stokes qui donne iuunédiatement le rayon cherché. Mais la loi de Stokes établie dans le cas dune vitesse uniforme pourrai! bien ne plus s'appliquer à des grains animés d'un mouvement bro\\nien actif et dont la vitesse vraie diffère à chaque instant de la vitesse moyenne, très faible, avec laquelle tombe le nuage de grains. M. Perrin a donc déterminé le rayon des grains en comptant un à un tous les grains contenus dans un volume connu d'émulsion titrée et qui, en milieu acide, se collent contre la paroi, sans former de grumeaux. Kt il a obtenu ainsi (à -^ près ) les mêmes rayons que par application de la loi de Stokes, qui s'est trouvée par là même amenée jusqu'au seuil du domaine ultra-microscopique. Il fallait maintenant étudier la répartition de régime permanent des émulsions, ce qui présentait de grandes diflicultés, la hauteur de la colonne dont on pouvait disposer étant limitée à la faible épaisseur ( loo^^j d'une préparation microscopique. Une des méthodes suivies consiste à prendre des photographies instantanées à différents niveaux et à compter sur les clichés les images des grains (au nombi'e de plusieurs milhi-rs dans chaque préparation ). La répartition de régime permanent atteinte après quelques heures s'est montrée exponentielle dans tous les cas, les grains d'une émulsion se raré- fiant selon la liauteur comme fait l'atmosphère autour d'un aérostat ([ui s'élève. Il ne reste plus qu'à déduire de ces mesures la valeur de l'énergie gra- nulaire et à reconnaître si elle est égale à la valeur prévue, ou, ce qui revient au même, à en déduire la constante N (nombre de molécules par molécule- gramme) et à voir si elle est indépendante de l'émnlsion et si elle concorde avec le nombre grossièrement fixé pour la constante d'Avogadro. (]'est ce que l'expérience a complètement vérifié, les valeurs trouvées pour différents rayons avec le mastic ou la gomme-gutte sont égales, les rapidités de raréfaction avec la hauteur ayant varié de i à 2:). Le mouve- ment brownien est donc bien d'origine cinétitpie. En même temps, la valeur de N et celle de toutes les grandeurs moléculaires en dépendant sont pour la première fois établies avec une précision (pie la mélhode employée permet de porter à tel degré qu'on voudra et qui est dès maintenant très 12 10 ACADEMIE DES SCIENCES. supérieure à celle qu'avaient pu donner les méthodes précédemment employées. Une autre marche était toutefois possible. Elle avait été suf^gérée par Einstein qui avait tiré de la théorie cinéti(|ue un moyen de pn'^voir le dépla- cement moyen d'un grain de rayon donné en un temps donné. Cirossièrement vérifiée par Svedberg, puis niée par V. Henri, elle a été reprise, à la demande de M. Perrin, par un de ses élèves, M. Chaudesaigues, puis par M. Perrin lui-même, aidé de M. Dabrowski. Le résultat a été que la formule d'Einstein se vérifiait rigoureusement. I^a valeur trouvée pour N a été entièrement confirmée. De ce corps à corps avec un problème redoutable M. Pekrix sort donc, encore cette fois, glorieusement vainqueur. La Commission lui décerne le prix Planté. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRL\ LA GAZE. (Commissaires : MM. Lippmann, Amagat, Cernez, Bouty, Villard, Maurice Levy, Cailletet, Poincaré; Violle, rapporteur.) Depuis 3o ans M. Lëo.v Teissekexc de Iîort poursuit avec une ardeur inlassable et un succès évident l'étude de quelques-uns des problèmes les plus importants de la Météorologie et de la Physique du globe. Il a débuté dans celte étude sous les auspices de notre regretté confrère, M. Mascart, qui le chargea bientôt de la direction du service de Météoro- logie générale au Bureau central. Ce fut là qu'il mil en évidence la relation entre les anomalies de la tem- pérature et celles de la pression. Lorsqu'une région d'une certaine étendue offre un excès de température relativement aux points situés sous la même latitude, il y a tendance à la formation d'un minimum barométrique, qui s'établit presque exactement en coïncidence avec le maximum ihermomé- trique. Un excès de chaleur correspondra donc à un déficit de pression, et vice versa. Celle relation, formulée en 1879, est assez précise pour conduire à une proportionnalité approchée des écarts des deux éléments, comme le général de Tillo l'a fait voir ultérieurement. M. Mohn en a confirmé la généralité. Partant des données que l'on possédait alors sur l'étal de l'atmosphère à SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1211 diverses hauteurs (par les observations faites au Puy de Dôme, au Pic du Midi et à Pikes Peak), M. Teisserenc de Bort établit que, à mesure que Ton s'élève dans l'atmosphère, les groupements d'isobares autour des aires de haute et de basse pression s'effacent et font place à une répartition régu- lière où les isobares, parallèles entre elles, s'inclinent vers les pôles. Il peut alors dresser pour différents niveaux les Cartes des isobares, donnant le véritable caractère de la circulation dans l'atmosphère jusqu'à 4ooo"\ Il réussit même à figurer la distribution moyenne de la pression baromé- trique sur le globe dans les saisons extrêmes, en admettant intuitivement une circulation des couches supérieures que les travaux de M. Hilde- brandson sur les nuages ont vérifié quelques années plus lard. D'autre part, l'étude des Cartes journalières le conduit à regarder les isobares si variées qu'on rencontre près du sol comme ayant une sorte de squelette qui subsiste malgré les déformations quotidiennes. Ce squelette est formé par les aires de forte et de faible pression, qui ont un habitat défini et s'v retrouvent toujours comme si elles étaient astreintes par une sorte de lien invisible à ne pas s'écarter d'une région déterminée. Ces aires, il les considère avec raison comme les cenlres d'action de l'atmosphère infé- rieure, idée féconde admise aujourd'hui par tous les météorologistes. En même temps, il apportait des contributions importantes à nos con- naissances sur les tourbillons atmosphériques et sur le caractère des vents qui les accompagnent. Entraîné par ces études touchant à toutes les questions de la Dynamique météorologique, M. Teisserenc de Bort édifia à ses frais cet Observatoire modèle de Trappes où sont réunies les ressources les plus précieuses pour l'étude de la haute atmosphère. A cet effet, il emploie d'abord les cerfs- volants (1897) suivant l'exemple de M. Rotch, puis les ballons (1898), ainsi que l'avaient déjà fait MM. Hermite et Besançon; aujourd'hui, il utilise l'un et l'autre des deux moyens. Ouvrier de la première heure, il a dû adapter à une besogne nouvelle des agencements spéciaux : treuils élec- Iriciues, fils métalliques de diamètres croissants pour cerfs-volants, types spéciaux de ballons légers, solides et peu coûteux, instruments enregis- treurs précis sous un faible poids, actuellement adoptés partout. M. Teisserenc de Bort a effectué ainsi des milliers de sondages à Trappes, en Danemark, en Laponie, sur la Méditerranée et sur l'Atlan- tique. Ces sondages ont modifié complètement les idées que l'on se faisait de l'atmosphère libre. Ils ont, en effet, permis de reconnaître qu'à une alti- tude de 7'^"' ou 8'"'", il y a encore dans la température de l'air un change- 12 12 ACADÉMIE DES SCIENCES. ment d'uno dizaine de degrés entre l'été et l'hiver. Les variations diurnes mêmes sont souvent plus marquées à quelques kilomètres que près du sol, dont on s'était exagéré le rôle. La grande cause de modilication de la température dans les couches moyennes est la détente quasi adiahatique qu'éprouve une masse d'air entraînée par un mouvement tourhillonnaire. Au-dessus de la région des tourbillons, dont la limite supérieure se re- connaît aux mouvements des ballons ou des nuages, la température cesse de décroître et l'air est à un régime presque isotherme, présentant seule- ment de petites variations. Ainsi, M. lY'isserenc de Bort a démontré que l'atmosphère terrestre se divise, dans la partie explorée jusqu'ici (plus de 20*""), en deux zones superposées : l'une à décroissance thermique suivant presque exactement la loi de la détente adiahatique; l'autre, la zone isotherme, à température à peine variable. La limite entre les deux zones est située dans nos régions à une altitude moyenne de ii'^'", plus haut en avant d'une dépression, plus bas dans la dépression même et encore un peu plus bas à l'arrière. Les mêmes phénomènes se retrouvent aussi bien sous le cercle polaire (à Iviruna, en Laponie") qu'à Trappes et dans tous les pays où l'on a fait des sondages aériens. Pendant ces dernières années, M. Teisserenc de Bort a organisé, en com- mun avec M. Rotch, trois expéditions d'exploration de l'air dans les régions intertropicales de l'Atlantique, et il en a discuté les résultats. Il en a conclu que, au-dessus de l'alizé de NE et EM'l régnant dans notre hémisphère, souffle un vent à composante S qui repose directement sur l'alizé à l'alti- tude de 1800'" et qui s'élève jusque vers /looo'" à la latitude de Ténérifîe, en même temps qu'il se recourbe en passant du SE au S, puis au SW, et tend à faire place au vent de NW quand on avance vers les Açores. Ainsi a été mise hors de doute l'existence du contre-alizé, dont une partie vient de l'autre hémisphère. Dans cet autre hémisphère, le contre-alizé se retrouve de même au-dessus de l'alizé du SE. Les croisières de VOlaria, préparées avec le plus grand soin, ont vive- ment frappé les météorologistes; et l'Allemagne a décidé de poursuivre l'étude de l'atmosphère au-dessus de l'Océan, sous la direction du profes- seur Hergesell, depuis le Pic de Ténériflé juscjue dans les régions arctiques. Tout dernièrement, ^LTeissekenc de Bort a entrepris d'étudier la com- position chimique de l'air à diverses hauteurs. Pour effectuer la prise d'air, il emploie un tube soigneusement vidé et terminé par une pointe fine. A la hauteur voulue, cette pointe est brisée par un petit marteau sur lequel agit SÉANCE UV 20 DÉCEMBRE 1909. I2l3 le baromètre à l'aide d'un contact fermant le courant d'un petit accumula- teur. Deux minutes après, ce même courant, sous l'action d'un second contact, fait rougir un iil de platine à la base de la pointe qui est aussitôt fondue et obturée. La prise d'air est ainsi efl'ectuée à l'abri de toute souil- lure. L'étude speclroscopique de l'air recueilli vers i4''"' y montre nettement l'argon, le néon et l'hélium, le mélange néon-hélium formant environ le -jrji^ de la masse totale. Ce n'est là <]u'nn premier résultat d'une étude <''mineniment intéressante. L'ensemble de ces recherches, dans lestjuelles l'habileté à vaincre les dif- licultés se joint à une pénétration profonde, paraît à la Commission entiè- rement digne du prix La Caze. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. CHIMIE. PRIX JEClvER. (Commissaires : MM. Troost, Gautier, Lemoine, Le ChateJier, Schlœsing, Carnot, Maqiienne; Haller, Jungfleisch, rapporteurs.) Ce prix, desliné à récompenser des Iravaua.- remarquables de Cliirrde orga- nique, est partagé entre M. G. Bla\<: et M. Marcel Guekbet. Rapport sur les travaux de M. G. Blanc, par M. Haller. Depuis la publication, en iH()G, de son premier travail, M. .' Semestre. (î. 14y, N- 25.) ït)'i I2l() ACADEMIE DES SCIENCES. T^a nonvolle méthode de synthèse d'alcools s'applique aussi à la conden- sation des alcools de la série aromatique avec ceux de la série grasse. L'alcool benzylique sodé, traité par l'alcool éthylique, propylique, biity- li(jue ou isoamylique, a donné une série d'alcools dont l'alcool benzyléthy- lique est le type le plus simple et qui répondent à la formule générale C'W' - CHR — CH^ — OH; dans leur formation, l'oxhydryle de l'alcool benzylique a été éliminé. Lorsque l'alcool benzylique réagit sur son propre dérivé sodé, il donne naissance au stilbène, CH^ — C^C — C"H', par élimination des deux oxhydryles ; l'hydrogénation intervenant ensuite, il se forme du dibenzile, C'H' - CH^- CH^' - C-'H^. La même réaction synthétique n'est pas applicable seulement aux alcools primaires ; elle l'est aussi aux alcools secondaires. M. Guerbet a pu la réa- liser avec l'alcool isopropylique et l'alcool caprylique. Il a observé qu'en pa- reil cas, avec l'alcool diisopropylique ou l'alcool dicaprylique, produits formés par doublement de la molécule, il y a, par des réactions plus complexes mais effectuées d'après le même mécanisme, production d'alcool triisopropylique ou d'alcool tricaprylique. Dans le cas des alcools secondaires, la formation de la soude, qui accom- pagne celle des alcools complexes, a pour conséquence une oxydation, opérée à haute température, de l'alcool générateur ; la molécule est dédou- blée en produisant deux acides moins riches en carbone- Les seuls alcools faisant exception sont l'alcool méthyiique et ceux qui, comme l'alcool isobutyli(|ue, ont leur groupeinenL alcoolique relié à un carbone tertiaire. La réaction est donc applicable à la production de beau- coup d'alcools riches en carl)one. M. Guerbet l'a employée pour préparer un certain nombre d'alcools de ce genre, jus(ju'alors inconnus. La compa- raison des résultats a montré que, dans tous les cas, la soudure des deux molécules s'effectue avec élimination de l'oxhydryle de l'alcool le plus riche en carbone. La réaction de M. Guerbet est ainsi générale ; elle a permis à son auteur de produire des alcools à molécules complexes, de formes assez variées. Elle apporte une ressource précieuse pour la production des alcools à poids moléculaire élevé, que nous ne connaissons encore qu'en trop petit nombre. Les acides produits par l'action oxydante de la soude sur les alcools secondaires, dans les circonstances qui viennent d'être indiquées, sont dille- rents de ceux fournis par d'autres réactifs. M. Guerbet a essayé la même action oxydante sur un alcool secondaire particulier, à chaîne fermée, le SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1217 bornéol droit; il a obtenu ainsi un résultat d'un autre genre. L'alcool secondaire, chauffé vers 260° avec la soude caustique, se transforme inté- gralement en acide campholique droit ; le bornéol gauche et l'isobornéol fournissent de même, le premier l'acide campholique gauche, le second l'acide campholique racémique, qui n'avaient pas encore été obtenus. M. Guerbet a montré par là que les réactions génératrices de l'acide campholique, restées jusqu'ici inexpliquées, sont dues à l'action de la soude, exercée à haute température, sur le bornéol ou le camphre. M. Guerbet a publié en outre, dans diverses directions, des travaux intéressants. Il a établi la composition de l'essence de santal, des Indes orientales, et a établi la nature des principes qui constituent cette essence : un aldéhyde, le santalal, deux hydrocarbures, les santalènes, et deux alcools sesquiter- péniques, les santalols. Ces deux alcools forment la partie principale de l'essence ; ils s'y trouvent éthérifiés partiellement par l'acide formique, l'acide acétique et deux acides nouveaux, l'acide santalique et l'acide téré- santalique. Dans une autre série de recherches, M. Guerbet a préparé le lactate mcr- cureux et le lactate mercurique; il a reconnu que ce dernier sel, en solution aqueuse, se décompose facilement en lactate mercureux, acide lactique, acétaldéhyde et gaz carbonique. Appliquant cette réaction d'oxydation de l'acide lactique à d'autres acides-alcools, il a vu que l'acide glycolique donne ainsi le formaldéhyde, l'acide tartrique donne le glyoxal et l'acide gluconique donne Tarabinose. La transformation de l'acide gluconique en arabinose est particulièrement intéressante; la réaction qui la fournit semble susceptible d'applications diverses dans l'étude des matières sucrées. La Commission des prix de Chimie propose à l'Académie d'attribuer à M. GuKUBET la moitié du prix Jecker. L'Académie adopte les conclusions de ces Rapports. PRIX CAHOURS. (Commissaires : MM. Gautier, Lemoine, Haller, Le Chatelier, Jungfleisch, Schlœsing, Carnot, Maquenne; Troost, rapporteur.) La Commission propose départager également le prix entt-e MM. Carré, JoLIBOIS, lîui'NEL. L'Académie adopte cette proposition. I2l8 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX MONTYON [(Arts insalubres^ (Coinniissaires : MM. Troost, (laiilicr, Leiiioiiie, Haller, Le Chalelier, ,)iii)i;ll('isch, Schlœsing-, r.aniol ; Ma(|uenne, rapporteur.) De lous les enduits dont on recouvre le tci-, en vue de le préserver de la rouille, le plus employé est encore actuellement la peinture au minium de plomb. C'est, en effet, le plus efficace, mais il présente, à cause de sa composition, le grave inconvénient d'être toxique ; il y a donc lieu, comme ou l'a fait pour les peintures ou mastics à Ijase de céruse, de lui cberclier un succédané qui présente les mêmes avantages, sans en avoir les défauts. MM. E:.iii.eLei'Baxc, Paul Letelmer et Maurice Perrot, sous la raison sociale Lefranc et C'^', livrent depuis plusieurs années au commerce, sous le nom de grisai, un produit, broyé à l'buile, qui parait répondre à ce doul)le desideratum, en ce sens qu'il protège le fer de l'oxydation aussi bien que le minium et ne renferme que des substances d'une innocuité parfaite. Le grisol est, en efl'et, un mélange d'oxyde de zinc et de sulfate de baryte, avec un' peu de cbarbon et une proportion relativement considérable (envi- ron 47 pour 100 du produit sec ) d'un silicate d'alumine particulier, auquel il doit ses qualités spéciales. Ces qualités sont aujourd'hui allirmées par une pratique ininterrompue de 5 ans, et toutes les références (pii s'y rapportent sont unanimes à reconnaître que le grisol exerce vis-à-vis des métaux un pouvoir protecteur équivalent à celui du minium, tout eu couvrant, à poids égal, une surface double, ce qui en rend l'emploi plus économique. De plus il présente, après séchage, une dureté très grande, qui lui permet de résister au frottement mieux que la peinture au minium. A cause de sou excellente tenue dans l'eau de mer, plusieurs giandcs entreprises de navigation, entre autres la Compagnie générale transatlan- tique, l'ont adopté comme enduit protecteur des cales et même des coques des navires. Après essais préalables, reconnus satisfaisants, l'emploi du grisol a été autorisé par décisions ministérielles dans les départements de la Guerre et de la Marine ; le chemin de fer de l'Etal, sur ses ouvrages d'art et ses wagons de marchandises, la Ville de Paris, dans ses services des eaux et de la voirie, s'en servent utilement ; enfin, on en fait usage dans la plupart des casernes parisiennes, ainsi qu'à l'hùpital du Val-dc-Gràce, en raison de sa résistance au lavage et de son innocuité. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. I219 Toutes ces références, aux(juelies on pourrail joindre nombre d'appli- cations à l'industrie privée (charpentes en ter, constructions mécaniques, appareils de chauffage, coffres-forts, pompes, automobiles, etc.), montrent ([ue le grisol, au point de vue surtout de la protection des surfaces métal- liques, semi)le posséder toutes les qualités du minium et peut lui être substitué, comme pretnier enduit et même comme couche définitive, dans tous les cas où la couleur de celle-ci est indifférente. Comme il offre sur ce dernier l'avantage d'être complètement inoffensif, aussi bien au cours de sa fabrication qu'à celui de ses emplois, sa décou- verte marque, dans l'industrie des couleurs minérales, un progrès qui intéresse hautement l'hygiène. C'est pourquoi noire Commission propose à l'Académie d'attribuer cette année le prix Montyon (Arts insalubres) à MM. E^hlr Lefranc, Paul Letei.lier et Mairice Perrot. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX LA CAZE. (Commissaires: MM. Troost, Gautier, Lemoine, Haller, Jungfleisch, Schlœsing, Carnot, Maquenne; Le Chatelier, rapporteur. ) Les travaux de M. Recoi'ra se prêtent difficilement à une analyse som- maire, car ils portent sur des points très délicats de l'histoire des sels. Ils sont en contradiction avec quelques-unes des anciennes idées classiques de la Chimie minérale et présentent une originalité d'un grand intérêt. Kn étudiant les composés du chrome, M. Recoura a reconnu parmi des combinaisons, classées sans aucune hésitation dans la famille des sels, l'existence de corps complexes possédant des fonctions toutes spéciales. On avait depuis longtemps observé dans les différentes combinaisons du chrome l'existence de deux variétés distinctes, l'une violette et souvent cristallisable, l'autre verte. Malgré de nombreuses recherches, la raison de ces différences n'avait pas été reconnue; M. Recoura a été assez heu- reux pour résoudre complètement le problème et jeter ainsi des lumières très vives sur la constitution de composés minéraux restés jusque-là indéchiffrés. Le sulfate de chrome violet dissous dans l'eau, puis chauffé, se dédouble en acide sulfurique libre et en un sulfate basique vert, 2Cr-0%5SO% de I220 ACADEMIE DES SCIENCES. composition constante, retrouvé depuis par de nombreux expérimentateurs au moyen de méthodes d'observations différentes. Ce corps n'est pas un sel basique ordinaire, mais le sulfate d'une base complexe, l'hydrate de sulfochromyle ; il renferme encore de l'acide siilfurique, mais de l'acide dissimulé aux réactifs usuels de ce corps. Celle base complexe est décom- posée par ia potasse et donne un nouvel oxyde de chrome basique dont le sulfate ne renferme que deux molécules d'acide au lieu de trois dans le sulfate ordinaire. M. Recoura a également découvert l'existence d'un isomère vert du sulfate neutre violet, présentant même composition que ce dernier, mais dans lequel tout l'acide sulfurique est dissimulé. Ce corps, sans aucune analogie antérieurement connue dans la Chimie minérale, possède la pro- priété remarquable de se combiner aux sulfates métalliques en donnant de véritables sels, dans lesquels le nouveau métal garde ses propriétés ordinaires, tandis que la totalité de l'acide sulfurique est dissimulée. Ce sont les sels d'un nouvel acide complexe, Cr*0% '(SO^H^O, l'acide chro- mosulfurique. Les sels des bases alcalines formés par cet acide sont les iso- mères des aluns ordinaires ; ces derniers se transforment très facilement sous l'action de la chaleur en chromosulfatcs. M. Recoura a préparé d'autres acides complexes, les acides chromo di- et trisulfuriques obtenus par combinaison du sulfate vert de chrome avec l'acide monohydraté. Une partie de l'anhydride sulfurique de ces acides complexes peut être remplacée par l'anhydride chromique. Il existe enfin un isomère de l'acide sulfochromique qui est également un acide complexe, mais qui ne manifeste aucune des propriétés de l'acide sulfurique, ni de l'oxyde de chrome; il ne présente pas la coloration très intense de tous les composés du chrome, ses solutions sont à peu près inco- lores. Il possède enfin la propriété très curieuse de précipiter de leurs disso- lutions tous les sels métalliques, même les sels alcalins. Ce sont là des résultats extrêmement importants. M. Recoura a décou- vert ainsi de nouvelles familles de sels métalliques, absolument différents des combinaisons formées par les acides simples. Ces observations ont été le point de départ de nombreuses recherches, tant en France qu'à l'étranger. Des études analogues sur les chlorures et les oxydes de chrome lui ont permis de préciser pour ces combinaisons l'existence de plusieurs variétés isomériques, dont quelques-unes n'étaient même pas soupçonnées. Par exemple, le chlorure de chrome Cr^CPjiaH^O, en dehors de la variété SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. I22I verte cristallisée bien connue, présente un isomère gris nettement séparé du précédent, non seulement par sa coloration, mais encore -par la gran- deur de ses constantes thermochimiques. Il n'existe d'ailleurs aucune corrélation entre le chlorure et le sulfate vert, malgré l'identité de leur coloration. L'étude des hydrates chroniicjues lui a donné une série de bases diffé- rentes, obtenues par l'ébuUition prolongée de l'hydrate normal et pré- sentant des capacités de saturation pour les acides progressivement décrois- santes ; on arrive graduellement à une variété d'hydrate chromique donr une molécule ne peut lixer qu'une seule molécule d'acide mouobasique. Au delà de cette limite, l'hydrate chromique devient insoluble dans les acides étendus. L'étude des sels ferriques, entreprise en s'inspiranl des résultats obtenus sur le chrome, a permis à M. llecoura de préparer un grand nombre d'iso- mères parfaitement définis du sulfate ferrique hydraté ou anhydre, ainsi qu'un acide ferrisulfurique correspondant à l'acide chroniosulfurique ; il a pu en obtenir les élliers, mais non les sels trop facilement décompo- sables par l'eau. En dehors de ces découvertes capitales, M. Recoura a poursuivi un grand nombre de recherches dans les directions les plus variées : études sur la chaleur de combustion des matières organiques faites en collaboration avec M. Berthelot; loi des tensions de vapeur des dissolutions, connue sous le nom de loi de Ikioidt et Recoura, établie en commun avec M. Ilaoult ; recherches sur le sulfate cuivreux, le chlorure chromeux, le sulfate de baryum colloïdal, etc. Dans tous ces travaux, il a fait un usage très heureux des méthodes thermochimiques, avec lesquelles il s'était familiarisé dans le laboratoire de Berthelot. Le principal titre de M. Recoura à la distinction que l'Académie des Sciences lui confère aujourd'hui est l'ensemble de ses études sur les compo- sés du chrome, par lesquelles il a ouvert des voies nouvelles à la Chimie minérale. On connaissait Ijieu le polymorphisme de nombreux corps cris- tallisés, mais les corps découverts par M. Recoura ne se distinguent pas seulement les uns des autres par des différences dans leurs propriétés phy- siques, ils se séparent nettement par leurs propriétés chimiques; ce sont de véritables métamèrcs analogues aux exemples déjà si nombreux fournis par la Chimie organique. Dans toutes ces recherches, M. Hec.oura a fait preuve d'un talent d'expérimentateur de premier ordre et d'une remarquable perspi- cacité scientifique. R a découvert des propriétés nouvelles et inattendues 1222 ACADEMIE DES SCIENCES. dans des corps qui, depuis longtemps, paraissaient bien connus et il a étayé ses affirmations imprévues sur des preuves nombreuses et assez variées pour les rendre absolument inattaquables. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. MINERALOGIi: ET GEOLOGIE. GRAND PUIX DES SCIENCES PHYSIQUES. (Commissaires : MM. Michel Lévy, Lacroix, Barrois, Douvillé, Wallerant, Termier, Zeiller, Bouvier; Edmond Perricr, rapporteur.) Question posée : Les stades d'évolution des plus anciens Quadrupèdes trouvés en France. Le prix est décerné à M. Armand Thévenin, assistant au Muséum d'His- toire naturelle. Jusqu'au milieu du xix*" siècle on n'avait décrit, en France, aucun reste de Vertébré terrestre dans les terrains primaires. Gervais cl Coquand signalèrent alors deux fragments de squelettes de Reptiles, l'un trouvé dans les grès permiens de l'Hérault, l'autj'e dans des assises contemporaines du Jura. C'est seulement à partir de 1867 que les découvertes se multiplièrent. Gaudry décrivit alors V Actinodon trouvé par M. Frossard, à Muse, près d'Autun. Pendant une période de quinze années, grâce au zèle des ingé- nieurs d'Autun, les gisements furent activement fouillés, et Gaudry n'in- terrompait ses travaux fondamentaux sur les « Enchainenients » que pour faire connaître au monde savant le Protriton, le Pleuronoura, V Actinodon, VEnchirosaurus, le Stereorachis , VHaptodus. Quelques années plus tard, MM. Boule et Glangeaud ajoutaient à cette série d'Amphibiens et de Rep- tiles le Callibraclnon Gaudryi. Mais, à l'étranger, l'étude de ces premiers Quadrupèdes a, en même temps, progressé activement. MM. Fritsch, Credner en Allemagne, Huxley, MM. Smith Woodward et Andrev\s en Angleterre, Cope et ses disciples SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1223 dans rAmérique du Nord, ont également cherché, par l'examen des fossiles du Carbonifère ou du Permien, à éclaircir la question de Torigine des Ver- tébrés quadrupèdes. Ces études et les recherches récentes sur la phylog-énie des Reptiles fos- siles, sur l'origine des Mammifères et des Oiseaux ont fait progresser la Science de telle sorte qu'une revision des ossements fossiles trouvés dans le Carbonifère supérieur ou le Permien de France s'imposait. Je l'ai entre- prise sur les conseils aussi pressants que bienveillants de M. Gaudry. Mais le Mémoire que je présente à l'Académie n'est pas seulement une sorte de mise au point des travaux antérieurs. J'ai pu me procurer un bon nombre de fossiles nouveaux, récemment découverts à Autun, à Commentry, à Monceau-les-Mines, dans l'Aveyron et dans l'Hérault, et j'ai appliqué à leur étude des procédés techniques nouveaux, qui m'ont conduit à d'intéressantes conclusions. J'exposerai successivementet brièvement les découvertes de M. Thévenin relatives : 1° aux Amphibiens ; 2" aux Reptiles; enfin, je dirai les conclu- sions qu'on en peut tirer. Amphibiens. Les yVmphibiens paléozoiques étudiés dans son Mémoire appartiennent les uns au groupe des Stégocéphales (exemple VActinodon), les autres au groupe des Aistopodes. Parmi les Stégocéphales de France, il y a lieu de distinguer le Protriton, qui a pu donner naissance aux Urodèles actuels, et V Actinodon qui a eu pour descendants les grands Labyrinthodonles tria- siques. Dans le premier groupe, il a décrit le Protriton-Faydi du Mouiller de Commentry, plus ancien que les fossiles d'Aulun, qui est particulièrement intéressant parce que les échantillons trouvés correspondent au passage de la vie aquatique à la vie terrestre. Les uns sont encore pourvus de leurs branchies; les autres, dont le squelette dermique est plus ossifié, en sont dépourvus. Il a eu la bonne fortune de trouver parmi les Protriton d'Autun un grand nombre de spécimens de P. pclrolei de diverses tailles, et, en leur appliquant des procédés de dégagement nouveaux, de pouvoir suivre le développement ontogénique de cette espèce, depuis des animaux de 22""" de longueur jusqu'à ceux dont la taille atteint 25''°\ Il a pu observer le développement des os du crâne, de l'anneau sclérotique, des os des membres, de la ceinture scapulaire, du revêtement écailleux ventral qui apparaît quand l'animal passe de la vie aquatique à la vie terrestre, par C. R., 1909, 2« Semestre. (T. t49, N° 25.) l63 1224 ACADÉMIE DES SCIENCES. suite du frottement de son corps devenu exclusivement rampant contre les aspérités du sol. En réalité, ces stades successifs de développement sont à peu près identiques à ceux que Credner avait observés chez une espèce de Saxe qu'il a nommée Brachiosaunis amhlystomus, mais ils ont pu être suivis plus loin. Dans le groupe des Actinodon la série d'échantillons examinés par M. Thévenin Ta porté à penser que les Actinodon brevis et Frossardi, ainsi que VEnchirosdunts Rochei décrits par Gaudry, ne sont que des états de développement dillérents d'une même espèce extrêmement voisine de VEryops du Permien du Texas. Il a suivi les variations ontogéniques : i" de la vertèbre, composée, on le sait, de plusieurs pièces, mais dans laquelle les pleurocentres se diflerencienl après l'arc neural et l'hippocentre ; 2" du crâne, dont la partie jnasticatricc s'allonge chez les animaux plus âgés ; 3" des côtés et de la ceinture scapulaire composée de plaques spéciales à ces anciens Stégocéphales ; If des os des membres dont les extrémités restent longtemps cartilagineuses, mais sur lesquels on voit apparaître progres- sivement des crêtes pour l'insertion des muscles. Gaudry s'était demandé si le Protriton n'était pas un jeune Actinodon; dans l'état actuel des découvertes, cela n'est pas démontrable ; il est encore moins admissible de séparer les deux formes, à l'exemple de M. Gadow, au point de ranger les grands Aciinodons (Enchirosaurus) parmi les Reptiles les plus primitifs, mais le fait que cette opinion ait pu être admise montre combien sont insensibles à cette époque les passages de Batraciens aux Reptiles. Les Aistopodes constituent un groupe assez mal connu d'animaux serpen- tiformes, dépourvus démembres; ils sont généralement classés parmi les Amphibiens. Si cette opinion est exacte, il faut admettre que les Amphi- biens sont déjà fort anciens dès le Mouiller, puisqu'ils auraient eu le temps d'y perdre leurs pattes. Les Aistopodes étaient inconnus en France et signalés seulement en Bohême, en Angleterre et en Amérique. M. Thévenin rapporte un fossile unique, ayant plus de 70 vertèbres, recueilli dans un gisement nouveau à La Machine (Nièvre). Reptiles. Les travaux récents de MM. Osborn et Smith Woodward sur la classifi- cation des Reptiles fossiles ont eu pour résultat, on le sait, de diviser les Reptiles en deux sous-classes, les Synapsidés et les Diapsidés; les premiers SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1225 ayant une seule arcade temporale, les autres deux arcades temporales; les premiers auraient donné naissance aux Mammifères et aux Chélo- niens, les autres aux Crocodiliens, aux Lacertiens, aux Ophidiens et aux Oiseaux. Les plus primitifs des Reptiles du premier groupe sont les Cotylosauriens dont le type le plus populaire est le Parciasaurus. Ce groupe, qui présente encore des affinités avec les Amphibiens stégocéphales, était inconnu en France. M. Thévenin a étudié une portion de squelette du Permien de l'Aveyron, qui doit à coup sûr être rangé dans cet ordre. D'antres animaux palénzoïques dont le corps est lacertiforme sont géné- ralement placés parmi les Amphibiens : ce sont les Microsauriens, (le sont probablement les ancêtres des Reptiles, bien qu'ils aient gardé quelques caractères de Stégocéphales. Ils sont inconnus en France, mais M. Thévenin décrit un Reptile du Mouiller de Blanzy, le plus ancien Reptile de France (Satiraçiis Cos(ei), plus évolué que ces Microsauriens, mais qui s'en rap- proche par certains caractères et peut, d'autre part, être considéré comme une forme ancestrale lointaine des Rhynchocéphales et, plus lointaine encore, des Lacertiens; une seconde espèce du même genre, Sauraviis Camhrayi, également du Permien d'Autun, met en évidence l'évolution déjà avancée des Reptiles à cette époque. U'Haplodus (dont j'indique l'identité avec Palœohatleria de Saxe) et le Callibrachion, tous deux d'Autun, sont de proches parents des Rhyncho- céphales, mais ils se rapprochent aussi du Prolorosaurus de Thuringe et de V Aphelosaurus de Lodève, décrit par (Jervais. M. Thévenin a repris l'étude de ce dernier genre, qui peut être considéré comme une forme ancestrale des Dinosauriens et par suite comme un assez proche parent de l'ancêtre commun des Dinosauriens et des Oiseaux. Enfin, M. Thévenin a repris l'étude d'un Reptile élevé en organisation, quoiqu'il ait été trouvé dans les couches les plus inférieures du Permien d'Autun. C'est le Stereorachis dominans décrit par Gaudry, qui avait admi- rablement mis en évidence son état d'évolution avancé. Les travaux des paléontologistes américains, de Cope et de Case en particulier, nous ont fait connaître le groupe auquel il appartient : ce sont les Polycosauriens dont les types les plus populaires sous les Dimetrodon et Nosaurus aux gigantesques apophyses épineuses. Ces derniers genres, avec une expansion dorsale spéciale et une dentition extrêmement Carnivore, sont les derniers représentants du groupe et viennent du Permien supérieur; ils ont été précédés de formes plus simples, et le Stereorachis du Permien inférieur 1226 ACADÉMIE DES SCIENCES. réalise Tuik' de cos formes simples doiiL les apophyses épineuses n'ont pas encore pris de grande dimension. Tl résulte de toutes les découveiles de Vertébrés terrestres faites dans les terrains permo-carlionifères de h rance (|u\'i cette époque lointaine le monde organique était déjà fort ancien et qu'il faut chercher beaucoup plus pro- foudément dans l'écorce terresire l'ancêtre commun des Amphibiens et des Poissons, ou même l'ancêtre ou les ancêtres communs des Amphibiens et des Reptiles. Parmi les Amphibiens paléozoïques de France, aucun ne réalise le type idéal du plus ancieu Vertébré terrestre, les plus simples ressemblent déjà par beaucoup de caractères aux Urodèles actuels; ils en diffèrent surtout parce que quand ils passent de la vie aquatique à la vie terrestre, ils acquièrent un revêtement solide que n'ont jamais les Amphibiens actuels. D'après une loi que Gaudry avait beaucoup généralisée, ils sont mieux protégés que leurs descendants. Comme le revêtement de leur corps est devenu très résistant, la fonction de soutien de la colonne vertébrale est moins importante et les vertèbres restent pendant toute la vie composées de. plusieurs pièces entourant la notocorde. Certains de ces Amphibiens ont donné naissance aux Urodèles et peut-être aux Anoures, d'autres ont eu pour descendants les Labyrinthodontes qui se sont éteints sans postérité à la fin du Trias. Le grand nombre de spécimens d'Amphibiensde tailles diverses recueillis à Autun tend à prouver que conformément à la loi de \ arrêlention ernbryo- gênique que l'auteur de ce Rapport a mise en relief, l'évolution individuelle était alors plus lente qu'elle ne l'est actuellemeat, et qu'au cours de cette évolution l'influence du milieu pouvait avoir une action plus sensible pour amener la différenciation des formes. Il en est de même d'ailleurs chez les Reptiles, car il est vraisemblable que les Palœohatteria, les Haplodiis^ peut- être même les Callibrachiun^ ne sont pas, ainsi que l'a suggéré M. Osborn, des animaux adultes. Cette lenteur de l'évolution individuelle aux époques anciennes peut expliquer l'épanouissement au Trias du groupe des Reptiles, alors très dillérencié en de nombreux ordres. Mais les Reptiles permo- carbonifères de France étaient déjà fort différenciés, et nous avons vu qu'il existait dans l'Aveyron un Cotylosaurien, ancêtre lointain des Mammifères, un Protorosaurien ancêtre des Dinosauriens; à Blanzy dans le Mouiller, à Autun dans le Permien, on a recueilli des squelettes de Reptiles lacerli- formes qui, malgré certains caractères archaïques, sont déjà aussi adaptés à la vie terrestre que les Rhynchocéphales ou que les Lacerliens actuels. Le SÉANCE DU 20 DÉCli:MBRE I909. 1227 Stereorachis d'Autun est le représentant relativement primitif malgré une organisation déjà très élevée d'un ordre dont révolution est si rapide, qu'il a son apogée dans le Permien supérieur et disparait au début du Trias. Les analogies que présentent les (Quadrupèdes paléozoïques de notre pays avec les fossiles contemporains de Saxe, de Bohème, de la Prusse rhénane, d'Angleterre, de l'Amérique du Nord et même de l'Afrique australe, avaient frappé dès longtemps Gaudry ; il a souvent dans ses œuvres mis en évidence cette uniformité dans la marche de l'évolution et les découvertes qui ont eu lieu depuis ses travaux fondamentaux ont con- firmé les géologues et les paléontologistes dans la pensée que ces « stades d'évolution » sont le véritable critérium pour déterminer l'âge des forma- tions sédimenlaires. Dans le Mouiller ou le Permien de France, dans les localités où une seule trouvaille a été faite, loin des gisements riches, la Paléontologie s'est toujours trouvée d'accord avec la Stratigraphie. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX DELESSK. (Commissaires : MM. Michel Lévy, Lacroix, Douvillé, Wallerant, Termier, Perrier, Zeiller, Bouvier; Barrois, rapporteur.) L'o'uvre des géologues en Auvergne a été féconde et glorieuse, depuis que (îuetlard, en 1731, annonçait l'existence, en cette province, de volcans comparables au Vésuve, à l'Etna, mais éteints depuis longtemps et à l'état de ruines. L'Auvergne est devenue, depuis les travaux de Fouqué, la terre classique pour l'étude des volcans. Elle est visitée chaque année par des géologues de tous pays, isolés ou réunis en sociétés, qui ont la bonne fortune de trouver actuellement dans les Mémoires, et parfois dans la personne même de M. Pu. Glangeaui). la direction la plus savante et la mieux informée. L'étude de ces vieux volcans éteints est, en efTel, plus instructive (piand -on suit M. Glangeaud, que celle des volcans en activité; on lit, enregistrée dans leurs flancs, l'histoire de l'éruption tout entière. Les agents séculaires de destruction ne se bornent pas à abattre les sommets des volcans; ils ouvrent sur leurs versants, au milieu des laves et de leurs projections, 1228 ACADÉMIE DES SCIENCES. de profondes entailles, des vallées. Grâce à ces tranchées, M. Glangeaud a pu, à l'exemple de beaucoup d'autres, mais avec un nouveau succès, péné- trer au cœur des vieux volcans éteints, reconstituer leur histoire, celle des mondes animés qui vivaient dans leur voisinage, et suivre pas à pas les différentes phases de leur évolution. 11 a montré, par son élude des Mammifères trouvés dans les alluvions de l'Allier et de ses affluents, que l'activité volcanique avait débuté lors du Miocène inférieur dans la Limagne, le Volay, l'Aubrac plus tôt qu'on ne pensait, et que les mouvements du sol qui avaient présidé à l'édification des volcans s'étaient poursuivis depuis la tin de TEocène jusqu'au Pliocène supérieur. Il a étudié en détail la série des éruptions de la Limagne, devenue une région volcanique du plus haut intérêt, avec ses volcans de sept époques dilïérentes, dont les coulées sont aujourd'hui suspendues à des hauteurs variant de 400"" à 60™ au-dessus du niveau actuel de l'Allier. Par contre- coup, M. Glangeaud a pu ainsi mesurer les différentes phases du creusement de cette rivière. Des conclusions très générales se dégagent de ces recherches, qui élu- cident les relations génétiques des volcans avec les mouvements orogé- niques développés dans le Massif central, depuis l'Eocène jusqu'à nos jours. Dans ces relations, un rôle considérable est dévolu aux failles. L'étude du volcan de Gravenoiie avait mis M. Glangeaud sur la voie. Beaucoup de volcans du Puy de Dôme, plus de i5o, sont installés sur des fractures ter- tiaires, à la limite de deux ou plusieurs voussoirs, différemment dénivelles. Dans un assez grand nombre de cas, ce sont d'anciennes fractures d'âge paléozoïque, qui se sont réouvertes pour donner passage aux laves : l'his- toire du volcanisme dans le Massif central se rattache ainsi étroitement à celle des mouvements qui en ont affecté le sol depuis les temps les plus reculés. Ces importantes études sur les volcans d'Auvergne ne constituent pas l'œuvre de M. Glangeaud tout entière, et la Science française lui est rede- vable d'autres recherches encore sur les faciès du .lurassicpie et du Crétacé, dans le bassin de l'Aquitaine. Elle lui doit la reconstitution, au point de vue paléogéographique, de riiisloire des mers secondaires de ce grand bassin. L'activité corallienne a régné durant une grande partie du Juras- sique le long des rivages occidentaux du Massif central et y a édifié des récifs de polypiers, depuis le Bajocien jusqu'au Bathonien, tandis que dans les mers crétacées, les accumulations de rudistes ont remplacé les récifs SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. 1229 de polypiers. Les différences fauniques qui existent entre ces formations et les autres dépôts synchroniques, détritiques ou vaseux, à ammonites, ont été mis en lumière avec talent. Dans une autre série de travaux, M. Ph. Glangeaud a retracé les mouvements auxquels avaient été soumis les ter- rains secondaires de l'Aquitaine après leur dépôt, et fait connaître ceux qui exondèrent et ridèrent le .Jurassique antérieurement au (^énomanien, comme ceux plus récents qui, à l'époque oligocène, déterminèrent des plis dont il a suivi la trace et les connexions sur plus de 230'"". La Commission, frappée de Timportance des recherches de Géologie régionale de M. Ph. Glaxgeaud, propose à l'Académie de lui décerner le prix Delesse. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PmX VICTOR RAULIN. (Commissaires : MM. Barrois, Douvillé, Wallcrant, Termier, Perrier, Zeiller, Bouvier; Michel Lévy, Lacroix, rapporteurs.) Ce nouveau prix annuel ('), à sujets alternatifs, destiné en 1908 à récom- penser des travaux relatifs à la Géologie et à la Paléontologie, prorogé à 1909, est décerné à M.Léo.v Berira.vd, pour sa Contribution à l'histoire strati graphique et tectonique des Pyrénées orientales et centrales. Le prix de 1909, destiné à récompenser des travaux de Minéralogie et de Pétrographie, est décerné à M. Ferdixaxd Gonxard, pour l'ensemble de ses travaux de Minéralogie. Rapport sur les travaux de M. Léon Bertrand, par M. Michel Lévy. « Il est impossible de comprendre l'une des grandes chaînes européennes (les Pyrénées) sans passer par l'œuvre de Léox Bertraxd. » Cette citation, extraite d'une lettre de M. Lugeon, expert s'il en fût en tectonique, doit (') Par un acte en date du i4 août 1900, les héritiers de M. Victor Raulin, eo son vivant professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, ont fait donation à l'Académie de quinze cents francs de renie, pour fonder un. prix annuel à sujets alternatifs. I2JO ACADÉMIE DES SCIENCES. servir de préface à l'appréciation des Mémoires et Notes que nous devons à ce jeune savant sur les Pyrénées. M. Kilian qui, lui aussi, est un connaisseur, juge, avec la même louange et la même bienveillance, les travaux de M. Léon Bertrand dans les Alpes- Marilimes et aux abords du Mercantour, r(''gion diflicile où il a trouvé les éléments d'une tbèse remarquai^le datant de i8()G ( liuKetin n° 50 de la ( larle géologique, complété par les feuilles au ^„\„„ de Saint-Martin-Vésubie et d'une grande partie de Nice). Mais c'est dans le Bulletin n" I 18 du même Service (1908"), sur les Pyré- nées orientales et centrales, qu'on trouve l'épanouissement des qualités de pénétration aiguë et de perspicacité qui caractérisent cet observateur. Certes, M. Ijéon Bertrand a eu des précurseurs ; pour ne citer que les plus récents des collaborateurs de la Carte géologique dans les Pyrénées orientales et centrales, nous indiquerons MM. de Lacvivier, Depéret, Carez, Roussel, qui ont fait paraître de nond)reux Mémoires et des Cartes sur cette région difficile. Le Service de la Carte possède, notamment, des minutes au ^„l^„ de plusieurs feuilles des Pyrénées: Foix, due à M. de Lacvivier et revisée par M. Roussel ; Quillan, l'Hospitalet et Prades, dues à ce dernier géologue, etc. Les feuilles de MM. Depéret et Carez sont en voie de publication ou déjà publiées. Celles de MM. de Lacvivier et Roussel n'ont pas paru suffisamment au point poui' subir cette épreuve ; mais elles ont été reproduites, en grande partie, sur les esquisses au j^tj^u^, qui accompagnent les Rulletins de M. Roussel. Sans doute, M. Léo.v Iîertkaxu a puisé un grantl nomlne de documents, d'ailleurs sujets à révision, dans ces Cartes et Mémoires, qui ont été si utiles à la connaissance de la stratigrapbie des Pyrénées. Mais les solutions tecto- niques, patiemment poursuivies depuis 10 années par l'auteur du Bidlelin de 1908, sont exclusivement son œuvre et, comme le peuse M. Lugeon, elles ont renouvelé nos idées sur cette cbaine de montagnes, si originale et si intéressante. Le géosynclinal nord-pyrénéen lui a montré au moins quatre grandes nappes successivement charriées les unes sur les autres, du Sud vers le Nord. La jonction de ce géosynclinal avec les sédiments prépyrénéens; l'originalité de ses propres remplissages, interrompus à l'époque méso- jurassique, reprenant durant l'infra-crélacé pour se terminer au méso- ci-étacé, et ne surgissant que de la lin de l'Éocène au Stampien ; le méta- morphisme si caractéristique subi par les couches secondaires des nappes charriées; enfin, le contraste tectonique avec la bordure méridionale pyré- SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. I23l néenne, déjà élucidée par les remarquables travaux de MM. de Margerie et Bresson, tout cet ensemble constitue un magistral exposé de l'état de nos connaissances sur les plis qui, partant de la Provence, viennent se pour- suivre dans la chaîne pyrénéenne. Comme le proclame M. Lugeon, c'est, avec évidence, le commencement de la synthèse pyrénéenne, c'est de la grande science, et votre Commission a pensé que cet effort couronné de succès méritait l'un des prix Raulin disponibles cette année. Rapport sur les travaux de M. Ferdinand Gonnakd, par M. X. Lackoix. Les brillants horizons ouverts par l'étude des propriétés optiques des minéraux, l'application de celles-ci à la connaissance des roches, aussi bien que les recherches de Physique moléculaire, poursuivies, avec tant de succès, sur les cristaux des innombrables sels (pie fournit la Chimie, ont fait, depuis de longues années, délaisser en France les éludes d'Histoire naturelle concernant les minéraux. Et, cependant, il est important de connaître les richesses minérales de notre sol national. Les gisements d'un minéral une fois connus, il est utile d'en préciser les particularités qui permettent de discuter sa genèse, de rechercher les variétés de forme de ses cristaux, en fonction des conditions probables de leur formation. Bien d'autres questions encore se présentent à l'esprit et leur nombre augmente avec le progrès des études exclusivement théoriques, de telle sorte que, loin d'être antagonistes, le côté purement physique et le côté naturaliste de la Minéralogie se développent parallèlement, pou\ant et devant se prêter un mutuel appui. Même à un point de vue purement utilitaire, on ne saurait trop encou- rager les recherches d'Histoire naturelle des minéraux. Telle substance qui, à un moment donné, n'est qu'un objet de curiosité scientifique, peut devenir plus tard d'une importance capitale. On eût bien étonné les miné- ralogistes d'il y a vingt ans, si on leur avait annoncé qu'un jour viendrait où la monazite, dont les cristaux formaient une rareté de collection, se- raient recherchés et trouvés dans des sables, puis exploités par tonnes pour l'extraction de petites quantités de thorine, dont l'existence même dans un tel composé eût paru quelque peu paradoxale. Et de même, qui eût pu prévoir la chasse ardente qu'on fait actuellement à ces paillettes d'autu- nite, autre rareté minéralogique, qui est devenue un minerai d'uranium, traité pour les minuscules portions de radium qu'elle renferme. C. R., 1909. 1' Semestre. (T. 149, N- 25.) l64 12.32 ACADÉMIE DES SCIENCES. La conséquence du peu de faveur dans laquelle est tenue l'Histoire naturelle des minéraux est la cause principale, mais non la cause unique, de la diminution rapide de ces minéralogistes amateurs qui, jadis, étaient si nombreux dans ce pays et qui ont rendu tant de services à notre science, en faisant connaître les productions naturelles de leur province et en fournissant aux spécialistees une aide efficace, sous forme de précieux matériaux d'é'tude. M. Fehdixand Goward est un de ces amateurs éclairés. Ingénieur des Hospices de Lyon, privé de laboratoire, sans attacbe universitaire d'au- cune sorte, travaillant en solitaire, muni d'un seul goniomètre et d'un microscope, qu'il dut jadis à la libéralité de l'Académie, il a, depuis 3o ans, consacré à la Minéralogie tous les instants qu'il a pu arracher à d'absorbantes occupations professionnelles et à l'éducation d'une nom- breuse famille. Auvergnat, c'est surtout en Auvergne qu'il a exercé son inlassable acti- vité. Grâce à lui, le Puy-de-Dôme est actuellement l'un des départements français où sont connus le plus grand nombre de minéraux ; il a exploré, d'ailleurs aussi avec succès, l'Allier, le Cantal, la Haute-Loire, l'Ardèche, le Uhône et la Loire. Depuis i86f), il a publié plus de i5o Notes ou Mémoires parus surtout dans les Comptes rendus et dans le Bulletin de la Société française de Minéralogie. Il s'est notamment attaché à montrer la dissémination des zéolites dans les roches volcaniques du Massif central et a montré, en particulier, l'abon- dance de la christianite, zéolite patassique, ([u'on ne pouvait s'attendre à rencontrer avec une telle fréquence dans les laves essentiellement calco- sodiques. Les trachytes du Mont-Dore lui ont fourni de riches matériaux d'étude, dont il a su habilement tirer parti. M. F. Gonnard a décrit plusieurs espèces minérales nouvelles : l'oflVétite et la dumortiérite, dont la dernière possède des propriétés optiques cu- rieuses. Il s'est occupé longuement des pseudomorphoses. Il a publié des monographies de cristallographie géométrique sur de nombreux minéraux: orthose, mésotype, calcite, aragonite, cérusite, baryline, hématite, quartz, etc., proveiiaiil le plus souvent de gisements explorés et décrits par lui. Enfui il a [)ublié, en iS^d, la traduction du Livre de von Lasaulx : Etude pélro graphique des roches de l'Auvergne. Il a écrit un Volume, intitulé Minéralogie du département du Puy-de-Dôme, qui a eu deux éditions, faites SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1233 à ses frais, et tout récerament'un autre sur la Minéralogie du Rhône et de la Loire. La Commission est unanime à vous proposer d'accorder à M. Ferdixand GoN.vARD le prix Raulin, attribué celte année, pour la première fois, à la Minéralogie. L'Académie récompensera ainsi toute une vie de travail désintéressé, consacrée à la Science. Les conclusions de ces Rapports sont adoptées par l'Académie. PRIX JOSEPH LABEL. (Commissaires: MM. Michel Lévy, Lacroix, Barrois, Wallerant, Termier, Perrier, Zeiller, Bouvier; Douvillé, rapporteur.) Ce nouveau prix biennal, fondé conjointement par la Société des Aciéries de Jjongwy et par la Société anonyme métallurgique de Gorcy, est destiné à récompenser les auteurs de travaux géologiques ou de recherches ayant efficacement contribué à mettre en valeur les richesses minières de la France, de ses colonies et de ses protectorats. Le prix est décerné à M. Georges Rolland, ingénieur en chef des Mines, pour ses études géo- logiques relatives au bassin minier de Meurthe-et-Moselle (' ). Un des faits les plus saillants de l'histoire industrielle de la France dans ces dernières années est le développement considérable de la métallurgie du fer dans la région de Nancy, développement qui est la conséquence de la mise en exploitation du bassin minier de Briey. ( )n connaissait les affleurements des couches de minerai dans la région de Longvvy et dans le pays messin, mais on ne s'était que peu préoccupé de leur prolongement souterrain vers le Sud-Ouest. M. Georges Rolland, ingé- nieur en chef des Mines, attaché au Service de la Carte géologique détaillée de la France et chargé de relever les contours géologiques sur les feuilles de Longwy et de Metz, se préoccupa de reconstituer l'allure de la formation ferrifère; combinant les éludes de la surface avec les résultats des sondages, il put établir la Carte lopographique souterraine de la couche de minerais. Celle Carte, qu'il présenta à l'Académie des Sciences en i8gH, permellait (') Une somme supplémentaire de mille francs, une fois donnée par les fondateurs, a permis à l'Académie de décerner le prix pour la première fois en 1909, année de la fondation. 1234 ACADÉMIE DES SCIENCES. de se rendre compte de riinportance considérable de ce bassin; il pouvait en tracer approximativement la limite d'exploitabililé vers l'Ouest et faisait voir qu'elle dessinait trois golfes correspondant aux bassins de Longwy, de Briey et à celui de l'Orne dont l'ensemble représentait une surface utili- sable de 54 000 hectares. C'est un des plus riches gisements de minerai de fer du monde entier. VI. G. liuUand étudiait ensuite en détail la répartition du minerai dans les différentes couches et les variations de la richesse dans chacun des points de ces trois bassins. Les résultats de ces études furent communiqués au Congrès géologique de 1900. Ils furent, dans la suite, complètement vérifiés au fur et à mesure que se développaient les travaux des concessions nouvelles, et aujourd'hui encore la Carte de ces concessions reste comprise dans les limites que ce géologue avait indiquées dès 1898. M. G. IloM.ANu doit ainsi être considéré comme un des ouvriers de la première heure dont les travaux ont efficacement contribué à la mise en valeur du bassin minier de Meurthe-et-Moselle; votre Commission vous propose, eu conséquence, de lui décerner la médaille Joseph Labbé pour 1909. li'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. BOTANIQUE. PRIX UESMAZIEUES. ((Commissaires : MM. Bornet, Guignard, Bonnier, Frillieux, Zeiller, Ph. van Tieghem, Perrier, Chalin; Mangin, rapporteur.) M. Hue a déjà rallié vos suffrages, il y a 10 ans, pour ses premières observations sur la structure des Lichens et l'application de celle structure à la classification. Depuis cette époque, M. l'abbé Hue a publié d'importantes contributions à SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 12 '^5 la systématique de ces plantes dont l'étude est un peu délaissée aujourd'hui. L'ébauche de leur classification s'est précisée et coniplélée, à mesure que les types les plus variés étaient soumis aux investigations de l'auteiu'. Les principes sont maintenant suffisamment établis pour qu'on puisse en résumer les grandes lignes, fondées essentiellement sur la disposition des hyphes. Les types les plus simples sont les Lichens homœomères (Spilonema, Ephebe pubescens , certains Collema) où la forme du thalle est subordonnée à celle de l'Algue. Vlais celte structure primitive évolue rnpidemenl par suite du développement prédominant des hyphes et de la formation consé- cutive d'une membrane prolectrice sur les deux faces du thalle et au voisinage des apothécies. Nous sommes amenés aux Lichens hétéromères dont le tissu protecteur peut revêtir quatre types principaux : i" Hyphes entrelacés, dis- posés sans ordre, entre-croisés dans tous les sens, soit entièrement soudés, soit dissociés de manière à former des méats (Sphœrophos, Stereocaulon, Lepnlichen sont les exemples de ce type); 2° Hyphes fastigiés, présentant un axe primaire avec des rameaux plus ou moins nombreux, soit indépendants, soit anastomosés (exemples : Thamniola, fioccella tinctoria)\ 3° Hyphes dé- composes où l'axe primaire se réduit, après avoir donné des ramifications en corymbe, anastomosées en réseau à mailles variables : Usnea, Evernia, Par- ?nelia, liamalina, etc; 4" Hyphes transformés en jo/ec/e«cAy/ne ou faux pa- renchyme, à cellules polyédriques adhérentes, à parois plus ou moins fusionnées; c'est le type le plus dillérencié (Physcia, PelUgera, Sticfa, Um- bilicaria, etc.) Ces types de structure ont servi à établir les caractères des familles et des genres, elles spores ne fournissent plus que des caractères secondaires pour les groupes d'espèce; la structure des Algues a perdu la valeur taxinomique (pi'on lui avait accordée, car dans le consortium qui constitue le Lichen, l'Algue est profondément modifiée et réduite à un appareil végétatif. L'auteur a fait une très heureuse application des caractères qui viennent d'être résumés dans l'étude et la classification des Pannariées, des Hippiées, des Collema, des Platycinthium, des Physma, etc. Ces résultats, si précis et entièrement nouveaux, où l'anatomie marchant de pair avec la morphologie externe est présentée avec une précision i|ue rehausse encore la netteté des dessins, autorisent votre Commission à pro- poser l'attribution du prix Desmazières à M. l'ahbé'HuE. Les conclusions de ce Rapport sont adoptées j)ar l'Académie. 1236 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX MONTAGNE. (Commissaires : MM. Borncl, Guignard, Boiinicr, Prillieux, Zeiller; Mangiii, rapporteur.) Parmi les travaux soumis à son examen pour les prix Montagne, votre Commission a retenu d'une part le traité des Diatomées marines de France de MM. H. etM. Pera^allo et, d'autre part, les recherches de M. Guii-lieu- MoxD sur la Cytologie des Cyanophycèes et des Bactéries. Le Traité des Diatomées marines de France comble lieurcusemcnt une lacune de notre littérature scientifique au moment où l'importance biolo- logique de ces Algues est affirmée par les recherches océanographiques. Primitivement destiné à compléter le synopsis de van Heurck par l'adjonc- tion des espèces méditerranéennes aux formes océaniques, le travail de MM. Peragallo n'a pas tardé à devenir une oeuvre originale présentant l'état actuel de nos connaissances sur la répartition des Diatomées marines en France. Dans le premier Volume, consacré à la classification et à la description des genres et des espèces, les auteurs ont, en général, suivi les divisions établies par Cleve, mais, inspirés par une longue et minutieuse observation des formes les plus complexes de ces Algues, ils n'ont pas cru nécessaire de suivre dans tous ses détails la classification de l'un des maîtres de l'Océano- graphie; ils ont fort sagement empiuntéà Gruuo\v,à van Ileurck, à Smith, à Petit, les données qui leur ont paru plus conformes à l'observation. Les Diatomées pélagiques, que certains diatomistes persistent à méconnaître, occupent, sous le nom de Pléonémées, une place en rapport avec leur rôle capital; cette partie de l'Ouvrage se ressent nécessairement des incertitudes qui régnent encore sur la biologie de plantes dont l'évolution est si difficile à suivre. MM. Peragallo ont une tendance à réunir les espèces et nous ne saurions les blâmer de réagir contre l'émiettement des formes qui com- plique une nomenclature déjà très ardue; la description des espèces est parfois un peu sommaire, mais les dessins très nond)reux compensent lar- gement la brièveté du texte. Le second Volume du Traité est en effet constitué par i3o planches envi- ron avec plus de 2200 espèces figurées. Dans toutes, sauf pour le genre Pleurosigma, les moindres détails de la structure des valves sont repré- sentés avec une précision qui fait honneur au talent de dessinateur et à l'esprit d'observation des auteurs. SÉANCE, DU 20 DÉCEMBRE I909. l'î'd'] La réunion des matériaux de celte œuvre importante représente un labeur de plus de 10 ans. Votre Commission estime qu'en faisant bénéficier le public d'un travail aussi précieux, MM. Peragali.o méritent l'un des prix Montagne de looo'"'. M. Guilliermond n'est pas un inconnu pour vous. Déjà, en 1904, ses recherches de cytologie lui avaient valu le prix Desmazières. Depuis cette époque, M. Guilliermond a continué ses travaux délicats sur la cytologie des Ascomycètes, sur les Levures. L'attention de votre Commission a sur- tout été appelée sur les recherches consacrées à la structure des Cyanophy- cées et des Bactéries. Chez les Cyanophycées, Butschli, Nadson, Hégler, Kohi, Wager, etc., considèrent, avec quelques variantes, le corps central de la cellule comme l'équivalent d'un noyau; par contre, Palla, Zacharias, Massarl, A. Meyer, A. Fischer nient l'existence du noyau. M. Guilliermond apporte à la solu- tion de cette question une importante contribution. Par l'emploi de pro- cédés de fixation et de coloration les plus variés qui se contrôlent mutuelle- ment, l'auteur établit que la cellule des Cyanophycées est constituée par une mince zone corticale de cytoplasme et par un corps central volumineux. La zone corticale renferme le pigment bleu à l'état de dissolution; le corps central est constitué par un nucléoplasme incolore et un réticuluni formé d'une substance achromatique et de fines granulations de chromatine. Il constitue on somme un noyau, mais un noyau à structure primitive ou système chrotnidial, dépourvu de membrane et de nucléole, comme le pen- sait Butschli. Ce système chromidial est analogue à l'appareil nucléaire primitif de certains Protozoaires décrits par Hertwig et Schaudin. Chez les Bactéries, encore rapprochées des Cyanophycées par certains auteurs, les divergences ne sont pas moins grandes au sujet de l'existence du noyau. D'après M. Guilliermond, il n'est pas possible de différencier chez les Bacilles endosporés la moindre trace de noyau ; ce qui a été décrit sous ce nom correspond soit à des corpuscules métachromatiques, soit à l'ébauche des cloisons transversales au moment de la division. On observe seulement au milieu du cytoplasme alvéolaire un grand nombre de granulations cor- respondant, les unes aux corpuscules métachromatiques, les autres à des grains de chromatine. On est alors amené à supposer que les Bactériées ren- ferment la chromatine dispersée en granules très fins dans le cytoplasme : ce serait une forme beaucoup moins difTérenciée que le réseau chromidial des Cyanophycées. Les conclusions de l'auteur sont appuyées par des dessins et des prépa- 1238 ACADÉMIE DES SCIENCES. rations d'une grande netteté. La contribution qu'elles apportent à la solu- tion d'une question depuis si longtemps controversée justifie la proposition de votre Commission tendant à accorder à M. Giiii.ijrraiom) l'un des prix Montagne de 5oo'''. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRL\ DE COINCY. (Commissaires : MM. Bornet, Guignard, Prillieux, Zeiiler, Mangin, Ph. van Tiegheni, Perrier, Chatin; Gaston Bonnier, rapporteur.) Les recherches sur les Araliacées exposées dans les cinq Mémoires déposés à l'Académie par M. Reivic Vicuier constituent un ensemble très remar- quable qui peut être considéré à plusieurs titres comme un modèle des tra- vaux de Botanique descriptive. La structure des organes chez les diverses espèces d' Araliacées, presque toutes exotiques, n'avaient donné lieu à aucune investigation, sauf pour quelques espèces et à des points de vue très particuliers. D'autre part, la classification de cette famille, basée sur les seuls carac- tères extérieurs, donnait lieu à des divergences profondes enti'e les quelques auteurs qui s'en étaient occupés. M. René Viguier, après avoir étudié avec le plus grand soin l'analomie comparée de la plupart des espèces d'Araliacées, en tenant compte des caractères de moi|)liologie florale dont beaucoup ont été complétés ou trouvés par lui, a cherché à établir sur des bases solides une classification rationnelle des plantes de cette famille. Au cours de ce travail, l'auteur a décrit plus de trente espèces nouvelles de premier ordre; il a été amené à définir huit genres nouveaux dont deux ne renferment que des espèces nouvelles. D'ailleurs, la revision minutieuse des données qu'offrent les organes flo- raux et les caractères inédits fournis par la structure des organes végétatifs ont amené M. René Viguier à établir de nombreuses modifications dans la constitution des genres; ces recherches lui ont fourni des arguments déci- sifs, soit pour réunir en un même groupe des espèces qui avaient été clas- sées un peu rapidement dans des genres éloignés les uns des autres, soit, au contraire, pour décomposer certains groupements artificiels en établissant des genres plus nettement délimités. SÉANCE DU iO DÉCEMBRE 1909. 1289 Les résultats de ses travaux ont aussi montré à l'auteur que certains genres ou certaines espèces avaient été rangés à tort dans les Araliacées et doivent en être distraits. Tel est, par exemple, le genre A ralic/iurn qui est une Cornacée ou encore l'espèce Schefflera indivisa qui doit être rangée dans les Aquifoliacées. L'examen de la distribution géographique des Araliacées renferme des aperçus tout à fait nouveaux sur la répartition des genres et des espèces à la surface du globe, et touche par ses conclusions à des ((uestions d'ordre général en Paléogéographie. Il suffit de citer, parmi ces conclusions, celles relatives à l'hypothèse d'un continent australo-iudo-malgache, à l'époque secondaire. Certains genres d' Araliacées n'ont de représentants actuels que sur des points assez éloignés les uns des autres, situés à Madagascar, dans la presqu'île de l'iudoustan et en Australie. Le fait est tellement frap- pant qu'il a servi d'argument aux géologues pour appuyer leur manière de voir fondée sur des considérations purement géologiques. Les résultats obtenus par M. Viguier, dans cette partie de son travail, sont cités dans les Ouvrages récents de Géologie, par exemple le Mémoire de M. Lemoiue sur la géologie de Madagascar. Ces faits sont à rapprocher de constatations analogues faites en Zoologie sur le même sujet. En somme, les recherches de l'auteur, poursuivies avec suite pendant de nombreuses années, ont eu pour résultat défaire connaître l'anatomie systé- matique des Araliacées, de donner la description complète de nombreuses espèces nouvelles, de remanier d'une façon profonde ou, peut-on dire, d'établir sur de nouvelles bases la classification de cette vaste famille et, enfin, de fournir sur la distribution géographique de ces plantes des données nouvelles applicables à plusieurs problèmes intéressant l'Histoire du Globe. Telles sont les raisons pour lesquelles la Commission accorde le prix de Coincy à M. Re.në Viguier. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX THORE. (Commissaires : MM. Bornet, Guignard, Bonnier, l'rillieux, Zeilier, Ph. van Tieghem, Perrier, Chatin; Mangin, rapporteur.) Les recherches de M. Paul Bergon sur la structure et le développement des Diatomées ont paru dignes de mériter vos suffrages. C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N« 25.) l(>3 I24o ACADÉMIE DES SCIENCES, Le mécanisme de la division el du rajeunissement des Diatomées est aujourd'hui Ijien connu ; cependant l'iiistoire de ces Algues est encore incom- plète. Bien que Rabenhorst, en i853, ait décrit la formation de spores mo- biles chez le Melosira varians, cette observation est restée dans i 'oubli ; c'est à peine si, par des observations isolées, faites sur des matériaux fixés, l'exis- tence d'eudocytes, de spores ou de nombreux noyaux a été signalée par divers auteurs chez un certain nombre de Diatomées (Murray, Grau, etc.). M. Bergon est le premier qui ait observé et suivi toutes les phases de la sporulation chez les espèces vivantes à la station d'Arcachon. Cette sta- tion présente, pour l'étude du plancton, des avantages particuliers, notam- ment celui de supprimer les traumalismes si préjudiciables aux organismes qu'on veut observer à l'état vivant. Chez le liidulpJiia //lohiliensis, la sporu- lation est précédée de la formation dans chatjue cellule mère de deux spo- ranges, développés après la première division du noyau; le nombre des spores formées ne dépasse pas 32 dans chaque sporange, c'est entre la phase à i6 et à 32 cellules que la mobilité des spores se manifeste. Au mo- ment où les spores vont être mises en liberté, elles paraissent munies de deux flagellums à extrémité reullée. M. Bergon a observé des faits analogues chez un Chœtoceros, chez le Dity- liii/H BrighlwcUii, le lihizosolenia styliformis. 11 n'a pas été possible de suivre l'évolution de ces spores hors de la cellule qui leur a donné naissance. (^)ue deviennent-elles? Germent-elles directe- ment pour donner ces amas de minuscules frustules signalées déjà par Cas- tiacane et Smith? L'auteur a dû ajourner, faute de matériaux, la suite de ses observations, mais le processus de la formation des spores mobiles est présenté avec une telle netteté et accompagné de dessins si probants qu'il ne laisse place à aucun doute. A ces observations longues et délicates, qui exigent sans cesse le contrôle, sur le vivant, des données fournies par les matériaux fixés, M. Bergon ajoute d'intéressantes indications, toutes nou- velles, sur la biologie d'un certain nombre d'espèces de la flore diatomique du bassin d'Arcachon. Cet ensemble de travaux, aussi ingénieux que patients, quiorienlent dans une voie nouvelle et féconde l'étude des Diatomées, justifie la proposition de votre Commission, d'attribuer le prix Thore à M. Paui. Bergo.v. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. I24l AIVATOMIE ET ZOOLOGIE. PRIX SA VIGNY. (Commissaires : MM. Ranvier, Perrier, Cliatin, Delage, Henneguy, (irandidier, Lannclontïue, le Prince Roland Ronaparte ; Bouvier, rap- porteur.) Grâce à sa situation géographique particulière, l'Egypte présente une faune des plus variées ; elle est surtout riche en Insectes curieux sur lesquels s'est exercée, depuis Savigny, l'activité féconde de nombreux zoologistes. Loin d'être tarie, celle source de richesses scientifiques semble de nos jours plus abondante que jamais, parce qu'elle bénéficie des progrès mo- dernes qui ont rendu abordables, dans ce pays, beaucoup de régions autre- fois inexplorées. (Test pour faciliter l'exploitation de cette source et pour en faire rapidement bénéficier la Science que M. le D'' Waller Innés Bey a fondé, en 1007, la Société entomologique d'Egypte, à laquelle se sont affi- liés de suite quantité de savants égyptiens ou étrangers. Le premier fascicule des Mémoires de cette Société vient de paraître; très soigné et de fort belle allure, il mérite de prendre une bonne place parmi les recueils scientiliques; mais ce qui nous le rend surtout estimable, c'est la qualité du travail auquel il est totalement consacré. Ce travail a pour objcl la Révision des Chrysiclidcs de l'Egypte ; il est signé par un des meilleurs entomologistes français, M. Robert Dr Buyssox, qui, dans cette circonstance et peut-être par un amour-propre national fort louable, a donné au jeune recueil la fleur la plus délicate de son joli talent. Comme tous les membres de sa famille, M. Robert du Ruysson a cultivé dès le jeune Age les sciences biologiques, apportant à leurs diverses bran- ches. Botanique et Zoologie, des contributions pleines d'intérêt. Mais il affectionne surtout les Insectes hyménoptères, et, dans ce groupe, il a con- sacré une partie de son effort à la famille des Chrysidides, la plus brillante peut-être du règne animal et, à coup sûr, l'une des plus curieuses par ses habitudes. Les Chrysidides raffolent de lumière, et de chaleur, et reflètent dans leurs teintes métalliques éblouissantes les rayons ardents du soleil. I24'-i ACADÉMIE DES SCIENCES. Etant donnés ces gonls et cet éclat, on comprend qu'ils doivent rccherclier surtout les zones chaudes des régions tropicales. Ces joyaux animés sont en outre caractéristiques par leurs moeurs; les uns dépourvus de glandes à venin déposent leurs œufs dans les nids des Hyménoptères fouisseurs ou des Mellifèrcs ; les autres, pourvus d'une armature vulnéranlc, pondent sur les larves de Teulluvdines comme les Iclineumous sur les chenilles; dans tous les cas, c'est la perte sûre des larves de l'hôte, qui sont peu à peu con- sommées par les larves des Chrysidides. M. Robert du Buysson a consacré de nombreux travaux aux (Chrysidides, entre autres sa grande Monographie des Chrysidides d'Europe cl pays voisins, publiée de 1-891 à 189G dans le Species des Hyménoplèrcs européens. Dans la Revision des Chrysidides d' Egypte, il exprime la quintessence de ces travaux sous la forme d'une Introduction aussi intéressante que concise, puis il passe en revue tous les Chrysidides jusqu'ici capturés dans la région, donnant pour chacun d'eux une description complète, une étude historique et, autant qu'il était possible, des renseignements sur la distribution et sur les mœurs. L'Ouvrage est, en outre, accompagné de clefs dichotomiques fort claires; il est illustré de jolies planches en couleur, de sorte qu'il ser- vira de guide sûr aux zoologistes et provoquera sûrement des recherches nouvelles. Car l'Egypte offre à ces amis delà chaleur et du soleil un asile de choix, où d'ailleurs ils peuvent aisément échapper aux recherches en raison de leur allure, (pii est des plus vives. L'ensemble des Chrysidides connus en Egypte est de 98 espèces appar- tenant à 12 genres. « Ce chiffre est certainement élevé, observe M. du Buysson, mais je ne crains pas de répéter qu'il est loin d'être un maximum. En effet, si nous comparons la faune de l'Egypte avec celle de l'Algérie, nous trouvons que la colonie française nourrit environ 60 espèces de plus. (Jn peut supposer, sans crainte de se tromper beaucoup, que sur ces 60 espèces .. . la moitié doit se retrouver dans le bassin inférieur du Nil; et j'ajouterai même qu'on y rencontrera également des représentants de la faune équatoriale. « Le travail précédent est une contribution importante à la connaissance de la faune des Invertébrés égyptiens; et pour cette raison, comme aussi pour encourager un de nos plus laborieux zoologistes, nous vous proposons d'attribuer à M. Robert du Buyssox le prix Savigny. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1243 PRIX DA (lAMA MACHADO. (Commissaires: MM. Haiivier,Perrier,Chatin,Delage, Bouvier, Grandidier, Lannelongue, le Prince Roland Bonaparle; Henneguy, rapporteur). Malgré les nombreux travaux publiés depuis quelques années sur la spermatogenèse, certains points de l'évolution des cellules reproductrices mâles restent encore à étudier. MM. J . Paxtel et R. dk Sixéty ont essayé de combler ces lacunes en prenant comme objet de recberche un animal remar- quable par la grandeur de ses éléments anatomiques et la lenteur des pro- cessus cytologiques, le Noionecla glauca. Après avoir montré, comme MM. Bugnion et PopofF l'avaient déjà établi pour différents Métazoaires, que le nombre des spermatozoïdes, contenus dans un faisceau spermatique, est typique et fixe, correspondant à buit générations successives d'une seule cellule mère, les auteurs ont pu préciser le parallélisme entre les deux lignées des cellules sexuelles chez le mâle et chez la femelle. Ils se sont atta- chés spécialement à étudier les transformations de la spermatide en sperma- tozoïde, analysant avec détails le développement de l'armature procépha- lique, de la tête, du cou et de la queue, aux dépens du noyau, du cenlriole et du cytoplasma. Ils ont pu ainsi retrouver chez le Notonecta certaines dispositions structurales signalées seulement dans des types très éloignés d'Arthropodes. Ces observations délicates, exposées avec clarté et accompagnées de figures très démonstratives, nous apportent une contribution nouvelle à la connaissance de la structure compliquée de l'élément reproducteur mâle. En conséquence, la Commission, à l'unanimité, est d'avis de décerner le prix da (îama Machado à MM. J. Pantkl et R. oi-: Sixéty. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX CUVIER. (Commissaires : MM. Ranvier, Perrier, Chatin, Delage, Henneguy, Grandidier, Lannelongue, le Prince Roland Bonaparte; Bouvier, rapporteur. ) Bien qu'ingénieur des Arts et Manufactures et directeur d'une importante maison industrielle, M. Charles Jankt a su prendre un rang des plus hono- 1244 ACADÉMIE DES SCIENCES. rables parmi les zoologistes de notre pays, grâce à sa vive passion pour les sciences naturelles, à ses qualilés d'observateur et à une rare puissance de travail. 11 a publié ses premières recherches scientifiques en 1882, mais c'est surtout à partir de 1 890 qu'il s'est affirmé zoologiste et depuis lors il n'a cessé d'enrichir sa science favori le par une heureuse et surprenante fécondité. M. Charles Janet a jeté son dévolu sur les Hyménoptères supérieurs et parti- culièrement sur les Fourmis, auxquelles il se consacre de préférence depuis 189,3 ; en 1896 vous avez encouragé ses premières recherches en lui accor- dant le pri\ Thore, mais il s'agit maintenant de couronner comme il con- vient une œuvre de longue haleine, qui a pris un développement considé- rable et qui s'étend aux mœurs aussi bien qu'à la structure des Fourmis. A ce point de vue, M. Janet fait songer aux Forel, aux Emery et aux Was- mann; les zoologistes le placent franchement à côté de ces émules et, en vous le proposant pour le prix Cuvier, votre Commission ne fait certaine- ment pas autre chose que de ratifier ce choix. Les recherches de M. Janet sur les mo'urs des Fourmis sont fines et origi- nales. Pour les effectuer, M. Janet a construit un appareil d'observation et d'élevage qui passe à bon droit pour le modèle du genre et que tous les myrmécologistes ont adopté. Une de ces fourmilières artificielles fut très admirée à l'Exposition de 1900, où elle donnait asile à une colonie des plus actives. Parmi les nombreuses observations faites par M. Janet au moyen de cet appareil, les plus intéressantes sont relatives aux rapports des Four- mis avec leurs nombreux hôtes, surtout avec les Acariens et certains Lépis- cures. L'un de ces derniers, le Lepisma polyrnorpha^ est assez habile pour happer au passage les gouttelettes de liquide nutritif que les Fourmis se dégorgent bouche à bouche, ou dégorgent à leurs larves; dans cet acte, il est merveilleusement servi par son sens tactile et son odorat, car tout se passe dans l'obscurité des fourmilières, et d'ailleurs le Lépisme est aveugle. Ces expériences et beaucoup d'autres sont condensées dans un travail important qui a pour titre : liapports des animaux myrtnécophiles avec les Fourmis. Les nids artificiels semblent parfaitement convenir aux Fourmis; M. Janet a pu y suivre une reine de Lasius emarginatus jusqu'à l'âge de 10 ans, période durant laquelle l'insecte donna uniquement des ouvrières, sans un seul mâle, ce qui suppose une ample réserve de spermatozoïdes. L'étude anatomique et embryologique des Fourmis constitue la partie la plus vaste et la plus laborieuse des recherches de M. Janet. Elle embrasse l'organisation entière des Fourmis et fait connaître nombre d'organes jus- SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1245 qu'alors inconnus dans ces animaux : l'appareil stridulant des Myrmica, l'appareil glandulaire annexe de l'organe nettoyeur tibio-tarsien, l'appareil de fermeture des glandes à venin, la glande à réservoir d'évaporation du segment médiaire, l'organe frontal propulseur du sang, etc. Etant donné le rôle très important des antennes dans les manifestations psychiques des Fourmis, M. Janet a donné de ces appendices une description anatomique et histologique des plus approfondies, qui doit passer pour un modèle. L'un des points les plus curieux de l'histoire anatomique des Fourmis a été récemment élucidé par M. Janet; il a trait aux modifications que su- bissent les muscles vibrateurs des reines des Fourmis lorsque celles-ci ont arraché leurs ailes. Devenus inutiles après avoir fonctionné quelques heures seulement, ces muscles disparaissent, non point par phagocytose, mais par une digestion lente due à l'action des diastases du sang. Le liquide cavi- taire enrichi de la sorte est utilisé de diverses façons, mais surtoul par les initiales d'adipocytes qui se développent à l'extérieur des faisceaux muscu- laires et, sous le sarcolemnie permanent, forment des colonnettes d'adi- pocytes qui serviront de réserve. Ainsi se retrouvent, chez les reines des Fourmis, des phénomènes qui paraissaient caractéristiques de la nym- phose. Les travaux analomiques et embryologiques con>acrés aux Fourmis par M. Janet sont fort nombreux; je me bornerai à signaler quelques-uns des plus importants : V Analomie du gosier de la Myrrnica ruhra, Y Anatomie de la tête du Lasius niger, les Observations sur les Fourmis (à la fois biologiques et anatomiques), Y Anatomie du corselet et hislolyse des muscles vibrateurs de la Fourmi. Ces travaux el quantité d'autres forment un volumineux ensemble; ils représentent une œuvre zoologique du plus grand mérite. Le prix Cuvier fut établi pour récompenser des œuvres de cette enver- gure ; c'est un de nos prix les plus honorables et nul n'en est plus digne que le savant historiographe des Fourmis. Les conclusions de ce Rapport sont adoptées par l'Académie. 1246 ACADÉMIE DES SCIENCES. MÉDECIIVE ET CHIRURGIE. PRIX MONTYON. (Commissaires : MM. Bouchard, Guyon, d'Arsonval, Lannelongue, Laveran, Dastre, Chauveau, Perrier, Roux, Labbé, Henneguy.) 1. - Prix. La Commission décerne les prix à MM. Neumanx, Cii. Nicoi.le, Bf.kgomk et Tribondeau. Rapport sur les travaux de M. Neumann, par M. Laveran. On doit à M. Neumann, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, une série de travaux remarquables sur les Ixodidés. L'étude de ce groupe d'Acariens avait été trèsnégligée quand M . INeumann entreprit ses recherches qui ont abouti à la revision complète de la famille des Ixodidés. Les résultats de ces recherches ont été exposés dans quatre Mémoires fondamentaux qui ont été publiés de 1896 à 1901 dans les Mémoires de la Société zoologique de France et dans de nombreux articles insérés dans dilTérents recueils scientifiques. M. Neumann a décrit environ 210 bonnes espèces d'Ixodidés dont i65 nouvelles; il est devenu le spécialiste le plus qualifié pour la détermination de ces Acariens et les savants du monde entier ont recours à ses lumières. Les travaux de M. Neumann ne sont pas seulement d'une grande impor- tance au point de vue de l'Histoire naturelle, ils intéressent à un haut degré les médecins et les vétérinaires, car il est aujourd'hui démontré que les Ixodidés sont les agents de transmission de bon nombre de maladies. Smith et Kilborne, les premiers, ont montré que la fièvre du Texas ou piroplasmose bovine était propagée par des Ixodes; la même constatation a été faite pour les piroplasmoses ovine, canine et équine et pour la fièvre de Rhodesia des Bovidés. Dans ces dernières années, il a été démontré que la fièvre récurrente d'Afrique, qui est due à des spirilles très voisins du Sp. Obermeieri^ était propagée également par des Ixodes. f SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909, 1247 Dès aujourd'hui on peut dire que le rôle des Ixodidés en pathologie est des plus importants et il est incontestable que les travaux de M. IVEHiWANN sur la systématique de ces Acariens ont beaucoup facilité la tâche des obser- vateurs qui ont mis ce r(Mc en lumière. Rapport sur les trM aux dé M. Ch. Nicolle, par M. Laveran. Les travaux de M. Cii. Nicolle sur le kala-azar infantile de Tunisie pré- sentent un grand intérêt. Le premier cas de kala-azar tunisien a été publié, en iQo'j, par M. le D'' Calhoire et par moi; depuis lors, M. Ch. Nicolle et ses collaborateurs ont réuni dix observations nouvelles de cette maladie. Tous ces cas ont été observés chez déjeunes enfants, tandis que le kala-azar indien, dont Tagenl a été découvert par Leishman et Donovan, s'attaque aux adultes aussi bien qu'aux enfants. M. Ch. Nicolle se base sur cette difiérence dans l'âge des malades pour admettre que le kala-azar tunisien est d'une autre espèce que le kala-azar indien. M. Ch. Nicolle a démontré le premier que le kala-azar tunisien était ino- culable au chien et aux singes macaques et qu'il se rencontrait à l'état d'infection naturelle chez les chiens de Tunis. La maladie est vraisembla- blement transmise des chiens aux enfants, peut-être par l'intermédiaire des puces. Ces notions nouvelles sont dun grand intérêt au point de vue pro- phylactique ; elles ont permis en outre d'entreprendre l'étude expérimentale du kala-azar. Ajoutons enfin que M. Ch. Nicolle a perfectionné le procédé de culture des Leishmania découvert par Rogers. Note résumant les travaux 'le MM. Bergoxié et Triboxdeau sur « V action des rayons X et la fulguration ». Rapport de M. o?'Arsonval. Sur 39 publications présentéf-s à l'examen du Jury par MM. T^ERtiOMiË et Tribondeau, 37 sont relatives aux rayons X, deux à la fulguration. Parmi les premières, un petit nombre ont trait à la technique radiolo- gifjue; elles décrivent un nouveau dispositif pour mettre le médecin électri- cien à l'abri des rayons nocifs, un procédé original de mesure des radiations par la différence de potentiel des deux électrodes à vide, une méthode rationnelle de rôntgenisation du cancer. Les autres, d'une portée générale beaucoup plus grande, traitent de l'ac- C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149. N" 25.) 16G 1248 ACADÉMIE DES SCIENCES. tion des rayons de Rôntgen sur les tissus vivants. Les auteurs ont réalisé, dans le courant de ces quatre dernières années, un nombre considérable d'expériences sur les animaux et pratiqué une foule d'examens macrosco- piques et microscopiques. Il est possible de synthétiser les faits épars dans leur œuvre si l'on veut bien considérer l'action des rayons X comme se résumant en une destruc- tion élective des tissus animaux. Alors qu'on n'avait guère fait qu'utiliser empiriquement cette propriété merveilleuse des radiations dans le traitement des tumeurs malignes, les auteurs se sont posé le triple problème de savoir quelles sont les règles qui régissent cette électivité de la destruction rônt- genienne, de fixer le processus de la dégénérescence des éléments atteints électivement et de déterminer comment la force destructive arrive jusqu'à ces éléments. Ils semblent avoir pleinement réussi dans leur entreprise. Les règles de l'électivité de la destruction par les rayons X ont été condensées par MM. Bergonié et Tribondeau dans une loi, dite loi de corrélation entre la fragilité rôntgenienne des cellules et leur activité reproductrice. « Les rayons X, disent-ils, agissent avec d'autant plus d'intensité sur les cellules : i" que l'activité reproductive de ces cellules est plus grande; 2" que leur devenir karyokinétique est plus long (c'est-à-dire que plus durable, moins interrompu, est ce mouvement du noyau qui le fait progressivement se transformer et se diviser); 3° que leur morphologie et leurs fonctions sont moins déiinitivemenl fixées. Les premières bases de cette loi ont été fournies par l'étude de l'irradia- tion de ce véritable néoplasme physiologique qu'est le testicule. On y voit en effet les éléments à morphologie bien établie, éléments spécialisés dans des fonctions autres que la reproductibilité : tels les fibres et cellules con- jonctives, les cellules interstitielles, les fibres musculaires, les cellules grais- seuses, les globules rouges, les nerfs, les parois vasculaires, résister aux rayons X. Au contraire, l'épithélium des tubes séminiparesest très éprouvé et, fait des plus étranges et des plus instructifs, les radiations établissent une sélection entre les cellules composant cet épithéhum; elles cueillent, pour ainsi dire, les spermatogonies, les spermatocytes, cellules où l'inten- sité et la continuité du mouvement karyokinétique sont si manifestement indiquées par la morphologie variable du noyau et les nombreuses figures de karyokinèse ; elles négligent, à côté d'elles, les éléments de Sertoli, élé- ments de nutrition, non spécialisés en vue de la reproductibilité. L'irradiation du liquide spermatique, même à doses énormes, a laissé vivants et mobiles les spermatozoïdes : or ces éléments sont incapables de SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1249 se multiplier, leur morpholoi;ie est définitive, ils sont destinés à fournira l'ovule un apport de nature problématique. Dans l'ovaire : les ovules, cellules reproductrices par excellence, les cellules de la couche granuleuse qui se multiplient activement, sont aisément tuées; le stroma, les cellules conjonctives, musculaires, interstitielles, etc., sont résistants. Les muscles, le cerveau, la rétine, les nerfs, les hématies, tous tissus ou cellules à fonctions spéciales, ne se reproduisant presque pas ou pas du tout, sont rebelles à l'action de doses considérables de rayons X. A côté de cet ensemble déjà imposant de faits, il convient de signaler les résultats obtenus par l'irradiation comparée de certains tissus chez l'adulte et chez le nouveau-né, tissus réfractaires chez le premier, plus ou moins sensibles chez le deuxième parce qu'ils sont, chez lui, le siège d'une poussée multiplicatrice et édificatrice. Le meilleur exemple en est donné par l'épithélium cristallinien inaccessible à l'influence des rayons chez l'adulte et dont l'altération, réalisée chez le chat nouveau-né avec une expo- sition minime, se manifeste par une cataracte certaine. Le foie, si réfrac- taire aux radiations chez l'adulte, peut être atteint dans sa vitalité avec des doses assez fortes chez le nouveau-né. Il n'est pas jusqu'aux tissus sque- lettaux (jui ne soient influençables chez l'animal très jeune. Du côté irradié, la face d'un chat nouveau-né présente des paupières affaissées, une fente palpébrale alrésiée, des os plus minces, des cavités osseuses moins grandes, un globe oculaire plus petit : bief le tissu conjonctif et le tissu osseux ont éprouvé un retard très marqué dans leur évolution. Un phénomène ana- logue s'observe dans les os longs des jeunes animaux et démontre l'action exercée sur le cartilage, bien que ce tissu soit réfractaire chez l'adulte. Dans le domaine de la pathologie, les néoplasmes à développement ra- pide : sarcomes, carcinomes, sont fortement altérés par la rontgenisation, alors qu'elle n'a pas prise sur les tumeurs torpides. Les néoplasies inflam- matoires montrent aussi, comme les auteurs l'ont signalé les premiers pour les adénopalhies tuberculeuses, une fragilité très grande en présence des rayons X, qui les rend justiciables de la radiothérapie. Étudiant le processus de la dégénérescence des éléments tués élective- ment par les rayons X, Bergonié et Tribondeau observent toujours une période de latence des lésions, tant macroscopiques que microscopiques. Les premiers symptômes d'altération se manifestent du côté du noyau; puis les cellules s'effritent, se liquéfient, sont résorbées. Même pour le tes- ticule, où il semblerait que les déchets doivent être expulsés par les canaux f I25o ACADÉMIE DES SCIENCES. excréteurs, la résorption se fait sur place, grâce aux cellules de Serloli. Dans l'ovaire, l'ovule est phagocyté par les cellules de la granuleuse survi- vantes. Enfin, certaines expériences montrent que la force destructive des rayons s'exerce directement sur les cellules, et non par l'intermédiaire des vais- seaux ou des nerfs. C'est ainsi (]u'une faible irradiation du testicule amène la dégénérescence d'un plus ou moins grand nombre de tubes séminipares, tandis qu'une exposition prolongée des éléments du cordon n'a aucune con- séquence fâcheuse pour la glande. En dehors de ces données fondamentales et d'une importance générale, MM. Bergonié et Tribondeau ont tiré des conclusions intéressantes de l'ir- radiation de tel ou tel organe déterminé, au point de vue de cet organe même. Nous ne citerons que les plus importantes. Les altérations testiculaires, obtenues avec des doses faibles de rayons, expliquent l'aspermatogenèse passagère des radiothérapeutes, soumis à des atteintes faibles mais répétées, et justifient l'application de moyens de pro- tection appropriés. Avec des doses fortes, ou peut réaliser l'aspermatogenèse complète et définitive, et cela en une seule séance et sans léser la peau traversée. La possibilité d'une telle application à l'homme constituerait un danger so- cial. Dans les testicules ainsi définitivement stérilisés, les cellules de Sertoli survivent, mais sont impuissantes à régénérer l'épithélium séminal et ne présentent jamais de karyokinèses : preuves manifestes de leur rôle pure- ment nutritif (la spermatogonie étant l'élément souche de la lignée sémi- nale et de leur multiplication par amitose), faits encore contestés jusqu'à ce jour. Dans l'ovaire, les auteurs ont élucidé la question de la dégénérescence des ovules, dont ils ont poursuivi toutes les phases, depuis la pycnose du noyau jusqu'au moment où il ne persiste plus qu'un vestige de la pellucide. Ils ont aussi montré que les filaments radiés de la zone pellucide dépendent d'une substance interstitielle, au lieu d'être, comme on l'admet générale- ment, des prolongements des cellules coronales, car ils les ont vus persister après disparition de ces cellules. Les résultats obtenus par eux sur le squelette ont attiré l'attention sur les dangers de l'irradiation des os chez les très jeunes enfants. Les expériences sur l'œil ont fait connaître la possibilité d'une cataracte rôntgénienne chez le nouveau-né; mais, contrairement aux idées alors in- I SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. I25l discutées de Boisch-Hirschfeld, elles ont montré que très tôt rirradiation du globe n'exposait plus à des complications du côté du cristallin et que, d'autre part, la rétine et le nerf optique n'étaient jamais atteints. Donc le radiothérapeute ne doit pas craindre d'exposer lœil, à condition toutefois d'épari^ner la cornée. Bergonié et Tribondeau ont encore signalé, dans les yeux des animaux rendus microphtalmes, des modifications analogues aux rosettes de Winter- Steiner et ont, par suite, démontré que ces formations ne sont pas spéciales au gliome. Au moment où les auteurs ont envoyé leurs travaux, leurs recherches sur les effets de la fulguration étaient en cours de réalisation, mais les ex- périences pratiquées sur le testicule et le foie permettaient déjà de juger cette méthode nouvelle et de voir combien ses résultats étaient dilTérents de ceux de l'irradiation. En effet, la destruction par l'étincelle de haute tension ne peut être con- sidérée comme élective. Dans la plus grande partie du territoire fulguré, tout est tué : on observe seulement que les éléments conjonctifs sont épar- gnés sur ses confins, aloi's que les éléments épilhéliaux sont partout dé- truits. Les cellules épithéliales sont frappées uniformément sans distinction de variété morphologique ou d'activité fonctionnelle. La destruction ne s'exerce qu'à une très grande profondeur; ses limites sont bien tranchées. Elle diffère enfin de celle obtenue avec les rayons X par l'existence de phénomènes vaso-moteurs et nécrotiques immédiats, et par linfiltration leucocytaire ultérieure des parties atteintes. IL — Mentions. La Commission attribue les mentions à MM. Mousse, H. Truc et P. Chavkkxac, Ch. Pokcheu et Cii. Heuvieux. Rapport sur les travaux de M. Moussu Sur la tuberculose bovine, par M. Chauveau. Ces travaux portent : 1° Sur l'évolution des mammites tuberculeuses chez les laitières de l'es- pèce bovine; 2° Sur le bilan de la vaccination antituberculeuse, 1906; - 3° Sur des essais de vaccination antituberculeuse par cultures in vitro; 1252 ACADÉMIE DES SCIENCES. 4" Sur des essais de vaccination aniituberculeuse par bacilles chlorés. De ces quatre sujets, il faut surtout retenir le premier, c'est-à-dire l'évo- lution des mammites tuberculeuses chez les sujets de l'espèce bovine. Ces mammites sont à pou près exclusivement d'origine interne, c'est- à-dire secondaires. La tuberculisalion s'effectue d'abord par le ganglion mammaire et seulement beaucoup plus tard par le tissu mammaire lui- même. Les formes cliniques de ces mammites présentent quatre degrés, suivant que les ganglions mammaires sont seuls envahis, ce qui arrive le plus sou- vent, ou que les ganglions et le tissu mammaire sont atteints. a. Dans le cas le plus simple, on ne découvre, au sein du tissu ganglion- naire, que de petits tubercules, parfois un seul, qui ont tout juste la gros- seur d'une tète d'épingle ou d'un grain de millet. b. Au deuxième degré, la tuberculisalion du ganglion mammaire peut être beaucoup plus grande, sans qu'il y ait cependant de conglomérat, et sans que, malgré les recherches les plus minutieuses, le tissu mammaire paraisse atteint. c. Au troisième degré, la conglomération tuberculeuse est très nette; le ganglion est induré, hypertrophié et son état de maladie peut être décou- vert cliniquement, alors que le tissu mammaire est encore sain en apparence ou ne présente que des lésions visibles au microscope. cl. Enlin au quatrième degré, il y a à la fois tuberculose du ganglion et tuberculose discrète, continente ou massive du tissu musculaire. Ce mode d'évolution des mammites tuberculeuses exphque pourquoi des vaches laitières peuvent, pendant longtemps, fournir un lait d'apparence normale, alors que la présence des bacilles le rend déjà dangereux. Ces faits ont été bien étudiés par M. Moussu, et son travail mérite de prendre place dans la liste où l'on choisira les travaux qui feront l'objet de récompenses. Rapport de M. Guyoiv. M. H. Truc, professeur de Clinique ophtalmologique à la Faculté de Médecine de Montpellier, inspecteur oculiste des écoles de cette ville, et M. P. CiiAVERNAc, ancien chef de Clinique ophtamologique, inspecteur oculiste des écoles de Marseille, ont soumis à la Commission un Ouvrage intitulé : Hygiène oculaire et inspeclion oculislicjue des écoles. L'importance médicale et sociale de ce sujet devait lixer son attention. On sait que l'état de la vision chez l'homme adulte dépend des condi- SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1253 ■lions dans lesquelles l'œil a exercé ses fonctions pendant l'enfance, que les maladies dont il peut être atteint sont souvent évitables et que leurs suites sont influencées par le moment où se fait le traitement ainsi que par sa bonne direction. 11 convient donc de déterminer les précautions dont il est néces- saire d'entourer l'organe de la vision et de réglementer la surveillance dont il doit être l'objet. C'est à cette tâche que se sont voués les auteurs que votre Commission propose à l'Académie de récompenser en leur attribuant une des mentions des prix Montyon de Médecine et de Chirurgie. Le professeur Tisuc a été un initiateur dans l'hygiène oculaire; on lui doit la première installation satisfaisante de l'inspection oculistique des écoles. La seconde édition du Livre qu'il a publié, avec la collaboration du D''Cha- vernac, rassemble et présente, dans un ordre défini, tous les renseigne- ments nécessaires à la bonne organisation et au fonctionnement pratique de l'hygiène oculaire et de l'inspection oculistique des écoles. Rapport de M. A. Dastre. La Commission accorde une mention honorable (de iSoc*^^) à MM. Ch. PoKCHEK et Hervieux, pour leurs recherches sur l'indol, le scatol et leurs dérivés. Ces recherches d'ordre chimique et physiologique offrent un intérêt pour la pathologie humaine et la médecine comparée. L'origine de ces substances est, en effet, dans la décomposition des matières protéiques opérée par les microbes de l'intestin. C'est du moins la seule origine que leur attribuent MM. Porcher et Hervieux, et elles sont, pour ces savants, les témoins des putréfactions intestinales et des intoxications qui en ré- sultent. Elles sont, disons-nous, les témoins significatifs de ces intoxica- tions; mais elles n'en sont point les agents. MM. Porcher et Hervieux montrent, en effet, en opérant sur diverses espèces animales, chien, chèvre, poule, que ces composés de l'indol et du scatol sont très peu toxiques par eux-mêmes. L'indol et son principal dérivé, l'indican urinaire, n'en sont pas moins utiles à connaître, puisqu'ils révèlent la production excessive des substances toxiques qui les accompagnent. MM. Porcher et Hervieux se servent pour caractériser l'indol de la réac- tion de l'eau oxygénée qui transforme cette substance en indoxyle, puis en indigo. Ils montrent que c'est le foie qui, au moins chez certains animaux (grenouille), joue le rôle principal dans la formation des composés indoxy- liques. Us suivent ces dérivés dans les urines qui les éliminent de l'orga- nisme à l'état de substances susceptibles de colorations caractéristiques 1254 ACADÉMIE DES SCIENCES. (chromoiîènes) telles que l'indican déjà bien connu et le chromogène indi- gurique. Une des acquisitions principales dues à MM. Porcher et Hervieux est la connaissance de ce chromogène indigurique. C'est un glucoside formé par l'union de l'indoxyle avec l'acide glycuronique. La production spontanée de l'indigo dans certaines urines, après leur émission, est due à la décom- position, sous l'influence des microbes, de ce glucoside. MM. Porcher et Hervieux provoquent l'apparition de l'indigo urinaire en faisant prendre au chien, à la chèvre et au lapin de fortes doses d'indol, d'indoxvle ou d'acide indoxylique. Les auteurs de ce travail, avons-nous dit, n'admettent dautre origine, pour l'indol eL ses dérivés, que lorigine parasitaire des putréfactions micro- . biennes. Ils écartent d'une manière peut-être trop absolue les arguments qui plaident en faveur d'une production en quelque sorte physiologique de l'indol par la désintégration des matières albuminoïdes des cellules au cours de leur fonctionnement normal, tels que la présence de Findol dans l'inlestin au cours du jeûne et la présence de l'indican dans les urines dans certaines suppurations. Enfin, ces savants ont enrichi nos connaissances de quelques faits nou- veaux relatifs au scatol, à l'acide indolcarbonique et à des composés voisins. IIL — Citation. Une citation est accordée à MM. Henbi Ci-atoe el Jean Camus, pour leur Ouvrage intitulé : Précis de Pathologie générale. L'Académie adopte les conclusions de ces Rapports. PRIX BARBILR. (Commissaires: MM. Bouchard, ( iuyon,d'Arsonval, Lannelongue,Laveran, Chauveau, Roux, Labbé; Henneguy, Dastre, rapporteurs.) Le prix est partagé entre : M. L. Launoy, pour une série de travaux intitulés : Phénomènes nucléaires de la sécrétion; Histophysiologie de la sécrétion pancréatique; Aulolyse des organes et les ferments endocellulaires ; Aulolyse aseptique du foie ; M. J. Lesage, professeur de Physiologie à Vinstiluto superior de Agro- nomiay Yeterina, à Buenos-Ayres, pour son Mémoire intitulé : Recherches expérimentales sur le Maté. I SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. 1255 Rapport de M. HEXNEr.rv. Depuis plusieurs années, M. Lauxoy a entrepris une série de recherches ayant pour but de déterminer d'une façon précise, d'une part, les conditions d'activité des cellules glandulaires, d'autre part, la résistance des cellules aux conditions diverses qui influent sur leur activité et leur vitalité. Etudiant comparativement les modifications que présentent les cellules des glandes à venin chez différents animaux, Reptiles, Batraciens, Arthro- podes, aux diverses phases de leur évolution, et les cellules de l'estomac chez ces mêmes animaux, M. Launoy a constaté que, dans une cellule glan- dulaire en activité, le noyau devient plus volumineux qu'à l'état de repos et s'éloigne de la partie basilaire de la celhile; sa colorabilité change et il émet en même temps dans le cytoplasma des grains de chromatine qui deviennent des grains de vénogène ou de zymogène. A coté de ces grains provenant directement du noyau, il faudrait distinguer des vénogènes et des zymogènes ergastoplasmiques formés dans le cytoplasma aux dépens de substances nucléaires dissoutes. A cette phase d'élaboration nucléaire succède une phase d'élaboration cytoplasmique caractérisée par la disparition des grains et de l'ergastoplasma vénogènes et zymogènes, et la formation des produits des grains de venin et des grains de ferment. Tiénéralement, ces deux phases sont superposées. Cytologiquement, venins el enzymes sont donc des substances de même ordre, mais leurs propriétés physiologiques sont différentes. Les venins de Vipère, de Cobra, de Couleuvre, de Vive, de Scolopendre, de Scorpion, n'agissent pas sur l'amidon ni sur l'inuline, la saccharose et le glycogène. Ils n'exercent aucune action protéo-hydrolytique sur les substances albumi- noïdes coagulées. Le venin de Cobra renferme une substance précipitant les ferments solubles ; il n'exerce aucune action catalysante, positive ou néga- tive, sur les ferments solubles, émulsine, amylase, pancréatine; mais il exerce une légère action inhibitrice sur la pepsine. Tirant parti de ses recherches sur le fonctionnement des glandes à venin et des glandes gastriques, M. Launoy a pu démontrer, par des arguments d'ordre uniquement cytologique, que, contrairement à l'opinion des physio- logistes, la pilocarpine n'est pas un véritable agent de sécrétion pour la cellule pancréatique. Il a vérifié cette proposition par la méthode physiolo- gique et déterminé les conditions dans lesquelles, après injection de pilo- carpine, on voit sécréter le pancréas. Ces conditions sont celles qui favorisent C. R., 1909, 2« Semestre. (T. 149, N» 25.) ^^"J 1206 ACADÉMIE DES SCIENCES. l'expulsion, dans le duodénum, du suc gastrique sécrété sous l'influence de la pilocarpine. Les sécrétions profuses obtenues avec la pilocarpine sont des sucs de sécréline possédant une activité peu prononcée, ou même une inactivité ahsolue, sur Tovalbuinine coagulée. L'action de la pilocarpine sur la cellule pancréatique se bornerait à l'excrétion du suc déjà élaboré, à une légère sécrétion venue de l'épithélium des canaux excréteurs, peut-être aussi à une faible activité de la cellule exocrine. Le mode de désintégration des tissus séparés d'un organisme vivant, c'est- à-dire leur aiilolyse, selon le ternie proposé par Jacol)y, est encore nud connu. M. Launoy s'est attacbé à déterminer les conditions de la désintégration cellulaire au cours de l'autolyse aseptique du foie dans une faible (piantité de solution pbysiologique. 11 a pu distinguer deux sortes de phénomènes : 1° le passage, dans la solution chlorurée sodique, de glucose, de sels, de pigments, de substances protéiques coagulables par la chaleur, passage qui n'a plus lieu si le foie a été chauffé à G5"; 2" les altérations cellulaires pré- coces apparaissant pendant les 20-24 premières heures, n'altérant pas sensi- blement la structure type de la cellule hépatique, et caractérisées par la disparition du glycogène et des plasmosomes fuchsinophiles, le noyau res- tant absolument intact; et les altérations cellulaires tardives, portant sur le cytoplasma et le noyau, se traduisant par une désintégration totale de la structure du cytoplasma, la formation de corps myéliniques, la picnose, Tachromatose et la chromatolyse du noyau. Si certaines des conclusions de M. Launoy, entre autres celle relative à la sortie du noyau de corps figurés qui prendraient part à la formation des produits de sécrétion, ne paraissent pas suffisamment démontrées, l'auteur a eu le mérite d'établir (jue les processus de sécrétion sont identiques dans les glandes à venin, les glandes gastriques et les autres glandes analogues. Il a également apporté des contributions nouvelles à la physiologie des venins. Enfin, il a abordé, dans ses recherches sur l'autolyse, une étude difficile et à peine ébauchée; les résultats auxquels il est déjà arrivé sont nouveaux et paraissent bien établis. La Commission attribue à M. Ladnoy la moitié du prix Barbier. Rapport de M. Dastre. L'autre partie du prix Barbier a été décernée à M. J. Lesage pour ses recherches expérimentales sur le Maté (Yerba Maté). SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1267 M. J. Lesage a profiti' de la mission (jui lui a été confiée crorganiser l'enseignement de la Physiologie à l'Instilui agronomique et vétérinaire de Buenos-Ayres pour étudier l'une des substances dont les Sud-Américains font le plus fréquent usage et à pi'opos de laquelle régnent beaucoup de pré- jugés. 11 s'agit du maté. C'est une infusion qui se prépare avec les feuilles desséchées et légèrement torréfiées de Vllex Paraguayensis. Cette sorte de thé du Paraguay est la boisson nationale de la République Argentine, du Paraguay, du Chili, de l'Uruguay et de territoires étendus du Pérou, du Brésil et de la Bolivie : ces différents Etats consomment annuellement 100 millions de kilogrammes de feuilles. La vertu dominante de l'infusion de maté, aux yeux des gauchos et des cavaliers argentins, est de leur per- mettre de suffire sans trop de fatigue aux exercices les plus violents et les plus prolongés, et, par exemple, d'exécuter des randonnées dans la Pampa et de rester à cheval des journées entières sans prendre de nourriture. Une opinion médicale, très répandue, a cru traduire ces faits en rangeant le maté, ainsi que d'autres boissons d\i même genre, parmi les aliments d'épargne, c'est-à-dire des substances qui restreindraient la dépense de l'or- ganisme tout en permettant le même travail. M. .1. Lesage a fait justice de cette erreur. Le maté, pas plus que la kola, le café, etc., ne supprime l'iné- vitable dépense énergétique correspondant au travail : il supprime seule- ment les sensations déprimantes de la faim et de la fatigue; et, en augmen- tant l'excitabilité neuro-musculaire, il facilite le travail nmsculaire. C'est un excitant du système nerveux. Cette conclusion résulte d'une longue et méthodique élude exécutée avec toutes les ressources de la technique actuelle. Les effets du maté introduit par les diverses voies d'absorption ont été passés en revue chez divers ani- maux, principalement chez le chien, le cheval et les bêtes bovines. L'auteur a examiné l'influence sur la digestion au moyen de digestions artificielles. Des cardiogrammes, sphygmogrammes , tracés de pression artérielle, montrent l'action du maté sur la pression du sang : les pneumogrammes traduisent les modifications respiratoires, les ergogrammes l'action sur le tra- vail musculaire. Le maté n'est pas un aliment d'épargne. Tout porte à croire, au contraire, qu'il exagère l'intensité des combustions internes. — Ce travail, qui devait être fait, occupera utilement sa place dans les réper- toires physiologiques etpharmacodynamiques. L'Académie adopte les conclusions de ces Rapports. 1258 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX BUE A NT. (Commissaires : MM. Bouchard, Guyon, d'Arsonval, Lannelongue, Dastre, Chauveau, Perrier, Labbé, Henneguy; Roux, Laveran, rap- porteurs. ) Le prix Bréant, d'une valeur do 1 00000'"', destiné à récompenser celui qui aura trouvé le moyen de guérir le Choléra asiatique, n'est pas décerné. L'Académie décerne, sur les arrérages de la fondation : Un prix de 4000'''^, à M. AV. -M. Haffkixe, pour ses Travaux sur la vaccination du choléra et de. la peste bubonique. Une mention de 1000''', à M. Louis Uëivo\, pour son Ouvrage intitulé : Le traitement pratique de la tuberculose pulmonaire. Rapport de M. Rorx. Depuis l'année 1892, M. IIaffkine s'est consacré à l'étude de la préser- vation du choléra aux Indes. Pour combattre cette maladie, il inocule sous la peau des cultures du vibrion cholérique convenablement préparées. C'est le D'' J. Ferran qui essaya le premier de conférer à l'homme l'immunité contre le choléra en lui injectant des doses ménagées d'une culture en bouillon du bacille virgule. M. Haffkine se sert du même pro- cédé, mais, au lieu d'utiliser les vibrions d'activité variable, directement isolées des déjections, il les amène à un degré de virulence fixe par pas- sages à travers une série de cobayes. Ce virus lui sert alors à préparer les cultures vaccinales; celles-ci sont soumises à l'action de la chaleur ou des antiseptiques de façon à ne plus contenir que des cadavres microitiens, puis elles sont administrées à dose telle qu'elles ne déterminent qu'une réaction locale et un malaise passager. Deux injections successives sont pratiquées à quelques jours d'intervalle, l'une avec un vaccin plus faible, l'autre avec un vaccin plus fort. On voit, par cet exposé, que M. Haffkine s'est inspiré des méthodes pastoriennes. Mais le choléra de l'homme n'est pas une infection véritable, en ce sens que le vibrion de Koch ne pullule pas dans le sang et les tissus. Il reste localisé dans l'intestin en y élaborant une toxine; le choléra est SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. [269 un empoisonnement. Aussi les résultats obtenus chez les animaux injectés préventivement, puis éprouvés par inoculation intra-péritonéale ou sous- cutanée, ne permettent pas de conclure à l'efficacité des vaccins d'HafTkine contre le choléra intestinal humain. La maladie expérimentale provoquée chez les animaux difTèiT trop de la maladie naturelle de Thomme. Cette objection est d'autant plus justifiée que la vaccination haffkinienne est impuissante à préserver les lapins nouveau-nés du choléra intestinal déter- miné par l'ingestion d'une culture pure du vibrion ( Metchnikolî). Ces considérations n'auraient aucune importance si les personnes placées en plein foyer cholérique étaient sauvegardées par la méthode préventive d'Haffkine. Avec une persévérance admirable, cet expérimentateur a réussi à écarter tous les obstacles et à inoculer préventivement, aux Indes, des milliers d'individus, en réservant comme témoins un certain nombre d'autres placés dans les mêmes conditions. Ces expériences, suivies par les services sanitaires officiels, ont donné dans certaines localités des résultats favorables. Cependant, les exceptions relevées et les essais plus récents ne permettent pas de se prononcer définitivement sur l'efficacité de la vacci- nation anti -cholérique d'Haffkine. Il en est autrement des inoculations contre la peste bubonique. Le microbe de cette maladie a été découvert en 1894 à Hong-Kong, par Yersin. Bientôt après, MM. \ersin, Calmette et Borrel prouvaient qu'on peut immuniser les animaux au moyen des cultures du bacille pesteux tuées par la chaleur. M. Haffkine a appliqué le procédé à l'homme. Tout d'abord, il prépara un bouillon additionné d'une petite quantité de matière grasse, dans lequel le bacille pesteux se développe sous un aspect tout particulier, qui est une garantie de la pureté de la culture. Celle-ci âgée de 5 à 6 semaines, chauffée à la température de 65" pendant i heure, constitue le vaccin. La dose est 2""°, 5 pour une personne adulte et ne doit déterminer ni réaction locale trop vive, ni élévation de température supérieure à 39". Une seconde injec- tion est pratiquée quelques jours après la première. Des dizaines de milliers de patients ont subi les inoculations préventives, notamment au Punjab. Les résultats relevés par les officiers sanitaires sont nettement en ffiveur de la vaccination anti-pesteuse. En 1902-1903, par exemple, dans douze districts du Punjab, 186793 habitants vaccinés, restés dans le foyer épidémique, fourniront 8i4 décès; tandis que 129733 morts furent relevées, dans les mêmes circonscriptions, parmi les 63963o per- sonnes non inoculées. istio ACADÉMIE DES SCIENCES. On est anjoiud'liui d'accord fjue rinociilation préventive anti-pesteiise est au nombre des mesures efficaces à prendre contre la peste déclarée. Malgré les réactions un peu douloureuses observées quelquefois, elle peut être recommandée. Le Gouvernement de l'Inde en a jugé ainsi, puisqu'il a établi d'importants laboratoires pour la préparation des vaccins anti- pesteux. 11 a fallu à M. Hafkkixe une conviction profonde, une patience et une persévérance rares pour faire entrer dans la pratique sa méthode préventive. En lui décernant le titre de lauréat et en lui attribuant ime partie des arré- rages du prix Bréant, votre Commission a voulu récompenser et le mérite du savant et sa ténacité. L'Académie adopte les conclusions de ce llapport. PRLK GODARD. (Commissaires: MM. Bouchard, d'Arsonval,Lannelongue,Laveran,Dastre, Chauveau, Perrier, Roux, Labbé, Henneguy; Guyon, rapporteur.) Le prix est décerné à M. A. Pousson, professeur à la Faculté de Méde- cine de Bordeaux, pour son Ouvrage intitulé : Chirurgie des Néphrites. Une mention très honorable est accordée à M. J.-L. Chirié, pour son Ouvrage intitulé : Hypertension arlérielk et accès éclamptiques . M. le D' Alfred Pousson, professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux, a soumis à l'examen de la Commission un Ouvrage intitulé : Chirurgie des Néphrites. L'auteur a pu faire, sur ce sujet, une étude approfondie. Grâce à une connaissance très étendue des maladies médicales et chirurgicales de l'ap- pareil urinaire, à une longue pratique, à l'enseignement auquel il s'est con- sacré comme chargé du cours des maladies des voies urinaires et comme professeur, M. Pousson a fait usage de ses propres observations et de l'étude des résultats obtenus par divers observateurs; il a ainsi déterminé la valeur de l'intervention chirurgicale dans le traitement des néphrites. Son important travail établit nettement l'état actuel de la question. L'action que peut exercer la chirurgie sur les néphrites aiguës et chro- niques, ainsi que sur « les épisodes aigus des néphrites chroniques » y est consciencieusement et judicieusement exposée. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1261 Les recherches de M. Pousson apportent une très intéressante contri- bution à la constatation des « effets physiologiques » de l'action chirurgi- cale. Les résultats fournis par la néphrotomiedans la chirurgie des néphrites s'ajoutent à ce qui est établi par la cystotomie. L'ouverture large du rein, de même que celle de la vessie, modifie heureusement les lésions et les accidents déterminés jiar l'hypertension de ces organes; elle réalise l'une des conditions les plus nécessaires à leur guérison. Les conclusions de ce Rapport sont adoptées par l'Académie. PmX DU BARON LARREY. (Commissaires : MM. Bouchard, Guyon, d'Arsonval, Lannelongue, Dastre, Chauveau, Perrier, Roux, Labbé, Henneguy; Laveran, rapporteur.) La Commission décerne le prix à M. le D'' IViclot, médecin-major de !''■ classe à rhô[)ital maritime d'Oran. Pendant 4 années consécutives, de 1904 à 1907, ^L le D'Niclot, qui était médecin-major à l'hùpital militaire d'Oran, a étudié, dans toutes les garni- sons de la division d'Oran, les manifestations de l'endémie palustre et la répartition des Culicides. M. Niclol est arrivé à cette conclusion que par^ tout, dans la division d'Oran, il y a parallélisme entre la fréquence des fièvres et l'abondance des Culicides du genre Anophèles. Le travail de M. Niclot est le résumé de longues et patientes recherches d'un grand intérêt au point de vue de la lutte contre le paludisme dans les garnisons de la division d'Oran. Une mention très honorable est accordée à MM. Dlpard, médecin prin- cipal de 2" classe à l'hôpital mixte de Limoges, et LEPoracELEx, officier d'approvisionnement au 139" régiment d'infanterie, à Aurillac, pour leur Mémoire intitulé : Conlrihution à l'étude de la viande dans V armée. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX BELLION. (Commissaires : MM. Bouchard, Guyon, d'Arsonval, Lannelongue, Dastre. Chauveau, Perrier, Roux, Labbé, Henneguy; Laveran, rapporteur.) La Commission décerne le prix à M. leD"' Cii. Nicolas pour son Ouvrage intitulé : Hygiène publique et privée aux îles Loyalty. 1202 ACADÉMIE DES SCIENCES. M. le D"^ (Ih. Mcolas, qui est médecin-résident à Lifou, a fait une étude originale el 1res complète de toutes les cjuestions relatives à l'hygiène des îles Loyalty; il trace un tableau saisissant et navrant de l'état des indigènes. Les efTorls faits par M. Nicolas pour améliorer la situation des habitants des îles Loyalty, en appliquant quelques-unes des règles fondamentales de l'hygiène, sont très méritoires. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapjiorl. PmX MÈGE. ( Commissaires : MM. Bouchard, G uyon,d'Arsonval, Lannelongue, Laveran, Dastre, Cliauveau,Perrier, Koux, Labbé; M. Henneguy, rapporteur.) Le D"' Jean-Baptiste Mège a légué à lAcadémie « dix mille francs à donner » en prix à l'auteur qui aura continué et complété son Essai sur les causes qui » ont retardé ou favorisé les progrés de la Médecine depuis la plus haute anti- » quité jusqu'à nos jours. « L'Académie des Sciences pourra disposer en encouragements des inté- » rets de cette somme jusqu'à ce qu'elle pense devoir décerner le prix, m Le prix n'est pas décerné. Le prix annuel (3oo''), représentant les arrérages de la Fondation, est décerné à M. S.-J. Metalxikoff, attaché au Laboratoire zoologique de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, pour ses travaux sur les chenilles de Galleria mellonella. On admet généralement que les chenilles de la (lalleria mellonella, cjui vivent dans les ruches d'Abeilles, ne se nourrissent que de cire, substance ne renfermant pas d'azote. D'où provient l'azote nécessaire pour la forma- tion des substances albuminoïdes de ces animaux ? Tel est l'intéressant pro- blème que M. Metalnikoft' s'est proposé de résoudre. Si l'on alimente les chenilles de Gallérie avec de la cire pure, elles cessent de s'accroître; elles peuvent encore se transformer en chrysalides et donner des papillons, mais ceux-ci sont très petits et peuvent peser dix fois moins qu'à l'état normal. D'autre part, si l'on nourrit ces chenilles avec des sub- stances azotées, on constate qu'elles diminuent graduellement de poids et meurent avant de se transformer-. Vient-on à ajouter une petite quantité de cire pure ou d'eau aux aliments azotés, les chenilles commencent immédia- tement à augmenter de poids et peuvent suivre une évolution normale. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1263 La cire que consomment les chenilles dans les ruches n'est pas de la eire pure; elle contient plus do 2 pour 100 d'azote provenant de divers corps étrangers, tels que grains de pollen, mues des larves d'Abeilles, etc. C'est à ces corps étrangers que la chenille emprunte l'azote nécessaire à la synthèse de ses substances albuminoïdes. La cire pure est cependant un aliment nécessaire et parait remplacer l'eau dont la chenille est absolument privée dans la ruche. M. MetalniUoff a poussé plus loin ses recherches; il a étudié les ferments digestifs de la Gallérie et ses organes excréteurs. La digestion s'effectue en milieu alcalin aux dépens d'un ferment protéoly tique, de l'amylase, de la laclase et de la lipase; l'absorption des produits solubles de la digestion se fait principalenienl dans l'intestin moyen. Les organes excréteurs sont représentés, comme chez les autres Insectes, par les tubes de Malpighi et les cellules péricardiales qui excrètent les pro- duits solubles, et les phagocytes qui s'emparent des corps insolubles. 11 y a quelques années, M. Metchnikoff avait annoncé que, si l'on fait ingérer à des chenilles de Gallérie des bacilles tuberculeux, ceux-ci sont détruits dans l'intestin. M. Metalnikoff a repris cette expérience et n'a obtenu aucun résultat; mais en injectant les bacilles dans la cavité du corps des chenilles, il a constaté qu'ils étaient détruits rapidement dans les phago- cytes et dans des plasmodes qui se constituent autour des corps injectés. La disparition des bacilles est toujours précédée de leur gonllement et de la formation d'un pigment noir particulier. Ce pigment finit par se dissoudre dans le plasma sanguin et par être absorbé dans les cellules péricardiales. Il est probal)le que l'enveloppe résistante, de nature cireuse, du bacille tuber- culeux est attaquée par un ferment spécial produit par la chenille de la Gallérie. Il serait intéressant d'isoler ce ferment et d'étudier son action sur les animaux tuberculeux. Malgré les lacunes qu'elles renferment, les recherches de M. Metalnikolf présentent un double intérêt : 1° au point de vue de la physiologie générale, l'auteur a démontré le rôle de la cire dans l'alimentation de la chenille de la Gallérie; 2" au point de vue thérapeutique, la substance encore inconnue qui attaque le bacille tuberculeux pourrait jouer un rôle important dans le traitement de la tuberculose. Pour ces motifs, la Commission décide d'attribuer à M. iMetalxikoff les arrérages du prix Mège. Les conclusions de ce Rapport sont adoptées par l'Académie. C. R., .909, 2- Semestre. (T. 149, N» 25.) 168 I2G4 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX PARKIN. (Commissaires : MM. Cliameau, Bouchard, Gautier, Michel Lévj, d'Arsonval, Roux; JDastre, rapporteur. ) Le prix Parkin a été décerné à M. Ad. Caistaz pour l'ensemble de ses recherches sur l'emploi de l'acide carbonique dans les affections du nez et de la gorge. Parmi les composés du carbone, dont le fondateur du prix a voulu encourager l'étude thérapeutique, l'acide carbonique tient une place im- portante; et il est naturel que ce soit à cet agent que la Commission et les concurrents aient dû songer tout d'abord. Les effets physiologiques du gaz carbonique ont été étudiés par un très grand nombre d'auteurs, depuis Ingenbousz qui signala en 1798 ses propriétés anesihésiques générales, jusqu'à Brown-Séquard, qui, en 1878, montra son action anesthésique locale sur la glotte, compliquée presque aussitôt d'une analgésie généralisée inhibitoire. Les recherches de Paul Bert, Grehant, Raphaël Dubois, A. Mosso ont étendu nos connaissances sur ces propriétés anesthésiques ou narcotiques. Au point de vue thérapeutique, c'est surtout l'action de l'acide carbo- nique sur les premières voies respiratoires (jui a été étudiée. Le nombre des médecins qui ont appliqué la médication carbonique (par le gaz natu- rel des sources minérales de Spa, Vichy, Mont-Dore, etc., ou par le gaz artificiel) est considérable, depuis Simpson en i8j4 jusqu'aux contempo- rains, MM. Servajon, Durand-Fardel, Joal, etc. M. A. Cartaz a été l'un des premiers. Dès 1880, il a employé l'acide carbonique en pulvérisations et en douches dans le traitement d'un certain nomlire d'inflammations nasales (rhinites spasmodiques). 11 est admis aujourd'hui que cette action peut être efficace. M. Cartaz a encore employé avec profit les pulvérisations d'acide carbonicjue dans les affections catarrhales chroniques du pharynx cl de l'isthme du gosier. Et c'est à ces quelques cas que paraît se réduire l'utiHté tliérapeutique d'un agent sur lequel on avait fondé, semble-t-il, de trop grandes espérances. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. SÈAWCE DU 20 DÉCEMBRE itjCQ. 1265 PHYSIOLOGIE. I PRIX MONTYON (Physiologie expérimentale). Commissaires : MM. Ciiauveau, Bouchard, dWrsonval, Roux, Laveran, Henneguy; Dastre, rapporteur.) Le prix est partagé entre : M. Charles Dhéré. professeur de Physiologie à TUnivcrsité deFribourg (Suisse), pour ses Recherches spectrographiques sur l' absorption des rayons ultra-violets par les albuminoides, les prolèides et leurs dérivés; M. E. l*ozi;itsKi, préparateur à l'Institut Pasteur, pour un travail intitulé: Contribution à l'étude physiologique de la papaïne . Le travail, soumis par M. Charmcs Diiérk au jugement de la Commission du prix de Plivsiologie. consiste en une série de recherches spectrogra- phiques sur Tabsorption des rayons ultra-violets par les albuminoides, les protéides et leurs dérivés. Berthelot a écrit quelque part que « les données numériques qui caracté- risent Fabsorption inégale des diverses lumières conduiront peut-être pro- chainement à une méthode d'analyse chimic|ue universelle ». C'est pour hâter le jour de ce progrès, désirable surtout en ce qui concerne des substances aussi difficiles à caractériser chimiquement que les dérivés albuminoides, que M. Ch. Dliére a entrepris cette longue étude. Beaucoup de ces sub- stances sont incolores; mais si elles ne retiennent pas sélectivement les ra- diations lumineuses, elles peuvent retenir sélectivement les rayons invisibles du spectre, c'est-à-dire les rayons ultra-violets ( dont la longueur d'onde est inférieure à ^^96'*'*) et fournir des spectres d'absorption que l'image photo- tographique rend sensibles. Il y a là un procédé d'investigation extrême- ment pénétrant; il est d'autant plus précieux que les spectres d'absorption ultra-violets apparaissent bien souvent dans des solutions très étendues observées sous une faible épaisseur et n'exigent que des fractions de milli- gramme de substance. M. Dhéré a dû modifier, en vue de l'application spéciale qu'il en voulait faire, le spectrographe des physiciens (appareil de V. Schumann); il a créé des modèles avantageux de cuves et d'électrodes. Son travail contient la détermination en longueurs d'onde, ainsi que la reproduction par la photo- )266 ACADÉMIE DES SCIENCES. gravure des spectres d'absorption de cin(|uanleet quelques principes physio- giques dont la plupart n'avaient point encore été examinés à ce point de vue, tels ceux de l'adrénaline, de la phénylalanine, du tryptopliane, de l'indol, de l'oxyliémocyanine et de divers composés pyrémidiques etpuriques. La détermination des constantes d'absorption de ces principes est un service rendu à la Chimie physiologique. La nature de ce travail, savant et précis, est significative de la direction scientifique de M. Ch. Dhéré. L'Académie y reconnaît les qualités qui recommandaient ses travaux antérieurs. M. Cii. Dhërë, professeur de l'Université de Fribourg (Suisse), fait honneur à la forte préparation scientifique qu'il a reçue à la Sorbonne. — Le travail présenté par ^L E. Pozerski est une contribution à l'étude de la papaïne. Le latex de l'arbre à melons (carica papaya)\\ la propriété de digérer les matières albuminoïdes. Cette propriété est due à la présence de la yja- jmïne. ferment soluble protéolytiquc . On sait cela depuis longtemps; et, pour préciser, depuis les premières recherches de Roy ( 1874), bientôt suivies de celles de Wittmack, Beckolt, Wurtz et Bouchut, etc. Il n'est pas de physiologiste (]ui n'ait eu l'occasion de réaliser quelque digestion papainique. Et, cependant, à tous les expérimentateurs avait échappé un l'ail remarquable, saisissant et plein de signification. Ce fait que M. J'ozerski a vu, avec MM. Delezenne et H. Mouton, c'est que si l'on veut empêcher la digestion papaïnique en portant rapidement à 100" la liqueur proléique qui contient la papaïne, comme l'on fait avec tous les ferments en général, on n'y réussit pas; une proportion notable d'albu- jnine est digérée. En d'autres termes, la papaïne est extrêmement active à des températures très élevées, insoupçonnées : elle peut, entre 80" et gS", digérer d«s substances alb-uminoïdes avec une vitesse très considérable. M. Pozerski étudie avec détail ce fait inattendu, celte digestion d'allure très anormale. Son étude comprend beaucoup d'autres points de l'histoire expérimentale de la papaïne, dont l'intérêt pâlit en comparaison de celui que nous venons de citer. Ces laits secondaires, tels ceux qui sont relatifs à la recherche de l'antiferment correspondant à la papaïne, à l'anaphylaxie provoquée chez les cobayes par les injections de papaïne, présentent pourtant un réel intérêt. Ils confirment l'impression que les travaux antérieurs de M. Pozehski nous avaient donnée, d'un physiologiste de mérite, très au courant des directions récentes de la Science. • L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1267 PRIX PHILIPEAUX. (Commissaires : MM. Guyon, d'Arsonval, Larinelongue, Laveran, Dastre, Chauveau, Perricr, Roux, Labbé, Henneguy; Roucliard, rapporteur.) Le prix esl décerné à MM. J.-E. Abelous, professeur à la Faculté de Médecine de Toulouse, et Rardiek, professeur agrégé à la même Faculté. Dans les Mémoires très importants qu'ils présentent, MM. Abelous et E. Bardier résument leurs recherches sur la découverte de l'urohyper- tensine. Cette substance, qui a chez le lapin une action hypertensive aussi mar- quée que celle de l'adrénaline, existe dans l'urine humaine. Elle est soluble dans l'alcool et Féther et précipite par l'acide oxalique (dans l'extrait éthéré). C'est une hase qui ne donne pas les réactions de l'adrénaline, mais qui parait voisine d'une ptomaïne, la myosaprine, décou- verte par Abelous et Ribaut (C°H" Az^O). L'urohypertensine élève la pression sanguine, excite les centres respira- toires et possède une action halogène. On ne retrouve pas cette substance dans l'urine des enfants de 3 à 6 ans; elle fait également défaut dans l'urine des artério-scléreux. Enfin le régime végétal la fait disparaître de l'urine des sujets normaux. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX L ALLEMAND. (Commissaires : MM. Chauveau, d'Arsonval, Roux, Laveran, Dastre; MM. Bouchard, Henneguy, rapporteurs.) Le prix est partagé entre : M. Auguste Pettit, pour son travail intitulé : Description des encéphales de Crampus griseus, de Sténo frontatus, de Globicephalus meX^s, provenant des campagnes du yacht Princesse-Alice; M. Gustave Roussv, chef de travaux à l'École des Hautes Études au Collège de France, pour son Ouvrage intitulé : La couche optique; le syn- drome ihalamique. 1268 ACADÉMIE DES SCIENCES. Rapport de M. Henneguï. Nos connaissances snr la constiUition du système nerveux des Cétacés ren- ferment de grandes lacunes \nvc suite de la difficulté qu'éprouvent les ana- toniistes à se procurer des pièces en bon état de conservation. M. A. Pettit a pu profiter des captures de Souffleurs, faites par S. A. S. le prince de Monaco, au cours de ses croisières scientifiques, pour étudier avec soin fencéphale de trois espèces : Crampus gn'seus, Sténo frontalus et Globice- phalus mêlas. T^e cerveau des Cétacés, comme Broca favait déjà indiqué dès 1872, pré- sente une analogie de conformation avec ceux des Ruminants et surtout avec ceux des Solipèdes; Tare supérieur de la scissure limbique se prolonge en avant du corps calleux; les circonvolutions sont disposées d'une manière compli(|uée et ordonnancées suivant la direction antéro-postérieure. Les données anatomiques, embryologiques et paléontologiques tendent toutes à établir que les Cétacés constituent un phylum isolé, dont les plus proches parents sont représentés par les Carnassiers, les Ruminants et sur- tout les Périssodactyles. Tandis que chez les Primates le premier indice du plissement de l'écorce se traduit par l'apparition de dépressions transversales, chez les Cétacés, au contraire, les scissures les plus primitives s'ordonnancent suivant là direction antéro-postérieure. Les Siréniens ne dépassent guère l'étal passager réalisé transitoirement par les embryons des Cétacés, mais chez ces derniers le manteau atteint progressivement une complexité de plus en plus grande de façon à représenter le type gyrencéphale par excellence. Il est intéressant de noter l'extrême complication des circonvolutions cérébrales en désharmonie avec l'ensemble de l'organisme chez les Cétacés, car elle montre que les divers appareils anatomiques sont susceptibles d'une évolution spéciale qui s'effectue indépendamment des affinités zoologiques. Le travail de M. Pettit apporte donc une contribution importante à nos connaissances de l'encéphale des Cétacés. Pour ces motifs, la Commission décide de partager le prix Lallemand entre MM. A. Pettit et Gustave ROUSSY. Rapport de M. Bouchard. La couche optique {étude anatomique, physiologique et clinique). Le syndrome thalamique, par M. Gustave Roussy. (]e travail très important comporte une partie expérimentale et une partie anatomo-clinique . SÉANCE DIJ 20 DÉCEMBRE I909. 1269 Sur des animaux anesthésiés (chats, chiens, singes), l'auteur attaque la couche optique sur des points soigneusement repérés et à des profondeurs déterminées à l'aide d'aiguilles électrolytiques bipolaires qu'il fait tra- verser pendant 8 à 10 minutes par un courant de 8 à 12 milliampères. Le choc opératoire est à peu près évité. Dès le lendemain il constate : des mouvements de manège^ des troubles de la sensibilité superficielle et profonde^ de l hémianopsie, des troubles de l'ouïe. Contrairement à Schifl', les lésions de la partie antérieure aussi bien que de la partie postérieure donnent des mouvements de manège qui se font toujours vers le côté de la lésion. Ces mouvements ne dépendent pas du thalamus; ils relèvent de la lésion concomitante du pédoncule cérébral. Il a constaté sur le singe des troubles du sens stéréognostique dans le côté opposé à la lésion, comme les autres troubles de la sensibilité. De même pour rhémianopsie, qui cependant n'est pas due à la lésion du thalamus, mais à des lésions simultanées de la bandelette optique, du corps genouillé externe, du tubercule (juadrijumeau, des radiations optiques. Les troubles auditifs iiont élt- observés cpie deux fois sur cinq. Jamais il n'a observé ni paralysie, ni contracture, ni convulsions. Contrairement à Bechterevv, il n'a constaté ni les troubles de la mimique, ni ceux des sphincters ou de la sécrétion lacrvmale. Au point de vue de ranalomie, il a, en suivant sur des coupes successives la dégénération wallérienne, démontré l'existence de fibres thalamocorti- cales. Contrairement à Bechtereaw il nie l'existence de fibres qui iraient de la couche optique à la moelle épinière. Au point de vue anatomo-clinique, de l'examen de sept malades atteints de lésions de la couche optique et de l'examen sérié de coupes microsco- piques de tout le cerveau chez quatre d'entre eux, M. Uoussv a pu conclure que la lésion isolée du thalamus produit uniquement lallération notable et persistante de la sensibilité, soil hémianesthésie supcrticielle légère avec troubles très marqués du sens musculaire; soit troubles subjectifs : dou- leurs d'origine centrale. Par l'alliance heureuse de lexpérinientation, de l'anatomie pathologique et de la clinique, ce Livre rectifle, simplifie et augmente nos connaissances sur les fonctions de la couche optique. L" Académie adopte les conclusions de ces Rapports. 1270 ACADÉMIE DES SCfENCES. PRIX LA GAZE. (Commissaires : MM. Chauveau, Bouchard, d'Arsonval, Roux, Laveran, Henneguy; Dastre, rapporteur.) La Commission attribue le pri\ à M. C. Deleze.vxe. L"œuvre de M. Delezenne est très appréciée des physiologistes. Deux traits la caractérisent. Lepremier c'est que ce savant, dans presque tous les domaines qu'il a abordés, a apporté la découverte d'un fait inattendu, paradoxal en apparence, contraire à l'opinion reçue, à côté duquel beaucoup d'autres expérimentateurs avaient passé sans l'apercevoir. Et ce fait inat- tendu, contre-pied de l'opinion commune ou de l'expérience banale, offre ordinairement une importance doctrinale certaine. En second lieu, ses publications ont provoqué aussitôt des contrôles d'où le fait principal est toujours sorti confirmé dans ses grandes lignes. ]1 en est ainsi, par exemple, en ce qui concerne les travaux de M. Delezenne sur la coagulation du sang d'oiseau. D'innombrables observateurs ont vu saigner des oiseaux et constaté la rapide coagulation de leur sang. On disait volontiers qu'il est le plus coagulable de tous et qu'il se prend subitement en masse lorsqu'on le reçoit après décapitation ou au sortir d'une plaie. M. Delezenne nous montre qu'en réalité le sang d'oiseau, recueilli pur, reste indéfiniment liquide : il suffit pour cela de le puiser directement dans l'artère en lui évitant le contact des tissus blessés. La prise en caillot, vulgairement observée, est due, en effet, à l'intervention des tissus voisins. Celte expérience met en lumière le rôle d'un des agents essentiels du phéno- mène coagulatif (/a iromhokinasè). Elle a permis d'obtenir pour la première fois un plasma naturel, se conservant stable, qui a été utilisé non seulement en physiologie, pour l'étude intime de la coagulation (Bordet, Morawitz, Loeb, Spiro, Nolf, etc.), mais aussi en bactériologie pour ce qui a trait à l'origine et à la distribution des anticorps (Falloisç, Hewlet, etc.). Celte propriété du sang d'oiseau de résister presque indéfiniment à la coagulation spontanée appartient également au sang des reptiles, des batraciens et des poissons, c'est-à-dire à tous les vertébrés à globules rouges nucléés. Lne fortune pareille échut encore à M. Delezenne en ce qui concerne le suc pancréatique. Ce suc est Tagenl de la digestion des aliments albumi- noïdes : il n'y a pas de physiologiste qui n'ait éprouvé son pouvoir protéo- lytique. Et voici que M. Delezenne en le recueillant à l'étal de pureté, SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1271 par cathétérisme du canal de Wirsung, sans souillure de suc intestinal, nous le montre absolument inerte, incapable de digérer l'albumine. Il ne devient actif que grâce à l'intervention d'un agent étranger, l'entérokinase du suc intestinal. A la vérité, ici, la découverte avait été préparée par le physiologiste russe Pawlow et son élève Chépovalnikow qui avaient signalé l'action favorisante du suc intestinal. Mais il n'est plus question d'action favorisante : ce n'est pas assez dire. Le ferment du suc pancréatique est totalement inactif sur l'albumine ; il ne devient actif que par l'addition d'un complément indispensable, l'entérokinase. C'est le premier exemple d'une action diastasique due à un couple fermentaire. (Test une analogie entre l'action diastasique et l'action bactéricide ou cytotoxique des sérums. On voit ainsi que le suc intestinal (^kinase intestinale) est le complément, nous avons dit indispensable, du ferment pancréatique. Indispensable n'est pas le mot, car il n'est pas absolument spécifique. Il a un substitut que M. Delezenne nous a fait connaître, dans les sels de calcium. Le suc pan- créatique inerte vis-à-vis de l'alljumine est rendu actif en outre de l'entéro- kinase par les sels de calcium et ceux-là seulement : ni le baryum, ni le strontium, ni le magnésium ne peuvent remplacer le calcium. D'autre part, les sels de potassium s'opposent à l'efficacité du calcium. Un troisième exemple nous est fourni par l'étude de la digestion papaï- nique que M. Delezenne a faite avec M. Pozerski. La papaïne, fait paradoxal, peut digérer l'albumine avec une vitesse considérable à la tem- pérature inusitée de So^-gS". De sorte que si, prenant un m^ange d'albumine ou de serine avec la papaïne, on veut arrêter la digestion en chauffant à l'ébullition, comme on ferait pour toute autre fermentation diastasique, on a un résultat contraire : une notable partie de l'albumine serait hydrolysée. D'autres résultats peuvent encore être signalés dans l'œuvre de M. Dele- zenne : le fait que la strychnine, généralement considérée comme convul- sivante et capable de contracter les vaisseaux sanguins, est au contraire un vasodilatateur périphérique vrai ; la sensibilité des vaisseaux sanguins aux variations de pression, mise en évidence par une élégante expérience; l'intervention du foie dans le mécanisme de l'incoagulabilité du sang que provoque l'injection intravasculaire de propeptone, de sérum d'anguille, d'extrait de muscle d'écrevisse, de certaines toxines microbiennes et des sérums leucotoxiques ; une injection de l'un de ces liquides conférant l'im- munité contre une seconde injection de l'un quelconque des autres. Il faut enfin rappeler que M. Delezenne a, l'un des premiers, signalé l'existence C. R., 1909, >• Semestre. (T. U'J, N° 25.) IO9 1272 ACADEMIE DES SCIENCES. des sérunis cytotoxiques (hépatotoxique el névrotoxique) produits par les injections de bouillie d'organes, et que si la question est encore loin de sa solution, il y a un réel mérite à l'avoir amorcée. C'est en raison de cette œuvre originale et très nouvelle que la Commis- sion a jugé M. Delezenne digne d'une récompense que les physiologistes reçoivent d'ordinaire plus tardivement. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX POURAT. (Commissaires : MVI. C-hauveau, Bouchard, d'Arsonval, Roux, Laveran, Dastre, Henneguy.) L'Académie avait mis au concours la question suivante : De l'origine des anti ferments. Aucun Mémoire n'est parvenu à l'Académie. La question est maintenue, et le prix est prorogé à l'année 191 1. STATISTIQUE. PRIX MONTYON. (Commissaires : MM. de Freycinet, Haton de la Goupillière, Carnot, Rouché, Alfred Picard, le prince Roland Bonaparte, Tannery.) La Commission du prix Montyon de Statistique a reçu pour 1909 les envois de sept auteurs distincts. Elle décerne le prix de mille francs à M. Louis de Goy pour un ensemble d'études financières formant quatre fascicules qui portent les titres suivants : 1° Finances publiques et budgets départementaux, 1906; 2° Vindèpendance fiscale des pouvoirs locaucc et la liberté individuelle, 1907; SÉANCE DU 2() DÉCli.MBRli "jup. layS 3° La Situation rraie des Jtnances communales, 1908; 4° La nouvelle évaluation des propriétés non bâties, 1908. En second lieu, votre Commission décerne une mention honorable de cinq cents francs à M. le D'' Ausset pour son Ouvrage intitulé : Le bilan des Consultations de Nourrissons et des Gouttes de lait. La Commission croit de son devoir de citer, en outre, d'une manière très honorable, deux autres noms ex œquo et par ordre alphabétique : M. le D"" Broquix-Lacombe pour son Étude démographique de la ville de Troyes. M. RissER (René) qui a présenté deux Mémoires : I" Co/ilribution à rétablissement de Tables de mortalité ; 2° Études statistiques sur les recherches d'échelles -de salaires applicables à la population professionnelle française . Les Rapports détaillés qui suivent font connaître les motifs de ces réso- lutions. Ouvrage de M. Louis de Gov. — llapport de M. de Freycixet. M. Loms de Gov, sous-chef de bureau au Ministère des Finances, a pré- senté pour le concours une série d'études, publiées de 1906 à 1908, sous les titres (jui ont été énumérés ci-dessus. Ces quatre brochures, d'apparence modeste, résultent de longs travaux poursuivis avec persévérance et condensent en quelques pages les rensei- gnements essentiels contenus dans divers documents officiels. Elles con- tiennent des idées justes et originales et conduisent à des conclusions qui, sur quelques points, paraissent inattendues. L'auteur montre que, contraire- ment à une opinion assez répandue, les individus seraient moins défendus contre les excès de la fiscalité si les pouvoirs financiers des communes et des départements n'étaient pas soumis au contrôle de l'autorité centrale. Sous ce rapport l'extension de la décentralisation administrative serait plus nuisible qu'utile aux contribuables. La dernière brochure, relative à l'évaluation de la propriété non bâtie, s'attache à démontrer que l'application rigoureuse des baux aboutirait, pour la petite propriété, à un régime fiscal moins favorable que le système des évaluations parcellaires déterminées, à égalité de qualité ou de situation 1274 ACADÉMIE DES SCIENCES. des terres, d'après un tarif uniforme d'estimation à l'hectare. Cette indica- tion est intéressante à retenir. En résumé, les travaux de M. Louis ue Goy apportent un contingent utile à la préparation des mesui-es législatives. Et comme ils s'appuient, d'autre part, sur un dépouillemenl consciencieux des statistiques adminis- tratives, ils paraissent dignes de recevoir le prix Montyon. D'' AussET, professeur agrégé à Lille. Le bilan des Consultations de Nourris- sons et des Gouttes de Lait (travail extrêmement sérieux et qui mérite beaucoup d'attention). Rapport de M. Labbé (adjoint à la Commission). Elève de Budin, l'auteur rappelle que c'est Budin qui fonda à la Charité la première Consultation des Nourrissons, il y a i6 ans. Et c'est il y a i4 ans que le D"' Dufour a fondé la première Goutte de Lait, à Fécamp. Une Consultation des Nourrissons est un dispensaire où deux fois et, s'il se peut, quatre fois par mois, un médecin reçoit mères et bébés, conseille les premières, pèse les seconds, établit des fiches; puis à la mère, si elle allaite, on donne des secours soit en argent, i'^''par semaine, soiten nature, i'~*^, de viande par semaine ou 5'^*^ de pain ou un sac de charbon : si elle n'a pas assez de lait on lui donne du lail pasteurisé et l'on revient au premier ordre de secours si la lactation se rétablit : enfin si, malgré conseils et secours, son lait se tarit, elle reçoit gratuitement du lait pasteurisé tous les jours. La mère a dû être examinée, une enquête faite : on a essayé de maintenir l'allaitement maternel tant qu'on a pu et l'on n'arrive à l'allaitement artifi- ciel qu'en désespoir de cause. Or l'auteur, d'après son expérience, affirme que dans les milieux les plus pauvres on peut ainsi obtenir l'allaitement maternel au moins pendant les trois premiers mois (sauf pour les filles- mères), mois qui sont les plus dangereux pour les bébés. En un mot, la Consultation des Nourrissons a pour but foncier de relever l'allaitement maternel en entraînant les jeunes mères tant par les conseils et l'éducation que par l'encouragement qui résulte de dons en argent ou en nature. Elle entraine essentiellement l'examen médical de la mère, une enquête des motifs qui font que son sein manque de lait, et même, s'il est possible, une enquête sur l'état-civil. Une Goutte de Lait est un dispensaire où l'on donne du lait, pasteurisé ou du moins de bonne qualité, à tout venant qui peut prouver la pauvreté l SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. 1270 et le défaut de lactation : le médecin n'y parait qu'assez rarement et sou- vent à titre administratif ou autre. Résultat : si une Goutte de Lait est fondée dans un quartier pauvre, une femme, qui nourrissait fort bien son bébé au sein, apprend qu'on donne du lait gratuitement. Aussitôt elle tarit ses seins, fait jeûner l'enfant, le présente à la Goutte de Lait et trouve qu'elle a fait une bonne affaire. On a même vu une même femme se pré- senter à plusieurs Gouttes de Lait et recueillir ainsi le lait de plusieurs nourrissons. Ceci résulte du défaut d'examen et de surveillance médicale. Aussi Pinard a-t-il pu dire que ces dispensaires étaient un encouragement au biberon et une cause de mortalité. Aussi est-il indispensable de se rallier au programme strict de Budin, si l'on veut réellement relever la nourriture par la mère qui seule peut dimi- nuer la mortalité. Tout ce qui précède est exposé en divers points du Livre, surtout au début. L'auteur se livre ensuite à une longue étude statistique passant en revue tous les départements de France qui ont des dispensaires de l'un qu l'autre genre (66 départements). Les résultats varient, comme il le remarque, selon la manière dont le principe de charité a été appliqué. Là où des hommes de dévouement ont exécuté le programme de Budin, la mortalité est tombée de 100 pour 100 en 5 ans. Dans beaucoup de localités le résultat a été moyen; souvent il a été nul, et ici, par son analyse, l'auteur montre que ce mauvais résultat est dû à ce qu'on a réalisé exacte- ment la Goutte de Lait que nous avons décrite et non une Consultation des Nourrissons. Élude démographique sur la ville de Troyes, par le Jf Broquin-Lacombe. Rapport de M. Haïon de j>a Goupilliiciie. M. le D'' BiioQui.v-LAtoMBE a présenté à l'Académie un travail très soigné et très complet sur la statistique démographique de la ville de Troyes. Chacun des points étudiés (et ils sont très nombreux) se trouve éclairé d'une manière uniforme à l'aide d'une Notice concise, d'un Tableau numé- rique et d'un (irapliique fort bien exécutés. L'auteur s'étend de 1887 à 1903, afin de n'opérer que sur des bases suffi- samment sûres et complètes. Avec une grande franchise, il met en relief les côtés inquiétants qui semblent ressortir, pour la ville de Troyes, de ses diverses conclusions; de même qu'il compense ces mauvaises impressions 1-2'jG ACADÉMIE DES SCIENCES. (et pour lin plus grand nombre de points^ par d'autres qui sont, au con- traire, rassurantes et très encourageantes. Pour ce motif, il semblerait que la diffusion de cet Ouvrage, et tout d'abord son impression, pourraient intéresser la Municipalilé et l'agglo- mération Iroyeunes qui embrassent 53447 babitanls. L'étude de la natalité en premier lieu figure parmi les ombres au Tableau, comme d'ailleurs, malheureusement, dans toute la France. Elle a décru à Troyes entre 1887 et 190;") de 27 à 21 pour 1000, et semble à peine accuser une faible reprise. Il y a déficit des naissances sur les décès, et l'augmenta- tion de la population urbaine n'est due qu'à l'immigration. Or, on ne sau- rait, au point de vue national, se féliciter du perpétuel déversement de la population rurale dans les villes. On doit regretter également la proportion des deux natalités : légitime et illégitime. On trouve à Troyes une naissance de cette catégorie contre 3,5 légitimes; ce qui est plus que le double de la moyenne générale de France. Par contre, la mortinatalité est en voie marquée d'abaissement. La nuplialité augmente, mais sans être, malheureusement, suivie par la natalité, comme nous venons de le dire. Malheureusement aussi, la propor- tion des divorces augmente encore plus vite. Elle a été en 1906 de 1 sur 1000, ce qui est plus que double également de celle des grandes villes de 3oooo à 100000 habitants. L'étude de la mortalité est traitée par l'auteur avec un très grand détail et une compétence particulière. Le chiffre total est en voie de notable atté- nuation. La fièvre typhoïde a été très efficacement combattue par raniélioration du régime des eaux. La variole a traversé une crise que l'on peut consi- dérer comme accidentelle; et le D'' Broquin recommande d'abaisser à 5 ans, pour tous les âges de la vie, la période de revaccination. La diphtérie a subi une rétrogradation marquée par l'emploi du sérU|m Roux. Malheureuse- ment, la tuberculose pulmonaire est en augmentation constante, et l'auteur réclame une lutte énergique, et nécessairement longue, contre cet horrible fléau. La mortahté tuberculeuse dépasse le sixième du total général, et la phtisie pulmonaire y représente environ les cinq sixièmes des tuberculoses de toutes natures. Le cancer, qui augmenle à la vérité en tous pays, a presque doublé à Troyes en 20 ans. Il atteindrait également les hommes et les femmes, si ce n'était en raison des seins et des organes génitaux qui déterminent un excès pour le sexe féminin. Les femmes sont également SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1277 beaucoup plus maltraitées à Troyes par la méniii£;ile, contrairement à l'opi- nion qui règne dans les autres pays. Les maladies du cœur sévissent plus qu'à Paris, mais à peu près comme à Reims, à Bordeaux, à Lvon. La bron- chite aigui', la pneumonie donnent, pour le milieu troyen, des résultats très particulièrement satisfaisants. La diarrhée infantile est considérée, avec la tuberculose, comme le principal tléau. Une consultation organisée pour nourrissons a procuré de l'amélioration. L'auteur voudrait que l'on arrivât à donner, pendant le trimestre des chaleurs, pour rien ou pour un prix minime, du lait stérilisé aux indigents. Suivent divers Tableaux étudiant la mortalité par rues, par natures de métiers; lexamen anthropométrique de 5ooo à 6000 écoliers des deux sexes; l'alcoolisme qui est en voie d'amélioration. En résumé, l'excellent travail de M. le D'' Broquix-Lacombk nous semble dans cet examen, et jusqu'à la discussion comparative avec les autres can- didats, mériter, sinon le prix de mille francs^ tout au moins la mention honorable de cinq cents francs accordée par l'Académie sur le fonds Montyon pour la Statistique. Rapport de M. Ad. Caiixot sur les deux Mémoires manuscrits remis par M. Rknk Risser pour le concours de 1909. M. René Risser, ancien élève de l'Lcole Polytechnique, aujourd'hui actuaire du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, a présenté deux Mémoires manuscrits, qui sont relatifs : l'un aux Tables de mortalité de population, l'autre à la recherche d'échelles de salaires applicables en France. L Le premier est intitulé : Contribution à i établissement de Tables de mortalité de population. 11 fait suite à un autre Mémoire, dans lequel le même auteur avait analysé différentes formes de fonctions susceptibles de représenter, les unes les taux de mortalité, les autres le nombre des survivants d'âge x appartenant à un groupe professionnel donné, et dans lequel il avait cherché une fonction permettant de lixer le taux de mortalité dans le cas d'invalidité, problème qui se rattache à l'étude des taux de mor- talité par âges à l'entrée. Dans son nouveau travail, M. Risser a en vue la population entière d'un pays, indépendamment des groupes professionnels ou autres; il se propose de chercher les méthodes les plus correctes pour établir les taux de mortalité à l'âge x d'une façon générale. 1278 ACADÉMIE DES SCIENCES. Le Mémoire est divisé en quatre Chapitres : Le Chapitre I est consacré à exposer les différentes méthodes ordinaire- ment utilisées pour l'établissement d'une Table de mortalité de population, en indiquant les perfectionnements successivement apportés à ces méthodes. Le deuxième donne une comparaison des méthodes analytiques de Sprague, de Woolhouse, de Higham, pour l'ajustement des données du recensement (nombre des vivants aux différents âges) et des statistiques de Tétat-civil (nombre des décédés). Dans le Chapitre III, l'auteur cherche sur quelle précision on peut compter dans l'évaluation du taux de mortalité aux différents âges et montre la nécessité d'un ajustement des taux pour les âges extrêmes. Dans le quatrième Chapitre, il essaye une fonction simple à deux para- mètres, susceptible de représenter, avec une approximation suffisante, en général, le nombre des vivants entre o et i an. II. Le second Mémoire a pour titre : Essai statistique sur la recherche d'échelles de salaires applicables à la population professionnelle française. — A l'aide des documents statisli([ues publiés par l'Office du Travail, notam- ment de V Etude sur les salaires et la durée du travail dans l'Industrie fran- çaise (1892-189G), de YEnquéte décennale de 1892 sur l' Agriculture, de V Enquête sur la grande, la moyenne et la petite industrie en Belgique (1896) et de divers autres documents, l'auteur a essayé de déterminer des échelles de salaires pour les principaux groupes professionnels apparaissant dans l'élude des lois sociales et parliculièrenient dans celle des projets de retraites ouvrières actuellement en discussion. Il distingue les groupes suivants : I" Ouvriers et employés de l'Industrie, du Commerce et des professions libérales; • 2° Ouvriers et employés de l'Agriculture et des Forêts; 3° Fermiers, métayers et journaliers-propriétaires; 4° Domestiques attachés à la personne. Sur un grand nombre de points, les renseignements précis font défaut et il y faut suppléer par des hypothèses aussi motivées et aussi vraisemblables que possible. M. Risser paraît avoir apporté dans cette étude délicate un soin consciencieux et un jugement bien pondéré. La Commission a jugé que, par l'ensemble de ses deux Mémoires, M. RissEK méritait une citation très honorable. L'Académie adopte les conclusions du Rapport d'ensemble initial. SEANCE DU 20 DECEMBRE I909. 1279 HISTOIRE DES SCIENCES. PRIX BINOUX. (Commissaires : MM. Bouquet de la Grye, Grandidier, Poincaré, Guyou, Emile Picard, Tannery; Darboux, Guignard, rapporteurs.) La Commission décerne un prix de deux mille francs à M. P. Duhem, Correspondant de l'Académie, pour l'ensemble de ses travaux relatifs à l'histoire des Sciences. La Commission décerne un prix de mille francs à M. J.-ïî. de Tom, pro- fesseur à l'Université de Modène, qui a présenté pour le concours du prix Binoux une série d'études historiques sur la vie et les travaux de divers savants italiens des xv** et xvi^ siècles. Parmi ces études, celles qui con- cernent Lucas Ghini et Ulysse Aldrovandi sont particulièrement intéres- santes en raison des données originales qu'elles fournissent sur ces deux naturalistes. 1.,'Académie adopte les conclusions de ces Rapports. PRIX GEIVERAIJX. MÉDAILLE BERTHELOT. (Commissaires: MM. Bouchard, Emile Picard, Darboux, Ph. van Ticghcm. ) Sur la proposition de son Bureau, l'Académie décerne des Médailler- aux lauréats des prix de Chimie qui ne l'ont pas encore obtenue : MM. G. Blanc, Marcel Guerbet (prix Jecker); Jolibuis, Brunel (prix Cahours); Emile Lefranc, Paul Letellier, Maurice Perrot (prix Mon- tyon des Arts insalubres). C. R., i9»9. 2» Semestre. (T. 149, N° 25.) I70 ia8o ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX GEGNER. (Commissaires: MM. Bouchard, Emile Picard, Ph. van Tieghem, Maurice Levy, Bornet; Darboux, rapporteur. ) Le prix est attribué à M. J.-II. Fabre, Correspondant de l'Académie. PRIX LANNELOXGUE. (Commissaires: MM. Bouchard, Emile Picard, Yan Tieghem, Maurice, Levy, Bornet; Darboux, rapporteur.) La Commission administrative propose de partager le revenu de la fon- dation Lannelongue entre M""* Citsco et M""" de ]\abias. Cette proposition est adoptée par TAcadémie. PRIX TRÉMOlNT. (Commissaires: MM. Bouchard, Emile Picard, Van Tieghem, Maurice Levy, Bornet; Darboux, rapporteur.) Le prix est attribué à M. Ciiakles Fkémont. PRIX WILDE. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Troost, Poincaré, Emile Picard, Lippmann, VioUe; Darboux, rapporteur.) La Commission décerne le prix Wilde à M. Joseph Vallot, pour l'en- semble des travaux qu'il a accomplis dans le massif du mont Blanc. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1281 PRIX LONCHAMPT. (Commissaires : MM. Bouchard, Guignard, Roux, Prillieux, Laveran, Daslre ; Maiigin, rapporteur.) Votre Commission estime qu'il n'y a pas lieu de décerner ce prix, mais elle vous propose d'accorder un encouragement de i5oo francs à M. Claudius Roux, pour son travail sur la chlorose des végétaux. Ce tra- vail, constitué surtout par un historique de la question, renferme en outre une série d'expériences et d'observations sur la culture des plantes silicicoles en terrain calcaire; il y a là l'ébauche d'une série de recherches qui mé- ritent d'être poursuivies. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. PRIX SAINTOUR. (Commissaires : MM. Darboux, Poincaré, Zeiller, Lacroix, Douvillé, le prince Roland Bonaparte; Wallerant, rapporteur^) La Commission propose d'attribuer ce prix à MM. E.-F. Gautier et R. Chudeau. Depuis 1901, ces deux savants ont entrepris d'explorer le Sahara et de combler les lacunes de nos connaissances sur cette région encore si mysté- rieuse. Chacun d'eux a passé à peu près 2 ans dans le désert et il est inutile de rappeler ici les différents itinéraires suivis par eux. Ils viennent, en effet, de publier leurs résultats dans deux Volumes consacrés l'un au Sahara algérien et l'autre au Sahara soudanais, division adoptée exclu- sivement pour la commodité de l'exposition. Une revue rapide de ces deux Volumes nous permettra de juger de l'importance de leur œuvre. Dans le premier, M. Cautier, se plaçant à un point de vue général, fait une étude du sol, de l'hydrographie, des oueds et des dunes. Un Chapitre im- portant est consacré à l'Ethnographie, puis vient ensuite une description des régions secondaires telles que la Zousfana, la région de la Saoura, etc., etc. ; quoique se plaçant à tous les points de vue, ce sont surtout les caractères géologiques qui attirent son attention. Dans son Ouvrage sur le Sahara soudanais, M. Chudeau suit un plan un 128-2 ACADÉMIE DES SCIENCES. peu différent ; le Volume de M. Gautier lui sert en effet de préface et lui évite de traiter certaines questions. Il s'intéresse plus particulièrement aux questions de Géologie, de Géographie botanique et zoologique; il les étudie dans la pénéplaine centrale du Sahara, dans les hautes plaines du Soudan. Il consacre deux Chapitres à la Géographie ancienne, aux dunes fossiles et aux cours d'eau disparus. Après avoir décrit les gisements de substances utiles, il traite du commerce saharien. Les deux voyageurs ont, en outre, rapporté de nombreuses photographies, caries et coupes géologiques, cartes hygrométriques, sans parler de nombreux échantillons qui ont servi de bases aux déductions et conclusions exposées dans le cours de leurs Ouvrages. Nombreux sont donc les résultats que nous devons à MM. E.-F. Gautier et R. Chudeau et, sans parler des ])rivations et des fatigues qu'ils ont dû sup- porter, il ne faut pas oublier ce qu'il leur a fallu d'énergie et d'abnégation pour mener à bien le projet qu'ils avaient formé de nous donner une des- cription scientifique du Sahara. L'Académie adopte les conclusions d« ce Rapport. PRIX JEAN-JACQUES BERGER. (Commissaires : MM. de Freycinel, Maurice Lévy, Darboux, Troost, Cailletet, Emile Picard ; Alfred Picard, Charles Bouchard, rap- porteurs.) Rapport présenté par M. Alfred Picard, au nom de la Commission. Le prix quinquennal Jean-Jacques Berger, d'une valeur de iSooo'^'', doit être décerné à l'œuvre la plus méritante concernant la Ville de Paris. Après un examen attentif des diverses œuvres pouvant concourir utile- ment pour l'attribution de ce prix, la Commission en a retenu deux : la construction du chemin de fer métropolitain de Paris; les recherches du D' Calmette, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, sur l'épuration biolo- gique des eaux d'égout. Ces œuvres seraient récompensées, l'une en raison des résultais dès main- tenant acquis, l'autre à titre d'indication [pour les études relatives à l'amé- lioration de l'assainissement. Elles recevraient, la première 9000'^'', la seconde Gcoo*"'', SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1283 I. — Chemin de fer métropolitain municipal de Paris. Les premiers projets du Métropolitain de Paris tendaient à en faire un instrument à destinations multiples, assurant la jonction entre les gares des grands réseaux, permettant la pénétration de ces réseaux dans l'intérieur de la capitale et desservant la circulation urbaine. Ils donnaient lieu à des diffi- cultés très graves de construction et d'exploitation, en même temps qu'ils se prêtaient mal aux accords nécessaires entre l'Etat et la Ville. Poussés par les nécessités pressantes des transports urbains pendant l'Ex- position universelle de 1900, les Pouvoirs publics abandonnèrent les con- ceptions initiales, résolurent de séparer les instruments affectés aux divers objets qu'ils avaient eus d'abord en vue, retinrent pour l'Etat les pénétra- tions des grandes lignes dans Paris et autorisèrent la Ville à établir un métropolitain urbain comme chemin de fer d'intérêt local. Le plan général élaboré par la municipalité n'épousait pas seulement les principaux courants de la circulation parisienne. Tl prenait, dans une juste mesure, contact avec les quartiers périphériques, mal reliés jusque-là au centre de la ville. Cependant la première déclaration d'utilité publique, prononcée en 1898, fut limitée à six lignes, mesurant ensemble 03'""; encore la Ville ne s'engageait-elle de façon irrévocable que pour 42""". Des exten- sions successives, décidées au fur et à mesure que venait le succès, condui- sirent au développement actuel de 87"^", 5. Quelques tronçons nouveaux sont à l'étude. D'après les combinaisons qui ont prévalu, la Ville s'est réservé la con- struction de l'infrastructure et a concédé l'exécution de la superstructure ainsi que l'exploitation. La superstructure comprend l'accès aux stations et l'équipement électrique. Grâce à l'indépendance vis-à-vis des grands réseaux, le métropolitain municipal a été affranchi de leurs conditions d'établissement et d'exploita- tion. Il est devenu possible de réaliser des simplifications et des économies considérables, de réduire la largeur du matériel et le gabarit de l'infra- structure, d'appliquer exclusivement le système des trains courts et nombreux, d'abaisser à 75°» la limite inférieure du rayon des courbes, d'élever à 40 millièmes la limite supérieure des déclivités. La diminution de rayon des courbes permettait d'évoluer sous la plupart des places ou même des carrefours, sans toucher aux immeubles riverains et, par suite, sans courir les risques redoutables des expropriations. L'augmentation du maxi- mum de déclivité donnait le moyen, soit de passer au-dessus ou au-dessous 1284 ACADÉMIE DES SCIENCES. des obstacles intangibles que recelait le sous-sol, soit d'aborder les régions les plus élevées de la ceinture des collines parisiennes, qui, apriori^ parais- saient devoir être presque exclues du bienfait des moyens de transport rapide. La pénétration dans tous les quartiers de la capitale eût suffi, à défaut d'autre considération, pour imposer l'établissement en souterrain. Huit kilomètres seulement appartenant aux premières lignes et correspondant aux traversées extrêmes de la Seine ou à des dépressions secondaires de la périphérie se trouvent en viaduc. Pour la détermination de Fallitude du souterrain, les ingénieurs ont admis en principe une différence de niveau de 6'" à 7'" entre, les rails et la chaussée. Cette distance se prêtait à l'exécution de voûtes maçonnées, dans les conditions voulues de sécurité, l'allé n'obligeait le public qu'à une des- cente ou à une ascension modérée et d'ailleurs coupée par un palier. Aucun ébranlement des édilices n'était à craindre, même dans les rues les plus étroites empruntées par le chemin de fer. Les ouvrages allaient être, k la vérité, au niveau des égouts de la Ville, et des remaniements onéreux de ces égouts pouvaient devenir nécessaires. Néanmoins, le service municipal maintint la solution envisagée dès le début. Cette solution, inverse de celle des « tubes » de Londres placés à grande profondeur, présente de tels avan- tages qu'elle a été appliquée et, peut-on dire, imitée dans toutes les grandes métropoles pourvues de chemins de fer souterrains, à New-York, à Boston, à Philadelphie, à Berlin. A peine est-il besoin d'ajouter que les circonstances locales ont commandé certaines exceptions, tantôt lorsqu'une ligne devait passer sous d'autres lignes ou sous des obstacles intangibles, tantôt lorsque, malgré Femploi de la déclivité maximum, le développement manquait pour se rapprocher des plateaux de la périphérie. Les constructeurs se sont efforcés de réduire le nombre des exceptions; ils étaient impuissants à les supprimer. Delà, quel- ques stations profondes, où la nécessité d'ascenseurs est apparue. Les ascen- seurs coûtent fort cher ; de longs débats se sont engagés entre la Ville et le concessionnaire sur l'imputation des dépenses; finalement une entente est intervenue et l'installation a été résolue pour toutes les stations situées à plus de 12™ ou parfois à plus de q" de profondeur. Rarement les ingénieurs ont eu l'occasion de montrer leur œuvre au grand jour. Il y a lieu cependant de citer les deux viaducs de Passy et d'Austerlitz, qui tiennent dignement leur place dans la remarquable série des ponts de^Paris. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1285 En général, les travaux ont conservé le caractère ingrat propre aux ouvrages souterrains. De tels ouvrages ne peuvent être vraiment connus que par leur auteur; la difficulté vaincue s'y révèle d'autant moins après l'achè- vement qu'elle a été plus habilement surmontée. Or le sous-sol de Paris réservait aux constructeurs d'incessantes difficultés : dans le centre de la capitale, terrains de remblai inconsistants et sillonnés en tout sens par des canalisations qui constituaient de véritables rivières, ou, en cas d'abaisse- ment du niveau, graviers aux eaux abondantes; dans la périphérie, terrains déjà mauvais à l'état naturel et rendus dangereux par d'anciennes exploita- tions souterraines dont l'allure était mal connue. Quelques exemples feront bien comprendre tout ce qu'il fallut de tenace ingéniosité aux construc- teurs. Troislignessecroisent et se superposent au milieu de la place de l'Opéra. La plus basse plonge dans la nappe d'eau dont la présence suscita jadis tant d'embarras à l'illustre architecte Garnier. Les ingénieurs sont parvenus, par le fonrage à l'air comprimé de trois grands massifs en maçonnerie, à sauvegarder entièrement la sécurité de la circulation publique et celle de l'exploitation des lignes supérieures jusqu'à l'achèvement des travaux. Si la Seine a pu être franchie trois fois à ciel ouvert, trois autres traver- sées ont dû s'accomplir sous le lit du fleuve. De ces dernières traversées, la plus importante est celle de la Cité. Elle a exigé des dispositions spéciales de la rue de Rivoli au boulevard Saint-Germain, sur une longueur de 1 100" environ, dans lacjuelle se rencontrent deux stations d'une portée presque double de celle du souterrain ordinaire. Pour ces stations, comme pour le passage des deux bras du fleuve, l'ouvrage, construit d'avance et renforcé de métal, a été descendu verticalement sur de vastes caissons foncés à l'air comprimé. Le surplus du souterrain, à tracé sinueux, suivant des rues étroites ou passant sous de grandes constructions, s'est achevé sans accident. Une seconde traversée, à l'aval du pont de la Concorde, s'effectue par cheminement horizontal en dessous de la Seine. La troisième traversée, en aval du pont Mirabeau, est exécutée, de même que la première et avec un égal succès, au moyen de caissons foncés à l'air comprimé. Aux abords, notamment sur la rive gauche, les ingénieurs ont eu à lutter contre des eaux extraordinairement abondantes. Trois traversées se sont également imposées sous les canaux municipaux Saint-Martin et Saint-Denis, qui ont été en grande partie ouverts dans le gypse. Le sous-sol, excavé par la dissolution de ce minéral sous l'influence 1286 ACADÉMIE DES SCIENCES. des filtrations, rendait les travaux extrêmement périlleux ; on ne pouvait, d'ailleurs, vider les canaux et interrompre la navigation. Aussi les galeries étaient-elles constamment menacées et quelquefois envahies. Pourtant tout accident a été évité. Il ne sera pas inutile de rappeler encore les conditions véritablement uniques d'établissement de la ligne qui traverse le parc des Buttes-Chau- mont, puis les anciennes .carrières d'Amérique, pour aboutir à la place du Danube. Le tracé recoupait toutes les exploitations de gypse qui, au siècle dernier, ont entamé le versant nord des coteaux de Belleville, et personne n'avait de donnée certaine sur l'état du sous-sol que recouvrent les remblais accumulés à la surface. A l'avant et à la traversé du parc des Buttes-Chau- mont, le chemin de fer se trouvait au fond des anciennes carrières et sup- portait, en certains points, plus de 3o'" de remblais humides. Près de la place du Danube, au contraire, le tunnel occupait le sommet d'énormes remblais; les constructeurs durent pousser jusqu'au terrain solide des puits ayant parfois 4o" de profondeur, les remplir de béton, faire une sorte de viaduc noyé dans les terres. Rien ne serait plus aisé que de multiplier ces exemples. A chaque pas, des difficultés surgissaient. Au milieu des canalisations diverses qui s'enche- vêtrent dans le sous-sol et des édifices qui couvrent la superficie, la moindre défaillance aurait eu des conséquences désastreuses. La prudence et l'habi- leté des constructeurs ont été couronnées de succès. Dès maintenant, 57'"™ sont livrés au service public. Le trafic kilomé- trique atteindra, en 1909, 5 millions et demi de voyageurs, chiffre qui n'a encore été réalisé sur aucun autre chemin de fer. Pour le réseau complet, la dépense sera de 800 à 900 millions, dont les deux tiers à la charge de la Ville. Parmi les travaux d'intérêt parisien entrepris au cours des dernières années, il n'en est pas qui soient susceptibles d'offrir tant d'avantages sociaux et économiques. Dans son ensemble, le réseau métropolitain de Paris présente une ordon- nance heureuse, produit amplement les effets utiles qui en étaient attendus et peut soutenir la comparaison avec l'une quelconque des œuvres analogues du monde. Telles sont les raisons déterminantes de la décision prise par la Com- mission. La somme de 9000'^'' serait ainsi répartie entre le chef du service technique et ceux de ses collaborateurs dont la participation aux travaux a été le plus SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. 1287 active : MM. BiExvExï'E, inspecteur général des Ponts et Chaussées, chef du Service Sooo'"' liiETTE, ingénieur en chef, adjoint au chef du Service. 1000'^'' LocHEKER, ingénieur en chef, adjoint au chef du r- • ' 0000 J^ervice 1000 Thomas, ingénieur municipal 1000 Faillie, conducteur principal des Ponts et Chaus- 1 sées 750 j Hervieu, conducteur principal des Ponts et Chaus- ' ^ ■ JOOO sees 700 t Chagvaud, entrepreneur de travaux publics 750 1 Daydé et Pillé, constructeurs 700 I Total 9000" nappait de M. Bouchard. II. — Recherches sur l épuration biologique des eaux d'égout. Depuis Tannée 1903, dans une série de Mémoires publiés par la Revue d'Hygiène et successivement dans quatre Volumes édités par la Caisse nationale des Recherches scientifiques, M. Calmette a fait connaître les recherches importantes qu'il poursuit avec l'aide de ses collaborateurs, MM. Uolants, BouUanger, Constant et Massol, sur l'épuration biologique des eaux d'égout. On sait que le principe de cette épuration consiste à réaliser la minérali- sation rapide des matières organiques contenues dans les eaux d'égout au moyen d'un système d'épandage intermittent sur un sol artificiel, véritable support microbien, particulièrement apte au développement et au travail intensif des ferments nitrificaleurs. La méthode, dérivée des travaux du chimiste anglais DilKlin, a été appliquée avec succès par de nombreuses villes anglaises, allemandes et américaines, à l'épuration des eaux d'égout urbaines. On compte actuel- lement plus de aSo villes anglaises et 64 villes allemandes qui l'ont adoptée dans des conditions un peu diftërentes les unes des autres et qui s'en déclarent très satisfaites. En France, rien ou presque rien n'a été fait dans cet ordre d'idées, soit parce que les municipalités y sont trop indifîérentes aux questions d'assainissement, soit parce qu'on a cru tout d'abord trouver C. R., 1909, ." Semestre. (ï. 149, N" 25.) I7 I 1288 ACADÉMIE DES SCIENCES. dans l'utilisation agricole une solution plus convenable. Or l'expérience prouve que celle-ci ne peut èlre pratiquée que dans les cas tout à fait exceptionnels où l'on dispose, au voisinage immédiat des villes, de terrains peu coûteux, faciles à di'ainer et à cultiver, d'une perméabilité ])arfaite et homogène. Kn dehors de ces conditions, l'épandage avec irrigation ciiltu- rale expose les nappes souterraines et les rivières à des |)ollutions particu- lièrement graves, de sorte qu'on est obligé d'y renoncer. En conséquence, dans l'immense majorité des cas, on ne peut réaliser l'épuration des eaux d'égout que par les nouveaux procédés biologiques artificiels, les traite- ments chimiques étant beaucoup trop coûteux et ne permettant d'ailleurs pas de minéraliser les matières organiques putrescibles qui se trouvent à l'état de solution dans les eaux d'égout. Les travaux de M. Calmette et de ses collaborateurs nous ont fait con- naître comment l'épuration biologique pouvait être pratiquement et éco- nomiquement réalisée. Grâce aux expériences nombreuses effectuées depuis 1904 à la station créée par la Caisse nationale des Recherches scientifiques à la Madeleine, près de Lille, nous sommes aujourd'hui fixés sur les condi- tions de cette épuration et sur les résultats qu'on doit en attendre. Les meilleurs systèmes de distribution, les meilleurs matériaux utilisables pour la constitution du sol artificiel poreux auquel on donne le nom de lit bacté- rien, sont maintenant précisés. Parallèlement à ces essais d'ordre pr.itique, le D'' Calmette effectuait ou dirigeait des recherches théoriques en vue d'élucider le mécanisme de l'épuration biologique. Les quatre Volumes qu'il a publiés renferment des données nouvelles et précieuses sur la symbiose des ferments nitreux et nitriques, sur la solubilisation et la gazéification des matières organiques en suspension dans les eaux d'égout sous l'influence des fermentations anaé- robies, sur le travail d'oxydation des lits bactériens, sur les matières col- loïdales des eaux d'égout et sur les conditions d'épuration de certaines eaux résiduaires industrielles. Ces études, dont les résultats scientifiques et pratiques méritent d'être mieux connus des ingénieurs et des autorités sanitaires, constituent la plus complète monographie que nous possédions actuellement sur un sujet qui intéresse au plus haut point l'hygiène publique. La Commission décerne à M. le D'' Calmette, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, une part de six mille francs du |)rix Jean-Jacques Berger. L'Académie adopte les conclusions de ces Rapports. I I SÉANCE DU 2() DÉCEMBRE 1909. 1 289 VmX PETIT D'ORMOY (Sciences mathématiques). Le prix n'est pas décerné. PRIX PETIT D'ORMOY (Sciences naturelles). Le prix n'est pas décerné. PRIX PIERSOA-PÉRIN. (Commissaires : MM. Maurice Levy, Roussinesq, Lippmann, VioUe, Vieille, Villard ; Amagal, rapporteur.) M. E. Mercadiku a effectué depuis plus de 3o ans une série considé- rable de travaux relatifs à racousti([uc, à la radiophonie, à l'élasticité, à l'éleclroniagnétisnie et à la télégraphie. En acoustique, il suffira de rappeler les travaux faits en collaboration avec Cornu, par une méthode nouvelle, sur la mesure des intervalles musicaux. Dans la branche récente de la Physique à laquelle il a donné le nom universellement adopté de liadiophonie, M. Mercadier a élucidé les phéno- mènes sonores découverts par Graham Bell, qui se produisent quand des rayons rendus périodiquement intermittents tombent sur une lame d'un corps quelconque ; il a montré que les sons étaient produits dans la couche d'air environnant la lame par les radiations thermicjues et non lumineuses, et il put ensuite, en perlV'Ctioiinant les appareils, reproduire à distance, en même temps que Graham Bell, le chant et la panUe articulée; c'était la première solution du problème actuellement étudié d'une autre façon sous le nom de Téléphonie sans fil. De plus, en étudiant les effets des radiations intermittentes sur du sélénium traversé par un courant électrique, M. Mercadier montra que ces effets étaient photophoniques, c'est-à-dire dus à des radiations lumineuses, ces radiations correspondant aux parties verte, jaune et rouge du spectre solaire; il fut ainsi conduit à construire des types de récepteurs au sélénium employés aujourd'hui dans l'étude des problèmes relatifs à la photographie et à la vision à distance. Les travaux de M. Mei'cadier sur l'élasticité ont débuté par une élude 1290 ACADEMIE DES SCIENCES. complète du mouvement vibratoire des diapasons qui Va. conduit à la cons- truction d'un instrument très connu aujourd'hui, V électrodiapason . Dans le même ordre de recherches, M. Mercadier a vérifié, en enregistrant leurs observations, les lois du mouvement des lames élastiques rectangu- laires et circulaires, et il a déduit de ces lois une méthode nouvelle pour la détermination des constantes A et a de Lamé et du coefficient d'élasticité des métaux, particulièrement de l'acier pur et des aciers au nickel. Ces dernières recherches conduisirent M. Mercadier à étudier la théorie du téléphone ; il montra par des expériences très variées que les vibrations de la membrane encastrée de cet instrument sont moléculaires et que les vibrations d'ensemble qui peuvent se produire ne constituent que des perturbations et sont précisément la cause de l'altération du timbre et du nasillement dans la production de la voix. D'autre part, quand la membrane circulaire est assez épaisse et qu'au lieu d'être encastrée elle est simplement posée sur trois points de la nodale circulaire caractéristique du son du premier harmonique, alors, sous l'action de courants périodiques de même période traversant l'électro-aimant, la membrane vibre énergiquement; mais, si la période des courants est un peu différente, elle ne vibre plus. M. Mercadier a construit sur ces principes une sorte de téléphone qui ne vibre énergiquement que sous l'action de courants de même période que celle de sa membrane ; il a donné à cet instrument le nom do monotéléphone : c'est une sorte de résonnateur électromagnétique à vibrations amorties. En se servant d'appareils de ce genre et en employant des courants alter- natifs de faible voltage et de courte période produits par des électrodia- pasons, M. Mercadier a démontré que ces courants peuvent se propager sur un conducteur dans les deux sens simultanément et se croiser sans altération, conformément à la théorie des petits mouvements mécaniques. Dès lors, en plaçant à chaque extrémité d'une ligne télégraphique des électrodiapasons de périodes différentes et le même nombre de monotélé- phones de même période, on doit pouvoir transmettre et recevoir sur celte ligne, à un moment quelconque, un nombre quelconque de signaux diffé- rents, simultanés et indépendants. Tels sont les principes sur lesquels repose la construction de l'appareil télégraphique imaginé par M. Mercadier et appelé par lui télégraphe multiplex. Ce système a été réalisé : il a fonctionné sur des circuits de 5oo'"" et 900*"" à double fil, et même, récemment, avec un seul fil communiquant avec la terre à ses deux extrémités. Outre ces travaux dont l'importance théorique et pratique est déjà SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. 1291 considérable, on doit encore à M. Mercadier des recherches fort intéres- santes sur l'élasticité statique et dynamique des fils métalliques et tout un ensemble de recherches théoriques relatives aux dimensions des grandeurs électriques et magnétiques, aux relations générales entre les coefficients des lois fondamentales de l'électricité et du magnétisme, etc., etc. ; malgré l'intérêt qu'ils présentent, je ne fais que rappeler ici ces travaux; ceux^ que je viens de résumer suffiraient seuls, largement, pour justifier l'attribution faite à M. Mercadiek du Prix Pierson-Périn. L'Académie adopte les conclusions de ce Piapport. FONDATION LECONTE (Arrérages). (Commissaires : MM. Bouchard, Emile Picard, Ph. van Tieghem, Bornet; Darboux, rapporteur.) La Commission administrative propose de décerner : Un prix de deux mille francs à M. Rrrz, pour ses travaux de Physique mathématique et de Mécanique ; Un prix de deux mille francs à M. Lebeuf, directeur de l'Observatoire de Besançon, pour ses travaux chronométriques et astronomiques, et en particulier pour sa participation à la publication des Œuvres de Laplace. Cette proposition est adoptée par l'Académie. PRIX FONDÉ PAR M""^^ la marquise de LAPLACE. Une Ordonnance royale a autorisé l'Académie des Sciences à accepter la donation, qui lui a été faite par M™" la Marquise de Laplace, d'une rente pour la fondation à perpétuité d'un prix consistant dans la collection com- plète des Ouvrages de Laplace, qui devra être décerné chaque année au premier élève sortant de l'Ecole Polytechnique. Le Président remet les cinq Volumes de la Mécanique céleste^ Y Exposition du Système du monde et le Traité des Probabilités à M. Vaucheret ( André- Victor-Etiex.ve), sorti premier de l'École Polytechnique et entré, en qua- lité d'Élève-Ingénieur, à l'École nationale des Mines. Ilfyi ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX FONDÉ PAR M. FÉLIX RIVOT. Conformément aux termes de la donation, le prix Félix Rivot est partagé entre MM. Vaucheket (A.\DRi1:-Vi(.TOR-EriEx.\E) et He\tsciiel (Albert- Théodore), entrés les deux premiers en (jualité d'Elève-Ingvnieur à l'Ecole nationale des Mines, et MM. I^Iessiaii (Ren.iamin) et CouRTAi'). Ce prix triennal sera décerné, s'il y a lieu, en 191 3, à Fauteur du meilleur travail sur les applications diverses de rÉlectricité dans les Arts, l'Industrie et le Commerce. PRIX VICTOR RALLIN (i5oo"). Prix à cycle variable et à sujets alternatifs. , {Voir, page 1017, les conditions générales.) Le prix Victor Raulin, qui sera décerné, s'il y a lieu, en 1914, a pour but de faciliter la publication de travaux relatifs à la Météorologie et Physique du slohe. CHIMIE. PRIX .TECKER (10000^'). Ce prix annuel est destiné à récompenser les travaux les plus propres à hâter les progrès de la Chimie organique. PRIX CAHOURS (3ooo"). M. Auguste Cahours a légué à l'Académie des Sciences la somme de cent mille francs. Conformément aux vœux du testateur, les intérêts de cette somme se- ront distribués chaque année, à titre d'encouragement, à des jeunes gens l3o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. qui se seront déjà fait connaître par quelques travaux intéressants et plus particulièrement par des recherches sur la Chimie. PRIX M0NTY(3N (ARTS INSALUBRES). (Un prix de aSoo'^'' et une mention de iSoo'^''.) Il sera décerné chaque année un prix et une mention aux auteurs qui auront trouvé les moyens de rendre un art ou un mélier moins insalubre. L'Académie juge nécessaire de faire remarquer que les récompenses dont il s'agit ont expressément pour objet des découvertes et inventions qui diminueraient les dangers des diverses professions ou arts mécaniques. Les pièces admises au concours n'auront droit au prix qu'autant qu'elles contiendront une découverleparfailement déterminée. Si la pièce a été produite par l'auteur, il devra indiquer la partie de son travail où cette découverte se trouve exprimée; dans tous les cas, k Com- mission chargée de l'examen du concours fera connaître que c'est à la dé- couverte dont il s'agit que le prix est donné. PRIX L. LA CAZE (10000^'). Ce prix biennal {') sera décerné, s'il y a lieu, en 191 2, à l'auteur, français ou étranger, des meilleurs travaux sur la Chimie. Il ne pourra pas être partagé. PRIX BERTHELOT (Sgo^'). Ce prix biennal, attribué à des recherches de Synthèse chimique, sera décerné, s'il y a lieu, en 191 2. (') Le cycle biennal ramenait le pris en 191 1, une mesure administrative l'a pro- rogé à 1912. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. 1807 MINERALOGIE ET GEOLOGIE. PRIX DELESSE (1400^'). Ce prix biennal^ fondé par M™^ V"* Delesse, sera décerné, s'il y a lieu, en 191 1, à l'auteur, français ou étranger, d'un travail concernant les Sciences géologiques, ou, à défaut, d'un travail concernant les Sciences minéralogiques. PRIX JOSEPH LARBÉ (1000"). Ce nouveau prix biennal^ fondé conjointement par la Société des Acié- ries de Longwy et par la Société anonyme métallurgique de Gorcy, est destiné à récompenser les auteurs de Travaux géologiques ou de recherches ayant efficacement contribué à mettre en valeur les richesses minières de la France^ de ses colonies et de ses protectorats ^ ou, à défaut de titulaire pour l'objet indiqué, à récompenser l'auteur de tout travail fait dans l'intérêt général. Le prix sera décerné, s'il y a lieu, en 191 1 (' j. PRIX FONTANNES (2000^0. Ce prix triennal, attribué à l'auteur de la meilleure publication paléonto- logique, sera décerné, s'il y a lieu, en 191 1 . {') Une somme supplémentaire de mille francs, une fois donnée par les fondateurs, a permis à l'Académie de décerner le prix pour la première fois en 1909, année de la fondation. l3o8 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX VICTOR RAULIN (iSoo'^'^). Prix à cycle variable et à sujets alternatifs. (Voir, page iSf], les conditions générales.) Le prix, qui sera décerné s'il y a lieu en 191 1 , a pour but de faciliter la publication de travaux relatifs à la Géologie et Paléontologie . Le prix, qui sera décerné s'il y a lieu en 191 2, a pour but de faciliter la publication des travaux relatifs à la Minéralogie et Pétrographie. BOTANIQUE. PRIX DESMAZIÈRES (1600^0- Ce prix annuel est attribué « à l'auteur, français ou étranger, du meil- » leur ou du plus utile écrit, publié dans le courant de l'année précédente, » sur tout ou partie de la Cryplogamie ». PRIX MONTAGNE (i5oof^). M. C. Montagne, Membre de l'Institut, a légué à l'Académie la totalité de ses biens, à charge par elle de distribuer chaque année, sur les arré- rages de la fondation, un prix de i5oo'^'' ou deux prix : l'un de 1000'^'', l'autre de Sog'"", au choix de la Section de Botanique., aux auteurs, français ou naturalisés français, de travaux importants ayant pour objet l' anatomie ., la physiologie., le développement ou la description des Cryptogames inférieurs (Thallophytes et Muscinées). SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. iSop PRIX DE COINCY (900^')- M. A. -H. Cornut de Lafontaine de Coincy a légué à l'Académie des Sciences une somme de 3oooo''', à la charge pai' elle de fonder un prix pour être donné chaque année à l'auteur d'un Ouvrage de Phanérogamie écrit en latin ou en français. PRIX THORE (200^0- Ce prix annuel est attribué laUernaliveiuent aux travaux sur les Crypto- games cellulaires d'Europe et aux recherches sur les mœurs ou l'ana- tomie d'une espèce d'Insectes d'Europe. Il sera décerné, s'il y a lieu, en 191 1, au meilleur travail sur les Cryptogames cellulaires d'Europe. PRIX DE LA FONS-MÉLICOCQ (900'^). Ce prix triennal sera décerné, s'il y a lieu, en igiS, « au meilleur Oui'rage de Botanique., manuscrit ou imprimé, sur le nord de la France, 1) c'est-à-dire sur les départements du Nord, du Pas-de-Calais, des Ardennes, » (le la Somme, de l'Oise et de l' Aisne ». ECONOMIE RURALE. PRIX BIGOT DE MOROGUES (1700"). Ce prix décennal sera décerné, s'il y a lieu, en 191 3, à V Ouvrage qui aura fait faire le plus de progrès à V Agriculture en France. l3lO ACADÉMIE DES SCIENCES. ANATOMIE ET ZOOLOGIE. PRIX S A VIGNY (iSoof'-). Ce prix annuel^ fondé par M"® Letellier pour perpétuer le souvenir de Le Lorgne de Savigny, ancien Membre de l'Institut de France et de l'Insti- tut d'Egypte, sera employé à aider les jeunes zoologistes voyageurs qui ne recevront pas de subvention du Gouvernement et qui s'occuperont plus spéciale- ment des animaux sans vertèbres de l'Egypte et de la Syrie. GRAND PRIX DES SCIENCES PHYSIQUES. (Prix du Budget : 3ooof^) Prix jjiennal à sujet variable. L'Académie rappelle qu'elle a mis au concours, pour l'année 191 1, la question suivante : Étude morphogénique des caractères d'adaptation à la vie arboricole chez les Vertébrés. PRIX CUYIER (iSoo'"^). Ce prix biennal, attribué à l'Ouvrage le plus remarquable sur la Paléontologie zoologique .^ l'Analomie comparée ou la Zoologie, sera décerné, s'il y a lieu, en igi i . PRIX DA GAMA MACHADO (.200'^'^). Ce prix triennal, attribué aux meilleurs Mémoires sur les parties colo- rées du système tégumentaire des animaux ou sur la matière fécondante des êtres animés., sera décerné, s'il y a lieu, en 19 12. PRIX THORE (200^0- Voir page iSog. Ce prix alternatif sera décerné, s'il y a lieu, en 1912, au meilleur travail sur les mœurs et l'anatomie d'une espèce d'Insectes d'Europe. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. l3ll MEDECIl\E ET CHIRURGIE. PRIX MONTYON (Pri\de 25oof'' /mentions de i5oo'''.) Conformément au testament de M. A. de Montyon, il sera décerné, tous les ans, un ou plusieurs prix aux auteurs des Ouvrages ou des décou- vertes qui seront jugés les plus utiles à l'art de guérir. L'Académie juge nécessaire de faire remarquer que les prix dont il s'agit ont expressément pour objet des découvertes et inventions propres à perfectionner la Médecine ou la Chirurgie. Les pièces admises au Concours n'auront droit au prix qu'autant qu'elles contiendront une découverte parfaitement déterminée. Si la pièce a été produite par l'auteur, il devra indiquer la partie de son travail où cette découverte se trouve exprimée; dans tous les cas, la Com- mission chargée de l'examen du concours fera connaître que c'est à la dé- couverte dont il s'agit que le prix est donné. PRIX BARBIER (aooo^). Ce prix annuel esl attribué à « l'auteur d'une découverte précieuse dans » les Sciences chirurgicale, médicale, pharmaceutique, et dans la Botanique » ayant rapport à l'art de guérir » . PRIX BRÉANT (looooof')- M. Bréant a légué à l'Académie des Sciences une somme de cent mille francs pour la fondation d'un prix à décerner « à celui qui aura trouvé » le moyen de guérir du choléra asiatique ou qui aura découvert les causes » de ce terrible fléau ». C. R., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N» 25.) ly^l l3l2 ACADÉMIE DES SCIENCES. Prévoyant que le prix de cent mille francs ne sera pas décerné tout de suite, le fondateur a voulu, jusqu'à ce que ce prix fût gagné, que Xintérêt (ht capital fût donné à la personne qui aura fait avancer la Science sur la question du choléra ou de toute autre maladie épidéniique, ou enfin que ce prix pût être gagné par celui qui indiquera le moyen de guérir radicale- ment les dartres, ou ce qui les occasionne. PRIX GODARD (looo"). Ce prix annuel sera donné au meilleur Mémoire sur l'anatoinic^ la phy- siologie et la pathologie des organes génito-urinaires . PRIX DU BARON LARREY (75of'). Ce prix annuel sera décerné à un médecin ou à un chirurgien des armées de terre ou de mer pour le meilleur Ouvrage présenté à l'Académie et traitant un sujet de Médecine, de Chirurgie ou d'Hygiène militaire. PRIX BELLION (1400''). Ce prix annuel, fondé par M"* Foehr, sera décerné aux savants « qui » auront écrit des Ouvrages ou fait des découvertes surtout profitables à la » santé de l'homme ou à l' amélioration de l'espèce humaine ». PRIX MÈGE (loooof). Le D'' Jean-Baptiste Mègealégué à l'Académie « dix mille francs à donner » en prix à V auteur qui aura continué et complété son Essai sur les causes qui » ont retardé ou favorisé les pro grés de la Médecine, depuis la plus haute anti- » quité jusqu'à nos Jours. » L'Académie des Sciences pourra disposer en encouragements des inté- » rets de cette somme jusqu'à ce qu'elle pense devoir décerner le prix. » SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. l3l3 PRIX CHAUSSIER (10000^0. Ce prix sera décerné tous les quatre ans au meilleur T^ivre ou Mémoire qui aura paru pendant cette période quadriennale, soit sur la Médecine légale, soit sur la Médecine pratique, et aura contribué à leur avancement. L'Académie décernera le prix Chaussier en 191 1. PRIX DUSGATE (-ooo^). Ce prix quinquennal sera décerné, s'il y a lieu, en 1910, à l'auteur du meilleur Ouvrage sur les signes diagnostiques de la mort et sur les moyens de prévenir les inhumations précipitées. PHYSIOLOGIE. PRIX MONTYON (750'^. L'Académie décernera annuellement ce prix de Physiologie expérimentale à l'Ouvrage, impi'imé ou manuscrit, qui lui paraîtra répondre le mieux aux vues du fondateur. PRIX PHILIPEAUX (900^0. Ce prix annuel est destiné à récompenser des travaux de Physiologie expérimentale. PRIX LALLEMAND (1800^^). Ce prix annuel est destiné à « récompenser ou encourager les travaux relatifs au système nerveux, dans la plus large acception des mots ». l3l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX L. LA GAZE (10000^^). Ce prix biennal (') sera décerné, s'il y a lieu, en i(ji-2, à l'auteur, français ou étranger, du meilleur travail sur la Physiologie. Il ne pourra pas être partagé. PRIX POURAT (looof'). (Question proposée pour l'année 1909, prorogée à 191 1.) De l'origine des antiferments . (Question proposée pour l'année 191 1.) Influence des éléments minéraux et en particulier du calcium sur l'activité des diastases digestives. (Question proposée pour l'année 191 2.) Apporter des documents nouveaux sur l' utilisation et l'assimilation des albu- minoides de la ration alimentaire. PRIX MARTm-DAMOl^HETTE (i4oo'^). Ce prix biennal, destiné à récompenser l'auteur dun Ouvrage de Phy- siologie thérapeutique, sera décerné, s'il y a lieu, en fpia. STATISTIQUE. PRIX MONTYON. (Un prix de 1000^'' et une mention de 5oo''^ ) L'Académie annonce que, parmi les Ouvrages qui auront pour objet une ou plusieurs questions relatives à la Statistique, celui (|ui, à sou jugement, (') Le cycle biennal ramenait le prix en 191 1, une mesni'e administrative l'a prorogé 3191'?. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. l3l5 contiendra les recherches les plus utiles sera couronné dans la prochaine séance pujilique. Elle considère comme admis à ce concours annuel les Mémoires envoyés en manuscrit, et ceux qui, ayant été imprimés et publiés, arrivent à sa connaissance. HISTOIRE DES SCIENCES. PRIX BINOUX (aooor--). Ce prix annuel est destiné à récompenser l'auteur de travaux sur l'His- toire des Sciences. PRIX ge:veraiix. MÉDAILLE ARAGO. Cette médaille sera décernée par l'Académie chaque fois qu'une décou- verte, un travail ou un service rendu à la Science lui paraîtront dignes de ce témoignage de haute estime. MEDAILLE LAVOISIER. Cette médaille sera décernée par l'Académie, aux époques que son Bui'eau jugera opportunes et sur sa proposition, aux savants qui auront rendu à la Chimie des services éminents, sans distinction de nationalité. Dans le cas où les arrérages accumulés dépasseraient le revenu de deux années, le surplus pourrait être attribué, par la Commission administrative, à des recherches ou à des publications originales relatives à la Chimie. l3l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. MEDAILLE BERTHELOT. Chaque année, sur la proposition de son Bureau, l'Académie décernera un certain nombre de « Médailles Bertlielot » aux savants ([ui auront obtenu, cette année-là, des prix de Chimie; à chaque Médaille sera joint un exemplaire de l'Ouvrage intitulé : La Synthèse chimique. PRIX GEGNER (SBoo'-). Ce prix annuel est destiné « à soutenir un savant qui se sera signalé par des travaux sérieux, et qui dès lors pourra continuer plus fructueusement ses recherches en faveur des progrès des Sciences positives ». PRIX LANNELONGUE (2000^). Ce prix annuel, fondé par M. le professeur Lannelongue, Membre de l'Institut, sera donné, au choix de l' Académie et sur la proposition de sa Commission administrative, à une ou deux personnes au plus, dans Vinjortune, appartenant elles-mêmes ou par leur mariage, ou par leurs pore et mère, au monde scientifique, et de préférence au milieu scientifique médical. PRIX TRÉMONT(iioof). Ce prix annuel est destiné « à aider dans ses travaux tout savant, ingé- nieur, artiste ou mécanicien, auquel une assistance sera nécessaire pour atteindre un but utile et glorieux pour la France ». PRIX WILDE. (Un prix de 14000'^'' ou deux prix de 2000'^''.) M. Henry Wilde a fait donation à l'Académie d'une somme de cent trente- sept mille cinq cents francs. Les arrérages de cette somme sont consacrés à la fondation à perpétuité dun prix annuel qui porte le nom de Prix Wilde. L'Académie, aux termes de cette donation, a la faculté de décerner, au lieu d'un seul prix de quatre mille francs, deux prix de deux mille francs chacun. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. l3l7 Ce prix est décerné chaque année par l'Académie des Sciences, sans distinction de nationalité, à la personne dont la découverte ou l'Ouvrage sur V Astronomie, la Physique, la Chimie, la Minéralogie, la Géologie ou la Mécanique expérimentale aura été jugé par l'Académie le plus digne de récompense, soit que cette découverte ou cet Ouvrage ait été fait dans l'année même, soit qu'il remonte à une autre année antérieure ou posté- rieure à la donation. PRIX LONCHAMPT (4000''). Ce prix annuel, fondé par M. IrénéeLonchampt, en vertu de son testament olographe du iq mai 1896, est destiné à récompenser l'auteur du meilleur Mémoire qui sera présenté à V Académie sur les maladies de l'homme, des ani- maux et des plantes, au point de vue plus spécial de l'introduction des sub- stances minérales en excès comme cause de ces maladies. PRIX SAINTOUR (3ooof'). Ce prix annuel est attribué alternativement à des travaux ressortissant à la Division des Sciences mathématiques et à des travaux ressortissant à la Division des Sciences physiques. Le prix Saintour sera décerné, s'il y a lieu, en 191 1, à l'auteur de travaux se rapportant à la Division des Sciences mathématiques. PRIX VICTOR RAULIN (iSoof-^). Prix annuel à sujets alternatifs. Par un acte en date du il\ août igoS, les héritiers de M. Victor Raulin, en son vivant professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, ont fait don à l'Académie d'une somme de quinze cents francs de rente pour fonder un « prix annuel à sujets alternatifs », devant être « attribué à des Fran- çais », dans les conditions suivantes : Le prix Victor Raulin « a pour but de faciliter la [)ublication de travaux » relatifs aux Sciences suivantes : 1° Géologie et Paléontologie ; 2° Miné- » ralogie et Pétrographie ; 3° Météorologie et Physique du Globe. i:il8 ACADÉMIE DES SCIENCES. » Il sera attribué au travail mauuscrit, ou iiuprimé depuis l'atlribution du » prix à un travail sur la même branche, qui sera jugé le plus digne, et ne » sera délivré à l'attributaire qu'après la remise par lui à l'Académie d'un » exemplaire imprimé (textes et planches); si le travail primé était manus- » crit au moment de l'altribution du prix, l'édition portera dans son titre » la mention : k Académie des Sciences. Prix Victor Raulin. » » Celle des trois Sciences précitées à laquelle aura trait le travail primé » sera déterminée chaque année par l'Académie, sous la seule condition » que pour chaque période de huit années consécutives, dont la première » commencera à la fondation du prix, quatre prix seront afférents à la » Géologie et deux à chacune des deux autres Sciences. » Conformément aux conditions de la donation, le cycle variable suivant a été adopté pour la répartition des sujets alternatifs du prix pendant la première période de huit années : Attribution du prix à la Géologie et Paléontologie^ en 1908, 191 1, igiS, 1915. Attribution du prix à la Minéralogie et Pétrographie, en 1909, 19 12. Attribution du prix à la Météorologie et Physique du Globe, en 1910, 1914. PRIX FONDÉ PAR M-"" l.v Marquise de LAPLACE. Ce prix, qui consiste dans la collection complète des Ouvrages de Laplace, est décerné, chaque année, au premier élève sortant de l'Ecole Polytechnique. PRIX FÉLIX RIVOT (25oof)- Ce prix annuel sera partagé entre les quatre élèves sortant chaque année de l'Ecole Polytechnique avec les n°* 1 et 2 dans les corps des Mines et des Ponts et Chaussées. PRIX PIERSON-PERRIN (3000^0. Ce prix biennal, destiné à récompenser le Français qui aura fait la plus belle découverte dans le domaine de la Mécanique ou de la Physique, sera décerné, s'il y a lieu, en 1911. SÉANCE nu 20 nÉCEMBHIÎ '9'>9. l3l9 PRIX SERRES (75oor'-). Ce prix triennal « destine à récompenser des travaux sur /' Embryologie » générale appliquée autant que possible à la Physiologie et à la Médecine » sera df-cerné en 191 1 par rAcadéniie au inoillcur Oinrage qu'ellf aura reçn lur celte importante question. PRIX JEAN REYNAUD (loooo'O. jyjme yve jpgn Reynaud, « voulant honorer la mémoire de son mari et perpétuer son zèle pour tout ce qui touche aux gloires de la France », a fait donation à Tlnstitul de France d'une rente sur l'État français, de la somme de dix mille francs^ destinée à fonder un prix annuel qui sera suc- cessivement décerné par les cinq Académies « au travail le plus méritant, relevant de chaque classe de l'Institut, qui se sera produit pendant une période de cinq ans ». « Le prix J. Reynaud, dit la fondatrice, ira toujours à une œuvre origi- » nale, élevée et ayant un caractère d'invention et de nouveauté. » Les Membres de l'Institut ne seront pas écartés du concours. » Le prix sera toujours décerné intégralement; dans le cas où aucun » Ouvrage ne semblerait digne de le mériter entièrement, sa valeur sera » délivrée à quelque grande infortune scientifique, littéraire ou artistique. » L'Académie des Sciences décernera le prix Jean Reynaud en 191 1 . PRIX PETIT D'ORMOY. (Deux ])ri\ de 10 000'^''.) L'Académie a décidé que, sur les tonds produits par le legs Petit d'Or- moy, elle décernera tous les deux ans un prix de dix mille francs pour les Sciences mathématiques pures ou appliquées^ et un prix de dix mille francs pour les Sciences naturelles. Elle décernera les prix Petit d'Ornioy, s'il y a lieu, en 191 1 . G. R., 1909, a- Semestre. (T. 149, N° 25.) ï'jS |320 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX DU BARON DE JOEST (2000^). Ce prix, décerné successivement par les cinq Académies, est attribué à celui qui, dans Tannée, aura fait la découverte ou écrit l'Ouvrage le plus utile au bien public. \\ sera décerné par l'Académie des Sciences dans sa séance publique de 191 1. PRIX BORDIN (3000^0- Prix biennal à sujet variable. L'Académie met au concours, pour l'année 191 2, la question suivante ; Recherches sur le déterminisme de la sexualité chez les êtres vivants. PRIX HOULLEVIGUE (Socof). Ce prix est décerné à tour de rôle par l'Académie des Sciences et par l'Académie des Beaux-Arts. L'Académie le décernera, s'il y a lieu, en 191 2, dans l'intérêt des Sciences. PRIX CAMÉRÉ (4000^-^). Ce prix biennal, fondé par M™® V^^ Caméré, en souvenir et pour perpé- tuer la mémoire de son mari, ne pouira èlie donné qu'à un ingénieur fran- çais, qu'il soit ingénieur des Mines, des Ponts et Chaussées ou ingénieur civil, ayant personnellement conçu, étudié et réalisé un travail quelconque dont l'usage aura entraîne un progrés dans l'art de construire. Ce prix sera décerné, s'il y a lieu, en 191 2. PRIX JEROME PONTI (S^oo^). Ce prix biennal sera décerné, en 1912, à l'auteur d'un travail scientifique dont la continuation ou le développement seront Jugés importants pour la Science. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. iSal PRIX PARKIN (3400'^^). Ce prix triennal est destiné à récompenser des recherches sur les sujets suivants : « I " Sur les effets curatifs du carbone sous ses du'erses formes et plus par- » ticulièremenl sous la forme gazeuse ou gaz acide carbonique, dans le cho- » lena, les différentes formes de fièvre et autres maladies; » 2° Sur les effets de l'action volcanique dans la production de maladies » épidémiques dans le monde animal et le monde végétal, et dans celle des » ouragans et des perturbations atmosphériques anormales. » Le testateur stipule : « 1° Que les recherches devl*onl être écrites en français, en allemand » ou en italien; » 1° Que l'auteur du meilleur travail publiera ses recherches à ses pro- » près frais et en présentera un exemplaire à T Académie dans les trois » mois qui suivront l'attribution du prix; « Chaque troisième et sixième année, le prix sera décerné à un tra- » vail relatif au premier desdits sujets, et chaque neuvième année à un » travail sur le dernier desdits sujets. » L'Académie ayant décerné pour la première fois ce prix en 1897, attri- buera ce prix triennal, en l'année 191 3 ('), à un travail sur le dernier desdits sujets, conformément au vœu du testateur. PRIX LECONTE (5oooof). Ce prix doit être donné, en un seui prix, tous les irais ans, sans préférence de nationalité : 1° Aux auteurs de découvertes nouvelles et capitales en Mathématiques, Physique, Chimie, Histoire naturelle, Sciences médicales ; 2" Aux auteurs d'applications nouvelles de ces sciences, applications qui devront donner des résultats de beaucoup supérieurs à ceux obtenus jusque-là. L'Académie décernera le prix Leçon te, s'il y a lieu, en 1913. (') Le Cycle U'icniial fameiiail le prix en igia, une mesure administrative l'a pro- rogé à igi3. l322 ACADÉMIE DES SCIENCES. PRIX ESTRADE-DELCROS (8000^). M. Estrade-Delcros a légué loule sa fortune à l'Institut. Conformément à la volonté du testateur, ce legs a été partagé, par portions égales, entre les cinq classes de Flnstitut, pour servir à décerner, tous les cinq ans, un prix sur te sujet que choisira chaque Académie. Ce prix ne peut être partagé. Il sera décerné, s'il y a lieu, par l'Académie des Sciences, en 1913. PRIX JEAN-JACQUES BERGER (i5ooo'^>). Le prix Jean-Jacques Berger est décerné successivement par les cirHj Académies à l'Œuvre la plus méritante concernant la Ville de Paris; il sera décerné, s'il y a lieu, par l'Académie des Sciences, en 1914- Conditions : — Les concurrents devront justifier de leur ([ualité de Français. — Le prix sera toujours décerné intégralement. — Si le prix n'est pas décerné, des encouragements pourront être accordés. — Aucun programme n'est imposé : lesOEuvres ressortissant à l'Académie décernant le prix seront seules admises au Concours. PRIX ALHUMBERT (looo^')- Ce prix quinquennal, à sujet variable, sera décerné, s'il y alieu, en iqiS. La question à traiter sera donnée ultérieurement par l'Académie. FONDS BONAPARTE Le prince Roland Bonaparte, par une lettre en date du 29 février 1908, publiée dans les Comptes rendus de la séance du 2 mars, a déclaré vouloir SÉANCE DU m DÉCEMBRE 1909. l323 niellrc à la disposition de l'Académie des Sciences, pour l'encouragement des recherches scientifiques parmi les travailleurs n'appartenant pas à cette Compagnie, quatre annuités de vingt-cin([ mille francs. Ces siibve/ilions onl exclusivement pour but de provoquer des découvertes en facilitant la lâche de chercheurs qui auraient déjà fait leurs preuves en des travaux originaux et qui nuinqueraient des ressources suffisantes pour entre- prendre ou poursuivre leurs investigations. L'attribution des deux premières annuités a déjà été faite par l'Académie sur les rapports d'une Commission spéciale, insérés aux Comptes rendus des Séances de l'Académie des Sciences à la date des 29 juin 1908 et 28 juin 1909, rapports auxquels les concurrents sont invités à se reporter et où ils trou- veront des indications pour la rédaction, l'exposé et la date de leur demande. L'attribution des deux annuités suivantes sera faite par l'Académie tout entière, sur le Rapport de la Commission, et aura lieu aux dates suivantes : 15 juillet 1910, 15 juillet 1911. Aucune subvention ne devra être inférieure à deux mille francs. Conformément aux dispositions arrêtées dans le Comitésecret du 2 mars 1908, les personnes qui désireraient recevoir une part de ces subventions devront se conformer aux conditions suivantes : Les demandes de subventuin^i qui peuvent être présentées par les candidats, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un Membre de l' Académie, devront être adressées à l' Académie, chaque année, avant le 1" janvier. Ces demandes devront contenir un exposé précis des travaux pour lesquels la subvention est demandée et jndujucr la somme jugée nécessaire pour les réaliser. Les bénéficiaires de subventions devront adresser, dans les 12 mois, à l' Aca- démie un rapport succinct, relatif à la manière dont ils auront employé les ressources mises à leur disposition et aux résultats qu'ils auront obtenus. Tout bénéfciaire qui n'aurait pas fourni de rapport dans les délais voulus sera exclu du droit de recevoir de nouvelles subventions. La primeur des découvertes, sous (juelque forme que ce soit, sera réservée à i Académie. La non-observation de cette clause entraînerait /tour l'auteur la perte du droit de recevoir de nouvelles subventions. l324 ACADÉMIE DES SCIENCES. CONDITIONS COMMUNES A TOUS LES CONCOURS. Les pièces manuscrites ou imprimées destinées au\ divers concours de l'Académie des Sciences doivent être directement adressées par les auteurs au Secrétariat de l'Institut, avec une lettre constatant l'envoi et indiquant le concours pour lequel elles sont présentées. Les Ouvrages imprimés doivent être envoyés au nombre de deux exemplaires. Les manuscrits doivent être écrits en français. Par une mesure générale, l'Académie a décidé que la clôture de tous les concours aura lieu le 31 décembre de l'année qui précède celle où le concours doit être jugé. Il ne sera tenu aucun compte des demandés ou dès écrits envoyés après cette date, alors même que les envois seraient regardés par leurs auteurs comme des additions, ou des compléments, ou des rectifications à un travail qu'ils auraient adressé dans les délais de rigueur. Les concurrents doivent indiquer, par une analyse succincte, la partie de leur travail où se trouve exprimée la découverte sur laquelle ils appellent le jugement de l'Académie. Les concurrents sont prévenus que l'Académie ne rendra aucun des Ouvrages ou Mémoires envoyés aux concours; les auteurs auront la liberté d'en faire prendre des copies au Secrétariat de l'Institut. Le même Ouvrage ne pourra pas être présenté, la même année, aux concours de deux Académies de l'Institut. L'Académie se réserve d'examiner, sans aucune condition de candida- ture, les titres des savants qui pourraient mériter des prix généraux. SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE I909. iSaS Le montant des sommes annoncées pour les prix n'est donné qu'à titre d'indication subordonnée aux variations du revenu des fondations. Nul n'est autorisé à prendre le titre de Lauréat de l'Académie, s'il n'a été jugé digne de recevoir un Prix. Les personnes qui ont obtenu des ré- compenses, des encouragements ou des mentions n'ont pas droit à ce titre. Nota. — L'Académie a supprimé, depuis l'année 1902, la formalité qui rendait obligatoire l'anonymat pour certains concours, avec dépôt d'un pli cacheté contenant le nom de l'auteur. Cette formalité est devenue yaca/^a^tVe. LECTURES. M. Gastox Darboux, Secrétaire perpétuel, lit une Notice historique sur le général Meushher, Membre de l'ancienne Académie des Sciences. G. D. et Ph. v. T. l32f) ACADEMIE DES SCIENCES. TABLEAUX DKS PRIX DÉCERNÉS ET DES PRIX PROPOSÉS DANS I.A SÉANCE DU LUNDI 20 DÉCEMBRE 1909. TABLExllJ DES PRIX DECERNES. ANNEE 1909. GÉOMÉTRIE. Prix Kuancœuu. — Le prix est aUiiljué à M. E. Lemoine i iH'^ Prix Boudin (Sciences inaUiL-iii:itii|iies). — Le prix est décerné ;i MM. Giuseppe Ba- guera et Micliclc de Franchie i iS5 MECANIQUE. Prix Montyon. — Le prix est décerné à M. Lecornu i i8S Prix Ponrei.et. — Le prix est décerné à M . de Sparre 1 1 8o Prix Vaillant. — Le prix n'est pas décerné. 1190 Prix Boileau. — Le pii\ est décerné à M. Boulanger 1 1 90 lVAVir,ATl(>JN. Prix extraoruinaire de la Marine. — Le prix est partagé entre .\LM . Marbec, Doyère, Lecoq, Victor Colin, Jeance^ Tissot et E. Fromaget 1191 Prix Plumey. — Le prix est partagé entre M\L Ilntitiii et Henry Caralp ii(|'| ASTHOftOMlE. Prix Pierre Guzman. — Le prix n'est pas décerné 1 197 Prix Lalanpe. — Le prix est décerné à M. Borrelty Prix Valz. — Le prix est décerné à M. de la Baume-PUn'inel Prix Damoiseau. — Le prix n'est pas dé- cerné Prix G. de PoNTÉcorLAxr. — Le prix est dé- cerné à M. Ernest-William Broivn GÉOGRAPHIE. Prix Tchihatciief. — Le prix n'est pas dé- cerné ; une mention lionoral)!e est accordée à M. le commandant IJenry de Bouillane de Lacoste Prix Gay. — Le prix est décerné à M. L. .loubin 1197 "99 1200 I '.?00 PHYSIQUE. Prix Hébert. — Le prix est décerné k M . Paul Janet Prix Hugues. — Le prix est décerné à M. Meslin Prix Gaston Planté. — Le prix est décerné à M. Jean Perrin Prix La Gaze. — Le prix est décerné à M Léon Teisserenc de Bort Prix Jecker. — Le prix est partaiié entre i\lM. G. Blanc et Marcel Cuerbel 1204 iao5 i>i3 SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. [32'- Prix Cahours. — Le prix e?t partagé entre MM. Carré, Jolibois el Brunel i (17 Prix Montyon. — Le prix est décerné à . MM. Emile Lefranc, Paul Letellier et Maurice Perrot 121^ Prix La Gaze. — Le prix est décerné à M. Recouru ■ -' 1 !l MINERALOGIE ET GEOI.OfUE. Grand Prix des Sciences physiques. — Le prix est décerné à i\I. Armand Thévenin. \ii'>. Prix Delesse. — Le prix est décerné à ^L Ph. Glangeaud ' ' '7 Prix Victor Raulin. — Le prix de 1908 est décerné à M. Léon Bertrand. Le prix de 1901) est décerné à M. Ferdinand Gonnard. r.>>çi Prix Joseph Labbê. — Le prix est décerné à M. Georges Rolland i aSÎ BOTANIQUE. Prix Desmazières. — Le prix est décerné à M . ; 'abbé Hue 1 334 Prix Montaone. — Des prix sont décernés à MAL H. et M. Peragallo el à M. Guil- liermond 1 -' 'C Prix de Coincy. — Le prix est décerné à M. René Viguier 1^38 Prix Thore. — Le prix est décerné à M. Paul Bergon 1 fiy ANATOMIE ET ZOOLOGIE. Prix Saviony. — Le prix est décerné à M. Robert du Buysson 1 j'i ' Prix da Gama Machado. — Le prix est dé- cerné à iMM. J. Pantel et R. de Sinety. . i->'|3 Prix Cuvier. — Le prix est '{■> MEDECINE ET CHIRURGIE. Prix Montyon. — Des prix sont décernés à MAL G. A'eumann, Chartes i\icolle, ./. Bergonié el L. Tribondeau. Des irientions sont accordées à MAL Moussu, II. Truc cl P. Cliavernac , Ch. Porcher et Cli. Hen,ieux. L'ne citation est accordée a MM . Henri Claude et Jean Camus Prix Harbier. — Le prix est partagé entre MM. L. Launoy et /. Lesage Prix Breant. — Le prix n'est piis décerné. Des sommes sont allribuées à MM. W.-M. Hajjkine el Louis Rénon Prix Godard. — Le prix est décerné à M. A. Pousson. Une mention très hono- rable est accordée à AL J.-L. Cliirié C. R., igoy, j* Semestre. (T. li'J, I !:.'l laolS I ibo N" 25.) Prix du b.4ron Larrey. — Le prix est dé- cerné à AL Niclot. Une mention très hono- rable est accordée à AL\L Dupardel Lepour- celet 1261 Prix Bellion. — Le prix est décerné à AL Charles Nicolas i2tii Prix Mège. — Le prix n'est pas décerné... 1362 Prix Parkin. — Le prix est décerné à M. Adolphe Cartaz Jjt)4 PHYSIOLOGIE. Prix Montyon. — Le prix est partagé entre MAL Charles Dhére el E. Pozerski i265 Prix Philipeaux. — Le prix est décerné à MM. J.-E. Abelous el E. Bardier n^-j Prix Lallemand. — Le prix est purtagé entre MM. Auguste Pettit el Gustave Roussy.. 1267 Prix La Gaze. — Le prix est décerné à AL Delezenne . . 1270 Prix Pourat. — Le prix n'est pas décerné.. . 1272 STATISTIQUE. Prix AIontyon. — Le prix est décerné à AL Louis de Goy. Une mention honorable est accordée à AL le D' Ausset. Des cita- lions très honorables sont accordées à AL\L le D' Broquin-Lacombe et René Risser 1272 HISTOIRE DES SCIENCES. Prix Binoux. ^ Des prix sont décernés à MM. Pierre Duhem el J.-B. de Toni 1279 PRIX GÉNÉRAUX. MÉDAILLE Berthelot. — Des médailles sont décernées à MM. G. Blanc, Marcel Guer- bel, Jolibois, Brunel, Emile Lefranc, Paul Letellier et Maurice Perrot 1279 Prix Gegner. — Le prix est décerné à M.J.-H. Fabre 1 2S0 Pnix Lannelongue. — Les arrérages sont attribués à M"'" Cusco el de Nabias 1280 Prix Trémont. — Le prix est attribué à M. Charles Frémont 12S0 Prix Wilde. — Le prix est décerné à AL Joseph Va/lot 1280 Prix Lonchampt. — Le prix n'est pas décerné. Une somme est accordé à M. J.-A.-Clau- dius Roux 1281 Prix Saintour. — Le prix est décerné à AlAL E.-F. Gautier el R. Chudeau 1281 Prix Jean-Jacques Berger. — Le prix est réparti entre V Administration du che- min de fer métropolitain de Paris et M. le D' Calmette 1282 176 i328 ACADEMIE DES SCIENCES. Prix Hktit d'Ormoy ( Sciences mathémati- ques). — Le prix n'est pas décerné Pmx Petit d'Ormoy (Sciences naturelles). — Le prix n'est pas décerné Prix Pikrson-Perin. — Le prix est décerné à M. K. Mercadier Fondation Leconte (Arrérages). — Des prix sont décernés à MM. Bitz et Lebeuf. Prix Lapl.ice. — Le prix est décerné à M . Vaucheret Prix Félix Rivot. — Le prix est partagé entre MM. Vaucheret, Hentschel, Messiah et Courtaigne Fonds Uonaparte. — Des subventions sont attribuées à MiM. Cayeux, Chei-alicr, Pérez, Houard, Berget, Bernard, Bla- ringhem, Estanave et Mathias i-.s^ 12811 ■ •*» I2f)I layl 1291 1292 MÉDAILLE d'aébonautioue. — Ucs médailles en or sont attribuées à MM. Louis Blëriol. commandant Bouitieaux, capitaine Crocco, Henri Farman, capitaine Ferber, Henri Jidiiol , comte Charlca de Lambert, Hubert Latham, Léon Levavasxeur, colonel Charles Benard el conimandant Paul Benard (i médaille), Alberto Santos- Dumont, Bodolphe Soreau, Edouard Surcouf et Henry Kapferer ( i médaille), Léon Teisserenc de Bort, comte Henry de La ]'aulx, Gabriel Voisin, comman- dant Jules Voyer, On'illc Wright, fl'ilbur Wright, oomle de Ze/ipelin. Des médailles eu vermeil sont altrilDuées à MM. Gustave Hermite et Georges Besançon, Louis Bre- guet, Léon Delagrange, ftobert Esnault- Pellerie, L. Marchis, Louis Paulhan, Henri Hougier, Victor Tatin i2()5 SÉANCE DU 20 DECEMBRE 1909. 529 PRIX PROPOSES pour les années 191 1, 1912, igiS, 1914-. i9i5 et 1916. GÉOMÉTRIE. 1911. Pmx Krancœur r->c)7 1911. Prix Bordin. - Perfeitionner en un point important la théorie des systèmes triples de surfaces orthogonales 1297 1912. Grand prix des Sciences mathéma- tiques. — Perfectionner la théorie des équations diliérentielles alj;ébriques du se- cond ou du troisième ordre, dont l'inté- grale générale est uniforme i2y8 191Î. Prix Poncelet 1298 MECANIQUE. 1911. Prix Montyon 1 21)8 1911. Prix Poncelet iji)9 1911. Prix Vaillant (Prix de 1909 prorogé). — Perfectionner en un point important l'application des pi-incipes de la dynamique des fluides à la théorie de l'hélice 1299 1911. Prix Vaillant. — Perfectionner en quel([ue point l'étude du mouvement d'un ellipsoïde dans un liquide indélini, en ayant égard à la viscosité du liquide ''."DO 191'^. Prix Fourneyron. — Théorie et expé- riences sur la résistance de l'air, appli- cables à l'aviation •'■'99 191'2. Prix Boileau. — Hydraulique i.ioo N.i^VIGATION. 1911. Prix extraordinaire de six mille francs. — Destiné à récompenser tout pro- grés de nature à accroître l'efficacité de nos forces navales i3oo 1911. Prix Plumey i3oo ASTRONOMIE. 1911. Prix Pierre Guzman i3oi 1911. Prix Lalande i3oi 1911. Prix Valz i3oi 1911. Prix G. de Pontécoulant. — Méca- nique céleste i3oi 1911. Prix Damoiseau (Prix de 1908 prorogé à 1909 et prorogé de nouveau à 1911)- — Théorie de la planète Éros basée sur toutes les observations connues i3o2 1911. Prix Damoiseau. - Perfectionner les Tables de Jupiter de Le Verrier i3oa 191'2. Prix Janssen. — Médaille d'or des- tinée à récompenser la découverte ou le travail faisant faire un progrès important à l'Astronomie physique i3o2 GÉOGRAPHIE. 1911. Prix Tchihatchef i3o.'î 1911. Prix Gay. — Ktudier au point de vue géologique une de nos colonies africaines (Algérie et Tunisie exceptées) i3o3 1911!. Prix Gay. — Étude des marées de l'écorce terrestre i3o3 1912. Prix Binoux i3o4 1912. Prix DELALANnE-GuÉRiNEAU i3oii PHYSIQUE. 1911. Prix Hébert i3o4 1911. Prix Hughes iSo^ 1911. Prix Gaston Planté !3o4 1912. Prix L. La Gaze i3o4 1913. Prix Kastner-Boursault i3o.i 1914. Prix Victor Raulin. — Météorologie et Physique du Globe i3o5 chimie. 1911. Prix Jecker iSoS 1911. Prix Cahouhs i3o.S 1911. Prix Montyon, Arts insalubres iSolJ 1912. Prix L. La Gaze !3o<) 1912. Prix Berthelot. — Travaux de Syn- thèse chimique i3o6 i33o ACAUEMIIÎ DES SCIENCES. MINi:iiALOGIK MT GliOLOGIK. l'Jll. Prix Delesse l'Jll. Piux JosKi'H Labbi;. — Travaux géolo- giques ou reclierchcs ayant efficacement contribué à la mise en valeur des riclicsses minières de U France, do ses colonies et de ses protectorats. 1911. Prix Fontannes 1911. Pnix Vicron nAfi.ix. — Géologie et Paléontologie 1912. Prix Victor Kaulin. — Minéralogie et Pétrographie .3.17 i3o8 BOTANIQUE. 1911. Prix Desmazières i3o8 1911. Prix Montagne i.'ioS 1911. Pnix DE CoiNCY i3o9 Prix Thore iSog Prix de la Fons-Melicocq iSog 1911. 1913. économie uurale. 1913. Prix Bigot de Morogues ANATOMIE ET ZOOLOGIE. 1911. Prix Savigny i3io 1911. Grand prix des Sciences physiques. — Étude morpliogénique des caractères d'adaptation ^ la vie arhtiricole chez les Vertébrés loio 1911. Prix Cuvier i3io 1912. Prix da Gama Machado i3io 1912. Prix Thore i3io MEDECIKE ET CIllUUliGH;. 1911. Prix Montyon i.iu 1911. Prix Barbier i3i i 1911. Prix Breant i3ii 1911. Prix Godard i3i:> 191 1. Prix du baron Laiuucy i3i2 1911. Prix Belliox i3ia 1911. Prix MÈGE i3ii! 1911. Prix Chaussier i3i3 1915. Prix Dusoate i3i3 PHYSIOLOGIE. 1911. Prix Montyon i3i3 1911. Prix Philipeaux i3i3 1911. Prix Lallemand i3i3 1912. Prix L. La Gaze i3i4 '-'( i3i4 1911. Prix Pouhat (Prix de iç|rii| prorogé à igii). — De l'origine des antifermeuts. . . . 1911. Prix Pourat. — Inlluencc des éléments minéraux et en particulier du calcium sur l'activité des diastases digestives 1912. Prix Pourat. — Apporter des docu- ments nouveaux sur l'utilisation et l'assi- milation des albuminoides de la ration alimentaire i3i4 1912. Prix Martin-Damourette i3i'| statistique. 1911. Prix Montyon [3i4 HISTOIRE DES SCIENCES. 1911. Prix Binoux i3i5 PRIX GENERAUX. 1911 1911 1911 1911 1911 1911 1911 Médaille Akago '. . MÉDAILLE LaVOISIER 1911. MÉDAILLE BeRTMELOT 1911. Prix Gegner 1911. Prix Lannelongue 1911. Prix Tremont 1911. Prix Wilde Prix Lonciiampt Prix Saintour Prix Victor Haulin Prix Laplace Prix Rivot Prix Pikrson-Perrin Prix Serres 1911. Prix Jean Heynaud 1911. Prix Petit d'Ormoy 1911. Prix du Baron de Joest 1912. Prix Bordin (Sciences physiques). — Recherches sur le déterminisme de la sexua- lité chez les êtres vivants 1912. Prix Houllevigue Piiix Caméré Prix Jerù.me Ponti Prix Parkin. — Deuxième sujet Prix Leconte Prix Estrade-Delcros Prix Jean-Jacques Berger Prix Almumbert 1912. 1912. 1913. 1913. 1913. 1914. 1915. 1916. Prix Parkin. — Premier sujet. 3i5 3i5 3i6 3iG 3i6 3i6 3i6 3,7 3.7 3,7 3i8 3i8 3i8 3i9 319 319 3ao 310 3^0 350 330 331 331 333 322 322 331 Fonds Bonaparte. Subvenlion* à attribuer on 1910 cl 1911 i322 Conditions communes à tous les concours 1324 Avis relatif au titre de Lauréat de l'Académie i325 SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. [33l TABLEAU PAR ANNEE DES PRIX PROPOSÉS POUR 1911, 1912, 1913, 1914, 1915 ET 1916. 1911 GÉOMÉTRIE. Prix Francœur. — Découverles ou travaux utiles au progrès des Sciences mathématiques pures et appliquées. Prix Bordin. — L'Académie met au concours, pour l'année içjii, la question suivante : Perfectionner en un point important la théo- rie des systèmes triples de surfaces orthogo- nales. L'Académie désire des méthodes permettant d'ajouter à la liste des systèmes triples déjà connus. Elle attacherait un prix particulier à la découverte des systèmes triples algébriques les plus simples. MÉCANIQUE. Paix MONTYON. Prix Pon'celet. — Décerné à l'auteur de l'Ou- vrage le plus utile au progrés des Sciences ma- thématiques appliquées. Prix V.vill.^xt (Prix de 1909 prorogé). — Per- fectionner en un point important l'applica- tion des principes de la Dynamique des fluides à la théorie de l'hélice. Prix Vaill.ant. — Perfectionner, en i/ueli/ue point, l'étude du mouvement d'un ellipsoïde dans un li/juide indéfini, en ayant égard à la viscosité du liquide. NAVIGATION. Prix extraordinaire de six mille francs. — Progrés de nature à accroître l'efficacité de nos forces navales. Prix Plumey. — Décerné à l'auteur du per- fectionnement dos machines à vapeur ou de toute autre invention qui aura le plus contribué aux progrés de la navigation à vapeur. ASTRONOMIE. Prix Pierre Guzman. — Décerné à celui qui aura trouvé le moyen de communiquer avec un astre autre que Mars. A défaut de ce prix, les intérêts cumulés pen- dant cinq ans seront attribués, en igi»), à un sa- vant qui aura fait faire un progrès important à l'Astronomie. Prix Lalande. Prix Valz. Prix G. de Pontêcoulant. —Mécanique céleste. Prix Damoiseau (Prix de 190S prorogé à 1909 et prorogé de nouveau à 1911). — Théorie de la planète d'Éros. basées sur toutes les observations connues. Prix Damoiseau. — Perfectionner les Tables de Jupiter de Le Verrier. \ GEOGRAPHIE. Prix Tchiiiatchef. — Destiné aux naturalistes de toute nationalité qui auront fait, sur le conti- nent asiatique (ou iles limitrophes), des explo- rations ayant pour objet une branche quelconque des Sciences naturelles, physiques ou mathéma- tiques. Prix Gay. — Étudier au point de vue géolo- gique une de nos colonies africaines ( Algérie et Tunisie exceptées). PHYSIQUE. Prix Hébert. — Décerné à l'auteur du meil- leur traité ou de la plus utile découverte pour la vulgarisation et l'emploi pratique de l'Élec- tricité. i33î ACADEMIE DES SCIENCES. Prix Hughes. — Décerné à l'auteur d'une dé- couverle ou de travaux qui auront le plus con- tribué aux progrès de la Physique. Prix Gaston Planté. — Destiné à l'auteur fran- çais d'une découverte, d'une invention ou d'un travail important dans le domaine de rÉIeclriiilé. Prix Jeoker. — Chimie organique. Prix Cahours. Prix Montyon. — Arts insalubres. MINÉRALOGIE ET GÉOLOGIE. Prix Delbsse. — Décerné à l'auteur, français ou étranger, d'un travail concernant les Sciences géologiques ou, à défaut, d'un travail concernant les Sciences minéralogiques. Prix Joseph Labbé. — Décerné à l'auteur de travaux géologiques ou de recherches ayant con- tribué à la mise en valeur des richesses minières de la France, de ses colonies et de ses protectorats. Prix Fontannes. — Ce prix sera décerné à l'au- teur de la meilleure publication paléontologique. Prix Victor Raulin. — Géologie et Paléonto- logie. BOTANIQUE. Priz Desmazières. — Décerné à l'auteur de l'Ouvrage le plus utile sur tout ou partie de la Cryptogamie. Prix Montagne. — Décerné aux auteurs de travaux importants ayant pour objet l'Anatomie, la Physiologie, le développement ou la descrip- tion des Cryptogames inférieurs. Prix de Coincy. — Décerné à un Ouvrage de Phanérogamie écrit en latin ou en français. Prix Thore (Botanique). — Décerné à l'auteur de travaux sur les Cryptogames cellulaires d'Eu- rope. anatomie et zoologie. Prix Savigny, fondé par M"" Letellier. — Dé- cerné à de jeunes zoologistes voyageurs qui ne recevront pas de subvention du Gouvernement et qui s'occuperont plus spécialement des animaux sans vertèbres de l'Egypte et de la Syrie. Grand prix des Sciences physiques. — Étude morphogenique des caractères d'adaptation à la vie arboricole chez les Vertébrés. Prix Cuvier. — Destiné à récompenser l'Ou- vrage le plus remarquable sur la Paléontologie zoologique, l'Anatomie comparée ou la Zoologie. médecine et chirurgie. Prix Montyon. Prix Barbier. — Décerné à celui qui fera une découverte précieuse dans les Sciences chirurgi- cale, médicale, pharmaceutique, et dans la Bo- tanique ayant rapport à l'art de guérir. Prix Brkant. — Décerné à celui qui aura trouvé le moyen de guérir le choléra asiatique. Prix Godard. — Sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie des organes génito-urinaires. Prix du baron Larrev, — Sera décerné à un médecin ou à un chirurgien des armées de terre ou de mer pour le meilleur Ouvrage présenté à l'Académie et traitant un sujet de Médecine, de Chirurgie ou d'Hygiène militaire. Prix Bellion, fondé par M"' Foehr. — Dé- cerné à celui qui aura écrit des Ouvrages ou fait des découvertes surtout profitables à la santé de l'homme ou à l'amélioration de l'espèce hu- maine. PrixMÈge. — Décerné à celui qui aura con- tinué et complété l'essai du D' Mège sur les causes qui ont retardé ou favorisé les progrés de la Médecine. Prix Chaussier — Décerné à l'auteur du meil- leur Ouvrage, soit sur la Médecine légale, soit sur la Médecine pratique, qui aura paru pendant les quatre années qui auront précédé le jugement de 1 Académie. PHYSIOLOGIE. Prix Montyon. — Physiologie expérimentale. Prix Philipeaux. — Physiologie expérimen- tale. Prix Lallemand. — Destiné à récompenser ou encourager les travaux relatifs au système ner- veux, dans la plus large acception des mots. Prix Pourat. (Prix de 1909 prorogé à 1911). — De l'origine des antiferments. Prix Pourat. — Influence des éléments miné- raux et en particulier du calcium sur l'activité des diastases digestives. STATISTIQUE. Prix Montyon. Prix Binoux. — Histoire des Sciences. PRIX GÉNÉRAUX. MÉDAILLE Arago. — Cette médaille sera dé- cernée par l'Académie chaque fois qu'une décou- verte, un travail ou un service rendu à la Science lui paraîtront dignes de ce témoignage de haute estime. Médaille Lavoisier. — Cette médaille sera dé- SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1909. l333 cernée par l'Académie tout entière, aux époques que son Bureau jugera opportunes et sur sa pro- position, aux savants qui auront rendu à la Chi- mie des services éminents, sans distinction de nationalité. Médaille Berthelot. — Attribuée, sur la pro- position du Bureau de l'Académie, à des lauréats de prix de Chimie. Prix Gegner. — Destiné a soutenir un savant qui se sera distingué par des travaux sérieux poursuivis en faveur du progrés des Sciences positives. Prix Lannelongue . — Donné pour un but utile, de préférence toutefois pour une œuvre humanitaire d'assistance. Prix Tremont. — Destiné à tout savant, artiste ou mécanicien auquel une assistance sera néces- saire pour atteindre un but utile et glorieux pour la France. Prix H. Wilde. Prix Lonciiampt. Prix Saintouh. — Travaux ressortissant à Ui Division des Sciences mathématiques. Prix Victor Raulin. Prix Laplace. — Décerné au premier élève sortant de l'École Polytechnique. Prix Rivot. — Partagé entre les quatre élèves sortant chaque année de l'École Polytechnique avec les n" 1 et 2 dans les corps des Mines et des Ponts et Chaussées. Prix Piersox-Pehhin. - Décerné au Français qui aura fait la plus belle découverte physique. Prix Serres. — Décerné au meilleur Ouvrage sur l'Embryologie générale appliquée autant que possible à la Physiologie et à la Médecine. Prix Jean Reyxaud. — Décerné à l'auteur du travail le plus méritant qui se sera produit pen- dant une période de cinq ans. Piiix Petit d'Ormoy. — Sciences mathéma- tiques pures ou appliquées et Sciences naturelles. Prix du baron de Jokst. — Décerné à celui qui, dans l'année, aura fait la découverte ou écrit l'Ouvrage le plus utile au bien public. 1912 Grand pris des Sciences mathématiques. — Perfectionner la théorie des équations différen- tielles algébriques de fcond ou de troisième ordre dont l'intégrale générale est uniforme. Prix Poncelet. — Ce prix alternatif sera attri- bué à un Ouvrage sur les Mathématiques pures. Prix Fourneyron. — Théorie et expériences sur la résistance de l'air, applicables à l'aviation. Prix Boileau. — Hydraulique. Prix Janssex. — Une médaille d'or destinée à récompenser la découverte ou le travail faisant faire un progrès important» il l'.Vstronomie phy- sique. Prix Gay. — Étude des marées de l'écorce terrestre. Prix Binoux. — Géographie et Navigation Prix Delalande-Guérineau. — Décerné au voyageur français ou au savant qui, l'un ou l'autre, aura rendu le plus de services à la France ou à la Science. Prix La Gaze. — Décerné aux Ouvrages ou Mémoires qui auront le plus contribué aux pro- grès de la Physique. Prix L. La Caze. — Décerné aux Ouvrages ou Mémoires qui auront le plus contribué aux pro- grès de la Chimie. Prix Berthelot. — Attribué à des travaux de Synthèse chimique. Prix Victor Raulin. — .Minéralogie et Pétro- graphie. Prix Da Gama Machado. — Décerné aux meil- leurs Mémoires sur les parties colorées du sys- tème tégumentaire des animaux ou sur la matière fécondante des êtres animés. Prix Thore. — Décerné au meilleur travail sur les moeurs et l'anatomie d'une espèce d'insecles d'Europe. Prix Pourat. — Apporter des documents nou- veaux sur l'utilisation et l'assimilation des albu- minoïdes de la ration alimentaire. Prix Martin-Damouhette. — Physiologie thé- rapeutique. Prix La Caze. — Décerné aux Ouvrages ou Mé- moires qui auront le plus contribué aux progrès de la Physiologie. Prix Bordin. (Sciences physiques). — Recherche sur le déterminisme de la sexualité chez les êtres vivants. Prix Houllevioue. Prix Caméré. Prix Jérôme Ponti. Prix Saintour. — Travaux ressortissant à la Division des Sciences physiques. 1915 Prix Kastner-Boursault. — Décerné à l'au- teur du meilleur travail sur les applications diverses de l'Électricité dans les Arts, l'Industrie et le Commerce. Prix de la Fons-Mélicooq . — Décerné au meilleur Ouvrage de Botanique sur le nord de la France, c'est-à-dire sur les départements du Nord, du Pas-de-Calais, des -Ardennes, de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne. i334 ACADEMIE DES SCIENCES. Prix Bigot de Moboguks. — Décerné à l'auteur de l'Ouvrage qui aura fait faire le plus de pro- grès à l'Agriculture en France. Prix Leconte. — Décerné: i° aux auteurs de découvertes nouvelles et capitales en Mathéma- tiques, Physique, Chimie, Histoire naturelle, Sciences médicales; j" aux auteurs d'applications nouvelles de ces sciences, applications qui devront donner des résultats de beaucoup supérieurs à ceux obtenus jusque-là. Prix Estrade-Deicro.s. Prix Pabkin. — Sur les effets de l'action vol- canique dans la production de maladies épidé- niiques dans le monde animal et le monde végé- tal, et dans celle des ouragans et des perturbations atmosphériques anormales. 1914 Prix J.-J. Berger. — Décerné à l'œuvre la plus méritante concernant la Ville de Paris. 1915 Prix Dusoate. — Décerné au meilleur Ouvrage I moyens de prévenir les inhumations précipitées, sur les signes diagnostiques de la mort et sur les | Prix Alhumbert. 1916. Prix Parkin. — Destiné à récompenser, cette 1 carbone sous ses diverses formes, année, des recherches sur les effets curalifs du f FONDS BONAPARTE. Le prince Boland Bimaparle, par une lettre eu tiatc du 2() février ii;|o8. publiée dans les Comptes rendus de la séance du 3 mars, a déclaré vouloir mettre à la disposition de l' Académie des Sciences, pour l'encouragement des recherches scientifiques parmi les travailleurs n'appartenant pas à cette Compagnie, quatre annuités de vingt-cinq mille francs. Ces subventions ont exclusivement pour but de provoquer des découvertes en facilitant la tâche de chercheurs qui auraient déjà fait leurs preuves en des travaux originaux et qui man- queraient des ressources suffisantes pour entreprendre ou poursuivre leurs investigations. L'attribution des deux premières annuités a déjà été faite par l'Académie sur les rapports d'une Com- mission spéciale, insérés aux Comptes rendus des .Séances de l'Académie des Sciences à la date du ■>x) juin 1908 et du 2X juin ujoçi, rapports auxquels les concurrents sont invités à se reporter et oii ils trouveront des indications pour la rédaction, l'exposé et la date de leur demande. L'attribution des deux annuités suivantes sera faite par l'Académie tout entière, sur le Rapport de la Commission, et aura lieu aux dates suivantes : 15 juillet 1910, 15 juillet 1911. ACADEMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 27 DÉCEMBRE 1909. PRÉSIDENCK KH M. UOUGIIAUD. 3IE^101RES ET COMMIJAICA I IO.\S DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. le Président s'exprime en ces termes : Je me félicitais, il y a 8 jours, de n'avoir pas eu à déplorer, pendant toute une année, la perte d'un seul de nos confrères. Cette année se termine par un double deuil. Nous avons rendu les derniers devoirs à notre confrère si aimé Bouquet de la Grye. Nous n'avons pas pu dire devant sa dépouille les sentiments de l'Académie. Sa volonté s'y opposait. Notre confrère, M. Hatt, qui vivait dans son intimité, m'a adressé, sur la vie de cet homme si dévoué à l'Académie, une Note qu'il destinait à celui d'entre nous qui parlerait au nom de tous les confrères. Je crois bien faire en donnant lecture de cette Note de M. Hatt : Admis à l'École Polytechnique en 1847, M. Bouquet de la Grye en est sorti 2 ans après dans le corps des Ingénieurs hydrographes. Il avait 27 ans à peine quand il fut envoyé en mission en Nouvelle-Calédonie pour la reconnaissance de l'île récemment annexée et presque inconnue à cette époque. Par suite du naufrage de VAcenluj-e sur laquelle il était embarqué, il n'eut comme moyens de travail que ses instruments et une simple embar- cation montée par dix hommes. . C'est dans ces conditions primitives qu'il dut opérer pendant 3 années, poursuivant, avec la rare énergie qui formait la caractéristique de son tem- pérament, les levés de côtes au milieu de l'hostilité des indigènes, sans abri assuré pour la nuit et souvent sans les ressources les plus indispensables. A son retour en France, il eut une nouvelle occasion de faire la preuve de C. R., 1909, 2- Semestre. (T. 149, N» 26.) 1/7 l336 ACADÉMIE DES SClKNCEb. sa maîtrise par la reconnaissance du plateau de Rochebonne situé hors de vue des côtes, opération difficile qu'il réussit quand d'autres, bien qualifiés cependant, y avaient échoué. Ses travaux en Egypte et ceux qu'il poursuivit pendant 4 années sur les côtes de France, pour la revision des levés de Beautemps-Beaupré, avaient achevé d'établir sa renommée au point de vue technique. 11 devait acquérir une compétence égale, universellement reconnue, dans les études difficiles qu'il entreprit sur le régime des côtes. Son opinion faisait autorité dans les Commissions nautiques appelées à se prononcer sur les travaux maritimes. Il a sauvé de la destruction la plage de Saint-Jean-de-Luz en recommandant de surélever le récif Arlha; il a doté la France d'un grand port par le projet qui transportait celui de la Rochelle au Perluis Breton. L'Académie lui confia l'une des missions du premier passage de Vénus en l'envoyant observer le phénomène à l'île Campbell au sud de la Nouvelle- Zélande, terre ingrate et désolée où les intempéries régnent en permanence. Ce morne séjour ajoutait sa tristesse à celle dontràme de notre confrère était envahie à la suite de la perte irréparable d'un fils unique, survenue à moins d'un an de distance. Il ne perdit pas courage, cependant, même devant la perspective presque certaine d'un échec de sa principale mission et sut réunir assez d'observa- tions de toutes sortes concernant la Physique du globe pour que le séjour dans ces mers lointaines enrichît la Science. Le deuxième passage de Vénus, pour l'observation duquel il fut envoyé au Mexique, lui fournit l'occasion d'une brillante revanche. C'est un an après son retour que l'Académie lui ouvrit ses portes en l'ap- pelant à succéder à \ von-Villarceau ; il y a tenu dignement sa place. Par son assiduité et les services rendus à la Science, il acquit rapidement une haute autorité pai ini ses confrères. On doit citer parmi ses travaux les me- sures qu'il entreprit et sut mener à bonne fin des plaques photographiques rapportées par les diverses missions françaises du passage de Vénus de 1 882. Les résultats de cet immense labeur ont pu être publiés il y a cpielques années. L'activité professionnelle de notre regretté confrère ne s'était pas ralentie après son entrée à l'Académie et au Bureau des Longitudes; en 1 885, à l'âge de 58 ans, il parlait pour une mission astronomique entreprise en vue d'observer des longitudes entre le Sénégal, les Canaries et Lisbonne. A ces observations principales il sut joindre une exploration de Ténériffe où il fit SÉANCE DU 27 DÉCEMBHE 1909. ï33'] l'ascension du pic, pour des mesures d'intensité de la pesanteur. De notre colonie africaine il rapporta un projet d'endiguement de l'embouchure du Sénégal, conçu en vue de supprimer la barre de ce fleuve. De 1886 à 1891 il dirigea le Service hydrographique, dont il réorganisa toutes les branches. Nous savons tous que, depuis plus de i5 ans, il a poursuivi avec son énergie et sa ténacité habituelles la réalisation du projet de faire de Paris un port de mer. Il ne s'est jamais lassé de lutter contre l'opposition qu'il a rencontrée, multipliant les démarches auprès des Pouvoirs publics. Il n'a pu, hélas! assister au triomphe de son projet, qui est certain dans l'avenir, et nous avons eu la douleur de le voir user ses forces et sa santé pour le soutenir. M. Bouquet de la Grye était un noble cœur dans toute la force du terme, un ami sur, et sa bienveillance n'avait pas de limites. C'était un croyant, en même temps qu'un stoïque; il n'a jamais eu peur de la mort, ayant toujours fait son devoir. L'Académie perd en lui un de ses anciens présidents et l'un de ses plus dignes représentants. Au moment où nous entrions en séance, j'ai appris la mort de notre correspondant M. Lortet. Il était mon ami depuis plus de 5o ans. Il a été professeur à la Faculté des Sciences de Lyon, il a été professeur et doyen de la Faculté de Médecine de Lyon. Il est connu par ses travaux de Zoologie, d'Anthropologie; par ses recherches sur les cadavres momifiés humains ou animaux dont il a fait l'étude pendant les nombreux, séjours que sa santé l'a obligé de faire dans la Haute-Egypte. Il emporte avec lui la sympathie émue des membres de notre Compagnie. ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur une classe (le développements en séries de fondions fondamentales se rattachant à certaines équations fonctionnelles . Note de M. Emile Picard. 1. On sait que de nombreux travaux ont été publiés dans ces dernières années sur les développements en séries des fonctions de variables réelles. Parmi les résultats de ces travaux, un des plus remarquables est un théorème donné par M. Schmidt {Math. Annalen, t. LXIII) sur le développement en l338 ACADÉMIE DES SCIENCES. séries des fonctions /(a-) susceptibles de se mettre sous la forme (I) /(^•)=f K{x,y)F{y)dy. M. Schmidt commence par envisager le système des deux équations fonctionnelles (2) i4/(x)=z>./ K{y,a)(p(y)dy. Sauf un cas particulier facile à caractériser, il existe une infinité de valeurs réelles de X (qu'on peut supposer positives), pour lesquelles ces équations sont satisfaites autrement que pour ç = ^j; ^ o. Soient, rangées par ordre de grandeur croissante, ces valeurs de X, et les valeurs correspondantes des o et des <]/ les fonctions o et J; formant un système orthogonal et normal. M. Schmidt établit que toute fonction y susceptible de la forme (i) est susceptible du développement en série f{3c) =:«i9,(x) +. ..+ a„o„{x) + . . ., les a étant des constantes. Pour simplifier, nous supposons d'abord que le noyau K (a:, y) soit en général continu, pouvant avoir seulement des sauts brusques finis le long d'un nombre fini de courbes (relations entre x et j'). 2. Ce très intéressant résultat sera malheureusement d'une application assez difficile, car il ramène la question du développement à un problème au moins aussi difficile, je veux dire la résolution de l'équation intégrale (i) de première espèce, où K i^x, y) et f(x) sont des données, l'inconnue étant F(jk)- J'ai donné récemment (') un théorème général sur les équations intégrales de première espèce, mais, tout en étant théoriquement très satisfaisante, (') Comptes rendus, i4juin el 28 juin 1909 el Rendiconti del Circolo nicUcniatico di Palermo, t. XXIX, 1910. SÉANCE DU •>.~j DÉCEMBRE 1909. 1 SSq cette proposition peut n'être pas d'un emploi très pratique. Je veux in- diquer ici un cas extrêmement simple où le théorème de M. Schmidt s'appliquera sans aucune peine. Soit H(a^, y) une fonction donnée de^etj', et prenons la fonction K(ic, y) définie par les conditions K(a-, /) T= ïl(jr, r) (pour j^ ,1-), K(,f, j')=o (pouri->j:), les variables x et y varient dans l'intervalle (a, è). L'équation (1) devient ici (3) /{•r) = f n{j:, y) F (y) dy, et le système des équations (2) peut s'écrire l o(x) — lf V{(x,y),02 et + 3c»i,o4 et +ic»i,6i pour les réactions correspondantes. Il y a donc analogie complète, mais avec une affinité toujours plus grande pour l'eau avec la rubidine, qui est par suite un déshydratant plus efficace que la potasse, soit à l'état de RbOH, soit sous la forme RbOH, H^O. Mais lorsque ces deux bases, l'une comme l'autre, arrivent à l'état de bihydrate solide, elles n'ont plus d'affinité pour l'eau, et leur chaleur de dissolution devient nulle ou négative. Le nombre -+- 2*^"', 91 8, qui mesure l'affinité delà seconde molécule d'eau pour le monohydrate de rubidine est faible, et ne laisse guère espérer qu'on puisse isoler une combinaison plus hydratée RbOH + nH-0(n> 2). En fait, je n'ai pas réussi à en obtenir par les nombreux moyens indiqués pour préparer les nombreux hydrates très hydratés de KOH qui ont été décrits. Bien plus je serais porté à croire que plusieurs de ces hydrates de potasse ne sont que des cristaux du bihydrate retenant plus ou moins d'eau mère. En effet, si le nombre + 2, y [8 est déjà faible, la valeur -h 1,61 fournie par le bihydrate de potasse l'est davantage encore. Les expériences qui suivent sur la cœsine m'ont confirmé dans cette opinion. 2° Cœsine. — J'ai indiqué déjà que les baguettes de cœsine pure du com- merce sont formées par un premier hydrate secondaire CsOH -1- H-0, fon- dant à 180°, qui ne perd de l'eau qu'à + 4 00° pour donner la caesine CsOH. On le prépare aisément en cliauffant rapidement les dissolutions concen- trées au-dessus de 100°, et s'arrêtant kXa fusion tranquille, qui se produit justement à 180°. Ceci indique déjà que la stabilité de cet hydrate est plus grande que celle SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. 1 343 des hydrates ROH + H*0 et RbOH + H-0, et la diflérence se précise par les équations suivantes : CsOH sol.-t-H=0 1iq.= CsOH, H=0 sol. + laC»", 106 CsOH sol.+ H'O sol.-CsOlI, H^O sol. -h lo":»', 676 nombres plus élevés que ceux fournis Par la potasse +9,40 ei-H8,o2 Et par la nibidine +10,562 el -1-9, iSa Je pensais donc obtenir plus facilement encore qu'avec la potasse ou la rubidine, un hydrate Ici que CsOH -f- 2H-O, et peut être même des composés plus hydratés. D'après les analogies, des dissolutions suffisamment concentrées devaient laisser déposer un bihydrate fondant vers +55° ou + 60°, formé à partir du monohydrate solide et de l'eau solide avec un dégagement de chaleur voisin de + 4*^^', 5, et ayant une chaleur de dissolution d'environ — i*^^',5- J'ai souvent cherché à isoler ce composé, mais sans succès. Si l'on part d'une dissolution de cœsine d'une concentration un peu inférieure à CsOH +2,25H-0, on obtient, par évaporation à froid, un liquide très visqueux, qui ne cristallise ni" spontanément ni par l'introduction d'un cristal de RbOH -l- ^H'O, même si Ton opère vers o", el même au bout de plusieurs semaines. Si l'on part de la dissolution saturée, faite à chaud, dont la composition est CsCH + 2, ifiH-O, on peut obtenir par refroidissement et évaporation à froid quelques cristaux en lamelles, comme ceux que j'avais signalées en 1906, mais ils sont formés par le monohydrate retenant toujours un peu de la dissolution saturée. On s'en assure en mesurant leur chaleur de dissolution. Ce sont encore les mêmes cristaux, formés par le monohydrate, (|u'on obtient en partant d'une composition voisine de CsOH + GH'-O pour la dissolution initiale. L'évaporalion est très lente et les cristaux, essorés sur des plaques poreuses à l'abri de l'air, contiennent CsOH -t- 1 ,3H"0 environ; ils fondent à iHo° et leur chaleur de dissolution est de -1- 4^"') ^7 comme celle de l'hydrate à i H-0. Toutes les tentatives faites pour isoler un dihydrate de Ciesine ont donc échoué. A ce point de vue cette base s'écarte de la potasse et de la rubidine. 3° Dissolutions saturées des bases alcalines. — A -l- 1 5° les dissolutions C. R., 1909, 1- Semestre. (T. 149, N° 26.) I 7" l344 ACADÉMIE DES SCIENCES, saturées des bases alcalines contiennent : Pour loo. NaOH 46,36 soit NaOH + 2,57HM:) KOH 5o,48 » KOH +3,o6M20 UhOH 64,17 » RbOH+3,i81IHJ CsOll 79, 4i » CsOH+2,i61FO Leurs chaleurs de dissolution, toujours à + i5", sont : Cul NaOH +3,69 KOH -1-2, 4i Rb O H + 2 , 60 CsOH +3,08 On remarquera jusqu'à quel point se poursuivent les analogies entre la potasse et la rubidine. Au contraire, le caractère un peu exceptionnel de la ca?sine et surtout l'allure tout à fait spéciale de la soude se révèlent à chaque instant. M. G.-V. ScHiAPAREM,! fait hommage à l'Académie de deux Volumes intitulés : Misure di stelle doppie eaceguite nel reale Ossen'Cttorio di tirera in Milano (iS'j 5' iS85 et 1886-1900). ELECTIONS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Vice- Président pour l'année 1910. M. Armand Gautier réunit l'unanimité des suffrages. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la désignation de deux de ses Membres qui devront faire partie de la Commission administrative pour l'année 1910. MM. Maurice Levv et Borxet réunissent la majorité des suffrages. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Corn- SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1 909. l3/|5 mission chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'Associé étranger. Cette Commission, qui doit comprendre trois Membres de la Division des Sciences mathématiques et trois Membres de la Division des Sciences physiques, se réunira sous la présidence de M. le Président de l'Académie. MM. Darboux, Lippmasn, Poi.xcaré; Pii. vax Tieghem, Bouchard, Armand Gautier réunissent la majorité des sufl'rages. NOMINATIONS. M. le Secrétaire du Comité qui s'est formé dans le but d'élever un monu- ment à DE RoMAS dans sa ville natale, à Nérac, demande à l'Académie de vouloir bien déléguer quatre de ses Membres qui feront partie du Comité d'honneur. MM. C. Bouchard, A. d'Arsoxval, O. Lannelongue, P. Villard sont désignés par l'Académie. PLIS CACHETÉS. M. H.-C. Saint-René demande l'ouverture d'un pli cacheté reçu dans la séance du 8 juillet 1895 et inscrit sous le n° 5130. Ce pli, ouvert en séance par M. le Président, contient une Note intitulée : Sur une solution du problème de la vision à distance. (Renvoi à l'examen de M. Violle.) CORRESPONDANCE . M. Albert Ladenburg, élu Correspondant pour la Section de Chimie, adresse des remcrciments à l'Académie. M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, les Ouvrages suivants : 1° Rayons X et radiations diverses, par M. Guilleminot. (Présenté par M. C. Bouchard.) l3i'i6 ACADÉMIE DES SCIENCES. ■2" Les /)/ans cadastraua; et la triangulation générale de la Fiance, par M. Ch. Lallemand. 3" L' Aviation : Conférences faites en 1909 à la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale, par M. Paul Renakd. M. Matignon adresse un Rapport relatif à l'emploi de la subvention qui lui a été allouée sur le fonds Bonaparte en 1908. MM. Blaxc, le Commandant Henri de Bouillane de Lacoste, Routi\, le Comte de Zpjppelin adressent des remercîments pour les distinctions que l'Académie a accordées à leurs travaux. ASTRONOMIE. — Sur te retrait graduel de la tac/ip polaire australe de Mars, pendant l'opposition de 1909. Note de M. R. Jarry Desloges, présentée par M. Bigourdan. La calotte ])olaire australe, dont la dimension a été suivie avec la plus grande attention depuis le début de juin, tant au Massegros qu'au Revard ou à Toury ('), est actuellement fort petite, d'un coloris terne, et à peine perceptible. La première des plancbes ci-jointes (-) montre les principaux détails qu'on y a observés : crevasses, tacbes sombres ou régions grisâtres, plages lumineuses, etc. On constatera que les crevasses ont présenté des variations remarquables dans leur visibilité. Des plages lumineuses ou plus blanches ont été vues fréquemment dans la calotte polaire; en général, elles étaient situées approximativement vers remplacement des régions appelées îles, par exemple Novissima Thyle. Ces plages peuvent être produites soit par une formation de matière blanche récente, qui, ainsi que je l'ai indi(|ué en 1907, a un éclat beaucoup plus (') Voir Comptes rendus, p. 587, 664 *l 9^6 du présent N'olume. A la page 967 lire l. moy. civil au lieu de t. moyen, astron. ('') La longiluiie X indiquée à côté de chaque dessin est celle du méridien central à l'heure de l'observation. l348 ACADÉMIE DES SCIENCES. grand que l'ancienne, soit par les rayons solaires réfléchis vers nous par cette précipitation blanche, placée sur des plans inclinés. Le second dessin montre approximativement le retrait de la tache blanche polaire sous l'influence des saisons martiennes : le solstice d'été, pour rhémisphère sud de cette planète, a eu lieu le i4 septembre. Ce schéma, qui a été fait d'après une méthode imaginée par M. G. Fournier, représente des mesures micrométriques au nombre de cinquante environ : ces observations et la méthode suivie pour les flgurer seront données dans un Mémoire qui contiendra toutes nos observations. rij;. 2. — Cuiirbe i'c:préseiUati\ e de l'iilluie générale de la iliiiilnulii>n de la calnUe polaire australe de Mars, d'après les mesures prises du 20 juin au 3n ocLobre i90(). Comme on peut le constater, le retrait de la lâche bianciie ne se fait pas uniformé- ment sur les régions appelées mers. On remarquera qu entre les i5' et io5'' degrés de longitude, par environ 77° de latitude Sud, le reirait a été très faible du 28 août au 20 octobre, tandis qu'il était plus rapide dans d'autres endroits. Cette région à retrait leiil semble donc avoir une altitude lelativement grande et des pentes fortement accusées vers le Nord, particulièrement entre 75° et io5°de longitude, tandis que vers le Sud elles seraient plus douces. Les régions lumineuses ou blanches signalées plus haut, ainsi que les condensations vues sur le bourrelet sombre (') qu'on aperçoit quelquefois le long de la substance blanche polaire, pourront nous donner aussi quelques indications sur la pente, le relief ou la nature du terrain. Far exemple, Noi,>issima Thyle paraît être formée par un {') Seules les condensations aperçues dans les légions polaires j)ar M. G. Fournier et moi ont servi à cette étude. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. 1^49 massif montagneux aux murailles escarpées, el l'oiienlalion principale des penles serait vers le Sud-Ouest. Une dépression tiès importante se trouve placée principalement entre les 34o° et 20° (38()°) de longitude ; elle s'étend sur un grand espace en latitude. Celte dépression semblait drainer toute la nialière sombre environnante, ainsi que celle provenant delà tache noire, située à l'intérieur de la calotte polaire, par l'inter- médiaire de la crevasse de 35o°. Les intermillences de visibilité de cette crevasse, ainsi que de celles qui existent vers 190" et 2^0°, les ondulations ou la duplicature de la tache sombre centrale, paraissent bien indiquer que le sol où elles sont placées n'a pas un relief uniforme. En résumé, il semble bien que la calotte polaire australe est placée sur un terrain d'un relief très varié, et les phénomènes qui suivent la disparition de la tache blanche polaire, étudiés avec soin, permettront peut-être un jour d'avoir des données assez exactes sur le relief du sol, la nature des pentes et peut-être l'altitude relative de ces régions. ASïRCNOMiE. — Observations de comètes faites à V Observatoire de Marseille i^équatorial d' Eichens de o™,2G d'ouverture). Note de M. (.oor.iA, pré- sentée par M. B. Baillaud. Dates. Temps moyen N'ombre Log. fact. Log. fact. 1909. de Marseille. A3\. A'f. de comp. jR apparente. parall. DP apparente. parall. -K. Comète Daniel (7 décembre 1909). Il m s i o , „ Dec. Il 11.27. 2 -t-2.35,.5i ■+- 5.54,1 i5:io 6.17.35,97 — T,3i9 52. 7. 9,0 — o,o43 i )) 16 10. 3.13 — 1.28,63 + '1.34,8 1.5: 10 6.18. 5,45 — ï,5-j4 48 -24 .28, 9 — 0,070 2 Comète de Hallev. Dec. II 10. 9.41 — 5. 7,16 4- 8.43,7 t5:io 3.43.37,45 —2,434 75.)3.38,2 —0,631 o 16 9.21.13 +0.37,13 — 5.i3,9 i5:io 3.21.35,93 — 3, 606 75.56.15,7 — o,63i 4 4 Positions moyennes des étoiles de comparaison : igog,o. Kéductiiin Disl. polaire Kédui'lKin it. G'. M moyenne. au jonr. moyenne. au jour. Autorite<^. Il m s s o . ., ,, I... . 8,2 6. 14. 56, 21 +4;23 32. 1.16,0 — 0,6 3241AG. Lund 2 8,5 6.19.29,53 +4,55 48.J9.34,4 — o,3 5239 .\G. Bonn 3 8,6 3.48.4ii25 +3,36 75. 5. 7,4 — 12,9 1 132 AG. Leipzig' 4 9,0 3.21. 5,54 +3,26 76. 1.43,9 — 14.3 1007 AG. Leipzig' l35o ACADÉMIE DES SCIENCES. ASTKONOMIE. — Observations de la comète 1909 e Daniel, faites à l'Observatoire de Marseille, au chercheur de o"',iG d'ouverture. Noie de M. B0RKE1.LY, présentée par M. B. Baillaud. Dales Teirips iimyen Nombre Log. fact. Log. fart. l'W'J- de IMarseille. i.«. A'f de comp. B appar. parall. DP apparente. parall. *. Comète 1909 e Daniel. Dec. 9 \h.hi. 4 -i-2.i',,4i —2.38,8 5:5 6.17.12,88 +î,ô55 53.36. 8,1 — o,3o6 a .... 9.20.00 — 0.57,73 -1-21.57,3 5:5 6.17.23,63 — î,65o 53. o. 7,3 — 0,419 '' 10. " 10 34. 3i +0.24,87 +14. 5,6 6:6 6.17.36,46 — i,5io 52. 9.12,4 —0,197 c Etoiles de comparaison . Kédiiclion Oisl. polaire KéducUon *. G'. .H moyenne. au jour. moyenne. an jour. Xutorités. a. . . . 8 h m s 6.14.54,34 +4^,1 3 53! 38 '.47 ',5 — 0 , 6 A. G. 3242 Limd b... 7, 1 6. 18. .7, .7 +4,19 52.38. 10, 1 — 0, 2 A. G. 3270 Liind c. . . , 7,'i 6.-7- 7,34 + 4,25 5 1 . 55 . 7,1 -0,3 A.(i. 3258 Lund Remarques. — La comèle esl ronde, assez étendue, avec un point plus brillant placé excenlriquemenl. Les éphéniérides de recherche publiées par le D'' L. Becker. M. yV., l. Ll, p. 489, donnent une position assez proche de la comèle 1867 (I (>ogi;ia) périodique de 42 ans, dont le retour était attendu pour celte année. ASTKONOMIE. — Observations de la nouvelle comète 1909 e (^Daniel) faites à l'Observatoire de Besançon , avec lèquatorial coude. Note de M. P. Cho- FARDET, présentée par M. B. Baillaud. Obser\ations de la comète. Temps moyen Nombre Uales. de de .1909. Étoiles. Besançon, h m s Aa. m s A$. conipar. Dec. i4. .. . a 10. o.3i + 1.46,63 — 7. 12,0 12:9 .4... . ... a 12 .25. 17 + 1.46,35 — I 1 . 55 , 4 9:6 16 b 7. 3.19 — 1.28,14 + 0.46,6 1 2:9 16 b 10.39.35 — 1 . 28, o3 — 6. 2,2 12:9 18 .... c 10.33.25 + 1 . 14,02 + 0.38,9 12:9 SEANCE DU 27 DECEMBRE 1909. l35l Positions moyennes des étoiles de comparaison pour 1909,0. Gr. Catalogue. a 8.8 AG. Bonn, Sig^ è 8,5 » 0239 c 8,7 » 5200 Ascension KéiUiction Distance lÎL'tlucliun (1 loi te au polaire au moyenne. jour. moyenne. jour. h m s 6.16. 7,62 s +4.4'.^ 0 ' 1 49.54.52 7 — 0,6 6. 19.29,55 +4,54 48.21.23 0 -0,3 6. 16. ',8,85 +4,68 i6. ',7.33 6 — o,S Positions apparentes de la comète. Ascension Dislance Dates. droite Log. fact. polaire Log. fact. 1909. apparente. parallaxe. apparente. parallaxe. h m s 0 f ,t Dec. i4 6.i7..>8,67 9,539,, 49.47.4oji o,3o2„ i4..., 6.17.58,39 8,673,, 49.42.56,7 0,022,, 16 6.18. 5,95 9,725,, 48.22. 9,3 0,642,, 16 6.18. 6,06 9,424,, 48.1 5. 20, 5 0,126,, 18........ 6.18. 7,55 9,428,, 46.48.11,7 o,o48„ Remarques. — La comète nous apparaît comme mie nébulosilé ronde de 3o" à 4o'' de diamètre, avec une légère condensation en son centre. Son éclat global est jugé de 12" grandeur environ. ASTRONOMIE. — Observations de la comète de Halley faites à C Observatoire de Toulouse à l' equatorial Hrunner-Henry . \ole de MM. Moxtasgera.xd et RossARD, présentée par M. B. Baillaud. Observations de la comète. Dates. 1909. Décembre 4. 8. « 8. » 1 4 . i4. » 16. Temps moyen de Toulouse. h al s 9.45.40 10.34.58 II .10.2a 10. I .3i 10.40.29 9. 4.5i àx. — 2'"48'96 -Hl. 3,02 +0.55,57 -M. 42, 53 -1-1.34,96 +0. 8,52 AS. -H i.'38,"4 — 4.27,0 — 4.37,2 — I.I9-0 — I .32, I -+- 4- 2,9 Nombre de conipar. 6: 4 18:20 18:20 18:20 18:20 12:20 Étoiles. Observ. R U M R M R C. R., 1909, 2» Semestre. (T. [\9, N" 26.) 2 3 f 4 179 l352 ACADÉMIE DES SCIENCES. Positions des étoiles de comparaison pour 1909,0. Ascension Réduction Réducti(.ni droite au Déclinaison au Etoiles. Gr. moyenne. j"i"'. moyenne. jour. Autorités. h m s s o , „ „ I 8,9 4.16.48,40 3,41 15.34.11,8 11,4 Berlin A ii48 2 7,7 3.55.36,00 3,39 i5.i3.ii,9 12,6 Lierlin A io64 3 8,3 3.38.31,21 3,29 14.22.19,2 i4,o Leipzig I 1042 4 8,5 3.21.24,70 3,27 13.59.26,7 i4,2 Leipzig I 1009 Positions apparentes de la comète. Dates. 1901.1. Il m s Décemijre 4 9.45.40 » 8 10.34.58 » 8 I I . i3.25 » 1 4 10. 1 . 3 1 » i4 10.40.29 » 16 9 . 4 • 3 ' GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur les familles de Lamé composées de surfaces admettant un plan de symétrie variable. Note de M. J. IIaag. M. Darboux a donné (Systèmes triples orthogonaux, p. 110) une condition nécessaire pour que des surfaces ayant un plan de symétrie variable puissent engendrer une famille de Lamé. Je suis arrivé, par une autre voie, à des résultats très simples, et j'ai déterminé toutes les familles de Lamé en ques- tion, sauf peut-être pour un cas très particulier. Posons-nous d'abord la question plus générale suivante : Soit une famille de Lamé F. Prenons la surface S' symétrique de chaque surface S de F par rapport à un plan 11 variant avec S. .4 quelles conditions les surfaces ?>' forment-elles une nom'elle famille de Lamé? La réponse est immédiate, si l'on s'appuie sur les résultats de notre Note du 22 novembre dernier : Pour que les sut faces ?>' forment une famille de Lamé, il faut et suffit que chaque surface S puisse engendrer une famille de Lamé en tournant autour de la droite D suivant laquelle II louche son emeloppe z. Ascension • droite Log. fact. Déclinaison Log. fact. apparente. parallaxe. apparente. parallaxe, Il LU s 4.i4- 2,85 î , 260,, 15° 36'. l'iô o,63i 3.56.42,91 2,392,, i5. 8.57,5 0,621 3.56.35,46 2,683 IJ. 8.47,3 0,623 3. 3o. 17,03 3,764 l4. 21 . l4 , 2 o,632 3.3o. 9,46 2,905 14.21 .1,1 o,635 3.21 .36,49 2,8,5o„ .4. 3.43,8 0,639 SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE I909. l353 ■On sait en outre que si l'on déforme £, sans déformer ses génératrices, et en entraînant chaque surface S avec le plan II correspondant, les nouvelles positions des surfaces S constituent encore une famille de Lamé. Oiipourra en particulier amener toiis les plans II à coïncider. Supposons maintenant que chaque surface S d' une famille de Lamé admette un plan de symétrie II la coupant orthogonalement suivant une ligne de cour- bure A, qui ne soit pas une ligne d'ombilics. Parmi les surfaces qui complètent le système triple orthogonal, il y en a qui coupent orthogonalement chaque surface S suivant une ligne de cour- bure Y orthogonale à A et par conséquent symétrique par rapport au plan II. (Ceci pourrait être un défaut si A était une ligne d'ombilics.) Ces surfaces forment une des familles (F",) dn système triple. Imaginons alors qu'on associe à chaque ligne y de S une surface F qui coupe S à angle droit suivant y et qui admette II pour plan de symétrie. Il est clair que, si y en- gendre une surface de (F,), la surface F correspondante touchera cette sur- face suivant y. Or je démontre le théorème suivant : Pour qu'une surface variable F ayant un plan de symétrie variable Yl'touche son enveloppe suivant une ligne y symétrique par rapport à II, il faut et suffît que les normales à F le long de y rencontrent toutes la caractéristique du plan II. En appliquant ce théorème au problème précédent et combinant cette seconde méthode avec la première, on arrive au théorème suivant : Prenons une surface quelconque ( S, ) à lignes de première courbure planes y et un plan II quelconque. Construisons le périsphère surface de Joachimstal > engendré par les cercles normaux à U et à (?:>,) le long d'une ligne de première courbure dont le plan coupe U suivant une droite D. Déformons ensuite le plan 11 sans déformer les droites D et supposons que le plan langent relatif à chaque droite U entraîne avec lui la surface S correspondante. Les nouvelles positions de ces surfaces constituent la famille de Lamé la plus générale., composée de surfaces à plan de symétrie variable. Si l'on veut en particulier les familles de Lamé composées de cyclides de Dupin, il suffit de prendre comme surface (S, ) le périsphère le plus généraL On retrouve alors immédiatement les différents résultats établis par M. Darboux dans deux récents Mémoires, entre autres la génération élé- l354 ACADÉMIE DES SCIENCES. gante indiquée dans le second Mémoire et qui fait intervenir l'enveloppe d'un cercle focal de la cyclide. Cas d'exception. — Nous avons écarté le cas où la ligne ( A) serait une ligne d'ombilics. En s'appuyant sur un théorème de M. Maurice Levy relatif aux lignes ombilicales d'une famille de Lamé, on voit sans peine que le seul cas qui nous échappe est celui où la ligne ( A ) coïncide avec la caracté- ristique D du plan H. 11 y aurait lieu d'étudier la distribution des lignes de courbure au voisinage de cette ligne, ce qui semble assez compliqué, car ses différents points ne sont plus des ombilics à proprement parler et présentent des singularités du troisième et du quatrième ordre. Généralisations diverses. — On peut généraliser de diverses façons les résultats précédents. D'abord, dans la première question que nous nous sommes posée, on peut supposer qu'a» lieu d'un plan de symétrie on a un centre ou un axe de symétrie. On est conduit à des résultats analogues que nous n'énonçons pas ici faute de place. Malheureusement, notre seconde méthode ne s'applique plus ici et l'on ne peut arriver à des résultats aussi complets que les précédents. On peut aussi supposer (pi'au lieu de surfaces à plans de symétrie on a des surfaces anallagmatiques. On obtient alors le théorème suivant : Prenons une sur face quelconque (S,) alignes de première courbure sphériques et une sphère II quelconque. Construisons le périsphère S, inverse d'une surface de Joachimstal, engendré par les cercles normaux « Il e/ à ( S, ) /e long d'une ligne de première courbwe., dont la sphère coupe II suivant un cercle D. Sou- mettons la sphère II à une flexion isomorphe (') relative aux cercle D, et fixons chaque surface S ainsi transformée quand le cercle D correspondant sert de base à la flexion. Les surfaces obtenues constituent la famille de Lamé la plus générale composée de surfaces anallagmatiques par rapport à une sphère variable et coupées à angle droit par cette sphère suivant une ligne qui n'est pas un cercle cV ombilics . .le me suis rendu compte, en cherchant la démonstration de ce théo- rème, qu'on pouvait généraliser mes ^otes du 3 août 1908 et du 22 no- vembre 1909 en y remplaçant le déplacement par la transformation conforme la plus générale de l'espace. Mais je n'ai fait qu'ébaucher cette théorie. (') Voir Darboux, Théorie des surfaces, t. IV, p. aô^. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE I909. l355 ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur /a représentation des fonctions analytiques par des intégrales définies. Note de M. D. Pompéiu, présentée par M. Jordan. Dans une Note antérieure ( Comptes rendus an 12 juillet 1909) j'ai montré la possibilité de mettre toute fonction analytique/(c), bornée et singulière sur un ensemble E de longueur partout non nulle [cette propriété de E est, d'ailleurs, une conséquence de l'iiypothèse faite sur /(s)], sous la forme dune intégrale définie '?iî',/.- Ç désignant les points singuliers ào f{z), et ^(Q étant une fonction qu'on sait définir et qui est nulle pour tout point régulier s. 1. Dans la présente Noie je me propose d'appliquer la même méthode à la représentation des fonctions analytiques uniformes /(^) ayant les pro- priétés suivantes : i" f(z) est partout continue, donc continue aussi sur l'ensemble E des points singuliers ; 1" La dérivée/'(s) est une fonction bornée : autrement dit, on a !/'( = ) |< M quel que soit s, M étanl un nombre fixe ; 3° La fonction /(;) est régulière et nulle à l'infini. Des deux premières hypothèses il s'ensuit immédiatement (voir, par exemple, dans ma Thèse, le Chapitre III de la deuxième Partie) que l'en- semble E, formé par les points singuliers '( dey"(;), a une aire partout non nulle. 2. Cela posé, je vais me servir d'un lemme pour l'énoncé duquel j'ai besoin d'une définition. Soit /(s) une fonction de variable complexe (je prends ce mot dans son sens général et non dans le sens restreint de fonction analytique). Je suppose quey(: ) est définie dans un certain domaine D ayant pour frontière une ligne rectifiable C. Divisons le domaine D, par des lignes rectifiables, en un nombre quel- conque de domaines partiels Y)^ : chacun de ces domaines aura pour frontière une courbe rectifiable C/,. Prenons les intégrales de/ (s) le long de chacun l356 . ACADÉMIE DES SCIENCES. des contours fermés C^ et formons la somme V=| f/i:)dz\ + \ f/{z)ch -h... + | f f(z)dz. que nous appellerons variation^ relative à /(s), pour le mode de division adopté. Si, quel que soit le mode de subdivision adopté, le nombre positif V est borné, nous dirons que /(s") donne lieu à une variation totale bornée, cette variation totale étant, par définition, la plus grande limite de V lorsque le diamètre o des domaines partiels T)^ tend vers zéro. Cette définition étant posée, le lemme s'énonce de la façon suivante : Soit/^(;;) une fonction de variable complexe, définie dans un domaine D. Si, dans ce domaine, f (s) donne lieu à une variation totale bornée, il existe une fonction ç(,-s), définie dans D, sauf peut-être pour certains points formant un ensemble d'aire nulle, et telle qu'on ait, pour tout contour fermé C, tracé dans D, j f(z)dz^f '.(z)ctM, la seconde intégrale étant une intégrale double étendue au domaine limité par C. 3. Reprenons maintenant la fonction analytique /(z), définie au n° 1, et appliquons-lui le lemme précédent : cela est possible à cause de l'hypo- thèse faite sur /'(s). On en déduit l'existence d'une fonction (p définie pour tout point :; ou '(• Mais, dans un certain voisinage de tout point z, l'intégrale f/^' ),lz est nulle. Donc la fonction s est nulle pour tout point régulier z ; elle n'est différente de zéro que pour les points singuliers "(. D'ailleurs, pour ces points elle ne peut pas être identiquement nulle, car, alors, les intégrales •Je. (où u désigne indifléremment les points s et ç) seraient toutes nulles, et, /(«) étant partout continue, la fonction J\u) serait, d'après un théorème de Morera (voir aussi, dans ma Thèse, le Chapitre 1 de la première Partie), partout holomorphe, ce qui est impossible. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. iSSj Nous avons donc défini sur l'ensemble E une fonction ^(C ), non nulle. 4. Je dis maintenant qu'on a ■ht: J^K — '■ l'intégrale du second membre étant une intégrale double. En effet, consi- dérons la fonction y(;) définie par l'intégrale du second membre; c'est une fonction ayant les propriétés énumérées au n" 1. Mais, de plus, les inté- grales I: (prises le long d'un contour fermé quelconque C) ont mêmes valeurs que les intégrales correspondantes ''f{z)d: i' Il s'ensuit que, pour la fonction les intégrales i li{z)dz sont toutes nulles. Et, comme h{z) est partout continue, on en conclut (tbéorème de Morera, cité au n° 3 ) que A(s) est partout holomorphe, donc «;n^to«/e. Maisy(z) ety(^) s'annulent à l'infini ; il en est donc de même pour A(-) et celle fonction est identiquement nulle. Doncy(z) coïncide partout avec /(:■), ce que je voulais montrer. L'intégrale 7(3) nous donne ainsi la représentation générale de la classe de fonctions analytiques définie au n° 1. Remarquons, en terminant, que les points 'C, pour lesquels (f n'a pu être défini, formant un ensemble d'aire nulle, n'ont aucune influence sur la va- leur de l'intégrale double. MÉCANIQUE. — Sur le calcul des volants de laminoirs. Note de M. Charles Reionier, présentée par M. Maurice Levy. 1° La jante du volant d'une machine est sujette à une variation de vitesse AV = ( V, — V^) pendant la variation du temps AT = T, — T., où elle s'accomplit. l358 ACADÉMIE DES SCIENCES. Il se produit de ce fait, sur la masse de la jante de poids P, des forces va- riables d'inertie Substituant aux différentielles les différences finies A cl A, on aura pour expression de la force d'inertie moyenne approchée ^ P AV 2° Désignons par a le rapport de la force d'inertie moyenne -fj à l'effort tangentiel rapporté au centre de gravité de la section de la jante, et corres- pondant à la puissance maxima N, en kilogrammètres, que le moteur peut fournir à la vitesse V„„y du centre de gravité de la jante; nous écrirons l'équation de condition , P AV _ aN ^ ' 9.8" AT- V„,„,; 3° Donnons-nous a = 2, la formule (3) devient , , , AV _ 2X9,8ix75N, _ ^ „ N, U) AT ~ PV — '^7''='pv ' N, désignant la puissance en chevaux. 4° Examinons les valeurs de -t-t. dans des moteurs de laminoirs existants ^ Al et possédant une régularité pratiquement convenable, on a les résultats suivants : Désignation Puissance \ilesse des en en mètres Poids A\ trains. chevaux. par seconde. des jantes. AT ks Tôles 200 i8,3oo 12,000 i,34 Bidons ^ i33 21,000 8,000 1,10 Petits fers 190 28,000 io,5oo 1,16 Profilés 45o 3o,5oo 18,000 1,20 Rails (iS""?) 735 3o,ooo 27,000 i,34 Rails 1000 32,000 40,000 1,1 5 Zinc i5o 20,600 7,5oo 1,42 Bandes ailettes 600 32, 000 i5,ooo ';98 Rails 1 3oo 3i ,5oci 34 ,5oo 1 ,76 Double duo 700 3o, 5oo 3i , i4o ' jOg Trio 695 35,000 3 1,000 0,95 Trio i5oo 32,5oo 4'îOoo 1,62 Larges plats 1800 3o,3oo 49jOoo ')78 SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l3% AT On déduit de ces observations que la moyenne des valeurs de -r^ esl coin- prise l'Mlre i et 2 dans I livpothesede a = 2. l'-naamcltant-rrr; = ^ — ' > 1 AI 1000 on pourra écrire la formule (\) sous la forme très simple N (chevaux ) \,„„5. (m. |)ar sec.) ipii contient impiicitcuîent A\ , . ^ \ i7'' cl -* ^ * nui; . 1" iJ'une faron générale, on s'imposera l'écart AV de vitesse par le coef- licicnl (l(! régularité et l'écart de temps AT, par des considérations de fabri- cation. (>" Dans l'hypotlièse d'une [lulsation de la vitesse suivant la forme sinu- soïdale, la détermination de l'accélération maxima permettra de calculer les bras du volant à la ilexion produite sur eux par la force d'inertie maxima ( ' ) P . AV y.8i ' ' AT MÉCANIQUE. — Sur h' ro/a/it des moteurs d'avùilion. Note de M. L. Lkcornu, présentée par M. Painlevé. La tlii'orie classicpie du volant suppose connus, en fonction de l'angle de rotation 0, le moment moteur M et le moment résistant ,N. Klle ne s'applique pasau cas d'un moteur d'aviation, pourlequel la résistance de l'bélice dépend (10 ni)ii de 0, mais de la vitesse angulaire co = -r-- i^a valeur de N est alors de In forme /oj', et, si l'on désigne par Aie moment d'inertie du volant, l'équa- lion du mouvement est r/j l'i l'oiir la piils.ilioii tle \ itesse siniisiiïdale c =z sin ( ;t; ' ) l'acoéléi alioti mo\eniie ... . , , A\ , - AV f-l iiiallMiiialiqueiniMit ei;ale a -r^^ ul I acceleralioii nia\inia c^l -— ;• . ' Al 2 A 1 C. R., 19011, i' Semestre. (T. \'i't, fi' 26.) 1?0 l3Go ACADÉMIE DES SCIENCES. fl'où, en posant -^ = ^> (2) '.^^^^e-'-" f\le"'>dO. On sait, d'après le colonel Renard, que si k est le coefficient de la résis- tance de Tair, d le diamètre de l'hélice et a un nombre dépendant de la configuration de cet appareil, la valeur de /est égale kkad'. \a\ formule (2) permet ainsi, connaissant le moteur et l'hélice, de trouver pour A une valeur capable de maintenir les variations de vitesse dans les limites voulues; la constante arbitraire provenant de l'intégration peut être négligée, attendu qu'elle n'introduit dans la valeur de a>- qu'un terme rapidement évanouis- sant. Supposons, en parliciilief, (| lie le 1110 leur soi l con si iliK- par /j cylindres à quatre temps, disposés de façon que leurs explosions se succèdent légulièrement dans le cycle, cor- respondant à deux tours du volanl. M est alors une fonction de 9 avant pour période 0 l\~, ou, ce qui revient au même, une fonction de l'angle 9 =— ayant pour période 2 tî. On peul représenter le moment moteur de chaque cylindre par une série de Fourier procédant suivant les sinus et cosinus de^ multiples de o. En faisant ensuite la somme de ces moments, on voit disparaUie les termes pour lesquels l'argument n'est pas multiple dep , . (4) <•'' =^ P -r -^ -mi — — ; (aAsinwo — i>cospo). 'h [\h--^ i>- 1 -, 1 i . I D'après ces formules M et oj- éprouvent respectivement par rapport à leurs valeurs 1 . . ■'. I{ \h\\ r> I , ■■ 1 1 moyennes les variations et -^^=^=r- Hemplaçons /; par sa valeur; appelons en "' m \ 4 II''- -I- [j- ouire /• le coefficient de régularité, c'est-à-dire le rapport entre la vitesse moyenne et la variation totale de vitesse. Il vient, tous calculs faits. (5) p V in- Telle est la formule déterminant le moment d'inertie en fonction des caractéristiques de l'hélice, du noinbre des cylindres, de la variation propor- SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l36l T R tionnelle - — du nionienl moleiir et du coefficient de réeularité au-dessous m " duquel on ne veut pas descendre. L'influence favorable du nombre de cylindres se manifeste à la fois par la présence du facteur - et par la réduction de R due à la disparition des/j — i premiers termes de la série de Fourier. Notons toutefois que les coefficients des termes de la série ne décroissent pas nécessairement d'une façon régu- lière, en sorte c{u'avec certains types de moteurs il peut arriver que quatre cylindres, par exemple, exigent un moindre volant que cinq ou six. On remarque que le volant, toutes choses égales d'ailleurs, est propor- tionnel à d' . L'emploi dune grande hélice, avantageux au point de vue du rendement, n'est donc pas sans inconvénient. 11 est vrai que A comprend le moment d'inertie de l'hélice elle-même, et que ce moment est déjà [)ropor- tionnel à r/'. Mais, à moins que l'hélice ne soit assez massive pour tenir entièrement lieu de volant, l'objection conserve sa portée. Or on doit, bien loin d'alourdir l'hélice, chercher à l'alléger, sous peine d'imposer à l'arbre des efforts de tension capables d'amener sa rupture. Le calcul montre, en effet, que pour une section quelconque de cet arbre, si l'on appelle A, le moment d'inertie de la partie située par rapport à cette section du même côté que l'hélice, un accroissement brusque AM de M, dû à l'explosion dans un cylindre placé du côté de l'hélice, diminue le couple de torsion, tandis que la même variation AM, provenant d'un cylindre situé du côté opposé . . A à l'hélice, entraine pour le couple de torsion l'accroissement -^^AM, d'autant plus important que A, est une fraction plus grande de A, et il y a par suite intérêt à éloigner le plus possible de l'hélice le volant proprement dit. En d'autres termes, le volant et l'hélice doivent, pour réduire au minimum les chances de rupture, être disposés de part et d'autre du vilebrequin. MÉCANIQUE. — Sur la vitesse des ondes de choc et combustion. Note de M. E. Jouguet, présentée par l^L ^ ieille. 1. Dans une Note publiée aux Comptes rendus du 25 février 1907, j'ai proposé d'admettre, à titre de postulat, pour les ondes de choc et combul- lion ('), la pi'oposition suivante, cjui est rigoureusement démontrée, grâce (') Sur les oncles de choc et combustion, voir mon Mémoire Sur la propagation des réactions chimiques dans les gaz, dans le Journal de Mathématiques pures et ap- l'^6-2 ACADÉMIE DES SCIENCES. au principe de Carnot, pour les ondes de clioc sans combustion des 'j;»/, parfaits. l'osTL'LAT 1. — La vitesse d'une onde de choc et combustion est toujours : a. Plus grande que la iHlesse du son dans le milieu qui la précède ; b. J' lus petite que la vitesse du son dans le milieu qui la suit. Je voudrais montrer aujourd'liui fjne ce postulat esl équivalent à nu autre, qui parait assez naturel pour servir de justification partielle au pre- mier. 2. Soie une onde de choc et combustion faisant passer le mélanj^e gazeux (Fnn état i à un état ■>.. Supposons que la combustion résiduelle se fasse sui- vant la loi de la dissociation ou bien qu'elle soit nulle. I^'énergie interne du mélange est alors, après comme avant Tonde, une fonction du volume spé- cifique CT el de reiitropie s. Soient y> la ]iression, égale à t^> et T la tem- pérature absolue, é^ale à --^- La loi d'Hu"oniot s'écrit {') (/^l + /'2) (<7.— 0-,) H- ■!(£.>— £, I =0. Si l'on suppose donnés a, et s,, c'est-à-dire l'état initial, cette é(pialion définit 5^ en fonction de rj^, ou/?, en fonction de a-,, ou s.^ en fonction de/^., et l'on a (2) (3) ('1) lia, " dp. dn, - tJ.s, ds. <)p. dju i)p., i)p. jdiijuéex (igoô-iyoG) et un travail de M. Ciussard dans le ritillelin de L' Industrii; iiii- ncrale (1907). Dès 1899, M. Chapnian avait publié, dans If l'Iiilosophical Magazine. une étude où se trouvent quelques-unes des idées que j'ai développées en 190.5. Je n'ai pas cité cette étude dans mon Mémoire parce que je n'en ai eu connaissance (jue récem- ment. Je m'empresse de saisir l'occasion qui se présente ici de rendre à M. Cliapman ce qui lui esl dû. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l363 Soient la vitesse de l'onde de choc et combustion ; colle du son après le front de l'onde, rapporlécs toutes deux à l'étal i. L'équation (3) peut s'écrire (Is., 7, -- c-., D- dp-, o] ^ i)p, ôpi Nous supposerons que les gaz constituant le mélange sont parfaits en ce sens qu'ils suivent les lois de Maiiotte, de Gay-T.ussac et de Joule; mais nous supposerons leurs chaleurs spécifiques variables avec la température. Soient C-,, c^, ya les chaleurs spécifiques du mélange et leur rapport juste derrière le front de l'onde. Si la combustion résiduelle est nulle, l'expression est égale à ( .-, — c. [(-/,+ i)/n 4- (7,-1)/',]; elle est donc négative. Sinon on peut, en se fondant sur l'expérience des phénomènes explosifs, admettre (^uc la dissociation est assez faible pour que le signe de cette expression ne soit pas changé. Dès lors, l'équation (4) devient (5) ^ = /.-.,^.^_^,)(r3^-E^). D'une manière analogue, donnons-nous t„ et i^, c'est-à-dire l'état final. L'équation (1) définit alors ^, en fonction dey;, et l'on a : fit (6) _JL=.,.,,._,^)(D^_En, E, étant la vitesse du son avant l'onde, rapportée à l'état i. 3. L'onde de choc et combustion étant un phénomène adiabatique et irré- versible, l'entropie doit croître à sa traversée. Il est d'ailleurs assez naturel l364 ACADÉMIE DES SCIENCES. de supposer que cette variation d'entropie est d'autant plus forte que Tirré- versibililé est plus considérable, c'est-à-dire que l'onde de choc et combus- tion est plus violente. Nous sommes ainsi conduits à admettre le postulat suivant : PosTrL.VTll. — L'état initial {ou fétal Jinal) étant donné, la variation d'entropie est d'autant plus grande que la variation de pression est plus grande. Dès lors pour les ondes condensées ( c7^-< a,, /j^^/'O -^^ — ■^i doit croître avecjOo et décroître quand /j, croit; c'est l'inverse pour les ondes dilatées (c7^> a-,, p2• Les formules ( 5) et ((>) montrent alors qu'on doit avoir E, K étant le pouvoir inducteur spécifique égal à 80, 02,0 2 { ( 62,254 •1264, r> I 64,247 5265,6 3. 65,563 5270,3 5 70,276 5349,8 3 49,45o 5582,0 1 81,978 2 Trace 5588,6 4 88,780 4 2 5590,0 G 90,225 I » 559/1,4 3 94,474 3 I 5598 ,5 2 98 , 598 3 I 56oi,5 I 01,287 ' » 56oa ,9 o 02 , 765 I » 5857,6 4 57,456 3 Trace 6io3,i 3 02,824 9 6 6i'22,3 4 22,218 12 i5 6162,6 4 62,176 i4 23 6439,1 6 39,084 j8 9 645o,3 I 49,820 8 2 6462,8 6 62,577 16 7 6472 ,1 I 71, 665 5 I 6494,0 3 93,784 10 3 6'i99,4 o 99,662 3 Trace 6572,8 4 72,7>4 5 10 ^'"'7,9 o 17,721 I » Les ob.servations sont rendues particulièrenienl difficiles par la présence des bandes vertes et rouges du calcium qui, avec la dispersion d'abord employée, avaient masqué (') Comptes rendus^ 1 3 décembre 1909. (^) Aslrnphys. Journal, t. \\I\, p. 190. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. 1371 un certain nombre de raies. Nous avons construit un speclrographe plus puissant, muni de trois prismes denses et de deux objectifs ayant cliacun i™ de longueur focale : la dispersion de cet appareil est telle qu'au voisinage de la raie D, un écarte- ment de 1™"' correspond à i5,3 U. A. Même avec cette dispersion, les bandes sont toujours gênantes; avec de longues poses, elles arrivent encore à cacher des raies, nous avons cependant réussi à presque doubler le nombre de celles que nous avions obser- vées d'abord. Mous avons employé, comme spectre de comparaison, celui de l'arc au fer, et comme valeurs de longueurs d'onde le système de MM. Kayser et Runge. Les clichés ont été mesurés à l'aide d'une vis microniétrique ; l'erreur des mesures ne dé- passe pas 0,2 U. A. Dans le Tableau précédent, nous donnons les valeurs des longueurs d'onde trouvées par nous, ainsi que celles déterminées dans l'arc par M. Cooper ('). Il est à remarquer que les mesures de M. Cooper sont basées sur un système autre que le nôtre, ce qui explique des divergences parfois notables entre nos résultats. Mous donnons également les raies trouvées par M. King dans son four, pour une densité moyenne de vapeur métallique. Il nous a été parfois difficile dévaluer les intensités relatives des raies, en particulier aux endroits où elles coïncident aveo des bandes. La comparaison de noire spectre du calcium avec celui de M. Kin^ montre que, à l'exception d'une raie dont il sera question plus bas, leur caractère est le même. Les raies les plus intenses de la flamme sont aussi les plus intenses du four, et il en est de même pour les plus faibles. M. Kino; estime que la température de son four atteint environ 9.800°, c'est aussi à peu près la température de la flamme oxyacétylénique : la similitude des deux spectres semble indiquer que l'agent qui produit leurs raies doit être le même et, des données de nos recherches publiées dans une Note précé- dente {'^), nous concluons que ce sont des facteurs thermiques ([ui sont en jeu. Nous partageons donc les vues de M. King relatives aux résultats qu'il a obtenus dans son four électrique. Si nous considérons toutes les flammes employées jusqu'ici, nous remar- quons que, sauf celle de l'acétylène et de l'oxygène, aucune d'entre elles ne nous a fourni de raies pour le calcium dans la partie rouge, la dernière raie émise par le chalumeau oxhydrique est même déjà la raie 3270,4, et les flammes de température moins haute émettent des raies de longueur d'onde encore plus courte. La production des raies rouges demande donc une tetn- pérature assez élevée. Un petit nombre des raies contenues dans la liste de M. King manquent dans la nôtre, mais nous sommes persuadés qu'elles y figureraient égale- ment, si le pouvoir séparateur était plus fort, ce qui atténuerait l'influence du spectre de bandes vertes et rouges. (') Astrophys. .luurnal, t. \\l\, p. 333. (') Comptes rendus^ i3 décembre 190Q. l372 ACAOÉMlt: DES âClENClib. NousaUironsparliculièrementraltention sur la raie la plus forte coiUenue daws la liste de M. King, et à laquelle il altribue la longueur d'onde 6708,18. Dans noire flamme, celle raie esl l'une des plus faibles. M. King- la consi- dère comme élanl une raie de basse température; il nous esl impossible de partager celle opinion, nous pensons que celte raie esl due à une impureté qui n'est autre que le lithium. La longueur d'onde exacte de celle raie, doTinée par Rowland, esl 6708, 070 ( ' ), elle ne se trouve pas dans le spectre solaire, mais elle est caractéristique des taches solaires où, d'après M. Adauis (*), sa longueur d'onde est 6708,08. La concordance de ces valeurs ne laisse aucun doute sur l'origine de cette raie : le lithium doit donc se trouver dans le Soleil. Si la raie 6708 était une raie de basse température du calcium, nous l'aurions certainement observée au cours de nos expériences avec des flammes qui nous ont permis d'opérer à des températures très va- riables. M. King ajoute que celle raie rouge 6708 esl comparable, sous beaucoup de rapports, à la raie bleue 4227 qui esl très forte, lorsque la tem- pérature est peu élevée, et que le calcium esl présent en faible quantité. Nous obtenons la raie bleue très facilement dans toutes nos flammes, où ne se voit aucune trace de la raie rouge, ce qui constitue un argument de plus en faveur de notre opinion que la raie rouge n'est pas due au calcium. Ivn outre, la concordance de toutes les autres raies du four de M. King avec celle de notre chalumeau oxyacétylénique, et le fait que la même tem- pérature esl atteinte dans les deux sources, semblent exclure toute possi- bilité de l'existence d'une forte raie du calcium qui présenterait des carac- tères aussi anormaux. Dece qui précède,onpeullirer la conclusion que, grâce à la haute tempéra- ture de la flamme oxyacétylénique, son emploi est particulièrement indiqué dans des recherches parallèles à celles entreprises avec le four électrique. CHIMIE PHYSIQUE. — Réactions chimiques dans les gaz soumis aux pressions très élevées : décomposition de l'oxyde d'azote : formation du chlorure de nitrosyle. Note de MM. E. Iîriner et A. Wroczynski, présentée par M. Georges Lemoine. Dans une précédente Note ('), nous avons signalé quelques curieuses réactions chimiques qui intervenaient dans certains mélanges gazeux (') Table of Standard Wave- Lenghts, rSgS. (-) Contrib. of Mounl Wilson Sotar Observ., n" 40, p. 7. (') Comptes rendus, t. CLVllI, 1909, p. i.5i8. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l3"73 soumis à des pressions très élevées. Dans ces expériences, la compression était réalisée en condensant les constituants gazeux dans un tube de verre très résistant, plongé dans l'air liquide et en laissant revenir ce tube à la température ordinaire, après l'avoir fermé au chalumeau. Le système était ainsi maintenu sous pression en l'absence de tout corps étranger capable de réagir avec lui; mais il était par contre impossible d'estimer, même avec une approximation grossière, les pressions agissantes. l'.n vue de mesure^ ces pressions, nous avons repris ces essais en utilisant une pompe de compression, modèle Cailletet, construite pour produire des pressions allant jusqu'à 1000"'"'. Nous (JécriroDs dans un autre recueilli; dispositif ex.[)éiiii)eiilal, el nous nous bor- neions à indiquai' ici les résiillals obtenus. En comprimant à 3oo"'™ el à la température ordinaire un mélange composé de 3'°' de 1\0 el de 1^°' de IICI, nous avons vu, après 3o minutes environ, la phase gazeuse se colorôr en louge brun, ce qui caractérise la formation de chlorure de nilrosyle. Grâce à la capillarité du tube de compression, le chloiure de nilrosyle formé peut parfaitement subsister- dans le haut de la phase gazeuse. D'ailleurs, après u" certain temps, le mercure du ménisque est complètement Iransfornié en chlorure, qui protège la phase gazeuse contre tonte attaque de la part du mercure, si bien ((u'au-dessus de la couche de chlorure de meicure, nous avons pu observer le chlorure de nitrosvie à l'étal liquide. La vitesse de celte réaction croît notablement avec la pression, comme nous l'avons constaté en élevant la pression jusqu'à -20""". Cet essai confirme donc pleinement les observations faites par nous sur les tubes scellés. Comme certaines raisons, entre autres l'apparition d'un liquide bleu après une com- pression prolongée et les résultats des analyses de la [)hase gazeuse, nous portaient à croire que le gaz NO devait se décomposer lui-même sous l'elVet d'une pression élevée, nous avons appliqué le mènae mode opératoire à ce g.az seul. Tout d'abord nous avons condensé dans quelques tubes plongés dans l'air liquide de l'oxyde d'azote parfaitement pur, en dill'érentes quantités, de façon à obtenir des pres- sions dilTérentes, selon le procédé déjà décrit. I.,e contenu de ces tubes était complète- ment incolore après leur l'etoyr à la tempéraUire ordinaire; mais un jour après, on pouvait déjà reconnaître la formation d'une vapeur bleu verdàtre el même d'une petite goutte d'un lii|uide bleu vert dans ceux de ces tubes qui renfermaient beaucoup de \0 et dans lesquels régnait, par conséquent, la pression la plus forte. La colonne de liquide bleu, qui est saîis aucun doute de l'anhydride azoteux N^O*, aiigmentait d'ailleurs de jour en jour et a fini par atteindre, dans un tube, la longueur de 4'"'" ap''ès 10 jours, c'est-à-dire par occuper environ je tiers du lube. . ■ l.-.i, ;•.-,.■( •.;>•,■ , , , -i-^ibi''**'!' ■•lilfKU i Ces expériences prouvent donci d'une façon irréfutable, que le gazN,0 se décempose sous l'etlét de la pression, suivant l'équation 3NO = N-0"+^N2. l374 ACADÉMIE DES SCIENCES. Mais celte réaction ne -se manifeste, d'une manière appréciable, que si la pression atteint une certaine valeur, car dans un des tubes, qui était insuffi- samment rempli, la phase gazeuse est restée parfaitement incolore après plus de 1 5 jours. Nous avons, ensuite, soumis le gaz ]\0 (toujours à la température ordi- naire) à des pressions croissantes en utilisant la pompe à compression. En maintenant la pression à 28°"", nous avons vu apparaître, après une dizaine d'heures, la coloration bleue de la phase gazeuse. INaturellement le ménisque de mercure était fortement attaqué par l'anhydride azo- teux formé ; malgré cela, après un jour, il s'est formé une goutte bleu vert de N-()' dans le haut du tube. Cette expérience constitue donc une confirmation des essais eflèctués en tubes scellés, l'^n opérant de même sur un autre tube contenant le gaz NO, mais à la pression de i5o""" seulement, nous n'avons enregistré, après quelques jours, qu'une faible diminution de volume et une légère attacjuc du ménisque; pour observer une décomposition appréciable, caractérisée par rap[)aritiou d'une colora- tion bleue, nous avons toujours dû élever la pression jusqu'à ;<5o'""'. Celte décomposition permet d'expliquer très simplement le mécanisme de la formation de N( ) Cl à partir de NO et IICl ; il se forme d'abord N" ( )•', puis ce corps réagit avec H Cl suivant l'équation NMJ3 + 2 HCI = .( NOCI -h H'O. La décomposition du gaz NO par la pression est conforme aux principes posés dans notre première Note; formation, par l'ellét de pressions élevées et aux températures suffisamment basses, du système qui donne lieu à un travail des forces chimiques; or, la décomposition du composé endother- mique NO en N'O^ et N' satisfait à cette règle puisqu'il y a dégagement de 43^"'j4 dans la réaction 3N0 = N=0»-i-J-N'. Nous étudions, actuellement, plus en détaille mécanisme de ces réactions, et nous nous proposons d'étendre ces recherches à d'autres gaz ou mélanges gazeux. Quoi qu'il en soit, la décomposition de N() par la pression montre qu'il est inutile d'étudier à un point de vue purement physique, les compres- sibilités de certains gaz ou mélanges gazeux aux pressions élevées, puisqui' ces pressions sont susceptibles de provoquer, après quelques temps, des réactions chimiques. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. iSj") CHIMIE PHYSIQUE. — Sur la toi de /optimum dr phosphorescence. Essai de théorie. Note de M. L. Bruninghaus, présentée par M. A. Haller. M. G. Urbain a donné récemment l'énoncé complet de la loi de l'optimum, auquel on voudra bien «e reporter ('). En raison du caractère fondamental de celte loi, il a paru important d'en rechercher l'interprétation physique, aucune explication des phénouicnes d'optimum n'ayant encore été proposée. Un travail sur les relations entre l'absorption et la phosphorescence, dont les résultats les plus saillants ont été exposés dans la précédente Note (- ), a donné lieu à une théorie assez simple de ces phénomènes. J'ai montré que tout se passe comme si l'émission de lumière par phos- phorescence était localisée dans les couches internes de la matière, les molé- cules phosphorogènes des couches superficielles n'agissant qu'en vertu de leur pouvoir absorbant, pour tamiser les radiations émises en profondeur. Il en résulte immédiatement qu'à un accroissement de la concentration du phosphorogène correspondent deux actions de sens opposé : i" Accroissement du nombre des molécules émissives, et par conséquent de l'intensité de la lumière rayonnée par Ta couche active, proportionnel- lement :> la concentration ; 2" Absorption plus grande de la lumière rayonnée, puisque la lumière transmise par une couche absorbante d'épaisseur constante (^) est propor- tionnelle à la quantité (?""', e étant la base des logarithmes népériens, B une constante de la matière phosphorogène (jui caractérise son pouvoir absorbant pour les radiations (supposées d'abord monochromatiques) con- sidérées, c la concentration du phosjihorogène. Selon que lun ou l'autre de ces deux facteurs l'emporte, l'intensité de la lumière se trouve accrue ou diminuée. Kn somme, l'intensité d'une radiation dont les longueurs d'onde sont comprises entre des valeurs très voisines k et A + d'h peut être représentée par la fonction l = /,yY''"', et l'on sait que cette fonction passe par un maximum Ipourc^ jjj. s'annule lorsque c = o, et devient extrêmement ( ' ) G. Urbain. Comptes rendus, t. CXLVIl, 1908, p. i^-i: Anii. de Cli. et de Pliys., I. WIII. 1909, p. 326. ( -) Comptes rendus du i3 décembre 1909. (') Nous admettons que la position de la couche active est indépendante de la con- centration. C. R., 1909, •>• Semestre. (T. l'i'l, N" 26.) 182 l37(> ACADÉMIE DES SCIENCES. petite pour r = i , et l'on reconnaît là les principaux faits qui ont donné lieu à l'énoncé de la loi de l'optimum. Si la radiation n'est pas monochroma- tique, on peut la considérer comme composée de divers flux élémentaires, dont les longueurs d'onde sont comprises entre X, + f/X, A.^-hdA, ..., et à chacun desquels correspond une valeur de l'intensité représentée par les fonctions I, = ^,ce~"'', I, = ^oC?"""' , ...; chacune de ces fonctions passant par un maximum (optimum de la radiation considérée), pour les valeurs de la concentration égales i* ît' tt-» • • ■ • Ï-'C pouvoir absorbant d'une substance {représenté par les coefficients B,, B^, . . .) étant généralement varialile selon la langueur d'onde de la variation incidente, l'optimum de chaque radiation sera atteint pour une valeur différente de la concentra- tion, l'^t l'on retrouve bien ainsi le contenu du paragraphe (2°) de la loi de l'optimum, (pii interprète les changements de la couleur et du spectre de phosphorescence, lorsqu'on dilue le phosphorogène. [Ces changements, observés maintes fois par _\I. G. Urbain pour les terres rares ( ' ), sont proba- blement un fait général, quoique plus difficile à constater pour les phos- phorogènes usuels.] >i°'. c. 1 observé. I ralculi". Observations. 1 o o o Les précipités de phosphate calcique 2 o,oooot o o j sont formés de très petits grains dont la 3 0,0001 non mesm^aMe i J concentration en oxvde de manganèse 4 o,oor 8 9 I f'^st pas uniforme. Les matières 7, 8 o 0,002 16 j6 I el 9 contiennent notamment des grains 6 o,oo5 21 21 \ visiblement moins concentrés qu'il n'est 7 0,01 20 16 indiqué, qui brillent sur le fond plus sombre. Il en résulte que le nombre trouvé pour îe n»? «st «ertainement un peu trop fort. Pour 8 et 9, le fond est 8 o,o5 o o 9 o, 1 o o 10 o,3 o o 11 0,0 o o I tout à fait obscur, et l'intensité observée 12 1,0 o o ; est donc nulle. Une vérification expérimentale rigoureuse de cette théorie est dans l'état actuel fort difficile. Il faudrait faire la photoniétrie des substances d'un optimum relativement à une radiation pratiquement monochromalique du spectre émis, et ceci est impossible, vu la faiblesse des phosphorescences comme sources de lumière. On a donc désiré siriiplement se rendre compte ^i une courbe des intensités, tracée expérimentalement, n'est pas inconciliable avec la courbe théorique. On a fait la photométrie d'un optimum (') G. IJRBAn, Journal de Chimie physvqwe, içjofi, n°« 4, .ï et 6; Annales de Chimie el de Physique, %" série, t. XVIIl, 1909. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l3']'] de phosphate calciqiie manganésifère, très vivement phosphorescent en roiise, en con- sidérant la totalité des radiations. Les mesures sont assez incertaines', en raison des colorations légèrement difTérentes des phosphorescences des diverses substances. Ces mesures peuvent être considérées comme vérifiant, au degré de pré- cision qu'elles compoitent, la théorie proposée. Resterait à rendre compte de ce que Factivilé rayonnante passe par un maximum à une distance finie de la surface de la matière. Une hypothèse fort plausible, et vériliable expérimentalement, est actuellement à l'étude. CHIMIE PHYSIQUE. — Su?- une démonstration de la loi des phases. Note de M. R. Boclouch, présentée par M. A. Haller. Dans sa réfutation (') de mes critiques (-), M. MuUer s'est borné à répéter, à peu près, ce que contient sa première Note. II est donc inutile de prolonger ici la discussion ; je laisserai le lecteur averti en présence des arguments de M. Millier et des miens. Je laisserai aussi au lecteur le soin de démêler si, dans les raisonnements qu'on lui sou- met, il n'aperçoit pas la trace d'une confusion entre trois choses essentielle- ment distinctes : i" Les modifications réelles que subit un système hors d'équilibre, qui se transforme ; 2" Les modifications virtuelles qu'on peut imaginer dans un système en équilibre; 3° Les échanges atomiques qui constituent l'équilibre mobile des tjiéories atomistiques. D'ailleurs, je demanderai à M. Muller, et cela vaudra infiniment mieux que toutes les affirmations gratuites ou non, de nous présenter, sous une forme un peu explicite, même dans le cas le plus simple, une équation m = m' qui soit autre chose qu'une identité, ou la traduction immédiate d'une hypothèse. ( ' ) Comptes rendus^ 6 décembre 1909. ('-) Comptes rendus, 3o août 1909. 1378 ACADÉMIE DES SCIE^XES. CHIMIE. — Sûr la nécessité de préciser les réactions. Note de M. H. Baubigxy, présenlée par M. Ttoost. Dans une Communication portant le même litre que la présente Note et parue aux Comptes rendus de la séance du 6 décembre dernier, M. Colson, répondant à une critique que je lui avais adressée pour avoir généralisé sans vérification une réaction de Beitliier (voir Comptes rendus, même ^ olume, p. 735), dit « qu'il a indiqué les sources de son article bibliographique, de sorte que la responsabilité des faits ne doit pas lui être imputée » . Incontestablement l'un de nous deux s'est trompé, et le meilleur mode pour trancher la question est la comparaison des textes. Or, j'ai eu le soin dans ma Note de citer le passage du Mémoire de Berlhier auquel M. Colson fait allusion et de produire, à côté, l'article bibliographique de M. Colson. La comparaison ne laisse aucune hésitation sur la conclusion à en tirer. Kl en fait, de tous les Ouvrages autorisés de Chimie minérale que j'ai consultés et qui citent le travail de Berlhier en donnant la même source que M. Colson, pas un, ni le Traité d'Abegg et Auerbach, ni celui de Dammer, ni ceux de (îmelin-Kraut ou de (Traham- Michaëlis, non plus que le Dictionnaire de Ladenburg et d'autres encore, pas un, dis -je, n'a menlionné le phénomène de décomposition des subites doubles alcalins et d'argent avec formation de sulfate, ce que Berlhier, en efïet, ne dit pas et que M. Colson a inscrit dans son article sur l'argent. Au lieu de s'en tenir, comme les auteurs cités, à la lettre du texte de Berlhier, M. (Jolson a cru pouvoir généraliser sans vérilicalion expérimen- tale, et le fait erroné, qu'il a énoncé, lui devient ainsi personnel. CHIMIE MINÉRALE. — Sur les alliages de nickel et de cuivre. Note de M. Em. Vigouroux, présentée par M. A. Haller. Dès 1876, Christolle et Bouilhct(') utilisaient des alliages de nickel et de cuivre, et, en i8(jG, par l'élude des courbes de fusion, M. H. Gautier (-) concluait à l'existence de la combinaison NiCu. Pour la recherche des composés possibles, des mélanges intimes des deux ( ' ) GmtisTOFLE et Boiiliiet, Bull. Soc. cliini., t. XXVI, 1876, p. '|i',)- (-) II. Gautier, Comptes rendus, t. GXXIII, 1896, p. 172. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. 1879 métaux, pris à l'état de poudres fines et absolument exempts de matières étrangères, de cobalt en particulier, avaient été fondus vers i45o° dans des nacelles en porcelaine disposées à l'intérieur de tubes de même nature, par- courus par de l'hydrogène pur et sec. On formait ainsi des alliages brillants malléables, surtout ceux riches en cuivre, ne s'oxydanl pas sensiblement à l'air et présentant les reflets du cuivre pour des teneurs supérieures à 70 pour 100 de ce deinier. L'acide azotique, bien que dilué, dissout complètement même à froid, les culots riches en cuivre et seulementà chaud, ceux cliargésen nickel. L'acide chlorhydrique étendu, froid ou bouillant, qui n'a pas d'action sensible sur les alliages riches en cuivre, n'attaque que faiblement ceux qui en ren- ferment peu; avec le même liquide à l'état concentré, c'est le cuivre qui domine dans les eaux d'attaque, dans le premier cas, l'autre métal pouvant même faire défaut; dans le second cas, c'est le nickel, surtout, qui entre en solution. L'acide sulfurique, qui se comporte généralement comme l'acide chlorhydrique, ne permet pas, avec les alliages à forte teneur en cuivre (90 pour 100), de séparer des substances exemptes de nickel, bien qu'il ne s'y trouve qu'en faible proportion. Les corps ultimes, non cristallins, isolés dans ces actions chimiques, ne renfermaient les deux métaux que dans des proportions ne dépendant que des conditions expérimentales, ce qui semblait exclure tout composé défini. Étude physique. — La courbe de fusion, refaite par Kurnakow et Zeme- zusny ('), d'une part, et W. Guertler et G. Tammann ('), d'autre part, concorde avec ces résultats, ainsi que l'étude qui a été effectuée des forces électromotrices ('). Chacun des éléments à éludier comprend un métal à Télat pur (cuivre ou nickel) comme première électrode, un échantillon dosé de l'alliage, comme seconde, et une solution normale N de sulfate de nickel, représentant Téleclrolyte. Le sulfate de cuivre en solution a dû être rejeté, son métal venant se déposer sur toute surface contenant du nickel. Avant toute mesure, chaque élément est abandonné à lui-mérne, pendant un certain temps, sa force électromotrice augmentant dans des proportions assez consi- dérables pendant les premières minutes de l'immersion de ses électrodes, ce qui est un fait à peu prés général; puis, elle ne séléxe que très lentement. Cependant, dans le cas actuel, un séjour trop prolongé entraîne un abaissement ultérieur de la valeur de la force électromotrice; du cuivre vient se déposer à la longue sur le nickel, lorsqu'on (') Kurnakow et Zkmezlsny, Zeit. an. Chemie, t. Ll\ , 1907, p. i.">i. (-) W. Guertler et G. Tammann, Zeit. an. Chemie, t. LVII, 1908, p. 2.5. (') E. V^iGOiROLX, Procès-verbaux de la Société des Sciences i>hYsiques de Bor- deaux. 8 juillet 1909. - l38o ACADÉMIE DES SCIENCES. oppose un pôle de ce mêlai à l'alliage ou bien sur ce dernier, dans le cas où c'est le cuivre qui lui est opposé. C'est la force électromolrice inaxima de chaque élément, susceptible de se maintenir suffisamment longtemps, qui a été adoptée pour établir l'échelle de leurs valeurs relatives. Le dispositif est tel que les lectures aient lieu en quelques minutes. Les nombres obtenus ont permis d'établir le Tableau relatif aux dewx systèmes Ni I SO* Ni N I Nitu^ et Cu f SC)* Ni N | NrCu»=, ce dernier n'ajanl été étudié que pour vérification. Temps 1 lécessaire pour atteindre Force électromolrice Teneur en Cu le maxii de force élecii 11 u m -omiitrice. Pôle en Cu. corre? en Pôle en Ni, ^pondante volts. pour II in. Pu le en Ni. Pôle en Ca. O 5 Quelques minu n tes I heure 0 0,2574 0,3539 0 , 1 1 92 lO 3o minutes 3o minute.s 0,3 100 0 , 02 1 3 3o M » 0,3178 0,0201 5o » » 0,3228 0 , 0 1 00 70 100 » » » u » n )) o,335o 0,3438 0,3458 o,35o8 0 , 0097 0 , 0096 0,0092 0 Ces nombres, qui montrent que pour deu.v éléments montés avec un alliage de même teneur, comme premier pôle, mais avec le nickel ouïe cuivre comme second, la somme des valeurs de leurs deux forces électro- motrices correspond assez exaclement à celle de ^élément établi avec les deux métaux purs, permettent de tracer les deux courbes de la figure i, les résultats exprimés par Tune ne servant qu'à confirmer ceux de l'autre. En résumé, l'étude chimique des alliages nickel-cuivre et surtout celle de leurs forces électromotrices ne permettent pas de conclure à l'existence de composés définis. CHIMIE ANALYTIQUE. — Dosage de l'azote mlrique par réduction à l'aide du système aluminium-mercure. Note (')deM. Em.m. Pozzi-Escot, présentée par M. Ad. Carnet. Les procédés de dosages de l'azote nitrique par réduction à l'état d'azote ammoniacal ne sont généralement pas appliqués dans la pratique, par suite- (') Présentée dans la séance du i3 décembre 1909. SÉANCE DU 1- DÉCEMBRE 1909. l38l de la difficulté d'obtenir rapidement une réduction complète de l'azote nitrique en azote ammoniacal. Beaucoup d'agents réducteurs ont été pro- posés et tout particulièrement le zinc et l'aluminium. Dans le cas de ce dernier métal, on sait que la réduction n'est jamais complète, même après plus de 12 heures d'attente ; des recherches que j'ai effectuées sur ce sujet m'ont montré qu'il est au contraire très facile d'ob- tenir en très peu de temps une réduction complète, en utilisant de l'alumi- nium-mercure. (t. Le Bon a montre que l'aluminium, qui a été légèrement frotté avec du mercure ou mis seulement un temps très court en contact avec une solution d'un sel de mercure, décompose très activement l'eau sans le concours d'un alcali ; j'ai utilisé cette réaction. On opère directement dans le ballon de l'appaieil d* Schlœsiug ; on introduit au plus o8,5oo de nitrate, 4^ à ht d'aluminium en rognures et quelques gouttes d'une solu- tion saturée de biclilomre de mercure, de manière à bien niouiller l'alnrainium, ou ajoute encore un peu d'eau et l'on abandonne quelques minutes. Dès que la réaction se manifeste pavement, on ajoiite on peu d'alcali fixe et on distille l'ammoniaque; à la fin de la réaction, on ajoute un peu d hvpophosphile de soude pour détruire le peu de dérivé mercurammonique qui a pu se former. Ce procédé de dosaçe donne de très bons résultats dans l'analyse des terres et dans Tanalyse des engrais. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur lesisoméries Uéréochimi(/iies de ihexine'i-fliol 2-3. Note de M. Georges Dupont, présentée par M. A. Haller. M. lotsitch a, par l'action sur le bromure de magnésium-acétylène, des aldéhydes et des cétones, obtenu d«s y-glycols aoétyléniques symétriques. En particulier ('), l'action de l'aldéhyde acétique lui a donn*'- Vhexine i-diol^-h Cil' - CH OH - C = C - CH OH - CH». Mais la présence, dans la molécule de ce corps^ de deux carbones asymé- triques, fait prévoir l'existence de deux isomères stéréochimiques (l'un d'eux dédoublable en inverses optiques). Il m'a paru intéressant de voir si ces deux corps ne se produiraient pas simultanément dans la réaction en question ; je fus donc conduit à tenter leur séparation. (') Joitrn. Soc. phys. chim. r, l. XXXV, igoS, fasc. 4, p. ft3o-43i. l382 ACADÉMIE DES SCIENCES. Le glycol dont je suis parti pour ces expériences est, comme l'indique lolsilcli, un liquide très visqueux. 11 bouillait à laô^-iaS" sous i8™"', et vers 220° à la pression ordinaire avec une légèie décomposition. 1 . Laclion, sur ce glycol, de la quantité calculée de brome dissous dans du chloroforme, a fourni, d'une part, un précipité qui, bien lavé au chlo- roforme et cristallisé dans l'alcool, donne de beaux cristaux d'un dibro- /nure C° H'" O-Br- fondant à 2i4"-^i^° avec sublimation partielle. C'est iù le bromure signalé par lotsitch, pratiquement insoluble dans le chloroforme et dans l'eau, peu soluble dans l'alcool. Mais, d'autre part, la liqueur chloroformique, distillée dans le vide, abandonne un deuxième dibromure de même formule brute que le pré- cédent (ainsi que l'indique l'analyse ). Ce corps, cristallisé dans l'eau ou dans l'alcool, donne de fines aiguilles fusibles à iir)°-T20°, assez solubles dans le chloroforme, beaucoup plus dans l'eau et l'alcool. II. De ces deux bromures, netletnent différents, on pouvait espérer, par l'action de la poudre de zinc en liqueur alcoolique, remonter à deux glycols différents. C'est ce que l'expérience a montré. La réaction a demandé, pour se produire complètement, 5 à 6 heures de chauffe au bain-marie. La li(|ueiir est ensuite mise en contact prolongé avec du carbonate de potassium pour bien élimiriei' tout le bromure de zinc, une trace de ce corp-; pouvant produire une décomposition explosive du glycol pendant sa distillation dans le vide. Dans ces conditions, le premier bromure nous a donné uu premier glycol bien cristallisé, bouillant à \i2° sous i")""" et fondant à 69"-7o° : d\\—. I ,02o.'>, "l'(',',= ' .'1^98, IIm^ 3i , i55 (cale. 30,877). Traité par le brome, il redonne le bromure fusible à •ii^\°-i\S". Par l'anhydride acétique, il donne une diacétine en gros cristaux fondant à 3(V'. Le mélange primitif, amorcé avec quelques cristaux de ce glycol, a laissé déposer une certaine quantité de ce dernier, preuve de sa préexistence dans le produit de départ. Le deuxième bromure donne un deuxième glycol^ liquide, très visqueux, que je n'ai pu obtenir cristallisé. Il liout à 121° sous i5""°: (/,3=: I ,023, «0=1,4733, Rytr: 3l ,277 (cale. 30,877). Traité par le brome, il redonne le bromure fusible à 119"-! 20", et par l'anhydride acétique une diacétine fondant à 23"-24°. m. Ces deux corps sont donc nettement différents. Ils ont un même SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l383 poids moléculaire, comme le prouvent l'analyse et la cryoscopie. Ce sont bien des glycols, puisqu'ils donnent des diacétines. Enfin ces deux glvcols correspondent l)ieii h la formule symétrique indiquée CH^- CHOH— C = C — CHOH — CH', car leur oxydation par une solution de pcrnianj;anale à 1 pour 100 scinde la triple liaison et donne de \ acide lactique que j'ai pu caractériser à l'état delactatedezinc(CH^- CHOH- CO=)=Zn, SH'^O. Ces deux corps sont donc bien les deux isomères prévus et le g'iycol de lotsitch en était un mélange. Par l'étude des isoméries optiques, j'espère pouvoir d'ici j^eu résoudre complètement la question en attribuant à chacun de ces corps sa formule stéréo-ciiimique, et étendre ces résultats aux glycols saturés correspon- dants. Je me propose aussi de généraliser le procédé de synthèse des acides- alcools, brièvement indiqué ci-dessus. CHIMIE ORGANIQUE. — Sur la synthèse de l'indigo lètrahrome-^.'j.B'.'j' et de l'indigo télrac/iloré-5 .■] .H' .']'. Note de M. Daivaii.a. présentée par M. A. Haller. On a remarqué que les dérivés halogènes, et surtout les dérivés bromes, surpassent comme valeur industrielle l'indigo lui-même, étant plus résistant et colorant avec des nuances bleu violet plus vives. De ce moment-là, les grands producteurs de l'indigo synthétique commencèrent leurs essais de substitution directe. ■Tusqu'en 190-, si l'on juge d'après les brevets parus, on n'a obtenu que des dérivés halogènes mono- et bisubslitués. Va c'est seulement à la fin de 1907 que la Société des produits chimiques de Bàle réussit à préparer par substitution directe des dérivés tri-, télra- cl même hcxahalogénés. Ces derniers résultats m'ont fait poursuivre la recherche de:, synthèses ci-dessus mentionnées dans l'intenlion d'identifier la constilulion des di'rivés correspondants industriels. En partant de l'isatine dibromée cldichlorée et en suivant la voie iinaginrc par A. V. Baeyer (') en 1879 pour la synliièse de l'indigo non substitué et (') F'erichle lier (Irai, cliem. Ges.. I. \1I, 1879, p. '\'>f>. i3i5, i3i6. C. R., 1909, 1' Semestre. (T. Ufl, N" 26.) I ^-'^ l384 ACADÉMIE DES SCIENCES. de l'indigo disubstitiié, j'ai préparé l'indigo tétrabromé et létrachloré. Au moyen de l'acide iodhydrique dissous dans l'acide acétique, j'ai réduit les chlorures correspondants de l'isatine dibromée et dichlorée. Le mécanisme de cette réduction a été donné par Baeyer (') comme très probable, en admettant : i° une addition de 2"* d'hydrogène au chlorure de l'isatine, substituée ou non, puis 2" une élimination d'acide chlorhy- drique. L'indigo trtrahronié-^.'j.^' .-j' est obtenu en réduisant l'i froid la solution lïenzénique du chlorure de l'isatine dibromée au moyen d'une solution acétique d'acide iodhy- dri(|iie (- ). Nous avons piéparé l'isatine diijromée d'après les indications de Baeyer et Oekono- mides (^), en bromant l'isatine nioiiobromée. L'indigo lélrabromée, ainsi obtenu, est un peu soluble dans l'acide acétique glacial, plus soluble dans l'acide sulfiirique, dans le nilrobenzène et dans le\ylol. On obtient de la solution bouillante de nilrobenzène et de xylol de petits crislaiix violets. Le spectre d'absoi'ption de l'indigo télrabronié, di^^soiis dans le xybjj, présente dans le rouge jaune une bande d'absorption estompée vers le bord droit et dont l'axe cor- respond à À =; 611,3. Le nitrobenzènj, employé comme dissolvant, déplace un peu veri le rouge la bande d'absorption. L'axe ainsi déplacé correspond à X = 630. Les positions des deux atomes de brome de l'isatine dibromée étant déter- minées ( * ) dans la position 5.7 Br CO CO Br NH la constitution de l'indigo tétrabromé (^) doit être nécessairement 5. ■7. 5'. 7': /\ CO C0_ Br ;C = cr \/ NFl Br Br NH Br (') ISerivkle der detil. chem. Gcs.. t. WXIII, Sonderlieft, 1900, p. 5i. (-) Voyez le Monilciir scientijitjiic du mois de janvier igio. (■') Berichle der dent, ciicin. Ges., t. XV', 1882, p. 2098. (•) Berichte der deul. c/ie/n. Ces., t. XV, 1882, p. 2098; Giiandmouuin, Berichle, t. XLII, n° 16, 1909. (•") M. Grandmougin a trouvé pour un produit industiiel, obtenu par substitution directe, la même constitution. (Voir Berichle der. deal. chem. Ges., l. XLII, n" 16, •909> P- 44 >o.) SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE I909. l385 Uindigo UHrachloré a été obtenu clans les mêmes conditions que le produit lélia- bromé, en réduisant le chlorure de l'isatine dichlorée. L'indigo tétracliloré, en poudre, est plus violet que l'indigo tétrabromé et présente presque les mêmes raiiports de solubilité que lui, en cristallisant aussi de la solution bouillante de nitrobenzène et de xjlol. Le spectre d'absorption de l'indigo télrachloré, dissous dans le xylol, présente une bande d'absorption, dont l'axe correspond à À = 6o4,a. L'axe déplacé, dans la solu- tion de nitrobenzène, correspond au contraire à X =61 5. En fondant l'isatine dichlorée, que nous avons employée ('), avec de la potasse, on obtient par distillation Taniline dichlorée 2.4 qui, cristallisée de l'alcool dilué ou de l'éther de pétrole, fond à 63°-64°. Les positions des deux atomes de chlore de l'isatine dichlorée, que nous avons employée, sont par conséquent dans les positions orlho et para par rapport à l'atome d'azote. D'où la conslilulion de l'indigo tétracliloré (^-) obtenu par synthèse doit être nécessairement la suivante : Cl CO CO A\C1 C = C:' Cl NH \i NH Cl CHIMIE BIOLOGIQUE. — La cellase et le dédoublement diasUisiqiw du cellosr. Note de MM. (jAUiticL lÎEitTitA.VD et M. Holdkrek, présentée par M. V.. lloux. L'iivdrolvse complète de l'amidon el celle de la cellulose donnent un produit unii|ue : le glucose ordinaire. Aussi a-l-on pensé d'abord cjue les deux saccharides avaient la même constitution chimique et ne difl'éraient l'un dcl'aulre que par le degré de condensation moh'culaiie. Les recherches relativement récentes de Skraup et Kônig(M, sur lliydiolyse partielle de la cellulose, démontrent, au contraire, cpi'il y a une difi'érence profonde de (') Ce produit lond a 223°- 224" el provient de Badische Ariilin und Sodafabnk, qui a eu la bonté de me livrer ce matériel. (- ) Un indigo tétrachloré, probablement le même isomère, a été obtenu par Cnel.im en partant du dérivé ortlioiiilré de l'aldéhyde benzoïque dichloré. mais qui n'a pas été complètement caractérisé. (Noir Berichte dcv dent, vheni. Ges., t. XVll, i884, p. 753.) (^) j5e/'., t. XXXIV, 1901, p. Mij. l38o ACADÉMIK DES SCIENCES. conslilulioii caUc celle subslauce el lainiclon : elle touiiiil, coiniiie u\aiil dernier lerme, du cellose et non du niallose. En vue d'élucider le problèuie de la digestion diaslasique de la cellulose, il était donc intéressant de rccliercher s'il existe une diaslasc parliculière, une cellase, différente de la mallase. Les expériences que nous avons entreprises ont montré d'abord que la mallase est inactive sur le cellose. Comme source de mallase, nous avons pris le sérum aseptique de cbeval normal. loo^s de cellose pur, préparé suivant les indications de Maquenne el de Goodwin ( ' ), ont été placés dans un tube à essais bouché avec de l'ouate, et, après stérilisation à 4- 1 15" pendant un quart dlieure, ce qui nhydrolyse pas le cellose, nous y avons ajouté, aseptiquement, 5''"' du sérum. Le mélange a été laissé a jours à l'étuve à 4-3-°, puis déféqué au sulfate iiiercurique el analysé (-). D'autre part on a préparé un second tube, semblable en tous points au premier, mais on a déféqué el analysé son contenu aussilôl après le mélange du sérum avec le sucre. On a trouvé ainsi que le pouvoir réducteur n'avait pas augmenté pendant le séjour à l'étuNe, par CQU'-iMnieiil i|ae le cellose n'avait pas été dédoublé par le sérum. Or, celui-ci renfermait bien de la mallase, puls([u"une expéiieuce-témoin, léaHsée sur deux tubes préparés comme ci-dessus avec du maltose au lieu de cellose, accusait un dédoublement tle 4o pour 100. Nous avons alors cherché si la macération aqueusi à' AspergiUas iiigei\ préparée d'après la méthode décrite autrefois |)ar Duclaux(^), ne renfermerait pas Viwi diastase capable de dédoubler le cellose. Des expériences préliminaires, analogues aux précé- dentes, mais efTecluées avec du cellose el de la macération HC Aspergillus, ont montré qu'il était possible d'obtenii- facilement une hydrolyse de 8o à 90 pour 100 du sucre mis en o'uvre. Nous avons alors fait agii', toujours aseptiquement, 400"'"' de macéra- lion à' ÂspergUlus sur 4" de cellose. Après 3 jours de contact, à la température de + 07°, nous avons trouvé que le dédoublement était presque total. Nous avons alors distillé la solution dans le vide, repris le résidu par l'alcool bouillant, filtré et distillé à nouveau dans le vide à consis- tance de sirop. Celui-ci, amorcé avec une trace de glucose pur, n'a pas tardé à se prendre en masse. On a séparé les cristaux à la presse. Il y en avait 35,67. Pour s'assurer que c'était bien du glucose, on les a dissous dans l'eau et, sur le volume amené à 25''"', on a pris à la fois le pouvoir rotaloire el le pouvoir réducteur. Calculés en glucose, le premier indiquait 3", aS el le secojid 3*-', 28. Fin oiUre, on a chaude une partie du liquide avec de l'acétate de phéuyihydrasine : l'osazone, séparée avec un bon (') Hall. Sur. chiin.^ 3" série, t. X\\[, 1904, p. 854. (') Les délails complémentaires seront donnés dans le Mémoire qui [)araîtra pro- chainement dans un aiUre Recueil. (') Chimie biologique., Paris, i883. SÉANCE bU 27 DÉCEMBRE 1909. iSBy lendeineiil, avail l'aspect el le point de fusion de la glucosazone. Le cellose avait donc bien été dédoublé et transformé entièrement en glucose. La macération àWspergillus niger renferme, comme on sait, toute une série de diastases hydrolysantes des saccharides, parmi lesquelles la mallase, la sucrase, Fémulsino, el la tréhalase ont été complètement ou presque complètement individualisées. Il y avail donc lieu de se demander si la diastase du cellose ne se confondait pas avec l'une d'elles. Les expériences rapportées au début de cette Note ont déjà montré que la maltase n'hydro- lyse pas le cellose. Il en est exactement de même pour la sucrase. L'expé- rience a été tentée avec une préparation extraite de la levure haute : dans les conditions où 65 pour 100 du saccharose ont été hydrolyses, le cellose est resté intact. En ce qui concerne l'émulsine el la tréhalase, la solution définitive du problème doit être réservée, car il n'y a pas actuellement de sources connues de ces diastases qui puissent être considérées comme suffisamment exclusives. Les préparations retirées des amandes douces ou des noyaux d'abricot, riches en émulsine, dédoublent assez activement le cellose, même après filtration à la bougie de porcelaine. Celles qui sont obtenues en par- tant de l'orge ou du malt, et dans lesquelles se trouvent notamment de l'émidsine et de la tréhalase, possèdent aussi une action très nette ('). Il est seulement très probable, étant données les différences de constitution du cellose, de l'amygdaline et du Iréhalose, qu'il faut vraiment trois diastases distinctes pour hydrolyser ces substances. Seuls, parmi les saccharides étudiés aujourd'hui, le nialtose, l'isomaltose et le gentiobiose présentent une grande analogie avec le cellose ; conmie ce dernier, ils sont formés par l'union de 2"""' de glucose ordinaire et sont doués, en même temps, de pouvoir réducteur. Nous venons de démontrer que la cellase est distincte de la maltase. Attaque-t-elle aussi l'isomaltose et le gentiobiose ou bien y a-t-il, contrairement à une supposition de E. Fischer et (j. Zemplén (-), plusieurs diastases correspondantes? Ce sont là des questions auxquelles de nouvelles expériences permettront seules de répondre. (') Les principauv de ces résultats ont fait l'objet d'une communication prélimi- naire au dernier Congrès de (iliimie tenu à Londres et ont été rapportés par la W'ochcnsch. f. ISrauerei, t. XWl, p. 38o-38i. (-) Qui n'ont pas obtenu d'action sur le cellose avec V Aspergillas {Ann. der Cheniie^ t. CCCLW , igoy. p. 1 ). l388 ACADÉMIE DES SCIENCES. MiNÉRALOGIlî. - Évolution minèralogique des minerais de fer outi- ihiques primaires de France. Note de M. L. Caïeux, présentée par M. Micliel Lévv. Les minerais de fer oolilhiques actuellement connus dans les terrains primaires de France sont répartis en diflerents points de la presqu'île armoricaine et de TArdenne. La plupart sont d'âge silurien; quelques-uns se rapportent au Dévonien. Ces minerais réalisent deux types bien distincts. Les plus nombreux sont essentiellement oolilhiques et dépourvus de restes organiques, les autres contiennent une proportion très variable de débris organiques et sont par exception des minerais véritablement organogènes. Les uns et les autres ont une histoire qui est la même dans ses grandes lignes, et que je vais retracer brièvement en passant en revue les transformations subies par les oolithes et les organismes. 1. Évolution minéralogiijue des oolithes. — Trois minéraux jouent un nMe capital dans la composition des oolithes, ce sont : le fer carbonate, le fer silicate (bavalite, etc.) et le fer hématisé. Chacune de ces trois substances peut former à elle seule un grand nombre d'oolilhes, mais dans une foule d'individus elles sont intimement associées. De ces trois éléments, la sidérose est le pkis ancien : elle est rongée, déchiquetée et remplacée peu à peu parle fer silicate; on peut d'ailleurs noter tous les passages entre l'oolitlie en sidérose et l'oolithe en bnvalite. Les relations entres ces deu\ minéniuv établissent, sans réserve pos^ible, que le fer silicate dérive du fer carbonate. Entre le fer silicate et l'Iiématile ronge, il existe un rapport analogue. l..a lia\allte des oolithes se transforme, en ellet, en hématite ronge, ainsi que M. Lacroix (') l'avait déjà reconnu dans les mineiais de La Fcriière-aux-Etangs (Orne). Le même échan- tillon peut réunir toutes les phases inlerniédiaires, entre les oolithes vertes exclusi- sivement constituées par la bavai i le et les globules oolilhiques formés d'hématite rouge. Les témoignages en faveur de cette dérivation abondent dans presque tous les minerais passés en revue. Quand ces trois composés ferrugineux figurent dans la même oolilhe, ils sont distri- bués de la manière suivante : la sidérose occupe le centre, la bavalite la zone moyenne, et l'hématite rouge la périphérie. La bavalite |)éiièlre dans le fer carbonate, comme si elle l'avait envahi par corrosion, et elle est à son tour rongée par lliématite rouge. (') \. Lacroix, Minéralogie de la France, t. III, fasc. 1, 1901, p. 279. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l389 11 en i(''sulle que la conslilution des oolilhes ferrugineuses est souvent telle qu'un élément renferme des témoins d'une série de compositions qu'il a présentées, au cours de son histoire, et qu'il les montre du centre vers la surface, suivant un ordre qui est celui de leur ancienneté. Chacun des éléments en question résume et condense, sinon toute l'histoire des oolitlies, du moins quelques-unes de ses principales phases. Parmi les matières qui s ajoutent accessoirement auv trois minéraux pré- cédents, il en est une dont Fimportance théorique est 1res grande : c'est le carbonate de chaux. J'en ai reconnu la présence au sein de très rares oolithes ferrugineuses des minerais siluriens de la presqu'île armoricaine, dans les minerais eiféliens de l'Ardenne franco-belge 011 il est d'une grande fréquence et dans le minerai silurien de Clinton (Etats-Unis). Dans ce dernier gîte, les oolithes calcaréo-ferrugineuses sont parfois répandues à profusion. Si l'on fait état des circonstances de gisement de la calcite dans ces minerais et de ses relations avec les éléments ferrugineux des oolithes, on peut conclure, sans sortir le moins du monde des faits d'observation, qu'avant d'être ferrugineuses, une partie des oolithes étaient calcaires. 2. Évolution minéralogique des organismes. — Les organismes de dif- férente nature qui entrent dans la composition des minerais siluriens et dévoniens nous fournissent un point de départ indiscutable pour établir l'enchaînement des métamorphoses auxquelles ils ont été soumis, .l'ai observé dans ces minerais, et parfois en nombre considérable, des débris de Bryozoaires, de lirachiopodes, de Mollusques, à''Encrines et des Algues du groupe des Girvanella. Personne ne peut révoquer en doute que ces orga- nismes étaient calcaires à l'origine. Or ces organismes ont subi une évolution identique à celle des oolithes. Dans un minerai comme celui de l'Hermitage (Côtesdu-Nord), il y a des restes d'Encrines à structure bien conservée, épigénisés par la sidérose, la magnétite, la bavalite, etc., et qui sont intimement associés à des oolilhes en sidérose, en magnétite, en bavalite, etc. Ailleurs, ce sont encore des vestiges d'Encrines ou d'autres organismes, transformés en hématite rouge à côté d'oolithes hématisées. Il en résulte qu'une composition donnée pour les oolithes implique la même composition pour les organismes qui les accompagnent. Cette obser- vation, dont l'importance ne saurait échapper, peut être répétée chaque fois que le minerai est fossilifère. D'autre part, il est à remarquer que la succession des transformations minérales est la même que pour les oolithes. La règle est que la sidérose, la bavalite et l'hématite rouge se succèdent dans le temps, avec la possibilité iSqo académie des sciences. d'un passage direct du fer carbonate au fer hématisé, couinio dans les corps oolithiques. Conclusions. — L'évolution minéralogique des organisiries, à tesl primiti- vement calcaire, parallèle terme à terme à celle des oolitlies, crée tout au moins une forte présomption en faveur d'un point de départ idcnticpie pour les matériaux en présence. Cette présomption se change en preuve dès que l'on fait entrer en ligne de compte la présence du calcaire à l'intérieur d'oolillies, la dilTusion du carbonate de chaux dans les minerais eiféliens et la multitude d'oolithes restées partiellement calcaires dans le minerai silurien de Clinton. Faut-il élendre cette conclusion aux seuls minerais qui contribuent à l'étayer, et qui sont d'ailleurs nombreux, ou l'appliquer à tous nos minerais oolithiques primaires? Je n'hésite pas, pour ma part, à y voir l'expression d'une règle absolument générale. Si elle paraît souvent en défaut, c'est parce que beaucoup d'échantillons, d'évolution trop avancée, n'ont gardé aucune trace de leur composition minéralogique initiale. Il convient d'ajouter que les minerais paléozoïqucs se prêtent, moins que tous les autres, à la démonstration que les minerais de fer oolithique étaient calcaires à l'origine, aussi bien par leurs oolitlies que par leurs organismes, et que l'étude des minerais secondaires apportera de nouveaux et solides arguments à l'appui de cette thèse. CHIMIE AGRICOLE. — Sur la décomposition chimique des roches. Note de M. J. DuMo.\T, présentée par M. L. Maquenne. La désagrégation des masses rocheuses, dont procède la terre arable, comporte un travail mécanique de fragmentation qui devait aboutir à la production des composants minéraux originels et un travail chimicpie de décomposition, caractérisé par la formation de dérivés tels que les carbonates alcalins et terreux, l'argile, etc. On admet généralement que l'eau chargée d'acide carbonique a et/' le principal agent de cette dégradation. Mais, si l'on considère l'énorrne quantité de chlorures existant dans les eaux marines, il faut supposer qu'une action chimique plus violente se manifesta, dès l'origine, cjuand les premières vapeurs atmosphériques (chargées surtout d'acide chlorhydrique) s'abattirent à la surface des roches primitives. Plus tard, à cette phase active de décomposition succéda la phase lente, avec le gaz carbonique dissous comme facteur essentiel. (Jes diverses phases sont SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. I^gi d'ailleurs nettement caractérisées par la production des minéraux chlorurés et des minéraux carbonates ('). Partant de ce fait, il nous a paru intéressant de comparer les effets de toutes ces actions. Nos essais ont porté sur 2'' de différentes roches finement pulvérisées et immergées dans 200""' d'eau pure ou additionnée d'acide chlorhydrique et de chlorure de calcium (à la dose de 5 pour 100). Les poussières de la série A ont été employées directement, à l'état naturel ; celles de la série B furent soumises préalablement à l'action d'un courant d'acide carbonique. Toutes les expériences durèrent une semaine. 1° Action de l'acide carbonique. — On connaît l'action désagrégeante de l'acide carbonique dissous, depuis les belles expériences de M. Ebelnieii et de M. Muller. Par un contact prolongé, ce corps attaque les oxydes alcalins et teireiix des silicates complexes, notamment des éléments feldspathiques et micacés. Dans nos essais. la potasse dissoute s'élève à près de 8"-"e tandis i|ue l'eau pure en accuse au niaxiniuni i'"?, 32. Potasse dosée (en milligrammes). Eau + CO^. Eau pure. Différences. Gneiss leptynisé 7)7^ "i^i 7,4' Leptynite puie 7i9o o,32 7,58 Granité du Morvan 6,24 o,,54 5, 70 Le même altéré 7 , 64 i , 32 6,82 Porphyre syénitique 6,24 0,62 5,62 Porphyre quarlzifére 6,56 0,98 5,63 Nous n'avons dosé que l'alcali, dans les liquides filtrés, parce que les autres éléments dissous ne réagissaient pas de façon apparente aux réactifs les plus sensibles. •i° Action de l'eau pure. — On sait que les roches porphyrisées en présence de l'eau donnent habituellement des solutions à réaction alcaline faible, sensible au mé- Ihylorange et à la phénolphtaléine. Nous avons étudié comparativement l'&clion de l'eau distillée bouillie sur les poussières rocheuses brutes (série A) et sur les résidus insolubles (') Nous pensons que les premières mers contenaient eu dissolution difléients chlo- rures, avec prédominance du cJilorure de calcium. Les carbonates alcalins formés dans la seconde phase de décomposition (sous l'action du gaz carbonique) furent entraîné- dans les eaux marines et précipitèrent les chlorures terreux à l'état de carbonates insolubles. Telle serait, à notre avis, l'origine des masses calcaires des terrains juras- siques et crétacés. C. R., .909, 1- Semestre. (T. l'i'J, N° 26.) . ^^\ l392 ACADÉMIE DES SCIENCES. de l'opération précédente (série B). Voici les résultats obtenus: Potasse dosée ( en milligrammes). Série B. Série A. Différences. Gneiss leplynisé 0,87 o,3i o,56 l.eplynite pure 0,76 o,32 o,44 Granité du Morvan ' j '9 o,54 o,65 Le même altéré 2,64 i ,82 i ,82 Porphyre syénitique 1 ,08 0,62 o,46 Porphyre quarlzifére 1 ,33 0,98 o,4o En comparant les dosages de la série A et de la série B,on voit que ces derniers sont sensiblement plus élevés. Nous en attribuons la cause à un commencement de kaolini- sation produit par l'influence de l'acide carbonique sur les minéraux silicates; les matières colloïdales formées en petite quantité ont absorbé une portion du carbonate alcalin que des lavages prolongés à l'eau redissolvent progressivement. 3° Action de l'acide chlorhydriqiic. — Les minéraux silicates, malgré leur résis- tance aux réactifs étendus, sont altaqués faiblement, à froid, par une solution chlorhy- drique a 5 pour 100. Ils abarulonnenl des quantités très inégales d'alumine, de fer, de magnésie, de chaux et d'alcalis. Les résultats obtenus après 8 jours sont consignés dans le Tableau suivant, à l'exception de la potasse et de la soude qui n'ont pas été dosées. Eléments dissous par H Cl à froid. Alumine. Fer. Magnésie. Chaux, mg nig DIS mg A i,3o 3,3i 0,72 2,24 B 2,07 4i73 3,16 6,60 ... ( A 0,00 1,07 0,72 2,69 1 B o,o3 2,.5o 2,22 3,18 A 0,00 5,5o 0,72 2,46 B i,3o 7,20 5,o4 4)39 A 7)7o '9>oo 2,3o 4.48 B 9JO0 22,10 4i96 4j25 „ , ... I A 2,58 4)42 0,86 4,o5 Porphyre syenitique. { ^ ,,„ . - ^ _ - ^ ^ -^ ' j B 2,68 9,37 5,10 0,1.5 A i,5o 5,5o 1,1 5 1,56 5,o4 4,59 Gneiss leptynisé. Granité du Morvan Le même altéré. r, , .,. A I ,00 D,5o Porphyre quartzilere. < ,, „ ^ „ '^ •' ^ ( B 1 ,80 6,80 On remarquera que toutes les roches de la série A, préalablement immergées dans l'eau pure pendant une semaine, abandonnent généralement moins de matériaux que celles de la série B provenant d'un traitement à l'eau chargée d'acide caiboiiique, et qui sont déjà en partie altérées. 11 semblent donc que les bases terreuses oft'rent une moindre résistance aux agents dissolvants. Ce sont les éléments calciques et ferro- SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. iSqS magnésiens qui cèdent le pins facilement à l'action de l'acide chlorlivdrique étendu ; sauf de rares exceptions, l'alumine se montre plus résistante. 4° Action du chlorure de calcium. — Au contact des poussières rocheuses, les minéraux chlorurés dissous ont provoqué, vraisemblablement, des phénomènes de substitution donnant surtout lieu à des échanges de bases. En faisant réagir, par exemple, le chlorure de calcium (à 5 pour 100) sur du kaolin et des feldspaths por- phyrisés, riches en potasse, nous avons observé une mobilis.Ttion assez rapide de l'al- cali, conformément à ce qui se passe dans le sol. On a obtenu, après un contact de 8 jours : Potasse mobilisée. Kaolin 6,83 Orthoclase 13,78 Microcline 16, 12 Labrador 9)26 Les actions mobilisantes sont d'autant plus sensibles, toutes choses égales d'ailleurs, (|ue la porphyrisation est plus avancée. Il semble que les solutions salines, par un con- tact prolongé, provoquent aussi des phénomènes d'épigénisalion avec certaines espèces minérales, notamment avec les micas. Ces divei'ses expériences inonlrent que les roches pures, réduites en pous- sière, sont attaquables par les solutions acides ou salines. Dans tous les cas, l'attaque s'effectue très lentement et dans une limite assez faible; elle est fonction de leur degré de finesse et de leur état d'altération préalable. Dès lors, on s'explique pourquoi, malgré les effets d'une culture très ancienne, les particules sableuses du sol ont conservé leur nature minéralogique propre, et cela à tel point que la terre végétale, examinée au microscope, nous apparaît comme une poussière rocheuse agglutinée simplement par une quantité relativement faible de colloïdes minéraux et humiques. CHIMIE VÉGÉTALE. — Sur /'Adenium Hongkel, poison rl'éprewe du Soudan français. Note de MM. Em. Perkot et 31. Leprixce, présentée par M. Guigna rd. Au cours de son premier voyage scientifique à travers l'Afrique occi- dentale, M. Aug. Chevalier signalait à l'un de nous l'existence, dans le Haut-Sénégal, d'un arbuste appelé parles indigènes Kidi-Saramé e\. mx^'û identifiait avec V Adenium Hongkel D. C. (Apocynacée). Les inflorescences et le pédoncule floral étaient employés dans la thérapeutique indigène, mais l39l ACADÉMIE DES SCIENCES. servaient surtout de poison d'épreuve, en raison de la grande toxicité des principes qu'ils renfermaient. Quelques années plus tard, M. G. Audan, commis des affaires indigènes, en nous confirmant et précisant ces indications, nous fait un envoi suffi- sant d'inflorescences de Kidi-Saramé dont nous avons aussitôt entrepris l'étude. L'échantillon re(,'u comprenait exclusivement les inflorescences d''Ade- nium Ilongkel avec fleurs rouge violacé et pédoncules floraux. De Gaiulolle (') donne seul une description du genre Adeniunt et de VAdeniiim Hongkel en particulier. Il le désigne comme un arbuste à feuilles sessiles, ovales- oblongues, atténuées à la base et dentées à la pointe, glabres, à bractées lancéolées ou linéaires plus longues que le pétiole. Les pédoncules sont couverts de poils, le calice pubescent sur sa face externe, les lobes de la corolle ovales aigus; il y a de deux à quatre (leurs à l'extrémité des rameaux. La plante fleurit en mars, fructifie en mai et se couvre de feuilles en septembre. Aug. Chevalier a donné de la plante une figure excellente en 1902 ('). M. Pobéguin (^) dit qu'elle existe jusqu'au Fouta-Djalon, el qu'elle est appelée Boiiron ou Kourané par les indigènes. Ayant vérifié expérimentalement le pouvoir toxique très considérable de l'extrait hydro-alcoolique d'inllorescences AWdenium Hongkel, nous avons entrepris une série d'études en vue d'isoler le principe actif; la recherche des alcaloïdes fut complètement négative. Prévoyant alors l'existence d'un glucoside qui serait doué des propriétés toxiques attribuées à la plante, nous avons épuisé l'extrait hjdro-alcoolique par le chloroforme; après évaporation le résidu est repris à l'alcool à gS", puis précipité par l'eau distillée. Le précipité formé est dissous de nouveau dans le chloroforme et, après un certain nombre de purifications successives, nous avons obtenu un corps pulvérulent jaune clair amorphe, fondant à 84°-85°, complètement insoluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool concentré, le chloroforme, soluble dans l'èther, l'éther acétique, l'acide acé- tique, insoluble dans le benzène. Au contact de l'acide sulfurii|ue il donne une colo- ration rouge violet intense. Il nous a été impossible d'obtenir ce corps à l'étal cris- tallisé. Il ne renferme pas d'azote. Ayant cherché à l'hydrolyser, nous n'avons pu obtenir, par dédoublement, ni sucre réducteur, ni ullérieureinenl d'hydrazone bien caractérisée; force nous a donc été d'abandonner l'idée d'un glucoside et nous avons dû sup- poser que ce corps, non basique puisqu'il ne contient pas d'azote, non acide (') De Candolle, Prod., t. VIII, p. 4ia. (') Annales de l'Institut colonial de Marseille, 1902, PL VI. (') H. Pobéguin, Essai sur la flore de la Guinée française, Paris, 1906. séancl: du 27 DÉCEMBRE 1909. I SgS puisqu'il ne se dissout pas dans les alcalis, devait être rangé dans une autre série organique, et nous nous réservons de pousser plus loin nos inves- tigations. La combustion nous a donné la composition centésimale suivante : G : 59,25, H:7>7. O (par diflerence) : 33, o3. La cryoscopie de la solution acétique a donné un poids moléculaire de 410 environ, ce qui nous conduirait très sensiblement à la formule C^"H="0*, à laquelle nous n'attachons d'importance que par suite de la concordance des chiflVes dans les deux qpérations plusieurs fois répétées. Ce corps nous a paru être le véritable principe actif de V Adenium Hongkel; il faut, en efTet, le manier avec grandes précautions, car il pos- sède une action sternutatoire très prononcée et, de plus, sa toxicité est très grande. Les recherches pharmacologiques en cours ont permis de reconnaître que ce corps devait être rangé à côté des poisons cardiaques violents, comme la slrophanthine, l'abyssine, etc. PHYSluLOGlE. — Effets physiologiques généraux de l'uroliypotensine. Note de MM. J.-E. Abei.ous et l>. ItARDiRK, présentée par M. Bouchard. Dans des Communications précédentes nous avons surtout décrit l'action de l'urohypolensine sur la pression artérielle. La présente Note a pour but d'exposer les effets généraux de cette substance sur le lapin et sur le chien. Lapin. — L'injection intra-veineuse, à la dose de 12''= à i5''6 (en ne tenant pas compte des matières minérales contenues dans l'urohypolensine malgré une dialyse prolongée et qui n'ont par elles-mêmes aucun effet, comme nous nous en sommes assurés), est fatalement mortelle. La mort est précédée de convulsions toniques avec exorbitisme, myosis punctiforme, arrêt de la respiration et du cœur. Ces troubles mortels ne sont pas dus à des coagulations intra-vasculaires, car ils se |)rodiiisent malgré l'injection d'hirudine qui rend le sang incoagulable. Pour des doses inférieures, on observe à la suite de l'injection un myosis intense et prolongé, une vaso-dilatalion très manifeste des vaisseaux de l'oreille et une torpeur iSgÔ ACADÉMIE DES SCIENCES. profonde. L'animal demeure immobile, comme plongé dans une invincible somnolence. Sa respiration est considérablement ralentie; il salive assez abondamment.il laisse tomber sa tête sur la table et conserve, sans résistance, l'attitude qu'on lui donne. Durant cette narcose, il présente des mictions et des défécations répétées. Les matières, d'abord dures, ne tardent pus à devenir presque liquides. Cet état peut durer jusqu'à i heure et plus. La température de l'animal s'abaisse de 2» à 3°. Pour des doses inférieures, ces symptômes s'atténuent peu à peu et l'animal paraît au bout de quelques heures revenir à son état normal. Il faut dire que tous les animaux ne se rétablissent pas et qu'un assez grand nombre meurt au bout d'un temps plus ou moins long, après avoir présenté des signes de dénutrition très marqués. A l'autopsie des animaux, on constate, comme lésions principales, de la congestion pulmonaire et encéphalique, associées assez souvent l'une et l'autre à de l'œdème, et une forte hyperémie des glandes surrénales. Chien. — Pour les chiens, la dose mortelle paraît être de 6'^« à 8''s par kilogramme. Mais la mort n'est pas immédiate, elle survient seulement de 3 à 6 heures après l'injection. Les troubles présentés par l'animal oITrent la plus grande analogie avec ceux que M. Ch. Richet a signalés dans l'intoxication par raclino et la mvtilo-congestine. " De suite après l'injection le chien reste immobile, les pattes postérieures raides et écaitées, la tête pendante comme plongé dans un abrutissement complet, absolument insensible aux appels et aux excitations extérieures. La respiration est très ralentie. Bientôt, comme accablé de fatigue, il se laisse choir el reste étendu, les membres raidis, agités de secousses fibrillaires, avec une contracture très marquée des parois abdominales. Il se relève péniblement, en proie à un violent ténesme vésical et rectal. Il urine et défèque à plusieurs reprises. Les matières, d'abord dures, deviennent bientôt molles, enrobées de mucus sanguinolent. Les efforts de défécation sont incessants et ne tar- dent pas à être suivis de selles diarrliéiques mélangées de sang. Finalement, c'est du sang pur qui coule du rectum. Durant l'intervalle de ces crises de ténesme, le chien demeure prostré, ne se relevant que pour de nouvelles tentatives de défécation. Parfois, on observe des vomissements teintés de sang. La température s'abaisse et la mort survient avec les signes de l'abat- tement le plus complet. Avec des doses plus faibles, les animaux survivent; les signes d'intoxication qu'ils présentent sont les mêmes. Ils restent très abattus les jours suivants. A l'autopsie, on trouve de la congestion pulmonaire, des suffusions sanguines au niveau du péricarde et du mésentère. Mais la lésion la plus caractéristique consiste en une hyperémie intense de la muqueuse intestinale. On trouve l'intestin rempli d'un mucus fortement mélangé de sang. Ces mêmes signes s'observent dans l'estomac. Enfin, les méninges el l'encéphale lui-même sont exlrêmemeiU congestionnés et le cerveau présente un certain degré d'œdème. Ces dernières lésions peuvent expliquer les trou- bles nerveux (narcose, insensibilité) présentés par l'animal. Les solutions d'urohypotensine soumises à une température de i lo" à 120" pendant quelques minutes perdent leur toxicité. SÉANCE UU 27 DÉCEMBRE 1909. ^3c)') PHYSIQUE PHYSIOLOGIQUE. — Rayons X et souris cancéreuses. Note de M. A. Co.NTAMiN, présentée par M. Bouchard. Nous avons étudié l'action des rayons X : 1" sur les souris porteuses de tumeurs; 2° sur les cellules cancéreuses isolées de la souris. Les expériences ont été faites avec la tumeur B, inoculée par émulsion (très prolifique, succès de 80 à 100 pour 100). I. Nous avons irradié (') : I" Des souris inoculées depuis i5 à 20 jours, porteuses de petites tumeurs; 2° Des souris inoculées depuis 3o jours environ, porteuses de tumeurs très volu- mineuses, égales en poids à la souris elle-même; 3° Des souris inoculées depuis 2 ou 3 mois, porteuses de tumeurs de petit volume (grosse noisette) et qui restaient dans un état slationnaire. . Les premières ont, sous l'effet des rayons X, résorbé leur tumeur plus ou moins rapidement et ne sont pas mortes. Les secondes ont (parfois après une seule séance de i heure, sans tiltre) résorbé leur tumeur. Cette résorption était activée, si l'on répétait les séances tous les jours ou tous les 2 jours. Exemple : Souris d'un poids de Sos. Après deux irradiations de i heure sans filtre, ne pèse plus que 328, 4 jours après la première irradiation. Ces souris meurent toujours au cinquième ou sixième jour. Les mêmes doses d'irradiation n'ont eu, sur les troisièmes, aucun effet appréciable, ni sur la tumeur, ni sur l'état général de ces souris. En résumé : 1° l'action des rayons X est d'autant plus efficace que le tissu de la tumeur est plus jeune et plus prolifique; 2° La résorption d'une tumeur un peu volumineuse entraîne la mort de l'animal, probablement par intoxication. IL Nous avons aussi exposé aux rayons X des tumeurs découpées après ablation, broyées, puis étalées sur un carton. Nos expériences ont été faites sur 450 souris. Voici un exemple. Expérience : Tumeur irradiée pendant 3o minutes. Chaque lot de i5 souris (d'un poids d'environ 23oS) a reçu approximativement 58 (' ) Les souris étaient placées à 12'^" de Tanticathode. Ampoule Chabaud à eau, lon- gueur d'étincelle entre 9"" et 12"^. Intensité de 0,8 milliampère; filtre d'aluminium de — de millimètre. iSgH ACADÉMIE DES SCIENCES. de tumeur, soit irradiée, soit intacte, inoculée à l'aide d'une seringue de a"""' à large orifice : I" lot. i' lot. i° lot. Distance de l'anticathode. .. . lo™ lo™ Témoins: Etincelle équivalente 6""" 17°" Pas d'irradiation Milliauipère i,3 o,4 La tumeur absorbe du rayon- nement incident (') 5o pour 100 10 pour 100 Filtre d'aluminium de -fij de millimètre Poids du lot un mois après l'irradiation a4oK 2908 38oi; Succès de rinoculalion o 10 sur i.5 i4 sur i5 Il y a eu, au début, c'est-à-dii'e G ou 7 jouis après l'inoculation, chez les souris du premier lot, formation d'un plastron, faisant supposer que la tumeur allait se développer ; mais ce plastron s'est résorbé, plus ou moins rapidement suivant les souris. En résumé : 1° les rayons X agissent directement sur les cellules can- céreuses elles-mêmes; 2° Cette action influence davantagfe l'énergie décroissance de ces cellules que leur aptitude à l'inoculation [pourcentage peu diminué, mais tumeurs peu prolifiques (voir 2'' lot)] ; 3" Les rayons X agissent d'autant plus qu'ils sont plus absorbés. PHYSIQUE PHYSIOLOGIQUE. — Stérilisation complète et déjinitwe des testicules du Rat, sans aucune lésion de la peau, par une application unique de rayons X filtrés. Noie de MM. Ci.. Regaud et Th. i\o4iiEK, présentée par M. E. Koux. But du travail. — On sait que les effets des rayons de RiJntgen sur le tes- ticule consistent principalement dans la lésion élective des spermatogonies, cellules-souches de toutes les cellules séminales (Regaud et Blanc, 190G). Par une irradiation modérée, la multiplication des spermatogonies est arrêtée seulement pour un certain temps, tandis qu'une irradiation suffi- samment intense les tue : dans ce dernier cas, la stérilisation de l'épithé- (') La quantité de rayons X absorbée a été déterminée par la méthode de l'élecli nièlre (Jauberl de Heaujeu). SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. iBgÇ) lium séminal esL définitive. La slérilisalion, qu'elle soil temporaire ou déli- nitive, est partielle ou totale : partielle, quand elle est limitée à une zone plus ou moins épaisse de parenchyme testiculaire, la plus rapprochée du foyer; totale, quand elle est étendue à toute l'épaisseur de l'organe. Chez le Hat adulte, dont les testicules ont une épaisseur de i''"',.^ à 2"" y compris les téii;uments des bourses, on produit ais(''mont la stérilisation tem- poraire totale et la stérilisation délinitive partielle, par une seule application de rayons X non iiltrés, sans autre lésion cutanée qu'une alopécie ou tout au plus des ulcérations bénignes. Bergonié et Tribondeau (1903) ont obtenu la stérilisation définitive et totale par la méthode discontinue ( irradiations courtes, espacées et nombi-euses) sans filtration; mais ils nindiipient pas l'effet produit sur la peau. Ils ont aussi déterminé chez un Rat, par une irradiation unique, la stérilisation totale; mais la survie trop courte (un mois) ne permet pas de juger du caractère définitif de la stérilisa- tion (' ). En Uadiothérapie expérimentale ou huuuiine, un des buts à atteindre les plus importants consiste à augmenter la profondeur de l'effet définitif pro- duit; et il est clair que ce résultat dépend en premier lieu de la ])Ossibilité de faire pi'-nétrer une ([uantité suffisante de ravons à travers la |ieau, sans léser celle-ci. Or, nous avons fait connaître, il v a quelques mois, que les rayons X durs, privés des rayons mous (les moins pénétrants) par la filtration du faisceau à travers une plaque d'aluminium, exercent sur les spermatogonies du Rat une action aussi énergique et plus élective que le faisceau total uti- lisé dans les recherches antérieures. Nous avions obtenu, par une seule séance d'irradiation avec des rayons convenablement filtrés, la stérilisa- tion homogène de toute l'épaisseur du testicule, sans produire dans la peau même une chute des poils. Il restait à démontier ipie la sti'rilisalion ainsi réalisée est définitive. Mélhode, résultats. — Nous savions, par les recherches antérieures de l'un de nous, que, lorsque des spermatogonies ont survécu à l'irradiation, leur pullulalion est toujours conslatal)le, au quarantième jour, chez le Rat, [)ar un examen alteniif de la couche génératrice de l'épithélium séminal. Si donc, dans un testicule extirpé _'|0 jours au moins a[)rès rirradiatu.îi (') ic/ion (/es /■(nous A sur ta ^lancle i:('iilliilc nu} le ( fic/i. (t'rleci ilcit('- nttjdi- calc, 1906, p. 27 du lirage à part). C. R., 190^, J« Semestre. (T. 1 l'J, N" 26.) i^'-^ l4oo ACADÉMIE DES SCIENCES. uni(juc, aucune sperniatogonic n'est visible, on doit en conclure que la stéi'ilisalion a été totale et définitive. Voici la statistique de nos expériences et leur lésultat : Rats adultes dont les testicules ont été traités par les ravons \ filtrés sur une plaque d aluminium de 2""" à à""" d'épaisseur. 19 Observations interrompues avant le ([uarantième jour 3 (Sur ces trois observations, deux ont été interrompues au trente-septième jour; on n a trouvé aucune spermatogonie survivante, ce <|ui permet de considérer comme très proliable le caractère définitif de la stérilisation. ) Observations poursuivies au delà du (|uarantièine joui- iG Sur 16 cas, stérilisation définitive partielle 11 Sur 16 cas, stérilisation définitive totale 5 Sur cinq cas de stérilisation détinilive totale, nous devons déduire: Pour mort spontanée, dont la cause indéterminée a peut-être fa\ orisé la stérilisation 3 Pour lésion artérielle, de cause inconnue, mais ayant favorisé la stérilisation i Il ne reste, comme cas indiscutable, que i JJaiis ce dernier cas, les testicules ont été extirpés lun 3 mois et n jours, l'autre 5 mois et i3 joursaprès la séance unique d'irradiation. Dansaucune de nos observations il n'y a eu la moindre modification de la peau. D'après l'ensemble de nos observations, dont nous \w. pouvons donner ici le détail, nous sommes en droit de considérer comme suffisantes pour déter- miner la slérilisation complète et définitive irtni Kal adulte, en une seule séance et sans lésion cutanée, les conditions suivantes : inlensilé de la dose mesurée par la teinte 4 du cliromoi\idioinèlre de Bordier à l'entrée des rayons dans la peau; qualité de pénétration des rayons donnée par leur filtration à travers une plaque d'aluminium de 2""" d'épaisseur. Peut-être même suffirait-il de se tenir un peu en dessous de ces limites ( leinle j forte de Hordier, i""" ou i'""\5 d'aluminium ), mais nous n'en sommes pas certains. La méthode d'irradiation discontinue donnerait plus facilement le même résultat. Conclusions. — 1" Il est actuellement possible de stériliser totalement et définitivement les testicules du Rat par une seule application de rayons X convenablement filtrés, et cela sans produire la moindre modification cutanée. 2" (^c résultat correspond à la radiothérapie efficace, dans une épaisseur SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. lf\oi de i'=™,5 à 2""', de tout tissu, d'un néoplasme malin par exemple, dont les cellules seraient aussi vulnérables par les rayons X que le sont les sperma- togonies du Rat. PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Sur la valeur des stries musculaires au point de vue specirographique. Note de M. Fred Vlès, présentée par M. Yves Delase. "n"^ On sait que les hislologistes ont caractérisé sous le nom de disque clair &i disque sombre les deux éléments les plus inportants de la striation mus- culaire d'après l'aspect qu'ils prcsenlent à l'evamen miscroscopique direct. Quelles sont les propriétés objectives servant de substratum à ces qualifi- catifs de sombre et de clair? Nos connaissances à ce point de vue sont assez peu précises; il est probable qu'il s'agit d'un compfexe de phénomènes de réfraction, de dispersion et d'absorption. Nous avons tenté de mettre en évidence les différences d'absorption entre les disques clairs et les disques sombres de muscles d'écrevisse (muscles abdominaux, muscles de la pince). Pour effectuer une telle loca- lisation de l'absorption dans la libre, le procédé direct, qui consisterait à projeter l'image d'un disque sur la fente du collimateur d'un microspcctro- scope, ne donne que des résultats tout à fait insuffisants, par suite du peu d'étendue de l'objet et de sa très faible absorption sous les petites épais- seurs. Nous avons emplo\é un procédé indirect, qui consiste à utiliser les propriétés spéciales de biréfringence que possèdent les disques soinl)res; la méthode a pour base une comparaison entre les spectrogrammes photo- graphiques d'une même fibre musculaire, en lumière naturelle et eu lumière polarisée, niçois croisés. Si en effet nous spectrograpliions entre niçois croisés une libre d'épaisseur assez mince pour que les divers disques ne chevauchent pas les uns sur les autres (c'est-à-dire entre o™",o5 eto™",!), les stries Q biréfringentes fourniront la presque totalité de la lumière issue du nicol analyseur. L'intensité lumineuse des rayons dépolarisés sur le disque Z est tout à fait minime ; I et le reste du sarcoplasmc sont à peu près éteints, et, surtout si l'on emploie de la lumière parallèle, ne peuvent être traversés qu'accidentellement par les rayons échappés des disques Q; de sorte <[ue vis-à-vis di- la plaque photographique ces rayons douteux sont certainement négligeables à côté de l'intense éclairemenl fourni par les disques Q. l4o2 ACADÉMIE DES SCIENCES. Une série de speclrogrammes accessoires doi\eiU être pris en niènie temps, per- mettant d'éliminer les bandes interférentielies ayant pu apparaître dans le spectre du fait de la polarisation chromatique de la préparation, ainsi que les bandes d'absorption appartenant aux niçois eux-mêmes. Le premier de ces speclrogrammes accessoires s'oblienl facilement en superposant à la prépaialion un mica quart d'onde, qui aurait pour ell'et de décaler dans le spectre les bandes inleiférentielles; le second, en enlevant la préparation et en conservant simplement le ([niirl d'onde entre les niçois croisés. Bien entendu, ces quatre speclrogrammes d'une même série sont faits dans des conditions comparables (même temps de pose, de développement, même marque de plaques, etc.). La source employée a été l'arc électrique, avec électrodes de charbon additionnées de cadmium ou de fer, dont les raies brillantes facilitaient les comparaisons. La région du spectre étudiée a été depuis Nau, jusque vers 33o!^l^ environ. Des éludes préalables sur le spectre des mêmes muscles sous diverses épaisseurs nous avaient permis de nous rendre compte des bandes importantes qu'il était nécessaire de repérer dans ces expériences, comme aussi de l'absence de dichroïsme dans notre maléiiel muscu- laire. Résullals. — Comme il était facile de le prévoir, l'absorption n'est pas uniforme dans la fibre. Certaines bandes d'absorption paraissent spéciales aux disques Q biré- fringents; d'autres sont générales à toute la fibre, sans localisation spéciale. En partant de D, nous trouvons une première bande très importante jaune vert (5g«-5;")0 environ) à maximum au voisinage de ^^'^rJ^^\ cette bande est spéciale aux disques (). Une seconde bande violette (470-460 en- viron), également importante, est au contraire générale. Dans l'ultra-violet, les choses deviennent plus délicates, et les expériences moins affirmatives; il est très probable cependant (pi'il appartient aux disques Q seuls trois bandes situées approximativement vers l\[\o^^, "i-jo^^- et 3j5i^i^. Des recherches encore en cours sur divers muscles de grenouille nous ont donné un résultat analogue pour la jiartie visible du spectre. Les deux premières bandes dont nous avons parlé se retrouvent dans des spectres de la myohématine de Mac Vlunn, qui serait ainsi dissociée topogra- phiquement. 11 est d'autie part parliculièremeiU intéressant de noter (pie nous ne trouvons aucune bande localisée aux disques 1 (c'est-à-dire se [)ré- sentant dans les speclrogrammes en lumière naturelle et disparaissant dans ceux en lumière polarisée). La substance qui absorbe la lumière au niveau de I se trouve également au niveau de (J; elle se comporte comme un sub- sli\itum général de la fibre, sur lequel, de place en place, se sont con- struites les molécules spéciales auxtpielles sont liées Taljsorplion de la bande 37")i'i^ et la propriété de biréfringence. La chose n'est pas sans impor- tance au [loint de vue de la théorie de la libro musculaire. SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l4o3 MÉDECINE. — Deux cas de fièvre de Malle vraisemblablement contractés à Paris. Note de MM. Jui.es Alclair et Pai'i, Brau.v, présentée par M. Bouchard. I La lièvre de Malte a été peu observée en France. Si l'on en excepte les cas signalés par Wiirtz à FAcadémie et l'épidémie récente du Gard, la plupart des faits publiés se rapportent à des sujets qui avaient pris leur affection à l'étranger. Voilà pourquoi, en dehors de leurs conditions étiologiques mêmes, les deux observations de fièvre méditerranéenne aulochthone, qui font l'objet de cette Note, présentent un intérêt particulier. Noire premier malade, âgé de 19 ans, exerce le mélier de garçon bouclier aux abat- toirs de la \ illetle, dans un pavillon de moulons. Sa lâche essentielle consiste à dépouiller ces animaux. Sa profession ne Ta jamais mis en contact avec des chèvres. Mabilant Aubervllliers, il n'en a jamais fiiiilté les environs. F.ntré dans notre service le 3 mai 1909, avec une température de 89°, le malade fut atteint il'une fièvre de Malte Ivpiquequi dura plusieurs mois. La fièvie fui le svmplùme dominant; la courbe de la température était celle d'une fièvre typhoïde, à rechules successives, et légitimait tout à fait le nom de /ièçre ondulante donné à celle maladie. Parmi les autres symptômes importants, on nota des sueurs profuses, des arlhialgies, la pâleur des tégumenls, une légère augmentation du foie et de la rate, de la diarrhée el un dicrolisme très marqué du pouls. Il n'y eut pas de manifestations tcsticulaires. L'évolution de la maladie dura 4 mois et demi et se termina jiar la guèrison. l'-n l'aijsence de cas semblables observés antérieurement par nous, le diagnostic resta longtemps hésitant. Nous pensâmes successivement à la fièvre typhoïde, aux infections para-éberthiennes, au ihumatisme articulaire aigu, au paludisme, à l'endocardite infectieuse, à la tuberculose aigui'. I^a nature de la maladie fut établie grâce aux recherches du laboratoire. La culture en bouillon du sang de notre malade nous permit d'isoler, à deux rej^rises, le micrococcus me/itensis, à l'état de pureté. Son sérum aggluti- nait à un taux élevé divers échantillons du microbe de la lièvre de Malte et déviait le conqjlément, tandis que des sérums de contrôle restaient négatifs. I^e second malade, âgé de iS ans, exerce également aux abattoirs de la Villette le même métier que le précédent, mais dans un autre pavillon. Il habite Paris el ne l'a jamais quitté. Son entrée à l'hôpital eul lieu lu îi mai et les symptômes de son afiection furent moins caraclérisliques, plus atténués, plus écourlés que ceux du premier sujet. Ici, rense.nencemenl du sang, fait tardivement, resta stérile, mais le séro-diagnoslic fut l4o4 ACADÉMIE DES SCIENCES. positif, à un taux élevé, avec le micrococcus melitensis fourni par l'institul Pasteur, et le micrococcus melitensis retiré du sang du premier malade. Le phénomène de la déviation du complément fui aussi réalisé. Ces deux observations soulèvent un certain noml)re de points, de solutions plus ou moins faciles. Nos malades n'ayant jamais quitté Paris n'ont pu contracter ailleurs leur maladie. Du fait de leur profession ou en dehors d'elle, ils n'ont jamais été en contact avec des chèvres, source la plus habituelle de contagion de la fièvre de Malte; cette cause d'infeclion peut donc être ici écartée. Leur métier, au contraire, les mettait en rapport constant avec des moutons; ils ont pu, de ce fait, se contaminer, que ces moutons aient été atteints de fièvre de Malte ou qu'ils aient recelé son microbe dans leur toison. D'après notre enquête, il résulte que les moutons manipulés par nos malades étaient d'oi'igine française ; mais il a pu s'en glisser parmi eu\ qui venaient de Malte, du Monténégro, ou de TAlgérie, pays ot'i la fièvre ondulante existe à l'étal endémique. D'ailleurs, même dans l'hypothèse de moutons de provenance exclusi- vement française, ces derniers ont pu se contaminer ou souiller leur toison. au cours de leur transport dans des wagons infectés. En supposant établie l'origine ovine de ces deux cas de fièvre de Malte, on peut invoquer comme porte d'entrée du microbe : une plaie accidentelle des mains en contact permanent avec le sang des animaux, au cours de leur dépouillement ; l'inhalation de poussières microbifères venant de leur toison et, enfin, l'ingestion de germes mêlés aux aliments, les bouchers ayant souvent la mauvaise habitude de se servir du même couteau pour dépouiller les animaux et couper leur nourriture. MÉDECINE. — Tumeurs vasculaires et anévrysmes des os. Note de M. Ledextu, présentée par M. O. Lannelongue. La question des anévrysmes des os semblait à peu près définitivement résolue. Les chirurgiens étaient presque généralement d'accord pour les considérer comme un stade particulier de l'évolution des ostéosarcomes, et spécialement de la variété relativement bénigne connue sous la dénomina- tion de /«weMr,? mjKe'/ojV/ê,? ou à //zve/oyj/a.reA'. Lne Communication récente à SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l4o5 la Société de Chirurgie, favorable à la théorie d'après laquelle ces tumeurs, uniquement hématiques en apparence, seraient de véritables angiomes, a rouvert la discussion. Je n'ai pas observé dhémalomes purs, ne présentant aucune trace de tissu néoplasique, mais bien sept sarcomes, dont cinq osseux, pulsaliles ou non, et deux des parties molles, creusés de cavités hématiques proprement dites. Dans l'un de ces cas, l'examen liistologique a montré nettement des sinus bien formés, limités par une simple memi)rane endothéliale, sillon- nant le tissu morbide. Dans un autre, l'extrémité supérieure du tibia était creusée en une cavité dont la paroi était constituée par les éléments sarco- mateux en couche médiocrement épaisse. Les hématomes centraux de certains sarcomes s'observent donc, quoique plus exceptionnellement, dans les parties molles comme dans le tissu osseux. Si Ton dépouille avec soin les cas anciens ou très récents d'anévrysmes des os publiés jusqu'à ce jour, on arrive à les classer en trois catégories distinctes : Premier groupe. — L'examen à l'œil nu et la marche des événements oui permis de penser qudn avait aflaire à de simples tumeurs hématiques indépendantes do tout néoplasme (Pearson, Scarpa. (lainochan, Lallemand, Uoii\, Demongeot, Lagiiux, Mac Dowel, .Mapother ). Deuxième groupe. — L'e.tamen hislologique n'a révélé aucune trace de tissu murbide [Farisot, A. Ricliel, Péan (2 cas), Jonnesco, Tli. Ânger, Wvlhe, Morestin]. Dans ce dernier cas, dont l'importance ne peut être méconnue, le microscope n'a dé- couvert que des houppes vasculaires logées dans des alvéoles osseuv et des ahéoles remplis de sang. Troisième groupe. — Tissu néoplasique supposable ou constaté en très |)L'tite ([uantité, en même temps que la télangiectasie ou des hématomes (Scarpa, cas dou- teux déjà cilé, Dupuytren, OEhler, Harvej-R. Gaylord, Aii\rav)- Dans ce dernier cas il s'agissait en réalité d'une tumeur maligne secon- daire des os, caractérisée par des éléments si insignifiants en apparence qu'un histologiste de marque n'avait pas osé se prononcer. Cette troisième catégorie de faits est de la plus haute importance au point de vue de Finterprétation des tumeurs hématiques où l'on ne découvre plus aucun élément caractéristique. Ils permettent de penser que ces dernières représentent réellement le stade ultime d'une évolution qui commence par le développement anormal des vaisseaux, pour aboutir à la destruction totale des éléments malins, par refoulement, érosion, désagrégation, fonte moléculaire. En admettant qu'il soit encore nécessaire de faire une réserve pour le l4o6 ACADÉMIE DES SCIENCES. cas de Moreslin et pour ceux qui s'en rapprochent le plus ou qui s'en rapprocheraient encore davantage dans l'avenir, cette conception doit être exacte pour presque la totalité des cas. Les arguments suivants lui prêtent un solide appui: 1° D'aljoiil la slruclure de ces licinaloines osseux ne rappelle en rien celle des anévrysmes proprement dits ou des angiomes. 2" L'arrêt ini la disparition des tumeurs après la ligature de l'artère principale du membre ne prouve pas qu'on n'ait pas eu ad'aire à des néoplasmes liématiques, puisqu'il s'est produit des récidives plus ou moins tardives après ces ligatures (Scarpa, Dupuylren) et qu'on a vu des sarcomes des os et même des parties molles (Roughlon) disparaître entièrement à la suite d'interventions locales même très incom- plètes. 3° Les prétendus anéi-rysmes des os se développent ai'ec une prédilection mar- quée là où siègent le plus habituellement les ostéosarcomes des membres (épiphyse inférieure du fémur, supérieure du liliia). 4° Pour les faits particulièrement délicats, on peut invoquer la conception de Malassez et Monod, d'après laquelle les cellules à mjélopla.res auraient de grandes analogies avec les cellules vaso-formatrices. Les myélopiaxes ne seraient-ils pas suceptibles, après un commencement de prolifération en tant que myéloplaxes, de prendre nettement le caractère de cellules vaso-formatrices el de se développer en une sorte d'angiome? En conséquence, les prétendus anévrysmes des os, pulsatiles ou non pulsatiles, doivent représenter réellement un reliquat de tumeurs disparues. En attendant que celte question soit encore plus absolument tranchée, la meilleure dénomination qu'on puisse leur appliquer, avec Volkmann, est celle à^ hématomes des os, qui ne préjuge rien. MÉDECINE. — Les centres bulbaires de la diaphylaxie inlestinale. Note de M. P. BoxiNiEii. Par de légères cautérisations en des points définis de la muqueuse nasale qui permettent, par l'intermédiaire du nerf trijumeau, d'exciter expérimen- talement telle ou telle région du bulbe, on peut montrer que les centres ({ui président à la désinfection du milieu gastro-intestinal ^on\. distincts àe ceux qui actionnent la chimie digeslive, la tonicité des parois el leur Irophicité. En effet, bien qu'en général les divers troubles intestinaux disparaissent ensemble à la suite de ces cautérisations, il arrive que la fétidité des selles ou des gaz obéisse indépendamment à une cautérisation isolée et soit supprimée avant ou après les autres symptômes. SÉANCE DU 27 UÉClîMBKE 1909. I '107 Le inucus iiUestinal, sous riiiflueiice de lu reprise craclivilé de ces centres, lettouve instanlanéincnt sespropriélés diapliylactiques, et la faune et la flore parasites se modifient aussitôt dans un milieu modifié, .l'en citerai deux exemples : J'ai fait récemment six cautérisations en des points successifs à un enfant de I 1 ans qui présentait depuis sa naissance, outre un spitia hijida opéré, de l'incontinence fécale absolue, de la diarrhée fétide et, depuis ces dernières années, de la chorée symptomatique. La chorée disparut dès la troisième cautérisation, la fétidité dès la cinquième, et c'est seulement à la sixième, I j jours après, que l'enfant eut des selles moulées et que l'incontinence dis- parut. Voici donc des centres qui n'avaient jamais bien fonctionné et qui ont obéi du jour au lendemain à l'injonction thérapeutique. Chez deux enfants traités par moi à la polyclinique H. de Rothschild, pour prurit nasal intense et grattages suspectés d'helminthiase, sans autre traitement qu'une légère cautérisation de la région nasale conjuguée à ces centres intestinaux, j'ai pu déterminer, dès le lendemain, le départ de deux Ascaris loinbricoides , sans modification des selles elles-mêmes. Ces expériences montrent donc l'existence et l'autonomie des centres bulbaires de la diapliylaxie intestinale. ZOOLOGIE. — Quelques remarques sur deux Acinétietis. Note (' ) de M. \\. CoLLix, présentée par M. \ ves Delage. L Dendrosomides paguri Collin. — .l'ai fait connailre en iijofi (-) ce curieux Acinétien qui, voisin par sa forme de Dendrosoma, se relie en même temps étr(jitement, par l'existence d'individus vcrmiformcs, au genre aberrant Ophryodendron. Un travail lécent de C.-H. Martini 1909) ( ')vient de trancher définitivement la question tant dc'battuc du dimorphisme chez Ophryodendron en établissant que l'individu vermiforme provient de l'indi- vidu tentacule ( proboscidien) )iar bourgeonnement externe, et ne peul Jamais se transformer lui-même en proboscidien. Lune et l'autre formes sont capables d'émettre des embryons ciliés qui deviennent des proboscidiens. (') Préseulee ilaiis la séance du i3 déreinbre 190g. (') Arch. Zool. exiler., ^i'' série, t. \ (N. cl IV). (,') Quart. .Inurn. of Micr. Se. iiouvelJe série, t. I^III. C. R., 1909, :.• Semestre. (T. l'i'J, N" 26.) l^^> I 'loH ACADÉMIE DES SCIENCES. En présence de ces résultats, il n'est pas sans intérêt d'annoncer que, chez D.paguri, les individus verniit'ormes, nés de la forme tentaculée (tri- fui-quée) par bourgeonnement externe également, se transforment eux- mêmes en individus trif arqués, munis de tentacules. Jai observé tous les stades de la métamorphose. Le dimorphisme n'est donc ici qu'une appa- rence, chacune des deux formes représentant un état du développement de l'autre. Quant à la reproduction au moyeu d'embryons, je n'ai pu encore l'observer jusqu'ici; cependant la rencontre d'exemplaires de très petite taille, inférieure à celle des venniformes les moins développés, rend son existence [)robable. II. Podophrya fixa O.-F. Millier. — On distingue chez les Infusoires ciliés deux modes d'enkystement : le kjsle de division et le kyste de conser- vation (ou de repos). La dernière de ces deux formes a seule été constatée jusqu'ici dans le groupe des Tentaculifères, etButschli(iH8f))( ' ) fait même observer que « l'absence totale des kystes de division parait vraisemblable, vu le mode de reproduction de la majeure partie de ces infusoires » (c'est- à-dire la reproduction par bourgeonnement externe ou interne). J'ai indi- qué récemment (-) que ce mode de reproduction est non seulement général, mais unique, et en particulier que la division des Podophrya, exemple clas- sique de fissiparité transversale, comparable à celle des infusoires ciliés, doit être interprétée en réalité comme un véritable bourgeonnement, avec chan- gement d'axe. Or, ayant obtenu en culture de nombreux kystes de Podo- phrya fixa, conformes au type bien connu, j'y ai observé la division du contenu en 2, puis en 4, suivie dans certaines conditions de l'éclatement du kyste. Les produits en sortent soit à Fétal cilié, soit à l'état tentacule. Ce fait, nouveau chez les Acinétiens, ne représente pourtant qu'un cas particu- lier du bourgeonnement, qui revêt toutes les apparences de la division fis- sipare ordinaire, grâce à l'absence niomenlanée d'une polarité déliuissable chez l'être qui le subit. La même illusion a lieu, et pour des raisons mor- phologiques analogues, lors de la multiplication à l'intérieur de l'hôte des Sp/iœrop/irya ])arasites; dès que l'animal en sort, et peut être « orienté », le bourgi'onnement reprend son aspect habituel. La situation de 1 embryon, à 90°, par rapport à l'axe du parent, comme chez Podophrya et tous les Acinétiens, est particulièrement nette dans la division de Sphœrophrya stentoris Maupas à l'état libre. (, ' ) Prolozoa du Bronns Thier-Reicli, p. 1920. {^) Arch. Zoot. Lwp,, à' série, l. II, J909 (N. et R.). SEANCE DU 27 DECEMBRE 1909. 1/(09 BACTÉRIOLOGIE. - Sur les spirochètes salivaires. Noie de M. Gabriel Arthaud, présentée par M. O. Lannelongue. A côté des spirochètes et des spirilles qui sont des hôtes normaux de la cavité buccale, on rencontre d'une façon presque constante, dans les cas pathologiques, un fin spirille déjà signalé par Miller et plus récemment par Lagarde ( Thèse., Paris, 1 909). 11 est possible, et nous serions volontiers de cet avis, qu'il représente une forme d'évolution du spirille d'il fusi/orme avec lequel il se montre fréquem- ment associé; mais, quoi ([u'il en soit, ce spirille fin se dislingue nettement par un certain nombre de caractères des formes communes. Tout d'abord, il présente une minceur et une finesse qui le rendent difficile à observer. D'autre pail la réfringence de son proloplasma est si faible qu'il se difTérencie à peine du milieu qui l'entoure. Dans une préparation examinée à sec et sans coloration, le protoplasma des microbes et des spirilles communs apparaît opaque, tandis que celui des spirilles de ce genre conserve sa transparence. Son affinité pour les matières colorantes est peu marquée et sa décoloration facile. Après coloration il se montre toujours nettement dinérencié par une teinte plus claire des formes analogues qui l'enlourent. Il est en général accompagné par des spores nombreuses oITrant les mêmes carac- tères et dont les dimensions sont si petites, qu'elles atteignent les dernières limites de la visibilité. Cette ténuité est telle que, pour les isoler et les observer à l'état de pureté, il suffit de filtrer- un liquide qui en renferme à travers le filtre de Kitasato. Les bacilles et spiiilles vuigaiies resten-t sur le filtre et l'on trouve dans le filtrat des spores nombreuses accompagnées de quelques formes d'évolutions en virgules, en haltères, en accent circonfiexe et quel(|ues très petites spirilles. Ce spirille appartient donc, par ses formes d'évolution tout au moins, à la classe des microbes lillrants. A l'occasion de recherches depuis longtemps poursuivies sur les mani- festations aphteuses chez l'homme el les animaux, nous avons eu l'occasion, dans un très grand nombre de cas, de rechercher sa présence dans les cavi- tés naturelles et même dans le milieu intérieur. Nous avons pu ainsi constater sa présence dans tous les cas de stomalite même légère, de la grippe, de la rougeole, de la rubéole, de la scarlatine et particulièremenl dans les manifestations herpétiques, aphteuses ou iinpéti- gineuses, etc. Il se rencontre de plus dans le mucus nasal et intestinal des mêmes malades. Nous l'avons également trouvé dans la cavité buccale et dans la lymphe des vésicules aphteuses de la vache. l/,IO ACADÉMIE DES SCIENCES. En ce qui concerne le milieu intérieur, nous l'avons observé dans le sang d'une vache atteinte de fièvre aphteuse. Dans six cas de méningite cérébro- spinale de l'enfant, nous avons pu le voir ncltement associé au pneumocoque el au méningocoque dans le liquide céphalo-rachidien. La présence de ce spirille à côté de microbes no Loi rement pathogènes, sa prédominance relative dans divers cas pathologiques nous ont paru lui cons- tituer une importance assez grande pour en faire l'objet d'une Note. .lusqu'à présent il ne nous a pas été possible d'en obtenir des cultures régulières, cependant nous avons noté qu'il se développe dans la salive filtrée sous forme de filaments très fins perpendiculaires à la surface du liquide. D'autre part son pouvoir pathogène sur le lapin et le cobaye nous a paru faible et irrégulier, ce qui tient probablement à des variations de virulence. Nous reviendrons plus tard sur ce point que nous nous efforcerons d'élu- cider en détail, mais il nous a paru utile en altcndaut d'attirer l'attenlion sur cette variété de spirilles encore peu étudiée. Nous donnerons en terminant la technique qui nous a paru le plus propre à faciliter sa recherche dans les exsudats et les frottis. Nous avons utilisé comme fivation une solution hydro-alcoolique d'azotate d'urane additionnée d'une faible quantité d'acide salicylif|iie. Comme colorant, nous avons eu recours après lavage à la solution de thionine ou de bleu de méthylène habituelle à laquelle nous avons trouvé avantage d'ajouter une certaine quantité de bleu de tolui- dinc qui fonce les bleus et leur donne une tonalité noire facilitant l'observation. GliOLOGIE. — Sur iémliitioji paléo géographique du cap Bon et sur la direction des plissements de l' Allas, considérée comme résultante de deux actions orogéniques orthogonales. Note de M. J. Svvouxix, présentée par M. Michel Lévy. .T'ai exécuté une petite série d'esquisses paléogéogi^qihiques de l'Algérie, dont quelques-unes vont être publiées dans un travail actuellement à l'im- pression aux Anncdes de Géographie, dii à M. l'].-F. (lautier, professeur à l'Ecole des Lettres d'Alger. A l'examen des gt^aphiques obtenus, j'ai été frappé de l'aspect présenté par la limite méridionale des mers tertiaires, qui re|)roduit remaiYjuable- ment, en plein continent, la forme si caractéristique du littoral, de l'Algérie à la Tripolitaine. Appelons contour n" I ce littoral. Vai particulier, la ligne liuiitaut au Nord le continent di' ré|)iK|nc liiiidi'nieiiiie, ligne qu'on SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE I909. l4ll peut tracer avec assez de rigueur, présente un cap très marqué, formé par le Hodna. Ce promontoire rappelle tout à fait le cap Bon actuel. Une sorte de golfe seml)le devoir être marqué à l'est d'El Arouat, un autre à l'est d'El (îoléà : ces deux concavités rappellent les golfes de Hammamet et deGabès. Il est inutile de pousser plus loin ces analogies de détail. Appelons contour n° 2 ce tracé de la mer landénienne. J'ajouterai que, au point de vue structural, la bordure continentale qu'on est conduit à limiter de la sorte, au début des temps tertiaires, présentait ceitainemcnt : une longue zone tabulaire (axe EO) au nord des chotts oraniens ('), une zone de ridements au nord des Zarz (-), une deuxième région tabulaire sur l'emplacement du Hodna ('), une nouvelle zone ridée (monts des Oulad Nail et desZiban), enfin la grande table crétacique de la Cbebka du Mzab (axe NS). On sait que cette mer éocénique est une aire étroite, géosynclinale, enser- rée entre les continents saharien et méditerranéen. Je ne dirai rien de la ])ordure méridionale de ce dernier, sinon qu'on y retrouve la seule trace du rivage de cette mer qui se soit conservée ( '), et que cette bordure a for- tement cheminé en masse vers le Sud. Mais j'indiquerai, en passant, que le promontoire hodnéen se continuait par une sorte d'archipel de hauts-fonds (peut-être avec quelques points émergés), formés par l'Ouennour'a, les monts du Hodna et les massifs éocrétaciques de Batna à Ain Beïda. 11 n'est pas possible de retracer avec la même assurance les limites approxi- matives de la mer correspondant à un étage mésozoïque donné. Mais si l'on figure sur une Carte le contour externe actuel des grands affleurements de terrains primaires, aujourd'hui suffisamment connus, du Sahara, on s'aperçoit que c'est à peu de chose près la limite de la grande transgression albocénomanienne. Cette ligne présente les mêmes caractéristiques que le littoral landénien et que le littoral actuel : une partie OE, depuis le cap Noun ( Maroc) (") juscjue vers les dayasd'épandage de l'I )uad Khebiz; une partie NS de ce point au Tademaït (devant In-Salah); puis une nouvelle (') C'est le massif jurassique de Saida, que -M. Gaiiliei' appelle la Meseta ora/iaise (Annales de Géogr., iSjuil. 1909). (-) C'est ce que M. Joly appelle le plaleait sleppien (Annales de Géogr., là juil. el i."> oct. 1909). {■^) Cf. J. Savornin, Comptes rendus, i3 nov. 1905. (') J. Savorm.n : Découverte d'un littoral de l'Eocène inférieur (Assoc. franc, pour l'a^anc. des Sciences, Congrès de Cherbourg, 190.J). ("") \nir, eu particulier, les Cartes de M.Brives. l4l2 ACADÉMIE DES SCIENCES. direction OE d'In-Salah au Djebel es Soda, par le nord de Timassinine. En un mot, la zone primaire, cachée sous l'Krg, des dayas du Khebiz, est à comparer, au point de vue paléog;éoi;raphique, avec le cap Bon, et le Tade- maït serait l'homologue crétacique de la petite Syrtc. On peut en elTet ad- mettre, avec quelque vraisemljlance, que la ligne ci-dessus définie est fonction directe de la vraie limite méridionale des mers mésozoïques et qu'elle conserve les caractères généraux de cette limite. Appelons contour n° 3 celle ligne du Tademaït. Si l'on représente sur une môme Carte les contours n°* 1 , 2 et 3, on peut faire les remarques suivantes : Le contour n" 3 limite les grands affleurements de la zone Ae/cvfiien/ie du Sahara. Entre les contours 2 et 3 se trouve un paquet sédimenlaire où ne sont connus en affleurements que les étages mésozoïques (à de rares exceptions ' près, où le substratum primaire est visible) : c'est à cette zone qu'il faut attribuer tectoniquementle nom d^At/as saharien. Elle est formée d'un large faisceau de plis, non exagérés, dont la direction est assez exactement la bissectrice des deux directions orthogonales mises en évidence. Ce faisceau de plis, auquel ne participent que le Jurassique et le Crétacé, et qui date assez exactement de la fin des temps secondaires ( ' ) , se montre encadré par la plate-forme jurassique de Saïda (axe EO) et par la plate-forme créta- cique du Mzab (axe NS). 11 se prolonge quelque peu au Nord-Est, mais submergé parles plis alpins du Tell, ainsi que je l'ai depuis longtemps montré. \\n un mot, ces plissements sont compris entre deux mâchoires d'étau formées par le massif de Saïda et par la Chebka du Mzab, dont les directions sont perpendiculaires entre elles. Tout se passe donc comme si l'Atlas saharien avait pris orogéniquemenl naissance sous l'influence de deux pressions orthogonales venues simultanément du Nord (géosynclinal sud-méditerranéen) et de l'Est (synclinal de l'Ouad-R'ir) . Il faut considérer d'ailleurs que la pression venue du Nord est seule active, l'autre étant passive. Cette observation est aussi à rapprocher du fait, aujourd'hui classique, que les plis hercyniens sont à direction généralement sub-méridienne, dans toute la zone du Touat, du Guir et de l'Atlas marocain. Un tel substratum (') (Quelques mouvements s'y sont produits l'i la (iii du .Tiiiassique et au milieu du Crétacique; mais la structure définitive, dans tous ses grands traits, était acquise au début de rÉogène. SÉANCE DU 1-j DÉCEMBRE I909. ll\l'i avait naLiirellenieiil tendance à imprimer des directions analogues à sa cou- verture de sédiments plus récents. On se rend compte alors que, sur un tel substratum, les sédiments mésozoïques soumis aux pressions originaires du géosynclinal méditerranéen, qui tendaient au contraire à leur imprimer des directions EO, se sont nécessairement plissées suivant la bissectrice de Fac- tion et de la réaction orogéniques dont ils subissaient les elfets. Cette explication convient à l'Atlas sabarien, dont tous les sédiments sont d'origine sub-continentale, mais non à l'Atlas tellien, qui est presque enlièremenl d'origine géosynclinale et par conséquent à plissements beau- coup plus profonds et beaucoup plus intenses, .l'estime d'ailleurs cju'il serait désirable de voir abandonner cette commune appellation A^ Atlas, pour deux systèmes montagneux dont l'orogénie est si dillérente et dont la limite lecloni(jue, bien trancliée, ainsi que je l'ai noté à diverses reprises, ne correspond pas à la limite géograpbique. GÉOLOGIE. — Sur l'inégale répartition de V érosion glaciaire dans le lit des glaciers alpins. Note de M. Em. de Mahto.vxe, présentée par M. Michel Lévy. Le recul des glaciers alpins rend possibles des observations sur les modi- fications apportées à leur lit par les dernières crues. Nous avons cherché par l'étude d'un certain nombre de glaciers des Alpes françaises et suisses, à préciser la répartition des traces d'érosion torrentielle et glaciaire propre, en rapport avec les formes du lit glaciaire. Les résultats de ces observations, interprétés à la lumière des lois physiques du mouvement des glaciers, nous paraissent de nature à éclaircir la queslion si controversée du pouvoir d'éro- sion des glaciers. On remai(|ue presque partout un s^radin abrupt, |ilus ou moins découvert actuel- lement, et un palier relativement plat, i-eeouvert seulement par les plus grandes crues. IjBs stries et cannelures sont relativement rares sur le gradin. Il y a des polis, attri- buables au ruissellement uniforme des eaux de fonte (Mer de Glace, Argentières, La Toui-, etc.). Mais le trait essentiel est la présence de gorges torrentielles, auxquelles certains auteurs (J. Brunhes) ont récemment accordé une grande importance. La po- sition de certaines moraines (Hochlicht, Trift, Grande Motte) nous a convaincu de la possibilité de leur développement sous le front du glacier en recul. Les gorges torrentielles cessent généralement sur le palier. Mais les surfaces striées s'v montrent sur tous les aflleurements rocheux (Kosenlaui, Grindelwald, Fiescli, l4l4 ACADÉMIE DES SCIENCES. Meige). Cdi la aussi qu'on observe les iinachemenls (Giiiulelwalil i. On iic liome de stries el canneluies sur le gradin que là où la pente s'atténue et sur li s bords (Grindeiwald, Mer de Glace). L'érosion glaciaire est donc inconlcstable. mais parait liniilée an |)nlier et aii>. bords du gradin; l'érosion torrentielle est aussi incontestable, mais parait limitée an giadin. L'une tend à un élai-gissement, l'autre à un encaissement et à une régularisation de la pente. Dans quelle mesure ces constalalions faites à l'exlrémité des glaciers sont-elles applicables au travail qui s'opère plus haut? La part de l'érosion glaciaire proprement dite ne peut qu'augmenter vers l'amont avec l'épaisseur de la masse du glacier. Celle de l'érosion torren- tielle doit diminuer jusqu'au névé, où les eaux de fonte ne peuvent plus jouer aucun lôle. On doit donc conclure que le gradin poli et scié de plu- sieurs gorges est une forme de front glaciaire. Les stationnements des gla- ciers de la période pléistocène pendant leurs phases de recul expliquent l'existence de formes semblables en de nombreux points des vallées aljiines. Mais il est évident qu'on ne saurait faire dériver tout l'ensemble des formes glaciaires du processus observé à l'extrémité des glaciers actuels et impliquant une collaboration des érosions glaciaire et torrentielle. La répartition des traces d'érosion glaciaire propre est intéressante à préciser. Si l'on étudie en détail la distribution des stries, cannelures el arrachements, comme on peut le faire à Grindeiwald, Fiesch et aux Bois, on reconnaît que leur densité augmente à chaque atténuation de pente, à l'amont et sur les bords de chaque étranglement. Quelques faits, observés en pénétrant dans des grottes naturelles ou artificielles, donnent un élément d'explication. La masse de glace ne porte pas partout sur son lit, en particulier sur les gradins (iMer de Glace, Fiesch. Glacierdn Rhône). D'une manière générale, le contact devient plus intime à chaque atténuation de pente; il tend à se relâcher à chaque augmentation de pente, l^a présence ou l'absence de moraine de fond est aussi en relation avec la pente du lit. Elle est plus épaisse là où la pente diminue; elle peut manquer com- plètement sur les fortes pentes (Glacier du Hhône. Mer de Glace). Le manque de contact entre la glace et la roche el l'absence de moraine de fond sur le bord d'un gradin a déjà été constaté (Vallol aux Mottets) et a pu faire conclure par une généralisation injustifiée à l'invraisemblance de l'érosion glaciaire. V.n réalité il ^ a là une explication de la répartition des stries el des cannelures. Peut-on en tirer des conclusions sur ce qui se passe dans toute l'étendue du lit glaciaire ? La jonction des crevasses de fond cl de surface cl les (l(''laiil> d adln-icuce SÉANCE DU 27 DÉCEMBRIÎ 1909. 1/4 l5 considérable qu'on remarque vers la langue terminale sont dus évidemment en partie à la fusion. On peut admettre cependant qu'il y a sur toute l'éten- due du glacier des inégalités d'adhérence au lit notables. On en a eu la preuve lors de la catastrophe du glacier de Tète-Rousse. La loi d'inégale répartition de l'érosion glaciaire, dégagée par rol)servation des lits gla- ciaires récemment abandonm'-s, peut donc éti'e considérée comme \alable pour toute l'étendue du lit d'un glacier alpin, à moins que d'autres facteurs (pente, vitesse, etc.) ne tendent à faire varier en sens contraire le phéno- mène. Nous montrerons dans une prochaine Note qu'il n'en est rien et que les lois physiques du mouvement des glaciers sont d'accord avec la loi empi- rique tirée de nos observations. Ces considérations théoriques nous per- mettront de montrer : dans la négation absolue de l'érosion glaciaire, un paradoxe mécanique ; dans l'exagération de sa puissance, une impossibi- lité mécanique aussi frappante; et, dans la théorie de l'érosion glaciaire différenlielle, l'expression la plus vraisemblable du travail des glaciers alpins sur leur lit. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — Sur l' hydrogéologie tunisienne. Note de M. E. ]\oËc, présentée par M. Wallerant. Les données fournies par la Météorologie, la stratigraphie et la tectonique permettent de diviser la Tunisie en régions hydrologiques à caractères d'ailleurs non absolus, et séparées par des zones de passage. Ce sont les régions : 1° du Nord (Kroumirie, Béjaoua, Hédils, Mogods); 2" de la Dorsale tunisienne et annexes, avec à l'Est celle du cap Bon; 3° la région des Plateaux, au sud de la première et sud-ouest de la deuxième, séparée de la première par une large zone de passage; 4° celle des chaînes subsahariennes et sahariennes; ;')° celle de la Plate-Forme du Sahel. 1° Cette première région possède la plus foi le chute de pluie : presque limitée qu'elle esl au Sud par la courbe de 600'"'" de chute annuelle ( '). AJ'évaporatiori y est aussi moindre que dans les autres, par suite tie la tem|>èratiire moins haute et de la coïncidence, avec l'hiver, du niaxiimim de pluie. Eaux du Sénonien (massifs calcaires parfois dissociés), de TEocéne (petites sources des grés inférieirrs, grandes sources des (') Troiaiij' du Senu'ce météorotogù/iie de Tunisie el G. GiTiESTOi», passim. C. H., 1909, 2' Semestre. (T. 149, N" 26.) 187 l'|l6 ACADÉMIE DES SCIENCES. calcaires /liliinuneu.r el des calcschistes noirs auxquels ils passent vers l'Ouest, petites sources des grès éocènes-oligocènes). Région montagneuse faisant suite à la zone lellienne de la province de Gonstantine. Les montagnes sont des flancs de plis ou des crêtes anticlinales pressées, étroites, séparées par des vallées synclinales de même larj^eur avec relais dans la saillie des plis, d'où des lignes de petites sources de versants partout où le démantèlement d'un pli par les érosions dégage un niveau d'eau. Les cuvettes sont couvertes, en général, d'ar- giles, d'où des nappes captives longues et étroites alimentées sur presque tout leur pourtour, d'où forte réaction sur les niveaux hydrostatiques des crêtes voisines et existence aux contacts de nombreuses sources des calcaires sous-jacenls (sources de Heja, Aïii-Hliiria, etc.). L'abondance des pluies rend les eaux peu minéralisées. L'étroitesse des massifs, provenant ^oit de celle des plis, soit de la dissociation des terrains, lait que les sources sont peu abondantes, bien que nombreuses, exception faite pour des sources sortant de calcaires, dans des vallées d'érosion transversales aux plis, plus fréquentes dans celte région que dans les autres ( Aïn-Lereus, Aïn- Bricka). Dans les Mogods .{Bizerte, Mateur), on observe déjà le régime de dômes et de cuvettes de la Dorsale. 2° Celle région renferme la chaîne lli^continue de dûmes que l'on appelle Dorsale tunisienne du Bou-Kournine au Bargou. A l'Est et au Sud-Est, elle offre des massifs à couches moins inclinées descendant veis la mer; à l'Ouest et au Nord-Ouest, de petits dômes iiilerférant avec des cuvettes. A l'ouest et au nord-ouesl du Bargou se trouve une zone d'ondulations plus allongées avec contacts anormaux (Cheid, Lorbeus, etc.) faisant passnge à la piemière. C'est un pays non plus de crêtes anticlinales longues et étroites, mais de dômes courts, avec parfois des contacts anormaux importants, interférant avec des cuvettes plus larges qu'eux : pays de plaines portant par endroits des massifs montagneux souvent très saillants. La chute de pluie, moindre ((ue dans la première (de 4o™"' à 5o""") produit une minéralisation moyenne plus forte. Les érosions sont aussi moins intenses : les cours d'eau contournent en général les dômes. Ces massifs sont très souvent formés à la surface de calcaires fissurés à pendages périclinaux égaux ou supérieurs à la pente du terrain, d'où souvent perte de leur eaux en profondeur sous les argiles étalées des cuvettes; d'où des nappes captives importantes à alimentation divergente, mais dont les profondeurs deviennent, par l'inclinaison des couches, très vite considérables et même inaccessibles (environs de Tunis, Laghouan, etc.). Parfois la réaction des eaux profondes sur les infdlralions est suffisante pour produire des sources importantes, grâce encore à une fissuration locale (Laghouan, Djoukkar). 3° J'ai donné à celte région plissée comme les autres (voir le' schéma de \L Pervin- quière) le nom de Région des Plateaux, par suite de la diminution du pendage moyen. L'altitude moyenne considérable et le niveau de base assez bas offert à l'érosion des cours d'eau produisent de vastes massifs élevés avec fronts d'érosion étendus. Cette région est ondulée d'après le système des dômes et des cuvettes; mais les pendages sont souvent inféficurs à la pente du terrain et produisent, même dans la région des Kalaals, une véritable inversion du relief, d'où des affleurements de niveaux d'eau et des lignes de sources. Ce pays, bien que plissé, présente donc les caractères hydro- logiques d'une région de plateaux. Ce territoire, crétacé et tertiaire, est traversé par SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE I909. 14' 7 des alignements courts et discontinus de dômes infia-crétacés avec pendages péricii- naux en général supérieurs à la pente du terrain, d'où perte de leurs eaux en profon- deur et alimentation divergente d'une nappe captive infra-crétacée, et même séno- nienne sous le Tertiaire. Pluies inférieures à celles de la première; neige assez fréquente, d'où coefficient moyen d'infiltration supérieur. Périmètres d'alimentation souvent étendus, d'où sources nombreuses et importantes, mais plus minéralisées que dans la deuxième et surtout la première région (Maktav, Thala, Kasserine, Sbiba). Dans la partie Sud, on trouve déjà de grandes sources ascendantes oflTrant, outie leur alimentation rappro- chée des eaux à provenance plus lointaine, telles les sources de Sbeitla. 4° J-a déviation vers l'Est des plis de l'Aurès produit une série de rides en général crétacées, d'où des anticlinaux et synclinaux comme dans le Nord, plutôt que les dômes courts de la Dorsale. La dillerence vient des pendages moindres et des largeurs supérieures des plaines synciinales entre ces plis. De cette disposition résulte l'existence des oasis, témoins de nappes captives importantes, pouxant renfermer une partie des eaux perdues en profondeur dans les premières zones. h" Région de terrains détritiques récents, presque horizontaux. Sources très rare», sinon absentes; aucune érosion n'est suffisante pour atteindre le niveau hydrostatique, par suite du manque de relief, de la faible pluviosité et de l'évaporation considérable. Eaux phréatiques profondes, minéralisées, calcaires, magnésiennes, sulfatées, relative- ment douces dans les sables. Des bandes de moindre minéralisation existent sur le littoral, dans la molasse pliocène (Teboulba) ou les dunes (Sousse, Monastir). Le niveau hydrostatique, déprimé en bordure des montagnes ( Pervillier 1, suit, en les atté- nuant, les formes du terrain et se relève sur la côte jiar la réaction de la mer. MÉTÉOROLOGIE. — Sur la dynamique des rariafions c/ima/K/ues. Note de M. He.vryk Arctowski. Après avoir transcrit les températures moyennes des années 1891 à 1900 d'après toutes les sources qui m'étaient accessibles, et après avoir éliminé les séries non homogènes, j'ai dressé des Cartes représentant la distribution géographiciue des écarts des moyennes de chacune des années par rapport aux moyennes des 10 ans. J'appelle thermupleions ou simplement pleions les aires occupées par des écarts positifs et anti-pleions celles des écarts négatifs. Les pleions et les anti-pleions sont délimités par la quasinormale des écarts nuls. Les pleions représentent des inflexions des isothermes vers les pôles, les anti-pleions traduisent au contraire une descente locale et anormale des isothermes, vers l'équateur. l4l8 ACADÉMIE UES SCIENCES. Tl existe des corrélations et dans le temps, et dans l'espace. Les pleions se niainliennenl en effet pendant (juekjues années puis ils se déplacent. Lorsqu'on compare les Cartes entre elles, et plus spécialement celles delà Russie d'Europe et d'Asie, onconslale que les choses se passent tout comme s'il s'agissait d'interférences d'immenses ondes de surplus ou de déficit de chaleur. Il semble que, pour le monde entier, les années sont exceptionnellement chaudes ou froides suivant que ce sont les pleions ou les anti-pleions qui sont conjugués. Ainsi l'année 1893 a été une année froide. L'année 1900, par contre, a été une année trop chaude. La température de l'atmosphère terrestre a été d'au moins | degré plus élevée en 1900 qu'en iSgS. Un fait tout à fait remarquable est que ni les Alpes, ni le Caucase, ni les Montagnes Rocheuses ne forment de barrières naturelles aux déplacements des pleions. De même les écarts annuels notés dans l'Inde forment suite à ceux de la région transcaspienne. Il est certain de la sorte que le siège des variations climatiques de même signe s'étend suivant toute l'épaisseur de l'atmosphère accessible aux investigations directes. J'examine à présent les marches des déplacements des pleions et j'espère pouvoir découvrir une méthode de recherches à l'aide de laquelle il sera possible de prévoir, avec une grande probabilité de réussite et quelques mois à l'avance, les anomalies climatiques des saisons. Je poursuis cette étude en connexion avec celle des récoltes. VI. L. ScuLussEL adresse un Mémoire intitulé : Equations générales de la répartition des charges de roue dans les voies ferrées. (Renvoi à Fexamen de M. Léauté.) M. P.-J. Lang adresse une Note de Navigation aérienne. M. E. Etévé adresse une Note Sur l' Autorotation. (Renvoi à la Commission d'Aéronautique.) SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE iç^nQ. l4'9 M. Hesli.n'g adresse une Note relative à la Construclioii d'un appareil permettant à un explorateur de prouver matériellement qu'il a atteint le pôle. La séance est levée à 4 heures trois quarts. PI). V. T. BUI.I.ETIM BIBMOGRAPHKjUE. Ouvrages reçus dans la séance du 6 décembre 190g. Rapport sur tes travaux exécutés en 1908 pur le Service liÉouRAPHiQLE de l Armée. Paris. Imprimerie du Service géographique de l'Armée, 1909; i fasc. in-4''. ( OfVert par M. le Ministre de la Guerre.) Japanesc Shippiug, ancieiit and modem : iMercantiie Bureau, Depailnienl of Communications. Tokio, 1909. Texte, i fasc. in-12 oblong. Allas de planches, i vol. in-8° oblong. Reliés en étod'e japonaise, dorés sur tranches, contenus dans un étui. (Présenté par M. Berlin. Hommage du vice-amiral baron M. Sailo, Ministre de la Marine japonaise. ) Elemente der ttesteinsleltre, von H. Rosenbusch. mit 107 Figuren und 2 Tafeln ; dritte, neul)earbeitete Aullage. Stutlgard, E. Sweizeriiart, 1909; i vol. in-S". (Hom- mage de l'auteui'. ) Etudr monographiiue des Tahanides d' Afrique ( gioupe des Tabanus), par .l.-M.-R. Sum.ouF, avec le concours de Miss G. Ricardo; avec 3 planches en couleurs, 26 figures dans le le\te et 11 cartes. Paris, Masson et C'=, 1909; i vol. in-'i". (Présenté par M. Bouvier.) Une série de Mémoires de M. G.-D. Hinrichs, relatifs principalement à la Détermi- nation des poids atomiques. 3 vol. et 4 fasc. in-S". ( Présenté par M. Lemoine. Hom- mage de l'auteur.) Traité d' Hygiène infantile, par le D'' G. Variot, avec 137 figures dans le texte. Paris, Octave Doin et fils, 1910; i vol. in-4°. [Présenté par M. Afrmand Gautier, pour le concours du prix Montyon (Médecine et Chirurgie) de l'année 1910.] Réflexions sur les volcans et les tremblements de terre, par le D'' F. Jousseaume. Paris, A. Maloine, 1909; 1 vol. in-8°. (Hommage de l'auteur.) Estudio fisicoquimico y bio-quimico de las materias colorantes organicas arlifi- l420 ACADÉMIE DES SCIENCES. ckiles, por Horacio Damiasovicu. Buenos-Ajres, 190g; 1 vol. 111-4°. (Hommage de l'auteur.) The American Society of Médian ical Engineer : Transactions, l. XW : Détroit meeting. New York meeting, igo8. J\ew-York, 1909; i vol. iii-S". Ouvrages reçus dans la séance uu i3 i)éce.mbrë 1909. Noiicelle cpliéméride de la planète Erns pour l'opposition de 1900-1901, par M. I. Lagawuiî. s. I. n. d. 1 fasc. in-4°. (Présenté par M. Baillaud.) Atlas général de i Indo-Chine française. Atlas de Chabeht-L. Gallois, contenant 169 cartes ou plans, avec une Préface de Cl.-E. Maître. Ilanoï-ilaïphong, Impri- merie d'Extrènie-Orient, 1909; I volume in-f°. (Présenté par M. Lannelongue, pour un des Concours de l'année 1910.) Cucier et Geoffroy Sainl-Hilaire, d'après les naturalistes allemands, par E.-L. TitoiiESSART. Paris, Mercure de France, 1909; i fasc. in- 13. (Présenté par M. Baillaud. Hommage de l'auteur.) Contribution à l'étude des perles /ijies, de la nacre et des animauj' rjui les pro- duisent^ par le D' Rai'Haël Dubois; avec 10 figures dans le texte et 4 planches hors texte, dont une en couleurs. Paris, J.-H. Baillière; Eyon, A. Rey, 1909; 1 fasc. in-8". (Hommage de l'auteur.) OUVIIAGKS reçus DANS LA SÉANCE DU 27 DÉCE.flBRE I909. Misure di slellc doppie exeguite nel realc Osservalorio di Brera in Milano, col refrattore di otio pollici di Merz, negli anni 1875-1900, da G.-V. Scuiaparelli. Milan, Ulrico Hoepli, 1S88-1909; 2 vol. in-4°. (Hommage de l'auteur.) Sur quclijues (juestions intéressant l' hygiène de la Boulangerie et, en particulier, sur les avantages du pétrissage mécanique, par M. le D'' A. Laveran, Membre de l'Institut. (Préfecture de Police. 2° Division. Conseil d'Hygiène publique et de Salu- brité du département de la Seine.) Paris, imp. Cliaix, 1909; 1 fasc. in-8''. (llonimage de l'auteur.). Rayons A' et radiations diverses, actions sur l'organisme, par M. H. Guilleminot, avec figures dans le texte. Paris, O. Doin et fils, 1910; i vol. in-12. (Présenté par M. Bouchard.) Les plans cadastraux et la triangulation générale de la France, par Cm. Lalle- MAND. Paris, typ. A. Davy, s. d.; i fasc. in-S". (Hommage de l'auteur.) SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1909. l/jS! L' Aviation^ Conférences faites en 1909 à la Société d'Encouragement pour l'In- dustrie nationale, par M. le Commandant Paul Renard, l'aris, H. Dunod et E. Pinat, 1909; t vol. in-4°. (Hommage de l'auteur.) Oscillations de lacet des véhicules des chemins de fer, par Gkorges Maiiié. ( Extr. des Annales des Mines, i"^ semestre 190g.) Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1909; t fasc. in-8°. (Hommage de l'auteur.) Etude ixnnplénientaiie sur la slahilité du matériel des chemins de fer. Théorie des déraillements, profd des bandages, pai- Georges Marié. ( Extr. des Mémoires de la Société des higénieurs civils de France: Bulletin de mai 1909.) Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1909; i fasc. in-S". (Hommage de l'auteur.) Sur Vonlogenèse de l'Insecte, par Charles Janet. Limoges, Ducoutrieux et Goût, 1909; 1 fasc. in-8°. (Hommage de l'auteur.) Théorie de la contre-marée, par le D'' CosiE de Lagrave. Paris, A. Maloine, 1909; I fasc. in-i2. Statistique sanitaire de la France; 1' Partie. Communes de moins de oooo habi- tants et France entière; année 1907, deuxième année. (Ministère de l'Intérieur. Di- rection de l'Assistance et de l'Hygiène |)ubiiques, 5" Bureau.) Melun, 1909 ; l vol. in-S". Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 85" année, 1909. Epinal, Ch. Huguenin; l^aris, Emile Chevalier, 1909; 1 vol. in-8°. Sleeping sickness Bureau. Bulletin n° l'2, 1909. Londres, Royal Society; i fasc. in-8". Revista de la lieal Acadeniia de Ciencias exactas, fisicas y naturales de Madrid : lomo Vni, niims 1, 2 y 3. Madrid, tgog; i fasc. in-8". Acta et Commentationvs Irnp. Universitatis Jurievensis (olini Dorpatensis) ; n"" 1-8. Juriev, 1908; 8 faso. in-S". Journal of the Collège of Science, Impérial Unirersity of Tokyo; Vol. XXVI, art. 2; Vol. XXVII, art. 3 and a. Tokio, 1909; i vol. et 2 fasc. in-8°. l422 ACADÉMIE DES SCIENCES. RRRA TA . (Séance annuelle du 20 décembre 1909.) Rapport de M. E. Peiner, Sur le Grand Prix des Sciences physiques : Page 1222, ligne li, au lieu f/e Jusqu'au milieu du xix'" siècle, /isez « Jusqu'au milieu du xix" siècle, dit M. Thévenin. Même page, ligne 23, au lieu de Enchirosaurus, lisez Euchirosaurus. Page 1223, ligne i If, fermer les guillemets après le mot conclusions. Même page, ligne 25, au lieu de Prolriton-Faydi, lisez Prolriton Fayoli. Page 1224, lignes 8 et 21, au lieu de Enchirosaurus, lisez Euchiiosaurus. Même page, ligne 3i, au lieu de rapporte, lisez y rapporte. Page 1225, ligne 2\, au lieu de (dont j'indique...), lisez (dont il indique...). Même page, ligne 34, nu lieu de sous les Dimetrodon et JYosaurus. lisez sont les Dimetrodon et J\aosaurus. Page 1226, ligne 23, au lieu de arrètention embrvogénique, lisez accélération em- bryogénique. FIN DU TOME CENT-QUARANTE-NEUVIEME. COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. TABLES ALPHABÉTIQUES. JUILLET — DECEMBRE 1909. TABLE DES MATIERES DU TOME 149. Pages. Absorption. — Voir Phosphorescence. Académie. — M. le Président annonce à l'Académie que, le lundi i6 août étant jour férié, la séance est ren- voyée au mardi 17 août 377 — • M. le Président annonce qu'en raison de la séance publique solennelle des cinq Académies, la séance du lundi 25 octobre est reportée au mardi 26. 621 ■ — • M. le Président annonce à l'Académie qu'en raison des fêtes de la Tous- saint la séance du lundi i" no- vembre est renvoyée au mardi 2 no- vembre 649 — M. le Président annonce à l'Académie que la séance publique annuelle aura lieu le lundi 20 décembre à I heure. IIOI — M. Armand Gautier est élu Vice- Président pour l'année 1910 i344 — M. le Ministre de l'Instruction pu- blique adresse ampliation d'un dé- cret augmentant le nombre des As- sociés étrangers de l'Académie des Sciences I025 — M. le Secrétaire perpétuel annonce à l'Académie que le Tome CXLVfl des Comptes rendus, second semestre r. K., igog, 2- .Semestre. (T. 149.) l'iiges. 1908, est en distribution au Secré- tariat 433 — M. le Ministre de l'Intérieur invite l'Académie à désigner l'un de ses membres pour faire partie du Con- seil d'Administration de \3. Fonda ion Carnegie. M. G. Darbou.v est désigné. 386 Voir Commission administrative, Com- missions, Congrès, Décès, Elections, Monuments, Solennités scientifiques. — M. le Président exprime les sentiments de l'Académie à l'occasion de la mort et des obsèques de M"^ Dodu. 709 Acides. — Catalyse des acides formé- niques; par M. J.-B. Senderens . ... 2i3 — Sur les dérivés diiodés d'addition des acides gras supérieurs de la série C« H-"-' 0-; par MM. A. Arnaud et 5. Pasternak 220 — Sur de nouvelles trialcoylacctophé- nones et sur les acides trialcoyla- cétiques qui en dérivent, par MM. .4. Haller et Edouard Bauer 5 — Sur quelques dérivés de l'acide hexa- hydro-oxybenzoïque ; par M. P.-J . Tarbouriech 6o4 Voir Aldéhydes, Carbures d'hydrogène. 188 ' c?J^f^ 1/(24 TABLE DES Pages. Chimie physique, Chimie végétale, Cryoscopie, Fermentations. Aciers. — Dosage de l'oxyde de carbone dans les aciers; par M. E. Goûtai. . . il 29 — Sur la séparation du vanadium, du mo- lybdène, du chrome, du nickel dans les aciers spéciaux; par M. Emm. Pozzi-Escot I l3i — Propriétés électriques des aciers (résistivité et thermo-électricité); par M. Hector Pécheux 1062 Voir Chimie inorganique (Fe). Acoustique. — Voir Courant alteinatij, Téléphone, Vibrations. Acoustique physiologique. — Etude des vibrations laryngiennes; par M. Marage g36 Voir Voix. AÉRODYNAMIQUE. — Etude delà poussée de l'air sur une surface; par M. A. Râteau 260 — Formules pratiques pour le calcul des hélices aériennes; par M. Drze- wiecki 5o6 Voir Aviation. AÉRONAUTIQUE. — M. le Président exprime les sentiments de l'Acadé- mie en présence des deuils cruels qui se succèdent dans l'Aéronautique et l'Aviation 54 1 Agronomie. — Le ralentissement de l'assimilation végétale pendant les temps couverts; par MM. .1. Miintz et H. Gmidechon 190 Voir Botanique, Cultures, Greffe, Mi- néralogie, Physiologie végétale. Albuminoïdes . — L'hydrolyse fluor- hydrique des matières protéiques : nouveaux résultats; par MM. L. llugonnenq et A. Moreî 41 Alcaloïdes. — Synthèse de la papa- vérine; par MM. .Amé Pictel et .4. Gams 210 Alcools. — Condensation de l'alcool iso- propylique avec son dérivé sodé; formation du méthylisobutylcarbi- nol et du diméthyl-2.4-heptanol-6; par M. Marcel Guerbel 129 — Sur quelques réactions de l'anthranol ; par M. Robert Paâova 217 — Sur quelques dérivés du butanetriol- 1.2.4; par M. Pariselle 296 — Sur les isoméries sléréochimiques de l'hexine-3-diol-2. 5 ; par M. MATIERES. Pages. Georges Dupont i38l Voir Chimie végétale, Cyclohexane, Fermentations. Aldéhydes. — Sur l'oxydation des aldé- hydes par l'oxyde d'argent ; par MM. Marcel Delépine et Pierre Bonnet. . 89 — Sur l'acétal éthylique de l'aldéhyde tétrolique; par M. P.-L. Viguier... 4o3 — Nouvelles méthodes générales de synthèse des aldéhydes aromatiques ; par M. A. Guyot 788 — Sur quelques nouvelles synthèses de la vanilline ; par MM. A. Guyot et ^1. Gr;/ 928 Voir Chimie végétale. Algèbre. — Sur une identité dans la théorie des formes binaires qua- dratiques; par M. Démétrius Gravé. 770 Voir Équations algébriques. Équa- tions numériques. Aliments. — Voir Biologie végétale, Congrès, Fermentations, Lait, Mé- langes doubles. Technologie, Ultra- violet, Vin. Alliages. — Sur les propriétés élec- triques des alliages aluminium- cuivre; par M. TV. Broniesvski 833 — Sur les alliages de nickel et de cuivre; par M. Em. Vigouroux 1378 Voir Points de transformation. Allotropie. — Sur les états allotro- piques du phosphore ; par M. Pierre Jolibois 287 Voir Chimie inorganique (Se). Altitude. — Sur la déshydratation de l'organisme par les voies pulmo- naire et cutanée, et ses variations avec l'altitude; par MM. H. Guille- mard, R. Moog et G. Régnier Ii5i Amides. — Propriétés acides des amides halogénées. Migration d'Hofmaun; par M. Charles Mauguin 790 Amphibiens. — Sur les Amphibiens du genre Euproctus Gêné; par M. Louis Roule 1092 Analyse harmonique. — Analyse harmonique et résonances; par M. Henri Abraham 204 Analyse mathématique. — Voir En- sembles, Équations aux différences finies, Équations différentielles. Équa- tions fonctionnelles, Groupes, Séries, Surfaces algébriques. TABLE DES MATIEKES. • 425 ANATO.MIE. Pages. — Sur la structure de l'amygdale pha- ryngienne des Crocodiliens [Croco- ililus crocodilun Linn. et Crocodilus palustris Less) ; par M. L. Papiii ■ . . Voir Cœur, Morphologie. Anatomie végétale. — Sur les pédi- oelles floraux; par M. Henri Lecomle. Voir Cullures. 62 933 Annélides. — Sur la valeur paire de parties impaires et surladissymétrie de parties paires, d'après des Sylli- dieus en stolonisation et en régéné- ration; par M. Aug. Michel 161 Antitoxines. — Propriétés antirabiques de la substance cérébrale; par M. .4. Marie 234 Arc. — Sur les conditions de stabilité de l'arc de Poulsen; par M. C. Tissot. 28 1 Voir hlectrochiiiiie, PItotochimie, Ul- traviolet. Argenture. — Sur un mode de protec- tion de l'argenture des miroirs ; par M. .4. Perot 725 Ascidies. — Le stolon génital des Diplo- somes ( Ascidies 'composées ) ; son évolution au cours de la régression partielle et de la displanchtoinie des ascidiozoïdes; ^at }A. Antoine Pizon. 3o5 ASTRONOMIE. Pages. — Sur la détermination des déplace- ments de l'axe de rotation des lu- nettes méridiennes; par M. Maurice H ami) — Sur un moyen de soustraire les hor- loges astronomiques à l'influence des variations de la pression atmo- sphérique ; par M. G. Bigourdan . . . Voir Argenture, Comètes, Étoiles, His- toire des Sciences, Lune, Longitude. l85 753 Attraction liniverselle. — Détermi- nation nouvelle de la constante newtonienne ; par M. V. Cré- mieu 700 Voir Géodésie. Aviation. — M. le Président exprime les sentiments de l'Académie à pro- pos des événements qui ont eu pour théâtre les plaines de la Champagne pendant la grande semaine d'avia- tion de 1910 445 — Recherches sur le vol de l'Insecte; par M. L. Bull 942 — Sur le volant des moteurs d'aviation; par M. L. Lecornu iSSg Voir Aérodynamique. B BACTÉRIOLOGIE. — Influence de la réaction des milieux sur le développement et l'activité protéolytique de la bactéridie de Davaine; par M"^ Eléonore Lazarus. — Sur les spirochètes salivaires; par M. Gabriel Arthnud Voir Cinématographic, Fermentations, Pathologie végétale. Stérilisation, Tu- berculose, Ultraviolet, Vin. 423 1409 Bahomètee. — M. J . Carpentier présente plusieurs modèles d'un baromètre isotherme du marquis de Montri- chard 1028 BIOLOGIE. Voir Embryogénie, Insectes. Biologie végétale. — Fixation de la mutation gemmaire culturale du Solanum maglia : variation de forme et de coloris des tubercules mutés ; par M. Edouard Heckel 83 1 Voir Botanique, Flore tropicale. Greffe, Hybridation, Parthénogenèse, Variations. Biométrie. — Etude biométrique des pépins d'un V'i(i.s vinifera franc de pied et greffé; par M. P. Seyot. ... 53 BOTANIQUE. Botanique. — Les tourbières de rochers de l'Afrique tropicale; par M. Aug. liiaô TABLE DES MATIERES. Chevalier Sur la croissance des Fucus; par M. P. Hariot De l'action des eaux minérales sur la striation et la forme des valves des Diatomées; par M. A. Lauby . . Sur un Trèfle f Trifolium pralense L.) fécondé par les Abeilles; par M. G. Martinet Sur la formation des chromosomes hétérotypiques chez VAsphodelus microcar pus ; par M. A. Maige. . . . Sur la fécondation chez les prothalles Pages. l34 352 529 632 1084 l'ages. de Filicinées; par M. G. Perrin 1086 Voir .Agronomie, Anatomie végétale, Biologie, Biométrie, Caoutchouc, Champignons, Chimie végétale, Cul- tures, Flore tropicale, Paléontologie végétale. Pathologie végétale. Physio- logie végétale. Tourbe. Bulletin bibliographique. — 174, 327, 431, 441, 470, 492, 519, 540, 578, 620, 706, 751, 954, 1097, 1419. c Caisse des Recherches scientifiques. — M. le Secrétaire perpétuel présente à l'Académie les « Rapports scien- tifiques sur les travaux entrepris en 1908 au moyen des subventions de la caisse des Recherches scien- tifiques » 709 Calorimétrie. — Propriétés thermiques de l'azotate d'argent; par M. Guin- chant 569 Voir Chimie physique. Thermochimie. Camphre. - — Sur quelques produits de condensation du camphre; par M. Marcel Guerbet gSl Cancer. — Etudes sur le cancer des Souris. Relations entre la greffe de tumeur, la gestation, et la lactation ; par MM. L. Cuénol et L. Mercier. . 1012 Caoutchouc. — Observations biolo- giques sur l'arbre à caoutchouc du Tonkin ( Bleekrodea tonhinensis ) ; par MM. Eberhardt et M. Dubard. . 3oo Carbonates. — Sur les carbonates ■ neutres de rubidium et de caesium ; par M. de Forcrand 97 Errata relatifs à cette Communication. 420 — Sur les bicarbonates de rubidium et de caesium; par M. de Forirand. . . 719 — Sur les carbonates acides alcalins ; par M. de For, rand 825 CaI^bures d'hydrogène et leurs DÉRIVÉS. — Sur quelques dérivés éthyléniques à fonction azotée; par M. G. Busignies 348 — Essais de benzidination dans les séries du diphényle, du diphényl- méthane et du diphényléthane; par M. H. Duval 401 — Sur l'hexahydrophénylacétylène et l'acide hexahydrophénylpropiolique; par MM. G. Darzens et Rost 681 — Sur quelques dérivés du dicyclohexyl- Il3 phénylméthane ; par M. Marcel Godchot 1 1 37 Voir Chimie végétale. Colorants, Ter- pènes. Catalyse. — Voir Cétones. Cétacés. — Le Mesoplodon de la Hougue (2 novembre 1908); par M. Anthony 461 Cétones. — Synthèse d'acétones grasses non saturées; par MM. F. Bodroux et F. Taboury 4*2 — Préparation catalytique des cétones grasses dissymétriques; par M. J.-B. Senderens 995 — Sur deux Ji-dicétones hexaméthylé- niques isomériques; par M. G. Léser. 1080 Voir Acides. Champignons. — Remarques sur l'évo- lution nucléaire et les mitoses de Vasque chez les Ascomycètes ; par M. A. Guilliermond 35o — Sur l'existence de sclérotes chez une Mucorinée ; par M. Fernand Guéguen 868 — Sur la vie des Champignons en milieux gras; par M. A. Roussy .... 482 Voir Insectes, Levures, Présure, Ul- traviolet. CHIMIE AGRICOLE. Les effets thermiques de l'humecta- tion des sols; par MM. A. MiXntz et TABLE DES MATIERES. Pages. H. Gaudechon 877 Les enduits de revêtement des parti- cules terreuses; par M. J. Dumonl. . 1087 CHIMIE ANALYTIQUE. Examen des essences de térében- thine ; par MM. P. Nicolardot et Louis Clément 672 Dosage de l'azote nitrique par réduc- tion à l'aide du système aluminium- cuivre; par M. Emm. Pozzi-Escol . . Procédé de dosage rapide et direct de l'aluminium métallique ; par M. E. Kohn-A brest Sur l'analyse des nlobites et tanta- lites; par M. G. Chesneau 11 32 Voir Aciers, Mélanges doubles, Spec- Iroscopie, Thermochimie. i38o 399 CHI.MIE BIOLOGIQUE. Voir Fermentations. CHIMIE INORGANIQUE. Ag. Voir Ir, S. Al. Voir Alliages, Chimie analytique. Phosphorescence, Spectroscopie. As. Voir Cryoscopie. Au. Voir Minéralogie. Ba. Voir Ir, Spectroscopie. Bi. Voir Dissociation. Br. Voir Sn, Th. C. Voir Aciers, Carbonates, Fe, S, Dissociation, Explosifs, Houille, Lait, Magnétisme, Minéralogie, Plis ca- chetés. Ultraviolet. Ca. Voir Fermentations, Spectroscopie. Cl. Voir Ir, Si, Th, Cryoscopie, Poids atomiques. Cr. Voir Aciers. Cs. Voir Carbonates, Rb. Cu. Voir Alliages. Fe. Sur la cémentation du fer par le carbone dans le vide; par MM. Léon Guillel et Charles Grifpths laS Voir Aciers, Minéralogie. Sur les phosphores de fer; par MM. Le Chatelier et S. Wologdine , 709 1427 Pages. — I. Voir Sn. — Ir. Sur les iridodisulfates métal- liques; par M. Marcel Delépine. . . . 785 — Chloroiridates et chloroiridites d'ar- gent et de thallium; par M. Marcel Delépine 1072 — K. Voir /;•, Radioactivité, Sulfate. — Mo. Voir Aciers. — N. Voir Chimie analytique. Chimie physique, Explosifs, Sulfates. — Na. Voir Ir, S, Cristallographie. — Nb. Voir Chimie analytique. — Ni. Voir Aciers, Alliages. — G. Voir Eleclrochimie, Magnétisme, Mars, Oxydases, Photochimie. — P. Voir .Allotropie, Fe, Th, Chimie végétale, Cryuscopie, Lait, Thermo- chimie. — Pb. Voir Sulfates. — Pt. Sur la décomposition du tétra- chloroplatinate argentique par l'eau et la préparation du platine fulmi- nant; par M. Jules Jacobsen 574 — Rb, Cs. Sur les hydrates de rubi- dine et de csesine; par M. de For- crand l34l Voir Carbonates. — S. Action de la chaleur sur le sulfite d'argent et ses sulfites doubles alca- lins. Formation de dithionate ; par M. H. Baubigny 735 — Action de la chaleur et de la lumière sur le sulfite d'argent et ses sulfites doubles alcalins. Détermination du rendement en acide dithionique; par M. H. Baubigny 858 — Sur la nécessité de préciser les réac- tions. Application à la réduction du sulfate sodique par le charbon; par M. A. Colson 1076 — Dosage de l'acide dithionique et des dithionates; par M. H. Bau- bigny 1069 — Sur la nécessité de préciser les réac- tions; par M. H. Baubigny 1378 Voir Cryosco]>ie, Ir, Fermentations, Sulfates. — Se. Sur les transformations du sélé- nium; par M. Maurice Coste 674 — Si. Sur les chlorures de silicium; par MM. A Besson et L. Fournier .... 34 — Sn. Sur les composés stanniques halogènes mixtes; par M. V. .Auger. 860 — St. Voir Sulfates. iA28 TABLE DES MATIERES. r'af;es. Ta. Voir Chiuiie analytique. Te. Smr une nouvelle méthcKlf d'iso- lemuiil de la terbinc; par M. G. Libain 87 Th. Recherches sur les phosplitates de thorium; par M. .4. Colani.... 207 Sur les hydrates du chlorure et du bromure de thorium ; par M. Ed. Chauvenet 289 Tl. Voir Ir. Va. Voir Aciers. Voir Allotropie, Cryoscopie, GaZy Hy- drologie, Poids atomiques. Terres rares. Volcans. CHI.MIE ORGANtOUE. Voir Acides, Alhiiminoides, Alcools, Aldéli/ifdes, .Imides, Camphre, Car- bures d'hydrogène, Cétones, Chimie analytique , Chimie physiologique , Chimie végétale, Coloratits, Cryosco- pie, Cycles mi.vees, Cyclohe.cane, Dias- tases, Explosi/s, Glucosides, Magné- tisme, Sucres, Térébenthine, Ter- pènes. Thermochimie. CramE PHYSIOLOGIQUE. Sur la composition chimique de la bile de boeuf; par M. A'.-.4. Barbieri. i5o Action du suc pancréatique sur les éthers; par MM. L. Morel et E. Terroine 236 Action du sue pancréatique sur le glycogène, l'amidon et ses compo- sants ; par M""^ Z. Gruzewska et M. Bierry 359 Voir Bactériologie, Diitstmses, Physio- logie, Sang. CHIMIE PHYSKJDE. Changements tautomériques décèles à l'aide du pouvoir potatoire ma- gnétique; par M. P.-Th. Muller et M. Thouvenot 32 ■ Sur la chaleur latente de fusion et la chaleur spécifique de l'acide propio- nique; par MM. G. Massol et M.-A. Faucon 3^5 l'agfs. ■ Constantes culuriniétriqucs et eryo- sropiques du Ijoronaure mercuj'iqae ; par M. Gmnchan' /,7() Sur la forme théorique des courbes de refroidissement des mélanges binaires ; par M. E. Rengade 782 Sur la fornae théorique des courbes de refroidissement des mélanges binaires," cas des cristaux mixtes; par M. E. Rengade 990 £r)-afa relatifs à cette Communication. 1 100 Réactions chimiques dans les gaz soumis aux pressions très élevées : décomposition de l'oxyde d'azote; formation du chlorure de nitrosyl'e ; par MM. E. Briner et .1. Wroczynski . 1872 Sur une démonstration de la règle des phases; par M. Boulouch 449 Sur la règle des phases; par M. J.-A. Multer ' 079 Sur une démonstration de la loi des phases; par M. R. Boulouch 1877 Voir.4ct«-s, Alliages, Allotropie, Chi- mie inorganique {Se, .Su), Combus- tion, Dissociation, Magnéto-optique, Mélanges doubles, Points de trans- formation, Teinture, Térébenthine. CHlMli: VÉGÉTALE. Sur l'éiaberation des niatières phos- phorées et des substances salines dans les feuilles des plantes vivaces ; par M. G. André 45 Présence du diTnétho.xy-2 . 3-méthy- lène-dioxy-4 .5-allyI-l-benzène dans l'essence de criste-marine ; par M. Marcel Delépine 2 1 5 Sur urne base nouvelle retirée du seigle ergoté : l'ergothionéine; par M. C. Tiinrct 222 Sur la recherche du raffinose dans les végétaux et sur sa présence dans deux graines de légumineuses : Erylhrina fus a Lour. et Entada scandens Benth. ; par MM. Em. Bourquelot et M. Bridel ïGi Composition de l'essence de giroîles. Constituants alcooliques; par M. H. Masson 63o Composition de l'essence de girofle. Constituants aWéhydiques et éther; par M. II. Mfts.ion 795 TABLE BES MATIERES, 1429 Pages. — Les phytostérols dans la famille des Synanthérées ; le faradiol, nouvel alcool bivaleut du tussilage ; par M. T.Klobb — Sur V Adeniam Hongkel, poison d'é- preuve du Soudan français ; par MM. Em. Perroi et M. Leprinoe. ., — Influence du l'aiiestliésie et du gel sur le dédoublement de certaims glucosides chez les plantes; par M. L. Guignard — Influence exercée par certaines va- peurs svir la cyanogenèse végétale. Procédé rapide pour la recherche des plantes à acide cyanhydrique ; par M. Marcel M bande Voir Alcaloïdes, Aldéhydes, Chimie analytique, Glucosides, Physiologie végétale. Présure, Siicres. 999 1390 J 40 Chromométrie. — Voir Astronomie, Longitudes. CiNÉMATOGRAPHiE. — La Cinématique de la segmentation de l'œuf et la chronophotographie du développe- ment de rOuTsin ; par M^'® L. CheiTclon et M. F. Vlès 806 — Cinématographie , à l'idtramicro - scope, de microbes vivants et des particules mobiles ; par M. J. Co- manàon. . . . , 9 58 Cœle.ntérés. — Contribution à l'étude du développement des Lucernaridés ; par M. ^^'. Wietrzykotvski 746 — Quelques remarques sur deux Aci- nétiens; par M. B. Collin 1407 Cœur. — Sur les mitochondries des fibres musculaires du cœnr ; par M. €1. Regand. . ■. 426 Voir Immunité. Colloïdes. — Voir Ultraviolet. Colorants. — Nouvelle série de lexjco- bases et de matières colorantes dérivées du diphénylëthène ; par M. P. Lemoult 606 — Sur l'oxydation des diméthylanili- nisatines; par M. Danaila 798 Voir Cycles mi.rtes, Glucosides, Tein - ture. Combustion. — Sur les conditions nécessaires poiir que le platine se maintienne incandescent dans l'in- térietir du brûleur Bunsen: par l'ages. M. Jeam Meunier 924 Comètes. — Observations de la co- mète 1909 a ( Borrelly-Daniel ) faites à l'Observatoire de Marseille (écpiia- torial d'Eichens de o™,26 d'ouver- ture) ; par M. Coggia 197 — Observations de la comète 1909 a (Borrelly-Dauiel) faites à l'Obser- vatoire de Marseille au chercheur de comètes; par M. A. Borrelly . ... 197 — Sur la comète de Ilalley; par M. Ja- velle 663 — Observations de la comète de Halley faites à l'Oliservatoire de Paris; par M. Giacobini 763 — Observations de la comète de Halley, faites à l'Observatoire de Marseille, au chercheur de comètes ; par M. Borrelly 904 — Aménagement du grand télescope de Meudon pour la photographie des comètes. Application à la co- mète de Halley ; par M. H. Des- landres i ici — Note prélùniuaire sur le spectre de la comète de Halley; par MM. f/. Deslandres et A. Bernard i io3 — Observations de la comète de Halley faites à l'ObseiTatoire de Toulouse à l'équatorial Brunner-llenry ; par MM. Montangerand et Rossard. . . . i35i — Observations de comètes faites à l'Observatoire de Marseille (équa- torial d'Eichens de o™,26 d'ouver- ture ) ; par M. Coggia U09 — Observations de comètes, faites à rOiser va taire de Marseille (équa- torial d'Eicliens de o'",a6 d'ouver- ture ) ; par M. Coggia 1 349 — Observations de la comète 1909 e Daniel, faites à l'Observatoire de Marseille, au chercheur de o™,i6 d'ouverture ; par M. Borrelly i35o — Observations de la nouvelle comète 1909 e (Daniel), faites à l'Obser- vatoire de Besançon, avec l'équa- torial coudé; par M. P. Chofardet. . i35o Commission administrative. — MM. Maurice Levy et Bornel sont élus Membres de la Commission administrative pour l'année 1910. l344 Commissions. — MM. Darhoux, Lipp- mann, Poincaré; Ph. van Tieghem, Bouchard, Armand Gautier sont i43o TABLE DES MATIERES. Pages, nommés Membres d'une Commis- sion chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'Associé étranger 1 345 Condensateurs. — Effets des ébran- lements mécaniques sur le résidu des condensateurs; par M. Paul- L. Mercanton 591 Conductibilité. — Sur la variation de la conductibilité du verre avec la température; ^atM. LouisDunoyer. 1120 Voir Gaz, Résistance. Congrès. — ,'\/. le Minisire de l'Instriic- lion publique fait pari du désir expri- mé par la Belgique de voir le Gou- vernement français représenté au « Congrès international de Radio- logie et d'Électricité ». MM. Lipp- mann, Chauveau, H. Poincaré, Bouchard, A. Gautier, d'Arsonval, Deslandres, ^'illnrd sont désignés par TAcadémie 628 — M. le Ministre de l'Instruction pu- blique invite l'Académie à désigner plusieurs de ses membres pour le représenter au deuxième Congrès international pour la répression des fraudes concernant tes denrées ali- mentaires et les produits pharma- ceutiques. Sont désignés : MM. Th. Schlœsing, Mûntz, Rou.r, Maquenne; A. Gautier, Haller, Jungfleisch; Guignard et Prillieu.r /^yi — M. L. von GrafI, Président, et le Comité d'organisation invitent l'Aca- démie à se faire représenter au « viii^ Congrès international de Zoologie ». 904 COVR.VNT ALTERN.\TIF. L'élcCtrO- diapason; par M. A. Guillet 55 1 Voir Analyse harmonique, Arc, Télé- phone. CRIST.\LLOGRAPHIE. — Sur la nature du changement qu'é- prouvent les cristaux de sulfate de Pages, sodium heptahydraté au contact des cristaux du décabydrate; par M. D. Gernez nn — Sur le pseudo-polychroïsme des sphé- rolites; par M. Paul Gaubert 456 — Sur les cristaux liquides des combi- naisons de la cbolestérine et de l'ergo- stérine avec l'urée ; par M. P. Gaubert. 608 — Sur le polychroïsme des cristaux co- lorés artificiellenient; par M. Paul Gaubert ioo4 Voir Chimie physique. Électro-optique, Magnéto-optique, Minéralogie. Crvoscopie. — Étude cryoscopique de la neutralisation de quelques acides; par M. E. Cornée 676 — Cryoscopie de mélanges organiques et combinaisons par addition; par M. Abel Buguet 857 Voir Chimie physique. Cultures. — Contribution à l'étude de l'origine des avoines cultivées; par M. Trabut 227 Voir Agronomie, Gre/je. Cycles mixtes. — Sur les isoindogé- njdes ; par MM. .4. Wahl et P. Bagard. 1 Sa — Sur les dérivés c-oxyindazyliques; par M. P. Freundler 11 35 — Hydrogénation catalytique des bases quinoléiques et aromatiques ; par M. Georges Darzens looi — Sur la synthèse de l'indigo tétra- bromé-5 . 7 . 5' . 7' et de l'indigo tétra- chloré-5.7.5'.7'; par M. Danaila . . i383 Voir Colorants. Cyclohexane. — Déshydratation del'oxycyclohexyldiméthylcarbinol; par M. P.-J. Tarbouriech 862 Cytologie. — Sur la présence de sphères attractives et de centrosonies dans les cellules issues de la segmentation parthénogénésique de l'œuf de la Poule, et sur les caractères de ces formations; par M. .1. Lécaillon.. C4 D DÉCÈS. — M. le Président exprime les sentiments de l'Académie à l'occa- sion de la mort de MM. Bouquet de la Grye et Lortel i335 — M. le Président annonce la mort de M. Simon Newcomb, Associé étran- ger de l'Académie - M. le Ministre de l'Instruction publique transmet à l'Académie la copie d'une lettre de M. Jusserand, ara- 177 TABLE DES MATIERES. r/i3i Pages, bassadeur à Washington, relative aux funérailles de M. Simon New- comb. Associé étranger 4^1 — M. le Secrétaire perpétuel annonce à l'Académie la mort de M. Henri de Pareille 77 DÉCHARGES. — Phénomènes magnéto- anodiques ; par M. Goity 38?. — Sur les effets destructeurs des dé- charges oscillantes de grande fré- quence; par M. André Léauté 849 — Etude mathématique de réchauffe- ment d'un conducteur parcouru par une décharge oscillatoire très rapide; par M. André Léauté 1064 — Du rôle de la capacité des électrodes dans la décharge des inducteurs; par M. E. Caudrelier 919 Voir Arc, Étincelle. DiASTASES. — Sur la présence dans le lait d'une anaéro.vydase et d'une catalase; par M. Sarthou 809 — Sur une anaéroxydase et une catalase du lait; par MM. F. Bordas et Tou- plain I o 1 1 — Sur la variation de quelques diastases pendant la métamorphose chez un Trichoptcre {Limnophihts flavicornis Fabr.) ; par M. Xavier Roques Sig — Sur la variation d'une enzyme oxy- dante pendant la métamorphose chez un Trichoptère [Limnopliilus flavi- cornis Fabr.) ; par M. Xavier Roques. 4 1 8 — Influence de la réaction du milieu Pages, sur la fdtration des diastases; par M. Maurice Holderer Il 53 — Dédoublement diastasique des 2 et 2- méthyl-rf-glucosides; par M. H. Bierry 3l4 . — Transformation partielle des ma- tières grasses alimentaires en man- nites par les digestions pepsique en pancréatique in vitro; par M. E. Gautrelet 1 1 5o — La cellase et le dédoublement dia- stasique du cellose; par MM. Ga- briel Bertrand et M. Holderer i385 Voir Graines, Oxydases. Différence de potentiel. — Voir Électrolytes. Dissoci.\TioN. — La loi des tensions fixes de dissociation; par M. Henry Le Chatelier 2 5o — Sur la décomposition hydrolytique du bromure de bismuth; \>at M.René Dubrisay 122 — Sur la dissociation hydrolytique de l'iodure de bismuth; par M. René Du brisay 45i Dissolutions. — Voir Cristallographie, Dissociation. Dynamique. — Sur une généralisation de la méthode de Jacobi; par M. //. Poincaré I io5 Dynamique des fluides. — Sur la vitesse des ondes de choc et com- bustion; par M. E. Jouguet i36l Voir Aérodynamique. Éclipse. — Occultations d'étoiles obser- vées à l'équatorial Brunner (o"\l6) (le l'Observatoire de Lyon pendant I éclipse de Lune du 3 juin ; par M. J. Guillaume 17 École Polytechnique. — M. le Mi- nistre de la Guerre invite l'Académie à désigner deux de ses Membres qui feront partie, pendant l'année 1909- igio, du Conseil de perfectionne- ment de l'École Polytechnique. . . . 255 Elections. — M. J.-C. Kapteyn est élu Correspondant de l'Académie pour la Section d'Astronomie 16 — JI. Eugène Simon est élu Correspon- dant pour la Section d'Anatomie C. U., 190J, •' Semestre. (T. ll'J.) et Zoologie, en remplacement de M. Bergh i)03 M. Ladenburg est élu Correspondant pour la Section de Chimie, en rem- placement de M. Mendelee/ 1 109 ÉLECTlUCnf'. Sur l'électrisation de contact; par M. Albert Grumbach 846 Voir Aciers, Alliages, Analyse har- monique, Condensateur, Conductibi- lité, Congrès, Courant alternatif. Dé- charges, Emission, Ions, Ondes 189 l432 TABLE IJES MATIERES. 1' électromagnétiques , Photoéleclricilé , Téléphone, ^'ibrations. Electricité atmosphérique, — Voir Météorologie, Pliysique du Globe. Électricité physiologique. — Théorie de l'excitation électrique, précisée par l'étude de la dill'usioii au moyen d'un modèle hydraulique ; par M. Louis Lapicque Voir Ions, Muscle, Parthénogenèse. Électrochimie. — Etlets au point de vue chimique (ozone, etc.) de l'im- mersion dans l'eau de la lampe en quartz à vapeur de mercure; par MM. J. Courmont, Th. Nogier et A. Rochaix Electrolytes. — Recherches sur la charge électrique des substances textiles plongées dans l'eau ou dans les solutions électrolytiques; par J. Larguier des Bancels — Dissymétrie créée par le courant continu dans les chaînes liquides initialement symétriques formées de couples aqueux identiques, à la viscosité près; par M. Chanoz.... — Sur la constitution de la charge élec- trique à la surface d'un électrolyte^ par M. Gouij — Sur la tension de vapeur d'un liquide électrisé; par M. Gouy • — Influence de la température sur le phénomène de polarisation dans la soupape électroly tique; par M. G. Athanasiadis Voir Parthénogenèse. Electro-optique. — Relation entre la biréfringence électrique des liqueurs mixtes et la biréfringence optique des constituants solides de ces liqueurs; par M. J. 'Chaudi^r 871 lOo 3i6 398 654 822 667 Pa Embryogénie. — Cycle biologique d'une forme voisine des Otoplana; par M. Paul Hallez Voir Cinémalograptiie, Cfitotogie, Pois- .sons. Emission. — Sur le rayonnement total et monochromatique des lampes à incandescence; par MM. C. Féry et C. Chéneveau — Sur la constante de la loi de Stefan; 802 77: par MM. Edmond Bauer et Marcel Moulin Voir Etoiles. Ensembles. — Sur les ensembles par- faits discontinus à deux dimensions; par M. Arnaud Denjoy — Sur les ensembles parfaits discon- tinus; par M. Arnaud Denjoy Equations algébriques. — Sur les équations algébriques; par M. Jean Merlin Équations aux différences finies. — Sur les équations aux diiïérences finies; par M. N.-E. Nvrlund — Sur la représentation des solutions d'une équation aux différences finies pour les grandes valeurs de la va- riable; par M. Galbrun Équations différentielles. — Sur les intégrales singulières de certaines équations différentielles algébriques par M. n. Gambier — . Sur les équations différentielles li- néaires et les transcendantes uni- formes du second ordre; par M. René Garnier — Sur l'équation bypergéométrique, par M">o l'. Myller-Lebedejl — Sur les équations différentielles dont l'intégrale générale est uniforme et admet des singularités e.ssenlicUes mobiles; par M. J. Chazy — Sur les systèmes d'équations diffé- rentielles; par M. E. Maillet Sur les groupes de rationalité des systèmes d'équations différentielles ordinaires; par M E. Vessiol Sur le perfectionnement de la théorie des équations partielles de premier ordre; par M. N. Saltykow Sur le problème de Sophus Lie; par M. A'. Saltykoiv Sur la détermination des intégrales de l'équation il- Il es. 988 726 io'18 971 84 1 1046 23 56r 563 198 768 440 5o3 M) O-ii 1/1 - --// 'tu v^j par leurs valeurs le long d'un con- tour fermé ; jiar M. Léon Lichtenstein. — Sur la détorniînalion des intégrales de l'équation il'-u 0- u du , On ,. -—--^----^n—~0----c/i=J iKr- 0} - O.r Oy G24 TABLE DES MATIERES. r't 33 Pages, par leurs valeurs le long d'un con- tour fermé dans le cas des pointes; pai' M. L. Lichtenslein 977 — Sur l'intégratiou des équations aux dérivées partielles ; par M. S. Carrits. 907 Equations fonctionnelles. — Sur une classe de développements en séries de fonctions fondamentales se rattachant à certaines équa- tions fonctionnelles; par M. Emile Picard 1 337 Equations numékiques. — Sur le calcul des racines des équations numériques; par M. Lémeray 433 Équilibres chimiques. — Voir Chimie physique, Dissociation. Errata. — 176, 244! 328, 376, 420, 444. 472, 49a. 520, 540, 58o, 816, iioo, 1422 Éthers. — Voir Chimie physiologique, Chimie végétale. Etincelle. — Décharge des inducteurs. Influence du condensateur primaire et de la longueur de l'étincelle; Pages. par M. E. Caudrelier 1 117 Voir Décharges. Étoiles. — Méthode permettant la mesure des températures effectives des étoiles. Premiers résultats; par M. Charles Nordmann 557 — Sur la température de 3 Persée, par M. Charles Nordmann 662 — Nouvelle approximation dans l'étude des températures effectives des étoiles; par M. Ch. Nordmann. .. . io38 — Ouverture d'un pli cacheté renfer- mant une Note intitulée : « L'éva- luation de la température des étoiles »; par M. Ch. Féry 587 Exploration. — Voir Longitude, Ma- gnétisme, Météorologie, Mollusques, Océanographie , Zoologie. Explosifs. — Fonctionnement des explosifs de sûreté au nitrate d'am- moniaque en présence du charbon, du papier et de la paraffine; par M. //. Dautriche 926 Voir Dynamique des fluides. Fermentations. — Action des rayons ultraviolets sur le cidre eu fermen- tation; par MM. Maurain et War- collier 1 55 — Action des rayons ultraviolets sur la fermentation acétique du vin; par MM. Victor Henri et Joseph .Schnitzler 3i2 — Sur l'influence paralysante exercée par certains acides sur la fermen- tation alcoolique ; par M. M. Rosen- blalt et M"<^ M. Rozenband 3o9 — La fermentation alcoolique en pré- sence de l'acide sulfureux; par M. P. Martinand 465 — Conservation et augmentation de digestibilité des pulpes de distil- lerie et de sucrerie eu fosse, ainsi que des foiu'rages verts ensilés, par une fermentation rationnelle par eiisemencement; par M. J. Crolbois. 4" — Du lavage des pommes à cidre avec un oxydant calcique : défécation ra- pide du moût et fermentation pure; par MM. Henri Alliot et Gilbert Gimel 53a Voir Levures. Flore tropicale. — L'extension et la régression de la forêt vierge de l'Afrique tropicale ; par M. Aug. Chevalier 458 — Sur les Diascorea cultivés en Afrique tropicale et sur un cas de sélection naturelle relatif à une espèce spon- tanée dans la forêt vierge; par M. Aug. Chevalier 610 — Quelques Ignames sauvages de Ma- dagascar; par MM. Henri .Jumelle et H. Perrier de la Bathie 4^4 Voir Botanique, Caoutchouc, Chimie végétale. Fluorescence. — Sur une nouvelle substance très fluorescente dérivée de la physostigmine; par M. Paul Gaubert 852 Fonctions. — Sur les suites de fonctions mesurables; pai M. Henri Lebesgue. 102 — Sur les opérations fonctionnelles li- néaires; par M. Frédéric Riesz 974 — Sur les singularités des fonctions ana- 1^ X. O'^^'^ONS I I D n A » .. i434 TABLE DES MATIERES. lytiques uniforrr.cs ; par M. D. Pom- pèiu I o3 — Sur les singularités discontinues des fonctions analytiques uniformes ; par M. D. Pompéiu lo5o — Sur la représentation des fonctions analytiques par des intégrales défi- nies; par M. D. Pompéiu l355 — Sur les fonctions analytiques uni- formes à singularités discontinues; par M. Arnaud Denjoij 258 — Sur les singularités discontinues des fonctions analytiques uniformes; par M. A. Denjoy 386 —— Sur les singularités algébrico-logarith- miques; par M. et M'"^ Paul Dienes . 972 — Sur les singularités transcendantes des fonctions inverses de fonctions entières; par M. Pierre Boulroux. . . 255 Fonds Bonaparte. — M. A. Perot, M. E. Gonnessiat adressent des Rap- l'^iges. ports sur l'emploi des subventions qui leur ont été accordées sur le fonds Bonaparte en 1908 loi — M. C. Matignon adresse un Rapport sur l'emploi de la subvention qui lui a été accordée sur le fonds Bonaparte en 1908 i346 — Rapport de la Commission chargée de proposer pour l'année 1909 la répartition des subventions du fonds Bonaparte 1292 Froid. — Sur la récupération frigori- fique des liquides volatils perdus dans diverses industries ; par M. Georges Claude 780 Voir Liquéfaction. Frottement intérieur. — Sur le frot- tement intérieur des solides aux basses températures; par MM. C.-E. Guye et V. Freedericksz 1066 Gaz. • — • Conductibilité d'un gaz à la pression atmosphérique sous l'in- fluence d'une haute tension alterna- tive; par M. ^1. Chassy 28 — Méthodes pour recueillir el conserver les gaz des fumerolles, des sources ou des sols volcaniques ; par M. Ar- mand Gautier 245 — Emission de gaz par les métaux chauffés ; par M. G. Belloc 672 Voir Combustion, Hydrologie, Ions, Microbiologie, Volcans. Géodésie. — Sur l'élasticité du globe terrestre; par M. Ch. Lallemand . . . . 336 — Sur les marées de l'écorce et l'élasti- cité du globe terrestre; par M. Ch. Lallemand 388 — Sur les mouvements de la verticale dus à l'attraction de la Lune et du Soleil, la Terre étant supposée abso- lument rigide; par M. Ch. Lallemand. 434 — £rraterelatifsà cette Communication. 54o .^ Sur les marées théoriques du géo'ide, dans l'hypothèse d'une absolue rigi- dité de la Terre; par M. Ch. Laller mand 474 — £rrata relatifs à cette Communication. 58o — Sur les triangulations géodésiques complémentaires des hautes régions des Alpes françaises (7^ campagne) ; par M. P. Ilelhronner 728 GÉOGRAPniE. — Le nouveau Recueil des nivellements des chemins de fer de Russie comme base d'hypsométrie du pays; par M. J. de Schokalsky . . . l4 — L'Asie centrale russe et le niveau de ses bassins lacustres; par M. J. de Schokalsky l5 Voir Géodésie, Géologie. GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. SurCrOUSC- ment glaciaire du lac de Garde (Italie) ; par M. Gabriel Eisenmenger. 749 GEOLOGIE. M. A. Michel Lévy présente au nom de M. Suess, associé étranger, le dernier fascicule de son grand Ou- vrage, « Das Antlitz der Erde ».. 714 Sur les plissements souterrains du Gault dans le bassin de Paris; par M. Paul Lemoine 1019 Sur la valeur du rétrécissement produit par les plis du bassin de Paris; par M. Paul Lemoine 1161 Sur la position stratigraphique des couches à H eterodiceras Lucii Def., TABLE DES MATIERES. >4 35 Pages, au Salève; par MM. E. Joukowsky et J. Favre 6l3 Sur les zones morphologiques de la Suisse occidentale; par M. Romer. . 69 L'instabilité du Plateau Suisse dans les temps postglaciaires; par M^ E. Romer 241 Sur le Nummulitique des Alpes orientales; par M. Jean Boussac. . . . gSi Sur les relations tectoniques de l'île d'Elbe avec la Corse et sur la situa- tion de celle-ci dans la chaîne alpine ; par M. Pierre Termier 11' Sur le Silurien de la Nouvelle- Zemble: par M. T'. Roussanof 168 Sur les formations continentales néo- gènes dans les Hautes-Plaines con- stantinoises (Algérie) ; parM. A. Joly. 323 Sur l'histoire géologique et la tecto- nique de l'Atlas tellien de la Nu- midie orientale (Algérie) ; par M. J. Dareste de la Chavanne 871 Sur l'histoire géologique et la tecto- nique de l'Atlas tellien de la Nu- midie orientale (Algérie) ; par M. J. Dareste de la Chavanne 429 Aperçu sur la structure géologique de la péninsule du cap Bon (Tu- nisie) ; par M. A. Allemand-Martin. 489 Sur l'évolution paléogéographique du cap Bon et sur la direction des plissements de l'Atlas, considérée comme résultante de deux ac- tions orogéniques orthogonales; par M. J. Savornin i4io Sur l'hydrogéologie tunisienne; par M. E. Noël i4l5 Voir Géographie physique, Glaciers, Hydrologie, Minéralogie, Nappes de charriage, Paléontologie, Séismes, Spéléologie, Tourbe. GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. Sur IcS congruences de courbes et sur les surfaces normales aux droites d'un complexe; par M. G. Darboux 819 — Sur les congruences de courbes et sur les surfaces normales aux droites d'un complexe; par M. G. Darboux. 88 j — Sur certains groupes de famille de Lamé; par M. J. Jlaag 9o5 — Familles de Lamé composées d'hé- licoïdes; par M. J. Haag io5l — Sur les familles de Lamé composées de surfaces admettant un plan de symétrie variable; par M. J. Haag. i35a — Sur les surfaces telles que les tan- gentes à une série de lignes de cour- bures touchent à une quadrique; par M. C.'Guichard io3o Glaciers. — Sur l'origine de la plaine des Rocailles (Haute-Savoie) ; par M. André Delebecque 1022 — Sur l'inégale répartition de l'érosion glaciaire dans le lit des glaciers alpins; par M. Em. de Martonne. . . i4l3 Voir Géographie physique. Géologie. Glucosides. — Sur l'existence, dans le Primula o/ficinalis Jacq., de deux nouveaux glucosides dédoublables par un ferment; par MM. .4. Goris et M. Mascré 947 Voir Chimie végétale, Diastases. Graines. — Les graines tuées par anesthésie conservent leurs pro- priétés diastasiques; par MM. Jean Apsil et Edmond Gain 58 Greffe. — Sur un nouvel hybride de greffe entre Aubépine et Néflier; pai" M. Lucien Daniel 1008 Groupes. — Sur les groupes engendrés par deux opérateurs dont chacun transforme le carré de l'autre en son inverse; par M. G.-A. Miller. . . 843 H Histoire des Scibncbs. — Publication d'un fragment inédit de VOpus ter- tium de Bacon; par M. P. Duhem . . — M. Jules Tannery fait hommage d'une brochure intitulée : « Corres- pondance entre Lejeune-Dirichlel et Liouville. 1 Histologie. — Sur les réactions de quelques mitochondries; par M. JE. 582 833 F auré-Frémiet i63 Voir Cœur. Houille. — Sur des expériences rela- tives à la propagation des inflam- mations de poussières de houille dans les galeries de mine ; par M. J. Taffanel 1 127 Hybridation. — Sur quelques faits relatifs à l'hybridation des Citrus i43G TABLE DES MATIERES. luises et à l'origine de 1 Oranger doux iCilni.i Aiiranliuin) ; par M. L. Trubiil Hydrodynamique. — Sur les systèmes de réservoirs; par M. Edmond Maillet Voir Èleclricilé physiologique. Hydrologie. — Sur la rivière souter- raine de Labouiche ou La Grange (Ariège) ; par M. E.-A. Martel — Sur l'hydrologie souterraine du massif de Pené-Blanque ou. Arbas io5 699 l'ages. ( Haute- Garonne) ; par M. E.-A. Martel 1 1 69 — Sur les traits caractéristiques des grifl'ons hydro thermaux; par M. L. fie Launay Ii58 — Sur les gaz des sources thermales; présence du crypton et du xéuon; par MM. Charles Moureu et .1. Lepape 1171 Voir Gaz, Géologie, Spéléologie, ]'ol- cans. Hydrolyse. — Voir Albuminoïdes. I Immunité. — Action des sérums toxiques et de leurs antitoxines sur le système nerveux. Contribution à l'étude du mécanisme de l'immunité; par M. E. Gley 812 ■ — De l'action des sérums toxiques sur le cœur isolé d'animaux immunisés contre ces sérums; par MM. E. Gley et T'. Pachon 8l3 Insectes. — Contributions à l'étude biologique des Chenues. La géné- ration sexuée chez les Chermes des Pins aux environs de Paris; par M. Paul Marchai 640 • — Sur les phénomènes qui caractérisent le déménagement cliez la Fourmi moissonneuse, Messor barbarus L. ; par M. E.-L. Bouvier G49 Voir .\i'ialion. Botanique, Diastases. Histologie, Mammifères, Médecine. Ions. — Réactions chimiques et ionisa- tion; par M. G. Reboul 1 10 — Sur l'ionisation par voie chimique; par M. Léon Bloch .'. 278 — Réactions chimiques et ionisation des gaz; par MM. de Broglie et Brizard 928 — De la diffusion des ions à travers les métaux; par M. Gearges Moreau. . . 118 — Sur l'ionisation de la paraffine à diffé- rentes températures ; par M. Tcheslas Bialobjeski 279 — Adsorption d'ions; par M. î'. Bour- nat 1 366 Voir Phosphorescence, Photo-éleclri- cilc, Badioaclivité. Lait. — De l'e.vistence des carbono- phosphates dans le lait. Leur pré- cipitation par la pasteurisation; par M. A. Barillé 356 — Sur la digestibilité du lait stérilisé parsurchaulîage; par M. yl. Gautier. 1028 Voir Diastases, Tuberculose. Levures. — Sur la vie de la levure après la fermentation; par MM. E. Kayser et ,4. Demolon i52 — Sur un poison élaboré ])ar la levure; par M. A. Fernbach 437 Voir Fermentations, Microbiologie. Liquéfaction des gaz. — ■ Sur la des- siccation de l'air destiné à être liquéfié; par M. Georges Claude. . . . giS Voir Froid. Longitude. — Sur la précision des dé- terminations de longitude à terre par le transport du temps à l'aide de montres de torpilleur, d'après les observations de la Mission Niger-Tchad; par M. Tilho io4l Lune. — De l'origine des contrastes de teintes et des dénivellations brus- ques qui se rencontrent sur la Lune; par M. P. Puiseux 195 — La masse de la Lune déduite des observations photographiques de la planète Kros, faites dans les an- nées 1900 et 1901; par M. Arthur R. Jlinks 764 Voir Géodésie, Radioactivité. TABLE DES MATIERES. .437 M iMAGTNËTISME. Pages. — Application des propriétés magnéti- ques fies métaux à des commandes mécaniques de précision; par MM. Anial Fodor et d» Biity 206 — Propriétés magnétiques du carbone et des composés organiques; par M. P. Pascal 3l2 — Errata relatifs à cette Communica- tion . 520 — Rôle magnéticjue de l'oxygène dans les composés organiques; par M. P. Pascal 5o8 Magnétisme terrestke. — La pertur- bation magnétique et l'aurore bo- réale du 25 septembre 1909; par M. Alfred Angot 577 — Quelques remarques sur la grande perturbation magnétique du 25 sep- tembre 1909 et les phénomènes so- laires concomitants; par M. Emile Marchand 616 • — Sur la perturbation magnétique du 25 septembre 1909; par M. D. Cirera io?i5 Voir Physique du Globe, Soleil. — Observations faites au cours de la mission Tilho; par M. Audouin 878 Magnéto-optique. — Sur l'e.xistence, dans la décomposition magnétique des bandes d'absorption d'un cris- tal uniaxc, de dissymétries de po- sitions observées parallèlement aux lignes de force du champ et à l'axe optique du cristal; par M. Jean Becquerel 200 — Sur dilîérentes espèces de dissymé- tries d'intensités, observées pour les composantes magnétiques, po- larisées circidairement, des bandes d'absorption des cristaux uniaxes; par JI. Jean Becquerel 3g2 — Influence d'un champ magnétique sur l'amortissement des vibrations lumineuses; par M. Jean Becquerel. i364 — Dissymétries dans le pliénomènc de Zeeman présenté par certaines bandes d'émission des vapeurs; par M. A. Dujour 9^7 — Variation, avec la tenipératurc, de Pages. la biréfringence magnétique des composés aromatiques. Corps sur- fondus et corps à l'état vitreux; par MM. .1. Colton et //. Mouton. Dichroisme magnétique des liqueurs constituées par la sidérose ; par M. Georges Meslin Dichro'isme magnétique et orienta- tion des cristaux de sidérose dans le champ ; par M. Georges Meslin . . . Voir Chimie physique. 5|0 855 986 Mammifères. - — Sur un nouveau type d'Insectivores [Neotelracus sinensis) delà Chine occidentale; par M. E.-L. Trouessarl 95o Mars. — M. Deslandres communique un télégramme de M. P. Lowell relatif à la présence de l'oxygène libre dans l'atmosphère de Mars {9^ — Observations sur la planète Mars du 4 jui" à octobre 1909; par M. R. Jarry-Desloges 587 — Observations sur la surface de la planète Mars; par M. R. Jarry- Desloges 664 — Sur le retrait graduel de la tache polaire australe de Mars pendant l'opposition de 1909; par M. R. Jairy-Desloges i346 — Observations oculaires et photo- graphiques sur la planète Mars; par ^I. Idrac 83 "j — Observations de la planète Mars, faites à l'Observatoire de Meudon, par M. E.-M. Antoniadi 836 — Sur la photographie de la planète Mars; par MM. .{. de La Baume Pluvinel et F. Baldel 838 — Étude sur la planète Mars à l'Obser- vatoire d'Hem; par M. Robert Jonckheere 9(19 — Résumé des observations de Mars faites à l'Observatoire Fabra (Bar- celone) pendant l'opposition de 1909; par M. J . Comas Solù io36 i438 TABLE DES >iATHEMATIOUES. Voir Algèbre, -inali/se mathématique, Géométrie infitiitésimale. Histoire des Sciences. Pages. MÉGANIQUE. — Oscillations des bennes non guidées; par M. Ilalon de la Goupillière. . . 58i — Généralisation de la formule de Willis sur les trains épicycloïdaux; par M. Ravigneaiir 1060 • — Sur le calcul des volants de lami- noirs; par M. Charles Reignier i357 Voir Aérodynamique, Aviation, Ma- gnétisme, Moteurs. MÉCANIQUE HAT10NNELLE. — M. Ilaton de la Goupillière fait hommage d'un exemplaire de son travail publié dans le Recueil des Mémoires de l'Académie des Sciences de Lis- bonne sous le titre : La loi des aires dans le mouvement avec liaisons. . . . 623 Voir Dynamique, Pendule. MÉDjICINE. Reproduction expérimentale du typhus exanlhcmatique chez le singe; par M. Charles Nicolle 167 Transmission expérimentale du ty- phus cxanthémique par le pou du corps ; par MM. Charles Nicolle, C. Comte et E. Conseil 486 La transmission de la paralysie in- fantile au chimpanzé; par MM. C. Levadili et K. Landsiciner . ....... ioi4 Voir Antilo.rines, Muscle, Pathologie, Tuberculose. MÉLANGES DOUBLES. — Sur Une nou- velle méthode d'analyse par les courbes de miscibilité ; son appli- cation aux huiles servant à l'ali- mentation; par M. E. Louise 28^ Mercure. — Sur la durée de rotation de Mercure; par M. Jarry-Desloges. 966 MATIÈRES. MÉTÉOROLOGIE. Pages. — Sur un essai de défense contre la grêle; par M. de Beauchamp ^3 — Sur le fonctionnement du barrage électrique de la Vienne pendant l'année 1909; par M. de Beauchamp. 880 — Sur l'étude des températures de la mer; par M. A. Bouquet de la Grye. 499 — Sur l'existence probable d'un centre très accentué de basses pressions dans la région du Tchad, d'après les observations de la mission Niger- Tchad ; par M. Tilho 646 — Quelques remarques sur les tempé- ratures d'été dans diverses parties de l'Europe; par M. Hildebrand Hildebrandsson yo3 — Sur la dynamique des variations climatiques ; par M. llonryk Arc- lowski 1417 Voir Baromètre, Physique du Globe, Radioactivité. MICROBIOLOGIE. Action des gaz putrides sur les mi- crobes. Cas de la levure; par MM. Trillat et .Sauton 875 Voir Bactériologie. Cinémalogruphie, Fermentations, Médecine, Pathologie. MINÉRALOGIE. Sur l'existence de roches grenues intrusives pliocènes dans le massif volcanique du Canfal; par M. A. Lacroix 541 Le quartz secondaire des minerais de fer oolithique du Silurien de France et son remplacement en profondeur par du fer carbonate; par M. L. Cayeux logS Evolution minéralogiquc des mine- rais de fer oolithique primaires de France; par M. L. Cayeux i388 Sur la répartition des granités au Congo français; par M. //. Arsan- daux 6 1 3 Contribution à l'étude des latérites; par M. H. Arsandaux 682 Contribution à l'étude des forma- tions latéritiques; par M. .\rsan- TABLE DES MATIERES. Pages. doux 1082 Sur la formation des gisements d'or; par M. L. de Launay 298 Sur certaines lujaurites du Pilands- berg (Transvaal) ; par M. II. -A. Brouwer 1006 Sur l'existence de la rhodizite dans les pegniatites de Madagascar; par M. .4. Lacroix 896 Sur les formations éruptives et métamorphiques au Tonkin et sur la fréquence des types de laminage; par M. Depiat 864 Changements de coloration du dia- mant sous l'action de divers agents physiques; par M. Paul Sacerdole. . 998 Sur l'influence du radium, des rayons X et des rayons cathodiques sur diverses pierres précieuses; par M. André Meyère 994 Etude optique de l'absorption des vapeurs lourdes par certaines zéo- lithes ; par M. F. Grandjcan 866 Sur le polychroïsme des crisLaux colorés arlificiellement; par M. Paul Gaubert 100 i Sur la décomposition chimique des roches; par M. J. Dumonl 1^90 Voir Chimie analytique. Géologie, Pétrographie, Plis cachetés. Radioac- tivité, Speelroscopie. Mollusques. — Sur une nouvelle famille d'^olididés, les Madrellidés, et sur le nouveau genre Eliotia appartenant à cette famille; par M. A. Vayssière. — Sur les Mollusques marins provenant des campagnes scientifiques de M. A. Gruvel en Afrique occidentale, 1906-1909; par M. Ph. Dautzenberg. Voir Radioaclii'ité. Monuments. — M. le Président annonce à l'Académie qu'une souscription est ouverte dans le but d'élever un monument à Pierre-Simon Laplace. Morphologie. — Nouvelles expériences sur le rôle du muscle crotaphytc (temporal) dans la constitution mor- phologique du crâne et de la face par MM.fi. AntiionyelW.-B. Pielkiovicz. Moteurs. — Les récupéralions de décharge dans les moteurs à com- bustion interne; par M. .1. ^^'ilz.. . Voir Aviation. Mouvement brownien. — Mouvement brownien cl constantes moléculaires ; par MM. Jean Perrin et Dabrowski. — Le mouvement brownien de rotation; M. Jean Perrin Muscle. — Du travail musculaire élec- triquement provoqué dans la cure des maladies par ralentissement de la nutrition et en particulier dans la cure de l'obésité ; par M. J. Bcrgonié. Voir Cœur, Physique physiologique. Radioactivité. 1439 Pages, 636 1026 870 961 477 549 ■232 Nappes de charriage. — Sur les rela- tions tectoniques des Préalpes in- ternes avec les nappes helvétiques des Mordes et des Dialjlerets; par M. Maurice Lugeon N Voir Géologie. Nerfs. — Les centres bulbaires de la diaphylaxic intestinale; par M. P. Bonnier i JoG Voir Électricité physiologique. o Océanographie. — S. A. S. Albert I"', Prince de Monaco, fait hommage du Tome I", fascicule 1 , des « Annales de l'Institut océanographique ». . . . — Résumé de quelques observations scientifiques faites sur les côtes de la Jlauritanie de 1905 à 1909; par M. .4. Gruvel C. 1! , lyOii, ■i'' Semestre. (T. 1 ii). 721 Oiseau. — Description d'un Oiseau nouveau (Monias Benschi E. O. et G. G.), de Madagascar; par M. G. Grandidier 1090 Ondes électromagnétiques. — Etudes sur les ondes électromagnétiques très courtes. Réflexion et dispersion anomale des liquides; par M. H, i44o TABLE DES MATIERES, Pages. Merczyng 981 Optique géométrique. — Verres de lunettes orthoscopiques ; par M. Tscherning Optique physiologique. — De la sensation du relief; par M. A. Qui- dor Voir Optique géométrique , Optique physique. — Nouveaux ap- I08 60 Pages, ports à la théorie de la lumière; par M. Th. Tommasina 627 Voir Cristallographie, Électro-optique, Emission, Fluorescence, Magnéto- optique, Minéralogie, Phosphores- cence , Photoélectricilé , Physique mathématique, Speciroscopie. OxYDASEs. — Sur la spécificité des oxydases; par M. J. Wol/f 467 PALÉONTOLOGIE. — Sur la succession des faunes et la répartition des faciès du calcaire carbonifère de Belgique; par M. G. Delépine Paléontologie végétale. — Obser- vations sur les Pinakodeiidron E. Weiss, par MM. René Cambier et Armand Régnier Voir Géologie. 1164 1167 Parasites. — Sur un mycétozoaire nouveau cndoparasite des Insectes; par M. Louis Léger ■ — Sur un nouvel Entophyte parasite d'un Coléoptère; par MM. L. Léger et E. Hesse Voir Insectes, Médecine, Poissons, Protozoaires. Parthénogenèse. — Les vraies causes de la prétendue parthénogenèse électrique; par M. Yves Delage. . . . Voir Cytologie. Pathologie. — Deux cas de fièvre de Malte vraisemblablement contractés à Paris; par MAL Jules Auclair et Paul Braun — Tumeurs vasculaires et anévrismes des os; par M. Ledenlu Voir Bactériologie, Cancer, Chimie physiologique. Médecine, Rayons X, Trypa n osomes. Tu berculose . Pathologie végét.^le. — Sur le rôle des bacilles fluorescents do Flûggo en Pathologie végétale; par M. Ed. Griffon — Quelques maladies parasitaires du Cannellier de Ceylan; par MAL D. Bois et C. Gerber 289 3o3 i.io3 1404 — Sur la résistance du Châtaignier du Japon à la maladie de l'encre; par M. A. Prunet 11 46 Pendule. — Pendule composé de con- struction très simple dont on connaît immédiatement la longueur du pendule synchrone. Nouvelle mé- thode pour déterminer g; par M. H. Pellat 773 — Sur le pendule bifilaire; par M. H. Pellat 980 PKTROGRAPIIIE. Etude des principaux gisements de roches alcalines du Soudan français; par AL G. Garde Voir Minéralogie. 43 4o5 Pharmacie. — VoirC'odg/'ès, Technologie. Phosphorescence. — Phosphorescence et o.xydation de l'arsenic; par AL L. Bloch 775 — Sur une relation entre l'absorpliou et la phosphorescence; par M. L. Briininghaus 112.^ — Sur la loi de l'oplimum de phospho- rescence. Essai de théorie; par M. L. Briininghaus 1875 Photochimie. — Décomposition de l'eau par les rayons ultraviolets ; par M. Miroslaw Kernbaum 278 — Sur la production d'ozone sous l'in- fluence de la lumière ullravioloUc; par AL Edm. van Aubel 983 Voir Physique physiologique. Ultra - i> iolet. Photoélectricité. — Sur l'effet photo- électrique de lleriz; par M. Eugène I TABLE DES MATIERES. i44i Pages. Bloch II 10 Photographie. — Formule de sensibi- lisation chromatique pour le rouge extrême et le commencement de l'infrarouge ; par M. Gargam de Moncetz 85i Voir Cinémntograpliie, Comètes, Phy- siologie végétale. PHYSIOLOGIE. — Les capsules surrénales et les échanges entre le sang et les tissus ; par MM. J. Athanasiu et .4. Gradinesco. — Sur la fatigue engendrée par les mouvements rapides; par M. .4. Imb:i t — Effets physiologiques généraux de l'urohypotensine; par MM. J.-E. Ahélous et E. Bardier Voir Altitude, Antitoxines, Cinéma- tographie, Diastases, Electricité phy- siologique. Immunité, -Ver/s, Physique physiologique, Radioactivité, Sang, Voix. Physiologie pathologique. — L'é- preuve de la glycosurie alimentaire chez l'épileptiquc; par MM. Flo- rence et Clément — L'épreuve de la phénolurie provoquée chez l'épileptique; par MM. J.-E. Florence et P. Clément — L'épreuve de l'ammoniurie expéri- mentale chez l'épileptique ; par MM. J.-E. Florence et P. Clément. . — Sur les glucoses urinaires et les organes affectés, cause de leur appa- rition; par M. F. Landolph — Contribution à l'étude de l'indosé urinaire chez les diabétiques; par MM. //. Labbé et G. Vitry Physiologie végétale. — Sur la pré- tendue utilisation de l'azote de l'air par certains poils spéciaux des plantes; par M. François Kiivessi. . — Les aminés constituent-elles des ali- ments pour les végétaux siipérieurs? par M. Marin Molliard — Influence des rayons ultraviolets sur la végétation des plantes vertes; par MM. L. Maquenne et Demoussy. — Sur le noircissement des feuilles vertes; par MM. L. Maquenne et 4i3 689 1395 146 368 462 410 4i5 56 685 756 Demoussy 958 Sur les propriétés photographiques du Chlorella vulgaris; par M. P.-A. Dangeard 797 Influence des anesthésiques et du gel sur les plantes à coumarine ; par M. Edouard Heckel 829 Voir Agronomie, Champignons, Chi- mie végétale, Graines, Radioactivité. PHYSIQUE DU GLOBE. Nouvelles observations sur les cou- rants telluriques entre stations à grande différence d'altitude ; par MM. B. Brunhes et P. David Sur une oscillation de la mer, cons- tatée le l5 juin 1909 dans le port de Marseille; par M. Louis Fabry. . . . Voir Géodésie, Météorologie, Océano- graphie, Séismes. 74 324 PHYSIQUE. Voir Analyse harmonique. Attrac- tion universelle. Baromètre, Calori- métrie. Chimie physique. Froid, Mouvement brownien, Optique, Pen- dule, Poids atomiques, Pression, Radioactivité, Thermodynamique, Vi- brations. Physique mathématique. — Sur la diffraction des ondes hertziennes; par M. //. Poincaré 621 Voir Hydrodynamique, Vibrations. Physique physiologique. — Sur la nocivité du rayonnement solaire; par M. Laurent Raybaud gSS — Sur la valeur des stries musculaires au point de vue spectroscopique; par M. Fred Vlès l4oi Voir Acoustique physiologique, Op- tique physiologique. Radioactivité. Rayons X. Planètes. — Observations d'une petite planète probablement nouvelle; par M. Maneng io4l Voir Mars, Mercure, L'ranus. i442 TABLE DES MATIERES. Pages. Plis cachetés. — Ouverture d'un pli cacheté contenant une. Note inti- tulée : « Le Mécanisme du vol à voile des Oiseaux » ; par M. Alexandre Sée loi — Ouverture de deux plis cachetés contenant des Notes relatives à la synthèse du diamant; par M. Guy- not de Boismeiui lOi — Ouverture de plis cachetés contenant deux Notes intitulées : « Examen des cellules amlboïdes du sang de l'homme et des animaux supérieurs » et « Contribution à la biologie des cellules du sang »; par M. E. Doyen. 762 — Ouverture d'un pli cacheté conte- nant une Note intitulée : « Sur une solution du problème de la vision à distance »; par M. H.-C. Saitit-René. l345 Voir Etoiles. Poids atomiques. — Sur une solution proposée pour l'équation de con- dition relative au calcul des poids atomiques; par M. G.-D. Hinrichs. 124 — Calcul des poids atomiques ; solution de l'équation de condition; par M. G.-D. Hinrichs 107 i — Sur la réduction des pesées au vide appliquée aux déterminations de poids atomiques; par MM. Pli.-A. Guye et N. Zachariadès SgS s — Sur la réduction des pesées au vide appliquée aux déterminations des poids atomiques; par MM. Ph.-A. Guye et iV. Zachariadès 11 22 — Revision de la densité du gaz chlorhy- drique, poids atomique du chlore; par M. Otto Scheuer 399 Points de transformation. — Sur les points de transformation des alliages cuivre-aluminium (étude de la variation do la résistance élec- trique avec la température); par M. Maurice Barrée 678 Poissons. — Sur la faune ichthyologique du lac Victoria; par M. Jacques Peltegrin 1 66 — Sur les masses mésodermiques inter- Pages. médiaires et leurs dérivées chez les Téléostéens; par M. /. Borcéa 687 — Sur l'origine du cœur, des cellules vasculaires migratrices et des cel- lules pigmentaires chez les Téléos- téens ; par M. /. Borcéa 688 — Sur un Poisson parasite nouveau du genre Vandellia; par M. Jacques Pellegrin 1016 — Elevage du Zeugopterus punctatus Bl. au Laboratoire maritime de Saint- Vaast-la-Hougue;parM./î. .4h(/(0H7/. i i56 Voir Zoologie. Pouvoir rotatoire. — Voir Térében- thine. Pression. — Sur la mesure des pressions élevées déduites des variations de résistivité des conducteurs soumis à leur action; par M. A. Lajay . . . . 566 — Sur un dispositif destiné à l'évalua- tion de très faibles différences de pression; par M. A. Lafay 1 1 15 Voir Astronomie, Chimie physique. Présure. — La présure de la Belladone; par M. C. Gerber 187 — Localisation des ferments protéo- lytiqucs dans la V asconcellea quer- cijolia. Présure et latex coagulable spontanément; par M. C. Gerber. . 787 — La présure des Basidiomycètes; par M. C. Gerber 944 Prix décernés et proposés 1826 Protozoaires. — Sur une hémogrégarine de Pituophis melanoleucus; par MM. .1. Laveran et ,1. Petlil 94 — Sur les formes hypertrophiques et la croissance dégénérative chez quelques Aciné tiens ; par M. B. Collin. 742 — Diagnoses préliminaires d'Acinétiens nouveaux ou mal connus; par M. B. Collin 1094 Voir Histologie. Psychologie animale. — La loi d'éva- nouissement des traces mnémo- niques en fonction du temps chez la Limnée; par H. Henri Piéron.. 5i3 — A propos de la phychologie des Pa- gures; par M. P. Hachet-Souplet. . . 804 R Radio.vctivité. — Sur un appareil destiné aux mesures radioactives; par M. B. Szilard 91 2 — Sur la radioactivité des sels de potas- sium; par MM. Emile Henriot et G. Vavon 3o TABLE DES MATIERES. • 443 Sur une nouvelle méthode de sépa- ration de l'uranium X et sur l'acti- tivité de ee corps; par M. B. Szilard. Sur le rapport entre l'uranium et le radium dans les minéraux radioac- tifs; par M"e Gledilsch Action de la pesanteur sur l'activité induite du radium; par M. Louis Werlenstein Sur le dégagement d'émanation de radium; par M. H. Herchefinkel. . . Action chimique sur l'eau des rayons pénétrants du radium; par M. Mi- roslmv Kernbaum Action des rayons 'i sur les diélec- triques solides; par M. Tcheslas Bialobjeski Sur une méthode d'enregistrement de la longueur du parcours des rayons a et sur une particularité de ce parcours; par M. B. Szilartl . . De l'influence des radiations du radium sur les fonctions chloro- phyllienne et respiratoire chez les végétaux ; par MM. Alexandre Hébert et André Kling Sur le développement des œufs de Philine aperta L. exposés à l'action du radium; par M. Jan Tur Pages. ii3 267 268 275 116 271 23o 439 Pages. — Action d'eaux minérales et de sérums artificiels radioactifs sur la survie d'organes ou d'éléments cellulaires isolés du corps (muscles lisses et striés, globules rouges, spermato- zoïdes) ; par M. G. Fleig 691 — Errata relatifs à cette Communica- tion 816 — Sur l'influence probable du mouve- ment de la Lune sur la radioactivité atmosphérique. Conséquences mé- téorologiques; par M. Paul Besson. SgS "Voir Minéralogie. Rayons X. — Action comparée sur les cellules séminales du faisceau total des rayons de Rrintgen et des rayons durs seujs; par MM. Nogier et Regaud 1 44 — Stérilisation complète et définitive des testicules du Rat, sans aucune lésion de la peau, par une appli- cation unique de rayons X filtrés; par MM. Cl. Regaud et Th. Nogier. iSgS Voir Congrès, Minéralogie. — Rayons X et souris cancéreuses ; par M. A. Contamin 1 897 Résistance électrique. — Voir Aciers, Alliages, Points de Iransjormalion, Pression. Sang. — Action de l'urohypotensine sur la pression artérielle; par MM. J.-E. Abélous et E. Bardier. . i/^l — M. Robert Odier adresse à l'Académie un nouvel hémodensintèlre 47" — Sur le sucre total du plasma et des globules du sang; par MM. R. Lé- pine et Boulud 583 Voir Phi/siologie. Séismes. — Sur les tremblements de terre des II et 23 juin; par M. Alfred Angot 71 — Sur le tremblement de terre de Pro- vence (il juin 1909); par M. Louis Fabrij 170 — Rôle des dislocations les plus récentes (post-miocènes) lors du séisme du II juin 1909; par M. Répelin 1023 — Sur le tremblement de terre du II juin 1909; par M. Alfred Angot. 527 — Sur le tremblement de terre du 7 juil- let 1909; par M. Alfred Angot .... 173 — Sur des secousses de tremblement de terre ressenties au Yunnan; par M. Ch. Dupont 326 — Sur le tremblement de terre du 8 oc- tobre 1909; par M. Alfred Angot.. 616 — Tremblement de terre du 20-21 oc- tobre 1909; par M. Alfred Angot. . 698 — Tremblement de terre du 10 no- vembre 1909; par M. Alfred Angot. 878 — ■ Cadcul de la profondeur des hypo- centres sismiques ; par M. Comas Solà. 536 Voir Physique du Globe, Sismologie. Séries. — Sur la sommation des séries de Dirichlet; par M. Marcel Riesz. 18 — Sur les séries de Dirichlet et les séries entières; par M. Marcel Riesz. 909 — Module d'une série de Taylor; par M. Eugène Fnbry 767 — Ordre d'une série de Taylor; par M. Eugène Fabry I043 Sérum. — Action hypotensive du sérum de chien privé de surrénales; par l444 TABLE DES Pages. MM. Jean Gaulrelet ot Louis Thomas. 1 49 Voir Immunité, Radioaclivilé. Sismologie. — M. If Secrétaire perpétuel rend compte de la «■ Conférence de l'Association internationale de Sis- mologie i>, tenue à Zermatt du 3o aoiit au 3 septembre 473 Voir Séismes. Soleil. — Recherches sur les mouve- ments de la couche supérieure de l'atmosphère solaire; par M. //. Deslandres 1 79 — Mouvements de l'atmosphère solaire supérievire au-dessus et autour des facules. Tourbillons cellulaires du Soleil; par M. H. Deslandres 49? — Errata relatifs à cette Communica- tion 58o — Images monochromatiques multiples du Soleil, données par les raies larges du spectre; par MM. //. Deslandres et L. d' Azambuja 52i — Observations du Soleil faites à l'Ob- servatoire de Lyon pendant le deu- xième trimestre de 190g; par M. J. Guillaume 660 — Perturbations magnétiques et phé- nomènes solaires; par M. J. Bosler. 712 Voir Eclipse, Géodésie, Magnétisme terrestre. Physique physiologique. Solennités scientifiques. — M. Le- moine annonce à l'Académie que l'inauguration du buste de M. Pérou aura lieu à Auxerre le 3o octobre prochain 1909. L'Académie le dé- lègue pour la représenter à cette cérémonie 549 — M. G. Darbou.r fait hommage d'un exemplaire de l'Adresse qu'il a présentée, en qualité de délégué du Gouvernemenl français à New- York, à la Commission Hudson-Fvdton. . 621 Voir Monuments. Spectroscopie. — Sur le spectre ultra- violet de bandes du phosphore; par MM. A. de Gramont et C. de Watte- MATIKRES. l'nges. ville 263 — Errata relatifs à cette Communica- tion 58o — Sur les spectres de bandes du baryum et de l'aluminium; par M. Lecoq de Boisbaudran 899 — Sur le spectre des raies du calcium donné par le chalumeau oxyacétylé- nique; par MM. G. A. Hemsalech et C. de Watteville 1112 — Sur les régions jaune, orangée et rouge du spectre de flamme à haute tem- pérature du calcium; par MM. G.-A. Hemsalech et C. de Waiteville lîôg — Analyse spectrographique des blendes; par M. G. Urbain 602 Voir Comètes, Physique physiologique , Soleil. Spéléologie. — Les grottes de Lacave (Lot) ; par M. Armmid Viré 66 Voir Hydrologie. Stérilisation. — Mode de stérilisation intégrale des liquides par les radia- tions de très courte longueur d'onde; par M. Billon-Daguerre 810 Voir Fermentations, Luit, Ultraviolet. Sucres. — Sur deux nouveaux hydrates de carbone retirés de l'asperge; par M. Georges Tanret 48 — Sur la constitution du perséulose; par M. Gabriel Bertrand 225 Voir Cristallographie, Physiologie pa- thologique. Sang. Sulfates. — Sur quelques sulfates doubles; par M. Barre 292 Surfaces algébriques. — Sur les courbes tracées sur les surfaces algébriques; par M. //. Poincaré. . 1026 — Sur les surfaces du quatrième ordre qui admettent un groupe infini discontinu de transformations bira- tionnellcs; par M. René Garnier. . . Io54 — Sur les transformations birationnelles des surfaces du quatrième ordre à points doubles isolés; par M. L. Rémy lo57 Technologie. — Rapport sur le deu- xième Congrès international pour la répression des fraudes; par M. .1;- mand Gautier 658 Teinture. — De l'intervention de la pression osmolique dans la teinture; par M. Rosenstiehl Sgô Voir Electrolytes. TABLE DES MATIERES. Pages. TÉLÉPHONE. • — - iS'ote sur un essai de réalisation de ligne téléphonique par M. Devaux-Charbonnel 733 — Sur la téléphonie à grande distance; paz M. Vasilesco Karpen 848 TÉRÉBENTHINE. — Sur la composition des essences de térébenthine; par M. E. Darmois ySo Terpènes. — Hydrogénations dans la série terpénique; par M. G. Vavoii. 997 Terres rares. — Extraction du luté- cium des terres de la gadolinite; par MM. G. Urbain, Bourion et Maillard 1-27 Thermochimie. — Méthode simplifiée et appareil pour déterminer le pou- voir calorifique des coniliustibles gazeux; par M. P. Lemoult 454 — Dosage du phosphore dans les corps combustibles par la bombe calori- métrique; par M. P. Lemoult 5ii — • Thermochimie de quelques composés phosphores; par M. P. Lemoull. . . . 554 Voir Carbonates, Chimie inorganique [Rb, Cs). Thermodynamique. — Voir Chimie liliynlque. Dissociation, Di/iianiique des fluides. Thermoélectricité. — Voir Aciers, Alliages. Tourbe. — Sur la pluralité des types de végétation dans les sols tourbeux de nord de la France; par M. E. Coquide n44 Toxines. — Voir Tuberculose, Ullra- i'iolet. Toxiques. — Étude des toxicités des slrophantines selon les voies d'ad- ministration; par M. J. Pédebidou . 3oG Voir Chimie végétale. Immunité. Le- i'ures. Trypanosomes. — La virulence des Iry- panosoines des Mammifères peut- elle être modifiée après passage par des Vertébrés à sang froid? par MM. A. Laveran et .4. Pettit 329 — Sur le pouvoir trypanolyticpie du '445 l'ases. sang de quelques Verlcbrés à sang froid à l'égard du Tnjpanoso-na Evansi Steel; par MAL -1. Laveran et A. Pettit 5oo — Sur les moyens naturels de défense de certains Vertébrés à sang froid contre le trypanosome du Surra [Trypanosoma Evansi); par M. A. Massaglia 5x6 — De l'action préventive du sérum nor- mal de mouton sur Trypanosoma Duttoni (Thiroux, 1903) ; par M. A. Thirou.v 534 — L'émétique d'aniline dans le traite- ment des trypancsomiases ; par M. .1. Laveran 546 — Au sujet de Trypanosoma Lewisi; par M. Biot 799 Tuberculose. — Sur la précipitation des tuberculines par le sérum d 'animaux immunisés contre la tuberculose; par MM. A. Calmette et L. Massol. . 760 — Sur la détermination de l'origine bovine ou humaine des bacilles de Koch isolés des lésions tuberculeuses de l'iiomme; par MM. A. Calmette et C Guérin 191 — Sur quelques propriétés du bacille tuberculeux d'origine bovine, cultivé sur bile de bœuf glycérinée ; par MM. A. Calmette et C. Guérin 716 — Vaccination antituberculeuse des Bo- vidés; par M. Rappin ^o'è — Vaccination antituberculeuse chu/. le bœuf; par M. S. Arloing 96'.', — La composition chimique du lait des vaches tuberculeuses; par M. A. Monvoisin 644 — L'acidité du lait des vaches tuber- culeuses; par M. .1. Monvoisin. , . . 695 — Milieux artiiiciels atténuant ou exal- tant la virulence du bacille de Koch; par M. Baudran 874 — Sur une endotoxine tuberculeuse de nature albumosique; par M. Bau- dran 941 Ultraviolet. — Contribution à l'étude de la stérilisation par les rayons ultraviolets. Application à l'indus- u trie beurrière ; par MM. Dornic et Daire 354 Sur la faible pénétration des rayons 1446 TABLE DES MATIERES. Pages, ultraviolets à travers les liquides contenant des substances colloïdes; par MM. J. Courmont et Th. Nogier. 364 Action de la lumière ultraviolette sur la toxine tétanique; par M"« P. Cernovodeanu et M. Victor Henri . . . 365 La décomposition de l'acide carbo- nique par les rayons ullraviolels; par M. //. Herchefinkel 395 De l'influence des rayons ultra- Pages, violets sur le développement des moisissures; par M. Laurent liay- baud 634 Voir Êleclrochimie, Fermentations, Photochimie, Physiologie végétale, Physique physiologique, Stérilisation. Uranus. — Sur la figure et la masse de la planète Uranus, déduites des mouvements des deux satellites intérieurs; parM. Œsten Bergstrand. 333 V Vapeurs. — Tensions de vapeurs des mélanges liquides. Démonstration nouvelle et généralisation de la for- mule de Duhem-Margulcs; par M. L. Gay 670 Voir Electricité. Variations. — Variations du Zinnia elegnns sous l'action des trauma- tismes; par M. Paul Becquerel II 48 Vibrations. — Sur quelques inégalités jouant un rôle dans la théorie des vibrations élastiques et des vibra- tions électriques; par M. A. Korn. . 26 — Errata relatifs à celte Communica- tion 816 Vigne. — Voir Biométrie. Vin. — Sur les ferments de la graisse des vins; par MM. E. Kayser et E. Manceau 740 Voir Fermentations. Viscosité. — Voir Electrolyles. Voix. — De l'examen de la respiration et de l'analyse graphique de la parole dans les écoles spéciales; par M. Gloi'er Soo Voir Acoustique physiologique. Volatilisation. — Préparation de lames minces par volatilisation dans le vide; par M. L. Iloulle- vigue 1 368 Volcans. — Observations sur la nature et l'origine des gaz qui forment les fumerolles volcaniques ou qui sortent des cratères des anciens volcans; par M. Armand Gautier. . . 84 Voir Gaz. z Z00L03IE. Remarques sur l'Okapi ; par MM. Maurice de Rothschild et Henri Neu- ville Dispersion de quelques espèces appar- tenant à la faune marine des côtes de Mauritanie ; par M. A. Gruvel. Mission scientifique de l'Afrique occi- 693 1017 dentale (septembre-octobre 190g); par M. Chevalier 1 1 -Jo Voir Amphihiens, .{natoiiiie, .inné- lides. Ascidies, Cétacés, Cœlentérés, Congrès, Insectes, Mammifères, Mol- lusques, Océanographie, Oiseau.r, Paléontologie, Poissons, Protozoaires, .Spéléologie, Trypanosoiiies, Tubercu- lose. TABLE DES AUTEURS. MM. Pages. ABÉLOUS (J.-E.) et BARDIER (E). — Action de l'urohypotensine sur la pression artérielle 142 — Effets physiologiques généraux de l'urohypotensine iSgS — Le prix Philipeaux (Physiologie) leur est décerné 1 267 ABRAHAM (Henri). — Analyse har- monique et résonances 204 ALBERT DE MONACO (S. A. S. le Prince) fait hommage du fasci- cule XXXIV des « Résultats des cam- pagnes scientifiques accomplies sur son yacht » par R. Kœhler 628 — Fait hommage du Tome I*'', fasci- cule I, des « Annales de l'Institut océanographique » 721 ALLEMAND-MARTIN (A.). — Aperçu sur la structure géologique do la péninsule du cap Bon (Tunisie) .... 489 ALLIOT (Henri) et GIMEL (Gilbert). — Du lavage des pommes à cidre avec un oxydant calcique : défé- cation rapide du moût et fermen- tation pure 532 AMAGAT. — Rapport sur le concours du prix Pierson-Périn 1289 ANDRÉ (G.). — Sur l'élaboration des matières phosphorées et des sub- stances salines dans les feuilles des plantes vivaces 45 ANGOT (Alfred). — Sur les tremble- ments de terre des 1 1 et 23 juin 1909. 71 — Sur le tremblement de terre du 1 1 juin 1909 527 — Sur le tremblement de terre du 7 juillet 1909 1 73 — La perturbation magnétique et l'au- rore boréale du 25 septembre 1909. 577 — Sur le tremblement de terre du 8 oc- tobre 1909 616 — Tremblement de terre du 20-21 oc- tobre 1909 698 C. I!., tÇjir,, :' Semeslre. , T. li!).) MM. Piiges. — • Tremblement de terre du 10 no- vembre 1909 878 ANTHONY. — Le Mesoplodon do la Hougue (2 novembre 1908) 461 — Elevage du Zeugopterus punctalus Bl. au Laboratoire maritime de Saint-Waast-la-IIougue 1 156 ANTHONY (R.) et PIETKIEWICZ (W.-B.). — Nouvelles expériences sur le rôle du muscle crotaphyte (temporal) dans la constitution morphologique du crâne et de la face 870 ANTONIADI (E.-M.). — Observations de la planète Mars, faites à l'Obser- vatoire de Meudon 836 APSIT (Jean) et GAIN (Edmond). — Les graines tuées par anesthésie conservent leurs propriétés diasta- siques 58 ARCTOWSKI (Henryk). — Sur la dynamique des variations clima- tiques 1417 ARLOING (S.). — Vaccination antitu- berculeuse chez le bœuf 962 ARNAUD (A.) et POSTERNAK (S.). — Sur les dérivés diiodés d'addition des acides gras supérieurs de la série C"H-"-'0- 220 ARSANDAUX (II.). — Sur la réparti- tion des granités au Congo français. 61 3 — Contribution à l'étude des latérites. 682 — Contribution à l'étude des formations latéritiques 1082 ARSONVAL (d). — Rapport sur le concours du prix Montyon (Médecine et Chirurgie) 1 247 — Est désigné par l'Académie pour faire partie du Comité d'honneur d'ini- tiative du monument à de Ronias. i345 — Est désigné au choix de M. le Ministre des Affaires étrangères pour repré- senter le Gouvernement français au i44« TABLE DES AUTEURS. MM. Pages. Congrès international de Radiologie et d' Électricité de Bruxelles en 1910. 628 ARTHAUD (Gabriel). — Sur les spiro- chètes salivaires 1 409 ATHANASIADIS (G.). — Influence de la température sur le phénomène de polarisation dans la soupape élec- trolytique 667 ATHA^fASIU (J.) et GRADINESCO (A.) . — Les capsules surrénales et les échanges entre le sang et les tissus. 4l3 AUCLAIR (Jules) et BRAUN (Paul). — Deux cas de fièvre de Malte vrai- MM. l'aies, semblabltment contractés à Paris. i4o3 AUDOUIN. — Observations faites au cours de la mission Tilho 878 AUGER (V.). — Sur les composés stan- niques halogènes mixtes 860 AUSSET. — Llne mention honorable lui est accordée dans le concours du prix Montyon (Statistique) 1273 AZAMBUJA (L. d') et DESLANDRES (II). — Images monochromaliques multiples du Soleil, données par les raies larges du spectre 5ll B BAGARD (P.) et WAllL (A.). — Sur les isoindogénides i Sa BAGNERA (Giuseppe) et FRANCHIS (Michèle de). — Le prix Bordin (Géométrie) leur est décerné 11 85 BALDET (F.) et LA BAUME PLl- VINEL (A. de). — Sur la photo- graphie de la planète Mars 838 BANET-RIVET (P.) adresse un Mé- moire intitulé : « Sur la stabilité longitudinale des multiplans » 174 BARBAUDY (Georges) adresse des « Observations sur le vol plané et l'aviation » 873 BARBIERI (N.-A.). — Sur la compo- sition chimique de la bile de boeuf. i5o BARDIER (E.) et ABÉLOUS (J.-E.). — Action de l'urohypotcnsine sur la pression artérielle 142 — Effets physiologiques généraux de l'urohypotensine l395 ■ — Le prix Philipeaux (Physiologie) leur est décerné 1267 BARILLE (A.). — De l'existence des carbonophosphates dans le lait. Leur précipitation par la pasteuri- sation 356 BARRE. — Sur quelques sulfates doubles 292 BARREE (Maurice). — Sur les points de transformation des alliages cuivre- aluminium (étude de la variation de la résistance électrique avec la température) 678 BARROIS. — Rapport sur le concours du prix Delesse (Minéralogie et Géologie) 1227 BAUBIGNY (IL). — Action de la cha- leur sur le sulfite d'argent et ses sulfites doubles alcalins. Formation de dithionate 735 — Action de la chaleur et de la lumière sur le sulfite d'argent et ses sulfites doubles alcalins. Détermination du rendement en acide dithionique. . . 858 — Dosage de l'acide dithionique et des dithionates 1069 — Sur la nécessité de préciser les réac-^ lions 1 378 BAUDRAN. — Milieux artificiels atté- nuant ou exaltant la virulence du bacille de Koch 874 — Sur une endotoxine tuberculeuse de nature albumosique 941 BAUER (Edmond) et MOULIN (Mau- cel). — Sur la constante de la loi de Stefan 988 BAUER (Edouard) et HALLER (A.). — Sur de nouvelles trialcoylacéto- phénones et sur les acides trial- coylacétiques qui en dérivent 5 BAUME PLUVINEL (de la). — Le prix Valz (Astronomie) lui est dé- cerné n 99 BEAUCIIAMP (de). — Sur un essai de défense contre la grêle 73 — Sur le fonctionnement du barrage électrique de la Vienne pendant l'année 1909 880 BECQUEREL (Jean). — Sur l'existence, dans la décomposition magnétique des bandes d'absorption d'un cristal uniaxe, de dissymétries de positions observées parallèlemcnl aux lignes TABLE DES \1\1. Pages, (le, force du champ et à l'axe optique il\i cristal 200 — Errata relatifs à cette Communicn- tion 492 — Sur différentes espèces de dissymé- tries d'intensités, observées pour les composantes magnétiques, polari- sées circulairement, des bandes d'ab- sorption des cristaux uniaxes 892 — Errata relatifs à cette Communica- tion .... 420 — Influence d'un champ magnétique sur l'amortissement des ^'il)^ations lumineuses i364 BECQUEREL (Paul). — Variations du Zinnia elegans sous l'action des traumatismes 1148 BELLOC (G.). — Emission de gaz par les métaux chauffés 672 BERGON (P.wl). -— Le prix Thore (Botanique) lui est décerné 1289 BERGOlNIÉ (J.). — Du travaU muscu- laire électriquement provoqué dans la cure des maladies par ralentisse- ment de la nutrition et en parti- culier dans la cure de l'obésité 282 BERGONIÉ et TRIBONDEAU. — Un pri-x Montyon (Médecine et Chi- rurgie) leur est décerné 1246 BERGSTRAND (Œstek). — Sur la figure et la masse de la planète LTra- nus, déduites des mouvements des deux satellites intérieurs 333 BERNARD (A.) et DESLANDRES (H.). — Note préliminaire sur le spectre de la comète de Hallcy Ho3 BERTIN. — Rapports sur les concours : du prix extraordinaire de la Marine, i i>Ji — - Du prix Plumey (Navigation) 1194 BERTRAND (G.\briel). — Sur la con- stitution du perséulose 225 BERTRAND (Gabriel) et HOLDE- RER (M.). — La cellase et le dédou- blement diastasique du ceUose i385 BERTRAND (G.uîbiei.) et MEYER (V.-I.). — Errata relatifs à une Communication du 21 juin 190g in- titulée : « Sur la pseudomorphine ». W4 BERTRAND (Léon). — Le prix Victor Raulin (Minéralogie et Géologie) pour 1908 lui est décerné 1229 BESANÇON (Georges) et HERMITE (Gustave). — Une médaille do l'Aéronautique (vermeil) leur est AUTEUHS. 1(49 M. M. Pages, décernée 1297 BESSON (A.), et FOURNIER (L.). — Sur les chlorures du silicium 34 BESSON (Paui.). — Sur l'influence pro- bable du mouvement de la Lune sur la radioactivité atmosphérique. Conséquences météorologiques.... SgS BIALOBJESKI (Tcbeslas). — Action des rayons 2 sur les diélectriques solides 1 20 — Sur l'ionisation de la parafline à différentes températures 279 BIENVENUE. — Une partie du prix Jean-Jacques Berger lui est attri- buée 1287 BIERRY (H.). — Dédoublement dia- stasique de? y- et [J-méthyl-rf-gluco- sidcs 3i4 BIERRY (M.) etGRUZEWSKA (Mme z.) — Action du suc pancréatique sur le glycogène, l'amidon et ses com- posants 359 BIEITTE. — Une partie du prix Jean- Jaccpies Berger lui est attribuée. . . 1287 BIGOURDAN (G.) fait hommage à l'Académie d'une brochure intitulée : « Les étoiles variables » 194 — Sur un moyen de soustraire les hor- loges astronomiques à 1' ntluenco des variations de la pression atmo- sphérique 7^5 — Rapport sur le concours d\i prix Lalande (Astronomie) 1 197 BILLON-DAGUERRE. — Mode de sté- rilisation intégrale des liquides par les radiations de très courte longueur d'onde 8lO BIOT. — Au sujet du Trypanosonui Lewisi 799 BLANC (G.). — ■ Une partie du prix Jecker (Chimie) lui est attribuée.. I2i3 — Une médaille Berthelot lui est décer- née 1279 BLÉRIOT (Louis). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est dé- cernée 1296 BLOCH (Eugène). — Sur l'effet photo- électrique de Hertz tlio BLOCH (Léon). — Sur l'ionisation par voie chimique 278 — Phosphorescence et oxydation de l'arsenic 775 BODROUX (F.) et TABOURY (F.). — Synthèse d'acétones grasses non I /po TABLE DES AUTEURS. MM. Pages, saturées 4^2 BOIS (D.). et GERBER (C.). — Quelques maladies parasitaires du Cannellier de Ceylan 4o5 BONNEAU (L.) adresse un Mémoire in- titulé : « Le problème du voussoir. » 44i BONNET (Pierre) et DELÉPINE (Marcel). — Sur l'oxydation des aldéhydes par l'oxyde d'argent. ... Sg BONNIER (Gaston). — Rapport sur le concours du prix de Coincy (Bota- nique) 1238 — Les centres bulbaires de la diaphy- laxie intestinale l4o6 BORCÉA (L). — Sur les masses méso- dermiques intermédiaires et leurs dérivées chez les Téléostéens 687 — Sur l'origine du cœur, des cellules vasculaires migratrices et des cellules pigmentaires chez les Téléostéens. . 688 BORDAS (F.) et TOUPLAIN.— Sur une anaéroxydase et une catalase du lait lOi I BORNET et LEVY (Maurice) sont élus Membres de la Commission administrative pour l'année 1910. . i344 BORRELLY (A.). — Observations de la comète 1909 n (BorreUy-Daniel), faites à l'Observatoire de Marseille au chercheur de comètes 197 — Observations de la comète de Halley, faites à l'Observatoire de Marseille, au chercheur de comètes 904 — Observations de la comète 1909 e Daniel, faites à l'Observatoire de Marseille, au chercheur de 0™,l6 d'ouverture l35o — Le prix Lalande (Astronomie) lui est décerné II97 BOSLER (J.). — Perturbations magné- tiques et phénomènes solaires 722 BOUCHARD (Charles) est nommé Membre d'une Commission chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'Associé étranger. . . l345 — Est désigné par l'Académie pour faire partie du Comité d'honneur d'initia- tive du monument à de Romas l345 — Est désigné au choix de M. le Ministre des Afiaires étrangères pour repré- senter le Gouvernement français au Congrès international de Radiologie et d' Électricité de liruxelles en 1910. 628 — Rapports sur les coneours : du prix MM. p Philipoaux (Physiologie) — Du prix Lallemand (Physiologie). . . — Du prix Jean-Jacques Berger — M. le Président exprime les senti- ments de l'Académie à l'occasion de la mort de MM. Bouquet de la Grye e t Lortet — M. le Président annonce à l'Académie qu'une souscription est ouverte dans le but d'élever un monument à Pierre-Simon Laplace — M. le Président exprime les senti- ments de l'Académie à l'occasion de la mort et des obsèques de M"^ Dodu — M. le Président exprime les senti- ments de l'Académie à propos des événements qui ont eu pour théâtre les plaines de la Champagne, pen- dant la grande semaine d'aviation. — M. le Président exprime les senti- ments de l'Académie en présence des deuils cruels qui se succèdent dans l'Aéronautique et l'Aviation. — M. le Président annonce qu'en raison de la séance publique solennelle des cinq Académies, la séance du lundi 25 octobre est reportée au mardi 26. — M. le Président annonce à l'Académie qu'en raison des fêtes de la Tous- saint la séance du lundi i^'^ no- vembre est renvoyée au mardi 2 no- vembre • — M. le Président annonce à l'Académie que la Séance publique annuelle aura lieu le lundi 20 décembre à i''. BOUDIER fait hommage à l'Académie de la 26^ livraison de ses ■> Icônes mycologica: » BOUGAULT (J.). — Errata relatifs à une Communication du 10 mai 1909 intitulée : « Sur l'acide benzoylacry- lique. Condensation de l'acide gly- oxylique avec quelques cétones ». . BOUILLANE DE LACOSTE (Henry de). — Une mention très honorable lui est accordée dans le concours du prix Tchihatchef (Géographie) BOULANGER. — Le prix Boileau (Mé- canique) lui est décerné BOULOUCH. — Sur une démonstration de la règle des phases — Sur une démonstration de la loi des phases jges. 1267 1267 1282 i335 1026 709 445 541 621 649 762 028 1190 449 1377 TABLE DES AUTEUliS. i45i MM l\iges. BOULUD et LÊPINE (R.). — Sur le sucre total du plasma et des globules du sang 583 BOUQUET DE LA GRYE (A.) est désigné par l'Académie pour faire partie du Conseil d'Administration de la « Fondation Carnegie » 386 — Sur l'étude des températures de la mer 499 — Rapports sur les concours du prix extraordinaire de la Marine 1 191 — Du prix Tchihafchef (Géographie).. 1201 — M. le Président annonce à l'Académie que, le lundi 16 août étant jour férié, la séance est renvoyée au mardi 17 août 377 — Sa mort est annoncée à l'Académie. i335 BOUQUET DE LA GRYE et LEVY (Maurice) sont désignés par l'Aca- démie pour faire partie, en 1909- 1910, du Conseil de perfectionne- ment de l'École Polytechnique. . . . 255 BOURION, URBAIN (G.) et MAIL- LARD. — Extraction du lutécium des terres de la gadolinite 127 BOURNAT (V.). — ^Adsorption d'ions. i366 BOURQUELOT (Em.) et BRIDEL (M:). — Sur la recherche du rafTmose dans les végétaux et sur sa présence dans deux graines de légumineuses : Erylhrina fusca Lour. et Entadà scandens Benth 36l BOUSSAC (Jean). — Sur le Xummu- litique des Alpes orientales 952 BOUSSINESQ. — Rapports sur les concours : du prix Vaillant (Méca- nique) 1 190 — Du prix Boileau 1 190 — Du prix extraordinaire de la Marine. 1191 BOUTROUX (Pierre). — Sur les sin- gularités transcendantes des fonc- tions inverses des fonctions entières. 255 BOUTTIEAUX. — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est décernée. 1296 BOUTY'. — Rapport sur le concours du prix Hughes (Physique) i2o5 BOUVIER (E.-L.). — Sur les phéno- mènes qui caractérisent le déména- gement chez la fourmi moissonneuse (Messor barbarus L.) 649 — Fait hommage à l'Académie d'un Mémoire sur les Pénéides et Sténo- pides recueillis dans l'expédition du Blake en 1877-1878 657 [■297 36 1 MM. Hases. — Rapports sur les concours : du prix Savigny (Anatomie et Zoologie) ... 1241 — Du prix Cuvier (Anatomie et Zoolo- gie) 1242 BRAUN (Paul) et AUCLAIR (Jules). — Deux cas de fièvre de Malte vraisemblablement contractés à Paris 1 4o3 BREGUET (Louis). — Une médaille de l'Aéronautique (vermeil) lui est décernée BRIDEL (M.) et BOURQUELOT (Em.) — Sur la recherche de raffinose dans les végétaux et sur sa présence dans deux graines de légumineuses (Erij- Ihrina jusca Lour. et Entada scan- dens Benth) BRINER (E.) et WROCZYNSKI (A.). — Réactions chimiques dans les gaz soumis aux pressions très éle- vées : décomposition de l'oxyde d'azote; formation du chlorure de nitrosyle 1 372 BRIZARD et BROGLIE (de). — Réac- tions chimiques et ionisation des gaz 923 BROGLIE (de) et BRIZARD. — Réac- tions chimiques et ionisation des gaz 923 BR0NIEWSKI(W.).— Sur les propriétés électriques des alliages aluminium- cuivre 853 BROQUIN-LACOMBE. — Une citation lui est accordée dans le concours du prix Montyon (Statistique) 1273 BROUVVER (H.-A.). — Sur certaines lujaurites du Pilandsberg (Trans- vaal) 1006 BROWN (Ernest-William). — Le prix G. de Pontécoulant (Astronomie) lui est décerné 1200 BRUNEL. — Une partie du prixCahours (Chimie) lui est attribuée 1217 — Une médaille Berthelot lui est décer- née 1279 BRUNHES (B.) et DAVID (P.). — Nouvelles observations sur les cou- rants telluriques entre stations à grande différence d'altitude 74 BRÛNINGHAUS (L.). — Sur une rela- tion entre l'absorption et la phos- phorescence 1124 — Sur la loi de l'optimum de phospho- rescence. Essai de théorie i375 1/(02 TABLE DES AUTEUIÎS. MM. Pa£(";. BUGUET (Abel). — Cryoseopie de mélanges organiques et combinai- sons par addition 8j7 BULL (L.). — Recherches sur le vol de l'insecte 942 B'USIGNIES (G.). — Sur quelques dé- rives éthyléniques à fonction azotée. 348 MM. Poïes. BUTY (de) et FODOR (Ant.vl). — Application des propriétés magné- tiques des métaux à des commandes mécaniques de précision 206 BUYSSON (Robert du). — Le prix Savigny (Anatomie et Zoologie) lui est décerné 1241 c CALMETTE. — Une partie du prix Jean-Jacques Berger lui est attri- buée 1288 CALMETTE (A.) et GUÉRIN (C.). — Sur la détermination de l'origine bovine ou humaine des bacilles de Koch isolés des lésions tuberculeuses de l'homme 191 — Sur quelques propriétés du bacille tuberculeux d'origine bovine, cultivé sur bile de bœuf glycérinée 716 CALMETTE (A.) et MASSOL (L.). — Sur la précipitation des tubercu- lines par le sérum d'animaux immu- nisés contre la tuberculose 760 CAMBIER (René) et REGNIER (Ar- mand). — Observations sur les Pinakodendion E. Weiss 1 167 CAMUS (Jean) et CLAUDE (Henri). — L'ne citation leur est accordée dans le concours du prix Montyon (Médecine et Chirurgie) 1254 CARALP (Henri). — Une partie du prix Plumey (Is'avigation) lui est attri- buée iigi CARNOT (Ad.). — Rapport sur le con- cours du pri.x Montyon (Statistique) 1277 CARPENTIER (J.) présente plusieurs modèles d'un baromètre isotherme du marquis de .Vlontrichard 1028 CARRÉ. — Une partie du prix Cahours (Chimie) lui est attribuée 1217 CARRUS (S.). — Sur l'intégration des équations au.x dérivées parlielles.. 907 CARTAZ (Ad.). — Le prix Parkin (Mé- decine et Chirurgie) lui est décerné. 1264 CAUDRELIER (E.). — Du rôle de la capacité des électrodes dans la dé- charge des inducteurs 919 — Décharge des inducteurs. Influence du condensateur primaire et de la longueur de l'étincelle II17 GAYEUX (L.). — Le quartz secondaire des minerais de fer oolithique du Silurien de France et son remplace- ment en profondeur par du fer car- bonate logS — Évolution minéralogique des mine- rais de fer oolithique primaires de France i388 CERNOVODEAXU (M"e p.) et HENRI (Victor). — Action de la lumière ultraviolette sur la toxine téta- nique 365 CHAGNAUD. — Une partie du prix Jean-Jacques Berger lui est attri- buée 1287 CHANOZ (M.). — Dissymétrie créée par le courant continu dans les chaînes liquides initialement symé- triques formées de couples aqueux identiques à la viscosité près 598 CHASSY (A.). — Conductibihté d'un gaz à la pression atmosphérique sous l'influence d'une haute tension alter- native 28 CHAUDIER (J.). — Relation entre la biréfringence électrique des liqueurs mixtes et la biréfringence optique des constituants solides de ces h- queurs 202 CHAUVEAU. — Rapport sur le con- cours du prix Montyon (Médecine et Chirurgie) I25l — Est désigné au choix de M. le Ministre des Affaires étrangères pour repré- senter le (gouvernement français a\i Congrès international de Radiologie et d'Électricité de Bruxelles en 1910. 628 CHAUVENET (Ed.). — Sur les hydrates du chlorure et du bromure de tho- rium 289 CHAVERNAC (P.). — Une mention lui est accordée dans le concours du prix Montyon (Médecine et Cliirur- gie) ' I25l TABLE DES AUTEURS. 133 MM. Pages. CHAZY (J.). — Sur les équations dif- férentielles dont l'intégrale est uniforme et admet des singularités .essentielles mobiles 563 CHÉNÈVEAU (C.) et FÉRY (C). — Sur le rayonnement total et mono- chromatique des lampes à incan- descence 777 CHESNEAU (G.). — Sur l'analyse des niobites et tantalites uSa CHEVALIER (Aug.j. — Les tourbières de rochers de l'Afrique tropicale ... 1 34 — L'extension et la régression de la forêt vierge de l'Afrique tropicale. . 458 — Sur les Dioscoiea cultivés en Afrique tropicale et sur un cas de sélection naliirelle relatif à une espèce spon- tanée dans la foret vierge 6lO — Mission scientifique de l'Afrique occi- dentale (septembre-octobre 1909) . . ii4o CHEVROTON (M"e L.) et VLÊS (F.). — La cinématique de la segmen- tation de l'œuf et la chronopho- tographie du développement de l'Oursin 806 CHIRIÉ (J.-L.). — Une mention très honorable lui est accordée dans le concours du prix Godard (Médecine et Chirurgie) 1260 CHOFARDET (P.). — Observations de la nouvelle comète 1909 e (Daniel) faites à l'Observatoire de Besançon, avec l'équatorial coudé l35o CHUDEAU (R.) et GAUTIER (E.). — Le prix Saintour leur est décerné. laSi CIRERA (D.). — Sur la perturbation magnétique du 23 septembre 1909. io35 CLAUDE (Georges). — Sur la récupé- ration frigorifique des liquides vola- tils perdus dans diverses industries. 780 — Sur la dessiccation de l'air destiné à être liquéfié 9l5 CLAUDE (Henri) et CAMUS (Jean). — Une citation leur est accordée dans le concours du prix Montyon (Mé- decine et Chirurgie) 1254 CLÉMENT (Louis) et NICOLARDOT (Pal-l). — Examen des essences de térébenthine 572 CLÉMENT (P.) et FLORENCE (J.-T.). — L'épreuve de la glycosurie ali- mentaire chez l'épileptique l46 — Errata relatifs à cette Communica- tion 472 >1M. Pages. — L'épreuve de la phénolurie provoquée chez l'épileptique 368 — L'épreuve de l'ammoniurie expéri- mentale chez l'épileptique 462 COGGIA. — Observations de la co- mète 1909 a (Borrelly-Daniel), faites à l'Observatoire de Marseille (équa- torial d'Eichens de o^'-aô d'ouver- ture) 197 — Observations de comètes, faites à l'Observatoire de Marseille (équa- torial d'Eichens de o™,26 d'ouver- ture) 1109 — Observations de comètes, faites à l'Observatoire de Marseille (équa- torial d'Eichens de o"\26 d'ouver- ture) 1349 COLANI (A.). — Recherches sur les phosphates de thorium 207 COLIN (Victor) et JEANCE. — Une partie du prix extraordinaire do la Marine leur est attribuée 1 192 COLLIN (B.). — - Sur les formes hyper- trophiques et la croissance dégéné- rative chez quelques Acinétiens . . . 7"42 — Diagnoses préliminaires d'Acinétiens nouveaux ou mal connus 1094 — Quelques remarques sur deux Aci- nétiens 1 407 COLSON (A.). — Sur la nécessité de préciser les réactions. Application à la réduction du sulfate sodique par le charbon 1076 COMANDON (V.). — Cinématographic, à l'ultraraicroscope, de microbes vivants et des particules mobiles. . 938 COMAS SOLÀ (J.). — Calcul de la pro- fondeur des hypocentres sismiques. 536 — Résumé des observations de Mars faites à l'Observatoire Fabra (Barce- lone) pendant l'opposition de 1909. io36 COMTE (C), NICOLLE (Charles) et CONSEIL (E.). — Transmission expérimentale du typhus exanthé- matique par le pou du corps 486 CONSEIL (E.), COMTE (C.) et NI- COLLE (Charles). — Transmission expérimentale du typhus exanthé- matique par le pou du corps '(86 CONSTANTIN (J.) adresse une Note : « Sur le mécanisme du vol de l'oi- seau » 1 74 CONTAMIN (A.). — Rayons X et souris cancéreuses i '397 TABLE DES AUTEURS. 1454 MM. Pages. COQUIDE (E.). — Sur la pluralité des types de végétation dans les sols tourbeux du nord de la France. ... Il 44 GORET (Auguste) adresse une Note : « Sur une sonde électromagnétique pour la recherche des sous-marins ou des torpilles qui couleraient dans un combat naval » 816 CORNEC (E.). — Etude cryoscopiquo de la neutralisation de quelques acides 676 COSTE (M.\urice). — Sur les transfor- mations du sélénium 674 COTTON (A.) et MOUTON (H.). — Variation, avec la température, de la biréfringence magnétique des composés aromatiques. Corps sur- fondus et corps à l'état vitreux. . . 34o COURMONT (J.) et NOGIER (Th.). — Sur la faible pénétration des rayons ultraviolets à travers les liquides contenant des substances colloïdes. 364 COURMONT (J.), NOGIER (Th.) et MM. Pages. ROCHAIX (A.). — Effets, au point de vue chimique (ozone, etc.), de l'immersion dans l'eau de la lampe en quartz à vapeur de mercure. ... ■ 160 COURTAIGNE (Olivier). — Une partie du prix Félix Rivot lui est attri- buée 1 292 CRÉMIEU (V.). — Détermination nou- velle de la constante nevvtonienne. 700 CROCCO. — Une médaille de l'Aéro- nautique (or) lui est décernée 1296 CROLBOIS (J.). — Conservation et aug- mentation de digestibilité des pulpes de distillerie et de sucrerie en fosse, ainsi que des fourrages verts ensilés, par une fermentation rationnelle par ensemencement il i CUÉNOT (L.) et MERCIER (L.). — Études sur le cancer des Souris. Relations entre la greffe de tumeur, la gestation et la lactation 1012 CUSCO (Mme). — Une partie du prix Lannelonsue lui est attribuée 1280 D DABROWSKI et PERRIN (Jean). — Mouvement brownien et constantes moléculaires 477 DAIRE et DORNIC. — Contribution à l'étude de la stérilisation par les rayons ultraviolets. Application à l'industrie beurrière 354 DANAILA. — Sur l'oxydation des dimé- thylanilinisatines 7g3 - — Sur la synthèse de l'indigo tétra- bromé-5.7.5 .7 et de l'indigo tétrachloré-5 .7.5.7 1 383 DANGEARD (P.-A.). — Sur les pro- priétés photographiques du Chlo- rella vulgaris 797 DANIEL (Lucie.n). — Sur un nouvel hybride de greffe entre Aubépine et Néflier 1008 DARBOUX (G.) fait hommage d'un exemplaire de l'Adresse qu'il a présentée, en qualité de délégué du Gouvernement français à New- York, à la Commission Mudson-Fulton. . . 621 • — Sur les congruences de courbes et sur les surfaces normales aux droites d'un complexe 819 — Sur les congruences de courbes et sur les surfaces normales aux droites d'un complexe 885 — Est nommé Membre d'une Commis- sion chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'Associé étranger 1 345 — Rapports sur les concours : du* prix Francœur (Géométrie) 11 84 — Du prix Binouxf Histoire des Sciences) 1279 — Du prix Gegner 1280 — Du prix Lannelongue 1280 — Du prix Tiémont 1 280 — Du prix Wilde 1 280 — Du prix Leconte 1291 M. le Secrétaire perpétuel annonce à l'A- cadémie que le Tome CXLVII des Comptes rendus, 2^ semestre 1908, est en distribution au Secrétariat. . 4^3 M. le Secrétaire perpétuel donne lecture d'une dépêche de la Société helvé- tique des Sciences naturelles, rela- tive à la publication des « Œuvres d'Euler > 473 M. le Secrétaire perpétuel rend compte de la « Conférence de l'Association TABLE DES M. M. ' Pages, internationale de Sismologie », tenue àZermatt du 3oaoùt au 3 septembre. 47^ M. le Secrétaire perpétuel présente à l'A- cadémie les 11 Rapports scientifiques sur les travaux entrepris en 1908 au moyen des subventions de la Caisse des recherches scientifiques » 709 M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Corres- pondance, les Ouvrages suivants : Quatre fascicules de la Flore géné- rale de r Indo-Chine, par M. H. Leeoinle; Biologie florale, par il. F. Péchoulre, 16. — Catalogo astrofoto- grafico 1900,0: Zona di Catania ; dcclinazione -f- 5l° à + 53°, ascen- sione retta o' à 3 ', 386. — Onoranze al Prof., Luigi Cremona; Les végé- taux utiles de l'Afrique tropicale française. Fascicule V : Première étude sur les bois de la Côte d'Ivoi- re, par M. -4i(g. Chevalier, 433. — Croisière océanographique dans la mer du Groenland en igoî. Résul- tats scientifiques, par le Duc d'Or- léans, 474- — Le machinisme, son rôle dans la vie quotidienne, par M. Max de Nansouty; Théorie des moteurs thermiques, par M. E. Jou- guel, 624. — Des notations mathé- matiques : énumération, choix et usage, par M. Désiré André; Prin- cipes de la théorie des fonctions entières d'ordre infini, par M. Otto Blumenlhal; La respiration de la Terre. L'écorce terrestre, ses mouve- ments rythmés et ses déformations permanentes, par M. Ch. Laltemand; Précis de Parasitologie, par M. J. Cuiart; Diverses publications du Bureau central de l'Association internationale de Sismologie; Les ferments de la graisse des vins, par MM. E. Kayser et E. Monceau, 722. — Leçons sur la théorie de la crois- sance, par M. Emile Borel, 834. — Les eaux minérales, milieux vitaux. Sérothérapie artificielle et balnéo- thérapie tissulaire par leur injection dans l'organisme, par le D'' C. Fleig; La Pisciculture en France de 1884 à 1900, par le D'' Jousset de BeUesme; Problèmes et exercices de Mathé- matiques générales, par M. E. Fabry; C. R., 1903, ■• Semestre. (T. !4'/ AUTEURS. 1455 .MM. Pages. Nouvelle méthode de prévision du temps, par M. Gabriel Guilbert, avec une Préface par M. Bernard Brunhes; La cure radicale de la hernie inguinale, par le D'' Lucas- Championnière; Analyses agricoles, par M. R. Guillin; Ampélographie, Tomes I et VII, par M. Ti'oia, 966. DARESTE DE LA CHA VANNE (J.).— Sur l'histoire géologique et la tecto- nique de l'Atlas tellien de la Numidie orientale (Algérie) 371 — Sur l'histoire géologique et la tecto- nique de l'Atlas tellien de la Numidie orientale (Algérie) 429 DARMOIS (E.). — Sur la composition des essences de térébenthine 73o DARZENS (Georges). — Hydrogé- nation catalytique des bases quino- léiques et aromatiques looi DARZENS (G.) et ROST.— Sur l'hexahy- drophénylacétylène et l'acide hexa- hydrophénylpropiolique 681 DASTRE (A.). — Rapports sur les con- cours : du prix Montyon (Médecine et Chirurgie) 1253 — Du prix Barbier (Médecine et Chi- rurgie) 1 254 — Du prix Parkin (Médecine et Chi- rurgie) 1 264 — Du prix Montyon (Physiologie expé- rimentale) 1 265 — Du prix La Caze (Physiologie) 1270 — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au Congrès de l'Association française du Froid, à Lyon, en oc- tobre 1910 332 DAUTRICHE (H.). — Fonctionnement des exploseurs de sûreté au nitrate d'ammoniaque en présence du char- bon, du papier et de la paralfine. . . 926 DAUTZENBERG (Ph.). — Sur les Mollusques marins provenant des campagnes scientifiques de M. A. Gruvel en Afrique occidentale, 1906- 1909 74? DAVId'(P.) et BRUNHES (B.). — Nou- velles observations sur les courants telluriques entre stations à grande différence d'altitude 74 DAYDÉ et PILLÉ. — Une partie du prix Jean- Jacques Berger leur est attri- buée 1 287 DELAGE (Yves). — Les vraies causes 192 1/(56 TABLE DES MM. Pases. de la prétendue parthénogenèse élec- trique 890 DELAGRANGE (Léon). — Une mé- daille de l'Aéronautique (vermeil) lui est décernée 1297 DE LAUNAY (L.). — Sur la formation des gisements d'or 298 DELEBECQUE (André). — Sur lori- gine de la plaine des Rocailles (Haute-Savoie) 1022 DELÉPINE (G.). — Sur la succession des faunes et la répartition des faciès du calcaire carbonifère de Belgique. 1164 DELÉPINE (Marcel). — Présence du diméthoxy -2.3- méthylène - dioxy - 4 . 5-allyl-i benzène dans l'essence de criste-marine 21 5 — Sur les iridodisulfales métalliques.. 786 — Chloroiridates et chloroiridites d'ar- gent et de thallium 1072 DELÉPINE (Marcel) et BONNET (Pierre). — Sur l'oxydation des aldéhydes par l'oxyde d'argent. ... 39 DELEZENNE (C). — Le prix La Gaze (Physiologie) lui est décerné 1270 DEMOLON (A.) et ICAYSER (E.). — Sur la vie de la levure après la fer- mentation l52 DEMOULIN (A.). — Errata relatifs à une Communication du 22 fé- vrier 1909 intitulée : « PiTiicipes de Géométrie projeclive » 244 — Errata relatifs à une Communication du i^'' février 1909 intitulée: «Sur les familles de Lamé composées de cyelides de Dupiu » 244 — Errata relatifs à une Communication du 7 juin 1909 intitulée : « Sur les surfaces telles que les courbures géo- désiqu.'js, etc. n 420 DEMOUSSY et MAQUENNE (L.). — Influence des rayons ultraviolets sur la végétation des plantes vertes. 756 ■ — Sur le noircissement des feuilles vertes 958 DENJOY (Arnaud). — Sur les fonc- tions analytiques uniformes à singu- larités discontinues 258 — Sur les singularités discontinues des fonctions analytiques uniformes... 386 — Sur les ensembles parfaits discontinus à deux dimensions 726 : — Sur les ensembles parfaits discon- tinus 1048 AUTEURS. MM. Pages. DEPRAT. • — Sur les formations érup- tives et métamorphiques au Tonkin et sur la présence des types de lami- nage 864 DESLANDRES (H.). — Recherches sur les mouvements de la couche supé- rieure de l'atmosphère solaire 179 — Communique un télégramme de Al. P. Lon'ell relatif à la présence de l'oxygène libre dans 1 atmosphère de Mars 493 — Mouveïnenls de l'atmosphère so- laire supérieure au-dessus et autour des facules. Tourbillons cellulaires du Soleil 493 — Errata, relatifs à cette Communication 58o — Aménagement du grand télescope de Mejidon pour la photographie des comètes. Application à la comète de Jlalley i lOl — Est désigné au choix de M. le Ministre dos Affaires étrangères pour repré- senter le Gouvernement français au Congrès international de Radioloiiie e< rf'iÉ/ec 762 DOYÈRE. — Une partie du prix extra- ordinaire de la Marine (Navigation) lui est attribuée 1 191 DROIT (Albeut) adresse une Note con- cernant « Un coefficient de frotte- ment » 5l8 DRZEWIECKI. — Formules pratiques pour le calcul des hélices aériennes. . 5o6 DUANE (William). — Errata relatifs à une Communication du i" juin 1909 intitulée : « Le dégagement de cha- leur des corps radioactifs » 328 DUBARD (M.) et EBERHARDT. — Observations biologiques sur l'arbre à caoutchouc ilu Tonkin {Bleek- rodea lonkiiiensis] 000 DUBRISAY (René). — Sur la décompo- sition hydrolytique de bromure de bismuth 122 ■ — Sur la dissociation hydrolytique de riodure de bismuth 15i DUFOUR (A.). • — Dissymétries dans le phénomène de Zeeman présenté par certaines bandes d'émission des va- peurs 917 iiges. MM. 1 DUHEM (P.). — Publication d'un frag- ment inédit de VOpiis lertium de Bacon 582 — Une partie du prix Binoux (Ilisloire des Sciences) lui est attribuée i'-*79 DUMOiNT (J.). — Les enduits de revê- tement des particules terreuses .... 1087 — Sur la décomposition chimicjue des roches i 390 DUNOYER (Louis). — Sur la variation de la conductibilité du verre avec la température i lao DUPARD. — Une mention très hono- rable lui est accordée dans le con- cours du prix du baron Larrey (Mé- decine et Chirurgie) 1261 DUPONT (Cn.). — Sur des secousses de tremblement de terre ressenties au Yunnan 326 DUPONT (Georges). — Sur les iso- méries stéréochimiques de l'hexino- 3-diol-25 i38i DUVAL (H.). — Essais de benzidina- tion dans les séries du diphényle, du diphénylméthane et du diphényl- éthane /joi EBERHARDT et DUBARD (M.). — Observations biologiques sur l'arbre à caoutchouc du Tonkin [Bleekro- dea tonkinensis] 3oo EISENMENGER (Gabriel). — Sur- creusement glaciaire du lac de Garde (Italie) 749 ESNAULT-PELTERIE (Robert). — Une médaille de l'Aéronautique (vermeil) lui est décernée 1297 ET EVE (A.) adresse une Note et un Mémoire « Sur le vol des oiseaux et les ornithoplanes » 76 — Adresse une Note « Sur l'auloruta- tion » 1 4 1 8 EULER. — M. le Secrétaire perpétuel donne lecture d'une dépêche de la Société helvétique des Sciences na- turelles, relative à la publication des « Œuvres d'Euler » 473 FABRE (J.-Il.l. ^ Le prix Gegner lui est décerné 1 280 FABRY (Eugène). — Module d'une série de Taylor 767 — Ordre d'une série de Taylor io43 FABRY (Louis). — Sur le tremblement de terre de Provence (i i juin 1909) . 170 — Sur une oscillation de la mer, con- statée le 13 juin 1909 dans le port de Marseille 324 FAILLIE. — Une partie du prix Jean- Jacques Berger lui est attribuée... 1287 FAIRFAX NAULTY (Edwin) adresse une Note; « Sur la vraie relation du pôle magnétique au pôle géogra- phique 539 FARMAN (Henri). — Une médaille de llAéronau tique (or) lui est ilé- cernée 1 296 FAUCON (M.-A.) et MASSOL (G.). — , Sur la chaleur latente de fusion et la chaleur spécifique de l'acide TABLE DES Pages. I 345 i63 6i3 37 i458 MM. propionique FAURÉ-FRÉMIET (E.). — Sur les ré- actions de quelques mitochondries. FAVRE (J.) et JOUKOWSKY (E.). — Sur la position stratigraphique des couches à Helerodiceras Lucii Defr., au Salève FERRER. — Une médaille de l'Aéro- nautique (or) lui est décernée 1296 FERNBACH (A.). — Sur un poison éla bore par la levure FÉRY (Ch.). — Ouverture d'un pli cacheté renfermant une Note inti- tulée : « L'évaluation de la tempé- rature des étoiles » 587 FÉRY (C.) et CHÉNEVEAU (C). — Sur le rayonnement total et mono- chromatique des lampes à incandes- cence n-j--j FLEIG (G.). — Action d'eaux minérales et de sérums artificiels radioactifs sur la survie d'organes ou d'élé- ments cellulaires isolés du corps (muscles lisses et striés, globules rouges, spermatozoïdes) 691 — Errata relatifs à cette Communi- cation 816 FLORENCE (J.) et CLÉMENT (P.).— L'épreuve de la glycosurie alimen- taire chez l'épileptique 146 — Errata relatifs à cette Communi- cation 4y2 — L'épreuve de la phénolurie provoquée chez l'épileptique 368 AUTEURS. MM. i.iigcs. — L'épreuve de l'ammoniurie expéri- mentale chez l'épileptique 462 FODOR (Antal) et BUTY (de). — Application des propriétés magné- tiques des métaux à des commandes mécaniciues de précision 206 FORCRANL) (de). — Sur les carbonates neutres de rubidium et de caesium. 97 — Errata relatifs à cette Communi- cation 420 — Sur les bicarbonates de rubidium et de cœsium 719 — Sur les carbonates acides alcalins. . . 825 — Sur les hydrates de rubidine et de cœsine i34l FOURNIER (L.) et BESSON (A.). — Sur les chlorures de silicium 34 FRANCHIS (Michèle de) et BAGNERA (Giuseppe). — Le prix Bordin (Géo- métrie) leur est décerné 11 85 FREEDERICKSZ(V.)etGUYE(C.T.). Sur le frottement intérieur des solides aux basses températures. . . 1066 FRÉMONT (Charles). — Le prix Tré- mont lui est décerné 1280 FREUNDLER (P.). ^ Sur les dérivés c- oxyindazyliques Il 35 FREYCINET (de). — Rapport sur le concours du prix Montyon (Stati- stique) 1270 FROMAGET (E.). — Une partie du prix extraordinaire de la Marine (Naviga- gation) lui est attribuée 1192 G GAIN (Edmond) et APSIT (Jean). — Les graines tuées par anesthésie conservent leurs propriétés diasta- siques 58 GALBRUN. — Sur la représentation des solutions d'une équation aux différences fmies pour les grandes valeurs de la variable io46 GAMBIER (B.). — Sur les intégrales singulières de certaines équations différentielles algébriques 21 GAMS (A.) et PICTET (Amé). — Syn- thèse de la papavérine 210 GARDE (G.). — Étude des principaux gisements de roches alcalines du Soudan français 43 GARGAM DE MONCETZ. — Formule de sensibilisation chromatique pour le rouge extrême et le commence- ment de l'infrarouge 85l GARNIER (René). — Sur les équations différentielles linéaires et les trans- cendantes uniformes du second ordre 23 — Sur les surfaces du quatrième ordre qui admettent un groupe infini discontinu de transformations bira- tionnelles lo54 GAUBERT (Paul). — Sur le pseudo- polychro'isme des sphérolites 456 — Sur les cristaux liquides des combi- naisons de la cholpstérine et de Ter- TABLE DES AUTEURS. MM. l\ii;e*. gostérine avec l'urée 608 — Sur une nouvelle substance très fluo- rescente dérivée de la physostigmine 852 — Sur le polychroïsme des cristaux colorés artificiellement 1004 GAUDECHON (H.) et MÛNTZ (A.). — Le ralentissement de l'assimilation végétale pendant les temps couverts. 190 — Les effets thermiques de l'humec- tation des sols 377 GAUTIER (Armand). — Observations sur la nature et l'origine des gaz qui forment les fumerolles volcaniques ou qui sortent des cratères des anciens volcans 84 — Errata relatifs à cette Communi- cation 472 — Méthode pour recueillir et conserver les gaz des fumerolles, des sources ou des sols volcaniques 245 — Remarques à propos de la Note de M. Reboul intitulée : « Réactions chimiques et ionisation » Ii3 — Est désigné pour r'^présenter l'Aca- démie au deuxième Congrès inlerna- tional pour la répression des fraudes. 473 — Est désigné au choix de M. le Ministre des Affaires étrangères pour repré- senter le Gouvernement français au Congrès international de Radiologie et d' Électricité de Bruxelles en igio. 628 — Rapport sur le deuxième Congrès international pour la répression des fraudes 658 — Sur la digestibilité du lait stérilisé par surchauffage 1028 — Est élu Vice-Président pour l'année 1910 i344 — Est nommé Membre d'une Commis- sion chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'Associé étranger i345 GAUTIER (E.-F.) et CHUDEAU (R.). — Le prix Saintour leur est décerné. 1 281 GAUTRELET (Emile). — Transfor- mation partielle des matières grasses alimentaires en mannites par les digestions pepsique et pancréatique in vitro 1 1 5o GAUTRELET (Jean) et THOMAS (Louis). — Action hypotensive du sérum de chien privé de surrénales. i49 GAY (L.). — Tensions de vapeurs des mélanges liquides. Démonstration i/|09 M .M. Pages, nouvelle et généralisation de la for- mule de Duhem-Margules 670 GERBER (C). — La présure de la Bella- done i37 — Localisation des ferments protéo- lytiques dans la Vasconcellea querci- jolia. Présure et latex coagulable spontanément 787 — ■ La présure des Basidiomycètes 944 GERBER (C.) et BOIS (D.). — Quelques maladies parasitaires du Cannellier de Ceyian 4o5 GERNEZ (D.). — Sur la nature du chan- gement qu'éprouvent les cristaux de sulfate de sodium heptahydraté au contact des cristaux du déca- hydrate . .- 77 GIACOBINI. — Observations de la comète de Halley faites à l'Obser- vatoire de Paris 763 GILLY adresse une Note intitulée : « Sur l'oxyde d'antimoine employé comme succédané de la céruse » 884 GIMEL (Gilbert) et ALLIOT (Henri). — Du lavage des pommes à cidre avec un oxydant calcique ; défé- cation rapide du moût et fermen- tation pure 532 GLANGEAUD (PH.). — Le prix Delesse (Minéralogie et Géologie) lui est décerné 1227 GLEDITSCH (M'ie). — Sur le rapport entre l'uranium et le radium dans les minéraux radioactifs 267 GLEY (E.). — • Action des sérums toxiques et de leurs antitoxines sur le système nerveux. Contribution à l'étude du mécanisme de l'immunité. 812 GLEY (E.) et PACHON (V.). — De l'action des sérums toxiques sur le cœur isolé d'animaux immunisés contre ces sérums 8l3 GLOVER. — De l'examen de la respi- ration et de l'analyse graphique de la parole dans les écoles spéciales. . 800 GODCHOT (Marcel). — Sur quelques dérivés du dicyclohexylphényl- méthane 1 1 87 GONNARD (Ferdinand). — Le prix Victor Raulin (Minéralogie et Géo- logie) lui est décerné 1229 GONNESSIAT (E.), adresse un Rapport sur l'emploi de la subvention accor- dée sur le fonds Bonaparte en 1908. lOl I 'i6() TAin.i!: MM. I' GORIS (A.) et MASCRÉ (M.). — Sur l'existence, dans le Primula ojjici- nalis Jacq., fie deux nouveaux glu- cosides dédoublables par un ferment. GOUTAL |E.). — - Dosage de loxyde de carbone dans les aciers GOUY. — Phénomènes magnéto- anodiques — Errata relatifs à cette Communi- cation — Sur la constitution de la charge élec- trique à la surface d'un électrolyte. — Sur la tension de vapeur d'un liquide électrisé GOY (Louis de). — Le prix Montyon (Statistique) lui est décerné G-RADINESCO(A.)etATHANASIU(J.). — Les capsules surrénales et les échanges entre le sang et les tissus. GRAFF (L. von), Président, et le Comité d'organisation invitent l'Académie à se faire représenter au « VIII^ Con- grès international de Zoologie ». . . . GRAMONT (A. de) et WATTEVILLE (G. de). — Sur le spectre ultra- violet de bandes du phosphore. . . . — Errata relatifs à cette Communi- cation GRANDIDIER (G.). — Description d'un • Oiseau nouveau (Montas Benschi E.O. et G. G.) de Madagascar. . . . GRANDJEAN (F.). — Étude optique de l'absorption des vapeurs lourdes par certaines zéolithes GRAVÉ (DÉMÉTRius). — Sur une iden- tité dans la théorie des formes binaires quadratiques GRIFFITIIS (Charles) et GUILLET (Léon). — - Sur la cémentation du fer par le carbone dans le vide. . . . GRIFFON (Ed.). — Sur le rôle des bacilles fluorescents de Flugge en Pathologie végétale GRUMBACII (Albert). — Sur lélec- trisation de contact GRU"VEL (A.). — Résumé de quelques observations scientifiques faites sur les côtes de la Mauritanie de 1906 à 1909 — Dispersion de quelques espèces appar- tenant à la faune marine des côtes de Mauritanie GRUZEWSKA (Z.) etBIERRY (M.).— Action du suc pancréatique sur le DES AUTEL'US. igc?. I MM. l'n-es. glycogcne, l'amidon et ses compo- sants j59 GRY (A.) et GUYOT (A.). — Sur 947 quelques nouvelles synthèses de la vanilline vr-*S 1129 GUÉGUEN (Fernand). — Sur l'exis- tence de sclérotes chez une Muco- 382 rinée Sli8 GUÉPIN (A.) adresse une Note intitulée: 472 « Les faux albuminuriques » 761 GUERBET (Marcel). — Condensation 654 de l'alcool isopropylique avec son dérivé sodé; formation du mélhyl- 822 isobutylcarbinol et du diméthyl-2.4- hcptanol-6 129 1272 — Sur quelques produits de conden- sation du camphre ijii - Une partie du prix Jecker (Chimie) 41 3 lui est attribuée I2i3 — Une médaille Berthelot lui est décer- née 1 279 GUÉRIN (C.) et CALMETTE (A.). — 904 Sur la détermination de l'origine bovine ou humaine des bacilles de Koch isolés des lésions tubercu- 263 leuses de l'homme 191 — Sur quelques propriétés du bacille 58o tuberculeux d'origine bovine, cul- tivé sur bile de bœuf glycérinée. . . 716 GUICIIARD (G.). — Survies surfaces 1090 telles que les tangentes à une série de Ugnes de courbure touchent une quadrique loSo 866 GUIGNARD (L.). — Influence de l'anes- thésie et du gel sur le dédoublement de certains glucosides chez les 770 plantes 9 ' — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au deuxième Congrès iiilerna- tional pour la répression des fraudes. 47-5 — Rapport sur le concours du prix Bi- noux (Histoire des Sciences) 1279 GUILLAUME (J.). — Occultations d'étoiles observées à l'équatorial 846 Brunner (o™,i6) de l'Observatoire de Lyon pendant l'éclipsé de Lune du 3 juin 17 - Observations du Soleil faites à l'Ob- 881 servatoire de Lyon pendant le deu- xième trimestre de 1909 660 GUILLEMARD (11.) et MOOG (R.).— 1017 Errata relatifs à une Communi- cation du l4 juin 1909 intitulée : « Sur une méthode permettant de TABLE DES AUTEURS. il\6\ Wi II3I 55i ,\IM. Page* mesurer la déshydratation de l'orga- nisme, etc. » GUILLEMARD (H.), MOOG (R.) et REGNIER (G.). — Sur la déshy- dratation de l'organisme par les voies pulmonaire et cutanée, et ses variations avec l'altitude GUILLET (A.). — L'électro-diapason . GUILLET (Léon) et GRIFFITHS (Charles). — Sur la cémentation du fer par le carbone dans le vide. GUILLIERMOND (A.). — Remarques sur l'évolution nucléaire et les mito- ses de l'asque chez les Ascomycètes. — Un prix Montagne (Botanique) lui est décerné i a'iS GUINCIIANT. — Constantes calori- métriques et cryoscopiques du bro- mure mercuriquç 479 — Propriétés thermiques de l'azotate d'argent 669 GUYE (C.-E.) et FREEDERICKSZ (V.). — Sur le frottement intérieur des 25 5o MM. V solides aux basses températures... GUYE (Ph.-A.) et ZACHARIADES (N.). — Sur la réduction des pesées au vide appliquée aux déterminations de poids atomiques — Sur la réduction des pesées au vide appliquée aux déterminations de poids atomiques GUYNOT DE BOISMENU. — Ouver- ture de deux plis cachetés contenant des Notes relatives à la SijnOièse du diamant GUYON. — Rapports sur les concours: du prix Montyon (Médecine et Chi- rurgie) — Du prix Godard (Médecine et Chi- rurgie) ... A GUYOT (A.). — Nouvelles méthodes générales de synthèse des aldéhydes aromatiques GUY'OT (A.) etGRY (A.). — Sur quelques nouvelles synthèses de la vanilline. a^es. 1066 Î93 lOI 1260 788 928 H IIAAG (J.). — Sur certains groupes de familles de Lamé 9o5 — ■ Familles de Lamé composées d'héli- coides io5i — Sur les familles de Lamé composées de surfaces admettant un plan de symétrie variable l352 HACHET-SOUPLET (P.). — A propos de la psychologie des Pagures 8o4 HAFFKINÈ (W.-M.). — Un prix lui est décerné sur les arrérages de la fondation Bréant (Médecine et Chi- rurgie) 1254 HALLER. — Rapport sur le concours du prix Jecker (Chimie) I2i3 — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au Congrès de l'Association française du Froid, à Lyon, en oc- tobre 1910 33a — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au deuxième Congrès interna- tional pour la répression des fraudes. 473 HALLER (A.) et BAUER (Édouahd). — Sur de nouvelles trialcoylacélo- phénones et sur les acides trialcoyla- cétiques qui en dérivent 5 Il ALLEZ (PaulI. — Cycle biologique d'une forme voisine des Oloplana. . . 802 HAMY'' (Maurice). — Sur la détermi- nation des déplacements de l'axe de rotation des lunettes méridiennes. i85 — Rapport sur le concours du prix Valz (Astronomie) i '99 HANIN adresse une Note intitulée : « Théorie d'aviation par actions intermittentes » 7o5 HARIOT (P.). — Sur la croissance des Fucus 352 HATON DE LA GOUPILLIÈRE. — Oscillations des bennes non guidées. 58 1 — Fait hommage d'un exemplaire de son travail publié dans le Recueil des Mémoires de l'Académie des Sciences de Lisbonne sous le titre : « La loi des aires dans le mouvement avec liaisons 1 623 — • Rapport sur le concours du prix Montyon (Statistique) 1275 HÉBERT (Alexandre) et KLING (André). — De l'influence des ra- diations du radium sur les fonctions chlorophyllienne et respiratoire chez les végétaux 23o HECKEL (Edouard). — Intlvience des 1462 TABLE DES MM anesthésiques et du gel sur les plantes à coumarine — Fixation de la mutation gemmaire cultiirale du Solanum maglia : va- riation de forme et de coloris des tubercules mutés HELBRONNER (P.). -- Errata relatifs à ime Communication du 7 juin 1909 intitulée : n Sur l'altimétrie du massif Pelvoux-Ecrins » — Sur les triangulations géodésiques complémentaires des hautes régions des Alpes françaises (septième cam- pagne) HEMSALECII (G.-A.) etWATTEVILLE (C. de). — Sur le spectre des raies du calcium donné par le chalumeau oxyacétylénique — Sur les régions jaune, orangée et rouge du spectre de flamme à havite température du calcium HENNEGUY. — Rapports sur les con- cours : du prix Da Gama Machado (Anatomie et Zoologie) — Du prix Barbier (Médecine et Chirur- gie) — Du prix Mège (Médecine et Chirurgie) . — Du prix Lallemand (Physiologie)... HENRI (Victor) et CERNOVODEANU IMiie p_)_ — Action de la lumière ultraviolette sur la toxine tétanique. HENRI (Victor) et SCHNITZLER (Joseph). — Action des rayons tiltraviolets sur' la fermentation acétique du vin HENRIOT (Emile) et VAVON (G.). — Sur la radioactivité des sels de potassium HENTSCHEL (Albert-Théodore). — Une partie du prix Félix Rivot lui est attribuée HERCHEFINKEL (H.). — Sur le déga- gement d'émanation de radium... • — La décomposition de l'acide carbo- nique par les rayons ultraviolets. . . IIERMITE (Gustave) et BESANÇON (Georges). — Une médaille de l'Aéronautique (vermeil) leur est dé- cernée HERVIEU. — Une partie du prix Jean-Jacques Berger lui est attri- buée HERVIEUX (Ch.) et PORCHER (Ch.). — Une mention leur est accordée Pages. 829 83i 420 728 i369 1243 1254 1262 1267 365 3l2 3o 1292 275 395 1297 1287 AUTEURS. MM l'afîcs. dans le concours du prix Montyon (Médecine et Chirurgie) laSl HESLING adresse une Note relative à la « Construction d'un appareil permettant à un explorateur de prouver matériellement qu'il a atteint le pôle » l4i9 HESSE (C.tRLOS-A.) adresse une Note « Sur un projet de réforme du calendrier » 539 HESSE (E.) et LÉGER (L.). — Sur un nouvel Entophyte parasite d'un Coléoplère 3o3 HILDEBRANDSSON (H.-Hilde- brand). — Quelques remarques sur les températures d'été dans diverses parties de l'Europe 700 HINKS (Arthus-R.). — La masse de la Lune déduite des observations photographiques de la planète Eros, faites dans les années 1900 et 1901 . 764 HINRICHS (G.-D.). — Sur une solution proposée pour l'équation de condi- tion relative au calcul des poids atomiques 124 — Calcul des poids atomiques : solution de l'équation de condition 1074 HOLDERER (Maurice). — Influence de la réaction du milieu sur la fd- tralion des diastases 1 1 53 HOLDERER (M.) et BERTRAND (Gabriel). — La cellase et le dédou- blement diastasique du cellose 1 385 HOSTINSKY (B.). — Addition à la Note du 7 juin 1909 intitulée : « Sur une généralisation de la géo- métrie des cyclides » 244 HOULLEVIGUE (L.). — Préparation de lames minces par volatilisation dans le vide 1 368 H LI E. — Le prix Desmazières (Botanique) lui est décerné 1234 HUGGINS (Sir William) fait hom- mage à l'Académie de la collection de ses « Scientifie Papers » 721 HUGOUNENQ (L.) et MOREL (A.). — L'hydrolyse f luorhy drique des matières protciqucs : nouveaux résultats 4 1 IIYVERT (G.) adresse une Note : « Sur l'analyse colorimétrique » 648 — Adresse deux Notes intitulées : « Sur un nouveau procédé d'expertise légale des sols présumés conta- MM. Pages, minés par des infiltrations fécales » et « Sur les réactions colorimé- triques des nitrates de bases diffé- rentes » 954 — Adresse deux Notes intitulées : « Nou- TABLE DES AUTEURS. MM. l463 Pages. veau dispositif pour l'expertise rapide des eaux d'alimentation et des couches ou terres filtrantes suspectes » et « Contribution à la synthèse des alcaloïdes » 1097 IDRAC. — Observations oculaires et photographiques sur la planète Mars. I I IMBERT (A.). — Sur la fatigue engen- 834 I drée par les mouvements rapides . . . 689 JACOBSEN (Jules). — Sur la décom- position du tétrachloroplatinate argentique par l'eau et la prépara- tion du platine fulminant 574 JANET (Charles). — Le pri.\ Cuvier (Anatomie et Zoologie) lui est décerné 1234 .lANET (P.A.UL). — Le prix Hébert (Phy- sique) lui est décerné 1204 JARKOWSKY (Witold) adresse une Note intitulée : « Sur l'unité aérody- namique 11 619 JARRY-DESLOGES (R.). — Observa- tions sur la surface de la planète Mars, du 4 juin à octobre 1909 687 — Observations sur la surface de la planète Mars 664 — Sur la durée de rotation de Mercirre. 966 — Sur le retrait graduel de la tache polaire australe de Mars pendant l'opposition de 1909 i346 JAVELLE. — Sur la comète de Halley. 663 JEANCE et COLIN (Victor). — Une partie du prix extraordinaire de la Marine leur est attribuée 1 192 JOLIBOIS (Pierre). — Sur les états allotropiques du phosphore 287 — l'iie partie du prix Cahours (Chimie) lui est attribuée 1217 — Une médaille Berthelot lui est décernée 1279 JOLY (A.). — Sur les formations conti- nentales néogènes dans les hautes Plaines constantinoises (Algérie) . . . 323 JONCKHEERE (Robert). — Études sur la planète Mars à l'Observa- toire d'Hem 969 JOUBIN (L.) — LeprixGay (Géographie) lui est décerné 1 202 JOUGUET (E.). — Sur la vitesse des ondes de choc et combustion i36i JOUKOWSKY (E.) et FAVRE (J.). — Sur la position stratigraphique des couches à Ilelerodiceras Lucii Defr., au Salève 6i3 JULLIOT. — Une médaille de l'Aéro- nautique (or) lui est décernée 1296 JUMELLE (Henri) et PERRIER DE LA BATHIE (H.). — Quelques Ignames sauvages de Madagascar. 484 JUNGFLEISCH. — Rapport sur le concours du prix Jecker (Chimie). I2l3 — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au deuxième Congrès inter- national pour la répression des fraudes 4/3 KAPFERER (Henri) et SURCOUF (Edouard). — Une médaille de l'Aéronautique (or) leur est décernée. 1297 KAPTEYN (J.-C.) est élu Correspon- dant de l'Académie pour la Section d'Astronomie 16 KARPEN (Vasilesco). — Sur la télé- phonie à grande distance 8 18 KAYSER (E.) et DEMOLON (A.). — C. H., 190;). .!■ Semestre. (T. U'.K) Sur la vie de la levure après la fer- mentation 1 52 KAYSER (E.) et MANCEAU (E.). — Sur les ferments de la graisse des vins 740 KERNBAUM (Miroslaw). — Action chimique sur l'eau des rayons péné- trants du radium 116 — Décomposition de l'eau par les iq3 i46i 4 TABLE DES AUTEURS. MM. Pages, rayons uUra violets 273 KLING (André) et HÉBERT (Alexan- dre). — De l'influence des radia- tions du radium sur les fonctions chlorophyllienne et respiratoire chez les végétaux aSo KLOBB (T.). — Les phytostérols dans la famille des Synanthérées; le faradiol, nouvel alcool bivalent du tussilage 999 K0P1N-ABREST (E.j. — Procédé de dosage rapide et direct de l'alu- MM. Pages, minium métallique Sgg KORN (A.). — Sur quelques inégalités jouant un rôle dans la théorie des vibrations élastiques et des vibra- tions électriques 26 — Errata relatifs à cette Communi- cation R16 KÔVESSI (François). — Sur la pré- tendue utilisation de l'azote de l'air par certains poils spéciaux des plantes 56 L LA BAUME PLUVINEL (A. de) et BALDET (F.). — Sur la photo- graphie de la planète Mars 838 LABBÉ. — Rapport sur le concours du pri.x Montyon (Statistique) 1272 LABBÉ (IL) et VITRY (G.). — Con- tribution à l'étude de l'indosé urinaire chez les diabétiques 4i5 LACROIX (A.) fait hommage à l'Aca- démie d'un Ouvrage de M. Léon Desbuivsons, intitulé : « La vallée de Binn (Valais) », dont il a écrit la Préface 100 — Sur l'existence de roches grenues intrusives pliocènes dans le massif volcanique du Cantal 5^i — Sur l'existence de la rhodizite dans les pegmatites de Madagascar 896 — Rapport sur le concours du prix Victor Raulin (Minéralogie et Géo- logie) 1 229 LADEXBURG est élu Correspondant pour la Section de Chimie en rem- placement de M. Mendeleef, décédé. 1109 LAFAY (A.). — Sur la mesure des pressions élevées déduite des varia- tions de résistivité des conducteurs soumis à leur action 566 — Sur un dispositif destiné à l'évalua- tion de très faibles différences de pression 1 1 IJ LALLEMAND (Ch.). — Sur l'élasticité du globe terrestre 336 — Sur les marées de l'écorce et l'élas- ticité du globe terrestre 388 — E r :ti relatifs à cette Communica- tion t^J-i — Sur les mouvements de la verticale dus à l'attraction de la Lune et du Soleil, la Terre étant supposée absolument rigide 43'( — Errata relatifs à cette Communi- cation S.'io — Sur les marées théoriques du géoïde dans l'hypothèse d'une absolue rigidité de la Terre \-j\ — Errata relatifs à cette Communi- cation 58o LAMBERT (Charles de). — Une mé- daille de l'.\éronautique (or) lui est décernée i 2q6 LANDOLPIl (F.). — Sur les glucoses urinaires et les organes affectés, cause de leur apparition 1 10 — Adresse une Note intitulée : « Sur la pluralité du glucose dans les urines et sur la relation qui existe entre les organes affectés et la qualité du sucre éliminé » 705 — Adresse deux Notes intitulées : « Sur l'absence complète de l'acide chlorhydrique libre dans le suc gastrique en général » et « Sur le dosage du chlore dans le suc gastrique » 8 1 G LANDSTELNER (K.) et LEVADITI (C). — La transmission de la para- lysie infantile au chimpanzé loi 1 LANG (P.-J.) adresse une Note de MULLER (J.-A.). — Sur la règle des phases i079 MULLER (P.-TII.) et TIIOUVE.NOT (M.). — Changements tautomériques décelés à l'aide du pouvoir rotatoire magnétique i"?. MUNTZ est désigné pour représenter l'Académie au deuxième Congrès international pour la répression des fraudes 47^ MÛNTZ (A.) et GAUDECIIO.X (11.). - Le ralentissement de l'assimilation végétale pendant les temps couverts. nju — Les effets thermiques de l'humecta- tion des sols 377 MYLLER-LEBEDEFF (M'-e V.). — Sur l'équation hypergéométrique. . . 56 1 N NABIAS (M™« de). — Une partie du prix Lannelongue lui est attribuée. 1 280 NEUMANN. — Le prix Montyon (Mé- decine et Chirurgie) lui est décerné. . 1 2 '(6 NEUVILLE (He.nri) et ROTHSCHILD (Maurice de). — Remarques sur l'Okapi 693 NEWCOMB (Simon). — Sa mort est annoncée à 1 Académie 177 — Lettre de M. Jtisserand relative à ses funérailles /['il NICLOT. — Le prix du baron Larrey (Médecine et Chirurgie) lui est dé- cerné I a6 1 NICOLARDOT (Paul) et CLÉMENT (Louis). — - Examen des essences de térébenthine NICOLAS (Ch.). — Le prix Bcllion (Mé- decine et Chirurgie) lui est décerné. . NICOLLE (Charles). — Reproduction expérimentale du typhus exanlhé- matique chez le singe 137 — Le prix Montyon (Médecine et Chirur- gie) lui est décerné NICOLLE (Charles), COMTE (C.) et CONSEIL (E.). — Transmission expérimentale du typhus exanthé- matique par le pou du corps NODON (A.) adresse une Note intitulée : « Electromètre pour l'étude de la i-ïlii i.(î(i 86 l470 TABLE DES MiM. charge terrestre » — Adresse une Note intitulée : « Pertur- bation dans la charge et dans le ma- gnétisme terrestre » — Adresse une Note intitulée : « Re- cherches sur l'action électrique des sources thermo-minérales » NOËL (E.). — Sur !'hydroo;éologie tuni- sienne NOGIER (Th.) et COURMONT (J.). — Sur la faible pénétration des rayons ultraviolets à travers les liquides contenant des substances colloïdes.. NOGIER (Th.) et REGAUD (Cl.). — Action comparée sur les cellules séminales du faisceau total des rayons de Rontgen et des rayons durs seuls — Stérilisation complète et définitive Pages. 420 470 883 1413 364 i/,/, AUTEURS. MM. Pages, des testicules du Rat, sans aucune lésion de la peau, par une applica- tion unique de rayons X filtrés .... 1898 NOGIER (Th.), COURMONT (J.) et ROCHAIX (A.). — Effets, au point de vue chimique (oïone, etc.), de l'immersion dans l'eau de la lampe en quartz à vapeur de mercure 160 NORDMANN (Charles). — Méthode permettant la mesure des tempé- ratures effectives des étoiles. Pre- miers résultats 557 — Sur la température de i Persée 662 — Nouvelle approximation dans l'étude des températures effectives des étoiles io38 NÔRLUND (N.-E.). — Sur les équations aux différences finies 841 o ODIER (Robert) adresse à l'Académie un nouvel hèmodensimèlre 47» PACIION (V.) et GLEY (E.). — De l'action des sérums toxiques sur le cœur isolé d'animaux immunisés contre ces sérums 8i3 PADOVA (Robert). — Siu- quelques réactions de l'anlhranol 217 PANTEL (J.) et SINÉTY (R. de). — Le prix Da Gama Machado (Ana- tomie et Zoologie) leur est décerné. 12 |3 PAPIN (L.). — Sur la structure de l'amygdale pharyngienne des Cro- codiliens (Crocodilus crocodihis Linn. et Crocodilus paliisiris Less) 62 PARISELLE. — Sur quelques dérivés du butanetriol-i .2.4 2i)5 PARVILLE (HENRI de). — Sa mort est annoncée à l'Académie 77 PASCAL (P.). - — Propriétés magnétiques du carbone et des composés orga- niques 34a — Errata relatifs à cette Communica- tion 520 — Rôle magnétique de l'oxygène dans les composés organiques 5o8 PAULIIAN (Louis). — Une médaille de l'Aéronautique (vermeil) lui est décernée 1 297 PÉCIIEUX (Hector). — Propriétés électriques des aciers (résislivité et thermo-électricité) 1062 PKDEBIDOU (J.). — Étude des toxi- cités des strophantines selon les voies d'administration 3o6 PELLAT (H.). — Pendule composé de construction très simple dont on connaît immédiatement la longueur du pendule synchrone. Nouvelle méthode pour déterminer g 773 — Sur le pendule bifilaire 980 PELLEGRIN (Jacques). — Sur la faune ichtyologiquc du lac Victoria 166 — Sur un poisson parasite nouveau du genre Vandellia 1016 PERAGALLO (II.) et PERAGALLO (M.). — Un prix Montagne (Bota- nique) leur est décerné 1236 PEROT (A.) adresse un Rapport sur l'emploi de la subvention accordée sur le fonds Bonaparte en 1908. . . . 101 — Sur un mode de protection de 1 ar- genture des miroirs 725 PERRIER DE LA BATIIIE (II.) et TABLE DES AUTEURS. MM MM. Pages. JUMELLE (Henri). — Quelques Ignames sauvages de Madagascar. 484 PERRIER (Edmond). — Rapports sur les concours : du prix Gay (Géogra- phie) 1 202 — Du Grand prix des Sciences physi- ques (Minéralogie et Géologie) 1222 — iïrrato relatifs à ce Rapport 1422 PERRIN (G.). — Sur la fécondation chez les prothalles de Filicinécs 108C PERRIN (Jean). — Le niouveniciit brownien de rotation 549 ■ — Le prix Gastoïi Planté (Physique) lui est décerné 1 207 PERRIN (Jean) et DABROWSKI. — Mouvement brownien et constantes moléculaires 477 PERROT (Em.) et LEPRINCE (M.). — Sur l'Adeniuni Hongkcl, poison d'épreuve du Soudan français iSgS PERROT (Maurice). — Une médaille Berthelot lui est décernée 1279 PERROT (Maurice), LETELLIER (Paul) et LEFRANC (Emile). — Le prix Montyon (Arts insalubres) leur est décerné 1 2 1 8 PETTIT (Auguste). — Une partie du prix Lallemand (Physiologie) lui est attribuée 1 267 PETTIT (A.) et LAVERAN (A.). — Sur une hémogrégarine de Piluophis melanoteucus 94 — La virulence des trypanosoincs des Mammifères peut-elle être modifiée après passage par des Vertébrés à sang froid ? 829 — Sur le pouvoir trypaiiolytique du sang de quelques Vertébrés à sang froid à l'égard du Trypanosoma Evansi Steel 5oo PICARD (Alfred). — Rapport sur le concours du prix Jeau-Jacqucs Berger 1 282 — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au Congrès de l'Association française du Froid, à Lyon, en oc- tobre 1910 332 PICARD (Emile). — Sur une classe de développement en séries de fonctions fondamentales se rattachant à certaines équations fonctionnelles.. i337 — Rapport sur le concours du prix Bor- din (Géométrie) 11 85 — M. le Président annonce la mort de C. K., igng. •• Semestre. (T. 149.) 1471 Pages. 177 M. Simon Newcomb, Associé étran- ger de l'Académie — M. ie Prés(VZe;i? exprime les sentiments de l'Académie à propos de la tra- versée récente du Pas-de-Calais par M. Blériot 245 — Rapport sur l'attribution des mé- dailles de l'Aéronautique 1295 PICTET (AMÉ) et GAMS (A.). — Syn- thèse de la papavérine 210 PIÉRON (Henri). — La loi d'évanouis- sement des traces mnémoniques en fonction du temps chez la Limnée.. PIETKIEWICZ (W.-B.) et ANTHONY (R.). — Nouvelles expériences sur le rôle du muscle crolaphy te (temporal) dans la coiistitution morphologique du crâne et de la face PILLET (F.-J.) adresse quelques Notes documentaires concernant l'Aéro- nautique 441 PILLÉ et DAYDÉ. — Une partie du prix Jean-Jacques Berger leur est attribuée PINERUA ALVAREZ (E.) adresse une Note intitulée : « Procédé rapide de dosage du vanadium dans les minéraux et les produits industriels vanadifères » PIZON (Antoine). — Le stolon génital des Diplosomes (Ascidies compo- sées) ; son évolution au cours de la régression partielle et de la dis- planchtomie des ascidiozoïdes .... POINCARÉ (H.). — Sur la dilïraction des ondes hertziennes — Sur les courbes tracées sur les surfaces algébriques 1026 — Sur une généralisation de la méthode de Jacobi iio5 — Est désigné au choix de M. le Ministre des Affaires étrangères pour repré- senter le Gouvernement français au Congrès international de Radiologie, et d' Électricité de Bruxelles en 19 10. — Fait hommage à l'Académie de « l'An- nuaire du Bureau des Longitudes pour 19 10 » — • Est nommé Membre d'une Commis- sion chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'As- socié étranger i345 POMPÉIU (D.). — Sur les singularités des fonctions analytiques uniformes. io3 i94 5i3 870 1287 648 G21 623 65- lli-J'l TABLi: DES MM. Piiges. — Suc les singularités discontinues des fonctions analytiques uniformes.. . . io5o — Sur la représentation des fonctions analytiques par des intégrales dé- finies i355 PORCHER (Ch.) et IIERVlEUX(Ch.). — Une mention leur est accordée dans le concours du prix Monlyoïi (Médecine et Chirurgie) 1201 POSTERNAK (S.) et ARNAUD (A.). — Sur les dérivés diiodés d'addition des acides gras supérieurs de la série C'ir-"-'d'- 220 POUSSON (A.). — Le prix Godard (Mé- decine et Chirurgie) lui est décerné. 1260 POZERSKI (E.). — Une partie du prix Montyou (Physiologie expérimen- tale) lui est attribuée 1265 AUTEURS. MM. l';.ges. POZZl-ESCOT (Emm.). -- Sur la sépa- ration du vanadium, du molyb- dène, du chrome, du nickel dans les aciers spéciaux Il3l — Dosage de l'azote nitrique par réduc- tion à l'aide du système aluminium- mercure 1 38o PRILLIEUX est désigné pour repré- senter l'Acadénue au deuxième Con- grès international pour la répression (tes fraudes 47^ PRU.XET (A.). — Sur la résistance du Châtaignier du Japon à la maladie de l'encre 1 1 46 PUISEUX (P.). — De l'origine des con- trastes de teintes et des dénivella- tions brusques qui se rencontrent sur la Lune i()5 Q QUIDOR (A.). — De la sensation du relief. n:I.J. 60 RADAU. — Rapport sur le concours du prix G. de Pontécoulant (Astrono- mie) raoo RAPPIX. — Vaccination antitubercu- leuse des Rovidés 4o8 RATEAU (A.). — Élude de la poussière de l'air sur une surface 260 RAVIGNEAUX. — Généralisation de la formule de Willis sur les trains épicyclo'idaux 1060 RAYRAUD (Laurent). — De l'in- fluence des rayons idtraviolcts sur le développement des moisissures.. . G'i\ — Sur la nocivité du rayonnement solaire 983 REBOUL (G.). — Réactions chimiques- et ionisation i lo RECOURA. — Le prix La Caze ^Chimie) lui est décerné l '^ 1 9 REGAUD (Cl.) adresse uaie Note r « Sut les mitochondries des fibres mus- culaii'es du coeur » 420 — Sur les mitochondries des fibres loras- culairos du cœur 42G REGAUD (Cl.) et NOGIER. — Action comparée sur les cellules séminales du faisceau total des rayons de Riintgen et des rayons durs seuls. . . i44 — Stérilisation complète et définitive des testicules du Rat, sans aucune lésion de la peau, par une applica- tion unique de rayons X filtrés 1 3f)8 REGNIER (Armand) et CAMBIER (René). — Observations sur les Pi- nakoâendron E. Weiss 1 167 REGNIER (G.), MOOG (R.) et &U1L- LEMARD (11.). — Sur la déshydra- tation de l'organisme p-ar les voies pulmonaire et cutanée, et ses varia- tions avec l'altitude 1 i5i REIGNIER (Cu ARLES).— Sut le calcul des volants de laminoirs 1 357 REMY (L.). — Sur les transformations birationnelles des surfaces de qua- trième ordre à points doubles isolés. loSy RENARD (Chahles) et RENARD (Paul). — Une médaille de l'Aéro- nautique (or) leur est décernée. . . . 1296 RENGADE (E.). — Sur la forme théo- rique des cojirhes de refroidissement des mélanges binaires 782 — Sur la forme théorique des courbes de refroidissement des mélanges bi- naires; cas de cristaux mixtes 990 TABLE DES AUTEURS. MM. Pages. — Errata relatifs à cette CoTiimTinica- tion noo RÉNON (Louis). — Un prix lui est accordé sur les arrérages de la fonda- tion Bréant (Médecine et Chirurgie). 1254 RÉPELI>". — Rôle des dislocations les plus récentes (post-miocènes) lors du séisme du n juin 1909 1023 RIESZ (Frédéric). — Sur les opérations fonctionnelles linéaires 974 RIESZ (Marcel). — Sur la sommation des séries de Dirichlet 18 — Sur les séries de Dirichlet et les séries entières 9^9 RISSER (René). — Une citation lui est accordée dans le concours du prix Montyon (Statistique) 1278 RITZ (WÀLTER). — Un prix Leconte lui est décerné 1291 ROCllAIX (A.), NOGIER (Th.) et COURMONT (J.). — Effets, au point de vue chimique (ozone, etc.), de l'immersion dans l'eau de la lampe en quartz à vapeur de mercure. 1 60 ROLLAND (Georges). — Le prix Joseph Labbé (Minéralogie et Géo- logie) lui est décerné 1233 ROMER (E.). — Sur les zones morpho- logiques de la Suisse occidentale. ... 69 — L'instabilité du Plateau suisse dans les temps postglaciaires 24l ROQUES (X.a.vier~). — Sur la variation de quelques diastâses pendant la métamorphose chez un Triehoptère {Limnophilus flavicornis Fabr.) 3l9 — Sur la variation d'une enzyme oxy- dante pendant la métamorphose chez un Triehoptère {LininojMlus flavicornis Fabr.) 4i8 ROSENBLATT (M.) et ROZENBAiND (Mlle Ji_j_ — Sur l'influence para- lysante exercée par certains acides sur la fermentation alcoolique Sog 1473 MM. Pages. ROSENBUSCH (H.) fait hommage à l'Académie de la troisième édition de ses « Elemente der Gesteinlehrc ». io34 ROSENSTIEHL. — De l'intervention de la pression osmotique dans la teinture 396 — JBrratarelatifs à cetteCommunication. 420 ROSSARD et MONTANGERAND. — Observations de la comète de Halley faites à l'Observatoire de Toulouse à l'équatorial Brunner- Henry l35l . ROST et DARZENS (G.). — Sur l'hexa- hydrophénylacétylène et l'acide hexahydrophénylpropiolique 681 ROTHSCHILD (M.^urice de) et NEU- VILLE (Henri). — Remarques sur l'Okapi... .' 693 ROUGIER (Henri). — Une médaille de l'Aéronautique (vermeil) lui est décernée 1297 ROULE (Louis). — Sur les Amphibiens du genre Eiiproctus Gêné 1092 ROUSSANOF (V.). — Sur le Silurien de la Nouvelle-Zemble 168 ROUSSY (A.). — Sur la vie des Champi- gnons en milieux gras 482 ROUSSY (Gustave). — Une partie du prix Lallemand (Physiologie) lui est attribuée 1267 ROUTIN. — Une partie du prix Plumey (Navigation) lui est attribuée II94 ROUX. — Rapport sur le concours du prix Bréant (Médecine et Cliirurgie). 1258 — Est désigné pour représenter l'Aca- démie au deuxième Congrès interna- tional pour la répression des fraudes. 47^ ROUX (Ci-AUDius). — Une partie des fonds du prix Lonchampt lui est attribuée 1281 ROZENBAND (M"e M.) et ROSEN- BLATT (M.). — Sur l'influence paralysante exercée par certains aci- des sur la fermentation alcoolique. . 3o9 S SACERDOTE (Paul). — Changements de coloration du diamant sous l'ac- tion de divers agents physiques. . . . 998 SAINT-RENÉ (H.-C). — Ouverture d'un pli cacheté contenant une Note intitulée : « Sur une solution du pro- blème de la vision à distance >i 1845 SALTYKOW (N.). — Sur le perfection- nement de la théorie des équations partielles do premier ordre 44^ — Sur le problème de Sophus Lie 5o3 SANTOS-DUMONT (Alberto). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est décernée 1296 l/|74 TABLE DES MM. Pas;es. SARTHOU. — Sur la présence, dans le lait, d'une anaéroxydasc et d'une catalase 809 SAUTON et TRILLAT. — Action des gaz putrides sur les microbes. Cas de la levure 876 SAVORNIN (J.). — Sur l'évolution pa- léogéograpliiquo du cap Bon et sur la direction des plissements de l'Atlas, considérée comme résul- tante de deux actions orogéniques orthogonales izlio SCHAFFNER (Louis) et VERGNES (A.) adressent un Mémoire intitulé : n Calcul graphique de l'arc continu ». 619 SCHEUER (Otto). — Revision de la densité du gaz chlorhydriquc, poids atomique du chlore 699 SCHIAPARELLI (G.-V.) tait hommage à l'Académie de deux Volumes inti- tulés : « Misure di stelle doppie exe- guitc nel rcale Osservatorio di Brera in Milano (1875-1885 et 1886-1900)». l344 SCHLŒSING (Tu.) est désigné pour représenter l'Académie au deu- xième Congrès international pour la répression des fraudes 473 SCHLUSSEL (L.) adresse un Mémoire : « Sur la détermination des valeurs absolues des actions vives dans les voies ferrées » 76 SCHNITZLER (Joseph) et HENRI (Victor). — Action des rayons ultraviolets sur la fermentation acétique du vin 3i2 SCIIOKALSKY (J. de). — Le nouveau Recueil des nivellements des che- mins de fer de Russie comme base d'hypsométrie du pays 14 — L'Asie centrale russe et le niveau de ses bassins lacustres i5 SEBERT. — Rapport sur le concours du AUTEURS. M^f■ rages. prix Poncelet (Mécanique) 1 1 88 SÉE (Alexandre). — Ouverture d'un pli cacheté contenant une Note inti- tulée : « Le Mécanisme du vol à voile des Oiseau.x » loj — Adresse une Note intitulée : « Le planement des oiseaux qui suivent les navires en mer » 374 SENDERENS (J.-B.). — Catalyse des acides forméniques • 2l3 — Préparation catalytique des célones grasses dissymétriques ggS SEYOT (P.). — Etude biométrique des pépins d'un Vilis vinijera franc de pied et grellé 53 SIMON (Eugène) est élu Correspondant pour la Section d'Anatomie et Zoolo- gie, en remplacement de M. Bergh. . 9o3 SINÉTY (R. de) et PANTEL (J.). — Le prix Da Gama Machado (Anato- mie et Zoologie) leur est décerné. . . . 1243 SOREAU (Rodolphe). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est dé- cernée 1 296 SPARRE (de). — Le prix Poncelet (Mé- canique) lui est décerné 1 1 89 SUESS. — M. A.-MiclielLévii présente au nom de M. Suess, Associé étranger, le dernier fascicule de son grand Ouvrage, « Das Antlitz der Erde ». . 714 SURCOUF (Edouard) et KAPFERER (Henri). — Une médaille de l'Aéro- nautifjue (or) leur est décernée 1296 SZILARD (B.). — Sur une nouvelle mé- thode de séparation de l'uranium X et sur l'activité île ce corps 1 1 3 — Sur une méthode d'enregistrement du la longueur du parcours des rayons v. et siu' une particidarité de ce par- cours 271 — Sur un appareil destiné aux mesures radioactives 912 TABOURY (F.) et BODROUX (F.).— Synthèses d'acétones grasses non saturées 422 TAFFANEL (J.). — Sur des expériences relatives à la propagation des inflam- mations de poussières de houille dans les galeries de mine 1 127 TANNERY (Jules) fait hommage d'une brochure intitulée: « Correspondance entre Lejeune-Dirichlet et Liouville ». TANRET (Ch.). — Errata relatifs à une Communication du 28 juin 1909 intitulée : « Sur l'amidon soluble ». — Sur une base nouvelle retirée du seigle ergoté, l'crgothionéine TANRET (Georges). — Sur deux 833 540 TABLE DES AUTEURS. 1475 .MM. l'ages. nouveaux hydrates de carbone retirés de l'asperge 48 TARBOURIECH(P.-J.).— Sur quelques dérivés de l'acide hexahydro-oxy- benzoïque 6o4 — Déshydratation de loxycyclohexyldi- méthylcarbinol 862 TATIN (Victor). — Une médaille de l'Aéronautique (vermeil) lui est décernée 1297 TEISSERENC DE BORT (Léon). — Le prix La Caze (Physique) lui est décerné I2I0 — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est décernée 1296 TELLIER (Ch.) adresse une Note sur les Aéroplanes 874 TERMIER (Pierre). — Sur les rela- tions tectoniques de l'île d'Elbe avec la Corse et sur la situation de celle-ci dans la chaîne alpine Il TERROINE (E.) et MOREL (L.). — Action du suc pancréatique sur les éthers 236 THEVENIN (Armand). — Le grand prix des Sciences physiques (Miné- ralogie et Géologie) lui est décerné. 1222 THIROUX (A.). — De l'action pré- ventive du sérum normal de mouton sur Trypanosoma Dulloni (Thiroux, 1905) 534 THOMAS. • — Une partie du prix Jean- Jacques Berger lui est attribuée. . . 1287 THOMAS (Louis) et GAUTRELET (Jean). — Action hypotensive du sérum de chien privé de surrénales. i49 THOUVENOT (M.) et MULLER (P.- Th .) . — Changements tautomériques décelés à l'aide du pouvoir rota- toire magnétique 32 TILHO. — Sur l'existence probable d'un centre très accentué de basses pres- sions dans la région du Tchad, d'après les observations de la Mis- sion Niger-Tchad 646 — Sur la précision des déterminations de longitude à terre par le trans- MM. Pages, port du temps à l'aide de montres de torpilleur, d'après les observa- tions de la Mission Niger-Tchad. ... 1041 TISSOT (C). — Sur les conditions de stabilité de l'arc de Poulsen 281 — Une partie du prix extraordinaire de la Marine lui est attribuée 1192 TOMMASINA (Th.) adresse une Note intitulée « Nouveaux apports à la théorie de la lumière » SSq — Nouveaux apports à la théorie de la lumière 627 TONI (J.-B. de). — Une partie du prix Binoux (Histoire des Sciences) lui est attribuée 1 279 TOUPLAIN et BORDAS (F.). — Sur une anaéroxydase et une catalase du lait loil TRABUT. — Contribution à l'étude de l'origine des Avoines cultivées 227 — Sur quelques faits relatifs à l'hybri- dation des Cilrus et à l'origine de l'Oranger doux {Citrus Aurantium). 1142 TRANIE adresse une Note sur : « Les irrigations dans le Sud-Ouest ». . . . 44' TRIBONDEAU et BERGONIÉ. — Le prix Montyon (Médecine et Chi- rurgie) leur est décerné 1246 TRILLAT et SAUTON. — Action des gaz putrides sur les microbes. Cas de la levure 875 TROOST (L.) fait hommage de la iS» édition de son « Traité de Chimie ». 965 — Rapport sur le concours du prix Cahours (Chimie) 1217 TROUESSART (E.-L.). — Sur un nou- veau type d'Insectivores {Neote- tracus sinensis) de la Chine occi- dentale gSo TRUC (H.). — Une mention lui est accordée dans le concours du prix Montyon (Médecine et Chirurgie).. . I25l TSCHERNING. — Verres de lunettes orthoscopiques 108 TUR (Jan). — Sur le développement des œufs de Philine aperta L. exposés à l'action du radium 439 u ULLMANN (G.) adresse deux Notes intitulées : " Le traitement mé- dical de l'appendicite » et « La valeur thérapeutique de la' tempe- M \1 . TABLE DES AUTEURS. M M. rature animale- » URBAIN (G.). — Sur umo uouvelk- méthode d'isoltimeut de la terbine. . — Analyse spectiograpliique des Pages. 17't 37 Pages. 602 blendes URBAIN (G.), BOURION et MAIL- LARD. — Extraction du lutécium des terres de la gadoliiiite 1 27 V VALLOT (Joseph). — Le prix Wilde lui est déoern» 1 280 VAN AUBEL (Ed.m.). — Sur la pro- duction d'ozone sous l'influence do la lumière ullraviolettc gSS VAN TIEGHEM (Ph.) fait hommage d'un Mémoire intitulé : « Remarques sur les Dipsacacées » g65 — Est nommé Membre d'une Com- mission chargée de présenter des listes de candidats à trois places d'Associé étranger i345 M. le Secrétaire perpétuel aimonce à l'Académie la mort de M. Henri de Parville 77 M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées do la Corres- pondance, les Ouvrages suivants : Savants du jour : Henri Poincaré, Biographie, bibliograpliie analy- tique des écrits, par M. Ernest Lebon; Initiation à la Mécanique, par M. Ch.-Ed. Guillaume ; La maladie du sommeil au Congo français, par MM. 6^. Martin, Lebœuf et Roubaud, 102. — Plu- sieurs cartes de l'Afrique occiden- tale française et de la Côto fran- çaise des Somalis ; Report of a magnetic Survey of Soulh Africa, par M. J.-C. Béatlie ; Annales du Musée du Congo belge ; Catalogues raisonnes de la faune entomolo- gique du Congo belge : Hémiptères, fam. Pentatomid», par M. //. Schouteden, 333. — Il terremoto del l6 novembre l&^.\ in Calabria e Sicjlia. Relaziono scientifica délia Commissione incaricata degli studi dal R. Governo. Rapporti di A. Riccô, E. Camerana, M. Baratta. J. Di-Slefano ; François Peyrey : L'idée aérienne. Aviation. Les oiseaux artificiels, avec une pré- face de M. A. Santos-Diimont, 421. — Annals of the royal botanic Garden, Calcutta. Vol. XI : Asiatic palms. — Lepidocaryeif. Part. I : The species of Calamus, by D'' Odo- ardo Beccari, Texte et Altas : Sylloge florse congolanœ (Pha- nerogamœ), par M. Théophile Durand et M™« Hélène Durand, 5o3. — Opère matematiche di Francesco Briosdii. Tomo quinto ed ultimo ; Précis de Psychologie, par William James, traduit par MM. E. Baudin et J. Bertier; Dix- huit feuilles do Cartes éditées par le Service géographique de l'Armée ; Le pyromètre thermo-électrique pour la mesure des températures élevées, par M. H. Pécheux; A his- tory of Hindu Chemistry, par M. Praphulla Chandra Ray; The décomposition and sublimation of ammonium nitritc, du même au- teur ; Le Tome XI de la Flore de France, par M. G. Rony, 667. — /. hagarde: Formules et Tables pour faciliter l'emploi des catalogues pho- tographiques en coordonnées recti- lignes ; Australasian médical Con- gress. Transactions of the eiglith Session, held in Melbourne (Victoria), octobre 1908; La feuille de S. Bento, 587. — Unlersuehungen ûber den llummer, mit besonderer Beriick- sichtigung seines Auftretens an den norwegischen Kuslen, von D"' .1. Appellôf; Report on norvegian fishery and marine investigations; Vol. II, edited by Johan Hjorl; La Géologie générale, par M. Sta- nislas Meunier, 660. — Diverses publications rapportées par M. G. Darboux de son voyage en Amé- rique à l'occasion des fêtes Hudson- Fulton : Forlieth annual Report of the Trustées of the American Muséum of natural llistory, The largest office building in the world ; Iludson-Fulton célébration Com- mission. American Muséum of na- TABLE DES MM. 1' tural llislory. Tlie. Indians of Man- hattan islaïul and vicinity; liudson- Fulton édition. Popular ofiicial guide to the New-York zoological park ; Discours prononcés le 6 juin rgog à l'inauguration d'une plaque commémora ti ve sur la maison où est né Ainédée Bonnet; Chile en 1908, pôr Eduaido Poirier; Notes sur la vie familiale et juri- dique de quelques populations du Congo belge, par M. .1. Ilutereau, avec la collaboration du baron ,1. de Haidlei>itle et du D'' J. Maes, 763. — Leçons sur le calcul des variations, professées au Collège de France, par M. Jacques Flada- mard, t. I; Le Mont-Saint-Michel au péril de la... terre, par M. A/o- riui Vachon; Paul Fliche (i836- 190S). Sa vie et ses œuvres, par M. Ch. Guyot, goi). — Japanese Shipping, ancient and modem ; Mercantile marine Bureau, Depart- ment of Communications ( hom- mage du vice-amiral baron M. Saito, Ministre de la Marine japonaise); Etude monographique des Taba- nides d'Afrique (groupe des Taba- nus), par M. J.-M.-li. Swcouj, avec le concours de Miss 0. Rienrdo; Traité d'hygiène infantile, par M. le D'' G. Verriel; Une série de Mémoires de M. G.-D. HinricHs, relatifs principalement à la déter- mination des poids atomiques; Rapport sur les travau.K exécutés en 1908 par le Service géographique de l'Armée; Plusieurs brochures relatives à des recherches expé- rimentales sur les liants hydrau- liques, par M. ^yilhelm Miclwelis, io3î. — Rayons X et radiations diverses, par M. Gitilleminol ; Les plans cadastraux et la triangida- tion générale de la France, par M. Ch. Lallemand ; L'Aviation: Con- férences faites en 1909 à la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale, par M. Paul Renard. . VAUCIIERET (Andrk-Victor- Etienne). — Le prix fondé par M""* la Marquise de 1 aplace lui est décerné [3 -16 i>9i AUTEURS. 1477 MM. l'iigcs. VAUCHERET (André-Victor- Etienne). — Une partie du prix Félix Rivot lui est attribuée 1^92 VA VON (G.). — • Hydrogénations dans la série terpénique 997 VAVON (G.) et HENRIOT (Emile). — Sur la radioactivité des sels de potas- sium 3o VAYSSIÈRE (A.). — Sur une nou- velle famille d'/Eolididés, les Ma- drellidés, et sur le nouveau genre Eliotia appartenant à cette famille. 639 VERGNES (P.) et SCHAFKNER (Louis) adressent un Mémoire intitulé : « Calcul graphique de l'arc continu » 619 VESSIOT (Er). — Sur les groupes de rationalité des systèmes d'équa- tions différentielles ordinaires 768 VIGOUROUX (Em.). — Sur les alUages de nickel et de cuivre 1 378 VIGUIER (P.-L.). — Sur l'acétal éthy- lique de l'aldéhyde tétiolique 4oj VIGUIER (René). — Le prix de Coincy (Botanique) lui est décerné 1238 VILLARD est désigné au choix de M. le Ministre des Affaires étrangères pour représenter le Gouvernement français au Congrès inlenialional de Radiologie et d'Electricité de Bruxelles en igto 623 — Est désigné par l'Académie pour faire partie du Comité d'honneur d'ini- tiative du monument à de Romas. l345 VIOLLE. — Rapports sur les concours : du prix Hébert (Phyique) 1204 — Du prix Gaston Planté (Physique). . . 1207 — Du prix La Caze (Physique) 121; VIRÉ (Arm.ind). — Les grottes de Lacave (Lot) 66 VITRY (G.) et LABBÉ (M.). — Con- tribution à l'étude de l'indosé urinaire chez les diabétiques 4' 5 VLÈS (Fhed). — Sur la valeur des stries musculaires au point de vue spectrogratihique i loi VLÈS (F.) et CHEVROTON (M"«^ L.).— La cinématique de la segmentation de l'œuf et la chronophotographie du développement de l'Oursin... 806 VOISIN (Gabhiel). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est décernée. 1297 VOYER (Jules). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est décernée. 1297 •47» TABLE DES AUTEURS. w MM. Pa^es. WAHL (A.) et BAGARD (P.). — Sur les isoindogénides i32 WALLERANT. — Rapport sur le con- cours du prix Saintour 1281 WARCOLLIER et MAURAIN. — Action des rayons ultraviolets sur le cidre en fermentation i55 WATTEVILLE (C. de) et GRAMONT (A. de). — Sur le spectre ultra- violet de bandes du phosphore 203 — Errata relatifs à cette Communica- tion 58o WATTEVILLE (C. de) et HEMSALECH (G.-A.). — Sur le spectre des raies du calcium donné par le chalumeau oxyacétylénique 1112 — Sur les régions jaune, orangée et rouge du spectre de flamme à haute température du calcium iSôg VVERTENSTEIK (Louis). — Action de la pesanteur sur l'activité induite du radium 268 MM. Pages. WIETRZYKOWSKI (W.). — Con- tril)ution à Tétude du développe- ment des Lucernaridés 74G WITZ (A.). — Les récupérations de décharges dans les moteurs à com- bustion interne g6i WOLFF (J.). — Sur la spécificité des oxydases 4G7 WOLOGDINE (S.) et LE CHATE- HER. — Sur les phosphures de fer. 7O9 WRIGHT (Orville). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est dé- cernée 1 297 WRIGHT (Wilbur). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est dé- cernée 1 297 WROCZYNSKI (A.) et BRINER (E.). — Réactions chimiques dans les gaz soumis aux pressions très élevées : décomposition de l'oxyde d'azote; formation du chlorure de nitrosyle 1 372 ZACHARIADES (N.) et GUYE (Ph.- A.). — Sur la réduction des pesées au vide appliquée aux détermina- tions de poids atomiques SgS — Sur la réduction des pesées au vide appliquée aux déterminations de poids atomiques ZEPPELIN (de). — Une médaille de l'Aéronautique (or) lui est décernée. 1297 GAUTIUEU-VILLAUS, i.Ml>Hl.\lElin-LI]iIÎAIUlî DES COMPTES JÎENDUS DES SÉANCES DE L ACADE.MIE DES SCIENCES. 44899 Paris. — Quai des Grands-AiigusUns, 65. LTy.tr <^-A ^ V-